ÉTUDES SUR LES DIALECTES
DE
L'ARABIE MËEIDIONALE.
U •Z^53^e.
ÉTUDES SUR LES DIALECTES
DE
L'ARABIE MÉRIDIONALE
PAR
LE COMTE DE LANDBERG.
-±^
DEUXIÈME VOLUME.
DATINAH.
Deuxième partie.
Commentaire des textes prosaïques.
7. ^ 5z
LII3KA1KJE ET IMPlilMEKlE
ci-devant
E. J. BRILL. - LEIDE.
1909.
lUF&iUEBiE ci devant £. J. bbill, L£ID£M.
A LA MÉMOIRE
DU
Roi OSCAR II.
Deux semaines avant la mort du roi, je reçus de lui
une lettre dans laquelle il m'écrivit entre autres choses
ceci : „Le livre Die Keilmschriften imd des Alte Testament
que le professeur Zimmern m'a envoyé m'a vivement
intéressé, surtout la partie qu'il a écrite lui-même. Mais
il faut être plus savant que moi pour bien comprendre
tout cela. Oui, c'est en Babylonie que nous devons cher-
cher l'origine de notre religion et de ses dogmes. Je vois
plus clair à présent. Un point me paraît encore obscur:
quelle est la relation entre la civilisation égyptienne et
celle de la Babylonie, car il doit y en avoir une. Il y a
longtemps que je le suppose." J'étais justement en train
de lui répondre pour lui exposer comment j'envisage
cette relation, lorsque je reçus la nouvelle que mon bien
aimé roi avait fini sa mission sur la terre. Le coup était
terrible pour moi, car je lui étais très attaché. Les Orien-
talistes, dont beaucoup ont eu avec lui des rapports per-
sonnels, connaissent l'intérêt qu'il portait à leurs études.
Ce n'était pas là une expression aimable de roi, mais
un intérêt basé sur le désir d'approfondir l'histoire de
VI
la religion dans laquelle nous avons été élevés. La vérité
scientifique dominait tout chez le roi. Malgré cela, il
était persuadé de la haute valeur éthique du christianisme.
Profondément philosophe, il avait supporté, avec une séré-
nité de sentiments admirable, le terrible choc qu'un en-
nemi insidieux avait apporté à notre patrie. „Je n'ai pas
voulu que les deux frères s'entre-tuent, me dit-il, et les
juges suprêmes, le temps et l'histoire, prononceront leur
verdict." Ce verdict a déjà été prononcé. Requiescat
in pace.
PREFACE.
L'impression du manuscrit de ce volume a duré trois
ans et demi. Pendant ce temps, quelques ouvrages ont
paru que j'aurais bien voulu utiliser. Tels sont Volks-
sprache und Schriftsprache im aîten Arabien par Karl
Vollers, et Grundriss der vergleichenden Grammatik der
Semitischen Sprachen par Cari Brockelmann. Je ne crois
pas que l'ouvrage très important de Vollers ait été ap-
précié par mes confrères autant qu'il le mérite. Il con-
tient d'immenses matériaux pour l'histoire des dialectes.
Quelques vues de détail de mon savant ami ne sont pas
toujours les miennes, mais je trouve le jugement de
Brockelmann V G S S p. 24 tout à fait injuste, car
Vollers ne dit rien de pareil.
Le Grundriss de Brockelmann est un monument de
la science orientale allemande. La force de travail de cet
orientaliste est phénoménale, écrasante. Il fait dans son
ouvrage une large part aux dialectes arabes. Ceux-ci for-
ment même le nucleus de son exposé. Pour un ouvrage
de cette nature, le premier de son genre, le début est
brillant, et j'admire franchement l'étendue des connais-
sances, le zèle collectionneur, la facilité de travail et la
force synthétique de l'auteur. Cependant, j'ai pu me
persuader, en étudiant le Grundriss, que les dialectes
VIII
sont encore insuffisamment connus et mal connus. J'en-
visage bien des phénomènes autrement que Bfockelmann.
S'il voulait travailler moins vite, il nous rendrait encore
plus de services. Je renvoie à son ouvrage autant que
me l'a permis la technique de l'impression, mais je me
propose de publier une critique raisonnée de la partie
arabe de ce livre capital. Quelques mémoires de I. Barth
et de A. Fischer, tous les deux mes amis personnels,
qu'une discussion scientifique a brouillés, espérons pour
peu de temps, m'auraient également servi, non pas pour
modifier mes jugements, mais pour les confirmer.
La publication de Rhodokanakis sur le dialecte de Pofâr,
qui parut lorsque mon livre était presque en entier im-
primé, est très méritoire et intéressant. Elle a pourtant
besoin de rectifications. Je les donnerai au Glossaire.
En outre, le „dialecte de Çofâr" est un patois bien hété-
rogène, produit du commerce des Mahrah avec les Arabes
des côtes de l'Arabie méridionale et du Golfe persique.
C'est même plutôt un baraguinage individuel qu'un véri-
table dialecte.
On trouvera sans doute que mes commentaires sont
un salmigondis fort indigeste. Et pourtant je n'y ai mis
qu'une petite partie de ce que je voulais et pouvais dire.
Il y a beaucoup de choses dans le girâb el-kurdî
que j'ai rapporté avec moi de l'Orient. Qui sait si un
autre pourra dépenser trente ans de sa vie en Orient, sa
force, son argent et ses intérêts personnels pour relever
les dialectes, comme je l'ai fait, moi? Les commentaires
des textes poétiques sont élaborés, et je ferai tout mon
possible pour que la publication ne s'en fasse pas trop
attendre. Le Glossaire formera un gros volume. Il com-
prendra non seulement tout ce qui figure dans les trois
IX
volumes de Datînah, mais aussi une grande portion du
vocabulaire dés dialectes de l'Arabie du Sud. Cela pour
faciliter le travail que préparent quelques savants alle-
mands, et auquel je porte le plus grand intérêt.
Il n'est pas inutile de dire que j'ai parlé le dialecte
dâtînois tous les jours, depuis plus de douze ans, avec
les indigènes qui m'ont entouré. Je passe à présent à
un autre dialecte, que je parlerai pendant quelques années
avant de le présenter à mes confrères. Voilà ma méthode.
Elle est très lente et très coûteuse, mais elle est plus
sûre. Mon ami le professeur Enno Littmann et les savants
algériens suivent la même méthode. Elle a donné les
résultats qu'on connaît.
Ne travaillant que pour la science elle-même, je n'ai
jamais envoyé d'exemplaires de rédaction aux revues
critiques. Le jugement de quelques orientalistes, pour la
plupart mes confrères intimes, qui auront de l'intérêt à
lire cet ouvrage, est le seul qui m'intéresse. Ne dépen-
dant de personne et n'acceptant que les vérités prouvées
par la philologie, l'histoire et les sciences naturelles, je
fais carrément face au mysticisme de l'Eglise, qui domine
encore les pays où la séparation de l'Etat et de l'Eglise
n'a pas encore eu lieu. C'est justement cette Eglise dogma-
tique qui est la plus grande ennemie de la science. Notre
devoir est de la combatti'e. L'Orientaliste est la bête noire
du clergé, chrétien, juif ou musulman, car il lui montre,
philologiquement et historiquement, la provenance orien-
tale des dogmes mystiques, émanations d'un clergé, vieux
comme le monde, et qui croyait, alors, voir du surnaturel
là oii il n'y avait que du naturel.
La France nous donna la liberté politique par la grande
Révolution. Elle vient de donner aux Français la liberté
religieuse par la séparation de l'Eglise et de l'Etat. Cet
ouvrage, écrit en français, comme tous les précédents,
est, à ce titre, un hommage de respectueuse gratitude à
la nation libératrice. Pour nous autres Germains, la route
est encore longue!
Les découvertes des dernières cinquante années ont
bouleversé nos idées. Les dialectes arabes, qui forment
un emporium inépuisable de trésors, encore tout brillants,
malgré leur vétusté, contribuent, pour leur part, à dis-
siper les ténèbres qui ont, jusqu'à présent, couvert le
monde oriental, dont la civilisation a ra5'0nné sur toute
l'Europe et qui lui a donné le cachet qu'elle porte encore
à l'heure qu'il est.
Avec la mort d'Ed. Glaser, nous entrons, je l'espère,
dans une période de calme et de collaboration désinté-
ressée. D voyait partout des persécuteurs et des rivaux.
Par son esprit chicaneur et sa plume souvent fort en-
venimée, il avait laissé planer sur nos études une gênante
lourdeur, car personne n'était à l'abri de sa mauvaise
langue. A présent que D H Mûller et Fritz 'Hommel se
sont solennellement réconciliés par un sy> lAic, publié
dans le W Z K M 1908 XIII Heft 2, il faut espérer que
ces deux savants nous donneront le résultat pratique de
cette alliance retentissante, en publiant ensemble les ins-
criptions de Glaser. Alors seulement nous pourrons ap-
plaudir à un acte qui, sans cela, ne serait pas bien
compréhensible. Pour faire avancer la science, il n'y a
pas de sacrifice trop grand.
Je présente ici tous mes remerciements à M. le Directeur
Peltenburg, chef de la Maison E. J. Brill, à Leiden,
qui, avec un nouvel essor, continue dignement la renommée
de cette honorable maison.
XI
Le lecteur est prié de vouloir bien corriger les fautes
d'impression avant de lire cet ouvrage.
Tous les mots et tous les exemples où il n'y a pas
d'indication de provenance sont du dialecte datînois.
Nice le 1er Novembre 1908.
Landberg.
TROISIÈME PARTIE.
COMMENTAIRE.
281
7, 1. La première ligne nous offre déjà des particularités
dialectales. L'article est dans le pays à l'ouest de Hadra-
môt, la plupart du temps, em ^), au lieu d'el. Je dis
„pour la plupart", car les Bâ Kâzim, confédération prin-
cipale du pays des ^Awâliq Inférieurs, se servent de pré-
férence d'el. La voyelle prosthétique est pourtant u ou
0 1" si la première lettre du mot est w: um-weli', le
saint, le sanctuaire-, om-waldah 77, 21; 80, 22; 81,
1. Devant la même lettre, l'article peut aussi devenir
ow: ov^-v^aldât, 38, 3, et 9; ow-waladât 38, 6,
les filles; il est même allongé en ô: ô v*^ aidât 74, 14;
75, 1; 140, 9. Cela n'est cependant pas une règle géné-
rale. 2° Si le mot précédent finit par un u ou un w,
avec lequel l'article fait alors corps: wàlligum-kutub,
cachez les livres; hàqwum-waldah, la taille de la
jeune fille. Um représente aussi Jtj, p. é. 9, 10: um-
%uq = ^ytJt5. En Datînah, on se sert des deux articles,
mais em est d'un emploi plus fréquent. Cette simulta-
néité provient des relations fréquentes qu'ont les Datînois
depuis quelques années avec Aden; voyez ici p. 115. l.
Ya'^îé, pp. 1222 et 1377, et ez-Zamaljsarî ') rapportent
selon en-Namir b. Tawlab ^) que le Prophète aurait dit :
1) En copiant I. («innî, sans toutefois le nommer; el-MofassaH53.
L. A. V p. 110, où se trouve éfïalement cette tradition pou authen-
tique, mais non moins intéressante pour cela au point de vue pliilo-
logique. Ilizânat el-Adab T p. 405 marpe.
2) K A XIX, p. 157 et ss.
282
JÛ^ J. À.*:*^ .*^' ^yi ^-^ , le jeûne en voyage n'est pas
un acte de pieté'. Cet article est attribué à la langue des
Tayy '), et (jauharî dit même qu'il est de celle des Him-
yar. Cette tradition, ainsi formulée, est connue de tout
musulman un peu lettré en Orient. Le Prophète, pour
lequel la içJu- bUJo> était un facteur important, a cer-
tainement voulu imiter les Arabes yémanites en s'expri-
mant ainsi, mais l'article em ici prouve que celui-ci
était alors connu dans le Higàz. Les Tayy avaient depuis
longtemps quitté leur patrie méridionale et avaient sans
doute adopté la langue du Nord. Mais on ne saurait
cependant nier qu'ils n'eussent pu conserver l'article^) et
d'autres particularités morphologiques du Sud, car sans
cela on ne les leur aurait pas attribuées.
Déjà Neswân b. Sa^îd el-Himyarî, prince de Beyhân,
a dans son ouvrage Sams el-'Ulûm ') relevé cet article
lorsqu'il dit: Juc«i ^^ s^-'làLÎj s^lXlS ïJljujV) v^' ^ÔS^
\jjj JJyj ^ iuxj ujyo ':^j»i'^ j.^, et de même el-^ibûb est
el-mo'ûbbah, c'es^ à dire, el-mokâbarah et el-mo-
fâharah. Un des proverbes des Himyarites dit: s'il n'y
avait la réclame^ les tiges de roseaux (?) n'auraient pas
1) Il aimait beaucoup à se servir de mots yémanites. Ainsi, dans
un rescrit aux Yémanites concernant la ii^Joa il fit écrire: ^jo^Li ^%
byb a.yilj en employant le mot yémanite »j01j, L A 5, p. 140.
2) L'article em se trouve aussi dans un vers d'un Tayyite; v. L.
A. XV, p. 189 et Lane s. v. xJLw. H.el-A 1.1. marji^e.
3) Cité par D. H. Muller SS p. 18.
4) Sur w*x. dans notre dialecte, voyez le Glos.saire s.v.
283
de débit. Quelques-uns d'entre eux changent Varticle 1 en
m, tandis que d'autres le charigent en n. El-Hamdânî,
el-Gézîrah p. 134, fait la même remarque: aL\*:>5 r^T^y*
^î j»jtJ) ^^L J. ^)j»Jo«! ^^L Q^jiyi:^ ^^^lic^r.^ Cela est plus
clairement expliqué p. 135: iL^uai >_A=>.t ^ o"^ "^^-5
^5 ^yijj é}y>\ ooî;3 ^^j:^ ^j J^y' ^y' ^ ^ ^\
Si je comprends bien, l'auteur veut dire qu'on traîne
sur les mots et que, au lieu de éj^jt^ et é^l^\, on dit
ba^îrâk et ahawâk. Le premier serait un exemple
du y>, commun dans la prononciation p. e. des Bâ Kâzim,
et le second du ol\=>^), auquel on comparera le banâh
du Nord pour ol^ et la finale âh pour-ât des Tayy.
J'ai devant moi un recueil de zawâmil des Dû Moham-
med et des Dû Hoseyn, écrit par un Yémanite, et où
l'article est presque toujours ^].
Hamdânî et (jauhari pouvaient donc parfaitement dire
que l'article liimyarite était ^\ ^). Mais par himyarite il
faut alors comprendre le dialecte arabe parlé dans le
1) Le texte porte *a<i, ce que l'éditeur a corrigé dans les Notes.
2) Ilamdànî emploie ainsi OiA:> o. 1. p. 122/3.
3) El-Harîri, Diin-at el-Kauwâs, éd. Thorbecke p. 183= éd. Cstpl.
1299 p. 114 = le -.^ d'Ahmed el-Hafri>;'î, ibid. p. 234. Lane, s.v. (.L
De Sacy, Anth. gramm. p. 71. Le ^^ d'el-Harîrî Cstpl. p. IM^KamplT-
meyer, die arab. Verbalpart. b p. 36, est autre chose. Il existe en-
core dans le Yéman. On sait que A. v. Kremer et Blau n'admet-
taient pas l'existence de l'article em! Nos connaissances ont fait des
progrès depuis. L'auteur d'el-Murnî dit que em n'est usité que lorsque
l'article n'est pas contracté avec la lettre suivante. Cela est faux,
284
Yéman. La simultanéité des articles em et en, selon
IJaradanI, s'explique facilement : les Arabes avaient le pre-
mier et les Hirayar le second. Cela paraît aussi être
l'avis de D. H. Mûller o. 1. p. 111. En correspondrait alors
au an sabéen. Hommel, A. A p. 39 note, veut que am-
provienne de a n. Cela est possible, mais non encore
prouvable.
Je crois que nous pouvons retracer l'article em assez
loin avant l'histoire islamique. Plinius, VI, 157, fait
mention d'une ville Mariaba Baramalacum '), où je vois
dU*^t j. D. H. Mûller, Burgen II, p. 70, l'explique par
(iVL b et il ajoute „sans l'article al, qui n'était pas
usité en sabéen". Mais j'ai prouvé, Arabica V, p. 114
et ss, que l'arabe existait au Yéman à côté du sabéo-
himyarite, et Nôldeke est tout à fait de cet avis, Z.D.
M.G. 59, p. 415. A présent, j'ai réuni encore plus de
preuves à l'appui de cela. Glaser, Skizze II, p. 132, l'iden-
tifie avec dUL* ^ = ^ULo^j in 'Asîr, par conséquent „dans
une contrée, oii l'arabe était dominant dans l'antiquité".
Ptolémée, Sprenger AGA § 896, parle d'une ville 'AjS/o-jsjtca,
avec la variante Afi(3i7X(x,x. Cet endroit a encore aujour-
d'hui le nom de e 1-B i s à m a h , iuU^Jî. Il se trouve au N.
du Gebal el-^Areys, dans le Surrat en-Naha^'în, situé
dans le W. el-Bisilmah ^), qui débouche dans le W. Yarâ-
mis. Par conséquent, à peu près où le place Ptolémée ^).
1) La traduction de Wittsteiii porte Marippa Palmalacura et Gla-
ser 0.1. p. l'28 Maribba.
2) Maitzan, toujours en faute, l'appelle, o. 1. p. 253, W. Bosârne.
On voit connue il e.st iin|iortunt de ne pas oublier l'article.
3) Ce n'est donc pas identique avec r*>jCS! (jv^LLS/o (pas Makateyn),
285
La variante Af/,(oi(Txixx est la bonne. Comme rien ne persiste
aussi inaltéré que les noms de lieu, on pourra voir dans
ce nom une preuve de l'emploi de l'arabe à côté du
sabéo-himyarite à une époque antérieure à notre ère. Mais
l'arabe n'a jamais été la langue lapidaire et officielle des
dynasties régnantes. Voilà pourquoi elle n'a laissé que
des traces éparses dans la nomenclature des pays. Hommel,
en compulsant l'ouvrage si intéressant de Stephan de
Byzance, est arrivé à des conclusions étonnantes sur
l'importance du rôle des Arabes avant l'Islam. Ayant pu
vérifier ces conclusions, je crois que nous pouvons nous
attendre à des révélations importantes.
Si les nombreuses observations dialectales qu'on trouve
dans les plus anciens livres sur la langue n'étaient pas
l'expression d'une réalité existante au temps du pre-
mier Islam, on ne saurait guère se les expliquer. Il est
évident que les grammairiens n'ont pas enregistré les
différences dialectales sur une tradition transmise, car
une chose pareille se perd avec le temps dans la mémoire
du peuple, mais sur des données positives ayant encore
leur vie dans les idiomes parlés par les diverses tribus.
Nous savons par I. es-Sikkît ') qu'el Farrâ" disait:
^csTO ^Aj^^ j.L> Jyb ^JZh ^j^ ^L^ j^ ^j=M c>A.-«, c'est-
à-dire, le î était prononcé comme un a, ce que l'auteur
exprime, selon l'habitude arabe, par un hamzah. De
même, les ïamîm et les Qeys proféraient le hamzah
le- meilleur port après Aden, ainsi que le pense Sprenger o. 1. 39G, et
Maltzan o. 1. p. 253 est, bien entendu, en erreui'. C'est ainsi que la
plupart des raisonnements et des identifications de Sprenger se ré-
duisent à néant devant les résultats des recherches in loco. On auiait
dû coniniencer par là au lieu de faire de la science de chambre.
1) ilallner, Texte zur arab. Lexicographie p. 24.
286
avec un sou très fort de tïicon à en faire un ^ et vice
versa. Cette faiblesse de la prononciation du ^ est encore
caractéristique pour le Sud '). Si el-ParnV a entendu cela
de ses propres oreilles, c'est que ces tribus n'avaient pas
encore complètement perdu les traits distinctifs de leurs
dialectes. Nous devons donc admettre que ces traits se
sont effacés par le grand remue-ménage qui eut lieu dans
les deux premiers siècles après l'Islam, pendant lesquels
les grandes tribus du Nord, avec leur gutturalité plus
forte du p, ont communiqué leur prononciation aux tribus
immigrées.
J'ai également constaté l'article en chez les "^Awâliq
Supérieurs et les habitants de Marhah, au Nord d'Ansâb.
Une plaine fertile de ce pays s'appelle Qasa'^an-heyr,
-Ji ^^, les collines du bien (de la fertilité). La justesse
des inscriptions sépulcrales, rapportées par el-Hamdânî
dans son el-Iklîl, est par là confirmée ^).
Ce n'est pas par hasard que les inscriptions découver-
tes par J. Euting à el-^Ola nous offrent l'article -^, à côté
de P, ainsi que l'a bien prouvé Hommel ^). Les anciens
habitants d'el-'^Ôla étaient certainement du Sud, si l'hy-
pothèse d'Euting, D. H. Mûller, Epigraphische Denkmâler
etc. p. 8 et s., et la mienne, Arabica IV, p. 12 et ss.,
sont plausibles. Leur langue me paraît un mélange des
dialectes du Nord et du Sud. Ont-ils déjà eu l'article _>l5>
i) Hafiner, Texte zur arab. Lexicographie p. 24.
2) D. II. Muller, SS. pp. 118, 122. Mon Arabica V, p. 112.
3) Auf-. u. Abh. p. 38 et s. Faut-il plutôt y voir JJ^ = Jî LP [5^],
avec permutation des liquides, ainsi qu'un .savant me le fit observer?
Nous aurions alors une preuve de l'existence de ce déterminatif dia-
lectal du Nord, qui n'est nullement une contraction de J' 'Â^,
ainsi qu'on le verra plus loin.
287
en venant dans le Nord? Si tel est le cas, on devra y
voir l'influence himyarite, car les Himyar n'ont certaine-
ment pas parlé la langue lapidaire qu'ils nous ont laissée,
ainsi que je viens de le dire. L'idée de Glaser que les
inscriptions d'el-'Ôla appartiennent à l'époque entre 250
et 400 après J. Ch. devient assez probable.
A propos de l'article e m, une particularité assez bizarre
se présente. Dans quelques noms propres, l'article reste
toujours el, p. e. el-Hadr, où l'on ne dirait jamais
em-Hadr; el-bâreh. Mer soir. La prononciation em-
bâreh, seule usitée en Syrie, en Palestine et en Egypte
(embâreh), ne renferme pas l'article sudarabique, ce
que quelques dialectologues ont soutenu, mais c'est une
assimilation sous l'influence du b. Les Arabes Méridionaux
ne disent jamais em-bâreh, mais toujours el-bâreh,
class. K^.Liî. Comme el-bêreha à Môsul Z.D.M.G. 26
p. 7, 13 et passim. Reinhardt, 'Oman, a p. 114: Ibârha
et p. 241 1.6.: mbârha, quoiqu'on 'Oman l'article ne
soit jamais em. Ces exceptions sont pour le moins curi-
euses, et je ne me les explique pas. Il me paraît difficile
d'y voir, soit une influence savante, soit une importation
directe du Nord, Pour des mots, tels qu'el-Hadr, soit,
mais pour ceux du genre d'el-bâreh, cette provenance
ne saurait entrer en ligne de compte.
Souvent l'article reste soudé au mot avec lequel il a
fini par faire corps. Cela a lieu surtout dans les noms
propres. Les deux exemples typiques sont Meysar, el-
1) Lôhr, professeur de tliéologio à Breslan, a publié, après un
séjour des quelques mois à Jérusalem, une giaïuinaire très rudimen-
taire de ce dialecte où il donne § 134 imbiirelj, à côté de ilhâf,
comme exemple d'un «préfixe euphonique"! Ce livre renferme beau-
coup de ces savantes remarques!
288
Meysarî, tribu de Datînah = y^jûi', nom tiré de l'endroit
o — o
Eysar, et Môdieh = wo^'u)', territoire des Mayàsir
dans le W. Marrân. Le nisbah du coll. q^j^*-'', subdivi-
sion des 'Ôlat el-Bahr, est ^j:^^^^', pi. ^^-o^,i^i ou s^L*^!.
Le nisbah du coll. ^^L^u>, de la tribu des 'Armân des
'Ôlat Haurah, est ^}.:^, à côté de ^J^^f^. lj^'j^' ^^^ ^^
nisbah de ^o^ Jî, dans le pays indépendant d'esSa^ah.
Le nisbah de iLi^yol jT d'es-âubâhî est ^c^/^^ et non
.c^jC'L Le nisbah de ^^.2^ J', qui est pour oi^"^', est
^JùJas), des "Awdillah d'el-Kaur. Salim es-Sâhimi el-Kâzi-
mî d'Ahwar a dit, à propos de la guerre que les B.
Kâzim firent au sultan Fadlî et où ils furent battus:
U^^J ^ d^ L^ C^ L^/ ■■
Et nous sommes sortis dans Vaprès-midU
0 Labîs élevé!
Mon messager! salue la famille d'Abu Ruqûé!
J'ai, moi, des guerriers qui font passer ma volonté^),
Je ne suis pas comme eux, qui l'achètent moyennant
[finance.
1) Il y a ici un .5^,0", car iùJ; signifie aussi le terrain suffisam-
ment arruac et imbibé d'eau à l'aide de l'iiTigation artificielle,
/ / f .
rawîyet min em-mâ'. Ensuite on prépare, ^jr*-?"» ce terram,
l)our la semence. Mot à mot, cet hémistiche se traduit par: je n'ai
289
Ce n'est que lorsque j'eus noté cette mirgilzah que
je sus que les Marâqisah s'appellent aussi u^^^j- Cela
indique que l'origine de ^J:^/> est (ji^s,^î = {J^'^J^\ comme
^^LvJ^I devient ^,lJ1^, Vhomme, et iùo5^5t fait Môdieh
et Mùdieh etc.
Cette soudure de l'article est du reste fort rare dans
les dialectes que je traite ici, mais elle se rencontre en
''Oman RO §93, Bemerk. 2. Par contre, les Tunisiens disent
Ukanda de l'italien locanda ^). Pour l'arabe littéraire,
j'ai trouvé trois mots qui sont de cette catégorie*). Je
peux y ajouter ^^^jl^^ = ^jr^y^^ Hamâsah p. 793, M. el-
M. s.v. .Jj, et ceux rapportés par Vollers Volkssp. p. 149.
Maltzan, Reise p. 239 et 272 note, parle de l'article
8 m, mais la remarque qu'il y ajoute est insensée. Il ne
pas des yiJ clr- labourage qui préparent )>ion cluunp arrosé. Le
terrain arrosé dont l'eau a été absorbée s'appelle {J^^ ou Àè,
comme dans cet hémistiche d'une longue qasîdah d'un Ahwarite
Qui 7i'a pas de boeufs (deux mots non compris) hc labourera ni le
terrain arrosé ni le terrain déjà séché, jàc est la qualité de la terre
qui, après l'évaporation de l'eau, se désagiège facilement sous la
pression des doigts, sys, est le teriain encore détrompé paj' l'eau du
sél, comme dans cet hémistiche de Moh. b. Mehdi el-'Aulaqî
0 guerrier qui te trouves avec les guerriers qui ont soif de la guerre!
0 loi qui as été élevé avec les bêtes de labourage sur le champ dé-
[Irempé par le sèl !
1) Sedira, Dict. p. 911, mais Stumme, TGr. Gl. s. v. donne 1 u k â n d a.
2) La langue arabe et ses dialectes p. 47.
290
reconnaît même pas l'article dans les noms qu'il rap-
porte et il le confond avec j.', mère. C'est ainsi que
ahlem-Rassàs, p. 301, est devenu Ba 0mm Rezaz
et p. 303 W. em-Halîf, W. 0mm Chalif. Il prétend
p. 238 que dans le dialecte des Diyâb le suffixe verbal
ka, au lieu de ta, s'est conservé. J'ai beaucoup fréquenté
les Diyâb, j'ai même passé quelques heures dans leur
pays, mais jamais je ne me suis aperçu d'une telle par-
ticularité. Maltzan ne mérite aucune créance. Son livre
sur l'Arabie méridionale n'est qu'un tissu d'erreurs, de
noms écorchés et de données fausses. Il est vraiment
temps de rectifier un auteur qui, sous des dehors scienti-
fiques, pendant plus de trente ans a été l'oracle de tous
les orientalistes, de tous les géographes. Il appartient à
la grande classe de ceux qui, sans études préalables, veu-
lent devenir célèbres à peu de frais en voyageant. Ce
qu'il a fait de mieux, c'est d'avoir réhabilité la mémoire
du pauvre v. Wrede que v. Humboldt, dans son orgueil,
avait si malmené.
7, 1: Bir, fils. D'abord, un grand arabisant, ayant
lu le premier volume, m'écrivit que y était une erreur
typographique et qu'il fallait lire ^, d'autant plus qu'il
voyait figurer cette dernière forme aussi ; et puis un autre
confrère me fit observer qu'il est intéressant de constater
que la forme araraéenne est employée dans le Sud. Le
premier avait absolument tort, le second seulement en
partie, car ^ est une forme sémitique qui dans le Sud
s'est conservée à côté de l'arabe ^. Je dirai même que ^
est dans le dialecte datînois plus commun que ^. On
dit môme ibër (ibr) et cela toujours, de môme que ibn,
lorsqu'il ne s'agit pas d'un filiation. Le Ôalihi dit môme
291
alors bin, el-bin. La coïncidence avec l'araméen ne
doit pas impliquer un emprunt à cette langue, surtout
dans le Sud, où le mehri a aussi y ^). B i r se trouve
dans l'inscription d'en-Nemârah : ^y: y u*^' f-
Il y a trois manières d'exprimer la filiation directe:
1° nom du fils 4- y ou ^ -1- nom du père ; 2"^ nom du
fils 4- nom du père: Nâsir ^Ali, p. 7 1. 5, = N. fils
de ^A] 3° nom du fils -|- nom du père avec l'article,
Hasan em-Mas'ùd, H. fils de M., 18, 21, Ahmed
em-Fadl''), A. fils de F., 10, 22. Cette dernière manière
est aussi usitée en Egypte, Spitta Gr. p. 256, et dans
le Nord de la Péninsule. Socin, Diwan III, § 192 b, la
constate pour le Negd, mais il y voit, „non pas l'article
malgré la prononciation", mais la préposition J avec
prosthèse. Je ne saurais accepter cette explication étrange ').
Il faut ici observer que dans le Sud on ne peut pas
toujours se servir à volonté de l'article. On dit bien
1) En mehri bort, fille, pi. bant.
2) Le nom «'tait chez les auteurs arabes J**i2fiJ!, niais dans le Sud
c'est sans l'article.
3) Le Hamûd el-^Obeyd de Euting Tagbuch I, p. 187, que
Socin y cite, est du reste Ha m mû d, comme écrit aussi es-Suyûtî
ce nom dans son Bujyat el-wa'ât s.v. ioUa^ ^ aU! lAxc qJ lX^ts^,
et dans le ms. du Diwan d'el-Uellanûbî, que Schiaparelli a peut-i'-tre
déjà publié, le nom du râwî est écrit (j:*r^. q? *^' *-^^^^ O^.^^ _^î
L>y^:>- ^^, avec un sedd. Ce ms. est de l'an 513 a. H., Prov. et
Dict. p. 128. El-Kisâl dit: dUJ^^ ^^"^l yiàx J^ Jj^ J^ Le J^^
qvwJ>5 O}^ ^5^*^, Brockeimann, Beitriige z. Geschichte der arab.
Sprachw. Z A. XIII, p. 35. Cette forme se rencontre aussi en hébreu,
Z D M G. 57, p. 527 et 773 et ss., mais je ne puis accepter la déri-
vation y proposée par Praetorius p. 773.
292
Hasan em-Fadl, Silleh em-Bedr, mais non p. e. Hasan
el-^Ali, quoique Socin donne justement, 1.1, Mhammed al-
"Alî. Il m'a été impossible de trouver ici une règle. Le
n". 2 est le plus commun. Si la filiation n'est pas directe,
il faut j, de môme que lorsque le nom du père a lui-
même l'article: em-Heytami bir el-Hadr bir ^Assâl, où
el-Hadr est le nom du père, et ^Aééal, celui de l'aïeul.
On pourra comparer JJ!^ ^JL*:»". Turfat el-asMb porte:
de même que I. Hisâm p. 700, 14: ^-j"^ ^Ji ^j^, mais
p. 869, 10: ^.^^L£ ^j^.
Dans l'Arabica III, p. 105 note, j'ai parlé de L J'ai eu
tort d'y dire qu'il n'est jamais prononcé Bfi. Au contraire,
nous avons B â K a z i m, B â H a 1 a 1 ') etc. Ce b â est = ^.
Nous le retrouvons dans les noms des anciennes tribus
cyy^Jb, ^xJb etc, el-Kâmil d'el-Mobarrad p. 619/20 et
p. 661. Il est très commun dans le Sud, mais principa-
lement devant les noms de tribus. Dans le Hâdinah il y
a les Bilaswad, qui sont une fahîdah des Hal ""Omar
bil Hasan, où bil me fut expliqué par ^Ji. Je ne saurais
dire si Arabica V, p. 212 bâ Garrali est de cette
nature. Il me semble difficile d'admettre que ce soit une
abréviation de yj, comme le pense de Goeje, Wright
Gr. 3 p. 24 note, et Wùstenfeld. Faut-il le chercher aussi
dans Be Hadad, Gen. 36, 35, et dans les noms Be
Eâterah, Be Dad, Brommîmah') dans la Liban
i) Voyez les Glossaires de Arabica V et de Hdr s. v. Bâ.
2) La coïncidence de IJe Hadad avec Brummânah, est pour
le moins très curieuse, du moment qu'on sait que Ri m m on était
ri''|iitli("'to syrienne do Hiulnd. llnmiiiol (i G G p. 88.
293
etc., où Hommel GGG p. 167 note 4 voit, je crois à tort,
la préposition ba, bi? Dans ce cas, notre bâ serait fort
ancien. Le nom ^^^ d'une inscription minéenne d'el'Ola,
D. H. J\Iûller EDA N" XXXVIII, est par le déchiffreur
et par Hommel A A p. 35 comparé à ^-'.Aiiij. Si cela
tient, nous avons une preuve sûre de Jo = j, mais l'in-
scription porte ^yi ^^ j.[5, ce qui rend cette comparaison
un peu douteuse. Le j^a.^ de mes inscriptions de Daman,
Hommel A A p. 152 N° VII, ne me paraît pas non plus
très concluant à cause du o précédent. Dans les inscrip-
tions safâites nous trouvons les mots didn^d. nDJ<3. n^3D>
nnN^n. rhn2 etc., oiî Glaser, 0 L Z VIII, p. 448, a bien
raison de traduire 2 par par.
Em-Bedr =: Badrûn.
Le n. p. em-Bedr, que nous rencontrons souvent
dans ce livre peut marquer le point de départ d'un his-
torique intéressant des noms en -un. Kampffmeyer, qui
nous a donné de si jolies études, a aussi traité cette
question dans la Z D M G 53 p. 629 et s.s. Cependant,
je ne saurais accepter toutes les conclusions auxquelles
ce savant est arrivé. Em-Bedr correspond à Badrûn,
nom si connu par I. Badrûn, qui descendait d'une famille
de Hadramôt, o. 1. p. 645, comme el-Fadl (ancienne-
ment toujours avec l'article) est identique à Fadh'in.
Le fait que les noms en un alternent avec ceux en an,
comme Salmûn et Salmàn'), Zeydûn et Zeydan
1) Nous avons qUIw, *-JLw et ^.^UaLw, Fracnkol V W p. 242, et
^,L^L< Diw. I.liitim Tey, Sclmltli , N" LV v. W. ^L^U ^ K A X,
294
etc., amène Kampffmeyer à y voir, avec raison, le déter-
minatif sabéen An, ou l'article déterminé. Cet article
est resté dans une foule de nomina loci et persona3, aussi
bien dans le Sud que dans le Nord. Bû DiyèbâD =
v^iLÀj'î _o', tribu, à côté de Ahl ed-Diyôb. Kaiikabân
=r ^*iyC). Ôauhatân = li=>j^'l jYriqût III, p. 333 et
422, 7, Hçlr. Gloss. s.v.. Samsân, le cap Aniinon [=')
'^)*2V ^ f**^'J de Ptolémée := ^v.^4-^', la montagne d'Aden
z=z]WD''^, Simson, véritablement ]1TO'^ zn Sa,a\//a>v *). Peut-
être p^ii est-il aussi ]lûïï\s =r j>^'^\, le D'^n par excellence,
et apporté du Sud de l'Arabie par les Phéniciens, d'au-
tant plus que Baudissin Z D M G 59 p. 461 enregistre
aussi la forme p'^. Il ne fait cependant pas mention de
cette éventualité. Hebrôn est sous la forme l.Iibrân
le nom d'un wadi du Sinaï, Vollers Z. A. P.» p. 197 note.
^^^L:s^ sésame, class., := J.^^ du Sud '). Les inscriptions
p. 50; ^•,L^^o ibid.. ^5^^ J' Diw. Iiritiin p. 43, 18. ^.,^^ yj
des Tayy, I.Lim. 2(vl I. H. ,j,'^Vc lioh. IV, p. 78. (^)'-*^, <it''z.
p. 77. ^-y^p- i''id., p. GO, 19, 24; 1G9. ^•,^->/> Arabica IV, p. 53.
L,^- L ibid. p. 41. .^o.^ Hoh. vu, p. 101. .\^L ibid. V, p. 100,
Diw. Ijâtini j). 44, 19. (^•)L'l;-\ larnillc à Habbân. ^•^_y^ qJ q^)
^^,L^ ^ji Vollei'K el-Miital. p. 29 note 3. Kt une infinité de noms
analogues. Ijdr. j). 225 et 512 note, llominel A. A., p. 112 note.
KampfTtneyer o. I. p. 034.
1) llominel A. A., p. 155.
2) Donc, ce n'est pas un diminutif, comme le veut Noldeke D S S
W, p. 105, note 2.
3) Mais je fais observer que beaucouii de noms botanicpios finissent
dans le Sud on -ii n.
295
protoanibes nous fournissent Sa'd ot SaMu fi côtô de
SaMàu, ilalôvy, Nouvel essai etc. Vocab. p. 96 s.v..
SaMîln est encore un nom courant chez les Bédouins
du Nord, tandis quo SaMàn est .singe.
J'ai déjà relevé que l'a se prononce dans certaines con-
trées du Sud C> et 0 ot que c'est ainsi que s'explique le
nom do \\ a (,1 r a m ù. t, 1,1 a i.i r a m ô t, 11 a (j r a m ù t et qqf.
aussi H ad rama ut'). Nous voyous môme que la dési-
nence du pluriel vio riinparlait est -un, -on et, plus
rarement -aun, ou -ù, -o, -au, -ou.
Ce passage de il en ô est commun à l'ost de Datinali.
A 'Azzîln j'ai ontondu banùt ■= oLo; beliV z= Mj,
sans; kamôh=:^U3, comme lui, comme cela-, gô' =
cls, sol; sôki n :=^^^3 Uv; H, ôkob n. lot'.; îil ol-yosOr,
la main gauche, Id ol-yemôn, la m. droite. Tour lo
*^Oma,n, Reinhardt rapporte § 178 s 10) m ot slauniuii=r
j.liU, (."bL-, et dans lo Sahl.ii nous trouvons chez Jayakar,
B B E A S 1902, p. 263, ^ys> = ^U:> due ; p. 264 o^^ =
oij'ù', pl. de iûli'ï); p. 259 JJjo = ^L. Dans lo mohri,
cette prononciation de ;i est, à peu d'exceptions près, la
règle. Je ne citerai que (piehiues mois ') (pii se trouvent
1) Aiabica V, p. 181), '201, 201). l.Idr. p. 89 et s..s. ot ici lo Gloss, sub à.
Socin Diw. lll, y. W'-ll : ^^•^Cs.xm. On u iiri mr'tno prononcer Hadra-
inût, ou -mot, et M ad ra 111 ;i 11 t dans raiiti(jiiitt' .sabôoiiiio, car sans
los C(.da li's inscriptions no poitoraioiit pas c>-<irAi:i^> à côlo do KZiy^f^-^^-
Snonck, Nitidoiios l'cstsclirift, I p. U7, dit qno »dio j^obildoton nnd inaiulio
ungebildeto Madhraniioton" prononcent Hadrainôt ot «qu'il n'y a
pas do raison pour introduire Hadraïuut on JMiropo". J'ai le plus
souvent entendu I.ladrainùt. Je crois quo les trois formes sont
éj^aloinent boiuies.
'2) l'our x<^' - Oniâii iy*J", .layakar o. ot I. 1. s. v. poiko.
,1) Kxtraits an hasard do l'ouvrage do j). jj. MnUor, A'w Mrliii- iiinl
296
aussi en arabe : n e h ô r = ^'^i, a m ô m e t =: mI^, m î d ô n
= ^^ÎL\y«, hagôgi=:|^^L^, m a ^y 0 n = ^^lajw, mabam-
melût=ro^û^, habbOz=jL*3., bannôy ^'--o'), zôl
=: JU, biikOret, pi. bâkôrôt := h^^^ salut z= bJuo,
3^LAa î^A»'!*, tOéer=^j, hôdem=:j.j>J>, et ainsi tous
les participes, usôh = ^'u*.3, àegôget=:À^^j>, genObi
= ^Li=>, poignards, k e 1 1 0 n = ^l-^^, pwnaise '), q ô m e t
= iUj. Les deux noms bibliques ^^^4^^ o*A^ furent pro-
noncés Maillon wa Kilyôn par le mehrite et le soqotri
de D. H. Mùller o. 1. p. 45, 10.
Dans le soqotri, où cette prononciation est moins fré-
quente, on trouve mbôrek rr j) Ly), esOmer = esfimir
= vî)'uxj, raehri niôk, o. 1. 61, 15; bawwôb=r*>ji^, 61,
20, mais 61, 28 bouwâb.
Le dialecte de Mésopotamie offre aussi une tendance
du passage de â en 0, Z.D.M.G. 58, p. 935.
Quelques mots de la langue littéraire ont encore un
aspect graphique qui rappelle leur prononciation dans la
langue à laquelle ils ont été empruntés: a^jp-, s^Lo, h^:
etc. Wright Gr. I, p. 12, Nôldeke, Geschichte des QorAns
p. 255, c'est à dire, on aura dit originairement hayOt,
salôt'), zakôt etc. Le nabatéen offre aussi cette par-
ticularité dans certains mots: jjj^ manôtû =z -j'uLx,
Soqotri-Sprache et de celui de Alfred ,hihn, die Meliri-Sprache in
Siidarabien. , ,
1) Voyez lidr. Gloss. s. v. 2) Sud q^, n. gen.
?t) .l'ai vraiment entendu cette prononciation dans la lii^iirho d'un
homme de W. Amamn à A/.z'in.
297
Euting N. I. p. 26, encore conservée dans le Qonln 53,
20: byx. Nôldeke fait o. 1. p. 77 observer que le ô „ap-
partient ici au dialecte arabe, parce que ce mot est arabe".
On sait que cette coloration de îi en ô est une règle
en hébreu, à peu d'exceptions près, Kônig LG- II, p. 483,
Wright Gr. 3 p. 84 et s., et cette voyelle est ensuite
nuancée, de même qu'en araméen et en phénicien, en û,
Zimmern VGSS. p. 49 s. s. Cf. ^.,LLL i) et l'hébr. ]rûb^,
puissant, Koh. 8, 4. Voyez les Additions.
Il ne souffre donc pas de doute que des noms tels que
Badrùn, Hamdûn ne soient absolument identiques à
Badrân et à Hamdfin, qui se rencontrent aussi. C'est
une prononciation sudarabique ancienne que les tribus
émigrées vers le Marrib ont emportée avec elles et qui
s'est conservée telle quelle ^). Nous ne savons pas com-
ment on prononçait cette terminaison ^^, on ou un,
au temps qu'elle était encore vivante, p. e. I. Haldôn
ou I. H a 1 d û n , ce que Kampffmeyer fait lui-même ob-
server, p. 643. Eu égard aux dialectes sudarabiques et
à l'hébreu, qui pour nos études sont d'un grand secours,
je suis incliné à n'y voir que la prononciation On. Plus
tard, lorsqu'on ne voyait que la chose écrite, on aura bien
prononcé -un. Or, c'est sur la forme écrite que Kampif-
meyer base sa théorie, car il dit ; o. 1. p. 649, note 1 :
„Bei der Regelmassigkeit, mit der wir ô fur û, anderer-
1) Nous trouvons la variante phonétique ...LiJU;.
2) On ne saurait ici penser à la terminaison patronymique persane,
p. e. q''-^. A'** <^^ ^/-i car les Per.sans ont laissi- bien peu de traces^
dans les dialectes du Sud. Il n'est pas non plus néces.saire d'y voii-,
avec Hommel A. A., p. '.)'.), »ia forme aramôenne ^.j^JLsss",
autre sens.
298
seits aber bei unsern Namen nur un, nicht On haben,
ist es nicht môglich unsere Namen fur phonetische Um-
bildungen aus An zu erklàren. Landbergs' Schreibung
3- darf uns nicht verwirren : er meint ô, wie er
auch zu gleicher Zeit und sonst transcribirt" : Kampff-
meyer ne s'est pas aperçu que par ces mots il s'est
entortillé dans un cercle vicieux, car c'est lui-même qui
écrit en lettres européennes on, tandis que les Arabes
n'ont qu'une seule manière de rendre graphiquement on
et un: ^p_. Voila pourquoi dans mes ouvrages précé-
dents j'avais adopté le suédois â pour 3-, et ô pour 3-
ainsi prononcé. J'ai ici changé â en ô, mais je vois à
chaque moment que (^yo*o U, comme disent les Arabes
du Sud.
On comprendra à présent pourquoi „le père du célèbre
chef du parti des Mowallad s'appelait Hafs, et pourquoi,
lorsqu'il fut devenu riche et puissant, on lui donna, le
nom de Hafsûn, ou plutôt, d'après la prononciation des
Arabes d'Espagne, Hafsôn"^). C'est qu'on avait encore
conscience de la provenance de cette terminaison. Etre
originaire du Yéman était une gloire, et on donna à
Hafs la terminaison yémanite: il était devenu par là
noble. Le raisonnement de Kampffmeyer, 0. 1. p. 651, me
semble tout à fait acceptable. Dozy a donc très bien pu
dire „que cette terminaison équivalait à un titre de
noblesse" ^). La noblesse ancestrale des- musulmans re-
monte à H as an et Hoseyn-'), qui ont ensuite reçu
1) Dozy, I Adhi'iri 2, 48 = Kampflmeyer o. 1. p. 640 et s.
2) Geschidite (1er Mauren in Spanien I, p. 3G6 = KampITmeyer
0. 1. p. (')41.
.3) Sans l'aiticle cliez I Sud ill, 1 p. 25 et s., mais aussi avec l'ar-
299
leur „particule nobiliaire", en devenant el-Hasan et
el-Hoseyn, c'est à dire Hasanôn et Hoseynôn,
selon l'ancienne manière maghribine. Cette terminaison
■an ne doit pas être confondue avec le pluriel -an, si
commun dans les dialectes méridionaux, ni avec celle
des adjectifs ^^^s.
Kampffmeyer, o. 1. p. 646, pour appuyer sa thèse, cite
encore des mots en ^- qu'on rencontre déjà de bonne
heure: qjJ^^,, à côté de qÎA^^, ^.^T, à côté de ^tcxr,
(j^s^ etc. Cela n'est qu'une imàlation de -an, prononcé
an, en, et ensuite în '). Il rapporte aussi les deux noms
ticle dans une ancienne tradition rapportée par Hodeyfah b. el-Yamân
chez Dussaud, Nosairîs p. 146 note.
1) Je recomman le l'article de A. Fischer dans la Z.D.M.G. 59 p.
647 et s.s. sur rimâla. Le savant professeur de Leipzig y met des
points sur les î. L'adverbe hadari ba^'dên, i^ht'i tard, ensuite, dont
j'ai parlé Arabica III, p. 166, correspond au sabéen qI-^, Glaser
542 = die Abessinier p. 50 en bas et p. 204 s.v., prononcé ba'^dan,
et peut-être même ba^'dên au temps des Sabéens. Cf. ce que je dis
de lX*j I.Idr. pp. 454 et ss., 771 et Bohârî II, p. 10. Souvent j'ai
entendu ba deyn chez les paysans de la Syrie, mais seulement là
où domine la tendance de conserver la diphthongue. Il n'est pas
inutile de faire i-eraarquer que les Bédouins de toute l'Arabie ne se
servent jamais de cette forme archaïque, qui est exclusivement ha-
dari. Ils disent ba'^d ou oqb h ad a ^uqiib). Les formes l'apportées
par Wallin, Z.D.M.G. 6 p. 204, des Bédouins de Muweylih, (jjLJic
et jjti3^, prouvent justement que le parallèle ba^dên ne renforme
pas un ancien duel, contrairement à Vollers Z.D.M.G. 49 p. 389 qui
y voit à présent q' iA*j, W.Z.K.M. VI, p. 169, ce qui est impossible.
Je fais observer que à est devenu c dans les deux noms Diyé'bi
et Subchi pour ^bj et ^L*x3, lidr. Gloss. p. 762 et note. Voyez
ici sub 14, 4: gafâ. Le syr. hêk, ainsi, même heyk, de »i)L^.
300
de lieu Bagerên et Hagarên. J'ai été à Bagarên, où
j'ai constaté que le nisbah en est Bagarani, et dans
le ^.,Aii yti ;-o^j l'auteur nous apprend que le nisbah de
Hagarên ^) est Hagarânî, exactement comme qJj>'- fait
Js)y>: ') et 3^^ fait ^J^ et ,^j*> ; cf. A. Fischer Z.D.
M. G. 59, p. 651, oîi se trouvent d'autres exemples inté-
ressants d'imàlation. Il y a un Bah r an dans W. es-
Ôo"^eyb et un autre dans W. Habbân, Arabica V, Gloss.
S.V., et le nisbah en est également bahrànî. Si l'on a
J'espère qu'on ne considérera plus ba'^dcn comme »énigmatique",
Noldeke B Z S S W p. 14, pas plus que kanitin, qui est d'une for-
mation analogue, I.Idr. Gloss. s.v.. Noldeke, o. et 1.1., traduit celui-ci
pai- so vicl, ce qui est inexact, car il signifie auch, ebenfalls, iwch.
A. Jérusalem on dit avec les suffices kilmani, kamâk, k aman a,
kilmâkum etc., comme les Hédouins du Sud, à l'exception de
kamâ'i, au lieu de kamâni, Lôhr V A D J. p. 87. V. Additions.
1) Il l'appelle ^jy^iî, comme aussi Yâqût s.v. Celui-ci ajoute
de son cru, en citant el-Uézîrah p. 86 en haut: j^^^ ^-^ J^3i»
ce que D. H. Muller a corrigé en isy-^'J et il fait figurer cela dans
le texte d'el-Hamdâni, comme il le dit ingénument dans les notes,
II, p. 87! Hirsch, Reise p. 161 a Hagarën, mais les n. pr. de ce
voyageur sont tous estropiés. Il dit p. 136: . . . entdeckte ich eine
Fliege..., den richtige Rindhornchen schmiickten, so dass man bei
ihrem Anblick an ein Miniatur-Ochschen zn denken versucht war,
was auch in ihrem Nainen Bagarûn (j^^^yjj) zum Ausdruck kommt".
L'auteur a bien pensé que r\^^ est un diminutif de yij; il avait
peut-être entendu parler d'un diminutif -un (6n) quelque part,
Duval Gr. Syr. §252 a; Noldeke, Neysyr. Gr. § 53, mais en arabe
un tel diminutif n'existe pas. Le »petit boeuf" s'appelle simj)leinent
...^jï L. C'est ainsi que les soi-disant explorateurs deviennent célèbres.
Les livi'cs du (toupie Bent contiennent également de telles aménités
désopilantes, i-j'y^ est un A2:>* dans Halévy 465 = Z D M G 37
335, 5.
2) Iloramel a déjà, A. I. 0. p. 274, soupçonné qu'il n'y avait pas ici
un duel; idem, GGG p. 244 note 5; contr. à VoUers Volksspr. p. 160.
301
dit, ou l'on dit encore, Bagareyn, Hagareyn, Bahreyn,
cela ne pourra ôtre qu'en vertu de la diphthonguisation
parce qu'on croyait et croit encore y voir un duel,
comme Zamahsârî dans Yàqût 1, p. 505. Mais cela
ne fut pas admis par les savants. On a toujours dit
^y«5?. pour tous les cas selon Yâqût. Ayant oublié que
les mots ^\y>^. et ^y?^ renfermaient déjà l'article sabéen,
ou y a ajouté l'article arabe, comme on l'a fait pour
iLs^!, bJoA!âl et ^^^ 0, mais ^î^^, Diw. Hâtim Tey
N» LV V. 8, déjà Haurânu dans les textes assyriens,
Hommel GGG p. 8. Le nom moderne de l'ancien Eridu
que je vois écrit Abu Sali rein*) doit sans doute être
^^U^_^f = -i^!_^î et se prononcer Sahrên = Sahrân
L'imâla â devient réellement ê dans la prononciation, et
on la rend aussi graphiquement par un ^. Nous savons
que les plus anciens manuscrits qorâniques portent p.e.
w^ pour ljLIj imâlé, ^^.f^ pour qJ/'^ imâlé, Nôldeke
G. des Q. pp. 253, 255, 281, 328. Hdr. p. 387 et s. où
j'en ai donné d'autres exemples ^). Le zâmil, à présent si
connu, rapporté par Abu Zeyd dans ses Nawâdir ^)
1) Il paraît que Sabwah avait aussi l'article dans l'antiquité, puis-
que Strabon dit ^6\tv S' 'éxoua-iv xx^xtccvov , Hommel, GGG p. 137.
Un oIt^' Arabica V, p. 21G.
2) Hommel, GGG p. 3GG. .leremias AT p. 29. KAT'' p. 359.
La traduction »des deux lunes" est donc erronée. Sahrân est du
reste un nom de lieu sabéen, D. H. MuUer, Sudarab. St. p. 128.
3) Quelques savants européens ont commencé à rendre l'imâla par
ê, p.e. .lahn dans sa traduction de Sîb. et A. Fischer Z.D.M.G. 59,
p. GG4, mais cela prête à confusion. Voyez à présent VoUers VS j). 15
et s. et p. 101. Voyez Additions.
4) Aussi par es-Sîrafî chez Jahn-Sîb. Comment, p. 48 = L. A.
s. V. = Beh'idorî p. 48 = I. el-Ath' 4, p. 286 = el-'Aynî, marge de
302
p. 105, fait rimer d^^, avec dUJî, ilèka Ou prononrait
donc ^i)Uï qafêka pour qafâka. Les noms ^.Jui., ^at
etc. ont donc été prononcés Kasdên, IJamdûn etc.
Or, comme dans les dialectes nordafricains et arabe-
espagnoles, ainsi que dans ceux du Sud de l'Arabie, y
compris le mehri, ê permute si souvent avec î ^), ces
mots auront pu ensuite être prononcés Rasdîn, Ham-
d î n etc., comme la trilogie S a 1 h â n ^), 8 a 1 h 0 n et S a 1-
l.iîn»); ^,^,|1VD, Ma'în et M a 'an; ^,LJ, ])]ûb, mehr. lisîn.
Nous avons donc la série an, on*), un, et an, un,
IJiz. el-Adab, IV p. 591r=Nuldeke, BSSW p. t>l = Z.D.M.G. 38
p. 413 = Kampffmcyer o. 1. 02'i.
.le diffère de Nôldeke quant à la prononriation des rimes en ques-
tion. Fisclier a mille fois raison de dire ZDM(> 59, p. 651, que
pour motiver Timâla la règle d'un i patent ou latent ne suflit pas.
Faut-il ici su])poser ^\ue Lai est originairement Lâi, sur jLxi, en
analogie avec les autres mots de cette catégorie?
1) Voyez le Glo.ss. sub ay, ô, î, a, où l'on trouvera de nombieux
exemples. Bâb, bàb, bîb, porte, llrmali, et hîmah, tente, les
deux dans le Sud. Dcrah et dîrah, territoire, localité, dans le
Nord (la remarque de Socin Diw. Gloss. s.v. est erronée, v. ici Gloss.
S.V.). En Mésoput. on dit y a rat = c:^^ \i et min hât = ^
ev?>- VV^^ et U^ Muzhirll, pp. 127, 142, 144, Arabica V, p. 95.
Stuinme TGr. p. 41. Ilâl, force^t}-^; hâl, cJievcwx^= ^y^; sâf,
élé = ^iSo etc. ZDMG 58, p. 935, 938. Voyez Arabica V, p. 215
l'observation très instructive à propos de la prononciation de Beylu'in.
2) Hommel SAChr. § 61 et p. 132; Arabica V," p. 95.
3) Arabica V, p. 95. Kampffmeyer o. 1. p. 647/8. Cf. la, la, li =
"b5 = 'o!. Je ne saurais décider si le nom sudarabique Sâlmîn que
portent les esclaves est de cette catégorie, ou bien un véritable pluriel.
4) 0 n passe avant û n , contrairement à Kampffmeyer. On obser-
vera man, miin, min, mîn, mon, mehri et aram., où auss
303
în. Sur les noms prononcés avec ses terminaisons nuan-
cées de an, Kampffmeyer construit sa théorie, o. 1. p.
633 et 656, que „la détermination sudarabique, du moins
originairement, a dû être: nom. -un, gén. -în, ace. -an"
et „ qu'elle est sortie de la mimation renforcée plus an-
cienne: -ûm, -îm, -âm". Je ne crois pas que ce savant
nous ait apporté de preuves valables pour une telle hy-
pothèse. Nous connaissons sûrement que la détermination
était an, et rien ne nous autorise à en admettre une
autre ^). Dans mes études, je n'expose que des faits et
je laisse les théories et les hypothèses à ceux qui y
voient plus loin que moi.
— 7, 4; Muhtâlefîn ''a la ^ays u melëh est une
locution et une pratique très communes. Les Lihyânites
et les el Mustaliq avaient fait un qasàmah (Arabica V,
Gl. s. V.) en mangeant et en buvant, Diw. Hodeyl, Koseg.
p. 170, N^S?. J^ est dans l'A. M. nourriture, manger en
général, et non pas pain comme en Egypte. On jure
par le manger qu'on fait servir aux contractants ou à
l'accusé; on jure par le sel, s'il n'y a pas de nourri-
ture, et on en met une pincée devant celui qui doit
m an, quil Hâdâlâ, Dt, hadôlâ, Hd. et Nord, et h ad ô le, h ad île,
"^Omân. Sâhar et Sîhar, mehri, charbon de bois. Ehodim et
ehêdim, je sers, soqotri, D. II. Muller Soq. p. 61, 5. Tahâren
et tahèyreu = ^r^j ^jî^» ibid. p. 146, '20. Je ne cite que quel-
ques exemples qui rae viennent à la mémoire en ce moment.
1) Kampffmeyer dit, o. 1. p. 650. que »le temps où les noms en
-un commencent à s'employer plus généralement, marque l'époque
où le sudarabique commençait à disparaître dans les milieux où ces
noms avaient cours". Je trouve que c'est tout le contraire. La dispa-
rition de ces noms du parler populaire marque aussi celle de l'elfa-
cement des rémini,scences philologiques des idiomes de l'Arabie mé-
ridionale.
304
jurer '). Par le repas commun l'alliance est conclue. Les
alliés s'appellent aussi [jS^'^ et dans le Nord (jn^ujo**).
Cette „alliance par le manger et le sel" date de la plus
haute antiquité. Elle était pratiquée par les sectateurs
de Jésus de Nazareth, qui, en instituant l'Eucharistie,
créa un dogme qui est devenu la base de l'Eglise chré-
tienne. Le (jixjoi et le ^ étaient aussi le symbole et le
scellement de l'hospitalité chez les Grecs. Homère dit
%ov xKei;, TToîi Tpâ-Tre^cti, où sont les sels, OÙ les tables?
Voilà pourquoi ils disaient âxx xx) Tpxxe^xv 7rxpx(2xlv£iv,
manquer aux devoirs de V hospitalité. Homère donne au
sel l'épithète de ^frof, divin. Dans notre société moderne
le (jix-o: et le ^JU sur des tpxttsî^xi •') sont aussi le scel-
lement d'un 'iJil^. Un pacte est chez nous aussi le plus
souvent confirmé par un repas, a^U-o, entre les deux
parties. Lorsqu'on Arabie tout le monde saura lire et
écrire, le ""a y s et le mil h seront remplacés par un
acte notarial. L'usage du sel pour corroborer la validité
d'un serment est encore très commun chez les Bédouins
de toute la Péninsule. ^Uii J^ of^^-^ ^'"^ -^^^^ ^^^ ^^
sel, et on jette souvent du sel sur le feu par lequel on
jure. La crépitation en est symbolique. El-Muraqqis dit,
1) Arabica V, pj). 134, 158. Goldziher MS I, p. 03 et ss.. Kremer,
Studien p. 22. V;"^' ''^■^ d'el-Mofaddal, Cstple, p. 237. Meyd. Prov.,
Fieytag II, p. 690. I. Qot. p. 229.
2) rfJLc donner le sel à qqn en signe d'hospitalité D.T.O. p. 24.
3) AM = :a^ ou iyc, (|iie Vollers, Z.D.M.G. 49, p. 497, note 3,
paraît drrivei- de 'incnsa, qui a donnr en portugais mcsa et tneza,
mais iA^ est un emprunt du iicrsau :-^, table.
305
Mofadd 41, V. 11 : ^j^Jî ^^ ^ pL^^. C'est le 'iS^S ^
de la (jrâhilîyeh, L. A. s. v.; K. el-Hayawân d'elGâliiz,
éd. Caire p. 27. Wellh. Reste 2, p. 189. Dans le Sud,
on donne un morceau de sel ^OU u^j à celui qui doit
jurer et qui prononce cette formule ou quelque chose
d'analogue en tenant le sel entre ses doigts:
gJt u^J % ^y^ ^ ^)J^. l5^ /^^^ ') ^' ^^^ *^'3>
(je jure) par Dieu et par ce sel pur dans ma mai7i, — qu'il
me frappe! que je n'ai pas vu etc.
Chez les ""Awâliq, on jure même par les fusils, q^J^.
ooLuJI ^^. Je ne fais que rappeler ici le n^p fins des
Hébreux'). Les Babyloniens appelaient le sel tabtu et
s'en servaient également dans leurs sacrifices*). A.v. Kre-
mer dans son Studien p. 28, prétend que dans la haute
antiquité les Sémites n'ont pas connu le sel. Selon lui,
l'emploi en aurait été découvert par les Egyptiens, au
dire de Sanchoniaton, et „parce que sel se dit mrh ou
mlh dans la langue hiéroglyphique". Mais d'abord ces
mots ne signifient point sel, et puis une telle ignorance
de la part des Sémites est vraiment inadmissible. L'Ara-
bie est le pays du sel par excellence. Le long du Rub""
el-Hali'', aussi bien au Nord qu' au Sud, il y a toute
une série de „montagnes de sel" dont j'ai parlé dans
mon Arabica V ^). Les Minéens, les Sabéens, les Qataba-
nites et les Himyarites, pour ne parler que de ceux du
Sud, ont dû exploiter ces gisements, comme les Arabes
les exploitent encore aujourd' hui.
1) Obs. milh, mais dans le Nord pour la plupart mèlôh.
2) Ou ^f-irV^. 3) Gesen.-Buhl H.WB'*. p. 38GI). KAT» p. OOG.
4) Jeremius A.T. p. 27G. KA'P p. 598. 5) Index s. v. sel.
30G
Le fait d'avoir mangé avec quelqu'un constitue déjà
un certain pacte, ,^, de fraternité, et tout araiDisant,
ayant voyagé en Orient, y a entendu la phrase ji-^ LJûI
U-csxj «-^l j^JL«5 c'est-à-dire, nous somroes des amis. Le
repas qu'offre celui qui a été reçu dans une corporation
de Damas ^) s'appelle _yJ^' ou JLixi! iUxi., repas de récep-
tion. Le sens de tromper que -Xj a aussi pris prouve
que le hadarî ne considère pas toujours le sel comme
un ciment suffisant de bonne foi: c'est trop salé! Mais
une chose qui a une mica salis est pour les Latins
comme pour les Arabes aussi une i^Ls^OU.
Les Bédouins sont fort hospitaliers, et bien des inimi-
tiés ont été aplanies par „Ze manger et le sel" \ exacte-
ment comme par les dîners de nos Congrès des Orienta-
listes. Même l'ennemi qui entre dans la tente et y mange
est à l'abri de la vengeance, tant qu'il a la nourriture^
iés^JUi, dans le ventre. L'hôte est une personne sacrée
aussi longtemps qu'il n'a pas digéré le sel.
Seul le ^y^ est mis au ban de la société et \i U»
^^ "^ 3 x^ls, il n'a ni nourriture, ni protection, ni
feu, ni lieu. C'est une honte de ne pas donner à manger
à celui qui arrive, J^j^, r^^' ;'-*^' y^^' ^^^ ^ P®^^'
1) Voyez »Ies Corporations de Damas"' dans les Actes du Congrès
de Leide II. Ce travail est rôdigé par Coiulsi, mais uniquement sur
des données que je lui ai fournies.
2) Huikliardt, Beduinen etc. Weimar 1831, p. V.Vd. Euting, Tage-
bucli p. G2.
307
de ce que le monde dira, si l'on se montre chiclie, le
plus grand défaut aux yeux des Arabes, comme dans
notre récit N*^ 4. Un haurânien m'a raconté sur ce sujet
le joli épisode que voici.
Les ^Umûr sont une branche, v^«-^; d^s Sebâ , des
'Anazeh, Ils sont connus pour leur verve poétique. Deux
^Umûr étaient partis pour piller ^) \^Js^\ Qy^l^.. Us arri-
vèrent à une tente où il n'y avait qu'une femme qui ne
leur voulait rien donner. L'un dit alors à l'autre: èhde
bibàdâk yigîk qerâk^), reste là tranquille, et tu
auras ton manger! Le mari survint et ayant appris que
c'étaient des ^Umûr, dont la critique était à craindre, il
s'écria: mas hilâf, ya zeyn el-gâf *), il n'y a pas
de mal, mon beau rimeur! Et alors gâm el-mo'azzib
yihâwis*) ^ala hôrmetu: hadôl dûyùfâna'Umùr
ubaÉir yifdahùna 'and el-'arab. Qâm râh ugâb
dabîha udabàbha uhaddàrelhom kull sèy min
hôfu min eg-garâsi. Le maître de la tente se mit à
gronder sa femme. „Nos hôtes-là, dit-il, sont des '^Umûr,
et demain ils nous déshonoreront auprès des Bédouins^
Il alla donc chercher une dabîhah qu'il égorgea et leur
apporta toute chose, de peur d'être la chanson de tout le
monde. Cette obligation d'offrir „le pain et le sel", si
usitée encore en Russie, trouve son expression dans l'im-
1) v_iL=> dans le Sud, rôder, hcrumstrcichen. jm*j, o, Nord, chiper.
arracher, voler. jL**^, voleur.
2) Dialecte de llaurùn.
3) LJlî est. usitô dans toute l'Arabie pour rime, même poésie.
4) = Datînali J^ ;; i, (JvC SjsjkJJ on iji^ avec i'acc.
308
précation bédouine ^^3 xUI oj^ '). Dans l'histoire très
importante d'el-Hôtrobî, que je me suis fait dicter en
dialecte des ""Anazeh, il est dit: yôm râ'a el-i>érba
wllya el-madârî'â ^) u et-tûs^) mitel rodràn
es-seyf. Ukân hakk el-hîn yitga'*) gai: sauwid
1) Voyez plus loin. Je ne puis ni'cmpéclier de faire observer ici
que ce 'JJ n'a rien à faire au mehri siqaraur que Jalin MS. Gloss.
p. 205 traduit par Jcmandeii moralisch anschimirzcn. schlechl ma-
chen. Il renvoie au passage du texte où se trouve ce verbe. J'ai déjà
relevé la b(!vue de Jahn dans ma critique de son ouvrage p. 16,
mais je n'y ai pas été assez sévère. D'abord, il n'y a pas dans le
dialecte hadramite un verbe garr avec ce sens, comme le suppose
Jahn, et le garr de son texte hadramite signifie avouer. Le texte
mehrite porte 43, 15: ararût heh: siqaràrak babêdi araôr
hîs: siqaràrak, ce qui correspond au hadramite : galet luh: gar-
ràyt bilkidib? Gâl làhii: garràyt. Jahn n'y a rien compris et
il traduit gaîment: sie sprach zu ihm : hast du mich durch eine Liige
anschwiirzen wollen? Er erwiederte ihr: ich habe (dich) ange-
schwârzt. Or, si dans siqaràrak est le si (s) interrogatif qui est
aussi commun dans le mehri que dans les dialectes arabes. Jahn le
répète une seconde fois croyant qu'il faisait corps avec le verbe et
"Abd el-IIâdi lui disait, bien entendu, aussi siqarârah une seconde
fois ayant la mrnie phrase dans sa tête. Dans le vocabulaire p. 205,
Jahn a conservé la jjarticule interi'ogative qu'il prend pour un pré-
fixe verbal, correspondant à un J.AàXA«', ce qui ne l'empêche pas de
traduire par noircir. Le vocabulaire est fait en Europe et fourmille
d'erreurs horripilantes. _ ^_
2) On me disait que le sing. en est py-^, "if^is c'est plutôt
ù O
pl.iA/o^ homme poitant le P j"^-
3) Sing. iowLL». Quelquefois les Bédouins du Nord l'appellent a\3jj>.
4) Prcpr. peler = -b,Ato, qui est moins usité. bJtiu, pcl. ...Lxiib
et c yiij, peleur, qui a la vcsse, peureux. En Dt. et en Hd. ^Lb-to,
jocrisse. Cf. ^Ji*^ et .«i», classiques, et le datînois \Jisic. ou v»i*£,
0, iv.s.sr>', et le cla.s.sique ti^Àc. La variation phonétique
309
aîîa garâkura! Yôm bugtu birùmâg Aiia;
arîd minkom yôm min ayyâra el-'Arab uhàluh
"ômerhom ma yâhedu madda. Lorsque el-ùerba re-
garda^ il vit les cottes de mailles et les casques de fer
briller comme les étangs de Vété. En ce moment-là^ il eut
peur et dit: y^Que Dieu îioircisse votre hospitalité ! car vous
avez violé le pacte de Dieu. Je veux de vous „mie Jour-
née des Journées des Arabes", et sa faynille n'acceptera
jamais le prix du sang.'' Autre exemple sub p. 13, 17,
18. De là, i_c-s a même pris le sens de ^Lo, renommée.
Dans le Sud, le verbe ^^^ n'existe pas avec ce sens.
Une particularité assez extraordinaire est à relever: il
n'est pas d'usage d'inviter un étranger qui arrive lors-
qu'on mange soi même: il faut qu'on prévienne l'hùte
qu'on va lui donner à manger. Cela no s'applique pas
à un pauvre diable ni à l'ami du maître. Ceux-là sont
régalés sans cérémonie. ,
'Abd Allah Mizyad de 'Oneyzah me dicta les deux
morceaux suivants ^).
J^' cr'' o' r^'^^ a^^ -^-^^ <^^ ^r^ ^)'^- "^ 7-^^- cr^
aussi otnpioyée on Di. Au fij-Miiv !<^V oiÀc, o^c- et
m«/ /in' a ixhctppr.
\) Voyelles selon lii |ironoti(i:itiiiii il'AluLill'ili.
2) Ohsoivc/ le I) du |iri''sniit..
310
Parmi les habitudes des Bédouins, il y a que, si quelqu'un
d'eux entre chez toi pendant que tu es en train de manger,
et que tu l'engages à manger, il n'accepte pas. Si tu sers
le manger pendant qu'il reste chez toi, sans qu'il le sache
(prévenu d'avance), il dit: ^^Cela est une surprise." Leur
habitude est aussi que celui qui a mangé par surprise n'est
pas invité à prendre place dans leurs réunions. Mais si tu
le préviens, avant que tu fasses servir le manger, que ton
intention est de lui donner à souper ou bien à dîner, alors
il ne refuse pas de manger. Il ne change la nourriture
dans le ventre que chez lui à la maison ou bien le lende-
main, car, s'il la change, son témoignage est récusé chez eux.
Si le maître de la tente n'a pas de dabîha, il n'est
pas toujours embarrassé, car ..^-^i^ JuJ._e ^J»-*---^ -^ ^5
Le 1..''>~>1jO» t 'iX^^ ^4^mO i^»r~-i ^ .•.i»-À'-)'j \JLkAl2_J L^^.lXJ^ L ; à ^
\jt-< j^,>L^^ %^j^, )^-^ ^^'l^' yM^ L ^ xj"b5 ..-♦JC^L wOLjj
Si un hôte arrive chez quelqu'un et que le maître n'ait
2MS de moutons, il s'en va aux moutons de son voisin et
casse le pied à un des moutons. E l'égorgé pour son
hôte, et le prix en est à sa discrétion. Le propriétaire
n'en exige pas le prix, parce que, si Vautre n'avait pas
cassé le pied du mouton, et s'il y a ensuite des affaires
de commerce avec lui, il lui dit: „Vois, amène ton Jiôte
chez moi, ou j'égorgerai pour lui une chamelle de tes
chameaux." A cause de cela, il casse le pied au mouton^
afin qu'il n'y ait pas de réclamation.
311
Cela est appelé ') îsjjvî iC<AjJ» parce qu'il est pris par
^_aAxj■. On voit donc combien la différence est grande
entre les habitudes des Bédouins du Nord et du Sud de
la Péninsule.
Lorsqu'on a ainsi mangé ensemble dans un but déter-
miné, on est frères et alliés. Mais je fais expressément
observer que ce procédé n'est pas en usage dans le Sud,
cil il y a le iw*o ou w^^j ^iiisi que nous allons le voir
plus loin.
Cette fraternisation était aussi une pratique du Pro-
phète ^). Sachau, dans son excellente préface d'Ibn Sa^d,
vol. III, Theil I, p. XXXIII, s'exprime aussi sur ce
sujet: „Un événement singulier de ce vieux temps est
encore la double fraternisation par laquelle Mohammed
tâchait de donner une nouvelle consistance à sa com-
munauté, arrachée à tous les liens de famille, en unissant
par la fraternité, d'abord deux Mekkois entre eux et plus
tard un Mekkois et un Médinois. Cette institution n'a
^) P'- ^53''-^' ^^ 1"' indique un singulier (^=31-^^. Cela est illustré
dans une dictée d'un "Anazi: Inzalu "^ala 'Arab Sa dûn ukull
ma gâham(!) surbet udyûfaw masâ'îr irâru 'a la isyâh el-
'Awâgiîn wa la yèédibu kûd illi ma lindebih. ""Ôgbuh
^addat el-'Arab 'and Sa'dûn: halâlna kulluh râh "^adâwi.
Ils campèrent avec les Bédouins de Sa^dûn, et toutes les fois qu'un
certain nombre d'hôtes ou de visiteurs leur arrivaient, ils faisaient
main basse sur les moutons des '^Awâyitcs, mais ils ne prenaient
que ceux qui ne devaient pas être égorgés (à cause du lait). En-
suite, les Bédouins crièrent chez Sa'^dûn: r>Tous nos biens ont été
enlevés de force." Voyez Hdr. p. 461 et s.
2) Rob.- Smith, Kinship, p. 135. Hoh. V, 69: iUo jr.jJ' l*^''
et passim.
24
312
certainement pas eu l'importance que Mohammed voulait
lui donner, mais elle se manifeste cependant dans les
siècles suivants à différentes occasions. Lorsque le vieux
serviteur de Mohammed, Abdallah I. Mas'oûd mourut, le
fisc lui devait une grande partie de ce que lui était dû
des revenus de l'Etat parce que le khalîfah ""Otmân en
avait suspendu la paiement. Alors son frère ez-Zobeyr
s'employa en faveur de ses héritiers et leur fit avoir
leur droit. Et lorsque mourut en Palestine le comman-
dant supérieur ^Obeyd AUâh b. el-Garràh, il nomma son
successeur son frère Mu'âd b. Gabal". Le terme de cette
institution est i^ ^^^1 et se rencontre fort souvent
dans l'ouvrage d'Ibn Sa'd. Les Sabéens l'avaient aussi,
Hommel A A p. 170. Je ne crois pas que le Prophète
ait créé une chose nouvelle. Il pratiquait seulement une
vieille habitude qui existe encore dans tout le monde
bédouin. Maintes fois j'ai assisté à Damas à une pareille
fraternisation entre des marchands chrétiens et des Bé-
douins. Ce pacte était nécessaire pour le commerce des
Damascènes avec les tribus de l'Intérieur. Je possède
encore le traité d'alliance que je conclus par écrit, en
présence de témoins, avec le seylj d'el-Legâ, Mutlaq el-
Qedîs, le 23 Nov. 1882, dans lequel celui-ci dit: q-:^vj
vAic by> iu^î, nous sommes ses frères par pacte de fra-
ternité*). Le droit de fraternité, a^b^, doit se payer tous
1) iijLi», pour «jl-i»!, est droit de fraternité, Schulzzoll, et '^y>,
pour 'iy>^, fraternité, Bruderschaft, chez Hadar et Bedu, et non
pas comme dit Wetzstein Z.D.M.G. XXII, p. 171. Naturellement,
•■5 - O -
'iy> peut s'employer pour »^Li>. Le verbe e5v>' est faire taire la
313
les ans, de même que les Anglais paient les subsides
aux sultans de l'Arabie de Sud tous les ans; c'est la
aîjLi^ politique. Au ^J^;) on ne donne qu'une somme
payée une fois pour toutes, ^ou ,^j^ ijî, j'ai en ha
mon wasî.
7, 4: Zaug- Tout arabisant sait qu'on fait venir ce
mot du grec ^svyoç ^). J'en ai toujours douté, mais je ne
savais qu'y substituer. Comment peut-on supposer qu'un
mot désignant une chose aussi ancienne que la langue
arabe ait pu se répandre par toute l'Arabie s'il était
emprunté aux Grecs? A présent, Hommel nous en donne
une étymologie -) qui me paraît très plausible et dont
on trouve des analogies dans la classe des nomina in-
^trumenti et vasis. Ce savant ingénieux montre que
zai indique les deux petits Jumeaux de l'Ecliptique. La
racine de ce nom babylonien est, selon lui, zawaya,
et le substantif en serait véritablement zauyu, zauy,
dont seraient sortis zawwu et zayu. De là, les Arabes,
les Syriens et les Ethiopiens ont fait ^^J, couple, formé
de zauy par la palatisation du y, comme ?vi.=> de
£y^ et jix=^ de Jixj_^). L'arabe possède aussi ^ : := ^^j.
L A XIX, p. 85 dit : ^j ^53 J^^^^ y oX ]Sj ^^ *).
Hommel suppose que le lat. jugum, joug, [allem. juk,
Ijûwah: Vj*^ ^i)^y>' "' (pour ii)uy>î), je te ferai conclure le
pacte de fraternité avec les Bédouins.
1) Wellhausen, die Ehe etc. p. 432. Fraenkel F.W. p. 106. Vollers
Z.D.M.G. 49, 510 et 51, 298.
2) Grundi-ii's der Geogi-aphie unil Geschiclite des Oiients I, p. 103,
note 4.
3) Hadraïuoût p. 539. 4) OJ^ ^- Aiilarali 27 v. 3.
314
Joch, suéd. ok, sanscr. yug, pers. ^^] pourrait bien être
de la même provenance, „soit un ancien mot astrologique
d'emprunt". Seulement, d'après moi, on ne saurait encore
décider où se trouve la source primordiale.
(j:jj, i, est dans le Negd serrer fort^ straff anziehen ^).
La, cousine de Hoseyn abû Suweyrât composa, à l'occa-
sion de la guerre contre les Qahtân, un qasîdah qui
commence ainsi*), mètre: ----i----i-^--i:
J^U) v4^' -y>^' 'r-*^ -r*^'; \i
o. ^- . ^ L , o^ô,
0 ^oz gwz montes la chamelle baie qui fend la chaleur
[blanchâtre
et qui se layice (courroucée), si Vavant garde de la troupe
[la devance!
Il n'y a sur elle que le bât qu'il (le cavalier) a forte-
[ment serré avec des cordes
et sa petite outre dont la co7ifection est de date fraîche.
Plusieurs thèmes amplifiés de la racine j ont ce sens,
du moins dans les dialectes: .i, ^.u o.:, j.;. LA s. h.v.
paraphrase ^^j par [j^ et ^^.
Le mot zauy, ^^j, nous explique l'étymologie d'un
1) Class. réunir^ serrer, zusammenziehen, mais aussi détourner de
qC. L.A. s.v. et IV, p. 56 1. 6. Fasîh Ta'lab éd. Barth p. 7. 1. 2.
Talwîh fî sarh el-Fas!h par Moh. el-Harawî + 433, éd. Caire 1285,
p. 19. Fleischer apiid Lewy N.II.W.B. I, p. 5G1 : [^•tj, zusammen-
ziehen, zusammenfnssen, einschliessen.
2) Ainsi chanté.
315
autre mot sudarabique ^^y joug (= ^ et 3-0), pi. _Lp.
On sait que j et ^_,-. se permutent ') et que ^^ devient
souvent en mehri p. De -^j, on a donc fait .a^Joug^ sur -o,
et ce mot doit faire originairement partie du dictionnaire
mehrite, car il n'est employé qu'à l'est du Yéman, à
côté de iJLiP, qui est surtout hadramite.
7, 5: ^Arra. A l'ouest de Hd., c'est le verbe pour
laisser. ^}s> y est moins employé. La langue classique a
ici ,^y:t, mais aussi ^_5j£, car nous lisons dans L A XIX,
p. 272: ^;oJ: Aï ^^-^Ji^j xxJUPt ^^^ JX' JLaj .«Ji Jï. Je ne
crois pas que (jyuJî J^, Dîw. el-Qutâml XVI v. 11
renferme cette idée, mais plutôt celle de ^1) L^ ^î,
L A 1.1., c'est-à-dire, on lui a ôté le bât, on l'a mis à nu
pour le laisser en liberté. Nôldeke ^) traduit bien [/!.
Lebîd Mo'^all. v. 2 et v^^oj: par verlassen, de même que
Huber 46, v. 1 i^f), mais j'incline à y voir le même
sens premier de mettre à nu.
7, 6: sa. Sur la conjugaison de ce verbe, contracté
de ^c^, voyez Arabica V, Gloss. p. 296^). S le m an sa
heytam les-salâh fi sab'eh, S. mit ime bague au
doigt pour la prière.
7, 7: 'azîmeh, pi. ^ijx:, prononcé "azeym, *^azêm,
amulette^ consistant en un bout de papier portant quel-
1) Hunger, Becherwahi-sagung p. 7. KAT^ p. C50 note 5.
2) Funf Mo ail. II, p. 57.
3) Où il faut lire m isba,
316
que chose d'écrit ^). j^^ est une "^azimah enveloppée de
peau et renfermée dans une boîte qu'on porte à côté.
On ne dit pas iUjy^ comme dans l'Afrique du Nord ^),
ni le verbe ^"^ ^).
7, 8: ^ja^ frotter. Fahast el-qôt bimâ' 'ala éân
tuwèlli*) em-nuqtah, J'ai frotté l'habit avec de Veau
afin que la tache s'en aille. Èfhàs em-subùl bergî-
lek, triture (en frottant) les grains avec tes pieds. De
ce thème ^ se sont développés deux autres: ii:>? et *^.
sL>-JÎ J^ ^^,^:<Ut ^Ji5^f, triture le blé sur le moulin d
mainz=z^Zj. Bâ tes!"*!! satàr bôythin risiV uf-
1.1 à m h a, tu me feras des torons que je veux pour une
corde, et tords-les bien. Minsânah tîfham em-ma'zal
^ala fàhdeha te^rîh utesûwi em-mà'^râh min ne h,
la femme roide le fuseau sur sa cuisse et le fait tourner,
et elle en fait la corde.
7, 9: ^ass, ijlac. Hdr. Gl. s.v. ^Ôss em-kara^ah
1 a m m a y i h r o g e m-d è h e n m î n h a, presse l'outre pour
que l'huile en sorte. Synonyme de ce verbe est (j^, Hdr.
Gl. s. V.. Par contamination de deux racines, les Syriens ^)
1) Son synonyme »_jL^I>-, est connu, mais peu employé.
2) Stumme T.Gr. p. 93 et 56; idem T.M. p. 81.
3) Stumme T.Gr. p. 23.
4) Le u est sous l'influence du w et nullement la voyelle régulière
littéraire des J^sj, conformément à la juste remarque de Socin Di-
wan III, p 103, 1. 9 et ss.
5) En Syrie, c'est écraser avec la )nain et (jaA:>, écraser avec
le pied. Je nu connais que lu lurnio avec (j£>.
317
ont ^>alc, écraser, presser, écrit ^j^ss. par Bc et Ht chez
Dozy et par Beaussier Dict.. s. v.. q^^' ci^A^àc, j ai
écrasé le citron (avec les mains). De cette racine ^j^,
nous avons les thèmes amplifiés Lo^, o, class., panser,
^.^ 1), ^, ^c '), H(lr. p. 251 note 3, et ^ '). Avec
l'amplification du ^ je peux encore citer pour les dialec-
tes méridionaux:
JL, être gai, réjoui. ^ J^ = ^ ^^>^, do7iner la bien-
venue à, accueillir avec joie, dans le datînois, mais peu
employé; RO p. 416, = ^. — u^j, regarder =^. — ^>^,
recueillir, collecter —- j^:> . J'ai entendu ,jîJ. ^y pour
Ji^t py, jour de la Résurrection.
On observera les class. j.o, blâmer, et yoo, gronder,
Hamâsah, 263, 13; Nôldeke, Fûnf Mo'all. II, p. 45. liû,
fermer*), aussi Eg., et le syrien ^<>w, babyl. sakâru,
barrer.
Ih, boire jusqu'à la dernière goutte, tout vider en
buvant, et chez les Bâ Kâzim et à l'est de là, boire en
général, qqf. enfouir, et jth, a, enfouir, dans le Nord,
1) Comme Jaj et w^^iJ, Hdr. Gl. s. v. Cf. ^^li = ^Ic, M.S.O.S.
VI, p. 111, note 21.
2) Comme vA*w et j»iA<w et *Iiw, fermer; i—^ et *-»-^ r/ro liant;
wS^ et fJJ-^, briser; (j«as et j*-»^, presser.
3) Presser ou lurtlre jusqu'il en faire sortir tout le liquide, f/a/c
auskratnen. Dt.
4) Aussi Dl. hcxrler: il^ji^Ui ^jrJDw, /d plaxclie {le bois) »i'a
heurté.
318
et en Syrie, combler^ Tab. I, p. 839, mais sauter dans
le Sud. ^g^lD, enfouir, engloutir.
Joe, Hdr. Gloss. s. v. ; Arabica V, Gloss. s. v. ; Socin,
Divan III, Gloss. s.v. Meissner, M S OS V, p. 110 et
295. =^.
(jiJs, tirer avec le fusil à bout portant sans viser, =: J^.
ijli', éblouir = ^j^, a, faire honte a, désillusionner, =
7. 10: râh. La signification spéciale â'aller dans V après
midi ou le soir est strictement observée dans toute
l'Arabie ainsi qu'au Maroc D T 0 p. 27. L. A. III, p. 292
dit: Jc-^L> c^s*L3 ftJotJL. iCA.i;LLî c>^=>;*-. C'est là une
phrase toute courante encore aujourd'hui chez tous les
Bédouins. Mais au sens figuré, comme dans le texte, on
le trouve synonyme à!aUer, s'en aller, mourir, z= ^J^,
se mettre à, commencer ^), même dans les textes classi-
ques. El-Azharî, L.A. III, p. 291 en bas, dit avoir pour-
tant entendu des Bédouins se servir de J^ lorsqu'il
s'agissait de c^o^ j^ j^^).
7, 10: suwâd. Les Bédouins n'ont pas d'eticre pro-
prement dite. S'il faut écrire une lettre, 07i coupe une
frange du tôb, ^_j^! ^y, JjJoî ^^v^llaJ, et on la met
dans un peu d'eau où l'indigo se dissout: c'est là leur
encre. o'Jw< est moins employé; yj> inconnu, vjs^» est le
papier écrit; ^'^ le papier blanc.
Cette espèce de sorcellerie est une vieille pratique orien-
1) Donat Vernier, Graiiim. Ariibu, § 1039, 4°.
319
taie. Voyez le récent article de H. Winckler OLZ 15
Avril 1906, p. 219 et s.
7, 11: k ara" ah, iCc/, pi. ^y, petite outre en peau
de mouton, c T , eau de pluie, dans tout le Sud, y com-
pris le Yéman.
7, 12: radie t. Les verbes ont aussi souvent à la
troisième pers. du sing. l'accent sur l'ultième que sur
la pénultième, surtout si le verbe est ult. ^ (^jJw). Ici
redf, 1. 14, laqf, 140, 9, huff, 142, 15'). Cet accent
n'est pas déplacé de la voyelle longue, si ce n'est à la
seconde pers. fém. du sing. oii il peut aussi frapper l'ul-
tième, et à la seconde et à la troisième pers. fém. du
pluriel, oii il frappe toujours l'ultième. Les afformatifs a t,
et, n a, (y) e y n, etc. y sont simplement ajoutés. Les plus
anciens textes babyloniens offrent la même particularité,
Hunger, Becherwahrsagung p. 8. Je vais donner ici la
conjugaison complète d'un verbe ^^xi. Les ^^ et ^jjé\
se conjuguent selon le schéma classique.
Parfait,
m. f. a n a b a q î t, je suis resté
m. i enteh baqît,
f. ( enti baqît i ou baqîtîn').
m. j hù" baqf
f. ( hf baqiet [baqî'et] ou baqiyet
1) , <^) ic^ 6t ensuite (j;*^. Nous trouvons de mCmie les va-
riantes du Qor. 20, 90: radî et nasî; 20, 119: rawi.
2) Dans les dialectes, comme en hébr. et en syr., les tertiœ ^ se
sont fondus dans les tertise (^, excepté, bien entendu, pour les sub-
stantifs de _^.
3) Comme en arumi-en et en hébreu avec les suffixes.
320
m.f. ahna ou lahna ou nahna h Siqlna, nous sommes etc.
m. j entu baqitu.
f. ( entên baqîtèyn (-tên) ou baqeytèyn^)
m. ( ho m baqfu ou baqîyu").
f. ( hin baqîyèyn (-yen) ou baqiyèyn.
m. f. w a h i t e h, je Vai senti, entendu.
m. ( wahîteh.
f. ( wahîtih.
m. ( wahîh.
f. ( wahi^eteh ou wahiyeteh ').
m.f. wahînâh, 7ious l'avons etc.
m. j wahîtùh.
f. ( wahîtèyneh (-tên-)-
m. ( wahf ùh, wahîyùh [wahf ùh, wahiyùh].
f. ( wahîyèyneh (wahiyèyneh, -en eh).
La hamiet em-éams, lorsque le soleil devient chaud.
Hf ma wahîetha, elle ne s'en apercevait pas, 81, 8;
76, 2. Tîyâbi h ad! y et 'a le y, mes habits sont trempés
d'eau. Ed-dunya safiet, le temps s'est éclaira. Ma
lâqîet tôkulah, elle mange ce qu'elle trouve. S e q î e t
em-ard kulleha, toute la terre a été arrosée. {,Ji^).
Batni sabîyet, mon ventre est ballonné, Ildr. p. 185,
note 1. Hâràha lammardîet, il lui parlait jusqu'à
ce qu'elle consentît, 140, 11. Tafîet en-nâr wahàlah
1) Voyez ma brochure: La langue arabe et ses dialectes, p. 55,
lidr. p. 244. Les Bédouins de la Syrie disent également ici -èyn,
mais les Haurâniens -en.
2) '^Omân; bàqyu: Egypte: biqyu ou biqyum; Negd : ba-
giyau, radiyau; sabéen: _^ et j^; lihyâni : ^^-^aj D. H. Millier.
EDA. p. 44.
3) Ici, p. 70, 1. 2.
321
n è b e r u, le feu s'est éteint, et les habitants s'en sont éloignés,
me dit un Beyhânite pour expliquer la phrase l)c^L^ c:^'.
Les Bédouins de Syrie et du Negd *) ont la forme
bàqyet, dàryet. Wàhiyet el-màsala, l'affaire est
devenue grave, 'Anazî. Egypte: biqyet. 'Iraq: 'amet
%yni, M.S.O.S. V, II, p. 106, 1. 3.
Imparfait.
Sing: èbqa; tebqa; tebqi ou tebqîn; yebqa; tebqa.
Plur: nèbqa ou lebqa; tèbqu (tibqô, tibqàu, tèb-
qàu); tebqèyn; yibqu ou yibqûn [yibqo,
yibqàw, yibqàu, yibqàun]; yibqèyn, yibqên.
La préformante a la voyelle i et e, quelquefois a, sur-
tout devant les gutturales. On dit toujours yarà^ tara'
ou y ara tara, et le plus souvent tabà''^), mais yibà".
Pour les verbes Jsjé, la conjugaison est la même pour
ce qui concerne les aflformantes. Dans notre dialecte, on
ne rencontre que fort rarement la forme ressautée (auf-
1) Socin, Divan III, § 130, donne la forme begât, = u>^,
mais je ne la connais pas, et j'en doute. N" 66, 35 nous lisons
begat, et 66, 36 bëgât doit être lu de même. Socin n'a étudié
que sur ces textes et il n'avait pas une connaissance personnelle des
dialectes arabes. Meissner, N.A.G.I. p. XL VIII, ne parle pas non plus
d'une telle prolongation de la voyelle et il donne au contraire mise t.
2) Si l'on veut s'orienter sur la voyelle de la préformante dans
l'ancien arabe, je renvoie aux ouvrages suivants: Noldeke W.Z.K.M.
IX, p. 46, note; idem Z.D.M.G. 59, p. 413, 1. 14. Sîb. II, p. 275
et ss. Fleischer, Kl. Schriften, I, p. 97. Barth, Z.D.M.G. 48, p. 4.
Freytag, Einleitung, p.p. 76, 81, 91. L.A. s. v. ^^ et iCblJ". L.A.
et T.A. s. V. ^!. Ei-Mo'arrab, p. 9. Bânat Su'àd, éd. Guidi, p. 96 =
éd. Caire, p. 47. I. Giimî el Hasâis, fol. 201 b. el-Beydîiwî 1, p. 449.
Hofni ^^j!^^ p. 24. Muzhir 1, 124, 1. 16. Vollurs V.S. pp. 16, 129 et 172.
322
gesprengt) de Stumme-Marçais : bâlhorùgsi 12, 8, 9.
Je ne l'ai pas beaucoup observée dans le dialecte hadra-
mite, où elle est pourtant un peu plus commune *) :
yisômrùn m ^-ji; -*^.i Hdi"- 367, 8 d'en bas z= 376;
yedebl.iûn, Hdr. 378 1. 6; yiholtûh Hdr. 395, 8;
yihôlgOn Hdr. 485, 4; tâ'ôsob z= >;,*j«3*j' Arabica III,
71, 8 d'en bas. Elle devient plus fréquente au fur et à
mesure qu'on s'avance vers 'Oman, où elle est très com-
mune. Elle ne s'y limite pas à certaines radicales verba-
les, comme l'enseigne Reinhardt Gr. § 268. Ce cas ne se
présente pas seulement lorsque le verbe est suivi d'un
suffixe à l'accusatif. Il peut se produire avec tous les
verbes, ainsi que me le prouve la longue liste que j'ai
réunie d'imparfaits 'omanites. Dans le Nord, elle est plus
courante que ne le suppose Socin, Divan III, §§ 165 et
141. Je la considère comme un imparfait archaïque *),
resté dans les dialectes. Nôldeke Z.D.M.G. 59 p. 416 1.
14 et S.S., ne semble pas être de cet avis, car il s'y
déclare partisan de la théorie de Stumme sur la forme
„aufgesprengt". Mais la théorie de mon savant ami n'est
qu'un exposé des faits, et nullement une explication.
C'est tout bonnement un nom nouveau, donné à un pro-
cédé morphologique dont les dialectes ont hérité depuis
la plus haute antiquité.
Il n'est pas déplacé d'appeler ici l'attention sur l'im-
parfait des verbes qui ont une forme transitive et une
autre intransitive : ^yé, ^yiàj et ^yè, ^^.juj : ^jiL>, ^c^.^
1) Il faut donc un peu modifier ce que j'ai dit dans ma critique
sur le »Die Mehri-Sprache" de D. H. Muller, p. 50, 1. 8.
2) La langue arabe et ses dialectes, p. 57. Stumme, Tun. Grumm.
p. 13.
323
éteindre^ et ^_^, ,J>^.i s'éteindre ^) ; t â f i y i n n h a , je
V éteindrai', em-nùr ta. fi, la lumière est éteinte. ^J<a^
^^, remplir^ et ^J.a, ^J^_, être plein] su dî hù' raâ-
liinneha, qui va la (iojs) remplir?
Impératif.
Ibq; ibqi ou ibqi'^) fém.; ibqu; ibqèyn, fém.-
A u h ') ou ô h ; à u h i ou a u h î' ou ô li i, ô h î", fém. ;
àuhu ou ôhu etc.
La deuxième radicale de la IP personne du singulier
masculin reçoit une voyelle finale adjuvante, e ou i, lors-
qu'elle est suivie d'un suffixe à consonne initiale ou d'un
mot formant corps avec l'impératif. Elle reçoit un a
lorsque la seconde consonne est un c: ès^a râsak, in-
cline ta tête ((^^JtAû). Cette forme apocopée *) est aussi
admise par les grammairiens : Sîb.-.Jahn § 490 ; El-Mofas-
sal, p. 162, quoique ce soit la moins employée t;;yjt]iî jlïL
1) Sturarae, T.G., p. 19, dern. 1. et p. 20, 1. 6.
2) Comme en hébreu: v. Hdr. p. 309, note, et ibid. p. 287. 1. 3:
u g r u b î' , approche !
3) De /y>35 sentir, entendre. Cp. Hadramoût, p. 276, note.
4) Déjà observé par Snouck, Feestbundel p. 21 note, et 25. Dans
le verset qui se trouve chez Hartmann, Z.D.M.G. 51, p. 195: yâ
ù
nâr albi is'^ili wiswi lahra nayya, iswi n'est pas pour j-^',
comme il le dit p. 201, mais c'est, de môme que is'^iii, l'imprratif
régulier au f»'!m. à cause de ^cii .li = la femme. Le chant donnerait:
y a nâra albi-s ili wi.swi lahem nayya. P. 198, Str. 7, 2, il
faut y lire; hu tt-el-'adam al'udam, ^lAflic j.(Aftiî -t2>, et cor-
riger la traduction ridicule. J'ai déjà ailleurs émis mon opinion sur
ce livre manqué du grand réfurniateur de l'Islam.
324
Sîb.-Jahn, 1. 1., et, d'après lui, I. Ya'îé II, p. 1279. Nôl-
deke, Zur Gr. des Class. Arabisch, p. 10 = es-Sîrâfî
apud Sîb.-Jahn, vol. I, ii, p. 43. Comme deux consonnes
consécutives, sans voyelles intermédiaires, dans la même
syllabe, sont contraires au génie de la langue, on y inter-
cale souvent, surtout si la dernière est une labiale, mais
jamais si la première est une liquide, une voyelle adju-
rante, si l'impératif est en pause ou suivi d'une consonne :
èdër et ëdir ici p. 79, 1. 19 et 20. Autrement la der-
nière consonne se lie à la voyelle suivante. Sîb.-Jahn.
§ 490, trad. Voyez Hdr. p. 124. 1. 14 et note. Ce pro-
cédé est aussi courant dans le Nord, Socin, Divan III
§ 142. Meissner, N A G I p. XL VIII, § 77, h. Avec le
suffixe «_, la voyelle a, e ou i^), est toujours interposée,
mais elle appartient au pronom, et non pas à la radicale,
Sîb.-Jahn, § 490, vers la fin. Socin, Divan, III, § 142 d.
L'impératif de toutes les formes des verbes 3^ et ^_5^
est traité de la même façon. L'exemple classique en est
le vers *) cité par Abu Zeyd, Nawâdir, mais je ne l'y
trouve pas ^)
S. dit: Achète-nous de la farine et donne du pain de
froment et du sawîq*). Forgé ou non, ce vers reflète
1) En Hadraraût u. Cf. Qor. 7, v. 108 argih et 2, v. 122 arna
(variantes).
2) L'observation de Nôldeke, z. Gr. d. class. Arab. p. 9, note 31.
«Manches mag hier kiinstlich sein, aber auf Grund der wirklichen
Aussprache", frappe tout à fait juste.
3) = Sîrâfî, Sîb.-Jiihn I, 1, p. 43; I. Ya'îs, p. 1320; Noldeke, z.
Gramm. d. class. Arab. p. 10, et .souvent ailleurs.
4) Sur ce mot, dont la définition est assez vague, voyez L. A.,
Xll, p. 36, Jacob, l^eduinenleben^, p. 89, Nôldeke Z.D.M.G. 1895 p.
714. V. Kremer, Studien z. vergl. Culturg. I und II, p. 14: Mchlbrei.
325
la langue parlée encore de nos jours. Un exemple iden-
tique se trouve Hdr. p. 393, 1. 4. On sait que dans les
dialectes hadar l'impératif en question finit toujours en
â ou en î. Les variantes Qor. 7, 108 argîhi et 2, 31
anbîhim sont de cette catégorie. Il n'y a, que je sache,
que l'impératif ta^àP), viens ici, qui fasse exception. La
dernière syllabe est, dans ce cas, longue dans les poésies
hadar, témoin Dalman, Palâstin. Diwan p. 147, 1. 8:
ya ràbbi hàlli môhreti * tikbar wàna hayyâlëha
(c'est ainsi qu'il faut lire: --w-i_--_), ô Seigneur,
laisse ma poulai^ie grandir, et que je sois son cavalier !
Ibid. p. 151, 1. 9: ""alli rafâdiË ya yûm * nahna
debàyih lilgûm, rehausse ton coussin de selle, ô mère,
nous sommes les victimes de V ennemi^): --^^-i .
Egalement chez les Bédouins nordafricains, comme chez
Stumme, Beduinenheder, p. 59, v. 76, et Hartmann, L
L W, n° 5, passim. Dans la poésie bédouine de toute la
Péninsule, cette dernière syllabe, avec sa voyelle adju-
vante, est toujours métriquement *) brève. Le poète Dô''an
el-Murqusî des Fa^î (-[- 1315 H.) dit dans une qasîdah:
1) Prov. et Dict. p. 109.
2) Dalraan traduit incorrectement: nous sommes les bouchers de
Vennemi. ^IjO est le pluriel de iC^O qui ne veut pas dire boucher,
et l'expression JyJ! f^^i^^ ry^ ou [•yiiî est fort commune chez les
Bédouins du Nord = nous sommes prêts à nous offrir comme da-
bàih, victimes, aux chameaux de l'ennemi.
3) Il m'est incompréhensible comment Stumme, trip. tun. Bedui-
nenheder, p. 28, peut dire que »ces voyelles", interpolées pur lui
pour parfaire le mètre, mais venant naturellement dans la bouche
du chanteur, »n'ont pas de valeur métrique syllabique". Si ce n'était
pas le cas, le chanteur ne les y mettrait pas. Il y a ici entre Stumme
et moi de profonds désaccords.
326
M xjtj.-^l li-v-J^^Si^' lN^j^e'-jl^ .^sLj
0 père de Mohammed, je veux te demander et raconte-
[moi, toi.
Demain il y aura le retidez-vous des troupes alliées.
Un poète, en parlant de la guerre entre le daulah de
Ahwar et ses tribus, dit:
Passe chez le seigneur d'el-Majabi^) et raconte-lui;
Dis-lui que je suis aujourd'hui parti le matin des
[Montagnes.
Exemples de l'impératif: nahna negûl isèb (ou
"1) S\i olji-si) ou yij J^'t ou yij JoLfiJ! est un terme technique.
Wrede, Reise in Hadhramaut, p. 185, s'est rendu coupable d'une
gaffe inouïe. Il décrit une ^réunion de tribus" qu'il appelle Qabayl
Bah'y et à laquelle il aurait assisté. Il a entendu la phrase stéréo-
typique ci-dessus et ne comprenant pas l'arabe, il l'a prise pour le
nom de l'assemblée. G. Jacob, Beduinenleben, page 257, cite ce pas-
sage sans s'apercevoir de la drôlerie de ce Qabayl B a k r y. Je rap-
pelle ici une autre erreur de Wrede, p. 79, citée par G. Jacob, o. 1.
p. 5 note. Il dit que »les Bédouins, après chaque coup de tonnerre,
s'écriaient: eh-ya-ho! en menaçant avec le poing du côté du ton-
nerre". Il ne put en savoir l'explication. Les Bédouins auront crié:
Kfi ^Xi ^g=> [i, se. T*^', comme c'est encore l'habitude, et ils ajou-
tent: L Ij -.3. Heureusement, nous pouvons contrôler les voyageurs
amateurs dans l'Orient sémitique, mais pour certains voyageurs à la
grande cloche, comme Sven Hedin, qui voyage toujours seul, tout con-
trôle nous manque.
2) Pluriel de »jy , petite montagne chez les Bâ Kàzira.
3) Capitale des '^Awûliq Inférieurs.
327
iseb) ^'al-faras, nous disons: monte sur le cheval, Hdr.
p. 124, 1. 14 et note. Yagûlûluh 'àtëna hagg àlia,
ils lui disent: Do7ine-nous le droit de Dieu, "Anazî. Dans
le volume sur le Hadramoût, on trouve: Orra el-gedf,
jette (donne) la contrevaleur exacte, p. 177, 1. 8. Èhîg
"^ala hâda el-mahall, garde cet ejidroit, ne laisse appro-
cher personne, p. 228. il à mina bil-lîhâf, couvre-
moi avec la couverture {^^ i), p. 405 1. 9. Isf ^alêh,
sieh' auf ihn hinunter, p. 503 1. 9. Willelha uegi-
relha = Ui ^Ç L^ J^, cours la chercher, p. 380 1. 19.
Datînah'): ibil li husn = LlAl^ ^l ^t, batis-moi un h.,
comme Qor. 40, 37 : L>yo ^ ^^! ^U^ b. I s b h i n a, reste
ici tranquille (^^i^^, i). Id'àh, id'èh, et Hdr. id^ùh,
appelle-le. Id'^eha, appelle-la. Iqër em-hatt, lis ta
lettre. Iqràh, lis-le. Ifël tiyâbak, épouille tes habits.
"Arr em-karîb yitwahgam, laisse le feu flamber
{^f). Hallhora yirga^ôn, laisse-les revenir, Hdr. 31 1.
9. Wàzzëna, appuie-moi, Hdr. 309 et note i^j^). Tara m
hina, reste ici, ibid. 276 1. 13 {^^). Miss hâlak, ^zre-^oz
d'affaire, ibid. 343 note. Dali hina, reste ici {^Jàs ^
JCto). Wiéé em-taub "a la haqwak, desserre le vête-
ment sur ta taille (^yi^). Wiééim-nis'ah 'a la hàq-
wis, desserre (fém.) la ceiîiture sur ta taille. Le poète
1) Je ne saurais assez accentuer que les exemples que je donne no
sont jamais de mon cru, mais tirés de mon grand daftar, où
j'enrepistre tout ce que j'entends après l'avoir tout de suite inscrit
sur un calepin.
25
328
DC^an dit: pjù\ U Uuaj ><^ ^A»Jî , la sincérité, laisse-
la persister entre nous jusqu'à ce que nous puissions
conférer. Le poète Ahmed b. ""Alî el-Hirayarî, de Naqhân,
chante :
j&fôye ^es /rères et tes cousins (contrihules) et aie patience
dans la bonne comme dans la mauvaise fortune. Prop.:
amer et doux. D e k k 2) e m-t a b", égorge le petit taureau
(^_^L>). Wàffëna swôy, do?ine-moi encore un peu, ïïdr.
379 1. 11.
Itf em-raisbâh, éteins la lampe (^_csl> et ^_^M). H
ou H w ou i î u 'a 1 è y = ^J<c yof, éclaire-moi. H s *)
em-sirâg, allume la lampe (j_^c^i). Iftènna (= o*it
Uo) bi kalâmak, parle-nous clairement, mais ift bi-
kalâmak. Isin nefsak ou isnëha, sois courageux^).
Andëni em-raazàbb, donne-moi le berceau.
1) Ainsi écrit dans l'original, récité et chanté, et non pas rab
bih-, ce qui est aussi bon. Le mètre de la qasîdah est:
deux fois.
2) tc^^j tuer de la façon rituelle, pour que la bête ne crève pas.
3) Voyez p. 322.
4) Le •1' =: J sous l'influence du ijo. (j:^ = t<V*^ et ,jr*^' = *i>-^' •
5) XwÀJ .e:*-^ ou , c^') c'est à dire, délester sa propre per-
sonne, en faire bon marché au point de ne pas se soucier d'un
danger. C'est peut-être dans ce sens qu'il faut comprendre le
_^LLii3 _j^^ de l'inscription de Glaser 1080, Hommel A. A. p. 184
s. V. Li-ii. Glaser 107G 1. 27 = Winckler , Uie sab. Inschr. der Zeit
329
Ta%ss ma^na, ou ef^ass, soupe avec nous. La rig%t
la Datîneh itfèss qalîl bfômrak, lorsque tu retour-
neras en Datînah, fais un peu la roue = yi^^i et JXj.
Iltaw ou il tu, îoeich' ah; fém. Htewi.
Ihtàr era-manîhah ^) (ji tcbàha, choisis la bête
à lait que tu veux que je te prête. Iftàq làrdak,
soupire après ton pays. Itmàr ènteh wiyàh, dispute-
toi avec lui^). Dô^an a dit:
Alhan Nahfan p, 14: Li-ii, ennemi. Cf. les class. (^wvjj et i^.^ -
La locution *.>^i ^Jy^ ^j^ J^;> rapporté par un ancien gram-
mairien et qu'es-Suyûtî, Muzhir, I p. 55 en bas, met en doute, est encore
très bédouine: courageux, qui est sj^i pour son adversaire. Xi^
^yÀj = Atlar le vaillant., (j*^U^' ou ;j**-i^jÎ, ZDMG 54 p. 254
et s . Dô'^an dit dans une longue qasîdah :
Je n'ai besoin que de gens braves et intrépides qui font sortir
le Diable de dedans les pierres. J**i2J, o, retirer. ^/.:5^t vi>Jlj«2J
fOj^^ CT* ' ■t"'^ retiré le blé de faire.
1) ii:<v*-* est la bête qu'on prête à quelqu'im pour qu'il s'en
serve, surtout des bêtes à lait. C'est, avec iC:?^wU Boh. V, p. 59, 1.
3 d'en bas, un mot et une pratique très anciens; LA III, p. 445.
Tab. I p. 1786. Cf. l'hébreu j^n^p et son rôle cultuel.
2) Ainsi que les verbes concaves qui con.servent l'a à l'imparfait,
Hdr. 2U1 note 1, mais notre dialecte dit ni m et nam.
330
+
«__i.L_L_Jl isL*
o
L?^
Suis [l'exemple de] un des tireurs ') qui font butin
de fusils roumis de cinq empans (de longueur de canon).
x,-Ji!t J, ^^ oLaj1, sois coulant avec moi pour le prix
Hdr. 177. %^^ J^ auXJy! J>-m^'! , préfère la jeune fille
à la vieille femme (^^^Lm^'). — Istah, aie honte!
Pour finir cette longue digression, je fais observer que les
verbes c»p et ^, moins ceux de la note 2 précédente,
font à l'impér. régulièrement ^ et « , contrairement aux
dialectes hadar ^) et en vertu de la règle invariable, à
quelques exceptions près, exposée dans "La langue arabe
et ses dialectes, p. 21 '). L'impératif de ^b- est dans
notre dialecte gi^ et ainsi tous les impératifs analogues.
On ne dira donc pas que la grammaire arabe ne reflète
pas une langue anciennement parlée et encore ainsi
parlée de nos jours. La grammaire classique se trouve
1) Voyez le Gloss. s. v.. iCs.LliIÎ.
2) Aussi dans le Sahhî 'oraânite BBRAS 1902, p. 270 s. v.
wait: (Jns^, attends-moi.
3) Le fait que dans les dialectes hadar la voyelle longue est ici
conservée est par Doutté TO p. 67 ainsi expliqué: wlorsque, par
suite d'un accident, la forme trilittère du mot n'est plus apparente,
o ) o )
le vulgaire la rétablit: il ne dit pas JJJ, mais J^." Le beau livre
de Doutté est déparé par des reflexions et des règles aussi absurdes.
Le contraire de ce raisonnement serait que les Oranais, en disant
aJJ^, dis-lui, rétablissent la bilittéralité!
331
encore éparpillée dans les divers dialectes de tous les
pays arabes, moins, bien entendu, les désinences voca-
liques et le tanwîn, qui n'existent plus qu'à l'état
rudimentaire.
7, 13: la ""and el-^ôlb. "^ est pour ^\ , sur lequel
voyez Arabica V p. 139 et ss. et Hdr. Gloss. s.v. ^i,î.
Les Arabes aiment beaucoup les rendez-vous près d'un
arbre. On lira chez I. Qoteybah, - éd. de Goeje, p. 262,
un rendez-vous amoureux près d'une talhah, mimosa
gummifera.
7, 15: sëhêreh, ^,^, pi. ^L^^ comme ww.^, pi.
v_jUjî '), beau-frère, cousin, jparent. Ce n'est pas le dimi-
nutif, car celui-ci est dans les dialectes du Sud aussi
rare qu'il est commun dans ceux du Nord. Quelques
mots ont une prononciation fixe, stéréotypique, qui s'écarte
du schéma classique. Sehêr') et daheyl, hôte, pi.
jJ>o, en sont les deux exemples typiques. Dans tout le
Sud, entre ^Omân et le Yéman, on les prononce de cette
façon, et non sahîr et dahîP).
1) VV:-*^ est celui qui a appelé son enfant du nom d'une per-
sonne dont il recherche la protection; Arabica V p. 175 et ici
plus loin.
2) S-tP''-> veut dire associé, Hdr. Gl. s.v.. C'est un <y^ = J^li ,
comme jJ-*' = y^K et se trouve partout hors du Sud, môme en
Afrique, Burckh., Beduinen, pp. 131, 140 et s., 2G4 (où les différents
mots sont mal écrits). Marçais, Graram. Gloss. s.v.. Stumme TTBL
V. 709 et 738 ; id. T M G p. 90 n» 27 v. 5 où le mot a le sens or-
dinaire de Schulzsuchmder, et ensuite de protér/é, Dozy, Suppl. s.v.,
et non Bitte, comme l'explique l'auteur TTBL Glo.ss. s.v.. La défi-
332
On a bien vu, en parcourant mes ouvrages sur les
dialectes méridionaux, que la diphthongue a y [ey] peut
devenir î, comme dans les dialectes africains, et que,
vice versa, la longue î se dissout en a y [ey]. La pro-
nonciation stéréotypique des mots en question me fait
croire que nous sommes en présence d'un reste phoné-
tique des langues parlées dans le Sud avant la prépon-
dérance de l'arabe. Je dis „des langues" car on ne
saurait encore décider si la langue minéo-sabéenne, le
dialecte himyarite ou la langue mehri étaient l'idiome
courant du Sud. Peut-être toutes les trois langues à la fois.
Or, il paraît, à en juger par ce qui se passe dans les
dialectes arabes du Sud de la Péninsule, et surtout
dans ceux des Mahrah, des Qara et de Soqotra, qu'un
des traits distinctifs de ces dialectes est de dissoudre une
voyelle longue en diphthongue. Le nom de Hadramôt
en est l'exemple le plus frappant. C'est certainement
un pluriel oU*a=>> comme ot«UJ!^), cjL^^''->^' ^) > oljyti!,
nition de de Goeje, Doughty Travels, Gloss. s.v., est tout à fait
juste. Le dahîl du Nord s'appelle dans le Sud rab'r, Hdr. Gloss.
S.V.. [^!] ^^ i3>^^ n'a le sens de chercher -protection en entrant
chez quelqu'un que dans le Nord [= v Lf j^ji ^^'^ cette phrase
est sj-nonyme de xC ^ ^3 ou (_<W _Lj, et ^^ y est par-
tout équivalent à ^fp'-^, qui demande protection ou asile. R. Bas-
set, Moh. et le Chameau, donne cet hémistiche:
ana dahîlak ya emîr * enta dahîl el-murainîn
qu'il traduit par: J'entre chez toi, ô émir .qui entres chez les
croyants, ce qui ne rend pas le sens intrinsèque des deux dahîl.
J'ai It regret de dire que cette publication fourmille de fautes contre
le mètre. Le maddâh n'a peut-être pas chanté ainsi; ou bien les
Algériens ont-ils perdu tout sens métrique?
1) Graf, Sprachgeb. der ait. chr.-ai-ab. Lit., p. 99 s.v.
2) Gezîrah, p. 216. Cp. :*^'^ Diw. Hodeyi, éd. Wellh. N« 465,
333
Yâqût s.v. Cette désinence -ât a été prononcée -ôt,
ainsi que c'est encore l'habitude. Ot est ensuite devenu
d'un côté -ût: Hadramût, et de l'autre -aut: Ha-
dramaut (v. p. 295) que j'ai aussi entendu à l'est de
la frontière mentionnée. U devient souvent au, surtout
dans le pays d'ed-Dâhir, où l'on dit p. e. bahàur et
bahôr pour .J^', encens. A Lahig, j'ai relevé yahaus
= j;.^ •); ^^ = ^^; J^ = à^ Hirsch Reise.
Force est donc d'admettre que la prononciation de ces
mots sahêr et daheyl s'est perpétuée à travers les
siècles et qu'elle remonte à une haute antiquité.
Le mot ^o-fp'j, est aussi de ceux qui sont presque tou-
jours prononcés avec la diphthongue; Arabica V, p.
95. On prétend que Q.*^yt *) est importé du Sud, oià il
V. 1, et oJtJ^, V. 6. Dans la grande inscription de Sirwâh il faut
peut-êtie prononcer v^^^ÀJO comme o^^^, Glaser, Skizze, II p. 89;
0. Weber, S S A K II, p. 24. L'entourage géographique de ce mot
prêle à l'identifier avec la Datînah actuelle, quoique la sibilante soit
à présent à la place de la dentale.
1) Un zâmil du poète I. Howeydir me fut ainsi récité, chanté et
voyelle par un datînois lettré:
'3'
.:> sOi: , ij» -. ,LJU! ^_jka_j" L
lA—w
Bâtez les montures et les chevaux hennissants; tu vas faucher
les grains secs et ceux qui sont encore tendres.
Reinhardt, pour "^Omân, § 178 donne slôm et slaumun, *^^ ,
o
*^L« . Cp. Hadranioût pp. 89 et ss. et ma lettre dans la Revue Sé-
mitique 12, p. 79 et s. Voyez Additions.
2) ^^^\ est donc la forme adjective, car les inscriptions donnent
cette épithète, .san.s nom de dieu, rhmnn = i-)^^; — c'^y'" ^^^^
334
se rencontre dans plusieurs inscriptions dont les passages
ont été réunis par W. Fell dans la Z D M G 54 , p.
252. Mais il ne s'ensuit pas, selon moi, que ce mot
doive provenir originairement du Sud, car on le trouve
déjà en Babylonie comme épithète de Mardouk, rêmênu,
et d'Istar, ummu rêmnîtum, KAT' pp. 373, 428
n. 3, 438, dans Onkelos II M. 34, 6 et dans les deux
Talmouds. Les Juifs s'en servaient au temps du Prophète :
^Lait Lt L eULc ^}\ éja JLai ^^\ ^ \^^ ^ili Boh. VIII,
108, 1. 4 d'en bas. Nôldeke, Geschichte des Qorâns,
p. 93 note, a donc tort de dire que ce mot n'était pas
connu dans le Higâz au temps du Prophète. Si el-Mo-
seylimah était appelé x*U-J' -qI^j, cela n'est certaine-
ment pas une imitation du Qorân. Le Prophète supprima
plus tard ce nom d'Allah justement parce qu'on appelait
ainsi son rival, qui allait jusqu'à s'intituler lui-même
^^'L«j>yî . Wellhausen, Skizze VI p. 17, dit avec raison:
„der Name Rahman imd die Form des Gottesdienstes
waren keine Erflndungen Mohammads." La conclusion de
Glaser ') et de Grimme *) me paraît un peu trop hâtive.
une publication qui est la plus pure expression du caractère fanfaron
des Sémites, Opuscules d'un Arabisant, Hartwig Derenbourg, «membre
de l'Institut" et le troisième prince »d'une dynastie d'orientalistes"
(p. 295) dit (p. 21, note) à propos de sa traduction d'er-Rahmân
par clément, ceci: »Je ne traduis plus ainsi, l'adjectif rahniîin n'étant
pas employé en arabe, et le dieu er-Rahraân ayant été dans l'esprit
de Mahomet, le concurrent qui avait longtemps disputé la préséance
au victorieux Allah. La formule , je la- traduis : »Au nom
d' Allah, le Rahmân miséricordieux." Cette subtile argumentation ne
nous empêchera pas de traduire er -Rahmân par le Clément,
comme nous traduisons Allah par Bien.
\) Ausland, 12 Janvier 1891, p. 28. Skizze I, p. 12 et s.s.
2) Mohammed II, p. 40, et Mohammed (Weltgeschichte in Karak-
terbildern), p. 60/61.
335
Je ne nie pas que le culte et la nomenclature cultuelle
de rislâm n'aient été fortement influencés par la i^oU- iuK>,
si considérée par le Prophète, mais pour la provenance en
question, les raisons convaincantes manquent. Cependant,
l'habitus graphique consacré de ce mot: q^ pourrait
être une preuve plus solide de sa provenance méridionale.
El-Hamdànî, dans son Iklîl, cité par D. H. Mùller, Sùdarab.
Studien p. 122 et 133, a relevé que les Himyarites ne
marquaient pas l'a: ^.i^oë^ ]ô\ ^jui^ i^jjc^. q5>>^. ^UlX/
tranchement ') n'a lieu que lorsqu'il y a l'article: q^--î,
c'est à dire, le Rahmân par excellence, comme s"b"^î est
le Dieu par excellence, n'est pas non plus sans importance.
Si er-Rahmân vient de chez les Sabéens, on pourrait
étendre cela à toute la juxtaposition er-Rahmân er-Rahîm.
Ce n'est que dans le Sud, y compris le mehri, que le
mot *-^. a le sens courant non religieux de gentil, gra-
cieux, nett, lieh'^), comme le classique *^^^ tandis que,
1) Donat Vernier, Gr. I. p. 90 et s., donne la liste complète des
mots ainsi retranchés de leur â. Ce sont pour la plupart des noms
propres. Voyez Additions.
2) Nôldeke, Beitràge z. Kenntniss der Poésie der alten Araber, p.
X, est bien à présent d'un autre avis qu'il y a plus de 40 ans. Je
ne vais pas aussi loin que certains critiques qui veulent que chaque
mot, chaque idée des anciennes poésies .se rapportant à l'Islâra
soient substitués à autre chose. Plus on avance et plus on verra
que le Prophète a fait peu d'innovations et qu'il a, au contraire,
conservé ce qui existait, (jiSjfij'j iU-*jî se rencontre plus d'une fois
dans les anciennes poésies, p. e, Su'arà^ en-Nasr. , éd. Beyrouth, II,
p. 626 V. 1, et je tiens cela pour authentique.
336
hors de là, ce n'est qu'une épithète d'Allah '), der liebe
Gott, après avoir été l'appellation d'Allah, Qor. XVII, v.
110. Il n'est donc pas nécessaire de considérer le mot
er-Rahmân, lorsqu'il se rencontre quelquefois dans les
anciennes poésies, comme une substitution musulmane.
^^L^'Jt seul est souvent employé dans le Sud pour Dieu,
cela en harmonie avec l'usage ancien ^). On y dit p. e.:
^^LrJI iJLJ et ^JjTj é^^, sans l'article, ou xoLr,, to7i
soir est heureux, = ^^LÎt iJoJ, ou ^^ ^ |y*^xil ou,
plus vulgaire, ^ J^, correspondant à notre boîisoir.Le
^Lry! oLui = iXj\ ^Àx^, Tab. I p. 1099, 10, des Bédouins
du Nord n'a certainement pas reçu ce nom seulement après
rislâm. Le nom d'une divinité Js^'^ qui se rencontre dans le
Diw. des Hodeylites et dans les inscriptions protoarabes,
Littmann, Th. I, p. 75, La langue arabe et ses dialectes,
p. 60 et 66, est aussi d'importation méridionale. Le
jJUi' n'est pas, comme le veut D. H. Mùller, ZDMG
37, p. 404, „le nom d'une tribu ou d'un endroit," mais
^J' lsj-^j veut dire les deux prêtres du Puissant =
J^lXi . D. H. Mùller ne connaissait pas encore le sens
sudarabique de J^, pouvoir, être de force de, mais il
aurait dû chercher dans les dictionnaires hébreu et
éthiopien pour éviter un lapsus aussi grave. Hommel
GGG p. 136 le traduit correctement par „der Allmàch-
tige". Dans le nom de Q^ip', fils de Saba, il faut voir
1) Fleischer, Kl. Schriften I, p. 311.
2) H. Winckler, Altorient. Forschungen, Heft IV, p. 335.
337
le même sens, sur la forme de ^lia^s:^, [J^^^ etc.,
mais je n'oserais décider si c'est un adjectif ou =
j4^î, comme ^f^ [nom d'une confédération de tribus
et n. loc] est = j*i!,
7, 18: withâddu. ÔL^', se faire l'un à l'autre une
sJ^ ou J^x, attaque, aussi = y;^- Sur 3^, v. Hdr.
Gloss. S.V., et ces sens sont communs dans toute l'Arabie.
Meissner, NAGI Gloss. s.v.. Jj^î S^J^ ,j^^ ct^^^ j*^
jL> jaj J^î <JLe J^a:2s , poésie de Dau^an lorsque les Facll
tombèrent sur les Bîr ô-âbir. Le même Dau'an (Dô^an)
dit (basît):
v>lj gJ^' cr LT^y cr? ^>^ ^^ -^^-5
Çmz a fourbi la pique de B. Lanças ') , laquelle exhale
[une bo7ine odeur? -)
Il attaqua le soir d blessa le seyyid et agita (par cela)
[le pays.
Dans le sens ^'abattre, démolir^ les vocabulaires du Nord
et du Sud sont d'accord, o»^' ^ -, abattre la tente, est
le terme technique des Bédouins du Nord lorsqu'ils veu-
lent décamper: î^^Xxi, \*,Ss> '), sie brachen aufund zogen weg.
Dô^au dit: . , , o , c , c, , + =
1) Sur "^Awad b. Larwas, v. Arabica V p. 232, où la traduction
n'est pas bonne, et Die Hunde von Azzân, p. 12, où il faut lire Larwas.
2) Peut aussi signifier que le vent fait mouvoir la pique de B. L.
3) Je tiens à relever que je ne puise rien, ni dans Burckhardt, ni
338
Tai démoli Qunful après l'attaque qui déstruisit ^) ton
[hameau.
Tu ne te soustrairas plus (aux événements); celui qui
[charge ses chameaux décampera (aussi).
Ma^gar b. Dabi, soldat du clan soldatesque des Mawâ-
lideh d'Ahwar est un poète très renommé dans son pays.
Il dit dans sa longue qasîdah de 51 versets:
0 mécréant! convertis-toi à l'Islam, car notre seigneur
fAlî fest venUy
qui aiguisa son épée avec notre seigneur ''Omar.
Ils attaquèrent Heyhar et en démolirent la muraille;
ils mirent au ban Abu (jrahl, le sacré mécréant.
3^ est ici employé dans les deux sens.
j,yC! ^J^ 3^, se lever, = ^^ Jj . En "Oman : . . jIjlI!
(^-.s^t L5>Ai-^ , la chèvre, . . le bouc la saillira, propr. tombera
sur, R 0 p. 331 d'en bas. Dans le Nord de 'Oman, ouvrir,
BBRAS 1902, p. 276. Abu Hamzah des B. 'Âmir
a dit 2):
dans aucun autre voyageur. Tout ce que je donne provient de
mes propres notes, faites sur une connaissance personelle ou tirées
des nombreux textes bédouins que j'ai collectés pendant plus de
25 ans.
1) J'ai voulu rendre ainsi les deux sens de lXP.
2) Socin, Diwan N" 69, v. 25, on ce vers ne figure pas tel quel.
A sa place nous y lisons:
389
(wilànne)
C'esi gwe je fais pour elle des attaques de lion,
des attaques du lion qui habite les flaques du fourré
[de roseaux.
Â5), se poser (oiseau), des Bédouins de Syrie renferme
l'idée de s'abattre sur, Z D M G XXII, p. 145. Le mot
est bien illustré par cette phrase du Tîgân d'I. Hisâm, mon
ms.: L^Jlc oÂii! JL^^l^ *^n^^ 3l\_^3 uV^JLi' Lj^o ,<-f^,
et il entendit un bruit comme le tonnerre et un grand
fracas comme si les montagnes s'écroulaient sur elle.
Dans le Nord, Sj> est aussi synonyme de .o^, mugir
(chameau), ce qui est très instructif pour connaître le
sens primitif de ce thème. Il est bien intéressant de
constater qu'en "Oman S^ est menacer, tandis que dans
la langue littéraire ce sens n'est donné qu'à la Ile et à
la Ve forme.
7, 19: yihrôgha = U^-^?. de ^j^l, et la voyelle de
j est en vertu de la permutation constante de i et u, o.
7, 20: uzâh =z iilai. Il est a constater que le subst.
+ . + o. , + =
que Socin traduit avec incertitude par : sonst wi'irde ich die An-
slrengunyen eines Lowen fur sic gemachl habcn, um die Sache
rasch abzumachen. On voit du moins que cjÎlX^ est remplacé par
G -
son synonyme o^^iU^. Mon texte est meilleur. Est-ce que les an-
ciennes poésies n'ont pas eu le même sort que celles-ci, qui sont
toutes modernes?
340
3jc est d'un emploi fort rare dans notre dialecte. —
iji^, pi. (ji-l^t, est un espace entouré d'un mur de clôture.
7, 20: tmani hinyâm. Tlât hinyam 64, 8, 21.
Dans mon mémoire „La langue arabe et ses dialectes"
p. 47, j'ai parlé de cette particularité du collage du »
du nombre cardinal fém. au mot Jul suivant. Littmann
m'écrit: „mein Araber aus Jérusalem schrieb mir immer:
j.Lù' ^^î, ^.^" u-.*j>. Ferner sagt man in Sùdpaliistina
immer auwalt imbàri h." Dans mes notes je trouve :
hâda bâqi min arba"" hal-qurûsilladindèyteni,
(oJùiAjt ^_a>J\ (Ji^yii! ijç.t ^j^ ^_^Ij \Sj>, ceci est ce qui
reste des quatre réaux que tu m'as donnés, où même le
3 d'illadi est lié au mot suivant. Da'^â, hal-^Abdali,
p. 171, 17 = ^lXxxjî >i!co; ma bà^a hal-bahhâr, p.
172, 10; wal-qable hal-'aagâ^ p. 173, 12. Voyez N«
56 vs. 1, 57 V. 3, 58 v. 3, 62 v. 1 et 2, et ainsi souvent dans
la poésie. Les premiers exemples sont moins concluants, car
la liaison aurait aussi eu lieu ici dans la poésie littéraire.
Elle est ici motivée par le mètre. Le », t, peut aussi être
conservé : a r b a*^ t i n y a m etc. Je fais observer que le
mehri a, selon Jahn, MS p. 191 et GMS p. 63, heyûm,
à côté de yôm, jour, pi. hayyôm p. 187, mais je cite
cet auteur avec la plus grande réserve.
Inyâm = -LÏ; dans d'autres dialectes iiyyâm,
iyyâm ou îyfim. Ce dédoublement d'une voyelle ou
d'une consonne double par la nasalisation avec n ou m
est assez commun. Dans le premier cas, nous avons
minyit = c>^-*, mort '), hifiya =: Lx^, allons ! ^ n\y ?i
1) Aussi en Palestine, Littmann, NAVP p. 44, n« V, 1. 7. Le pi.
en Dt. est mîyitîn .
341
=: Q: andeynâhom inyâh, nous le leur avons
donné, 27, 6^). Bâ litbàssar ifiyehin ou èyhin ou
wên dî minhin ahsan, nous allons voir lesquelles
d'eux sont [les] meilleures. Les diminutifs de Joè et de
J^ sont quelquefois ainsi traités. Sinyir: abù'i kân
yirhàmni këtîr uàna sifiyir ou sùîiyir^), lorsque
j'étais petit, mon père m'aimait beaucoup. Ce mot est
assez curieux : c'est originairement ^fju^ ') ; il devient
ensuite ^^Ix^o, siayyir, siyyir, sîyir, et finit par
faire sinyir. Le nom du mois du Ôa'bân est aussi
Qosiûyir*); c'est JJ>aï, diminutif de ,aajj. Qo^inyid
= jJxi de 0^6 = o*jti. Le second cas se rencontre
à chaque pas : ^^^j' = ^«->î ^), prétendre, soutenir; oiâijt
=r s.Jt£î\ , rencontrer ; ^y» ly^' = ^c^' ' craindre ; ^II^^*
T= -3w = i'^^f D. H. Mùller, Die Mehrisprache, 90,
16; le et jc^, donner un croc enjambe, faire tomber;
^_w^L> =r i_rV^ ' épingle ^) ; ij^yJ^ Dt. ^) z=z ijo^i , "^Omân,
1) Mais Cî 7, 8 ou b 8, ', avec. Hdr. p. 14, i».
2) Sinyin, parvulus, avec permutation des liquides.
3) Le diminutif est très peu employé dans ce dialecte et en
général dans le Sud, mais il existe.
4) Jahn, Mehri-Sprache p. 206 donne qassâyer, sans doute à
tort quant à ;\, car p. 270 il écrit sa^ayar = j**^-
5) Meissner, NAG i, p. 121.
6) Nord, massue; Haurân et Béd. Syrie aussi &.«*oj> ou 3^ [urV^ ]>
pi. ^J:»Lx3, qui est en bois, longue d'un mètre. Dans la qasîdat
es-Sahf^a, on chante:
342
'
> û 9
luth; (j-2j>.«^ Dt.
=
• o*
^
, pois
sO»lNj>
Hdr.
Gl. S.V.;
hàmbali :
=
--'
, ie
préfère ;
et
>
fermer ;
'Oman
r=
J^J'
, rz2,
etc.
etc.
8, 2: kaown, j^.,y^, comme aussi 10, 17, kaoun.
Cet emploi de ^ comme terme militaire existe chez tous
les Bédouins de l'Arabie. Dans le Nord, J^ ^1^ est même
attaquer. q^LJ^" , se chamailler^ se battre, Haur. ^^«/^s ^^5^,
attaque du jour. ^Lyo ^^^ , attaque du matin, avant le
soleil. ^>S signifie même guerre. ^^».^ ^j, il y a la
guerre entre eux. On l'emploie ensuite au sens topique:
^^»j^ [^ , vent violent avec poussière, = -;i t^ . Dans mon
grand recueil de textes d'el-Qasîm, un récit historique
commence ainsi: :^j.^ olJrJv^_^J' uv**^ 'j^ u':r*-*^' cr ^"^"^
Une certaine année, Hoseyn Abu Swêrbât, chef d'el-
Birzân, des Mëtêr, fit une razzia. Il se rencontra avec
une razzia d'e^-Suqûr, des "Anazeh, et un combat eut
lieu entre eux, dans lequel Hoseyn Abu Swêrbât tua le
chef d'es-Suqûr etc. ^^y me fut ici expliqué par ijii'^ .
Wa sâr el-kôn beynu la beyn el-bàliid, und es
entstand ein Krieg zwischen ihm und der Stadt, ZDM
Les coups des glaives et des pokpiards^ et les massues ne nous ont pas
fait reculer. Cp. Burckhardt, Bedninen, Weimar 1831, p. 43, où
l'auteur n'a pas reconnu le mot (j:vÀï [= class. a'uÀJs?]. La massue
n'est pas employée dans le Sud.
343
G, 36, p. 27, 17 (Socin-Mardîn). Chez Socin, Diwan I
NO 21, 2d ^^ est paraphrasé par 0;1jw, Handgemenge.
Dans la première édition de Cuche, il y a: guerre, com-
bat, ce qui est aussi exact qu'intéressant, mais son suc-
cesseur Belot a éliminé la plupart de ces sens dialectaux,
ce qui est déplorable. Fleischer, Kl. Sdnriften, III, p. 2.
Socin, Diw. III, Gloss. s.v.
La différence entre ^^î et ^^ est que celui-ci indique
le status helli, l'état d'être en guerre, tandis que celui-là
implique l'action même qui se produit entre les partis,
V. Hdr. Gloss. s.v. j.y; z=z 'i^\ji, inimitié, état de guerre:
«JOo|^ Jj: 0-5 V- '^J-'*^' L>^^" Le lXxj^ , et après (lors) que
les approvisionnements sont finis, ils retournent d leur status
quo ante d'inimitié, "^Oneyzite, expliqué par ^^LVc. Dans
le Sud, ^».i me fut toujours paraphrasé par Jj3 ou
jJià, et Q^Lî^' y est, comme dans le Nord, synonyme de
JJ'Laj' et JsiLâj", en venir aux mains, se faire la guerre
=r ^^^ ^j «J55, et aussi au figuré, comme en français,
se chamailler, se battre. Seulement, il faut remarquer
que, comme terme militaire, ce verbe renferme toujours
l'idée qu'il y a des blessés ou des tués, car sans cela il
n'y a pas de ^J^y , mais seulement ^/^ • Voilà pourquoi
j'ai traduit par tués. iG^'L. xiUJLfl c>o^!^ , j'ai frappé la
femme avec le bâton = w^>J M, mais on peut aussi
L^jjLjCj ou ifjyô , en la grondant.
1) Malgré cet exemple, je ne prétends pas que '^^ vienne
de ^^.
344
Ce sens de ^>^{ pourrait bien se retrouver dans l'in-
scription sabéenne publiée par Glaser, Die Abessinier p.
68. Nous y lisons :
f j-j' b-^ er^:; "^"' y^^ y^-'^y^ ^y-^- ^- ^
..Air Q-j Q.-'S *j-j -^"[î A^"^^ CJ*"^^ o » 5
L.*w ^iOUs' uv^ * ^
Jo^ ..fc_5^ LiLi: — *i2-j _fc.4..;:>jt;i'^ _^^^»v..4-i»!^ » 7
t j-ULj^ ^^j— .->'^ ^.,_X_L^^( J^ ^-vj ^^j-/^^' « 8
Uw dU^' ^^'Z"' o^ cj^ cr' " ^
j!j *_L.w_P» .—♦JLw o^—i— ' .••-J«— JL-oi .Lw ^ » 10
O^' t:W -j^ r » 11
Je traduis comme suit en acceptant ce que j'approuve
dans la traduction de Glaser :
4 lorsque ') leur patron tutélaire T., l'élevé^ seigneur de
T. *) les gratifia ^)
5 de la pacification {*"i^%) et que Yarîm Aymdn, fils
de Hamdân, unifia et réunit *)
6 les rois de Saba
7 et leurs troupes et leurs tribus dans [=r pendant] une
guerre qui avait éclaté et une hostilité {^..J ) dans tout
8 le pays entre tous les rois et toutes les troupes. Et
satisfit A-
i) Exactement le rnt'me emploi que *»j dans les dialectes.
2) Voyez Arabica, V, p. 29/30 et ici Gl. s.v. Jju .
3) En m'appuyant sur le sens de ^^-ii^ dans les dialectes de Sud.
4) Conformément à l'arabe, il faudrait transcrire (j^ |^"î^ lX^L^oj,
NôIdeUe, Z. Gr. des Cl. Arab., p. 26, Hdr. p. 73 et ici p. 312. Les
deux verbes renferment à peu près la même idée.
345
9 ymân fils de if., ses maîtres, rois de Saba ,
10 et les autres rois à cause de cette -paix. Et pacifia
et uni- "-
11 fia Y. les rois
Glaser traduit ici la ligne 7 par „m dem Kriege, wel-
cher ausbrach und in allen Ldndern uar", mais si L^
est un parfait, il faudrait aussi que j^,y le soit, ce qui
n'est pas le cas. Ce mot est plutôt un substantif (infi-
nitif) et fait pendant à j^, le 1^ des Bédouins du Nord,
Je sais bien que ^,y se rencontre souvent dans les
inscriptions dans des passages oi^i c'est le verbe ^l^,
prononcé ^^y, d'après la manière éthiopien, au dire des
sabéistes, mais je prie d'observer que y^ et ^y sont
souvent aussi juxtaposés, comme Hommel, S.A.Chr., p.
1 et 2. Il se pourrait donc que cet emploi de ^y' soit
l'origine de celui des Bédouins actuels. Mais il faudrait
alors admettre qu'il soit venu avec les tribus méridio-
nales vers le Nord, où nous le trouvons aussi loin qu'à
Mardîn et à Môsul. Si ^^»^^ (et c'est ainsi qu'il est écrit)
est, selon les sabéistes, la prononciation éthiopienne, pour
^^1^, je suis étonné qu'elle ne ce trouve pas à l'infinitif
dans d'autres verbes analogues. En mehri, quelques verbes
9^ ont la forme jy; lu m z= ^')), zôr = Jy Pourtant
je vois dans ce ^^yS' 3 y^ , le bédouin ^^»^ *> yi , guerre et
inimitié, ou peut-être plutôt ^ ^ v_j,:>, selon l'idée qu'on
attache à ^^^ dans toute l'Arabie. Voyez Additions.
8, 5: bàndîkora. Le verbe (j^Aj' a été traité dans
Arabica V p. 148 note. A présent, j'ai un peu modifié
346
mon opinion. Nous avons le même verbe en mehri, et
le babylonien nadânu, donner^), fait croire que le
thème Ai est primordial. Hébr. m;, présent = 'Oman
wAi, BBRAS, 1902, p. 251. Il faut savoir quelle
relation il y a entre le bab. nadû ri;:, arroser, ^Aj,
être mouillé, et ce mot hébreu. Est-ce que ^jîAj, rosée,
est vraiment reichliche Gobe comme le veut Vollers, Z.
A. IX, p. 188? Cela n'est pas impossible*). ^J^) et
"tDi pourraient bien avoir quelque corrélation. On sait
que J « a pris le sens de donner chez les Bédouins du
Nord. En tout cas, ^^^i n'a pu donner ni ^^^î, ni t_5Joî.
Il y a peut-être une contamination populaire.
8, 6: ^^! i^^ = ^^\ ^y GO.
8, 7 : m u z û w i g îi t. Les combinaisons a ww a ,
awwi, 3_, et ayya, ayyi, xl deviennent, le plus
souvent, dans notre dialecte ûwa, ûwi, îya, îyi.
Y i s û w i , il fait ; y i k ù w i n , il rosse ; t e^^ù w i , tu
hurles, 150, note 1; hûwid, je hurle en pleurant;
nûwârah, ombre^). Sîyid, cslL; mîyit, ow»; nîyâk
1) Winckler, Gesetze Hammurabi's Gl. s.v. Delitzsch, Gr. p. 289.
o - o
2) On comparera iU.>j, pluie. Il est bien curieux que *-»^ v , pi.
*^,, signifie pluie légère, Moh. Tâhir, Ma^raa^ Bihàr el-Anwâr s.v.,
Diw. Hod., Wellh. N» 266 v. 4, et pi. ^J-^\ ibid. N» 233 v. 4;
Nôldeke, Fûnf Mo"^aIi., II, p. 60. Le vieux mot ^\i à présent
oublié, aurait-il pris la foime ^y sous l'influence de l'onctuosité
islamique ?
3) Nûwârah, frange, Hartmann L.L.W., 162, 28; sîyûd =:
oL>^A«, ibid. p. 197. Aussi dans d'autres dialectes.
347
(éllll; îyâm, j.D. J'ai dit le plus souvent, car j'ai aussi
noté des cas, où la diphtliongue est restée, même iy:
i y y e h i n a li s a n , quelles (cigarettes) soyit les meilleures?
Ahl Dîyân =: ^fio; Ahl Sîyâr =: jl^. Sîyir ou
sîyîr = -vw, ,-oLA«. Les exemples en sont nombreux
dans ces textes.
8, 9: atlâq, du sing. odL, expliqué par &I^y« ^ U.
Ce n'est pas veuve ou divorcée, mais libre^ 7ion mariée.
vjdL est délivrer, libérer en général, le contr. de J^j . . -. ;L=>
[pas ic>-.Li>], pi. „j=>, femme divorcée ou veuve sans en-
fants; iuu^i, femme en général; iJocl, femme divorcée ou
veuve avec enfants; «lXJj, jeune fille; KlXc, pi. ^Jo^s.,
vierge. Je demandais comment s'appelle la fille qui a
perdu sa virginité. Rép.: „cela est impossible, car: ^a^'
c>viL> j.*j U/ Lf>5i; cX-Lc, e?/e va c/îe^ son mari comme
au jour qu'elle fut créée!" Cela n'est pas le cas dans les
tribus ou le tawrîd est pratiqué, car celles-là ne se
soucient pas si la fille est, ou non, vierge.
8, 10: liaysaiia. La forme du Sud est \^,=>, ainsi
qu'il ressort clairement de ses deux hémistiches de mon
grand recueil de poésies populaires:
Je dirai, sauf le respect pour Dieîi et pour le seyyid,
si je l'ai cassé, c'est que j'en ai une excuse.
Loin de nous que vous nous ayez trouvés en faute,
348
[si nous disons] une parole de mauvais aloi, werden
wir uns blamieren (Dô^an).
Lorsque, une fois, à Aden, je dis heyéaîia, cela fit
beaucoup rire les Adénites présents, car ils n'ont que
la forme Ui'L=>. é\JUfp> est, dans le Sud, un euphémisme
pour âne et soulier, et dans le bas langage ^J^.>p- est
même devenu soidier ^) tout court, avec le pluriel J^y*p> ■
'oi^x:> me fut toujours expliqué par ^-^^c (â'îb). Heysa
*^alèy ma sûwi hada = ^_Jlc ^v^c, j'aurais bien
honte de faire cela, = idl] J^Ls?^., comme dans cet hé-
mistiche d'Ibn Laqwar:
■+- s
Que Dieu me ''préserve, ô Qoreychite, fils de Loioay!
Je n'ai pas à te payer le prix du sang, et je n'ai pas
[de tué à mon actif.
La forme du Nord est LiL> ou Ui^. Harfouch, Drog-
man, donne, p. 175 et 196, dl'uco-, loin de toi!
1) Les souliers ont plusieurs noms. £iA=>, pi. ^A:>, s'emploie
partout. Les ^Awâliq Supérieurs disent x^. , pi. ^>i^, , ou 'iJo\ù,
pi. >Ji:>'»|J> , qui est usité dans le pays d'er-Rassâs. Jlju, seule-
ment au pi., n'est connu qu'à Aden, où l'on dit aussi ^J^^ , pi.
^Ji<|^_S'! , (j*w£A/), pi. ^jf^Cs^A , ^ji!^, pi. ^jij.'^ . Le mot
vjyj, pi. O5-J, s'entend dans l'ouest du Yéman (Zebîd et el-
MoW).
349
oIjU^ 3iÂP \jjt> Jvc [; jy^" q' (iVjuL^' U:L=>5 , à Dieu ne
plaise que vous permettiez de pareils méfaits, Washington
Serruys, L'Arabe moderne, Beyrouth, p. 76. ^.lXÎ Uij>,
ou ii)Lcij> chez les ^Anazeh, s'entend souvent en Syrie,
ce qui correspond au liLcX-ï LJ:s_a_> ou d^-^^ Lci-:^
du Sud. On s'en sert en général dans tous les pays
arabes en parlant d'une personne ou d'une chose vile et
désagréable^). ^ilUi-o* dVx'Jc, devant toi il y a des sa-
letés, Dt. Ll? cj> .U> ^jC<i ^*^, sauf vôtre respect,
un âne est-il passé par ici? Les paysans de la Syrie
disent: 'SJd>l^ j,^ xL'! ^Li;L>, sauf vôtre respect, ma femme
est malade, a la fièvre ■=: xlj! iiUj>!, et chez les Bédouins
de la Syrie w^Lb ^ pXi'. On le place dans le Nord
toujours avant le mot de mauvais augure. Les Juifs,
dans toute l'Arabie, sont toujours ainsi apostrophés
lorsqu'on parle d'eux: ^^.>j-iri ^^'' ^i)UiL=> ^.^^^à^ Nord =:
Sud >Ji *i)Lc.-o> o.Aij, fai vu, sauf votre respect, un
juif! Bel, Djâzya, p. 81, nous raconte la même chose
pour les Juifs de l'Algérie, les ^yls^ <^y^2x^ de la Fâtihah. —
Uop. est aussi une réponse négative de mépris. „Tu
dois boire ce vin." Rép.: haysa! Jamais de la vie!
expliqué par îlXjî.
Malgré l'article de Fleischer, Kl. Schriften, I, p. 405,
462 etc., qui considère le L;iL> classique comme un nom
verbal exclamatif, propr. Abwehr, Fernhaltung, accepté
1) l>el, Djâzya, p. 80. Dozy, Suppl. s.v.
350
par Reckeudorf, S Y, p. 426 ^), l'histoire de ce mot me
semble encore assez obscure. Elle l'était aussi pour
les premiers grammairiens, ainsi qu'on pourra le lire
dans vSîb.-Jahn, LA et Lane ^). Celui-ci l'a sous ^e-^^^'^^
comme Ille forme. La variante ^\s> Qor. XII v. 31
prouve que ce mot était très employé au début de
rislâm. Dire avec L A XIV, p. 361, selon el-Kisâ'î, que
ijÎ'l> est pour jjri-'w^ est une subtilité, car dans le parler
courant les deux formes ne font qu'une seule prononcia-
tion, et l'observation doit se rapporter à une orthographe
défectueuse des écrivains qoraniques — encore une
preuve de l'ancienneté de ce mot.
Si c'est un nom verbal, la ioL^o est bien extraordi-
naire. A présent, il est employé comme verbe, xU! *i)UiL>,
et comme substantif, Jjlc L-ii^^p-, (^c^Aa/- ^f:=>, ainsi que
nous venons de le constater. La forme sudarabique est
peut-être de la catégorie de i^,XjJ> , ^^ etc. ^). L'étymo-
logie de Fleischer de ji^y> ne me sourit guère, et je
crois qu'il faut nous en tenir aux grammairiens arabes
qui y voient originairement un verbe, peut-être le par-
fait optatif. Cela est l'avis de Dillmann, Gr. Âth.^ p.
1) Où la note ne cadre pas avec le texte, car u*'l^>, excepter,
n'est pas la III» forme de U*'^-^ •
2) Fischer, ZDMG 59, p. 814.
3) Hdr. p. 578. Jjii et ,'j*j ; '^^J^ et '->5j*> , Hartmann, L
LW p. 35: fJi, peigne, Diw. Hod., Wellh. N° 169, v. 4, N° 205,
V. 8; ^, jeune femme, ibid. N° 169, v. 7, N° 205, \. 9. JJ^'j
et J^ ibid. N° 163, v. 2 et Scholien; Harth, Norainalbildung §38.
351
304, pour le correspondant éthiop. ihù- Quoiqu'il en
soit, son emploi doit remonter assez loin, et par le fré-
quent usage il a reçu des modifications qui ont troublé
la source première.
8, 11: win, souvent aussi winn, même devant
une consonne. Cet adverbe est fort usité dans le Sud
au commencement d'une proposition, comme dans la
langue classique. C'est un affermatif qui n'a pas besoin
d'être traduit. Je l'ai souvent remarqué également dans
les dialectes du Nord: iJuJLc UJlc *il[5 iiuJLc LJ! ^'^
iUlc U^^^ ik}y> . ^U! «^ ^\^ v^y u^y • J6 fis feu sur
eux, et Dieu nous aida contre eux. Nous sortîmes de leur
milieu, et ils prirent la fuite. Moi et la jeune fille mo7i-
tâmes sur la montagne; nous arrivâmes sur une hau-
teur dominante, où il y avait une source d'eau. Nous
mîmes pied à terre et nous nous reposâmes à côté de
l'eau, "Anazî. Yôm uhù'' nâim fil-bêt ma sâfilla
hôrmi bitfèyyiqu. Fattah ""ayûnu winnha
mart *^ammu. Un jour qu'il dormait à la maison, une
femme le réveilla soudainement. Il ouvrit les yeux et
voilà que c'était la femme de son oncle paternel, Haurân.
Lfiîj me fut ici expliqué par L^LJ^. Les Bédouins de
Syrie auraient même dit ici by "îl^ ; v. sub. 13, 7.
Cette affirmation de ^,î ressort clairement de ce vers
de I. Qeys er-Ruqqeyyât (Kâmil) ') :
1) A. Fischer, ZDMG 49, p. G75.
352
iJ^ elles disent: ta tête est déjà grise, et tu
es devenu vieux. A quoi je répondis: C'est bien ça!
El-Beydawî p. 599 explique le ^^^^f>^ q'^ q] y»»
du Qor. XX V. 66 par jJeJ, ce qui n'est qu'un pis aller,
mais qui prouve bien la nature de ^.,î. VollersVSp. 161.
Le syrien et le sudarabique, à l'exception de Dt., "^I
ou "^t, mais oui! si fait! certainement!, renferme les
deux affirmatifs ^^t et 3 (devenu graphiquement "ii , comme
Liî et vulg. bo'). Ce n'est pas la particule restrictive,
contrairement à A. Fischer, Z D M G, 59, p. 658, et à
Snouck, Nôldeke's Festschrift p. 102. Dozy, Suppl., a
confondu les deux particules. Le haf ella de Snouck,
Festbundel, p. 30/31, peut-être bien, est dans le même
cas. Hçlr. Gloss. s.v. ^1 et q! ').
1) En Hdr. on a la locution m alla éh. C'est la réponse à une
demande, négative ou affirmative. Batteyt las-sûg? — Ma lia
êh! es-tu allé au marché? — Mais certainement! Est-ce que ce
m al la est composé de ma + in + la, où les deux derniers seraient
les affirmatifs, ou bien est-ce ma + i 1 1 a ? Comme m a 1 1 a dans les
dialectes à l'est de Dt. veut dire seulement^ je suis d'avis qu'il faut
chercher ce même malin dans la locution en question. Cf. le class.
et le sudarab. "^! , p.e. Bohârî, IV p. 8 : 3?' i^'A^o t^AJ" aJ JwJis
5 >
;,\i! ^ Q^ rUs »jijo( "bJI (JUis a^^Ud il répondit: si fait!
je le vendrai Cf. Fleischer, Kl. Schriften, I, p. 458 et l'hé-
breu f^bn. Je fais ici observer, à propos de la remarque de A. Fi-
scher, Z D M G p. 656, note 2, qu'en Ejxypte j'ai aussi entendu
umâl, Prov.| et Dict., p. 198, et je suis de l'avis de Barth que
l'étymologie de le particule "^l-«' est encore très obscure. A el-Fayyûm
on dit aussi ummàlîtî.
353
8, 12: ma k su s. En Egypte on dit xf>3 lJv^Xc.
La wallèyt ^and wâhed uqult: àndini ""esrîn
qurs muddet arba't-àshur '), u'alab la yindîni
ukàssani, si je vais chez quelqu'un et\[m\dis: „Donne-
moi vingt réaux pour quatre mois,'' il se refuse à me les
donner et m'envoie promener, ^ow^olj oyy^. == *ww^lj Oj«^,
je lui ai fait honte, je l'ai mortifié, maltraité^ rudoyé^
renvoyé bredouille. C'est aussi éblouir =: ^^ a, :kàs-
setni*) ""ayn e m-s a m s , le soleil (pr. l'œil du soleil)
m'a ébloui; faire honte à quelqu'un, frustrer, jeter de la
poudre aux yeux, désillusionner quelqu'un = Zs et
^^ . ijlj^!, être ébloui, et les autres significations ré-
fléchies de yj^. Akkànni [= (^OLÎ"!] fulan bâyin-
dîni sf kasà'^ni fi wùghi, un tel m'a leurré en
disant qu'il allait me donner quelque chose, et il m'a
jeté de la poudre aux yeux.
8, 18: humûd, pi. de A^L?. Bâ nèhmid hilna')
la m m a yigza'^u*) hâdalà^, nous allons rester tran-
quilles ici jusqu'à ce que ceux-là aient passé. Qiddâ-
mena halq uqult: bâ nèhmid hàna'), uqult:
waiîa bina sâr fim-tarlq ulantafàqna ula
1) La langue arabe et ses dialectes, p. 47 et ici p. 340. Aussi
arba*^a ash ur.
2) Ou kassètni.
3) Obs. la prononciation différente; plus à l'est on dit hôna.
4) Observez ici _ ^ g, comme aussi page 20, 1. 5. C'est qu'on
prononce le - comme g dans notre dialecte, lorsqu'il fait syllabe
avec les préformantes: igza", tigza*^ etc. En-nûb yigni, les
abeilles déposcnl le miel{ em-heyl tigri, les chevaux courent;
yigrib, donne la gale; la tigràhah, ne le blesse pas. Autre-
ment c'est toujours <^: yigorr, yif^arrib, etc.
354
ho m husûm inna') ba lithamid làhna wiyâ-
hom. Devant nous il y a des gens, et tu dis: „nous
allons rester ici tranquillement," à quoi je réponds: „par
Dieu, nous allons continuer notre route, et si nous les
rencontrons et que ceux-là soient des ennemis à nous,
nous alloïis nous attaquer."
ôC^, i, être tranquille, se calmer, de n'importe quoi,
hommes et choses; être désert, abandonné. L'homme est
OsA^ lorsqu'il est tranquille; le campement est ô^a\s>
lorsque tout y est sile^icieux; la maison est CsAs> , silen-
cieuse, si tout y est tranquille et sans vie. Ordinaire-
ment, on dort alors, mais lX^ n'est pas pour cela dor-
mir^). Mâlak hfimid, pourquoi es-tu indolent, indifférent?
ySAjî lA^, la mer s'est calmée •=. Sj^, Jc>5 et q^.
sJuP, silence. Js.^^, tomber sur qqn. à V improviste pen-
dant qu'il dort ou pendant que tout est tranquille dans
le camp ou dans l'habitation.
Un potier de Rasâyat el-Fohhâr, au pied du Hermon
en Syrie, en me décrivant son métier, me dit: yizuq-
qûh ^ala ed-dokkan ya^ni el-masna*^ uhinâk yi-
sabbiru et-tîn fil-mahmar uyesîru yihartûh
nyiharmûh bis-sabbi') nyirôssûh bilmôy uyin-
qol es-sâne^ el-harta*) min el-mahmar ila ba'd
1) = LxJ, par l'intermédiaire de èlna. Ce n'est pas la nounation.
Cf. ennefsu = XvwÀii , seul, = elwalide Hartm. LLW p. 166,
8 d'en bas.
2) Hartm. LLW p. 87, 1. 12 et 88, 1. 13, où la glose n'est
qu'explicative, ce que l'auteur n'a pas compris.
3) = ■Spxjo w^ GO.
4) = -bj^dî (jJal\ GO.
355
el-blât fid-dokkan qadër ma bisteril kull en-
nahâr. Badèyn^) bidûsu bigrêhom la^) yehmod
ya'ni yeflis') et-tîn el-moqa'qar *).
..♦.i^d! J. (jUiJÎ Î5j-î>^ ^\J^»> ^J^^ ^cJu ^^l^jJt ^i-c ^_^jj
iCij-rS^! «JLajJ) J^«àj_5 -UIj "^-^jJ»! i^^lj ^^.^ ajlj^^è:'. Îj^j-^a^j^
^î Ji*iijî ^J^J2J! (j^Jiâj ^^^Ju ^V(y J jiuL:>.-i ^^.«^lXj qJ'-^
O^i transporte la terre à la fabrique, oii on l'entasse
daiis le mahmar. On se met à la dépecer et à la dé-
couper avec la pelle et on l'asperge d'eau. L'ouvrier
traiisporte l'argile découpée du mahmar à la fabrique,
[et la met] sur des dalles, la quantité qu'il pourra tra-
vailler dans toute la journée. Ensuite, on la marche avec
les pieds afin que l'argile entassée s'aplatisse.
Le sens de j:^ donné ici à l\!? doit bien en être
une explication, et je crois que le verbe en question
signifie ici se reposer, s'affaisser, ce qui a lieu lorsque
la pâte devient compacte.
Son synonyme est ;j:iA^, être tranquille, en Syrie
ÎlX^^). ^j^p, Stace p. 135 s.v. quiet.
1) Obs. la diphthongue.
2) Expliqué par ^^-^ ■, voyez la note suivante.
3) ^JiJi, étendre, mais aussi intr.; le texte dit encore:
w O -
gjwjtXj! ijiJLàjt (jyLSLp ^^v^»i ^JiJ^ ij^^ »Jii> ^ [j..^eAj
Ce lîn est fâlii et rnaflûs.
4) = («jCo = _kAj» GO. jiixi doit avoir une affinité radicale avec
Jijji, Arabica V, p. 1G0, 1. 3.
5) Pour le cl. 'AP, Dozy, Suppl. s.v.. Prov. et Dict. Gloss. s.v.
356
j^^AP a le même sens. ^ô<^ v/^'j v-^>^'' ^^ guerre
s'est calmée, s'est apaisée; les coups de fusil ont cessé.
^lAP T**>-5', le chameau s'est tu après avoir mugi, ,J4j.
\jA^ LP)"^' , ^6 pays est tranquille, ^^^^ap i= ^^j^.^ , mais
je crois que le premier est pour ^S.^^. q'Â^, tranquille,
ne se rapporte jamais à une trêve de g^ierre, iLjj^, mot
inusité dans ce cas. Trêve se dit xcj^^.
En Iraq, ol^ est ^^ , M S 0 S VII, 5. En Datînah,
c'est s'eii aller au loin sans qu'on sache oii, disparaître.
Ojy' en Dt. être tranquille ^). qjo^^ \j^\ ^yj,)\ , nous
sommes à prescrit en trêve, nous ne sommes pas en
guerre pour le moment.
^ji.'^jjf^ sont les deux parties lorsqu'il y a suspension
des hostilités. C'est surtout un terme militaire, syno-
nyme de j^.tx3y5 . Bàkat këtîr, delhîn hàuwadet,
elle a beaucoup pleuré, à présetit elle s'est calmée z= ^xPj,
inf. 0IP3, et J^'s>\ . Mais o^ est aussi tout le contraire,
^]yS^\ o' J^ U , Bohàrî, V, 93, 1. 2 = Dt. jjl c>ol>^ U .
t_cA5î, tranquillité, Sîb. I, p. 1492, 6 = ^tXP, Diw. Ilâtim et-Tay
éd. Schulthess N» LXXXII v. 1, avec la nirme nuance que -l\P .
1) En Syi'ie O^ serait selon Dalman s'en aller, descendre Diw.,
273, I. 4 d'en bas, 322, 1. 5 d'en bas, == »AxP, idem, o. 1. p. 45, I.
14 d'en bas; mais je crois qu'il faut lire O^ et i-'V^, qui ont
ce sens.
357
crier , „La3 , stôhnen, dire hu ! hu ! ; il n'est pas nécessaire
de pleurer, Z D P V XXIV, p. 82. Cf. hue et huer en français.
Bî" ramad uana hûwid min em-^ayr uqâlet
ummi èhëd màkânak ya ibni. J'avais l'ophtalmie
et je criais par la brûlure. Ma mère me dit alors: reste
là tranquille^ mon fils!
(AP3 être tranquille. Dt. eXi?!^ = lX^, tranquille.
Wuhêd, sich beruhigen, en mehri, Jahu, o.l. p. 235;
hôdi, tranquille, ibid. p. 149.
8, 19: Kâbah, voyez sub N° 3.
8, 21: Halwah, pi. ^J.=> . Il s'agit ici d'une de ces
nombreuses maisons en pierre de deux étages, iCa^L,
chacun d'une chambre, l'inférieur i^-J, et le supérieur
5^3-, qui donne son nom à toute la maison. Elle est
étroite, 5Aà:>. En ed-Dâhir, iûL, "èllieh, pi. oLL.
8, 21: Oboh =r xj^i, fais attention, par harmonie
vocalique. Celle-ci est très commune dans les dialectes
du Sud.
Nous trouvons dans ces textes: bùho, 11, 13; ba-
nûho, 12, 20; yibrokûho 93, 12; duburho, 93,
17, 18; ôrbôtûho, 19, 6, où partout ho =1 iP;
fOqoh := fôqeh, 55, 2; yolûbah, 104, note 8;
winnihî' = winne hî', 112, 8; buq'uh, 13, 12;
burrauh 20, 9, 16; buq'oteh, 42, 21; ruq'uh, 47,
18; hofroh 51, note 1 '); yiqollûn et yiktorûn 57,
8, 9; les rimes du N" 90. Elle se trouve sans doute
i) Voyez Arabica, V, p. 139, et p. 152: ho mu h.
358
aussi dans la décliuaison des mots classiques^) ^^, ♦^l,
UL'; 5y>', ë^-'t, =>>'; (*i, (^, Ui '), et dans les formes
jj J^ et (j-.yLw , pluriel admis de 'iJ^ . L'harmonie conso-
nantique est tout aussi fréquente: wasat, 19, 13; 41,
14; saut, 13, 19; sattar, 31, 7. Le mot ^LlaJUo, qui
est ainsi prononcé dans tous les pays arabes, en est
l'exemple typique ^).
8, 22: iiyikûwisùna. ^Jy est l'intensif de ui.'i', o.
i(î> ^luv^il j. j^î l^'i', z7s refoulèrent^ renfermèrent
les gens dans leur habitation (campement), ^i^' ,j^^
\.2f^y> j^ , j'ai renfermé^ parqué le bétail , synonyme
de J^y> ' v^-' (s>b-^ ^ ^-«J^ ou p^\3 , zusammen-
wickeln. Le sens primitif paraît être fourrer dedans *),
0 9^
ou einioickeln. Aussi au fig. xxx!j> i>*^ = Uj^Ju, Lie y,
27 la gronde et la bat. iji^'^, engueuler-, ui-^bCi", s'engîieu-
1er , se chamailler ; cf. ^^^^ , ^^^'i' .
iji-^.l n'en est qu'une amplification. ^^-^^ 3- *^^ '*^3;^5
4) Je rae demande si ce * n'est pas la mimation sabéenne.
..."bL^s»-, sésame, = \:^\Jl> dans le Sud, a bien conservé l'article
sabéen tout en y collant la nounation arabe. Cette classe de mots
du Sud et une foule de n. loc. du Nord sont de nature à réfuter
l'hypothèse de Kampffraeyer que le nom di-terrainô aurait eu en
sabéen les cas un, în.
2) Voyez Fleischer, Kl. Schriften 1, p. 178 et 309.
3) Vollers VS §§ 6 et 7.
4) L A VIII, 235 : L^>^ *-s*. ^^ U^'^ > où se cache sans doute
le .sens ci-dessus.
359
refoulez les gens dans leur campement ^ hineintreiben.
3"1<^JI ^ v'^' u^3-^) fourre les habits dans le sac.
(_cl\>le ^jiijiCxJ' t*Uu), pourquoi te fourres- tu chez moi,
restes-tu les bras croisés? Karwastèh lié,, je te l'ai
fourré dedans (se. ^y^) = kauwastèh.lis^).
Cet r épenthétique après la première radicale, et aussi
après la deuxième, est très commun dans tous les dia-
lectes. C'est une forme qui dénote l'intensité, la pluralité
ou la répétition. C'est souvent une amplification d'un
Jjts . En voici quelques exemples de notre dialecte :
yi^: a, ji^., égratigner, gratter, racler ;Syne,trouer.—
;^ix3y , idem ; Syrie, idem ^).
Jslaj * — JsL-*j , se déchirer par l'usage (étoffe), de-
venir JLLj, mauvais.
ijiJaj , i, couper. — ^JiJ^.^ ^), couper beaucoup ou en
plusieurs endroits.
(ji>-»3. * ^) — o'*^ r^ ' produire un léger bruit, x^^ .
4) Cf. iji'^tàj' J. ^i;^syC), se fourrer dans le lit, et Hdr. Gl. s.v.
2) Syrie: .^i^i» , érafler^ (^cio.i» , faire ■plusieurs éraflures;
(ji->> , éraflure. En Syrie aussi .j^s^- , faire une égratiguure,
o )
(j^'«-> • u*^''^^! /aire rfes égratigyiures. U^fr', égratigner Dt. ;
écraser, moudre, Yéraan.
3) En Syrie: donner des laluches avec une vieille pantoufle,
'^j^y ; débagouler (des injures). (jii-JJ n'y existe pas, mais (ji^>>^
y a le même sens.
4) Inf. -J;<;A^ . comme la plupart des verba soni.
5) u^*^ . i, en Dt., enduire le mur avec un mélange de terre
et de bouse de vache = (ji=^, a.
27
360
Ji>.=>, a, remuer les pieds, battre des pieds '). — -^t>,
gambader, battre des pieds; fig. faire du désordre ,
abî?ner.
^_^>, i, faire un pas, passer. — ^c-^.:^', passer sur
les jambes de quelqu'un, sauter sur, ilberspringen ^) =
Jiii , 0, fendre, déchirer ') = Jaxj et "j». — Jyi et
iiyi , déchirer. Assyr. s a r â t u , zerreissen, s u r r u t u ,
zerfetzen.
y
o ^
«iiii , faire une enjambée , 'ijts^ *), passer sur. —
«jî-i;, tomber qqn. (t. des lutteurs) = ^^; passer
par-dessus, 9, 12 == «i.^' = (jr-^j^' •
v.jiii^ , fendre , casser. — wàïyi , fendre, casser tout
à fait.
oLaA2, 0, et JUi^o, battre des mains. — \Jtiy>^i idem.
(jiias, chercher. — (jiJ^, idem.
.uxwi, différer., renvoyer; disloqer^), détacher. — .i^n*-^,
écarter les jambes.
^^^^ * — ^^ j, écarter les jambes.
\) Cp. v^> , courir, galoper.
2) Cela est fort mal vu; v. Wrede, Reise in Hadhramaut, p. 264/5.
3) Hdr. Gloss s.v.. Stace, s.v. tear et torn. Ce n'est que dans le
Sud que -^a^ a conservé ce sens, mais -b-^ et -Is^J^ se trouvent
aussi dans les dialectes du Nord. Kn syrien, ..^J^ et f^f^ signi-
fient aussi déchirer.
4) En Hdi". = pas. <.^>, a, faire de longues enjambées, accélérer
la marche; ***>, enjambée. ^yy> , a, i, ramper comme V enfant.
o - _
5) jf^^ J*c J-»j5^i,J :.^^««àj' , la charge s'est défaite sur le
chameau.
361
«.ai, a, crever'^). — «ii, faire craquer les doigts^).
r.*s , a, taper •''). — ;tj js , tapoter *), mais cf. ^ji .
wA-ai, 0, couper. — w^i, id. Cf. ^j^^^cîi et w,*-^.
^jiliï , a, couper la pointe. — ^jixy , idem,
^^àxiï , 0, briser^ couper une chose sèche. — -_suoys , idem ^).
_l2xï ic> , pam aî/aw^ une croûte croquante ; ia^si , gri-
gnotter.
fJ^^ i, et j»iioP, casser *'). — (^j^, itérât., casser;
1) ^«JJLii vi^otflj, /li as crevé Voulre.
2) Classique, et dans tous les dialectes.
3) La racine >— ^, se trouve avec ce sens dans ^^iJùs , v. lesdict.,
d'où le nom de soque en bois , et qui certainement ne vient pas du
hirayarite; Prov. et Dict., p. 149.
4) ;-M-^' fj^ ^-^j lA-'') pourquoi tapotes-tu sur la table?
<^yij' iLcLw^i , la montre fait tic-tac.
5) .le demandai a un datînois quelle est la différence entre ces
deux verbes, et i! me répondit: <e_4.:^.lj o^-^ySj "^^^^ ^-»Aii, qasaf
désigne l'unité et qarsaf la pluralité. Ce que es-Suyûti, dans
6 1-a .s b â h w e n-n a z â i r , mon ras. , exprime par : i_;^ r^* j*^^
j_5vxil rV^ J^ J*-^ • M<^" dafînois ajouta: la "andak kîitri
tugsùfah ula 'andak kiltûr tegàrsifha, si lu as une
[seule] bûche de bois, tu dis tuqsuf et si tu en as plu-
sieurs, tu dis teqarsif. ^Jo^ , pi. o^*^, brisure. 'Arr em-
û , o
krîb, [non pas "^arreni-k.] yiqsof, laisse le feu flamber ^ ^r^^j^..
jÀCCwi' ^^yJlc ^Àoï ,c-^) our work is (joimj on, nous travail-
O, o û ■
luns sans désemparer, -bjii! \^Àoy5, brise les roseaux [de durah
etc.] Cf. le class. ouoc .
()) ^fS>. .v-is^ jflcr une pierre sur.
362
*ui_ij, se casser, se ruiner, tomber en mine ^), aussi au
fig. devetiir décrépit, cassé de fatigue ou d'âge ^).
j^^, hypocondre. — f^~^ i porter l'enfant à cali-
fourchon sur la lianchc '').
iî» * — is.^j", marcher doucement et sans bruit '^):
s'accroupir, hocken, expliqué par môhù'' [harra. voca-
lique] mitreyyil 'a la qahàrah^), J^ ^j^_y^ ^ L
3^, il n'est pas d son aise [assis] sicr so7i derrière. Le
verbe simple ;î^ *) ne me semble pas employé, mais
jiy a le même sens que jJ5^y>' . E t w à q q a z u ') li m-
t a r î q la h a d y ù h î k u m , marches doucement sur la
route afin que personne ne vous entende, jïyu figure
bien dans L A et Sihâh, et l'on veut que ce soit pour
L^ [donc, une faute de copiste] dont le sens approche
de celui de notre thème ").
i) ciVî~' *^^^^ démolir, ruiner la maison = f*^ , J-**-^) ^w\£0.
jC^aL^Li (_^)*»A-ii c>-*-^rî^, y'aî' cassé la cible [pierre] avec la balle.
2) xiJ> jjLwo! (et loo Ivit^wj') , homme, (et femme), rendu de
fatigue., épuisé, cassé d'âge ou de maladie, offre la même image.
3) Sur la chose, voyez Wrede, Reise, p. 112. Les deux mots
étaient prononcés iSf^ et j^rp par les Hadramites. y$\^ , partie
molle de la hanche. Les datînois disent Uj'A> Jw^ Lî'A;^ ci^lii.
4) ^uo ou ^c=>'> [= ^c^3] .
5) Ici le « est devenu — ; cp. p. 78, note 1.
6) En tunisien, jfl» signifie s'accroupir, sich hinkaucrn, St. T. Gr.,
P- 23.
7) Paraphrasé par etwàqqa'u, «Jjy" = ^^Jijj ; v. p. 364 note 2.
8) On ne doit pas le confondre avec (j^j , rester inoccupé, devenu
363
8, 25: biroweyd. La première voyelle du diminutif
n'est pas en vertu du schéma classique, car elle est
d'ordinaire i dans ce cas, mais sous l'influence du ^
suivant. On dit aussi raweyd. On a si peu conscience
du diminutif qu'on en forme même un diminutif ruwî-
yid, tout doucement.
9, 1: in kân si minneh. Hâlhom yisûwûn
''ukkàs lâken ma minneh sf, quelques-uns porteiit
un bâton, mais c'est sa7îs importance. Dans elBohârî
VII p. 13 (Lf*«âi sîi' ^<sj£. ^L) nous lisons: ^}y^ 'lXP
(je n'ai pour tout prix de mariage que) ce pagne et la
moitié en est 'pour elle. Que veux-tu faire de ton pagne?
demanda le Prophète. Si tu le mets, toi, il ne servira à
rien à elle, et si elle le met, il ne te servira à rien, ne
vaudra rien pour toi.
9, 3: lêé, se dit lorsqu'on appuie sur ce mot, aussi
lis, comme ici 38, lo, 41, t. Sans cela c'est toujours
leé, leéé.
aqis et puis (j^! l'iqi^'. comme y»' devient >>', aussi en Afrique,
St. T. Gr., p. 22. tj^î ' rester tantôt et, tantôt là = Le? ^ ^.Jjj
Lx^ CT* U*^^^--î • L>-^!>-''> "'''•■ /"""'"<' inHiueUe)nenl la aentinelle, se
srirvcilter, t. de guerre. Âqisi "andis, reste là. Part, présent,
mftqus ou mùqis pour niTiqis, comme mitliid, miikil, mamir,
mfiwi, qui s'égare, dévie de la route, de (^5' = jj:«>^ = (jr*^ *
Ces formes irrt''puli6res existent aussi dans d'autres dialectes, R 0,
j). 189. St. T. tîr., ]>. 21. 11 no faut pat- les confoudie avec les par-
ticipes do Jj' pour Jk;»' .
364
9, 6: Les Harîbites et les Madhigites présents disaient
watab, mais les Datînois et les 'Awlaqites wutib,
sous l'influence du 5 .
9, 7: bigâd, pi. ^Jl^J et l\>: . Sur la forme jL«s,
comme d'autres mots qui indiquent une chose qui sert
à couvrir, à boucher, à fermer et à travailler. C'est
une couverture, en laine de mouton, à raies rouges,
blanches et jaunes alternatives, ou bien toute blanche,
qui est la plus belle et coûte jusqu'à dix roupies. Elle
consiste en deux longueurs d'étoffe, [:y^.f ^), cousues en-
semble , cjë^àJU . On la met sur la natte, 's», , et l'on
couche sur une moitié, tandis que l'autre moitié est
tirée sur le corps, s'il fait froid. La si bard yidfà^bah
ula hù" (ou si) harr yitwàqqa"^) bah, s'il fait
froid, il se couvre avec, et sHl fait chaud, il se couche
dessus, me dit un datînois. On fait les bigâd en Dt.,
comme partout ailleurs. Celles de Soqotra sont très
recherchées. Le mot aoLs^ n'est pas connu des Bédouins.
Le tapis européen était pour mes Datînois oL>:.
Dozy rapporte dans son "Vêtements" etc. la seule dé-
finition ^) que les lexicographes arabes donnent de ce
mot, l'un ayant copié l'autre: vêtement rayé des Bédouins,
i»jtyi":j! iLs.^j'i ^ iÂ^' i'^^ *). Pour illustrer cette sig-
1) Class. ,i^jJj , LA s.v. ^^•^. , où l'on a erronément imprimé
«.;>iï en suivant la mi' me erreur du TA II, . p. 293 ; cp. L A III,
p. 170, et ici Gloss. s.v..
2) Pour ,^syo V. I.Idr. et ici Gloss. sub ^; et cf. ici p. 3G2 note 7.
3) D'après I. el-Kalbî, Muzliîr I, p. 75, jJ^ q^ >^1->v serait une
tente, mais je suppose qu'il parle de l'étoife dont la tente est faite.
4) Hamâsah, p. 643, s'exprime dans les mêmes termes. Autre-
ment I. es-Sikkît, Talicjîb el-Alfâz, Reyrouth p. 660, 4.
365
nification, ils racontent que le Prophète donna à ^Abd
el-'Uzza el-Muzanî le nom de 'Abd Allah Dû el-Bigâdeyn ^).
^j>"blj .;;dt_5 li=îu\^L. Parce que, lorsqu'il allait partir
pour se rendre auprès du Prophète, sa mère coupa en
deux morceaux une couverture qu'elle avait. Son fils se
servait alors de Vun comme châle (ou râdi)^) et de
l'autre comme pagne^). Ce bigâd était bien un vête-
ment pour le pauvre garçon, que son père avait dénué
de toutj mais jamais en arabe ce mot n'a eu ce sens.
Wellhausen ne s'y est pas laissé prendre, et dans sa bonne
traduction d'el-Wâqidî il dit: seine Mutter schnitt aber
eine Decke entzwei*). Pourtant, en hébreu 1^5 a aussi
bien le sens de vêtement que de couverture^). Les sig-
nification du verbe -i:d, être traître, perfide, agir par
surprise, furtivement, existent aussi dans les dialectes
du Sud. Enteh mistà'fel ugâ" insân ubàgadak,
ii)i_\:^ 3 o*"^' ''^-î t)^**--^ ^-^^ ' ^^^ restes là sans te
douter de rien, et voilà qu'un homme vient tomber sur
toi à l'improviste. Bagadùk awâdim uhadu baw-
sak, tiUi^ îjuXi-îj j^y lilî*-^-» des gens sont venus fur-
tivement et ont enlevé ton bétail. Un ^ulaqite l'expliqua
par iiV.JL£: Sj^î» . Istareyt minneh bazz uqâl lak:
ma, si mitëlmàh àbadan; witër em-bezz saba-
\) LA, TA, Usd el-râbah. II, 138.
2) Des Hadramites, et radîf ou rida des Yémanites, Hdr.
p. 10 et s.
3) j,yw Hdr. p. 10 = class. J'j\, Bohâiî I, p. 78 et 35. I. Sa'd.
III, I, p. 17 et 19.
4) Midiammed in Médina, p. .399.
5) Gesen.— Biilil, Il W H •♦ s.v. Lcvv. N II Cli W I! s v.
366
rûk bim-liAmùroh, bagadak fim-bcâ" um-éira,
^yCiJtj «-<*il ^5 i£)A:È^ a.vel^L) . Tu luï Qs acheté de la toile
blanche, et il te dit: ,,Il ii'y en a pas de pareille," mais
voilà qu'ils ont teint la toile en rouge d'aniline: il t'a
trompé dans l'affaire.'
Loqmân, qui était de l'Arabie du Sud selon I. Hi'sâm,
Tîgan, s'est servi du mot oL^ lorsqu'il dit, sur la foi
d'Abû el-Q;isim b. Hamzah dans son i^AiLc! J^^ ^y^*>^'
Hyt, mon ms., dans le ragaz suivant:
L'original du Caire, de même que TA VII p. 122, a
oLj^vJI , mais L A ^) oLs^Jt . Kremer, Beitràge z. arab.
Lexikogr., cite ce passage sub Ui et le traduit ainsi:
„0 du Besitzer des schwarzen Oberkleides — îmd der
gemeinschaftlichen Gattin — sie kmnmt nicht dem zu,
der nicht dir befreundet ist." L A rapporte ces vers
comme é â h i d *) du sens de xXJb> , qui est un m^c>
JwOjil ^ u^yu, et cette leçon est inacceptable, tandis que
le T A l'explique seulement par noir très foncé. Le
icXLs^J! de Kremer est en tout cas une erreur et doit
être ioObsU! . Mais alors jb>: devient féminin, ce qui
m'est inconnu. Il faudrait sans doute un pluriel à cause
d) XII, p. 297. On appelle en Syrie, celui qui fait des convei'-
tures, des coussins poui* le lit (A>U^ .
2) Selon I. Barri TA 1.1.
367
de iC^JL^jî , et alors on pourra lire ■j>l^ , pi. de iA>:^ , tapis,
synonyme de oLs-. Kremer voit ici une preuve de la
polyandrie ') ancienne. En effet, ces vers se prêtent à
cette preuve. Mais les lexicographes expliquent ^J;ii^, ou
^juAi ou ^juj> , par un homme qui a eu trois femmes et
le féminin, par une femme qui a eu trois maris. Ils ne
disent pas que les trois maris, ou les trois femmes, se
soient trouvés ensemble en même temps.
oL^^vJIj o»iUl ^(jr^t semble avoir été une locution pro-
verbiale dans l'antiquité. Cela veut dire l'outre à lait
qu'on enveloppait avec un bigâd. C'était là une pra-
tique des Tamîm qu'on raillait à cause de cela. I. Sa'd
y, p. 275. éâhiz K. el-Bayân I, p. 78, 1. 23. L A IV,
p. 44 en haut ^).
Plurieurs personnes peuvent dormir sous la même
couverture. Nous en trouvons un exemple dans le Diw.
des Hodeylites, éd. Wellhausen, p. Ô, 1. 3. C'est con-
traire à la Sounnah de tuer quelqu'un dans son som-
meil ^). Le fait est que les Bédouins n'ont pas cet
égard, et c'est bien pour cela que le Prophète l'a
défendu.
1) Qui existait certainement cliez les Sabéens, Winckler, For-
schunpen, 11*8 Reihe, Band I. Heft 2, p. 81.
2) oL^. se trouve KA X, p. 51, 1. 6.
3) Wellhausen, Resie ^ p. 163 note, cite encore Doughty, I, p. 250. 1.
Hisâm, 326, p. 16, I Sam. 19, ". Mais cela n'empochait pas les
partisans du Prophète de procéder comme par le passé. On lira l'em-
poignant récit de Bobârî, IV p. 63 {•éJ^^ *jLx]i J>^), Wellh., Moh.
in Médina p. 170/1, et sur l'assassinat d'Abu Rûfi', ordonné par le
Prophète Tab. I p. 1375 et s. Cela se passe dans un husn et re.ssemble
beaucoup à notre récit.
368
9, 1' mideffiîn. j^cJ'^, a, devenir tiède, ^'o, tiède \
o.L) _^ "^^ L.'^'^ _^^ "^j ^^ ?w^ ^'^^^ ^^^ c/^awd ?i2 froid.,
selon un datînois. ^_^-v...♦^'( ^.^ Lyij ^), >20?«s ?20î/5 sommes
chauffés au soleil, ^^o , couvrir^ prop. chauffer, ^oî = (^c^^',
se co2(vrir. lio (jLxj) , couverture, prononcé d a fà^
9, 10: tara h. Les Datînois et les "Awâliq Supérieurs
disent ainsi et aussi ta^rah. Les Madhigites et les
Dâhirites prononçaient tu'ruh, qui sonnait même tu^ruh,
tandis que les ^Awâliq Inférieurs disaient tarrah,
3 jti . C'est le classique 5^', fossette jugulaire du cou'').
Le c est tellement affaibli qu'il est devenu â, comme
dans le Sahhî ^o'J pour le "omânais iLJti', BBRAS
1902, p. 265 s.v. Gecko.
9, 11: ^azzëha =r Uj.5, GO. cUiî ,.^ .^^ ";£ , ra-
masse la pierre du sol. ;c , i, est au fig. garder, con-
server, comme l'allemand aufheben, ayant les deux sens,
aufhewahren. J'LJ ^]1\ L\^ ^ , he^e dies Fleisch bis
morgen auf. [^''zzëha] \^;^ k^v^^ "^3 'iLxL^ ,j«.a..«_c:
cherche le goujon (du bâton) et si tu le trouves, garde-le,
hebe den Zwinger auf. ^)J-^>jj! ^ ^^a^I o^^' ^^^^
1) Les exemples sont toujours voyelles tels f|ue je les ai entendus.
La langue littéraire n'a pas été une langue artificielle et elle vit
encore en partie.
2) Nôldeke, Funf Mo'all, II, p. 4G. P. de Koning, Trois traités
d'anatomie arabes, p. 790.
3) PI. J*>-o . C'est une plateforme sur quatre perches pour y
mettre le roseau de dnrali.
369
hebt das Rohr auf dem sabl auf. "^Izz ergîlak,
retire tes pieds.
9, 12: sarqa' = ^ o GO: = <iJ^, v. p. SrjO.
9, 13: de g ga h. ^o est to^er, stossen en général,
^«per (ies pzeds en marchant, piétiner = ,_ . . ^LJi -Ju,
27 frappe à la porte, (j-otil ij. -.Ju _L\=>^A^' , l'orgelet bat
dans l'œil. <^ „o, terrasser qqn =: „u\xi ,^e>ol . b^Jiil „o,
Socin Diw., I, N" 22, 1. 2, est = ^\ lo chez les Bâ
Kiizim, mais ailleurs dans le Sud jjj> ou ^ . -b, lutter
avec qq7i. éj», ijî J^ Ij , wows aZ/ows lutter, moi et toi
= „ .b et ^î, • Jo! , lutter ensemble, corps à corps,
partout dans le Sud z= -. ,b!, Yéman, et ^''f', à Aden
;; .Lij" . ii^îA^j M^e corps à corps. Cp. ^jo, i, taper
des pieds en marchant, faire du bruit ^) = é^ù du
Nord ^). Cf. -;s=>j>, battre, et sJL>o, Hdr. Gl. s.v., comme
_j> et O'^ plus haut, ,..^» et oi-« etc.
9, 13: nigûf, pi. de ^s>^, Vendroit sur les deux
dernières côtes, épigastre. Le pluriel en est aussi ^J'i^
et ^\^\ . Dô'ân a dit :
1) Mehri, poursuivre^ selon Jahn, Mohiisprache s.v. debû^.
2) = olass OwV5 ' , le tiernccnien LiO, u, trottiner, Marçai.s (Ir.
Tl., p. 69.
370
Dis-lui: le fer à brûler est chaud, et c'est moi qui le retiens:
je vais brider sur les épigastres, d la poitrine.
9, 13: gala bat. v^? dévier, passer à côte de, ef-
fleurer. ^) v^b> 'lU^ , le poignard dévia, passa d côté
■= .yJLc c>o^ [ou ui^ o?u=>] ou kAsl ...j^^^^Id, glissa sur
lui GO. ji:> et ^_Jl:> sont synonymes. iJUil^ c;^j^, la
balle effleura sans toucher. JJb> osL> iJuJ^^, ^a 6a/^e
effleura la peau. ^Ass minsân em-masâb il df
ya'rif maswâb uqâl qar ra'^àwha g al al, ^^-^
l'homme qui se connaît en blessures tâta le blessé et dit:
c'est bien im effleurement de la peau. Socin Diw. I, N"
21, 2a, donne kJ'l^ „von einer Kugel, die bloss die
Haut streift".
9. 14: hauwak. é^ = »J>oj ^ GO, ^pousser un
son prolongé comme lorsqu'on appelle étant blessé ou au
secours contre l'ennemi" GO. C'est en général prolonger
la voix, comme on le fait à la fin des marâgîz et des
zawâmil. Le verbe J-^j a même ce sens, et de là
probablement le nom du Js^U . Ce cri peut être de joie
ou de détresse, (jî^'^ij ^^ ><*-f^*-?. u".^' J- *i^^ u^}^ j
le gardien crie dans le champ pour que l'entendent qui est
caché ^) et qui est d la vue de tous, é^ n'est pas usité.
1) On ne voulait pas ici x«-Li- , car »cela ne se dit pas"!
2) Pour voler. ;^^1j = r^'^ , qui se montre. 'lXj, bada, ouver-
Icincnl. j.oSj'bl |»l(»\i 'Aj *aaLù. , je Vai i^ris à la vue de tout le
tnu)uU'.
371
iX)^" [jy* OU 'iS'Li>> ^), poussez un cri prolongé^ et ii)|^,
crieur. Je demandai, ayant le dictionnaire devant moi,
si 'iSj^ veut dire fosse. „Non, répondit-on, nous appe-
Ions une 5^à=> liauq," oy>, pi. ^>> , mais ^^y> est
véritablement l'espace sous la voûte, tunnel.
9, 15: na'nt = xUj. On évite de prononcer le thème
^jxl , dont on fait Jsju ou ^J}6 , qui est devenu Jj dans
le Mehri, Jahn MS. p. 214, idem G M S p. 12. Dans la
langue littéraire, nous avons ^^li ^^ Jlj , invectiver quel-
qu'un, Boh. I, p. 104, 1. 5, Tab. I p. 1472, u, mais
cela n'est pas de la même provenance.
9, 16 : b a y 1 i b b ù n e k. ^^2 est aider en général, secou-
rir, venir en aide, et me fut expliqué par l\cL«, ^^t et J^^\^.
C'est porter secours à qui est attaqué. La kan wâhed
wahdeh harag ba^îd min em-sakin uîntafaq
h ù" u h u s û m u s a h : w â.^a n d i ! "a n d i ! u a s h â b e h
yisma^ûn em-saut uyifhamûnah uyisîhùn: yâ
labbèyk! yâ labbèyk! walla: yâ labbeyk! tumm
labbeyk! Si quelqu'un sort seul loin du campement
et rencontre des ennemis, il crie: à moi! à moi! Ses
compagnons entendent alors la voix, ils la compren-
nent et crient: yâ labbeyk! labbeyk! ou bien yâ
labbeyk et encore labbeyk! Lorsqu'on est en détresse
ou à la guerre, ~^^^\ 0^5, on crie ahV (ou h al à"* et
1) Le hoch ! allemand était appelé 'iS\yi^ par mes Datînois. Pour
o
la forme, cp. »;Li>^, ce qui n'est pas sans intérêt.
372
à 1 a) 1 a b b û n a , liolà ! secourez-nous ! ') Cela me fut ex-
pliqué par L-ow ^^y^. , ils se joignent à nous. ^ , i, a
le même sens de secourir ^) ^^ ^^ =: J.LJ , im tel
m'a secouru.
A*lS , est aussi simplement la réponse à un appel, à
un ordre, etc.: me voici! j'y suis, à vos ordres etc. et
s'emploie de la même façon que 'u^^xî »). En Algérie,
plaît-il ? selon Beaussier s.v. Sur la locution nUli J,t. ,
je suis sans le sou, voyez Marçais R M T A p. 482. R 0
p. 190 donne cette phrase: Yô Marzûql — Lebbêk
hâdimek watîtek bên yedêk, umîirbômaturîd,
Marzûq! — Me voici, ton serviteur, ta sandale est devant
toi, ordonne ce que tu veux!")
Cet emploi est du reste ancien ^). En voici quelques
exemples. *JJI J^w^ L tiU*j J ï ^..^ b [ Jyy ' ] ^-^^ , il
appela: ,,-He.' Ka^'h! Celui-ci répondit: me voici, ô envoyé
de Dieu," Boh. I p. 95. JUs ^c.-Jt Uuo^ lil UlJ JIï
é^^Sju^*, aJJ! J^-w. d^J vj^ o'ow L , 27 c?«Y; ^pendant que
je montais derrière le Prophète sur le même chameau —
1) La langue arabe et ses dialectes, p. 58.
2) wO aussi être attaché «, au propre et au figuré = w>->Jj' .
liVj v.j'b ,^,JJL! = ii)o Q-^L ■ 11 signifie en outre passer à côté
de, tourner, abweiclicn; cp. le syrien ^ÀJ et le class. iA*J .
.3) Aussi RO p. 190, 1. 42; Rôssier M S OS I p. 86, note 2, où
il faut lire wenhîka = — ^- \ -^ — |__
4) J'avoue que cet exemple me paraît suspect comme n'étant pas
pris sur le vif.
5) Au.ssi Sîbaweyli, I, p. i47, 1. 1.
373
il me dit alors: ô Mu^âd! et je lui répondis: me voici"
etc., Boh. VII p. 170. ^f^h \j c^=>.*a5 i^j^I v.lII ^s\
j?w! o«xo La;s d^>uJ bJ L-u.^' Vi-aî \j'«.o , ' Ja servante vint
aw W7f2(Zz e^ ^e cherchait en criant son nom (à lui); il
V entendit et répondit: me voici! tu as appelé un homme
qui est près de toi, Dîwân Hâtim Tey éd. Schulthess p .
39. Omayyah b. Abî es Sait, un peu avant de mourir,
aurait dit à trois reprises :
Je suis à vous deux! Je suis à vous deux! Me voici
devant vous deux!^) KA III p, 191. Su'arâ^ en-Nasrâ-
nîyeh I p. 225. iu^i' ^^yîsj )i^^ ^^ j,vj "a^.x.wî ^ }y^ ]3\
Lorsqu'ils furent à une journée de marche de Tihâmah,
leur kâhin, '^Auf h. Rabfah, devint inspiré et dit: Hom-
mes! et ils lui répondirent: ^^Nous sommes à toi, 6
notre maître," I Qoteybah p. 37/8.
Liai) ti> ^oJ>l:S^Û5 O^Xi-J! ^iU J,£0 J>î iikxJ ^^
Je dis: me voici! car le désir ardent m'appelait à toi;
et aux deux chameliers je dis: poussez la monture!^
Hamâsah p. 550.
I. et-Tatrîyeh, I. Qot. p. 256, 1. 2, dit:
1) Le pronom doit se rapporter aux deux anges de la mort. Spren-
ger LM I p. 117 le traduit par fur cnc/i, ce qui n'avance à rien.
374
Il répond par son labbeyka, toutes les fois que tu
[l'appelles^
et il pense qu'il s'est bien acquitté de ce dont il a été chargé.
Un emploi analogue LA XX p. 104 dans un vers
d'el-Asadî:
^g^ \C>. 1 ii *— ii' * — *■_ — ; — y — J
J'ai appelé un jeune homme qui a répondu par sori
[labbeyka
d un jeune homme qui l'a appelé, un fier, un beau
[gaillard.
^^ , prononcer le mot labbeyk^), était très cou-
rant dans les premiers temps de l'Islam. ^^Uî ^^^ ^^
Bohârî II p. 20 ; I.^JLi ^^ , p. 43 ; s^ ^^^^ ^^ ,
p. 137. ^A>J^'' v^" 1 P- 138. Nous savons que ce mot
joue un rôle cultuel dans les cérémonies religieuses de
rislâm lors de la visite des pèlerins^). Le talbiyah
du Prophète était: dUli Ai dLj_ii "ii dV-Ji dV-^J *^! e^^i
él é^.J^ ^ eUIÎj dU -iLj^]^ lxJ. ^\, Boh. Il p. 138 =
Trad. p. 502. Il est évident que ce mot, que nous
rencontrons au début de la littérature arabe, faisait
1) Sîbaweyh I, p. 148, 1. 16. Tab. I pp. 1538, *; 1539, <8, i»;
4631, 10; 1661, '*. Voyez Additions.
2) Lane s.v.; L A s.v.; Beydâwî, éd. Fleischer I p. 580, I. 3, a
.a^^it cjLaJ = s::^^ , de même que Muzhir, II p. 133. Hamâsah p.
^ . . .. .
550 : ^_c>J = LjJ comme (i«c et ii)yJ£ . Suyûtî, Muzhir I, p. 223 :
AJ w^*^' Q'-^-'L» s:.>^:v^- ry^ ^W*' i pour Cxv>-«.i.
375
depuis longtemps partie de la langue. Le Prophète n'a
fait que conserver une locution archaïque. Si on relit
ce que les grammairiens arabes ont dit sur ce mot, on
se persuadera facilement qu'ils étaient en présence
d'une locution dont l'explication leur a donné beaucoup
de fil à retordre. Fleischer, dans ses Kl. Schriften I
p. 302, a carrément accepté l'étymologie de la plupart
des savants arabes, d'après lesquels ce mot serait
„un duel à l'accusatif". On croirait que par cela tout
avait été dit, mais je trouve que nous ne sommes
pas plus avancés pour cela. Avant de tâcher d'élucider
la question, je veux expliquer ce que c'est que cette
fête pendant laquelle ce mot célèbre de vraies orgies.
Elle est un reste de l'ancien culte babylonien et minéo-
sabéen, spécialement celui de la Lune. Celle-ci est en
détresse pendant les trois jours de son invisibilité. Le
mois, ici l'année^), commence avec sa réapparition.
Hubal, le dieu de l'ancienne Mekka-), revient au
1) La fête du nouvel an, rês satti = K^v^! L/'^j ? '^ point
culminant du culte du Marduk babylonien.
2) Wellhausen, Reste 2 p. 75, 221. Winckler A S 0 p. 83 et ss.
Le même, Himmels- und Weltenbild der Babylonier, p. 55, Reli-
gionsgescbichtler und gescbicbtlicber Orient p. 31. KAT-^ p. 328.
Tab. I p. 1417, '': Hohal hoch! Les Arabes ont une mytbologie,
aussi bien que les autres peuples, malgré la coucbe islamique qui la
couvre. Lorsque Noldeke dit, Z D M G 39 p. 714: »mais les Arabes
n'ont certainement pas eu une mythologie développée," il juge trop
sévèrement. Je demande si toutes les religions, y compris celle des
Chrétiens, sont autre chose que de la mythologie. Pour ma part, je
trouve qu'il n'y a que cela, même à l'heure qu'il est. St. Paul et
St. Augustin nous ont légué les doctrines mythologiques dont
l'Eglise de l'Etat a fait son arme pi-incipale contre la vérité scienti-
fique. Mais cette vérité remportera bien la victoire.
C'est l'impérissable mérite de Hugo Winckler d'avoir le premier
28
376
pouvoir. Pendant les cérémonies des trois jours de ""Ara-
fah, les pèlerins crient à chaque moment labbeyka.
En réalité, c'est la continuation du cri de secours adressé
à Mardouk contre Tiâmat, l'ennemi de la Lune. Cela est
corroboré par le fait que jj=i et J^iX*«î [et non jL? comme
le dit Glaser 0 L Z 1906 p. 386] signifient prononcer la
talbiyah, Boh. II p. 140 = Trad. I 504. Boh. ajoute
que le sens fondamental de \s> est apparaître: ^^^ xk
^L^uJt ^ ^f> y^Ii l^t^ ^^i . Cf. Tab. I p. 1622, a
et L A 14 p. 225. On crie labbeyka lorsque la nou-
velle lune est en danger. De là vient aussi originaire-
ment JJ^, qui s'emploie encore partout comme oj^-Lo
de i^\ "3 AÎI "S , mais qui n'est qu'une application très à
propos d'une idée ancienne à la nouvelle formule de foi.
- G .-
Son synonyme classique JsJL^ est la forme II „ dissoute",
comme le dit bien Grùnert, Mischwôrter im Arabischen
p. 35, et non une vieille forme IV.
\s> , i, expirer, finir, se dit, dans de Sud, du mois.
jixij! J^ , le mois a expire = ^^'J X^ . Ce sens paraît
soulevi! le voile. Il a quelquefois dépassé la mesure là où nous
autres arabisants ne voyons que l'histoire exacte, mais aussi pour-
rait-il aller beaucoup plus loin. Grimme a aussi commencé à remuer
l'histoire des Arabes et celle de l'Islam. 11 faut vous secouer, mes-
sieurs les Arabisants et changer votre «méthode" surannée!
1) C'est ainsi que le dénominatif -«i^, pour ^\ xU! , se trouve
déjà dans un vers du Diwan de Hâtim et-Tây, N° 82 v. 5:
««-^^ ^' ^ i3'; l-*^, *-'< lorsqu'il me vil, il dit: Dieu seul
est le plus grand! Ce n'est certainement pas le Prophète qui a in-
venté la croyance en un Dieu unique.
377
à première vue étrange, mais il faut probablement y
voir l'écho d'une connaissance ancienne, à présent per-
due, ou plutôt une locution mal appliqiiée. La lune est
bien renouvelée, mais elle est encore invisible, en lutte
avec Tiâraat. Comme -l est aussi 'pleine lune ^) dans le
Sud, comme en sabéen, il faut attribuer à cette locution
le sens primitif de la lune a apparu, astronomiquement
parlant, d'autant plus que J^Lp est bien encore la nou-
velle lime, aussi dans le Sud. La phrase littéraire et
ancienne, jJ^\ J^ ^), la lune a apparu^ se rend dans le
Sud par -j-iJf j , v. Gloss. s.v. y , et dans ce vers
d'une longue qasîdah du poète Dô^an:
et ce soir nous sommes dans les ténèbres: ni soleil ne
va se lever, ni lune n'est sortie.
j-iJî i3^ est aussi bien la nouvelle lune du mois que
l'expiration du mois, antithèse qui n'est guère explica-
ble que par l'oblitération de l'emploi primitif, causée par
l'invisibilité de la nouvelle lune pendant les trois pre-
miers jours. Est-ce que cette oblitération se trouve déjà
dans le vers d'Imru'1-Qeys, Ahlw. N° 43 v. 1: o^^y
•1) Comme Mond, Lune, et Monat, mois, en allemand. Aussi dans
l'intéiieur de l'Afrique, Kainplîmeyer BDIA p. 199, et au Maroc,
Dozy Supp. S.V..
2) Harizalah ef-Tâl, Su'arâ^ en-N. I p. 91 dit : . . . JJjî -^ ^J . . .
378
J31 JyJb S^ que Wellhausen Reste^ p. 110, traduit
par nuit obscure? J'avoue ne pas l)ien saisir ici le sens
de Jj:! . Abu Ishfiq, L A XIII, p. 227, dit qu'on nomme
généralement S^ la nouvelle lune des deux premières
nuits. Les savants arabes n'étaient point d'accord sur
ce mot.
jJp est par conséquent aussi devenu dans le Sud ac-
complir^ finir, volJziehen.
Le sens primordial reluit dans Ocç^'Jt ^\^ LlJ? ou
ÛjI? , 710US sommes montés jusqu'en haut de la montagne,
paraphrasé par Lc>j> et ij-î^ , c'est à dire, nous sommes
sortis à la vue en haut, nous avons apparu en haut.
Une question importante est de savoir quel est le
sens primordial de J^, nouvelle lune. L'idée de Well-
hausen, Reste^ p. 110 note 3, que ^jJ^Î dans le sens
d'apparaître, dit de la nouvelle lune, est le dénominatif
de S^ est à rejeter '). Le fait est que les Arabes ont
donné un nom à la nouvelle lune et que ce nom doit
signifier quelque chose dans leur langue ancienne. Si J^
est crier en général, sens nuancé qui parcourt toutes
les autres formes de ce verbe, je ne vois pas bien
comment J^l^ pourrait s'y rattacher. C'est plutôt l'autre
1) L'objection de Glaser OLZ -1906 p. 38G renferme une erreur
en tant que Wellliausen, o. et 1.1., ne dit pas que }J> signifie crier
la talbiyah, ce qui est à tort admis par Gla.ser. Pour le reste,
je suis (le l'avis de celui-ci.
379
sens, le plus ancien, de }J> , apparaître, sortir cl la vue,
qui en est le fond '). S^ serait donc l'apparition par
excellence. ^ , la pleine lime , renferme l'idée de la
continution de l'évolution lunaire, lorsque la planète
LôlXJî (jvc j^xio , domine la terre, 39, le, ou est levée sur
la terre, arrivée à ou en route pour arriver à son apogée.
^\ »;^3 »^^M ^'^ (jr<^ j*^' jP^'îj L A VI p. 101.
.^^3 Ki^ Si^] ^\, Moh. Tàhir, M. B. el-A. p. 221.
^ , a, est dans le Nord se dresser, se lever. ^ , dresser,
lever ^). xj! j:^ iu^ t^U. Uiiï icLaSt J.*ii:c.s«l3 *JiJ! Jy«. J^
\xajClc ..i;^" L ijc\^ LS^jf^: 2^ ^^^^ ^^s mains au poitit
que etc Tab. I p. 1651, 7. Glaser, OLZ Juli 1906 p.
1) J^J^ est encore en Syrie s'encourager par des cris en faisant
la fantasia. De là le nom si connu de J^^^' «Aj: j^\ . En ^Irâq,
c'est le ~^j^\ des Syriens, M SOS V, ii p. 118 note 9. Jereraias AT
p. 33 note et p. 211.
2) .{♦.»». est en Dt. sortir pour regarder, comme lorsqu'on reçoit
un personnage de marque. On monte sur le toit, on sort dans la
rue (= cl. Oyi^') pour avoir un coup d'œil sur la situation. Le
sens primaire de ce thème j*^ n'est noté dans les dict. arabes
qu'en passant. Fell, dans son beau mémoire Z D M G 54 p. 2.54, ne
semble pas frapper tout à fait juste lorsqu'il traduit l'épithète
q'^^ de quelques divinités méridionales par bcrïihmt. C'est plutôt
le haut, Vélevé, que ce soit un J^>jé , un jLxà ou un Joè . Cf.
o'>^ > éponyme d'une tribu des Hat'^am. Le verbe ^ n'existe
pas dans les dict. hébreu et éthiop., mais le substantif y figure.
" ;r**''*i gruss, hervorslchcfur, llartni. LLW p. 120.
380
387, veut que ^ vienne d'un verbe „inco]ore" signifiant
être rond, aller en rond. Je ne le crois pas.
Vu les cris de joie qu'on jetait en voyant la nou-
velle lune adorée le verbe Jp aurait plus tard, mais
à une époque bien reculée, pris le sens de crier. Nôl-
deke nous a montré comment jl?» a pu devenir zurûck-
schrecken, propr. aufschreie?i ^). ^^ , faire un hond, =
■^ , a bien le sons d'avoir peur et de secoîirir J . Je ne
vois pas pourquoi l'hébreu bbn ne peut avoir la même
origine que l'arabe J^l et ^, c'est à dire, pousser le
cri S^ \i S^ [i et ensuite pousser des cris d'allégresse,
jubiler, contrairement à Wellhausen, Reste'^ p. 113. Bevan,
Festschrift de Nôldeke I p. 581 et s., dérive Dbp_, to
praise, de nbp, to mock, et le compare à Jj^t, to invoke
the deity, de Jp , to make a loud 7ioise. Les Hébreux
avaient aussi anciennement le culte de la lune, et s'ils
appellent la lune HT , comme les Assyriens et les Sa-
béens (-"J^), ils ont pourtant conservé une autre forme
du mot en question : bb;n -) , qui me fait l'effet d'être de
1) ZDMG .S9 p. 728 où il y a des exemi)les. Wellhausen Reste'^
p. 110 note 3.
2) Ges.-Buhl II W BAT'* h.v. "p^H il est dit que l'arabe "^ est
luire. Cola n'est pas tout à fait exact. Lorsque la lune sUwJ' J. J^ ,
elle luit certainement, mais le verbe aralic n'implique pas cette
nuance. Uomniel, A A p. 271, traduit ^^^H pivr luisanl selon le sons
iK'brou, qui est pourtant secondaire.
Le J^lj des lexicographes arabes et le JAj des inscription sabéen-
nes, Hommel, o. 1. p. 158 et 275, Fell ZDMG 54, p. 254, doivent
so rattacliei' à JJj dont le sons est lo uirmo que celui de JJ^ et
381
provenance méridionale; cf. jJll5= = jJb. Les anciens
habitants du Sud n'ignoraient pas le nom S^ , témoins
les noms de rois qatâbânites, tels que ^pJ> ^ , où les
deux noms de la lune sont accouplés, et S^ ^ Vj^ »
Hommel A A p. 29 et 158 et G G G p. 141, et d'autres
noms qatâbânites chez Glaser OLS Juli 1906 p. 386
note 1 ^).
Toutes les cérémonies de cette fête islamique de pèle-
rinage ne sont que des réminiscences de l'ancien culte
babylonien, ainsi que l'a prouvé Hugo Winckler par des
arguments que nous devons aujourd'hui accepter comme
une acquisition précieuse de la science assyriologique.
Or, on ne s'est jamais demandé à qui se rapportent
originairement les deux pronoms du mot labbeyka.
Le second, ka, doit forcément marquer la personne ou
la divinité à laquelle on l'adresse, et qui ne peut être
que la lune, el-Hilâl ou Hobal. Le premier, caché
dans le verbe, se rapporterait à Mardouk. ^J) serait donc
un parfait pour ^.J: il (Mardouk) t'a (la lune ou Hobal) ... .
Ce peut aussi être un optatif.
Si l'on admet que le méridional ^_^ , secourir, n'est
pas un dénominatif postérieur de tiUlJ ^), l'exclamation
J»fl^ encore aujourd'hui en Syrie; cp. J^^ . Les deux mots se rap-
poi-tent donc au culte de la lune. Cp. l'hébreu ^"«^i^, idole, et le
nom théophore J^b ^>y-c , Nold. Z D M G 39 p. 726 = Wellhausen
Reste2 p. 4.
4) Tout ceci était écrit bien avant cet article de Glaser.
2) , <r~ , prononcer labbeyita, ne serait pas alors non plus dé-
noniinatif. (p. I. Ya'is p. 147, I. 8.
382
signifierait: qu'il te secoure! ou il t'a secouru! Les Bé-
douins du Sud n'ont pas la moindre idée des cérémonies
du pèlerinage. Personne ne connaît le rôle que ce mot
y joue. Je l'ai constaté plus de cent fois dans mes con-
versations avec les indigènes de l'Intérieur. Le verbe
^ , secourir^ était inconnu aux Hadar, ce qui ressort
clairement de Sîb. L p 148 1. 6 et ss., mais il fait re-
marquer, p. 147 1. 9, que quelques Arabes (= Bédouins)
disent labbi. On ne doit y voir, selon moi, qu'un im-
pératif et nullement une analogie de ^y^ et oLc, ni,
comme le paraphrase Jahn, trad. p. 219 '), „une interjec-
tion inflexible", du moins pas à l'origine. Sîb. ne dit
pas ce que labbi signifie, mais je suppose que c'est
secours ! (impératif) '). Pourtant, les premiers, grammai-
riens ont eu un soupçon de cette signification, comme
nous allons le voir. De toutes les locutions analogues
^iLiLXx^y 3 dUli fait bande à part. Il faut retenir que le
dernier mot n'est pas employé seul. Il n'est donc qu'une
■épl^. Sîb. dit p. 147 1. 19: JUb xi! ^Lk^ _^! ^-Jo
^^Is JJ! Jcs \>L£ ^' "^3 .vs^'lsj "^5 t^^'t JwE ^jlJd! Jw>yj
slX-cLwj »_xt J^^ b^Ls ^^^ i>ju«l lXJS JL2J3 \JsS*) \<j^ J^
«Acm! i«iLJ>5Î5. On voit donc que le second est l'expli-
cation, disons le synonyme, du premier, ainsi que c'est le
cas dans la «j^L^ '), et on à déjà vu que (_cJ fut par
1) Cf. p. 381 note 2.
2) Bohârî, VIII p. 60 : tiULX**«3 éV-Jb v_jL>î ^ U\j .
3) V. Grunert, Die Allitération im Altarabischen, Wien 1888, et
l'importante critique qu'en a faite Prjctorius ZDMG 42 p. G76 et
383
mes Datînois justement expliqué par le même synonyme
lXcL- . L'ancien vers cité par Sîb. p. 147 1, 16, LA s. v.
et le Sarh d'eJ-'Aynî p. 231 :
- o
.y**-0 e5^V4 ic^ iCt^ Lfc-w-X ^_o-j'j Uj 0^_Cl>
me semble bien avoir été inventé par les 'grammairiens
pour appuyer leur théorie du duel en le modelant sur
un emploi presque analogue avec le pronom (p. 373/4),
d'autant plus qu'on enseigne que ^^ ne peut pas être
suivi d'un substantif en annexion ^), malgré l'exemple
casuistique de lXj; ^ .
Les autres mots avec lesquels on compare liUuXjt.^ ^ dUJ
sont d'une tout autre catégorie. Ils sont tous sur la
forme JL*!: liU^L^, ^Vj^SlX^, dLoLc>, iiUi|^ (aussi ^Jy^
et Jy>!), liUiîjo , iiLç>L^ et d^otj^ . On a prétendu
que ce sont de vrais duels d'intensité ou des pluriels
archaïques, Lagarde et Hommel A A p. 17 note, D. H.
Mùller Z D M G 37 p. 9 et ss., el-Kâmil d'el-Mobarrad p.
347/8. Barth, ZDMG 42 p. 355 soutient que ce sont
des singuliers par analogie avec Ji^ et ^î , "^^V. et ^^n* ,
et, d'après lui, les preuves de l'existence d'un pluriel en
ay dans les langues sémitiques sont encore à fournir!
J}y> peut être le pluriel de ^J_^ , prononcé h a w â 1 î ,
hawâlê, et plus tard hawâley. Les analogies d'une
telle prononciation sont multiples. Comme pluriels, ils
ne seraient pas plus étranges que oLlo -|- les suffixes
ss. K. el-Itbâ' wel-Muéàwazah par I. Fâris dans le Festschrift pour
Noldeke 1 p. 225 et ss.
1) Sîb. § 73. EI-'Aynî 1.1. dit que c'est J>Ui .o'j. V. Additions.
384
qui se trouve dans tous les dialectes, dans l'éthiopien
babaynât, l'hébr. niJ"'? et les syr. ^L.^ et ai .A .
Cp. ce que je dis sous ,^=JvJ .
Maintenant, on me dira que l'arabe ferait ici *i)LJ, et
non liUJ . C'est que je considère la seconde forme comme
primaire, comme je vais l'exposer. En hébreu, je ne
trouve rien à l'appui de ma thèse, mais le syriaque ') et
le sabéen pourraient servir d'exemples. A propos de
l'assyrien, Zimmern m'écrit: ,.Das Assyrische ist fur
die Frage der Verba ult. ^ mit Sufflxen nicht sehr er-
giebig, da hier sehr starke Abschleifungen und Ausglei-
chungen in dieser Verbalklasse stattgefunden haben.
Ausserdem kommt im Assyrischen das Perf. eigentlich
ausschliesslich nur intensiv-passiv als Permansif, in Job
speziell in der Form quttul, bei tertiae (^, z. B. von
^^i als bunna, vor, und nimmt darum naturgemâss keine
Suffixe an, oder hôchstens eines mit Dativbedeutung.
Ich kann also hier keine einem ^ilXo entsprechende Form
angeben."
Cela n'exclut pas que le ^^ n'ait pu se conserver dans
la prononciation, car le sabéen, le lihyâni, D. H. Mùller
E D p. 14, l'écrivent et ils l'ont par conséquent aussi
prononcé, Hommel S A Chr. p. 9, de même que dans
certains dialectes arabes au pluriel des ^^^. Par exemple,
Glaser 891 1. 4 porte \^^ j-H^j^ ^^ o"^ ' °^ ^®
verbe doit bien se prononcer haufayhumu ^). Cf.
1) Zimmern VGSS p. IGO et p. IGl note 42: gallcyan(î),
galleyîik. Duval, Gr. Syr. p. 192 ot p. 202,
2) Hommel o. 1. p. 16 vocalise ^ ♦ i.^'y^ ^ mnh rien ne nous
385
vii..Aj^Uj" Hommel o. 1. p. 22, lo. Le mandéen paraît aussi
avoir eu la même prononciation des (^^ selon Nôldeke,
Mand. Gr. p. 257 et 262.
Tout arabisant sait que la désinence monophthongue
(3_, qui très souvent représente un sémitique a y (ê),
de n'importe quel nom, excepté certaines prépositions dont
j'ai parlé à la page 383, devient L_, jamais xl devant
les suffixes. Nous savons par Abou Zeyd, Nawâdir p.
58, que les B. el-Hârit b. Ka'^b avaient la spécialité de
prononcer même la diphthongue a y du duel comme â,
cf. Lane s.v. (J.c . Cela est par conséquent aussi le cas
des verbes (^^ à la troisième personne masculine du
parfait. On sait aussi que ce ^ reparaît dans les autres
personnes du parfait. Cette règle s'applique aussi aux
formes dérivées des verbes ultimse ^ et ^ . L'arabe a
donc fait bande à part pour cette désinence a y ou â,
qui s'est conservée dans plusieurs prépositions des autres
langues sémitiques, surtout le minéo-sabéen.
On peut dire que la désinence a y n'existe pas du
tout en arabe, exception faite pour le duel. Un mot
non arabe à finale a y correspond à un mot arabe pareil
en â , (^ _ ou L _ . P. e. ^êlI^^L = ^J^ ■ Les particules
mêmes offrent cette particularité là où l'hébreu et le sa-
béen conservent le y, p. e. "inç et ^.^ dans Glaser 282
(Hommel SAChr. p. 16 et 175 1. 3; WZKM II p. 10
et 11) = Lo ^ ou LcUx .
Si, à l'apparition historique de la litérature arabe, les
thèmes vi) -)- -oé et ^ ~\-jjé étaient prononcées dCxs et
autorise à croire que les Minéo-Sabéens avaient conservé l'ancien
Irâb aussi fidèlement que les Arabes.
386
(iUiî, il me semble difficile que cela ait pu donner di-
rectement ii)L*i et éjt: . Il faut pour cela admettre
qu'alors déjà la désinence vocalique de ^jjd était tombée
et que la diphthongue a y l'a remplacée d'une façon
toute naturelle. Nous avons dans le Qorân des variantes
qui prouvent que cette prononciation fa^'êka, et peut-
être fa"eyka, était connue. ajoLs, 3, 33, s>iy, 6, ei,
iuk^\ 6, 70, OÙ l'on a voulu voir l'imâlab. Je sais bien
que l'imâlah est ainsi exprimée dans les variantes qora-
niques, comme i^j^j» = Js>\ya Qor. I, 5, iojCis^i = aUCisx
Qor. 24, 35 et d'autres, mais la question est de savoir si
l'on a prononcé nâdeyh(u), nâdêb(u) ou nâdâh(u)
etc. Les puristes rédacteurs, qui n'admettant que le
classique n a d â h u , rejetaient une prononciation vulgaire
dont Dieu ne serait pas rendu coupable!
De J^ . on a probablement fait ^^. . Mais la diph-
thongue finale n'étant pas précisément du génie de la langue
arabe, excepté pour le duel, on la monophthonguisait en
ê, comme en assyr.. Ne pouvant la rendre par l'écriture
sans être équivoque '), on se contentait de l'écrire ^^'
et, avec les suffixes, ?sL., au lieu de \>u«. pour éviter
une prononciation équivoque. Cette monophthonguisation
a bien dû exister pour l'arabe à une époque reculée, et
c'est peut être cela que les grammairiens on voulu dire
lorsqu'ils autorisent ici l'imâlah. A présent, je ne l'ai
1) On l'a pourtant fait, témoin le qoiiinique ^jjJiS, et les exem-
ples cités plus haut. Cela se pratique encore dans les dialectes,
faute de signe graphique pour ê et à.
387
jamais observée dans cette sorte de verbes. Rien ne
nous autorise à affirmer que la prononciation 4^. ait
existé dès l'origine. On peut seulement constater qu'elle
est la règle dès le début de la littérature arabe, de
même que dans tous les dialectes de nos jours. La mo-
nophthonguisation se rencontre dans toutes les autres
personnes, et je ne vois pas de raison pour qu'elle n'ait
pu se produire à la troisième personne.
L'éthiopien a encore dans les ultimae 3 et ^ la dési-
nence vocalique: wa, ya, mais Prsetorius m'écrit que
cela pourrait bien être une analogie moderne d'après les
verbes forts. Cependant, il ne faut pas perdre de vue
qu'au passif la désinence vocalique reste: ^_^^, i^^-c etc.
Barth, Z D M G 42 p. 348 et 355, paraît vouloir assi-
miler liUlî et A^ySju^ aux particules qui ont reçu leur
désinence a y par analogie avec ^l! et Js^ • Il ne ressort
pas clairement de son argumentation si, pour lui, liUli
renferme, ou non, une préposition. D'après sa manière de
voir, elle aurait donc été originairement Q , à l'accusatif,
si je le comprends bien. Voyez ici p. 375.
Pour conclure, je crois donc que nous avons en lab-
beyka, ou labbèka, une prononciation archaïque re-
montant à une époque bien éloignée et perpétuée telle
quelle, en forme cristallisée, à travers les temps. Pour
moi, l'unique point abscur est de savoir si le parfait a
ici le sens optatif, comme en arabe et en minéo-sabéen.
Or, le lecteur critique me fera encore cette objection :
si labbeyka était originairement une exclamation
adressée à Mardouk-Hobal, comment a-t-elle pu devenir
une exclamation générale, telle que je viens de l'exposer?
388
La fête mekkoise se répétait tous les ans. Elle a dû se
célébrer depuis une haute antiquité. L'air resonnait
alors de ces cris. Lorsque le Prophète vint d'el-Médînah
à Mekka, en profitant des trois jours de paix pendant
la fête, il parcourait la vallée de la ville avec ses parti-
sans, en poussant le cri traditionnel, ainsi que l'a si
bien décrit Grimrae dans la jolie page 121 du premier
volume de son Mohammed (1892). C'est que ce cri fai-
sait depuis longtemps partie intégrante du vocabulaire
journalier des Arabes. On s'en servait à toute occasion
de la vie. Originairement, on a bien célébré cette Fête
de la Nouvelle Lune dans toute l'Arabie, et labbeyka
n'était pas une particularité des cérémonies mekkoises.
Je ne crois pas me tromper, lorsque je prétends que ce
mot est une preuve de l'antériorité du culte de la Lune
en Arabie. S'il est venu de l'Arabie Méridionale, ce qui
n'est pas du tout nécessaire, ce serait alors un des
nombreux arguments qui militent en faveur de l'énorme
importance que ce pays a eue sur la culture des Arabes.
Grâce aux recherches de Halévy ^), Hommel, Glaser,
Grimme et surtout de H. Winckler, dernièrement aussi
de Huart et de Schulthess -), on a commencé à y voir
plus clair. Sut le vieux sol yémanite, dans le sens
étendu que les Arabes y donnent, la cosmogonie orien-
tale, disons plutôt suméro-babylonienne, s'était le plus
longtemps conservée comme religion officielle. Si l'on y
cherche bien, on l'y trouvera encore, car l'Islam en est
\) Qui cependant persiste à ne pas admettre l'immigration des
tribus méridionales dans le Nord. Mon vieil ami est parfois un peu
entêté.
2) La Festschrift de Nôldeke I pj). 86 et ss.
389
tout imbu, malgré la couche monothéiste que le Prophète
lui a imposée. Labbeyka est un des mots les plus
vénérables d'antiquité. Il a son origine dans le crépus-
cule de l'histoire orientale, aussi bien quant à sa forme
grammaticale que quant à son sens religieux. Comme
notre mon Dieu! le bavarois Jesses! et le suédois ja
vars!^), il est devenu une exclamation triviale: me
voici! à tes ordres!
L A I p. 146 et XX p. 104, el-Beydâwî, I p. 580, s ,
disent *) que l'origine de ^L. o*.*!' serait otJ , ce qui
n'est pas reprouvé par el-Farrâ\ aZS pourrait donc
être pour AA , Nous trouvons également dans L A I p.
388 et VII p. 817 un mot prétendu himyarite et qui
pourrait bien avoir quelque corrélation avec labbeyka.
C'est oLJ, ainsi voyelle. Au premier endroit, il figure
sous u>vJ et au second, sous ^L. Dans les deux pas-
sages, il est expliqué par eULc ^_^y.lj '^, ce qui me semble
inacceptable, d'autant plus que nous savons par Tab. I
p. 919, 6 que les Hiimyarites^ disaient (j*L, "^j en admet-
tant toutefois que la phrase y rapportée est véritable-
ment himyarite. Les deux hémistiches que LA cite à
l'appui sont différemment rendus dans les deux passages ').
1) Ou ja vaserra Ire = ja vid vâr lierres Ira = oui, par le bois
(croix) de notre Seigneur = je veux bien!
2) Voyez ici p. 374 note 2.
3) T A donne sub ^i>-J les hémistiches de L A sub vi^v^J , tandis
que sub (j«Ij il ne donne que le second, le premier lui ayant pro-
bablement paru incompréhensible. c>->^ aurait le sens do frapper,
selon L A. Ce serait alors une variation phonétique de Lui , ,^
et -li*AO (labat); v. le Gloss. s.v..
390
El-Azharî en est la source, et il dit avoir trouvé ces
vers dans -^ ^l^' . On les comparera à ceux de Kit.
el-Ar. XX p. 8, d'après lesquels la leçon de L A sub
ij^l semble préférable. Mais je ne saurais donner une
explication plausible de ce „mot himyarite".
Je n'ai jamais autant constaté l'emploi de labbeyka
que dans l'Arabie Méridionale. Jamais je ne l'ai relevé
dans la bouche des Bédouins du Nord. Cela n'est pour-
tant pas un argument. Une chose m'a toujours frappé,
c'est que le pays entre la mer et les montagnes dans le
Yéman s'appelle encore Tihâmah. On observera que
l'hébreu Tehôm est aussi féminin et également sans
l'article. En arabe, ce nom n'a l'article que lorsqu'il dé-
signe les Pays Bas en juxtaposition avec les Montagnes ^).
Dans le K A T p. 492, Zimmern admet que Tehôm et
Tihâmah peuvent être un emprunt du babylonien.
Je me permets de signaler ici quelques faits qui pourront
peut-être illustrer l'expansion des idées cosmogoniques de
l'ancienne Babylonie. Dans le Sud de la Mer Rouge et dans le
Golfe d'Aden, depuis Giboûtî jusque dans la mer Indienne,
les trombes d'eau et les cylones sont assez fréquents ^), pen-
dant la mousson d'Est. Sur les côtes de la Méditerranée
.. 0 1
1) 'Omârah p 26: jJ'u^Iî S^ ^^ ; cf. Arabica Y p. 115 et
s.. Abu Mahramali, rf-^^ r*^' ^^.J^ i ^' #^Uj" Q-*ry' J^-e ...
^^^^3 , et j^jL^Ij JUs- ';é , tandis que les tribus ;\ l'est du
Yéraan disent Jw^I^-^wj!^ Ji-^^ , ici p. 157, '«. Cela correspond
au sabéen '^U^^ j.Oj,I:> , Arabica V p. 115/116. ZDMG 53 p. 5.
2) On se souviendra de la perte des deux navires de guerre, le
Château Reynard(?), française, et l'Augusta, allenoande, le même
jour, je crois le 4 Juillet 1894.
391
levantine et dans la Mer Rouge, on appelle une trombe
d'eau tinnîn '), et sur les côtes de l'Arabie du Sud on
nomme un ouragan, et particulièrement un ouragan de
cette mousson, qIï^î^, comme le Qor. 7, i3o et 29, is
Rien ne vient de rien, et toute idée abstraite a pour
point de départ une chose concrète. Depuis la Syrie
septentrionale jusque vers l'Equateur en Afrique, nous
avons une série continue des résultats des perturbations
tectoniques causées par un efîbrt de la Terre. Les
principaux en sont les volcans du Haurân et de Tulûl
es-Safâ, les nombreuses H a r r a h du Higâz, la Mer Morte,
la Mer Rouge, le Golfe d'Aden et les lacs au Sud du pays
des Sômâl, et toute l'Abyssinie avec ses volcans. Le long
des côtes ouest et sud de l'Arabie, tout est volcanique.
Dans le Sud, il y a des volcans éteints et de puissantes
coulées de lava. Le Gebal Sîrah à Aden n'était pas
encore éteint au temps de l'auteur de Tàrîh Tarr 'Adan.
1) Sur lequel voyez K A T p. 507 et ss. et p. 5H ; Zimmern,
Keilinschriften und 15ibel p. 15 et ss.
2) La forme qoranique n'est pas arabe; celle du Sud l'est. Les
savants diront si le mot typhon peut avoir quelque relation avec
le mot arabe, malgré l'étymologie chinoise qu'on lui donne en
gr'néral. Si q^^^ ^^^ ^^^ contamination populaire, le qoranique
qIs^ reste à expliquer. 11 n'est pas impossible que les Arabes du
Sud aient emprunté ce mot au chinois et que le Hi^âzites l'aient
adopté sous la forme que lui donna le Prophète, d'autant plus que
•lans tous les dialectes du Sud aw permute avec û. Si, au contraire,
les Méridionaux ont fait faufân du qoranique tûfân, celui-ci reste
toujours obscure. Est-ce que q'-î^ serait un infinitif de lJI-^ ? Il
correspondrait alors exactement au mot tornado.
29
392
Les cratères que j'ai découverts près de Husn el-Roràb ')
témoignent encore du bouleversement qui trouve son
écho dans les légendes arabes sur la formation de Bâb
el-Mandeb et du G-olfe d'Aden par l'invasion des eaux
de la mer. On peut dire que toute Arabie porte partout
les traces d'un grand cataclysme igné, le x.xTxy.xv7(Ji,é: .
déluge, de Bérose, KTAT p. 101, KAT' p. 546. Je
me demande si cette lutte des éléments, cette grande
catastrophe géologique n'a pas pu donner lieu au mythe de
la lutte de Mardouk contre Tiâmat ? Bérose dit que toute
cette histoire n'est qu'un exposé allégorique des accidents
de la Nature : xxx-zi'yopiy.xz là :p-^7) (Bérose) tcZto Trscpv^io-
xoyyjabxi. La cosmogonie babylonienne est basée sur
l'astronomie. Sur cela il n'y a pas de doute. Est-ce que
la mythologie babylonienne n'aurait pas en partie une
base réelle: l'influence cosmique des planètes et les
phénomènes terrestres, de quelque nature qu'ils soient?
Les Assyriologues, habitués à toujours lire dans „le
hvre du Ciel", ne veulent point admettre comme point
de départ du mythe en question un événement réel
sur lequel se serait développé le reste, en conformité
des idées mytho-rehgieuses des Babyloniens. Zimmern,
K A T^ p. 555, n'y voit qu'un „Naturmythus" qui a
1) Kossinat, qui fut attaché par rAcadi'-mie de Vienne à mon ex-
pédition dans l'Arabie Méridionale, pouvait étudier à son aise tout
ce pays pendant une semaine. Il m'y déclara en vouloir publier
une monographie, .lusqu'à ce jour elle n'a pas paru. La monogra-
phie sur Soqotra nous donne une mince idée de la capacité de ce
jeune homme. Les nombreuses photographies prises par le membre
le plus extraordinaire de cette expédition dorment encore dans les
portefeuilles de l'.Académie, et les inscriptions que Bent et moi avons
fait avoir à D. H. Millier ont dû céder le pas à Hamraurabi.
393
pour base la course du soleil au ciel. „Peutêtre, dit-il
p. 556, de vagues réminiscenes d'inondations, particuliè-
rement destructives et datant du temps que le pays
n'était pas encore protégé contre ces inondations par
une canalisation bien organisée, jouent-elles ici un rôle."
Il est vrai que le mythe de la création dd monde, tel
qu'il est rapporté dans YEnuma élis et par Bérose, ne
peut être ramené à un fait réel. Mais les éléments de la
nature avec lesquels il a été construit forment la base
solide et palpable autour de laquelle tourne l'imagination
spéculative des Babyloniens. Le mythe du Déluge aura
eu le même sort.
Le mythe babylonien existait-il déjà avant cette cata-
strophe? Cela n'est guère probable d'après l'épopée de
Gilgames K T A T p. 84 v. 13. Il faudrait dans ce cas
lui reconnaître une très grande antiquité que les Assy-
riologues ne voudront peut-être pas admettre. Quoique
l'histoire, et pour cause, ne nous ait pas conservé de
souvenir d'un pareil bouleversement — car le mythe
n'est pas l'histoire exacte pour nous —, la haute anti-
quité de ce mythe, reflétant un fait réel, n'est pas pour
cela inacceptable ^). Nos connaissances ne commence que
lorsque la cosmogonie babylonienne était de tout point
formée et faisait partie de la conscience populaire.
Le cataclysme a dû, en tout cas, avoir eu heu avant
l'histoire de l'ancienne Babylonie, qui commence environ
3000 av. J.-Ch. Tout ce qu'on peut dire à ce sujet a été réuni
par Ed. Suess dans son livre die Sintfluth 1884. Mais il
1) Le calcul chimérique de Bosanquet, Trans. Bibl. arcli Soc. III
1874 p. 19, fixant le déluge en l'an 2379 av. J.-Chr. est ridicule.
394
ne pouvoit alors connaître la configuration du sol de
l'Arabie méridionale. En tout cas, il est impossible de
dire si l'abùbu de l'épopée de Gilgames et le D"i~n nii^.j^D
de la Genèse Vil 11 et VIII 2 ont été produits par
le même mouvement sismique qui a si profondément
transformé les pays qui sont baignés par le Golfe d'Aden
et le Golfe Persique. Il me paraît cependant probable
que la plus grande de ces catastrophes qui a poussé
l'onde sismique dans le Golfe Persique et la vallée de
l'Euphrate ait donné lieu au mythe du Déluge. C'est
peut-être par le même événement que le peuple de 'Âd,
qui habitait l'Arabie du Sud, fut détruit. Malgré l'envie
que j'ai, je ne veux m'étendre sur un sujet qu'on n'a
pas encore étudié à fond.
Ce qui m'a toujours frappé pendant mes longues
études sur l'Arabie méridionale, c'est que nous y trou-
vons certaines particularités qui rappellent quelques traits
du mythe babylonien.
A b û b u est le grand flot envahisseur^ le déluge K T A T
p. 89 III, 4, K A T^ p. 495 note, Wirbelsturm, Sturm-
flut, cyclone, Del. W B p. 3. On connaît le grand rôle
qu'il joue dans la cosmogonie et la mythologie babylo-
niennes. Dans le Sud, x^ est Y immensité des eaux,
^^\ ïL-jf:, et par là profondeur. .♦iL'î )LJ^ , le grand golfe
sur la côte méridionale, est connu. Em-qalt ra^ fîh
""ubboh ma tistor tisbah fîh, Lo iSà \*i ^. ^^^î
\x5 ^-■^-«J" f^^ , la flaque d'eau, il y a de la profondeur
(beaucoup d'eau): tu ne peux y nager ^ Dt. '). Dans notre
1) Le mot syrien w*ji , Ilrlr. j). 119 note, a donc une étyraologie
toute naturelle et ancienne.
395
dialecte et dans le mehri, on dit ubbah, iilc. La haute
mer est partout dans le Sud un »jj^y i^c, et ce mot
n'est pas seulement appliqué au „Golfe de la Lune". Il
est aussi employé dans la Mer Rouge. La langue litté-
raire a ^Ui dans le même sens: ^Uî JJojw, ^Uî s^,
^j-yX'î yaiî , i^yiS'*, i^lsjj^ ô--^^ jJ^y^ LA II p. 62, ce
qui est exactement le babylonien u b â b u. ^ et Ûj: ,
dont plusieurs sens se touchent, ne sont que des varia-
tions phonétiques. On voit donc que le mot babylonien,
ou, si Ton préfère, sémitique, est conservé dans la langue
arabe, littéraire et parlée. La traduction de abûbu par
Wasserflut, Zimmern K A T' passim, déluge, inondation,
cataclysme est donc la seule bonne. Il n'a rien à faire à
Çv?, souffler (vent) ').
Gunkel, K A T^ p. 492 note 2, suppose que l'appelatif
'Of/,opKx, donné par Bérose, Winckler KTAT p. 100,
à la souveraine du monde chaotique représente une forme
ararnéenne i<p"ii< DN , la mère de la profondeur (terre), ce
qui est contesté par Zimmern K A T^ p. 492 note 2 fin,
qui le fait remonter au babylonien ; cf. KTAT p. 100
note 2. Or, il se trouve dans le pays des Diyêb une
localité appelé ^".î, ou ii^c. Arabica V p. 232, où il y a
le sanctuaire d'une femme de ce nom. On sait ce que
les sanctuaires représentent la plupart du temps. Il est
très vénéré, non seulement par les masâih Bâ Dâs'),
1) Note de Haupt dans E. Suess, Die Sintfluth p. 71.
2) De vrais Himyarites, peut-être mentionnés dans la petite in-
scriptions de Husn el-ljurâb, Arabica IV p. l~y. u^AjO . Le passage
de s en s m'est cejjendant un peu suspect, quoique nullement im-
pos.sible. Le fait est que toute cette contrée est remplie de ces
nia.saih Bâ Dâs.
396
mais aussi par les marins, qui n'y passent jamais sans
lui adresser une fâtihah. Ce nom pourrait au fond
bien être = 'S^, le ^ étant prononcé ^, et provenir de
o^, rappelant ainsi l'abûbu lointain.
Près de Çofàr, dans le pays de Qarâ, se trouve les
ruines de l'ancienne 'AlouaaâTroKtç, décrites par Bent
dans son Southern Arabia (avec photographie), idem
Geogr. Journal August 1895 p. 116. Or, iSuo-o-oV est pro-
fondeur de la mer, et âfSvajos, très profond, d'où vient
le latin abyssus et le français abîme. Dans &(ou(j-aoi; on
ne saurait trouver l'alpha privativum, car le sens s'y
oppose. L'étymologie du mot n'est pas grecque. Je me
demande donc si l'on n'y doit pas chercher le babylonien
apsû') de l'Enuma élis? Nous pourrions retracer ce
mot dans le nom d'em-Bisâmah , [ou em-Bisâmah?]
mentionné à la p. 284, = apsû + ^U, eau, profondeur
des eaux? Les Arabes l'auraient alors refaçonné selon
leur langue. La mer des Indes qui baigne les côtes
de l'Arabie méridionale est très profonde. Il y a de vrais
abîmes, xl3u7(roi, de 4000 m. et davantage. Voilà le apsû
réel et palpable, Y abîme, le a(3u(T7og, d'où l'abûbu enva-
hisseur. Le souvenir lointain est resté attaché à ces
deux noms de localité de la côte.
Nulle part dans ces parages de la mer des Indes le
requin, j*^ ^), n'est plus commun que sur le littoral de
4) Winckler KTAT p. 102. K AT' pp. 359, 492. Zimmern Keil-
inschriften und Bibel p. 12 et ss. Voyez Additions.
.V, '
2) N. gen.; ,i^^ o^s=- n. unit. Le voyellement des dictionnaires
*.^'>^ n'est pas connu. C'est un mot sudarabique que les lexicogra-
397
l'Arabie du Sud. On y est empesté par l'odeur nauséa-
bonde (cf. (^, pwer) des dépôts des nageoires de ce
squale. On les exporte en Chine, où elles sont considé-
rées comme une grande délicatesse. Les arabes estiment
aussi beaucoup la chair du requin, qui n'est pas défendu
comme nourriture '). Lahmu et sa femme Lahâmu sont
le couple primordial ^). C'était sans doute le poisson pré-
féré dans l'apsû babylonien, d'oii est sorti le monde.
C'est là peut-être l'origine de la légende de Ea-Oannes.
Kûr veut dire montagne en soumérien, selon les As-
syriologues. La grande chaîne de montagnes qui parcourt
le pays des 'Awâliq Supérieurs s'appelle ^^\ ').
On voit donc qu'il y a encore en Arabie une foule de
particularités qui pourront trouver leur explication dans
les temps de jadis. Les forces physiques de la nature,
les incidents qui s'y produisent, la vie animale qui s'y
meut forment les éléments premiers de la cosmogonie et
de la théogonie de l'ancien Orient. On se les expliquait
selon la portée des connaissances d'alors. Les Arabes
croient bien encore que l'éclipsé du soleil et de la lune
est l'effet de la voracité d'un animal monstrueux qu'il
phes n'ont pas bien compris. Hors du Sud, on l'appelle j=^' v*^ •
Rûba s'en sert, Ahlwardt p. 158 v. 329 et Variantes p. 90, LA s.v.
Il faut sans aucun doute lire k^.^^*) *jLOp» c:ajS\L«Lc)3 , et lu tia-
duction d'AhIwaidt est en tout cas peu réussie. On n'oubliera pas
que Rûba était Arabe du Sud.
1) Cf. Bohârî II p. 129; V, 166/7; VII, 90. Tab. I p. 1605 et s.,
I. Sa'd III, II p. 299. Gézîrah p. 37, où il faut lire 3^.^-otji.V. Addit.
2) KTAT p. 102 et ss. K A T» p. 492 et passini. Ziinniern Keil-
in.'^cliiift. u. Bibel 12 et s. Homme] GGG p. 130.
3) Pour d'autres significations, voyez le Glossaire.
398
faut chasser par du tapage. C'est le phénomène constaté,
mais astronomiquement inexpliqué, qui a produit le mythe.
Ces quelques notes, que je pourrais facilement accroî-
tre, n'auront peut-être, aux yeux des Assyriologues, que
la valeur d'un renseignement. Moi, qui vois partout
encore en Orient le reflet de l'ancien esprit sémitique,
j'ai le devoir d'enregistrer tout ce que je trouve, tout
ce que j'entends. C'est là une méthode que les voyageurs
en Orient auraient dû adopter dès le commencement.
9, 16: éû dâ. Pronom interrogatif:
1° dans une proposition nominale,
Sing. et plur.: wes, wus. Wus ènteh, qui es-
tu? Wus el-masùrah, qu'est-ce que cette affaire?
Wes en tu, qui êtes-vous? J'ai même entendu weys
entu? Wîiééehom, qui sont-ce? Partout aussi ^y,
ou ^.
2° Dans une proposition verbale.
Singulier.
,' su d î , su d a ^) , su d î 1 î , su 1 î d î.
masc: wèssu hû^ dî; wessuhu, wuésuhu, wissuh,
' wessu, wussu, wissu avec ou sans dî.
fém.: wèséi hi dî, wessf hi" dî, wèééi dî, wessf
dî, wuséi, wiééi.
Pluriel,
masc: wèséu hom dî, wuésuhom dî, wiséehom dî^).
fém.: wessihin dî, weésehin dî, .wuééehin dî*).
1) Dâ est rare, c'est seulement une prononciation nuancôe de dî,
comme on l'a rencontre dans la poésie chantée. Autrement, su
2) hom et iiin ne sont pas nécessaires.
399
La première syllabe ^ et ^ peut partout se prononcer
es-, us-, mais non pas is-, où la semi- voyelle persiste.
Le neutre est eys, es, es, wus, wuss et wiss.
On écrit J^\, mais la voyelle, pour la plupart, est brève
dans le parler datînois, ce qui a été justement relevé
par Meissner, N A G I p. XVI note, aussi pour le ^Irâq.
Les "Awâliq Supérieurs disent weys, wîs.
Dô'an el-Murqusî dit dans une qasîdah:
Qui a donc l'âme généreiise pour donner un chameau?
Comme lui [il y en a] depuis Ahwar jusqu'à el-Kubeydah
et à el-Radîr.
En Hçlr c'est su seul, tandis qu'en Dt il est suivi
de (^ j d î , comme l'hébreu n"i\s* , qui '? ^à ^^^ ^), qui est
1) Autre exemple de j-wj dans Arabica Y, p. 211 note 3, où
la traduction n'est pas bonne. On voit ici qu'il y a deux s; cp. p.
139 note 1 à ce sujet. Jii*« , empêcher^ retenir; à Aden, mentir,
(jUùai , menteur.
2) i^'^ry^ p. 168, V. 2 est relatif, celui qui, voyez plus loin. On
sait qu'en Syrie, su est quoil ce que. Su hâyda, qu'est-ce que
celai Ma ba'^rif su hâyda, je ne sais pas ce que c'est que cela.
Hdr. p. 53 noie 1. On ne doit pas oublier que dans la langue lit-
téraire _^ n'est pas seulement il, lui, mais aussi neutre: le, cela,
das, d'après notre idée à nous. K. el-Mahâsin, p. 146, offre un
exemple concluant. Nos grammaires ont ici une lacune. Dans le
syro-palestinien su = s-l-hû, le pronom est neutre, tandis que
dans le sudarabique hu est la 3^ personne masc. Le diflerence est
que dans le premier cas, hu se rapporte à une chose et dans le
second, ii une personne. Su, quoi? n'est donc pas une contraction
de è.s hû, comme le dit Lôhr DJ § 14, mais, plus exactement, de
é + (h)u.
400
de règle en araméen, et rare en datînois, mais non pas
en Hdr et dans le Yéman. Wes est une contraction
de ^ (^1, où ^ est sans nounation. Dire que c'est de
Sj^^ ^_=l est une subtilité inutile ^). Je suppose même
que (^1 n'y entre que dans la forme wes eu, car ^J^ ,
se, si, est devenu une particule interrogative, de même
que hu, sur lesquelles je parlerai plus loin. Essu,
qu'on ne dit pas, est devenu V7essu, non pas à cause
d'un 3 préposé, mais en vertu d'un renforcement de la
voyelle initiale, comme dans vfên, lJ'^^ etc. Cela est
aussi l'avis de Socin Diwan ITI p. 95.
On observera que le féminin est, au sing. et au plur.,
weési, wesse, ce qui est := wes hî.
Le neutre ci-dessus est aussi courant dans les dialectes
du Nord et dans celui des Bédouins et des bédouinisants
de la Syrie, Socin o. et 1.1. La locution rapportée par
Lôhr DJ § 15: wês ez-zôl, qui vive? est plutôt wes
ez-z. et signifie véritablement quoi est cette apparition?
9, 17: yanseyrâh ou ya nuseyrâh. La forme
diminutive est ici plutôt caritative, comme le iJU^i des
Bédouins de Syrie, si célèbre par le joli récit de J. Eu-
ting Reise p. 120. La forme exclamative en l_, Wright
Gr.' p. 295, est bien conservée dans le Sud, où elle est
même souvent précédée de [5, au lieu de L.
1) Spitta, Gr. p. 80, Prov. et Dict. p. 173 et ss. où j'ai commis
cette subtilité. A présent je ne pense pas ainsi. On dit in kàn
tout court = mû kiin, m(''me kàn, n'' importe quoi, ce qui exclut
toute idée de nounation. Meissner, NAGI p. XVI note, sinhu
n'est pas non plus lu nounation, comme je le prouverai plus loin.
401
9, 19: dâ^iliom; sur ^\j> voyez Hdr. Gl. s.v.
10, 4: el-Faragi. Le singulier du nisbah, employé
comme collectif; v. p. 111, 1. 6; ^^^^^jS:^^ 163, 9; ^j*^^
N° 96 V. 8. Dô^an dit dans une qasidah:
5_Lj' |^> 1^^», x.^> J. v_jL3e_ii3
ie pays à cause de lui est en branle jusqu'au pays des
Kâzimites. Les vallons sont en , de même que
ceux qui demeurent à Tala'^.
Un poète "^aulaqite chanta le zâmil suivant lorsque
les ^Awâliq allèrent à Habbân pour arranger les diffé-
rends entre les tribus de là:
0-0 û -
Les Slêmânites et les Tôsalites sont venus chez nous,
et l'étoile brillante (Vénus) s'est levée sur le ciel du
Seigneur.
Et dans el-Eâdinah il y a les loups aggresseurs.
Combien l'ennemi est tombé sur l'ennemi!
Le sultan Ahmed b. ''Ali, le quatrième sultan des
'Awâliq Inférieurs, a dit:
1) On récitait es-Slrmâni, mais on chantait es-Salàmân i,
et le s avait sa voyelle.
2) Arabica V, p. 40 ; aussi avec ijo à cause du -^ .
402
o -
Tw as te demeure au pays des Kdzimites. Tu arroses
tes champs avec l'eau d'el-Ahmar et tu bois à eji-JSUsîl *).
On dit toujours elFadli en désignant les tribus du
sultan Fadli. Un autre exemple se trouve dans le
troisième verset suivant. Le même emploi a lieu dans
nos langues européennes: le Français est très poli; der
Deutsche ist sehr gewissenhaft ; l'Italiano è eccellente
musico, où le singulier désigne le collectif.
10, 4: ukân, expliqué par uljalas et u kafàh GO.
Dô^an, le poète des Fadli, a dit, dans une qasîdah à
l'adresse des Yâfl^ ennemis des Fadli:
^\^^ ^^ ^ ^^ L J;;:^
0 tez gta" épouvantes le monde avec les serpents qui
[ont soif (= les guerriers en combattant),
Sauve vos bêtes fauves {z= les guerriers) du t â m i é ! 2)
■ [voilà !
1) Wâdi dans le pays des Bà Kàzim. La rime est en eyl sur la
première J>-J . V. la poésie plus loin sub 13, 21.
2) Tamis est une bête fauve qui attaque hommes et animaux,
aussi appelée ^^\.%w>*av , mais j'ignore son nom. (ji^-*— ' , a, arracher,
enlever avec force, wegreissoi = (j^ {■ ' .
403
Celui qui proclame la guerre et les événements funestes
[sont encore loin.
Son éclair (guerre) luit aux abords des nuages.
Et les Mayâsir font suite au chameau en rut, au
[guépard (le sultan des Fadli)
qui est fort en face de la guerre et secouru (qIjw) par
[son Seigneur (Dieu).
Un Dâhirite a dit (basît) i)
, , , + ,c<.
G ^^ ;; , 5 > o _
0 "Amirite! as-tu aujourd'hui des sous dans ta poche?
1) Je voyelle toujours selon la prononciation des Datînois et non
d'après la grammaire. Les rimes sont en en = eyn, et le poète
a fait rimer kàn avec cela. Un indigène me l'écrivit aussi r\^ i
que, bien entendu, il ne faut pas prononcer keyn, quoique les
autres deux mots permettent aussi la diphthongue au lieu de la
longue. On sait que déjà dans les anciens manuscrits qoraniques
rimâla est exprimé par un f^, ainsi que c'est encore l'habitude
dans le Sud. Cette transcription avec ê est aussi adoptée par des
savants algériens; mais ils ont tort. Cf ici p. 299 et s.. On observera
lû-wal-lâ-hern. — '-^^^^.v^^^ beysî", = , c-^ ^ — l5*-^ ^ •
Ce chant est du pays d'ed-Dûhir, où l'on parle un dialecte un peu
différent. Les Béni ^Âmir sont une tribu fort ancienne, selon l'idée
des Arabes. J'en parlerai ailleuis. wSjJ^ = lJ J-> , la poche de devant
formée par la chemise et la ceinture; v. Gloss.. (jyo est pour
UV^ > '^^^- de qJ , fèves de café, = arf/ent; locut. dâhirite.
Ijy^ = ^^.^ 1 'lu sing. iCLJj , impression ou tracf morale
qu'une chose lai.sse; v. le Gloss. s.v.. Pour la foiiue, cp. ici N" 53:
bazeyn, et Hdr. p. 385 et ss..
404
Non! par Bieu^ la pique va te faire des impressions
[au cœur.
Nous avons pris tes yeux {= tes plus proches parents,
ce qui t'est cher), et ils sont ce qu'il y a de
mieux, usalâm!
J'ai déjà parlé de cette particule Hdr. p. 478 et s..
Elle est synonyme de si^ et correspond à l'égyptien
Ji^^ ') et au syro-égypt. uo"l>j ou -^L-^, und damit
Punctum. Elle s'emploie aussi dans le Higâz, Snouck,
Mekk. Sprichw. pp. 8, 24, 38, 73, et au Maroc, mais
je ne la connais point dans d'autres dialectes. Est-ce le
verbe 3'? On dit bien kân! c'est comme ça!, et ^é
est usité un peu partout pour ^1^ ^\, Hdr. p. 479 et
Gloss. s.v. Mais alors il faut en séparer étymologiqueraent
son synonyme i^*, . Peut-être faut-il le mettre en ligne avec
l'hébreu "? , ainsi, v. Ges.-Buhl, H W B s.v., et alors
son étymologie coïnciderait avec celle de */ qui vient
certainement de la lettre démonstrative è avec le pro-
nom = comme cela, ainsi; cp. l'hébreu nÏD.
10, 10: intadâq ==: io\j! 1. 13. vj:Ài, faire tomber,
jeter = iJ> . yii ,:?^Li ,^Jkj , tu as jeté la pierre tout
droit. La kânet em-galabah wugî" [ou wugî'ah]
uéît uqidhri mandùq fim-qâ" u'âdha hày (ou
hàyyeh) dèkkëha la tahrag, si- le mouton, (ou la
chèvre) est malade et que tu le trouves jeté par terre
i) Spitta, Gr. p. 169, I. 22 n'est pas ici très exact. ,j«J3 ô^^j^
dans le ^.A>w! 'sS^<m par "^Abd Allah en-Nadira, Caire 1319 p. 55,
où l'on trouve des dialogues en langue vulgaire du Caire.
405
encore vivant^ égorge-le afin qu'il ne crève pas sans être
égorgé ').
10, 11: fat. o'i a aussi dans le Sud le même sens
qu'en Syrie de passer^ vorbeigehe?i, mais non celui
d'entrer, Mneingehen^ ce qui n'est au fond qv'une nuance
de passer.
10, 12: sadahôh. _oV-w, a, étendre à terre, jeter par
terre, à plat, faire tomber. ^>:^,"^! ^ ié>5L)c^^ UJu iùJiJî
l'outre est pleine, couchée sur le sol -). Lorsqu'on est
^3L>-v^, on peut être couché n'importe comment, sdra-
o
j?a^o en italien, ^ci !^;c*J5 Jow |^:c>lX-v^! A^Lo, pourquoi
vous êtes-vous étendus? vous ne vous êtes pas encore
levés. Bâ lin sida h hina, yious allons nous éte?idre ici
pour dormir, vogliamo sdrajarci. C'est un verbe très
classique, aussi usité en Hdr et en ""Oman RO p. 276.
LA compare lui-même -.^ii^w'), comme Js^ et J^^.
10, 14: qutil. Le passif est encore vivant dans les
dialectes méridionaux, ainsi que je l'ai déjà exposé dans
Arabica m p. 79. Ici nous trouvons Ajcs 11, 7; 42, 15, 20,
et passim; 67, «; 105, 3; ,:jjùc> 67, n; c>^fiJ>:> = ^I^ili-
1) Cp. Bohârî VII, p. 97: Bâb en-nahr wad-dabh.
2) C'est bien ainsi qu'il faut expliquer le iuJi)t ^, remplir
Voutre, des dict., car lorsqu'on l'a remplie, elle est 'iis>^J\„M^ (L A
S.V.), couchée par terre à côté (*•**> ^' k*^j)) LA et TA, qui
n'a fait que plagier le premier. De môrne, il faut comprendre le
sens de —A*- = _-o 3 . On voit combien les dict arabes sont peu
exacts, mais heureusement la langue vivante les corrige.
3) Piov. et Dict. Gloss. s.v.. En Egypte -^Ilw et — nULw .
406
77, 15; ^.y^ 10, 16; J^ = Jj^ 80, y; c>--i'j = c^^
78, 3. - Imparfait: JjJL 67, s; 112 5; Jjii'^jifi:)' 122,
8 et note.
10, 21: Meg'ali. Ce nom pourrait bien être originai-
rement sabéen, comme S^c>^ J. et M. Derenbourg Et.
s. l'épigr. du Yéman JA 8 sér. II p. 229 N» 11. ,Jou^,
Hommel A A p. 145, ZDMG 37 p. 401. t>^, ibid.
30, 686 (où la traduction de D. H. Mùller me semble
peu réussie), Hommel 0. 1. p. 29. Jkr*^ ? ibid. p. 145.
Jjtko, ibid. p. 141. Il est utile de constater que le
nom de ^Alî se rencontre dans l'inscription de ►'^abwah,
donnée par moi à l'Académie de Vienne '): madharum
di Mukarribim bin ^Alîyim, Hommel 0. 1. p. 141
note. A propos du nom nabatéen bi^'h}} , Euting N I p.
67, Nôldeke se demande si des noms tels que 'Alî et
Mohammad ne sont pas au fond des hypocorisitika. Il
faudrait alors admettre qu'il y a longtemps de cela.
Autre question est si les noms ci-dessus renferment
vraiment le nom de "Alî *). On sait que Mohammed est
aussi un nom préislamique ^).
Derenbourg, les monuments sab. et himy. du Musée
d'archéol. de Marseille (Revue archéol. T. XXXV 1899)
lit sur le N° VIII [Aboû'aljî, fiîle de Ha'àn etc. Mais
la pierre ne porte ici qu'un ^, le côté étant cassé, et
1) Par l'entremise de D. H. Muller, ainsi que bien d'autres in-
scriptions non encore publiées. On m'en a remercié par des injures,
ce qui est très original.
2) Voyez sur ces noms Mordtmann Z D M G 35 p. 439.
3) Cliez les Sabéens, Derenbourg F^tudes sur l'épigr. de Yemen
p. 14, >.
407
il n'y a pas assez de place pour Aboû'alî, complété par
Derenbourg. Il est incertain s'il faut lire Glaser 830
(Berlin) 1. 18 et (jézîrah p. 69, i*' et 113, e 'Alîyan ou
'Alyân, mais 'Ali y an (JJlxiO ^st, d'après la remarque
de D H Millier ôéz. II p. 60, u, la prononciation la
plus probable. Je fais cependant observer que mon ma-
nuscrit de l'Iklîl voyelle toujours qLJlc . Cf. Hartmann
Jamaniyât Z A X p. 1 44 et s., et Pygmalion ^ ]vb}! nV€.
10, 23: illedf. Dans le Gloss. d'Arabica V s.v.,
j'ai dit que ^JJJ! appartient à la langue des livres, mais
cela n'est pas exact. Dans le éahhî BBRAS 1902, p.
253 (Jayakar), c'est même le relatif usuel : ail ad i. Il est
également très usité en "^Omân, à côté de _^ . Déjà dans
mes Prov. et Dict. p. 297, je me suis prononcé contre
l'opinion de ceux qui veulent qu'illi soit une corruption
de ^jj) ^), car le j est aussi peu tombé qu'il l'est dans
Js^, qui serait, selon Nôldeke ^), pour _iS L\P, avec
chute du 3. Pour élucider la question, je vais une
bonne fois passer en revue les pronoms relatifs. t_5^it
est composé de trois démonstratifs: 1° al, 2° la, 3" dî,
qui sont, chacun, employés dans les dialectes arabes,
tantôt dans l'un, tantôt dans l'autre, comme relatifs.
1« ^J.Jf
En Datînah et en Ha^lramôt, on prononce elledf,
\) Spitta, Gr. p. 81, erreur relevée par Ostrup, Contes syriens,
p. 135 note.
2) BZSSW p. 43. Stumme T Gr. § 155 partage l'avis de Nôl-
deke, mais il ajoute prudemment que hiilli peut aussi souvent être
pour h à + elli.
80
408
illedf, elli ou illi dV avec l'accent le plus souvent sur
la dernière. C'est probablement cette prononciation que
les grammairiens ont voulu rendre par la variante ,^JJ) .
On le prononce même le plus souvent comme deux mots
elle di'. Il se rapporte à tous les genres et à tous les
nombres, ce qui est déjà très ancien selon L A XX p.
343 et Qor. IX, 70 ]yol=> ^l^ f*XsaJ>5 •).
20 Jt al
Prononcé al, el et iP). Cette forme est très répandue
dans le Nord; Haurân: ZDMG 51 p. 184-^); ibid. p. 189,
1. 11 d'en bas; le Liban, Tallqvist Arab. Sprichw. N"'
12, 23, 24, 28, qui considère à tort, p. 171, il comme
une abréviation de illi avec chute de la voyelle finale.
Syrie et Palestine, surtout à l'est du Jourdain, p. e.
Dalman P D p. 226, 1. 13: Subhâne rabb'^il 'atâ-
k e - b k u 1 1 e w a g n a h à 1 \), louange au Seigneur qui
t'a donné un grain de beauté sur chaque joue. Subhân
rabb il "atîha, louange au Seigneur qui l'a donnée
p. 120 N» 3, 1. 8, et 1. 4: niyyâl il bâlu hedyân,
heureux celui dont l'esprit est tranquille. Wel ma ye-
çaddiq yisteri (ragaz), et celui qui ne croit pas, qu'il
achète! p. 106, 1. 5; et passim dans cet ouvrage. Hart-
mann, ZDMG 51, p. 189, Str. 7 v. 3. - Gâlàt lig
1) I. Ya'^îs I p. 480, où il y a d'autres exemples.
^ j
2) Comme J f^ans dVJi. "hii éth. est aussi sing., Z A XiV p. 7 note.
3) Où il faut lire: dassarta bu y al ffâbani, J' ;^c«j o-^^^
(^c*?^ • c^ T"i a échappé à Wetzslein et à Hartmann !!
4) C'est ainsi qu'il faut lire, car on chante ainsi. Mètre basit.
409
éâbet el-mahbes, elle dit à celui qui avait apporté
l'anneau, Meissner MSOS V ii p. 100, 1. 19. Lis-
sibyân el ma bîhum mêle, pour les jeunes gens
qui n'ont pas de tare, ibid. p. 118 1. 9. Hâmm il
îbgalbi fêla yimhi galam (basît), le' souci qui est
dans mon cœur, une plume ne l'efface pas, ibid. p. 98, 1. 14.
Ta^àl denèltim y à Sikèna
% t-t î f 1 a b ù k e d d â b i h î n â h ^),
Vie7is, ô Sikênah, frappons donc [la poitrine de douleur]
à cause du garçon de ton père qu'ils ont égorgé!,
ibid. VI, II p. 78, N» 4.
Wonnête ma liannât hulû yil-bedâwi
EP) bilgède muhtelfe ""a nil-wulfe wuhwâr
J'ai gémi comme gémit une jeune chamelle du Bédouin
laquelle au fort de l'été devient hors d'elle loi7i de son
fcompagnon et . . . .%
Meissner, MSOS VI, ii p. 82, N" 4, 1. 2.
Tibki behiss el yiébah el-girfe dâwi
Mit 1 er-rubâbe hissaha bîde éa"âr.
Qui pleure sur un ton qui ressemble à celui du bruis-
fsement de la plage.
Sa voix est comme (celle de) la rabâbah à la main
fd'un chanteur *).
Yiqta'' fëgûg el ma biha hisse 'âwi
i) C'est ainsi qu'il faut lire: Mètre — ^- I — ^- I -, sur lequel
tous ces na*^àwe sont à corriger; cp. MSOS VII, ii, p. 3, 1. 11.
2) El est de trop: mètre — ^- I — ^- ! -^ — .
3) La traduction de Meissner me semble défectueuse. ^^ >^àixi>î
doit signifier ici: être séparé fie, mais comparez pp. 88 1.1. J'ai re-
dre.ssé le mètre. Le dernier mot jure avec le reste.
4) Et non danseur, comme le veut la traduction de l'auteur.
410
Eyda fêla lah rêre sekkàne lahwâr')
n parcourt des chemins oii il n'y a pas de voix qui hurle,
et encore n'y a-t-il que les habitants des trous (serpents
etc.), ibid. p. 84, 1. 7.
Bân en nehed minnâh es sâna^ah rabbin ra'Tif ^)
Etait visible sa poitritie qu'a faite im Père compatissant ,
ibid. p. 86, K*^ 5, 1. 5.
Ôâlel li^tiyâfu'aglfî birasi hatûf)
Elle leva pour moi les vêtements, et l'esprit qui est dans
ma tête s'e7i alla. Ibid. p. 88, 1. 7.
Y a bu Ijedêd el yefùh el misl^e minna (:=
0 toi qui as des joues dont se répand le musc, ibid.
p. 96, Atâba 3.
Refîqi el ma nefa'^ni wana hay
Mon ami qui ne me servait à rien tant que je vivais,
ibid. Atâba 4.
1) Redressé selon le mètre et le chant. Les Datînois que j'avais
avec moi à Syracuse appelaient les Latomies ;|y>' , pi. de ,*3> .
2) Le mètre doit être le ra^az, mais il est en désordre.
3) Mètre en désordre; je ne saurais le redresser; il est peut-être
celui des 'atâba h. Meissner donne ici une traduction très jolie.
Avec le vers précédent, elle est ainsi : Vaimée {ry*^^ l5^^ ~
langoureux) est comme un pacha parmi les soldats alignés; ils
levèrent pour moi les chemises tout haut, et Vesprit dans 7na tête
disparut. Aussi bien dans le premiçr que dans le second verset l'objet
aimé est au masculin, ainsi que c'est l'habitude des Arabes, mais
dans le second Meissner rapporte le participe -^àLù, aux soldats.
Ceux-ci auraient donc montré leurs pénis, ce qui est bien défendu
par le Qorân. L'amoureux vit le — i de son amie ainsi retroussée,
ce qui est déjà pas mal !
411
Les exemples abondent dans les textes de Meissner,
N A G I p. XVI § 12, et se rencontrent dans tout le
pays entre la Syrie et la Perse. Sachaii A V L M p. 33.
Socin Diwan III §68. ZDMG 51 p. 189: ya wêle lil
ma loé m ara, malheur à celui qui n'a cas de femme.
Un exemple des Bédouins de Syrie Arabica III p. 30
note ^). Chez les Béd. à l'ouest de l'Egypte: il abkâh,
qui t'a fait pleurer, Hartm. LLW p. 165 1. 11 d'en bas.
Môs.-Mârd. Z D M G 36 p. 7, n; i), i5. ly; 15, i et passim.
Ensuite J' devient
1 ° Jo , Jj , comme ^^u = «"^î , .y^-L et .y>l , ^]
et QîV^J. 5 Yâqût I, p. 110, KaJj et Xiilî , yilumma =
Ul = U , Hdr Gloss. s. v., ^^.j>l et vs^. ? et d'autres
exemples dans K. Alef Bâ d'el-Balawî II, p. 575 *).
^ojlXc jJiAAaj , c^^"^ i3^ —1^' (basît)
des pommes qui ont mûri (se trouvent) sur la gentille
poitrine de ^Aclcjûbah, ZDMG 51, p. 194, 1. 9.
Gazâkum hère yel kuntum warâna*), que
Dieu vous récompense, vous qui étiez des nôtres, Dalman,
P D p. 67, N° 6.
1) Dans le chant, ces vers auraient bien été sur le mètre ^ .
2) Cp. iù.->! = iotXj , j)elilc main, Mufassal, p. 473. Cette per-
mutation est bien plus fréquente que ne l'admet G. Weil ZA 18 p.
22, Behandlung des Hamza-Alif etc.
3) Le texte poite la devant gezâkum, ce qui brise le mètre
■^ . C'est ainsi que ])resqiie chaque ligne comporte quelque cor-
rection dans ce d(''licieux ouvrage, qui est une de mes plus giandes
joies littéraires. C'est expies que j'évite ici, autant que possible,
d'apporter des exemples tirrs de textes recutillis par moi pour qu'on
puisse contrôler.
412
2'' ys>. Hada ibn 'Abid liai ra'âkum, celui-ci est
le fils de ^Ahicl qui vous a fait paître, Dalman, P D p.
70, 1. 3.
Un verset de "atâbah de Haurân dit:
Tir if, liai fi sudêrak min ra'ûdeh
0 jolie! ce que tu as sur ta poitrine est tombé du ciel *).
Ces deux variantes ne se trouvent pas dans les dia-
lectes du Sud. Le h est-il ici le démonstratif L? , que
nous constatons également dans l'article halyôm z=
^^î, aujourd'hui, MSOS VI p. 90 1. 3, ZD M G 22
p. 124, v_jU<Jl5: Littmann Thamud. Inschriften p. 17, ou
bien un renforcement du î , comme dans l'algérien "^O
pour ^'wt donc, par conséquent?
J' est aussi pronom relatif singulier en sabéen, Hom-
mel SAChr. p. 15 et 16, Glaser ^) Altjemenische Nach-
richten I p. 32 v. 26, mais dans le sens substantifdece?w2
qui, celle qui, ce qui, correspondant au datînois el di,
di li. Kampffmeyer ZDMG 54 p. 627. Glaser Die Abes-
sinier p. 211 '). Il y a aussi le pluriel ^^.'À comme dans
S D p. 66 : *jto j Q-^-wo j^^t ^^^_:JL>->3 ^y^^ , la maison
o
(temple) et &Jujs\jI (village ?) qui sont appelés Dî NâHm ^).
1) On croit que la foudre fait tomber des joj'aux du ciel, Haur.
et Béd. Elle portait des ornements en argent .et pierreries sur la
poitrine.
2) Glaser croit à présent que dans beaucoup de passages J' est la
négation "^ 0 S Z 8 p. 497 et ss.. Deux exemples de J' ^c3 chez
Otto Weber SZSAK II p. 18.
3) Où il y a à la fin une très juste remarque.
4) Hommel SAChr. p. 17, traduit .^^^a^^ par territoires fron-
413
La forme JJ=t = Jî se rencontre aussi p. e. Hal. 365, s:
^1 ^1 ; 449, 1 et 530, 2 : ^^ ^\ .
Cet emploi de Jî comme relatif n'est pas sans exem-
ples dans la langue littéraire, mais il fut considéré par
les grammairiens comme une extravagance. Pour ne pas
répéter ce qui est connu de tout arabisant, je renvoie
simplement aux ouvrages suivants: Sîb. §39; Abu Zeyd
Nawâdir p. 67 ; Zamahsarî el-Mofassal * p. 56 1. 4 d'en
bas, et p. 57 1. 7 d'en bas; I. IVîs I p. 469 et ss.;
Fleischer Kl. Schriften I p. 642/3; Howell Gram. I p.
595; Lane Dict. I p. 74 et 75. Reckendorf Syntakt.
Verhaltnisse § 192. Donat Vernier Gramm. arabe I p.
25 II § 828. Wright Grammar^ I § 345 Rem. c; ZDM
G 22 p. 124.
3« j.
Personnellement, je ne l'ai jamais entendu, mais son
existence dans les dialectes de Môsul et de Mârdîn ^) est
assurée par Socin dans le ZDMG 36. Ummu qâlet:
a n î' e h h é b e y z la g i b t e 1 n a , sa mère dit : oii {^J')
est le pai7î que tu nous as (aurais dû) apporté? 31, 2. n.
A'tîni hây el-mara la hîya fil-bâb, donne-moi cette
femme qui est à la porte, 264, 2. A'tîni hâdi m art la
fi gild eé-gclmâl, domie-moi cette femme qui est dans
la peau du chameau 264, », et passim dans ces textes.
Le pronom relatif dans le tigré est A ou A , et Litt-
tiircs, niais ce n'est pas un pluriel. iCL->J' est un nom de village
assez commun dans le Sud. Cf. ici sub 20, «.
1) A c6t('' de el et de iilladi, 33, 4, 16 et passim. Ces te.xtes
sont très bien notés et très intéressants.
414
mann Z A XII p. 304, fait observer, contre Nôldeke W
ZKM IV p. 294, que cet 1 correspond à celui de al-la-
di, mais dans das Verbum der Tigresprache p. 7 note
il se range de l'avis de Nôldeke. Dans le dialecte tigrina
d'Agamié le relatif est au sing. A et au pi. "SU . Peut-
être faut-il considérer le ë 1 des textes de Socin Z D M G
(v. ici p. 411, 9) comme étant au fond ce la, avec la
voyelle préposée? Sur la lettre démonstratif la, al,
voyez Dillmann Âth. Gr.' p. 95, et Littmann Z A XII
p. 296; idem, Chant de la belle mère v. 75, 95 et 186.
est rare en Hdr, oii ^ est prépondérant, Hdr p. 238.
A l'ouest de là, c'est le relatif le plus commun. Di est
aussi particulier au marocain des villes, dit Marçais Gr.
p. 175, et s'emploie aussi à Tleracen, Bel. la Djâzya p.
90 (t. à. p.), dans la petite Kabylie et le Nord de la Tu-
nisie D T 0 p. 35. En mehri et en soqotri, on le trouve
également: hem de rayé de hadèmk éeh Bô'az
mehri, =z éem de ""ayg di nafa^k^) se h B., soqot.,
le nom de l'homme chez qui j'ai servi est B., D H Mùl-
1er MS p. 52 §19. Ragên de tarahk teh henên,
mehri = miigsam dèqolk éen, soqot. z= el-wulêd
li hallêt "andena, le jeune homme que tu nous as
laissé, ibid. p. 62 §8. Ragên de henêk, mehr. z=.
mugsam di éîh, soqot., le jemie homme qui est chez
lui, ibid. p. 128 §13. Wanehè rayg-di ksièh, mehr.
::= waniéi "aig di ksèeh, soqot, et l'homme oublia
ce qu'il avait trouvé^ ibid. p. 131 §32*).
1) «.ftj est dans tout le Sud, y compris le raehri, servir.
"2.) K 11 1 1 di. iiielui, celui qui, quiconque, comme aussi dans les
415
Jahn, M S p. 171 et Gr. M S p. 28, dit que le pluriel
de dâ, de, di est la, le, 11. Nous trouvons p. 97, 12:
uyiwôda barayb bâliôm là bar môtem, ^f^.^
îy'Lo tXs qjÀ-' v^**j • Il le compare au hadramite lî,
mais cela n'est pas tout à fait exact, comme nous allons
le voir.
Après su, qui?, ^S est de rigueur dans notre dia-
lecte. Su di qâlah, qui l'a dit? ou su di htf qâlah,
qui est celui qui Va dit? Nous trouvons dans les in-
scriptions sabéennes, Hommel SAChr. p. 15 et 16, ^
^jJou Hal. 259, yC*j 003 Hal. ibid. et ^<a3ij J> ^3 Hal.
257, citées par D H Mùller EDA p. 43; idem ZDMG
37 p. 338, et Index s. v.. En araméen, il faut toujours
''"I après ]D, mais non pas dans les inscriptions naba-
téennes Euting N I p. 79, où le ^1 relatif est pourtant
courant: dhd^ ^1 '^^1i^ b'2^ z=z ^^x.<j ^6 ^l.^t j^^; ^i "d
^ïh^h -b^n^ z= oJ^J o^y^. [to U] ^coJI , ibid. p. 77 et 78.
Les Tâyyites disaient 30 pour tous les cas, A Z N p.
61, el-Kâmil d'el-Mobarrad p. 563, g et 564 (oii exemples),
L A XX p. 346 et 348 (oii exemples), Wright, Lectures
p. 116, Reckendorf S V § 193 (où exemples). Dans l'in-
dialectes arabes du Sud et le sabéen, D H Mtiller E D A N° XXVI, 5,
Hommel SAChr. p. 15. Avec le sens de chaque, il est rapporté par
KampHineyer o. 1. p. 627 selon Dominicus Germanusde Silcsia, Fabrica
linguœ arabicte 1(339, seulement ce n'est pas ici le (^3 relatif, mais
le même que dans delhîn et l'égyptien delwakt (écrit \j^jj ^^^
par 'Abd Allah en-nadîm dans son Su la fat en-Nadîm p. 44. Le
de (di) du mehri et du soqotri n'est que la nota relations, comme
au .Maroc, ejnployé comme de en français.
416
scription d'en-Nemârah , découverte par Dussaud*), de
l'année 328 a. D., on lit: *i).JL« ^y: j o-^"^' f u""^ u^
_Uw! ^î ^J> xls' Vj*^') <^^^^ ^^^ ^^ tombeau de M. el-Q. b.
"Omar (ou ''Amr^)). roi de tous les Arabes \ qui ceignait
le diadème ou liait le turban (sur sa tête).
Le Diwan de Hâtim Tey éd. Schulthess W XIV 4:
Wenn du nichts von dem, was ihr getan habt, dnderst,
So mâche ich mich an den Knochen, den ich abnage,
selon la traduction de l'éditeur p. 21, où l'on trouvera
d'autres exemples, ainsi qu'aux p. 88 et s.; el-Mobarrad
p. 564, el-Mofassal p. 56 en bas = I. Ya^îs p. 464 *).
Dans el-Muzliir II p. 60 nous lisons : (jib. jj! L-oc\=>
w-^X^l v_ji-c'*it '-^yfri ic"^' •c:a-àS^ \'é t^^jSV^ .^ (_f*"T^' i"T^
■^j7^' ^-_^Uxj P> Lojj u'i. ^jy Lij:_5 J.yjî ^^:^ (^^ ;^c
1) Revue archéologique 1902 p. 411. OLZ 1903 p. '278.
2) 3 -^ peut (''tre les deux, car les noms ,'jj, A** _n:> (= ^^>Ax! ?)
et uXjt-.^ , dans la môme inscription, ont aussi le 3 final. Cela est
important. .,
3) Observez \Ji pour UJi , comme encore aujourd'hui chez les Bé-
douins du Nord; v. Gloss. s.v. ' J^ .
4) Qui l'attribue à ^Âriq et-TiVî.
417
w*.xXjjj y_jLc'bî 5-».Xij ^3 : Jï . T.4.o"^) --0J5 .-jj liUI!
^] i«ju : ^i^Jis . ^UJÎ , (le cheykh lui dit : tu es) celui qui
recherche la société des Bédoimis et prend note de leurs
vocables? .... ')
Beha ed-dîn el-ôanadî, -\- 732 H., dans son K. es-
Sulûk etc dont Kay a publié un extrait sur le con-
quérant qarmatite ^Alî b. Fadl, -f- 303 H., dans son
Histoire du Yéman par "Omârah, rapporte l'épisode sui-
vant , p. If V : c;^jë5 ,yi-! ^ ^L>J ^.^\ dVJLo ^î Js=> <xï
(vXi- (^3 ..y^ lXj "^ c>>-S ^JLjo "^ (_cJ^. ij'>:>oU-s->'î (j^;i*j Kii
^j^ lÂ-J "li ^.^^ L^'i' i^cÂJ! ^_5^_ 3U.:^\Jti! JIAJL ;j:J^ ..-ry"^'
\^ ^^î ,j>ju_ -yfl"^î i*jC:> (^ÀiL /. Mâlek a raconté qu'un
homme de ses partisans ') mit la main sur une très
vieille femme, mais ayant constaté ce qui en était, il
voulait s'esquiver d'elle. Elle lui dit alors: „Pas moyen
de se soustraire à ce que l'Emir a ordonné'^)." Dû dans
la langue de certains Yémanites a le sens de 1 a '') ; c'est
4) On voit donc que les plus grands philologues arabes nous ont
montré comment nous devons procéder. Les dialectes arabes n'ont
rien perdu de leur importance depuis el-Asma'^î (+ 2i6 H.).
2) Le mot <v.o^A:> du texte, que Kay ne traduit pas, m'est in-
compréhensible.
3) ,»yjjf sont ici les partisans religieux du Qarmatite "^Âli b. Fadl.
4) Ou permis, selon le sens que ce verbe a dans le Sud. Voyez
ici le commentaire de Banât "Arwal.
5) Ce sens de 5O est confirmé par une inscription sépulcrale en
dialecte himyarite qui figure dans i'Iklîl et qui a été traitée par
Mordtmann dans la Z D M G 44 p. 190 et ss.. Les mots i^*-^ •>-> que
418
donc comme si elle disait la budd etc., et di équivaut
à illadi etc.
^3 est le nominatif de ^j> et de îo, comme les Ho-
deylites disaient il lad un a, LA XX p. 342, pour illa-
dîna. Selon l'exposé de Reckendorf, SV §194, comparé
à celui de Sîb. §231, l'accusatif li était aussi employé
comme relatif, mais seulement après U et ^j^ interroga-
tifs, là oià nous trouvons dans le Sud ^^j> après eé
et min.
Mais les grammairiens ne confirment pas cette ex-
ception. L'école d'el-Basrah considérait cet emploi de ii
dans le sens de ^ÀJ' comme exceptionnel^ ^^i;, tandis
que celle de Kûfah le tenait pour bon, Mufassal p. 60
= I. Ya'^îs p. 492 et s., où l'on trouvera des exemples
à l'appui, de même que dans LA XX p. 348 et s. On
ne peut donc pas être de l'avis des deux Sîbaweyh,
arabe et allemand, que les dialectes arabes ne connais-
saient pas la forme \ô> comme relatif. Les exemples en
sont trop nombreux et absolument concluants.
Nous pourrons donc reconstituer l'emploi de tous les
cas: dû, dî, dâ-, pi. (illa) dùna, (illa) dîna. C'est
bien là „une analogie avec le nom", comme m'écrit
Barth, mais cette analogie n'est point casuistiquement
le savant confrère n'a pas su expliquer et qui sont paraphrasés par
iAjF' *^ , elle ne trouva pas, doivent probablement se lire ^x«0 jiAs,
car ksù en mehri et kése en soqotrî signifient trouver, J«<ci;> .
Par ces deux témoignages difléients »0 = "b est donc absolument
assuré poui' le dialect hirayarite. C'est le 'o de l'inscript. de Mârib,
Glaser Danirabruch, où il se rencontre trois fois, ZDMG 53, ", "'.
419
ment faite par les Bédouins ignorants. Ses racines sont
bien profondes, et l'arbre fleurit sur le sol natal. A pré-
sent, ^j> seul est en usage, mais seulement dans le Sud
et dans certains dialectes africains.
L'araméen biblique a aussi "*! et le mandéen, ë d et de,
Wright, Lectures p. 116; Zimmern VGSS §83. Nous
rencontrons également ce relatif dans les inscriptions
safâïtes, qui ont un cachet si sudarabique, malgré
l'opinion de Nôldeke : .Lv ÂJ JL-w = 'lw ^3J J.■^L« , salut
à celui qui passe, Littmann S I p. 52 = p. 55: V 232.
».ytj *ÂJ .^ = ^jysu (^^Ài ,y; , cécité' d celui qui l'abîme
(l'effacej! ibid. p. 57 et 61 ^). Les inscriptions protoarabes
en offrent aussi des exemples : ^djé o j^éJsS.1 , de N. qui l'a
fait, Littmann Th. I p. 35 ::= le sinaïtique Aac ^^3, ibid..
Fell, Z D M G 51 p. 258, est enclin à voir le relatif dans
la nota relationis o du sabéen, qui se trouve dans les
inscriptions litiyânites, D H Mûller E D A p. 92, et dans
celles d'es-Safâ. Littmann Th. I dans M VAG 1904 1 p.
1) Inscription fort intéressante, «vc , qu'on a certainement dû
prononcer sans tanwîn, a peut-être le sens intransitif de la II forme
jyc- qu'on trouve dans la langue classique, Tab. I p. 1309, », p. 1374,
'*, et dans toute l'Arabie, à l'exception des Bédouins du Sud, d'abimer,
détériorer, ùbel zurichten. 11 y a peut-être aussi un jeu de mots.
La dernière inscription, p. 61 , porte ensuite «-V^^^ Jjw = J»c ^J^
«A*i> , de dessus la pierre. Ce n'est que dans le Sud qu'à présent
*-\^ est montagne, mais aussi bloc, rocher, grosse pierre et même
pierre tout court. j^\ j lX-ç> , un rocher dans la mer Dt.
"-V^ Q^ rr^- '^^ > ^'^('^ ^<^*'f- f^" rocher Dt. A-j>; jrjio , il me
heurta avec une pierre Dt. La lecture de Littmann me paraît juste.
420
19 et Gloss., ainsi qu'en mehri et en marocain. C'est
bien le même mot, mais il est imprécis s'il est devenu
ici relatif.
Le soqotri connaît également ce relatif. J'extrais du
grand recueil de textes de D H Mùller ') les quelques
exemples suivants. Hô' de "àmbher di kèsek, où est
cet ambre que tu as trouvé? p. 111, s. De %nbeher
di kèsek, cet ambre que tu as trouvé, p. 110, is. Èhe
de ""ambher di ki^i éf, ceci est l'ambre qui m'est resté,
p. 110, 28. Di hàdeb traduit par i^jju >! p. 118 note.
"^A y g d-i r à^a q e n h ù y t e n , un homme qui faisait paître
le bétail p. 104, n. Wuègeb kan') dihè lesàfi di
t ë k è n 0 min h è s i h i n w u q a s , et il frappa cette image
à ses pieds qui étaient de fer et de terre cuite, p. 33, n.
Wade kanè eb di isàyah, et cette grande image gui
brillait, p. 32, 21. Ho di lèhamk^), = ^^:^^^ ^ô Ijî,
c'est moi qui ai touché, p. 107, i". Ho^o de ^ayg diken
ha beqà^er, ml est cet homme qui est ici dans la mai-
son? p. 79, 14. "Ayg di iharaq = ^^ ^3 ^^L*oî
p. 80, H. 'A y g di "èijan bitt Selem, un homme qui
aimait la fille de S., p. 261 N'^ 399.
De la combinaison de Jî et de ^co est sorti
1) D u Muller écrit ici et §32 par erreur mizilier, qui d'après
§ 36 est rêve. Il a en outre oublié de nous dire dans les Gram-
matische Tabellen p. 372 ce que i représente, car il n'y parle que
de z = Jb . Sa théorie que le soqotri provienne du mehri ne me
semble guère acceptable. Les différences sont trop grandes.
2) Métathèse = xL = arabe u*^ avec changement commun de
{jM arabe en v mehri et soqotri, exactement comme le h grec peut
devenir s en latin «aç = sal, 'v^rèp = super etc., Homme! A A p.
23, où il Y a d'autres exemples.
421
4" ^=ÀJ! il dî', el d i'
Cette forme est très usitée en Datînah; voyez Gloss.
S.V.. Wai:iah yel-%udeh îbënha ''as l^ama el-
"audeli el df ma tësîr sî' in kân titwakka
"a la tintên "asf s 11*^11 b, par Dieu, la vieille vivra cer-
tainement aussi longtemps que cette vieille qui ne marche
qu'en s' appuyant sur deux cannes à crochet ').
Comme ,^w\jS, c'est aussi un substantif ■= U: bândîh
il dî' fil-qârûrah , ye lui donnerai ce qui est dans la
bouteille. La tesaddiq^) (ou tesiddiq) sf il di qâl
lak, ne crois pas ce qu'il t'a dit, mais la t. si' il df
qâl lak h ad a, 7ie crois pas celui qui fa dit cela.
Il existe aussi au Liban. A Tlemcen, sous la forme
eddi = eldi, Marçais, Gr. p. 175, Bel La Djâzya p.
90 et note ').
Les grammairiens arabes parlent aussi de la combi-
naison ^= JJ , avec suppression du déterminatif J! , Fleischer
Kl. Schriften I p. 354. LA XX p. 112 1. 13, veut
même, et avec lui Reckendorf S V p. 601, que ce soit
là la forme primaire, et ^jsl\ y figure sub ^5-"^-
5" J\ i 1 1 i
de ^\ et J , devenu ^_^ de 1 a (J) et probablement aussi sous
4) >--«aco , pi. de i«,AA;i!j canne avec un crochet en haut: I .
2) Pour tesaddaq, comme sâdarieh, fjilel, et d'autres.
3) Où l'exposô n'est pas très scientifique, car le terme «après
avoir supprimé l'article J' et le démonstratif J" ne rend nullement
le ])ron''dé du pai'ler po|)u!aire. Bol a probablement lu Sjjitta Gr.
§ ;iO'', où se tiouve la tin''me expression jeu adéquate.
422
l'influence de ,^Sl\ . Invariable pour tous les nombres.
Cette forme appartient surtout aux dialectes du Nord, de la
Syrie, de l'Egypte et de l'Afrique du Nord^). Au Negd, on
dit alli^). Sa variation' phonétique syrienne et %âqite
yalli, yilli ne provient pas toujours de ^J\\j = ^^b,
M S 0 S VI p. 92 1. 3, mais s'explique comme Jo . Pour
^Js>, voyez sub J^ p. 412 et p. 407 note 2. Sur le pi. sab.
^^M), voyez Hommel S A Chr. p. 15 et 17.
6« ^l li
Qu'on trouve surtout en Hadramôt, rarement en Datî-
nah 8, -^s, et plus rarement au Negd, dans le Nord de
l'Afrique, mais non pas en Syrie et en Egypte. Pour
tous les nombres. Es li di basàrt, qu'est ce que tu as
vu? Dt. Ou dâ"" li qàtalah, qui est celui qui l'a tue'?
9, 16. On peut dire aussi bien li di que di (dâ) li. En
mehri li, (là, le) est le pluriel de di. Weber, Studien
z. S A Altertumsk. II p. 18 rend le sabéen Jl par
elli, sur la foi de Glaser, mais rien ne nous autorise à
le prononcer ainsi. On voit donc que ces trois démon-
stratifs-relatifs s'emploient, soit seuls, soit combinés
entre eux pour former six relatifs différents. Chacun a
sa vie propre, et l'on ne saurait parler ici ni de défor-
mation, ni de chute d'une lettre. Les dialectes arabes
sont le grand emporium des langues sémitiques, qui n'y
i) Stumme T Gr. §155. Idem MGT p. 273 §163, Marçais Gr. p.
175. Doutté, Texte oranais, p. 19.
2) Gloss. s. V.; Socin Diwan, III, § 68.
3) Hommel voyelle j^^' , pensant à l'arabe.
I
I
423
sont pas à l'état de lettre morte, mais vivent en partie
encore dans la bouche du peuple illettré.
11, 2: tibâneh, ^,Li ^), pi. iaJr, sur la forme JL«
des nom. vasis, correspond au ^£. des Syriens, sur le-
quel Hdr p. 119 note. C'est la place entre le corps et
la chemise (s'il y en a), derrière la ceinture, *îj=> ou
)Li,:=> ^), où est placé le poignard. On y met aussi la sa-
coche à argent, iJuA^- . On fait un t i b â n en ployant le
pan, 'iJa^ , de la chemise ou d'un autre vêtement, préci-
sément comme font nos domestiques avec leur tablier.
(iViLo ^ (^J> ^^A^5aj) L;.ajCw( , verse le blé qui est clans ton
tibân.
RO pp. 138 et 227 traduit tbân par Schoss, sein,
ce qui convient à la phrase, mais mes Datînois ont
beaucoup ri en entendant ces deux exemples; cf. Vol-
1ers ZDMG 49 p. 51,5. Un poète de Yafi' dit:
1) Aussi w-î-^; les Awâliq i3Jj; cf. LA XVI, p. 225: ^}^'^
i^'<j (j;.^> 'î^î Ojîs . Malgré des demandes réitérée-, il ne m'a pas
été possible de trouver un seul mot d'une lanj^ue européenne qui
rende le mot arabe: dans la Franche-Comté on l'appelle hurncc et
dans la Charente, darne.
2) iOo5;> est en étoffe; *'i>, en cuir.
31
424
// Voivoya chez moi, et moi, je suis son cavalier,
Tenatit son licou comme (je tiens serré) la pierre du
[tihân.
Les lances, ils les ont secouées contre ceux qui se
[trouvent à Bena,
Et les chevaux, nous les avons, 6 père d'mi tel!
La ,.,lAijt .S a pour cela justement le nom de i;^>.i/«,
pi. ^^JLixl . On la porte toujours dans le tibân en
voyage pour être prêt à la lancer '), si l'on est attaquer.
^^li , ou ,-pï-^" , se munir d'une pierre à cet effet.
iCxx4^ Jsc (^" est mettre la main sur la tête du poignard
de l'adversaire, pour avoir le temps de le poignarder,
avant qu'il puisse tirer le sien. Mais le sens des dic-
tionnaires n'est pas connu ^).
11, 2: etlâyafu yâ gambîëh. Ce verbe ne s'em-
ploie que pour le poignard. ,JlJ , cribler de coups z=
^Ju^ . v_j!j"^', 5e cribler mutuellement de coups. Yabù"
(ou yibif) yitlâyifûn ufâra'u beynhom, ils vou-
laient s'attaquer à coups de -poignards, mais on les sé-
para. Yâ gâmbîeh a son analogie 41, i^: uitrâgamu
y a hagar, on s'attaqua à coups de pierres. On ne se
sert de ce [> qu'avec les verbes désignant frapper, atta-
quer etc et on le met devant l'objet avec lequel on
frappe ou attaque. A ma demande pourquoi plus loin,
i) Sur l'habileté des Arabes méridionaux a lancer des pierres,
voyez suh N° 11.
2) Hartmann, LLW p. 101, 1. 21, a un mot dabbîine, qu'il
explique, p. 110, 1. 3 d'en-bas, par el-hudn. Est-ce le même mot?
Le mètre ne permet pas ici la forme sudarabiqiie. .-yo et .-r*^
snnt-ils paronts ?
425
41, it, on ne disait pas uta'^anah y à "^ùd, au lieu de
bi'ùd, comme cela me fut dicté, on me répondit „qu'il
ne frappa avec la pique qu'un seul coup, et que, si l'on
disait >3^ b , cela impliquerait qu'il frappa plusieurs
coups. oîA-o \j v^j ^^ ^^^^ ^^'5 coups de fusil, mais
oJ^ v-^) ^^ ^^^^ ^'^ ^^'^P ^^^ fusil. L'analyse de cette
étrange locution m'échappe. En tout cas, elle indique
la pluralité. Est-ce L] , qui devient aussi L?, mais dans
notre dialecte L ne s'emploie pas dans le sens à'avec =
moyennant.
11, 4: nasîbeh. Voyez Arabica V p. 175 et les textes
y donnés. Pour se concilier la protection d'un homme
puissant, d'un chef de tribu, d'un homme considéré ou
même d'un simple qabîlî, le da^îf, le ra%uwî ou un
qabîlî d'une tribu faible nomme son nouveau-né du
nom de celui dont il désire la protection. Le père réunit
les hommes influents et ses connaissances et leur com-
munique sa décision, sur quoi on lit la Fâtihah. Il se
rend ensuite chez celui qu'il a choisi pour protecteur et
lui donne des présents. Le protecteur et le protégé sont
^-v^wi l'un de l'autre. Il y a entre eux i^-wi ou ^j-^^o .
Cela est surtout pratiqué dans le pays d'er-Rassâs, qui
n'est pas à même de protéger ses ra'ieh contre les dé-
prédations des turbulentes tribus. L'influence du nasîb-
protecteur est limitée à sa tribu ou à la confédération à
laquelle elle appartient. Les Bédouins du Nord appellent
le nasîb hasîb. La personne protégée et ses biens
sont ^A.!^ pour le hasîb, qui doit en rendre compte,
Hdr p. 173 note. J'ai voyagé d^^-j-l? ^"^oiis ta protection^
426
et ce qui m'a l'té enlevé est ton w^.*^> . Voyez l'article
"Le droit d'asile".
11, 5: Un exemple analogue de la protection qu'on
doit accorder à son rabî" se trouve dans le Diwan des
Hodaylites éd. Wellh. N" 153. Les Béni Lihyàn avaient
un gâr, protégé, qu'un homme des B. Huzaymah b. Sîl-
hilah b. Kâhil avait enlevé et vendu comme esclave.
Cela causa une guerre entre les tribus. Tout ce récit est
fort intéressant, et l'état des choses n'a pas changé depuis.
11, 9: millêhom. dU^ ^Ju ju^, ma maison est
près, à côté de la tiemie. Sif di mil la felân, qui est
à côté d'un tel? Millam-bahr =r min qëdà^ du côté
de la mer. Ana millék, ^'e suis à côté de toi. Su dî
millêh, qui vient après lui? = *^Aulâqi >sLàï . Cette
particule est une spécialité du dialecte datînois. C'est
donc comme ^J.'^ et <è^\ jj^ÂJ et ^iL:Ai, etc.; cf. ici p.
383. Mais son étymologie ne me paraît pas claire. C'est
peut-être un composé. On pourrait comparer l'hébreu
^l?2[''bp] devant, en face, et le talmudique «^b^'2, d'où?,
millëqadmîn Kônig LG II 303 et 300. Ou bien est-ce
z=z ^ L, ce qui suit, + les suffixes?
A propos de u^aJ, je me permets de faire ici une di-
gression. Son étymologie m'a longtemps intrigué, et je
ne vois rien dans les autres langues sémitiques qui
puisse l'élucider. Je crois qu'il faut la chercher dans
l'arabe même. Dans le Negd, ladey est une préposition
fort usitée. Je la trouve souvent dans mes textes neg-
dites. Dans la célèbre qasîdah de 'Agab, fils de Sa'dûn
el^Awfigî, le poète dit, vers 6:
427
Ma hî h al al egdûdina làuwalîni [ou -nal-au]
Kesban ladêna min halâib ^adâna
Ce ne sont pas là des bestiaux de nos arrière grands-
[pères,
Mais un butin entre nos mains des bêtes à traire de
[nos ennemis.
Le mot en question me fut expliqué par laîdêna, =
Lu JI^ , et bîdêna ou bidêna. Or, dans le Nord et en
Syrie, i est toujours, et dans le Sud le plus souvent,
prononcé i , comme classiquement avec les suffixes, et
la longue î dans î d ê n a devient souvent brève \ témoin
le vers 2 de la même qasîdah:
\) En Sj'rie, il s'ainuït tout à fait au diminutif: dayyàtak,
Pr. et Dict. p. 100, comme , <j et (j?^ dans bèyyi et hèyyi,
mon père, mon frère. liLjp ^^;f , les boutons de mes mains, Dalman
p. 24, N° 6. Sachau ZDMG 37, p 566. Hartmann, ZDMG 51, p.
208, prétend qu'il faut me «rectifier" lorsque je dis, Prov. et Dict. Il,
que Ow)>> est le pluriel du duel = O'tXjî . Je sais bien que le dimi-
nutif est iiJiAj , R 0 p. 47, pi. o' - , mais comment veut-il alois
expliquer oLsy?-! pieds, qui se dit aussi, o. et 1.1.? Cela n'est cer-
tainement pas un diminutif de ^! . Je persiste donc à voir dans
oIjO un pluriel du duel. Nous avons bien dans la langue du pre-
mier Islâm ..jl.LoJÎ , les deux Aiist'ir, soit le pltuiel au duel, mot
an.ssi courant alors que (^iAj .
428
Sib el-rawârib mu bramât el-idêni
Min sâse ''eyrâtan lafen min ""ômàna
Âvx garrots gris, aux jambes de devant bien tournées,
d'une race rapide, qui sont venues de "Oman.
La de y est donc pour laîdey, devenu successivement
laïdèy et ladèy. Cette dernière forme s'entend dans
tout le Negd: el-bill waslet ladèy l^âsibînhom,
les chameaux sont arrivés chez leurs enleveurs. Alla
gâbha ladèyna, Dieu nous Va envoyée. ^Csj se ren-
contre dans l'inscription lihyânite d'el-'Ôla, D M Mùller
E D A p. 76 N" 27 1. 3, où l'auteur le traduit par pen-
dant. La traduction est cependant très incertaine. La
définition des grammairiens de l'emploi de ,^oAJ est qu'il
se rapporte à une chose qu'on possède actuellement et
à proximité'). De même que le ladey des Bédouins
ne s'emploie pas uniquement en parlant des hommes,
wusùlna ladèy bêtak, nous sommes arrivés devant la
tente, de même le (j:o>J classique, se dit aussi des choses,
Reckendorf S V p. 208.
Il a cela de commun avec son synonyme ,^a3û ^j^
ibid. p. 206. ^^Uit ^\^^ ... ■^^\ ^î J^ ... ^c.^î „^,
Sj.otiT (j:o\j ^J^ j^.j3-r v'j'-^'j ^^ob* P' 80/1 . . . j'ai vu le
monde et les bêtes passer devant le bâton -). j^c! ^jr*^;)
.^[^\ ^J^ \jl\j u;.s_i 5j_ci; ":) \j':) , il a été nommé Â'zal,
\) I. Ya^s I p. 552, Wright Gr. II p. 1G6.
2) Sur ce bâton du Prophète, appelé sj*xj|, voyez lioh. I, Sutrat el-
Musallî, B. Sj^jtJI ^lî 3^LaJt•, Tab. I p. 1281, •«; MafTitîh el-'Uh'im,
iVl. V. VIoton p. 119; Noldoke-Festschrift I p. 849 et ss. (Hecker) et
mon mémoire sur le bâton dans ce volume.
429
parce qu'il n'ij a rien devant lui en fait d'étoiles^ L A XIII
p. 469. ^^Àit ^^_i^^ (j^'-'V cW is^^Lvw iX! c>^3* u>'~Jjo Uli
^t xxs, après avoir prié, je sortis sur une place ouverte
devant Vendrait où se trouvait etc, Osâma K. el-'Usî, mon
ms. Nous trouvons même le pluriel ,J1=>-X ^ f^J^-.Ajf (j-o dans
une Tradition Boh. I p. 9 en haut. '\.^J>, Lu^vJ cô^
Tab. I p. 1213, 12. 13^4^! ^-vo Tab. I p. 1223, o, p. 1231,
I, p. 1562, 16, p. 1563, 13, De la même façon nous
avons s^y (Cj^b (j\j u«-)b> _^^ I Hisâm 430, le =
Jj!^ ^J'^ Boh. IV 224, i d'en bas et VII 127, 6 d'en
bas, KA W 13, o d'en bas, Tab. I p. 1237, n. ^J^
f?^3J ^^ Tab. I p. 1237, n, p. 1533, ». Barth, à
qui j'emprunte ici quatre citations, Formangleichung
bei hegrifflichen Korrespondenzen dans le Festschrift de
Nôldeke p. 789, y voit la raison qui est exprimée par
le titre de son mémoire, soit une assimilation de forme
avec ^J^ÂJ ^^ . LA W p. 196, ne donne pas précisé-
ment un appui pour une telle assimilation. On pourra
comparer le pi. hébr. ^"irii^, nnî^c etc, derrière, par der-
rière. Nous avons vu à la p. 383 que Barth explique la
finale a y de tant de particules par une analogie avec
les prépositions ^i.î. et ^c. Il me paraît difficile d'ad-
mettre que le peuple procède d'une façon aussi artificielle
en formant son langage. Comme ^ô^, ^%j est certaine-
ment un duel, ^J^ ij-o l'est aussi, de même que
^inî^ etc.
Quant à i^c^vJ, je ne trouve rien d'impossible dans
mon hypothèse, (]Ug je donne du reste pour ce qu'elle
430
vaut. ^J\J serait dans ce cas une formation savante par ana-
logie comme ^J^ et ^J.c . Nous avons dans l'arabe littéraire
bien d'autres étymologies analogues d'ancienne date. De
^J:.A , pâturage, on a fait -: ^a , abonder en pâturages, Ha-
mâsah p. 99, s, K A 21 p. 206, e; de ^/J\', «Jj , paître à
satiété aussi dial.; de , j^^ i^^) =■ ;^.'«, -r^, se recuire
à la guerre, Diw. Hod. éd. Wellh. N"^ 197 v. 2 i); de i:^,
c>-^l, avoir une mauvaise année, Tab. I 1089, i et tant
d'autres mots classiques. Les dialectes nordafricains sont
particulièrement riches sous ce rapport : ^", lisser, satiner,
de -ijj^ polissoire, et regarder avec des yeux hagards,
de ^, RM TA p. 485; Ax^^, abîmer, de j^,a, couvert
de cendre, ibid. p. 486 ; ,^ , marquer, de s^U ^ a .'«x' ,
signe, ibid. p. 490; _;:;i , donner un signe, de ^x^. ,
Meissner N A G I Gloss. s.v., M S 0 S VI p. 109 note,
tandis qu'au Maroc le même verbe a donné ^ , lancer.
Yollers VS p. 9/10 dérive ^'Jl de .' et J , pour la
bouche, et il veut que ^Jl soit ici primaire et p'JJ secon-
daire. Je crois que dans tous ces cas, non seulement
dans les langues sémitiques, mais aussi dans les langues
européennes, la dentale est primaire, par conséquent
Juù a donné ^Lài.
1) La traduction »kanipflustig waren" n'est pas tout à tait
exacte. De — 'j^, les Béd. de Syrie ont fait — r^ , se reposa' la )iuit,
_-x! , faire lialtr la mdl, et en Algérie '^r^ , prendre l'air.
431
Si ^_sJs^ et j^jO sont de la même provenance ^), ce qui
est probable, mais non prouvé, il faut admettre, pour
que mon hypothèse soit soutenable, que ^JJ, est pri-
maire et que ^l>J en est un développement bien posté-
rieur avec la lettre démonstrative n. La grande varia-
tion -) de formes collatérales de ^cC montre son emploi
fréquent, en même temps que la perte de la conscience
étymologique du peuple. Fleischer, apud Levy N Ch W B
II p. 534, fait venir les deux mots de 1^, sich anschmie-
gen etc, ce qui ne me semble pas acceptable.
11, 11: hû^hom bir "ammehom, où les deux der-
niers mots sont l'explication du premier. Comme ^î et
*£ ^' sont aussi cousin, un parent plus ou moins
éloigné, même un contribule ^), on demande, pour con-
naître le degré de parenté: dUc -> A3-[il "i»» iJ ^«^['J,
est-ce ton frère utérin ou bien ton frère^ fils de ton oncle
paternel? Les Latins appelaient aussi le cousin frater,
Lettres de Cicero ad Attic. I 5, où il appelle son cousin
Lucius frater. ^L>c>i est aussi la femme du frère. Le
frère et la sœur de la femme sont ^f^:^ et 5-,^^ .
Nous rencontrons ici 1. 13 le mot très classique fZ
dont l'expression précédente, .A::^'^ *J-, ou ^a^". ^♦-<'J,
1) I. Wîs le nie, Il p. 552. Nôldeke Z. Gramm. des cl. Ar. §49
semble l'admettre.
2) Reckendorf S V p. 208. Vernier Gr. I p. 532.
3) *-^wj3»!, un Lahmite, Diw. el-Mutalammis éd. Vollers p. 59.
\jAP_p.!, Diw. Hod. éd. Kosegart. N° 75 v. t. c;^' j .Oi-^'!) JJb
^\^ jro , Bob. I p. 12tJ I. 11.
432
dénote l'origine. L'explication des indigènes était ^^ 'l«^
jrU^J ^A^, comme tu dis: ceci est ma chair. Selon LA
III p. 412 en bas, on ne saurait dire L^J Jl=> Loi ^^
ni Lsu )Uc Lo> '^ , ce qui pourrait être allégué comme
preuve de la prépondérance du matriarchat. Jj n'est
certainement pas autre chose qu'une contraction archaïque
de ,Js^S . Une contraction analogue est dans la langue litté-
raire 05 =: aj;, , pieu de la tente, dans le dialecte des
Tamîra, Imru 1-Qeys, Ahlwardt N*^ 18 v. 2 ^). Tab. I p.
1376, 7. Les Bédouins de Syrie disent ici 03 ou o^ .
Meissner NAGI p. 146: J^. Vollers VS p. 17. ^^-.s^ A>.c
^ ^^w-».<cL<c (dans le vers ^). Le syriaque bat pour barit,
comme dans les dialectes du Nord ■^j^, pour u>-o, hébr. ns et
\7i3, et le sabéen ^^^o à côté de ^:>.-o , Homrael Chrest
p. 9'). Nous avons également Bù Bakk =: ajjj'
très commun dans le Sud. Le 'âqil des Ahl er-Rubât
des Al Burkân s'appelle Hoseyn um-Bùbak = jG vJi
^Ji:c>, nez, pi. ^cU^io> , = *-ii^ , R 0 p. 148 en bas
^c =: ^^, 'Oman. Âc = A>L£ Rossler, MSOS VI, 11 p. 86
woi = ^ en Hdr, ^J^\ ^ = ^ à Saydâ, eU (Mekk)
= dOw dans le Soudan, ui,^, Egypte = Syrie -3, visage. 03
= a:^ R Op. 10, Rossler MSOS I p. 78, et wodd Vol-
1) Relevé par I. (linnî, de flexione éd. Hoberg p. 29.
2") Derenbouif.'', Monuments sab. et himy. du musée d'archéol. de
Marseille N° VI lîi HiZ , /'//'• de Sovr, et d'?D HD, jUlc de Sàlim.
433
1ers ZDMG 41 p. 376, 49 p. 497 (wâd). «J>o = o3oo Béd.
du Nord, (j^ , moitié, dans tous les dialectes, mais l'oranais
ijoy^ D T 0 p. 67 (ce qui ne concorde pas avec ce qu'il
dit p. 28 W 120). De Goeje BGA IV, Gloss. p. 192,
nous indique en outre '^ = iotsj, idï ■=. 'xy^, x^j> =z
11, 20: y 11-^0 1 m an i ^aleyk. Les sultans Fadli de
Suqrah portent aussi l'ethnique J,Uic et ils se disent
parents des Turcs. Cette prétention est du reste illu-
soire, comme l'a déjà relevé Maltzan Reise pp. 252, 2-59.
Je n'en ai pas fait un secret à mon ami le sultan de
Suqrah, qui était tout penaud de ma révélation basée
sur des documents historiques. El-Melek el-Asraf Abu
Hafs ""Omar b. Yûsuf b. Rasûl el-Rassânî, qui régnait
entre 694 et 696, troisième roi de la dynastie rasoû-
lide, nous a laissé un ouvrage extrêmement précieux:
»_jLMJ'b5t ii^jjun ^^ ^_Jb?>/a^J! icijj'). J'en ai préparé une
édition critique. Or, cet auteur dit, en parlant de la
1 ) Comme le hadr. is^Ajiï = iUxos , boite, Jahn Mehrisprach p.
48, 8. Ne l'ayant pas entendu moi-mi'me, je ne suis pas sûr que
Abd el-Hàdi ait vraiment prononci'; ainsi et non pas gusa, le ?;
•'■tant très faible; cf. ma critique de cet ouvrage p. 14. oVs n'est pas
une contraction de y\i , Ildr. Gloss. s.v., contr. à Doutté T 0 p.
29. Marçais R M T A p. 4G7.
2) Rien, Suppl. Hr. Mus. p. 370. Ahlwardt, Cat. Berlin N° 9380.
Glaser, Pet. Milth. 1880 Heft 2 p. 39. Niitzel, Mûnzen der Rasuli-
den, Berlin 1891 p. 14, donne la biographie de l'auteur. Playfair,
Ilist. of Arabia Félix p. 89. lOI-Hazragî, mon ms,, en énumérant
quelques ouvrages de l'auteur, ne mentionne pas celui-ci.
434
tribu des Âl Y a h y a b. 'Alî, une des quatre tribus
de la confédération des Galiâfil, que les Al Yahya
étaient appelés ft-iusi] L Uj . Un en trouvera le texte dans
la Géographie de Datînah. Ce sobriquet, étant déjà en
usage au 7» siècle de la Higrah, est fort intéressant. On
connaît par le récit de Maltzan, Reise p. 259, que la
famille du sultan des âl Fadl de êuqrah-Abyan est
appelée c>^ _o J( , la famille aux six doigts, parce que
la particularité de six doigts ou de six orteils est héré-
ditaire dans cette famille. Celui qui ne nait pas avec
le sixième doigt ou le sixième orteil, plus ou moins ru-
dimentaire, est considéré comme y- , bâtard, m'a-t-on
assuré. Cela est pourtant exagéré, car il y a, dans cette
famille, plusieurs membres qui n'ont pas cette défectuosité.
Deflers, qui a beaucoup voyagé dans ces pays, dit avoir
plusieurs fois constaté la même anomalie chez les Arabes
descendant des anciens Himyarites ^). A présent, on préfère
couper le doigt: la proximité d'Aden a un peu civilisé les
Bû Sitt. Le poète officiel des Fadli, Dô'an el-Murqusî, a
fait ce zâmil:
l3;^ ^ci L?^ tj^ U^t'» ^ tiU*:> '^
i) Revue d'Egypte le année p. 415. Les données historiques et
ethnographiques de cette «Esquisse de géographie botanique" ne
sont pas exactes, ainsi qu'on le verra dans la partie géographique de
cet ouvrage.
) î
'2) y^ , pi. de sXju^i . et J^ , rendez-vous des tribus.
435
0 Kàzimite, je suis venu chez toi, conformément à la
[dignité des tribus ;
Entre moi et toi il y a une pareille coutume.
Je ne suis pas venu me plaignant de ce qui m'est
[arrivé:
C'est que je suis au service de Bû Sitt à la chevelure
[huppée ')
Lo même poète dit dans la qasîda citée pp. 402 :
et el-Husn et er-Rauiva ^) et Hanfar son compris dans
[le compte à régler (= la guerre) ;
tu restes avec Bit Sitt, et donnez-lui V explication.
Le nom de O7v)^sov, Wadd. 2130, et celui des deux
célèbres iC*>.xA3! ^^ ^^\ doivent sans doute leur origine a
une particularité pareille, ainsi que l'a déjà entrevu
Nôldeke B Z S S W p. 102.
Par les renseignements fournis dans le texte que je
publie dans la Géographie de Bafînah , nous savons
1) ^Jù'^ , pi. (le 'lisSsi, ou pour v>_A>Ce , p], de iift^ , ou oi^ .
Ce mot s'emploie à l'est de Dt. et en Harîb-Beyhân. Les Datînois,
les Dâhirites et les Banyar disent ilxai ou iCLai , Hdr. Gl. s.v.. Ce
dernier mot vient du babylonien qisru, nœud. Delitzsch AWB
S.V.. La locution signifie que les Bû Sitt sont fiers et courageux
comme les Bédouins qui portent cette coiffure. Arabica V Gl. s.v.
iJlxai . Bent SA p. 415, 23.
2) Village dans le W. Yarâmis. Maltzan, Reise p. 199, écrit
Rauhwa, dont la forme prouve déjà son erreur. Bent, Southern
Arabia p. 413, plus correctement: Arrawa.
436
donc que les Fadli actuels, c'est à dire, la dynastie des
Jsxas Ji, étaient puissants et chefs de tribu au septième
siècle de l'ère islamique. Il est peu probable qu'un
Turc de Tûrân Sâh ait pu acquérir un tel pouvoir dans
un pays aussi jaloux d'être arabe pur sang que celui-ci.
Le Yêman resta sous la domination des Ruzz ayyûbites
depuis 569 ad H. jusqu'à 626 ^). Il est encore moins
probable qu'un Fadli ait épousé une princesse turque
dans une époque assez rapprochée de la nôtre, comme
le suppose Maltzan, lorsque les relations des Turcs avec
ces pays étaient absolument nulles. Le témoignage d'el-
Melek el-Asraf ci-dessus cité est décisif. ^Otmân n'est
pas du reste un nom introduit ni par les Arabes musul-
mans, ni par les Turcs, puisqu'il se trouve déjà dans une
inscription protoarabe ',;,U࣠^ Cxsu^l, Halévy Nouvel
Essai sur les inscr. protoarabes p. 6 N° 315.
11, 21: bârût. C'est là la forme dans tout le Sud.
De Goeje dans son opuscule Quelques observations sur
le feu grégois -), t. à. p. p. 96, dit que „le nom de la
poudre à canon .... peut être une autre forme de
haroucl qui signifie „réfrigératif" et s'emploie de divers
réfrigératifs, p e. d'un collyre pour rafraîchir les yeux.
Il n'est pas impossible que le salpêtre ait été nommé
ainsi parce que, autrefois, les médecins le prescrivaient
comme remède contre la fièvre." Je ne crois pas que ce
1) Arabica III p. 32. Sprenger R R p. 133. ZDMG 14 p. 530 et
27 p. 318. Rieu Suppl. Cat. l^rit. Mus. N° 469. L'ouvrage -k-wJî
^^L, jiji ^^ lil^t jupA J. ^^î ^Liil , Rieu o. 1. p. 716, b,
traite de cette époque. Maljramah, Târîh Tarr 'Adan s.v. LJLL2=> .
Houtsma W Z K M II p. 218 et 33.
2) StuMiriie TGr. p. 59 et 72. lieaussier Dict. s.v.
437
soit là qu'il faille chercher l'étymologie. C'est plutôt le
grec qui nous l'indique. Nous y trouvons Truphijg ou
TTvpÎTtç, adjectif se rapportant à ttDp, feu ^). Le grec mo-
derne a TTupïTiç, poudre, et la langue parlée a même ro
(Jt-TTXpOVTl !
Dans le mot arabe, l'accent est conservé, et l'î est
devenu ù, ce qui n'est pas un fait isolé. Il n'a d'après
moi rien à faire avec oy, et Dozy ne l'a pas non plus
enregistré sous ce thème. Dans tout le Nord, en Syrie,
en Egypte et à l'ouest de là, on se sert de la forme
o^.Ij . Reinhardt, o. 1. p. 10, veut qu'elle soit originale
et que les Arabes du Sud en aient fait leur 05X , Cela
est possible, parce que le mot est peut-être venu du
Nord, où les Arabes ont d'abord connu le feu grégeois.
Autrement, la forme sudara bique représente mieux l'éty-
mologie grecque. Jahn, M S p. 154, 35 et gloss., a bârûd
et Meissner, NAGI p. XIX § 23, bârût. Sihâb ed-
din b. Fadl Allah el'Omarî, + 748 a. H. = 1348 a. D.,
dans son livre oyyiJt .^^lIiA^aiL. v^àjjcJI , Caire 1302 p.
208, a un chapitre intitulé o^^LJt J.j>bC^ . Il en ressort
que le iJL<"X< était une arme à feu avec laquelle on
tirait à balle^ 'iLiCsj^ . T A VIII p. 97 a pu enregistrer
iJi^cjCs , fusil, et il ajoute que „ce mot appartient à la langue
des Marâribah" ^). Cela n'est pas vrai, car les Bédouins de
i) Cette étymologie fut communiquée par moi a mon ami le prof.
Hommel, bien avant la publication du mémoire de son élève Weissen-
bacli, sur Dia arahischc Nominalfonn fa^âl, où elle est mentionnée
p. 53 et p, 85. Je ne réclame jamais une priorité.
2) Aussi V3-XÀJ au Nefjjd, Socin Diwan N* 92 v. 6 = Sud 1J5A-0.
Sur S-s:^ et iCi^^jCs , Z [) M G 49 p. 511. Î^J» au Ne^;d et on Oman
438
Syrie appellent le fusil kLï^v-C* ^) et la poudre, \^S ou
JL> . jiJL<:-oC« n'est donc pas, comme dit Stumme T Gr.
p. 59, „proprement Kochlbûchse" , mais Pulverbûchse.
Je ne crois pas que ce soit une application sémasiologique
de idrs^-C* , boîte à collyre, sens aussi courant dans le
Sud. La coïncidence avec l'allemand Bûchse, boîte, est
pour le moins curieuse. ao^.L. est en Syrie et chez les
Bédouins de la Syrie fusil et au figuré tireur. Dans ce
dernier sens, il fait au pluriel O..L. ^), [comme nous disons
p. e. : cent fusils pour cent hommes portant le fusil],
lorsqu'on est à la guerre, et J^J^ lorsqu'on est en
repos. Il est bien intéressant de constater que la pro-
nonciation idrs'jC* est déjà mentionnée par les plus an-
ciens grammairiens'). Elle est donc très archaïque, quoique
avec un autre sens. Or, étant enregistrée, de même
que quelques mots analogues, par les grammairiens et
aussi poudre. '3LXJÎ j y est une locution usuelle. Soc. Diw. I N°
12 V. 22; Gloss. s.r., oii jJ est trans. et intransit. ,}.^S , collyre,
est, selon K A T^ p. 649, un mot babylonien: guhlu, de même que
&Li:>, ibid.. J-^j^^^ , pondre, en ""oranais, Bel Djâzya p. 96.
1) Socin Diwan I p. 288 c. N° 30.
2) Le sing. J'j.Li , fusil, Socin 0. 1. N° 92 v. 3, m'e.st inconnu. Il
faut pourtant y lire bar û de, et cela peut y signifier poudra.
3) LA XIII p. 103, qui cite Sîb. où je ne le trouve pas. Des
exemples analogues sont J^-ix, Ildr p. 424, J^^i^ I. Qot. p. 133,
'• , ^-^ , JiJt-v.^ , iJî>/« , i^j^ , Ài-^ , JikA , Aiw , el-Kisâ'î :
Jyxl\ Kfi CT^^. -* ^l^ édité par Brockelmann /, A XIII p.
.36: LA 11.. S. de Sacy, Gr. §692. Wright Gr.3 I §248. Donat
ViMiiier Gi'. I §203. Vollers VS §6. Cf. Hdr p. 424.
439
les lexicographes, elle peut figurer dans la langue litté-
raire, mais on a oublié des centaines de cas analogues
qui se trouvent dans les dialectes bédouins.
J'incline à croire que le nom de l'inventeur supposé
de la poudre, le mystique Berthold Schwarz, à qui la
ville de Freiburg in B. a érigé une statue!, n'est que la
traduction de l'arabe Ov^ '), charbon de bois, propr. noir-
ceur, avec lequel on fabrique la poudre en Arabie et qui
lui donne la couleur iioire. Mais je ne saurais dire par
quelle voie cette traduction serait venue en Allemagne.
L'égyptien Ahmed Zeki lut au congrès de Hambourg
un mémoire par lequel il voulait prouver que les Alle-
mands ont inventé la poudre. Les Allemands mêmes
trouvèrent cela peu de leur goût, et l'on coupa la parole
au facétieux égyptien. Le manuscrit dont il parla,
Verhandlungen p. 285 et s., ne fait que refléter la lé-
gende européenne et n'a aucune valeur. La poudre a dû
être connue en Arabie avant son usage en Europe. Qui
sait si le Bédouin armé d'un long fusil à mèche, au
milieu d'inscriptions protoarabes, dans le Journal de
Huber p. 291, ne représente pas une réalité? Les autres
dessins d'animaux qu'on y trouve ne sont certainement
pas de date récente. Nous connaissons encore si peu
l'histoire de la culture de l'Arabie bédouine, septentrio-
nale et méridionale, que nous pouvons nous attendre à
bien des découvertes sensationnelles. G. Jacob, Die kul-
turelle Bedeutung des Islam p. 7 et Ôstliche Kultur-
1) Aussi _:S-o pour 3^^ , Hdr p. 356 et s.; v. d. B. Hdr p. 64
note 1; Meliri aussi sâhar, Jahn M S p. 53. *; 56, 22; et sîher
p. 152, 8; Egypte: suhhâm, charbon, de suhfim, comme doliljân
de dohân.
82
440
clémente im Ahendland p. 14, a bien raison de mettre
en doute l'inventeur Berthold Schwarz. Celui-ci doit
plutôt être un chinois, et les Arabes ont propagé l'usage
de la poudre dont ils avaient tous les ingrédients in
loco. Sur l'histoire des armes à feu, voyez R. Maclagan,
On early asiat. flre-weapons, J. As. Soc. Bengal 1876
XIV a p. 30 — 71, et tout dernièrement la polémique
entre le chimiste anglais Oscar Guttmann et l'indianiste
Gustav Oppert, publiée dans le Mitt. z. Gesch. d. Medi-
zin und Naturwissenschaften iy05; compte-rendu dans
le Globus du 9 Août 1906 p. 100.
11, 22/3: Un cas analogue de transport d'un canon,
prêté par le sultan de Lahié à celui de Dali", est raconté
par Manzoni, el-Yemen p. 242 et s..
11, 25: haggarat .... 'ala. Arabica V p. 4') j'ai
réuni les thèmes ^, ^ et t^c^, d'un sens à peu
près analogue, tous usités dans le Sud. On peut y
ajouter j*^^ (Tab. III p. 670 1. 11: ^\ ^ se retenir) et
J^ . Lahna dell.iin mehaggarîn "alam-mêz*),
710US entourons à présent la table = nous sommes assis
autour de la table, 'i,:^^:^ S±i z=z jo.lA^ , ville entourée
d'un mur, mais aussi ville assiégée. Le premier sens
n'est pas courant dans notre dialecte '). ij^j2\ J^ ysru> ,
1) Voyez ibid. Gloss. s.v..
2) Je demandai à mes Datînois à Aden pourquoi ils disaient
mêz. »Nous avons appris ce mot à Aden, répondirent-ils; est-ce
que nous avons dos tables, nous autres!"
3) gJI JUI ^1^1 ^ .... ^! ^t J^ .. . J^s, ^^ ,
il le mit sous tutelle, Livre des Avares éd. v. Vloten p. 209 1. 5
d'en bas. Une phrase analogue sabéenne chez Homrael A A p. 176
s.v. y>^; de Goeje Gloss. Geogr. s.v. y^ .
441
renfermer le bétail dans un enclos, le parquer. o^^J'
ii).Ajt ^ «r^^ 5 ^^s tentes entoureiit la place où s'age-
nouillent les chameaux^ elles les empêchent d'en sortir.
Notre verbe se retrouve dans tous les dialectes. ^
J^, Glaser Peter. Mittheil. p. 77; retenir, aufhalten,
RO p. 89 et 315, M S 0 S III p. 5 et p. 11 ; enfermer,
einsperren, Hartmann LLW p. 190. jf^\ se retenir de,
s'empêcher de, se faire attendre, Dt, Hd et "Oman , R 0
p. 169. q'j?^ , Verspâtung, R 0 pp. 52, 281 ; M S 0 S
III p. 5. On comprend maintenant que 'iyS^\=> n'a pas
toujours été tout bonnement Stadtviertel, RO pp. 110,
368 ^), mais originairement, avec layakar J R A S 1889
p. 860, walled quarter, ou, avec Badger, Oman p. 20,
blockhouse, fortalice. L'hébreu i:in , entourer, lier autour,
a déjà été comparé par Vollers Z D M G 49 p. 510, qui
y cite aussi le sabéen. S'il entend parler de ys^ , ville *),
je crois qu'il est dans le vrai. Dans le Sud, ^ Qt ^ em-
o
piétent constamment l'un sur l'autre, et il ne me paraît
pas inadmissible que le sab. ^^ renferme la même idée
que by^v^ . Je suis persuadé que ys^ , lier les pieds de
devant d'un chameau, Dt, Hdr = ,>ic , avec le jj^ ,
corde ^), doit provenir de ^ .
1) Ibid. p. 99, »0W", ce que Vollers, ZDMG 49, 510, a corrigé,
mais R. emploie ici ce mot dans un sens spécial.
2) Arabica V Gloss. s.v.. Plusieurs endroits ont encore le nom de
Ha<^ar dans tout le Sud.
3) Usité seulement dans le Nord = J'Jic (pour J'^Jic-) dans le
Sud. Socin Diwan Gloss. s.v., où il y a aussi y$^ , fcsscln, mais
la première forme n'est pas employée dans le Sud.
442
On ne saurait rattacher ce sens à la racine classique
-s^p , et ,1:?^ y jure. C'est probablement un affaiblisse-
ment du _ dans -^. Cette hypothèse est appuyée par
le thème S^ » avec ses significations apparentées, l'éthio-
pien rh*7A, entrave, le syriaque i^ ^).
Synonyme de j?v=> est ^ , et j'ai déjà émis la sup-
position, Arabica V Gloss. s. v., que le dernier n'est
qu'une variation phonétique du premier, Hdr Gloss. s. v.,
comme j^> l'est de J-^^ , qui signifient également,
retenir , empêcher, ^ -- y. Le -.^^^' de "Oman, être re-
tenu''), Rôssler MSOS I p. 61 1. 1 \ se dit en lîd et
en Dt _o^' . Cependant, la première forme ^L> , i, se
trouve dans le Nord = ^àï^ , et Socin Diwan I N° 32,
7 note b, a ^11! ^L>, das Wasser ist stehen geUiehen *),
et N*' 74 V. 33: o'-j'l:> o'Acï , ,^rund und unbeweglich".
Dans le sens d'embarasser et d'être emharassé, ,jj=> et ,*^
sont aussi bien employés dans le Sud que dans le Nord.
^^wjyo'ii \Jai S-^ ' ^^^ Anglais l'ont mis aux arrêts
\) Le haugôr, esclave, des Mehrites et des Qarâ, DH Millier M S
p. 65 §18, Jahn M S Gloss. s.v. p. 191, Carter BBRAS 1847 p.
ii59, \ient au contraire du nom de W. Hagr, qui fournissait les
esclaves et fournit encore aujourd'hui une classe ouvrière tiès mé-
prisée dans le Sud, à l'est de Datîuah.
2) Le texte y porte: ene aulâd Ihalàl thaggart, ce que
Rosslei' traduit par: ich, ihv Sôhne des Et'lnuhlen, ich liahc midi
verspalet , à l'instar de la drolatique traduction de 1001 Nuits
d'un certain Mardrous. Ana akûn muthaggra hàl neferén,
icfi wenle f'ùr zioei uuftjehullcn sein MSOS III p. 34, 2.
3) On comparera le ^U! .b> et ^U! ^x>^ de L A V p. 303 avec
le même sens.
443
Dt = îj^^^. - ^ j^ iî ^J^\ ^- ^^L^ ^^ Ù
^yCM^ , lorsque le mandit arriva à B. il s'arrêta dans
un endroit inhabité, dans ^^jl 3 , par 'îsâ b. Lutf
Allah, en relatant l'histoire d'un révolutionnaire juif
dans le Yéman.
Une qasîdah de Dô'an el-Murqusî, à l'adresse de "Âtif
b. Hantamah, commence ainsi:
Salut à "Âtif aussi souvent que la pluie se lève.
Salut à '^Atif aussi souvetit qu'on lui dit (de composer),
[il compose (une poésie).
Tu as été absent longtemps, et ton mirgâzah s'est
[fait attendre,
Mais aujourd'hui la gène et Venîiui m'ont quitté.
Mohammed b. Mehdî el-^Aulaqî a dit dans une qasîdah :
Bô^an est retenu dans les entraves sa^dites.
0 Mu.fabey7i, aujourd'hui je salue le jour que tu es venu.
Dans le texte mehrite de Jahn, M S in SA p. 76
1) Ecrit o-^J' tians l'oriiuMnal, voyelle par un lettré de Datînah!
2) Ecrit %^ dans l'original, et c'est ainsi qu'on me le pronon(,'ait.
3) Observez la prononciation sà^diyeli.
444
1. 26: dôulet hayîr li, le daulah (sultan) m'a retenu,
empêché ^).
J^\ o^', Lebîd éd. Hâlidî p. S6 v. 16, L A V p.
304, ne me semble pas devoir être traduit autrement
que par : les champs ont retenu l'eati = ^jj tU! j-lï! ,
selon le commentaire , et l'explication de L A 1.1. par
êi» o^i*-<' ne fait que peindre l'effet produit aux champs.
^Lsx*«t , s'arrêter dans un endroit, L A V 305. Le syrien
et l'égyptien s .o , quartier de la ville , qui fait en
■"Oman le pluriel hawâyôr RO p. 83, s, vient de cette
racine ^), comme son synonyme "omânite susmentionné
i) Jahn traduit par défendre et il compare l'arabe rV> • S'il
parle de la langue littéraire, il a tort, car les dict. n'offrent rien
de pareil.
2) On n'est pas d'accord sur le sens de jO , L A V p. 359, mais
"- '' - ,
voyez Hdr. Gloss. s.v. jJ» , et -:0 = c .j Gezîrah 86, ".
3) El-Hîrah doit signifier ville close, fermée. C'est sans doute
d'abord bylil , devenu, selon Hdr. p. 386 et s. et L A V p. 303 1. 2 d'en
bas et p. 304 1. 8, H-çsO! , syr. Hêrtâ, en vertu de la permuta-
tion constante de é en î. On aura prononcé 3.L> h ara h [malgré
son étymologie de Ji^\j>, »;*^> , hérah], vu que l'imâlah (ici
supposée) se comporte mal avec la lettre » . Cet hémistiche de la
qaçîdah de Dô'^an citée p. 329 note est très intéressant sous ce rapport :
Ces discours-là qu'il veut m'atiribuer, le Créateur les connaît, qui
pousse en avant les nuayes de pluie. Ici matâr est pour mater
= jJI^ , pi. de '»jy-* > Huaf/c de pluie. C'est à cause de cela que
445
Cl 5
»j>v=> vient de ^ . Lorsqu'on lit ce que L A et Lane
enregistrent sur ce thème, on est persuadé qu'ils ont
commencé par où ils auraient dû finir.
Je crois que le sens d'être stupéfait, vulg. être emba-
rasse] inquiet, est plutôt figuré, ce qui me semble dé-
couler du sens que ^L:>, ^ et y*^ ont encore dans
les dialectes bédouins, Hdr, Gloss. s. v. ^ .
Un autre sens de ^ , ou plutôt de j^\=> et .:ê't , est
pousser des trilles de joie, que j'ai enregistré, Arabica V
Gloss. et Hdr Gloss. sub ,^ . C'est que je l'ai entendu
assez souvent prononcer ainsi par des Hadramites. Mais
j'ai pu me persuader ensuite que c'est avec _ , et ainsi
je trouve dans un hémistiche d'une qasîdah de Dô*^an,
qui me fut notée par un indigène lettré :
ù 5
Nous suivons Mohdâr ; qui le veut, se joigne à lui !
La femme blanche pousse pour lui des trilles de joie,
fautant qu'il y aura des "asr (des après-midi).
de Bahn'-n, de Ha^arên et de «jr^^^-î' (»;*^') on a fait le nisbah
liahrânî, Ha^'arânî et Hârî ou Hêrî; Hommel AIÛ p. 274;
Nôldeke Geschichte der Perser u. Araber p. 25 note, et Wellhausen
Proleg. zii ait. Geschichte der Islam p. G7 note 6, ont déjà touché
à cette question. Je ne vois pas avec Wellhausen, o. et I.I., un ara-
méisme dans le mot ,*:> , pi. }-*p> , les établissements des Arabes
que les Musulmans trouvèrent dans la Syrie septentrionale lors de
leurs conqu(''tes. Le mot uj-^v^ ^XJ^f^^ ^"' ^'^ rencontre dans
les inscr. sab., Mordtmann H I A K M H Index s. v. est probablement
le même mot. Hartmann ZA X p. làG note.
446
Subs.: »ysA.^w< . La femme est '^^ss^ss^^ , pi. oL ou
^L>* , ou bys^ , si elle continue à pousser de ces cris.
Au Yéman, on dit ^Ja£ .
12, 5: hambalèyna. Nous lisons ici p. 12, 9:
fahù'' hambali, c'est que j'aime mieux cela; p. 117,
18: hambali darbe sâ^a, j'aime mieux tirer 'pendant
une heure. Hambali hôll fi kurbi wa la ^îs hâ-
dem-^îseh, je préfère habiter dans une cahane que de
mener cette vie. Ilambalèyna na^mid ma^ëm-rubâh
min hâdem-ard, nous préférons rester avec les singes
que de rester dans ce pays. C'est un idiotisme datînois.
Hors de là, on dit habbali, habbalèyna, et cela
indique Tétymologie = ^1 ^^', expliqué par heyrinna
•=. 'uJ ^ . L'a initial tombe selon la règle, et la consonne
double se décompose en nb et ensuite en mb, comme
(j^_y^ , ij^yt^ , ij<'j^ , luth , Xw et Xlw , Oman , sucre ^
et j^ et jj^ , ^Omân, riz, et quantité d'autres dans toutes
les langues sémitiques; cf. ici p. 340 et s.. Hambali me
semble plutôt être ^ v^j>î , et hambaleyk etc, Joî
dUJ pour eUi! . De cela on a fait un dénominatif jJl^
avec l'ace, de l'objet, aimer mieux, préférer = class.
\}£. ^^:s^u«i. Qor. XIV 3: ^ LJjL'l B^Jt ^^^I:s^L^ 0=^.^'
by>^5i se dirait dans notre dialecte: elledi" yitham-
balûn hàyât em-dunya ^alam-âhireh.
12, 1- hâdtilâk. Ce pronom me fournit l'occasion
de parler des
447
Pronoms démonstratifs
Singulier.
Masc. et neutre
Dt dâ, hâda,hâdâ, celui-ci, ceci.
^^^ » » » j) »
Dt dâk, hâdâk, celui-là, cela.
•v-V^^ n n » »
Féminin
Dt deh, hâdeh, hâde, celle-ci
Hdr „ et di „ hâdi „
Dt tâk, hâtâk, celle-là'^)
]}d.r duk, hâduk „
Pluriel.
Masc. et fém.
Dt dâla, dâlà', hâdâla, hâdâlà\
Hdr dôla, dôlà'', hâdola, hâdôlâ\
Dt dâlàk, hâdâlàk, hâdalâk
^dir dôlàk, hâdôlàk, „
ceux-ci, celles-ci.
ceux-là, celles-là.
Tous ces démonstratifs sont, comme leurs correspon-
dants dans la langue littéraire, aussi bien substantifs
qu'adjectifs. Comme adjectifs, ils se placent avant ou
après le substantif. Dans quelques locutions adverbiales
temporelles, ils sont, dans ce dernier cas, toujours devant
le substantif: delhîn ou delhîne, à présent, mais
tâk-el-hîn, tout de suite, = ^Omân, dik el-hîn, Rôss-
1er M S 0 S I p. 87.
Dâ et hâda se lient souvent, mais hâde (fém.) tou-
jours avec la voyelle suivante. Dàl-mahtar, cette fois-
1) Hors de Dt aussi hatîk.
448
ci; hâdàmdarb, ce mur -ci; hriçîem-''arfa (ij;), ces
chameaux-ci.
Le â, a final se prononce alors le plus souvent e. Le
pluriel hadramite ') dôla, h â du la etc. serait, selon
quelques séraitisants *), une forme mixte du sing. !3, IÀ5>
et du pluriel ^l\ , s"^! . Cela n'est vrai qu'en partie. Je
formulerais autrement cela, en disant que le J , mar-
quant le pluriel, et qui existe aussi en sabéen, s'est
conservé dans les deux cas, sans que pour cela le peuple
ait formé intentionellement une forme mixte, car le
parler populaire ne procède point ainsi. Comment expli-
quer la différence de prononciation entre dâla et dôla,
en Hdr qqf. hâdêle et en "Oman même hâdîle? Je
fais observer qu'on ne dit jamais davs^la. Le ô est donc
pour •_ . Je crois que les "^^J^ et ^AP de v. d. Berg,
0. 1. p. 251, sont donc un peu incorrects, car la diph-
thongue n'y est pas. Le datînois â est devenu ô en Hdr,
dans le Nord et en Afrique, ainsi ce que cela arrive
souvent ^) d'après ce que j'ai exposé p. 295 et s.. Nous
voyons que l'accent est aussi sur la dernière, dâlà', ce
qui motive le hamzah. Nous trouvons celui-ci également
1) Aussi Nord, Sucin Diw. II .^66; dans le Iligâz Snouck M S p.
30 note 1; en Mésopotamie, Meissner N AGI § 10; en Egypte: dôl,
dôli, Sp. Gr. §35 et dôlâ Vollers Z D M G 41 p. 379 d'après Hazz
el Qiihûf; en Tripoli: hâdôl, hâdûl, St M G T II §161.
2) Wright Lectures p. 108. Zimntiern VGSS p. 73. A. Tischer
ZDMG 59, p. 059.
.i) A. Fischer ei>t aussi de cet avis Z D M G 59 p. 054 note 3.
On observera anssi h an de, LV?, dans le dialecte de Mai'dîn ZDM
G p. 35, '»,
449
dans la forme littéraire =%is> ^) parce que cette syllabe
porte l'accent. Comme %\3> l'a aussi, ^ aurait également
dû s'écrire i"^; on l'a mis dans la première forme pour
donner un appui graphique à la voyelle finale. La forme
exacte serait ^%^ , hâ^-u-lâ^'-i, et le i sei'ait, d'après
Reckendorf S V p. 602, le reste de la finale plurielle
-îna, après chute de -na. Les analogies semblent parler
en faveur de cela. Holzhey Z D M G 57 p. 756, veut
que cet i final soit ce qui reste du démonstratif féminin
h i. Le dialecte de Mardîn a h a d ô 1 i Z D M G 36 p.
15, 14; 17, 2.
Une inversion de hâdâ, hâdàk, en dâhâ, dâkhâ,
comme en ^omâni, RO § 15, n'a pas lieu dans les dia-
lectes de Hdr et do Dt. 'lP n'est pas non plus usité ici,
contrairement aux dialectes du Nord et de la Syrie ^).
Son emploi se trouve aussi dans la langue classique,
Reckendorf, s. v. p. 409. Le p devant les substantifs
dans les inscriptions protoarabes parait être l'article •'^),
i) Elle est encore conservée dans un dialecte, mais je ne trouve
plus lequel.
2) J'ai déjà dit p. 407 que cet adjectif démonstratif LP avec l'article =
ù
^ ne provient pas de -.'î L\^ avec cluite du 3, malgré l'auto-
rité de Noldeke B Z S S W p. 15, et de Fleischer Kl. Schriften I p.
580. Socin Diw. III p. 93/4, n'a pas non plus accepté cette hypo-
thèse, répétée par Marçais Gr. p. 119 note 3, et Lôhr DJ §11 (qui
est théologue et non pas arabisant). Quant à l'explication de Mar-
çais du groupement p. e. hâd-dau, cette lumière, il a raison d'y
voir hâd-el, avec assimilation des dentales. Le hâl de Socin Diw.
III p 94, s'expliquerait par l'accent que l'article prend si souvent
dans les dialectes bédouins du Nord, ibid. p. 230, noais je n'ai ja-
mais entendu que hàl et je doute fort que hâl existe vraiment
■i) Littraann .Safâ. Insclirift. p. 2 ut note; id. Tliam. Insclirift.
450
car le démonstratif est exprimé par ^^J>. Dans une in-
scription, Eut. 89 = Littm. Th. I p. 17, nous lisons:
Joii ^'3 .^vJiP j>\ = iJf v_j1joQ,;> ^) y>l , [qui] éloigne
cette inscriptioti, — où le commencement manque — en
la comparant au Dpn V^ à côté du nabat. □p^^* V"*'^ J.
A. Sept.-Oct. 1901 p. 14, Hommel G G G p. 147, cf. Tab.
I, 1100, i9: xUî ^i ^^ et II 448: o^î ^.
12, 8, 9: bâlhorùgsi v. p. 321 et s., éi est ici
enclitique, faisant corps avec le mot précédent. Cela est
pourtant assez rare dans notre dialecte, où si, sf, est
un mot à part. On sait qu'en ""Oman et en Egypte il
est toujours enclitique.
12, 12: naqat. C'est la chute de la balle qui rico-
che de l'objet frappé, selon l'observation des Datînois:
'iU2Rj^\ ^ iuîilsJ! >sw\% . Le contraire est ,Jc>, lorsque la
balle perce et fait un trou, .Jc> . A l'imparfait, on pro-
nonçait tinqà"; cp. Hdr Gloss. sub ^. Ce renforce-
ment de a en c a même lieu sans que la dernière
porte l'accent. On aurait également pu dire tinqa^
12, 13 : r a s s e t. ^c* . , être fixé, s'arrêter, se fixer
dans un endroit. Emqaum mer si ou merèssi ou
merèssieh ^ala m-sakin, Vennemi est campé devant
le village ou le campement. El-markab merèssi
fil-màrsa, le bateau est ancré dans le port. Ana
mèrtësi fi raahrcVi,ye tiens ferme ce que j'ai dit.
Dô"'an dit dans une qasîdah:
passim, et Halévy, Nouvel essai sur les inscriptions protoarabes, passim.
1) De même dans Euting 22 d'el-Ôla, D. H. Muller E D A N"
XI 1. 4: ~^«>' = />' = Homiiiel A A p. ii
22.
451
^) J.:^ij> aj (^.-M^i^ Jyuui' oULk)^
^^ ^w délies le lié, qui devient par là libre '), et tu lies
[le chameau étalon (^=^ le ^âqil ou le sultan),
qui devient par là immobile sous son fardeau.
,_çvyi est l'endroit où l'on est fixé, un endroit fixe.
Un zâmil de W. Mayfa^ah porte:
E 1-q a b w a 1 a h ^) ma s 'f 1 a m â r s â h a t a r a f
La hf 'alal-qâmah wa la settîne "ùd
Ed--^-^) yehlif wayehlif Bâ Bahar
Wahlel-Qoweyrah hom udi hallu ^Atûd.
L'honneur de la tribu *) n'a pas de limites,
Il ne se mesîcre pas d'après la taille (du qabîlî), ni
[d'après soixante piques.
Les D . . . Jurent et les Bâ Bahar ^) jurent (de ne pas
[faire de désordre),
Et les habitants d'el-Qoweyrah^) aussi et ceux qui demeu-
[rent à "Atoûd (et pourtant ils font des désordres).
Un zâmil des Fadlî dit :
Ya nôde hizzi min marâsi Heydarah
Las 'âbehal-gammah wa Bir Ahmed 'Ali
1) Sur J*->«=> voyez le Gloss. s.v..
2) En Datînah, on dit aL^aÏ , et à l'est de là, 'i^y>^ .
3) Mon ms. a ici un |)âté d'encre, ce qui m'empêche de lire ce
nom, qui est celui d'une tribu de W. Habbân.
4) On voulait que ilj^ pût aussi signifier toutes les tribus, et la
phrase signifierait alors que les tribus sunt fort nombreuses, sans
limites, mais cela ne s'accorde pas avec ce qui suit.
5) V. Arabica Y. Gloss. s.v..
O Ibid. Gloss. S.V..
452
+
:;_^ O^ L
l-'^
jLc (A5^' -J3 N4jS\<I 1 ; y> * ^'.'.f "il ^)
Ô vew^/ souffle du côté des demeures de Heijdarah *)
Jusqu'aux vallons nombreux et d B. Ahmed Ali ^)
12, 15: bûwâreq haqq eé-éeyh 'Alî bâ Hàlâlu
es-seyh 'Araàr Be Sa^àyd*).
Voici d'abord le récit d'un Datînois à propos de ces
deux santons. Il est on ne peut plus intéressant. C'est
la légende qui a cours dans le pays. Aga '^Amar bir
^Ali, 11 maqbûr fil-Waht, min "Aynât ugèza'
*^and sâkin ^Amar bir Sa^îd*). Uhàrag "^Amar
b. Sa^îd uqâl: hayyâbak, y a ^Amar b. 'Ali, bâ''
làsi'lak qahwah. Uqâl "Amar b. 'Ali: ana ma'-
éûl, âkràmak! Uqâl 'Araar b. Sa'îd: hâda ardi
lak matlaq hosânak qàhwetak. Uatiaq bil-
hosân min H a m'a h la ard hal Diyyân usâret
'asûrha uqabâ^ilha li 'Amar bir 'Ali. ^ ^c i'L>
^ ^ L^^3 '^jy^ ^J^^ -o^"^ ^' ^J ^' '^'^^ a''
1) Pour ;!' , V. Arabica Y p. 140 et ss, où p. 140 1. 12 il faut
lire qJlXaÏ , et non A^Js .
2) H. b. Ahmed, oncle paternel du sultan actuel de Siiqrah.
3) C'est à dire, la guerre doit relater.
4) On observera Sa%yd et Sa'îd. Je ne saurais dire si le nom
est p^ ou j-,^ , car, dans le Sud les deux se sont fondus.
453
J^. "Omar h. "Alî, qui est enterré à el-WahO\ vint de
"Aynàt ("înat) et passa près de la demeure de "Omar h.
SaHd. Celui-ci sortit alors et dit: „Sois le hienve^iu^ ô
"Omar h. "AU, nous allons te faire du café!" — „Je
suis pressé, répondit "Omar h. "Alî, je te remercie." —
,,Cette terre que je possède est à toi, reprit alors "Omar
h. S., pour autant de distance que pourra courir ton
cheval: ce sera ion café" [à titre de don de ma part].
"Omar h. "AU laissa alors courir son cheval, depuis
Ham^ah jusqu'au pays des Biyijdn (Dayyân), et la dîme
et les tribus de ce territoire devinrent la propriété de
"Omar b. "AU.
Cette légende paraîtra au premier abord ridicule, et
pourtant elle est très significative. 'Omar b. Sa^îd était
seyh, c'est à dire, appartenant à une ancienne famille
l.iimyarite et comme tel autochtone dans le pays. ^Omar
b. "Alî était seyyid, de la famille dont l'ancêti'e ^), im-
migré d'el-Basrah en Hadramôt, il y a environ mille
ans, se fixa à ^Aynât, d'où ses descendants se sont dis-
perses sur le pays entre ""Oman et le Yéman et exercent
une grande influence sur les populations. Ils ont peu à
peu acquis, ou plutôt pris, les meilleures terres et se
font donner la dîme, en se basant sur l'ancien droit des
membres de la famille du Prophète. La légende, proba-
blement mise en circulation par les sâdah eux-mêmes,
doit appuyer leurs prétendus droits par le fait d'une
transmission volontaire et respectueuse des anciens pro-
priétaires du sol himyarite aux nouveaux envahisseurs.
1) Voyez Index s.v..
2) Voyez v. d. Berg le Hadhraraout p. 50.
454
Car ce fut une vraie invasion qui se produisit par
l'arrivée du seyyid d'el-Basrah. De même que le seyh
vénérable himyarite salua avec déférence le descendant
du seyyid de "Aynât, de même le peuple de Datînah
devait se soumettre au pouvoir de „la famille du Pro-
phète" et lui payer les redevances qui leur revenaient
d'après une coutume officiellement établie par le Pi-ophète
lui-même ^).
Le seyh "^Omar b. Sa'îd est enterré à em-Negdah,
village situé entre el-Hâfah et em-âa'ah, dans le W.
^Aydarî, et qui appartient au pays d'emÔa'ah. Il est
le welî des Mayâsir, des Hasanah ("Olat el-Bahr), des el-
Hâtim ("Olat el-Kaur), des 'Awdillah et de leurs tribus,
des Ahl em-êa^ah, des Ahl Daman et de leurs tribus,
des Al "Alî Mohemmid à âorgân dont le âqil est "Ali
Ahmed (Ibër) em-Dahbalî, d'une ancienne famille souve-
raine en Datînah, mentionnée dans le (lézîrah d'el-
Hamdâni p. 91 et 96=).
'Omar b. Sa^îd avait trois enfants, un fils et deux filles.
Son fils 'Alî bâ Hàlâl, J^LP ^ Jjlc 3) est enterré
i) Qor. VIII V. 42.
2) Où l'éditeur a voyelle ^J^A-' ! Mais il ne pouvait pas con-
naître la vraie forme.
3) Fils (le la pleine lune. Une famille dans ed-Dâliir s'appelle
o >
-^ Li. Béni Badr Diw. Hâtim et-Tây p. 50- 1. 5. Un -«jl! qa^^
se trouve chez les Gu^ymelî dans ed-])âhir, (D H Mûiler, Ôéz. p.
91, écrit -♦ii.î , et Dieu sait pourquoi), et un ~-^' CT*^^^ ^^^^ '®
pays des Sûhûr, sing. ^_c,i^ii-î , dans ed-I)âhir. Ce sont là des ré-
miniscences de l'ancien culte de la lune. Cf. Nôldeke Z D M G 40 p.
166 note .
455
à em-Medârah, sur le territoire des Mayâsir, entre
es-Sâfa^îeh et Môdieh. On visite son tombeau, près
duquel habitent encore des descendants, Ahl Hâlâl,
au nombre de quarante hommes environ. On ne leur
donne pas de 'asûr, mais on a l'habitude de présenter
à une de leurs familles, ahl ââya*", quelque chose de
la valeur de un talleri à l'occasion d'un mariage. On
appelle cette redevance ^j^", sans qu'à présent elle soit
expressément une étoffe. Ce nom est l'écho d'une pra-
tique qui remonte au loin; voyez le Gloss. s.v. Le nom
est resté. Sa'^îdah bint ^Omar a son misgid sur la
route, près de la mer, entre âuqrah et Ahwar, mais sur
le territoire des Fadlî. Elle est la welîyeh du pays
d'Abyan. Son sanctuaire est desservi par un-hâdim,
qui reçoit les . .lXj et les ,yCus. . Sa fille S u m e y 1 a h est
enterrée dans le W. Yarâmis, mais je ne suis pas
renseigné sur l'endroit exact.
Les descendants de 'Omar b. Sa'îd sont fort nombreux ;
on les compte par centaines. On pourrait donc parler
d'une tribu des ^0. b. S., et c'est ainsi que les tribus
se forment. Le sanctuaire des "0. b. S., à présent un
lu=> inviolable, v. Arabica V Gloss. s.v., est desservi
par des *Il\> '), tandis que celui de son fils est desservi
1) *A=>, 0, est particulièrement servir un sanctuaire] aussi
faire la cuisine, f. le café, p'-^^, cuisine. '\aO^ , couteau de cui-
sine. Servir comme domestique se dit Jtii : jrotsju ,-t^ , un tel
sert chez moi, de même qu'en Omim, = ^jîcXJx. ^Lis/o . Le plui-iel
de *->l3> est aussi ^lSs> , scrinteurs mâles, ainsi que dans Diw.
88
456
par des membres de sa famille. On tire des coups de
fusil en arrivant dans le sanctuaire du père, mais celui
du fils s.A-ci.xxIl JyJjj Lo, n'accepte pas les coups de fusil.
Il y a actuellement cinq branches qui descendent de
"Omar b. Sa'îd. 1° les 'Alî bfi Hàlfll à em-Médârah
dont j'ai déjcà parlé; 2° Ahl em-ôauf, qui habitent à
em-éauf, entre Ard Ahl Dîyan (Dayyan) et Laudar;
3° Ahl ""Abd el-Hâmid, au village em-Hannânah, à
une heure à l'est d'em-Médârah, dans le pays d'el-Hasa-
nah ; 4° Ahl Mô'ôyliq, o^^ax-* J^' , qui habitaient
auparavant à el-Mu wassah •) mais ensuite ils sont allés
habiter de pauvres huttes^ l*:^'-^' ^ es-Sâfa'^îeh. Ils sont
devenus très pauvres, et leurs terres ont été vendues
ou mises en gage. Il n'en reste que quelques personnes.
Le Môdieh leur payait une redevance en nature; 5°
Ahl Sa'd b. 'Amar à em■Naqà^
D'après la légende ayant cours en Datînah, "Omar b.
Hod. Wellh. p. vf 1. 2, Stumme M G T §120 Dans la langue litté-
raire , j»o'l:> et le j)!. |.w\j> désignent aussi Yesclavc femelle, Bolj.
1 72, IV 33, I. Bat. II 197. ^y^^ S^ MJ>li> Jwwy. J^'^ _^j' ^^1^3
iùS^lju *jCv.*.*Jo ^Juf^^j.jL,\j X;o'La2 , Boh. I 63, exactement comme
encore en Tunisie, Stumme T Gr § 01 et § 98, Negerdieuerin, et en
Algérie, Bel, Djâzya p. 110. Dans le Sud, le *oL> est toujours un
maie. Dans le Sahhî |»'kAi> , pi. *joLV> , est cultivateur, BBRAS
1C02 p. 262. .le fais observer que dans notre dialecte ^jr'^'-^ est des
deux genres, serviteur, ouvrier, mâle et femelle, à côté de iL^iLi .
1) Gé/. p. 91, '2.
457
Sa'ld était très puissant dans le pays, sur le quel il
prélevait la dîme.
Les sanctuaires des deux filles reçoivent „le sillon
o
votif" Jlj" . C'est une habitude fort répandue dans le
Sud. L'aïeul des Masâbihah, tribu d'ed-Dâhir, au
village de Medmanah, 'iLLa^Xa , ^Omar el-Masbahî, était
un grand seyh. Il est enterré à Medmanah. Tous ses
descendants sont des maéâih, qui reçoivent le yi^ des
Barkân et des habitants de ""Aryab: „le premier sillon
tout entier est à eux." On met aussi à part pour eux
la dixième partie du blé, amoncelé après la récolte, en
la mesurant. De cela, une moite est distribuée aux
pauvres par le sanctuaire, &UÎ \Ji=>, et l'autre moitié
devient la propriété des masâih. Le premier tribut est
un Ai ou ^ du temps du sèh "Omar pour son sanc-
tuaire et ses desservants. Nous voyons donc que les
masâih et les sâdah vivent en partie aux dépens du
peuple, tout comme chez nous! Le a^ic commun des
descendants de 'Omar b. Sa'îd est jj= ^j^ \^ , je suis un
rejeton de Omar!
Chaque pays a, du reste, un sanctuaire qui n'est pas
toujours situé dans le pays même, et où le saint homme
est enterré ou censé l'être. Car souvent ces sanctuaires
ne sont que la perpétuation du culte sabéo-himyarite.
C'était le . . . 3 Jju de l'endroit, et ce Jou est devenu
le ^ryui, ^*>i [ou J>^] ou ^^.oLo ') du pays qui est sous
4) Glaser, OLZ du 15 Avril 19UG p. 198, est tout ;i fait dans lo
458
son vocable. Cela me paraît surtout être le cas où le
sanctuaire n'est desservi que par des j.îj>^=> , comme les
iuAA« de la Ka^bah. Ces fonctions sont héréditaires dans
la famille du walî. Si elle est éteinte, la tribu désigne
une personne considérée comme j.oL>. C'est bien là une
espèce de hiérocratie, que Wellhausen, Reste ^ p. 130,
ne veut pas reconnaître pour l'antiquité préislamique.
Plusieurs pays peuvent avoir le même sanctuaire. C'est
ainsi que les Suhûr ont pour walî notre 'Omar b.
Sa'^îd , bien qu'ils habitent dans un pays qui est à
sept heures de marche d'em-Negdah. Lorsqu'on se
rend en ziyârah, on doit toujours apporter au sanc-
tuaire quelque chose en cadeau, chacun selon ses moyens,
xbu vvs??. ^^^^'3 3 Oj et il est de rigueur d'apporter des
victuailles, un mouton, si cela se peut. On le donne soit
tort en parlant de ^y^ lorsqu'il dit: In den Stellen, in denen das
Wott gewôhnlich so (Bùrger) aufgefasst wiid, bedeutet es lediglich
»Einwohner, Leute", genau wie im heutigen Jeniendialekt sâhib in
Verbindung mit einem Ortsnainen in der Regel nnr besagt: »der
Mann von....", »der Mann ans....", aiso z. B. sâhib Mârib
vollig = »der Mann von (ans) Mârib" = >»der Mâriber, der Mari-
bite" = i^jUjÎ , genau wie man auch sagt sâhib <]iqn, »ein
Bârtiger", sâhib "^aql, »ein verstândig Mensch". Rien de plus
faux, car sâhib Mârib est seulement le Seigneur de M. = le
serîf régnant de M. .Te voudrais bien voir la mine de l'Emîr *^Abd
er-Rahmân b. Hoseyn, .si un de ses Bédouins répondait à la demande:
qui es-tu? par ana sâheb M., ce qui seraft possible selon l'expli-
cation de Glaser.
1) }^ 1 force, moyen, de, ,3^, a, i, pouvoir, être de force de =
jXfcw , 'Jjx. . ."yJ^c ^J^ i3»^' Lo ou AJ =r AJ ^jr^ JC*«t Le , je ne
suis prtji de force à le faire. Le nom de la grande tribu yémanite
Bakîl pourrait donc signifier fort, puissant.
459
aux maéâih, s'il y en a, soit aux huddâm. Pour
s'orienter sur les sanctuaires du Sud, on n'a qu'à con-
sulter la table des matières de mon Arabica V s.v.
sanctuaire, où l'on trouvera beaucoup de détails qu'il
est inutile de répéter ici.
Bùwâreq est le pluriel de vJSjIj, bâriq. Le u est
sous l'influence du w suivant. La forme s'explique par
une contamination avec le verbe ^y , qui, selon mes
Datînois, en serait l'origine! Je crois que les Arabes du
Sud ont emprunté le mot directement aux Persans.
D'ailleurs le passage de ey en â est assez commun,
Hdr p. 578 et ici p. 302 note.
Dans le Sud, on a tout autant la manie des drapeaux
que dans les milieux hadar islamiques hors de là. Cha-
que sanctuaire possède le sien, quelquefois même plusieurs.
Les iÇjyf et les oIjK sont du reste fort anciens. A en
croire el-Mas'oûdî, Pr. d'or 2 p. 100, l'origine des dra-
peaux serait même babylonienne. Il a, à ce propos, un
article fort intéressant sur les p^Ut des Babyloniens.
Ces drapeaux portaient l'image d'un animal, tels que
éléphant, dragon, panthère, loup, serpent, scorpion etc.
Ils étaient fort bariolés de couleurs. Les Assyriologues
se prononceront sur cette assertion d'el-Mas'oûdî. Elle
n'est a priori nullement impossible, vu l'importance
symbohque aussi bien des animaux que des couleurs
dans la conception cosmique des Babyloniens.
Le Prophète donna, selon el-Wàqidî Tab. I p. 1265, 2,
en l'an 1 un {jnj^^ ^^j^ à Hamzah b. 'Abd el-Muttalib
à la tête de trente Muhagir. Il fut porté par Abu
Martad. Un mois plus tard, il donna un liwà pareil à
460
""Ubeydah b. el-Hârit b. el-Muttalib. Il fut porté par
Mistah b. Utatah. La même année, SaM b. Abî Waqqâs
eut un liwâ blanc, porté par el-Miqdâd. On voit donc
que le porte-drapeau fut toujours désigné à part. Selon
I. Ishâq, 0.1. p. 1267, u, le Prophète aurait donné le
premier iuL à '^Ubeydah, d'autres disent à Hamzah, p.
1268, 3. Les noms des drapeaux sont donc différents.
En parcourant l'histoire d'et-Tabarî sur les o'^iè du
Prophète, on constate qu'il y a tantôt ^y , tantôt iùî. .
On lit p. 1862: ^ajI ^y ^Ullo j^ -^ ^JJ! J^^ ^y ^^^
o'rfK àd^^, ^yCi" _}•, wsJuâll Jv^ ^ sjT 5^ . On peut dis-
cuter sur la portée de à^_o ici, mais il est clair qu'il
y avait une différence entre les deux. Cela ressort aussi
d'I. Sa'd III, I p. 4 d'en bas. Le Prophète avait son
'!j}j appelé "Oqâb, v-jiic, fait d'un fichu noir de 'Aïsah,
et LA V 314, a dit que tout liwâ était ainsi appelé, confirmé
par Mutai., Vollers p. 54 v. 13. C'est l'aquila romaine. Cet
aigle, adoptée aussi par les souverains modernes, est un
écho de la cosmologie astrale des Babyloniens, pour lesquels
l'aigle était l'animal de Ninib (= Mars, Zeus), le dieu de
la gaerre, Winckler A 0 F III p. 291 et 297 et s.s.; Wùnsche
Salomos Thron p. 11; K A T' p. 409 et 631 et s..
Chaque tribu arabe avait son drapeau autour duquel
elle se réunissait en temps de guerre, comme à la ba-
taille de Honeyn, Wellh. o. 1. p. 357. ^-.^^ o^L , Lu-
zùmîyât Caire I p. 45, 2. iùLc , Mo'all. Lebîd v. 58, se
rencontre dans le Traditions comme synonymes de :<jL .
Ces mots sont, sans doute, purement arabes; cf. le bab.
diglu, étendard, de dagàlu, regarder, Del. WB s.v..
Les drapeaux servent encore de signe de ralliement
461
pour les tribus. Nous lisons dans M S 0 S I p. 89, lo
d'en bas: Wasalu bibë waruqhum, walladi hare-
gan min el-bewâruq ma^ ëssâyuhbiqaderham-
sta'^éar bêraq, ils arrivèrent avec leurs drapeaux, et
les drapeaux qui sortirent à l'appel de guerre étaient au
nombre de quinze environ. Les bawâriq sont rouges
et verts; ou blancs, à légende rouge. Les couleurs vert
et rouge sont devenues celles de l'Islam, parce que les
rayât des Médînois avaient ces mêmes couleurs, tandis
que ceux des Mobâgirîn étaient noirs, Wellb. o. 1. p. 357
note. Je renvoie ceux qui voudront approfondir ce sujet
à Bohârî IV p. 53: ^,il\ ^y , Tab. I pp. 1097, lo, i7;
1099, 2; 1270, is, le; 1271, 3, 7, ii; 1297,8,9; 1579,4; 1580,
1, lo; 1581,5; 1614,8; 1616, u, c; 1619, u, le; 1629,5; 1630,
6; 1685, 7, 9; 1636, u; 1660, lo; 1662, u; 1664, 3, s; 1665,
4. V. Kremer C G 0 I p. 80 et s. Y. Additions.
12, 17: es tabîna ne qui. La même construction
se trouve ici tebàninzil, 9, 4 =r Jjji J.u.j ; bàkum
tindûni 11, le; kam tabùni sûwîlak, 46, 23; te-
bâ'hen yigiffèyn 65, 15. Et ainsi tous les verbes
vouloir et désirer Hdr p. 16 note 1. Reckendorf S V p.
396 et s.. Nôldeke Z G Cl A p. 67, § 53.
Un Habbânite dit dans une qasîdah :
Si tu veux que le taureau laboure, donne-lui à manger
fie matin, et donne-lui de ... .^)
1) ^\-iti\ n'est pas employé dans notre dialecte, qui dit (_^vAj)
mais plus à l'est.
2) ;y*^J' n'était pas connu des Datînois.
462
a manger le soir ou le matin. (jr.uJi, [jt ^^ujÎ. , je me
voyais avec le Prophète^ Bob. I p. 51, 3. ^J^'^^}J ^j j' U-o
xl^ ^3, , peiidant que je dormais, je rêvais être au Pa-
radis. Ibid. IV p. 117, 5 d'en bas. ^cjJLe U '-^fp'" ^ï>
llio i^ viot<-w LA 18 p. 309, 2; cf. Reckend. 0. 1. p.
397 note 1.
12, 18: qàrânât. Doughty, Travels Gloss. p. 618,
dit que les marchands étrangers de 'Oneyzah appellent
les états d'Europe Koronât. C'est notre mot, Hdr
Gloss. S.V.. Spitta, Gr. p. 26, l'a, le premier, dérivé du
turc J!/ . Ensuite, Nôldeke, Z D M G 35 p. 232 note,
le fait même venir du nom de Charlemagne, passé aux
Slaves-Magyars, Krol, Korol, et de là aux Turcs, comme
aussi Vollers Z D M G 51 p. 322. Cela est répété par
Hartmann L L W p. 56. Je crois que notre ^\^ est
tout simplement l'arabe ^^îi, conjonction de deux étoiles,
et qui joue aussi un rôle dans la titulature persane:
^^5y) i.^o>uo, un roi qui a régné 40 ans. Il n'a rien à faire au
turc .\\J>, qui figure aussi dans la titulature turque^).
12, 20: a^tal umabâli. J-Lii est un sac fait de
tresses de foliole de ^Jy^ ^ Hdr iCàliii. ^bU^ ou a^L^
est un sac en laine noire pour le blé, etc. = a.Lc . A
Aden et au Yéman, c'est le sac à fourrage^ musette des
chevaux, ce qui se dit iu-caii* chez les .Bédouins, b.t^
est un mot très répandu dans toute la Péninsule et
aussi en Afrique. Hartmann L L W p. 74. Muzhir II
1) Moh. Mihri :iJ' &-w,AjJ iouwLjtJt 'iJL^\ Caire 1884 p. 265.
463
p. 161 en bas. En Haurân, un 'ijf. est de 80 mudd.
12, 24: ma 'àuwadu éîleh = a! ^ci f^^ ^ GO.
>3^E, = ^, 0, ^u\s, J^, J4>, ^y:, ^<j , n'est usité
que dans notre dialecte et celui des ''Awâliq. Gahàz^)
fi hâdat-tarîq ma bâf'auwad tâ^bar fîh, il y a
des cahots sur cette route, tu ne pourras y passer,
Hammâmî. Ma bà 'àuwid silleh, ^e ne saurais Veti-
lever. Ici s i 1 1 e h est = <xLi' , tandis que s î 1 e h est =:
&î ijri , car X^ , i, appartient aux dialectes du Nord.
Sîleh est prononcé comme un seul mot, et dans le
dialecte sahhî, Sj^ est même devenu rien, à en croire
Jayakar BBRAS 1902 p. 267. Il y a dans le Sud
une foule de verbes qui signifient pouvoir, comme on
l'a vu en haut. .L> , o, et 1^ , imp. jy^.' ma bâgûr
silleh, je ne saurais l'enlever, le porter; ma bâgûr
s î 1 e h , ye ne saurais le faire. .y> , pesant : ^y> J..*.:> , ^in
lourd fardeau; n'ayant pas de pluriel, c'est bien un in-
finitif, yi , imp. Tvcco . Ma biswar qussah, Je ne
peux le couper, = ma bitâ'^nisi ou bitfâniéi =
ma bâhsin. Ce verbe s'emploie chez les Bâ Kâzim et
à l'est de là, jusqu'en Hadramôt; v. d. B. Hdr pp. 245,
6 et 281, 5. .yi est aussi savoir. Vollers, ZDMG 49
p. 509, fait la remarque que le ^omàni a ^yi , Hôhe, R
0 p. 90, .lyi , Hochgaîig, ibid. p. 268, yyi , hoch, ibid.
p. 63, et il semble vouloir donner à .yi , pouvoir, le
1) = Là> (10.
464
même sens primordial. Il compare à cela le "omani *'. ,
pouvoir •), savoir et l'hébreu U^ , haut. Nôldeke, W Z K
M IX p. 21 avait déjà émis un avis identique: „j.5^ ,
eigentlich sich erhehen." Hdr Gloss. s.v. ^_^ .
13, 1: lafâ\ «i/^s , bouse fraîche de vache, ^j^" , bouse
sèche = Hrb _>>/. S , crottin des chevaux, des ânes, à Aden
et au Yéman = o^ . en Dt. ^*j , crottin des chameaux,
chèvres, moutons, hyènes^ lièvres ; verbe yu , a -), fienter.
..JL , excréments d'homme, avec le verbe ..^L^ , a, ca-
care ^). J>Àq> , i, faire un idii=> , gros caca. Ce sont des
nom. gen.; le nom d'unité est en »_. Littmann trouve
le mot iJÙAS dans une inscription safâite 1 S p. 19, où
Nôldeke ajoute la remarque: „scheint gânzlich unbelegt."
Dans les dictionnaires, oui; dans les poésies anciennes,
je ne l'ai pas trouvé non plus, mais dans le Sud ^àa^ ,
a, est cacare et ne s'emploie que des bêtes à cornes.
Sa métathése ^^ figure dans les dictionnaires classi-
ques: peter, caquer. iLats/iJ à très bien pu être un nom
propre, cf. Littmann o. et 1. 1., car j'ai connu à Saydâ
une famille musulmane qui porte le nom de famille
h ara baqar, bouse de vache. Je possède toute une Hste
de tels noms extraordinaires, rien que pour la Syrie.
1) RO p. 27, '2, 201, s d'en bas, 279, ». Z D M G 34, p. 218; M
SOS 1 p. 89, 2 d'en bas; ibid. III p. 6, » d'en bas, p. 16, »*, '«, "
et passim dans ce texte. ^
2) Pas à confondre avec ,Ij (hamzab prononcé!) roter, aufslossen,
mais sans vomir.
3) Cf. class. ^.^^ , iAJj et — jàjI , rendre des cxcrôtnenis liquides,
et i3»iJ , fienter.
465
Ces plaques stercoraires servent de combustible par-
tout où il n'y a pas de bois. Les ramasseuses de '»!=>
en Egypte sont assez connues. Dans les steppes asiati-
ques, elles servent au même emploi, exactement comme
dans la vallée d'Avers en Suisse.
13, 6: etsa'faru. fx-^ , répandre, verser, ausgiessen,
synonyme de joxj^ . tLai! J. s^t oj^^x.^ , tu as versé
le café par terre, sur le sol. Ce dernier verbe aussi au
fig. éparpiller j disperser: L>^LJî ^ ^yi^Jakà^ ^Ix^ ^\, les
S. sont éparpillés, habitent par- ci, par -là, dans le pays
= i^j^hL.^ ou ^jaIw . La h a mi et em-sams bâ tit-
sa'^tar em-matêr, lorsque le soleil sera chaud, les
nuages se dissipero7it. Jixh , Jeter. ^U! ou ^UL ^à*^ , ver-
ser l'eau. Tous ces verbes sont aussi intransitifs, mais
la forme JJl*àj' est aussi employée. Cf. class. ^ et les
syriens *^i:^jej:i ') et ^-cc^jL^ , divulguer, répandre U7i bruit;
le class. yAii, se disperser, Gloss. Tab. s.v..
13, 7: lahamma. Il y a ici les deux conjonctions
^, = ij^, et 1. ♦".->. Celle-ci est une contraction de
Lo }3>, plutôt que de UJb> , lorsque, employé seulement
dans le Nord ; v. Hdr Gloss. s.v. Jj> . iCj^i S^ , au
moment die la rébellion. Lahamma correspond exacte-
ment à LJ , qui se dit aussi dans le Sud Lo "^ ou
ijv:> "^ , class. aussi Lo !ô! ou Lo ô! . Cette particule "bJ
1) Mais aussi briller, y^f*' , répandre une chose liquide, Syrie
et Egypte; cp. ,3 et j'^\'^ •
466
se trouve dans tous les dialectes, excepté ceux de
l'Egypte et de la Syrie, mais elle est déjà très com-
mune en Haurân. Un proverbe recueilli dans ce pays
dit: jjoI^XxJî c^^cU^ ^o'iiiiJ! c>^> *i^, lorsque les disposi-
tmis divines jugerd, celles de l'homme se perdent '), ex-
pliqué par la hakam Alla ^aleyk bisf biddu sîr^),
lorsque (si) Dieu a décidé quelque chose pour toi, il faut
que cela soit. Dans le Negd, c'est plutôt il a, avec
voyelle prosthétique ; aussi dans le Sud, Hdr Gloss. s.v..
Socin, Diwan III §§ 55 et 57, émet l'étrange avis que
cet ,;ila n'est qu'une autre prononciation pour le clas-
sique ida." Hartmann avait déjà commis la même er-
reur en statuant, L L W p. 237 note, que „îlà et là
sont des formes collatérales de idâ." C'est Stumme TT.
B L Gloss. s.v. qui est la source de cette étymologie,
qu'on répète in verba magistri. Je défie n'importe qui
de me citer un seul exemple en arabe où S soit devenu
J , et vice versa. La forme i 1 a , devenue î 1 a sous l'ac-
cent, est la plus répandue dans les dialectes africains,
Stumme T Gr p. 142; idem MGT p. 283. Marçais Gr T
p. 191. Socin Arab. Dial. von Marokko p. 162. I As.
1887 p. 197 (Môsul). ZDPV XVI p. 18. ZDMG
1888 p. 352 (Barth). Ce là se trouve également dans
les conjonctions sudafricaines, qbella, amw^ g?/e, ba'dla,
après que, en Tunisie, St Gr p. 142, Marçais Gr p. 191,
où le tripolitain peut même dire lagèbël, Stumme M
G T p. 283, et dans le waqt la du dialecte de Mardîn
1) Comme le pioveibe dans el-kilam en-iia\vûbir d'ez-Zainahsarî
2) 5ur l'iiiiiiarrait a|>iès biddu. voyez Piov. et Dict. [). G5.
467
ZDMG 36 p. 37, ?, 19 = waqt ma, malgré waqt
âlledi p. 35, is. La combinaison 1> \.j3 n'est pas non
plus étrangère aux dialectes du Sud. Un poète de Hab-
ban chante :
C'es^ gwe ;e regarde d'abord avant que je voie la pluie,
et elle fait des éclairs qui brillent au-dessus d'el-Kadà.
Un autre poète dit : dépêchez-vous de vous montrer,
'«Ls^! oyi L*/ -jii-j' "li J-^s q^, am?z^ qu'elle éclate, comme
la mort subite. 1> est ici aussi peu négation que dans
son synonyme Le J^ . Stumme MGT Gloss. p. 313, y
voit une assimilation rétrograde de m avec 1, mais la
prononciation bédouine qable la s'y oppose. Je ne
suis point sûr que la même particule soit renfermée dans
le tlemcénien ba'dli, après que, quoique D H Mûller et
Jahn aient relevé la prononciation li pour la dans le
Sud*). Ensuite, la, qui est à présent principalement
employé comme particule conditionnelle, de même que
lot dans les dialectes hadar ^) et wenn en allemand, est
\) Var. datînois , c*^ •
2) Malgiv l'opposition de Nôldeke ZDMG 59 p. 416, je suis per-
suadé que kî, lorsque, n'est pas une abréviation de kîf, mais \a
conjonction babyl.-hébr.-sabéo-mehrite, d'un emploi si courant dans le
Maghreb, Marçais Gr. p. 191 et note, la Langue arabe etc. p. 57, et
que nous retrouvons dans le raaghribin ba'dki. Marçais a bien
raison de douter de cette amputation de kîf et il fait justement
observer que kî joue ici exactement le môme rôle que ma et li
dans baMma et ba'dli. Voyez Gloss. s.v.
3) to! n'existe pas du tout dans le Sud, qui a "^ et ...t .
468
suivi de ma et devient aloi's conjonction temporelle,
lorsque. Cela non seulement dans le Sud, mais aussi
dans le Nord. ^ÛJiî S^Jsls> JJïj ^UJ' 1^ ^a^ 'uyij' L«"^
v^^ s ^t (j:«-'ij lorsque nous arrivâmes chez lui, il alluma
le feu, mit les cafetières sur le feu et fit le café,
""Oneyzite.
mutfi liza-1-hêgâ ila mad-duwâ târ
qui éteint la flamme du combat lorsque la poudre
[détonne.
Soc. Diw. I NO 12 V. 22.
Pour le Sud, voyez le Gloss. de Hdr et celui de ce
volume. Chez Hartmann L L W p. 37 n° 2 Str. 1, nous
lisons: uhaddik mtîl el-barag la ma bân, et ta
joue est comme réclair lorsqu'il apparaît. L'auteur y
ajoute la remarque: „là ma = Le lo! ; mit la m ma hat
es nichts zu tun," probablement contre Wetzstein Z D
M Gr XXII p. 147 qui se prononce pour Lo "^5 := L» ^'^.
Socin, ZDMG 46, p. 357 et Diwan III §58, est plus
judicieux et il admet carrément que Ûj , Jusqu'à ce que,
jusque, employé dans tous les dialectes, excepté celui
de la Syrie, a très bien pu provenir de U ^\ , et quant
1) 11 y a un autre L« j provenant de w ^^ jusqu'à ce que.
o'i^ .Lo L "b *Jji.i! ^j,A-iouj , ]c bruit arriva de tout côté au
2Joint qu'il devint une certitude. J^ J^*^ ^ «laJ UxO ^^î i»
0 me.i compagnons! envoyons un cavalier (voollen wir etc.) sur
cette colline-là pour nous faire la vigie! — Mon cher! doucement!
jusqu'à ce que nous arrivions sur leurs territoires, 'Anazî (voyelles
ainsi prononcées). Pour le Sud, voyez Hdr Gloss. s.v. et ce Gloss. s. v..
469
à la conjonction temporelle U , lorsque, classique et dia-
lectale, il est indécis, quoiqu'il ne soit pas éloigné d'ac-
cepter ici la même étymologie. Dans le volume sur
Hdr, j'ai déjà dit qu'il faut voir dans la m ma, lorsque,
la particule temporelle la. Dans la prononciation dialec-
tale, les deux particules se confondent: lamma de là
ma et lamma de [i]lâ ma, et comme nous allons le
voir, uJ et U. ^^î devient dans le Sud là, ainsi que
je l'ai surabondamment prouvé dans mon Arabica V
p. 139 et ss.. Si donc ilâ ma, ou lima, lama, a pu
faire lamma, jusqu'à, jusqu'à ce que, je ne vois pas
pourquoi là temporel suivi de ma, n'a pas pu faire
également lamma, lorsque. Ce qui semble corroborer
cette étymologie de ÛJ , lorsque, c'est qu'il est aussi
dans le Sud synonyme de ^-.j>, uUc , prépositions tem-
porelles. Nous avons ici lammas-subëh, 13, 22, 39, 12
= f^j^j^l^ o^Xc ou ,.^^JJ^^' (jv> j 6t lammal-leyl, 84, 13.
Jahn, M S p. 59, 1. 23, a la mmâs-sùbâh '), am Mor-
gen, où le mehri a ta ksôbâh, avec la particule tem-
porelle ki, k, dont j'ai parlé à la page 467, note. La
langue classique ne procède pas autrement, témoin le
^^Sol) Lo loî de K. el-Mahâsin, éd. v. Vloten, p. XVIII,
dans un vers = la ma (lamma) es-su bëh du Sud.
P. 87, 6 le texte datînois porte lamma, tandis que
celui de Beyhân a là' mû, lorsque. L "il offre donc la
même indoles que '1*1 JoLc, Le \3, L» i^^^ Lo jc« et
trouve son analogie dans la particule française lorsque
de Vores que [quoclj = L« xcL« . Fleischer, Kl. Schriften
1) Plus correctement laiii ma§-sùb6h.
470
I p. 456, fait venir uJ de la racine J , unir, de même
que S. de Sacy, mais „als ursprûngliche einfache, durch
^\ verstàrkte Conjunctivpartikel." J'avoue ne pas bien
saisir ce que feu notre che5^kh a voulu dire par là. En
tout cas, cela lui reste pour compte.
Fleischer fait au même endroit cette reflexion: „und
wie kônnte endlich, wenn die zweite Silbe von Û die
Conjunction Lo wâre, derselbe abstracte Begriff in ^\ LJ
s'^, Sur. 12 V. 96 und Sur. 29 V. 32, dann noch
einmal durch das gleichbedeutende ^^î ausgedrùckt wer-
den? Einen solchen Pleonasmus lâsst das Arabische
nicht zu, wohl aber die Verstarkung einer ursprûngli-
chen Conjunction durch ^\ ." 11 me semble que le maître
s'est ici entortillé, et il se contredit. De tels pléonasmes
sont fort communs dans les dialectes: xjî Lo to>, lorsque,
dans le Nord s'entend souvent, et je pourrais citer
beaucoup d'exemples du pléonasme j^ '^', L ^ Lj,
jr:x ":), '-0 j^ "^ des dialectes du Sud.
Reckendorf, S V p. 593/4, la considère comme provenant
d'un là m perdu -|- ma, en cela d'accord avec Wright
et d'autres, tandis que p. 656 il dit que c'est le -o tem-
porel avec la particule confirraative la. Donc, contra-
diction! Hommel, Sab. Chrest. p. 56, le fait venir de
lan ;- mû.
La forme aurait donc originairement été lama. Or,
celle-ci, nous la trouvons à chaque pas dans les dialectes
de la Péninsule. On n'a qu'à ouvrir mes Glossaires s.v.
pour s'en convaincre. Absolument, comme de hamma
on fait aussi h a ma, mais en sens inverse, car hamma
471
est ici primaire, La négatif devient aussi \û devant j»!e
et lXï , Hdr 146, g; 215, g; 421, 3; 453, is, comme le là
temporel peut se contracter avec un mot suivant com-
mençant par une voyelle: lanta Hdr 178, 5. Ce lama
^ la m ma appartient également aux dialectes bédouins
du Nord : JJ JJ» .^^^-Jy' UJ , lorsque le di\\ù\ fut prêt,
"Anazî. Dans la phrase p. 468 note 1, ;^î Jjo\ w^^Lu" ,
le "Ûneyzite disait là ma, le Damascène la m m a, et le
'Anazi, lama. Il est vrai que cette particule est ici =
li>J^ = io^J = lc^ = lJ^=[J), mais elle coïn-
cide ici avec là ma, lorsque.
Ce la temporel, je le retrouve également dans le so-
qotri, D H Mûller MSS II p. 146, 2-1, 28'), p. 147, 21:
le ""ose, le matin = ''a m, qui en soqotri est usité
comme conjonction et préposition temporelles ^).
Nous trouvons également "^ temporel dans la conjonction
1) Le texte soqotri p. 146, '^ est très instructif: Min Girge
tahèyren (tahâren) min sùqahar wngehènoen Ma^àbad
wunfôsen min M. wifqàren '^Abèro di Siqà'e wa'^amoden
^af tsàbah wule '^6 se tahèyren [tahâren] af negôhom
T'intin, ce qui peut se traduire en arabe hadramite par: q-.
^\ LJLoj Lé.3 '\J.iMS. Il est vrai que les mots soqotri que je rends
ici par leurs correspondants en hadramite y ont une application un
peu nuancée. La traduction de Millier n'est pas exacte. On obser-
vera â = ey dans tahâren et tahèyren. ^ose paraît être ici le
matin, car 1 28 il y a aussi le "^ose, où d'après le contexte il ne
peut avoir le sens de -Uiot»! .
2) D H Mijller, MSS p. 418. i et p. 155 n" 5 v. 1 et 2: 'A m
tsabah, ah cv morgen tuurdc, p. 181, ^f", = ^, aussi clas-
sique. La Langue arabe p. 57.
34
472
des dialectes du Nord la inniih ou lannuh. Un
^Anazî me dit: vJ!\l\j' (joLoJ' Pj^^' ^^^^3 u^^^' ^' "^
_/jIiî! iCï.ô JoU sXc, lorsqu'on lui tire dessus et que la
halle frappe la cotte de maille, elle coule à terre comme
une fiente d'oiseau. De même que classiquement 3b>LàII \j>\
la, sous la forme ilya^), ilyâma, willa et la-
winn[uh] désignent, comme conjonctions coordonnées,
un fait qui se produit plus ou moins subitement. Mais
cela n'a lieu que dans les dialectes des Bédouins de
Syrie, car dans le Negd on ne dit que \J>\ et "i\ ["bJ] qui
est la forme originale du il y a susmentionné; cela
est à noter. Dans le Sud, on a pour cela xj', ce qui
est aussi classique, et ^ ou ^. . ,^^1 jjji' ^-j^Li' ^
ij-w-S%| Lj-tv^ ^jJLsLà [ ^jk-J ou] LA, LÛLVs , pendant
que nous chassions les hommes qui étaient devant nous,
voilà qu'un d'eux s'en retourna brusquement vers
nous et nous chassa, "Anazî. L;L*i". : J5 .-^fw-j! ijj^
, , + ...
[éèy'an] UaÀj LuL. csss. % IjJoLc "b. qj->^'j 1->^' ^^^>^ ^
<^y>\j . LyJ^ iciblj J~*ii LJ'_5 lij^; 'i^J>^^ 'è^ ^.^ j»4j»i . ^J:^^
^ LJj {j^(^^*o ^JOc .Lo J^ &L'îj 'uJ^ ;.;,'^iài ,1^ L^yj'y Lo
. yij>l I.Ui LlJI^ ^.x>^ ,^Li3 LLr?:-i:)Lu" (j-w<->iî dVP . L-oAj'u ^ Lo
M. esSmêr dit: nous sommes partis à cheval de chez
notre famille, en activant la marche des montures, sans
1) ZDMG XII p. 120. Il y a et wilya .sont aussi, bien entendu,
purement conditionnels. Wîlya sâret 'aleyk ed-dîj?a, et s'il te
survient une détresse, ^Anazî.
473
avoir une mauvaise mtention. Lorsque nous fûmes à
une certaine distance, nous regardâmes, et voilà des ca-
valiers ^) qui venaient sur nous. D'abord^ nous n'eûmes
pas peur d'eux, mais ensuite nous chevaux commencèrent
à s'alarmer, et les voilà devant nous. Alors nous nous
sommes attaqués, et nous avons eu là une rude journée,
""Anazi.
Dans le récit, en dialecte de ^Oneyzah, sur la perspi-
cacité, iCw'^ , du sultan b. Swêt, cheykh desed-Çafir,
[ez-Zafîr] vis-à-vis de son agresseur I. Sa'ûd, je lis:
+^^ , .' ", ' ■■■ , ' . '
^U^! Ui»ji5^3 '-^[î ^^ ^t-^ Jv.:>J3 ,-y^' (_^Jj Swi ^iAJ\,
- o
Jjjya (jj . Les cavaliers d'I. Sa^iid coururent sus à eux
de loin. Mais lorsque les hommes d'I. S. arrivèrent
au campement des Bédouins d'I. Sioêt, voilà que tous
leurs chevaux se débandent, et les cavaliers des ed-Dafîr
se ruent sur eux de près: ils tuent beaucoup de leur
monde et prennent une grande quantité de chevaux. Les
gens d'I. Sa'^ûd surviennent alors. Lorsque les drapeaux
1) Nous lisons dans H. el-A. I p. 487: ,.,! SSj Lo L^ii^ Vj*^'
Î^Jixi UJlc ^Si IJ^i^] Ki oU U!^ îÀ-T^ WS ^.vJbé J^
2) Et non "^^ comme on aurait aussi pu dire =; ^ -}- r)' + "^î
V. p. 339,
474
d'I. Sa^iid arrivèrent, ses cavaliers étaient déjà tués et
leurs chevaux enlevés. I. Sa^ûd revint sur ses pas. Les
Bédouins considèrent ceci comme une preuve de la per-
spicacité d'I. Sivêt.
Le synonyme 'iràqite lenn, avec les siifixes lenni,
comme aussi il y an ni ci-dessus, ne me paraît pas avoir
une autre origine: là inn.
Ilyâ provient aussi de ^^i, Hdr Gloss. p. 522. Dans
le dialecte "omânite, qui a plusieurs particularités des
idiomes du Nord, il a est employé de la même façon.
Ilîn') hum yedùru wa il â ho m bihôm fil-gau:
rahîm yehôman, wa sa ru ila hâdâk el-mekân
yitrâkedu wa ilâhum bi Yûsuf "a la sahr el-
wâdi. Pendant qu'ils cherchaient ainsi, voilà qu'ils vi-
rent quelque chose planer dans l'air ; c'était des vautours
qui planaient. Ils allèrent alors à cet endroit au pas de
course^ et voilà que Yûsuf était là sur la berge du
wâdi, Rôssler M S 0 S I p. 67, 12 et ss.
J'ai voulu revendiquer pour l'ancien fond arabe une
particule "^ , qui était originairement temporelle, mais qui
est devenue, comme son synonyme !iî , aussi condition-
nelle. Sa nature temporelle est cependant conservée
dans les compositions lu ma, la rama, lama, qabl
la, b a d 1 i (?) w a q t la etc.
13, 9: waila bënà'' riga", ou ibnà', par Dieu,
nous reviendrons bien à vous!
\) Cet ilin ne me paraît pas ici venir de •,' (C*' i "lais de
q! j' = q) 1) , tandis que la préposition ilîn, ilT-n est, avec
Nôldeke W Z K M IX, p. 15, de cette provenance.
475
Déjà dans mon Arabica V p. 146 et ss., j'ai traité
de cette construction avec ^^, (^, et Kampffmeyer l'a
ensuite discutée dans son intéressant mémoire Die arabische
Verbalpartikel (bm) p. 42 et ss.. Comme je suis en
désaccord avec mon savant confrère sur l'origine de
cette étrange construction, je vais ici, tout d'abord, rap-
porter quelques exemples tirés de mes notes.
Cette construction comprend deux catégories d'idées,
qui cependant se touchent souvent.
1 ° Une assertion, ,1^3-1 , une affirmation. I b e n
'âdak hissir mâlak u^âdha hey, tu dépenseras as-
surément e7icore ta fortune^ et elle (=: la femme) sera
encore vivante. La si ma"! mus bini halaq bèha,
si j'avais un rasoir^ je me raserais bien avec.
Wàiia béni mât ana ubû^i u^âdha te'îs, moi et
mon père nous mourrons assurément qu'elle vivra encore^
me dit un datînois de sa femme.
Waiîa bàni tâb min surbed-dohân,ye cesserai
pour sûr de fumer ^ mais: wàiiani tubt min etc.
fai cessé de fumer.
Waiia béni bal ùsirib e m-b a u 1 , par Dieu, je
vais pisser et boire la pisse '). Hamma tibsarem-
mâ' yifûr elwâhed yiqùl waiia boni mât min-
neh là^ d ah ait fîh, lorsqu'on voit l'eau bouillir, on
dira: par Dieu, j'en mourrai, si j'y entre, me dit un
datînois en me décrivant les thermes célèbres d'Ahmed
b. 'Alwan el-Yafrosî ').
1) Me dit un homme dans le W. May ta 'ah, et moi de lui donner
une bouteille de Gieshuhler pour qu'il n'eût pas à enfreindre son
serment! Cet exemple figure peut-rtre mieux sous 2°.
'i) Voyez Arabica V. j». lîO.
476
Dù'an dit dans une qasîdah:
J^J! iAa^T léS' ^J\^ dV-L x%
et tu me verras, par Dieu, comme ').
L^ Jï ^j^ aIÎÎj JLL ^^ o^-w Uil o.-^ "^ . Si je vois
qu'elle me fasse du mal, c'est que je le lui dirai bien.
I b n i 'à m i d b è h a g ô f e m-k ô r , par Dieu, je vais avec
elle (la canne) lui frapper sur la tête, Ba Kâzim. Waîi:a
benhàkalak, par Dieu, elle va te manger. Waiia
benhàràmahak em-râhëla, par Dieu, la chamelle
va te donner un coup de pied. Lentement, on prononçait
ibënharàmahak.
2° Une nécessité, un serment.
Waî^:a %lf wàtan ibni sùwàh, par Dieu, il
faut que je le fasse. Qadènna [rrr Lo u\ï] bâta h à n a
waîîa bèna sâr nis^af era-baué, il y a longtemps
que nous sommes ici, il faut que nous allions rentrer le
bétail. Waiia binkum riga*" raa'^àna willa bnà"
dabàhkum ou benàdàbahabûkum, par Dieu, il
faut que vous reveniez avec nous, sinon, nous allons
vous égorger, dit un envoyé du sultan de Heyfûn aux
quatre esclaves enfuis qu'il venait de retrouver à Ôuqrah.
AVàiîabni min sàmmahak bà^àd e s-s a r a f (ragaz),
^IvJi lXjlj d^v**- Q^ ^JJ^ ^[5 , par Dieu, je te corrige-
rai bien après l'empiétement {égarement)! ici n° 63, v.
1. Wiiia bènak^) saqqa min essêl ed-dahaf,
par Dieu, tu seras abreuvé par le torrent impétueux!
ibid. V. 2.
1) Je ne corapcends pas les deux derniers mots.
2) Lisez benàk dans le texte du cliant.
477
Qrùb yàba (ou lui ij e 1-w u g h) , approche, mon bon!
Il refusa, et le 'Arwalite dit: walla bnik gà^ par
Dieu, il faut que tu viennes.
Dans une lettre de Datînah on m'écrivit: iulsJî v^3
'.^\^ y^\ i^i3 .^ ^,5!.- ?y>i :yi- ^;à j^!^ e.-^î
o^LJî ^j^ J^ ^) ^o! ^îj o^^*^ ^ '^'■-5 ' -^'^ cause du de'-
sordre était les Qanncm, à propos de leurs terres. Ils
disaient que les Sâleh ne voidaient pas qu'ils labourent
leurs terres^ tandis que les Farag disaient: laissez-les
labourer leurs terres. Les Sâleh dirent alors : par Dieu,
ils ne labourei'ont pas, et, nom de ?i07n, il faut qu'ils
partent du pays. Autre exemple avec bina, p. 353:
w a 1 1 a bina s â r f i m- 1 a r î q , par Dieu nous allons
continuer notre route.
Nous constatons ici que: 1° aL'Îj n'est pas absolument
nécessaire, mais il rend l'assertion ou le serment plus
solennels; 2° le verbe suivant doit toujours être à la troi-
sième personne masculine du singidier du parfait; la
forme sans les suffixes est ibën; 3° on dit toujours
bin ou ibn avec les suffixes, jamais binnak, binne-
kum, binnehom etc. mais b 1 n a k , b i n a h , b i n k u m ,
binhom, ou avec la voyelle prosthétique ; 4° avec na,
Ij, c'est toujours bina, jamais binna, ce qui a été
\) ^^['] est une implication se. ^^jStl et n'influence pas le
temps du verbe, qui est lUi parfait à cause de ^-J^ . On dit ^j^ î^-c
'Sjf:**^. > luivsez-lc.s partir, snprifti! Ce n'est pas un v_5lL> , coinnie
avec (^' .
478
justement relevé par Kampffraeyer, o. 1. p. 49, is, comme
dauna pour daun-na; 5° min (= ^ après bin
n'est pas nécessaire. Dans notre dialecte proprement dit,
je ne l'ai pas remarqué, mais déjà dans celui des "Awâ-
liq, cette tournure est fréquente.
Les deux exemples suivants de deux poésies du soldat
Ma'gar des Bâ Kâzim illustrent bien l'emploi de ^^ . Il
finit ainsi sa longue qasîdah en r:
Ceci est de la part d'er-Bahmân: mon Seigneur Va
[ainsi décrété.
0 mon cœur, patiente! car un cœur comme toi doit
[avoir de la patience.
Expliqué par ^aa^j »yi .
Ô vous qui partez le matin, fussé-je donc un des vôtres!
On comparera ce que j'ai dit Arabica V p. 154 et s.
et Kampffmeyer A V Pb p. 48, à propos de l'idiotisme
4) Pour \yj>y*i .
2) On dit en Datînah: iC^vlxaJ! ^jcj (J^oj) ^^ ^ tiV^^
ou bien Axfc* Li (j--^ Vr^ cr» ^^o • Voyez phrase analogue
chez vStumino Malt St, p. 93: tauwa-rra wugheli fi niàser.
479
Et Tétymologie de ce mot? Dans mon Arabica V p.
15-4, je me suis carrément prononcé pour ^' , fils.
Kampffme^^er y voit "la conjonction sudarabique" j + ^i
p. 48, mais, quant à la première, il n'est pas sûr de
son fait, p. 53 en bas. M. Hartmann LLW p. 109,
soutient que ^ est une défiguration de byn ^^-o. Je ne
mentionne cela qu'à titre de note gaie ').
Du moment que j'estime que le mot veut dire /?/§,
je n'avance rien d'osé (Kampffmeyer p. 46 et note), en
disant, que la vraie forme est ^^^ car le classique ^^î
n'est que la racine ^ avec voyelle prosthétique , té-
moin le pluriel j^, j^ pour ^^^, ^-.yo . Si l'étymologie
était, d'après Kampffmeyer ^^' j , contractés en b i n ,
comme benn[i], benn[ak] etc., peut-être^ de ^'u , je
demande pourquoi on ne dirait alors jamais binnekom,
comme innekom, 12, ae. Les dialectes n'ont du reste
in que dans un parler rapide, autrement c'est toujours
inn. C'est à cause de cela que je note quelquefois in,
p. e. 9, 2, s; 10, 2; 11, 25; 12, i, 13. On dirait dans ce
cas indiscutablement aussi binnëna et non pas bina.
Cette dernière forme au lieu de bin-na, et qu'on pour-
rait comparer à certaines combinaisons morphologiques
de la grammaire classique'), se confondrait avec benna,
1) Si l'on veut admirer les connaissances de ce réformateur de
rislàm, on n'a qu'à lire le stupéfiant commentaire qu'il donne p.
109 sur les mots bannit fîh. 11 ne se donne pas môme la peine
d'ouvrir un dictionnaire. Cf. Hdr. Gloss. s.v. .y .
2) Cp. Hamâsah p. 140, ': ^gJ^j^ ^ et i. 4: ^^^yli .
480
peut-être que nous. Mais l'impossibilité de rexplication de
Kampffraeyer ressort le plus clairement de l'emploi obligé
du parfait à la 3° personne masc. du singulier. Si nous
disons donc .L« j^njo , il faut que vouz partiez^ je ne
trouve pas que la construction grammaticale soit ex-
pliquée par .'uAv j»XjÇ , car le verbe est en l'air et n'est
régi par rien. Je veux bien que la construction soit ar-
chaïque, mais elle est fixe et invariable. Les anciens
ont bien construit leur phrase d'une façon logique. Cette
logique nous échappe si nous admettons l'étymologie de
Kampffmeyer. Avec la mienne, le verbe a du moins un
regens: ^^\ . Eu égard au rôle que jouent les mots ^^1
et _^1 dans les jurons et les imprécations, je ne vois pas
d'impossibilité à ce que ce mot ibn puisse aussi figurer
dans la construction en question. Les deux mots sont
même juxtaposés dans la phrase .L« ^^t ^'^ p. 477, 7
et note; cf. p. 476, is.
Qu'on lise ce que j'ai déjà publié sur ce sujet dans
mon Arabica V p. 153 et ss., et l'on saura peut-être
donner une solution définitive à une des plus grandes
difficultés de la phraséologie sudarabique. Je fais obser-
ver que les Arabes eux-mêmes m'ont toujours expliqué
cette construction par dVJ' ^p etc.
Au même endroit j'ai mentionné une autre construction
qui est encore plus compliquée: iAj ou ^iSj avec les
suffixes. Kampffmeyer en a aussi traité dans son mé-
moire suscité. Il fait venir lXj de ^\j en disant que dans
lo sudarabique (il veut dire sabéen) les prépositions sont
employées soit seules, soit avec l'addition de j> ou o-i,
481
comme conjonctions, et il compare l'éthiopien ba-za,
pendant que. Je n'ose pas encore me prononcer sur
cette manière de voir. En tout cas, la difficulté est la
même que pour la construction avec ^\ à cause du
verbe au parfait. Le maître de Leyden veut que ce
soit l'ancien Jo, qui peu à peu aurait pris le sens de
js.'j 1> , comme \.Z^ et Ulw "::! (communication). Mais le
o n'est jamais double. Ahmed b. 'Alî es-Sâhimî d'Ahwar
dit dans une qasîdah:
L^' ^^ ^^J^ «3Î^ ^^ ^!
C'est que c'est une noce, et il faut que je m'y rende,
[et si im crieur se fait ente^idre,
?ious nous joignons à ceux qui y accourent ^)
Dô%n a dit:
Après la mort de mon oncle (ou étant avec mon oncle),
[nous ne manquons pas à notre devoir ;
il faut encore que nous nous entrechoquions avec les
[lumières noires des fusils.
Bidi qâl lilkunt, ^e Ze dirai certainement au comte,
dit un de mes datînois. On pensera bien au biddi des
Syriens = ,j=o_^ des Bédouins du Nord, Arabica V p.
1) Les Datînois, qui n'ont pas cette particule, disaient ibni.
jSa était prononcée me^àr par les Datînois et ineqâr pai' les
Aulaqites. Le poète veut dire (ju'il se fourre partout.
482
156, mais que faisons nous alors du parfait Jj' ? Ce l\j
est seulement usité au nord et à l'est de Datînah.
Enfin, je perdrais il ranno e il sapone à m'étendre plus
longtemps sur ces idiotismes et je l'aisse à d'autres,
plus savants que moi, à me mettre dentro aile segrete
cose *).
Puisque Kampfîmeyer a englobé dans ses recherches
la particule bann, j'en parlerai ici, ainsi que de quelques
particules de la même catégorie. Je trouve dans mon
grand recueil de poéies les deux vers suivants d'une
qasîdah :
«^L^ b Le ^1 ^3^- ^^— ^ \yJï
On dit que E. a dit (de moi) que je ne veux pas
[l'égaler.
Quelle honte pour celui qui prononce un mot qui
[blessera!
Ou bien Sàleh Va dit, s'étant peut-être fâché contre
[moi lorsque j'ai rappelé
que l'homme qu'il a tué ne sera pas vengé ^).
Ma la bànnak min "^Ôleh, est-ce que tu ne serais
pas des "Olah? = inn bennak ou kinnak. Dàn-
nena bâkir bâninzil, noiis descendrons probablement
1) Dante Inf. III v. 21.
2) 11 y a ici une faute de mètre.
3) C'est à (lire, que Sâlch ne vaut rien.
483
demain matin vers le Yéman (Aden). La dàDnehom
ahël fëlân, ne seraient-ils pas les gens d'un tel? =
kinnehom ou la kînnehom. Waîia ma la den-
n a k min "^Ô 1 e h , par Dieu, est-ce que tu ne serais pas
des ^Olah? Dènnah Ijifi bègi liâna, 7non frère vien-
dra peut-être ici = dan n eh. Walîa inn denn hû'i
gâ,^ par Dieu, mon frère est peut-être venu.
Daun ashâbi fi "^Adan, mes compagnons sont peut-
être à Aden ■=. la daunehom. Dauna^)balesîr
el-yôm, nous partirons peut-être aujourd'hui.
Kinnehom giV, seraient-ils venus? = je suppose
qu'ils sont venus =z binnehom gû' z= la kînnehom
gû". Kampffmeyer AVPb p. 3. Nous lisons dans Boh.
IV p. 182 (B. Qissat Zamzam): jo-^î ^K JU» JjLc ^x. ^
o — j 0
j»jLi o^ v^^j Alî passa à côté de ynoi et dit: L'homme
sera un étranger? — Je dis: Oui. J-^jCo" ^U'i", tu ne
me reconnais donc pas? Masoudi, Pr. d'or V p. 19.
Il y a donc quatre mots qui désignent la môme
chose. On peut aussi s'en servir seuls sans les suffixes.
Bann "âd ahtfi makanah filfisëq au bannah
''âqil, est-ce que mon frère est encore dans la débauche,
ou bien serait-il (devenu) sage2 Daun wiiq^'at bi^ em-
wà'ak, j'ai peut-être la fièvre. Cela a la même portée
que ^j- L , Prov. et Dict. p. 445.
1) l'as (làunena, et comparez bina ponr bin-na p. 477 et s..
2) i^j^ > peut-être, ne fait pas paitie de la phraséologie bédouine
du Sud. Peut-être tout court se dit «j ou efV^ , comme l'italien
sarù. Voyez GIoss. s.v. ^L> .
484
Nous avons vu que bann est probablement = bi-
ann. Dan n est sans doute aussi une composition ana-
logue avec d , peut-être la particule démonstrative ô .
Kinn est assurément ka-inn. Tous peuvent être pré-
cédés de 1 a , qui peut être remplacé par i n n , excepté
avec daun: la bann, la dann, la kinn, la daun
ou inn bann etc. Reckendorf, SV § 129, dit à propos
de ^^J^•■ „ Comme la négation "^ dans cette particule ne
donne point de sens, il est à supposer que l'a est con-
tracté de ââ, et nous aurons par conséquent *lââ-
kinn a, où l'on reconnaît sans difficulté la particule
affirmative la. On peut en outre en détacher àk et
inna et l'on aura dans le premier l'hébreu ~N. Donc,
une particule qui véritablement accentue avec force ce
qui suit." Cf. Zimmern VGSS §59e et f. Si la est
ici affirmatif, inn l'est aussi. Les deux affirmatifs sont
encore vivants dans le Sud; v. le Gloss. s.v.. Il est vrai
que les particules en question sont plutôt dubitatives,
mais c'est un dubitatif affirmatif qui laisse supposer
l'existence de la chose énoncée. ^Us ^^ ^ est bien
o
mon châle est peut-être perdu = Ajo v^L> , mais avec
l'idée qu'on le croit vraiment perdu. Ces particules
m'étaient toujours paraphrasées par ^^^ (qu'on connaît
o
d'Aden) et son synonyme o'u=>, peut-être, pour ^_i'3-î , je
crains.
On comparera kainn, avec ou sans suffixes, si usité
dans les dialectes d'Egypte, de Syrie, de l'Arabie du
Nord et du Yéman, et qui est le même mot, non con-
tracté, que notre kinn en question. J'en ai parlé dans
485
Arabica V p. 153, et Kampffmeyer o. 1. pp. 3 et ss. a
tort d'y corriger la traduction de Barthélémy et de
Tantawy de ce mot. La phrase de Tantawy Ji' xyû' c>oî ,
o
tu la connais doiic, est exacte, et ^'i^ , ou plutôt ^^1^ , y
est à sa place, aussi en Syrie.
13, 13: Il y a had et h u hadd. C'est qu'il y
a les deux formes, selon que l'accent repose plus ou
moins sur le mot ou qu'on parle plus ou moins vite.
3o est répandu dans la plupart des dialectes arabes,
même bédouins. L'aphérèse initiale se rencontre aussi
en araméen et en hébreu, Kônig L H S II p. 479 (3, et
le néo-syr. a ^^, Nôldeke, Neusyr. Gr. p. 88.
13, 17: ra'ni. Un datînois rencontra un juif, à qui
il dit: ismil, prends à gauche. Le juif, se croyant
dans ed-Dâhir ^), répliqua: ma*^rif ismil, je ne sais pas
prendre à gauche. Le frère du juif lui dit alors: Ismil,
rà'^ak fi Ard ""Ôleh, prends à gauche, c'est que tu
es dans le pays des "Ôlah. La tôkol si minneh, ra'^ak
bâtëbùwis minneh, 7i'en mange pas, car tu e?i seras
malade. El-yôm ra'na raqafna min em-bard'^)
nous avons tremblé de froid aujourd'hui.
Dans cet ouvrage, nous en trouvons les exemples
suivants. Ra' fîh edgâm kamedgâm Neyfân,
c'est qu'il y a des crêtes comme les crêtes de N., p. 76, s.
Ra' min qutil yislahiV lal.idah, voilà qu'on prépare
1) Datînah, le paj-s des olali, n"a pas de sultan comme eil-pâhir,
et l'on n'y a ])as besoin de rintermédiaire des Juifs, vu la proximité
d'Aden et l'esprit entreprenant des Datînois. Les Juifs y sont fort mépri-
sés, et on les force toujours à j)rtsser à gauche lorsqu'on les rencontre.
2) Et non pas bard. On dit de même kalb, chien, g a mal,
chameau etc., ce qui est à noter.
486
;« fosse de celui qui a été tué, 117, 23. Win-nasâwîn
ra" nicV si '^aleyhin qasà'', c'est qu'à l'égard, des fem-
mes on ne saurait avoir de la dureté, 105, 1. Wen-
Nasiri ra" lieyr lat-tabb ahrién,h, quant aux Nâ-
sirites, il vaudrait mieux qu'ils fassent sortir le j^oisson
(de la tribu) 111, 2. La r a^n i m u 1 1 r= in k â n m u 1 1 ,
je serais certainemetit (i) mort, 86, i et note 1. Ra'^ni
''Awad, je suis '^A., moi! 145, ir.. Rahha teqîleh
mitël heyd es-§errîeh, c'est qu'elle est lourde comme
la montagne d'es-S. 108, 12. Ràhhatwàsset, la voilà
qui s'est relâchée, R a h h 0 m t e 1 â t a n i y â m , ils sont
trois qui dorment déjà, 8, 25 et s. et 181 note 1.
Ra^îha^) sâbtis gelîleh, voilà qu'une halle t'a blessée
{touchée) 81, 8.
Heydarah b. Mehdî el-Murquéî lança ce zamil mordant
à l'adresse du sultan des ^Awâliq es-Suflâ dont on était
fort mécontent :
0 sultan! nous viendrons chez toi, si tu es encore
notre [bon] sultan^
Sinon tu verras un événement se produire sur le sommet
d'el'AMf^)
1) Où le pronom se rapporte id*i> .
2) Ces pieds [nâk, lîb] sons rares dans la poésie.
3) Sens incertain. Ces poésies sont des Bâ Kilzim, qui ont un vo-
cabulaire à eux.
J
487
S'il y a des changements dans tout ce langage (que
[tu nous tiens à tort, c'est bon),
Sinon, tu verras le flot heurter tout rivage ').
Le sultan riposta par ce zàmil:
v>^ l5^ l>'3 r^^jj-^- ''^^-^j^ls
0 Heydarah, fils de Mehdi! C'est que l'événement est
{arrivé:
B faut que tu le fasses entendre à qui a l'intelligence
[bornée.
Le tonnerre gronde^ et qu'est ce qui peut lui faire face?
C'est à peine si l'homme courageux chez vous peut
[s'écrier: Grand Dieu!'}
Cet inapératif est conjugué: ra^i (fém.), ra^u, ra^èyn
(fém.). Il correspond au nordafricain râ ^) et fait comme
lui office du verbe être. Seulement, il y a toujours la
4) = si tu ne te conduis pas comme il convient à un sultan,
nous te destituei'ons.
2) Sur l'expression 3' a latîf à cette occasion, voyez p. 320
note 1.
3) Stumme T Gr p. 145 et MGT p. 239; Doiitté T 0 p. 68;
Marçais Gr p. 122 et s s.. Il y a cependant la différence que les
dialectes sudarabiques ne connaissent pas les formes râlii = râha,
et râhna = râna. Hartmann LLW p. 55, 8 d'en bas: rîtûne
râna gti'^ne = 1 *»iTi cXï jyits.'': . Hartmann s'est fait la spé-
eialité de donner des textes, recueillis entre deux tartines, sans les
traduire. Il les comprendra peut-être, lui, mais non pas nous autres.
35
488
môme idée que dans le français voilà '). Il peut, bien
entendu, être suivi de n'importe quel nom à l'accusatif
comme objet: ra' em-raatar yehdil, voilà que la
pluie tombe fine.
J'ai trouvé ce même ^' dans le sud de l'Algérie, chez
les Ulâd Nâil, ce qui est à remarquer à cause de l'ori-
gine de cette tribu. Comme le classique ^c. doit être
une prononciation plus gutturale de ^;:i., du moins dans
quelques acceptions ^), c , me paraît bien dériver de la
même façon du classique ou -s devenu râ en Afrique.
Le verbe ^. , a, existe bien chez les Bédouins de la
Syrie dans le sens de voir: gàllu: ma ""andak ne-
ras si 1 y a mo^azzib er-Rohman? Qâl: èr'^a es-sâ-
bùni uelma" ràssil yedk, (un bédouin venu à Damas
où il fut régalé) lui dit: ,^N'as-tu pas quelque chose
pour me laver, ô amphitryon du Rahmdn?" Celui-ci
répondit: ,, Voilà le savon et l'eau, lave-toi la main,"
5aurân. ^.î me fut ici paraphrasé par „-ui, regarde!
^)^ est chez Hartmann L L W n° 16 Str. 5 v. 3 et p.
67, voir '). Dans le B Z G C A p. 76, Nôldeke traduit
jjl'impersonnel" J. par erhlichen, sehen, tandis que Fùnf
1) Littmann compare (communication) le siidpalestinien hai'ûto
= Yt'-rusiil. haiyô. Dalman PD p. 32 note . 2 dit: »hai'i oder
ai'^i, sielie, erinnert an harê bez. are im Hebraischen der Misclina
und dem targum. Dialekt. des Aramiiischen."
2) Pour (^. et (^K , comparez le français considérer, avoir
égard, l'italien aver rir/iiardo et l'allemand Bi'(cl:sicht nehmcn.
3) Le cy?^' ^î; de Ilodeyl , Wellh. n» 249 v. 3, est bien re-
garder, observer les étoiles.
489
Mo^llaqat il traduit le v. 14 de la Mo^all. de 'Antar par
merken '). Je crois que r,\ a partout ici son sens ordi-
naire à' effrayer^ car un verbe c! , voir, m'est inconnu.
A ces ra" et râ correspond le tara ou tara inn des
Bédouins du Nord. Ils l'appellent p^lXi ^^o^" .
Dans l'histoire de Tîtâb, en dialecte de ^Oneyzah, j'ai
noté: BaM ma màda min ez-zamân ha m s u^asrîn
sèna ràzau el-Bisër ila gihat Negrân fawaga-
dau gurb al-hey atar ibël, fadàwaru "a la elibël
fawagadu atar sahs yèr^a el-ibël uyagûd fa ras,
fanizal ahù'' Tîtâb M oh. I. Buheyyit u nazar
atar es-sahs râ'^i el-ibël, ugâl: yâl Murra waita
in hâda atar Tîtâb au atar wulèdu, fnàzaru el-
gôm el-atar, sàhdu ^alîy, fagàssau el-atar fa-
wà^adau râ^il-ibël. Gâlûloh: entîbën min? Gâl:
ànîbën fiilân el-Radbâni, wantum, ya halràzu,
taràkum duyûfi. Faràhu m'iàh ila bêtu. Après
que quinze ans furent écoulés^ les Biér firent une incur-
sion du côte' de Negrân et trouvèrent près de la tribu
des traces de chameaux. Ils se unirent à la recherche des
chameaux et trouvèrent des traces d'une personne qui
faisait paître les chameaux et conduisait une jument.
Le frère de T., Moh. fds de B., mit alors pied à terre et
regarda les traces de l'homme, pâtre des chameaux. „0
Mourrah!, dit-il, ce sont là, par Dieu, des traces de T.
ou celles de son garçon." Les compagnons regardèrent
alors les traces et s'en portèrent témoins. Ils suivirent
1) KA 10 p. 52 I. 0 (J'en bas. ULx N( ^\^ Lo . Cette tnurmirc
avec c'. correspond à celle-ri: ^yo ^! |y)iAJ5 •^ ^^f c>À.^ -*■•,
vttili) tpit: tous avand:renl sur tnnl^ "^Ana/î.
490
les traces et trouvèrent le pâtre des chameaux.'' Le fils
de qui es tuf" lui demander entils." „Je suis le fils d'un
tel le Radbânite, et vous, compagnons de la razzia, vous
devez être mes hôtes." Sur quoi, ils allèrent avec lui à
sa tente. Ici ^! J me fut expliqué par *Jlx^^ ^jjx. q»X>.
Un "^Anazî et une 'Anazîeh s'aimaient: il lui dit'):
^ "^ o
: vi>J'ï . Uj ^v-JLo" (jii» 'jA-Xé-jUig' : u^ ^^^Ji . i^z/jl ^-.j-, ^^l-^;
*^ ^W^ l'^'î^' "^ JW^" -^J-^^ dVjW ,-^î Aj." d^Ji*jy> j.îj
„Donne à boire à ce cheval." — ^Volontiers, répondit-
elle, et tout ce que tu voudras." — Je lui dis alors:
„Que Dieu fasse vivre ta parole!" — Elle dit: ,,0ù est
ton pays? où est ta famille?" — Je lui dis: ,,Que veux-
tu de ma famille?" — Elle dit: „Je veux ton bien: c'est
que tu es un brave homme, toi!" — Je lui dis: y,Que
veux-tu par cette demande?" Elle dit: „C'est que je
t'aime et je veux m'en aller avec toi, et, par la voix de
Mohammed, je ne te cache rien," "^Anazî. :" sAc j;.^ Jï
iJàlb 'ujj v^^ L) î.jCi^! 'yo, Il dit: Qu'est-ce que cela fait?
Allons, témoignez, ô Bédouins: la voilà qui est déjà repu-
diée, A nazi. *jc<j Vj \j j Jujt!' _i;' .1* , Allons, achète
l'esclave: ne le voilà t-il pas sa dernière chance, "^Anazî.
v_,»»<jij" L»— ,*-*-) J'r-J" J»; \^^yJi^ L« ...'3 (jiL^wO J»; ^^^/JiJii ..!
i) Voyellement d'après la prononciation du bédouin.
491
^j.,..»^). Si tu vois une silhouette à Vhorizon, nous pren-
drons la fuite, et si tu ne vois rien, c'est que nous res-
terons (ici) jusqu'à ce que le soleil se couche. ^^ Jï
dit: Où est le Bédouin qui a enlevé la fille? Il répondit:
Monsieur, ils sont aie hân.
Dans le récit d'el-Hôtrôbî, je trouve ceci: Sellim ''a la
el-Hôtrôbi ugiiUuh: hawîyetak illi edharàtak
1 a e 1 m à g^a d 1 a'a n d e 1-6 e r b a e t g ù 1 1 a k : a n a t a r â ni
hatt min ehtût "a bâta k. Salue el-H. et dis-lui: Ta
sœur qui fa fait paraître dans le compartiment de ré-
ception devant elé. te dit: Je suis, moi, une raie des
raies de ton manteau, ""Anazî. La célèbre qasîdah de
"Agâb, citée p. 426 et s., porte ces vers:
a-"
Envoie-la à Muslit, héritier des victorieux: il est à
[court d'exploits, s'il veut venir contre nous.
Dis lia: nous sommes en train de marcher contre toi;
décampez de votre abreuvoir, qui est devenu notre eau
[à nous.
In a n'a m t u 'a 1 e y n a t à r a m o r â g âM i h â t è r k u m ,
si vous nous faites une faveur, c'est que cela vous sera
compté comme une gracieuseté, ici 30, 23.
Le récit d'un 'Oneyzite commence ainsi: ^ AcLs ^1^
492
\ï^ \^ju AcJi xJ ji Li j.^^3 ..."^li x>5; 'AP [yï^ Li^c. vXio^
^y cf^. ^-r-' J^j ^'/ (i^jr^ -ij) o^ l^ ci^l, ^^Lc j^îy
JwJi ^xij" Ljoc ^p:Jax). (^c^zd b. Miglâd était le chef des
el-'^Imàrât, des "Anazeh. Il vit une femme des "Anazeh
dont il devint épris et demanda qui elle était. On lui
dit: ,^C'est la femme d'un tel." Dès le lendemain matin,
QâHd convoqua ses Bédouins et leur dit: ,^C'est que vous
partirez en razzia, et toi, un tel, tu seras mon zam-
mâl," c'est à dire, tu monteras mon chameau pendant
que les chevaux (cavaliers) font l'attaqiie.
Qu'il me soit ici permis de parler de quelques autres
mots analogues qui ne sont employés que dans le Nord,
en Syrie et en Egypte. Dans les exemples cités, au
lieu de p. e. tara ha, on aurait partout pu dire atâ-
rîha,(atarîha),târîha,(tarîha),atrâha,atrîha.
Les formes entre parenthèses ne sont que des variations
de la première. Exemples:
1° ^^'j1 — ^,Jii:> Joîj (Aj.'j! c>o! b, voyons, tu es
donc un querelleur, toi, Bâsim le Forgeron éd. Landberg
5 ù
p. 16, H. ^Lo^ ^J^ ^Jr^'^ »^y^ jvj'j ^^.■*'^, je croyais qu'il
dormait, et le voilà qui est éveillé depuis longtemps,
Caire.
A Jà" (liw) •^^^ ci^xiîj *-s^--> o-=^f-
Il fronça le front, se tourna vers moi et me dit:
Mais c'est que tu es un 7iigaud insiinde et un étourdi.
E.s-.^abràwî, Himl Zagal, Caire p. 6, 21.
493
[jjsLw [^jj' -i^v^î-^' j- (*T^ lA^' si:^^» i^ SW25 allé les
chercher à la maison, mais voilà qu'ils étaient déjà
partis, Damas.
En Egypte, on peut remplacer ,sjjt, qui y est aussi
usité, mais ne figure dans aucune grammaire, par ^Jj\,
dont on trouvera des exemples dans la Grammaire de
Spitta p. 179 0.
;j;y-j1 , je croyais qu'il était cinq heures, et voilà qu'il
n'est pas encore deux heures, Caire. *jjj ^^'J 'ij«.;jij! Lu=>,
wo?<5 sommes venus chez lui, et voilà qu'il dormait, Da-
mas, Wetzstein ZDMG XII p. 124 note.
Il y encore deux autres particules qui entrent ici en
ligne de compte:
je suis allé à la jument la croyant eti train de paître,
et la voilà qui dormait, ^Anazî. Cela me fut paraphrasé
par i^-lj Lfs'^jiS. c>ou\x U dVj.j' , voilà que tu n'es pas
encore parti, ZDMG XXII p. 123 note, /'w^t ^jj\
j)JJI '^ »^j^ .^^Â^ , ainsi, les soldats continuèrent à
marcher tout d'un trait toute la nuit, ^Anazî, récit de
1) Qui le (li'iive de j^gj^^^'l . Cela me paraît suspect. Les savantt;
indigènes le dérivent de v_j loi , car on dit aussi 'J>' en Egypte ii
c6té de !v3' . Le o est itiononcé O et ensuite cj . Mais pour moi
l'étymolopie en est encore obscure. Cf. Hartmann Z A 19 p. 364 et note.
494
Hôtrôbî. Le mot en question me fut ici expliqué par
JJI3 . D'autres exemples Z D M G (Wallin) VI p. 205,
11; ibid. XXII p. 123 note.
4° o^ii' . — Aciî ^j"l-j1 «^* , il entendit^ car il était
^ 5050 ù^
éveillé, A nazi, odjw ,Uiî 'Msy^*^ )JJi J^y^' W f^- («y.
iAaxj ^^ xjLâj'i-ii ^j:o.!^l o'^'. ^o.î^_^ yJî, il regarda alors,
et voilà que la mèche était allumée (et luisante) comme U7i
petit morceau de charbon incandescent. C'était là un homme
armé de fusil (chasseur). Il se trouva que cet homme l'avait
vu de loin ZDMG 22 p. 75, 9. Le bédouin de Wetzstein
l'expliqua par ^Lli!!^. — j^ \j .Lo ^yC:^ aÎ Ji^. tJu
mença à lui raconter tout ce qui lui était arrivé, d'un
bout à l'autre, et voilà que la même chose était arrivée
au Chammarite qu'au Khâlidite, ibid. p. 75, is. Ici un
'^Anazî m'expliqua le mot par ^V^UI . Je te croijais bien
portant q>L«- e^J'U"'^, mais voilà que tu es malade, ibid.
p. 123.
Quant à la signification de toutes ces particules, il est
à observer qu'elles ne désignent pas seulement l'appari-
tion subite et inattendue d'une chose, ou souvent l'anti-
thèse, mais aussi la conséquence, la situation continuée
ou la raison d'être.
Je crois que ^J:.^j1 n'est qu'une prononciation pour
^^iji et que ^J3 a simplement perdu son a initial. En-
suite l'a est devenu a. Une contamination avec ^cjJ
n'est pas exclue. Elle exphquerait la forme atrâha ■=.
tarriha. Dans ki forme aWjT^, qu'on entend aussi, le
495
premier a renferme le démonstratif vulgaire T qui
correspond au classique L? .
Quant à l'étymologie de ^y^ , Wetzstein ne tranche
pas la question. Il dit, o. 1. p. 123: „C'est probablement
un pluriel JL« de S) ou ayî avec le ^ , souvent attaché
en annexion aux particules chez les Bédouins; on dit
LuJs^ , fôqîna, sîir 7ions, et Af?^ > tahâtîk '), sous
toi etc." Le pluriel de y' ou y^ est yï, aussi chez les
Bédouins, et si l'argumentation de Wetzstein est plau-
sible, elle expliquerait bien la forme âtârîh. Pour
o'yî, il s'exprime ainsi: „Je le considère originairement
comme un pluriel de àii, nom d'unité de S) ou de .iî ,
la trace, la signe visible, qui provient d'une personne ou
d'une chose." Cela parait probable.
Ces particules n'existent pas dans le Sud.
Tarey, fém., 121, 6, est le même mot, mais il n'est
pas employé ici comme particule démonstrative ; il peut
être ici remplacé par l'impératif ra'i ou sa'^i (ra'ày,
éa^y). Stumme, Beduinenlieder, traduit tara, Gloss.
S.V., par wohlan, also, drum! ce qui ne serait pas
tout à fait juste pour les dialectes de l'Arabie, vu que
son emploi n'y est pas exactement le même. Nous le
retrouvons cependant en Algérie, Bel la Djâzya p. 75.
J'ai déjà fait ressortir dans mon L A p. 62 que c'
et ^ font le même office que les affirmatifs ^^.,! et Jo .
On peut donc souvent traduire la phrase par déjà
1) Non, on dit tahtîk. Ce renforcement de la voyelle sous
l'influence de l'accent se trouve aussi dans le dialecte égyptien.
496
jJls 5!. , Algérie, r= ^^ kcj Dt., le voilà qîii est parti,
est donc = il est déjà parti, .L- xj' ou .'uw ^jo (Hdr
svAi) . -flj?- Mi,, il est déjà venu. Hartmann LLW n°
25 Str. 2, a: râssôb ma fîh sê''aib, qu'il traduit
bien par: die Liebe, bei der ist icirklich keine Schande,
vu le caractère afflrmatif de ce mot.
L'impératif ^ a été traité dans mon L A p. 62 et
ss.. Il est très courant dans le Sud. Eu voici des exem-
ples, tirés de mon grand recueil de poésies populaires
du Sud, voyellées selon le chant.
C'est que ton ami n'a pas une ocque (de poudre)
dans son attirail de tireur, et l'ocque de poudre
ne vaxit pas le poids de la rude mo7itagne.
tX-'é yJL J.L_*_j' dV_l4' ^c-^ ^^-^'
Moi, ton fils, veux-tu me nuire de propos délibéré''^
C'est que l'ocque (de poudre) vaut dans la balance un
+ [bahâr.
-, ^ ■ - ^ -■ ^ '-
(y_^i ^J^\ ^ v;'^--^' ^r^- ^
\) Obs. la prononciation ôqieh.
2) *i^! est substantif, et v—j.Lca^l est l'objet. 11 faut iieut-étie lire
*J^ comme adjectif, mais la rime est en a m.
497
Ne voilà-t-il que tout chef, lorsqu'il est engagé
dans son entreprise^ fera sortir la migraine de la tête
[malade.
Dô^an dit dans une longue qasîdah:
y>
J.-^^!^ s^^jJ^\ 3y-z ^c-^. '^-
Je ne dévie pas comme toi de la route, et tu as
coupé la corde (du puits) lorsqu'elle vient sur la mar-
[celle et la poulie.
Sache que celui qui dévie de la route est enterré
à côte du ciynetière ; il se sépare de ses amis et ... .
Faisant suite au verset à la page 330:
L5 '■"
Sinon, raccourcis le parler, car le parler est [une
[cause de] blâine (désagréable),
quand même tu sentirais une souris dans le foie.
_vvJi^iJt ^ e5^^ .,J^^
C'est que mon pays se trouve dans les contrées orien-
[tales,
et nous {=. je) tenons à avoir de quoi payer nos dettes
[avant le coucher du soleil.
1) Chantô fak-kî-eli, mais la dernière syllabe n'est pas métri
queraent très juste, car le poète la considère comme brève.
498
,o - ^ ^ -o^
oli ...LcjJj ^exilai! ;? ;_c: >— X—i: !Si.>^
Z^a renommée de I. Lanças le Marba^ite monte toute
valu : sa pique a bien mis en branle et- Tarah,
et le mont Nûmân tremble.
A
0 Ibn er-Riclâ% nous voulons avoir 2m poste de garde
[placé dans le pays.
Des Bâ Diîjêbân, il y en a qui a pris la route de la
côte (pour aller à Aden) et qui est parti (pour
(un autre pays de l'Intérieur).
Dô'an dit:
^j-*LftJb ÂJ>-*^ LLjl\-==- -J-*-^
Nous avons déjà pris Ga'^walah avec la poudre qàmizite,
qui détonne du poste de garde des (aux ?) quatre angles
Le même:
1) = oLii . Les dialectes de toute la Péninsule, de même que
celui de Syrie, aiment beaucoup l'accouplement de deux verbes si-
gnifiant partir, s'en aller, en guise de «jj'-^ • C'est un long clia-
pitre à écrire.
2) = ij^^s^' , oii l'a initial tombe.
499
Cest que je me charge des fardeaux des forts chameaux :
Ne s'effraie que celui qui n'a pas de chameau à sa
[disposition.
Le même:
,, , ', , ; , +
Je ne lui ai rien dit: elle forme encore l'accès de Kalad.
Depuis que nous sommes partis, c'est qu'ils sont, les
gredins, (encore) pleins de perfidie.
Le 'omânais sa -f- suffixes, R 0 p. 149, 2, 272, 6 d'en
bas, et souvent dans les textes de Rôssler, M S OS, et
qui correspond à c. et «^ , m'est encore obscur, quant
à son étymologie.
Dans mon mémoire L A p. 63, j'ai dit que les dialectes
méridionaux ont aussi le verbe ^yt^" , voir, regarder, et
Jj^^jt^", nachsehen. J'y ai comparé le babylonien éeW^),
et l'hébreu n)W , ayant le même sens. Nôldeke Z D M
G 59 p. 418, émet l'avis que ^JJt^ et nr^ ne peuvent
pas avoir de corrélation, car le (ji arabe correspond à
un tf hébreu. Il y a trente ans qu'el-Muzhir I p. 133
me l'a appris: ^i:^ ^i ^jy^^^ oT^^ ^' o^ ^"w^ ^ y^ Jiï
^\ ^"^^^ j^-^UJ. C'est là l'abc de la philologie sémitique,
et je me suis bien gardé de dire que l'un vienne de
l'autre. Le grand maître de Strasbourg, qui souvent se
prononce avec un peu trop d'assurance, a oublié que
1) Infinitif.
2) Delitzsch H W U p. 632. Winckler Gesetzo Hanimurabis Gloss.
p. 112. .lensen K 15 VI p. 304.
500
l'hébreu et l'arabe ont beaucoup de mots où le é est en
commun et qui proviennent d'une même source. Cela
est ici le cas. Le s assyrien peut faire s aussi bien en
hébreu qu'en arabe. Delitzsch A G^ §63 cite sa'âlu,
demander^ ^^"p , sûru, taureau, ilïï'. Barth Et. St. 46
et ss. a bien prouvé que le ïï' hébreu peut rester
{Je en arabe, surtout avec les gutturales. Pour ma part,
j'ai toujours trouvé que les lois phonétiques de nos se-
mitisants ont été formulées d'une façon trop absolue.
Elles ne s'appliquent guère lorsque les deux langues ont
conservé un mot provenant directement de l'ancien fond
sémitique. Vollers dans le Z A IX, Arabisch und Semi-
tisch p. 196 et 209, a bien exposé les faits tels qu'ils
se présentent en réahté ').
Je persiste donc à voir en ^ , ^<Jt^" ny**:' et s e^'ù la
même racine. Pour le syrien sa^^u, et, avec permutation
de p en „, sahha, voyez mon L A p. 62. Littmann
m'écrit qu' "à l'est de Homs on dit iqéahho" rr:
Jtijiî . «^cijs , voir, regarder, si usité en Syrie, en Mé-
sopotamie ZDMG 36, p. 15, 9, et en Algérie RMT
A p. 473, Bel la Djâzya, p. 75 (où aussi ^J^S) pourrait
1) On n'a qu'à parcourir Ges.-Buhl HWB sub lit '2', ('t l'on se
demandera à quoi servent les juxtapositions des mots hébreux avec
"^ à des mots arabes avec ^ji-, si un "2! hébreu doit toujours être
l'équivalent du ^^w arabe. Noideke lui-même," ZDMG 57, p. 418,
juxtapose ^'yi} et %ssi'' , et je ne crois pas qu'il ait tort. Le sudara-
bique -bv^i ou -tJiyii^^ji , promenade, course, provient d'un verbe
-bLw , inusité dans les dialectes, mais qui se trouve en hébreu et
en chaldéen tOltt': errer, rôder, courir par ci, par là, et qui a
donné l'arabe ua-wi .
I
501
bien en être un thème augmenté, comme ^^ , retrous-
ser les habits, et .^ , Syrie; Ja^-ccJw jj, vieux fripon,
de Ji^ , Syrie ; J.JJ jt.^ , J'ai la chair de poule, de
jtio , Syrie, et d'autres.
13, 18: eftâha. ^^, a, être clair, (langage) ^\ ,
parler d'une façon claire. Ift kâlâmals: Vf ou bikil-
lamak, parle-moi clairement. ^^"iS^ i^^jcàx ij', je m'ex-
prime clairement. Mais aussi simplement = ^^.:^ , pro-
noncer un mot, parler, comme dans notre texte. J J^S,
prononcer une sentence. oUc ^J^ , demander V explication
de quelque chose à quelqu'un == ^_c-^■L«^. • ov? e.«— '^ '
éclaircir un point litigieux, se prononcer sur une question
juridique ^) =r ,j%-j ^^^ ou J . ^^"'li = ^^ , clair, lan-
gage ou homme en parlant. Insân kalâmah fâti,
un homme dont le langage est clair = ^^ •^\^ . ji
est aussi habile, soit en parlant, soit en travaillant;
seulement à Aden dans ce dernier sens; actif. Wàllu
yitgâdalu ''and fëlân yiftùn el-kalâm luh uhù'
eftà' le ho m, ils s'en allèrent porter leurs griefs chez
un tel en lui exposant leur affaire, et il émit son avis. Dans
ces milieux, il n'y a ni qûdi ni mufti, et l'on s'adresse
simplement à une personne de marque pour trancher
un différend. On voit donc quelle est l'origine des ter-
1) Proprement faire de façon (lue quelque chose soit claire entre
les parties. Cf. ici p. .317 et note, Hdr Gloss. sub v. v_,*ii> .
J*;^^ (J^ ObL*< Jy*y' > ''' Prophète, fit faire une course de
chevaux. Bob. I 87; IV 31.
502
mes juridiques ^^p3l et ^j^- Mais je ne vois pas bien
quelle relation il pourra y avoir entre cette signification
du verbe et celle ^'être jeune, vigoureux.
Les Arabes ont peut- être considéré le jeune homme
comme étant seul capable de s'exprimer bien, ce qui
paraît s'ensuivre du joli récit d'el-Masoûdî, Prairie d'or
V p. 426 et s., tandis que les Hébreux tenaient le
^ pour \"!Ç , hênet, niais. C'est la manière diâerente
d'envisager l'utilité d'owmr la bouche qui a amené cette
antithèse sémasiologique ^). Dans Levy N H Ch W B 4
p. 157 nous lisons: „R. Lewi sagte: In Arabien nennt
man das Kind n\')D j<à." Cela doit être dans les milieux
juifs, car les Arabes n'ont jamais appelé un enfant jo .
La citation de R. Akib o. et 1. 1, semble confirmer cela.
13, 17, 18: wahi emsaut. Une phrase analogue
chez Bol}.: Kijoi o^'_^' oA^è, V, p. 93. ^£.=>», vulg.
^er>if ii^^i^ ^^^^ ^®^ suffixes wahyak (ou wahyik),
est un son en général, de n'importe quoi, d'un être
vivant ou d'une chose morte, voix, bruit sourd. Mes
Datînois prétendaient d'abord que wahi ne se dit que
d'un son perçu la nuit, lorsqu'on ne voit pas d'où il
vient. Cela est pourtant faux. Cette remarque prouve
seulement que le wahi est un son ou un bruit vague,
une perception indécise dont la provenance n'est pas
toujours certaine. Elle illustre bien l'acception dogma-
tique du mot et elle parcourt, comme celle-ci, la même
l
1) Nôldeke ZDMG 40 p. 735 dit: »Uebrigen.s ist noch reclit un-
klar, wie die verscliiedenen Bedeutungen des semitischen ^hq ,nnD
zusammenliangen."
503
échelle de l'inconnu au connu. Le c.>>^' ,^^5 est une
perception dont on ne connaît pas le point de départ,
tandis que s ^4^ ^^=>^ , la voix de la chamelle mugis-
sante^ est un son produit par une bête près de vous.
Le son des cloches, [j^-^^' bJucJLo ^) ou L-.-:srJ' oj^"),
que le Prophète croyait entendre correspond au premier
cas. Le tintement de ses oreilles était le wahi surna-
turel. Pour les orthodoxes musulmans, le wahi prove-
nant de Gabriel, avec lequel le Prophète avait de vraies
conversations, correspondrait au second cas. Pour nous
autres, la chose n'a pas changé de face. Le o^ que
le Prophète entendit venir du ciel, L Sa'^d I, i pp. 130,
131 et 132, Tab. I p. 1147, 1150, Sprenger L M I p.
331 et s., lorsque le wahi^) lui vint pour la première
fois, est une expression de l'esprit des Orientaux, nourri
1) Boh. IV p. 112; I Sa=d I, i p. 132, 3.
2) I Sa'd I, I p. 131 fin. — [j^^^ a classiquement le même sens
o ^
que notre ^jP-^; Tab. I p. 1234, '.
3) La Soûrah 74, v. 1 — 4 serait le premier wahi. C'est tout
bonnement la description, du Prophète lui-même, de ce qui s'est
passé après son retour à la maison de Hadîgah. Les verbes ji-> du
Qor. 74 et ^\ des Traditions Tab. I p. 1147 sont presque synony-
mes. Il faut savoir que les Arabes ne se reposent jamais sans se
couvrir pour éviter de se refroidir. Caetani, Annali dell' Islam, écrit
partout al-niudat 1) thir, mais le Qor. ])Oite -iA.1' = yii-XXiî qui
se rappoi-te au Prophète, tandis que -iiAl! se rapporterait à celui
qui le couvrait. On ne doit pas se laisser éblouir par les immenses
proportions de cet ouvrage, qui est plus ou moins une compilation
où la critique n'est pas toujour.s prédominante.
86
504
depuis des milliers d'années de l'ancienne théosophie ba-
bylonienne, qui n'a pas disparu à l'heure qu'il est et
qui s'épanouit en pleine floraison au sein de l'Eglise
chrétienne. De Goeje a tâché de fixer la nature de ce
premier wahi dans son mémoire „die Berufung Moham-
med's", NôldekeFestschrift I. Je crois qu'il faut en
chercher l'explication dans l'agitation intérieure du Pro-
phète, I SaM I, I, p. 132, 6 et ss . Mon Fadl elMeysarî,
malgré son séjour de sept ans en Europe et sous mon
influence spirituelle constante, prétend encore fermement
avoir vu des j.^ et entendu des voix dans les oj-p*.
Ceux qui n'ont pas vécu la vie des Bédouins ne pour-
ront jamais bien juger du début de l'Islam.
Le sens ci-dessus mentionné de ^^>-3 se rencontre
dans un vers de la Hamâsah p. 616 1. 2 d'en bas-:
Et si un vent pouvait' faire parvenir un souffle (son)
[de l'etivoyeiir,
Désireux d'avoir de tes nouvelles, je m'aboucherais avec
[le vent du Sud dans le défilé de la montagne ^).
Je ne trouve pas un autre sens de ^=>3 dans tous
les passages oîi il figure dans le Qorân.
La provenance supposée du wahi par excellence n'a
rien à faire au mot comme tel. La forme en est aussi
^J>*, . Une locution répandue dans toute l'Arabie, et
l) w^i> n'est pas tout à fait défili', mais un passage étroit, na-
turel ou non, dans une montagne ou un roc et où il v a, par con-
séquent, un courant d'air.
505
même hors de là, une exclamation de souhait et bien-
venue, est tiû>. ^c^ (ou ié)vp-5 ' masc.) ou ii]w>3 i^^a> ,
vive ta voix. LA confirme cela, XX p. 259, 15:
conformité avec l'usage bédouin d'aujourd'hui; cf. Dozy,
Suppl. s. V.. Le texte de Stumme, M G T p. 38, lo, porte:
y a râged, ràgged wahyek. D le traduit par: ScJiIà-
fer, du, hring lieber deine Phantasiererei m Schlaf!
C'est bien le même sens que partout ailleurs: ta voix.
Ugât ora-waldah ""a la wahi Sâleh, et la jeune
fille vint, guidée par la voix de S., 81, i. Tûhi si
wâhi kalb, entends-tu la voix d'un chien? Ana ôhi
wahi gâ'^ereh, j'entends la voix d'une chamelle qui
mugit. J'avais amené un datînois en Suède. Nous étions
dans une forêt qu'il appelait c>>.^i". «Pourquoi l'appelles-
tu ainsi?" lui demandai-je. ^,-:>5 k^ Le fut sa réponse.
Dans le charmant récit de Hôtrôbî (que je publierai
plus tard), en dialecte "anazî, je relève ce passage:
Qâl el-*'aqîd: sàuwid aiia garâk, sauwàttana
ma"" umm hal-walad. Entum èq'edum behâda (se.
makân) elyàma arûd wesûf in kannu ma r bût
usmà't luh wahi. Waî^:a mâfârqeh kùd in ni
àntoloh natlet ba^îr. Hase "a la el-'^Arab elqâ'id
udarahom kullahom, ma sàme" la e 1-w a 1 a d
wàhi. Râ' 'a la ràb'u, gâl: ma lagèyt lèh 'ôlëm.
Le chef répondit: „Que Dieu noircisse votre nom! car
vous nous avez noircis auprès de la mère de ce jeune
homme. Vous resterez ici afin que j'aille faire une re-
connaissance et voir s'il est prisonnier ou si j'entends
506
quelque son de sa part. Par Dieu! je ne le quitterai
pas jusqu'à ce que je l'enlève comme on enlève un cha-
meau." Le chef s'approche des Bédouins et les contourne
tous, mais il n'entendit pas un signe de vie de la part
du jeune homme. Il retourna auprès des siens et leur
dit: „Je ne lui ai trouvé aucun indice."
Avant de m'étendre sur ce substantif, je vais parler
du verbe j^^=>3 . Il veut dire en Arabie entendre, sentir,
percevoir, s'apercevoir, hôren, empfmden, fûhlen, bemer-
ken, comme l'italien sentire, ayant les deux sens. Dans
nos textes, nous trouvons : Y û h i e r-r â'i e ra-d à b é a h ,
le pâtre entend le po%if, 29, 13. Ye'ôss min l.ieyt
yûhiddamm, il tâte l'endroit où le malade a la sensa-
tion du sang, 46, 20. U la qad v\rahiha etwasset,
lorsqu'il s'aperçoit qu'elle s'est relâchée, 47, 19. Uwa-
hiyeteh, et elle s'en aperçut, 76, 12. Uhi' ma V7ahî-
etha éf, et elle ne s'en aperçut point, 81, s. — „JlZ«-
,*ji1j s. ^c^^ '-« vi J^-H^^i 1^^^ ^i samallag est la
viande et le manger auxquels tu ne trouves {tu ne sens)
aucun goût, insipide, ^^c■>y c^^->^ ' ^'^ entends le son, le
bruit vague. A n a w a h î t s ô t a k , j'ai entendu ta voix,
paraphrasé par c^ot,-w . D e 1 h î n b û h i ^) fi b a t n i , à
présent je sens des douleurs clans le ventre. ^K^li ^^ ,
ressentir une douleur. Ana basir Fahmân, but la'
fîh, vï^elfiît Sâleh em-Bedr uualli: sà'ah "agi"
il la la si tûl.ii zegà.' fi ergîlak, je vais au W.
Fahmd?i, où je monte; j'y trouve S. em-B. qui me dit:
4) Obs. le b avec delhîn, à présent!
507
„Mais c'est que c'est difficile^ à moms que tu ne te sentes
de la force dans les pieds." Wahît ma basàrteh,
j'ai entendu dire, je ne l'ai pas vu. Dari bil-kalâm
di aheyteb, je connais ce que j'ai entendu dire.
Dans le récit d'un ^Oneyzite, je trouve: ^yi ^' .y^.\»,
\Xaï£ ij^A^jf b Jyjj Css> c;^.>j:>3 ^^) ^i '^t-Aj-, I- Raàîd leur
envoya quelqu'un et leur fit dire : Si j'entends quelqu'un
dire: ô Iblîs!, je le punirai.
On voit donc que ^^*^ et ^jp>*\ sont synonymes,
comme du reste aussi dans la langue littéraire, LA s.v.
(où il y a ^^ pour le dial. ^c^»). Chez Hartmann L
LW p. 67 in fine, ^^*, est = oL=>; c'est plutôt la
sensation quon éprouve lorsqu'on a peur. J ^J>y ^ 43,
1 , ou ^c=>y^'^ [^= ^j-:>\jjJ] , attendre, z= J ^i ou J ^IsXj^\ ,
et écouter = ^-^ .
L'acception dogmatique de révéler est naturellement
secondaire, quoiqu'elle remonte à une époque bien antérieure
à rislàm. Il faut considérer le sens encore vivant chez
les Bédouins de ^^^*, [verbe] et de ^y>^ comme primaire.
Voilà pourquoi L A XX p. 258 in fine n'a qu'en partie
raison en disant: ^lsJ> ,% f^l L^ ijil'î j ^_c=>y'| ^«^[5
U>5 ^c'-f^j (.Ui'^S J^ dUioV^ ^). Cette croyance à un wahi
1) V. Kremer, Geschichte der herrschenden Ideen des Islams p.
225 veut que ce sens fût le seul connu du temps du Prophète.
Cela n'est qu'en partie vrai. Les habitants d'el-IIigâz ont certaine-
ment employé ^c^3 et ^c^3 de la môme façon que les Hédouins
d'el-Hi^âz encore à l'heure qu'il est. Les exégètes du Qorân, les
508
surnaturel circulait du reste dans les milieux arabes
avant l'Islam. Kous savons qu'elle forme la base de la
religion chrétienne, dont les dogmes ne sont que la con-
tinuation des mythes et de la mythologie sémitiques.
Omayyah b. Abî es-Salt, dont les poésies jettent une
lumière si intéressante sur la provenance de l'Islam dit ^):
(- «sUaï ^^ij^^^. ^y
v_;«r-»— o
^, ,:^>U
^U.-s^L o^---t-^.
fM d-i^
^^— J! 9^0 jLx.jk_*<^
collecteurs de Traditions étaient trop imbus du parler hadarî pour
avoir recours aux dialectes bédouins et tiop influencés par le sens
dogmatique, déjà ancien alors, pour voir dans le wahi du Livre
sacré autre chose que précisément ce sens. Lorsque nous aurons
collecté tout le dictionnaire bédouin de l'Arabie, nous aurons fait
une œuvre qui pourra dignement se mettre à côté de celle des As-
syriologues.
i) Su'aiû' en-Nasr., Beyrouth I p. 227.
2) Cela rappelle le Qor. XI v. 39 et XXIII v. 27: ^^1 U*.^^!
L>L<.:>53 LaJLacL tjXisJî «>-ot ...1 . — Je viens de lire le mémoire
de Schulthess sur Omeyyah dans la Festschrift de Nôldeke. Il est
précieux comme document, muis l'auteur a dû se limiter, faute
d'espace. Je crois que les poésies d'Omayyah sont pour la plupart,
si non toutes, autenthiques. Il faut seulement se garder de les con-
sidérer comme »i</ie nouvelle source du Qorân''\ selon la thèse de
Iluart, J. A. Juillet — Août 1904. Omayyah et Mohammed étaient
enfants de leur temps, imbus des idées en cours dans leurs milieux.
Si une partie de ces poésies est forgée, ce n'est certainement pas
par un musulman. Cela aurait été amoindrir la grandeur de l'œuvre
du Prophète, un sacrilège. Les Chrétiens et les Juifs ne se sont
jamais occupés, que je sache, à produire de pareilles fraudes litté-
raires, .le vois dans les poésies d'Omeyyah des documents impor-
tants pour l'histoire de l'Islam. Il est urgent de les réunir dans
une édition critique. Schulthess est l'homme pour cela.
509
Et une irovpe alignée en rangs qui regarde Dieu ac-
[complir ses décrets,
prêtant tranquillement les oreilles au walii.
Au milieu d'elle se trouve Gabriel, le préposé
au Saint Esprit (w a h i) '), et Michel -), le bien dirigé,
[à l'esprit fort.
Ce n'est pas ici le lieu d'exposer la doctrine dogma-
tique qui s'est développée de cette croyance au wahi.
On pourra lire H L Fleischer KL Schriften ^) II p. 134
et ss.; Nôldeke Geschichte des Qorâns p. 15 et ss..
Le verbe ^Jr=^^ ne s'emploie pas rien qu'à l'égard du
Prophète. Pour le diable Boh. VII p. 91; ^L^i! ^\ ^^^\
ibid. IV p. 111; :^^\ i( , Qor. XXXIV v. 10.
Barth, ZDMG 41 p. 641 et Et. St. p. 10, juxtapose
^LI et nin , anzeigen, verkûnden, avec ^^^ . Il veut
que ^^3, soit Mitteilung „déjà avant l'Islâra et que de
1) Le Saint Ksprit fut admis à la Trinité par le Concile de Nicée :
l'Orient transplanté en Europe. Il n'y avait pas d'orientalistes
alors! KAT* p. 418 et s. Le Prophète était aussi sous l'empire de
L^v^iAiL' ^3. selon le joli passage de Tab. I p. 1543, '*.
2) Sur Michel, voyez l'excellent travail de Lueken, Michael 1898.
3) Feu notre maître y sabre Touvrage couronné de Geiger, Was
hat Mohammed etc., et sur lequel le rabbin de Municli, Werner,
basa toute la conférence horripilante qu'il fit devant le prince royal
Louis de Bavière et une centaine de correligionnaires. Entre autres
choses, il nous régala de la vieille farce de l'évêque Abni-Farag, éd.
Beyrouth p. 17(), que les Arabes auraient incendié la Bibliothèque
d'Alexandrie, refutée, il a longtemps par Krehl et par Noldeke Z D
M G 39 p. 338. Le prof. Prutz et moi avons tout de suite refuté
ce que le rabbin avait o.sé avancer. Quelques jours après, dans le
Munchener Neueste Nachiichten, en parut le compte rendu, où l'auteur
liit »qu'il avait brillamment refuté nos objections". Le mémoire de
VVernei-, dûment remanié, a été imprimé dans Asien II jt. 147, or-
gane do la soi disant «Société orientale de Munich."
510
ce sens fondamental indifférent (indifférente Grundbedeu-
tung), qui est parallèle avec l'araméen, Mohammed ait
fait un terme pour la révélation orale." Il cite quelques
exemples à l'appui de sa thèse. Mais d'abord, il n'y a
pas dans une langue une indifférente Gnmdbedeutimg,
car chaque mot a, à l'origine, un sens concret et pour
ainsi dire palpable, et puis ,^^>5 , Mitteihmg, le j.'li^î des
exégètes et des lexicographes, s'est développé de celui
de donner ou causer un wahi, un son quelconque, une
sensation, une perception.
Le Prophète, le dernier tupsarru, -w^, de l'anti-
quité, n'a rien innové de son cru: il a tout simplement
pris ce qui existait déjà dans le monde sémitique. On
a jusqu'à présent trop méconnu ce fait, qui, pour moi,
est depuis longtemps hors de doute.
Plus de mille ans auparavant, il avait un prédécesseur
en le roi assyrien Nabouna^'id (556 — 539). Celui-ci, dans
ses inscriptions déclare que toutes les actions ont été
inspirées par les dieux, moyennant des révélations pen-
dant le rêve: il avait aussi son wahi. Tout ce que
Mohammed entreprend est par ordre d'Allah : il ne fait
qu'exécuter le amr. De même que c'est Allrih en personne
qui parle dans le Qorân, de même c'est Allah qui tue
les ennemis du Prophète, p. e. Tab. I p. 1377, 9, à propos
de l'assassinat du juif Abu Râfi%- cf. Tab. I p. 1553,
u. Absolument comme dans les guerres modernes: c'est
Dieu qui donne la victoire, c'est-à-dire, c'est lui qui tue les
soldats ennemis. Nous sommes encore de vrais Orientaux,
des Babyloniens en gilet blanc et queue de morue.
Dans les passages anciens, ^^], n'est pas Mitteilung,
511
révélation. Nous pouvons bien le traduire ainsi, car nous
n'avons pas un mot qui y corresponde exactement, d'autant
plus que les Arabes eux-mêmes voient dans le wahi un
*L, comme nous lisons à la page 505, 5 d'en bas. Cependant,
les Anciens avaient bien la conscience qu'au fond ^^»^ n'est
pas tout à fait JLc . Tab. I p. 1159, 2 dit: b^w ^\ ^y>50
*.j£5 x^^^ . JiàJ , rejeter par la bouche Tab. I p. 1415,
13; 1583, 17, offre la même transition sémasiologique qui
l'a conduit à signifier prononcer un mot, J^ , parler ^).
Ce qui prouve que cette idée du wahi est très an-
cienne, c'est que déjà dans les poésies préislamiques le
verbe a le sens d'écrire. Ru'bali éd. Ahlwardt N° 55
V. 15 dit:
*w*.JLï o
ce que le poète-traducteur rend par:
Der Judeyi Bibel, drin der Kritzler malte
Die Zûge, die sein Griffel schrieb mit Tinte ^)
1) Ja«J pourrait bien être une métathèse de iJ^âj, Boh. I p.
408, Tab. I p. 1.372, '•■» (cp. v^") , cracher; cf. l'aram. ^\^^
et le targ. J37D , rejeter par la bouche. II se peut aussi que nous
ayons dans le bédouin septentrional oilaj = CsJù , ici p. 472, ",
le point de départ pour le sens littéraire connu.
2) Il paraît s'ensuivre de cela que le scribe a d'abord écrit à
l'encre et qu'il a ensuite fait l'opôration indiquée par ^-=>5 ; cf.
Taiafah 19, v. 2. Ce n'est donc pas simplement écrire, malgré la
glose de L A XX p. 259, où il y a la variante '^K»,'S t}-^^ . Cette
dernière expres.sion prouve combien, dans le Yôman, on avait alors
pou de notion de la différence entre Juifs et Chrétiens. On appelle
512
j^^3 ®st, écriture^ inscription^ Nôldeke Funf Mo'allaqât
II "p. 65 , Goldziher MS II p. 7 , L A XX p. 259, et
l'art d'écrire^ Tab. Gloss. s.v..
Lorsqu'on sait que le savoir et l'écriture étaient con-
sidérés dans l'antiquité comme une révélation divine, on
comprend que ^^*, et ^^^^ ont pu prendre le sens
d'écrire et d'écriture. Comme dans le vers si souvent
cité de la Mo'^allaqah de Lebîd ^) :
C'était une voix, une perception venue d'en haut. Les
dieux babyloniens avaient leurs „ Tables des destins",
tupsîraât ou takaltu, où étaient inscrits les com-
mandements des dieux et la vie des hommes. Les Ba-
byloniens appelaient les étoiles „écriture du ciel", si tir
samê, iUwJ! iiw^). Tout ce qui se trouve au ciel a
son pendant sur la terre. Celui-là est le prototype de
celui-ci. Ce qui se passe dans le monde céleste se passe
aussi dans le monde terrestre. Cette idée était encore
encore dans les milieux bédouins du Sud les Juifs non indigènes
^_c.Uaj ^yi^. ' Le mot Kvilzlcr pour (*-».*-*-<i ne répond pas bien à
l'arabe. Avec la meilleure volonté du monde je ne piiis découvrir
dans les vers d'Ahlwardt un mètre iambique et je ne vois pas non
plus pourquoi on appelle le ra<j;az de ce nom.
1) Traduction chez Nôldeke Fiinf Mo'all II p. 57. S^ j. ^^yi^
Jwy^^j! Zoheyr, Ahlw. App. 4, » = Nôld. Dclectus p. 107 1. 7.
Zoheyr 15, », 17, s. v_JuL:i? c*^^^ 'Antarah 27, 2.
2) Jensen Kosmologie der Babylonier pp. 7 et 45. Winckler Die
babyl. Kultur p. 19. K A T' pp. 400, 034.
513
vivante chez les Arabes préislamiques, car sans cela on
ne s'explique guère le dire du Prophète Qor. 65 v. 12:
-x"^! J^-^aj (■' j^_iLi^ (j^^"^' (j-15 o^-f^ ^—^"^ oLL> (^w\j! xUt
^^-iÀAj , C'est Dieu qui créa sept deux et il créa aussi sur
la terre un nombre égal comme eux (= les cieux),
entre lesquels descend le amr. Cet -<l est l'émanation
divine, autrement le wahi dogmatique. Tab. I p. 1190, 17
dit: sijîj JwJJS sljî îjfr-î 'r^ ^y' >=^ '^^ 3»' ^ ^' Jv^;»i
\xijj sysL) gLx;^ &)Jt (j^ \-j£ |^,_:>^Li ,L^! , où ^y»! et wJ
sont justement l'explication du genre de ce wahi dont
le Prophète fut sans cesse l'objet.
Nébo (Nabû), devenu j^^î des Musulmans^), était
celui qui écrivait les destins et il a transmis aux
hommes l'art d'écrire ^). Moïse communiqua à son peu-
ple les commandements célestes, après les avoir reçus
de Dieu. Les musulmans ont aussi leur Ji^iJu _ J ,
table gardée^ oîi tout est inscrit. Tab. I p. 1191 ra-
1) Il y a les deux leçons, rj^^ ^^ CJÎ^^' ^® ''"' modifie un peu
la traduction. Ceci était écrit plusieurs mois avant la publication du
mémoire de Grimrae dans la Festschrift de Noldeke I. p. 455 sur
le Logos in Sûdarabieu. Son explication du mot y«l est d'une
grande portée. Mais lorsqu'il dit p. 4G1, avec un certain mépris
que »sowohl der babylonisclie Ammatu, wie der siidarabische Amr
der jetzt so beliebten astralen Konstruction des altorientalischen
Olyraps sich sclilecbt anpassen", il est injuste, car tout son exposé à
lui n'est qu'une »construction astrale". Je suis heuieux de concorder
avec lui sur la provenance d'une grande partie de la tliéosopbie du
Propliète.
2) K A ï' p. 400. Winckler, Religionsgeschichtler etc. p. 23 note
3. Idem, Abraham als iJabylonier etc. p. 37.
3) Jeremias A T p. 29 et 45. K A T' p. 400 et ss.
514
conte que Qor. S. 39, 64-66 et S. 109 furent révélés
dans un moment critique de chicanes de la part des
ennemis du Prophète: 'ujj L Jjs : J^yJÙ' -•^' cr l.c=^' -^
-J Qîi-t'. Le Qorân est même appelé ^b>pî , I SaM lïl i
p. 137, 15, Z D M G 59 p. 387. Tous les prophètes, anciens et
modernes, ont entendu ce w a h i. On n'a qu'à aller à l'église
ou à la synagogue pour constater que les prêtres et les
rabbins ne diffèrent en rien de leurs collègues orientaux
depuis la plus haute antiquité. L'Ecriture Sainte est
bien un wahi pour tous les peuples, dans toutes les
rehgions. C'est le wahi ou VEcriture par excellence^).
Ce petit mot renfei-me toute l'histoire du monde jusqu'à
l'heure qu'il est. Lorsqu'on en démontre la provenance
et l'essence, on est mis à l'Index. En France, le wahi
oriental ne sert plus d'enseigne d'Etat, mais chez nous
autres, peuples germaniques, on nous répond comme le
Prophète i^îcJJ! '^k^L^ ^,-«-j ^* i^c-^^ r^ j"^' '^^ ' ^°^"
XXI, 46, si nous osons y voir autre chose que l'ex-
pression d'une imagination orientale, une mythologie
sémitique. La France a accompli une grande œuvre.
Elle a pour la seconde fois entrepris la tâche d'affranchir
l'esprit humain des chaînes de l'Eglise. Elle a droit à
notre gratitude.
■1) Sprenger, toujours spirituel, dit, LM I p. 169 en bas, «qu'on
ne peut jamais avoir trop rtu miraculeux dans une religion." Au
lieu de créer des chaires de religions comparées, comme en France,
on ne fait, en Allemagne et en Suède, que construire des Eglises
pour y prêcher le wahi. Les soi disant «théologiens modernes"
admettent »die Voraussetzungslosigkeit" jusqu'à l'arrivée du wahi
chrétien. Knsuite, la foi seule doit remplacer la science scrutatrice !
515
En connection avec |^^>. , je veux envisager un autre
mot, identique au point de vue dogmatique : ^\ . On
le traduit par inspirer, et le j.Uj] est Vinspiratlon de Dieu
et surtout celle dont le Prophète fut l'objet. Ce sens ne
pourra guère découler de celui d'avaler avec avidité, en-
core courant en ^Omàn R 0 p. 386, 15 ^), ni de celui de
manger dans les autres langues congénères. T A expédie
^!, inspirer j en trois lignes, tandis que l'autre sens
remplit tout l'article. Dans notre dialecte, ^ n'a pas le
sens d'avaler, mais Ut^ , manger, mordre, paraît en
être une variation phonétique ^).
Au contraire, j ^l est en Datînah se rappeler, com-
prendre. Enteh sêr ma'' ^uqqâl uteqâbalu hom
u\iqqâl u tahabbàrteni uqùlte li inteh: lehimt
e 1-k a 1 â m h à q q e h 0 m , Tu marches avec des chefs qui
rencontrent d'autres chefs. Tu me demandes alors en me
disant: „ As-tu compris ce qu'ils disaient?" Cette pre-
mière forme, je l'ai rarement observée.
*^ , inspirer, au bien ou au mal, inciter à, suggérer.
Yilàhhim leh S a le h yizûwig binteh, Sàleli lui
\) Rasâil Abî el-'Alâ el-Mo^arrî, Caire, p, 181.
A
2) 0 b a h mine ni-h a n a s la y 1 1 h a fa k , prends garde au ser-
pent qu'il ne te morde pas, expliqué par la yôkolak, Em-ba^îr
lehef îdi, le chameau m'a mordu la main. Lehèfetni (accent!)
em-nâr, le feu m'a brûlé. Aiidèytak qartah (i^y>) ulehèf-
teni, je t'ai fait un prêt, et tu me Vas escamoté. Le dernier hé-
mistiche de la célèbre poésie rapportée par Wallin Z D M G G p.
,0, + . , , -t- „
369 et Socin Diwan I p. 285 est OvjJU C>\j!,^ ^jLc -Uiflj LiJL> ,
son homme se jette avide sur le manger.
516
suggère Vidée d'épouser sa fille. Hf melahhim') la
Il a sa n yiqtol zôgeha, elle incite Hasan et tuer son
mari, paraphrasé par aI ;ji,ij ou kU^, .
^!, faire ressouvenir, rappeler qqc à qqn. Àlhàm-
tak tisterîli masnaf, je t'ai rappelé de m'acheter
un pagne, llhimni bâkir biéteri zingibîl, rap-
pelle-moi demain d'acheter du gingembre. Ce sens était
aussi courant en Espagne, selon Dozy, Suppl. s.v., de
même que la forme suivante.
J. ^1 , se rappeler. AVên tabà^? Walla nesît
éf u iltahàmt fîh, iétarèytah, Où veux-tu aller?
Par Dieu, j'ai oublié quelque chose, je me le suis rappelé et
je l'ai acheté.
pl\ ne se rencontre qu'une seule fois dans le Qorân,
91, 8, où el-Beydâwî l'explique par ^\ . Cela fait sup-
poser que ce verbe n'était pas très commun chez les
Qoreychites. Mais son emploi dans le Sud et en Espagne
donnerait à croire que le sens d'inspirer doit originaire-
ment être rappeler, faire comprendre, comme le para-
phrase el-Beydâwî. Nous le traduisons par inspirer parce
que ce mot implique l'idée dogmatique que le Prophète
et les premiers musulmans y attachaient. Est-ce que
Mohammed n'aurait pas emprunté ce mot, comme tant
d'autres dans le langage actuel de l'Islam, aux Yémanites ?
Une conversation que j'eus avec des Datînois sur ce
verbe est très caractéristique. „ Vous dites bien a l -
hamni Aiîâh?" — Oui, nous le disons, mais c'est là
un k i (J b, mensonge , car Dieu 7ie parle à personne ni ne
\) Obs. ici le masculin.
517
rappelle rien à personne: ^^^^^ A=> .fJ\j L> u\.=> Jkj L».
Us sentaient que le dogmatique ^^ , dont [ils avaient
entendu parler par les sâdah et les savants de Hdr, ne
faisait pas partie intégrante de leur phraséologie théolo-
gique.
Les „théologiens modernes", tels que Budde, Gunkel,
Kônig, Oetli, Stade, les deux Jereniias, pour ne parler
que des Allemands et les plus sérieux, acceptent bien les
résultats des investigations des assyriologues, tant qu'il
s'agit de l'A T. Mais lorsqu'ils arrivent à la limite où
commence le N T, ils font halte. Ils sont professeurs de
théologie et ne peuvent, comme tels, nier le fond même
de la doctrine qu'ils doivent professer. Il ne faut pas
toucher au wahi chrétien. Hommel, le plus grand lut-
teur de l'école antiwellhausenienne, s'y arrête humble-
ment. Cette négation de la ,;Voraussetzungslosigkeit" de
la science est le mieux caractérisée par ces mots de
Johannes Jeremias, pasteur en Saxe et assyriologue
très sérieux, dans son liv]-e „Moses und Hammurabi" p.
41, à propos de la révélation: „Hammurabi affirme for-
„mellement que Samas lui a „fait don" de la Loi. Il
„se réclame d'une révélation. Mais cet appel à la divi-
„nité a sa racine dans la conception cosmogonique de
jjl'ancien Orient. Celle ci veut que tout ce qui se passe
„sur la Terre ne soit qu'un reflet de ce qui se passe au
„Ciel (H. Winckler) ; que même le monde des conceptions
„soit subordonné aux dieux. Dans cette révélation païenne
„manque l'acceptation, spirituellement et éthiquement
„libre, de la foi. Elle ne s'élève pas au dessus des for-
„mes du despotisme de l'ancien Orient."
La révélation dont le grand Hammurabi fut l'objet en
518
recevant le don de la Loi de Samas n'est donc qu'une
farce orientale, parce que les Orientaux étaient païens!
Mais le don des Tables de commandements que Elohîm
fit a Moïse est vérité historique; en tout cas, une révé-
lation divine! Il me semble, si l'on admet la révélation
pour la Bible, qu'il faut aussi l'admettre pour le Qorrin.
Les Prophètes d'Israël ont l'avantage de l'antiquité, de
la pénurie de documents historiques, de la réclame faite
pour eux par le Peuple élu et par les Pères de l'Eglise
chrétienne, successeurs des mêmes Prophètes. Le Pro-
phète de l'Islam est plus près de notre temps. Nous
connaissons ses actes presque jour par jour. Il est
l'auteur incontesté d'un livre religieux authentique, ce
qu'on ne saurait dire des œuvres attribuées aux Prophètes
d'Israël. Aucun chrétien ne lui accorde le privilège
d'avoir reçu le wahi de Dieu. Le Prophète et ses
Croyants sont plus logiques, car ils ne mettent pas en
doute l'inspiration divine des livres d'Ahl el-Kitâb.
On lira à ce propos le joli épisode qui se passa entre
le Prophète et un juif dans Bohârî III p. 120 '). La ré-
vélation n'est qu'un chapitre de l'Histoire des religions.
Elle est la base des trois grandes religions orientales,
judaïsme, christianisme et mohammedanisme, qui, au
fond, ne sont que des formes purifiées et idéalisées de
a mythologie do l'ancien Orient. On peut être bon
chrétien sans croire au wahi. Pour ma part, je tfiche
e l'être.
519
13, 19, 20: zaraqôh bfûd. Ce sens de lancer,
jeter, est connu dans tout le monde arabe. Nous trou-
vons la même locution dans I. SaM III i p. 6 : sijji
xlxas io^. . Jahn M S p. 25, 12: zaràghâ birumh, il
lui lança une lance =z mehri zerqàys bâqanât. Dans
le gloss. Jahn dit que l'arabe et le mehri zirôq signi-
fient die Lanze auf Jema?iden loerfen. Cela est trop
restreint. Il le traduit ainsi parce qu'il a entendu ce com-
plément. La glose originale de Socin Diwan N° 39 v.
14 note est inexacte, o'^j^ est chez les Bédouins du
Nord une lance courte, B B p. 192.
13, 21: neym m ^L; . Dans Hçlr p. 386 et s. j'ai
parlé de cette contraction. Se m = ^Lo Hdr p. 130,
la. Qêmeh = iUjls ibid. p. 175, 19; 185, u; 319, e.
Hêg = -iv.^> ibid. p. 94, 4 d'en bas. Hês =r ^J^!s>
ibid. p. 303 note 2. Hêk = ê^[^ ibid. p. 398 note et
ici p. 11, 1; 19, 19; 38, lu; 170, 10. ùè'û." = «^.L> ici
p. 24, 19. Le poète Dô^an dit:
0 toi qui pars de chez moi qui suis d es-Serrîeh,
Salue Ahmed qui attise les huches de la guerre.
C'est là le début de beaucoup de poésies populaires
dans le Sud. Cette contraction se montre presque tou-
jours dans le pluriel A^^ . IJazèyn =r qj';3- p. 119,
«s; 120, 12; 136, c. Tabêq =r oM'i-^ Hdr p. 267, 7.
yalîmah, fille du célèbre Farîd à Yesbom, dit dans une
longue qa^îdah :
87
520
Ceci est le dire de W. Kohcyl, qui s'est repu,
Où se trouvent les châteaux forts et les tonnerres des
fusils {■=. les fusils, les guerriers) habitués (à la guerre)*
Dô^an dans sa grande qasîdah en ûr:
Ceci est le dire du poète des tribus hardies et dont la
veine poétique choque comme les flots des mers.
Un qabîlî des Bâ Sahm d'Ahwar a dit:
- - . , , + > . " t '.
Et es-SaHdî dit: ô sidian, je te remercie, et l'honneur se
trouve dans les fusils roûmi aux tonnerres noirs.
Une mirgâzah porte:
0-C-.
+ o
jL/ii_j! ,.,1 o cL dV-AM_«^t \jJLc >o'j
r^ !>-H^' ur= cc-^'^
Nâsir a sur lui du musc et des branches de basilic:
C'est lui qui a attaqué el-Haulî avec des balles.
C'est lui qui a assaisonné le café avec S. h. ^A. (il lo tua)
FA mis dans leur café du clou de girofle et du cardamome.
521
Wahed Sa m a"! u ma^h wahed sultan min
dôlët Ahwar. Uhâdes-sultân hâl (= Jl=>) fil-
Manqa^ah, us-Sama^i sîyîr ma^es-sultân yitsar-
rafùn bùkër. Uâgà^ bedwi min bel Ma. ne a" min
qabâyil èhël Sama'^ah. Uessiiltân gâlis dàhër
sôm em-wùdën. Uqàtal es-siiltân bi^ûd u farr.
Heyt innehom beyn bel Ma ne a' ued-dowleh
qàtël. Uèhël âama'^ah kaddu 'a la dowlet Ab-
war: es tabù' fim-wùgëh? tebûna lindi laum
au y a u m ? U s a r r a bu e b 1 Sam a'^ab ""a 1 a b e 1 M â-
nëa^ uindu yôm qafâb, uqàtalu wâhed utà-
rahu sitteh, u essitteh silimu ukullebum (ou
■ho m) ''ôtôlu.
TJn SamaH se trouvait avec un sultan de la dynastie
d'Aliicar. Ce stdtan habitait à el-Manqa^ah^ et le SamaH
accompagnait le sultan comme sauf-conduit. Ils travail-
laient à la moisson de la doura rouge. Un bédouin des
Ahl Mâne''., des tribus d'Ahl Sama^ah^ vint alors. Le
sultan était assis sîir la levée de terre du champ. Le
bédouin tua le sidtan et s'enfuit. Cela parce qu'il y avait
entre les Mâne'' et la dynastie d' Ahwar un meurtre in-
expié. Les Sama^ah envoyèrent dire à la dynastie d' Ah-
war: „Que voulez-vous comme expiation de lèse-garantie?
Voulez-vous que nous donnions des dommages-intérêts ou
bien la punition des coupables? Les Sama^ah sortirent
alors ^) contre les Màne" et donnèrent un y a u m à cause
de l'assassin (VLài). Ils en tuèrent un et couchèrent six
blessés sur le sol. Les six échappèrent à la mort^ mais
ils furent tous estropiés.
4) Parce que les Ahwaritcs voulaient uu yauni.
522
Le sultan Ahmed b. ""Alî d'Ahwar envoya alors un
messager à el-Kabs, résidence des puissants masâih Ahl
Sama%h, porteur de la qasîdah suivante. Elle est très
caractéristique pour le sujet qui nous occupe à cause des
rimes. On trouvera la réponse d'un âama*"! à la page 556.
dULf-'^j ^ "^ u-^-<-^' <T'^^- f^^^3 ^
J^^A-i' ^.,.Xftj ^S ^V_j^^_a_:' A.V.C
^iV à__E.l •M \j "i^j d^^ ÎÉ "b M^ A !' 4
w« ^ r. (_j _XC^J]
i Ô toi qui pars ce soir, je t'envoie comme messager,
Et lorsque tu viendras à A h w a r , je veux que tu y
[passes à l'approche de la nuit,
2 Et Pois le matin à Husn-el-Kabs, et que rien ne te
[retienne !,
Chez des tribus qui roulent les mèches de fusil.
3 Une nouvelle m'est venue qui m'a troublé l'esprit.
0 el-Kabs chez qui les bassesses ne se logent jamais.
\) Pour les noms de cette poésie voir l'Index.
523
4 Aujourd'hui je ne te verrai pas et je ne veux t'ac-
fcompagner,
Lorsque tu arriveras chez les Sâfé'ites et les tribus.
5 A propos de la siyârah^), vous discuterez les me-
[sures d prendre.
Et toi, tu ne feras plus comme le seigneur d'es-Subeyl:
A A
6 Tu as ta demeure au pays des Bd Kdzim,
Tu arroses tes champs avec l'eau d'el-Ahmar et tu
[bois à en-Nesîl.
Nous voyons que la rime est en eyl, comme leyl.
Dabeyl = ^Li3, pi. de iJLjJ. F a se y 1 r= JoUo, pi.
de idUvi . Qabeyl m JoUi , pi. de ici^ , mais v. 2
q a bail. On observera que Nesîl est devenu Niseyl.
Cet ey, contracté en ê, peut même devenir î: ^agîz
=: 'agêz = j>l^ , pi- de :v=^'; hawîk = hawêk =
ti)oty> , pi. de dVjL> ou liVxi. ^). 'îsah = 'Êsah r=
iuij£ , Doutté l'Islam algérien p. 73 et ici p. 525, 5.
Le verset suivant fait suite à celui rapporté Hdr
Gloss s. V. ,Ju>t> :
o -
(•
La bergère s'est placée à côté des branchages épineux
[des bêtes à laine.
Et le chameau en rut, qui donne des coups avec la
[muselière, mugit.
. 1) Je ne traduis pas ce mot, qui doit ôtre assez connu aux arabisants.
2) Le j)lniiel en est aushi *^a^}j;îz et hauwîk, comme ^-V^x:,
^luwîd, (le ^^>^ , vieille femme. Ce pluriel est aussi luelirilo.
524
Ici fadîm, qui rime avec nahîm, karîm et ha-
kîm, est pour fade m, fa dey m = ^îAi , pi. de iOoîcXi.
j^jA: , pluriel, est ici à cause de la rime, car la locution
usuelle est iL^'As-L. J=>^. ^^\ r^^'^, le chameau en rut
donne des coups avec la muselière.
Il peut aussi devenir une simple imalah â comme nous
avons vu à la page 443 n. 3, où 'J;^ =: -iiixi pi. de a^y:'*,
nuage, rime avec XjS et ;L>t^ . Ibn el-Mogawir écrit
souvent (ou son copiste) [j^^ pour .ji-:^ , et tout ara-
bisant connaît o1j> pour .i>^ , Hdr p. 388. Cf. el-Mo-
qaddasî éd. de Goeje p. 158, is, ic, i?, is, lo, où il y a
L-^À^^ et Lwil^ , l'un à côté de l'autre.
Dù'an el-Murqusî dit:
0 -o
^i les chevaux sont avec vous et les excellents chameaux,
Et si quelqu'un vous appelle, vous le ferez sortir (du
[mauvais pas) avec des excuses *).
Cette contraction de ây en ê existe aussi dans le
Nord, mais seulement dans les participes de la nature
de ^j , Socin Diwan III p. 112. Dalman, PD p. 340,
10 d'en bas, a: gum idbàhlum hêP) uhurfàni.
\) C'est d'abord tiljrif^ de — P*' i et puis, avec permutation des
voyelles, tihrog, et ensuite, par harmonie vocalique, toljrog, et
> 3 >
non pas -rj^ devenu — r^ •
2) Traduction des derniers deux mots incertaine.
3) Je ne crois pas que hôl soit ici pour (3^=> , pi. de J^J'-^ > car
525
va leur égorger une brebis stérile et des moutons, mais
ibid. p. 343, s: ma tidbah illa hâyil.
Elle est du reste ancienne, Hdr p. 387. L A V p. 303
in fine dit: ioi tU "b ,y^L ^»jw „L^^Jî j>j> b,>^lj»
^ ••• ^> Cv • > > ■ -^
oiJ"^t _^j ^_Jl-Âi^;iS = Yâqût II p. 189, 2; voyez ici
p. 476. Wellhausen, Skizzen (Prolegomena) VI p. 67
note, a raison d'identifier s,L> et »,*:>, mais ,>s> n'est
pas précisément un équivalent araméen pour ,-^ii=> , car
yfP' est un mot arabe, et on n'a pas besoin d'avoir re-
cours à l'araméen. 1î^=> , Usâmah p. 54, si ; p. 55, 7,
10, et J2a£ sont anciens. Le même phénomène se ren-
contre en français dans son passage du latin ') : regina
fait refgjitia, reina, reine, (rân), mais l'espagnol a con-
servé reina.
Dans H^r p. 307, j'ai exprimé l'idée que les nom-
G
breux adjectifs de la forme Jii pourraient bien être, à
l'origine, des participes contractés de cette façon. Je vois
à présent avec plaisir que Vollers VS p. 138 et s. est
aussi de cet avis. Ce savant suppose ZA XVII p. 319,
aux substantifs pluriels, tels que iCcL. , vendeurs, &X.LL) ,
obéissants^ wa , visionnaires, ïjL« , seigneurs, 'iS^ , tisse-
rands, etc une forme analogue: iouL, ïCxjUj etc, comme
iJû'wiw , si je le comprends bien. Barth N B pp. 78 et
350, admet même une pareille formation pour les sub-
G O
stantifs tels que .Ij et .b- . Comme ces adjectifs et ces
dans les dialectes des Bédouins de Syrie ce passage de ô en î n'est
pas commun.
1) Où l'endroit de l'ictus est cependant diflérent.
526
substantifs sont d'une haute antiquité, nous n'aurions
dans cette contraction dialectale qu'un procédé ancien
fort intéressant à constater. 11 me semble pourtant
qu'il faille alors également supposer que le â, provenant
de ay, ey, ê, étaient originairement a. La seule ma-
nière de rendre ce son graphiquement correct était avec
I, a, car avec ^^ comme dans ^.-s-t^ des anciens ma-
nuscrits qorâniques, il y a confusion'). Cet ey, ê,
devenu a, surtout dans le chant, ainsi qu'on peut le
voir ici à plusieurs endroits, est aussi effectivement
prononcé â; j'ai devant moi une longue qasîdah de
Dô'^an oîi yfj^ et .Lix = ^Lo« , pi. b.y:.^ ^), riment avec
LS etc. L'imâlah ne fait pas partie intégrante de la
grammaire arabe: elle est à prendre ou à laisser, mais
elle n'en est pas moins une partie intégrante de la pro-
nonciation de la langue parlée. Et je suppose qu'elle a
toujours existé. Barth et Fischer, avec force science des
deux côtés, se sont disputés, dans la Z D M G 59 Heft
3, sur la primordialité de â et de â (ê). Mon savant
confrère de Leipzig la revendique pour â. Cela est une
subtihté, car nous ne connaissons nullement si l' â n'était
pas prononcé â déjà à une époque très éloignée. De
même que les grammairiens arabes nous ont laissé le
choix entre le *:v^^" et la iJUi , en lisant les textes
sacrés, de même nous pouvons laisser de -côté la question
de l'antériorité de â et de â (ê), qui, au point de vue
linguistique, n'a qu'une importance relative ^). Le seul
1) La remaïque de Kisclier ZDMG 59 p. 655 en bas, est tout à
fait juste.
2) Voyez ici p. 524, *.
3) â et à alternent à chaque moment dans les dialectes. Tantôt
527
point qu'il vaille la peine d'élucider est celui de constater
si anciennement l'imâlah était graphiquement rendu par
un ^ . Voilà, ce me semble, à quoi se réduit la dis-
cussion entre les deux savants.
13, 21: habâbetah, paraphrasé par sittah (non
sittah). C'est ainsi que les esclaves appellent leur
maîtresse. Ils disent sîd à leur maître, quand même
celui-ci ne serait pas uX-^^ ou sA-^-^ . L'appellation
sU [} ou ^L. y, mon bon! mon vieux! est par eux
usitée, dans toute l'Arabie, à l'égard de tout le monde.
iùLp- est aussi, et surtout, la grand' mère^ paternelle
ou maternelle; v. mon M S p. 22. Wetzstein apud
Kampffmeyer ABD Innerafrikas p. 170 note, prétend
que ce sens n'est courant qu'en Hdr, mais cela et faux,
car on s'en sert dans tout le Sud, y compris le Yéman
et 'Oman, où le masculin v'-t^ ? g^cind-père, est aussi
d'un usage commun, M S 0 S VII p. 18, 1. lî, et rien
que là. Toute vieille femme, '-i^jc, peut être appelée
habâbah.
13,27: uhasafo. u>^^ , i, couper le 6/e lorsqu'il
est encore petit = Dàhir v_j 3- , tandis que ^yo est cou-
per lorsqu'il il y a déjà l'épi. Ce thème ne figure pas
dans les lexiques arabes.
13, 25: zâr'ah, '^jj- Je pensais d'abord que c'était
on dit â, tantôt à. Les règles des grammairiens sur l'imâlah sont
tout à fait insuflisantes. Elles n'expliquent pas l'imâlah de mii et
1 à. Fischer Z D M G 59 p. 657 en bas.
1) Des discussions pareilles sont très utiles, surtout lorsqu'elles
sont conduites avec l'uibanité de ces deux confrères Les arguments
de Fischer me paraissent tout à l'ait irrrlutables.
528
JkJtil' JifiJb J^j^' , Miizhir I p. 159, II p. 130, mais
p^j , a, est intransitif, être couvert de ^ .j , produire des
céréales: ^ ^.A^ . Y. Hdr p. 190. Semer se dit ,-"i
13, 26: asarna = j-^^, i, t^œr un animal en en-
fonçant l'instrument dans le flanc, mais aussi tuer un
animal de n'importe quelle façon. D'après un datînois,
on ne saurait employer ce verbe à l'égard d'un homme,
à moins qu'il ne soit tout-à-fait vieux et décrépit, ne
pouvant faire aucune résistance. Comme on prononce
aussi avec l'affaiblissement de c en a, j'ai cru que
c'était pour -«î ; mais ce verbe n'existe pas du tout dans
le Sud, et la forme est -wj: .
13, 27: bill, mais aussi bil, 92, 9; 131 note 6.
Une fois à el-'^Imâd, à 2 h. d'Aden, à l'occasion de la
fête de ce sanctuaire, en présence de milliers de Bédouins
de tous côtés, j'ai discuté, coram populo, la question des
deux 1. D'aucuns disaient billi, d'autres, bili. Un
beyhîlnite disait: tak iblak, voilà tes chameaux. Cette
prononciation a seulement lieu lorsqu'il n'y a pas l'article,
ainsi que l'a justement relevé Hess, Bemerk. zu Doughty's
Heise p. 7, mais ce n'est pas là une règle. La langue
littéraire a joi et Jol . Ku'bah dit :
JwXxj ,^s_i »', Vv ^^J,'JL.J Jb! '^::Ai* ;j:wVJiJ '^\->3' U-
Lorsqu'elle dédaigna mon numéraire et que mes chameaux
devini'ent trop peu nombreux^
il
529
elle changea de casaque et alla jusqu'à me dire : Quel
[Béotien
que mon e'pouseur!
Diwan Rifbah éd. Ahlw. N° 46 v. 9. L A VII p. 30.
Arâgîz el-^Arab p. 122. Un autre exemple Mobarrad
Kâmil p. 537, 7, où la raison en est expliquée.
Plus de cent fois, j'ai pu, dans mes relations avec les
Bédouins de Syrie, constater la forme bill ou bu 11,
30, 7. On m'épelait distinctement et lentement toujours
bil-li, mes chameaux.
Dalman PD p. 47 a:
Wàrdat billak yà bazbùz
w î n t e m-^à nig làk "^âgàz^)
Tes chameaux sont arrivés à Veau, ô Bazbûz,
pendant que tu embrassais, toi, une vieille femme.
Meissner NAGI p. 114: bill. Hartmann LLW pp.
185, 187: bill. Stumme J^GT pp. 219, §29 et 247,
§70, 4: bill et bil, mais T Gr pp. 41 et 44 bîP).
Moh. b. Cheneb, Prov. arabes N° 475: jo.
^\ est cependant la forme ancienne, car nous le
trouvons dans les inscriptions sabéennes, oià ce n'est
pourtant pas un collectif, p. e. Glaser, die Abessinier p.
80 ; D H Mùller Z D M G 37 p. 329 et note ; Mordtmann
et idem SD pp. 10 et 14. Cf. l'assyr. ibilu Delitzsch
WB p. 7. La conjecture de Vollers, ZDMG 50 p.
652, que Joî vienne de l'indo-persan fîl (pîl), assyr.
pêru, éléphant^ me paraît une impossibilité historique
1) C'est ainsi qu'il faut lire. Métro: -- | 1- | .
2) Motivé jtar l'accent, comme le tunisien iJi^'
530
et culturale. Avec la même raison on pourra faire
venir iCs'J du sanscrit nâga, éléphant^ que l'éthiopien a
emprunté.
A présent Vollers, VS p. 52, préfère mettre Jo' en
corrélation avec l'assyr. abâlu, hébr. by^, et lui donner
le sens primitif de hête de somme. Cela est en tout cas
plus plausible. On ne saurait séparer le chameau de la
race sémitique.
Wùstenfeld, Bahrein und Jemâma p. 7, rapporte un
récit curieux. Hassan b. Tubba" conquit la Yéraàmah,
Masoudi 3, p. 283 et ss., et choisit parmi les prisonnières
une jolie femme pour lui. Au moment de partir, il fit
avancer un chameau pour elle. Elle n'avait jamais vu
un chameau auparavant et demanda: „Qu'estce que
cela?" On lui répondit que c'était un chameau. Une
yemâmite qui n'avait jamais vu un chameau, voilà ce
qui est on ne peut plus extraordinaire. Wellhausen
Reste'' p. 115 note 2 dit: „Da der Quitus antiquarische
Neigungen hat, so ist das Rind bei den Semiten viel-
leicht àlter als das Kamel, obwohl im Alphabet nicht
bloss Alpha sondern auch Gamla vorkommt." Mais
alpha précède gamla. Cf. Lagrange, Et. sur les relig.
sémit. p. 254.
Pour ce qui est de notre 'dialecte, nous avons les
noms suivants. Jo et jo, coll., m. et f., chameaux.
1) Hoiiiiiiel A A p. 21'.) (lit que pirii vient de b ii r u , bîru,
jeune taut'cnu, mot qu'on appliqua jilus tard à Vrléii/nuit. Une
forme plus récente serait d'après lui l'assyr. bùlu, hélail. Voyez
aussi II. Lewy, Die seniitischen Freiiidworter im Griechischen pp. 1.
531
masculin
_ou sans pluriel. J.^^ '), pi. JU:> •
o^'ï 2), chamélon, pi. q'Axï , := ^
^y'j, monture, pi. v^j ^)-
féminin
iJL=>t., qui a mis bas. i^Jx* *) 19, 7-
«yÇ , pi. bu , g?a" w'a pa-s mis bas.
masculin et féminin
x^jS' , pi. vv^j j qu'on le monte ou non. ^L:> , pi.
j^,Lio> '^), petit ou pe^zYe qui tette encore.
-1) Le singulier J»*^ est peu isité ici, mais iJU=> est le pi. de
>•• •
2) Peut porter une charge légère.
3) *Jy j à Lahig est la chamelle quon monte, plnr. oLy^ . Le
cliameau monté y est aussi t_5r^- •
4) Voyez p. suivante note 1.
5) Expliqué par x<S Laï JK Lo (qafiîmmah), toH< qu'il suit sa
mèi'c. j^ÙfS> est un jeune chameau, aussi bien cl'.ez les Bédouins du
Nord de l'Afrique, Hartmann L L W p. 99, que dans le 'Oman sep-
tentrional, BBRAS 1902 p. 261, où le fém. en est bj.^io- et le
jiluriel ,.^fc-yix>- et j^yiXi» , selon Jayakar. Le sing. (j^U-Cio de
Hartmann, o. 1. p. 150, est comme tel une erreur. Hess, Bemerk.
zu Doughty's Reiso, W Z K M XVI p. il, a ^^ , pi. oîr**^ >
cliameau d'un an. RO §123: hâsi, pi. h a w â s i , /tmgres Kamecl,
mais p. 3r)(i, note 2, pi. hwôsiyât, ce qui est le pi. du dim..
532
Il est curieux que ,x*j n'ait pas de pluriel, tandis que
dans le Nord il est A>^ '), ^^ et ^^.j^*^ , qui comprend
alors les mâles et les femelles, ce qui concorde avec
Socin Diwan I p. 286. Le pi. ^!jtj n'est usité que dans
le Liban et sur le littoral syrien, de même qu'en ""Oman,
RO p. 366 note 2. Le singulier .;ou est chez les Bé-
douins de Syrie chamelle^ mais chez les TIadar et chez
les paysans, mâle ou femelle, comme dans Muzhir II p.
118. La même fluctuation dans L A p. 137. Dans el-
Qasîm au contraire, .xsu, est charneau mâle et j:Ij', cha-
melles, tandis que ^.J-^ comprend les deux, comme dans
tout le Negd. En hébreu et en aram. "l'i^B est bétail.
D H Mùller Z D M G 37 p. 329 note, dit qu'en sabéen
c'est hctail et chameaux, collectif. Il ajoute que dans
un seul passage, Prid. 14, c: jtj . .o, il paraît être n.
unit, aussi en sabéen, mais que cela n'est que spécieux.
„I1 faut, dit-il, interpréter ce passage comme dans le
Diw. Hodeyl. Kosegarten n° 100 v. 5 :
Socin Diwan GIoss. s.v. Tl paraît qu'en Algérie c'est vraiment cha-
meau de trois ans, puisque Daumas (Dozy) et Delphin. Textes p.
77, sont ici d'accord.
1) Véritablement pi. du pi. inusité ayuî, et j^.Lrj est le pi. du
pi. ^;J'r*J > L A. S.V.. i«jyK , chameau p. monter, m. et f., n'est
employé que dans les pays au nord et à l'ouest de Datînali, vers les
(jûwiin et le Yéman. Dans le Negd, «V^^ , ^y^-^ et (j'.-r?^^ sont sj'-
nonymes. Dans le Sud, les deux derniers mots sont absolument in-
connus. Les Neédites me prononçaient toujours dulûl (non pas
d û lui ou <]I û I !)•
533
Il ne s'est pas aperçu qu'il a commis une erreur en
appuyant sa thèse sur cette citation, qui prouve tout le
contraire. Glaser, Die Abessinier p. 50, traduit un pas-
sage analogue par un taureau et une (jeune) chamelle^
et je ne lui donne pas tort. L'inscription SD p. 14 est
pourtant assez claire, ce que Mûller, ibid. p. 14, est
forcé de reconnaître.
Ce que je viens d'exposer est le résultat de longues
recherches chez les Bédouins de Syrie. Ces résultats ne
coïncident pas avec ceux de Wetzstein Z D M G XXII
p. 118, mais je suis, sur bien d'autres points, en dé-
saccord avec lui. Il travaillait superficiellement et con-
naissait peu l'arabe. J^^j est chez les Bédouins de Syrie
un collectif, les chameaux mâles qui peuvent porter des
fardeaux. La femelle de somme est ^.^. , pi. JoL:> , r=
iw'^ ici'j . ïJLvj , pi. J^jLvj , est monture en général, m.
et fém.. Qàllha: wes tàleâ^ bïîdi, ma li zïmâli.
Qâlet: dûnak fa ras abùyi, gum, sèddha. Il lui
dit: Que puis-Je faire? je n'ai pas de monture. Elle dit:
tu as là la Jument de mon père, va la seller, ""Anazi.
ô d^j 1 0, fournir au cavalier, jLi> , partant en razzia,
le zamâlah ou dalùl qui porte les provisions et les
munitions. Le J'-oj , pi. iJU)j , le monte et le cavalier est
assis devant lui sur le olAxi pour que le cheval soit
ménagé pour l'action. Tout cela n'existe pas dans le
Sud, où pourtant \^j est encore les provisions qu'on
porte avec soi sur lo chameau. Chez les Sammar du
534
Nord, ^j est un étalon en rut. JL- en Mésopotamie,
âne, Meissner NAGI p. 125.
Ce qu'il y a de plus curieux, c'est que i^'j pour cha-
melle est très peu employé dans les pays à l'est du
Yéman et pas du tout dans notre dialecte. Hommel dit,
A A p. 95, que l'assyr. anaqâti, chamelle, est, de
même que gammalu et bakkaru, un mot emprunté
à l'arabe '). Il compare le pi. arabe •^la.xS . Je ne
trouve dans L A que le diminutif irrégulier cj^^,^} . De
même qu'on a voulu enlever aux Sémites la paternité
du mot Jo*, on a essayé d'attribuer à iiu la même ori-
gine indienne.
^ o
13, 28: mis ba ah. Le ic**.^, pi. o'otx^i^ , plus rare-
ment j.jw^^ , est le côté droit du (ji./ , ventricule, et
Kc^;s^ , le côté gauche, au dessous de l'épine dorsale.
C'est le creux extérieur de cet endroit. En allemand, on
l'appelle Hungergriep.
14, 1: el-habl mer si ^ala el-'^agala =r xJ'Xo »_j^'
y.b , la guerre dure encore, G 0. Ces métaphores, se
rapportant au puits pour indiquer les choses de la
guerre, sont assez fréquentes dans la langue littéraire.
JLs^w vt^>^' 6st une locution qui revient souvent.
1) La meilleure preuve de cela c'est que Glaser, qui pose pour être
arabisant, écrit Peterm. Mittheil. ISSC) Heft 1 p. H dje ui m elû ;
ibid. kâssaba; ibid. p. 3: massar pour r*.2x ; 'abbe pour ^^l-^c .
5
Ibid. 1884 Ileft V: duj-ra et merrek [i. 179 pour 5.0 et o^ ,
hunillon. Mais il est excusé, car les Babyloniens et les Euro|)i''ens
ont entendu de nitmie!
535
14, 3: ma lâqsil = A.>^j w. Une phrase analogue
5 O-
de SaM b. Nâsib se trouve Hamfisah p. 30: j.& Jww.£'c>y-
^^U ^LxJS, = Hiz. III p. 144 = I Qot. p. 438, abso-
lument comme dans les langues européennes.
14, 3: biqàtël uquttâl. Le second infinitif est de
J«jè . La vraie forme est S^ , qui s'entend tout aussi
souvent. Dans ce volume nous avons: jL^ 39, 2; JÛ>
prononcé hammâl, p. 154, is. D'autres exemples:
ta'ibt min (ed-)dûwar (""ala) el-kutub,^'e me suis
fatigué en cherchant les livres ■=. te^ùbt mid-duwâra,
Rôssler MSOS I p. 59, où il faut bien lire dûwara.
W a q a^ k i ç] a min q i 1 1 a b a k , il est devenu ai?isi par
ton maniement^ à force de le manier. Hâdeh ow-walda
tehibb ou tirham em-hibbâb, cette jeune fille aime
à haisoter. Bâgi ba'd em-mirrât, je viendrai après
le massage. AV a h h a d w i h h fi d , il se calma = h a u-
w a d h e u w a d. éX^ o^ !ap , ceci est de ta brisure ,
c'est toi qui l'as brise'. J«jljt!' j.Û£ , V action d'invester le
Viqil de la ^aqfilah, en lui mettant le turban à la
tête. aU-L _bULj ii^î o->r' > /«^ apporté le peigtie
pour te peigner la tète. iiJ'jCiJi i^JLli *vvî '), d présent on
a abandonné la supi-rstition (de partir le 8 du mois), de
eVXi , croire une chose néfaste^ de mauvaise augure).
Zâmil de Dô'an:
1) *yJî aVjCi^ j' , /V(t \in prcssciiliDwnt di' mauvais awjnrc
38
Salut à quiconque nous salue! aidant qu'il y a
de munition pour ^) les fusils frangis et roûm.
Ni nous ni vous ne manquerons à notre devoir^
^
0 toi qui t'entends si bien à briser les os.
Dans une qasîdah d'un ^ulaqite:
, o
La ruse et le carnage des dôlah, qui coupent
la levée de terre là où elle a été abîmée, ne servent à rien.
JLsts est, avec ^}^mS^ l'infinitif le plus commun, Langue
arabe p. 56. 11 y en a deux autres : Jotsù' et ilxsis . Mais
ces quatre ne sont pas employés p7'omisc7ie. Tous
les ^VÂî peuvent avoir J^^wJ'» tous n'ont pas Jues et peu
ont Jotài)' -). L'infinitif le plus rare est :<lxsu : s.uVjù" ,
aujourd'hui. Xaî ^i)lXiO ^j^i L* , cela n'est pas- de mat^lH(is augure,
mais t-X-ot*« .
1) Mot à mot: autant que le sârif (munitionnaiie, dans le sens
de se fournil" de munition) se fournil de )nunilion de guerre.
2) 1. nordâdheh p. 100 nous lisons dans un verset [m»^ c>-»^^
que de Goejo traduit par habituées à ne pas quitter leur domicile.
Dans le Gloss., il est tenté de le considérer comme le n. act. de
I wv^ . La prononciation i -»jtJ', comme vjioj" est secondaire.
537
empêchement; il.*i^' , l'action de regarder si le nuage
donnera de la pluie. — jJll'î j vî^^IjÎ^ v^ > ^'^ fi^ V'o-
clamer dans le pays. *Juû' ^M ^cjociû' ":>, n'achète qu'au
comptant Hdr p. 393, 4. ^-^xiJî ^Ji>^-, ^e coucher du so-
leil ibid. Gloss. s.v.. ^^;v^', action de pincer le luth^ Ara-
bica III p. 59, 12. Un bédouin de B. Kâzim arriva chez
un ami qui habitait un pays fertile et lui dit :
- _ - + =
- +■ - ^ , = ^
j" o!t\ suit ^ s *si '^
»SaZwi à to^ ô wâdi, rempli de fruits,
Tu as les soldats qui fondent les balles dans les inouïes.
C'est que le forgeron a son attirail avec lui:
Une serrure a^gami qui ferme vingt portes.
Après le verset p. 520 en haut, il y a celui-ci:
liarm. vocal., selon la juste observation Wiislit Grainrn.^ I p.
HfiA. Snouck, Feestbi'ndel p. '23 note, appelle cet inf. «fatliah avec
imâlah"!
1) Var. ^^jiA/o . On dit ioA^ "^ r?" ' .c^^^ et ,--jJA.^ !
2) Didficile à ouvrir.
3) J'ai avancé Langue arabe p. 50 que la préposition ^ÎAï (pour
j»l>As , qui existe aussi cotniiio inriuilit) pnurrail bien rti'c oi'i^inaire-
ment C(!t iurniitif, ;iyaut de bonne beure subi la poruiutatinn de u
538
Où (à W. Koheyl) se trouve le chef des nacaires, Bâ
[Baram ;
Qui n'a pas hu à la coupe de la guerre'^): dis (par
[conséquent) aux tribus qu'elles le traitent avec Justice.
Dô'^an dit dans une qasîdah:
1 g A^iX-'S-'S 'j»,
cr'
La tribu ^) est chez moi et Je suis son chef
Lorsque l'éclair lui ^) luit
L'infinitif ^lxJu (JLxli'), plutôt rare dans la langue clas-
sique, existe seulement dans le Negd. Dans le récit sur
I. Swêt (p. 473), le 'Oneyzite me dicta: ^j^ ^Ji *ii' ^V^
en i, comme ^îcj et ^^icj, »L>3 Boh. V 114 et tant d'antres enregis-
trés par les lexicographes. Harth (lettre) ne le croit pas. Mais
quelques infinitifs olxsu sont bien devenus des substantifs concrets:
*^iL^' , blaiinciir , |»La^ , (/ourinfoiif etc., Bartli o. 1. p. 08 et 29'i.
L'égyptien oLa^ , en face de, Dozy Suppl., mais sans voyelles, est
formé comme j»L\i . Je ne trouve pas que ma supposition soit in-
acceptable. '^ISy pourrait bien s'expliquer de la nirme façon, Kônig
LG II pp. 301 et 409, mais autrement Voller.s, 7. D M G 49 p. 514, ".
1) On pense, dans le Sud, que le guerrier courageux a toujours
.soif et qu'il boit beaucoup étant à la mêlée. Voilà pourquoi il y a
toujours des femmes qui portent de l'eau aux combattants, comme
dans les combats préislamiques. V. Gloss. s.v. ,e*^ •
2) Signifie au.ssi VlKnineiir (j(i})Ui\ je l'ai et je suis à sa tête.
o
3) = lorsque la guerre éclate, (iassâs b. Minrah dit: c:^lv3 iLÀxàji
vjj»,*-', Suuiii' en-Nasi-. I p. 2.M, o.
H
539
>iJK^ fj^] Jjj^ Ji ^^^ ^éy] ^il'iP , ^Abd Allah b. Feysal
avait à cette époque toute l'administration en main. Je
l'ai rarement entendu, et Socin n'en parle pas. En Syrie,
on a 'iSÛs , poêle à frire. Cf. Barth N B § 183.
En harmonie avec l'infinitif J'l« , 's'est formé l'infinitif
JLxÎj' , de \jtscs , dont voici quelques exemples, ^^iki ,
Arabica III p. 22, 4 et p. 34. -'Isù- Hdr p. 262. ^'lio
Hdr p. 840. ^'uoù' Hdr p. 449. -b'Ji*:)", ici p. 74, s,
s'étirer. Tidârrâb p. 93, 4o. olj-ljci j^ dUJic = yi ,
je crains pour toi l'action de monter (que cela ne te
nuise). Tiniqqâh') em-baqârah, le beuglement de la
vache. J'ai entendu cette conversation: Nâsir em-seyb
fi rase h u hù'' mus këbîr fi "ômreli, N. a déjà la
tête grise et il n'est pas vieux. Rép.: Min tesarrâf^)
larhâm wùqa*" seybeh, à force de regarder les ktiIcj
il est devenu vieillard. Un dicton très répandu est:
^^Ijc»:^! ^J^ Js^l ^^\Lc j»jL*:2>-' , les Hadramites ont des
poux à cause de leur piété •''). Un autre dicton est
1) Prononcé ainsi clairement.
'2) Je demandai ce que c'est que tesarrâf, et on me répondit
O _ - 1
tebassâr. f*-=^^ = o ' H'Ji ^^^ inusiti- dans les milieux bédouins.
?,) (M'A*-' , èlre pieux (car les Bédouins ne s'occupent pas des pré-
ceptes religieux, qu'ils ne connaissent même pas), mais dans les dia-
lectes hadar, êlrc civilisé. Les Bédouins se moquent beaucoup des
savants de Hadramôt. Ils disent en proverbe Jojï^jl' ^rVSK'. jJ^' jii')
trop lie science amène la diselle, en l'appliquant aux savants du
jjjijîj QJ^Ai' <S)h par excellence.
540
^^^ .isxÂJt ^jxjoJ! fpîÂfij OU] plÂflii'î ^^ (^ u^r^'^i lJ^^'' *>^'
J..a1JI j.L\j?j1 , Dieu est hors de cause, n'est pas respon-
sable de Vavancement du chameau en rut (qui est alors
très méchant) et de l'avancement du torrent.
Le poète Dâbî a dit (basît):
+ , . +
(^ L^L/r j ^>J«;;: ^^ ^1 Vj^ U
^6w '^^Zî (Zî^; 0 ve7it (c>y fém.)! /«^'s mouvoir les brises
[(du naud),
^^ la femme dit que je suis épris de sa minauderie.
S'ils voulaient seulement la laisser à ses allures!
Elle ne boit, si ce n'est dans ses propres sachets *).
Les verbes ^^ perdent cette lettre à l'infinitif. e)X^',
l'action de l'entretenir, te consoler. RO p. 161 ne donne
que Jyjtàj' pour le Joé , tandis que pour jjtâj* il a id^iàj"
et Jytàj', Ajljtàj', idiJtài" et ^^jtsu . Les deux premières for-
1) Prononcé aussi Pj^' , comme 5^", f- atlenlion à, cf. Arabica
III p. 72 et I.Idr Gloss. s.v. Iju .
2) Le premier pied manque, ce qui est assez fréquent dans les
poésies qui commencent par jj -|- le nom.
3) Le mètre est ici en désordre. J'ai oublié de le rectifier à
Aden.
4) Mes hommes ne comprenaient i)as le sens intrinsèque de ce
7âmil, car »il n'y a que le sîi'ir lui-même qui comprenne ce qu'il
dit." Les anciens commentateurs ont souvent aussi dû se dire cela.
541
mes appartiennent à ^ , ainsi que l'a déjà signalé
Yollers Z D M G 49 p. 504. Reinhardt se contredit ici
lui-même § 306 oii il donne ô*^ comme infinitif de Joti.
Le nom d'unité des paradigmes n'a jamais été constaté
par moi dans les dialectes de Hdr et de Dt. Les voyelles
subissent des colorations selon les consonnes environ-
nantes, ainsi que nous l'avons vu dans les exemples. Sur
^y^jdu et son emploi en Egypte, voyez Vollers Z D M G
49 p. 604. En Hdr et en Dt., il n'y a que les infinitifs
que je viens d'énumérer ').
L'infinitif de J^^Làj' est aussi J^LàJ' . Ana zâhif min
em-tenâwâm, Je suis fatigué par le ovstpwyfjt.ôi;.
Les quadrilittères ont également un infinitif pareil.
LilLiJt Us' J:>Lii:d!, taqanzah est la même chose que
c
saqqaf. j.Lsui^' Hdr p. 81.
Je fais observer que l'infinitif de Jo63l et de Jotijc*.,!
n'est jamais sans le Vorschlag, comme dans les dialectes
de ""Oman, R 0 § 300, et de l'Afrique du Nord, Marçais
Gramm. p. 18, et en sabéen. Par conséquent: iktesab,
i h t e m a 1 ; i k t ë s a b , i h t ë m â 1.
Sîb. II p. 259 est le premier qui parle de ses infinitifs
archaïques ^\jé et .^^jdù . Il donne les exemples xxj^
N'-«.> kA^^=>^ {^iSS^ à côté du qorânique ^\ô>S (Qor. 78,
28 et 33), en ajoutant que ceux qui se servent de celui-ci
1) Je suis étonné de ce que Stumiiie et Marçais ont complètement
négligé les infinitifs dans leurs grammaires. Je fais le môme reproche
à Socin dans le Ille volume de son Diwan.
2) Ces infinitifs sont aussi mentionnés par el-Mobarrad, el-Kâu)il
p. 634, «. Cf. Noldeke Mand. Gr. p. 123 note.
542
disent aussi jû^'. Ces infinitifs étaient donc employés
dans le langage journalier de ce temps-là. La remarque
d'el-Beyçlâwî p. 382 à propos de ^\5S : Jyjià:)" ^<J.x*j Ô^
iLswtà^î J.^b' j «JU o^ semble militer en faveur de
cela. Le fait est qu'on ne les rencontre que dans les
dictionnaires. On ne les entend jamais dans le Nord.
Comme JLxs , existe en minéo-sabéen, je suppose qu'on
finira aussi par y retrouver JLxsJ'. Ils ont été enre-
gistrés par les lexicographes pour une demi-douzaine de
verbes. LA a déjà S^ et JLl>^', Tab. I p. 1565, 6,
pSÏ/ et j."^", probablement d'après Sîb., de même que
le Qâmoùs. L A a aussi o-Uj" . Le Qâmoùs, en outre,
P^L , cLLiij' , («j^jj" , j.û>o" que L A n'a pas. Feyroûzâbûdî
les aura entendus dans le Yéman. Barth NB p. 68,
rapporte quelques autres infinitifs sur le paradigme JLii,
de même que AVright Gr.'' § 202. Nous savons que ces
infinitifs se rencontrent aussi, mais à titre d'exceptions,
dans les autres langues sémitiques '). Ils sont même
employés comme substantifs concrets avec un sens in-
tensif, Barth o. 1. p. 292. Comme tels ils sont plus
nombreux. Etant la règle dans les dialectes du Sud, ils
montrent à l'évidence ce que nous pouvons trouver en
fouillant bien les dialectes.
1) I. Ya'îs p. 1350. Fleisclior Kl. Sclirilten I p. 70 en 209. S. de
Sacy Gramm. I p. 290. Wright Gramru.'' I p. 115 et s.; idem Lec-
tures p. 203 et 213. i'.aitli NB p. 08 et 292. Ziiiitiiern VGSS p.
122 et 132. Vollers WZKM VI p. 171. Stade Gramm. §207.
NiJldeke Mand. Gratntn. p. 121 et note 3, p. 132.
543
D H Mûller Z D M G 47 p. 342 voit dans le ^^^^ de Hal.
192 le pi. de l'infinitif c'i , qui me paraît être faire
payer un c! j , impôt, la forme m'est cependant incer-
taine. Mais dans Gl. 282, i et Gl. 298, 3: ,.,3 yJ-
(^js^xs, c'est sans doute l'infinitif j'jr- , et non j'^r-,
comme le croit Hommel S A Chr p. 24 note.
14, 4: Ôar'^al-qabciil. Comme le mot c^yi est l'ex-
pression la plus chère au qabîlî et qu'on l'entend à chaque
moment, je vais en donner quelques exemples, tirés de
mon grand recueil de poésies ; v. aussi le Gloss. s.v. :
Dô'^an el-Murqusî, + 1315, dit:
Ceci est ce que je dis: qu'en prenne note celui qui a
[de l'honneur.
Envoyez-le à BoiXnah et au Barr el-^Agam.
El-Yâfi'^î dit dans une qasîdah à l'adresse de Dô^an :
+ ^- . ^
Vous avez ynanqué de probité à l'égard de la chose en
[dépôt chez vous:
C'est là la mayiière du vil qui fait ft de son honneur.
Dans la réponse de Dô'^an nous lisons:
Pj-^J' j. A_jj_j (CjLjCo LJ_»! L/1
544
Il n'y a que celui d'entre vous qui agit contrairement
[à votre honneur qui soit en faute :
Notre sultan n'est pas habitué à provoquer une émeute ').
Dô'an a composé ce zûrnil:
•^ {- ^y*) xjLjlj'
5
+
* LA_*_a_jl p»r-^ iA_5>iJ' b (•v-tv-^'j
ie sultan est le gardien des tribus et des daulah *).
. Je suis venu chez lui et je lui ai parlé: il refusa de
[répondre.
Aujourd'hui tu vas estimer à leur juste valeur les lois
[d'honneur des tribus,
Si tu as raison dans ton appréciation de cet honneur
[solide
Ou si tu es atteint par lui (l'honneur), contre lequel tu
[as agi ■').
Le hàgil suivant est d'Ahmed b. Alî el-Hamyarî de
Naqbân :
i) Propr.: qui ^^'^^^' y^- ■> ^'"^'^'''^ '^ terre avec le y> pour en
faire un ^y*/ , v. Gloss. s.v. y> .
2) Ainsi écrit dans l'original fourni par nn lettré. C'est v_,*ic
= v_,ot cil l'initial est devenu î , â. Cf Noldeke LZB du 20 Févr.
1904 p. 208. (_,^aj>V est plutôt une forme littéraire pour ^ys^j .
3) Chanté win-nis. On dit donc inn.
A) Voyez Gloss. s.v..
5) Traduction selon le sens.
545
(■' |ji^_E>_i: o^L_b *_i^_jJLjL_
Ô honneur de tribu, tes lois sont élevées et sans fin;
Fixe-toi là oii te désires (te fixer).
Celui qui n'a pas de fusils pour repousser (l'ennemi),
Reste comme l'oiseau dans son vol.
Elève tes frères et tes cousins (contribules)
Et aie patience dans la bonne comme dans la mau-
fvaise fortune.
Chez ceux qui se soulèvent pour dissiper ton souci
Tu te sentiras le cœur tranquille.
Un homme de Ahl Fileys des Bédouins Façîlî fit ce
zarail à la louange de W. Bena et de ses habitants à
propos de la guerre entre les Fadlî et les 'Abâdil de
Lahig, lors de la prise de "Asalah par les Anglais.
* — »._:!i^_-' 5;., — cc^_Jl J_>l \_»_«3_!! .,fcJL.«-
i) Le contraire de (ji-c»^ cJj>liÏ (= KD^tsii par liannodie voai-
liqiie, et observez la persistance de la voyelle classique sur le ^j^ .
^■T' tr X y^ tr ' -) V. p. 323. et ss..
546
W. Bena ne s'est pas laissé prendre :
Il y a là les guerriers rebelles
Qui portent les fusils roumi:
Des gens de sentiments d'honneur parfaits.
Un qabîlî des Qouraoûs chanta à l'occasion d'une
attaque contre eux :
, + o . , . i ,
I^JlX^ L 3rV^ C^^-^-J xJLfc-^ C^'JLO
3 > -s - - o ^
,^Jl J>~^=> L.*:-^ (~!^-*^ ,Oo'u^S?Jol
3 3^^ O - '
■»> n * j' yjuo (^^^ sOjAw b ^__)Lo j_cj
TJ^ie délibération ^) eut lieu au pied de la Montagne des
[Bâ Hadâ*),
Et la poudre qâmizite détonne dans les bons fusils.
Vos gens à vous ont pris le mauvais côte -'),
-1) = Dt _Jb ou „Jl\-o .
2) Mon ms a !y«'j , iDais mes Datînois ne connaissaient pas ce
verbe. Ils voulaient lire 5y>.î , ce qui paraît juste, car |»'j m'est
inconnu.
3) ï^-^^ = *^iJj! 'JLjCj , ils délibè>'r)it pour soupeser les me-
sures en vue do lu <;uerre. Cf. le zâmil chez Tab. I p. 1580, '".
4) V. Arabica V Index s.v..
5) V. le Gluss. s.v. i^^j'
547
Et nos gens à nous sont enfermés entre les '^Awâliq et
fies Bd Kàzim.
Que Dieu frappe Ihlîs qui a frappé les Arabes!
Et qui a frappé les Bâ Serdah ') et qui a frappé
[les os.
S'ils ne remplissent pas les devoirs de l'honneur des
ftribus,
Le monde ne bougera pas pour aider le sultan Muhsin ^).
Dans sa longue qasîdah en â, Dc^an dit:
>(Aj>'»i __:i^Js* L^
Mais toi, tu fais de la co?ifusioti et tu n'arrives à rien
[démêler,
Tandis que l'honneur de la tribu a chez moi son poids
[juste (JS).
Si je n'avais pas le sentiment de cet honneur,
Tu aurais perdu ta considératioti, ô Atif, et je t'aurais
[taxé d' improbité.
Par le fréquent emploi ^^^ prend même le sens de
coutume = :<j^ . E s-S ô m A 1 ''a n d h o m s a r a' b a 1 1 A 1 :
la z ù q u r u w A, h i d r a u w a h u 1 i 1-q 1 r y a h q a t a 1 ù h ,
les Sûmâl ont une mauvaise habitude: lorsqu'ils prennent
quelqu'un, ils rentrent (avec lui) au village et le tuent.
Rôssler M S 0 S I p. 09, 7 traduit y i 1 k u m b i 1 h ô z
2) V. Arabica V Index s.v. ^ï .
I) l'Iiraso iiMiilogue N° 85 \>. 15").
548
wusser^ rêr hâde Ikelâm par: iind nach Brandi
und Gesetz steht euch nichts zu dis was wir hier sagen,
mais pj^ a sans doute ici le même sens que dans les
exemples cités plus haut. Pour le reste, je renvoie à
mon long article sur ^j^ dans Hdr p. 501 et ss.. _^
e^yco ou ij^ correspond à l'égyptien liVlob ,y*£.] , fais
selon ton devoir (prop. origine) ').
14, 4: qafà^, c'est la prononciation à côté de qàfa-).
A propos de cette prononciation, une jolie histoire est
racontée par el-ùâhh dans son K. el-Bayân, Caire II p.
I.jX«-t3 ^). Cette anecdote prouve 1° que les illettrés ne
savaient pas employer l'i'râb et 2° que la prononciation
de ce mot était alors aussi qafà\ Un autre exemple
de cette prononciation qafà" est rapporté par LA XX
p. 54, selon lequel I. Ginnî l'autorisait. Dans le ragaz
cité par Noldeke BZSSW p. 21*) et ici p. 549 note,
LjC^ rime avec LC-oc et IXJ! . C'est la manière de
rendre l'imâla dans les vieux mss. du Qonln et chez
les illettrés de nos jours qui savent écrire tant bien que
i) Mal compris par Spitta Or. p. 174 en bas.
2) QafiV em-bM, mais aussi qàlam-brt, comme dans la
hira h.
3) Je ne traduis pas parce que riiistoire y perdrait son sel.
A) Aussi Abu Zeyd Nawâilir p. lUI^i, Belâdorî Ahlw. p. 48 et
LA II.
549
mal. Les Arabes syriens ') qui en 72/3 assiégèrent Mek-
kah auront donc prononcé qafâka. S'ils ont de même
chanté ''asâka et ilâka, ce qui pourtant n'est pas
une conclusion nécessaire, comme le croit Nôldeke, on
retrouve la même largeur de prononciation, ê en a,
dans une foule de mots contenant la diphthongue ey
devenue ê^).
14, 4: wagëh. Ce mot ^o-^ , qui joue un si grand
rôle dans les langues les plus disparates et dans le
monde entier, même en Chine, est on ne peut mieux
illustré par le récit de feu mon ami "Abd Allah Mizyad
de ^Oneyzah.
1) Si vraiment les Syriens ont ainsi chanté, comme le dit el-Be-
lâdorî, ce raéaz est d'un grand intérêt. Le voici:
Abu Zeyd les attribue à un himyarite. Nuldeke a raison de dire
qu'on aura sans doute chanté UXajLe, ce qu'on aura ensuite changé,
»de même que beaucoup de solécismes dans les anciennes poésies."
Si c'étaient des Arabes de Syrie, il faut reconnaître que les tribus
yémanites y établies avaient longtemps conservé des particularités
de leur dialecte. Si c'était un himyarite nouvellement arrivé de son
pays, il est clair qu'Abu Zeyd avait des notions de l'idiome himya-
rite, et ce ra<!îaz devient alors moins intéressant.
2) Voyez Gloss. sub r. Arabica V pp. 201 note et 215. Prov. et Dict.
Gloss. s.v. vv?^- Fleischer Kl. Scbriften III pp. 477, 481. Nôldeke
Geschichte des Qorâns p. 225. Abu Zeyd Nawâdii- p. 5. Muzhir I p.
240: dâm = ^v3 ; ibid. Il p. 144: ^Laj' ^-^ ^\ jL^ J^î
(qiir). Cp \^ et JLP , cardiimDtiir.
550
'iJuS.^ C'-^r^à J.C (" LJi- Jdj ^ (' 5-r^ J' 0Ï3 ^t-^^' '-V!>^ CT*
^<ii^ ^.i>-:^j Ji (j.^ '«Lixjl |*jJL*o' Jvc IjyAoiJj' d^AAJ ,-)vîyv. î>j*:2iiil
*.lju j*_JCL/0 -oLi>- iLx>JCc U iou-w! jJij xXcUji- ,-_2^o^ K.ljyo
j»jd^ !^>-_5^ Jyb^ ^-vbLs^t (" (_,A_o>LU! (^j^ • '^y^^ (" rj'^
^.jfcJiL^ OW--JI i_j'LLb! ('' ..jM^Lx-X-j^ iyJ"^ ^..yij^jp ^ i^M'i
1) V. Hdi- Gloss. S.V..
3) Les ~Oneyzites prononcent toujours d(''rali, tandis que les Bé-
douins de Syrie disent dîreh. C'est ou une prononciation, comme
dans iU.*^ et iU-^i» , et elle est fréquente, ou bien une contraction
de s-j'j» en dc'rali, comme '^-jL:> a donné ;>,aS»- et ensuite '■i^^-
>•• ' y >■• >•• ___
('•5_.^jÎ V. p. 470 et f)2r)). IJelot, Vocal), dans leSuppl.p. 987, n'a donc
tort d'écrire »jO qu'en tant que ce n'est pas là la prononciation
bédouine sjjricunr, et l'obsei-vation de Socin Diw. Gloss. s v. n'est
pas justifiée.
4) Cette locution .se trouve souvent dans el-Mohârî.
5) (j<*~fc*J G n.
0) J.A*«lji? GO.
7) OjjL^A-* L^i^ljL>r. G O.
551
JjiuP S^vl-^^^ ^y^y^ d^^i (jLù^^Ji J-:^ o->}l-2j ^y^y' ""^.v^
C7we fZes habitudes des Bédouins est que, lorsqu'au
printemps la pluie tombe sur le territoire des "Oteybah,
tandis qu'elle ne tombe pas sur celui des Qahtân, ceux ci
se rendent à chameau, au nombre de trois ou de quatre,
chez une des personnes les plus en vue des '^Oteybah. Ils
y font agenouiller leurs montures et lui demandent le voi-
sinage en disant: „Nous voidons que tu nous admettes
comme voisins moyennant quoi nous te donnerons une
brebis pour chaque tente." Il les met alors sous sa pro-
tection en disant : „ Vous êtes b i w u g h i , sous ma pro-
tection." Là-dessus, il monte mi d a 1 û 1 ou bien une
jument et crie de toute sa voix, au milieu de ses con-
tribides: ^Ecoutez, ^Oteybites, que celui d'entre vous qui
est présent informe celui qui est absent que les Qahtân
sont sous ma protection et mes voisins. Ils camperont
avec vous jusqu'à ce que l'herbe devienne sèche." Les
envoyés qahtânites retournent alors, et il (le ^Oteybite)
leur dit: ,, Allez chez vos familles et revenez ici avec
elles." Les Qahtânites campent ensuite avec les "Otey-
bites, en laissant les cordes des tentes les unes rappro-
chées des autres (les tentes des deux tribus se suivent
sans distinction). Leurs bétes mangent ainsi au pâtu-
rage du printemps pendant trois mois. Ils sont dans la
plus parfaite harmonie de voisinage. Lorsque l'herbe a
séché, les chefs des Qahtân vont chez celui des '^Otei/bah,
qui leur a accordé le voisinage et lui disent: „Tu as vrai-
ment bien agi." Ils mènent leurs chameaux de côte, loin
89
552
des autres, et chargerit leurs chameaux de somme. Et
lorsque leurs chameaux et leurs charges ont disparu aux
yeux des ^Oteybah, les cavaliers ') des Qahf/m et ceux
des "Otetjhah s'attaquent, et ceux-ci se mettent à piller
ceux-là, nonobstant qu'ils fussent hier comme des frères.
C'est bien là le bédouin avec sa fausseté, qu'on ap-
pelle en Europe chevalerie, et dont se plaignait déjà le
Prophète en disant IX v. 102:
Leur iJûIsJ' ç j-ii , le v/^- lt^^ ? j® l'^i éprouvé plus
d'une fois. Je voyageai ^^y^-^ qwIsLwJ' t^^ à "Azzân ,
avec une frange du manteau du grand m an si b de
Gaul es-Seyh, Arabica V p. 184, comme sauf-conduit,
et il me pilla honteusement. Une caravane voyage
,j1^\ i^jj , et ou le sîyîr vous fait le brigand ou il
est lui-même attaqué ou tué pas ses propres contribules,
avides d'argent, ainsi qu'on l'a vu à la p. 521. L'Oriental
est v^'wU, et l'Européen a à l'égard de ces e;.'r>Q3 un peu
trop de ^^l^Juo }Js^\ Il est faux, menteur, brigand aux bel-
les manières, Fra Diavolo et Musolino, avide d'argent et
carotteur. L'Européen se laisse éblouir par l'air pur, le ciel
clair et les „quarante siècles" qu'il contemple et qui ont
roulé sur ce sol classique. Il en a toujours été ainsi, et il
en sera toujours de même. Nous autres qui avons passé
toute une vie dans ces pays charmeurs, on ne nous
croira jamais: on est ébloui.
io^"' ^ Nord, = \:>^'t y^ Sud, est lorsqu'on dépouille
i } Voyez j). 473 note i sur J>^fc> = cavaliers.
553
quelqu'un ou fait du tort à quelqu'un qui est ^^^Ls iw>^, ou
qu'on rompt un engagement contracté par l'entremise
d'une tierce personne. Le sêh dit p. e. à qqn: ^^i^^? --'j
va t'en sous ma protection, mais celui-ci est ensuite dé-
pouillé par un contribule du sêh ou par une tribu alliée,
et l'on a alors „coupé la figure" du sêh. Cela est le
comble de la turpitude, mais cette turpitude, on la commet
souvent, surtout dans le Sud. Si l'inimitié est grande et
qu'il faille du sang pour expier un crime, l'implacable
ennemi auquel on dit ii^-:>^ ^' répond: iLx"^LM^! ^^,
c'est à-dire, k>-^) ^^ „!=> ^o! , tu es hors de 'protec-
tion. Mais cette protection est dans le Nord même
alors accordée si le menacé, au moment d'être tué, pro-
nonce la formule sacrée: .«jjtJi j.uj ^^ *yj é^s^-c- î^j:.
Ce dernier trait, vraiment joli, des mœurs bédouines du
Nord fera l'objet d'un article ad hoc dans un autre
ouvrage, kC\ $Li; ^! .
Halîmah, poétesse renommée, fille du 'âqil de Yesbom,
Farîd b. Roweys, composa une longue qasîdah citée p.
520, à propos de l'assassinat de son père Nâsir b. Farîd
par les Rabîz des Mohagir M- Cela eut lieu pendant
qu'il était le sîyîr d'une caravane, qui était par consé-
quent i^l^jri •
^J«_:^uJ! LuÀo \_>^f Oj-j3 (^3 b 17
-' ^ . -, + - .•^'
4) Arabica IV p. 41, où il faut lire .=>l.>\II .
2) Cheyiih parce qu'il appartient ù une vieille lUmillc himyaiite.
554
v^àlîJÏ j ('' J^ iO^ jr-^ "^3 ^c^::> 20
«X:^\^^ jjiC: Le il >j— ^f AJ_c JV^
17 0 toi qui as parlé de la responsabilité, ?ious avons
[épuré la souillure.
Et le cheykh est au Paradis, que Dieu l'accueille!
18 Le tombeau du cheykh, nous l'avons crépi de chaux
[et nous lui avons fait des coupoles.
Nous avons mis au dessus de sa tête des crânes
[dont le nombre augmentera encore.
1) Ici cheykh s'applique à l'endroit où il est enterré, selon une
habitude commune dans le Sud.
2) Cette prononciation pleine du pronom se rencontre souvent, et
dans le chant on en a besoin pour le mètre. La règle de Wetzstein
ZDMG XXII p. 175, * n'est pas absolue. En Haurân, j'ai souvent
j ^ — j
entendu hadàhu = aAi»' , ramâhu = b'wo^ etc. Stumme TBL
A A
p. 103 V. CI 2 a: giibûhe min barr gehàla (ainsi chanté).
3) >— ^*s est la prononciation usuelle, comme tous les pluriels ana-
logues ; cf. le \Jils> suivant.
4) Se. Vj^ '^'- Gloss. S.V..
5) = f^^ . Obs. \var-rey-dï-yim-bar-nâ-he dans le chant.
6} Mètre brisé. Un mot sur — manque.
555
19 Nous avons expulsé le Reydite et nous avons vidé
[la coupe ^) ,
Et demande, toi, où il a fixé son campement.
20 Quand même il entrerait dans le rang des com-
[battants,
Mais lorsqu'il s'agit de son wagh, il n'y a rien
[qui le retienne.
21 C'est que le wagh est le wagh d'Iblîs% ô toi qui
[en parles,
Seulement, ses enfants (d'Iblîs = les Rabîz) so7it
[dayis les anneaux et la chaîne.
Un Habbânite dit, à l'occasion de l'arrivée des 'Awâliq
à Habbân à l'effet d'arranger le différend entre le sultan
et ses sujets:
=3 J- c_ : • • > .
Château de Habhân! ô toi dont V honneur est intact!
Si tu me veux, je viendrai encore et je partirai (à la
[guerre).
Celui qui dit: „Je veux l'objet garanti," a une raison
[valable.
1) = nous les avons anéantis. ^ _
2) Il m'est impossible de bien traduire ces deux ik>5 sans une
longue circonlocution. Le wa<j;h de Nâsir, en qualité de sîyîr, fut
changé eu un waii^li du Diable par suite de l'attaque des Rabîz.
Cet ouvrage n'étant écrit que pour des confrères, ceux-ci compren-
dront sans de longues explications.
£
3) =: t;^**'^ , Hdr Gloss. s.v. I .
556
Noîis le (^>•) ferons sortir, quand même il tomberait
[au milieu d'un puits.
La qasîdah à la page 522 eut la réponse d'em-Deyb
b. Moh. es-Sama'î à el-Kabs:
— o —
Je saZwe to ^e^^re, ô chef de la tribu!
Toi qui domies la sécurité à celui qui est en dayiger
[sur les routes,
Toi qui as rendu tributaires le Nord et le Sud^),
Tu y es venu du pays des Hâsid à celui des Bakîl.
Tu entretiens sa flamme et tu allumes so7i feu (la
[guerre),
Et 7Î0US autres, nous courons toujours après nos obliga-
[lions d'Jionneur (nous avons toujours hA,te de les remplir).
Dô'an a dit:
1) |»Ui fut expliqué i^»,*^ XlxAiijI i^-j (^3, qui serre la tribu
cnaoïihle. On voulait que *; et iA fussent la nu' me chose. B^lfecti-
vement, le sens des deux verbes est presque identique.
2) Le sens ne me paraît pas très clair à cause de ^ = (jr^' •
3) Chanté qa-f â-lau-é^-he.
'^) J**; ) 0, courir à petits pas, trottiner.
5) |»L/iol est ici le pays au noid et à l'ouest de Lahig , et ^♦aJ!
est Lahig, dan.s l'idée des habitants à l'est d'Aden.
I
557
I)z^es à celui qui ne connaît pas 7îotre devoir de dé-
[fendre ce qui nous a été confié
Que nous faisotis (même) sortir le foie de Vhomme qui
/(le foie) 7i'est pas près ').
Abu Hamzah des Béni "Amir (du Nord) dit dans une
qasîdah :
Demande aux braves des Béni Sinân, puisqu'ils sont
honorables et donnent des coups de lance aux ennemis,
selon la rédaction que je tiens d'un Qasîmite, tandis que
Socin Diw. I p. 169 v. 26 a:
Winsid *serât béni Senân fainnahom
bîd-elwugûh rubâyib en-no^mâ'î
Mon voyellement est d'après le chant, et alors le
mètre n'est pas brisé, comme chez Socin ^). x^t^j^^ me
1) Mon ms. porte <-^_jc! La locution qLaa^j'!^' \Xj,i " r^ ®^^
jx'rdre j)0'l'i^^^ce, être tracassé, éreinlé, et ^' r-j^' en est l'idée
transitive. Le sens est ici: nous lui ferons bien entendre raison,
quelque difficile que cela soit. p-;"^J est pour le classique — r^^
avec harmonie vocalique. Un autre dirait p»;-^ ou -^j-^^ , ou
>
mfcme -rj^^ i en vertu de la permutation constante des deux
voyelles.
2) C'est ainsi (jue la rédaction, que je possède, de plusieurs qnsidah
du Diwan de Socin ^iiffèro do celle qu'à recueillie l'eu mon ami. On
558
fut paraphrasé par 5>:>^'. Dans le Nord, ».js>^ est aussi
adjectif, notable, pi. ^UjJ-^ . Comme tout arabisant con-
naît ses expressions, je suis dispensé de m'étendre sur
ce sujet.
ci
On voit donc que \:>^ peut avoir une foule de sens,
selon l'idée à laquelle on l'applique: honneur, responsa-
bilité, protection, dépôt, chose qu'on doit défendre, ce dont
on est responsable, etc. Lorsqu'un ^. a subi quelque
tort pour lequel il faut payer le *J , dommages-intérêts,
ceux dont il est le ^, envoient à ceux auxquels appar-
tient le coupable un gâmbîeh, une pique ou quelque
objet de cette nature, en leur faisant savoir ce qui est
arrivé et en les priant de fixer le jour et l'endroit pour
peut donc se faire une idée de l'originalité des poésies préislaraiques,
si l'on admet qu'elles ont circulé oralement et sans être notées par
écrit. Mais, même écrites, elles ont dû subir des modifications, car
une copie précédente ne servait pas toujours pour une copie suivante.
11 y avait aussi la transmission orale d'après laquelle des copies fu-
rent faites. Il y a deux exemples modernes qui sont ici d'une
grande lumière. 11 existe des copies du Diwan de Nimr el-'Adwân.
Je n'en ai pas vu, mais je me suis fait dicter des poésies de ce poète
dont la teneur ne concorde pas toujours avec les mêmes poésies
recueillies par Socin. Je possède les Diwans des poètes de l'Arabie
méridionale: Hu "^Alwi de Sê'ûn, Bû Mo'gib el-Yâfrî, ^Alî b. Ziimil
el-6àbirî [dont le fils vit encore et a hérité de la halîlah de son
père], 'Abd el-Haqq, 1. Sihâb, Hoseyn Zàhid, Yahyâ "^Omar, el-Wâ-
hidi, I. I);ibak Ahmed des Ahl es-.Saî\h des "^Awdillah, et en même
temps des dictées orales de quelques poésies de ces Diwans. La dif-
férente est souvent grande, et les variantes sont multiples. Socin,
0. 1. 111 p. 0, a donc parfaitement raison de dire que la transmission
écrite n'est nullement une garantie pour la rédaction originale du
texte. Ceux qui ont édité des textes peuvent en dire long. 11 faut
en faire son deuil. Guttenberg est né trop tard.
559
arrêter le montant du [.^ à payer. Cet objet est aussi
appelé ic>5 .
L'importance de la figure des hommes ne doit pas
étonner du moment que Dieu lui-même a une figure,
*JUI ^l Qor. II V. 109 et 274, ^^ »^^ 13, 12; 55,27; et
Genèse 33, lo. Le \=>^l ijs:[^ ou le i>j>-j}) o|^^ ') jouent à
cause de cela un grand rôle dans la phraséologie des
Arabes et des autres peuples orientaux, de même que
dans le Qorân, p. e. II, 102: ny>^ o^j ^3 u^45'; XVI,
60 : îo^,«-o \i>5 ^ , où notre avoir la figure noire rend
bien l'idée de la phrase. D'après Boh. II p. 26 '), Abu
Tâlib aurait dit:
- ^ oc-
Pour en finir avec Sam^ah, je vais donner la fâtihah
que sa famille prononce sur elle:
1) Dans el hâge swêdit wugh, Rossler MSOS III p. 32, 2,
swcdit ne peut être le verbe: die Nolh hal miv das Gesicht cjc-
schwcb'zl; il doit y avoir une faute d'impression.
2) La traduction de Houdas-Marçais, I p. 330, acceptée par Bel, R
M T A p. 75, n'est pas tout-à-fait exacte, car ^-^^r^? • • • (J—^'i
ne veut point dire »et à cause de son blanc visage"; il n'est pas
non plus prouvé que cela se rapporte au Prophète.
3) = i,jy*i • Obs. lo paifait. On prétendait que |l?JLw valait
mieux que iJ ur***^ > 'malgré les imparfaits précédents!
560
La fàtil.ia pour l'dme de Kâsir b. ^AU et de Sam^ah.
Que Bien les démolisse et ne bâtisse pas leur maison et
ne leur donne pas de progéniture, ni ne laisse subsister
trace d'eux! Et la fâtiha sur le Prophète!
J'ai envoyé ce récit imprimé à mes amis de Datînah.
Ils m'ont fait savoir que j'aurais mieux fait de ne pas
parler d'une chose aussi vilaine qui les a couverts de
honte. Je leur ai répondu qu'il y a en Europe beaucoup de
Nâsir "^Ali, beaucoup de Sam^ah et que ce n'est pas la
première fois que j'aie dû m'occuper de deux amoureux
pareils. Cela les a fait rire, et ils sont à présent fiers
d'avoir en moi un ami aussi expérimenté!
Mehellet el-bedu fi Wâdi Marrân
Le commencement de ce récit est très intéressant en
tant qu'il nous montre le rôle que joue le chef de la
tribu. C'est lui qui décide quand le rahîl, Hodeyl.,
Wellh. N° 271, v. 2, doit avoir lieu et où l'on doit
camper. C'était de même dans l'antiquité. I el-Kalbi ra-
conte KA XXI p. 100, 8: "bl di !3! [^L^ ^] -^j J^^
y^ j«-Jîx ^^ ^\ "iiî Ji !<3f3 -»Axoi u>i*^ ^^Lli? .^J^ ^l
lyilîtj, Lorsque Zoheyr disait: j,IIolà ! la tribu doit partir !"
les Qodcfah partaient^ et lorsqu'il disait: j,Holâ! la tribu
doit faire halte!" ils campaient et s'y fixaie7it. Le célèbre
chef Koleyb b. Wâll faisait de même K A IV p. 165, s:
yilj, Et c'était lui qui leur désignait les campements et
les faisait partir. Us ne campaient que sur son ordre ^).
19, 5: rawâhel, pi. de ^Jb>î^, cliamelle de charge.
Les maies se vendent en g('nôral. icï'j est partout com-
pris; mais ce mot ne s'emploie que rarement; je ne l'ai
constaté que chez les Bédouins des ""Awûliq. :ww , pi.
LUm, 1. 7, sert pour monter. Les trois planches ci-jointes
1) Citations d'après GolJzilier Abhandlungeu I p. 18.
562
donnent les trois espèces de bâts employés dans le Sud.
Elles me dispensent de toute description.
19, 6: Ijâyam = j*-ç>, pi. de iU-ç> ou iU^i- . Cette
dernière forme se trouve aussi dans les dialectes Nord-
africains ^). Dans le Sud, iU-3- et ci*^ sont synonymes
pour désigner la tente de poil des Bédouins. Cependant,
il semble que dans l'antiquité iu^ était un abri fait
de quatre perches et du branchage. L A en donne de
nombreux exemples à l'appui; I^yall, Ten ancient Poems
p. 13. Abu Do'eyb dit dans son diwan^):
;-«— J 0)^j
J'ai connu les demeures de la mère d'er-Rahin,
entre e^-Zubà' et W. '^Osur.
Elle s'y fixa et se construisit une hutte à côté de rigoles
f d'eau douce courante.
19, 8: dûwâdah. Pour la forme, voyez p. 346. Pour
le pluriel, voyez la règle Arabica I p. 60, qui s'applique
aussi aux dialectes du Sud. Il est curieux de constater
que le thème est o.o, contrairement à la langue classique
et aux inscriptions protoarabes. Littmann Th. I p. 60,
•1) Ce changement de i; en î est courant dans toute la Péninsule,
y compris le mehii et le soqotri.
2) Le jtremier vers LA s.v. ry^j , et L*^; "Yâqîit III p. 573 et
673; le second, LA s.v. ..-A-^iï et ^ .
Bat.
1 : ^\j . — 2 : , •yw.Lc . — 3 : iOto .£ . — 1 : JUiJx./* .
V. le Gloss. s. h. v..
Biït. , -3>. .-- 1- ^\Jsj^. — 2: Ivi^i < iisJCj :5 : ^U_-ji, —
5: iLli . V. lo (îluss. s. li. v..
Uât ycnianitc.
563
où il y a des renvois. J'ai bien entendu cette phrase
L^sot^Ju Kb>!. K,b>t j! , la chamelle est attachée à son gardien,
le suit, mais cette prononciation est plutôt exceptionnelle.
Dans nos dialectes, o^o est coll., les chameaux, et >3!^l>
est gardieti de chameaux, du verbe otJ>, o, garder les
chameaux. ^JjJ! ^X! j^LaJî ^^^ ^^y^^^^ J->y ÔjÀj oL,JJ!,
Ze gardien pousse devant lui les chamelles, c'est-à-dire, il
les conduit, le matin, du campement (de l'habitation) au
pâturage •= ^>^. GrO. o!o n'est pas usité en lidr.
.lL, pi. ij^lij, gardien du gros bétail à cornes. ^U^, pi.
^î-io, gardien des champs lorsque le blé est déjà grand,
c
ou gardien de bestiaux en général: u^j2\ ^ rr^ •
(_^w^L> pi. u/''y>, gardien de nuit pour les champs. Le
bétail est toujours reconduit à la zerîbah le soir,
goyc, pi. Q^j^'.yî, gardien des champs pour que les bêtes
sauvages et les singes n'y fassent pas de dégâts, ainsi
appelé parce qu'il ,^^t ^ guy., verbe dénominatif de
^^f^^J, un si7ige, pi. ^^l^^ ou ^lJ, fém. 'i^j, ribhieh
ou ribhieh.
19, 9: baows. ub^ » pl- u^!>?', est en Dt et à l'ouest
de là, jusqu'au Yéman, tout le bétail = Jf jiiijl , mais
1) O^u) Bol). II p. 12G, I. Qot. p. 2G2, '; oî^jî ibid. p. 215;
oi^O ibid. p. 202; SJ'3 Goldz. I.Iotcya p. 141. j.yj! o!o Talidîb ol-
Alfâz Beyrouth p. w.
564
en Hdr il commence déjà à signifier chameaux, sens ex-
clusif en 'Oman et dans le Nord. R 0 § 26. M S 0 S I,
80 passim, 81 et 82 passim, V, ii 10 et passim. Èzleme
i s m u Mohammed h a d a m "and e m î r ' A r a b
u s â r k u 1 1 s ù r e 1 1 u "a 1 a M o h.. U g â 1 1 u h : 1 a g i r a'i 1-
bôs uehllb lin a min nâget el-wadha ut a" hâ
hâ. — Amrak, 'alar-râs! Qôtar uwijsil laër-râ^i
ugâl: hât en-nâga el-wadha dà^na nehlîbha.
Uhalab en-nâga min de y d ha lahatta fâd. Un
homme nommé M. servait chez un émîr bédouin et
tout son travail tombait sur le clos de M.. Il lui dit: „Va
trouver le gardien des chameaux et trais-moi la chamelle
blanche, et toîit de suite!" — „^ tes ordres!" — Il s'en
alla et arriva auprès du gardien et lui dit: ,^ Amène-moi
la chamelle blanche, nous allons la traire" Il traya le
pis de la chamelle jusqu'à ce que le lait débordcd, '^Anazî.
Mais J^yi n'est pas pour cela Milchkamel, comme le dit
Socin Diw. III Gloss. s.v.. Il traduit le pi. c>l^! correc-
tement par Kamelherden, I N° 108 Einleitung.
En H(lr et à Wâdi Meyfa'ah, j'ai constaté (>1j , o , et
u*^", piller, enlever à la razzia, qui doit être un déno-
minatif, puisque tout pillage est en vue de prendre le
baus! En Dt je n'ai relevé que ij^^Lo", rafler, prendre,
ramasser à la hcde ; lorsque chacun prend à la hâte et au
hasard ce qu'il voit devant lui. Piller est véritablement
(jiLP, 0, ou ,'«^ , V. Gloss. s.v.. ij^y est un collectif. La
définition de M. el-M : ^) iuUi' iCiL 'îjtùù) iL^Uî n'est pas
d) De (jiijï, m fier, arracher à la hâte. '^J^ , bête en général
parce qu'elle ij^ji^ tout ce qu'elle peut manger; cf. isv**"^» jC^Law.
565
tout-à-fait exacte, et la traduction de Dozy, Suppl. trou-
peaux mis au parcage^ l'est encore moins.
Le sens de cohue, populace est tout-à-fait inconnu
dans les milieux bédouins de la Péninsule. Le sens pri-
mordial est sans doute 1A=> , et les thèmes v>^) v^j
D"''^, ^-^-A^-) \J^3i L/^'' 'J^'-^) lA^^) Lr-*^j L/-"*^ 6t uiw>
sont probablement congénères, revenant tous à l'idée
de iJL=> .
19, 9: el-Môlab est le nom d'un wâdi, où se joignent
plusieurs autres grands wâdis, à trois heures à pied
au sud d'em-(jiblah. Il y a une source d'eau saline
très chaude, où l'on abreuve les chameaux tous les
dix jours.
19, 10: tegâ", c'est ainsi que cela me fut prononcé.
La vraie forme est ï'l:^' '), sur JLxs, v. p. 63 note, car
avec les suffixes, c'est tigâhi, tigâhak, etc.. Un ^
ou un £ à la fin d'un mot se confondent si souvent, ce
qui a déjà été relevé par Hartmann. Les indigènes
écrivent sj.? , k*^ là où j'écris, et je crois plus correcte-
ment, toujours hù', hf.
Dô'^an à fait ce h â g i 1 :
(^^Î-tJ 3^>lU ji U^ ^^o^b IIÎJUT (2jo^' L-j
\) »L>5 , en face de I. Sa'd lU, i p. 38, '»,
2) = Joui Lo Ij .
3) = j**j' . mais il fait tomber l'a initial faisant syllabe, ainsi
que c'est la règle, ne pouvant se servir de ia forme ordinaire r**J"f,
pour avoir le pied voulu; cf. p. 498, note 2.
566
Mon pays, comme tu es loin ce soir ! pendant que moi, je
marche sur le rivage de la mer.
J'ai vu le Hadir passer devant moi et (j'ai vu)
le nâfihah et le bois verf^).
19, 10: elmâligi = ^^>^" LJ avec Y orschlsig, jusqu'à
ce que nous venions, de J + Lo , tandis que son équiva-
lent Û vient de Le ^' où i' devient ^ , "l^ , v. p. 468
note.
19, 11: hisyân, pi. de ^^'j> , c7iaw2e7o«, jusqu'à deux
ans passés. Ensuite, il est appelé oyë ou j>y^'é ou wou».
19, 14: Sâkin est en général lieu d'habitation, en-
suite habitat, village, campement. "^Alqamah b. Di Gadan
dit, DH Mùller BS I p. 78:
3 5 O
Les loups et les renards hurlent sur son territoire,
et aujourd'hui V endroit de sa demeure (son campement)
est comme s'il n'avait pas été habité^).
^•Su>^ ne peut pas ici être un habitant de jadis à
cause de la proposition suivante. Je trouve dans mon
exemplaire de l'Iklil que ^Alqamah se sert de ce mot
dans le même sens plus d'une fois. (jréz. p. 139 ult. :
^yu.3 c : . Jw^' '^jj iùpj"^' 'sÀP Ji^, et dans tous ces
1) Deux aromates des Indes. ^ ^
2) Miiller o. 1. p. 37 traduit Ki^ [il a incorrectement %iJ par
Wohnsitze, ce qui peut aller, mais il ne traduit pas du tout
qj «.*« , ce qui est plus commode.
567
wâclis il y a des palmiers, des champs cultivés et des
habitations ').
^^'ww est bien un participe présent de la catégorie des
mots Jots^i Jaàij J-^^' dont j'ai 'parlé à la page 528.
Son pluriel r^^_y^ est, comme on le sait, le nom d'une
ville égyptienne sur la côte de la Mer Rouge. Dans
d'autres contrées du Sud, on dit „1ja ou ijjs .
19, 14: fâz'în la. Verba metuendi ont "^ dans la
proposition subordonnée, et cela dans la plupart des dia-
lectes. La langue classique connaît aussi cette construc-
tion -), de même que le français. ^L. ,_,:-??. "^ ^j'-J , je
crains qu'il ne vienne demain = il viendra peut-être,
mais yij ^ ^j^, L) "bJ c:'i, je crains qu'il ne vienne
pas demain, ^j^, ^ o'^, il viendra peut-être^ mais
^j^. Le "^3 ^^J> ^), il ne viendra peut-être pas. Spitta Gr.
§ 197 d, Sturame T Gr. p. 143 s.v. là-*), Marçais Gr. p.
1) Mon ras. porte P^y\*, rj^^'^3 • Les mss. D et E de D H Mill-
ier II p. m ont p3;33 rj^ UWX3 .
2) S. de Sacy Gramm. II §874. Wright Graram.3 II p. 304 §1G2.
Même après ^j^î : Tab. I p. 1501, ": '^^ >A:^ "^ ^J ^j-,Lj J,
mais p. 1G3G, ": '^Cyo ,J^.Ji j aJ ^y^" q' cr^J ^ •
3) Dans notre dialecte, le veibe o.>, a, n'est pas employé; mais
^\j> est devenu adverbe, peut-être, se construisant pourtant selon
l'idée séinasiologique qui lui est inhérente.
4) Oîi les deux exem|)les ne .sont pa.s de la mrme nature, car
dans le second ^ n'est pas un pléonasme, pas plus que dans l'exemple
analogue de Fischer, Marokk. Sprichw. M S OS I p. 212, 2*, et ici
23, ", 24, 2', 25, •■». Si Marçais, Gr. p. 190, traduit rodd bâlak
40
568
190, Fischer, Marokk. Sprichw. MSOS I p. 212, moi-
même Prov. et Dict. p. 166 et s., et tutti quanti; nous
avons seulement eu en vue le cas, lorsque la proposition
subordonnée est virtuellement une affirmation. Il n'y a
que Doutté, TO p. 25 §71, qui ait relevé le cas, lorsque
la proposition subordonnée est négative. 11 dit: „ràni
hâif la yuqqutlûni, ce qui est proprement notre
„j/e crains qu'ils ne me tuent." Mais râni hâïf ma
yuqqutlûni si voudrait dire: Je crains qu'ils ne me
tuent pas." Cela se dirait en datînois: ra^ni fâzeâ" la
yôqtolûni et ra^ni f. la ma yôgtôlûni éî? On
observera la coïncidence avec si, dans le second cas,
dans les deux dialectes. Cependant, il ftiut ici signaler que
ce la pléonastique n'est pas de toute rigueur, car on
peut très bien dire fâzeâ*^ yîgi bâker,7'e crains qu'il
ne vienne demain, et f. ma yigi sf bâker, ^e crains
qu'il ne vienne pas demain. On sait qu'en français on
veut à présent supprimer ce ne pléonastique, qui n'y a
que faire. Après les verba cavendi, la n'est pas pléo-
nastique, comme on peut souvent le lire, p. e. Fischer
0. et 1.1..
19, 14: yistanbilûn bah = iu ^ ^^Jj^jo G 0.
^ ^}ujjj^} , expédier une chose avec vitesse et habileté, bâ-
cler une besogne. C'est une terme technique pour se dé-
barrasser de qqn par un meurtre. ^, nebel, nebil,
là tti'îli par: prends garde de tomber, il ne s'aperçoit pas que
l'idiotisme est du côté du français, tandis que Stumme Gr. p. 143,
et Fischer o. et I.I. rendent la môme phrase en allemand par:
nùnm dich in Achl, da.ss du nicht falhl! Après les verba cavendi
"^ n'est donc pas un pléonasme. Ex. dans Usânia p. 102, '*.
569
fera, nebeleh, nebileh, dégourdi, ingambe, alerte,
débrouillard , contr. de }^ ou ^^^iZS .
19, 16 : ] i s i w î h z=. ^j>«. j .
19, 16: misruh == colonne du milieu qui supporte
dans une fourche, iL<JL5 ou iLoti; ^), la perche transversale,
(jzjbw ou [jcjj:.. Elle est ainsi appelée parce qu'elle est
_ .Lw '), sortant debout de la terre où on la dresse,
o
xj\:>,ao . Le mot Ok,= pour colonne, quoique connu,
n'est pas usité dans le Sud; il paraît surtout appartenir
aux dialectes du Nord ^). La description d'une tente se
trouve dans Burckardt, Beduinen und Wahaby (Weimar
1831) p. 22 et ss.; Socin, Diwan I p. 290; y. Oppen-
heim, Vom Mittelmeer zumPersiscbenGolf IIp. 45et s.s..
19, 18: tefl.iàmah = tiftàlah GO. ^ est tor-
dre un seul fil sur le genou. C'est le terme technique
pour tordre une ficelle, une corde, ^j^ , a, est commettre
les fils en les entortillant avec la paume de la main ,
aJI i:>!^, sur le genou, Hdr p. 264. Jj3 est faire une
iJLyj , cordelette, mèche, jjs^ est véritablement frotter,
p. e. la main sur la table.
L'infinitif des verbes de cette catégorie est J^ : *jy ^),
Juy6, ijoL^, i»^ . Les dictionnaires classiques ne con-
1) Cf. iù^L-, colonne, pilier, Tab. I p. 1672, '. -y-, (j?/^ et^L«,
comme étymologie et signification, se rapprochent.
2) Les trois pliirieLs iA>£ oUx. et •sA^j:.' se rencontrent dans
une poésie antisociali.stc d'el-Afwal» el-A\vdî, Noldeke Delectus p. 4.
3) |»j, 0, est employé dans toute la Péninsule avec la plupart des
significationfs que comportent le.s verbes tourner et lonlrcQW français.
670
naissent point ce sens de ^v^ et de ^ , qui, au fond,
ne sont qu'une amplification de ^^î, oii nous pouvons
encore reconnaître le sens en question. L A III p. 373
dit à propos de ce verbe: xxsxj L?aJi:> ^\^ ^ j>.>j.
\j^*^ , en parlant de la vipère qui frotte sa peau et pro-
duit par cela un son, ^^ . Le sens connu de ^ja:^ ,
examiner^ est évidemment secondaire, et Zamahsârî dans
son A sa s ne l'envisage pas autrement. Il a subi la
même évolution que ^_j^ , essayer^ prop. gratter. Une
variation phonétique en est ^j>.^, ^.ù^^^. et le vulg. syr.
^_^ivj$^. , comme aussi le sudarabique ia^, frotter^ écraser^
zerreiben, v. p. 316. Mais ^ a aussi une autre signi-
fication: être hors d'haleine, être essoufflé. Ul c;^^
^«.J^wL!! diîaj ,i>s..«.js\î , j'ai tellement couru que j'ai perdu
l'haleine, •=. oJyy, oA^iis'!, ou oA)si, sens qui trans-
pire dans celui ^'être essoufflé à force de pleurer, en
parlant d'un enfant, des dictionnaires : ^^-îso^. ^^ Jo îol
iûy^. xwij L A XV p. 346. Un lexicographe en avait
constaté l'emploi dans un cas pareil, il l'avait enregistré,
et les autres de le copier. C'est ainsi qu'il faut expliquer
les restrictions apportées aux définitions des mots dans
le dictionnaire de la lurah.
j*:s^, qui se trouve dans toutes les langues sémitiques,
charbon de bois et, maintenant aussi, houille, ne fait
partie que du dict. du Yéman. Ailleurs, dans le Sud, on
dit ôj^ ou ~^ et Hdr y<^.ô, Hçlr GIoss. s.v.; cf. ^=> ,
bitume, qui certainement ne vient pas de j*^] , rouge.
f^=> est en Dt suie, mais class. ^> , charbon. *:s^ a
F
571
dû être courant jadis, puisque nous avons en sabéen
j*.:^iix, autel^ l'endroit ou le récipient où le ^y^ brûle
le ^, et Wâdi Fahmân rr ^ll\ ^ol, en Datinah,
Arabica IV p. 25, (*-m.> class. = j^', Fath el-Bârî XII
p. 114.
Je crois que dans la racine ^=à se rencontrent deux
racines, qui ont motivé les deux significations si différentes.
j«j>, être chaud, que nous retrouvons amplifié dans oU=>
(Syrie), la steppe bridante^), est devenu aussi j.»j>, ^^^^
et même j.L:> . Ce dernier verbe est usité au Maroc,
1) Sacliau Am Eiiphrat pp. 76 et 78. Aussi 3oU.=> en Mésopota-
mie M S OS VI p. 110 N" 41. Hess Bemerk. zu Doughtys Travels
p. 10, fait observer avec raison que c'est sans " sur le *, en cela
d'accord avec Huber Journal p. 140 et Hamdânî Géz., Index s.v., où
l'on trouve aussi un nom de lieu oUr> . Hartmann LL W N" 17 a
(p. 72) v. G, écrit hamniïidi en s'appuyant sur Dozy Suppl. s.v.,
mais le pied v-» — demande ici hamadi. VoUers Z D M G 49 p.
509 commet la même erreur, mais D H Millier a imprimé correcte-
ment ôézîrah p. 152, 2' et 153 »oUi> . De même, On. Reclus:
Lâchons l'Asie p. 158. Mais il paraît qu'en Afrique, et rien que là,
la forme »oU> est courante. Duveyrier écrit pourtant H a m â d a
et de Metelynski, Dialecte de Rédamès p. 257 a, même pour l'Afrique,
oUs» . Vollers, Z D M G 49 p. 509 et Mutai, p. 41 note 4, veut que ce mot,
si répandu dans les pays arabes, signifie originairement: die in Lchm
eingebctlcle Kieswûsle à cause du ^omânais 5yA*=>, Scfilamm^mud^et
Hess le traduit, o. 1., probablement sur la fui de Vollers, aussi par
KieswHslc; cf ^U.^ , dans le Sud iUj> , vase noire des jjuitti. Du
moment que o\.».:> veut dire rire, chaud et "iQn , brûler, je trouve
que l'étymologio que je propose n'est j)as à dédaigner. Elle a son
o -
pendant en i^^^^xi. , la slrpiir bnUantc, mot assez courant dans
le Sud (= class. iu*:2Xj ou Iv^ii/) . | ; voyez p. hl'.).
572
j.y>, chaleu?', Socin Hùwàra p. 110, et dans le Sud
de l'Arabie, où il me fut toujours expliqué par j^c*:>,
être chaud. vr^>^' à- ^^^' '■"^ f^j ^^ mort nous me-
nace dans la guerre, nous chauffe. UJLc j.L> , ?zoms
awws e?e près de la mort dans la guerre. ^J,o^ u>-<iL=> ,
j?''e7î suis dégoûté^ je ne puis le manger. ^^ ^c^*^ c>>!l^
kjLavo*:^! ■=: cj^vA.*^ (v. p. 319) ou ^^ ^.i^^^jï, ^e suis dé-
goûté de la femme, j.^, chaleur, aussi Yéman et sueur.
|,y:sTJ! ^j^ uy] Luk: ^^ , évente-nous pour que nous nous
rafraîchissions (et ne souffrions pas) de la chaleur ').
j.l:c>t, rtwz'r chaud, transpirer, de même que vt^' -^^j
l'ardeur, le plus fort cZe ^a guerre, et o^'' ic*^ sont
des expressions très ordinaires dans nos dialectes mé-
ridionaux ; V. Hçlr Gloss. s.v. *L> . .L^'' ^^ correspond
exactement au DVn dn de la Genèse XVIII v. 1, la
chaleur du jour.
Nôldeke, Fùnf Mo^'allaqat II p. 44, fait remonter iOo^
*_jJi. et ojl' - à j.L>, tourner, planer, ce qui me paraît
bien incertain. Les Arabes, du reste, n'ont point le
sentiment d'une telle idée. Mais l'on pourra comparer y>,
remuer, et y>, chaleur, avec éf^ Hdr Gloss. s.v.. Une
autre amplification de *:> est l24s> , o, et ii*j> , a, être
chaud, bien brûler, in»-?. ^.^ jCl , le feu brûle bien, est
1) J'ai môme entendu ^-«-i^l (•5-=>, /« chaleur qu'on ressent
dans lo corps, à cause de la cliaU'ar de la lempévalare.
il
573
bien nourri. U(.iâl em-sêh: bâ sîr bidljol bifra"
bênehom. Uqâl hadem-sèbeh : entelr mignûn
ma tara' év" k ê f h à m a t (ou li à m i t) b e y n e h o m ?
Et le cheyk dit: „Je vais entrer au milieu d'eux pour
les séparer." Ce vieillard dit alors: „Tu est fou! Ne vois-
tu pas comme la lutte est au plus fort entre eux?"
i2/iL> ij^..*^! -vJI , avjourd'hui le soleil est chaud. j.yJî
j2xiL>, il fait chaud aujourd'hui. 2^A=> tLaiJ! , le travail
est chaud := il y a beaucoup de travail, çà chauffe.
JsjLccJ! UJle -L2/)L=> ^La:^, nous avons eu U7ie rude besogne.
2^l=> i_,^jsnjl , les céréales sont chères. l_,»j:>C! ^ .^^i*^.,
ils accaparent le blé pour le vendre plus cher ensuite.
ii*:>i , entretenir le feu^ nachlegen. ^^S- J^U^ , l'ardeur
du combat = ^A x/)^. o^î JpU=>, l'ardeur du com-
bat^ oit la ynort menace = o>iS My>-. L'assyr. h a ma tu,
brûler, Del. W B p. 281. La langue littéraire a c>n^
et sa métathèse >i>.4:=> ^) avec le même sens à.'étre chaud,
Ta'àlibî Fiqh ellurah p. 351 (Beyrouth), L A II p. 329,
oîi la phrase U-^ -li*j> aï r= Uxjj c>-*^ ^aï dans
notre dialecte. J'ai même entendu ici Oc*j> , mais seule-
ment chez les Bfi Kâzim. L'hébreu iDn , brûler , l'arabe
L\-»:.;:>t, ct7'e d'une chaleur intense, brader, ^oU> r= ^j>U^,
chaleur intense, et la métathèse de u\.*:>, j.l\=>, brûler,
avec les dérivés ^j, prouvent que mon observation n'est
1) u^-r^.»^ Boh. V p. 100, '0: ■iy*=> ^ ^\i .
'2) Est-ce que l'iii-abe et le sabéen iA.»:> , lutter, n'est pas secon-
'laiie, et l'iirljifu l'^H "u serait-il pas urigiiiaiienieiit hn'tlrr d'iiirii'l
574
pas douteuse. Les anciens lexicographes semblent avoir
eu un soupçon de ce sens de ~^us>, car dans L A IX p.
147 nous lisons qu'un des noms sous lesquels les An-
ciens ont fait allusion au futur Prophète était LLlI=> ,
(Qâmûs Bûlciq 1303 a ^^'l^>). C'est le grand fournis-
nisseur en titre, Ka'b el-Ahbâr, qui raconte cela, et c'est
bien aussi lui qui l'explique par ^'^\ u:^^'^ • ^^ P^^^'
I. Barth a bien voulu me donner cette note: „Da die
Bennennung von K. el-Ahbar herkommt, so ist eine
hebr. oder aram. Etymologie am wahrscheinlichsten. Im
aram. Targum bedeutet t^î^^n sich hùiknieen (es ist in
jerusal. Targumim die regelmassige Uebersetzung von
hebr. ;?"iD, niederfallen, hinknieen. Der arab. Ausdruck
ist demnach vielleicht auf einen aram. Emphaticus Nî2^n ,
Niederknieer :=: hâuflger Beter, zurùckzufùhren (= oL^*«).
Die Ausdeutung der Araber ist wohl nur eine Zerteilung
von j_^LA.«i> in ^Jd\ -\- ^,-*j> . Wie sie die zweite Hiilfte
Vollers Z D M G 49 p. 509 veut que le sens en arabe et en liébreu
se soit développé de '6\\4S> et l>U^>, que j'ai cités p. 571 note, et
il le compare au classique ij:?-'', Ioue)\ »de i^--^, frais, humide."
C'est là une sémasiologie plus que hasardée, i^y^' , louer, doit
venir d'un mot signifiant aromate et qui est caché dans sSjIixi iLLwsÉ
et (^»ii« '3^ . C'est donc notre encenser qqn. Dante Par. VI v. 48 :
Ebber la fama che volontier mirro. Le '^omânais (^rbl , faire men-
tion de, RO p. 221, 8 d'en bas, p. 235, 3 d'en bas, p. 290, >• d'en
bas, est le transitif de i_«r» , arriver, apparaître, très employé
dans le Nord et chez les Bédouins de Syrie, voyez Gloss. s.v., où exemples
et Socin Diw. III Gloss. s.v.. Il n'a rien à faire avec (^ J-» , être frais.
575
sich zurecht gelegt, ist fraglich". Si rexplication de Ka'^b
peut impliquer la connaissance de -Luj> , l'autre étymo-
logie d'un juif converti à l'Islam, citée par L A et copiée
par TA V p. 161, ne le fait pas, car là le mot est pa-
raphrasé par ;»~5^S Lf*"^- ' ^^ ^^^^ ®^^ motivé par ^^-^j^ ,
et par J^Lll ^J^^. , ce qui est motivé par LLI (ou ^JJ^^)^
LA IX p. 146 dit que le verbe i^*^ est oUx,
n'existe pas. Nous venons de voir que pour les dialectes,
cela n'est pas le cas. Le syrien a -ki^", avec J ou (J.£,
tiourrir une haine contre qqn, ce qui coïncide avec le
aIû.L.J\ = JiUiî et ^;,*xa£ . On pourra comparer notre
s'échauffer. De la racine *:=>, devenue aussi ^, s'est
développée toute une série d'autres thèmes amplifiés, qui
tous renferment l'idée d'ctre chaud. Cf. p. 595 et s..
19, 19: iciij i , pi. oyijS, prononcé farêq '), est la
longueur de l'étoffe sur le métier (ioK et &>u;, pi. o'JÎ;,
et ^^y^), résultant de celle de la chaîne (sÂx). Plusieurs
farîqah, cousues ensemble, forment le toit de la tente.
On pourra le traduire tout simplement par longueur
d'étoffe ou bande. Le o'w>: est de deux iiibi , deux pièces
d'étoffe cousues ensemble, iuji et ..i^, que nous ver-
rons plus loin, sont synonymes. Les deux verbes vjy
et ^J6 ne sont, du reste, que des variations phonétiques,
et Moh. Tâhir, Magma'' bihâr el-Anwâr s.v. ^Si, a raison
de dire o^iJ' ^^-^ — ^' Js*-^'^^ > 6t il aurait pu y
ajouter Uàis Qt ^ S , séparer.
1) A t'I-IJoilcydali, iJui est IxHon.
576
19, 20: yiska'^hin. jx^, ficher dans^ oi filer , est
synonyme de aV-ii et e^-io> par lesquels il me fut para-
phrasé. JL^JI ^i'U:, lier ensemble les cordes = J^Sj GO.
'ÎG'LXjî ^^;^[^x^ , rt?/a?i^ ?es mains réunies^ lorsqu'on se
tient par la main en marchant, ainsi que c'est l'habitude
dans le Sud. j.U^ ^Ucv«, radoteur = i>./i^ 5^'^ (j=->
Up ^J^^ Llp ^^ =: ^xi^b" ^.aÂJLj , Syr., et ^J>^. I.Idr =
«-♦.^ j.^1/ Dt. Une chienne en chaleur est ti^Li; ou
^Lci^, (ou 5_), parce qu'elle veut s'accoupler^ demande
le J^^ . Ce verbe semble aussi être une prononciation
renforcée de -^^ (sakà" devient sakà"), car jXii
me fut toujours expliqué par y^v^, ^x*^, et ^^, être
ennuyé do, dégoûte' de. s^! ^^ c^JtjC^ , i'aî assez du
café. s/Li et j^.,L*Kui = (^,yp^, (^jL^^^yi: ou fJi>^ et
^.jLic . jjr^ ^3, „Lj^! q^ (^.jLjtjCxi Lj! , je suis ennuyé des
flatuosités dans mon ventre. Stace, Vocab.: worn-oiit (dis-
gusted) ^\jtk2;> . Ce sens est surtout courant à l'est de
Datînah, voyez p. 443, n.
Ez-Zamaljéarî et Lane n'ont pas du tout ce thème,
qu'ils ne considéraient probablement pas comme étant
très classique. Cependant elGauharî a «.x^zr:^^, ^.^:ji£
et le verbe ,ou;! = ^r^-^^', et il ajoute: ^->i^'j \Ju! Jjjj^.
L A et el-Qâmoûs répètent cela. L A dit ô'uJh JjCJ JLib^
G G
^"L% ^^x-^ ^^^ ^j^ . Ce sens d'être fâché, être ennuyé,
se plaindre est donc très classique, puisqu'il figure déjà
i
577
dans les Traditions, ainsi qu'on peut le voir dans en-
Nihâyah d'I. el-Atîr et le Magma' Bil.iâr el-Anwâr de
Moh. Tâhir. Dans le Nord, c'est surtout le sens de se
plaindre d'une doideur, être malade qui est courant.
Socin Diwan N° 152 v. 22 porte:
Mil libbe mislSâ^'in mënal-bo'de migzâ''
+
O 5 ~= -
(Cela vient) du cœur d'un accablé de douleur,
(qui est) au désespoir à cause de la séparation.
La glose explicative en est: cLCL« r=r ij^.f^ ;;ywsxi
=: qL*>5 et ^Uï ^Ui {jol*i^^ la maladie fatigue un tel.
Est-ce qu'on n'est pas en droit de voir dans ce verbe
la rencontre de deux racines de significations bien diffé-
rentes: dUi et ^? Hartmann, dans son LLW rap-
porte le sens de luire, briller, scintiller'. N° 7 St. 3, 2:
yesâka' kêf il-mikbyâs =r (_vvJLài! ^juS ^^ GO,
scintille comme une lanterne. N° 16 (p. 58) redde 3:
uhaddik kema bareg yeska"" îsâra, ta joue est
comme un éclair qui brille {-\- mot incompréhensible).
Hartmann traduit par aufleuchtet. Ibid. St. 3, 4: idrâ'ak
é 6 k a' s ê f m a s r i g b i d , ton bras est le brillant (l'éclat)
d'un glaive égyptien qui a été dégainé [g b i d , sans doute
= oVo- = v-'^ 5 rnétathèse fort courante de ce verbe].
Je ne trouve nulle part la confirmation de cette signifi-
cation, qui cependant ne paraît pas douteuse.
19, 20: yirsin. Un poète dit, dans un qasîdah:
5 Habitué au hien-ètre et habitué à une vie dure,
Je supporte avec patience le coup et je supporte le
[soleil ardent.
6 Au poiîit que, si l'on dit: ^^C'est un vieux qui ne
[peut pas"
Je fixe mes p>ieds (je monte gaillardement) dans les
[montagnes d'et- Teylamûs.
Irsin elwitid fim-gèdër, fixe le taquet dans le
m%ir, ^awalaqî. ^. , intr., être fixé, attaché, et ^. ,
trans., fixer, attacher, synonyme de oiJLc, intr., et Uilc.
trans., ou oilc . On dit, o>^>Li;. se. }jl\ = .LC! o*jiJLc ,
le feu, a pris, est allumé. J^ùs. , oJJ^ et oji^ ^) sont
ainsi employés dans tout le Sud ^), même chez les Mali-
rah; tandis que ^^ et ^-^ , , sont plutôt rares dans le
parler des ^Awâliq Supérieurs.
i) Mais dans le verset:
Ce sonl des possesseurs de man of loar dont le prix est cher, re-
[vètus lie cuivre, et sur lesquels on a mis de la chaux
(= peints en blanc) Je Ilirscli lleisen in Sudaiabien p. 293, !^î
n'est pas pour |Jii£. , comme le dit l'auteur, qui ne connaît pas
le verbe badramite et alf^érien ^^! , faire. Cette poésie d'un Bâ
Atwali t'ijurmillL' de fautes.
579
19: 21, falîg, pi. x^:^'^ , est la pièce d'étoffe qui
forme les quatre parois de la tente. Elle est d'un seul
morceau^ sA:>'3) ijùi . Kazimirski le traduit par: mor-
ceau de la tente parce qu'il ne connaissait pas la portée
du mot ii.ii . V. Oppenheim, Vom Mittelmeer II p. 45,
rend vjla^! par Zeltdach, ce qui n'est pas non plus très
exact. Selma b. el-Muq'^ad el-Quramî, Diw. Hodeyl. Wellh.
N° 184 V. 4, dit:
[Alors] pour sûr, une mère d'une jeune hyène resterait
[sur lui (pour dévorer son cadavre),
Et lorsqu'elle serait repue de lui, elle serait comme une
[bande de l'étoffe de la tente tendue,
ou, comme le traduit fort bien Wellhausen, die einem
gespannten Zelttuch gleicht. LA III p. 171, copié par
T A, cite aussi ce vers et ajoute : oU ^yCs ^\ \y^.^
f'u^! jxcj iL^L) (JLkj 'u*^ o^^- o' 35^--5 ^^^^ iioA*^ ^"^^^W^
iU: L. ^! «^A^îj 0;Uj ^ ^JJî ^^ ^ ^.^vJo ^.,i j^.3 . Ce
n'est que la deuxième éventualité qui soit juste, car
*£>Jlà fait partie des dialectes du Sud, et i:^^ de ceux
du Nord. Abu ^Obeyd (+ 223), cité dans el-Rarîb el-
Mosannaf, sub iL^o^ii ^L. , dit: oiiui ^J^ ^i^ i:::>uJL2it3
1) LA TU p, 17 a aussi cette phrase, qu'il attribue à el-Asma'^î. Les
savants ara])es avaient et ont encore le nn'-me (I(''faut que quelques
savants européens do ne citer leurs sources que lorsqu'ils y sont
obligés.
580
J'^^'-^^L) iL^T-Ji-.) Jc> ^_5^*« (_jj_i-i JwéJC^Xx) .-j^ ,-/is-*J'
// marchait sans ctre enveloppe cVaiitre vêteme?it qu'une
batide d'étoffe de tente retenue par la cheville de la
[tente ^).
I. Sîdah (-}- 458) fait ici la remarque: ii-s^iLài! Je" «^
ôls^) ^J^ ijtlis . Dans LA (4- 711) IV p. 43, s d'en
> 3 ■H i
bas, nous lisons cette définition: A^^t ^^ iCiiciJJ JLSj
^iï wu^j -v^- Il fa^it, bien entendu, lire ^^Ji et ^.
L'erreur provient de l'auteur de TA II p. 293 , qui
n'a pas su corriger le mauvais ms. d'Ibn Sîdah qu'il
copia au Caire, et les éditeurs du L A jurant in verba
magistri. ,.;îwJLi est, comme j'ai dit p. 575, syno-
nyme de Kfljy et implique simplement une longueur
d'étoffe. On en fait des sacs, ou n'importe quoi, en les
cousant ensemble. Le verbe ^ , avec l'accusât, de
l'objet, a encore, dans le Sud, le sens de gagner sur qqn^
avoir gain de cause contre, réfuter les arguments de
l'adversaire. \j1<^ , tu as gagné contre nous. .^Nbiî! ,
avoir le dessous, être convaincu d'avoir tort.
Dans cette description de la tente, on a oublié la
iLfij-b, aussi nommée iLàj^-w, qui est employée dans tous
les pays bédouins. I. esSikkît dit, el-Mohassas:
Lo Jitj ) ç'.i (Joe UAiSjC j*^ ^î ^-î_5-o ^j^~) ^nao iiibia^t
1) Je crois que le sens est bien cela et je considère J^ comme
un infinitif.
2) Mon nis ^^.-^^-o . 11 faut peut-ôtre lire iL^Wvo avec L A XII n.
91 en bas, qui a copié ce passage sans nommer I. Sîdah.
3) L A ^jSS\ ^ .
581
\;^ oyD . Je lis dans le beau récit ''anazite, Histoire de
Hôtrôbi"): U el-bêt 'ôgëb ma tiln 'ala àrba' taraiq
nikas') gatba, et la tente, après avoir été de quatre
compartiments, devint une petite tente misérable. Dans
un autre récit de la même provenance, je trouve: An-
tâh hamsîn nâga u fa ras u hamsîn î n'agi u bêt
arba"" tarâiq, il lui donna cinquante chamelles, une
jument et cinquante brebis, ainsi qu'une tente de quatre
compartiments.
Dans le joli récit de Wetzstein Z D M G 22 p. 80 1.
16, il y a ceci: ^ ^^:^] î^^ o'ls^ U^ ^^^ ^ L-^]
^^\i ^^ Itï vJulL» i^w.^ , Habbâs vendit ime jument ,
acheta des morceaux d'ctoffe et agrandit la tente en
quatre compartiments, comme elle l'était auparavant '^).
1) LA J-î'i', et Q^o Lo manque. Notre leçon est meilleure.
2) L A ii*jJ .
3) L A o^a-iJ' ^y^^ j- .
4) Appelés ïA^^ (support, I.Idr GIoss. s.v. As ) chez Socin Diw
1 p. 290 H 13. ^ ^ ■
5) Ce qui n'est pas exact.
6) Que Je publierai certainement.
7) ij^Ju corre.sponfl ici exactement à l'italien: tornarc.
8) Ce qu'il dit p. 100, note 30 qu'on «l'achète par t^tes (ri\s),
car ils mesurent l'ôtoiïe en la mettant autour do la t.'-te," est tout
bonnement ridicule. ElTectivement, les 'Anazeh, auxquels J'ai racont.'-
582
J'ai traduit le mot en question par compartiment^ et
Wetzstein le rend par Abtheihing^ mais cela n'est que
faute de mieux. Voici ce que j'écrivis, il y a vingt ans,
en élaborant les commentaires sur le récit de Hôtrôbî,
lorsque je n'avais pas encore connaissance de la définition
d'Ibn es-Sikkît: 'i^.^ est la bande d'étoffe en poil de
chameau (on pourrait dire chemin pour bien rendre le
mot) qu'on coud le long du pli du milieu du toit, et qui
repose sur les colonnes. S'il n'3- a qu'une seule tarîqah,
il n'y a qu'une seule colonne au milieu (S'd^^^ ou Ja^-ij)
et deux plus petites aux extrémités, appelées ^AaJ! j>^^
et j=>*j' ^>^^ • Celle-ci est plus courte. yJ^ est le petit
poteau de bois qu'on place à chaque extrémité de la ta-
rîqah. Chaque compartiment a sa tarîqah. Voilà ce
qui peut justifier notre traduction ^). y^i est le .^' du
texte d'I. es-Sikkît et sur lequel les philologues arabes
avaient des idées confuses, ainsi qu'on lira dans Lane
S.V.. Du reste, v. Oppenheim ') et Socin, Diwan I p.
290 H, 10, sont aussi en désaccord sur ce mot.
19, 2 1 : m a h îL 1 , véritablement m a h a 1 1 , pi. de jJ^ ,
cela, en ont beaucoup ri. ij^^j veut ici dire pièce. On achète aussi
le bétail par têlc, {j^K, mais on aurait de la difficulté à le mettre
autour de la tête! Il faut toujours contrôler Wetzstein, dont la
science n'était jamais bien profonde.
4) Les oijLb sont bien définies dans v. Oppenheim o.l. II p. 44.
2) Dans ce beau livre, on ne sait jamais ce qui est de B. Moritz,
de M. Hartmann ou de l'auteur. Si d'autres riches juifs voulaient
imiter l'exemple des Opiienheim, des Erlanger et des Ilirsch, les
Sémites d'Europe auraient davantage droit à nos louanges.
583
= J1>, pi. jli- (JJ^) 01-1 J^"^^- C'est une chose avec
laquelle on perce, J3- , o. Dans notre cas, c'est une pe-
tite cheville en bois fort ^). Yegîb em-mohàll yibèr-
risah (ou yimèttilah ou yi^addibah) bim-safrah
lamraa yidàlliqah uyèhsikah^) fira-falîg ufira-
farîqah, il prend la cheville qu'il taille avec le couteau
pour la rendre pointue et l'enfile dans le falîg et la
farîqah. Ce mot, très classique, s'emploie dans tous
les milieux bédouins; pourtant, dans le Nord, iJL> et
v3^i> ont prévalu. Le khelle de Burckhardt, Beduinen
p. 30 n'est pas un pluriel, comme le suppose Socin Diw.
III Gloss. S.V..
19, 21 : K a b r a , «J/ , pi. oîji' ^). C'est ainsi qu'on
me le dictait, mais quelque temps après, lorsque je
voulais faire le commentaire, on disait karba, en sou-
tenant que les deux mots étaient synonymes. On me
fit aussi cette remarque: ,i>Ji^' % -«^Ci ^j-^s^Ju] Jo "^
Uïki oL^ilt i^j^ o^b SI5 , si le toit a des trous ou des
fentes ou s'il est vieux, on y étend une couverture dessus.
C'est le toit plat, ^^Jo*^ ou OjJv^, de la tente, io/, pi.
o
o 07
1) Ji>^ , Grewia populifolia, ^j'Ar^ j r*-^^ > (jt^aisaï .
2) Les Harîbites présents disaient y imèrrigah , de ^Jî/' >
passer, comme en Syrie.
3) On observera ici les voyelles du pluriel. Wright Gram.' I § 301
Rem. b. Cette voyelle de remplissage a trouvé sa règle dans la
grammaire classique, tandis que les autres dont parle VoUersZDMG
49 p. 499 et ss. et VS p. 17 et ]). 97 ne figurent que comme
formes collatérales dans les dictionnaires ou comme variantes de
leçons qorûniques!
41
584
oIj/ ot v"/ j 6st la tente en poil de chameau des Bé-
douins des Montagnes. Nôldeke ZDMG 59 p. 417 nous
O > 0 5
apprend que ^^c^-», ^/ 1 caban?ie, dont j'ai parlé dans
La langue arabe etc p. 61, vient du persan luS, xJLs",
cabane, dont l'ancienne forme k u r b a k a donné en
arabe aussi oïjy», 'J^/ , '^/ • Dans sa Mand. Gr. p.
G 5
120, il dit: „*^ Winkel (verwandt mit curvus, ailes
von \/ hvar)." D'après le Lex. de Vullers, xJlT signifie
1° domus parva, angusta et obscura; 2° 3^, conclave;
3° officina, taberna (^M- Kazimirski Voc. fr.-persan a:
hutte, sJS . E. H. Palmer, A concise Dict. of the pers.
lang., donne xJiS' , closet, cell. Es-Sîrâfî chez Jahn-Sîba-
waihi I II p. 49: \as ^'^^^ -^/^ où^ o^JLi*- j- o^i>^
iij/. êifâ' el-Ralîl d'el-Hafâgî p. 193: ob/^ ob/3 go/
v_jj)w oylJ- . La forme ^0/ se trouve chez el-(jâhiz K.
el-Bayân, Caire II p. 63 s, 10 d'en bas. Notre io/ vient
donc certainement de là. Mais il y a, dans le Sud, un
autre mot qui aurait alors sans doute la même étymo-
logie: ^Jri/ , pl- ijrj'/- C'est une toute petite maison-
nette en pierre ou hutte en branchage des habitants des
villages sédentaires, ji . L'algérien g u r b i , pl. g a r a b i ,
serait le même mot, ainsi que je l'ai avancé dans La
langue arabe p. 61. Dolphin, Rec. de textes, Traduct. p.
51, donne la description d'un gurbi qui correspond
exactement au kurbi de l'Arabie du Sud. Ce mot est
venu en Algérie avec les tribus yémanites, et il y a
conservé lo o do la forme ^Jl^jï, devenu J'j> .
H
585
19, 24: raisqâb, croc en bois, z= <^U^ . J v^'^»
saisir avec un croc , accrocher. Au figuré : wAJtciJ' (jiJ
^oJJ, pourquoi t'accroches-tu à la conversatimi , ten
mêles-tu? = {jp-^^ ou ^^sJicco" GO.
Le verbe ^oui, qui n'est qu'un développement de
v.i^, ne se trouve pas dans les dictionnaires de la
langue littéraire, et je ne le connais pas non plus dans
les dialectes, mais il a bien dû exister. A Aden, w*^
est guignard, et ioLa^ , guigne. Est-ce une variation
consonantique de v*-:^ '? Le w».^uo^ , ou v_jL5^ , Jacob
B L p. 42, correspondant au ^o-^w des Syriens, trépied,
Fleischer Kl. Schriften II p. 566, est autre chose.
20, 2: mingàlla = "i^ Jc>t ^^ = \3\ Jc>l q.., parce
que si.
20, 2' qurûs. L'étymologie courante est l'allemand
Groschen, dont les Turcs auraient fait rurûs. Les Ara-
bes auraient pris cela pour un pluriel auquel ils auraient
alors donné le sing. (ji-^, o^-^- C'est là l'avis de Vol-
1ers ZDMG 51, p. 323, répété par Doutté TO p. 26
N° 90 et Hava iù^Jot Jut^î p. 899 (l'édit. anglaise de
Belot). Je sais bien que „les noms de monnaie ont tou-
jours passé d'une langue dans une autre avec la plus
grande facilité," TOI. 1., et les Arabes ont leurs ^.o ,
;jJj, ^Ujj>, ïs-'l. etc, mais, dans le Gloss s.v. de mon Hdr,
j'ai émis un doute sur l'étymologie adoptée de ^ji^. V.
Dozy Suppl. s.v.. Si l'allemand Groschen en est l'origine,
586
il faut bien, lorsque les Turcs le transportèrent à „ Alexan-
drie, à Rosette et à Damiette," Vollers o. et 1.1., que
ceux-ci l'aient entendu dans leur commerce avec les
Allemands ou plutôt les Autrichiens. Pour élucider la
question, je me suis adressé à mon vieil ami M. le con-
seiller intime le prof. J. Euting, directeur de la Biblio-
thèque de Strasbourg, qui a bien voulu m'écrire ce qui
suit: „Bezùglich der Herkunft des Wortes (>^, j^f^,
habe ich mich an den Vorstand der Landesmûnzsamm-
lung Geh. Rat Dr. L. Mùller hier gewendet. Derselbe
sagt, der Ausdruck „grossus" (Grosclien) bedeutet eine
Dickmûnze im Gegensatz zu den solidi (Pfennig). Die
verbreiteste Sorte im deutschen Reich (einschliesslich
Osterreichs) war der von dem Bôhmen-Kônig Wenzel II
(1278 — 1305) eingefûhrte „Grossus Pragensis". Dieselben
wurden bald auch von den einzelnen deutschen Staaten
(Sachsen, Braunschweig) und von Polen nachgepriigt.
Von den Eigentùmlichkeiten ihres Gepràges erhielten sie
verschiedene Namen: Apfel-, Bauern-, Breit-, Fûrsten-,
Lôwen-, Marien-, Schild-Groschen. Schon frùher hatte
Ludwig IX (der Heilige) von Frankreich zwischen 1226 —
1229 zu Tours eine ins XV. Jahrhundert viel geprilgte
Silbermûnze, Grossus Turnensis, auch Grossus Turnesius
(in Deutschland Turnosen genannt) pràgen lassen. Als
die ersten Thaler in Deutschland, 1484 in Hall in Tirol,
aufkamen, wurden sie Thalergroschen genannt, wohl
auch als Dickgroschen bezeichnet. Dass die Maria-Theresia-
Thaler noch mit diesen Namen in Deutschland bezeichnet
worden wàren, davon kann ich keinen Nachweis brin-
gen ; dies ist aber von vornherein unwahrscheinlich. So
viel scheint rair sicher, dass von den bis ins XVI. Jahr-
I
587
hunderts in Deutschland (also auch Wien) gaEgbaren
Grossi (Pragenses) sehr wohl der Name den Tùrken be-
kannt geworden sein konnte. Littman giebt an, in Abys-
sinien wird ein Unterschied gemacht : *7^'rt g e r s , =i
dem âgypt. und tùrk. Piaster, dagegen 4*<C*rt" qers,
*^Cd, qersi und ^^A riyâl = Maria-Theresia-Thaler".
Mon doute sur rétynaologie de J^J^^ \J^^ ne paraît donc
pas motivé, surtout si l'on sait que les Maria-Theresia-
Thaler = (jiyj ou JIj^ , dans le Sud, sont toujours frappés
à Triest expressément pour les pays situés autour du
Golfe d'Aden.
20, 4: hârrah. Quoiqu'un phonème, initial ou mé-
dial, comme hâr ne soit pas précisément du génie des
langues sémitiques, La langue arabe p. 21 ici p. 134
note, les Bédouins peuvent très bien le prononcer. Rein-
hardt, "^Omân § 7, l'a constaté également. Cela n'exclue
pas que la prononciation harrah soit la plus commune.
8^Li> est ainsi appelée parce que l'eau b^ '^.. , murmure
en coulant^ au dire de mes hommes. Cela est assez
significatif, car .i> , couler^ implique aussi un hruït;
voilà pourquoi il peut aussi signifier ronfler, Hdr Gloss.
S.V.. Les Anciens du Nord disaient ^J.^, ^^^, ^JJ> et ^^o,
selon LA XX p. 171. Zoheyr, Primeurs arabes p. 80
■=: Ahlwardt Six diwans p. 94, N° 16 v. 5 = Noldeke
Fûnf Mo'all. III p. 14, dit :
- ' • ; £
588
Des pierres d'âtre noircies^ à l'endroit oit un chaudron
[avait été posé,
et une fosse comme le fond de l'auge qui n'a pas été
febrcché.
D'autres exemples L A XX p. 173 ; Jacob B L pp. 42
et 235; Kôldeke o.l. II p. 68, III p. 22; Ahtal p. 168 c.
20, 5: mishâh. En Hdr, Hdr p. 302, et en Harîb
on dit 5^>! = Beyhân bj j . Mais "Oman aussi sL^^*^
RO p. 361. ^^3 ;2Jg-'jG 'wLJ' l^J> Boh. I p. 122.
C'est l'instrument avec lequel on racle qqc, de
^_^w«- , i , enlever en raclant , wegschaufeln , et se dit
de la boue. On me l'expliqua par ^Jù t^^J^t oî^^wj,
er schaufelt die Erde nacli ohen hin îceg. Ishu em-tîn
lahâdem-hufrah, écarte avec la pelle la terre (ou la
boue) [et mets-la] dans cette fosse. Ces deux exemples
prouvent que (_^^ et ^ji^âf" sont synonymes. w^:=i~ n'en
est qu'une variation consonantique, et Dillmann Lex. p.
329 a raison de comparer aoilth'iï à «Ls^-..^-.
20, 5: mal-matar = ^1 ^U. Quoique *'-« soit tou-
jours prononcé mà^ en vertu de la règle physiologique
générale, il perd naturellement son hamza lorsqu'il est
contracté avec la voyelle suivante. La voyelle devient
alors brève pour éviter la syllabe mal, qui n'est pas
du génie de la langue '). Nous trouvons de même Tab.
1) Si nous disons sX^^ ^ — w_ , la voyelle dans j. rend cette
syllabe prosodiquennent longue, mais si nous disons Le O'-**^' i3
— ^ - , lii voyelle devient pour nous brève, mais la syllabe reste
il
589
I p. 1717, i ^i'cxip pour tilsUl?, qui n'allait pas avec le
mètre. Mais cette contraction, elle-même, n'est pas une
règle dans les dialectes parlés, où le hamza est unique-
ment motivé par la rencontre de deux voyelles : s à'a 1 ,
qabâ^il, ou par l'accent: nisà^'hom. VoUers en trai-
tant du hamza dans son VS §15 n'a pas pris cela en
considération.
20, 6: elljêmeh lônha aswad u abyai. Cela ne
veut point dire que les tentes soient toutes blanches.
Le sens est que l'étoffe est rayée de blanc et de noir,
Socin Diwan I p. 290 H 71, mais qu'on préfère la couleur
toute noire à cause de la qualité moins résistante de
l'étoffe blanche. En général, en Arabie, les tentes sont
noires. En guise d'ornementation, on entremêle, quoique
rarement, des cordelettes rouges et l'on suspend, tout
autour du toit, une frange, 3>:2:>, rouge et blanche. —
II n'y a pas, que je sache, de tentes rouges en Arabie;
mais anciennement cela paraît avoir été le cas, car ''Abîd
b. el-Abras, K A VIII p. 65, o d'en bas, appelle sa tribu
asadite ^J^\ v^' J^'» Jacob BL^ p. 41. Boh. VII a
un tyil ïlflii ^\j, où il est dit ^^^ jc*ï J._^3 ^X' 1^^
*j' ^ . La seule tribu, en Arabie, qui ait des tentes
blanches sont les „ Bédouins blancs" ou ^v-^' v-= des-
ceodants de la célèbre tribu s,A£_*>lj, dont ils ont hérité
l'amour et la poésie. Ils se nomment eux-mêmes b.jJtlî ^^ ').
prosodiqueraent la mCTne. La théorie de la prosodie arabe est l'es-
sence ru»''ine de la laniziie.
1) C'est avec l'article que J'ai entendu cette appelation. Le livre
de Megnùn Leyh'i lus ont rendus ctMùbrcs en Orient, et le Lied do
590
Ces Bédouins, venus du Sud avant l'Islam, Tab. I p.
1092, 15, sont ainsi appelés à cause de leurs habits
blancs et de leurs tentes, qui sont d'une pièce d'étoffe
blanche et d'une autre noire, alternativement.
20, 8: qatôr, de -lis, et ^, intens., dégoutter. En
Hdr on dit J^ï , en analogie avec J^'-o , pluie^ lXcL , ton-
nerre, vjjj'^j éclair, etc, formation aussi courante dans
le Nord. La maison y ij ou "^. = Syr. v^^v . Le
trou par où il dégoutte est s^ en Hdr, ailleurs .:s^s ou
O 5
jJJ> . ^^ï se dit particulièrement du toit.
La forme Jv^'i, ou 'il^z, est très commune dans tous
les dialectes arabes. L F. Weissenbach, élève de Hom-
mel, a publié sur „Die Nominalform fâ^ûl" un excellent
traité. J'espère qu'on ne dira plus que cette forme archi-
arabe soit empruntée de l'araméen comme on l'a tou-
jours prétendu, quoique dans la lurah il y ait beaucoup
de mots qui viennent directement de là. La forme est
intensive, Socin Diwan III § 101 ; cela ne souffre pas de
doute. Weissenbach ne passe en revue que les fâ'^ûl de
la langue littéraire. Beaucoup de mots qu'il considère
comme douteux ne le sont pas du tout. Il aurait dû
arranger sa hste selon les significations. Le fa'ùl sert
surtout pour exprimer les nomina instriimenti et vasis,
certaines affections corporelles et les accidents des élé-
ments. Je vais donner une petite liste de mots qui
me viennent à l'esprit en ce moment. Ceux qui sont
sans indication sont tirés de notre dialecte.
Heine, en Europe. Voyez Jacob B L^ p. 38. J'en parlerai sub n° 16,
il propos du pain qu'ils font.
591
a. Instruments
,S\j ou '^.S\j , bâton à crochet, dans toute l'Arabie.
.^oL>, rosse, Tunisie.
%.L> = io,:5^, ^eWe, râtissoir.
(ji^''L>, famille, Syrie.
Jbj.Li., ?iœwd coulant. iC^.Li», automobile, ainsi appelée
à sa première apparition à Aden, parce qu'elle J:?3^',
05jL>, pieu, pal, dans tout le monde arabe.
^ol , peigne, Algérie.
&IyL«, Zog'we^ en bois, Syrie.
iiij^Li , 5de pour scier la pierre, Syrie.
.oUi, Mc^e, Algérie.
ui^U , marteau, Syrie, du turco-persan ^oC^r ou -y"U^.
.yj'uo, couperet, de ia^a pour Ja^.
^cjU? , briques cuites au soleil, Sachau Am Euphrat p. 38.
sv^yo, verrou en bois, mot très instructif.
.fcXa'j, lunettes et toute chose servant au môme usage.
v_jo'j, ^«(^we pour tailler la pierre.
b. Vases
%jLI:> , four à pain Yéman ; x)laque en fer pour cuire
le pain à Aden =: iCj^Ju en Dt, _Lo Nord et Syrie; la
farine fine qui vient des Indes.
j^.^LId , four à chaux Yéman ; moulin Syrie.
8.3I 'ï, flacon, bouteille, partout,
ïs^.iï, seau en métal pour traire, Eg.
^,^U, ustensiles de la maison, partout.
592
c. Affections corporelles
-bj.Li», douleur de ventre, tranchées de ventre.
ç^.L>, une selle abondante, renforcement de '^j-=> de
lJ^K, saignement du nez.
^^Lw , éructation ; cf. R 0 § 57.
^y^Lw, diarrhée.
J^^Lw, cours de ventre.
icb^Li, r«Ze de la mort, Syrie.
,jy:LL, peste, partout.
.^Aolc, douleurs de ventre, tranchées de ventre.
ij^j^^ , cauchemar, aussi class. = ^^Jj et (•y'^*
d. Accidents des éléments
uj^L>, grains de grêle, Socin Diw. III §101.
JyoL=>, torrent.
Jy>lj, tourbillon de poussière.
io^!:, iuyi: et ^J^j , tourbUlou de vent, avec pous-
sière, Eg.
o>=>L*« dans l'imprécation (^^^L- dU L.sva: ["asàlak],
^?t'z7 (Dieu) t'écrase!
■
1) Cette phrase, d'un inténH hors hgne, fut expliquée par dUtAJÎ
0>>La«, qu'il te donne un sâhûq, c'est-à-dire, qu'il to réduise à
une cliosc broyée. En entendant la première foi "^asâ dans cette
sorte de phrases, je croyais que c'était le verbe \^ , de i^y*i, faire,
avec un a prosthétique, comme L>! de 'L>, venir. Mais je m'ajjerçus
bientôt de mon erreur, car Lv ne devient jamais Lw', et le ^ est
fort distinct. Nous sommes donc en présence du verbe sémitique
593
(_î^Ui , orage avec pluie p. 39, 5.
^^_^\^, tison incandescent p. 51, « r= J-^L^ ^>c, Le
diminutif en est ïûyLi ^).
yo!c, tourbillon de vent, douleurs de ventre.
oyO£, vent violent, Socin Diw. III § 101.
.yli', î;ew^ chaud, sirocco =: Syr. o^ î^.
Cette forme est tellement arabe, qu'elle est même
employée là où elle n'est pas de mise.
v_J5.L>, mouton, Syrie seulement.
Jjîo = JJo, Bédouins du Nord, chameau coureur.
^y>!c, Eg. vieille femme.
c>^!c, colomie, Nord.
^'0, jeune chameau, chainélon, dans toute l'Arabie.
utt'V > faire, Oh^ , retvibuit, et qui est resté dans ces formules. On
s'explique à présent aussi l'origine de ^^.wj: , verbe impersonnel, de-
venu avec le temps adverbe verbal, si bien traité par Fleischer Kl.
Schriften I p. G4G et s. et Reckendorf S V p. 578 et s.. La con-
struction si variée de ce verbe cristallisé dénote se haute antiquité.
Le sens primordial échappait déjà aux premiers grammairiens. L'hé-
breu, l'éthiopien [et l'arabe doivent provenir d'une source commune,
à cause du (_/- dans les trois langues, l. Levy N Ch W B III p. 707
avait déjà identifié itf y , H^V à , ^^^ , ce qui fut approuvé par
Fleischer, et l'on pourrait aussi englober le sab. ^j^-"*^, consacrer,
«dont l'équivalent arabe n'a pas été reconnu," comme disait Barth
en 1893, Et. St. p. 56. Ce savant identifie même ,<-**« et ntt'V »
0. et 1.1., ce qui n'est pas aussi sûr. L'expression si commune
"^asàlla &l]l|^^_*w£ correspondrait donc exactement ù: que Dieu
fasse !
0 5 ~ >
1) Expliqué par q>>^ w^asï "i!^ iji,U:JJ et en général ^^J^ L«
U*^y ^% , )i importe quoi qui soit sec.
594
20, 9: lingali = ,^;^^uj, Hdr Gl. s. v.. Je fis observer
à mes Datînois que .^^ serait véritablement cuire à
point, à quoi ils répliquèrent: „Mais tout doit être cuit
à point." Cependant, cette idée y est, en comparant ce
verbe avec vjilw p. 598 et s.. Ce sont là deux degrés de
cuisson. Les locutions suivantes sont aussi très instruc-
tives. Nigaht min hTidem-tibillâg, j'ai assez de
cette plaisanterie. Nigaht min e m-t a r î q , expliqué par
rv*^' ^y^ u;^>.à:>3 , je suis fatigué de la route (de la mar-
che). *^bot \j,:<:<^ , nous sommcs tombés d'accord, nous
avons mis la chose au point = j.'iîC! U,-v*.£: . On compa-
rera le français : être à point et mettre au point. >.-^ ,
intr., cire cuit'^); .a^, .^ et ^-^'î, trans., faire cuire,
et le synonyme *.m.^c, qui est surtout courant dans le
pays des ^Av^dillah, en Damfm et en Hdr. Nîgah el-
lahm, la viande est cuite, bouillie, rôtie, c'est-à-dire, au
point voulu. Nagàht, naggàht et angàht ellahm,
j'ai fait cuire, boullir, rôtir la viande, avec la même
remarque. Le verbe s'applique à toutes choses. L;-^-^
s^t ^ 8j-yi!! Lu-v/^c -lA^' ^^^ ^11 ?^"^' I^£ <3t "^Awâliq
faire bouillir la viande, comme Mufadd. XXVII, 17. On
comprend à présent pourquoi ^^, dans la lurah, a
pris le sens de réussir, proprem. être a point ou plutôt
au point, sens inconnu dans le Sud. ;.^ n'est employé
dans le Sud, à l'exception du Yéman et des hadar de
1) C'est ainsi qu'en toscan on désijïno par cotio un degré su-
prême d'un état inental : in)ia))wralu colla, hriaco colla; et l'argot
parisien a; se cuiter, s'enivrer fortement, au point d'avoir une cuite.
595
Hdr, que pour le café. ;?Jiw ou jC=>Liw est dans le Nord
la dallah servant à Tébullition de l'eau du café. La
langue classique, le Yéman et les Bédouins du Nord ont
leur ,£v^ , être à point, être mûr, de toutes choses ; il y
a même chez les derniers la métathèse (j:^ , comme
j'ai aussi relevé la métathèse ,^i<^ dans le Sud, Hdr pp.
327 et 401.
Dans le Yéman et à Aden, on dit ô^4à> = gcp et
js^ z= -^ , ,c<^ et -is<:"'î . Stace a lX-*j> (son ^x*s>
o • ' o ■ C'-
est erroné), ripened, p. 144, iAli>, lie cooked, p. 40;
JÛ^ et iX^, cooked, ibid., et ^Xm3-, ripe, p. 144, ^
vX<'l~> ou Oy^ j^ V' 180 [où ^ appartient aux deux
mots]. C'est donc la cuisson à point, la maturité. Faut-
il dériver ce sens de ô^ , o, qui se dit du feu lorsqu'il
cesse de flamber, z= .LJî c^o'u» ou oA^, et cela impli-
querait alors qu'on fait cuire sur les charbons incandes-
cents ou sur les cendres? Ou bien est-ce un afifaiblisse-
ment de prononciation du Jb en o et puis en ù pour
Jo^^, i, qui dans la lurah veut justement dire faire
rôtir, LA IX p. 167, 72. Nous le retrouvons dans
l'hébreu n*^''çn, Kuchen (de kochen), et l'arabe classique
■1:1^, cendre, qui est une métathèse de U\^ et doit
être une forme yémanite puisqu'il ne se trouve que dans
le Qâmûs (et par conséquent dans T A). L'éthiop. Jk/d^
représente le A*.=> classique, et tUan^ est cendre. La
question que je viens de poser est sans doute gratuite,
car les thèmes ^c*^, ^, j.y>,_^=> et ses dérivés -li«.=>,
oU=», Os.*=>, <:^*^, i-X.*=>, >A*=>, LT^^^j u^^*^ et -i4i>
596
s'enchevêtrent tellement, et l'on en a appliqué le sens
primitif à des accidents différents, qui tous pivotent
autour du point de départ.
Rien ne prouve mieux l'insuffisance du dictionnaire de
Lane que son article sur le thème J3*=> . Il n'y parle
que du sens qui se rapporte au liiy et au goût amer de
son fruit, avec quelques variations, probablement parce
que Zamahéarî n'est pas plus explicite. Pourtant, Olaw-
harî a déjà /j».=> , rôtir un moiitoti, et L A est encore
plus détaillé. Celui-ci en donne même un exemple tiré
d'el-'Aggâg '), Ahlwardt Diwan Ru'bah N° 20 v. 58 et
V. 59. Feyroûzâbâdî commence même son article par le
sens mentionné. Un autre signification de .!?♦-> et de
ia;^" , s'emporter de colère, se trouve déjà dans les Tra-
ditions, Nihâyah et Mo^i. Tâhir, et dans tous les diction-
naires arabes, Hamâsah pp. 109, is et 293, 3 d'en bas,
Ru^'bah, Ahlw., N° 31 v. 31, N° 32 v. 27 ^). Ce n'est
là qu'une variation consonantique de lii^' dont j'ai
parlé p. 575.
Comme l'affaiblissement de la consonne marque sou-
vent l'affaiblissement de la signification, de même que
la pluralité des consonnes marque la pluralité ou l'inten-
sité, ou parce que le „ n'est souvent prononcé que
comme « , et vice versa, nous avons la racine ^ , qui,
aussi dans ses dérivés, touche à sa congénère plue forte
^, Dillmann, Lex. p. 71, 76.
20, 9: burmuh, pi. ^!y . Vollers, ZDMG 49 p.
1) Mais il l'attribue à Ru'bah.
2) Oii il faut lire -LU^Jî pour faire pendant ù -^Ljl!'
597
512, voit dans l'existence simultanée de ce mot en
"Oman et en Egypte une preuve de l'immigration de
tribus méridionales dans ce pays. Dans tout le Sud, *j
est faire des *b , proprement : les façonner au tour.
Jj est 'potier, La burmah est, chez les Bédouins, une
grande marmite en marbre vert, tandis qu'à Aden et
dans le Yéman, c'est une petite marmite en terre cuite.
Les *2pî (pi. de *'j), qui sont ainsi appelés parce qu'ils
s'adonnent à la fabrication des marmites en marbre vert,
sont une subdivision des Al "Omar, tribu des Banyar
sédentaires d'ed-Dâhir. Ils habitent au village de Darb
di Nâ'im^) dans le Wâdi de ce nom, Gézîrah p. 90,
i9, oîi il y a incorrectement ^jj , malgré la note vol. II
p. 93 1. 5 2). Voyez ici p. 412, 20. On fabrique ces
marmites dans tout le pays d'ed-Dâhir, en Daman, en
Redâ' et en Radmân, soit dans les pays des montagnes.
O 3
20, 9: j<xj^, prononcé sù'ûd, pi. oLatA», est Vâtre fait
de trois pierres. Est-il ainsi appelé parce qu'il est haut,
de Ajuo, hauteur? Les Madhig l'appellent: ^^fJ>.
20, 10: tilfi, pour ^'l^I, pi. de iL^î, et fi eh, et fi h
1) Quantité de nom. loc. ont encore di devant le nom, ce qui
prouve que le nom du château des rois de Saba et de di (du)
Reydân étaient comme je viens de l'écrire. Une autre subdivision de
la tribu Âl 'Omar s'appelle Al Garhûm, ^^f> ô^ , ce qui rappelle
les Ôorhom légendaires. Tout cela sera exposé dans une future pu-
blication sur ces pays, à l'instar de ce que j'ai déjà donné dans mon
Arabica V.
2) Ce texte sur .^o^V* ^,a« fourmille de fautes, mais l'éditeur
était en ]iré.'?enco do difficultés insurmontables alors.
598
ou tefîh, comme (^^'3 pour ^^^'i', selon la règle géné-
rale. Nôldeke, Fûnf Mo'all. ITI p. 21 et s., traite de ce
mot et en donne quantité d'exemples à l'appui; Imrul-
Qeys N° 19 v. 38; cf. Jacob B L p. 90 et note 1. Les
anciens philologues n'étaient pas sûrs que le mot vienne
de wsiî ou de ^Jr^1 et Feyroûzâbtldî l'enregistre sous les
deux thèmes, Zamahsarî seulement sous Uii'. Ce vieux
mot sémitique est répandu un peu partout en Arabie. On
les appelle aussi ïjs/^, pi. Afy, et les anciens Arabes
les désignaient également par ^^[jj. Le singulier en
était probablement 'iJ^^j , mais il n'a pas été enregistré.
Un ancien poète dit, Sîbaweyh I p. 74:
isAj
(Les demeures) ont péri, et cela en a fait disparaître
fies traces par l'usure dit temj^s,
à Vexception des trois pierres de l'âtre dont le charbon
[est devenu des atomes de poussière.
21> J^l^, ^ Zoheyr 15, 3. Ce pluriel *i> ou -yj>
n'est pas un synonyme classique, mais une épithète,
ainsi que l'a bien compris Noldeke Z G C A p. 48, u, à
moins qu'on le traduise par les trois pierres couvertes
de terre par le vent, de façon à former trois petits tertres.
20, 11: leselliq = olLô . Cela me fut expliqué
par: yi^rali, ou yesuff el-lahëm tarhah tarhah
''alal-macjba lamma yiswîh, il met ou range la
viande morceau par morceau sur le foyer de pierres
pour la rôtir. Le Joli est ici employé à cause des dif-
599
férents morceaux; cf. Jacob B L p. 92/3. oilw, o, est
griller de façon à ce que ce ne se soit ni nî", cru, ni
n agi 1.1, à point, mais entre les deux, soit o^Jl-^.^ , et
donner au pain une cuisson légère. Le sens de faire
bouillir dans Veau n'est pas connu, et ce verbe ne
s'emploie que dans ce cas spécial. v3>Juv-^ *-^ est donc,
dans le Sud, de la viande légèrement grillée sur la
pierre. Nous dirions: viande rôtie à l'anglaise, viande
Ù 5
saignante. o>U-< yJ>, pain légèrement cuit. C'est ce
que les anciens Arabes exprimaient par ..^4^1), 0 S II
p. 136, 14. comme dans ce vers d'Imru'1-Qeys IV v. 62 :
V^^^iax ë|j^ ^ U^ ^^y^ \c>\ LlI/I oLçS^T oÎjxL ^JhI^
Nous nous essuyons les mains avec les crinières des
[nobles chevaux,
Lorsque nous venons de manger de la viayide légère-
[ment rôtie ^) ;
et L A II p. 40 ajoute : . i.^^^ J. ^Lo Jè^ s|^ \^ J^3
jf^*^ ^a j-^^ i}^ L^y^ u-^^^:^^ (*J- :jy: ^\ . On l'appelait
aussi ^yoyi ^î^ L A XI p. 21, *. Cf. Jacob B L p. 90
sur 'iiju^j. ii*i> a le même sens, voyez p. 602 et s. à
propos de ^.^ .
i) w*.^iiix de Geyer, Zwei Gedichte von el-A'sâ p. 59 note 1 et
p. 74, 2^ qu'il traduit par gcruslvi doit bien ôtre ^_,*.^^u2^; cf. ZA
19 p. 406. On disait aussi v^r-^^^ I Sîdali IV p. -I'i7, » d'en bas.
2) Lane s.v.. J'ai .souvent observé cette cbarmante nianiiJulation,
mais je peux a.ssurer que la barbe, les cbeveux et les habits font
tout aussi .souvent fonctions <le crinièie. ^ji./o a encore ce sens en
Mésopotamie, Meissner NAGl p. 14;^ s.v..
42
600
20, 10: miihtâz. jl-> , o, ôter, enlever = J^ ,
écarter, mettre de côté, faire aller de côté =: jy> = ^^^ ,
aussi T.Trb et lidr. Comme les classiques oj^ , H. el-A.
p. 296 marge, marcher lestement, ■= lX^.^ = (j:A=> =
syr. Ai>A>, trottiner. Vollers, Z D M G 49 p. 15, 2 et
ss., donne d'autres exemples de formation analogue.
8Â>5 ^j!i:> ^ \y> , mets-moi ce qui est à moi à part.
j,L> , i, a le même sens que :L> , 0, et en outre séparer,
délimiter, abgrenzen, et ljs> est = :y> et p-^ . Il faut
remarquer que l'imparfait de _jL=> n'est jamais \,^. , mais
toujours ;jç>r. . Hiz minni qalîl, écarte-toi un peu de
moi. l.Iiz, hàuwiz (ou hùwiz), hi3^yiz (ou hîyiz),
wahhiz, etwahhaz et alitiz min el-bâb, ôte-toi de
la porte, peuvent se dire l'un pour l'autre '). Wahhiz
min hina, ôte-toi d'ici. Dans les quatre premières for-
mes, il faut sous-entendre ^i)^ , ta personne, car ces
verbes sont transitifs. Les réfléchis sont : jU=>î, jy>^', jjç>^'
et f>yii s'ôter, s'écarter, s'éloigner, etc. Ehtàz el-Miyâ-
sir nufûshom, les M. se retirèrent seids, de leur
côté. Le classique jL^'t , fuir, n'est employé que chez les
Bédouins du Nord, et le classique \^\^ , ctre éloigné les
uns des autres, est en Dt ^J^\ lî^L^» ^^-5 se séparèrent,
chacun allant de son côté. Les verbes en question sont
courants dans tout le Sud, Hrb, ""Awâliq, Dt et Hd. Nous
avons, classiquement, ^3, écarter, éloigner, ^^ intens.
^^j, Hod., Wellh. N° 153 v. 11, Mutalam., Vollers p.
1) Aussi = w à b 1) i r et i n d a li i n.
601
39, où il y a des renvois, p. 54 N° XVÏI, Hamâsah
p. 655 V. 3, à côté de J\ , s'écarter, s'éloigner = ^t- .
Le syrien „rj , i, écarter, selon Pr. et Dict. p. 11. Il y
a donc une racine i=> et sa métathèse „ -, dont le sens
primaire serait: couper, abschneiden. Selon le coup d'œil
que j'ai sur les dialectes, je constate que ^ et ses
dérivés sont courants dans le Sud, tandis que _ : et ses
dérivés le sont dans le Nord. En 'Oman, les deux sont
employés. Il y a toute ane série de verbes ^~ et ^^
qui se développent en bilittères doubles. Je vais ici rap-
peler les suivants: (j}3 et j::^'à^ , s^" et ^o^j', v_jL> et
^^^j^u:^, ^L> et j^^^^c^ [u^^^], qI-> et q^-^, lpL=>
et \j^i^^>:a~>, Jj^ et «./>;, ^j et ^jîj, 0J3, class., et
Ojj: , cLio et «-^iotii , -L:-^ et JaxLc, Je [^J et .^pÀ::^,
^ et jÀ«, jli[^I et ^^, 3i et JJili, _"b$ et ^-Jl^, ^y»
et -yi, ^Ij et ;-\>cs^, et ainsi une infinité d'autres, aussi
bien de la lurah que des dialectes. Le même cas se
présente pour les verbes médias radie, geminatae et les
^^ et ^^. Je les ai relevés, dans les dialectes de Syrie,
d'Egypte et d'Algérie, par centaines.
20, 11: yirwah. Le parfait _^. est rare, car je ne
l'ai jamais constaté. .^3. = class. J . , a et i, JJ , ^^.f ,
J^t et p-^yi*-!, ^dr Gl. s.v.; l'intransitif _^ . , aussi en
^gl^ et en 'Oman = class. J^^ et „j^t . Nous voyons
donc que ce verbe est transitif seulement dans la pre-
mière forme dans la lurah.
^^y. 7 il flaire, v. d. Berg Hadhramout p. 245, 0. Yir-
602
wàhni, es riecht mir RO p. 16, ♦ d'en bas^). Tîrwah
éi ri m m eh fim-dâr, sens-tu une mauvaise odeur
(puanteur) dans la maison? Anà-rwah rîh, je sens
U7ie odeur. ^^J , sentir quelque chose qu'on met sous le
nez: etràuwah hâdemsuqrah, sens l'odeur de cette
fleur; mais, classiquement, c'est exhaler une odeur.
L'intr. -.3. est sentir, en général, bon ou mauvais. J, ,
„j _j , fuir, laisser échapper, lecken, rinnen ■= p y^, a.
Em-(iirbeh terûh, l'outre fuit ■= ^^, En Syrie, -.^^
a le même sens, Rasîd ^Atîyah, ed-Dalîl ila Murâdif, etc
p. 156.
20, 11 : m a d b a , est le foyer en pierres plates, 'ijdu^ ,
pi. oiiLci^, OU iCïLaA.ix, pi. o5.>^'>-<2x, = iCïLàJuo; OU m'a aussi
dit: iJisLAa , pi. ^Jiél^y^ , et 'i^^à^Juo , pi. ^jitJjuo [safêq],
mais d'autres prétendaient que cela n'est pas juste.
Cette pierre est 'LséL^iA , plate ■=. syr. JJiaxa^ . Hdr p.
326 et s.. Les anciens les appelaient .^JUas L A V p.
17, 13. (^,->-cax> n'appartient véritablement pas au dialecte
de Dt, voilà pourquoi on n'y prononce jamais mai'ba,
et l'on y dit plutôt st^xi^.* . Cette manière de rôtir la
viande est pratiquée en voyage. Les anciens avaient,
pour exprimer cela, le verbe ^.^.^^ , comme nous l'avons
1) La règle y exposée, à propos de l'accent, ne forme pas une
exception. Cette prononciation rentre dans la règle générale sur
l'accent en aiabe.
2) Le trou |)ar lequel l'eau fuit est v_j^>>î et v_jJtJî ^^ v^ ''-^'j
Veau coule de Vouifc. î. -éJ V-*^'> Voulrc fuit.
603
déjà constaté à la p. 599. Ce verbe n'est qu'un déve-
loppement en ^ , cas très commun, de * ^U? , et ^^.-yto
en est une formation collatérale. Ce qui confirme cela, c'est
la définition que les lexicographes donnent de la manière
de redresser le bois de la lance ou de plier celui de l'arc,
par le feu, opération qu'on fait subir au bois aussi en
Europe. L A II p. 40 porte: U^y: ^^'3 u^'' vv^r-^"
sjjkÊj !>s>-j} XjlMj ^>.^3 ouiLiLxJ! lA-Lc .LC! (J»e . Cela est
copié par le Qâmûs et TA. A cela on comparera ce
vers de Ru^bah, LA 19 p. 208 en bas = Ahlw. Diwan
N° 2 V. 6 et 7, Arâgîz el-'Arab p. 159'):
C'est que mon épijie dorsale est comme la lance qu'on
, fait passer au feu pour en redresser le bois: l'artisan
[la façonne et le dâbî le passe au feu.
La seconde partie n'est qu'une peinture de la con-
fection de la lance d'un bois tordu, comme le dos du
poète. Mot à mot: le cuisinier la confectionne et le gril-
leur la grille ^). Ce ^jUait ^îvi>*^ » doit être un terme
technique, et comme le même terme s'emploie pour
griller la viande^ le poète a fait un jeu de mots en se
servant de j^c^Lb . Lorsqu'on est poète, comme le véné-
rable maître de Greifswald, on traduit ainsi :
1) Ce livre est du Srh Ahmed es-Sinqîtî; il me l'a maintes fois
dit, mais le seyyid el-I3eUiî l'a publié sous son propre nom!
2) Il m'est impossible do rendre ici exactement ^-j-jCa, L>-^, et
(jjl-^ . J'ai demandf'- à des fabricants de meubles, mais on me d'sait
toujours: passer au feu, . ^-*.C2j d'AliIw. est une faute.
604
Mei7i Rilckgrat gleicht dem krummen Lanzenschaft,
Ben man am Feuer grade reckt, dann kalt stellt.
Le second verset est bien libre, et la dernière partie ne
correspond en rien à l'original.
Lorsqu'on est chez soi, à la maison, on fait rôtir la
viande dans le four ^Jl^a . Cela s'appelle Sss^ , i, usité
un peu partout en Arabie. Mes Ne^dites et mes Qasî-
mites s'en servaient et ils prétendaient que ^^»^ n'y
est pas courant. ôyS^ ^ ou LX_yc> , la viande rôtie
au four. Ce participe J^vL=>, se rencontre dans le Qorân
XI V. 72. Voici comment on procède en Datînah, à peu
près comme dit LA V p. 17: tiéhib minsânah
fira-mîfa utôqod uéàkket em-làhëm fi ""atri ute-
'àlleqeh fim-mîfa la dfiljel, u 'attet ""alêh 1)im-
mâhtâmeh uraàhhalet beyn em-mîfa ubeyn em-
màhtâraeh bihùlub mingal la yidhol si" nahs.
La dàhal em-nahs bâ' yihrog nf. ""Arretah tlât
sâ^'ât. Utitrah tist fi qâ'^at em-mîfa mingàl em-
hâl yiqàtter fim-tust. Uhâda ''andena lahëm
mahnûd willa hanîd. ^Aïy^ ^jA^^ j J^Lwi*^^' ^r^r^'
^ [Kj^b^^l [^IJ J^l ^ ^^1 -^i ^ ^^ ^^^ otLv
o\_yo- ^"îj 3y^ ^ liCuc SlXPj .vi^-vvJiIi ^. La femme
^) L^f^^^t P'- jy^^ > ficelle en filaments de '^azaf, do -lic , o,
i, (ordre avec In main.
605
allume le feu dans le four et elle l'entretient. Elle enfile
la viande sur une ficelle et la suspend dans l'intérieur
du four. Elle la couvre avec le couvercle et enduit de
boue (la fente) entre le four et le couvercle afin qu'il
n'entre point d'air. Si l'air y entre, la viande en sortira
crue. Elle la laisse trois heures. Elle met une écuelle
dans le fond du four afin que la graisse égoutte dans
V écuelle. Ceci est, chez nous, lahm mahnûd ou hanîd,
de la viande rôtie au four. Class. Jvo, I Sîdah IV p. 128, n.
20, 12: salqa. xiiLw, pi. UjIw, à Aden, mais en Hdr
et chez les ^Awâliq k«jL pi. oiJÛv; v. Hçlr Gloss. s.v..
On les fait un peu partout, mais ce sont surtout les
Laqît, subdivision des el-Mahâgir, confédération dans le
pays des 'Awâliq Supérieurs. Il habitent dans la partie
haute de Wâdi ^Abadân, et leur pays est couvert de
ujjc, palmier nain, dont ils confectionnent une foule d'objets.
Les Bâ Kâzim s'occupent aussi beaucoup de cette industrie.
20, 14: bâiit- Voyez p. 51 note 4 sur la palatisa-
tion de J. iata, ^J^, coller le pain dans le mîfâ.
Maîat, iJU , avaler vite, chiper. Haîîas, uJii> . v-JuiJ
est prononcé iatîf dans tous les pays arabes, Doutto
T 0 p. 54. icJXilj iiL , le mot lui est échappé, propr. il
a rejeté le mot de sa bouche. En Tripolie , JJb , jeter,
Stumme MGT § 170. On lira Hdr Gloss. s.v.. En
Syrie, Prov. et Dict. Gloss. s.v.. On y dit JaLo -'^ ,
il est allé se ballader '). En Egypte, être à la dérive (ba-
1) Par cette traduction, je ne veux nullement faire une ctymolo-
gie à la A. Jahn, malgré ioL = jJj T A Vol. V p. 112, ".
606
teau), être Jetc à la plage et atterrir (bateau). Le sens
transitif que Lane lui donne, d'après TA V p. 112'
m'est inconnu, quoique j'aie voyagé sept fois en daha-
bîyeh, du Caire à Assuan, tout en me notant chaque
fois les termes des marins, ^}x. i^IL , se moquer de, me'-
dire de. -IoLj' , bavarder, dire des sottises, dans le Sud
et en Oranais RM TA p. 417. -L^ est, dans notre
dialecte, celui qui raconte tout et ne garde pas un secret,
indiscret, qui xJbClL. iaJLo , comme ci-dessus.
20, 16: quMeli. La vraie forme est soW' , ainsi que
j'ai écrit partout ailleurs, mais je croyais avoir ici en-
tendu avec o . J'ai pu me tromper. PI. oljt/ , pour
Jlsù" , grande jatte ou assiette en bois pour manger,
grande ou petite, = Hdr buà:^ , pi. qL-à:?- • On la fait
de *_^ ou de S^\. La petite s'appelle iià^jo, pi. oLs^xs.
Dans le Nord Axi , Huber Journal p. 134.
20, 17: qadah, pi. Jjd\ ou ,.,L>J»i , écuelle en bois,
o
grande ou petite, pour le lait, l'eau et autres choses, faite
du même bois. Partout courant. Huber Journal p. 134. Les
autres ustensiles en bois d'un ménage en Datînah sont:
y^jjs^ , pi. yoU^ , bol où l'on met le X*-=^ • ''^f'^^ ^st
plus petit. Voyez sur ce diminutif Pr. et Dict. p. 128;
cf. _j^, voi'ite, plus grande que b^, Syrie; ii'^\^DD , grande
table, et NmiriD , petite table, Fraenkel F W p. 83, note.
Jj^ , pl. y^'^) cl. -iÂ:s^, Hdr ij^jJ^, expliqué par:
^I^lMLi éf^'*, ic*^ ^^l-j, e7i bois fendu (au bout), avec
607
lequel la femme fait cuire la bouillie; elle saupoudre de
farine avec la main dans la marmite et remue avec le
moulinet.
iûyix^ (m i s ù r b a h) , pi. <^\J:^ ou m i s u r b â t ,
grand bol.
-lNJLo , pi. oUu , louche pour le oy) , bouillon, et autres
mets; mais x>lXji« v. Hdr Gloss. s.v..
^j,*x. , pi. ij*^_y*^ » seau p. le lait, comme Boh. VII p.
68, 5, à Damas iùlc, Muzhir II pp. 241 et 271, aram.
'iil. , pi. OjC , V. p. 609. Aussi dans le Nord.
iCfcs^Aâ , pi. i^iL^jo , V. p. 606.
xjyj , pi. oLy , petit seau.
sj^i , pi, ^ j ou oî^rï , seau un peu plus grand que le
précédent, tandis que dans le Nord c'est un grand plat
ou plateau en bois. Huber Journal, p. 134.
20, 17: maqla, pi. ^^^1»^, casserole à manche, ijo^
ou ^jA, en fer ou, en Hdr et au Yéman, aussi en terre
cuite. (J3 , i, griller le café, la durah, etc.
20, 17: "arb = S^ , pi. v^yi • I.Idr Gloss. s.v..
Et-Ta^alibî Fiqh el-lurah Beyrouth p. 25. Muzhir II p.
156, 9. Aussi dans le Nord, Socin Diwan I p. 291 k, 2.
Un qasîmite me dicta ceci : y^y ^_*_j ^JoLc . . . U-o' ^)j>\
608
-ç-Jp Jsi . Les habitants de Teymâ .... ont un grand
puits qu'ils appellent Haddâg *). Ils disent que c'est là
l'endroit où une étoile est tombée, et il n'est pas creusé par
les hommes. Il y a 90 grandes outres qui puisent l'eau.
L'outre est une peau de chameau. Tout Teymâ prend
l'eau à ce puits. A en juger par ce que dit el-Belâdorî
p. 61, v_j-î était considéré comme appartenant au dialecte
du Yéman. Les noms des outres dans notre dialecte sont:
^Ày la plus grande
Xjyj , plus petite
o
oUm^ , la plus petite, Hdr
pour l'eau ; en peau de ^ ,
p. 249
_^G, outre ou seau pour le puits, Hdr p. 261, pi. ^ô.
Axj', pi. c'y, = Hdr i^, Hdr p. 256, lequel nom
est inusité en Dt.
HyLi , Hdr »\£î:, Hdr p. 255, pi. ^J^ et o^Ci..
o'jO, pi. 03,0, pour le beurre. C'est pour ^-i/', mais
on ne le prononce pas ainsi.
^^ , pi. i'^^1 et l:r^^ , synonym de o^J , mais
surtout usité à l'est de Dt. Mot très classique.
20, 18: Siyâni, pi. de , .^^^yo , petite tasse pour le
1) Et non Haddâg, comme je l'ai vu dans quelques livres euro-
péens. Huber Soc. de Géographie 1884 p. 512. Dougthy Travels,
Index S.V.. A. Mez, Festschrift de Nuldeke I p. 2.52, fait venir ce
nom de » ...l\5> , branler, développement de -O, goutter' — Science
de chambre à bon marché! L'auteur devrait aller à Teymâ en de-
mander l'étymologie aux habitants, qui sont les seuls juges.
609
café, en porcelaine. iCs ji , pi. lJ-c, tasse plus grande en
bois de J^ , A Aden et au Yéman, qL^ ou qL^J^, et
les Hadar du Sud en ont fait leur qL^FV^ > pl- eJ^rr-l^ •
20, 18: beddak tehassil, tu trouveras rarement,
difficilement. «A^»'^ ^3o , il est rare de trouver qqn.
Beddek, prononc. datînoise, beddak, biddak et à
Aden b u d d a k , peut se traduire par : difficilement.
„Trouve-moi un -homme de Habbân." Rép. : fi ""Adan
beddak, à Aden ce sera difficile. On me le paraphrasait
toujours par ^oUiL ou Uj^ , peut-être ; les Harîbites et les
Datînois, aussi par ^^•^:=- s^î^ , quelquefois. L'analyse de cet
idiotisme, qui est surtout commun à l'est de Datînah,
ne me paraît pas claire. On ne doit pas le confondre,
quant au sens, avec bewuddi, bewiddi, ou simplement
w u d d i , je veux, je désire, comme chez les Bédouins de
o
toute la Péninsule. Mâbwiddi sir (Aden asîr) ''Adan,
je ne veux pas aller à Ade7i, madhigî. Budduh biV
y i r ô h , il désire aller. C'est là une contraction de Ojj ,
comme l'indique la forme pleine des Bédouins, Pr. et Dict.
p. 4. Je dois cependant ajouter que la locution bewuddi
etc. est plutôt d'un emploi rare dans le Sud, où ba ou
iéti sont ici plus courants. Il est douteux que notre
beddak soit le même mot que wuddak, tti désires.
20, 18: dibbuh, pi. ^^^^ , fruit de la plante cu-
curbita lagenaria, calebassier, gourde. La forme classique
est tÇo, n. gen., et àsÇo n. unit, Diw. Imru^l-Qeys N°
19 V. 37. Mais dans notre dialecte, il n'y a que le n.
unit. ï\l> [dibbâti, ma calebasse], et cela par la simple
610
raison que issG^^ aurait été impossible dans n'importe quel
dialecte arabe. Il aurait, tout au plus da7is le Nord, fait
jôbo , comme stLc a fait ioLA£ et tous les mots analo-
gues, et dans les dialectes bédouins du Sud, où cette modi-
fication du hamza n'a pas lieu, ^Ço a été assimilé à ^Lj,
et le n. gen. s'est par là ]:)erdu. L'ancienne forme col-
latérale ioj *), L A XYIII p. 273, 3. Qâmûs s.v., pro-
vient, de même que ^^^o T A, du déplacement de l'accent:
dubbà' devenu diibba et dubbah. Beaucoup de for-
mes doubles s'expliquent de cette façon. C'est ainsi qu'il
faut envisager les phénomènes exposés par Vollers, V S
§ 15 b, p. 86 en bas, à propos de Us' et ^^«5^ etc, p. 132 en
bas, p. 133 c, p. 136 g, et par moi Hdr pp. 41 et ss..
Nous avons des doublets tels que tlXj , b u k â", et ^^ ,
b ù k a ; iL> . , r a h à^ et ^^. , r à h a ; i'jj , z i n i\\ et
j^^ : , zina; ^IAa- , s ad à', et ,^A*« , sàda; ^LLc , "a ta',
et LIac , 'àta; ^Lai , qascV, et Laï , qàsa; tÇU , rilib-
bà', et ^J4j^ , l'ilibba, ^,^1 -^J^')) et tant d'autres.
- o ^
C'est ainsi qu'il faut comprendre les deux formes ^^o L
1) Il faut sans doute lire wO .
2) Ce mot est cité par A. Fischer Z D M G 59 p. 669 et 60 p. 850. Mon
savant confrère y cite p. 665 Mufassal p. 95 sur les .yaii,! et il
ajoute: »Wie man sieht, ist an diesen Stellen nirgends von einem
lautlic/ien Untersclieide zwischen liildungen wie (C*^ und ' iè ,
. ^Jl , Lao*]! und 'b J! die Rede." Mais je trouve que c'est tout
le contraire, et l'observation de Fisclier qui suit ces paroles est jus-
tement ce qui est contenu dans le texte de Zamahsarî.
611
pour iUipi \j , mentionnées par Abu Zeyd Nawâdir (où ?),
L A XIII p. 301, T A VIII p. 194 et s., Lane s.v. ^t ,
Kampflfmeyer, Die arab. Verbalpartikel b (m) p. 37 note.
Sîrâfî, Jahn Comm. Sîb. p. 38, dit à ce propos: J^L,
jj^, ^JiJ^:>3\ ^^^ \xxj" ^^*, (ji.âi-'bS! "§! ;y^' >->^ o^jtS^T.
OjlX*^ Ji ^ jj<=>^ L*/ jy^^ J^ "^-^ • Toute l'histoire de
l'accent est dans ces mots. Hàdi et hadî, que Vollers
cite V S § 8. n'est pas aussi sûr, car le premier peut
être l'infinitif ^^^, I Sîdah IV p. 19, mais l'observa-
tion de L A 20 p. 234, 22 et de Muzhir II p. 144, 15 parle
aussi en faveur d'une prononciation hàdi pour hadi\
Cela serait donc le pendant exact de nàbi et nabf.
La distinction que fait Vollers entre l'Ouest et l'Est ne
me semble pas très probable. Dans les dialectes haçlar,
cela se voit à chaque pas. Car ceux-ci n'aiment pas les
mots finissant en à: l'accent y est reculé et l'a final
est réduit à sa valeur phonétique.
Ce n'est pas là un sj^! U>^Ji^' . La finale à" accen-
tuée doit avoir un hamza final en vertu d'une loi phy-
siologique ^). L'accent, une fois reculé, le hamza n'est
plus possible. Voila pourquoi l'histoire du mot nebi,
rapportée par moi Arabica V p. 170 note, renferme les
deux prononciations nebî^ et nèbi. On comprend que
le nebi Muhammed a voulu être ainsi intitulé, car le
1) C'est ainsi que tous les infinitifs des ultimaj 3 et (j= des formes
J.*sl et ^V**i' finissent en liamzah : isqâ', iftirâ'. C'est égale-
ment ainsi i\u'\\ faut coMï|)ren(lie ^iL>:> el ^^^^j <ie 1. Vais II m. 1278.
612
mot nèbi, aussi vieux que le monde babylonien dont il
représente la dernière floraison, était pour lui la vieille
prononciation des noms des collègues précédents, à
partir du nabû babylonien. Si, malgré cela, on disait
nebfnâ M oh. cela tient à l'accent que cette com-
binaison devait forcément avoir. A. Fischer , Z D M G
59 p. 669, a donc pleinement raison de dire que „cette
fusion de jKy^iCî fU**^' avec les so^A^I' s^lfJ^\ [et les fé-
minins simples en s-] a dû commencer de très bonne
heure." En parcourant le dictionnaire classique, on pourra
trouver une foule de mots de la catégorie de dubbà' et
et diibba(h).
ioo est aussi la forme d'Aden, selon .Stace s.v. pump-
kin p. 133, [mais j'y ai entendu dubyah et dibyah],
de Mekka (Higâz?), Snouck MS Index s.v. '), et du
Maroc, S H M pp. 54 et 94. Mais ce n'est pas la même
chose que notre ^bo. La ioj> qui vient du Yéman (Lahig)
est mangée ; la à1j> , ne l'est que lorsqu'elle est petite
_^ob . Le Prophète l'aimait beaucoup , et les autres
l'imitèrent alors, Boh. V p. 68 en bas = p. 75 en bas
= p. 78: B. ed-dubbâ'. Moh. Tâhir M. B. el-A. I p.
394. Ce sont donc deux espèces différentes.
jiGo et ^Jl<\~>, pi. Lil.:s^, sont les calebasses qui servent
comme ustensiles de ménage, de même que les calebasses
dans le Midi de l'Europe. La dibbâh est basse et large
n o ,
iU-svo , C^ , tandis que la oi^s^ est étroite et longue.
4) 11 dit ji. 95 note 1 que TA a aursi a-b^, mais ce dictionnaire
n'est pas voyelle, et je n'y trouve pas de mention de cette voyelle.
613
Voilà pourquoi Imru'1-Qeys compare le derrière de la
bête à une b^Lo .
Cet usage domestique de la courge doit être d'une
haute antiquité. Le Prophète l'avait d'abord défendu
Boh. I pp. 25, 107; II p. 105; IV pp. 178 et 181; V
p. 169; VII pp. 68, 75, 78, 107; VIII p. 41. LA VII
p. 86. Il avait même défendu les ^-î^ J^ , vases, en gé-
néral, et ce n'est que lorsque les Ansâr lui firent ob-
server que ces vases leur étaient de toute nécessité, qu'il
dit: j,Eh bien! alors, non!: 'J»] ^ ." Le Prophète vou-
lait qu'on se servît exclusivement de i^ULw, outre en peau
de mouton ou de chèvre. Mais on lui fit comprendre
que tout le monde ne trouvait pas un siqâ", et il per-
mit alors la jarre non goudronnée Boh. VII p. 107.
Lorsque les ''Abd-el-Qeys vinrent présenter leurs hommages
au Prophète, ils lui demandèrent quelques règles de con-
duite." Je vous ordonne quatre choses, leur dit-il : 1°
la foi en Dieu et l'acte de foi; 2° l'observance de la
prière ; 3° l'acquittement de la dîme ; 4° la remise du
quint du butin à Dieu (= le Prophète); et je vous dé-
fends quatre choses: 1° ed-dubbâ' (les calebasses); 2°
el-hantam {vase rouge ou vert dans lequel on apportait
le vin à el-Médînah); 3° en-naqîr^) {le tronc du dattier
évasé pour y faire le vin de dattes L A VII p. 86) ; 4°
elmuzaffat {oase poissé qu'on fait encore à Mekka,
Dr Sâleh Çubhî, Pèlerinage p. 61), Boh. I, p. 25 [oi^i il y
i) Var. ^^ Boh. IV p. -17H. Wellhausen Restez p. 170 note 2,
(lit no pas savoir ce que c^Jj*'^ j^Jù! signifient. Les dictionnaires
et les commentaires les expliquent pourtant assez clairement.
614
a qI-^ |»y^ en plus, ce qui fait cinq], p. 107, IV p.
181. La raison de cette prohibition du Prophète était
qu'on se servait de icijx jy> , Qastellânî VIII p. 320,
Hamâsah p. 671 '), et que la dubbâ^ah fait fermenter
le jus de raisin. ^Âïsah, interrogée sur la tradition citée,
répondit : „ Le Prophète nous a défendu à nous autres,
membres de sa famille, de mettre le jus de raisin dans
le dubbâ" et dans le muzaffat." Boh. VII p. 107.
Moh. Tâhir, M. B el-A. I p. 394, commente cela ainsi:
Uç ^^^JuXu \j^^ . ssbc> ^^ ^yiSl _y? fbAJÎ ^y^ ^^ kj3^
■M £ ,
Li*-^ (jix^ Jo "^ *-^i*J^ Lij"^ li'î"^' ^'^ Q^ L/^^ iuLib
tjUi ;,%^ iu«yj j yC.v.Jl . L A XVIII p. 273 dit à peu
près la même chose. Malgré tout cela, on se sert tou-
jours (ou du moins jusqu'à il y a peu de temps) de la
dubbah pour le vin, ainsi qu'on pourra lire chez G.
Jacob, Orient. Stud. Festschrift de Nôldeke II p. 1069.
20, 19: gahf, à Aden wà.^^, pi. oL<«:> ou oL^^>l,
calebasse, longue et étroite, fruit de la plante c^. o».5^
j^Lwj! , une tête de citrouille, Dickkopf. ^J^J> chez les Hadar
du No'-d, drôle, bouffon, vient sans doute de ^j>, ours.
20, 19: sikvveh, plus rarement 3jX;i en Dt, pi.
i) Comme les Grecs encore aujourd'lmi. On voit donc que c'est
là une vieille habitude. Je ne sais »si le vase était enduit de poix"
en dedans ou en dehors.
615
oî^^, qqf. ^J^ 1 cf. class. ^^J^; décrite Hdr p. 255.
Uas c^'-yj , on trait le lait dans la jatte ou clans l'écuelle
en bois, on le verse dans l'outre et on l'y laisse reposer.
Elle ne s'emploie ordinairement que pour le lait et non
uniquement pour l'eau, comme il est dit dans le Kullî-
yât, Rasîd "Atîyah, ed-Dalîl p. 218. Ce mot est répandu
dans tout le monde arabe, Stumme T Gr § 51 a.
20, 19: minsaf. — C'est une grande tablette^ un
plateau^ une vannette ronde en "^azaf. On s'en sert pour
vanner, v^^, a o '), ou ^AwJ, le blé, la durah ou n'im-
porte quoi, comme LA XI p. 241. Il fait aussi office
de plateau pour le pain. En Syrie, iCv^o ^}j^ w^:s^Jî i>s,w^
^ji-ï, on vanyie le hic sur un plateau en paille. Ce mot
est répandu partout. Dans le Nord o!^*J-« . Socin Diw.
III Gloss. S.V.. Hartmann LLW p. 167 N° 99, * a
entendu ^jtlsj.^ , mais rien, dans ce mot, ne motive le
uo . Dozy définit inexactement ws-^^^-*, d'après M. el M..
On connaît le joli récit de Wetzstein dans le Hauran
und die Tracho7ien p. 146. Rien ne prouve mieux que
ce mot la simplicité des Bédouins. Sur le minsaf on
vanne le blé, on y met le pain, on y sert le manger, et
il a une foule d'autres emplois. Le minsaf du Nord
est plus important, comme l'a prouvé Wetzstein ZDMG
XXII p. 100 note 32. Il y est en bois ou tout autre
\) Synonyme JLaj) , o, et ^V-^il:^ .
43
616
matière, excepté le ^azaf, vu que cet arbuste n'y existe
pas. Un texte haurânien de mon grand recueil du Nord
porte: Râhèt lu giilèt lu: „wus tidbah? Gâl:
„Ma bèdbah sf; rùl.ii sauwîlu 'à se min el-bêt."
Làgat 'andhe swàyyet ruzz, tabljàt lu yâhen
usabbàthen bi hal-minsaf (ou m an s a f) uetla-
■^àthen lu h tayi tuasse. Elle alla chez lui et lui dit:
„Que vasiu égorger?" „Je n'égorgerai rien du tout, ré-
pliquat-il; va lui faire un souper de [ce que tu as à]
la maison," Elle trouva chez elle un peu de riz. Elle le
lia fit cuire, le versa sur le plateau et le lui servit pour
qu'il soupât. — Les deux formes ^a^^Xa et ^^*J^ sont
également bonnes dans le Nord.
Minsânah n à sa fat em-l.iabb fim-wasar, la
femme a vanne, éventé le blé sur l'aire = ^3 , a,
vanner au vent, expliqué par U-vJt j. ^j'^. — L;iiî«J
Oyo! , le vent nous a couverts de x^oussière = I^lJLc o ^
^^A.yi = Uxlw. En Syrie, v'-^' !>t^' wà-^ veut dire la
même chose. L A XI p. 240 a ^j^wj et ^.à^î , soulever
la poussière, ce qu'il paraphrase par uil^S et qu'il a sans
doute tiré du Muhkam d'Ibn Sida ; répété par T A VI
p. 254, 12 d'en bas. Le verbe «^'l^I n'ofifre pas un tel
sens dans nos dictionnaires, mais iiÀj'uwJt étant jcJUJ!
'»ji^ji\ , LA XI p. 66, u, il se peut bien que lJL«, o, se
soulever (poussière), et son transitif i^L«ï aient pu exister.
Une faute d'écriture pour c^nSav' n'est pas non plus ex-
clue. Il y a dans le Sud aussi un sens figuré. Em-bôs
(Jallèyn yinsafèyn fim-balad, le bétail reste là
d brouter le sol, expliqué par dallèyn yOkolèyn
617
uyidhaqèyn fimzar'^â, il reste là à manger et à
marcher dans le champ de verdure^ cf. LA XI p. 241,
5. sAx^j' ,j^ wà-vvJj , il mange clans la jatte ; Ji'i! ouvi
»l\=>3, Yéraan et Syrie, il a tout avalé tout seul, il a
tout pris pour lui. &!U ^^ ,_juvJ_j , il mange de son pé-
cule. Le ^^\ ^y, oi^j de Dozy SuppL est en Dt il a
mangé tout son soîd et en Syrie, il a tout mangé sans rien
laisser, et non : mangé goulûment. Ces expressions corres-
pondent à xL^L. \xJb3' \5) ^L.<il ,xxJ! ^suvj et à c>~2-^^
L§rU=>|5 Le^l^L KiJ>J>^ ^L};:l iL^Uî, LA XI p. 240. xi-w-i
Xjcyj^L OU oLy-JL. , 27 lui flanqua un coup de poignard ou de
sabre. iuLi \â,wo, ?7 ^m2 allongea une gifle Aden =:
v^Ls" \.à..w.o Syrie. Em-ba^îr nasàfni birigleh ya
ma'^na ramàlini birigleh, le chameau me donna un
coup de pied, jJu^'^ := j-^j . Et ainsi dans L A XI p.
241, 8 1 dVJJv^j . . . . (^ (.Aa+j xl:>. t_j./i3 \ô\ xb>jj «^**j' ^_À^
^^Ui-^L Wetzstein ZDMG XXII p. 75, 4 donne
„j^! *JLc, il jeta la besace sur lui, expliqué p. 120 par
Ji*.^: er loarf hinauf; — ZDPV XIV p. 7: herum-
werfen. —
^Jl«.o est même devenu dans notre dialecte gronder^
tancer : n a s a f h ô r m e t a h "a 1 a t i h i m 1 â g h a , il
gronda sa femme parce qu'elle traînait les pieds. \yu^j:s
|."blJCJLi , il se prirent de bec entre eux ^) ; iyj^^L. Ui>wUj ,
1) L'original a ici une lacune et une erreur, et l'éditeur corrige
ec T A en LoAï Uj v î*^ '^' •
2) Classiquement : ne dire des choses ù Vorcilk, à voix basse.
618
ils se flanquèrent des coups de poignard, l'un à l'autre.
Je dois ici mentionner trois significations du dialecte
syrien. ^'-^^ ^^ oi-vj , relever les habits par derrière,
comme font les dames européennes; c'est le bédouin
nordique ^ ^Ji^ , expliqué par Socin Diw. I p. 248,
note 7. iAw^L. qU^H j^=>. ^^, parer le pied du cheval
avec le boutoir. Chez les Bédouins du Nord, heurter,
repousser, ce qui n'est qu'une nuance du sens sudara-
bique rapporté plus haut. J'ai le devoir de défendre ici
Freytag, dont le dictionnaire, à présent inutile, est un
monument des études arabes en Allemagne, contre une
attaque injuste de Wetzstein dans le Z D P V XIV p.
7, note. Celui-ci y dit: „S'il est dit dans le dictionnaire
de Freytag: ventilavit flatu motuque frumentum; min-
saf, ventilabrum ; nu sa fa quod ventilando ejicitur —
se sont là de fausses assertions qui sont la cause de ce
que l'arabe nasaf, avec la signification erronée de souf-
fler (flare), est entré dans le dictionnaire de Gesenius,
Handw. éd. 9 (et je suppose aussi dans les autres) pour
illustrer l'hébreu n^^-" Freytag a exactement rendu le
vannage du blé = ^j».^'^ , class. et dialect., dans tous
les pays arabes, et si ^-*.j ne veut pas dire précisé-
ment souffler^ l'action de souffler y est, comme il ressort
des significations des racines ^ et o^v- et leurs dérivés,
dans la langue littéraire et dans les dialectes: se mou-
voir légèrement [par le vent] ; voyez le Gloss. s.v. (jJj ,
(j^;-^ et j«.wi — signification qui explique le sudarabique
vju.^) , trembler r= j^i-^uj ou ^X Le savant continua-
teur de Gesenius, le prof. Buhl, no s'y est pas laissé prendre
619
par l'autorité, très exagérée, de Wetzstein, et „dans les
autres éditions", il a prouvé que dans les langues sémi-
tiques ^"^^ est souffler, comme aussi qS^ '), assyr. na-
sâpu. De là, avec métathèse, ^jJù, le souffle de la vie,
le napistu, vie, des Babjdoniens, comme l'a déjà relevé
Jensen ^). Le sens de sich ausdehnen, Del. H W B, Winckler
1) Fiqh el-lurah, Beyrouth p. 355: jLxitSLi .^s^*^ ^\ ^^ij^^î .
2) Les Bédouins croient qu'à la mort l'âme sort comme un souf-
fle par le nez. Chez les Bédouins du Sud, [j»Jù est le vésicule,
attaché au foie, qui contient la hile, ^V r* • La bile elle-même est
aussi appelée \j>*J>^ • iUlr^î U*^ , ^e vésicule biliaire et la bile
même du mouton (ou de la chèvre). Chez les Chinois, la bile est
la manifestation de l'âme et, de même que le foie, le siège du cou-
rage, Globus 1902 N° 6: der Kannibalismus der Chinesen. En arabe
l\>j et i-V^ renferment la même idée, Lebîd, Hâlidî, p. 19, ".
Est-ce que le biblique »verser Vâmc" ne viendrait pas de la même
conception? Cf Ges.-Buhl W B s.v. ^Di • Cette conception de l'âme
remonte à la nuit des temps. Elle existait déjà en Babylonie. Elle
est intimement liée à celle de la création de l'homme. Genèse I v.
7 nous lisons : » Yahwe forma l'homme de poussière du sol et souf-
fla dans ses narines un souffle de vie, et Vhomme devint un être
vivant.'" Le mot-à-mot arabe du texte hébreu serait: ioÀJb ;i^Jùj*>
^J;^ {j^^ f»>->! fjrfi^-i '^^t^ iivfv/J . Dans le Qorân, nous rencon-
trons la même conception orientale, p. e. S. 38 v. 71 :
cf. S. 15 V. 20 et i)assim. Or, dans l'épopée de Gilgames K B VI p.
120 V. 34, la même idée est rendue presque pur la même expression:
tîta iqtaris == ^j^y^''i Li^^ . 11 est vrai que (joyil ne figure
620
die Gesetze Hammurabis p. 107, et l'arabe i'tre large,
spacieux n'en sont que des applications sémasiologiques
secondaires. Wetzstein fait preuve de manque de con-
naissance, lorsqu'il prétend que l'intensif ou l'itératif ou^o
est le dénominatif de ou^ux . Mais déjà le simple ^jo^
a ce sens, même dans le Qor. 77 v. 10, et l'on pourrait
alors dire, avec tout autant de raison, que le latin ven-
tilabrum a engendré le dénominatif ventilarel ws-wjj!
est celui qui .^nj J! ^Jl^^_ , produit le vent en éventant le
blé sur le minsaf. Le supplément de Dozy est bien
clair et parfaitement exact.
Plusieurs significations de \.juvj coïncident dans le
Sud, ainsi qu'on l'a vu, avec celles de ^Jo^ , i [Hdr J>-^
dont j'ai parlé dans Hdr Gloss. s.v.. Em-nôd yisfi
em-tîn ""ala béni Adam, le vent fait soulever la terre
[la poussière] sur les hommes, fait répandre. I s f e 1-
mà^, jette Veau (en la lançant au loin), schmiess' das
Wasser weg. Safâna bil-mâ' = iUL L-i^s^,, il jeta de
pas dans les dictionnaires, mais la forme est régulière et nullement
impossible. C'est le pendant de (jy^ q^ oUj>, avec la nuance
que comporte le verbe oJJ^ , que ce soit jjartagcr selon Noldeke,
Fûnf Mo'^all. II p. 36/7 et p, 93, ou lisser selon Fleischer Levy W
13 II p. 205. Cf. K A 'P p. 506, Jeremias A T p. 71 et s., Ges.-Buhl
W B s. V. 13113. Le mythe expo.sé K B VI j). 287 v. 5 et G, sur la
créatioa des sept hommes et des sept femmes avec les qirsu tîti =:
(:J^ LN'':^' , je l'ai entendu raconter par des Bédouins 'anazi, il y
a bien longtemps. Je croyais alors que c'était un conte bleu. C'en
est un aussi, mais ce conto fait partie du rituel lithurgique de
l'Eglise chrétienne, ainsi qu'on pourra le constater à chaque enter-
rement chez les Protestants. Vraiment, les A.ssyriologues ont fait
une œuvre admirable.
621
l'eau sur nous, nous arrosa d'eau j mit Wasser bespritzt.
Insafa ^aleyna el-habb, notre blé s'est répandu =
^mJJ^ ou yLxJ;^ . Hartmann, L L W p. 92, dit : schlagt
man das Rassepferd, so richtet es dièse serârîk auf,
schlagt lœdelnd mit ihnen, yesfîhen. Nous avons
même le verbe simple ^_àw, o, dans notre dialecte.
>_ji,s*o ^jy j Ig vent siffle z=: o^j. q^ ii^i^t oi-«^" o^it
dV-wL Kjiji , der Wind blâst die Miitze von deinem Kopf
iveg. ,^suvo J0Î5 p. ;> , quelqu'un est passé comme le
vent, en toute hâte.
Je me demande si ^à^ , o'^-^ , ^y^^ , f^^ et ^^Ju» qui
certainement ont la même affinité radicale, peuvent être
en corrélation avec ^juvj? 3o^ et sa métathèse (jls
[(^ Lvi , vesser ; '-i^y^ , vesse, = vulg. Syrie \jci, et by^s]
impliquent l'idée du vent, comme nous venons de le
voir. Je n'ose m 'engager sur ce terrain, quoique la théorie
du sens intrinsèque d'un thème, même d'une seule lettre,
soit dans les langues sémitiques absolument inéluctable.
Il n'est point impossible que ^su^ soit un développement
de vju«, à l'instar des verbes énumérés Hdr p. 137 et
ici sub 24, 10; mais comme ,J*^j se prête aussi à un tel dé-
veloppement, il est difficile d'avoir une opinion. On ob-
servera encore ^àj, 0, siffler (vent) Dt, dont l'intensif
est wà*ài, et c>.àj, -Àj, *;^âj, ;,>8j, La contamination de
plusieurs racines a produit un tel enchevêtrement, qu'on
ne saurait toujours le débrouiller. Je considère le mé-
1) , c^ ) ') vcaser, Sud.
622
moire de A Mez ïfher einige secimdàre Verba im Ara-
Uschen, Festschrift de Nôldeke I p. 250 et ss., comme
peu réussi pour ce qui concerne les exemples.
20: 19, fitûr, pour ys, pi. .bi!, ëftâr, fait de
\^yù\ (joji> j^>, les filaments qui se trouvent aux bords
des folioles du palmier nain. C'est un rond en 'azaf
au bord relevé, aussi appelé yÎJJx . Les Datînois pronon-
çaient le singulier avec Jp, mais les 'Awlaqites avec o.
Le pluriel était dans les deux cas .L^iL La dernière
forme avec o est donc la vraie. LA VI p. 350 : Aj^_^I
C'est donc très classique! Est-ce le mot yii, que nous
trouvons dans une inscription minéenne de Madâin Sâleh,
D H Mùller E D A N° XXV 1. 3, Hommel S A Chr. p.
113 ^= Mordtmann Beitr. z. Min. Epigr. p. 53? Hom-
mel, A A p. 33, l'identifie à .y;i ^) , qui vient du sou-
mérien ban sur dont les Babyloniens et les Assyriens
ont fait pâsûru ou passûru, les Araméens |i»oA£,
les Juifs NIIDD, Fraenkel Aram. Fremdw. p. 83, et les
Romains paiera ^). Le changement de yi en jo est un
phénomène tout ordinaire, et la prononciation yas s'ex-
plique comme .o et . vb , yj^ , yot< et ^jlyw , t n â^s a r ,
1) Exemples à l'appui chez Weissenbach, Die arab. Nominalform
fuûl p. 70 et s. et L A s.v.. Ilommel G G G p. 131 l'énumère parmi
les mois arabes que les Babyloniens, voire même les Soumériens,
auraient empruntés. C'est aller un peu trop loin.
2) Weissenbach o. et 1. 1. a tort d'en douter. Piîtera semble
plutôt venir d'une forme patar, futur que de fiitûra; celle-là pourrait
bien être la forme minéenne.
623
douze, jjij' et jJAj", se couvrir la figure jusqu'au nez d'une
j.Uj, j.li2i, Bédouins ""Anazeh, etc. Nous serions donc en
présence d'un de ces nombreux nomma vasis qui, de la
Babylonie, ont passé dans d'autres langues, même dans
les nôtres '). Jensen K B VI p. 407 a déjà pensé au
y3 arabe. KAT^ p. 421 note 6. Haupt, Beitrâge z. As-
syriologie I pp. 161 et 323, parle en détail de ce mot.
Il dit que passûru, ou pâsûru, n'est pas seulement
écueUe^)^ plat, mais aussi table^ exactement comme les
lexicographes arabes expliquent .yli. Il était probablement
en bois, car son idéogramme est précédé du déterminatif
g— y, bois, Del. Gr. p. 20 et 21 . Ce mot renferme donc la même
peinture éthologique que l'arabe 5^,iw par lequel notre JJ>
est expliqué dans les dictionnaires. »^, aussi ^, est
originairement la hougette des voyageurs, faite d'une peau
d'agneau ou de chevreau, pour y mettre les provisions
de route et sur laquelle on mange Boh. VII p. 70, 11,
13, 14, 17, 20; p. 75, 7, =_^â=>^, Hdr et 'Awâliq, C^
en Hdr et en Dt; v. Gloss. s. v., Hafâgî, éifâ p. 127,
1) Comme sac, Sack; kanne, [cannette de bière]: /o/j/jc, tonneau;
tasse, Tasse; lagg, suédois = qA); silo: le latin capsus, etc. Il y a
une quantité de KuUurwôrtcr qui nous viennent de la Babylonie. —
Capilal de caput comme i3'-« ^J«L [Tab. I p. 1753,14; *X.*^' U*5^;l
est qaqqadu, caput, dans le Codex de Hammurabi. Les Arabes ont
une foule de locutions que nous retrouvons en Babylonie, telles que
rjJj^wj-îj ^t jjLiLv, (j'4'-*''' V;- Uai'îi'î, Durrat, et le Comm
d'el-IIafôéî Cstpl. p. 72: (j^K q,, ce qui est exactement l'ital. da
capo. Nous disons qu'un chauve a une lune sur la tète, et le poète
Abun-Na;!^!!! s'est servi de la môme image, Haflner AL p. 173 en
bas. On pourrait écrire tout un volume sur ce sujet intéressant.
2) L'allemand ScUusscl est le même mot, du latin sculctla, [se u-
tula) ital. scodella.
624
Ôawaliqî, Hatâ p. 141, Z D M G XXII p. 100, note 32.
Bel, La Djâzya p. 86 (:=J. As. p. 192), n'a pas reconnu
ce mot dans l'algérien s^âA^, nappe et ensuite mets. Avec
le temps, et par une raison bien claire, ce mot est venu
à signifier la table mise, comme l'arabo-persan ^^>f>. '^f^
n'est pas employé dans ce sens dans le Sud, Hdr Gloss.
s. V., mais je soupçonne fort que io,-w-«, plateau rond
en "azaf pour manger, chez les 'Awâliq, renferme la
racine transposée de s^. L'hébreu iÇTil', dont la voyelle
â marque la haute antiquité, offre la même adaption. C'est
primitivement la peau enlevée de l'animal, à l'instar de
8jLw, de nbï', enlever la peau, comme le syrien ^^ui^), se
dépouiller de ses habits. VoUers, Z D M G 49 p. 493, dit
avec raison que ,*JUi est, au point de vue phonétique,
la continuation directe du sémitique primitif r\T2!, . J^^
Les Arabes ont, d'autre part, leur ^JLw, ayant le même
sens. Or, ]nb'^ a aussi pris le sens de table, ainsi qu'on
pourra le voir dans Ges.-Buhl W B p. 761. C'est ainsi
que les langues, bien analysées, reflètent la marche de
la civilisation.
Dans l'inscription minéenne citée plus haut, il y a
ceci de certain, que oVi. a pour objet (^y^is: ,,«7 dcdia...
son ou ses ftr aux dieux de Ma^în." Si nous tradui-
sons avec Mordtmann, o. et 1. 1. „aux enfants de Wadd",
le j dans ij^yi^^ serait superflu, et sa place inexplicable.
Ce 3 relie J6 au verbe précédent, cela est clair. Je con-
sidère yis = pi. ^yi, car il avait bien plus d'un yii, d'autant
1) L A m p. 330 et Feyrovizâbâdî disent que ,^^ , dépouiller =
piller, encore employé en Syrie, est un idiotisme des Ahl es-Sawâd.
625
plus qu'il y a ensuite le pi. ^% les dieux. Mais il se
peut aussi que chaque maison eût sa patère de libation
par excellence, et que celle-ci fût dédiée aux dieux de
Ma^îD. Cela me rappelle le vers d'Ovide: vinaque mar-
moreas paiera fundehat in aras. Quoiqu'il en soit, si ^
était une patère de libation, ce mot aura, avec le temps
et après la disparition de la religion minéo-sabéo-himyarite,
pris le sens de notre ;cî, dans un milieu où les patères
en métal furent remplacées par des ustensiles en ^azaf.
Si mon exposé n'est pas acceptable, le mot ii n'en reste
pas moins étranger à la langue arabe proprement dite.
20, 21 : q u h ût. ii^jj, o, faire lepaîji sans levain. Voici
comment cela se fait: Tebill em-hôrmah em-habb
fim-mà' utùqsurah "alem-merhâh bim-'âli uba-
"âd tisdofâh uterôsseh bimà'' utidaqqiqah
uingahàtah fim-mîfa, uhâdâ yitsamrna ràhi.
Utisûwi min em-rahi em-quhût, ula hamma-
ràtah fim-sams yitsàmma ràhi hâmii. iu!:5^t JJi*
^Uj HJ^J*) lsiô^j.23 lAxJ^ ^'ut-b isL^jJf Jo: «-CiJij^ ^\X\ j. \Z>^
La femme mouille le blé dayis l'eau et l'écrase sur la
metde avec le roideau en pierre. Ensuite, elle le moud
plus fin, en y aspergeant de Veau, et le fait cuire au
four. Cette pâte s'appelle rahi. D'er-rahi elle fait le
quhût. Si elle fait lever le rahi au soleil, il s'appelle
x ^\\\ aigre. —^JL^: min l.iagar kama em-qarûrah
qiyâs sibr uhams banèyn (= ^j^ ) tir h a b è h
'alam-merhâh. Le ""ali est en pierre, comme (ayant la
626
forme de) la bouteille, d'environ un empmi et cinq doigts
(de longueur) avec lequel elle moud sur la meule. ^lS^,
0, moudre plus fin. Il y a trois manipulations : 1° '^J^,
2° i^îJoo et 3° vJj'lso. "s'i^yi est une seule pierre, une
- o -
meide, tandis que ^j^^la^ est de deux pierres^). Mes
Datînois prétendaient que l'usage du 5L>yi est nouveau
dans le pays et qu'il leur est venu des pays d'el-Manqa^ah,
à l'est de Datînah. Les Bédouins de Datînah n'ont pas
de (jr^'/!i mais seulement des ^^\^^ tandis que les Bâ
Kâzim n'ont que des ^,j>î>î. Les hadar ont partout des
^^LIw. A propos de ^=>. et yL=>y», une discussion inté-
ressante se souleva. Je prononçais naturellement avec -,
o
mais les Datînois disaient que c'était tout-à-fait faux.
Aussi me corrigeaient-ils toutes les fois que je me servais
de ces deux mots : ils les prononçaient toujours avec » ! Il
n'y avait pas moyen de les persuader que le tort était
de leur côté. Cet affaiblissement du - ne doit pas nous
étonner, surtout dans les dialectes du Sud. Il a dû
exister, dans ce thème, aussi dans le Nord, car nous
lisons dans L A XIX, p. C3, 3: ^j^ er^^- -^ ^^-^''>
^^^ j^i^ ^ \Jle v^:î3 a->^' ^® ^^^ ®^^ ^^°^ doute
pour 'sl=>., broyée, ou n. qualit. pour désigner les mets:
içjLj, ïlJlL^, aj.lX>^„ ïùJLn^, etc. Prov. et Bict. pp. 78
et 126. Nôldeke, BZSSW p. 55 note 7, veut que les
singuliers arabe ^^^:>^ et araméen j^^i , N'^~n soient secon-
daires. Comme nous avons vu qu'il y a aussi une seule
■1) o^ ^^^ jémanite, fuiir à chaux.
627
meule sur laquelle on broie, je ne sais pas pourquoi les
Araméens n'ont pas pu avoir cela aussi. Ce mode de
triturage semble même être plus ancien que celui des
deiix meules, D^nn.
Les Bédouins n'ont pas de levain. Pour faire lever la
piUe, on l'expose quelques heures au soleil. On appelle
cela j^, iS^.i iûtr., et jK^, tr., faire lever la pâte au
soleil. Une telle pâte est j^J:^. C'est surtout dans ed-
Dâhir que ce mot est employé, et là on laisse la pâte
pendant la nuit, ce qui pourrait en expliquer le sens ').
Les Datînois disent de préférence [j^i.*^. (jp--' (masc),
lorsque la pâte se lève, comme dans notre texte.
20, 21: lisez »iA*^ et 1. 22 qahwah, car dans notre
dialecte ^ est toujours prononcé q.
20, 22: sur le café au lait, je parlerai au n° 19.
20, 23: yisarrifûha ■^^, verser le café dans les
tasses. .*x, le servir, propr. faire passer ou passer, tr.
20, 24: yirwîlehom. ^=5 , raconter qqc à qqn avec
uj de la chose. Su' di rawàlak (aussi dirwàlak)
bihâdem-habar, qui t'a raconté cette histoire? Irwïli,
raconte-moi. Irwînna, raconte-yious. (^5., montrer, avec
l'accusatif de l'objet. Kôweni em-sûr di fim-kùMeh,
montre-moi le reste du manger qui se trouve dans la
jatte. Répandu dans tout le Sud. En 'Oman, M S 0 S III,
p. 8, 2 d'en bas, et dans le 'Iraq, MSOS V p. 120, 15.
1) On est tenté de penser à l'assyr. satîi, boire, hébr. ûD'i'.
T T
éth. flTP, sab. c>-w = le pain qui a hu la chaleur du soleil, imbibé,
saturé de chaleur et, dans l'autre cas, imi>t7>é de l'humidité de la nuit.
628
jj:^L est aussi montrer^ tandis que dans le Yéman c'est
informer ^ raconter, aussagen. (j:^,', montrer, est rare
dans le Nord, M SOS VI ii p. 118 n^ 20 v. 3, et dans
le Yéman. ^ lt^'/j cMibcrer, conférer. ^.3, montrer,
appartient seulement aux dialectes du Nord, quelquefois
aussi dans le Yéman. On ne saurait séparer les thèmes
cf';» '>>» u=3; 6t ij=;3j ^^ J^ ^^'^^^ aussi ^^^ et J?i, Fleischer
Levy W B IV p. 485. Mais il est difficile de dire si le
j^^3 du Nord est une métathèse de (j:^., comme ^.-wj
(^^^-Avîj) de ^y^y faire, ^^j peut être pour ^L comme
y«)^ est pour ^J^, Hçlr Gloss. s. v,, et J^, au lieu
d'une métathèse, pourrait aussi être la Ile forme de
(jj=z^'i^, selon LA I p. 31 en bas, ou bien s'expliquer
comme le "omânais 0,3, réveiller, de oL j=>*, = ji=>,
écarter, Gloss. s. v. , cf. Vollers Z D M G 49 p. 508, ce
qui est moins probable. Comme l'amarina [et le tigriùa] a
ïxailr', annunziare, clare una notizia, htlOi^; far anmin-
ziare, et les autres formes dérivées, Guidi Vocabolario
amh.-ital. p. 562, il est étonnant que les dialectes sudara-
biques ne connaissent point le thème ,j:>_5.
Si ï^pin, sLy, vient de rn'', enseigner, il correspondrait
au terme technique des traditionnistes 'îJ^^, notice, récit,
comme sens et étymologie. Haupt, Zimmern, K A T ^
p. 606 b, et Barth, Et. St. p. 13, le font dériver de
l'assyr. ter tu, le numen des Romains; cf. le terûja,
amen, des "Omûnais R 0 § 65. L'étymologie serait alors
aussi à peu près la même. Cf. Vollers VS p. 102. Ha-
lévy, Festschrift de Nôldeke p. 1024, dit de cette éty-
mologie: „Non. rmn vient de mm, et têrtu de ikd."
629
20, 27: Yimellisûnah bidèhneh. ^jJio est frot-
ter légèrement, caresser avec la main, =r ^vw.^ ou ^w*v«,
à l'Est, et au figuré, flatter, tandis que (j^ est frotter
fort, masser. C'est là un devoir de l'hospitalité bédouine,
et la femme a toujours un ^j^ ou „y>.^ ') en réserve
pour frotter ^) les pieds de l'hôte fatigué ou pour l'honorer
d'une façon particulière, voyez aussi p. 39, 27. Dans
toute l'antiquité, cela a dû être la plus haute expression
de l'honneur qu'on voulait faire à qqn., comme cela l'est
encore dans les milieux bédouins. Voilà pourquoi le W"^^
a reçu ce nom, et voilà pourquoi le prêtre babylonien
est parîsu KAT p. 590, Jensen Mythen und Epen
p. 368, de même que celui des Hébreux. Je fais encore
observer qu'à l'Est de Dt ,.;v%.v«3^, ,^^*^ et le réfléchi g.^^^'
1) Pour -,v.wvo dans la lurah, comme é^^, ^y^i '^J^^i 7^^^
(3yA^, ^»-32,, etc. qui, par harmonie vocalique, sont, dans les
3 3
dialectes, prononcés ij^«.
2) On frotte avec du q^'-^j dèhen, huile o\\ beurre cuit, om':^^'^,
dèhneh, notre beurre.
3) Une autre variation est iç*«-* =: "'-\v? xrs^ww,^. Cette signifi-
cation n'est mentionnée que par Feyroûzâbâdî s. v. et T A qui cite aussi
el-Qattâ" : ,vAjJ iL5^uv^.v« c ^\ ^cr'^■ 0'") A. Jahn M S p. 213 a trouvé
ce sens et tout de suite il s'en sert pour ex[)liquer le mehri môsî,
saluer. 11 dit textuellement: »in6sî"' [vgl. ar. fc***^ mit der Hand
abwischen] die eigene Nase an der des oder der zu Begriissenden
reiben (v^'as dem Kiissen entspricht), jemanden begriissen." Môsî est
naturellement ^c'-'^-^i souhaiter le bon soir, comme sôbah p. 226 est
f^^t souhaiter le bon jour. On se frotte les nez Tun contre l'autre dans
les deux cas. Franchement, Jahn est de l'école de Uaminer-Kamory !
630
est s'oindre, se frotter avec un -^>*^ quelconque, sans
qu'on ait besoin d'ajouter q.?w\J1j ou quelque chose d'ana-
logue. Lorsque les Assyriologues auront révélé toute
l'antiquité babylonienne, lorsque les Arabistes auront
recueilli tous les dialectes, toute l'éthographie de l'Arabie
actuelle, alors nous n'aurons qu'à y puiser pour dissiper
les ténèbres qui entourent encore l'histoire de la pensée
humaine.
Le massage est très répandu dans toute l'Arabie; il
forme même une partie intégrante de l'art de guérir des
Bédouins. Doughty Travels II, p. 207. Tout le monde
connaît le masseur, j-JX*» f^es bains d'Orient. La reine
de Madagascar avait des masseuses auprès d'elle pendant
la nuit. Dans l'Arabie méridionale, oii il n'y a ni bains
publics ni masseurs ad hoc, masser s'exprime de plusieurs
façons. Hdr : ^^, propr. presser ; Dt : ^^ et -Ly ; ""Awâliq :
J c;^, 0, ou o-^J^ connu aussi en Dt. ; HarîbBeyhân :
jx ou y.^; 'Oman: éJs^, R 0 p. 255, 16^). ^vi^^i se com-
prend partout, de même que J^.^, i, et son intens. lX^xi.
Ce dernier mot est courant dans toute l'Arabie. On sait
que c'est le verbe ordinaire pour masser. Je ne connais
la lèi-e forme Js..^^, i, que dans le Sud. Ce qui rend le
mieux notre masser est -b^> et uVw^-, j<m^, tun. c><-^,
Stumme Gr. p. 23. Mais dans le Sud, C\l^ est surtout
dans le parler des femmes, tandis que ^^ appartient
à celui des hommes. -b.x! a aussi d'autres significations,
d'une autre catégorie, qu'on trouvera dans le Glossaire.
1) Propr. peser sur RO §239, p. 149, 4.
631
Le uXwv^, ou oLw^, est une pratique des femmes pour
faire avorter: yirasidèyn "a la zabân') emhôrmeh,
elles massent sur le ventre de la femme.
Lorsque, à mon arrivée en Syrie, j'entendis le verbe
iXm*^, ma première idée était que le français masser
pourrait bien venir de là. On sait que le massage a
toujours été pratiqué en Orient. Littré, sur la foi de
Pihan, et après lui Darmesteter et Sachs, le font dériver
de l'arabe ^>>^a, toucher. Mais pour que cela soit possible,
il faut bien admettre que les Arabes se soient servis du
même mot pour masser. Cela est aussi peu le cas que
si l'on voulait désigner cette manipulation en français
par toucher. Mais notre iAwj a pu donner masser par
contamination avec l'autre masser déjà existant. Voyons
un peu si l'arabe ancien ne nous fournit pas une preuve
de l'antiquité de ce verbe. La Hamâsah p. 798 nous
rapporte une poésie très drolatique d'Abu el-Handaq el-
Asadî :
Dieu me préserve d'une nuit qui m'approclie d'u7i gîte
en commun [avec une femme], comme si c'était le frot-
tement avec une corde de lîf!
C'est que je lui touchai le corps nu., et ma main, dans
ce que je touchai, ne tomba que sur un pieu de tente!
tiUo était le mot technique pour frotter le corps. L A
1) |.jLi: osl la paitio au-dossiis du nomltril, (ih<l(,ntrn.
44
632
XII p. 310: JLmJCc^î Aie ^^Vw^ dUo ^( jw>y! *i)Jjù-. Si le
js^Li tiUjJ! de notre vers n'est pas précisément masser^
cela rappelle pourtant la manière des baigneurs, des bains
d'Orient et d'Europe, de laver avec un tampon de lîf
et celle des Bédouines du Sud qui ont la même chose
lorsqu'elles yimessidèyn zabân em-hôrmeh. En
outre, nous pouvons constater dans L A IV p. 411, Lane
S. v., que dans le vers de Ru bah ^) : ^w .u ^ k^j<:j Jji' ^->^-«^,
ce verbe A-^^s est expliqué par Jui et ^o, fortifier. Le
sens ordinaire est tordre bien une corde, xloi oL>!i) et
3J^ serait tordu = o^.-.^^ Quand même ce sens, qui
certainement est trop limité, comme c'est souvent le cas
des définitions des lexicographes, aurait pu donner lieu
au dérivé masser, ainsi que les autres significations, ap-
pliquées au corps humain, le rendent possible, il n'est
pas non plus exclu que oVw^ soit un développement de
^-w«, comme ^j>^=> et l\.sv.=>, envier Dt, y^ et o.j, ^ et
oJs, o^ï, ojï', *jo et A^ji:, ♦A^ et le sudarabique A^^^, o,
ramasser du blé pour le vendre cher plus tard et le syrien
aZo, ^o>) et A>^, sucer, .a^*^ est certainement dans ce cas.
Alors A*-^ serait comme _wvvw< originairement passer la main
sur, streichen. Ou bien faut-il considérer A«*^ comme
1) Ne se trouve pas chez Ahlwardt.
2) Dans les dialectes bédouins du Nord, .3^ seul a ce sens, bien
lier, bleu serrer, bien faire toi e chose. yjJUj\ J^ i3^ = (J^ Ai,
aussi 'Oman, RO p. 32, Rossler M S OS I pp. 58, 59, G4, G5, Oy^'
(j-^-i-i ^ys:., rire dans son assiette à cheval, Ngd.
633
un dénominatif de Jk^ = ^J,? D'autres, plus savants
que moi, jugeront si l'étymologie que je propose est, ou
non, acceptable.
Un synonyme de -b^-< et de <Aa^ est ^yo, a, et^^;,^^)
masser, avec J de l'objet. C'est aussi se frotter avec
une matière colorante, comme c'est l'habitude des fem-
mes, surtout dans le Sud et aux Indes, se maquiller.
Une femme qui a le maquillage pour sa spécialité, espèce
de „ coiffeuse de dames", est ici»!^. La lurah a ^,a et
.iys, oindre, frotter d'huile, mais la première forme, pro-
bablement une variation vocalique de la seconde, n'est
plus en usage dans ce sens.
20, 28: hafam-heyd. Là=>, hàfa, ou £U=>, hafà'',
selon que l'accent est sur la première ou la seconde
syllabe. Le verbe est ^c^^i ^'^^^ raboteux, dur et pier-
reux, chemin. Mais ^^.^ veut aussi dire 1° avoir les pieds
abîmés pour avoir marché sur un sol dur et raboteux.
obiiiî Là^ u^ c>yÀ=> lit, j'ai les pieds abîmés par l'état
raboteux et pierreux de la route. 'E,{\\i\^ li ergîli rà'^ni^)
hâfi, frictionne moi les pieds, car je suis h â fi, /ai les
pieds abîmés. 2° être abîmé par un sol raboteux, se dit
du pied. iùjsb> ^j^j, mon pied est abîmé par le mauvais
chemin. 3° être nu-pieds, sans chaussure, partout cou-
1) Tous les verbes frolto', presser, tordre, écraser, triturer, etc.
ont leur infinitif sur J.*»*.
2) On piononrait anssi rà^ni. ^^\. r= gC... Praetoriiis Alh. Gr.
p. 73 note.
634
rant, se dit de l'homme. 4° être nu, se dit du pied.
^L=> vjuij ou Lc*^5 chemin rude et raboteux •=. ouJj
21, 2: lisez yidhanur. La raison ici donnée de l'hos-
pitalité offerte à l'hôte est la crainte d'être considéré
comme chiche. "Abd el-Qeys. dans les Mufaddaliyat ^),
s'exprime sur ce sujet de la façon suivante:
SJ 501J S_ 5, _i >oc£ 5_-0
Honore l'hôte, car être hébergé est un droit qu'il a, et
7ie sois pas une malédiction aux yeux de ceux qui te
visitent. Et sache que l'hôte racontera à sa famille com-
ment il a été hébergé pendant la nuit, quand même on
7ie le lui demanderait pas.
21, 4:yiskorhom. Ce sens de louer, à côté de re-
mercier, se trouve, non seulement dans le Sud, mais
aussi dans les dialectes nordafricains, Stumme Gr. tun.
Gloss. s. V., Beaussier aussi louer, vanter, et Sedira
vanter. Il y a ainsi une foule de mots qui, avec le même
sens, ne sont usités que dans l'Arabie du Sud, en ^Omân
et dans le Nord de l'Afrique. Les plus curieux en sont
certainement u*.lï, jeter, que je n'ai trouvé que dans le
dialecte sahl.iî P, B R A S 1902 p. 270 s. v. throvv, et en
1) C'est le classique y^ et tj^*^., avec le tnrme sens. ;x^, a,
litre sans pour, être courarfcux. J^ ..jLwJl = Lo iAjÇ>^ z*^'-*- ,-)l-*^'
^ (J-» P-^'rii un homme caiiroffeux cl brave ffiii ii\i peur ili' rien, GO.
2) Aussi LA XVII |). 27:^, 3.
635
Algérie, Bel la Djâzya p. 100, 6, Marçais KMTA
p. 477, et masîd, lX;s=w>^, Hdr Gloss. p. 539, Fischer
Marokk. Sprichw. p. 189 note 4. La conclusion qu'on
tirera de ce fait est patente. Mais un .SJ;:^ ^ n'est
pas identique avec ^^^^>^ J^,, comme semble le croire
Stumme o. et 1. 1.. Le premier est un homme qui est
loué avec gratitude, à cause de sa bonne conduite, tandis
que le second est un homme connu, ^JjrX^ d^)', c'est
presque notre célèbre, mais il peut être jyi^^ ou ^•^j^
comme brave homme ou comme canaille. Du reste, ce
sens figuré du thème ^ ne fait point partie du diction-
naire des Bédouins du Sud, qui ne s'en servent qu'au
sens propre, v. Gloss. s. v.. ,«pi-^ d^j est un terme
hadarî et nullement bédouin.
21, 6 : h â d i y e h me fut expliqué par y;>: ^3 qJ r^^'
OjJl ^^^ '), les deux mois pendant lesquels le froid est
inte?ise, ou, comme le disaient quelques Bédouins de Dt,
1) y^. nie paraissait ici étrange, et j'en demandai l'explication.
On me répondit : O^l q^ l<*^- l^'^j pendant lesquels le froid
devient intense^ propr. se chauffe. Cela m'intrigua encore davantage,
d'autant plus qu'on ajouta: O^i cyi^ r^- L^*-^* 0" dit môme
0-«j! ^Jf^ à' '-'-^^j nous sommes au plus jort du fruid. On voit
donc que le sens fondamental de. y> ne peut pas être cire chaud;
voyez I.Idr Gloss. s. v.. Un exemple analogue se trouve en babyl. oia
qirru est feu, chaleur, du thème qarâru, brûler, tandis que la
même racine JJ, Prov et dict. pp. 7'i et 185, 1p, J-i-p, •£, (D/,^
dénotent l'idée opposée. K AT' p. 417 note 5. Sur J et jj^Js, voyez
Uiw. de Sanfarah, éd. Cstpl. p. ôO. Syrie: O-Jî ^^ U^r^t <-''''c
transi de froid.
636
JUi^ JuJ> J.LJ', l'époque du rut des chameaux. En effet,
toutes les fois que j'étais à Aden, au mois de Janvier,
c'était là le cas. On y met aussi qqf l'article: iujJi..
C'est l'époque du plus grand froid qu'on appelle ainsi.
„Mais, me disait-on, il ne fait plus froid à présent." Je
crois bien : les deux mois se déplacent, grâce à la compu-
tation lunaire. Le sultan "Awad b. Sâleh d'Ansâb a dit:
Ahna kama bard es-sita fi Hâdiyeh
di yâbis^) el-hadra uhallâha retûm^)
Nous sommes comme le froid de l'hiver^ à l'époque
[de la Hàdiyeh,
Qui fait sécher la verdure et la réduit en des amas
[de détritus.
Un vieux du pays me déclara que Hâdiyeh est un
j,^^ ^^yi. Cela me fait supposer que c'est le féminin
de (j;Ow=>, premier, et le mot désignerait une saison. J'ai
aussi entendu ^-^'^j ^^-^'^i 5^'ww, etc. Je suppose que
1) Var. yibbis et yîbis. Sur yàbis voyez Hdr. GIoss s. v. et
note. (j*^j! pour ^j*aj', faire sécher, imparf. yîbis, yeybis,
yébis et yàbis.
2) PI. de Jj.JiJjdl\^ J^sk^^^ o^^b ^L^' ^L> Ji ^ }^\
j*S. !A?5 iJjîO L^Lmij, le torrent, lorsquil descend, emporte les
arbres, les excréments des bestiaux, les pierres et le menu bois
et Vamoncelle (propr. et le fait ensemble): c'est là rata m, c'est-
à-dire, tout ce que le torrent chanie. LA XV p. 117 dit: f^y'^^
^y^^l xLa', et 1. 18: ^^*SJi\ bt ^^ ^^ ^_c*=^3- Cf. r*-"^, (^_;-
j»ij est aussi la trace qu'on laisse sur le sol en marchant, spéciale-
ment plusieui*s personnes; cf. **«..
637
c'est la première étoile Jv^^ji, Canopus, soit les premiers
treize jours de la saiso7i de l'automne^ ^^yè'J! jiï, qui
est la deuxième saison de l'année, selon la computation
des agriculteurs du Sud, voyez Hdr Gl. s. v. ^y Les
autres étoiles de cette saison sont nommées : l\xav, bycâ-î,
(iij!, (j^xilii, ^_v.oLvJ!, et 5jL^''. Mais le lever héliaque de
Canopus commence le 21 Juillet, et ce n'est pas là le
plus fort de l'hiver, mais de l'été. J'avais pensé que
notre mot pourrait venir de ÎA=>, pousser, parce qu'on
dit j>-J) 'jtjo z=z LuJLi, mais je crois qu'il faut éliminer
cette idée, car on dit ^^SJ^ ^y ou iùoL^, avec et sans
l'article. Par contre, ^J^ o^l est le vent qui pousse
671 avant.
21, 7: gâmis, de ^"^-^^^^ s'épaissir, se figer, geler; se
dit de toutes choses, et non seulement du beurre qui se
fige ; voyez les dictionnaires. El-Asma^î a donc eu tort
de taxer Dû er-Rummah d'inexactitude lorsque celui-ci
dit ,j^\^ ili! LA VII p. 341. C'est que ^w-*:> appartient
aux dialectes du Sud. Par contre, iA4.=>, qui dans la
lurah est := j^*s.*::>, est dans notre dialecte déborder, se
répandre par dessus les bords z= .àjuio". En Hdr et dans
le Nord, A^- a les sens des dictionnaires. ..^^jcj ^wçrîP
fSoj^ j^^\ ^J>^l=>, est-il vrai que chez vous la mer gèle?
La glace est justement appelée ^j^l:> ou «AJb> par les
Bédouins des hautes Montagnes, où l'eau gèle souvent
en hiver. En H(.lr, j'ai entendu ^,--vvo> et .J^ dans le
638
même sens. On applique ^c-*".o> aux matières grasses, aussi
bien qu'à l'eau : (_5^L> tU, eau gelée, comme L A XVIIl
p. 160, 12: L.w> tUt Lvc>.
21, 8: makrîb, ou kërîb. Dans l'Arabie du Sud,
v_;y, 0. i., est allumer le feu, et particulièrement celui
qu'on fait hors de la maison. <-jJ^, le foyer de bois al-
lumé, autrement appelé ^My>, soit dans la maison, soit
en plein air. Ce feu est >-^.Xa, pi. wo.LjCa, ou wo/, pi.
^^. Yisûwûn krîb finyâm em-stâ" ma kân ^ùd
k ë b î r, on fait un krîb dans les journées d'hiver de
n'importe quel bois grand. Dans l'ouest du Yéman, ces
expressions sont peu usitées. Selon un homme de W.
Ramâdah, près de Ta'^izz, on y dit: lXjs^' ij^\ j;^®^
anciens du pays disent vj^' v/'» ajouta-t-il. Au pays
des Murâd, v/^ Gst = iAjy«, et l'on y allume le v^X*.
J'ai entendu ^^/ et ses dérivés à Dofâr, àDîsetenHdr;
je l'ai constaté chez les gens de Dt, du paysdes'^Awâliq,
des Yâfl , de Harîb-Beyhân, de Mârib et des Murâd. ^j^
4>I^ JyJJ! |-^P^ LjLot^, notre feu a continué de flamber
toute la nuit, me dit un Diyêbî dans le W. Meyfa^ah. A
5 o 3 i
Aden, ^^ est un tison ardent et ^S'S-, se chauffer au
feu. Le feu que nos paysans allument dans les champs
est un .-^^L«. Ceux qui ont voyagé sur le Nil ont vu
1) u:*»^» '"^''•' L*^ ^^ c«^' ^'■' ^" --• u=^ ®^^ "
639
ce feu de roseaux des rùfara, gardiens^ allumé toute
la nuit.
Le poète Dô'an dit dans une longue qasîdah:
L ;, * <^ ^^ s_A_=>5 Là_a_^l*v ^_j_<'J! 11
^^^L^ULJ p-^-xaJ vy^-^ J*r^- *~^^
: '+ o , ^
11. Za guerre est notre coutume^ et les biens qu'elle
nous procure, c'est notre butin. Lorsque la guerre se lève
le soir, nous 7ious apprêtons le lendemain matin.
12. La mer {z=. le sultan) ne diminue pas, et rien ne
la trouble. Si elle remplit (envahit) le feu flambant de
l'ennemi, il s'éteint.
Le sultan Fadl b. 'Abd Allah, grand oncle du sultan
actuel de êuqrah, a fait cette rairgâzah:
Hâdem-masûrah bâdiyeh ma qàtte gèt
Ma si telà' li nigde^) fi hâda yesîb.
La bâla^) wud-dôleh hârib gêsem-gebal
La hàuwanu fîha ta fi" gamrem-karîb.
1) Prononcé la m la, et voyelle ^i*-' par un indigène.
2) Mon ins i-^^, mais mes Datînois prononçaient A:S^j.
3) Clianté bii-l a-wii d, de ^^Ij, comme dans la grammaii-e clas-
sique, Wrigth Gr., I p. 21 c, et conformément au génie de la langue.
Dô%n dit dans une qasîdah :
^^' r'^' c^ o'^' o^^^**^ ^^ hr^ ^ ^=^V ^' ^'^ ^^
(Ju'o)it ilil, dans leur conseil, les purlcum de fusils, qui altcllent
les serpents lui.r jours du lahouraije (les combattants à la guerre)?
Cf. Sîb.-Jahn, Comment. iSîrâfi pp. 38, 41 . Noideke B Z S S W p. 17, note.
640
w^x^ 'A? ,i J^ ^ «il:. ,c^ Lo
C'es^ ^à wne chose nouvelle qui ne s'est Jamaie vue ;
Il ne m'en revietit aucun résultat acceptable.
Si les daulah font la guerre, la troupe de la mon-
[tagne est détruite.
S'ils se montrent conciliants à ce sujets les charbons
[incandescents du karîb s'éteignent.
Dô^an y riposta par ce zâmil :
Ma Vide') daqqèytu ^alP yâ sâhebi
Di sàqqasel-lahbah udi sàbbel-karîb
La m m a laqeytu^) kulle min "âdali sîlim
Mà^ad yidâwi wag'^àha^) réret-tabîb.
Lo U ,^
1) Prononcé gàt, ^ei ou git := o-L^.
2) Ainsi exige le mètre, mais on chantait m a'^âd, tout en déclarant
que ce zâmil est mal fait. Au quatrième hémistiche, on chantait
mà'ad et ma'^âd, car ■->« w est devenu une particule et elle est
ainsi souvent traitée dans la poésie, soit — , sans que le d reçoive
une note. V. Gloss. s. v. et s. v. v_îl3-.
3) Ecrit par un indigène i^-vj*^ '•
4) Le mot est ^~>^i mais Dô'^an en a fait ici ^^3 et l'on chan-
tait: w i-w a è'^â-h â", ne pouvant faire autrement!
641
Vous ne m'avez pas encore informé, mon ami, qui a
[attisé la guerre et qui a soufflé sur le feu,
Lorsque vous avez trouvé ceux qui en so?it sortis
[sains et saufs.
Il 7i'y a plus que le médecin pour guérir sa douleur.
Au lieu de v/^» o" dit souvent ^^f, avec permutation
des labiales. j.^</i = v_jj}C^. On ne doit pas le confondre
avec un autre ^^, citigler: o|;^L> iilÔÎ qv^^., ^^^
cinglent la boule avec le bâton dans le jeu o^, espèce
de golf. Un de mes Datînois disait même toujours vs^^S ^/
au lieu de v-j/, de même que qaramat muddetah
= \j"Jc<! u>Or>> S071 terme est proche. -.:^^->-L. ^^J^ cr^''
le lait est chauffé avec la pierre, et le lait ^y^., bout.
C'est là la manière des Bédouins de Dt de chauffer le
lait ! Cette permutation ^) n'est pas rare. ^j=> et vj> 9dr
Gl. s. V. ; le syr. w^àd, Prov. et Dict. Gl. s. v., et j»jo; ^^o
et j.lj>o, moisson, propr. coupure du blé ; v'j^ ^t ^f>, faible,
déjà relevés par Neswân el-Himyarî, le premier cité par
D H Mûller Z D M G XXX p. 705, et le second par
Wetzstein Z D M G 22 p. 139 ; ^\^ du sab. j.!y<*,
sanctuaire, comme l'éthiop. 9^fl\/^'9"^), contr. àFraenkel,
FW p. 274''). Du temps d'el-Muqaddasî, p. 85, ^oj:.\ ^l
1) Déjà constaté pour le sabéen W Z K M VIII p. 253, ZDMG
1894 p. 652.
2) v'r^ "® vient donc jia.s de DIDD, temple, comme onlitduns
Ges.-Buhl H W H p. 105 s. v. -|-)D.
3) jaax vient du sudanibiqiic jO, Gloss. s. v., et est de la nn'me
642
était prononcé ^<XLi\ v_jL Je pourrais donner une liste
d'une centaine de mots, rien que pour la langue clas-
sique, où cette permutation a lieu. Zimmern V G S S § 106.
Notre wo^x/i me fournit l'occasion de passer au minée-
sabéen, où nous trouvons ce thème l_j/. Nous savons
que le mot y^ des inscriptions sabéennes désigne une
chose et un titre. Comme nom d'une chose, il faut sans
doute le prononcer mikrab ou plutôt mekrâb, car
cette prononciation est indiquée par l'éthiop. mëfVil^
nom. loci, comme 9"W'/5.'n, temple, chrétien ou juif. Cette
identification a déjà été faite par A. v. Kremeren 1866,
Sùdarabische Sage p. 27, note. Elle fut adoptée, et avec
raison, par Glaser dans ses Mittheilungen p. 83, appuyée
de l'autorité de Praetorius. Dans le même ouvrage p. 80,
Glaser dit : „lm Maériq heisst jeder heidnische Tempel
(nicht jûdischen oder christlichen Ursprungs) Mikrâb,
Maukab^) oder Muqâma." Je n'ai pas été dans le
provenance que la plupart des autres inots cultuels de l'Islam. Cola
n'a pa.s ("tr relevé par Becker, Festsclirift de Noideke I : die Knnzcl
im Kullus des nllen Islam, ni par Scliwally ZDMfi !')2 p. 14() et
ss.. v'r^ senrible aussi, d'après LAI p. '29G, avoir étô très courant
dans le Yéman. Le sabcen a *j^ et Vr^ i Z D M G XXX p. 704,
où D H IMiJller a déjà constaté la permutation des labiales. Je les
o o
prononce f»'r^ et *— j'-:^ parce que ces formes se sont conservées en
éthiop. et qqfen arabe. Ici f»'*^ est sans doute piiuiaire. Voyez en outre
p. G45 et note 1.
2) Glaseï' répète cela dans die Abessinier p. 48: »v— ^5^ heisst
noch beute Kapelle oder dgl." .T'ai consulté l'Emîr d'el-l.Iaqbah, Ara-
bica V p. 70, sur ce mot, et il ne me donna que la signification
que J'ai exposée Hdr Gloss. .s. v . llommel A A p. 190 donne aussi
»Ka[)elle oder iilinlicb."
643
Masriq, c'est-à-dire, le pays à l'est du Yéman proprement
dit, mais, voulant avoir la confirmation de cette asser-
tion de Glaser, j'ai constamment demandé à toutes les
personnes du „Masriq" que j'ai trouvées pendant mes
séjours réitérés à Aden. Jamais cette signification n'est
parvenue à mes oreilles. Dieu sait combien j'ai impor-
tuné le monde, des gens de Màrib, d'el-Haqbah et de
Beyhân, mais toujours avec le même résultat. Je le re-
grette, car — es wâr' so schôn gewesen ! Pourtant le mot
uj!,<xi y existe, au moins par tradition, car c'est d'après
Glaser, apud Nielsen Altarab. Mondreligion p. 101 [des-
cription de Glaser du Haram de Mârib], le nom d'une
colline avec des ruines, oîi se trouvait un des édifices
cultuels du temple. Mais le raisonnement de Glaser, o. 1.
p. 81, à propos de ce mot n'en reste pas moins très
juste. On peut discuter sur la vraie portée du mot: s'il
désigne un temple ou un autel. Le mot éthiopien '), étant
1) L'i(]ée de filaser que Mekka provienne de ce mot est tout à
fait à i-ejete, malgré l'appui de Winckler. On ponrrait tout au plus
pnnscr à Vj^-*» car avec v'j^ ''^ syllabe finale longue âb se
serait immanquablement conservée. Admettons la forme Makrab.
Makr aui-ait alors fait Makk, comme Bakr^lîakk, v. p. 4.S2, et
nous aiuions Makkb. La fmale sei'ait tombée, et Ma k k resteiait. On
lui aurait donné la désinence féminine des noms de ville, ou bien on
aurait alors prononcé Makk a, ce qui est aussi confirmé ^avVUvitiàv
i^^^lXo, Noldeke 13 Z S S W [). 9. Mais J'avoue que cette étymologie
me païaît impossible. Rien ne se consei'vo en Orient mieux que les
uomina loci. Les anciens noms des Montagnes autour de Mekkah
s(mt encore vivants dans la boucbe des tribus qui habitent dans
ces parages. Peut-on vraiment croire que le nom du vénérable
sanctuaire se soit tellement écorcbé: de Makiab en Makka?
l"ps( phitut 1<^J = Iv-oJi^, qiie noiis triiuvons (lansiOyJjij Bekri s. v..
644
le même que le v'/^ sabéen, est tout-à-fait isolé dans
le thème In^fl. Il me fait l'effet d'être très archaïque
dans la langue éthiopienne. Notre woyC^ n'est pas moins
intéressant quant à sa forme. Js-otà.^ est rare en arabe;
il y est toujours adjectif qualificatif. Est-ce que w*jX<i se-
rait tout bonnement le sabéen v_j!,</o, prononcé mekrâb
ou mikrâb, devenu ensuite mikrêb, niikrîb et
makrîb? Je ne saurais me figurer que ce soit un Jsil^
hybride de ^^.^ - Cette dernière forme est un J^ r=
JytL«, allumé. On ne saurait non plus penser à l'araméen,
comme p. e. | o . ;i Vn = arabe v|;j^> car les dialectes du
Sud n'ont pas été influencés de ce côté-là. Comme titre
des plus anciens rois de Saba, vj^ ^oi^j ^^.ns aucun
doute, être prononcé vj^j d'après la grammaire arabe,
bien entendu, car nous ne connaissons pas le schéma
vocalique du sabéen. Glaser, dans son livre die Abessinier,
écrit tantôt le pluriel makârib, pp. 13, 22 et 29, 10
d'en bas, tantôt, p. 65 note, mukarrib, mukarrab
et makrûb. Nous savons que le thème ^^ est très
commun dans la langue sabéenne. I. Hisâm, dans son
Tigân, mon ms., dit : J^ ^/^î *^3> ^ '^^ (^Ajw. Cela
doit provenir de son souffleur en titre, Wahb. b. Mu-
nabbih [+110, 113 ou 114]. ^X se traduit ordinaire-
ment par béiiir, et karàbu a déjà ce sens dans le
Codex de Hammurabi, Winckler die Gesetze H. p. 102.
D'aucuns veulent que "lia é^ en soit une métathèse
Ges.-Buhl H W B s. v.. <.-jX^ est rendu par consacrer^
et ^yis' par présenter une offrande, J>^ (?), pi. ^\s\
645
ou ^*>^\. Or, je me demande si le sens, si répandu dans
tout le Sud, ^'allumer le feu ne doit pas être le point
de départ pour expliquer celui du <^^ sabéen et de ses
o^ o_ o_ o_ ^
dérivés. Les vM^j ') ^^^-^^^àa-, oî^-w^, J.^Lvv<l, .LLa.*, lJLs^
indiquent tous une place où se fait une cérémonie cul-
tuelle, que ce soit le nom du sanctuaire ou seulement
de l'autel. Les trois premiers indiquent que le feu y
jouait un rôle, ainsi que Glaser l'a déjà entrevu dans le
Mittheilungen p. 81 et ss. On brûlait beaucoup d'encens
dans toute l'antiquité, et l'Eglise catholique a gardé cette
coutume orientale, comme tant d'autres'). Le mukar-
rib serait donc le Pontifex maximus des Sabéens (Glaser
0. et 1. 1.), qui avait pour fonctions d'entretenir le feu
sacré, comme les Vestales, et de brûler l'encens, peut-
être aussi la k<vjo, sur le mekrâb ou mefhâm. D. H.
Mùller, W Z K M I p. 102 et ss., attaque son correli-
gionnaire à fond de train. Il veut que ^S soit partout
une prononciation pour j./, déjà avancée dans Z D M G
XXX p. 704, et signifierait présenter des offrandes
d'honneur, parce qu'il trouve dans les inscriptions des
juxtapositions comme v/-^ oo^ et v/'3 oj^^^). Or,
du moment que A>y est honorer, il faut aussi, selon
lui, que ^S ait le môme sens. Il va môme jusqu'à
\) On ne saurait dire s'il faut a ou a, mais selon l'arabe toujours,
J^À* est ici mieux.
2) Sur l'encens et l'onguent dans l'Eglise du Moyen âge en Orient,
voyez Tazyîn el-Aswâq, Caire, II p. 1.5.
3) Faut-il i)rononcer kabâwidat, kabaudât ou kabwadât,
selon le hahitus de quelques mots sudarabiques, p. e. JOv<-s? Moniinel
S A Chr. p. 42.
646
prétendre que le babyl. v_j^, brnir, est un affaiblissement
pour ^y. Nous avons bien vu que ^^ peut être quel-
quefois prononcé j.^, mais j'avoue que le raisonnement
de D H MûUer est peu digne de sa science philologique.
Selon lui, le titre ^X^ serait vt^j ^^^ ®^^ P'^^^'' rT^>
honoré, W Z K M I p. 102, et ^^ signifierait „rendroit
oii sont déposées les offrandes d'honneur à la divinité".
Avec la même raison il pourra dire que nos v^/' et
v_ajX« sont pour ^,^ et f»^:^, du verbe j.^, pronon-
ciation pour '^S. Dans j.îj^ et v'/^5 il y a en effet le
même thème avec permutation des labiales. Mùller pré-
tend que ce que Glaser dit de oî^-^ et Oy*v«, Mittheil.
p. 84 et ss., „est tellement à tort et à travers, que cela
ne vaut pas même la peine d'une réfutation" ^). Glaser,
die Abessinier p. 65 note, lui rend la monnaie, en reje-
tant son M u k r a b =: M u k r a m. Je suis d'avis, moi,
qu'il faut prendre en sérieuse considération l'idée émise
par Glaser à propos de j>y^^. Ce mot doit bien avoir un
sens à l'origine. Lorsqu'on dit le Souverain Pontife, on ne
s'imagine guère que c'est pontif ex et que cela se rattache au
pont sur le Tibre. Cette permutation de ^X» en j.yC« peut
avoir existé déjà dans le langage populaire sabéen. 11 n'est
pas impossible que la famille de haute noblesse ^LoyC* Jî,
qui habite à el-Qasâb, Arabica V p. 32, et que Hamdânî,
(jrézîrat p. 98, 17, appelle qI-^^^ ^U -^•ij, tire leur
1) Millier lis.'iit ^y^^A rmiiine '-^l^i*, Rurgen u. Sclilosser II,
59, S D p. 89, et c'est à cause de cela qne «Glaser est indigne
d'êti'e i-éfuté" !
1
647
nom justement de ce mot. ^Ly^ jT serait donc ^J^\ Jt
=1 j.yCIÎ jT; le nisbah en est ^_c^y^, pi. 'i^JJ^. Nous
savons par Glaser, die Abessinier p. 65, que les Béni
Makram, une des quatre subdivisions des Hamdân,
sont encore les chefs des Yâm dans le Négrân. Il y
ajoute une remarque qui trouve son application dans
toute l'Arabie du Sud, où nombre de vieilles familles
sabéo-himyarites sont encore puissantes. D'après 'Omârah,
éd. Kay pp. 134, 218, 269 et 278, ^yU! paraît avoir été
un titre honorifique dans le Yéman. Mais, bien entendu,
je ne veux nullement affirmer que ^^ provienne ici de
v_jjS", avec permutation des labiales, et non de la racine
j»^, honorer^ directement. En tout cas, il ne faut pas,
ce me semble, confondre le thème indépendant ^^ avec
la variation phonétique ^S de v/*
Le sens que je viens de proposer pour 'Ss^ semble
être confirmé par celui d'un autre mot cultuel minéo-
sabéen.
On traduit ,Vï^> qui se rencontre dans les inscriptions
rainéennes, par prêtre, Z D M G 37, p. 381 et p. 403,
Hommel SA Chr. Gloss. s. v., idem A A p. 184. C'est
lui qui devait présenter les offrandes, Z D ]\r G 37 p. 404,
ou peut-être le prêtre qui rôtit la dabîl.iat, bab. zîbu,
K A T p. 595. Il est évident que ^yi est une variation
de i_5j-ii, bab. éamû, brûler, -b^ et Ji^ii, ji,y^^)i qui
se rapportent tous au feu. Il est aussi identique à
1) Je fais observer qu'on mehii saiiq est hrûloi\ tr.^ allumer, et
satàq, oblii!, ,'(rf allumé, brûler, .laliii M S p. 242, sens propre
disparu en arabe.
45
648
car .Uiî ^^ est allumer le feu, mettre du bois au feu, L A X
p. 56 en bas = Sud ^^jj^^jj^, mettre du menu bois au feu,
attiser le feu. Le P. Lagrange, Rel. Sémit. p. 261, com-
pare l'arabe „ç^^, brider", mais les dictionnaires ne don-
nent point ce sens. Cela n'exclut pas que ce sens ait pu
exister, car l'arabe c!yixxi = yjd! '■^^j^-, fourgon du four,
le prouve, ce n'est pas pour ^lJLo, comme le croit Fey-
roûzâbâdî, s. v.. Il est le seul qui l'enregistre, l'ayant
probablement noté à Zebîd. On ne doit pas oublier que
l'éthiopien a *^ahO. sacrifier, et "/fl>-d et ia»<P*V,, sacri-
flcateur. Il est hors de doute que le c^Li. ou le c'yi (les
deux formes selon l'analogie éthiopienne) était celui qui
offrait l'holocauste à la divinité. Nous aurions donc un
pendant du ^"S^, avec la différence que celui-ci était le
chef de l'état en même temps que celui du culte reli-
gieux, comme le Souverain Pontife, lorsqu'il présente
l'hostie au nom de la Chrétienté sur l'autel de St. Pierre.
Le feu a disparu, et le sacrifice a été, une fois pour
toutes, consommé en la personne de Jésus de Nazareth.
Voilà pourquoi les Chrétiens mangent encore l'agneau
m i s w i , i^y^ ^), à Pâques, et les musulmans leur ^^s^J»
w w o i
•iûk_w) à la Grande fête de Arafah, iÇçs^^"b5! Ou^. Voilà
aussi pourquoi l'on offre, au sanctuaire, la dabîhah.
1) Le ^5y»« «les Arabes correspond un s uni A des IJabyloniens, K B
VI p. 188, 39 et p. 462, K A T p. 598, 2 et note 2. Les ofliandes
étaient chez les I^abyloniens considérées comme noiirritnre pour les
dieux, K A T p. 594, et le culte minéo-sabéen n'a pas dû essentiel-
lemont dilfiîror do celui des liabylonicins.
_ o _
649
qu'on mange ensuite, rôtie sur le ^_<-ï^. Si la coutume
des iCc]^ de la fête nuptiale, dont je parlerai plus loin,
est un reste de l'ancien culte sabéo-himyarite , ou s'il
faut attribuer à ce mot le sens ^'accompagner^ cyi et
^^ se mêlant l'un à l'autre, c'est une question que je
n'oserais aborder.
3.
Ez-zerîbeh.
23, 2: zarb. v_j.j, et H(.lr y.:, comme dans les diction-
naires, n. gen.; io.j n. unit.. D'après Forskal, c'est Rosa
indica. Mais dans le Sud, c'est tout arbre ou tout arbuste
ayant des épines^ branchages épineux^ ronces. Cela est
> - 5 5 O-
confirmé par p. 86, 26: jfwJl^ ^\^\^ v.>J^f Vi)? ^^ 6ra?i-
c/iagfe épineux de jujubiers, de Salvadora persica et d'Acacia
etbaïca, dans le texte beyhânite. La Rosa indica est du
v_;.:, mais ce n'est pas là son nom comme plante, v.
Arabica V p. 11. iù.j, U7i arbre épineux, mie broussaille épi-
neuse, U7ie branche épineuse, etc. C'est bien là le sens pri-
maire dont découle une partie des autres du thème ^.y
D'après les dictionnaires, ^.j, ou ^ .;, est la même chose que
iLo^j . ^\ J^j y_j^, Hodeyl. Wellh. Schol. p. 41 7, L A V,
p. 190. iLo -, sur la forme passive xloè, comme les mots
analogues 3,jyji=>, s^Jsj^-, 5,^*12^, 3 ,jJj=>, iLâj . • , iCxjyii^, suX-y^^
etc. '), est donc un endroit clos de ^.:. A présent, v_j •
1) Cela donne à cioire que ilxjiAx est un iJLoti de ■•«^-^
651
ne s'emploie pas pour &^^j, et si ^.-^ désigne, dans les
poésies, aussi la chose faite avec du ^.:, c'est au figuré,
layakar, B B R A S 1902 p. 204, donne bien pour le sahhî
O - 5 5 O
v_j^^, fold^ pi. vi^jj ®t Stace p. 80 v_j.j, hadge ofthorns^
mais c'est là le même cas. Jahn, M S Gloss. s. v. p. 239,
le traduit également par Zaïm \ ce qui est de la même
catégorie que son samra, Baumast M S p. 277, ma cri-
tique p. 28. Si cela est vrai pour l'Arabie du Sud où
^jj a conservé, chez tous les Bédouins, sa signification
primitive, on ne saurait dire de même de ^.:, haie,
courant dans les dialectes nordafricains, où ^.u ronces,
n'est pas connu. Les lexicographes arabes n'étaient pas
mieux renseignés. LA 17 p. 2 s. v. ^o dit : y-Ji?- ^jJt
"^^^ o'-5 "^jj lt^ ^^ci3. ^ ^^ ^li j*;^ J^- ^^j^ ^
éy^ ^j^ 'ij^^s\=> ^y). Vol. I p. 430, il s'exprime de
la même façon. On voit que ce w>-.;ij> ^^, employé aussi
par d'autres lexicographes, prête à la confusion. Ne con-
naissant pas le v_j.j sudarabique, les savants arabes ont
proposé une étymologie lidicule, en prétendant que lj.:
veut dire JckLi. C'est Abu 'Amr (lequel?) qui en est
1) Il le compare à l'assyr. »zarâbu, cincngen", ce qu'il a trouvé
dans Ges.-Buhl W B s. v., mais cela n'a rien à faire avec notre
V^j. C'est Thr-br. 3"iî, zusammenpressen, et ensuite capitonner, >.sii ,
un développement de ^j, serrer, d'où découlent aussi O.j, J3.j, * j,
l*>)j, avec contamination des thèmes .j et [•;, à sens analogues.
Les ouvrages de Jahn sont remplis do ces coq-à l'âne.
652
l'auteur. Cela provient sans doute d'une ancienne défini-
tion qui a trouvé sa place dans les dictionnaires, bau-
harî dit: ^^ y>^ \ô\ jJLJ! ^^ji! u\s., ce qui est répété
par LA I p. 431 en omettant le mot lXïLJL Zamahsarî,
A. el-B. I p. 259, s'exprime de même. C'est peut-être là
l'origine de Jw=>lX/«. Dans le Sud , on peut bien dire v^j
*jLiiJ ou jUxiî ^}^, mettre du zarb quelque part powr les
moutoyis, mais on ne saurait dire i^j^j^' V;3> fO'i'^Q ^^^^
z. pour 'i^.jyi^ c?y*, car cette phrase signifie seulement
mettre encore du zarb sur la zarîbah. Ce dernier mot
veut dire aussi bien le mur en zarb tout autour que
tout l'enclos. Il est employé dans tout le monde arabe,
même dans l'Intérieur de l'Afrique, oià les Arabes du
Sud l'on introduit. Le plus ancien exemple que je con-
naisse dans la littérature arabe de xo^j, se trouve dans
la Hamâsah p. 346'), oià elAhnas b. âihâb dit:
Tu vois les chevaux courir librement autour de nos
[tentes^
Comme les chèvres du Hi^âz qui manquent de
[zarîbah.
Un rairgâzah de W. Meyfa^ah porte:
1) Aussi Zaïnahsaiî A el-B s. v. et Yâqût II p. l'29.
2) c>^*s "^z cv'-xs^, ce qui ne se dit que chez les Diyiib et les
tribus voisines.
3) ^ "^î — L<; voyez le Gloss.
653
Une blanche tomba dans du charbon '); qui l'a amenée'^
Pourquoi la blanche ne sort-elle pas et reste dans
[son zarb?
Le jeune homme se leva lorsqu'il (l'autre ?) le frappa
[avec le bâton
Et^ aimant les discordes^ il ne désire rien moins
[que de lui faire la guerre.
I. Dâbî dit à l'adresse du sultan Muhsin de ^Azzân
(v. n°. 91) dans une qasîdah:
i^JjlX^^Îj »jXAii>î ^% v_j->io^ wvir? (•Tt^':' ^î'-^J 'i<S\LA liU ^) OV^j
v_j^.jjL> \Ji<J^^ ^^LwJf L^ L> ^5 L^^-rs^ui j»iA*j_5 L^^-i lA^- Lo
Je t'ai élevé une brebis qui donna beaucoup de lait:
Tu la trais et tu bois (le lait) clans la bonne comme
[dans la mauvaise année^).
Personne ne l'élève pour ne pas en avoir ensuite la
[graisse *),
Lorsque le voleur lui vient et jette par ci, par là,
[le zarb.
De ce v_j.; on a ensuite le dénominatif *_j.j, entourer
de zarb, enfermer dans un enclos de zarb. Saràqt
tentên "anam uwaddèythin ilam-heyd ugidart
1) Personne ne sut m'expliquer cette phrase, »Qui connaît la
langue de ces poètes-là", était la réponse à ma demande. Ma tra-
duction est à tâtons. Je ne .sais mémo si L*i2-o ett blanche ou i»*i2xj ucuf.
2) Var. : ci«-Oj, a clé élevée. Sur isL:?Uxi, voyez le Glossaire s. v..
3) Littéralement: pendant l'épuque de la verdure et du manque
de pluie.
4) C'est-à-dire, je veux que mon cadeau me profite: toutes les
poésies abouti.ssent à cela.
654
'alèyhin fi éarf uzaràbt "^aleyhin, j'ai volé deux
moutons (chèvres) et je les ai amenés à la montagne, où
je les ai enfermés dans ime petite grotte devant laquelle
j'ai fait un parapet de pierres et j'en ai bouché Ventrée
avec du zarb.
Dans un récit du Haurân, je trouve: essubëh qô-
taret el-'^agûz, uzàrabu el-mà^'az bis-sîri^), le
matin, la vieille s'en alla, et ils enferynèrent les chèvres
dans l'enclos. On voit que ^^\ a ici perdu le sens pri-
mitif, car le 'iy^ est un enclos de pierres à hauteur
d'homme. v[;j^ ^st l'endroit où se trouve du ^-j.:, n'im-
porte où. V;3 6n est l'intensif. B. Laqwar dit dans une
qasîdah dont j'ai déjà cité un verset:
j^ VjjJ' ^^f^y=> U lX*j (^ ^/ ^^jù. Jo j,^l -) Mli! Ju^sr^
Et nous louons Dieu, aujourd'hui que je bois de l'eau
[de pluie,
Après que mes cousins [contribules] ont mis dw z a r b
[sur les puits [les ont bouchés].
Ensuite Vjj ^ pris le sens général à.' enfermer. Zrùb^)
tiyâbak (ou aksàk) fim-sahharah'') la yitna^ta-
1 è y n ®), enferme tes habits dans la caisse afin qu'ils ne
1) Seulement dans le Nord. Mais le mot doit î-tre connu dans le
Yéman, car une montagne à Aden s'apelle «r*^ J^-î-r". t*'^^'^ ^-:V^
Moqadlasi p. 87.
2) Chanté dal-la 1-y 6-me: Alla réduit à sa valeur phonétique.
3) D'autres disaient ïzrîb.
4) On n'a pas de ».l.:ï?u« dans l'Intérieur. Objet et mot d'Aden.
- o - o
5) Aussi yitna'tarèyn, qjJjiJuij, thème développé de Jo.
655
s'éparpillent pas. Cette phrase, prononcée par un Bey-
hânite, fut approuvée par les ^Awâliq et les Hadramites
présents, mais les Datînois prétendaient que dans ce cas
il fallait dire: zlùqhin fim-gùnieh'). Ils rejetaient
même tout emploi figuré de ^jj- Notre mot doit bien
avoir une étymologie. Quel est le sens primitif qui s'y
cache? Dans le Gloss. d'Arabica V. p. 294, j'ai avancé
une éventualité. Wâhid u hù' yesîr fim-tarîq us-
Siidàleh sf éân zarab sà'ar dîmeh yà'^ni yitràk-
kez es-sa'^ar min em-fazà^ quelqu'un en marchant
sur la route se trouva en face d'un g an, cela lui fit
venir la chair de poule, c'est-à-dire, les poils se dressent
sur la peau {^.S) par la peur"^). Là^, ma'' bâtzûwighà"
si\' izrabet sa%rati minha, ma bâqderhà^ sf,
non! je ne veux pas l'épouser: cela me fait venir la chair
de poule, je ne peux la supporter. Ezràbet sa^àrati
min hâdem-kalâm, ce langage me fait dresser les
cheveux. Mais cette locution ne s'applique qu'aux poils
du corps et non aux cheveux de la tête. Pour être plus
clair, on me l'expliqua en disant que c'est comme ^4?-^
j^Jui J^ Vî^'j ^^"5 épines du z a r b sur la peau. Le verbe
est ^^j et v_j^^!, puisqu'il y a les participes v_r,tj et vjj^-
Eh bien, je suppose que nous avons ici un indice de
possibilité étymologique. Vjj serait donc quelque chose
qui se dresse, savoir les épines. Pour être complet, je
1) OJJ V , 0, enfermer, mettre cUdih, hine{nschmeissen,= ^s'y o.
Miiis <-j \ji.'\ et v-J '^jji jeter qqc.
2) Classiquement: f-^i ou ^-oJ' ; cf. (j>aj et ^j-^jcù, Ifdr Gl. s.v.
656
ferai ici mention d'un autre sens de ^jj- J^ ne l'ai noté
qu'en Syrie et je l'ai déjà enregistré dans mes Prov. et
Dict. p. 36 : couler^ dégoutter. Un dicton syrien dit : ^JsJî
8jA_b ^j^ Vjjr^) ^^^ dettes lui coulent du cul =z Haurân
K<y^ ^y, /^=^- o^A'-'j il est criblé de dettes. De là aussi
probablement ^^;, cacare, dans le ''Iraq, Meissner N A G I
p. 125 s.v,. La lurah connaît aussi ^U! uj.; —- JLw, LA
I p. 430, 14; l'hébr. Dllîî^, déborder, découler, uj.; =
i-U! J.X.WWO LA s. V., v'';j^5 gouttière, canal, chald. n"iDQlî.,
n'a donc pas besoin „d'être immigré en arabe par une
voie araméenne," comme le pense Fraenkel A F p. 24.
û
v|;r*j î-=lî-^ ^^ -^"''- ^"^ ^^^^ ^^^ métathèses, et ._;.:
n'est nullement „ secondaire", Fraenkel o. 1. p. 25. v'/-*)
me paraît être un mot indépendant, de ^\\ , coider, L A
I p. 207, 15. Dans notre dialecte, on a v_j^, coider pla-
cidement et sans bruit. ^"-^ J-rv^'' ou vy*^» ^^ torrent
coule sans bruit. Un Datînois l'expliqua par ^jL*o"s5i U/
«JL^ oJ> U ^,-wJù *v>, comme l'homme lorsqu'il marche
sans bruit, personne ne l'entend. Les dictionnaires ont
aussi JLv. !J! v_j-«5 ^U! v_j.:. La coïncidence est surpre-
nante. Faut-il attribuer au maghribin Cj.y se dépécher,
se presser, Beaussier, Fischer Marokk. Sprichw. p. 222,
la même provenance, ou bien est-ce le même dévelop-
pement dont j'ai parlé p. 627, 2, renfermant la même
idée que le français se presser? Une autre question est
s'il faut rapprocher de ce thème le vieux mot iLo.j tapis
657
velouté^ qui se retro.uve peut-être dans v_j^j, n. géii., stores
en cannes, ZDMG XXII p. 153-). L A en donne cepen-
dant une autre étymologie.
23, 3: sarr, surr, Arabica V p. 11, Hdr p. 349.
Le fruit s'appelle -o^.
23, 4: du b y an, nom. gen. Je crois que c'est Mwosa
unguis cati. En tout cas, c'est un Acacia épineux. Les
lexicographes voyellent ^^'^ et QL^j-i, avec permutation
ordinaire de ces voyelles, mais ils n'ont pas su ce que
ce mot signifie. L'étyraologie selon les radicales d'Ibn
Doreyd,GEHB p. 167 en bas, et des autres après lui,
n'est que l'expression de la manie ordinaire des Arabes
d'étymologuiser, chose bien pardonnable pour ce temps-là.
Cet arbre donne du \Ju-w, résine, et croit dans les mon-
tagnes. Dans ed-Dâhir, à une demi -journée au n. o. d'el-
Beydâ, chef-lieu du pays, il y a encore les qLoJ» ^].
Ils sont sédentaires et habitent dans des maisons de
pierres. Dans les inscriptions sabéennes, qL-jJ est un
nom. loci, SD Gloss. s. v.. Un du Duby an figure parmi
les partisans d'Abraha dans la grande inscription de la
digue de Mârib, Glaser Dammbruch p. 107 et s.. Je n'ai
pas besoin de rappeler que c'est aussi le nom d'une
grande tribu, dont la guerre fratricide avec les Abs est
à présent mieux connue par la publication des Naqâid,
par Bevan. Burckhardt, Reisen p. 078, les place sur la
route entre et-Tâif et San'^â'. Du temps d'el-Hamdûnî,
ils campaient entre Teymâ' et ^aurAn, Géz. p. 129, 15
1) Est-ce que le bas lat. car/rila [d'oii le fi-anrais carpelle] ne
viendrait pas de là Voyez Littié, qui le fait venir du lat. carpcrc.
658
p. 131, 25, où ils étaient mélangés de Tâyyites. On les
trouvait même dans le Haurân actuel, Gez. p. 131, 6.
Leur marché était Hâmir, (jez. p. 180, 5. D'après
Turfat el-Ashâb, ils étaient un des sept butûn de
Bakil, descendant de Hamdân.
23, 4:sarh, plus correctement _^, nom. gen.. Cet
arbre n'a pas d'épines. J'ignore son nom latin. Nôldeke
Fûnf Mo'all. II p. 41.
23, 7: kan pour ^1^ ^,! Hdr Gloss. s. v.. I. Dabi dit
dans une qasîdah (basît):
La balle (^yo) provenant du fusil européen et du fusil
de cinq mesures de poudre frappe {^y^) et sort en
fcontinuant son évolution.
Je ne me sers si ce n'est de plomb pur et je ne
ft'attaque pas avec des écorces^).
On ajoute même "5f devant ^^1^ ^^!, p. e. : ^J SJ! oo^3 U
UJic oLL) j^ r^iJG ne m'en suis aperçu que le voilà
qui tomba sur nous. Fleischer Kl. Schriften I p. 505.
Cela rappelle cette construction chez Tabarî I p. 1435,9:
i) Kn Dt on dit jàj „_^.. Les verbes Jù, Dt, et -*£, lorsque la
balle perce et pasuc outre; le contraire en est : >Sj^ j. c>-»^^ ^-'^^H"»
/r< ^«//c' lui resta lugée dans le corpt<.
2) Traduction incertaine.
659
L-m3» iJJt *ij^ Lij^ "^1 ^^ ^], ye ?e voyais qui tenait à la
main une grappe de raisin qu'il mangeait, tandis qu'il
n'y avait pas un seul fruit à Mekkah: ce n'était là qu'un
bien dont Dieu avait gratifié Habib. Mais il est vrai que
cet ^^] peut aussi être la négation = Le, et la compa-
raison clocherait alors. Dans le dialectal ^l^ ^ _ U, ^
ne me paraît pas être la négation, mais la conjonction,
comme dans %^=."i ^1. Ensuite, ^ est élidé et ^
seul indique l'exception, «yâ^î ^ÀP ^^1^ ^'■^^^ k je n'ai
que ce couffin de "azaf. Ceci dans tous les dialectes du
Sud et ceux de l'Afrique du Nord, Doutté T 0 p. 24
N° 69. La négation peut aussi se supprimer, comme dans
l'Afrique du Nord, Stumme T T B L Gloss. s. v. ^1^. Avec
^t, cette suppression est très fréquente dans tout le Sud
En voici quelques exemples. Le verset qui précède ceux
que j'ai rapportés Arabica V p. 152 est:
(jH*^jXijS\ Sij^ ^bC!! ^_jjJs ^jiij ^,jw '3. (.IJoT^ l5^ Js^t
Le territoire est à moi, et il n'y a que moi qui aie
[le don de la parole.
Qui a fait venir le mécréant près du pays d'el-
fe Aydaroûs?
Dô'^an dit, dans la qasîdah citée pp. 524 et 543:
Le pays de Yàfb' n'a que l'opprobre, tandis que nous
autres réglons l'affaire par une guerre, dans des
[jours heureux, sans erreur.
660
Le môme Dô'^an a dit à l'adresse de son adversaire.
"Âtif el-Murqusî:
"=^ " " +
,. . f. + r " , , ' , ,
iLj_jt=j! >-\*^- 1^3'^ J^^; ^ J^
0 oiseau ! apporte-lui (ceci), car je vais t' envoyer chez
["Atif, 071 tu n'arriveras que de jour.
Dis-lui: les messagers de Dô^an sont à la montagne
[d'es-Sarrîyeh
Où le guépard rugit des broussailles de la mo7itagne.
Et s'il me donne un démenti, qu'il demande seulement
d Heydarah
Qui tient en main les bœufs de labourage qui se ren-
[contrent en traînant les herses [=la guerre].
1) A propos de cela, mes Datînois firent cette réflexion : Jj'biLi *»,ajl::^
So 'sLw ^-^^3 (iinteli) «c^^' ^^t c'est drôle, d'abord il le met
cm 7nasculhi («v^) et puis au féminin ( jj-^ et ^^^p); mais,
ajouièrent-ils, l'oiseau du poète était une femellel" Pour l'histoire
de la terminologie grammaticale, cette phrase est imj)ortante, car
les B(''flouins n'ont certainement pas traduit le grec 'dpptiv, xppsviKÔt,
de Hpttv, ni ô^^vnéç, de ùti^vj, mamelle. Je reviendrai autre part sur
ce sujet important, déjà touché en passant dans ma »La langue
arabe", p. 39, ce qui m'a valu la critique absolument gratuite de
Nôldeke, Z D M G 59, p. 464, qui méconnaît tout-à-fait la rjenèse
de la Grammaire arabe. On observera que je dis la genèse. Cf. H.
Winckicr. AOF III p. .S05, note, j*!:» est aussi fém. dans la lu rah,
LA VI p. 180, 15.
661
"Atif riposta, à une autre occasion:
B(fan^ de ses vallons^ a donc commencé à dire des vers
[en ragaz,
Lorsqu'il sut qu'il y avait devant lui deux tireurs
[de fusil^).
Ma^gar des ""Awâliq Inférieurs dit ce zâmil:
O^^T-" ^"^ ^ 7^^ ^^1>^' ^
J'az w?s une pierre dans le loâdi, ô vous qui réparez
[les canaux!
Et la côte reçut la pluie. Je me suis fixé dans un wâdi
[spacieux.
0 vous qui voulez (le reste incompréhensible), et le
[commerce ne se fait qu'avec circonspection.
Il se met un fichu sur la tête, quand mcme la tête
[serait malade.
Fadl b. "^Abd Allah el-Fadlî fit cette mirgfizah, étant
fîlché contre le frère du traître Moh. Sâleh Ga'far, bien
connu par mon récit „die Hunde von "Azzân" :
i) =11 n'a que doux soldats, lo pauvre homme, et iioiiitant il
fait le fier en coiii|iosaiit îles poésies de hiavouie.
662
ScUeh vous dit des balivernes et veut de vous le souper ;
Le sultan grommelle, et mon cœur, à moi, bout.
Je sais bien ce que je dois faire: j'ai donc le bâton
[avec moi.
Et nos biens sortent des bouches des oiseaux'^).
"^Omân: Qilnâlha: kê hena nibra illa n^ûfu,
je lui dis: eh bien! je veux absolument le voir^), Rôssler
M S 0 S HT p. 23, 9 d'en bas. ^1^ ^^( peut aussi devenir
^1^ seul, et de même ^^ ^^\, comme conjonction condi-
tionnelle, subib la même élision de ^J, non seulement
dans le Sud de l'Arabie, mais aussi dans l'Afrique du
Nord. Àmût kân sâfni Mehammâd, je mourrais,
si M. me voyait, Jahn M S p. 28, 20. Kân ^âd ma^ili
éi ""askar, s'il a encore des soldats, ibid. p. 48, 10.
Kân tibray tet"'amîhâ, si tu désires en goûter, ibid.
p. 54, 7. Ukân tibra'^ûni sultan, si vous me voulez
pour sultan., ibid. p. 59, 2. — "^Omân: qultlu ê, sâni
bâri asîr, kân ma tâtîni kân sâir ''annak, je
lui dis: Hé! C'est que je veux partir: si tu ne me demies
pas, je te quitterai, Rôssler M S 0 S III p. 9, 4. S î r
dauwàrlënâ sûhh kân ma sî" ma^kum fil-bêt,
va nous chercher des dattes, si vous n'en avez pas à la
maison, ibid. p. 36, 3. Kân t e h î d h a d t ë f à d d a 1
de 1 11 ni, si tu connais quelqu'un, je te prie de me le
montrer, ibid. p. 39, 9. Hallensîr .kân se" mMndu,
1) Cette conception bédouine est fort lépandue. C'est une trans-
mission de l'ancienne cosmopçonie orientale. On se rappellera la
colonabe de Noé et l'oiseau Phénix. Voyez l'Index s. v. oiseau.
2) La traduction de Rôssler: ich will sie ja nur sriien, n'est })as
tout-à-fait correcte. Fleischer, Kl. Schriften I p. 507, a bien analysé
cette tournure.
I
663
îass uns gehen (um zu sehen), oh er etivas hat, ibid. p. 39, 11 .
Pour l'Afrique du Nord : Stumme T Gr. p. 142 et T T B L
Gloss. s. V. ^1^.
Il y a encore d'autres particules restrictives dont je ferai
ici mention. Les Datînois disent J^ L == "^î _ U Ma
h al hâdem-walad If, j'ai seulement ce garçon. L'éty-
mologie de ce J^ ne me paraît pas claire. A l'Est de
Dt, c'est m a 11 a, employé comme adverbe et comme
conjonction. L'emploi de ces deux particules est comme
le français seulement. Es gibt? M a 11 a hadâ, Qu'as-
tu apporté? Bien que ceci. Eé mà^ak hàna? M alla
gâlis fi halà^'i, Que fais-tu ici? Je reste seulement ici
pour rien du tout, Ba Kâzim. Cest rr":§! _ L. Ce malla
ne doit pas être confondu avec une autre particule sem-
blable dont j'ai parlé p. 352 note; v. Gloss. s. v.. M al la
en tunisien, eh bien! donc! Stumme T Gr. p. 142, comme
l'égyptien m il la, Hartmann L L A p. 110, 12 d'en bas.
En Dt, il y a une autre particule très intéressante : ^,
mêr, et qui s'emploie comme J>i L» et Xo. i^JJ^ '^^j
je n'ai que ceci. C'est une contraction de yj Lo = ^ Lo zz: jxé Lo,
par la prononciation de ^ comme ^ et ensuite par l'affai-
blissement de la gutturale'). Déjà au pays des 'Awâliq
on dit ^ L. Je crois que Le est ici le pronom conjonctif
et non la négation. Ayant perdu la conscience de la
provenance de cette particule, on l'accouple même à ^.
Ibn Çoweydir dit dans une qasîdah :
i) 6âhiz, K el-IJayân, Caire, Il p. 3, raconte une histoire où yj:
est affaibli en ^L nnais c'était là une iirononciation individuelle
défectueuse.
46
664
I)zew, dans 50?i Livre, n'a déclaré pur personne,
Si ce n'est les enfants du Prophète, le meilleur du
[genre humain.
Avec ^y, il forme même une préposition, comme nous
venons de le voir dans le verset p. 659 de Dù'an. Ce qu'il
y a de plus curieux, c'est que la même particule se
trouve chez les Bédouins du Nord, mais, cependant,
seulement. Socin Diwan III § 54 e en a très bien expliqué
le caractère contre Wetzstein, ZDMG XXII p. 144;
seulement, ce n'est pas ^ q,, comme le croit Socin,
mais yfs:. li. Ensuite -ya est devenu J-o. J'ai souvent
entendu ces deux formes dans la bouche des Bédouins
de la Syrie et même dans le Haurân. Lamma gît
raddeyt ha bar utë'^addàrt mink ugultlak: mâr
usnit ""aleyyi ya^ni isra likalâmi. Lorsque je
suis venu, fai rapporté la réponse, je t'ai fais mes excu-
ses et je t'ai dit: de grâce, écoute-moi'^), où .L me fut
expliqué par -J:^^'. Gâlat ummu: yâbi zammal
wàna mu^ayyeh, mar dahàlk^), fukk 'ànneh.
Sa mère répondit: il désire un homme qui lui fournisse
la monture, mais je m'y refuse; de grâce, laisse-le donc!
"Anazi, récit de Hôtrôbî. Il est intéressant de constater
la migration de ce mot avec les tribus méridionales.
Couime il n'existe que dans notre dialecte, il faut croire
que les tribus datînoises avaient pris part à cette mi-
1) -oxo =: ^^_i-o. Mais -iUs fut aussi paraphrasé par ry^'
2) =: dU;>o, je te supplie.
665
gration vers le Nord. Cela ressort aussi des restes des
tribus émigrées qui demeurent encore en Datînah, prise
dans sa plus grande extension d'autrefois, et dans les
pays environnants. Dans le Nord, le ^ ne s'affaiblit jamais
en ;p, excepté dans des thèmes où cela a lieu déjà dans
la langue littéraire, comme oUé et oUc, et encore moins
le c devient simplement a.
Nous pouvons dresser ce schéma:
1° 7ie
que.
lÀ* ^t l_JJOX
le
'^o^oj- - •
—
'^ o^ o' - -
-
lÀ* yK - .
-
2° seulement.
Ij^ ^5j^ ]i
u
ÎÂ* (^aXLc
Dt.
— — ^ Lo : 'Awâliq
— - ^û:EstdeDt.
— — UÎt: littéraire.
Je n'ai que ceci.
Ici L peut partout
être supprimé.
J'ai seulement ceci.
Ici on une seconde
négation est
impossible.
Su est bien "^t Le, correspondant au ^ Lo des 'Awâliq
et des Datînois (raêr). Le littéraire UÎt offre le même
caractère que mal la: Lo -à- ^^\, au lieu de ^^ ^] Lo.
Ce -^ Le se rencontre dans la lurah comme Lo ^,
quoique avec un emploi différent, Nôldeke ZGCA §51.
[js>f "^ ^ ^^ K el-Addadp. 138, 6. Nous le retrouvons
môme dans une inscription sabéenne: SD N° 31=::-DH
666
Mûller Z D M G 37 p. 397 : _^c/3- j^^ Jj^ ^) ^J^ 3Î353
et ils continuèrent la mise en état de J^ à Vexception
de son ^JH. jr^y;^, à V exclusion de, paraît ici faire fonction
de préposition.
23, 8, 11, 12, 13: tu m. Observez ici un seul m.
23, 8: Kàbah. La description est claire, mais l'ori-
gine du mot ne l'est pas. Le ^iqil des Hasanah, Bû
Nâsir "^Awad b. Sa'^ûd, dit dans une qasîdah (basît)
iLj'i'_5 «y-r^); d^Lw ljJ>C .-wJ J!ïssi' b
Voici ce que dit Bû Ndsir : Ce soir Je jure
de faire encore un enclos et une kàbah à el-Fagg'^).
Glaser, Sùdarabische Streitfragen p. 24, dit que les deux
jambages verticaux de la porte s'appellent 'iJi, pi. ^|^,
à Kaukabân et à l'ouest de là. Arabica V p. 308 je
déclare cela erroné. Mais à présent, je crois que Glaser
peut avoir raison, car le frère du éerîf Hoseyn '^Abd er-
Rahmân, emîr Mârib, lorsqu'il me visita à Aden, me
raconta que les colonnes en maçonnerie de la mosquée
de Mârib s'appellent iù'^, pi. oL-'i'. A Aden, c'est égale-
ment une colonne en pierre. Nous avons vu dans notre
récit que toute la fermeture qui barre l'entrée a le nom
1) '.-jAc est, d'après les sabéistes, mettre en état, herslclleii, et
je crois, avec raison, car dans le Sud >— 'Ac me fut toujours para-
phrasé par ^?vLo. Je ne l'ai entendu s'appliquer qu'au bois, à un
pieu auquol on donne la forme voulue: -î^Aju = ^^.^iJu^ .
2) C'est-à-dire, je mettrai bien les Ha.sanah à la raison. El-Fa^é est
un teri'itoire des Hasanali du W. Wa-jrr.
667
de iùl^, car les poteaux s'appellent ù^, „^, ou iC-^l c
Je crois même que ce mot figure dans la grande in-
scription de la digue de Mârib, publiée par Glaser, Zwei
Inschriften ûber den Dammbruch von Mârib. Nous y
lisons, Glaser 554 1. 13 et ss.: ^y^ j^jJLi Kj^^ . . . .^^Jsx:^
cr^" r^^ '^^3 r^^> o^ o^ o^^3> ^)f 0^3 cy^*^
^^ ^lXJs ^_50 qJj^^ [U-ià^ ^y^j o^j^- D'abord, je me
demande si ^ n'est pas une faute pour ^^y^, qui se
trouve deux fois dans une combinaison analogue : n au
lieu de ^, car je suppose que c'est ce s, puisque Glaser
le transcrit par D. Si c'était n , l'erreur serait plus
explicable. Malgré l'essai de traduction très remarquable
de Glaser et les observations de Praetorius Z D M G 53.
p. 8 et s., je n'ose proposer aucune traduction. jJtit iû^
est cependant clair: le barrage de la rivière. ^" ^XjI^
jjdàxj ^^yu£ pourrait bien être, si ^^ est juste, =
jjLà^3 JyJLlI ^jN-o' ^\ iùbo!, le barrage qui sépare la
rivière et M. . Les trois iu'i' sont ici l'objet de _^jÀc. Le
mot revient 1. 80 : ^^ ^^^*) .... ^ ... . (jJi^ js ^Ai,
ils solidifièrent'^) les deux barrages de B.
Comme l'inscription porte iùiy, on aura prononcé l'a
médial: ka'abat, qui, avec le temps, serait devenu a,
comme jL et JLw, Abu Zeyd Nawadir p. 201, ^J^ et
,jiiL>, ayu, «yti, ayti, ta^'rah et lâr ah, p. 368 ; cf. sub. 20, 5.
Est-ce que le nordafricain ijJr, serrure de la porte,
1) Ou quelque chose d'analogue, JcJ = iji^J, bab. la ni ad u, ou tXJ?
668
Sturame T T B L Gloss. s. v., et v.-^, regarder par la
porte et ensuite entrer, dans le dialecte du ""Iraq, M S 0 S
VII, II p. 6, pourraient avoir quelque affinité radicale
avec le mot en question?
23, 9: 'à la. iU2£, et dans ed-Çâhir ''udah, est dans
le Sud arbre ou arbuste en général ; ce n'est pas un
arbre spécial, i-os^, comme le prétendaient les Q»J«r^",
LA XYII p. 412, 17. Le pi. est ^^^^) ou ^^U>^. Les
lexicographes paraissent ne pas avoir su si ^'LA:aE est un
collectif, avec le nom. unit, en », L A 1.1., p. 412, 12,
p. 413, 4, ou bien le pluriel de jCa^c, de même qu'ils ne
savaient si c'était un arbre à épines, Lebîd Hâlidî p. 103,
5, Haffner AL p. 18, 15, ou sans épines. La définition
juste se trouve dans ces mots, LA 1.1. 9, 10 d'en bas:
suis persuadé qu'on l'aura confondu avec Li^ii:, sLcsî,
Tamarix, le ^ ayant pu être affaibli en c. Le mot était
peut être plus courant dans les dialectes du Sud, car
je ne l'ai jamais constaté dans ceux du Nord, et cela
expliquerait le vague des définitions. Nous lisons dans
Boh. IV p. 94, en bas : ^jJc> *jJl.^ v'j^^"^' *^' Jv^j u>^
^^ÎO^ Sy^^ Jl-«5 *JJ' ôy^j w%5 ^rb^ c>^à!i^ 8^« ^! sj^a/to!
jJClo NJC-v^ Uii ïLoaxil -«j^ JJ^ ^^1^ _^. Ibid. V p. 115 =
p. 116: o]», j. j^^ iJLiJjJ! n;c5' oî L.«Jlî aJJ! Jyv; ex 'ij^yi
Uj J.Iï^^, '^y^f^x^ vi>^' Jy3 ïLcaxii ^yxis'. Houdas-Marçais
traduisent aussi correctement par arbres, II p. 404. El-
1) Mais 'olâti, mes arbres.
669
Rarîb el-Mosannaf a un chapitre intitulé : yLv^ xUsjtJt i_j|j
_>wi:Jî. Hamdânî, dans son Iklîl, mon ras., dit ^^Luot w^
Lf/^lî LT^'lî OV-''^ L?^'^3 Lf^j^^3 Lfj:^ ^y^ Cr »1-^*-'
et dans son Gezîrah p. 133, 23, il distingue entre A^sdw «l-cac
et 'sS^ sUox:, qu'il appelle p. 134, i.r:LMl\») îOoLiJ! sLoaxit
Nous voyons donc que ^^coc est arbre ') ou arbuste de
n'importe quelle espèce. D'après Halévy, Rév. Sémit.
April 1904 p. 180, ce serait un mot soumérien: is, iz,
babyl. isu; Winckler, Gesetze Hammur. Gloss. p. 96,
bois^)^ de même que ^j^c, bois, en sabéen, Hal. 520, 6,
Naqb el-Hagar Hommel A A p. 147 et S A Chr. Gloss.
s. V.; hébr. yv, arbre. Voyez pour les autres langues
sémitiques Ges. Buhl W B p. 554.
Ahmed Abu Nigmah dit dans une longue qasîdah:
2)a^uj'î '^\ L^j^o -iyL^ y^li
*) J^'^r ylijT ^ ^±A« _J_.^l u>i'^
4) Comme le suédois trii, bois, de trâd, arbre.
2) Doit être »y>LvJî, quoique mon original porte Sj^Lvjl. Question
de la faiblesse du —? Mais je n'en suis point sûr. Ces poésies bé-
douines, surtout celles des Bà Kazim contiennent tellement d'allu-
sions, souvent inconnues même aux habitants du pays, que j'ai eu
beaucoup de peine à les bien traduire. »Les poètes ont une langue
à eux", me disaient souvent mes Bédouins. Cela explique aussi le
fin mot de la poésie ancienne.
3) Ainsi l'original pour Uj^Lw.^. C'est que dans le Sud le (_y est
souvent prononcé avec un léger zézaiement qui rappelle le O.
4) Chanté "as-re-l û-wal, ce qui donne -^ — , tandis que le pied
aurait dû être — ^-. Mais le premier est aussi un pied rag;az,
■t le poète n'est pas toujours tout à fait exact.
670
No2is dominons par un pouvoir, au dessus duquel il
[n'y a que la sorcière:
Nous en arrachons ses vices comme on arrache les arbres.
Les B. Sallâm étaient au premier siècle (rancien temps).
E n'y a pour venger le brave d'autre fedû que l'ar-
rachement des arbres, [l'anéantissement de la tribu
[ennemie].
Ahmed b. ''Alî el-Hamyarî chante dans une qasîdah du
pays d'el-Manqa^ah :
LjLat-wl ^ «lX/cLc i^^^ LjLjoî
^^^^"^ ^^ cri o'^*^"' cr ^y*
J'ai wa demeure dans les parties orientales,
Où commande le Sam^ite et commande B. Farîd.
Nous avons des bêtes fauves qui habitent dans ses vallons.
Si les ennemis viennent sur notre terre, elles les en
[chasseront bel et bien.
Elles (les i^^lfx.) mangent des arbres qui y poussent:
Elles mangent du g a'^d a n '-) et de jeunes branches de
[jujubier.
1) Le pied est fautif.
2) J'ignore le nom latin, mais ce n'est pas le même arbre que
-, k. en-nabât, Beyrouth, Index s. v.. V. la Gezîrah p. 134 où
il faut lire i!uA3q> et I.Idr p, 350 note.
671
La continuation des vers cités p. 653 est:
^-5^^ ^J^ Lf*^ U^-î^ Cr^ O^ ^-^
Quand même elle mangerait les arbres amers,
Bin Larioas serait avec moi (lui qui est) un gros gail-
[lard dévorateur.
Laaw, endroit oit il y a des arbres^ fourré d'arbres.
Isma*" em-bill yiqramôyn') fim-mà^ia, fentetids
les chameaux qui broutent da7is les arbres.
23, 14: lirza'^zrpjy. Sur ^j^ voyez Hdr Gloss. s.v..
c jLj, conclîire wie trêve de Dieu, '^\.. Cette signification
a probablement été motivée par le fait qu'on place un
o
monceau de pierres, cU-o, à l'endroit où quelqu'un a été
tué ou pillé. C'est comme si l'on disait nous allons faire
des ^.\^f pour ceux qui ont été tués à la guerre. C'est
sans doute un développement de 3^, être ferme ou pxe
dans un endroit, cf. (_*,. et ^J^v.. ^^jSi\ ^ ^^^^.^j "= >^ i.:^A.*iii:*vl,
je suis resté fixé dans un endroit. Aussi transitif: j^
jj"! 3 j" _^^ cLal! ^3 ;iil*ilj, il ficha le bâlon dans le sol,
et il y reste et il y est fiché. Aussi "^Omân, R 0 p. 285.
Un sj"^ est un endroit mémorable où une personne a
1) *yj, a, ne se dit que des animaux, comme /ressen en allemand.
Le verbe indique véritablement le bruit, le grignottement qui se
produit lorsqu'ils mangent. Cela est aussi renferma dans les thèmes
congénères -^r*» — ^-^ et *^J5. n^r*' f7'^w'"i pourrait bien ôtre
l'origine du fiançais rjounnand, dont l'étymologie est inconnue. Le
mot est usité dans les dialectes nordafricains.
672
été pillée ou tuée, ou un endroit qui a été marqué de
quelque chose pour indiquer un fait, comme p. e. lorsqu'on
fait l'ascension d'une montagne et y place quelque signe
commémoratif. t^, place de réunion^ v. Gloss.. Sur un
murùzzeh on fait un c!jy«. On s'explique pourquoi le
classique ^. et le syrien dialectal ^ : ont pris le sens
de rosser et pourquoi, en Egypte, ^3. est fourrer tout
dans le ventre, manger avec gloutonnerie. Ce thème ne
figure pas dans les dictionnaires. Le Qâmoûs seul a
c j.t = Q>^^ mais L A considère cela comme une faute
pour jè tjî, ce qui n'est pas certain, car Feyroûzâbâdî a
très bien pu connaître ce mot au Yéman. Au figuré,
notre verbe est également employé. A'bar ''a la fëlân
irza%h li uqiîlleh màna si halî', 'passe chez un
tel, fais-le rester là et dis-lui que je ne suis pas libre. Les
autres développements sont l_jj^, peu employé, -j^ ^), j.j^
et ^^j^.
23, 15: la g a sâriq. Une phrase analogue se trouve
dans la poésie rapportée ici p. 653.
1) En Dt stampfen. C'est le >*;. de Hdr Gloss. s. v.. Ayant noté
cela aussitôt après mon arrivée à Aden, la première fois, j'ai con-
fondu _ avec >s, ce qui est très facile. Snouck, Feestbundel aan
Prof, de Goeje, p. 23, 26, donne le proverbe hadramite: kesàh
weyirzah: il est estropié et il danse. Le if^^.\\ est la iUvjJ des
Syrieiis et des Iladar du Nord, ^^jj, donner un coup de pied à =
i^j Dt = class. Ji». En 'Oman, ramassei\ aufheben, développement
de j'ij, 0, RO §§ 236, 260, mais o. 1. p. 405 n". 87, se tenir coi:
qahba erràzha ahyar min horr el-raàzha, la putain qui
se lient coite vaut mieux que la dame qui rit. Cela rappelle le
sens figuré de ^ 3, mentionné ci-dessus.
673
23, 17: dabgah. Ce thème ne figure dans aucun dic-
tionnaire. ^j>, i, est faire du bruit avec les pieds en
marchant, piétiner, hommes et animaux, =r oc>Âiî oyô,
le son du piétinement. Inf. ^j> et ^is^oo. Dans le Nord,
il est devenu léLvi, comme lXj?^ et l\;5^, nier, renier
Dt, comme l'éthiop. h/h^, tigré hrhA» DiUmann Lex.
p. 824 et ibid. Mùnzinger p. 36, hébr. "iPlD ; ,\u:>- et ^^5" ^),
pouvoir Dt; ^y> et ^^, Fraenkel F W p. 13 et ses
dérivés. Le dictionnaire classique offre également de nom-
breux exemples de cette permutation. Les suivants sont
tirés de mes notes : ^Â=^ et Sf, wij>L>, meilleur, et v^'^î
^ j>- et ^^ ; (*jt> et ^, museler; Là:> et L^, ren-
verser un objet, aussi dialect. retourner; iC*L> et jcJ^,
stérilité de Vannée; ^L> et ^V, montrer de la dureté;
^y> et ^, couvrir; *$y-:>, ^^jà> et dV-ç>(?), ou:>, ^S.*i»,
peter; iU=>;, iU:>; et iU/j, profond soupir d'mie femme
en mal d'enfant ; ^J et é^.\ trembler Muzhir I p. 224 ;
^Ji et jvJC).!, être entassé; ^X^'- et ^UC^j, Muzhir I p. 224 ;
^x-w et iîu« ibidem ; ^ «pitv^ et ^i)^.jty^, ibidem ; ^ et yCc,
revenir ; J^ et ^"^, manger *). Cf. Vollers Z D M G 50
p. 612 et Ges.-Buhl W B sub litt. D.
Le passage de „ en o est encore plus fréquent, voyez
Gloss. s. V. „ et o. La langue littéraire en fournit de
nombreux exemples. Pourtant, il est fort rare que dans
1) La langue arabe et ses dialectes pp. GU et 66. Aussi en éthiop.
et en tij^ré, o. I. s. v.
2) Pour les significations plus précises, on n'a qu'à voir L A s. s. v. v.
674
un dialecte ^ devienne ^. Dans le nôtre, je ne connais
que A^, i, =r JJij, transporter. Js^^^o", transporter à plu-
sieurs reprises. 'sS^ =r xUi : ..^^1^ ici^, une charge de bois ^).
Il y a affinité radicale et séniasiologique entre ^oo et
„L>, dont j'ai parlé p. 369; mais il y a aussi contami-
nation avec Cjù. Avec renforcement de la prononciation
de la lettre, se développe ici le renforcement de la sig-
nification, et ,.;^ est faire du vacarme, criaillier, Sud =:
J!i> Nord et Syrie, Socin Diw. III Gloss. s. v. Cuche s. v.. ^).
4) Vu l'isolement de ce cas, j'ai aussi pensé que Jw^ pourrait
provenir de ,^^\ s' apprêter 1
2) Je soupçonne mî-me que le sudarabique ^, retentir (écho),
résonner, pvoduirc un bruit sourd, comme lorsque plusieurs per-
sonnes parlent à la fois, et son développement w*-^' de sens identique,
sont originairement ce ,svi3 avec palatalisation du ija. Avec le temps,
celle-ci a disparu. Socin Diw. III Gloss. a *-^>-, lautes Gesclirei, qui
est ou notre 'iL^\j^ ou &->-. Cette palatalisation de ij^ a aussi
laissé des traces dans la lurah, car c'est ainsi qu'il faut expliquer
eii^vliiî = «.i^lJa/toî, Mufassal p. 176, 4, et ^^f^^ ibid. p. 195, 4
d'en bas, I. Ya'îs p. 1387, L A X p. 87. -sL' tpxfL)" et -sL.' ^vlsl)",
ressembler à son père LA IX p. 92 13 et p. 98, 3 d'en bas. Il
n'est point impossible que Jj et (_p5, jj et ^wi3, lX^-o, • Vr^V
"Ij^'p (i-^, au contraire est une métathèse pour |»lX- frapper, de
lXJ et -^) soient de la mi''me catégorie. De mî'me, ,-n*:25, Hdr
Gloss. s. V., et ^^, j^ et jJj. A*i2:> J^. et ^^^, L. A. s.v.
et Muzliir I p. 228. Le syrien tj^^JuisÂA, touffu = J^*'^- -^t^, et
J^aJ («£^), frapper. Voyez Gloss. s. v. ijc.
4.
Er-râ'i.
^^1^, pâtre des jUc, pi. q^^^ et très rarement ^-j^'.y
'Oman ra'at RO §§ 109, 141, Rôssler M S 0 S I p. 73,
5 reât; c'est »£. , comme ^^^K, »Lo,, etc. ^). Chez les
Bédouins de Tihàmah, j'ai relevé le collectif ^' r= ^jJî^.,
comme wJ^, i-, j4-j- Hodeyl. Wellh. N°. 217 et N°. 240
V. 4. Un poète habbânite dit :
AjLiJî ^l-^Cy ") _5^-^^ ol^ kit*JLÈ
Zes ^Z^es des Bédouins, les bergères des moutons,, chan-
[taient
Pendant que les hommes pilaient la poudre dans le
[mortier.
'xjj^^j, bergère, qui fait au pi. oLxtlj, et qL*c^ indique les
deux sexes. Le sens de w^^> •t^t hébr. }n, et ni?i, qui
est courant dans tout le Nord et en "^Omân, n'est pas
1) El-Azharî va donc trop loin voulant limiter ce pluriel en disant :
(UiJ! ^^y o^y'-5 '^^ '^^J '^^ ^ >^'^ L A 19 p. 41, 12.
2) Chante tel-bed-wû-ra^
676
connu à l'ouest de ce pays. ZDMG 22 p. 115. ^^\.
Jv'i, cavalier qui monte un dalûl, ^Anazeh. HiV rû*"!
el-bêt el-kebîr, karîra el-lèhya umin agâwîd
AHâh, il possède une grande tente, il est généreux et
l'un des nobles seigneurs de Dieu, récit "anazî. Socin
G
Diwan III Gloss. s. v.. q-«^-^' ^^\ ^Lp-^ chez Meissner,
MSOS VI, II p. 118 N° 20, n'est pas heim Leben des
Hirten der Schônheit, comme il le traduit, mais pa?- la
vie de ta beauté. RO §§ 109 et Ul. J^j^l] ^^cl,, bou-
tiquier, Rôssier MSOS I p. 60, 9. ^X-ClJ ^^l,, le seig-
neur de Maskat, ibid. p. 72, 6. ^yr _jj ^^ç^^j, le com-
mandant du fort ^A. ibid. p. 72, 13. c^^^y' [^^jy ^^
propriétaire de la maison, le chef de la famille, ibid. III
p. 15, 4=:=c>.->-^" ^^*j>^o. ^vvJî 3£,, les marchands du
marché ibid. I p. 73, 5. Un de mes récits de 'Oneyzah
commence ainsi : v_î'wii si^^Lc ^\^ ^^Jsl\ M jyj: Jî a*.^
iè^l (jUic o^, le seigneur de '^Oneyzah. Ici jX*w« ^^^,
et s^A^ ^). disent la même chose que ^^'-o waj>Lo dont
j'ai parlé p. 457 note 1. Màlgît serîk ûlâ râ^i, ye
n'ai trouvé ni compagnon, ni ami, Hartmann L L W
N°. 81 Str. 8. — Je laisse sub judice si le mehri ra,
frère, et rayt, sœur, contiennent le même radical, comme
le pense Vollers ZDMG 49 p. 514 note 2. Jahn GMS
p. d prétend que ce soit le même mot que J avec
permutation de .^ en c. Mais les exemples qu'il y donne
clochent : r a b t, = iaj], se dit déjà en Hdr Joj', ii*x et Jo^c,
comme ^yax! et ^y^^» boyau, dans tout le Sud, à l'Ouest
de 'Oman. Le môme renforcement du a initial se ren-
677
contre dans le dâhirite >_^j pour wo,', lièvre, mehri
harnêb. „Rabôr, zusammentreffen''\ est cité comme
exemple de ^= ^et comparé à l'hébreu ,p5V, an Jemmiden
voriiberkommen", en général passer. Mais c'est l'arabe
_»£, passer, s'écouler, variation phonétique de ^ et con-
génère radical de ^.^, ^lé. et ^^. On pensera plutôt
à une affinité radicale entre ra, rayt et le mehri rayg,
homme.
Un fait sémasiologique m'a toujours intrigué à propos
du verbe ^^j, c'est qu'il s'applique aussi bien au pâtre
qui fait paître, pascere, qu'à la bête qui paît, broute
l'herbe, pasci. L'hébreu nv"i est dans le même cas. '»u^\.
est aussi bien bergère que les bêtes qui paissent, surtout
dans le Negd, comme ïCa^Lo, gros bétail = 'iji^^ '). Je crois
donc que nous avons dans la première acception l'idée
primordiale encore cachée: ^. renforcement de ^\., et
^j£.\. serait alors Aufseher , inspecteur (in-spicere, de
specere, regarder). Si l'on considère ce que j'ai dit de ce
thème p. 487 et s. s., on ne saurait mettre en doute
cette argumentation, déjà avancée par Barth, Wurzel-
untersuchungen z. hebr. und aram, Lex. p. 46 et s.
Le singulier ».*^. n'est connu, dans le Sud, qu'avec
le sens de gages du pâtre, ni le ^^., pi. LL, de l'Algérie,
Bel la Djâzya p. 109. 'ï.^^ est, dans le Sud, le pluriel
de (jjyij, agriculteur, laboureur, propriétaire de terre,
1) Leurs synonymes iixc. et i^cyo sont J'jjJtî et J«jiJw de
(jpj pascere.
678
même marchand^ liomme de métier. Ce n'est pas le con-
traire de ^,J^, car celui-ci peut aussi être ^^^y s'il
s'occupe d'agriculture, Arabica V Gloss. s. v.. Le déno-
minatif (^y^jj", s'occuper d'agriculture. Comme un ^3^]
fait toujours partie d'une qabîlah ou se trouve sous
la dépendance d'un daulah, le chef peut dire: un tel
est un de nos ra'^îeh, U"*:^. ^^, un de nos fellàhîn,
comme dirait un Egyptien. Un hadramite me dit: El-
Qa'^âtî mitra'^wi lil-Inkrîz, le Q. est le raVi, le
vassal des Anglais. Les '^j actuels s'appelaient Ju^ du
temps d'el-Hamdânî, (jéz. p. 86, 16. On sait que ce mot,
étant singulier hors de l'Arabie du Sud, se traduit par
sujet '), ce qui, dans le Sud, ne serait pas du tout exact.
N'importe qui s'occupant d'agriculture, même un daulah,
est <^fy' Une qasîdah, souvent citée dans le Sud, porte :
Laissez-moi me balader à la porte du château:
Je ne suis point d'er-R., ni de T. non plus.
Et le soldat rHest pas de force à ouvrir sa porte,
Lorsque les gens de métier et les marchands partent.
Chez les Bédouins du Nord, iUc , pi. bic est une troupe
\) Dans le lan^^age des Hadar, hors de l'Arabie, «s^v^; est siid-
ditanza, Untertanenschaft.
2) hal-lii-nï — w où , gi est bref.
679
de chameaux, ^U jL^., et icJUi pi. L^Li rr Syrie iotixi,
tro^ipe de moutons ou de chèvres.
Une autre forme assez curieuse du môme mot est
i^»r^y r a'^à u w i '), pi. 5^,. Le pluriel Jyù est assez rare,
mais le fait même qu'il existe est fort intéressant. Il
provient surtout d'un singulier JL«. Belàuwad, be-
|Uwwid ou belûwid, de o^b, ville"^). Kalàuwam de
P^b". Utrukù" minna luidem-kalàuwam, laissezlà
ce verbiage, propr. ces paroles, est une phrase que j'ai
entendue plus d'une fois. Mais ce pluriel est commun
dans le mehri, et c'est de là qu'il vient, car il ne figure
dans aucune autre langue sémitique^). En voici quelques
exemples tirés des deux publications de A Jahn: halêq,
habit ^ halôweq GMS p. 41; setôh, espèce de plante,
stôweh p. 42; bêqal, espèce de plante, bcqouwel
p. 38; dôfa", buse, crottin, dafôwa''^) p. 39; hùmuq,
1) Comme ^^t^Cs^, Bédouin, des dialectes du Nord et de l'A trique,
Meissner NAGI j). H3, Ilaitmann L L W p. 145, 24. On dit même
^c^IAj Wetzstein Z D M G 22 p. 137, Meissner NAGI dans M S 0 S
VF, Il p. 82 N^ 4 V. 2 = ici p. 409, 12.
2) Kn IJdr aussi L>jJb et iAL IJdr Gloss. s. v. 3) V. Additions.
4) C'est le sudarabique %Sji2 dont j'ai parlé p. 4G4. Jahn M S
Gloss. p. 174 dit: »dôfa', ]>!. dawôfa' [vgl. ar. %À>:o FAcphcDilen-
)itisl, ,«Âo, scheisscn, iitli. ÙV'Ù), Kuli/hulen." Dans sa G M S p. 39
il a oublié son «Knlifladen" et traduit do Çii' \)îiv y^Klcj/lianloniiisl".
Comme il n'y a pas d'éléphants chez les Mahrah, il n'y a pas non
jihis de crulli» irélrp/iiinl. .lalm a trouvé dans le Qâmoi'is tftAiai'^
!>**-' J^) Cf' qu'il rnpi(> tdut court, sans s'aponcvoii' di> la mon-
47
680
abcès, homôweq p. 39; taba" «^ impression, ta-
bôwa", M S p. 232; taliz, glissade [sudarabique ^,
glisser, butter^)] tahôwez p. 232. Je fais remarquer
en passant qu'il y a d'autres formes plurielles extra-'
ordinaires, p. e. vv^^j^, vieille femme : j*:^, et &j^, même
sens , lAjy; ; é^, tisserand, ^i>.y>, p. 523 note. Comme
tous ces innombrables pluriels du mehri, dont Jahn a
donné une liste assez mal ordonnée, mais fort instruc-
tive, ne figurent ni en sabéen (?) et en éthiopien, ni dans
aucune autre langue sémitique, on ne saurait prétendre
que les Habaé, en quittant leurs demeures dans l'Arabie
du Sud, aient emporté avec eux une langue qui soit,
quant à la morphologie, proche parente du geez. Le
mehri est si nettement caractérisé par sa morphologie,
surtout les pluriels et les verbes, qu'il faut lui assigner
une place à part dans les langues sémitiques. J'espère
que D H Mûller, comme résultat glorieux de notre Expé-
dition-), nous donnera la grammaire du mehri et du soqotri.
struosité d'une toile traduction du mot mehrite. Il est intéressant
de lemonter à l'origine de ce quiproquo. L A X p. 94 [= T A V p. 433]
t - 50 50- 50--
poile: ^A)^ qI^Ij^ C)î;ir^' '**-^^3 ^sxnl\ J.*ftj!_^ «3|;^"^' q^' i3i"
o
qLaao-^Îj ce qui est bien autre chose, mais Fej'roîizâbridî n'a copié
que les mots cités plus haut, et voilà pouixjuoi Jahn a trouvé des
clcphanls chez les Mahrah. Veut-on un exemple plus frappant de
la Unzuverlàssigkeit de Jahn!
4) Voyez ma critique de cet ouvrage p. 29.
2) Que 0 Webcr, Forschungsreisen in Siid-Arabicn bis zum Auf-
treten Ed. filascrs p. 30, a jugée avec un ceitain dédain, mais il
oublie les six gros volumes qui ont été publiés jusqu'à présent. C'est
au contraire la petite brochure de Weber, bien inutile après les
livres do Zobrnp et de Iloiiimcl, qui me semble l'tro »mit gro.ssem
681
A propos de ^_^^, je me permets de mentionner un
incident de la vie du Prophète. Il a défendu, Qor. TI v.
198, IV V. 48, de dire LlcÎ^, aie égard d nous. Les mu-
sulmans lui disaient cela lorsqu'ils voulaient avoir l'ex-
plication de son langage souvent incompréhensible. Les
Juifs, entendant cela, s'en servaient aussi, mais en guise
d'imprécation. Probablement, ils avaient en vue leur VI,
mauvais, méchant. C'est ainsi que je comprends Beydâwî
I p. 77, 16. Car ce mot n'a sans doute rien à faire avec
io^., imbcciliié. Il pourrait tout au plus entrer en ligne
de compte, si les Juifs avaient dit Lj^r,, au pluralis
majestatis, comme le croit I. Sîdah, L A 17 p. 41 s. v. ^^j.
24, 8: in^àq. olxj, a, inf. ^Jj6 et oi^, est mettre
la main fermée sur la bouche et produire un son répété
comme un gros pet. Le pâtre, en continuant comme
cela, fait suivre le troupeau. Ce verbe est très classique,
ainsi qu'on pourra le voir dans LA 12 p. 234, où il y
a des exemples à l'appui. On appelé cela aussi J -^j?»
0, inf. iajy. Ubrùt lem-^anam, appelle les moutons
par ce son'). On ne dit pas J -^^, mais je crois l'avoir
entendu chez les Bédouins de Syrie. En tout cas, J d^^^
se trouve aussi dans la lurah. LA 0 p. 215 explique
bien le sens figuré faire fi de qqn, auf Etivas pfeiferi.
On est bien tenté d'envisager -b^ comme une variation
GeriUiscli in Szene gesetzt" pour encenser Glasoi', l'ami de rauioiir.
Personne n'a fait plus de «Gerauscii" autour de leurs personnes que
la triade sabéo- judaïques: Derenbourg, Glaser et D II Miillei-.
1) -Ly, 0, est aussi dt'frichcr la terre, frayer nnr roidr, cinrn
Wvf/ nufhrcc/icn. Sa"^ em-bôs kt'f barateyn em-tarîq, ri-'/urdr
co))nnc le hclail ci tracé imr roule e» y uHircIniiil toujours.
682
phonétique de -h^^o, mais j'avoue ne pas avoir pu trouver
un seul exemple d'une permutation de (ja avec v Dans
le Nord, J Jaij, a, veut dire la même chose = class. i^ài,
i, Meydânî, Prov. II p. 507. Kltij , un son avec la bouche
fait de la façon susmentionnée; cf. kIiàLic. Muzhir I
p. 27, 8 d'en bas.
24, 8: hod behâ" lil-heyd = serrihha ilam-
éebal GO.
24, 8: wiqlibhar=r5ddeha GO.
24, 9: unuwir-beha. Les ^Awâliq et les Hadra-
mites voulaient: Uj ^^). Je demandai pourquoi cela;
on me répondit: briyidùwih râsak ubâtisqot fim-
sams, ula saqèyt em-'ànam min ëm-mail.iàmi
bâtidrôq minneh, la tète te tournera et tu tomberas
au soleil, et si tu abreuves le petit bétail d'eau chaude
(par le soleil), il en chiera. .y, se mettre à l'ombre^ ex-
pliqué par jL^! ■= jl^kj'î = jI*i2J" = JJllàJ". C'est surtout se
mettre à l'ombre pendant la plus forte chaleur de la
journée. Bâlnûwir hana hubîyib*) taht em-'olàh,
u 1 i s r 0 b m à y min e m-^a r b, nous allons faire halte ici
un moment soîis les arbres et boire de l'eau de l'outre.
s.iy et 3;'y-« est l'ombre en général. iCùa*;! b.ty = iwca*!' iJ^lto,
l'ombre de l'arbre. ^\i, ffiy, ou ioli, ffiyeh, est l'ombre
1) y^ dans le Yéman. C'est aussi se reposer en mangeant du qât.
2) Var. Il 11 I) ('-y yi It , li ii h'i y y i 1) , diminiitif, comme bU^^Li du
Nord, V. nioss. s. V., de ^L^, quclqur Imips^ un peu.
683
de V après-midi^ causée par le u*-».*^'! Jî^-. En Dt, ^Ji
n'est pas employé pour b^y. En tu teqùlu fèy'' unal.i-
n a le (i ù 1 n ù wâ r a h , vous dites f e y" , mais 7ious
autres diso7is nûwârah, Dt. Un proverbe du Nord dit:
^jù\ y5^:^. LJ ^^..^-é-cioL. (Aiicl, reste au soleil jusqu'à ce que
l'ombre te vienne^ M S 0 S V, II }). 104, 3. Nôldeke,
ZDMG 5y, p. 419, considère ^y comme un dénominatif
de i^vJ, nheure de la lumière, heure de midi, car l'ombre
est le plus nécessaire lorsque la lumière est le plus intense ;
cf. j^, être à midi." Cela est fort probable. Stace p. 200 :
^y he went early, et p. 119: he yassed the day, ce qui
est fort incorrect.
Lorsque le sultan Muhsin accompagna mon expédition
de "Azzân à Bàl Hâf, par le Wâdi Meyfa^ah, il donna
toujours l'ordre de faire halte à midi pendant deux heures.
Je ne m'y opposais nullement, d'abord parce que cela
n'aurait servi à rien, et parce que je savais que c'était
la Sounnah du Prophète. C'était sans doute une an-
cienne sounnah des chameliers arabes, motivée par le
^^.-♦^! j.^=> dans les pays arides de la Péninsule. Muhsin
suspendit son sabre à un arbre et, après avoir mangé,
il fit sa sieste à l'ombre d'un palmier. Tous suivirent
son exemple. Cela rappelle en tout point le récit de
BoljArî IV p. 40, deux fois [=rtrad. II pp. 318 et 3191,
V pp. 115 et 116: :<U'JiJi ^/i <^jw ^ .vjjl dy^^ J^ ÛJiJ
.1.JL Et lorsque l'Envoijé de Dieu partit, il [Gîibir b. ^Ab-
684
dallâh] partit avec lui. L'heure de la forte chaleur (ou
de la sieste) les atteignit dans une vallée où il y avait
beaucoup d'arbres. L'Envoyé de Dieu fit alors halte, et
les gens se disséminèrent dans les arbres, y cherchant
de Vombre. L'Envoyé de Dieu s'arrêta sous un acacia
spirocarpa, auquel il stispendit son sabre ; puis nous fîmes
un somme'^).
Bohârî I p. 109 rapporte les Traditions sur ^jI^jL. o!^*:^t
^ sÂxi ^ et jsu^\ ^ ^\j j>\^f:^\ z= ib\(\. p. 124, qui con-
firment cette sounnah.
Le Prophète, avec sa maladie, pouvait mal supporter
la chaleur, et il dit que la forte chaleur est une exha-
laison de l'Enfer, ^S^ _\as ^y, ^ ^S^, Boh. 1 p. 109 =
trad. I p. 190, L A IV p. 50. Le terme technique ancien
et moderne est uyî, se rafraîchir \ dialect. aussi, mais
plus communément o^, i, o, Voyez Hdr p. 367, 17 et
p. 375.
24, 10: nissirha. yio, o, sortir ou s'en aller après
midi. Bà linsor ma^ nisnâs em-bîïrûd, nous al-
Ions partir (cet après-midi) par le zéphire de la fraîcheur.
„jM est sortir avant midi, yixjl, s'habiller d'une façon
1) Nous avons ici >iL:2£- et j^^, niais je ne sais s'ils sont ici
synonymes. Peut-être faut-ii tiaduire "sL^sr:, -j)ar broussailles. Les
traducteurs ont, pour ce mot, tantôt arbres épineux II p. 318,
tantôt arbres seulement II p. 319. Voyez ici p. GG8.
2) Var. de l'autre version p. 40, 5 d'en bas: ayS-Vi c;/c> .
3) Houdas-Marçais, allcndre la fraîcheur, ce qui n'est pas absolu-
ment exact. Le abUaJLi ÎjOjÎ Boh. I j». 109, 5 d'en bas, est par eux
rendu par allemlc: la fraîcheur pour faire la prière, ce qui est
iiussi un à peu près, mais je ne saurais le remplacer j)ar rien de mieux.
685
élégante, se parer de ses plus beaux atours, s'attifer,
s'arrayiger ; participe yi:j->i. Halîmali, fille de Farîd el-
^Awlaqî, dit dans une qasîdah déjà citée, où elle se moque
de sa famille qu'elle trouvait byo'o, parce que son pore
assassiné n'avait pas encore été vengé:
Elle (la tribu de Farîd) ne s'attife que d'un habillement
[cher qu'elle met.
Elle sort le vendredi portant le turban.
C'est le synonyme de vj^-? vj^^^-' ^t yc^î, même
sens, = ^jX:>l, V. Hdr Gloss. s. v..^xio, faire sortir après
midi, et _j-w, fai7'e sortir avant midi; .L=>, o, rentrer le
soir; y^, faire rentrer le soir. Ce sens de yio ne se
trouve pas directement dans les dictionnaires, mais L A
VU p. 64, 4 dit : ^^ycj J.JJL ^t J;^i3 ^l yUJt. ^
1) Lorsque je récitai cette qasîdah à mes Datîiiois, en prononçant
tin. s or, croyant que c'était l'imparfait de y^, o, ils dirent: «Non
il faut dire tinsir". — »Mais vous dites toujours tin.sor." — «C'est
autre chose." C'est que le voyellement classique J^-wij n'est donc
pas un schéma conventionnel des grammairiens. Je veux bien que
le dialectal ^.«àj pour J-*»J, se confond souvent avec Jotàj, à cause
de la permutation constante des deux voyelles, mais ici on avait
conscience qu'il ne fallait pas les confondre, et c'est là le côté inté-
ressant de cette collection.
2) Se. 'iy*^ . Mon original porte ^»j^'f.t ce (jui bri.se le mètre,
«-w^" pour LiAw-Jj' n'est pas non plus correct, car jamais dans le
Sud ah n'est pour ha, comme dans le Nord.
686
v_j'LAiji, exposer les habits, les étendre., les déployer pour
qu'ils prennent l'air. j>^\ k:^.:;^^ le vent s'est levé z=
oA-^', GO.
^■^! J. ^ui-î oj-i^', le menu bétail s'est dispersé dans
le pâturage, et on l'expliqua par Uj ^>.'o ,^iij^ L ^c^U'^,
saws (/z^e le pâtre en eût connaissance. C'est à peu près
ce que dit LA VII p. 64, 7: c>-îa3' ^iùW )S^\ oyi^'j
L^t. Q^ sj: ^^, par l'inadvertance de leur pâtre. .xiJo!,
se ranger à la file, s'aligner, s'arranger, se dit des soldats,
des composants d'un ^j;^ ou des danseurs. Aussi syno-
nyme de yijt. Dans les deux cas l'idée est s'arranger,
comme en français. liOrsque je dis une fois, pour savoir
si l'on allait comprendre: o|>^^'^^' -^ aI'', on me répliqua :
+
3-jiJÎ^ "^ pl^, LJ. ot^ oîyî^' ^3-i;^j ^'y^^'j les vivants
font sortir {emp)ortent) les morts: comment notre seigneur
les porte-t-il au ci7)ietiè?-e? C'est que le sens théologique
de yio, trans. et intr., ressusciter, n'est pas connu dans
les milieux bédouins, par la simple raison que cette croyance
leur est étrangère. Cette réponse fait voir l'idée qui est
la base de J^, ressusciter.
De jjLi!! oy^ provient ï-cii ou syio, bétail, qu'on ne
dit pas en Dt, mais ijui est employé partout ailleurs
dans le Sud, même chez les Mahrah, neserêt').
4) Jahn M S p 219 où il traduit par animal, ce qui est faux.
Il y renvoie à la page 136, 5 do son ouvrage: ha tii bii nesêr
hîw«»n a g 11 w 6 m, qu'il rend par: auf die schwachcn, sluinnicn
Ticrc bcdaclU. Or, hiwôn aguwôra est nsUimmc Tiet'c\ et si
687
De même „^, troupeaux au pâturage, provient de
_ -w, sortir le ynatin. JUI ic>j*v, sortie matinale des trou-
peaux au pâturage, Négd, voyez Gloss. s. v.. Toutes les
significations que je viens de rapporter no se ramènent
pas sans difficulté au sens primitif de yco, et je me
demande s'il n'y a pas ici deux thèmes divers? *iiiî oy^
est intr., mais v'^' /^ 6st transitif, ce qui donne à
penser, d'autant plus que nous avons le synonyme ^,
0, class. et dans les dialectes du Nord: suspendre
pour sécher, ital. sciorinare, Meissner N A G I Gloss.
s. V.. Ce serait alors un développement par n. Cela
m'amène à parler d'une autre signification de yco, o,
scier, courante dans tous les dialectes. Les Bédouins
n'ont pas de .LC:j^, scie, mais le mot est employé, comme
dans ce zâmil d'Al.iraed b. ^Ali el-Hamyarî de Naqi.iân:
Jk^' ^col^! J, ^,fi^») !>-^ -LfiJLjj .c>J^ -^' ^y^ LI=>
nesLT (pi. de neserôt) était animaux, il y aurait deux fois la
même chose. La phrase se traduit :'/»6fy)<Vt».<; hcsliaax, ((]ui sont)
dca animaux tnuclfi. Jahn, qui traduit eu vers, avait besoiu du mot
"schwach" pour faiie le mètre !
1) Var. c>^-J*-
2) Il lUiit lire *.>^Jtj! .LiX>Uj, pour ne pas briser le fiiètre.
688
C'est une jeune chamelle qui est allée au pâturage avec
[les autres dans les montagnes d'es-Sarrîyeh.
Ceux qui secouent les cornes à x)oudre sont venus se
[poster devant elle.
Lorsque le chameau étalon en rut la vit, elle devint pleirie.
Ils retournèrent alors et la laissèrent errer dans le loâdi.
Un radeau {?) que nous avons fabriqué avec la scie des
[Persans et avec lequel nous fendrons la mer en
[long et en large,
Et celui qui le fabriqua m'en apporta les bois.
Le vent d'est les a transportés chez le maître des
[jugements ^).
Il n'est pas inutile, pour ce qui suit, do rappeler que
dans le Yéman s^UxL, est faucille dentée, Manzoni El
Yemen p. 124.
Ce thème J:^, scier, coïncide avec yit et y^j'), iit^
et a^wù qui signifient aussi scier, yi' est probablement
ici primaire. Kûmil d'cl-Mobarrad p. 383 en bas. La scie
est ^UcjLx), mais dans la 1 u j- a h il y a par conséquent
aussi la forme .U^^, devenu ^L^^ L A V, i). 80, 4, pi.
-yÎLi, Nabirah XIV v. 12, et ^\j^. G. Jacob, ABL
p. 152, écrit misâr, ce que Socin W Z K M IX p. 374
trouvait mauvais, mais Jacob o. 1." p. 260 maintient sa
1) J'avoue que ma traductidii, Juste (juant aux mots, à l'exception
(le »-àAw que mes Datinois ne connaissaient pas, est fort obscure quant
au sens intrinsèque des phrases. Ce zâmil, qui est dans la langue
des Bà Kïizim, se rapporte à des faits à présent oubliés.
2) Exactement comme J io' et njj, faire allcnliun à = J ^>.i.
689
manière première d'écrire ce mot. Vraiment, il aurait
dû écrire mi^'sâr ou mîsâr pour être à l'abri de toute
censure. Nous savons que l'hébreu a "itirç, ce qui nous
renvoie à "ilïï'^iD, .Uj-^. Meissner, qui nous donne des
mémoires si instructifs, admet, MVAG 1904, Assyriol.
Studien II p. 54 et ss., que le mot en question vient
du babyl. n a sa ru, vermindern, verkûrzen^ Abbruchtun,
Del. WB p. 487, et il voit en sassaru, qu'il incline
à traduire par scie, une forme safal de nasâru.^LciJ^
serait donc l'instrument avec lequel on amoindrit qqc.
C'est sans doute un de ces nombreux mots culturals
qui ou étaient communs aux Sémites ou bien venus de
ce foyer puissant de civilisation qui s'appelle la Baby-
lonie. Nous avons vu que }i.\.^J>^ est faucille, et il n'est
pas impossible que le saassa-ru sa sarpi, Meissner
0. 1. p. 55, la faucille d'ctrgetit, soit la faucille de Mar-
douk. Mais Hommel me dit que la faucille de M. est
plutôt une flèche ou pique (babyl. mulmullu). L'arme
de Mardouk: || s'appelle gamlu d'oi^i gimel, 'yxi^f^x
de l'alphabet.
Vis-à-vis de yiî, ^^, iw, ati*»/, et yco, la question
se pose de savoir si le dernier thème ne serait pas un
développement du premier. Alors le babyl. le serait aussi.
On bien faut-il voir dans -ccJ la même procédure que
dans le nordbédouin j.^.L'1 j.-ij! et j*.j54II ^JiJ, la viande
sent mauvais, Ildr Gloss. s. v., le tâyyite j^^Lm^jJ à côté
de ^^LwJi, le sab. ^t et ^^, Iloramel SA Chr. p. 56,
le bagdadien mùljol pour munliul, OS I p. 410N°28,
et lo pers.-arabe qUcwo qui a donné le mésopotamien
690
^.,U^jî, Meissner NAGI Gloss. s. v.? Cf. aussi 0 S II
p. 040 rarticle de T. Witton Davies. I.Idr p. 137 note,
j'ai rapporté quelques thèmes amplifiés par n. Un pourra
encore y ajouter les suivants tous courants dans les
dialectes: jj, l.Idr Gloss. s. v., et j>j, 5'0?<^ez;er, Dt et Nord,
Socin Diw. III Gloss. s. v. ; ^ et ;^, couper; jiL:> et
<J^^ I.Idr p. 35 ; ^s^, gémir en pleurant^ râler ^ et class.
,.^^ Boh. V p. 7, 5; o^.-^, aspirer, Stumme BL Gloss.
s. V. et oJ-<iio ; js et ^;sj , faire %in bond, Df, à coté de
cjs; ;^co'j et (ji^, déborder (eau qui bout) Dt ; .yi Dt
et Jij, creuser ; „b, Jh, exhaler une odeur, et ^-^, souffler,
et ,^, comme _li et J6 et souffler- Ji. et ;.^ souffler;
Jaxj et -Li, V. Gloss. s. v. etc. Mez, 0 S Festschrift de
Nôldeke I p. 253, en rapporte d'autres, qui ne sont pas
tous sûrs. 11 les fait venir de la forme J>.*àji (,<àj'), ce
qui ne me parait pas probable. Cf. ici p. 621 et s..
24. 10: mufra'=:|Ç^^Î - ^^5 ou ;= 21^), pi. de "xc^,
pjdturage au pied d'une montagne ou sur le versa?it d'une
montagne, le plus souvent au pluriel, aussi o'^^. H cor-
respond à peu près à ce qu'on appelle les chaumes dans
les Vosges.
24, 10 : u ù b il h 1 è h a ■=-- L^ w^!^ , expliqué par cwi',
le participe \jy!. Le verbe est \j^! ou w!, ainsi que tous
les verbes analogues, Ilaffner A L p. 56 en bas. I. es-
I) l'iunoticé t'iiV et frà^ lu dernière forme est sans doute la
bonne.
691
Sikkît, Haffner o. 1. p. 57, dit;') .^^^^^ Lo^ ^J ^^^\ ^ ^^.
= o^ >—
L^3 bJ. Dô^an el-Murqusi dit dans une qasîdah:
0 toi qui tiens le gouvernail, largue les voiles
Et fais attention aux mâts dans la mer des ténèbres !
J *jjt, faire attention •=. surveiller^ avoir soin de, z=z
Jic \j^î. Ana ôbaht es-surli, j'ai fait attention à mon
tr avait z=.^^jtJ^,\{(\x. Mais ,j^ \j^', se garder de 24, 21.
La négation de la phrase subordonnée n'est pas pléo-
nastique, ainsi que je l'ai déjà dit p. 567 et s..
24, 11: ed-deyb. La prononciation, la seule courante
dans le Sud, n'a rien d'étonnant, car î devient ey à
chaque moment, de même que ey est dans la langue
mehri bien plus commun que î. Elle paraît même avoir
été celle des Himyarites selon el-Bekrî p. 388 s. v.
^.^LjJ>,r= ^^v3JI, et le nom de ^UJ JJ! dans la Gézîrah. D H
Muller, S S p. 127, a raison de dire que les Sabéens ont
dû prononcer ^L^^ parce que le nom. loci est écrit ^i
dans les inscriptions, ce qui ne l'empêche pas de voyeller
correctement ^^3 dans la Gézîrah. Le ^-jLoi ^ actuel
1) Mais aussi, et plus correctement, i,i>v^î et c>>-çJ»i. L*c en est-il
une variation phonétique? ^c^) ^c^*:^) /'^'"'t' atlcntiot), Douttô T O
p. 22 N^ 42,
2) v*--*j> t'clâclicr, desserrer, larr/ucr, terme marin,
3) Prcjnonci'- wnholi. C'est un avertissement à l'adiesse du sultan.
4) Musil, dans In liullotin de la Kaiser!. Akad. der Wissenscliafton
in Wien, Sit/imi.' I !»(»:'. N XXV p. 179.
692
du Moab, le T-""! ^^e l'A T, est écrit dans leLXX Aoujoccv,
Ges.-Buhl W B s. v.. Le pi. de ^oi et wJ'^ et vj^A
mais ce dernier seulement =: les Diyêb, comme dans le
commencement de la qasîdah d'I. Dabi, citée p. 497:
I
0 Bâ Musallam, ô jeune homme des chamois (guerriers),
Toi qui as fa demeure parmi les guépards sauvages!
Tu m'as fait ressouvenir au M* No^mân"^), d'accès
[difficile,
L'entrée des montagnes d'el-^Aqq et des vallons des
[Diyêb (tribu).
Dans mon Arabica IV p. 18 et s. s., j'ai parlé du rôle
que joue ce mot parmi les tribus bimyarites du Sud.
Je traiterai de ce sujet plus au long dans la Géographie
de Datînali. On a beaucoup discuté la question si le
wo3 de la poésie arabe est loup ou chacal. Hommel,
Siiugetiere p. 303, veut que le loup ne puisse exister en
Arabie, parce que les conditions de vie lui y manquent.
Cela n'est pas exact. Noldeke s'est occupé de la chose
1) Ce mot est curieux, i^^, inôulah, mûileli, est le pluriel
avec l'article *', voyez p. 281 et s. s.. Le poète entendait ce mot
A A .
dans les autres tribus, car les Bii-Kazim n'ont jias 1 article *', et il
croyait que c'était l'équivalent de ïlcj' ou Jîcj'. Voilà pourquoi il
y a collé encore une fois l'article J' de son pays.
2) Peut-être aussi Ja monlminc rien Nu^tnûn, Arabica V p. 222.
693
dans le Fûnf Mo'^allaqat II p. 78 et s. et, par les preu-
ves qu'il allègue, il rend fort probable que le ^j> ne
soit pas le chacal, mais le ccmis lupaster ou Schakalioolf.
Hommel, o. et 1. 1., avait du reste déjà entrevu cela. Je
me suis aussi donné beaucoup de peine pour trouver
une identification, et je partais de ce fait que le woi
dans les cris de rallîment des tribus du Sud ne pouvait
être le chacal. Le deyb rôde le jour; il attaque le bétail,
même l'homme, s'il a faim. Si le wo3 était le chacal,
un bédouin n'aurait pas dit, Hamâsah p. 690:
Tai laissé mes moutons, qui aiment mieux un loup
[pour leur pâtre
Et qu'ils ne me voyent jamais plus.
Le loup les attaque une seule fois,
Tandis que moi, je suis là tous les jours, un couteau
à la main ').
Dans le récit ^anazite d'el-Hôtrôbî, jelis: U. el-Hôtrôbî
dure" bel-gôm mi tel ed-dîb illi yidra'' bil-ranam,
et el-H. fond sur l'ennemi comme le loup qui fond sur
les moutons. Une locution bédouine du Nord, très cou-
rante, est : KJLiJb —v.^' ^ ^'-V. Lo Ax« -^jL-L c iAj q"^.
Le Datînois que j'amenai aux Jardins Zoologiques de
1) La traduction de Riickert N" G70 n'est pas bonne, à l'exception
de c:^5 j': So weit Jinb icii's f/cbracht. Le second verset veut diie
que lo loup n'attaque un mouton (|u'une seule luis, puisqu'il le
Mianpc alors, mais le pfitre est toujours là à défendre les moutons
avec le routcau. ( f . I Sa .1 VIII j». 107, 2r{.
694
Berlin et de Nice, me désigna le loup comme deyb. Il
reconnut aussi le chacal, qu'il appelait «^! G uarmani, qui
ne savait point l'arabe, constate l'existence du loup en
Arabie, Zeitschrift Allg. Erdk. 1865 p. 213, de même
que Huber Journal p. 579, qui en donne des détails.
Meissner, NAGI p. 122, et Reinhardt, RO §28, tra-
duisent ^^i par loupy mais cela n'est pas une preuve:
ils ont suivi les dictionnaires. Par contre, Manzoni, el-
Yemen p. 71, dit: „Nelle montagne vivono a truppe gli
sciacalli (ed-dîb); è pur facile nello Yemen l'incontrare
délie magnifiche volpi (ed-drim)')." Je crois que nous
ferons bien de ne pas douter de l'existence du loup en
Arabie, et pour ma part, je traduis toujours woi par
lowp. Sur les loups en Abyssinie, on lira l'article dans
la Géographie 1902 N° 6 p. 428.
24, 13: ''ôqleh, pi. Jjjc, est synonyme de i,:^ ou iwds,
creux ou bassin da?is le rocher ou le ravin, où se collecte
l'eau de pluie. Hess, Bemerk. zu Doughtys Travels p. 5,
dit: „El-''5gele, pi. èl-'ogal, Brunnen mit sûssem, aber
spârlichem Wasser in einer Ebene." Il est vrai que la
"ôqlah est située dans le bas. C'est là la seule diffé-
rence, qui pourtant n'est pas toujours ol)servée. J^îj, pi.
Juiij^, est une petite flaque d'eau dans le rocher. ^lï,
pl. o^ OU o^, se rencontre souvent dans les ancien-
nes poésies : Tarafah N° 4 v. 30, Mufadd. N° 16 v. 28,
Hodeyl. Koseg. N° 118 v. 20, Bolj. 7 p.' 89, Gezîrah
1) .îo no ronnais pas rc mot. D;ins le Snd, j».0 vpiil. dire rire
roiiil. p. o. pipno, ot, d'iinn fonimp, f'Irr polch'-r.
695
p. 138, 26, Arâgîz el-'Arab pp. 88, 160, 186. Huber
Journal p. 142: „Qelté est un radîr dans la mon-
tagne." Stumme T Gr. p. 45: gel ta, Pfiltze. Marçais
R M T A p. 473 : icdi, mare^ flaque, d'après Beaussier.
L A II p. 376. Je trouve dans mes notes sur le dialecte
du Negd: „idis est, au Negd, une fosse dans le rocher
où se collecte l'eau venant d'une chute qui sèche en été,
tandis que l'eau de la qellah reste." J'ai réuni toute une
liste des noms des collecteurs d'eau dans la langue des
Bédouins du Nord, mais cela ne fait pas partie du cadre
da présent ouvrage. Barth, Et. St. p. 86, veut que oiï
vienne de ^hp, m sich fassen.
24, 13: ma silqît = cj^ ^,^ ^■
24, 14: galabah = ^>Li: ^j.\^ GO.
24, 15: m an a. La négation avec les pronoms per-
sonnels suffixes. Cette particularité des dialectes a d'abord
été relevée par moi dans les Prov. et Dict. p. 91, pour
la Syrie, ensuite par Spitta Gr. § 32 b et Vollers Lehrb.
p. 34 pour l'Egypte, Snouck Mekk. Sprichw. p. 59 pour
Mekkah, Stumme T Gr. §183 pour Tunis, idem MGT
§ 201 pour Tripoli, et Marçais Gr. Tl. p. 188 s. s.. Dans
notre dialecte, la contraction n'a lieu que lorsque le pronom
suivant commence par une voyelle; màna (non ma ni),
ma [a] n te h ou mente h, milhna, [parce que ehna,
nous\ et cette règle s'applique également aux dialectes
précités. Cet idiotisme dialectal est répandu dans tous
les pays arabes. On peut dire que c'est une conjugaison
négative périphrastique du verbe être, comme l'a juste-
ment fait remarquer Marçais o. et 1. 1. Comme les formes
varient un peu d'un dialecte à l'autre, je vais en donner
un tableau synoptique des dialectes ci-dessus.
48
696
Pluriel
Singulier
^
o
1
*>
9
t-t-
2
c5-
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697
Le dialecte syrien s'écarte, ainsi qu'on le voit, des
autres, en tant qu'il a les formes m ànak, m an us, man-
koms, manliom [où l'a bref est pour A] avec un n
épenthétique. Fleischer croyait, Pr. et Dict. p. 92, que
d'abord on aurait dit m a n î s, ^J<^ -f [^^\ 'J' -|- L, et que,
plus tard, on aurait appliqué cette combinaison aux autres
personnes. J'avoue qu'un tel procédé par analogie n'est
pas tout à-fait dans les allures de la grammaire d'une
langue. Cette „formation par analogie" se produit en tout
cas d'une façon absolument inconsciente ; ce n'est jamais
de propos délibéré. Pour ma part, j'incline à voir dans
cet n, ou une contamination avec e n t e, e n t u, et m à n u s,
manhoms seraient alors par analogie, ou bien le déter-
minatif n. Peut-être Fleischer a-t-il au fond raison.
24, 15: lisez: esif ; 1. 18: gâ\
24, 17: yizekkin. ^j, a, o, prendre garde, faire
attention, aufpassen. y*^*-^) ^^à^j) ôj^ ^î )yf Lo |^jî,
prenez garde que vous ne veniez qu'au coucher du soleil.
Izkùn bi'aqlak = uhzi:ir 'aqlak, fais bien attention
à ce que tu fais ou dis. J^ ^^j, rappeler qqc à qqn,
recommander qqc à qqn. Zakkànt ^aleyk innak
ma tèhri') fi hfidem-bêt, ^e t'ai recommandé de ne
pas fréquenter cette maison. Zakkant 'aleyk innak
1) ^.=>, i. ^-^ (Jji O^f^- r*^'^"^'' '^ '>yionde frcquoile un tel.
Uli'c ,}^ l5-^ rV^'» ^'^■'' -f^'^^ ■''^ râunisscnl clirz Icio' chef =
iJsuLc ..éAULo. LiÀj! .kc , c->^ idb>U', la cliamellr reste auprès
de son pelil. On pont parlout ici iliro i^f^.- Cf. J-^.
698
la tigza' fi hridemmakân wahlùft àmri, ma
gara' fîk tistâhil, ^e t'ai averti de ne pas passer par
cet endroit, et tu as contrarié mes ordres; ce qui t'est
arrive, tu le mérites, ^s"- 1 z= ^y : : m o h u s i m 1 z k i u
bi'^aqlah, il ne fait pas attention à, il ne se soucie pas
de ce qu'il fait ou dit. Dô^an finit ainsi sa longue qasîdah
citée p. 402 :
^^y î^'i" Lo iA*J ^^ !>?J^- ^ i^Â^I ^JSS> f»-i>03, ^_cJ^ f^ J^
Dis aux Bin Salmâ: où sont-ils cette année?
Ils seront ruinés après avoir été attentifs [à leurs
intérêts].
A
0 Hâéimite! fais parvenir la réponse du MurquHte^
Qui devient fou {de joie) lorsque les vallons char-
frient de l'eau.
Ici le poète, à bout de rimes en fin, a donné à ^h
un pluriel ^\. au lieu de ^y ;• Autrement, ^1^ est
recommandation, avertissement.
24, 19: agâh. Il semble que 'L=> devient àga etagà',
ici 1. 23, un peu dans tous les dialectes de la Péninsule.
On sait qu'en Syrie c'est la forme ordinaire. En Egypte
aussi iga"). Le participe marocain m agi n'a pas été
1) L'original, écrit par un indigène, porte u>-Îj. Voyez la remarque
p. 069 note .3, et le Gloss. sub ij^.
2) Les formes gi, igy et aga de Spitta Gr. § 107 a n'existent
pas au Caire, ni l'impératif gi, non plus, o. 1. p. 230. La grammaire
de Spitta auiait l)esoin d'ilre revue et corrigée. Je l'ai fait, pen-
ilant un long séjour en Egypte, mais pnui- mon propre usage.
699
formé sous l'influence de m â é i de Tinfinitif ^^c¥j comme
le croit A. Fischer dans son savant mémoire, Marrok.
Sprichw. p. 203 note, mais c'est le participe de a g a.
Les verbes ji! sont devenus ^ pour donner plus de
corps à la voyelle initiale, qui sans cela tomberait, comme
cela est effectivement arrivé pour ^x=>î et jiS, devenus
SJ> et (jAi=>, Ji et ^JS'] oÀî>, fém., c>oÀî>; c>^ fém.,
oJ/. Le participe est ainsi traité comme celui des
verbes Joéï, ce qui est encore une des preuves du sen-
timent inné de leur langue chez les Arabes. De cette façon
s'expliquent mâkel, mâhed, Stumme Gr. tun. p. 21,
Marçais Gr. p. 71, ici p. 362 note 8, l'égypt. mûzi,
Vollers ZDMG 41 p. 396. Mâmir vient ainsi de ^T,
usité dans tous les pays arabes, et la réflexion que fait
Socin Diwan III § 181 est fausse d'un bout à l'autre.
24, 19: gê'â = ^'^ devenu j^, selon la règle Hdr
p. 386 et s. et ici p. 444 note 3.
24, 21 : y i t s a m 1 è 1 1 e k = d^ iiûUL. J'ai traduit par
attaquer, mais cela n'est pas tout-à-fait exact, car le verbe
veut dire se glisser d pas de loup, s'approcher en tapi-
nois, sich anschleichen, expliqué par ^è^ ^..^.m^, ou i_,a:>u»*:o
eU. Es-sâriq yishab willa yitsamlal fil-qâ' ula
gât el-^anam yinta^ha (ou yintahha), le voleur se
glisse eyi tapinois sur le sol, et lorsque les moutons vien-
nent, il en arrache un. Etsamlalinna em-dOb uhà-
warat^) em-^anam, le loup vint d nous en tapinois et
1) .!;> est le .son raiiqne (lu'émet le mouton lorsqu'il est pris.
Ce n'est donc pas tout à fait hclvr. On dit «jj des chèvres.
700
lea moutons bêlèrent. 0 b a h min e mç] ê b la y i s h à b-
1 a k ou y i t s a m 1 à 1 1 a k , fais attention au loup, qu'il
ne se glisse pas sur toi furtivement. Il me semble que
ce verbe soit un développement ou plutôt un dédouble-
ment de la consonne médiale par m de ^vL^", s'esquiver
sans bruit, sich loegschleichen z=z J«-woi, Bob. I p. 32, 3.
Comp. .-j-^" et ,^^4.^, monter sur une hauteur pour voir,
sortir pour voir, comme ^il», sortir; ^.-♦.ci-* <\.fP>, mon-
tagne ayant de hauts p)ics, ^*)y*-^, pi. :.v^U^^), de ^^
I.Ti.lr Gloss. s. V.; les syriens ,u\^, gro7ider (chien), et^iAP;
Xj et iixj, se glisser; ji et j^, piquer, et beaucoup
d'autres.
24, 22: yibhasèyn. (j^>:, a, balayer, est datînois =
Hdr (ji>.:>, ^Awâl. et Beyli. j^; cf. ^ï . ^-^ n'est
connu que des hadar et ne fait pas partie du diction-
naire bédouin. Au fig.: tout manger, faire table rase,
propr. balayer l'assiette. iUis:w«, màbhasah, balai, fait
de branches d'arbre, le plus souvent de ^^^^fy^, Ocimum
canum, tandis que le matàréah^), balai, est en "azaf.
d) I.Ii.li- v_jjl3xw, et partout ^3.
2) Observez qu'on ne dit pas ni à tr as a h, comme on dit màb-
hasah, màtraqah. iJ^J^ n'est pas balayer, mais asperfjcr cVcau,
et c'est bien là un des emplois de la matàrsah. .Te considère cette
dernière forme comme sémitique archaïque, et l'accent duil forcé-
ment tomber sur la pénultième, qui est longue. Dans niàdrasah,
la pénultième, étant brève, ne sauiait porter l'ictus, mais dans le
nordafricain medèrseh, elle devient longue et duil le porter. C'est
là la règle générale en arabe, et il est inutile de la complicpier par
701
o o
24, 20: daman. Kàdamat îàf^am-bôs lahtà-
raqat tetsàmma daman willa dimnah u ma-
hàtt em-hîyam yiban ba'^ad sànah, le tas des
excréments du bétail lorsqu'il est bridé s'appelle daman
ou dimnah, et l'emplacement des tentes est visible même
après un an Hdr. Mais en Dt iU/i^, n'est pas usité. ^^L^,
hébr. ]pi = (^îu>, est le résidu, les détritus de toutes
sortes qu'on jette sur la 'saSS. De cela, le mot a pris
le sens de fumier, partout courant, Meissner N A G I
II p. 80, et ^c>, i, fumer le champ, io^, = "Oman l\*a«,
R 0 § 262. En Hdr, un endroit qui a été habité dans
l'ancien temps est appelé icuj. C'est ainsi qu'on dit
iCixJsJt (.L-ii et 'SJ^ôô\ j^y, voulant par là indiquer que
les villes de Sibâm et de Terîm sont du temps des^Âd.
'»Sjt>CsS\ Jc5>î ^ ^^Ls, %m tel est d'une très ancienne famille,
dont l'origine remonte au loin, ei^ie uralte Familie. Le
nom de la ville de nipi, Ges.-Buhl H W p. 149, pour-
o
rait bien être le même mot icuo. On connaît le rôle que
joue ce mot dans les anciennes poésies arabes. Le com-
mencement de la Mo'allaqah de Zoheyr, Primeurs arabes
II p. 78: ^Jî |JbCj" ^ '»j^j> ^^53! J.I ^yiî est ainsi com-
des noms qui n'expliquent rien. Stumme T Gr. § 70 et ss., Marçais
Gr. p. 56. Matàrsah est pour moi un vieux mot cultural dont la
forme primitive a été conservée telle quelle. Cotte forme s'est per-
pétuée et s'est généralisée dans les dialectes nordafricains plus que
partout ailleurs. Je compte, en temps et lieu, parler plus au long
de ces formes »i'e.ssautéos" et »sursautées", qu'on a bien amplement
décrites, mais non discutées et analysées.
702
mente par el-A^lam: ù\JX J^ Sy*. U. ^\csS\ p\ iJ^cX-'^
liVji ^ajLj ytJ'j. La traduction de NOldeke, Fùnf Mo%ll.
III p. 14 : Si7id von TJmm Aufà noch Wohnungsspuren
(la est une traduction de l'explication .tju! J^, mais non
do \Xaj>. Stace p. 95 a: 'eJ^j>, pi. ^-o, a jpz'ece o/" ^a;KZ,
sens qui, d'après Dozy, était aussi courant dans le Maghrib,
o
et p. 103 ^y^J>, mamire, mais cela doit se comprendre
do la même façon que c^jiD, mcasure p. 95, Hdr Gloss.
S.V., et y-^àé, c'est-à-dire, la terre qu'on fume.
En connection avec cela, je vais mentionner le verbe
^ fort usité chez les Bédouins du Nord et dans le
Haui'c\n, demander asile et protection. ^J^o, donner asile
et protection. ^^Aj" et ^^Uj demander asile et protection
= ^^y. Je trouve souvent ces mots dans mes textes
bédouins du Nord: ;.nj^' c>>->^j ,J^ ii chercha tm asile
dans la tente du cheykh. Kân fîh wiiliad ûmsâheb
mart v^^ûhad tâni. Fât ""ala bêtu, sâfu ^andha,
winhazam. Lèhigu gôzha yirkod warâli. Iga
""a bôdar gôz el-hOrma uahad smalat^) ""adas
1) isoL*^ n'est pas tout-à-liiit poiiiiicc (Dozy), car cela se dit iCcoo
ou ii/ii-*J , mais la quantité de blé ou do tout autre {tlante des
champs, telles que lentilles, fèves etc qu'on ramasse avec une
seule main en une fois, un holteau non lié. Ainsi appelé parce que
le moissonneur saisit avec la main gauche pour couper avec la main
droite ce qu'il a ainsi empoigné. Le xLç«-;i de M. el-M. est une
erreur. On piunoiicu qqf siiirli dans la Montagne, mais c'est là
703
min el-bêdar, tedâman^) niis ugàl la ho m: dà-
hëlkora! "a la smulat ''ad as lâhàgni tayigtôlni.
Il y avait quelqu'u7i qui était l'ami de la femme cVun
autre. Celui-ci entre chez lui et vit Vautre avec elle.
L'amant prit alors la fuite. Le mari lui courut après
pour l'att7'aper. Il (l'amant) vliit à l'aire du mari et y prit
une poignée de lentilles. Il demanda la protection des gens
(qui étaient là) et leur dit: „Je vous supplie! A cause
d'une poignée de lentilles, il m'a poursuivi pour me tuer."
Haurân, à propos d'un proverbe. Dans le récit 'anazite
de Hôtrôbî, il y a: Gâlen el-banâh: y a walad ma-
^àzibak erhasùbak, nètla^ak min tàhat er-ru-
wâg utedâman bêt Ibn es-Suwêt. Jeune homme!
dirent les filles (à Hôtrôbî), les hôtes font bon marche
de ta personne. Nous te ferons sortir par dessous la
paroi de derrière, et tu iras chercher asile à la fetite
d'L es-Sivêt. Wetzstein Z D M G 22 p. 137 a : „^.,bCjL? lI^Lv.-,
wir lodhlten notgedrungen diesen Ort. iU-<îjJ ist = K J!
(tjjl), die dusserte Not, der Zivang. Man sagt : ihr werdet
nur sicher sein jS-o l^^'Aj" ^.^t, loenn ihr mein Haus zu
eurem Asyl macht G 0." Wazzân, au Maroc, est, d'après
Rholf, Mein Aufenthalt in Marocco, 1873, p. 24, appelé
iuLo ^b, la maison de refuge. Or, ce sens pourrait bien
se rapporter à ij^^, qui, d'après Dozy, est aussi le territoire.
On se rend à la dimnah d'un tel, d'où le dénominatif
une forte imâlah, comme J^-rVr- pour ^^'^ v. ]>. 301. \5nQJuinlce
se (lit à Diinias »5)j ; sur io littoral ;'y> ; les Bédouins 5i;jC.
1) Paraphrasé par ifU^X*-! et iO .L>U:*«L
2) Sur bani'ili voyez p. 283.
704
^J^^, Q^'AJ". Ou bien est-ce une prononciation afltàiblio de
^^ytJ^o, comme les classiques lX^j, j^'j et ^<^, j^^, Boh.
II p. 15, (de (jtIj, aussi olj), o!c et (_p!, Ôu'an'i^ en-Nasr.
I p. 234, ^Ai^ et ^ Nôldeke Fûnf Mo'all. II p. 73 =
le tun. j.l\ï, Stumme tun. Gr. § 13 P,
Le verbe ^^ j" que je viens de citer mérite une petite
digression. On entend souvent les Bédouins du Nord dire
o
d'un tel qu'il est') iCoLci^Jt ^j, chmnpion des jolies femmes,
1) Sing. ,-*-^, généreux et 6rai'e = y»Uit *Jr^'' GO, pi. iCxîUco,
comme *^k, *-^^j) M S 0 S V p. G9 N" 52. &:v*.^, _/w/ic femme =
Kj^ jit ^.l:,^JLJt G 0, pi. cjLa-*-^- Dalman, P D p. 8, rapporte une poâsie
sur le puits de Zamzam, qu'il faut lire et traduire ainsi: [mètre
li) (jsJOc -w_ I -v_ etc.]:
B î r e Z e m z a m '^a 1 é h h â r i s i n mû y e n à m
Wen-nesâmah '^alch mitle raffil-hamâm
Der Zamzambrunncn, an ihm ist cin Wucliter, dcr nicht schlâfl,
Und die Tapfern sind an ihm, wic dey Flug der Tauhcn.
Dans la célèbi'e qasîdah de Sa'^dûn el-^Awâgî, il y a ce vers:
Ya râkiban sallim "ala "^Agâbe waHgâb
Gûlu la M u z^il yan-nisTimah tebâteyt
0 cavalier! Salue ^Oqàh et ^Hiâh.
Dites à Muz'^il: O braves gens! Tu as longtemps tardé.
Wetzstein, ZDMG 22 p. 130, écrit mIJ^ï, jugendlich, et ajoute:
»das Wort scheint unverïinderlich zti sein." Wetzstein est ici dans
l'erreur, ainsi que cela lui arrive très souvent. Ayant contrôlé avec
des 'Anazites, pendant de longues années, tout ce que ce savant a
public, je puis assurer qu'on ne dit jamais iC/«uio, ce qui ressort
705
et on me l'expliquait toujours par ^^^^^ ,«uV. J> ou
^^^^JL*^. Jl Socin Diwan III Gloss. s. v. : ^^j, Beschiltzer.
Effectivement, LA s. v. donne à ^^y le sens de «o. C'est
peut-être une variation développée de ^c>, qui veut dire
la même chose, classiquement et dialectalement (Nord
seulement). A Aden, iojj, o, donner un coup de pied.,
icLuj, Stace p. 93, comme aussi class. xby ^^:, Hamâsah
p. 13. ^^t, défendre, donner asile. CsJss. ^y, chercher
asile, et ^J^ ^^jS, se défendre de. Burkhardt, Beduinen
und Wahaby, Weimar 1831 p. 264, dit: „ Une expression
ordinaire pour dahîl est, chez les Arabes, zeben. Ils
disent tezebbenet au heu de dahelet, et la tribu
chez laquelle un homme a trouvé protection s'appelle
mezbene." C est-à-dire, la tribu est un ^jx, asile.
Dans le Sud, ^-^ n'a pas ces sens particuliers. ^^\\
y est soutenir, aider, et ^^y secours, aide. L'idée pri-
mordiale est la môme. Mais ces mots ont leur sens tout
spécial, ^^y est secourir qqn €7i lui fournissant le z'ihi^,
aussi clairement du vers cité. Le iCjUi«oî oL^-j' de son récit p. 78,
9, qu'il traduit p. 97, 3 par die hïibschen Miidchen, doit être le pi.
iwLio, les braves filles. On applique aussi ce pluriel aux femnoes
dans ce sens, comme nous venons de voir dans iC«Uvv»J' ^^j, tandis
que oIa-*-^^ est jo/i'cs. Les "Anazites me dirent que (^«^ iC^Lio i^ji,
le mol nisâmah est un cri de bravoure, car pour exciter le cou-
rage à la guerre, on s'écrie iCxLxo Lj. Le pi. ni.sâmâ de Socin,
Diw. Gloss. s.v , est iOcLio, non ^uC>-j. Dans le Sud, *-^ est /o!<cr,
Hilr Glo.ss. s. V.
706
qui consiste en hommes et en munitions de guerre, iol-.
B e y t m i n n a k z i b ô n est je veux de toi les hommes,
le plomb, la 'poudre et ce qu'il (mit pour faire le vj^-
'ilfjM ^^■f Q^Lî, un tel est le soutien de la tribu, il
lui Iburnit le zibn. On s'explique à présent le zebeun
de Daumas, apud Dozy s. v., rétribution que reçoivent
les cavaliers après une expédition. C'est un de ces mots
nombreux qui sont immigrés en Afrique avec les tribus
sudarabiques.
Il y a aussi dans le Sud un autre ^^-s, demander un
prix cher. ^^,0:, fém. jG^j, cher. YebiiVùnah bizù-
bùn, on le vend cher. Idvi mitzàbbin "a le h, il en
demande trop cher. Istarèytah zîibûn, ^"e l'ai acheté
cher. Les autres significations, dans les dialectes hadar
et bédouins du Nord et hors de l'Arabie, se trouvent
chez Dozy s. v.. Ce thème, avec les dernières significa-
tions du Sud et du Nord renfermant la mOme idée pri-
mitive, n'a rien à faire avec l'autre ^j; = ^so, repousser,
secourir. Fraenkel F AV p. 189 dit, à propos du classique
^yt^, que ce mot n'a pas d'étymologie en arabe et il le
fait venir de l'araméen ]3î ,^1, ericachsen. Je crois plutôt
que nous sommes en présence d'un thème sémitique qui
se trouve dans l'assyr. zibânîtu, balance'^), car les
Araméens n'ont exercé aucun rayonnement sur les dia-
lectes méridionaux de la Péninsule. Il doit faire partie
du fond sémasiologique commun de l'ancienne civilisation
sémitique.
Qor. 96, 18 le Prophète appelle les ic*iljj à son secours
1) Del. II W H s. V. Wiiiikler A l- 3 \^. 47.
707
contre son ennemi acharné Al3u Gahl. Ce sont les bour-
reaux de l'Enfer, sur lesquels voyez Grimme Mohammed
II pp. 50 et 163. Ce mot ne se rencontre qu'une seule
fois dans le Qorân. Il ne figure pas du tout dans les
Traditions. La racine en est peut être ^j,, pousser^ comme
dans la Hamâsah p. 13, et les Zabâniyah seraient
alors ceux qui poussent le condamné dans le feu de
l'Enfer, .Uil ^\ «jyP^, comme dit Beydâwî ad locum.
La forme plurielle me fait l'effet d'être méridionale. C'est
sans doute un ancien mot babylonien. H. Winckler,
ASO p. 93 et A F III p. 47 le fait venir du nom du
signe zodiacal'), zibânîtu, balance. C'était le signe
de Nébo, dieu de l'automne, qui préside à l'entrée des
Enfers, et qui était le chef des iLoLij, ou des icC^U, Qor.
66, 6. Ce serait donc les balanciers, pour ainsi dire,
exécuteurs des décrets de Nébo-Mercur, qui tient la ba-
lance oïl sont pesées les œuvres de l'homme. Cette con-
ception de la balance ^\^\ s'est perpétuée dans le chris-
tianisme et l'Islam, tous les deux sortis de la religion
astrale babylonienne.
25, 1: h or t. .l=>, o, Hdr Gloss. p. 559, rentrer dans
Vaprès-midi. .l=> ou -v>, faire rentrer l'après-midi. 'A r-
rùnalhùr em-beyt, lasst uns nach Hause gehen.
H il u w i r u ou h ù w i r u e m-b ô s, faites rentrer le bétail.
La langue classique a également ce verbe: veiiir à et
revenir de, ainsi que l'éthiopien ^xd,- Les thèmes j»s>
et ^ s'enchevêtrent l'un dans l'autre. .l> s'emploie,
1) La XVIe maiision hinaiie est appelée , <JLii^' selon Ilommei
Z D M G 45 [.. r)97.
708
classiquement, aussi exactement comme l'italien tornare,
ce qui est également le cas de ses synonymes <j>., Je
et le classique tj^. Le vers de Lebîd, Hrilidî p. 22 v. G =
I. Qot. p. 151 =:L A V p. 296:
se traduit donc en italien :
E Vuomo non è, se non corne il fuoco e la sua Ince:
Egli (il fuoco) torna cenere dopo che fu fiaynmeggiantc.
orT Su'ara' en Nasr., I p. 234, dern. 1.. Nôldeke Z G C A
p. 37 et s. donne plusieurs exemples à l'appui de ces
verbes qui, tous, se traduisent le mieux par l'italien
tornare. Dans le Nord, ,v> est = e)^: -i^fii! ,.^, remue
le café. Nous disons de même retourner la salade. .\»f>.
bâtotmet ou cuiller pour remuer les fèves de café, Meissner
MSOS VI, p. 104, N°25') et note = Dt é^.
25, 2: sahlân. Le nom. gen. est J^-w ; nom. unit.
masc. ^çJL^; fém. iULî^ww. Le pluriel est ^^^L<'ww. Dans
notre dialecte, le nom. unitatis d'un nom. generis et
d'autres, est souvent formé en ^Jm. Cela se rencontre
qqf aussi dans le Nord: ^erùdî, rat et souris; en
tigré, selon Littmann, on le trouve également.
Mais la formation datînoise n'est pas une règle générale
i) Où il y a cuîmî bil mahâ iiir = .«iL^mj i^tj^', ce qui dénote
nn singulier jv^^j qui existe effectivement. J'avoue mon impuissance
pour prononcer le premier de ces mots. Va pour cnâni ou cuâni,
mais cil il ni est impossible. Et je ne vois pas poiu'quoi mon tsWilni
ne serait pas tout aussi bon.
709
Je donnerai ici une liste des mots que j'ai relevés de
cette forme:
i^c^f) pi- ^^^fi P^m du singe.
^coî^, sauterelle, aussi bol:?-; ■^^-^ n. gen..
l5^j==-> P'- o >-^ ^^ ^jr-' ^■^^' "l'^^^s ;^7 n. gen., souris,
'^Ji n. unit.
L.<Hy>, poisson et „î;ers qî^" sor^ cZ'wwe pZaee o?i des
narines du chameau"; o^ n. gen..
i^^o, furoncle, pi. J^L*o.
eçjL''^, fi'Mepe, >^|ji n. gen.; dans la lurah >^L.J est
n. gen. et n. unit., Noldeke Fûnf Mo'all. II p. 29.
^^j, mouche, pi. ^bo.
^^c>, nouvelle pousse à la branche, pi. Jî^â
^^^^, singe, fém. iL^^ ou iLo^^; pi. ^L^^ ou ^L>^. Les
autres formes des autres dialectes dans le Glossaire.
,^^i:<u«, voyez plus haut.
^e-X, 02seaw, pi. ^^ . ^ n'existe pas dans notre
dialecte.
^^yo, morpion, pi. ^Lo^; ^^ n. gen..
j^^ya, „ww oiseau qui crie beaucoîip", Jy2> n. gen..
^_,-Lyi3, mouton ; j^jLto n. gen..
^cJac, corde de ^azaf, pl.^^c, parce que iCiIjuL ^5iutJ =
M^^j, '({75 ?a tordent avec les mains.
, c^U, à côté do >_jU, corbeau, pi. ,.,Lji
710
^^l^é, caméléon; ^Li^j, n. gen., mehri fahaij, Jahn
M S p. 176.
q;oL]s, teigne des animaux à pieds fourchus, pi. q'^J»;
oUs, n. gen..
^_5L\A5, espèce d'oiseau, fôm. i^A^; pi. pas employé.
(j:jis', racine d'arbre srche, qu'on sort lorsqu'on défriche,
6?2c/ie cZe 6o/s, pi. ^y^.
j^^f, punaise; ,^r n. gen.. ITdr ^^jûs' = Mehri Jahn
M S p. 202.
^,-^, huppe, Upupa epops = »^aP. On m'a dit que le
pluriel n'existe pas^).
(_cj^, et non j», Hyrax capoisis, Hirsch Reisen p. 244,
^=j=>5, même sens, selon les uns, un reptile, selon les
autres. Mot employé hors de Dt. ri. ^y^J>l.
g:^>:pju, espèce d'oiseau, pi. ^Uj.
On ne saurait dire que ce sont là des qualificatifs,
1) Cet oiseai) a dû jouer un- rôle dans l'ancien monde oriental,
comme c'est encore le cas dans le monde arabe, voj'ez I. Qot. p. 280
et Dozy s. v. cXPAP. Il serait intéressant de rechercher s'il n'y a
pas quelque corrélation entre ce mot et le latin upupa, qui adonné
l'ital. upupa; le prov. upa\ le franc, huppe, lev. ail. /(»/>«, l'allem.
Ilaube. le suédois hvfon. Dire que huppe vient de 'upupa et l'allem.
Ifauhc de huha, n'est que fixer une étape de la marche: ce n'est
pas une étymolofj;io. Les enfants de Datînah chantent en voyant le
huhiiliî: w^^^i j-^ V^ -r^ ^r*^ huh! huh! huh! pluie et
rjernu-s (Vhrv1>es! Cf. Ni.ldoke l:Z8S W p. 11.1 et note.
711
car ceux-là, je les ai soigneusement éliminés. Du reste,
le pluriel s'y oppose.
Je vais à présent donner un tableau synoptique des
différents noms des moutons et des chèvres dans notre
dialecte. H indique l'ouvrage de Hommel: Die Namen
der Sàugethiere bei den Sûdsemitischen Vôlkern, ouvrage
que j'apprécie beaucoup.
In fugam vacui
jii n. gen. mâle et femelle.
masc. fem.
.^, taureau, pi. ^j\^ — s^Uj ^), vache qui se trait, pi.
[«^■, pl. Q^-*^ — «s^' OU &i>, pi. (3y>^), ge'nisse.
"g^ jy^==-) pl- -tv^'^r^j ^^^<^ ^^ femelle^).
5
5 >
ânesse.
^(^;,otA3 „ Yéman.
»
„ Yéman.
1) Mais déjà à ed-Dâliir tsyù.
2) = Jv>' = Jv?^; pour la forme 0V> voyez I.Idr p. 519.
3) Schwarz.lose, die Waden p. 86, donne une liste des no«is des
petits des animaux dans la lurab. Sur la forme de ^^.ci.a:>, voyez
ici p. 715.
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713
^^Lto, dân, n'est jamais prononcé avec hamzah. Hors de
Dt, il y a le n. unit. iCiUs, un mouton^ tandis qu'en Dt le
n. unit, est ^^c*^1 deyni, déni. Cette forme est pro-
bablement une contraction de ^c^^, car la langue clas-
sique a ^yU^ et iLoLo, LA 17 p. 119, Haffner AL
p. 74, Nôldeke B Z S S W p. 60 et s. et note. Cela fat
déjà de bonne heure contracté en ^^y>so et (^^, par la
permutation ordinaire de ay, ê et î, L A 1. 1., comme
déjà l'assyr. se nu, petit bétail, mais aussi moutons, Del.
W B p. 556, id. Gr. pp. 83, 88 [selon lui, imâlah de â,
mais j'en doutel, à côté de sînu. Il est curieux qu'el
Asma*^! ne parle point de ce mot, ni dans son K. el-
Farq, ni dans son K. es-Sâ^ quoiqu'on le rencontre dans
le Qorân VI 144: ^-yjil ■jt2\ ^^^ i^^^Àiî qL»^' ^^. Les trois
mots 3-^., .Lxc> et 'ï^^ ne se trouvent dans aucun
dictionnaire, parce qu'ils appartiennent exclusivement aux
dialectes du Sud. Mais 'i^^ se retrouve dans le 'î^^^
d'el-Meydânî, Hommel o. 1. p. 239, et dans ^^•>^),K. es-Ôâ"
\) LA VIII p. 25 dit que (j*j-*£, agneau, est un mot de Syrie.
Abu ^Arar el-Azharî: ^3-> (^^v-^-^-iîij ^^^^y^xJ. Gawâlîqî, el Mo-
"^arrab. éd. Sachau, p. 106 fin, le fait venir du grec; il pense à «ftvrfç,
Hommel o. 1. p. 239. Le mot a été employé par le khalîfah "^Abd-
el-Melek b. Merwân, LA 1.1.. Noldeke, o. 1. pp. 77 et 148, et Sachau,
0. 1. p. 48, l'assimilent à i^l'^N, [Levy W B I p. -102: a(jneaii'\ =
mand. i<"13Dy; dim. syr. : ^^oj-Lc]- Cette assimilation, quelque
tentante qu'elle soit, n'est pas sûre, en i)résence de notre *-wj:,
et Nôldeke a oublié que le mot babyl.-hébreu existe aussi en arabe = m.
-«^ et f, »-*', L A V, p. 92, 5, sur lequel Hommel a déjà, dans son
714
p. 18. C'est un développement de ^^f^ sur la forme [ic]i>i«i,
que nous rencontrons dans les syriens ,0;ï') et »;yÀ
Schdfchen, dim. en relation avec le class. ^\J>^ moutons, L A
6, 398, 10, Hommel o. 1. p. 242, Prov. et Dict. p. 127, et
Schàfchen. Ce dernier mot, de J^^^, est le pendant,
Siiugethiere p. 237, dit tout le nécessaire; idem A A p. 219 note,
Ges.-Buhl H W B p. 46. C'est un vieux mot sémitique commun.
(_^*5-^ et le fém. iL^^^ sont sans doute pour ij^^-^ et ^-^^^^i
avec dissolution assez ordinaire de la consonne double, et, comme tels, un
diminutif régulier des parlers du Nord et des dialectes hadar. Probable-
ment, immeru {^li'Oi^ n'a rien à faire avec Lr-^ir*-^- -^e me permets de
relover ici une bévue formidable de G. Jahn dans le Die Liehcndcn
von Amasia, p. 24 note 2, qu'il a publié après la mort de Wetzstein.
Il y dit: »iCo^, proslituce, femme méchante Dozy. De là vient le
français garce (putain), de même que garçon (forme plus ancienne
gars) de (j^jC (coquin, selon Dozy)." Dans mes Prov. et Dict. p. 140,
il aurait pu lire que iCo^ est pour iCw.c. Le bas latin garcio a
fait gars, et l'accusatif garcionem a fait garçon, qui n'est pas une
abiéviation de gars, comme le dit Sacbs dans son W B. Garce est
le fém. de gars. Le c ne devient jamais g en passant de l'arabe au.K
langues néo-latines. Jahn n'avait qu'à lire Littré pour être édifié.
.Te vois à présent que Nôldeke, Z D M G 01 p. 203, a aussi rejeté
cette étymologie, qui »schon etwas an Hammererinneit." La critique
de l'édition de Jahn par notre maîti'e de Strasbourg est bien douce,
car ce travail de Jahn est, je l'espère, le dernier reflet en Allemagne
de la science de Ilammer, de triste mémoire. II fourmille de fautes
provenant non seulement de Jahn, mais de Wetzstein lui-même.
1) BB p. 163, où il faut lire ^yyj. Les haieauv des Nahalcens,
'•^fr^^ J^îr^' ^'^^* "^^ï ^^' étaient-ils ainsi appelés, parce qu'ils
ressemblaient à un mouton ou bien est-ce >cépKovpoç1 Cf. V]bi^, bateau.,
L.idzb. Kplicm. II, p. 232 = bab. elippu.
715
quant à la forme, de i^jy^. Cette forme dirainutive-carita-
tive a été traitée dans mes Prov. et Dict. p. 127. Elle
existe aussi dans la lurah pour qq. noms d'animaux:
L,«.j-i, o^^s, Oycjî etc. i^3y= n'a donc pas besoin d'être
^emprunté à l'araméen avec la désinence diminutive en
usa", comme le croient Nôldeke, Mand. Gr. p. 148, et Hom-
mel, S Th. p. 239, mais c'est un mot de la langue parlée de
jadis. J'ai aussi entendu une femme syrienne dire à son
enfant y â fa r f ù r t i, ce qui est le caritatif du classique s^îj,
agneau^ Hommel o. 1. p. 239. On voit donc que les dia-
lectes sont une mine inépuisable pour le philologue.
ill est inconnu dans le Sud. ^y«, fém. 'û^^, pi. q'j;-*,
est un agneau qu'on engraisse à la maiso7i^ = Syr. (-î^"-«,
uhû* limhedî'' uyirbatûh (non yirbotûh) fira-
nûwârah yiria^ûn laban uyitzàbban 'alêh
môlàh yôm hû' sëmîn, et il est pour le gourmet, et
on le lie à l'ombre, on lui donne à boire du lait, et son
propriétaire en demande cher, parce qu'il (l'agneau) est gras.
Les Bâ Kâzim disent j«.ic, oii le c est si faible, qu'avec
l'article cela devient 1 â n i m i= ^lxS\ = jJîSî. Les Bédouins
à l'ouest de l'Egypte disent Jl, Hartmann L L W p. 127,
RMT A p. 470.
25,2: wahzor 'aqlak = dûac j^ G 0. ^j>, o, est
véritablement soupeser avec la main pour voir combien
ça pèse=jL 0. Ahmed b. 'Ali es-Sâhimî dit:
iiii ^jéy ^[^ vji*^ A> ^'3 i^'— v^ j)-^:. 3 ^-b^- o^^
716
Si les serpents (guerriers) se rassemblent et que leur
[feu de guerre s'allume,
Je passerai peut-être sans que les étincelles m'atteignent.
Chacun se met en garde et pèse bien sa conduite,
Et si quelqu'un déchire S07i châle, il le rapièce avec de
[la cotonnade blanche.
La suite du verset cité Hdr p. 523 s. v. v3ol est :
+
Vous avez pris (pour refuge) les montagnes d'el-Masna^ah
[du château],
Lorsque vous avez rejeté loin de vous toute réflexion.
/ 5 C )
^iUl^b' ,j>', pèse ce que tu dis. En Syrie, .^ et -^y^,
deviner.
5.
El-harâwah.
Le verbe ^*)f^^ marier^ ^^j^^-^ ^^ marier^ et ses dé-
rivés, est employé dans tout le Sud, à l'ouest de Hdr,
le Yéman et le mehri. Maltzan Z D M G 27 p. 264 donne
herauwi, fiancé, mais son identification avec ood^R,
sponsus, et y^.î, paire de bœufs, est gratuite. En Hdr
ce thème est rarement employé dans ce sens. S3y> y
est cortège, suite. Le verbe doit avoir une relation avec
G
y>, vulva, qui est devenu bilittéral, Barth Z D M G 41
p. 609, probablement d'un trilittéral 3y>, à en juger par
les formes sudarabiques, que les savants arabes n'ont
G o
pas connues *). ^ ^ me fait l'effet d'être académique,
quoiqu'on le rencontre dans les anciennes poésies, v. Gloss.
s. V.. J^\ aussi des vulves des mulets Z D M G 59 p. 609
en bas. C'est lebabyl. uru: ursa iptêma = LP.c> c>>.;s^
Dhorme o. 1. p. 196 v. 16. J'avais pensé au hawiru*)
mari, du Code de Hammurabi §§135 et 174, mais c'est
là^b^^rniru de la même racine que .L>, o, en arabe i.
1) De même, son synon. ^j*^ est ou le babyl. k uzbu, Dhorme
0.1. p. 192, 22. 19G V. IG ou kussu, amour.
2) D H Millier dans sfon excellent livre »Die Gesetze Hamraurabis"
transcrit incorrectement hawiru.
718
Un Bédouin des Bii Kâzim a composé ce zâmil dro-
latique :
iCiLJb \/\-s. ^1^ ^^! (\.^-î^J>
ifa famille m'a marié à ime pucelle tiubile:
Pas une n'est comme elle clans en-Nizeylah et en-Nazîl.
J'ai deux épouses^ et c'est que faime V amour !
Elle n'est pas mal (sie ist nicht schlecht ausgefalleti),
[et moi, je ne suis pas avare.
_^,:>, fiancé et jeune marié, comme l'est aussi son
synonyme du Nord t^-j-c, Boh. VIII p. 53, 8 oîi le Pro-
phète est appelé ij^*,^ le lendemain de son mariage avec
Zeynab; Hartmann L L W p. 54. bjj,=>, fiancée, jeune
mariée. Les deux mots aussi dans la Tihdmah, Glaser
Peterm. Mittheil. 1886 Heft I p. 7. Après les sept jours
passés, on lave la tête à la harîwah, yintorèyn
râsha^), et cette manipulation faite, elle n'est plus
harîwah, mais 'm.=>. Un Beyhânite m'a raconté l'anec-
dote suivante: Une femme buvait le café avec un Bé-
douin. Elle voulait se marier et le pria de lui lire la
fâtihah. Ce qu'il fit de cette façon: El-ffitiha la rôh
1) Chanté harwiini ahli où ni est bref.
2) Pour nazil et baljîl. 3) Pour w^:>' ^b-
4) = o^xij.
5) Pour yinioreyn, ylJ, o. SJo, lavage de la /é^c ; voyez Gloss..
719
iil Bâl-Hayyât*) uâl Bàl-Gallât* yihàrwi rigga"^)
uyitalliq el-miharwayât*bigah es-sêh Bû Bakr
môla ""Aynât^}. La fâtihah pour Vàme des Bal- H. et
des Bal- G., qui marient les divorcées et font divorcer les
mariées, par la puissance d'Abu Bakr, seigneur de ^Aynât.
Le Bédouin, homme facétieux, raconta sa rencontre avec
la femme à mon Harîbite 'Abd Allah, qui était curieux
de connaître ce genre de fâtihah.
26, 5: hsez yiqrubûn, le dialecte datînois n'ayant
. pas o = g.
26, 7: tàrib. ^^ o^-^y^ L, je n'ai envie de rien, .
26, 14: yesù". cUi, o, aller de maison en maison pour
inviter au mariage. L'idée primitive est aller par ci, par
là, herumgehe?i =: ij^l:>; o. Es ma%h yisû*^ quddâm
bèytena, qu'est-ce qu'il a qu'il rôde devant notre mai-
son = ^J^_^^\J.. Le fiancé est alors ct^, mais ses amis in-
vités sont également ses Kc^, p. 27, 1, p. 121, 6. L A
X p. 54, u, donne ;iot*^ j^yi-f ^y^, dont serait venu '^j^^,
L A X p. 55, u, qui se trouve aussi en hliyânî et en
sabéen, DH Mùller EDA p. 72'*). Cependant, cette idée
1) Les B. Haj'yât sont des santons enterrés à el-Rêt, Arabica
V p. 41. Il y en a encore trois familles à el-Qasâb. Les B. G allât
sont des santons de Beyhân.
2) ^^^K. divorcée ou veuve, pi. ^^j = Dt •r}-^^ P'- -rr^'
3) Arabica V, p. 206. Aussi ^Ènât et Inât, comme en babyl.
Del. Gr. p. 96a, §39.
4) Le_^U cyi de Osiander 8, 7, D II Mùller o. 1. p. 37, pour-
rait bien î'tre f?=— < r'^*f^-, ^^^ pnrtisn)is de leur princr^ les pL**'
du Diw. Hâtini Jey Schulth. N" LXVIII v. 1.
720
n'est pas renfermée dans le verbe datînois et elle est tout
le contraire du sens primordial de ^Ui, i. Le class. jCcLi
iJy!,\ Jc>Jt, épouse, est à noter. La racine ^yi est faible-
ment représentée en arabe classique, mais les dialectes
la connaissent davantage. Dans le nôtre, ?yi! est chiche^
sordide, mais aussi très grand et mince, ^y^ ic>^, figure
renfrognée. Dans la lurah cyiî est celui qui a les che-
veux hérissés, Hafifner L A p. 174, 15, L Doreyd GE
Handb. p. 252, 6, ce qui concorde bien avec Hdr Gloss.
p. 628 s. V. ') ^^-.^4^t f!y^, lever du soleil R 0 p. 203,
12, comme chez Rôssler MSOS I p. 71, 7 d'en bas.
26, 16: 'afrah. La vraie forme est sjii, qu'on dit
hors de Dt, pi. Jjil ou ojjài. C'est la peau d'un petit
agneau, jix?, ou d'un petit chevreau, ^J^. On en fait
des blagues à tabac, des oiitres pour l'eau, sUllxi, et des
sachets pour toutes choses. ^! a^, le sachet à café,
comme dans notre texte. Dans les dictionnaires, nous
trouvons jtl, petit du chamois, et Âd, veau.
26, 20 : m i t r e f f i d î n n a k. De même ici, m û z i n n e h
ou mùzlnneh, 38, 6 et note; zâqirînnah, 64, 24;
mûsâhibinneha 149, 18; kâme'ànnah, 165, 212).
Dans le volume sur le Hadramoût, p. 166 note, j'ai dit
i) Py^^ j-S I- Doreyd o. et 1. 1.. Dussaud, Voyage archéol. au
Safii p. 35 N" 7 : ^^yi^î, nom propre.
2) Où l'a est sous l'influence du c. Voyez d'autres exemples,
Arabica, V, p. 139.
721
que cette forme est rare hors de ''Oman, mais cela ne
s'applique qu'au dialecte de Hadramoût. Elle est, au
contraire, commune dans les pays à l'ouest de là, même
au Yéman, mais son emploi y est pourtant limité, ainsi
que nous allons le voir. Je vais d'abord en donner des
exemples tirés de mes notes ') sur le dialecte de Datînah.
Singulier. Su d i b a r i k i n n e h , qui Va fait agenouiller ?
Ana râhiminnha, je l'aime. Su di kâtibinneh,
qui Va écrit? Ana kâtibinneh, moi., je Vai écrit. Su"
di hû' ^i m il in n eh ou '^ammâlinneh, qui le laboure
(le champ). Ma bârûwih, ummi lâbigînni, je ne
m'en irai pas, ma mère va me battre. Su di musû-
wiyinnah, qui Va fait? Màna si "âwizinneh, je ne
le veux pas. Ana g a y i n n a k ^) b â k i r, je viendrai
chez toi demain. Em-râhileh dêrinneh'), la chamelle
ne se soucie pas de son petit. Râbit innehom min
ez-zina fi môledeb, il leur a défendu de s'adonner
à la débauche pendayit sa fête. Em-màrad mâkkinni,
1) En composant le premier volume, je n'avais pas encore trié et
ordonné les milliers de fiches que j'avais alors et que j'ai à présent
augmentés d'autres milliers. Je n'avais pas encore alors fait de fiches
pour les nombreux textes que je me suis fait dicter des dialectes
méridionaux. La traduction des exemples rend le sens qu'avait le
participe ou l'adjectif verbal dans les conversations lorsque je les notais.
2) Le gâinek de Brode, M S 0 S, V, II, p. 11, 1. 3, est une
erreur. Ce texte est tellement mal noté, qu'il faut absolument le
laisser de côté. On ne doit rien publier avant d'avoir bien appris!
Les textes de Rossler, dans le même recueil, sont au contraire
excellents. U y a peu d'erreurs.
3) jjp est pour jjjo et dans ce sens il n'a pas de forme féminine.
A
On prononçait aussi dé'irinnah, et diiirînnah n'était pas ac-
cepté. On l'expliquait par sîUji tîn nah =: Likii»L«.
722
la maladie m'a extémié. Crallabinneha, je V ai amenée
pour la vendre. "^A r r â z i n n h a *), il lui donne à manger
(au chameau). Ou di hàd em-maqsai"? Hù meljab-
b'innha'-), m os mibey yi n i nn ha, qui a pris le
panier? C'est lui qui l'a caché et il ne le montre pas. Yi'^
mesinnah kamat-têri, ^^^^ ^ *JÎ'^) Lfy^ ê>i ^^^^
se le figurait comme un oiseau. F en em-sadêrieh?
Ma^allaqinneha, où est le gilet? Je l'ai suspendu.
Stf di harrag et-tib'^ân? Ana meharriéinnehin,
qui a dressé les petits taureaux au labourage? C'est moi
qiii les ai dressés.
Ana merkinnak ou m q v ^\ nu2i^ Jet' appuie, ^/J.
Abûh muhdiyinnah, son père l'a gâté. Sahîh
fëlân mendiinnak qurûs ou mendinnak, est-ce
vrai qu'un tel va te donner de l'argent'? M.\?^n\\\\ nQ\i2i%
c'est un brave. Hf mâqâdinni ou màqâdiînni, elle
est e7i face de moi. H û' m i t h a d d i n î n n h a '') , il la
tient dans ses bras. Hû" mehâlifinnak, il est ton allié.
Pluriel. Lahna qâbilîninnah, nous l'acceptons.
L a h n a h à m i 1 î n î n n e h o m, nous nous portons garants
pour eux. H â m i d î n i n n e h, ils le louent. M à h n a si
%wizîninnes, nous ne voulons pas de toi (fém.)
Wùssehom di ho m labigîninneh, qui sont ceux
qui vont le frappera Wuésehom di hom musûwi-
yîninnah, qui sont ceux qui l'ont fait?
■l)jj^) i, en lui fourrant les roseaux dans la bouche.
2) Plus lentement, on prononçait meha bbiyînneha.
3) Observez la forme masculine.
4) Voyez p. 328 note 5.
5) Prononcé lentement mithaddin'i nneha.
723
Eé mà'na el-habb sawf?') Mirbisîninnah.
Quelle est la signification de elh.-s.? [Cela veut dire qu']
ils Vont mélangé. Hom mehâlifînin na, ils sont nos
alliés. Hâdâlà' meqâdi [y]îninna, -inni^), ceux-là
sont en face de nous, de moi. R a h h à n ! ■'') s â r i q â t
înnak, attention! elles vont te voler.
On aura déjà vu que le participe se rapportant à un fémi-
nin ne reçoit pas toujours au singulier la forme féminine,
et Ton se sert de la forme masculine en parlant de ou
à une femme (ou chose du genre féminin), (jâibinneh
peut donc signifier il ou elle l'a apporté ou rapportera.
L'adjectif est dans le même cas. Nous trouvons dans
ces textes: ^^^ «^ 20, 23; ^_^L^ L^^ aAxijLl!, 62, 11;
iJî yjî^ g, 64, 2-i et note 8; Joc^ «ii, 73, 11; ^5;'^ ^3,
1) t_5y^, a, se dit de la terre lorsqu'i7 n'y pousse rien par
manque de pluie. (j:y^ L>^;^'> ^« terre ne produit pas de récolle.
c>Jaa3 iLL<'.ÀJî, le palmier est en mauvais état, mais non desséché,
V. Dict. (j^r»i (J-» ci*Jy^) js suis exténué par la maladie.
(^_5yaot, être dans la *|y>3, pénurie de blé. i^>t^ v-.*-^vJ', le blé
est frelaté, sale. (_,/j5^! q^ ^y^ U-^j"^', la terre est dépourvue
de blé. i^Y^ U^y^\ ?c bétail est harassé, soit faute de manger,
soit à force de travail. >— ^^^ ^^ '^ '\y^ U^;*^' i3» '^ y a cherté
de blé dans le pays. Un poète des 'Abâdil dit dans une longue qasîdah :
*\y.sl\ ^ P Vt*5 '^^-""■'f:^ 0-» !>j''-* (^-^^^ L_î'^iL>t c>v>^ SJSa ^^X^
(mètre en désordre).
2) in ni prouve que inna n'est pas = UJ, voyez p. 726.
724
81, 1; w-.:^.iU>o, 99, 7. Hf dâri inn el-'audeh
m a 11*^111, elle sait que la vieille est méchante (maudite)
Dt. On trouve quelquefois cette construction chez les
anciens poètes'). Enti katibetin neh, Vas-tu écrit?
(à une femme), pourrait se dire, mais kâtibînneh
serait préférable, contrairement aux dialectes du Nord,
où le fém. est usité: »sjLli Z D MG XXII, p. 192
note (Wetzstein), et au dialecte de 'Oman: dâribitu
M SOS V, II, p. 17, 1. 9; RO §§250 et 256. Haurân
et Béd. Syrie sâifîtu =3iJCàjLii, et ainsi tous les parti-
cipes de cette forme: bint 'a m mu rûidîtu, ""anazî.
Il ressort donc de ces exemples que 1° le suffixe est
l'objet à l'accusatif du participe ou de l'adjectif verbal ;
2° ce suffixe est collé à son régime moyennant le mot
inn (non pas in); 3° aussi bien au singulier qu'au
pluriel; 4° le participe a tantôt le sens du passé, tantôt
celui du présent ou du futur, en harmonie avec la nature
intrinsèque de ce temps, mise en évidence par le beau
mémoire de Reckendorf, Zum Gebrauch des Partizips im
Altarabischen, dans les Orientalische Studien, présentés
à Theodor Nôldeke lors de son 70 anniversaire. Je
demandai une fois en entendant: hom sâriqînînnah,
ce que cela pouvait signifier par rapport au temps, et
mon interlocuteur répondit très judicieusement: il faut
demander : s a r a q û h ô \\ d h o m. Vont-ils vole ou pas
encore? Mais le sens futural me paraît prédominer dans
4) Jv^ iU=>, 'Omar I. er-Rabî=, 171, ". (Jjx Ji!, Mo'alI.Zoheyr,
Àhlw. p. 95, V. 22. D'autres exemples chez Noldeke, Zur Gramm.
des class. Arabisch p. 22, et Z D M G 58, p. 902 note. Le même,
Funf Mo'all, III, p. 29. Cp. LA s. v. wJl5>) et Hdr Gloss. sub v/^-
725
la conscience populaire. Cela est tellement vrai que, lors-
qu'il s'agit du temps passé, on préfère le parfait ou le par-
ticipe sans inn: wiàssi di labagèteh, qui est celle qui
Va battu ? au lieu de 1 â b i g i n n e h. Le participe et l'adjectif
verbal sont plus employés en ''Oman que dans les dialectes
plus à l'ouest. Du reste, cette construction n'est pas non
plus de toute rigueur en 'Oman, car nous trouvons dans
les textes de Rôssler hna mâhidînha o. 1. III, p. 12,
1. 9, et msauwînhin p. 26, 1. 10; v. ici p. 727
note 2. Cf R 0 § § 250 et 256, d'où il ressort, ainsi que
des nombreux exemples dans sa grammaire et dans les
textes de Rôssler, que cet emploi du participe ne se limite
nullement au temps passé. Par le texte publié par Wetz-
stein, Z D M G XXII, nous savons que le participe avec
inn [chez lui ann] se trouve aussi chez les Bédouins de
la Syrie : iJIi.bj l\oij ^^^ x^àjL^ ;j=j>.L*J! o'ji^,, es war ein
Schiltze ; derselbe hatte ihn nàmlich von Weitem geseheyi
uncl sich herangeschliche?i. D'après ses collaborateurs
bédouins, p. 192 note, la différence entre p. e. sL)Slo et
jJids'U) serait que le premier veut dire: elle est en train
de le manger, tandis que le second signifierait : elle V avait
mangé. En tout cas, cette différence, à moi inconnue,
n'existe pas dans le Sud. Ce que je sais, c'est que dans
notre dialecte, mâkilinneh veut dire: elle le mangera.
Socin, Diwan, III. § 154 dit que cette construction ne
se rencontre pas dans le Negd. Dans la désopilante et
poétique brochure de Glaser Suwd" und al-^Uzzd und die
altjem. Inschriften, où il démontre à l'évidence l'inca-
pacité phénoménale de H Derenbourg, il donne p. 1 7 deux
phrases de la langue du Nord du Yéman: an a lu\i>i-
726
rinnkum elhadd, ich verhiete euch die Qrànze, et sou
antithèse: an a muhdirinn el-liadd lakum, ich er-
lauhe euch die Grdnze. Ces i)hrases me font l'effet d'être
du cru de l'auteur. On dit dans le Yéman, comme par-
tout ij y^\^ , et i n n k u m ne peut pas être pour ^i^l,
comme inna est pour 'uJ. Et pourquoi dit-il dans le
second exemple lakum au lieu de muhdirinnkura
oîi la construction doit être la même? Si hâéirînn-
kum peut se défendre = |*XÎI y>'u=> = ^/^'l^, muhdi-
rinn, sans le suffixe, est impossible. J'ajoute l'accent,
car l'ictus doit bien être sur la dernière à cause des
deux n. Dans le Nord, on entend quelquefois la nounation
a n a r â Ë_i b a n (r â Ë i b i n) f a r a s a n, je monte une ju-
ment, mais l'accent n'est alors jamais sur la dernière.
La mémoire de Glaser lui a fait défaut.
Avant d'aller plus loin, et pour éviter toute équivoque,
je fais observer qu'il y a une autre construction qui
ressemble à celle-ci, mais qui ne tombe pas dans la même
catégorie.
P. e. yislahinna:= Lo ;.'Xw_>, il rigole avec 7ious ;
heyrinna =: Uî yff>; katibinna ^ IjJ >^^; ta'^siv
m i n n a :=: LJ jw*ou, elle nous cuit, 39, 26 ; t e s i n n a =
Ui ,^er^, elle nous fait, ibidem; yôrinna^rljJ .yi
MSOS, VII, II, p. 122, v. 3. Cela n'est qu'une assimi-
lation des deux liquides'), car selon el-Bohârî VI, 73:
^^U=>! C)^'^ r"^'- Cette assimilation de J avec un ^^
suivant est partout très ordinaire: arsannà"* lak ku-
4) Stumnie T. Gr. §2. Marcais Gr. p. 131.
727
t â b, nous t'avons envoyé un livre ; h u s û m i n n a, =
UJ cy.^^; h a m an ni =: ,^0U> MSOS VI, ii, p. 110,
N° 41, V. 1, et en Afrique: yurbtinna = 'ulS -Laj-j,
y a h a r q i n n a r:r UJ oy>r. ^)- Lahenna = LJL^^) , ^Anazeh.
Maintenant, comment faut-il analyser cette construction
avec inn*). Reinhardt, dans sa grammaire du dialecte
de 'Oman, propose trois solutions: 1° la nounation avec
redoublement du n, à cause de l'accent, comme dans
"an ni, minnek etc; 2° une préposition, cachée dans
in, pour indiquer l'objet, sous l'influence des formes avec
les prépositions v ^t J qui se collent enclitiquement au
participe. En cela, selon lui, il faut considérer :
a) l'existence du suffixe-objet ni au lieu de i;
b) la forme fém. sing. du participe, p. e. nâli mit-no,
elle l'appela, comparée aux formes telles que \j juUic,
■^ô 1 m à n i tb o, elle en avait connaissance, ^ ii^'o'uw, s â d-
kit-li, elle me massait;
c) des formes telles que d â r b i n-n h e, il la battit ;
3° En admettant une transposition de la deuxième
voyelle de la forme du participe avec la préposition n.
De cette façon, dârbi[n]ni serait pour dârib-ni.
Pour la nounation se sont prononcés carrément Wetz-
stein^), ZDMG XXII p. 123, et Socin, DiwanIII§154
\) Stumme, Gr. tiin. arab. §§133, 138 (p. 110); idem M G S T
p. 270 §158; Marçais o. 1. p 27.
2) Elle n'est pas, du reste, absolument nécessaire, car nous trou-
vons chez Reinhardt, §426: hîya ed darb bu hâtfînhe, cest
là la roule sur laquelle vous marchez ; plutôt : est-ce là la etc. ?
Voyez ici p. 725.
3) 11 se contredit cependant en proposant, o. 1. p. 192 note, la déii-
vation de «Lj! bLcLi, ce que Nôldeke a déjà condamné, W Z K M IX, p. 12.
50
728
et G G Adz. 1895, n° 2, p. 128, tandis que Vollers est
plus prudent: il la trouve bizarre et se demande avec
raison comment on voudra alors expliquer le pluriel
dârbîn-no, ZDMG 49, p. 504.
Nôldeke, WZKM IX, p. 12, n'y voit pas la nouna-
tion, mais la réminiscence de la voyelle dTrâb qui aurait
la première personne pour point de départ, J^j-^, et il
y cite des exemples de quelques auteurs anciens.
Je vais à présent envisager de près ces opinions. La
nounation a bien laissé des traces profondes dans les
dialectes modernes, ainsi que je l'ai exposé dans ma
brochure „La langue arabe et ses dialectes", mais seule-
ment au nord du Rubâ' el-Halî, nullement dans les dia-
lectes méridionaux. Dans le dialecte de ""Oman, elle est
très rare et ne figure que dans des locutions savantes,
abstraction faite de quelques cas isolés, qui proviennent
d'un rayonnement des dialectes bédouins du Nord'). A
l'ouest de *^Omân, elle disparaît complètement, à l'exception
de a b ad an et de kulle[ê]n^). Or, je demande: comment
le tanwîn aurait-il pu se conserver aussi régulièrement
dans ce cas particulier et dans des contrt'^s oîi cela ne
fait absolument pas partie de l'idiome parlé? Et pour-
\) Nuldeke WZKM IX p. 11. Kemmîn, o. I. p. 12, n'est pas
tanwîné, mais provient de Q*i = q^ j*.5 , comme ^^yo de q-»-
La ^oime allonjïée mîn n'est pas du tout seulement celle de la pause,
comme le dit Wright, Lecturrs p. 124.
2) Sufran et guflan, I.Idr p. G5, v, 11 et 13, sont des cas
isolés qui ne comptent pas; le poète, connaissant cette désinence,
en avait besoin jiour le mètre. Cp. La langue arabe et ses diale<tes,
p. 27.
729
quoi cette construction n'existerait-elle pas dans le Negd,
où les restes du tanwîn se rencontrent à tout bout de
champ? Les Arabes, qui ont si merveilleusement con-
servé leur langue depuis l'époque la plus reculée, auraient-
ils introduit une telle horreur grammaticale que de coller
le suffixe-objet à un mot tanwîné? Franchement, je ne
les crois pas capables d'un tel crimen laesse grammaticœ ^).
Et de plus, ils auraient appliqué ce même tanwîn au
participe pluriel ^^J^ en y soudant les suffixes ! Quant
au tableau donné par Reinhardt § 250, il faut remarquer
que inn n'y est usité que pour le singulier masculin
et le pluriel féminin. 11 y a chute d'un n à cause de
l'accent sur la dernière syllabe du mot féminin, et pour
le pluriel il y a contraction à cause de la rencontre de
trois n, car le mot intercalé est, comme je l'ai dit, inn
et non pas in. Reinhardt et Rôssler^) n'ont pas voulu
marquer ces deux n, en acceptant une fausse opinion
parmi les philologues modernes. On voit donc que les
dialectes de Hdr et de Datînah, mieux conservés que
ceux de "^Omân, ont ici la prononciation pleine. C'est
ainsi que le Datînois dit darib[at]inneh et dâribîn-
inneh, tandis que les ""Omanites disent dârbitno et
d â r b î n n 0.
■1) Th. Bent, lui, est, bien entendu, d'un autre avis, voyez Hdr,
p. 91. Il y a des exemples de nisbah formés de mots qui ont con-
servé l'article sabéen, p.e. Kaukabânî, Ha^arânî, Baqarânî,
î >
éul^ulânî, de ,.j"^.>'.l:>, enregistré par les lexicographes à cûtô
de JsiOL>; (j^Ûb- et ■^^ Boh. III p. 184/5.
2) Qui écrit cependant quelquefois aussi i n n devant une consonne
p. e. innkum M SOS III, p. 10, 1. 19.
730
Quant à la deuxième solution proposée par Reinhardt,
elle a déjà été rejetée par Noldeke, et avec raison. Ce
serait ce que les grammairiens appellent J-»jc' io^iixj j.^,
mais dans ce cas, x vj'*-^ ferait dans le dialecte de ''Oman
dârbillo. Je ne suis point sûr que le suffixe de la
première personne soit ni, et non i. Classiquement, c'est
i pour l'accusatif, avec le participe, comme on sait, quoique
n i se rencontre aussi comme phénomène dialectal, Nôldeke
W Z K M IX p. 12, note. Le mot de liaison étant inn,
cela ne souffre pas de doute, le n de ni serait absorbé
par les deux n déjà existants. Les remarques b et c
n'ont rien à faire avec cette solution.
La troisième solution est un peu confuse, en tant
qu'elle ne considère que la première personne du suffixe
et n'explique point les autres personnes. Il n'y a pas de
transposition de voyelle, mais chute régulière de la deuxième
voyelle, la troisième radicale faisant syllabe avec la con-
sonne suivante: dâr-binni, dârbinnak, etc. ne diffè-
rent point de sâd-kîtli, sâdkitlak §255. Mais il y
a anomalie dans le fém. sing. cl âr bit no, elle Va battu,
où les dialectes de l'Ouest ont la forme pleine. Je ne
me l'explique que par l'immuabilité de l'accent sur la
finale féminine du participe, ce qui empêche la forme
pleine qui devrait nécessairement avoir l'ictus : * d â r-b i t-
inno =: dâribatinneh des Datînois. Reinhardt revient
encore, à la page 273, sur cette „préposition cachée dans
in" en citant des formes du dialecte de Bagdad, telles
que ''a 1 ô n u ') = \JU;, b î n u = nj, a b ù n u =r ^jJ, et
qatalûnurrr •>^.
1) Nuldeke, W ZKM IX, p. 13 note, ne croit pas qu'il y ait ici
731
Yahuda, qui semble être originaire de cette ville, a publié
une liste de proverbes de ce dialecte dans le 0 S Festschrift
de Nôldeke. P. 403 N° 3 il dit, à propos de as midrînu:
„In yj^Jwc steckt das Partizip der IV Form, wie schon
Meissner, M S 0 S 1901 Abt. 2 N° 85, richtig erkannt hat ^).
Das ^^ wird bei der 3 Pers. sing. stets nach einera
Vokal den Verben, Partizipien, Subs., Pron. und auch
Prapos. sufflgirt, so: s^^ hibbînû, bewahre ihn, ver-
stecke ihn, «'uiLw (i)s q â n û, er gab ihm zu trinken, ^^Ui
sâfônû, sie sahen ihn^ ^u\>Lc ^^ xjjjJi qiirônû min
'en de m, sie toarfen ihn hinaus, xjjSlX-o (i)mdâwînu,
un n û n épenthétique. Epenlhétique oui , mais la provenance en
est obscure. Je rappelle ici le rôle que joue le n en babyl. et en
sabéen avec certaines prépositions, Hommel Sùdarub. Chrest. p. 49,
Glaser, die Abessinier, p. 206 note et p. 2H, Konig L G II p. 254
et ss. 258 note. A présent, Barth, S W U S p. 11, veut que nu soit
»le suffixe même de la I p. sing. raasc."
1) Se trouve déjà dans mes Prov. et Dict. p. 274, comme tant
d'autres choses dialectales. C'est le pronom neutre ^, cela, et non
lui; voyez i^f^, Yahuda N° 4. ^j^^, Pr. et Dict. Gl., = (J=j^V '-*,
Qor. passim, I. ?aM III i p. 289, 3 d'en bas. Le Prophète, qui aimait
cette locution, aura sans doute dit m udrîk, mais les savants, ramenant
la langue parlée à une allure i)lus »classique", l'ont rapportée en
scriplio ploia. Dans le Sud, on dit: S\-^ u*''j est-ce que je le sais,
M OC.
moi\ vil'.O (jit, est-ce que tu le sais, tuil =:Qor. ii)'.o! Lo. Lorsque
le Prophète devint plus routine, il se servait foit i-arenient de ces
(ilLjl U et li^j^Aj U, qui paraissent avoir aussi fait partie du
langage des Kâh i n.
732
der ihn Heilende, x-^-^-j^ r è m î n û *), der ihn Werfende^
«LjL^iws mistranû, sei7i Einkauf, ^^! abùnu, sein
Vater, sJ linu, iJim, s^ bînu, in ihm, sAs. (eyiênû,
auf ihn, u. s. f." Nous y trouvons aussi wiyyânûr=
»b|5 N° 10; lini = ^oJ = ^^ N° 13 ; >^ = w et îdênu
N° 15. Le même nûn épenthétique se trouve dans le
dialecte de Môsul, ZDMG XXXVI p. 11, s, p. 17, u.
Quant aux qatalûnu de Reinhardt et qiironû*) de
Yahuda, ils pourraient bien être le pluriel dialectal qui
se rencontre partout en Arabie [nous l'avons ici N° 96
V. 6], modelé sur l'imparfait, ce qui a déjà été relevé
par Nôldeke, Beitrâge z. Semit. Sprachw. p. 18. Mais,
vu l'analogie des autres cas, cela est moins probable;
c'est aussi l'avis de Brockelmann G Y G S S p. 52. On
est porté à assimiler ce ^^^ au i^i^î ^,y des grammairiens.
S'il a été intercalé pour empêcher le hiatus entre les
deux voyelles, il faut absolument admettre que les pro-
noms ont perdu la laryngée initiale, sans quoi l'épenthèse
n'aurait pas sa raison d'être.
Ce phonème adjuvant inn entre dans la composition
d'autres mots bien différents. Les dialectes tunisien et
1) Pour ^sy',, Est-ce un vrai ô, ou bien l'auteur rend-il ii ainsi?
Nous trouvons dans son mémoire: qêdi = '5Acj' N" 4, Avéhed =
lA^îj N° 49, j!^ î m e" = ^L:> N° 5, N°19 et note, ce qui indique
un iotacisme très fort.
2) Ibid. N°27 ti h hrônu = sjil? et widdônu = sjOj. Il n'est
pas inutile de faire observer que l'imparfait finit en on: yerîdôn-
iyselbônû, ^j^-a1ajij ^^^.Aj^ (non_^J^A»aj comme l'écrit l'auteur)
N° 32).
733
tripolitain ont kîfen-hùa, kîfenliûma, etc et kî-
fènnhu, kîfènnhûm') etc. Stumme, dans sa Gram-
maire tunisienne, p. 130, voyait ici le tanwîn. Il a bien
reconnu la monstruosité d'une telle explication, car dans
son M G T § 1 98 il se range à l'avis de Nôldeke '), qui
y voit ^J, ou plutôt, selon moi, ^L En l^gypte, ^JlS peut
être suivi de Le: kêfmasbàhtu, comment allez-vous ce
matin, Spitta Gr, p. 175, 29. Le dialecte de ^Irâq nous
offre le pronom interrogatif sinhu, sinhi, etc^), et le
marocain de Tanger a sinnu, Meissner NAGT p. 52,
22, 26. C'est un composé de si, s, devenu particule in-
terrogative*), de même que, dans tous les dialectes arabes,
du phonème in[n] et des pronoms; donc =: s i-i n h u, si-
i n n-u etc. Le beyrouthin s û n û w e h ^), = le damasc.
s 1 ô n, est ■=::: s u, déjà cristallisé, i n n (i n) et h û w eh =_^.
Meissner, N A G I p. XVI note, trouve ici la nounation,
ainsi que Nôldeke, B Z S S W p. 8, et, in verba magistri,
Doutté T 0 p. 28. Ils font venir, comme tous les autres'')
avant eux, es, es, de ayyu sey'in, ce qui n'est pas
1) stumme, T. Gr. p. 130: idem MGT §198.
2) WZKM VIII, p. 265 et s.. Cf. Doutté T 0 p. 17.
3) Sinhi ^enûtil-wùlif bîye radiir (basît, rime avec bah iir)
quels sont mes crimes? Vami m'a trahi, Meissner, MSOS V, 11,
p. 94, N°2 V. 1. Sinhu, MSOS VI. 11, p. 92. N' 5, v. 2.
4) Bien entendu, de ^,_c-^. S î , è i, est aussi employé dans une
demande indirecte; v. Gloss. s. v.. En mehri, si interrogatif est très
commun.
5) Ce sûnûweh, où le n ne peut absolument pas être un tan-
wîn, donne la clef pour expliquer les formes snhûwa, àsinhûa
etc énumôrées dans le savant mémoire de Fischer ZDMG 59p. 810
et s. qui n'a paru que longtemps après que cet article fut écrit.
6) Prov. et Dict. p. 173.
734
tout à fait exact, car la nounation y est en tout cas
de trop^). Dans mes Prov. et Dict. p. 173, j'ai aussi
écrit ^^ (^1 sans nounation, de même que Fischer Z D M G
59 p. 659, et ^J: est devenu ijri^), éi, selon une règle
générale. Faut-il englober ici l'égyptien enhif, en h!"
etc-''), pronom interrogatif: qui? et son adjectif interro-
gatif: ènhu, ènhi etc. de même que /'acZ/'ec^//' interrogatif
syrien: ènu, èna (enhu, en ha) dont j'ai longuement
parlé dans mes Prov. et Dict. p. 174 etss. etl'amar. enu,
le tun. an a, ânahu etc.? En a pu devenir en, de même
que e y s, es est devenu e s, et ]\s fait jN*, et Kj& fait h,
ë. V. Addit.. Le sûnûweh, comment es^ce? de Beyrouth
et du Liban, que je viens de mentionner, ne renferme
certainement pas la nounation. Dans les Prov. et Dict.
p. 177, je supposais, avec Nôldeke, Syr. Gr. § 234, et
Dillmann, Gr. Âth. Spr. § 62 c, que nous sommes ici en
présence du phonème démonstratif na, an*). Wright,
Lectures, p. 121 note, nous informe que Nôldeke a changé
de vue depuis et qu'il y voit _^ J:! q^. Mais Nôldeke
1) Si el-Ga\vâlîqî, Festschrift fur Fleischer p. 146, exige expres-
sément ici le^}) cela n'est d'aucune importance; Nôldeke, o. 1.
p. G, note 4.
2) Brockelmann GVGSS p. 48, 13 a raison de dire que le dia-
lectal y>kV n'est pas une continuation du classique sa)""', mais le
hamzah est en vertu de la loi physiologique générale.
3) Spitta, Gr. %To^ et §38"; Vollers, Lehrbûch, §10.
4) Prononcé aussi ann, inn «avec Lebhaftigkeit und Nachdruck"
comme le fait remarquer Reckendorf S V p. 354, à propos des deux
formes ^i et ^i. Mais voyez Bartli, S W U S N"" 1, qui n'admet
que in.
735
a dernièrement préféré son ancienne manière de voir dans
ses Beitrâge ZSSW p. 14. Wright, p. 121 note, est
lui-même incliné à accepter l'opinion de Spitta que en
dans enhu provient de ^^, en, oit? Cela semble se
confirmer par la forme sjTienne. Je ne vois pas en quoi
Spitta, Wright, Nôldeke et moi-même différons, car ,^.1
est bien aussi formé de ^\ et du suffixe démonstratif
n ^), qui semble avoir joué un grand rôle dans les langues
sémitiques. Nous le retrouvons peut-être dans les formes
syriennes énumérées p. 667 (mànis) et le n final des
nombres en Afrique, Stumme T Gr. p. 125, Doutté
TO p. 16.
Quant à sinhu, il y a pourtant une chose qui me met
la puce à l'oreille, c'est qu'on dit sinhi et nonsinha, ce
qu'on dirait bien, si in était le phonème n et non la nouna-
tion. Mais la forme analogue de Mausilâsnak*), comment
es-tu? exclut certainement toute idée de nounation. Je ne
crois pas, contr. à Nôldeke, o. 1. p. 14, quelestribusyéma-
nites aient répandu l'emploi de cette lettre démonstrative,
mais j'explique son existence par le fait indéniable et de
plus en plus évident que les dialectes arabes ont conservé
une foule de particularités morphologiques appai'tenant
au domaine des langues sémitiques et que la langue lit-
téraire avait déjà perdues lorsqu'elle se manifesta pour
la première fois comme l'organe des poètes préislamiques.
Ces deux faits constituent le point le plus intéressant,
1) Mais qui n'est pas le même que dans l'assyr. iânu, ïil n'y
a pas", înu, rioi, et l'éthiop. en, et qui existe aussi comme plio-
nèrae de négation dans les langues aryennes. Cf. Ges.-Iiiilil H W B
s. V. "]^N. Voyez Additions.
2) Z D M G 36, 5 = Nôldeke B Z S S W p. 6.
736
mais en même temps le plus obscur, de l'histoire de la
langue arabe.
A présent, je suis persuadé que dans les compositions
telles que êé in[n]kân, waqt in[n]kân, kêf in[n]kan
èmta in[n]kâu'), cet in[nl n'est pas la nounation, quoique
Nôldeke ait approuvé mon opinion précédente '). Cet in[n]
de es in[n] kân, éinhu, si nu (Socin Diw. III, 101),
âsnu, àsnak, âsnûa etc [cités par Nôldeke-^), qui y
voit le tanwîn^)] et duy^t, quoi2^ algérien*) ne diffère
en rien du in[n] dans kêf in[n] kân, kîfen hûwa
etc, oii il faut voir ^\ ^Ju^. Il peut être remplacé, aussi
bien en Syrie qu'en Egypte, par ma'). En Dt: ^li' L»,
n'importe quoi. Je trouve dans L A IV p. 352, 3 d'en
bas cette phrase: 0^3 jtii ^ Si\ ^j^.^ o^' Lf^-*^
^ ^\ dUo ^3, où ^'^ ^l est certainement = ^^^ ^\ ^JXuJ
et non s'il y en a, car il y a toujours la qisdah.
^i>j'i' Le îstyi! jw>J! ^^y ^\ .Lx^!, e s-s. = que tu maries
l'homme à une femme quelconque, I Sîdah III p. 24 en bas.
Ceux qui connaissent l'esprit des Arabes et leur sentiment
de la langue peuvent-ils vraiment les croire capables de
produire un tel avorton morphologique que p. e. âsuak,
si c'était le tanwîn suivi du pronom possessif? Dans le
vocabulaire, on voit bien quelquefois des bizarreries con-
4) Prov. et Dict. p. 174 et s.
2) Beitrâge z. semit. Spracliw. p. G. Les cas cités par Noldeke,
où se rencontrent ry^} et o^'j doivent être jugés selon le con-
texte, et ces ouvrages me font défaut. Par contre, le maltais âeyn,
sîn, r/Mot, = le meliri hiiéen, renferment peut-t'trc la nounation.
3) Doutté, T 0 j). 28, ne fait que répéter l'opinion de Noldeke,
4) Marçais, RM TA p. 412.
737
traires au génie de la langue; dans la grammaire, jamais').
De la même façon, il faut juger les particules tempo-
relles hînin^), yômin, yôraan») waqtin, etc, qui
reçoivent également les suffixes : h î n in ni, yôm inna,
w a q t i n n u etc. . xiî , lorsque, du Nord est — i^\^ =i
iJl j,^ =1 *J! ^^^^ ou Lo, usité en SjTie*) et en Egypte^).
Reckendorf, dans son S V p. 745 note, nie même la nouna-
tion dans \3\ et LXiIx:>, où il voit la particule in[na], car
„idan et idin pouvaient bien être interprétés comme for-
mes nounées, mais non pas créées" comme telles. Il rejette
ridée de la nounation, parce que le sens est ici tout à
fait déterminatif. Mais nous la trouvons bien p. e. dans
îiAc, demain, qui n'est pas moins déterminé comme sens.
Pour que le raisonnement du savant confrère tienne, il
4) A Fischer a dernièrement publié un mémoire très substantiel sur
(ji^ij dans la Z D M G 59 p. 807 et ss., où je constate avec satis-
faction que nous sommes d'accord sur les points principaux.
2) ^i ^-jA> chez Nôldeke, Zur Gramm. d. cl. Arab. p. 106, 1.9.
3) Il vaut donc mieux voir dans le L<j.j de la page 34, 1. 5 et note
4) Ilyànni sùftak es-su bh min hîn \nni maddèyt
wetfâwàlt bîk, Alla yihèyyi dâk el-fâl, sûr nahâri
raabrûk, lorsque je fai vu le malin, au moment où je suis sorti
et que j'ai pris cela pour un bon augure, que dieu fasse vivre ce
bon augurel ma journée est devenue heureuse, "^Anazî. Hîn ma
et même hîn il=^5 ^j^, MSOS, V p. 94 N° 2, 1. 5. Làmman =
^t U, aussi très usité class. : Qor., Nîibirah, Zoheyr. Dîw. Hod. éd.
Wellh. p. 62, 1. 4; p. 64, 1. 12; N" 197, v. 6; N" 199, v. 2. La-
wànn = jjt jj du Nord et qqf law i nn dans le Sud. Cp. Gloss. s. v.
5) Hartmann, LLW p. 110, qui n'a pas compris son interlocuteur.
738
me semble qu'il faille aussi rejeter la nounation dans
l'accusatif adverbial. Du reste, l'essence même du tanvvîn
et son emploi en arabe n'ont pas encore été assez étudiés
et éclairais.
J'espère avoir convaincu mes confrères que d â r i b i n n e h,
dârbiuo, ne renferme pas le tanwîn, mais le suffixe
in[n], commun à toutes les langues sémitiques, et qui
doit être le même que dans le \j! classique et dialectal.
On peut la comparer à ^Ù J«x'i, sans que notre inn
dérive de là, comme le veut Wetzstein. Il est cependant
fort extraordinaire que cette composition n'existe que
pour le participe avec son suffixe à l'accusatif, à côté
cependant de la forme régulière, qui est, cela est vrai,
moins employée.
Si je suis tout-à-fait d'accord avec Nôldeke pour ne pas
voir le tanwîn dans cette composition, je ne saurais ac-
cepter sa manière de voir lorsqu'il veut que le tanwîn
soit renfermé dans des formes 'omânites, telles que
mohtagilli, WZKM IX p. 12, — J. Jj:^ etc. Les
exemples d'une pareille assimilation qu'il y rapporte ne
sont pas tout-à fait de la même nature. Le redoublement
de la consonne de la préposition provient de l'accent.
Les deux dernières radicales du participe ayant perdu
leur voyelle, kât-b, la dernière radicale se lie à la pré-
position suivante moyennant une voyelle qui forcément
doit recevoir l'ictus, et la consonne est redoublée ^). L'avant-
dernière syllabe de la nouvelle composition reçoit par là
un appui nécessaire. Le même redoublement se trouve
p. e. dans tekkèltnèbbo =w 'o^doo", du hast uns
1) Coruine le tleracenien ketbèttelhum, Marçais Gr. p. i31.
739
damit hetraut, RO p. 310, 1. 5 d'en bas; habàrbbu^
«u »^ MSOS I p. 86, ]. 16. Le phonème avec la pré-
position et son pronom, devenus enclitiques, font tellement
corps avec le verbe que les deux ne forment qu'un seul
mot. Dans mohtagîlli, J „b:^, le cas est le même
Par suite de ce soudage intime, l'accent se reporte néces
sairement sur la deuxième syllabe longue de la fin, gil
qui a par cela sa consonne redoublée, comme p. e. dans
seelîtto, RO p. 310, 1. 2 d'en bas, le tunisien gâ bit tu
Stumme TG §139 et 146, et les syriens qultîil lu, _ye /ta*
ai dit^), Prov. et Dict. p. 3, et sahhàllu — *1 i^,
ibid. p. 177. Brockelmann GVGSS §61/3 suit à tort
Nôldeke. Le babyl. offre aussi des cas analogues.
Ceux qui voudront se persuader de l'importance du
thème n dans les langues sémitiques et hamitiques liront
le mémoire de l'abbé Victor Ancessi: Etudes de Gram-
maire comparée, S causatif et le thème N dans les langues
de Sem et de Cham, dans les Actes de la Société de
philologie Tome III N" 3 Juin 1873. La première partie
de cet ouvrage est assez faible, surtout ce qui concerne
les exemples; la seconde partie, sur le thème N, est
bien supérieure et conserve encore aujourd'hui toute sa
valeur, bien que certains détails soient à modifier.
27, 6: inyâh = »L! voyez p. 340 et ss.
27, 7, 8: uqâm kideh. Déjà dans ma critique des
ouvrages de D H Mùller et de A Jahn sur la langue
mehri p. 36 et 48, j'ai dit que j.ij" sert comme mot redon-
dant, un Flickwort, qu'on n'a pas besoin de toujours tra-
duire. On peut le rendre qqf par se mettre à, comme verbe
1) Pour l'oianai.s, voyez Maiçais Gr. p. 131.
740
inchoatif. Les Arabes, en s'en servant, n'y attachent nul-
lement l'idée de se lever. Il est extrêmement commun
dans tous les dialectes. Voyez Gloss. s. v. (.'5. Qâl: sgid
Semhân; ana qâim arkeb, er sagte: beuge dich S.;
ich reite los, Rôssler MSOS I p. 61, 5. Wa qfimu
yelittûh, ce que Rôssler, ibid. p. 79, 5, traduit par
sie machten sich auf uncl liefen eilig hinter ihm lier,
mais ils étaient tous debout, et ]yii est ici redondant.
Qfim yitrartam, da fmg er an, in seinem Bart zu
brummeln, ibid. III p. 13, 17. Wusùrna, ba^dna ma
wâsilîn elbêt qâm yitrazzen fit-torîq, da gin-
gen wir, und aïs wir noch nicht zu Hause angekommen
waren, fing er an, unterioegs zu zôgern, ibid. p. 25, 11
d'en bas. We gâbah el-molle wehattàh qiddâ-
mah wegâm yë^allîmâh bialif bâ\ le molla le fit
venir, le fit asseoir devant lui et se mit à lui enseigner
V alphabet, Meissner ibid. VI p. 86 N° 5, 2. ^_^w..«-ciJî ^o'ui:
. d^îcj *iiS Sy> \i>^i • è^jii : UJ 'c^J^ ci'.^Ljî e<r^!>^ ^-i^^^i
_-s*^! ^y, ji'j o,!-^ w^-Ï5 (_r-jà;' >.i>v^- ^^ soleil se coucha,
et je vins aux cotés de la fille à qui je dis : „ Que Dieu
te fortifie"^)! Elle répondit: „Que Dieu te fortifie et
t'assiste !" Je déliai la jument, qui se mit à manger du
sîh (Artemisia, O^ti'), récit de Haurân. Ici se mit à est
déjà dans o,!^, car les chevaux bédouins ne se couchent
jamais le jour. El-^arka fis-subh gâm huwa g alla:
éiddi 'al-husân. Der Kampf war am Frilhmorgen. Da
stat^d er auf und sagte zu ihr: „Sattle das Pferd! ^.'5
est ici seulement Flickwort. Voyez Stumme M G T
Gloss. s. V. J.J", Doutté T 0 p. 16. La langue classique
1) =:je te salue!
741
offre également quelque chose d'analogue. I Qot. p. 231,
4 et 13. Le *JJ -^j^ de Aus b. Hagar, Geyer, N° 4,
V. 5, fut traduit par l'éditeur incorrectement par ,,(nun
aber) liegt sie tvach iind taclelt midi", ce qui donne une
situation assez drolatique. Barth Z D M G 47 p. 325 le
rend par (Die Tadlerin) erhoh sich und tadelte. A Fischer
proposa d'abord Z D M G 49 p. 87 : sie begann zu tadeln,
mais, sur l'observation de quelques savants, il le corrigea,
ZDMG 49 p. 673, en: j,sie envachte, erhoh sich aus
ihrem Schlummer und tadelte." Z^ est se reveiller, aussi
bien dans la lurah que dans les dialectes méridionaux,
mais dans le passage en question, le verbe est inchoatif,
s'il n'est pas tout-à-fait redondant, comme dans les dia-
lectes. Fischer aurait dû s'en tenir à sa première tra-
duction: elle se mit à blâmer: c'est la seule acceptable.
i»*i] (j-*^^ j»j" l* (j^, cius ivelchera Grunde hat mich ein
gemeiner Mensch mit Schmàhungen atigefallen ?jF\eischev
Kl. Schriften I p. 364.
27, 8: hâdeh. SJ>, pi. q'à>J> et o'up-, est en géné-
ral un vase quelconque, ^«5, comme yo, iCx*>, --i^i^, iLo^,
Hjy, 'sJ^ji, ^^^A, etc. De là le dénominatif jy~>, mettre
dans un 3l~>. Dans le Sud, ow:> ^^ veut dire de (ma)
bourse, et oL=> ^^, aux frais de =z Nord et les dialectes
hors du Sud ^j^ ^J^, ^j^ J^. Cette locution est fort
ancienne, car elle se rencontre déjà dans les inscriptions
de Palmyre, Vogue, Inscr. Sémit. N° 7 et 16. Le texte
grec le rend p;ir 1^ l^îuv, Prov. et Dict. p. 435. ^j^^'',
bourse, est dans le Sud un sac ou un sachet en étoffe
blanche de coton, ^i", ou teinte en indigo, iw^, pi. J^^
742
ou oL;^, est, dans le Yéman, une bourse en cuir pour
l'argent. Zimmern K A T^ p. 649 fait venir ""'Z du babyl.
kîsu, kîsu, mais Halévy, OS Nôldeke p. 1018, dit
que c'est un mot commun des Sémites du Nord. Les
deux ont raison. Comme les Babyloniens sont pour nous
le peuple sémitique le plus ancien, et comme nous savons
qu'ils avaient un commerce très étendu, avec une comp-
tabilité réglée, il n'est pas trop osé d'attribuer à ce mot
une origine babylonienne. Il s'est répandu dans tout le
monde sémitique, Ges.-Buhl H AV B s. v.. Ce qui milite en
faveur de l'assertion de Zimmern, c'est que les Arabes
ont les deux formes babyloniennes k î s et k î s, soit ^J^-J'
et iui-j'. C'est ainsi que le latin bnlga, bourse de cuir,
a donné le vieux français bouge et bougette, sac de voyage
en cuir, le vieil allemand Bulge '), et bougette est ensuite
passé en Angleterre où on le prononce budget. On sait
ce que ce dernier mot signifie à présent. La transition
sémasiologique de kîs, kîs, na"'D p, k-^ ^y^ ou Js^
i^^^, ^SJ> (J.C, offre beaucoup d'analogie avec bulga,
bougette et budget. ^J«-J' est donc un vieux mot cultural
sémitique, et je ne serai pas étonné de voir qu'on dé-
couvre, un beau jour, que bulga et SJ> sont aussi de
cette catégorie. SJ> n'a aucune étymologie en arabe^).
Jahn, M S p. 278, rend auf Kosten von par -^ ^^ et
il prétend que c'est là une locution hadramite. Ce fait
est la plus jolie illustration du dialecte soi-disant hadra-
mite de ce monsieur. Les Sômâl, beaux parleurs qui aiment
1) Les hoUjic de Dante. 1) Est-ce pour 3-=>;, de Ai»!?
743
beaucoup la langue arabe sacrée du Prophète, en venant
à Aden, ne savent pas prononcer le (i) et le ;^ comme
il faut: ils disent tîz au lieu de kîs, ou une pronon-
ciation qui approche de tîz. Or, l'homme de Jahn et
de Mùller, 'Abd el-Hâdi, avait appris son arabe avec les
Sômâl d'Aden et il prononçait le mot kîs comme eux.
Je me demande donc quelle confiance on peut avoir en
la notation du mehri de Jahn, du moment que son
„ dialecte hadramite" fourmille de telles bourdes? Je suis
persuadé que Mûller aurait été incapable de ne pas distin-
guer ici la fausse prononciation de 'Abd el-Hâdî.
27, 10: yifdàbeha "aie h est expliqué par ce qui suit.
27, 13: si If. Goldziher m'écrivit à propos de ce mot:
o
„J'ai entendu à Suez ^jtJî _JIav, avec 3 distinctement.
Plus tard, j'ai trouvé dans Sîrat b. Dî Yazan VII p. 84,
15: :^l "ùSli M, jJLv ^L „ Il demande laquelle est la forme
originale. C'est évidemment oJ-w = ce qui a été, au
temps passé, une ancienne coutume des ancêtres.
27, 17: qinqin el-marfa^ Qfi>^') m'était toujours
paraphrasé par vy^» iii^is comme on dit aussi ^^, «.iî =
^,, je suppose que c'est le son et non le v/^ Q^i ^^
est le fond. Cela est confirmé par l'hébr. îî^, Geràusch,
Schall, Levy W B s. v.. ^^\ iLiï ^-^"j entends-tu le son
de la nacaire ? = 'iJ^ ou \X:>. On prononçait iui comme
qinnah, c'est-à-dire, presque ^j^, ce qui n'est pas sans
1) En Syrie ry^, devenir rance (beurre).
6L
744
importance pour une affinité radicale éventuelle entre
^, ^ et ^JJJ^. LA 17 p. 229, 7 d'en bas donne ^^-Ji
iUi.xjs^î jyj^ ^). Ne faut-il pas rapprocher l'éthiopien 4»Vf
et ses dérivés, chanter, l'arahar. 4»'>*P'1l* (qënnëwat),
specie di canto, 4»i (qënî), aussi éthiop., c^a?ii = arahar.
inno sacro cantato, looesia^ qui a donné 4»V+i, intonare
un versetto nel canto in chiesa, Guidi Vocab. ss. vv.,
l'hébr. ip. nrp, Ges.-Buhl s. v., et finalement l'arabe
chanteuse? Il faut bien séparer ce dernier mot de (j\j,
forgeron, à moins que celui-ci ne renferme l'onomatopée
^Ji, qui rend le son, produit en forgeant. Je vais encore
plus loin et j'englobe aussi le latin can-ere, chanter. Je
suis en cela hardi, mais l'ancien Orient a tant donné
aux Grecs et aux Romains, que le chant et la prosodie
peuvent aussi venir de là. «-« est un mot fort inté-
ressant. Le dessin ci-joint me dispensera de toute descrip-
tion. (_y.'i-<^' ij^ '^jfj^'i i^LIiJ! ^j^ j^ ^^,\, le marfa" est
fait d'une petite ta sa h en cuivre, me le définit un Datînois.
Lorsque l'armée des Awâliq Supérieurs alla attaquer le
sultan Ahmed b. Iloseyn el-Fadh à âuqrah, leur poète
composa ce zâmil:
-t-
- ?
;j^--^.v^^^(^LX4J>'^/î^tîCi! j^IasO L ij^y^^*) %S^yJili Li^^ w\_î "^
1) Qui est donc, comme forme et étymologie, un vrai mot arabe,
Fraenkel F W p. 284. Moli. Tâhir MB el-A II p. 173 porte:
Uj v/^' = Niliûyali III p. 281, avec '^l^^i} et c:,';:^^!.
745
Tu as une dette ^), ô Ôabal h. Sâgirah:"^)
La décision est à Dieu qui affranchit de toute dette.
Si nous sortons le matin avec les nacaires et les timbales,
Le mécréant se fera musulman, de même qu'Ahmed
h. Hoseyn.
Dans une longue qasîdah, Dô'an dit après le verset
cité p. 678.
Les prix sont divers ^), ils ne sont pas les mêmes.
0 vous, mesures de capacité, vous n'êtes jpa-s (aussi
[exactes) comme le poids constaté par les balatices.
Les gens des nacaires et des timbales (les qabâil) sont
[tristes à cause de toi.
0 Marba^ite! 0 corne I'^) 0 chamois (mot incompris)!
Hû el-^Alwî de Se' un dit (ragaz) : ^y> 3, iCwlL *J ^^LÎiLl,
le sultan a une timbale et une nacaire.
Dans le Gloss. de Hçlr, p. 642, j'ai parlé du «i^, du
(3^ et de la 'iJjJo. Ils sont l'emblème du pouvoir dans
toute l'Arabie, spécialement dans le Sud. C'est surtout
le marfa^ qui jouit de cette considération chez les
Méridionaux. Chaque sultan, chaque "âqil en a un. Les
1) »AJijO n'est employé que par les jLxii • nous autres disons qJO",
me firent observer mes Datînois.
2) Les ay>l-^ i3' sont une subdivision des Rabîz. Ce sont des
Bédouins qui habitaient le liaut el-Kaur. Arabica IV, p. 42.
3) Chaque pays a le sien, car les produits sont diirérents.
4) = courageux et rompu aux fatigues.
746
cheykh du Nord ont aussi ces instruments qu'on ne
frappe que lorsque le cheykh est présent, Socin Diw. I
N° 102 II p. 122, note a. Sur les oi-^J^-^ d'Egypte sous
la domination des Tcherkesses, voyez Chroniken der Stadt
Mekka éd. Wiistenf. III p. 188. Une famille de soldats
du sultan de LOdar, chef-lieu des 'Awdillah, s'appelle
*-i'r*^' y^' parce qu'elle fournit les j^-wj«'^-, qui frappent
les «'-^ et les deux petites timbales, ^->^. C'est une caste
de soldats et nullement des parias, comme le dit Maltzan,
Reise p. 282. Le "âqil du pays indépendant d'es-Sa'ah,
Hdr Gloss. p. 64-2, a un marfa" qui s'appelle Qwoi-î.
Lorsque quelque événemeiit, j^Lii, p. e. attaque subite ou
meurtre, est annoncé, il frappe lui-même très doucement
afin que les hommes qui habitent le ^y-^^ accourent.
Ensuite, les soldats frappent plus fort à l'effet de réunir
les qabâil, s'il s'agit de faire la guerre. Dô^an dit, en
blâmant em-Dêb, le "^âqil des Bâ Kâzim qui fut tué par
son neveu:
' -1- -^-
'S,a2jLj aLo (^ ...-A^Ju"' .*Li?- . i-> , ,->-*^\ &)J1j *«-J-if 'J'S>,JM JL5^o
' - -. , = + .- C-:
Isous sommes sortis ce matin avec Dieu et son Prophète,
Qui a fait venir leRassân; 6 Dieu ! donne-lui la victoire!
A
0 em-Déb! tu as perdu le bien de V intellect:
Tu vas tomber, vieux bonJiomyne, à cause de ton âge
■ [avancé.
1) Dans les deux endroits écrit Q^Aa"^î. J'ai cru longtemps que
c'était pour qu*2*-Î, jusqu'à ce que j'entendisse les Dâhirites dire
r
L
r
■o
-4-
747
Dans une longue qasîclah il dit encore:
Qui suit eî-Rassân, si guelqu'wi te fruste;
Il ment, et cela est pour lui une coutiime et une dette.
Ce marfa" est très célèbre. On le dit fort ancien.
Lorsqu'un ^^Ui va avoir lieu, il yehinn tout seul: 6o2(m/
boum ! boum ! sur un ton sourd ! Tout le monde croit
cela. Le "âqil des Ahl Dû'ùd, 'aIî b. ^Omar ed-Dâ'ûdî,
qui a la haute main sur tout le pays de Daman, a
également un ancien marfa"", qu'on dit être himyarite.
L'ancêtre des Ahl Dâ'ùd serait Dâ'ûd b. Himâm el-Hamyarî.
La timbale du sultan de Lahig porte le nom de ^LLtit,
qui fait payer la dîme. Sur d'autres noms, voyez Hdr
Gloss. s. V. ,\J^.
On bat le marfa" la veille des fêtes religieuses, des
fêtes de famille des sultans et des ^îqil, dans les v^!y»
cortèges solennels^ fantasias, revues militaires , et si le
^^U; est annoncé qu'une tribu veut attaquer. Il ne s'en,
suit pas que cet emploi du marfa^ ne soit pas permis
à d'autres. Les Ma^n^) ambulants, une caste paria de
éâhit, ont aussi leur marâfi^pour „faire de la musique"
dans les fêtes. Les dessins ci contre ont justement été
faits d'après les exemplaires qu'avait une famille ma^'nite
qui vint à Aden. Le marfa' est plus petit que la t as a h.
Il se met dans le creux de la main et on l'attache
1) xJlï (J>c ne rentre pas dans le mètre.
2) Pas à confondre avec la grande confédération des Ma'^n dont
j'ai parlé provisoirement Arabica IV pp. 39 et ss.
748
quelquefois avec une cordelette^ ^, derrière le coude. En
bas, il y a souvent une cordelette pour le tenir. Dans
le Yéman, on l'appelle ^y^^ gOhal. Stace p. 53 traduit
ty par drum.
On m'a dit que le nom de marfa*" vient de ce qu'il
o^! ^s^, élève la voix, lorsqu'on le frappe. Le mot est
répandu dans tout le Sud, mais ce sens étant inconnu
dans le Nord, où il n'y a que J^ et ^wwLL, il doit ap-
partenir originairement aux dialectes méridionaux. Nous
savons qu'en Syrie et en Palestine le carnaval s'appelle
«it lXac ou «Uî l\x£ ou simplement «^i ou |*.:s:UJ! ^yi.
Littm. NAVP p. 28 V. 15 porte:
Baiia "alêkum ya hâ^'ârïbi, tzakkarûni
Fi îyâm il-marâfi'' wil-a''yâd tibkûni
Ich beschwôre euch, meine Freunde, gedenket meiner
In den Tagen des Carnevals und bei den Festen be-
fweinet mich!
Le carnaval est originairement la fête babylonienne du
nouvel an, Winckler ASO p. 96 et ss. p. 145, idem
Himmels- und Weltbilder der Bab. p. 5 et 50, idem
A 0 F II p. 850 et ss., idem. Die bab. Kultur p. 25
p. 89 et ss. Il se peut donc que ce nom de cariieval,
«y», provienne directement du nom de la nacaire-timbale.
A présent, on n'a aucune connaissance de ce nom de la
nacaire hors de l'Arabie méridionale. Comme cette fête
de l'interrègne des Epagomônes, ce carnaval oii „resclave
est maître", était une fête populaire officielle, lemarfaS
à présent encore entouré d'un si grand prestige, a dû
jouer un rôle important. Vu que cette fête s'est conservée
le plus longtemps dans le Sud, probablement jusqu'à la
chute des Himyarites au commencement du VI^ siècle
4â '^■'^
Ta sa h avec les madrab = jnaqra'^ = lab.
749
de notre ère ou jusqu'à l'apparition de l'Islam dans ces
contrées, il est naturel que le nom du marfa' se soit
aussi conservé. A-t-il ce nom parce que, pendant cette
fête, l'ordre ordinaire des choses était ^ff-, aufgehohen^
le nom de la situation étant resté à l'objet y employé?
On doit bien admettre que les Sabéo-Himyarites ont eu le
thème ^^. Je ne veux pas, par là, prétendre que j.s-«
soit un nom sabéo-himyarite. Dozy nous apprend que
%hyA veut dire assiette, sens qui ne s'éloigne pas beaucoup
de celui de ïLwLL», écuelle. Latâ^^if d'et-Ta^âlibi p. 74, ii,
I. Bat. m p. 378. Ce serait donc l'objet avec lequel ou
l'endroit oîi on lève, aufhebt, quelque chose.
Ce sens de iC^LL» est inusité chez les Bédouins du Sud ;
ils l'appliquent seulement au bassin de la timbale'^),
comme nous l'avons vu p. 744, mais il est courant
partout ailleurs et chez les Haçlar du Sud, v. d. Berg
Hadhr. p. 66 note 2. On fait dériver iCwLL. [les Bédouins
du Nord disent aussi ^«LL, comme les Persans modernes,
bol en bois, Burckhardt B W p. 36, comme aussi Sihâh,
L A et Qâm.] du pehlevi rwi<r\ ou nir^n, Sachau ôaw.
el-Mo^arrab p. 46, qui a donné l'arabopersan ^..:yZ.3^),
Vollers Z D M G 50 p. 645, le persan ^i:yJ:Ja, l'arabe J^ %
iuJj, u>^-^J c>-^, l'hébr. Dp, plaque, plateau, vSppîî'i?,
1) idLyi?, prononcé timbale h, chaudron, en I.Idi"..
2) Cette forme est encore en usage en Syrie, Prov. en Dict. p. 52 :
i,i>^*wJ, grand chaudron en cuivre.
3) Comme le persan u^/^-v^^, hanu'(;o}i, a donné en arabe tj-^,
Fraenkel F VV p. 123.
750
cuvette, Levy WB II p. 200 et 212, et notre fasse, Tasse,
tazza '). Tout cela ne prouve pas que ce soit en pehlevi
que nous devons en chercher l'origine. (_^J^ et ^^, Hdr
Gloss. s. V., n'ont pas besoin d'avoir passé en Arabie
par la Perse, Fraenkel F W p. 83, car se sont là, avec
quantité d'autres, dos mots archibabyloniens. Dans ^-Lb,
iCwLb, la seconde radicale est *, ; elle reparaît au pluriel
ij^jh; deux ex. pp. 744/5. En arabe, nous avons le mot
archaïque ij^y^, pi. u^\^^ ou (j^I^Id^), qui veut dire ^^,
lu7ie, ou ^J^Lp, nouvelle lune, LA VII p. 434, 6, 16, 17,
Lane s. v. et L A VI p. 48 en bas: ^ Jljù ^y= _^!
(_^wv^j!5 ^UjuJî. i. Sîdah ne donne pas ^^w^ parmi les noms
de la lune; il ne parle que de ij^^j^ r>-^jl Q^i paraît
signifier les trois jours où la lune est invisible,, mais
i. Sîdah IX p. 31, 12 et L A VIII p. 434 d'en bas, XV
p. 165, 16 ne sont pas d'accord sur le sens de ces mots.
Dans l'arabe yémanite, selon L A VII p. 434, 4, L^w^LLiî
est l'argent, ic^aài!, c'est-à-dire, le métal de S in, du dieu
lunaire, et au figuré beauté (ou beau), tandis qu'en Syrie,
selon S. et L A, c'est (3'u=>J! ^yi ^j^, sens répétés par
Yâqût III p. 555 en bas. On observera, en passant, que
1) 11 faut rechercher si l'anglosax. dise, coupe, bol, table, et
l'allem. tisc, Tisch = bol et table, disk, le Lat. discus, bol, l'ital.
desco = tavola n'offrent pas la même transition sémasiologique? Ce
n'est pas seulement les conceptions qui nous viennent de l'Orient,
mais aussi les objets avec leurs noms. Sur ce sujet, on n'a encore
rien fait. Cf. ici p, G22 et s. s..
2) Ce voyellement prouve que le mot a été d'un emploi usuel
dans le parler.
751
u^jLb, paon, a le même pluriel que ^w^, savoir i^^j,y^,
à côté de ^«j^ly:., R 0 p. 301, 1, qui indique un singu-
lier o-53^ ^)- Ru'bah Ahlw. N° 27 v. 18 a ^w^4 forme
assurée par la rime :
„ TJnd von der Jugendfarhe schivand der Glanz"
•Ibid. N°24 V. 14, le poète dit:
que Ahlwardt traduit par:
j^Gleich GôtzenbUdern, pfauenhaft beynalt"
mais, selon moi, il faut le rendre par:
Comme les idoles sur lesquelles il y a des lunes peintes.
De là le dénominatif ^,^11:., o, ainsi défini par S. et L A :
y*&^ _^3 (_,^'*l^^' ry* Ly>Lo j^*) isdc iA*j j*^j H-?15 ^^-**^==•
On ne saurait être plus clair. u«jl>, parer, et (j^_>l2j", se
parer, se faire beau'^). (j-s^t Diw. Hodeyl. Wellh. N° 266
V. 21 = L A VII p. 434, expliqué dans les Scholien
Z D M G 39 p. 466 par »^jl\ ^ou ^^. Autre ex. de
1) Le liamzali ne doit pas étonner, car tâ'-ûs l'a forcément dans
la prononciation v. Hdr p. 386, comme (3^1-*ï est pour qabâ^il.
Dans tous ces cas, le hamzah n'appartient pas à la lettre sur laquelle
il est placé. La forme (ja-^^Lj est arabe, comme 05,Li*;v. p. 591 et ss..
2) C'est peut-être se parer d'orncmenls en formes de lune et de crois-
sant, comme c'est encore l'habitude des femmes en Arabie et en Syrie,
les D''iinii' des Hébreux. J'ai vu des chameaux porter sur la poitrine
deux grandes dents combinées en forme de croissant _l mais
le Prophète a défendu cela, de même que les grelots. ^
752
Ru'bah dans L A, mais que je ne trouve pas dans son
Diwan. C'est sans doute beau comme la lune. Les Arabes
ont toujours comparé un joli visage à un .Jo, 'pleine
lune ').
Or, la tâsah et le marfa' ont justement la forme
du croissant couché, comme il apparaît dans les régions
équatoriales jusqu'à 30° lat. n.: '^, et comme il est
représenté sur les monuments babyl.-assyr. et sabéens.
On avouera donc que la chose mérite au moins d'être
examinée au point de vue d'une étymologie autre que
celle qui a cours à présent. Le pehlevi pourrait aussi
être en connexion avec le vieux mot (j^_^, lune, refa-
çonné selon le génie de cette langue, d'où il est revenu
ensuite aux Arabes, à son point de départ sémitique^).
Lorsqu'on prend en considération le "inon i^^st de Gant.
7, 3, dont je parlerai plus loin, cette étymologie devient
presque une certitude.
La forme arabisée ^^ est particulièrement intéres-
sante, en tant qu'elle nous prouve que la provenance
primordiale de u^, lune, y reluit encore. Ru'bah [-f 145
ad H.] a dit LA VU p. lig^*):
1) Nielsen, lorsqu'il s'engage sur le terrain arabe, radote toujours.
Il dit, Altarab. Mondrel. p. 112, que »chez les Arabes badr signifie
encore «pleine lune" et »visage plein", «visage de pleine lune", et
s'emploie pour parler du visage plein de l'homme." De cette façon,
on pourra dire que »lune" signifie aussi «calvitie."
2) Dans la lie édition de son A T, A Jeremias dit p. 105: «Aussi
les deux autres objets d'exorcisme de l'antiquité, la coupe et le bol,
sont sans doute en connexion avec les phases lunaires : la coupe est
probablement le croissant en son décours, le bol, d'ai)rès Husing, la
demi-lune, .le suis heureux de concorder avec ces deux savants.
Voyez Additions. 3) Ne se trouve pas chez Ahlwardt.
753
i^j^,j^' O^iio! ^_w^♦^f L^AiifcJ* ;j*J!jJL^3 ,_c^LP f<r^''; ic^^
^2« pomt qîi'elle vit le sommet de ma tête comme la lune
Que le soleil embrase de l'éclat du bouclier..
C'est le soleil qui éclaire la lune. On comparera à cela
ces vers d'Abû en-Nagm '), Hafifner A L p. 173, en bas:
^j^lXxj'i Ja«^t L.«^'> W^. r)ï
^. -Ar)L.*-.><l s îj s l_4»_i'L_^3
U^LjJî ■♦.9. JL^^ isLxLJ' ,^__£
dont je donne la traduction plus loin et l'on se persua-
dera que l'image est la même. Si l'on traduit ,j1L par
bassin ou cuvette {écuelle, assiette creuse, etc.), on ne peut
cependant s'affranchir de l'idée que le sens primitif y
soit encore caché ^).
1) I. Qot. p. 381 et ss.
2) Le verbe ^^LCî .X! ^fj\ JJj de L A VII p. 430, 9 = ^j^Sh
l>^UjÎ J. de Gauharî (et L A) se dit aujourd'hui en Syrie et chez
les Bédouins de Syrie \^J*^j s'enfuir, se débanda^ hommes et bêtes;
s'égarer, perdre la route, en Dt et en Hdr, comme le mehri toss,
Jahn M S p. 233 ; aussi verser, jeter = ■— ^ chez les Bédouins du
Nord ; en Mésopotamie, ensemencer, Meissner M S 0 S VI, ii p. 99,
note 7, idem N A G 1 p. 132. Cf. ^^^ = ^Jéf^, idem M S 0 S VI, ii
p. 80, note 2 = i^ciJj ZDMG 22 p. 137. Pour les autres significa-
tions, voyez le Glossaire s. v,. Au classique (j*^ correspond le clas-
sique ij^_^, L A VII p. 434, 6 = (j^^^i^, mais je ne suis point sûr
que le premier ait donné naissance au second, par le changement
de ^ en r» , si ordinaire en assyrien et qqf. aussi en ai'abe. Hébr.
tî'lt), chald. Q1{3, arani. ^iCS-^ et ^^^, vuler, flicycn.
754
On a vu que (_-3»'wj, pour ^^^*^, veut dire argent,
beauté et paon. La forme, comme je l'ai dit, ne doit pas
nous effrayer: les Arabes l'ont façonnée sur leur Jyi'i.
(jawàlîqî p. 102 dit que c'est un mot étranger. On ob-
servera en outre que le dim. est ^>^>^, c'est-à-dire, un
petit ij^J^, et le pluriel, ^J^^, c'est-à-dire, régulier de
,_w^, Fraenkel, F W p. 118, dit: „Bekannt ist die Ent-
lehnung von (j^^^^ aus t«wç ')." L'hébreu a Div^a. ^*D'l'lîû
et le chald. nçVl?, le s}^. \^z^2, ce qui, comme forme,
est ^Jd ou iLw^, l'éth. ^î^h, DiUm. Gr. p. 207. H. Levy,
Die semit. Fremdwôrter im Griechischen p. 10, rejette avec
raison l'étymologie courante de c^^?ri, tukiyyîm, et
cherche une étymologie sémitique. Il croit l'avoir trouvée
dans „M\sn, Gelilst, Begehrensicûrdiges, Anziehendes'\ et
ce serait pour „sippôr ta'âwa, Vogel des Gelilstes", parce
qu'on convoitait beaucoup sa possession. Il veut que „tous
les noms asiatiques du paon soient empruntés du grec": txûç
aurait donné cy\\û, ^_v.^^U=>. Cela avait déjà été avancé par
Pott et de Lagarde, Gesammelte Abh. p. 227. Mais son
étymologie à lui me paraît plus que hasardée. Si les
Phéniciens ont apporté le paon à l'île de Samos des Indes,
ils l'ont certainement aussi connu lorsqu'ils habitaient
encore dans l'Arabie du Sud, où ils étaient aussi grands
navigateurs que sur les bords de la Méditerranée. Qui sait
1) Faute d'impression pour t*»? ou t««ç Le lat. pdvo, qui a
donné l'allem. l'iau (pfliwo) et le français paon (de pavo7i-em), ne
se laisse pas ramener à txmç, du moins d'après mes faibles lumières,
755
s'ils n'ont pas appelé, là-bas déjà, DViilÇii'), l'oiseau de
la lune, l'oiseau beau par excellence, à cause de toutes
les petites lunes qu'il porte sur son plumage?
Hehn, Kulturpflanzen, est près de la vérité lorsqu'il
dit, p. 343, que „déjà le nom du paon chez les Grecs
nous apprend que ceux-ci l'avaient reçu de l'Asie anté-
rieure. Les Attiques prononçaient rx^q, d'une façon in-
solite, mais plus rapprochée de l'aspect primitif du mot."
Le paon était l'oiseau sacré de Héra, "Hpj;, la reine des
dieux et divinité lunaire. Le mariage de la déesse avec
Zeus se célébrait à l'entrée de la nouvelle lune. C'est
là une conception tout orientale. Argus, qui devait sur-
veiller la déesse lunaire lo, se changea en paon, après
avoir été tué par Argeiphontes, 'ApysiCpévT>}ç. Arrian,
Vesp. 98, raconte qu'il y avait à Athènes un éleveur de
paons, Démos, AiJ^sç, qui avait reçu du roi une coupe
d'or comme c-ûac/Scao'/. Cela est caractéristique. Ce que
j'ai dit de iCwLL, [de (^-^ d'où dérive aussi txûç], reçoit
par ce fait une illustration inattendue. Ce Démos ouvrit
sa ferme de paons au public émerveillé d'Athènes le
premier jour de la nouvelle lune. On avait donc le sen-
timent que le paon était en corrélation avec la lune.
Toute une série de faits concordent pour identifier txû?
4) J'écris IQJi, et non "lléii. parce qu'il y a dans le Sud un giand
o O
oiseau qui s'appelle ,àAS>^ mais dont j'ignore le nom latin. Ce jft>o
était peut-être l'oiseau par excellence, comme r^', Vaiglc, l'est
o
encore. A présent -â^^ ne veut pas dire oiseau. On pourra aussi
penser à Ào = (^^^^>^, l'oiseau de présage (serpent selon les diction-
naires, L A et Damîrî s. v. avec la figure d'un oiseau en marge).
756
avec (_,w^. La forme attique rxuq correspond même
exactement à l^^.^LIj — ciVl2 , qui doivent remonter à une
antiquité assez respectable. On sait que les Yézidîeh a-
dorent un Melek Tâ'ûs, qui est pour eux le diable,
mais, à l'origine, a dû être la lune en sa qualité de S in
Mamê, sur lequel voyez K A T' p. 364 et s., Lidzb.
ZDMG 51 p. 598 et Ephem. I p. 257 note 3.
L'idée m'était venue que notre ^^jId pourrait être la
même chose que Tamûz, le dieu de la végétation prin-
tanière des Babyloniens. Elle fut partagée par quelques
babylonistes à qui j'avais communiqué la portée de ^^JIj
Mais le rôle que joue cette divinité, originairement soumé
rienne, K A T^ p. 397, ne semble pas, de prime abord, se prê
ter à une telle identification. Au point de vue phonétique
elle n'est point impossible, et la chose mérite d'être exa
minée. Si Istar est la fille de Sin, avec lequel elle s'identifie
même, et que Tamûz soit l'amant, hâmer, d'Istar, il est
évident que celui-ci a quelque relation avec la lune, Jeremias
A T^ p. 31/2. Les formes collatérales de Tamûz : D u'û z et
Dûz^) ont leur reflet dans l'arabe ^^vvj.LI:) et u*^. Cepen-
dant, l'étymologie que les babylonistes donnent à Tamûz :
vrai fils, ne milite pas en faveur d'une telle identification.
Cela n'empêche pas que les anciens Arabes aient pu
appliquer Tâwûz-Taus à leur principale divinité.
Spiegelberg, 0 S Festschrift de Nôldeke p. 1114 et 1115,
nous montre que les Araméens établis en Egypte du
1) Par l'intermi'diaire de *Tawûz, *Ta='ûz, K A T» p. 397,
Ungnad, Gr. p. 8, Del. Gr. p. 118, Meissner Gr. p. 5. Dans Je
Kitâb el-Fihrist, p. .322 du texte arabe, Tamûz est appelé ;^'j,
pour j^^ J' = 3y»-'> fe qui correspond mieux à la forme babylonienne.
Cf. Chwolsohn Die Sabier II p. 204 et ss..
757
temps des Perses (700 — 300 env.) ont transcrit '^:zi^ k
par D et p. Ils prononçaient donc ces deux lettres de la
même façon, comme ^ et ^, ou bien ils les considé-
raient comme étant de la môme provenance organique
et la gutturalité du P ne leur paraissait pas avoir assez
d'importance pour le distinguer graphiquement de D.
Comme la tradition grecque des noms des lettres est la
plus ancienne, Nôldeke B Z S S W p. 1 24, on peut se deman-
der quel est-le sens de kxttttx {<po7rrx, xottttx). L'origine en
est sans doute le babyl. kappu, le creux de la 7nain,
[qui, courbée, affecte la forme d'une] coupe, Del. W B
p. 347, id. Gr. p. 199. Notre excellent Buhl (Ges.-Buhl W B
p. 322) compare avec raison l'arabe i^, qui, selon S et
L A, est toute chose ronde ; q'j^Iï '^i plateau de la balance,
est commun à toutes les langues sémitiques, Fraenkel
F W p. 198. Kàr, Sihâh, et 'd^, L A, = les ronds du
maquillage, *%j'! oMo. f^D et j^- , |2ua.s offrent la même
transition sémasiologique de main et de hol, coupe. Les
arabes ^i et o'i' ne comptent pas, car le premier pro-
vient directement de l'hébreu, ou du syriaque, et le second
a été façonné sur cette forme. De ce kappu, xottttx,
dérive le lat. cupa, cuppa, d'oîi le français coupe, le
suédois kopp, tasse, et kupa, cloche, kupig, en forme de
cloche. Or, on peut se demander lequel des deux sens,
main ou coupe, est celui qui a donné naissance au nom
des lettres q et k ? A s'en tenir au hiéroglyphique '^:zz^ =
3, la coupe paraît avoir été le point de départ. Ce serait
donc une idée analogue à celle qui est dans ii^Lb pour
*'!^y^, demi-lune -^-z^ . Hommel, GGG p. 104, nous ap-
758
prend que l'alphabet est intimement lié à l'astrologie
chaldéenne ') et par conséquent au culte de la lune. D'après
le même savant, o. 1. p. 101, la main d'Istar était le
symbole de la déesse lunaire. On le trouve souvent sur
les anciens objets babyloniens et sabéens, ainsi qu'on
peut le constater dans le dit ouvrage^). Les deux sens
de main et coupe se confondent donc. De même que u^j^,
lune, a donné io.«lL, coupe, de même kappu, la mam
droite sacrée d'Istar ^>_^, avec laquelle elle bénit, in a
imittisa ikarrab-'*) K A T'' p. 429 note 4, a inspiré
l'idée de la forme de la coiqje, devenue le signe graphique
^:i:^ pour D, et dont le nom est conservé dans le grec
KOTTTTx, KXTTirx. Jo vals oucoro plus loin et je demande
si nous ne retrouvons pas la forme de la kappu, coupe,
dans les lettres k et q de tous les alphabets sémitiques?
Je ne veux par cela prétendre que le signe égyptien en soit
le prototype, d'autant plus que je fais venir kxttttx du
babyl. kappu, mais comme l'origine de l'alphabet est
1) Les Arabes ont aussi divisé leurs lettres en deux classes : O^ji»
Xawws^^J! et iJr^' <^>,J>, lettres solaires et lettres lunaires. Voyez
H. Winckler A F III p. 305 note. Des 28 lettres de l'alphabet arabe,
le nombre des jours du mois lunaiie, 12 forment une seule syllabe
en â (le hamzali est motivé par l'accent); 12 des lettres grecques
finissent également en a. Les noms des lettres sanscrites sont toutes
sur la forme ba, da, etc. Tout cela n'est pas fortuit, mais j'en
ignore la raison, si ce n'est que a est la première voyelle et la plus
pure. L'article de H. Lewy, o. 1., sur les noms des lettres n'est pas
à la hauteur de la science moderne.
2) Le {y*^>-y^ '^-*^» devenu le , <->*^' ^— ^j qu^ les Musulmans
collent en hennà sur leurs bêtes ou suspendent (en bois) ii leurs
maisons, en est la perpétuation moderne.
3) Vî^ 4-'-*^Vh^- C'est le mot-à-mot, mais ^J^ est sabéen.
759
encore fort obscure, malgré les travaux de Lidzbarski,
Hommel, Halévy, Peiser, Praetorius et d'autres, je peux
me permettre une hypothèse. Les Egyptiens auront pu
emprunter le nom aux Babyloniens et pour exprimer
kappu, ils lui auront donné le signe ^:z:^: JLc( àAJÎ^.
Cette étymologie de iCwLL. trouve son pendant dans
un autre mot analogue. Agû, ou agannu, est en baby-
lonien le disque lunaire, et aussi le croissant, ou, selon
les idées babyloniennes, la corona, ^^U', du dieu Sin et en
général couronne, tiare, diadème, Del. WBp. 15=:agunu,
ibid. p. 17. Bel agê = Sin, ibid. Aganu signifie déjà en
babylonien bassifi, chaudron, ibid., ZimmernK AT p. 649.
Il a donné l'hébreu biblique ]^N, bassin, cuvette, le talm.
]m> i^m . N\'p;2N Levy N H W B I p. 21, l'aram. ji | , ]i^ ,| ,
coupe, bol, Brockelm. V G S S p. 245. G-. Hofifmann, Z A
XI (1896) p. 241, le considère comme un mot cultuel
harrànien; peut-être aussi le grec ^'yyoç, xyysïov, xyyyiiov,
vase, vaisseau. Le "lûD" \y^ de Gant. 7, 3 est très instructif
et prouve que c'était une coupe à boire en forme d'une
demi-lune. Kautzsch traduit ce passage par: „deinSchoss
ist ein gerundetes Becken, dem der Mischwein nicht fehlen
darf." Halévy, OS p. 1018, veut que î^N' soit un mot
d'emprunt en assyrien. Je ne le crois pas. C'est plutôt
un mot sémitique commun. L'arabe l'a sous la forme
iuL^I I Sa'd IV, I 65, 12 [ou wL^I ibid. 118, 16 : ^'^ ^] '),
mais l'on n'est pas d'accord sur le sens exact de ce
mot. Il paraît signifier bassin, baquet ■= ^^ T A XI
p. 219, n. LA dit que l'origine en lest le persan ajGtî,
1) Urne, amphore chez Belot est une erreur.
52
760
mais il est dans l'erreur. Si ce mot existe en persan (je
ne l'ai trouvé nulle part), il y est adventice. Lagarde
fait venir :3i< de l'arménien angan, ankan — il avait
la marotte de l'arménien —, mais cette langue l'a em-
prunté de l'araméen, comme tant d'autres mots.
On découvrira peut-être un jour que iCwlL a son proto-
type en Babylonie, comme yn, pelle, marre; ^^IXw. gou-
vernail; JL:^OL>, anneau pour le pied; Jy*,, bracelet^);
[jS.'M, couteau; ^_J^, coupe; 5.^'i, coupe; jJoCo, panier^);
idLjs, panier; (_^-li, hache; .Ui-Lo, scie-, by>, canal, et
d'autres objets de ménage et de métier par douzaines,
V. p. 623 note. On dira que je suis devenu panbabyloniste,
comme Hugo Winckler, H Zimmern et Fritz Hommel.
11 y a longtemps que je le suis, mais je n'ai malheureu-
sement ni les connaissances ni le talent de ces grands
savants qui sont, avec Delitzsch, Meissner, Bezold, Haupt,
Jensen et tutti quanti, la gloire impérissable de la science
orientale allemande.
On a vu que je traduis «^ par nacaire. C'est parce
que ce mot correspond exactement au s. Lai, s^ûi (syiu, byjij
Dozy) des Syriens, et d'où vient justement le mot français,
Lammens, Mots franc, dérivés p. 203 note. L'une des 82
1) Mais en babyl. c'était aussi bien pour le bras que pour le pied,
car nous lisons dans KB VI p. 84 v. 57 et p. 88 v. 40: simir
kâtîsa usîpîsa, Uji:>.^ L^.^V. j'»--^ ou, comme dans le Sud,
^jIiAj! et L^Lç>.i au pluriel.
2) Bob. I p. 32 et p. 122; VIII p. 144; I. Sa'd IV r p. 87, 8.
761
strophes que j'ai recueillies de la S ah g a h liaurânienne
est ainsi conçue:
Gôz ehgùl tidàll iéùl*tidwi mitlen-nàggâràt
Une paire d'anneaux pour les jambes tournent conti-
[nuellement; ils font im bruit comme celui des nacaires.
Il y a en Syrie toujours deux: ^37^:37. Elles sont
petites. On les frappe, yij, Hartmann LL W p. 113, avec
un bâtonnet, exactement comme dans le Sud.
27, 18: tiharrid. oy; est le dénominatif de o^,sa/ran
des Indes.
27, 20: yihammiqèynha. vjil=>, couvrir, 'Jil^^se
couvrir^ n'importe comment et avec n'importe quoi. C'est
le synonyme de ^y> et J^o, qui est le terme tech-
nique pour voiler la fiancée, lui mettre le J^, voile'^).
La même racine se trouve dans jJb>, couvrir^ envelopper,
et jXs^", se couvrir, s'envelopper, qui certainement ne
sont pas des dénorainatifs du nordarabique j^ ou J^b-,
couverture de cheval, d'autant plus que Maqqarî a jJ^",
s'envelopper^ Dozy s. v., et le mehri gilôl, couverture,
Jahn M S p. 180, sur la forme correcte JL«, J"l=>, bât,
est donc l'objet avec lequel on couvre l'animal. Andïni
migwal etgallal bèh, donne-moi un voile pour m'en
envelopper Dt. oUi^ est ce dont on se couvre en général,
1) Que Jacob A B L^ p. 45 ti'aduit incorrectement par chemise.
uy?^ ne s'emploie que pour le voile de mariage.
762
et non pas spécialement le ^j^^ J^, le voile de la fiancée.
Les lexicographes ne sont pas d'accord sur le sens exact
de J.^, mais d'après l'excellent Zamahsarî, qui le définit
par \>i Jys-'^j y>'*^^' ^ sLxsjl *>.v^' ^y,^ il paraît cor-
respondre au fichu en cotonnade que portent les femmes
chrétiennes, encore aujourd'hui, sur la tête en sortant.
I. Sîdah IV p. 37, 3 : .iL?^Ll k^ J^" ^j^ ^ Jo J^^kjî
^^JJ:>• g^ J*^.3 ^S^ '^'^ -bL:^. ^e^*) Vj^ >^ î ^.;^ (^'
aLJJ P ,*Aj[5 i^y^ Jjr?^-^' J^j- La fille musulmane avant
de devenir b.JL^, Hdr p. 266, la portait aussi. C'est véri-
tablement l'objet dont on entou'fe la partie supérieure du
corps. Les hommes le mettent aussi, surtout dans le Nord,
et c'est là le J^ du Prophète, LA 13 p. 139, 6, Nihâyah
I p. 189 = Moh.TâhirMB el-A,Ip. 222. Le thème ou:i. ne se
trouve pas dans les dictionnaires arabes, mais y^ a le
même sens. On pourra aussi comparer ^, c^'^, ^^^ et
, ^. La permutation de j, et de =, en arabe, n'est pas
rare. Je vais en donner quelques exemples tirés de la
langue classique et qu'on pourra facilement contrôler dans
les dictionnaires:
^. = yju et yi*j, disperser^ = ^jii = Sud jLuui, avec
ej = Jd.
^'\ = j*ju1, causer une indigestion.
^^yà> = ^j*£, raccourcir un vêtement en faisant im pli;
mettre en réserve^ cf. ^yS'.
y^ = ^uXi, trahir, cf. ,}j:s>.
^:Jl=> = wJLc, enlever.
763
^ = ^, couvrir. ^ = y^, haine sourde. y-vLJ! ^Uî»
= (j^Luî ^Ui, cohue.
L=> = ^c , parler ou pleurer d'une voix nasillarde.
ijj> z= iOc, î^oio; nasillarde.
y>, terrain encaissé, golfe, crique, grand trou =. ^yi,
assez commun.
f>^, être petit et chétif, et ^^, wa? nourrir l'enfant,
Ub llcLo ^o = Û>b , aller au loin dans l'Intérieur.
^_^L=>' ==: (jç^iLcj'î espèce de plante, K. eu-Nabât p. 31.
^oj = ^j, ôowe, I Sa'd IV I "p. 132, 8.
i^\ yi.*£ ::= «L ;ji>-vc =:: xsL vee aisée, dans l'abondance.
j~>\ =jij» déborder (torrent).
v_i<'Li = v^iLi, agité, des Bédouins de Qeys L A XI
p. 84.
^h\ = (*^jt>î, se donner des airs. *^^\ =r j»£o!, gwz a le
devant de la tète noir.
^Jc = cAs [ z=^] =- ;^^vi25 = i*i2s = «ii, casser, briser.
Cf. Ji, ^, «?Ji, JOls et vJiJls; (jiai [faii], ;-^.^ et Jj.
Mettre le voile à la fiancée lorsqu'elle va célébrer ces
noces, est une coutume pratiquée dans tout le monde
civilisé. Les Bédouins qui ne sont pas „civilisés", dans le
sens européen du mot, ne font pas autrement, comme nous
venons de le voir. Cela est, a priori, un indice d'anti-
quité. Effectivement, nous avons également ici une an-
cienne habitude babylonienne ou orientale commune. létar,
la déesse de l'amour, porte le voile. Descendue aux Enfers,
764
elle y fut dépouillée de ses habits et de ses ornements,
mais revenant sur la terre, ils lui furent rendus, et c'est
avec le voile qu'elle reparaît alors pour s'unir de nou-
veau à Tamoûz, „son jeune amant", K B VI p. 90. Dans
cette fête nuptiale, il y a même des danseuses, comme
les (=;'y^ d'Egypte, qui exécutent „la danse du ventre",
selon la traduction de Jensen o. et 1.1. v. 51. Winckler,
ASO p. 154 et ss., a exposé la portée symbolique du
voile. Il y a certainement une grande part d'ancienne
mythologie orientale, mais plusieurs faits qu'il y men-
tionne ne proviennent pas d'une conscience des mythes
chez les Arabes, mais ce sont des habitudes qui remontent
au loin. En Babylonie, là jeune mariée était voilée, k al-
la tum kuttumtum, fiaticée voilée, Tallqvist Maklu
I 2. Dans l'épopée de Gilgames, Jensen, Mythen und
Epen p. 199 v. 19, nous lisons: iktum-ma ibri kîma
kallâti, ce qui se rendrait mot à mot en arabe ^ 31
(- 'iSif Us" C -^t alors il voila l'ami comme une jeune
mariée. Pour plus de renseignements, je renvoie à K A T'
p. 276 et note, p. 432 et notes 3 et 4, Winckler ASO
1) Véritablement compagnon de roule, mais seulement dans le
Yéman et les pays frontières = v^J^ouv ailleurs; éth. 'ïfl*C et hébr,
2) En Hdr seulement q^> v. d. Berg le Hadhr. p. 287, nouveau
marié le jour du mariage, Brâutigam; mehri kelôn, Jahn M S
p. 201 [où son kelôn est une erreur]; Syrie ^y^- Nous voyons
donc que c'est un vieux mot sémitique, d'où vient le syr. JJj ,
donner la bénédiction nuptiale, marier, et sans doute aussi i)-*J^l-
Nous voyons aussi que la couronne qu'on met sur l'épousée le jour
du mariage est une ancienne coutume orientale. Voyez Gloss. s. v.;
ij^U^ô. Sur la forme kallâtu, KB VI p. 376,
765
p. 155, idem OLZ 1906 p. 209 et s., Jeremias AT
pp. 37 et 237. Le voile est certainement un symbole de
l'amour. C'est l'insigne d'Istar, dit Jeremias A T p. 287.
Chez les anciens Hébreux, la "ilT , meretrix, paraît l'avoir
porté. Gen. 38, 145 raconte de Tamar, = Istar selon
Winckler A SO p. 155, qui se voyait abandonnée de
Yehûdah, qu'elle ôta les vêtements de son veuvage^ se
couvrit d'un voile, s'enveloppa avec et se mit au croise-
ment (de la route) de "Etiaym, qui est sur la route qui
conduit à Timna. Lorsque Yehûdah la vit,, il la prit
pour une putain^ parce qu'elle avait couvert sa figure.
Strictement parlant, il ne s'ensuit pas nécessairement
que le voile était une spécialité des putains hébraïques,
car Tamar voulait se cacher pour ne pas être reconnue.
Toute cette histoire est sans doute mythologique, comme
tant d'autres dans l'AT; Jeremias AT p. 237.
Le Prophète ne se couvrait pas avec le S^^ lorsqu'il
visitait ses femmes, Haggâg ne portait point le voile,
Tab. II p. 863, le Mehdi du Soudan ne se voilait pas la
figure et les Bédouins du Nord ne se servent pas du
J.ULJ [ou j.LLi] parce qu'ils voulaient et veulent par là
suivre un ancien symbolisme, mais parce que c'est là
une habitude qui, à l'origine, avait probablement une
portée symbolique. Le mysticisme oriental, transmis de
génération en génération, dominait le Prophète, comme
il dominait le se h el-Gebal, qui était toujours voilé,
et comme il dominait le Mehdi du Soudan, le .UJ^Jt ^o
moderne. Je ne nie pas que la vie du puissant Haggâg
n'ait été entourée de faits légendaires anciens, comme celle
d'Alexandre le Grand, de Jésu, de Mohammed, de Charles V
766
et de Napoléon, mais nous connaissons trop bien la bio-
graphie du célèbre maître d'école el-Haggâg pour inter-
prêter ses faits et gestes comme une application des
conceptions mythologiques de l'ancienne Babylonie^).
D'autre part, j'avoue que le voile joue un grand rôle
dans la mythologie musulmane. La Sourat Maryam v.
16 que Winckler cite, o. 1. p. 155 note, est certaine-
ment le reflet d'une conception mythologique: J. /S]^
v_jL:sn.> n'est pas précisément voile, comme le traduit
Winckler, mais ce mot indique simplement le rideau qui
sépare le ^^ des femmes du (j*Jl^ des hommes, I
Sa'd VIII p. 74 et 1. Le verset ne saurait donc être
cité pour appuyer „le motif du voile." Il contient, du
reste, assez de mythologie légendaire que Mohammed
trouvait toute faite dans tous les milieux du Higâz. Pour
eux et par eux, „la Vierge Marie" avait succédé à Vénus-
Istar, et les vierges de Murillo à Madrid, de Guido Reni
au Vatican et de „la colonne de Marie" devant l'Hôtel de
Ville de Munich sont toute une mythologie babylonienne
en peinture et en pierre.
El-(jâhiz, K. el-Bayân éd.. Caire, II p. 84, a un passage
très important à propos de l'usage du cLlï. Après avoir
1) A. Jeremias A T^ p. 387 n. 3 accepte l'opinion de Winckler
sur le sens mythologique du procédé d'el-Ha^gâg. Il ne faut pas
chercher la mythologie là oii nous autres arabisants ne constatons
que l'histoire exacte. Voyez ici p. 768, 4 d'en bas une phrase ana-
logue dans la bouche du Prophète.
767
parlé des ^J^^U^ et des ^^^, il dit : \J^ ^'--^-^' eUÀ^D^,
^^t^_5 ^yjt ^ \f\Jo ^^ ^l^ ^L^ ^Ï^UJ ^ lot xi""^ ^Ul
(jttXXjîj ikAMjXo ^L-LaJt -^(^3) ^SV=T-^' iJwLywj ;»1>*^'' ^^^ *-^*i^
^\ ^\ ^J^\ ii>L> l^c Aï ^îj ^;^o JL>^3 ^Uao ^3
La dernière partie est surtout intéressante : Le messa-
ger de Dieu était celui qui se servait le plus du qinâ'^.
La preuve que cela était le cas chez les anciens hommes
de distinction (pieux?), c'est que nous trouvons que les
chefs de toutes les sectes religieuses et les leaders des
partis ont adopté cette coutume.
A la p. 79, 11 il dit: Ji^ Jv^'Jjtj iL-^^î ^U^w ^ cLUiJ!^
oIXj "^^ ^^ *JJ! ^y.^ ^1 wJ^Lsi! -^^^ ooLJI J^LciJtj eUi
1) Le texte a {^j^yJ^, dont je ne sais que faire. Goldziher, qui
m'a proposé cette correction, \eut qu'il ne s'agisse pas ici de partis
religieux, mais je crois que c'est justement cela. De Goeje est aussi
de mon avis.
768
Le q i n â^ était un signe distinctif des chefs. La meil-
leuse preuve et l'argument décisif de cela est qu'on ne
voyait guère le Messager de Dieu autrement que couvert
d'un qinâ,^
Le Prophète ordonna, Qor. XXXIII, 33, à ses femmes
de ne pas sortir de la maison et de quitter le ^^
J^^\ £j^UI , ce qui I. Sa'd, VIII p. 130, 20, commente
par ^Ijl)' iû^U^ joè ^\j^\ i^'caJ] ^gi^., c'est-à-dire, que dans
le temps de „rignorance première"^) les femmes avaient
l'habitude de se défaire du qina*^ et de se parer de
beaux atours qui ne cachaient pas leurs appas, I Sa'^d
VIII p. 144, 25. C'est là l'habitude des Bédouines encore
aujourd'hui. Le qinâ' était porté par les femmes libres
yî J- , Nihâyah III p. 280, sur la tête, ibid. en marge.
Le j.lJci, [ou j.Lâi; la différence que font les lexicographes
entre ces deux mots est tirée par les cheveux ^j] et le
^Ui, ne sont pas des voiles proprement dits, mais une
pièce d'étoffe, un fichu dont on s'enveloppait la tête et la
figure, un Kopftuch. I. Sîdah IV p. 38, lo: ^'' À>.il«Jt
UjU ^3^ ^jjàj]^ U*«t. »!i! L^ ,_c^«j'. Dans le Sud, il s'ap-
1) Sur les deux Ôâhilîyeh voyez I Sa'd VIII p. 143, 25 et
p. 144, 24; Beydâwî II p. 128; Goldziher MS I p. 219 et ss. En
syrien on dit >^j>^, développenoent de — r^)', s'attifer cVune façon
voyante; ^^-tJ^^ orné, paré iVune façon bariolée; JoU ,is^-jJCfl,
Q^M^ï^t, paré, bariolé comme le chardonneret; (^Ls^j , fard.
2) I. Sîdah IV p. .39 l'a déjà. Selon lui, Jjlj" serait la langue des
Taraîra.
769
pelle 'xiJ> =^ class. icïyi., o. et 1. 1. 7, et 4 d'en bas. Au clas-
sique jjLiu" correspond le sudarabique ^^^ K. el-Arânî
VI p. 33 raconte que Wadçlâh el-Yémanî, el-Muqanna*"
el-Kindî ') et Abu Zeyd et-Tâ^^î allèrent aux <^jel\ *^l^-o
la figure couverte d'un ^Uï. C'était „pour se préserver
contre le mauvais œil et contre les regards des fem-
mes, parce qu'ils étaient très beaux", comme il y est
dit. La première raison peut être plausible, mais la seconde
ne l'est pas trop. Dans I. Sa^d IV i p. 35, m et ss., nous
trouvons : Ui (j;^.*:ow --»«:> ^[5 i^c^' o,Ui ^ ^[>à^^\ Jt^
^6w Sufyân h. el-Hârit et son fils Ôa^far vinrent chez
le Prophète la figure couverte d'un fichu^). Lorsqu'ils
furent devant lui, ils lui dirent: „Es-salâmu ''aleyka,
ô Messager de Dieu!" Celui-ci leur dit alors: ^Découvrez-
vous et faites-vous connaître !" Ils déclinère^it alors leurs
noms et leur filiation^ se découvrirent la figure et pro-
noncèrent la formule de la profession de foi. Lorsque el-
Haggâg tint sa célèbre harangue à el-Koûfah, il ôta son
1) K.-el Bayân I p. 79.
2) On ne saurait traduire {^-^^é^i-x^ ici par couverts d'un turban.
iCxL^ était donc autre chose que le turban plus tard. Tab. II p. 863
il est dit d'el-IIa^g^é qu'il était ^^r*^ ^ 'sJL^ju ,*iU, ce qui n'est
pas non plus le x*L^ actuel. Vo3'ez Meydâni Proverbes: ,.yo t}-*^^
mI^xj] j_5Ô, Freytag II p. 233. J'en parlerai plus au long dans le
chapitre sur le (jUoLvJ! ^Ux: dans le Sud.
770
'imâmah pour se faire connaître, en citant la poésie
5 0 ^ . £
de Sohaym b. Watîl, où il est dit : ^cJ^/^' *-*U*î' ^' ^5^
Tab. II p. 864, 2, K Ar. 12, U, Kamil d'el-Mob. p. 215.
II ne faut pas y voir une adaption de la légende du
voile de Mardouk-Tanioûz, comme le veut Winckler A S 0
pp. 153, 159, quand même la poésie récitée par le terrible
gouverneur porterait l'empreinte d'une telle légende. Il
ne faut pas chercher midi à quatorze heures. Lorsque
le prêtre^ n'-^^' ^^ ^^ ""Uzzâ, Dubayyah b. Harmâ, vit
approcher Hâlid, qui avait reçu l'ordre de détruire le
sanctuaire, il prononça ces vers, Tab. I p. 1648, Yâqùt
III p. 666, Wellhausen Reste ^ p. 36:
) =
(j;_«^3 pUijjt ^^î lAiLi» ^jXc (} L^ (^yi "bJ sl\^ çf"-^^ j^ -'
0 ''TJzza! Attaque bravement et frappe d'uji coup
[mortel
Hâlid; ôte le voile et retrousse-toi!
I. SaM, 0.1. p. 12/13, nous informe que le ^ssg était
pour les hommes un signe de deuil, tandis que les femmes
se dévoilaient pour la même raison, ibid. p. 83, 9. Le ^Us
couvrait la figure, moins les yeux bien entendu. Cela ressort
clairement de ce que dit el-Gâhiz K. el-Bayân II p. 78/9:
V/tJl ^\^\ J.3 £^3 (*^!>iî i5 Vj-*^' o^f '^^'"^ cf o^^
^^\ ^y, ^j^ Le ^! -clftjJî dUJ i^\ U3 jL^Î g:35 JbbCc pC^
■^ ^^ \jl3 ^C^Js> ^j-i 3y= 1^^ Oo! j»-ç*j ^ OM J^ _b*L«
i) Sur cette locution, un peu bizarre ici, voyez LA 19, p. 178,
"Yâqût a <jÀ^j '^, tic aois pas lâche.
771
O^/^- ^y^i Vt*^' \i'h"f ^j^*~^ '^"^ ^«:■:^~^^. q' (_c^^. "^3 ^■*^.
C/iîe habitude des notables arabes, dans les foires, les as-
semblées et les marchés des Arabes, tels que les jours de
*^Ukâz et de Dû el-Magâz^) et d'autres, était déporter
le qinâ,"", à l'exception de Abu Salît Tarif b. Tamîm,
un des Béni "^Amr b. Gundub. Celui-ci ne portait pas
le qinâ*^, et il lui importait peu de se montrer à décou-
vert devant tous les notables arabes. C'est que les guerriers
n'aimaient pas à être reco7i7ius, car alors les guerriers
ennemis n'avaient d'autre souci que de les attaquer." Les
Bédouins du Nord, d'aujourd'hui, ne pensent pas autre-
ment et ils portent encore le qinâ^ J'ai eu pendant
quelques années à mon service, en Syrie, un fedâwî
des ""Anazeb qui portait tout le temps le qinâ*"; il ne
l'ôtait que dans ma maison. Ce qinâ,*^ est encore em-
ployé par les prêtres du rite grec en Orient, seulement
on le porte sur le chapeau. El-Gâhiz, o. 1. p. 76 en haut,
parle de cela: 't^f.^ i»^ï^ o^i ^ o^ vjLJLil-s^ ^ %
LA.i£ ^y,^) »jL<c ^j^3. Les docteurs en théologie -), en Suède,
reçoivent un chapeau haut de forme couvert d'un voile
noir plié. On ne soupçonne guère que c'est là le qinâ*^
oriental.
27, 22: er-radîhe m ah h a, aussi m ah h a. Le mot
est ra(Jdî]^ah ou racjdèhah, avec deux d, 'li-:^'., pi.
1) el-Ya'^qûbî, éd. Iloutsnia, I p. 314.
2) C'est, en Suède, une haute dignité qu'une douzaine de prêtres
reçoivent à l'avènement d'un roi. Ce n'est pas un examen universitaire.
?>) Dans ed-Dâhir, ij^< est servante en général. Cf. le {^■^^ du
Gloss. s. V..
772
ol.:s^vi3 , mais j'ai aussi entendu x^i,, et je ne saurais
vraiment dire laquelle des deux formes est la vraie.
Leylat ma yesillûn el-harîwah tinfa"" 'andha
utelebbisha ti3^iibha uhf dârïyeh bi kulle sf
di yitserrah min ^and àhleha utiglis mahha
arba'' hinyâm willa hams hinyâm, uba^âd el-
o
harâwah tindîha keswah utwèlli''and ahleha.
L'après-midi où Von amène la fiancée (à sa nouvelle
maison), elle sert chez elle. Elle lui met les habits et
elle connaît toutes les choses qui sont apportées en dot
de la part de la famille de la fiancée. Elle reste avec
elle quatre ou cinq jours, et après les noces, la jeune
mariée lui domie un keswah, et elle s'en va chez sa
famille.
28, 1: yidahhèlhom. Le terme ilioJ! ïLJ ne se
rapporte pas, dans ces pays, à la consommation du ma-
riage. idioJI est V invitation ■=.'ii\^ du Nord. ^_Jic ^y=>ù
est, comme l'hébr. bv N*13, Gen. 19, 31, = iL, [Uj]'), un
euphémisme. Dans tout le Sud, cet euphémisme n'est pas
employé, et la tournure y veut simplement dire: il entra
chez elle. C'est le mari qui hâtit la maison ou dresse
la tente c>.xAjt ,^uj. De ces deux locutions, Rob.-Smith,
Kinship p. 167 et ss., en a construit son système de
bina-mariage, déjà ébranlé par Wellhausen, die Ehe
p. 444. La plupart des conclusions de feu mon ami, si
sympathique et si spirituel, sont comme les chevauchées
des Valkyries en l'air. Lorsqu'on aura éliminé de son
i) 5Lij bsLi et »1j = coï<ms; la dernière forme est surtout usitée;
i^>>0o, utérus.
773
Kinship ce qu'il y a de faux et de douteux, il n'en
restera que le raatriarchat. Celui-ci ne saurait être mis
en doute. Mais en Arabie, il n'y a jamais eu de bina-
mariage, dans le sens de Rob. Smith. Il n'est pas rare
que le mari reste dans la tribu de la femme, et l'on
sait que le trait caractéristique des Syriens est encore
que la fille ne doit pas se marier au loin. Au contraire,
il est honteux, dans les milieux bédouins, que le mari
accepte la tente de la femme, si elle en a une à elle par
suite de la mort de ses parents. Cela s'est vu pourtant.
Mais un vrai q a b î 1 î ne le ferait pas. Il a sa propre
tente ou maison, ou il en fait une: c'est là le sens de
'4JLC ^, et pour consommer le mariage, il faut bien
qu'il ^^entre chez elle." On ne doit pas y voir autre chose.
Rob. Smith généralise les exemples qu'il allègue en faveur
de sa thèse insoutenable.
Classiquement, on dit aussi bien ^ j^o, I. Sa'd VIII
pp. 87, 9, 95, 27, 96, 27, 101, 17, 115, s, 145, 28, que
J^ J^j, Wellh. Ehe p. 441 note 3, même J,' c^Jli>o'
de la femme, Rob. Smith Kinship p. 198. J«£ \J>ô s'ap-
plique aussi à la femme, I. SaM VIII p. 92, m: J^ L
xiO (Jy*^ (J^ (^s^à^a) va/>I=>^ *o iu>w -iJ:^ o.A«, je n'avais
pas encore accompli dix-sept ans lorsque je consommai
mon mariage avec le Messager de Dieu; \JLc c>JL=>o UU
ibid. pp. 101, 10, 104, 13, n, où certainement il ne faut
pas voyeller cUî»^, Cet emploi de JJ>o exclut bien toute
idée d'un soi-disant bina-mariage.
6.
29, 24 ; y i r a w û n =r ^^33^J. Brockelm. V G S S p. 88 et s..
30, l:gauwâkum. Aussi prononcé g à u k u m, comme
on dit aussi gàuwak ou gàw seul. Cette formule de
salutation est très répandue chez les Bédouins du Nord
et du Yéman, mais inusitée dans le Sud. Wetzstein,
ZDMG 22 p. 152 et s., en parle, mais il est inexact,
car on salue ainsi tout le monde. Le salué répond ou
comme dans notre texte ou bien par ^Lp b ou \^^. Les
Syriens et les Bédouins disent aussi ,_c^>e, à quoi on
répond tiM'ju &!!! ou 'd^'ixl\ fX^^. [*!!']. ^^^is cette salu-
tation s'adresse chez les Hadar à la classe paysanne et
ouvrière. Voici une jolie histoire, très connue en Syrie,
en dialecte du Haurân : Bèdawi ma si 'at-tarîg.
Làgetu bedawie min rêr "Arab. Qâlètlu: wes
ismak? Gâl: ismi biwùggilè. Gâlètlu: gàuwak,
ya muhsin! Ugâl laha: wes ismilt? Galet làhu:
ismi bidbâb seyfak. Gàllha: gàuwik, ya fitni!
Uma'hom wâhed éâmi gâl lu el-bèdawi: ma tin-
sidhâ ""an ismak. Gâwab es éâmi: ana Abu
Ahmad, a'^lâlè el-'^Arab ma hu ^andi. Un bédouin
marchait sur la route. Une bédouine d'une autre tribu
le rencontra et lui dit: ,jQuel est ton nom?" „Mon nom
est sur ta figure", répondit-il. — „ Je te salue, ô Muhsin." —
„Et toi, quel est ton nom?" — ,,Mon nom est à la pointe
de ton sabre." — „Je te salue, 6 Fitnah." Or, il y avait
775
avec eux un Bamascène à qui le bédouin dit: ,,Pourqî(oi
ne lui demandes-tu jpas ton nom ?" A cela le Bamascène
répliqua: „Je suis Abu Ahmed^ moi, et le radotage des
Bédouins, je ne le sais pas."
Qaua! Quwîtu! chez Glaser, Peterm. Mitth. 1886 1
p. 7. Idem, o.]. 1884, Heft 6 p. 207: Guwwîtu! wa
"ù Imukum! qu'il faut traduire par: Salut! Quelles nou-
velles avez-vous? Dans tout le Sud, après la sala m-
salutation, on ajoute toujours dUJlc iji!, et l'autre répond
régulièrement: ^ kj>'-^^ ^. Cela est devenu tellement
banal, que c'est presque notre: comme^it allez-voiis? Mais
c'est l'habitude de demander des nouvelles au passant
qui a motivé cette locution stéréotypique. Cela est telle-
ment vrai, qu'en ''Oman j'l~> est devenu donner la main
pour saluer RO §291 {iJ^,sichbegrûssen,o.\.\).b\,&].
Es-srayrîn yedarrèyyo^) yisummo we yehâbro
en-nâs, die Kinder werden gewôhnt, (die H'ûxi^o) zu kûs-
sen"^) und die Leute zu begrûssen, ibid. p. 430b. Cela
1) .le crois qu'il faut lire yeddarrèyo, (^-oaj", car i^f^ est le
transitif de e^y^^j que nous trouvons à la même page 1.13 d'en bas.
2) ^ n'est pas tout-à-fait bait/er, ainsi que je l'ai déjà exposé
I.Idr p. 109. Nous lisons chez Tab. III, p. 918:UiI>cà \jJJj !cJ J
U-iUs^ U.;4.w^ *-J' , il les embrassa, les flaira cl les baisa. *-il
n'est donc pas la m'^me ciiosc que i}^, pas même dans Ilamàsah
p. 251, ', et l'éthiop. flhoD HOflo Barth Et. St. p. 47. Cette ma-
nière de montrer son respect ou son aflection doit remonter à
une haute antiquité puisque le babyi. a nasâqu, l'iiébr. p*J^i,
le syr. wa.AJ , baiser, l'arabe OJ-^^"^ , /Inircr, aspirer par le nez,
où partout .s.
53
776
m'amène à parler de la salutation chez les Bédouins et
les Musulmans.
Pour illustrer ce sujet, je me permets tout d'abord
de raconter un joli épisode de ma vie en Syrie. Je me
trouvais à Damas. C'était le jour de la fête d'Ibrâhîm,
au village d'el-Birzah, où le prophète serait né, selon la
légende, Baedeker Pal. u. Syrien s. v., Wetzstein Z D M G
XXII p. 105, note. C'est une fête populaire, la plus
jolie, la plus bariolée que j'aie jamais vue en Syrie. Elle
est célébrée par les Chrétiens, les Musulmans et les Juifs.
Je m'y rendis avec quelques indigènes, habillé d'un tar-
bouch et d'un 'a baye h. J'y rencontrai beaucoup d'amis,
qui savaient bien qui j'étais. Le Qorân m'était alors plus
famiher qu'à présent. Je dis à un cheykh que je con-
naissais : (*XJLc j^^Zv . Il me répondit : Jcol« ^^y-i^ » et
moi de lui répondre par ce verset qorânique S. 4, v. 88 :
3^ J^ ^1^ *il! ^1 1^3^^ 3) L^ ^^>L 1^ ■!Ç^ 4-^ bt^
L-y*o ^^, et si vous avez été salués par une salutation,
il faut saluer par une salutation encore meilleure ou au
moins la rendre telle quelle, car Dieu tient compte de
tout. Le cheykh fit de grands yeux et me dit: „Tu n'es
pas musulman." A quoi je ripostai tout-de-suite par S.
4 V. 96 : Ixa^a c^^ j.^UoÎ jJÇJLc ^]\ ^ [^^ "^3 . Un
peu indigné, il me dit: „Tu as fait un q^^, car dans
0 3 - O ^
le texte du Livre il y a j*!-*^ o-^ " ')• Là-dessus dis-
i) Je ne savais pas alors qu'il y a une difiéi'encc entre les deux
mots, rylj^' n'est usité qu'après la Iligrah, I. Sa^d VIII p. 145, '.
*lw^ chez Euting S. I. N" -157, malgré l'opinion de Nôldeke, ibid.
777
pute, et tout le monde se rassemblait autour de nous.
Je proposai de faire apporter un Qorân pour trancher
la question. On croyait davantage le cheykh, cela était
évident. Le pacha ayant appris la dispute envoya un
homme pour m'inviter à venir dans sa tente. Je m'y
rendis avec le cheykh. La foule nous accompagnait. Je
le saluai par ^*jCJLc ^.bLw . Il me répondit j,X*o! f*-CJLc, car
les Turcs sont moins imbus de préjugés. J'exposai au
pacha ce qui s'était passé, et il fit venir un Qorân du
sanctuaire. On se persuada facilement que c'était moi
qui avais raison. Assez fier de ma victoire, je m'écriai:
„Vous croyez être les seuls, vous autres, à connaître le
Livre d'Allah; nous autres, musulmans d'Europe, nous le
connaissons aussi. „Le pacha turc me combla de gracieu-
setés, mais les musulmans arabes ne voyaient pas d'un
bon oeil qu'un étranger eût donné un démenti aussi
patent à un de leurs cheykhs. L'affaire n'était cependant
pas finie avec cela. — „Tu as commis une faute en
saluant le pacha, me dit le cheykh déconfit, car tu as
dit: *5CJlc j.Xw, tandis que tu dois dire: j*-)ÇJLc j.X*Jî.
J'étais pincé; il le croyait du moins. Je me rappelai
que quelque part, dans le Qorân, il y a aussi j.^Lw sans
l'article et je demandai le Livre pour y chercher le pas-
sage. Un des assistants dit alors assez haut pour qu'on
l'entendît: j^^.^^^^iî 4] i^' ^nQor. 56, 78]."-„Uskut!"
s'écria le pacha de sa plus forte voix et il me tendit
lui-même le livre. Avec l'aide d'un cheykh, je finis par
trouver: *.<JLc j.^ JJa Lu'Ub ;j,m-9>j ^y^^ ^=L> !i]^, 6,
54 et: ^Sj^\^^ ^<^^ ^ i^-^^ i^ ^^' ^''^" »^ous voyez
778
donc, disje, que c'est vous qui êtes les e,'J^W-î ^t non
pas nous autres, qui étudions le Qorân tout autant que
vous. Et toi, demandai-je au cheykh, qu'est-ce que tu
réponds si un musulman te salue par j*XJL£ |.!^LJi?" —
„Mais je lui réponds : j.'^LJ! *.5ÇJLc." — „Tu es encore dans
ton tort, car il faut dire, selon la Sounnah du Prophète,
P^UJI f^<Ji£5, car le ^ est de rigueur." Sur ces entrefaites,
la tente du pacha s'était remplie de monde. Pour couper
court à la pénible situation où j'avais mis le cheykh
ignorant, le pacha se leva et me pria entre quatre yeux
de ne plus faire étalage de mon savoir qorânique. „Ce
sont de hamîr", ajouta-t-il, et je lui donnai raison. La
partie était gagnée, et c'était là le plus grand triomphe
de ma vie. Il faut combattre et battre l'adversaire avec
ses propres armes. Le fait est que le musulman liadarî
ne se sert jamais de cette salutation à l'égard d'un non
musulman, se basant en cela sur le Qor. 20 v. 49:
(^^jC^T ^1 ^^ ^j^ J.^LMJTJ. Mais nous savons par el-Iklîl
d'es-Suyûtî que Mohammed saluait un kâfir de la salu-
tation islamique. Tout au plus on répond encore aujourd'hui
à un ^J^j>, lorsque celui-ci s'en sert, par ^iVJLcj, conformé-
ment à la tradition Boh. VIII p. 57, K. el-Isti\lân, B.
Keyfa yuraddu 'a la ahl ed-dimmah etc. Cela peut
avoir sa raison d'être dans l'histoire y racontée de cer-
tains Juifs qui saluèrent le Prophète par ^dUit ^LwJt, la
mort sur toi\ ') ^Aïsah s'en révolta et riposta: *LJ! jjÇJLc
1) Ce mot j»L*v, mort, trépas, qu'on ne saurait rapporter au thème
j«y«, est sans attache en arabe. Je crois que c'est une prononciation
pour ^h dont j'ai parlé I.hjr Gloss. j). 602. Nous savons à présent
779
iCjLL'.. „ Doucement, Aïsah, dit le Prophète, Dieii aime
la douceur en toutes choses." — ^^Tu n'as donc pas entendu
ce qu'ils ont dit?" — j^Mais c'est pour cela que j'ai dit:
et sur vous, (•XJLc,." 'Abd Allah, fils de 'Omar b. el-
Hattâb ne voulait pas saluer les Juifs, I. Sa\l IV i p.
120, 5. Dans Boh. VIII K. el-IstiMân, nous pouvons lire
les prescriptions sounniques qui règlent la salutation dans
rislâm. Par Boh. I p. 162 et ss., »^*b5î ^ lXÎ^! l^L.,
nous apprenons comment doit être la sahitation, J•^LJt,
lorsqu'on mentionne le nom d'un prophète. Mohammed
y prescrit même qu'on doit lui appliquer la salutation
iJ'i'y^ iJJt iiTjj é^ j.X*JI. C'est encore aujourd'hui la
réponse à une salutation. Il a aussi ordonné que la for-
mule dVJlc *il! J^ soit prononcée sur son nom, Boh.
VIII p. 77, et l'on s'y conformait Tab. I pp. 1645, 4
et 1725, 2. Je n'ai pas besoin de dire que la salâm-
salutation est aussi ancienne que le monde oriental. Les
Arabes l'avaient bien avant le Prophète. Dans le Diw.
des Hodeylites, éd. Wellhausen p. 52, 7 et 8, noas trouvons :
UjJ Lo^Lw.. Il en ressort que le 3 était aussi nécessaire
dans les temps préislamiques. Nous lisons dans I. Sa'd
VIII p. 163, 9 et ss: ^^'1 JL^ ^>Jl=>o îo' ^J p ^^
|,^LsmJI jyL)' ^1 ^^] U! ^y^^ aXJLc "^ j.^Lv ^S . Umm,
qu'en soqotrî *î; est mviirir, ma critique de Jahn-Muller, Mehii-
Sprache p. 54. Le dict. arabe donne aussi *î;, DWiirir = *\y La
permutation de ^_^w et ; n'est pas rare, Diw. Ilâtim éd. Schulth.
p. 15 N" IIL
780
Ayman avait Vhahitude, lorsqu'elle entrait chez le Prophète
de le saluer par soJam, sans ajouter 'aleykum, et le
Prophète lui permit de dire es-salâm. Lignes 7 et s.
de la même page, la tradition est ainsi transmise:
pbLw- Jyij' ^^1 aJJ! Jj-wj bi j^=>Ls j.^Lw Jyi-j> 'kjt^ O*^- t' ""^^
où c'est p^Lw sans l'article. ^VJlc j.'^Lv,!. SaMIVipp. 83, 2,
115, 20. LA 18 p. 237, 3 et ss., nous informe des diffé-
rentes formules de salutation dans l'antiquité arabe. Le
latin cicéronien salutem alicui dicere ou mittere est ab-
solument l'arabe ^) j.X^'1 Syj, Bolj. VIII, p. 52 en bas, ou
j.'sUJî ^J, d'où notre salut et salutation, salus = j.^L«.
Les Bédouins du Sud disent encore tout simplement
s al âm — de même que les Européens en Orient, ce qui
est tout-à-fait arabe. Ceux-là ont aussi une autre salu-
tation assez bizarre : s a r ô^ s a r ù' et plus rarement s a 1 ô',
salù'*). Je suppose que c'est une apocope de salôm
et représente une prononciation, fort ancienne de ce mot,
comme encore dans le mehri, voyez ici p. 295 et s. Le
changement de J en , est très commun en arabe.
Nôldeke, Z D M G 40, p. 185 note et B Z S S W p. 63
note ss., dit que cette permutation des deux liquides
„est presque tout-à-fait étrangère aux langues sémitiques."
i) Il est assez intéressant de constater qu'en mehri ratirî est
parler et rarûy, parler, langue; c'est l'arabe Uiî, lire, et J>^|y5,
lecture. Jahn, 0. 1. p. 185, ne l'a pas reconnu. Ce thème se rencontre
aussi dans son ouvrage p. 43, 23 et p. 59, 16.-
2) A Jahn dirait que le français salut vient de là ! Après avoir
lu Die Lirhciideii von Amasia publiée avec notes par G. Jahn, je
suis persuadé que le nom de ces deux orientalistes ne vient pas du
latin genius, mais qu'il a quelque affinité étymologique avec le thème
&^
781
Pour prouver le contraire, je présenterai dans le courant
de cet ouvrage, une liste de quelques douzaines de mots,
rien que pour l'arabe classique, où cette permutation
a lieu. Cf. Brockelmann V G S S p. 137.
Si la salâm-salutation') est devenue, par Tlslâm, la
formule généralement adoptée dans les milieux hadar, on
ne saurait dire qu'elle soit exclusivement employée par
les Bédouins. Ceux-ci ont leurs formules à eux et qui
remontent au loin. C'est le verbe ^,-ç> ou ^efp^\ qui y
joue un grand rôle. ^! ^1-^ est courant dans toute
l'Arabie et chez les Bédouins de Syrie et de Mésopotamie,
Doughty, II p. 236. Voyez l'anecdote rapportée ici sub
38, 10. Il renferme plutôt un souhait qu'un salut pro-
prement dit. ^^=^ et dVjLl=> sont aussi, comme LZ>-^ et
tiUJ, la réponse à un ordre donné, él^ ^^i^. ^^, Que
Dieu fasse vivre ta parole ! est chez les Bédouins ''Anazeh
un souhait fort commun. H a y y a mil e d-d u n y a , =
LijJ! sj^ (jr^j est un salut ordinaire chez les Bédouins
du Sud. Pour illustrer l'emploi de ce verbe, je vais men-
tionner un épisode de mon Expédition dans le W. Mayfa^ah.
Lorsque nous fûmes près de ""Azzân, où le fameux sultan
Muhsin devait nous recevoir avec un maukab solennel,
la question des zawAmil, qu'il était indispensable de
chanter devant le sultan, fut discutée. Un Dîyêbî fut
désigné par Ahmed em-Dêb, frère du sultan et tout aussi
1) Moh. ez-Zorqânî sur el-Mowaftâ de Mâlek b. Anas, I p. 1G7,
Caire, est très instructif sur ce sujet.
782
grande canaille, pour composer le zâmil. Il se recueille
quelques instants et, avec beaucoup de dignité, s'avance
devant mon escorte et commence -î i-^o L j»ioLç>.
Il n'eut pas le temps d'achever la phrase, car tout le
monde criait: Va-t-en! Tu n'es bon à rien! Je ne com-
prenais pas alors la l'aison de cette déconfiture. Plus tard,
je sus que tant de zawâmil commencent ainsi, que
c'est là une preuve de l'insuffisance poétique du mi-
zammil. Cet épisode nous prouve combien cette salu-
tation est répandue dans le Sud. Dans notre texte nous
trouvons N° 64 v. 1 et N° 71 v. 1 : Lo J^ ^ j^ ^_^. «JJ!
Que Dieu salue celui qui nous salue ! propr. fasse vivre celui
qui nous a dit h e y y â b a k. On dit ^ ^jrtp-, aussi "^Omân
RO p. 422, 9 (oiï il faut lire haiji, comme) p. 424,
N° XVII: l.ieije bisêhên, et J J^, N° 88, v. 2,
comme Qor. 56 v. 00: ttU ^^"±^ et l'hébr. biblique Dl^ti^'? "^j^
Ex. 4. 10, et, chez les poètes seulement, ^_Jl£ ^,-^, N° 94
V. 1. C'est proprement prononcer le mot ^_^ à l'adresse
de qqn.
On observera que, dans le Sud, la seconde syllabe de
heyyâ est toujours longue dans le mètre. Le verbe ,^^jç>
ne devient jamais, dans le Sud, une particule verbale,
une interjection, mais il est souvent employé comme
substantif, surtout dans la poésie: ^c-'P- \j^\ deux mille
fois [ie prononce le mot] heyya, N° 87, comme le syrien
bL^3 ^î o/>-y«. Lorsqu'on dit heyya seul ou heyya
umarhaba, les deux voyelles finales ne sont pas de la
même provenance: heyya est le verbe Zp-, comme
783
J/to, et marhaba est pour U>-<, Ma Langue arabe
p. 28. v_j ^,uj:>, par le fréquent usage, a aussi pris le
sens de bie7î recevoir qqn., lui dire heyya. éV,^\ est =
ê^ se. iJJt, L A 18 p. 237, 10 d'en bas, si ce n'est
que ahyâk et yihyîk sont moins forniule que hay-
yâk. Dans le langage courant, on prononce toujours
hayyàbak, comme marhabàbak, dans un seul mot,
hayyâbkum, mais dans le vers, cela devient hayyà
bekum. L'interjection ^c=^j nom verbal selon Lane,
n'existe pas dans le Sud. Si elle vient de ^jr^p-, devenu
Jj> par le fréquent usage, ce qui au fond n'est qu'une
notation graphique^ elle pourrait, à la réflexion, avoir eu
le môme sens que notre ^}s. ^,-ç> N° 94, v. 1, savoir, dire
j»jCjLI:> à l'adresse p. e. de la prière. Les lexicographes
n'en ont pas su l'étymologie parce qu'ils ne connaissaient
pas le bédouin l_j ^Jfp-- Ce qui me fait croire que cette
étymologie pourrait bien être vraie, c'est qu'on peut dire
classiquement ^^Uj ^ Jp> ou lj ili ^]^, LA 18 p. 243,
Lane s. v., oii S^ ou ^Ip^) est pour Suî, ayant pris la
même signification que ^ Çj>j classique et dialectale. Dans
le Nord, nous rencontrons vraiment ^g=>, où la seconde
syllabe est brève. Le classique y5ijL 2OJ! J^=> = (éL^ii,
Ôézîrah p. 80, 18, s'entend aussi dans le Sud, mais là
c'est e)ut. Lf^:^' ^® même, le classique dU^^ ^t uri^?
Hamâsah p. 23, 11 d'en bas, est également employé.
1) bL^ L est, dans lo Nord, la réponse à (i)|y».
784
Une poésie du Dîwàn de 'Abd el-Ranî en-Nâbulusî com-
mence ainsi:
où LL> est -- , mètre basît. MaisSocin, Diw. N° 34 v. 1 :
Hayyal-gawâbu hayyî min wallaf al-qîl
lïayyih "^adad ma yas^'al al-'^abde maulâh
Ich hegnissG das Schreiben imd begrûsse die welche
fdas Gedicht verfasst hatj
Ich begrûsse sie, sovielmal als lïenschen ihren Gott
[anflehen.
Mètre: ---- I ---- | ---- . Ibid. N° 89 v. 1:
Hayye dalmaktûbe walmirsâli
"•Udde ma bal-rîne nâh al-wargi.
Gruss dem Schreiben und dem Boteii,
Sovielmal als im Palmengarten Turteltauben girren.
Les Arabes méridionaux auraient aussi dit ici h ày y a 1-
gawâb ethàyyih, mais le premier est de ^Jfp-Qt le
second, l'impératif régulier du verbe: hayyeh selon
p. 323. Dans la seconde citation, hayye peut aussi être
l'impératif, et je me demande si ce ^^z> n'est pas, au
fond, un impératif de ^,-ç> (= ^^) et alors employé d'une
façon tout-à-fait régulière dans le mètre. Dans le Sud, l'impé-
ratif n'est pas employé, mais le parfait ou l'imparfait le
sont comme optatifs. Dans le Nord, le passif du parfait
s'entend souvent: huyyîtum! comme dans le verset
785
qorânique cité p. 776, i7. C'est le souhait de bienvenue
courant des 'Anazeh. Les vrais Bédouins du Nord ne se
donnent pas la main [ïCm^L^, des cinq doigts] en se sa-
w 5
luant, mais laissent leurs bras tomber aux côtés, S^Aj,
jv^.vAjJ, et s'embrassent sur les joues [iiol^]. La célèbre
qasîdah de SaMûn el-^'Awâgî porte v. 3 et 4:
3. Memàddak es-Sumbul lak el-gèdyë gad-
[dâbO
Talfi ""ala seyhan irahhib ilyalfeyt*).
4. Ihôtte min hôlwet fîdiilah-'') èlya^) gâb
Uyimla"*) mazâliebhen^) batargôleheyyît
3. ie but vers lequel tu tendras est es-Sumbul, et
[l'étoile polaire t'indiquera le chemin'^).
1) Le texte est d'après le chant du barde du Haurân, Moûsâ Rimû,
dont le portrait se trouve chez v. Oppenheim, Vom Mittelraeer II p. 127,
mais l'auteur l'ignore et il appelle les deUx chanteurs »Beduinen-
sànger" ! v'^^^» î^''^ attire.
2) Observez que il (el) reste ici bref, dans les deux endroits ; Ildr
Gloss. p. 523.
3) xlcaà Q^ 8(_N-Lc oy^ ^ lO"^*^ C^*' ^ ^- Moûsâ récitait bien
efdâlah, mais il chantait fïdâlah.
4) U, j, est ici de trop, et cela est souvent le cas dans la poésie
bédouine, au commencement du vers.
5) Sing. &^j^, où l'on met le v^^J ou i^;, provisions de
voyaye\ cf. i^?'. v^J) mellre les provisions dans le sac.
G) l5^^, [prononcé g'"JJ) v- DozyJ, appelé tiUaJ! par les marins:
786
Tu arriveras chez un cheykh ^Aqâb), qui te donnera
[la bienvenue, lorsque tu y entreras.
4. Lorsqu'il t'apportera le manger, il mettra devant
[toi tout ce qu'il aura de mieux
Et il remplira les sacs de provisions des chameaux
Après l'avoir dit: „Sois le hienvenu'"\
Dans le ^omânais, ^_^L> est saluer, Brode M S 0 S V,
2 p. 8, 3 d'en bas: u sâru ilaMesqetuliâyues-
seyyid, ils allèrent à M. et saluèrent le seyyid, en
disant *i]! (»^û>, et non pas meldeten sich, comme le tra-
duit Brode.
Le substantif icL^' a tout-à-fait disparu du langage
dialectal, où il n'est connu que dans les milieux hadar
qui observent le culte religieux. Glaser dit, Peterra. Mit-
theil. 1884 Heft V p. 178: „en entrant, le Gabîlî ne
prononce jamais sala m "aleykum, mais sala m t ah ie,
c'est-à-dire, salut à la communatité." On voit que Glaser
n'a pas reconnu le mot tahîyah. N'ayant pas été dans
ces contrées-là, je ne puis qu'enregistrer l'assertion de
Glaser. Elle me semble bien être un malentendu. Un
bédouin ne dira jamais i^w^^nj' J,^Lw en saluant.
Il est clair que *J — xJl est dire dVJLc j.'liUo!, et ïCjcs^I
est dire ^dJ! éÇp; mais comme le dernier est aussi proféré
en saluant, l'un est employé pour l'autre dans les défi-
^jKxJii L \>X f> j^, il csl fixe et ne bouge pas. Dans le Yi''inan,
Û O-
on l'appelle .Uv^î et dans le Ne^d méridional, v^'> Palgrave
l'Arabie contiale II p. 305,
787
nitions des lexicographes et des commentateurs. C'est
pour cela que la kIs^' figure, chez Boh., K. el-Isti'dân,
sous la rubrique J.^UJt ^o^ ^L. Le verbe ^^-^ est très
employé dans les anciennes poésies préislamiques p. e.
Hamâsah p. 23: o^-y u>-<ià' ^" olr^ o«JJl, où iç^" est
-expliqué par j.^. Ibid. p. 45: UxL^ ^^^'X- L ^jl^ li],
avec le commentaire: *-JLe (,J^,JLw !ii J^Jî >iU^ JLoj
De même dans L A 18, p. 236, 8 d'en bas. Wellhausen,
G G Anz. 1906 Juli p. 577, a raison de dire que la '^S^'
est une formule déterminée de salutation. Il ajoute „qu'elle
n'a presque conservé de trace que dans l'étymologie du
mot iu^', et qu'elle a, de bonne heure, disparu de l'usage
commun et semble ne s'être conservée que pour les rois."
Le maître de Gôttingen va trop loin, et les dialectes sont
là pour prouver le contraire. Cette salutation choisie et
élégante était adressée aux rois, comme l'hébreu biblique
i^^L^ V] et notre: vive le roi! Voilà pourquoi xlr^" devient
synonyme de ^vL, Ilam. 1. 1., comme notre „Sa Majesté",
pour parler avec Wellhausen, o. et 1.1., et qu'il fut finalement,
par Mohammed, appliqué au Roi Suprême, Dieu, qui est
aussi le salut p^UJ^ par excellence, Qor. 19, 23, tout en
conservant son emploi primitif, ainsi que le prouve Qor.
i) Wellhausen y est indécis s'il faut faire dériver le salut phéni-
cien et caitliaginois au, avo et le latin ave, hâve, de (C^-j ^n>
mais Je crois qu'il faut carrément adopter cette étymologie. Cf.
Schroder, Pliôn. Sprache p. 207. Notre allô! hallô! est aussi sémi-
tique. On ne saurait plus méconnaître rénornie influence de l'Orient
.sémitique, mrme au point de vue philologique: mots, expressions,
idées ont été transmis par le commerce, absolument comme tle nos
jours entre les différents peuples etu'opéens.
788
4 V. 88. Le Prophète, voulant toujours, autant que les
intérêts de la religion le permettaient, établir une dififé-
rence avec l'ancien état de chose, aboht la salutation en
cours et en présenta une autre islamique: dVJb j,^L- ou
iVUle *^LvJ', avec ou sans xi'^y^ &l'! iT,». D'après I Sa'd
lY p. 162, 5 Abu Darr était le premier qui donna au
Prophète la salutation islamique : ^)LJ^' îl^o ^'wx:> ,^ J.î.
Mais nous avons vu que cette formule existait déjà dans
les milieux bédouins. G Jacob, B L" p. 86, dit que la
salutation musulmane est d'origine hébraïque. Cela n'est
pas probable, vu que cette salutation existait dans tout
l'Orient sémitique et même chez les Egyptiens comme
mot d'emprunt. Tabarî nous donne des informations
précises sur cette modification du Prophète '). Il raconte,
1) 11 est incontestable que toute la formule musulmane *^L»/
*j1^J5 aJJt 's^^^ i^W^ rappelle singulièrement la bénédiction mo-
saïque sur le peu])le d'Israël, Num. G, 24—26: ^"lî^^'^^l "1"^ ^DIT
ob"^ i^ D^^^ ïi^^Jî T':iQ hIû^ n'^^ i:n^i ^^^n* v:d mn^ in^
T ': "T: I V" TT VIT T TV •._ • I •.• ■• TT V : " ' "T
Que Yahwe te bénisse et te garde! — Que Yahwe fasse luire son
visage siir toi et quil ail pitié de loi! — Que Yahive lève son
visage sur toi et te donne la paix! Nous trouvons ici les trois par-
ties de la salutation islamique : 1" wb"^ = p^**' ; 2"" ^lîV^ = *^'' ^^j
on dit encore en Syrie e^^ Cf^- *^"' P''*^^- ^^ ^'^^- Gloss. s. v.;
3" ïlDID'^ = xJ'^^. Cette prière, qui est encore dans la bouche de
tous les peuples protestants et qui constitue même, avec le Pater
Noster, leur principale prière, est originairement à l'adresse de la
lune, ainsi que l'a très bien expliqué Nielsen, Diè Altarabische Mond-
religion p. 180. Cela est confirmé par le verbe ']^''y = -»", sur
lequel on lira mon exposé plus loin, v. Gloss. s. v.. Je fais observer
en passant, et à titre de curiosité, que □1'?*^ ^b Dï''*'! correspond
exactement à la phrase triviale: ficher la paix à qqn, car *Ui, i,
est ficher originairement.
789
I p. 1353, à propos de 'Omeyr b. Wahb el-ôumahî :
vXï aHI J^^^ JUB ^j ioJlPlll j^l il^ ^i^ L^Laû î^t
i^ ^^. ioj^ j.^LwJLi -^ Ij tiVjy^ Q^ -ç> X^çSTo aUI LlôI?!
Ibid. p. 1513: ^jx>ù2i> ^^ lXa^^Î ^^ ^La«5 ^Ut J^w jjix/*l UJLs
iJLc jJLj ■■iyjl\ 'i^ 'sLi^. Ibid. p. 1610: jjL Lo !!^ 'ÛJli
aùc Uyu^li ^^Lv■^! iCx:s\Xj LlaJLc. Goldziher, MSI p. 30
et s,, a traduit le joli récit de K A XIV p. 30 et s., où
nous lisons dans une poésie de ''Uyeynah b-Hisn, dans
un moment de bombance païenne:
Tu nous as donné l'hospitalité et tu nous as large-
[ment régalés et tu nous as enseigné la salutation
[de l'Islam qui n'était point connue auparavant.
Goldziher fait ici observer que Jis. xl>^' est le con-
traire de iO^Lil 'iU^', Mais il ne s'ensuit pas que le pre-
mier soit un terme technique ; au contraire, il en découle
que pour les anciens Arabes el-Gâhilîyah était vraiment
Je temps de l'Ignorance", sans cela 'Uyeynah ne l'aurait
o
pas opposé à jJLc. Goldziher ne veut point admettre ce
sens, 0. 1. p. 219 et ss., mais nos confrères n'ont pas,
et avec raison, adopté sa manière de voir.
30, 10: yigcjob elfingân biyeddeh el-yumna.
v^xajs métathèse de ^<^, aussi en Algérie, Doutté T 0
p. 17, oîi il y a d'autres exemples. Ces métathèses sont
790
très fréquentes dans tous les dialectes. La langue clas-
sique en offre de nombreux exemples. C'est une spécia-
lité des langues sémitiques en g(3néral. Je n'en indiquerai
que les suivants qui me viennent à l'esprit en ce moment-
ci. Nord: ^s/^ et (ji2=>, criailler \ ^^ et .^ix^, Ilartm.
L L W p. 88, 16 d'en bas; v'^r- et v'l^î) v^L^^^t v^'^
Bel, Djazya p. 74 '), Socin Z A D M p. 186 ; ^^ et s^,
se rendre vers, = a>l2Js, 'Anazeh et Haurân ; «.^vcajt et ^^^a:f^,
se coucher j s'étendre sur le lit, "Anazeh, Socin Gloss. s.v. ; ^
et J^, Hdr p. 304, ici p. 793 ; i^^L^ et ^J^^^, faire, her-
richien; ,.^*i2J et \j^, o, faire cuire, Béd. Syrie et Hau-
rân ; ixoj et Jj ;x, glisser z= Jj; ; %.*s3 et t^jjuii et ^o,
ù 5 O
donner une gifle Hdr p. 401. Mais ^^^y>- et ypJ, mortier
du café, ZDMG 22 p. 100 note 35, Euting Tagbuch
p. 195 Oi^iais p. 84 note incorrectement Jsù), de Goeje
BG A Gloss. s.v., que Socin, Diw. HI § 173, cite comme
„un des exemples les plus frappants de la métathèse,
ne se laissent pas, aussi facilement qu'il le croit, en-
registrer dans cette catégorie. T/étymologie de ^y>- de
•1) Qui l'appelle «permutation", ce qui est autre chose. Il aurait
dû dire transposition- ou métathèse. La terminologie scientifique laisse
un peu à désirer chez nos confrères algériens. Ainsi, Bel o. 1. p. 93
dit que »Ul^ est une déformation du régulier de q^"; v. Pi'Ov.
et Dict. p. 10, ZDMG 38 p. 418 et 420, Abu Zeyd Nawâdir p. 163,
Hiz. el-Adab d'el-Bardâdî I p. 289. Leurs analyses sont souvent tout
autre que scientifiques, p. e. Bel o.l. p. 105 et s., sur le rétablis-
.sement de la tiilittérité. Ce ne sont pas là des expressions exactes.
En étudiant les ouviages des aial)isants allemands, les Algériens
acquerront aussi cette qualité de l'exactitude terminologique à ajouter
aux autres si bonnes qu'ils ont déjà.
791
Fleischer, Levy N H W B I p. 437, ne me sourit pas, car ^.^y>
est un objet ou un endroit évasé, ^ creusé. Eu égard au sens
du verbe yp, v. Gloss. s. v., on est plutôt tenté de considérer
G 5
yF^ comme primaire, du moment que ^y> n'a pas le même
sens. Mais alors il faut admettre que cette métathèse se
soit produite de bonne heure, puisque Xi^, aire pour battre
le blé, se trouve déjà dans l'A T z= l'éthiop. l'-Ci • y^ me
paraît être une variation phonétique de Mjt. Autres exem-
ples Z D M G 58 p. 933. Brockelm. V G S S § 98. -
Sud : ij^jA^, occasion = iOoj, Nord ; ijy«, 2:)lanche Dt ■= ha^
Hdr Gloss. s. v. ; J u^jr-j oser, être de force «-, Dt = ^wj>,
Nord ; ^, a, monter dans la montagne, grimper Dt. «.;J5,
lever la tête Dt = Hdr oi^ [?] ; cf. ioLï ou ids, sommet ; u;^:^,
59, 25, cuire à point = Nord et le class. ,i>^'i, v. Gloss.
s. V., comme „%:? et .^s^"; 1-, et :^, serrer; , «3> et ;!«/,
se gâter; (J^j, prendre avec une seule main: une poignée, et
;ji.AP, prendre avec les deux mains; ^^Qt ^^, se heurter,
éahhî BBRAS 1902 p. 262; ^, Joù et ^, maudire,
presque dans tous les dialectes arabes, Doutté T 0 p. 1 7 ; iciù
Dt = y^^, Ildr sobriquet, aussi Egypte Vollers W Z K M VI
p. 172, et class. ^]. La métathèse n'est pas rare non plus
en mehri : ^i) j, genou =: hébr. "^;;}3, assyr. b i r k u , aram.
Uî«-o 6t l'arabe &J^. On dirait que le mot arabe est déjà une
métathèse; ^j, bénir, serait alors, originairement, s'age-
nouiller ? Et l'assyr. k a r â bu? B a (1 à u q , couper par
morceaux, découper = \j^ Dt, et non pas t*i2j, comme
54
792
le dit Jahn M S p. 167'). Elle se montre très fréquem-
ment dans les dialectes nordafricains, Doutté o. 1. p. 17.
La langue classique en offre des exemples par douzaines.
Je me rappelle ici c>^s>\^ et -Js^ ; -Lui et ^^^^la L A
s. V. ; Jjui et iaiu • (jii^^. et ija^ et [js:\J> ■ ^^ et ^^,
Tab. I p. 1416, 4, Jahn M S p. 177; ^^^ et ^cr, Diw.
Hod. Koseg. p. 48. Les grammairiens arabes ont souvent
relevé ce fait de la métathèse. Le livre le plus remar-
quable sur ce sujet est le JtJu'^îj «-Jiaiî ^i j'uJJî ^ par
Ahmed Fâris eéÔidyâq. Malheureusement, il n'en publia
que le premier volume, mais les autres se trouvent en
manuscrit. La métathèse est d'un intérêt capital pour
bien juger de la nature des racines sémitiques. Si Houdas,
Précis de Gr. arabe p. 161, n'y attache pas une grande
importance, il prouve par là qu'il est seulement philo-
logue, mais nullement linguiste. — La main droite est la
plus noble, parce qu'avec la gauche on se nettoie le
derrière, iL^.;;:*^! . Le Prophète a du reste prescrit l'emploi
de la main gauche dans les besoins naturels, Boh. I,
p. 38: tj^4jyL. iL^ujCv."^' ^c lfS^' v^:"- Un '^anazî me dit:
4) fôdok, marée, o. 1. p. 17G, n'a, au contraire, rien à faire avec
lAàS , descendre, usité dans le Sud, mais c'est une prononciation pour
\Js^. Letôr ou letûq, tuer, p. 209 et Gr M S p. 12, est le sud-
arabique <^iJ ['-^>*-^ ou y$\^\j\, jeter [une pierre, une piqiœ sur
qqn], le vjî arabe devenant souvent h en mehri. Jahn et, d'après
lui, Brockelm. VGSS p. 270 7, veulent que ce soit une transposition
de y^. Cela est faux, car ^Ji^ et ^, contiennent la môme racine
que dans vj^, LJ, ^, ^, ^ et Jiî, ^_c^ ^^>^, ■^^,
•j^^i j-^, LT-^-^j lA-^j f^. La dite grammaire de la langue mebri
contient une telle masse d'erreurs, qu'il me laudrait un volume pour
les corriger.
793
Hanna ya ël-^Arab kùllsin nësâûwîh bil-yùm-
ma: nigdib "en an elfaras bil-yumna, uer-rumh
ues-seyf nehôtteha bil-isâr nneshibha bil-yum-
n a. Nous autres Bédoui7is, nous faisons toutes choses avec la
main droite : nous prenons la rêne de la jument avec la
droite^ et la lance et le sabre, nous les mettons au côté gauche
et nous les tirons avec la droite. Cf. p. 801,8. Le Prophète
a du reste ordonné aux Musulmans de manger avec la
main droite, Boh. VII p. 68: ^^\^ ^Lxk!î J^ iwM-wjdt ^_;|j
(j-^Li . Une autre tradition, que je ne retrouve pas pour
le moment, est ^jy=>^ S^ ^i l^^i^", Moh. Tâhir MB el-A.
II p. 182. Voyez sur le côté droit Boh. III pp. 110, 112,
154 en bas et 161 deux fois. ''Âïsah a dit, Boh. VII
p. 154: ^dx>u;5 i^f^ ^j^rr^ ^ O'*^' ^î"*^- (--■■^'' qI^' Js ne
crois pas que ce soit là une innovation du Prophète,
car on a toujours dû se nettoyer le derrière. Dieu lui-
même ne se sert que de la main droite, Ex. 14, 8; 15,
6, 12; Num. 11, 23; 33, 3. Voyez ici p. 758, s et ss..
30, 15: ifëlliu. Je prononçais îflahu, mais mon
"anazî et Moûsîi Rârâ disaient que cela voulait dire
labourez et que cela n'allait pas! On dit aussi îfhelu,
comme chez Wetzstein ZDMG 22 p. 84, 8, Hdrp. 304,
ici p. 790. On y répond par éy ^"Jtsj.
30, 16: yidàrrbu darâbi. ioo^o, pi. ^<j^j>->, boîdette
de quelque chose de mangeable, boulette de Vicia saliva,
'sl^jf, et d'orge qu'on emporte comme provisions de
voyage, ^\s>- pour les chameaux, = ^iJ^-ow, Prov. et Dict.
p. 127. On l'appelle aussi '^j^j^ chez les Bédouins et
794
les Hadar, et, sans la dissimilation des consonnes, id^Ô,
chez les paysans de la Syrie. Socin l'a aussi entendu
avec (jij : 'i^^y^^ Diw. Gloss. s. v., mais cette forme m'est
inconnue. Elle ne doit pas être vraie, puisque l'hébr. a
rh2l , Ges.-Buhl II W B s. v., et nb^?"! , Levy N H Chald.
W B s. V., et M. el-M. et Dozy donnent i^V>^j aussi ap-
pelé syo. Les Arabes du Sud disent jyi*j, „mais nous
ne mangeons jamais de riz", m'expliqua-t-on ! ^.o est
le dénominatif. J^j.o est pour jôo, faire des boulettes,
aussi classique. La racine est J^jj», qui est, dans plusieurs
sens, une variation phonétique de yo, et je ne sais pas
si l'on peut ramener xo^o à cette même racine : »_j.j> =
Jou>, avec métathèse et passage de J en ^? J'ai bien
pensé à uj.o, route; mais ii^j^o est boulette en général:
la voyelle serait alors comme les classiques j4^ et ^}!^,
S'S et ,cS><>.
30, 17: kabtûli. 'i^J^ , 'petite boulette, pelote. Le
verbe Jjo/ et le substantif sont bien expliqués par Dozy.
idb^, rond, en éahhî, BBRAS 1902 p. 208. C'est une
amplification de ^ [J-^]» comme -LLj, glisser, de 1^\,
qui, à son tour, est un développement de -Lj = ii*;, se
glisser-, -^j^;, int., se faupler, se glisser partout. -Lh
(jaJCI j, o^f^"^' j''^' ' P^'^^^^ ^^^ î^w^fa wwcto labitur. Le
développement par «»j après la seconde radicale est peu
fréquent.
795
30, 18: yisgôlha. Mon ms. a yisgolha, ce que
j'ai changé en yisgolha, mais je n'en suis point sûr.
Le verbe indique le mouvement balançant qu'on exécute
avec la main en faisant la boulette.
30, 19: y a balâ" etc. Je ne l'ai pas traduit, parce
que je n'ai vraiment pas su comment le rendre d'une
façon compréhensible. Cette locution fut ainsi expliquée
par Slêmân b. Da'ûd el-Râzî, du village de Habab [Haurân] :
Iza wâhed ittâma"" begûlùluh el-matal, ya
fil-mâl ya fil-àkël ues-surb. Mitli ana la yisohh
bf el-matal: lumma sagèytani en-nebîd bil-
kâs halleyt bigiVu mitol ma "atôytani yâh,
hatta ma^) yesîr el-matal ""alèyyi.
Illi ma biliabberûh rab'u uhù' bàla liàsab
unàsab; u èlina yal-Hawârni ma minkebbir
hâlna mitlel-mùdun.
Si quelqu'un est avide de quelque chose, on lui dit ce
proverbe, qu'il s'agisse de biens ou du manger et boire.
Mais ce proverbe ne s'applique pas à moi, car lorsque
tu me verses du vin dans le verre, je laisse dans le fond
(du verre) autant que tu m'as domic ^) afin que le pro-
verbe ne me touche pas,
[S'applique aussi à] celui qui n'est pas considéré par
les siens, étant de basse origine. Nous autres Haurâ-
niens, nous ne nous targuons pas comme les [habitants
desl villes,
^ me fut expliqué par i^iUi, fente, de tïw, fendre,
ce qui est aussi classique, hébr. V^D. ? JUv^ = oï-ry^ o-^j^j
1) Ou la.
2) Idée un peu confuse. Il veut probablement dire qu'il en laisse
la moitié.
796
affamé. Les ^y-w et ^J-^^wo, Iningrig, abgeynagert, de So-
cin Diw. Gloss. s. v. ne sont donc pas „incertams". Un
dicton bédouin dit: ^\jj> 1\ \jj> ^.vJ! Jaljl J^ pL^) jJ^'L
0 zalt salue le malt! Aujourdlmi ici et demain là.
Sur JJU, voyez le Glossaire s. v.
30, 23: gussa bigussa. 'iSki, les cheveux qui tom-
bent sur le front. C'est-à-dire, chacun donnera sa soeur
en mariage à l'autre, et alors le o'^^v^ n'aura pas lieu.
30, 27: natt. Joj, o, est, dans le Nord, se lever
brusquement et au figuré, se mêler brusquement de qqc,
p. e. à la conversation, interrompre, = ^i ou gJ^"- Dans
le Sud, c'est se lever, mais non brusquement, ce qui se
dit fi. Socin Diw. I N° 94 note 3 : [!] ^jS^U Id ^M, le
prix du tabac est monté au ciel = j.*-?^' ^*^- 1^ 0 p. 389,
2 : ^obCi j, Xij Mu«5 oùi> ^3, et il s'avança au milieu
d'eux et sauta clans le lit. Son synonyme „-JaJ en est
le développement en ^, comme S.^ et ,j^, peiner, s'ef-
forcer ; (j^ et ^xa, accorder une faveur. Dans un récit
oneyzite je trouve: v^'^ JsJ! Jsc q'-^^^^^ d^ ^^'-^^
^T=> ù\Sj\ ^^^*^3 ^^^ ;^J »,L*i! ^^bJj «^î >-^*^ "^ (C^3 i-^y.
Xes cavaliers de Ç. assaillire^it les chameaux, et le
1) Jait = ijj^ -yi ^^ iCïUi j J^*^') ou id:^\*j, manger avec
ayih^é sans mâcher, G 0. a_5:\JL5:Ut ^5 J^'j (*»^' i5 -^j^', i(^
zalt se /ai7 c/a/is la bouche et le haY^ dans Vœsophagc^G 0.'^..^^^'^
paraphrasé par ^Jv?*) qui est la partie sous le menton.
797
jeune homme monta à cheval^ mais il oublia de réveiller
son père. Il se rencontra avec les assaillants, et une at-
taque eut lieu entre eux. ^^ me fut paraphrasé par ^oLo
^ Cl ■) ^ o ^ -
au/ J. stossen, imbattersi in qdn. dUàc V;^^ liU^iIaj
(iû/) u^-r^^j, Je t'ai rencontré par hasard sur la route,
j'ai eu dégoût de toi et j'ai eu peur de toi, mi sono im-
battuto in te. Un récit haurânien porte: ^yt '^Çp- ^iy^-j^
(_^L-w^î jj/ . Des cavaliers dît Gouvernement vitirent
au devant de nous et nous dirent: „Oît sont les permis
de route?" — Nous répondîmes : j,Nous sommes des Bé-
douins, nous n'avo7is pas de permis. Nous avons été
élevés chez les Bédouins et nous ne connaisso7is pas les
yermis." Le soldat d'interrompre: j^Parle au sergent!
w.lXJî (J^ s^isnLLo' "^^ ycJsf &JJJlP, cet homme est un rude
gaillard, s'ils se rencontrent avec lui sur la route •=im-
battersi in, zusammenstossen mit, expliqué par «yuLaj'.
Autre exemple ici p. 472, 3 d'en bas. Hataf lôhsêni
mhêt éâebîke uéâf rôràl hoslân yitnattah
dâhilhe, der Fuchs kam an dem Netze vorilber und
sah den % Ta 1 gefangen und sich darin herumschlagend,
RO p. 297, 6. ^.\*ki est, chez les Bédouins de la Syrie,
adversaire. Winn gennàbet ''anniumgènnib''an
natîhak, et si tu m'évites, tu éviteras aussi ton adver-
saire, récit de Hotrôbî, ""anazî. Dans le Sud, ^^ki a seu-
lement le sens de donner des coups de corne, comme
dans la lurah. Mais c'est là une trop grande restriction.
798
et I. Sidali dit, LA s. v. : liVJLiiXwvo U ^Uiî^ -v^'
(AxjiaI! <Si=>. C'est donc exactement l'allemand auf ehoas
oder Jemand stossen, mit Etioas oder Jemand zusammen-
stossen et l'ital. imbattersi in ou abbattersi in. Dans le
sens figuré ^'interrompre^ il correspond exactement au sué-
dois /a/Za in. Un autre développement de i^i est le
""omânais ^^ ^) : y?^' v^j ^^ heurta la jarre R 0 p. 333,
2. u>o! w.^Lù:oc "^î (iVjJaj Lo ^^^ wir tun deiner keine
Erioàhnung, du drângst dich nur selbst heran R 0 \:). 22] ,
9 d'en bas. Faut-il considérer le nordafricain i^i, scnder,
Stumme M G T Gloss. s. v., comme un développement
de Jai ou de ^■^), Hçlr Gloss. s. v., Haffner AL p. 161?
Cf. (jr'j, (j^iiJ, nordafr., et j>lj, se lever. La métathèse ^^
a un sens analogue :
_5^w<^Jî ii>J-o, la pierre
iôXJ! ojjj , la balle
a fait un bond, a sauté en l'air.
jjlL., et iji^, intr. jaillir, rejaillir, gicler Dt. Pour d'autres
développements de ^, ^ et ^J^, voyez le Glossaire.
31, 5: galbu wâgid "aleyha mitël et-taub el-
bâli est une locution bédouine dont l'analyse m'échappe.
31, 8: in l.iâlan. Cet ^1 est le classique 'Sy^'i ^^,
Wrigth Gr.3 I p. 293, Reckendorf SVp. 574 et s.
1) Dans notre dialecte, ^«,^I2j est arracher les poils = \«Àxj, varia-
tion phonétique. Cf. «iij, JJai, arracher.
2) Cf. j*-J, sauter, Sud, et r*-^^^, Nord, Socin Diw. Gloss. s. v.
799
31,9: u ah ad et sauha. La continuation du récit
■^anazî p. 351 est: iC:>^^ ^L\jj>) l.^*i:> JJjt J^t LiiAî! o.L-jj
U:>-Lwl5 Loy (j:-"-:^^ Jy^L"' ^^ soir avait déjà commencé;
nous laissâmes passer une partie du soir jusqu'à ce que
nous nous fussions fortifiés et reposés. B a% t n i r a s û 1 "a 1 a
Gudeyda waljàttli sôha bil-mi^âd u mantanèyt,
tagûl enta: Slêmân ma àga uterîd tetèyyir
ë z à*^a 1 a k b f . Ta m'as envoyé comme messager à ôudeydah,
et j'ai tardé à l'heure fixée et je ne suis pas revenue. Tu
dis alors : „S. n'est pas venu", et tu épanches ton courroux
contre moi, Haurân. Le mot me fut ici expliqué par j4^.
Yôm rârat el-''ôyûn rârat el-morîri waràha,
uyôm Ijadu sôha tësalbat el-Hôtrôbi dahr
èfrôsuh uramàhha. Lorsque les éclaireurs coururent
en avant, le corps principal courut derrière eux. Lorsqu'ils
se furent un peu éloignés, H. s'clança sur sa jument et
la fit partir au galop, récit ""anazî de Hôtrôbî. ôoVi-f,
^^^ 'iL^-y::^ tu as pris le devant sur moi, "^anazî. dVi ^..^
JLxj;5 ':ij>»r^, absente-toi un moment et revieiis, Haurân.
,_cJb- 0.5, iè^jJi ^^yj^ <^J>, il s'enfuit loin de moi pendant
quelques moments et me rejoignit ensuite de nouveau,
Haurân. ic=>^ oAi>î, cela prenait quelque temps, ou le
verbe est impersonnel pour nous, mais où les Arabes
sous-entendent LoiAJ!. Le mot en question me fut sou-
vent expliqué par ioyi, un peu. J'en ignore le sens pri-
mitif, de même que son origine. Il n'est usité que chez
les Bédouins de la S'yrie et les Hauraniens. C'est sans
doute un mot syriaque. Le verbe _U, 0, existe en Syrie :
800
^JLc «iSt- lilj t^c^ ^^j^j^, mes yeux roulaient pe7idant que
je le regardais. — ^J^ : *.==>^. V^' j-f- p^'f^^^. ^-i? lorsque
celui qui lève le drapeau appelle au secours^ il le brandit,
"^anazî^). ~.y^, se rouler une is^.y^> ceinture^ autour
de la taille, selon Wetzstein ZDMG XXII p. 94 N° 17
et p. 130; cf. Dozy S.. Le J^ de Dozy est le dénomi-
natif de ié>^, car on dit x^>j^'! ^ha {J^.^ courir comme
le milan (?), Syrie.
31, 11 : Observez m i n h u = \^. M i n n e h ou m i n-
n u h est plus commun.
31, 13: Sâbîteyn. ■^\^=^ GO.
31, 14: bisâht pour iC:>Uo.
31, 26 : ô s-s h à g a. iL>v.swlt est la vraie forme, de ^^i^*,
danser Za sahgah. Wetzstein, ZDMG 22 p. 105 N° 45 et
Die Lieb. v. Am. p. 136, dit que c'est pour iCfi:^u«, déjà corrigé
par Vollers Z D M G 49 p. 506 note 1, et Dalman P D p. 295
note, mais, malgré cela, Hartman écrit encore ZDMG 51
p. 199. s a h q a. Vollers dit, o. et 1. 1., que „-;^:^ww, danser, est
à T\, comme iUJlw à ^'é et ,;>^ à Jj>." Il faut alors aussi
le comparer à ^o». Wetzstein o. et 1. 1., compare l'hébr.
1) ic = «i . GO. _.yi= i?GO. L'iiomme est appelé r^y*^ ou
Pf^i (l^i appelle au secours: slXjS^ajL (__coLâj. Termes de gueri'e
chez les Bédouins de Syrie. Dans notre dialecte, c. y^, est lever en
l'air, sans agiter: j^^-^JoLi p v^, il leva la cJiaise en Vair,
801
pnï', au Pi. : danser, mais le t' donne à penser, et Buhl
ne l'a pas non plus adopté; je crois avec raison. Voici
comment on la fait, dialecte de Hauran: Yisoffûn^)
er-rigâl migdâr saba'^în tâmanîn ezlemi, uyi-
gotbùn hàlàga, uyigaddimu er-rigël el-yèsra,
uyehannûn guteyme^) ed-dahr uyusaffigùn
bil-àyâdi uyenahhùn, uelbânàyya eP)-neémiyë
bil-wast sâhbi*) seyf biyèddha el-yumna utar-
fa*^ drâ'èyha utàTab bis-seyf utetmâyal utet-
gassa*^ utùrgus utezarrit. Uhêlè yidfiwimûn
lihadd tâli el-leyl.
Les hommes se rangeait en ordre, environ soixante-
dix ou quatre-vingts individus, qui forment un cercle.
Us avancent le pied gauche et ils courbent un peu le
dos, en battant des mains et en disant he! he! he!,
tandis que la jolie fille est au milieu, le sabre tiré à la
main droite; elle lève les bras en jouant avec le sabre;
1) Même construction Boh. II p. 85, 7: s^L^ y^Lu! v-àoj, les
fidèles se mirent en rang derrière lui [trad. I p. 343], et ibid.
p, 59, d. 1.: ^i"*^^ '^'j^ LxàÀAa^i nous nous mimes en rany derrière
lui etc. [trad. I p. 381]. Nous devons le traduire ainsi. Le verbe est
donc intransitif, ce que nos dictionnaires europi'^ens n'ont pas relevé.
2) ^♦*^"% dim. de '!Ulai. Qâl: wus beddilï bî'i? Gâlètlu:
waggif li gutma, Il dit: Que me veux-tu? Elle dit: Reste donc
o
un moment, Haurân. Paraphrasé par iCcLw, un moment, et iCàio,
un peu. C'est un mot haurânien, de *iiJ, couper. X»ÎV') est donc
morceau. Cf. le franc, un bout de temps-
3) Ain.si prononcé et non en. .l'ai souvent constatr dans le IJaurân
la non assimilation de l'article avec la consonne suivante.
4) En non sahbi, = Xa:>L«.
802
die se dandine^ minaude et danse, en looussant des trilles
de joie. On continue ainsi jusqu'à la soirée avancée.
Ce n'est pas toujours une femme qui est au milieu;
il y a souvent aussi un homme et aussi un homme et
une femme ensemble. L'un ou l'autre s'appelle ^^'■^,
Wetzstein, o. et 1. 1., a donné une jolie description de
la sahgah. Je l'ai souvent vu danser et je possède
une 's.^^^^^ aAx;^') de plus de cent vers, dûment
notés et commentés. Quelqu'un qui ,*^'! A>^, s'entend
à la poésie^ la chante, invente souvent et ajoute des
vers à la qasîdah en vogue. Les danseurs, i^>'^^,
chantent après chaque verset j^^'Lo [i ^^J''^ l?, qui est le
refrain de toutes ces chansons populaires dans toute la
Péninsule, Dalman P D p. 303, Hdr pp. 286 et 326.
Lorsque le ^_£^^> est une femme, elle ne chante pas,
mais lorsque c'est un homme, c'est lui qui chante la
qasîdah. Pendant qu'il chante, on ne frappe des mains
que très doucement, afin de ne pas couvrir la voix du
chanteur, qui se tourne en rond en battant des mains
et en faisant des génuflexions. Les danseurs, collés les
uns contre les autres, ne font qu'un petit mouvement.
La femme brandit le sabre pour se défendre d'être
touchée, soit par l'homme, soit par un danseur, car on doit
tficher de la toucher avec la main, B B p. 113, Wetzstein die
Lieb. V. Amasia p. 136. Wetzstein dit, Z D M G 22 p. 106,
que le mètre est mûstêfMlûn -i fois. Dans la longue
qasîdah que j'ai devant moi, le mètre est--i--i--i--,
i) Wetzstein, o. 1. p. 106, se sert de ^-\v^ comme un singulier,
mais c'est un pluriel, de même que dans la knali.
803
c'est-à-dire, 8 spondées par hémistiche, avec, par ci, par
là, un ïambe ou un trochée. L'accent est tantôt sur
la première, tantôt sur la dernière syllabe du pied:
_i ou -1, selon l'intonation prosaïque des mots, comme
dans la poésie classique. La même rime â t parcourt toute
la qasîdah, où chaque vers a deux hémistiches. Les
deux premiers riment ensemble. Je ne possède pas une
seule qasîdah où le mètre soit mûstêfilûn d'une
façon permanente. Le pied mustafilûn est tout-à-fait
inusité pour les qasîd de la sahgah. La sahgah
correspond à la samrah du Sud, v. le Gloss. s. h. v.
Pour plus de renseigments, on lira Dalman P D p. 295
et s.. Il y donne des qasîd.
32, 4: Uistalamu el-^arîs ahl el-^arûs; la leçon
est juste : la famille du fiancé reçoit la fiancée.
32, 8: yisumdûha, aussi prononcé yisamdûha.
Jujo me fut expliqué par ^^, parer, onzer. La définition
de M. el M., rapportée par Dozy, est, comme c'est si
souvent le cas, erronée, en tant qu'elle ne renferme que
le dernier acte d'attifement de la mariée. Amma-n-nis-
wân bùsumdu l-'^arîs gamb il-^ârûs, Die Fraiœn
aber setzen Bràutigam uncl Braut nehen einander,
Littmann NAVP p. 21, 11. Je crois que cette phrase
n'est pas à sa place dans le texte, et la traduction de
mon savant ami est influencée par l'inexacte définition
de M el-M et sa traduction chez Dozy. C'est le syriaque
jl£ , attacher, lier, hébr. iDiJ, assyr. samâdu, si m du,
bandage, Winckler G H. Gloss. p. 110. La i;kiiLo,=: iC:^.
du Sud, attache la '^Sujo à la tête do la fiancée, soit lo
804
JJli't. C'est bien là l'idée première, qui s'est ensuite
étendue à l'attifement tout entier. soL«jo n'est pas le nom
du voile nuptial, mais celui du fichu que les Bédouins
se mettent sur la tête, mot employé dans toute l'Arabie,
Snouck Mekka II p. 53, v. d. Berg le Hadhr. p. 99,
Vollers Z D M G 49, p. 506. Les personnages de distinc-
tion le mettent aussi, et dans le Sud 3ou>o est un Jl<-wJ>
plus élégant.
32, 11 : u m m e 1-f a 1 â f î 1 i. On ne savait bien expliquer
cette locution. „Ca vient de jiis, qu'on met dans le
café," m'assura-ton, „et c'est pour plaisanter." C'est
peut-être une erreur pour fanAgil, pi. de JL>oLs, petite
tasse. — »^t J^'j^) tous les ustensiles du café. Dans
tout le monde arabe. — ^Ai, n'est (qu'enfant mâle. — L\Jb>,
n. gen., les hreUs qui ne donnent pas de lait. Le bédouin
"anazî me l'expliqua par : ^ "% 0*^5! L^ Lo ^Jî, ce qui est
exactement la définition d'elôaubarî,
32, 23: Sab'^at àyyâm. Ces sept jours qu'elle doit
rester dans la burzeh proviennent d'une ancienne cou-
tume, I Sa'^d VIII pp. 63, 21, 64, ci, 65, 4, 11. Laban dit
à Jacob: complète avec elle la semaitie. Les noces durent
aussi sept jours, et Winchler A S 0 p. 25 a bien raison
d'y voir un motif mytho-astral. Cela était aussi le cas
dans le temps préislamique. Wellhausen, Ehe p. 442, dit
que ^L^ est même fête de mariage parce qu'elle dure
sept jours, et il cite KA II p. 162, 14; XII p. 145, 2;
XVm p. 209, 2; XIX p. 181, 17 et ss. ; Gen. 29, 27.
Dans ces passages, les sept jours de noces sont men-
805
tionnés, mais non le mot ^L-w. Quant au sens de ce mot,
Wellhausen est dans l'erreur. Selon LA X p. 12, cLa«,
sur la forme pU:> — iJL« = ^JL^là^ — veut dire ;;L*=>, coït,
et, selon quelques-uns, se vanter d'avoir beaucoup coïte\
L A ibid. et Moh. Tâhir M B. el-A. I p. 89. C'est une
expression obscène, défendue par le Prophète, et le mot
ne vient pas de ^^, sept, mais de x^, bête fauve, c'est-
à-dire „viehmâssig." Si cLav signifiait les sept jours de
noces, le Prophète n'aurait pas défendu ce mot, car il a
prescrit le ,<.>u-wà' ou les sept jours de lune de miel qu'on
doit consacrer à une vierge, comme le ^.li^JLo', les trois
iours, pour une ^^■, femme qui a déjà été' mariée. Mo-
hammed n'a pas sanctionné cette coutume de festoyer
pendant sept jours, ce qui ressort du Boh. VII p. 24:
7.
Ce texte, qui n'offre pas de difficultés au point de vue
de la langue, est très intéressant. Ce pacte de mariage
dans le Hamâd est tout naturel. Les distances entre
les campements y sont grandes; personne n'y sait lire
et écrire, et il est impossible d'y trouver un hatîb. Un
hatîb figure bien dans notre texte, mais on peut s'en
passer. On s'éloigne un peu du campement et, se tenant
par la main, on se marie „sous l'œil de Dieu." La pro-
messe solennelle d'être mari et femme suffit.
Wetzstein, Z D M G- XX p. 109 note, rapporte une
version un peu différente:
Anî wâqif 'alâ hager uhî wâqifa ""alâ hager,
Fulâna illî mar^a wanî lêhâ deger,
'Alâ sunnat Allah wurësûluh, wishad, yâ
[rabb el-beser!
Je ne sais qui lui a fourni cela, car ce texte est fautif.
Çager^) pour hagar est une monstruosité, de même
1) Il est inconcevable que Wetzstein, ZDMG 22 p. IGS, puisse
avancer que «toutes les tribus des "Anazeh prononcent le — comme
les Saxons le g dur dans Gabe." Guthe, ZDP-V 12 p. 229, répète
cela, sans citer W., disant: »Le bédouin syrien le prononce comme
notre (saxon) g dans Gabe." Pendant vingt ans, j'ai fait des recherches
à ce sujet, et souvent l'assertion de W. a été discutée avec des
Bédouins, mais jamais je n'ai réussi à découvrir le fameux "g dans
Gabe." Ce qu'il y a de sûr, c'est que les nombreux 'Anazeh que j'ai
fréquentés n'avaient pas cette prononciation. Socin, Diw. III §101,
807
que deger pour dakar. Wetzstein considère ce récit
comme un mythe. Selon lui, ce sont „des racontars qui
proviennent de la haine des paysans contre leurs op-
presseurs", les Bédouins. Bien avant d'avoir lu l'article
de Wetzstein, j'avais pris note de ce genre de mariage.
Pendant vingt ans, la cérémonie ci-dessus m'a été maintes
fois confirmée, non seulement par des paysans de Haurân,
mais aussi par des Bédouins de différentes tribus. Au
moment où j'écris cette note, dans le village de Habab,
le 20 Octobre 1894, j'ai autour de moi plusieurs Bédouins
de Satâm et-Tayyftr, chef des Wuld "Ali des 'Anazeh,
plusieurs auti'es d'el-Legâ' et quelques-uns des Ruwala.
Je viens de leur lire la note de AVetzstein, et ils sont
indignés de ce qu'on a pu „démentir une chose qui est
tellement connue de tout le monde et pratiquée dans le
Hamâd", pour me servir de leurs propres termes. Et
pourquoi les paysans auraient-ils intérêt à inventer une
chose pareille?
Le rôle du hatîb, s'il y en a, se réduit à peu de
chose: il doit écrire Vade de mariage, LXaxJî. N'importe
qui peut le faire, et j'ai moi-même fait fonctions de
dit qu'on l'entend qqf. et il renvoie à l'observation de Euting Tagbuch
I p, 53. Personnellement, je ne l'ai jamais entendu, excepté chez les
'Omâniles et dans quelques cas particuliers dans le Sud, exposés p. 353
note 4. Mais je sais que les Béni Harb, entre Mekka et el-Medînali,
prononcent g Les nombreux individus d'el-Gauf, '^y:f\^\, que
j'ai rencontrés dans le Ilaurân, même à Damas, n'ont jamais eu
cette prononciation. Et l'homme qui a fourni les chansons à Wallin
était d'el-ôauf. Notre science d'aujourd'hui, l'exactitude de nos péni-
bles recherches actuelles, sont bien autres que celles fl'un Bui-cklnudt
ou d'un Wallin, quelque mérites qu'aient ceux-ci. Toutefois, je dois
dire que Euting m'a assuré qu'il a entendu dans le Gauf le —
comme g, et son témoignage ne m est pas suspect.
65
808
hatîb, étant la seule personne, sachant lire et écrire,
à plusieurs lieues de distance. Je ne crois pas que l'amour
des deux contractants fût plus sanctionné par mon grif-
fonnage que par la poignée de main donnée „devant la
figure d'Allah, au milieu de la grandeur de la solitude
du llamàd." Si le mariage est facile de cette façon,
le divorce Test aussi. Les Musulmans considèrent certai-
nement ce mariage sub Jove comme nul et non avenu,
car pour eux, il faut le Aai. C'était là aussi la coutume
dans toute l'antiquité sémitique. Le code de Ham-
mourabi dit § 128 de l'édition de Winckler: summa
awelum assatam ihuz ma, riksatisa la iskun,
ameltu sii ul assat, si un homme prend une femme,
mais ne conclut pas un pacte avec elle, cette femme n'est
pas une femme mariée.
8.
36, 19: ^.-xûiLjt. Nous lisons darfs BoMrî V p. 175:
e^ je îwe suis plainte au Messager de Dieu, qui me dit:
,,Défais les cheveux de ta tête et peigne-les. Il est inté-
ressant de constater que la locution existe encore. Elle
ne figure pas dans les dictionnaires. V. ici p. 815, iv. Dans
notre dialecte, on dit Jo, o, ici p. 718 note 5. (j-^oj y
est délier ce qui est lié : ,jju1\ jJk=> \jaio, délier la charge
du chameau, contr. de 3^. ^jkJ^\ ij^^j, délier la chaus-
sure (pluriel).
37> 2: vSdI~>; 3: sllxi\, ^.cL] et \a3.>; 5: x^L^., où
ah est pour ha, Socin Diw. III §149. Le suffixe masc.
est uh, eh.
37, 6: ^Jzn^-^}].
37, 8: ^er*^- Lf* récit de 'Oneyzah rapporté p. 491 et s.
continue ainsi: ^^î JL^Jt (^-^'^3 C)""*^^^^^ ^ "^f^^ '^i^-î
ÔJ>[> j4-^' 'A-cLi iC^Jo ^,:,4«*.i:it ^\ ^Lliiî^ xo^Jt __5- j^
• y>'Li ^J^ M S- uVxLi (Ai>î p^'^-j-S •;-*— îî î>*^5 *>■ ■*..^ «JOs^
1) =.^oJ.
Cl
810
^o-c
:A_^ x<.:y- c>^'^.a^^'i *^ i^!^'» , c**^ A=>L '*jL>
iJLw o"^ Aiij. Ze,9 Bédouins firent une razzia contre les
Qahtân, et l'homme qui était le mari de la femme fut
tué. Selon toute vraisemblance, c'était ÇâHd qui avait causé
sa mort afin de prendre sa femme. Aussi QâHd, lorsque
ceux du r a z u revinrent dans leurs familles, prit-il la femme
dès le lendemain. On fit venir un Huteymî, qui les maria.
Cette femme resta chez QâHd quelques années.
Dans le Negd et les tribus bédouines, la fille n'a pas
de jyjS'., et l'on y prend pour dU^ un Huteymî, car il
est honteux pour un Bédouin de faire ce métier.
Ces Huteym '), pi. Hitmân, semblent être répandus
dans toute l'Arabie septentrionale. Burckhardt, Reisen in
Arabien, Weimar 1830, p. 585. Dans Beduinen und Wa-
haby Weimar 1831 p. 316, il dit, en énumérant les
Arabes de la province esSerqîeh en Egypte: „0n trouve,
de cette nation très répandue, des individus dans toutes
les parties de l'Arabie. Une partie considérable de cette
tribu est allée jusque dans la Haute-Egypte et campe
au-dessus de Qus et Qoft ou Koptos." Ensuite, Wellsted,
Reisen in Arabien Halle 1842 p. 20, les trouve aussi
bien sur la côte arabique que sur la côte opposée. Ils y
exercent le métier de pêcheurs, et c'est pour cela que
Burckhardt les considère comme les descendants des
Ichtyophages de Diodore, La description de celui ci con-
vient en effet beaucoup à ces pêcheurs, [voyez o. 1.
p. 204 note]. L'auteur du Périple, éd. Fabricius § 20, dit
1) Dans Bnickhardt, Bed. und Wali. p. 100 note, l'éditeui- a écrit
incoirecteincnt ^^,_*-yJ>, ce qui a donné H tôm dans Baedeker Syrien'
p. 170, et Hitrni chez v. Oppenheim, Vom Mittelmeer II p. 118 note.
811
presque la même chose. Wellsted trace un triste tableau
de ces Huteym, pauvres et méprisés par les Bédouins,
et il prétend que Burckhardt les a décrits sous un jour
trop favorable. Doughty, Travels in Arabia Déserta, en
parle beaucoup, (v. Index s. v.). La peinture qu'il en donne
n'est pas en leur défaveur: hospitaliers, entreprenants,
éleveurs des meilleurs chameaux, II, p. 219, et possédant
beaucoup de menu bétail I p. 280. Ils ne sont pas considé-
rés, comme n'étant pas de la race arabe, I p. 282, II p. 65,
et encore moins comme Bédouins, I p. 282. Ils sont moins
honorables que les Bédouins, p. 268. Doughty II p. 231
en mentionne les subdivisions, mais, vu la transcription
fantastique de l'auteur, il est difficile de les débrouiller.
Charles Huber, Journal d'un voyage en Arabie (1883 —
84) p. 206, trouve des Huteym à Hâil. Il nous raconte
ceci : „0n ne les appelle jamais ni Arabes ni Bedou,
mais on les appelle toujours ou Htéîm') ou du nom
générique Hetmân. Les Serarat sont des Htéîm de la
tribu Resaîdeh. Les Htéîm, de même que les Çlèb, leurs
pareils, sont tous de très bons tireurs et tiennent le
fusil fort en honneur, ce qui, du reste, est pour eux une
nécessité, car, comme ils ne jouissent pas de la même
immunité que le Çlèb et qu'ils font des raz ou, de même
qu'ils sont obligés d'en subir, il ont besoin de se familia-
riser avec cette arme. Ils possèdent des fusils célèbres
qui ont un nom, toute une généalogie et une histoire.
Lorsqu'un de ces fusils sort d'une famille pour être vendu,
il atteint des prix toutàfait extraordinaires de 100 et
200 megîdy et même plus. Et ce sont toujours des fusils
1) Cela doit cire Ihiteym, llulêm, (**>^!
^
812
à mèche" '). Le dernier qui se soit occupé des Huteym
est V. Oppenheim *), Vom Mittelmeer etc. II p. llSDote
3, mais il écrit incorrectement H item. Il les appelle,
quoiqu'avec un point d'interrogation, „de vrais tziganes" ^).
Rien de plus faux. Curtiss, Ursemitische Religion, Leipzig
1903, p. 46 note, parle aussi des Hitmân, mais tout en
passant.
Pour finir, je citerai ce que feu 'Abd Allah Mizyad
de "^Oneyzah me dicta sur ces tribus intéressantes:*)
eC^ ^^ y-^^3 - lO-^3) tj=^\v^_;3 ^5^-^-5 Lf"^-^ L'^'*"^'^"^^
"^^o'lP (*-*-^3 ^-j-aIa^jL, io^^ L*'^ •n^'*^' '^'^ 0*3^^-5 ^'-'^
i^-LxJ j^3 js^j) ^^=j^. ^j!^ ^y^ ^"^ f^ or^f^-
J^"^ l^JàsLo lX_;_c ^^ oA;-^! q^ïj:^. ^->^ er»( .oOJ-yb
'o w +i, o
1) Absolument comme dans l'Arabie du Sud, où les fusils basant
ont des noms et atteignent des prix de 400 à 600 réaux. Cette
ressemblance de mœurs est à enregistrer.
2) Ou celui qui a écrit l'article: Hartmann ou Moritz?
3) Cela doit provenir de Doughty I p. 280, qui, en parlant des
Çalabah, dit: »and the Solubba (bave food enough) of their hunting
and gipsy labour: for they are tinkers of kettles and menders of
îirras," 4) Voyellement selon la prononciation.
813
La classe la plus basse des Arabes est formée des
Hitmân, des Salab, des Halawîyeh, des Raéâi-
dah et des "^Awâzim. Le singulier en est Hëtêmî,
Slùbî, Hlùwî, Rasîdî et ^Azmî {tous des noms pour
la même chose). Quant aux Easâidah et aux ""Azâimah^),
ils ne mangent pas la bète crevée qui n'a pas été tuée
d'une façon rituelle et ils ne sont pas artisans. Ils font
la razou comme les Bédouins^). Quant aux Halaicîyeh,
aux Salab et aux Hitêm, ils sont toujours dans la cam-
pagne et ne viennent pas dans les villes. Ce sont des
ouvriers en fer, et lettr fer est extrait des pierres de la
montagne. Les Bédouins les respectent comme inviolables.
Ils ne les prennent pas et ne les attaquent pas, parce
qu'ils leur font les choses nécessaires en fait de fer s-à- cheval
et d'ouvrages des rênes. Leur nourriture consiste princi-
palement en viande de gazelle, et leur habillement est en
peau de gazelle, car ils sont forts dans le maniement du
fusil. Une de leurs coutumes est de percer le fusil à
Vembouchure pour qu'on n'entende pas le son. De cette
façon, il leur est possible de s'emparer des gazelles sans
qu'elles entendant le coup. Ils conservent la viande de
gazelle sèche, dans les montagnes, à cause de la gra?ide
quantité qu'ils en ont. Ils ont coutume aussi de n'épouser
qu'une seule femme, et ils ne la répudient que sur une
incidpation évidente.
^Abd Allah Mizyad soutenait que les Hëtêm et les
1) Observez le pluriel iUj'i^ et le collectif («jUc, comme A^y^
est coll. et imU^ , pluriel.
2) Comme chez Huber ici p. 811.
814
Suleyb (Slêb) ^) étaient le même peuple , mais cela n'est
pas sûr. Doughty dit bien I p. 282 : „The Solubba or
Slèyb, besides this proper name of their nation, hâve
some other which are epithets. West of Hâyil they are
more often called el-Khlùa or Kheluîy," the desolate,
„because they dwell apart from the Kabâil." Cela explique
le nom iùjii. L'autre nom d'er-Rasâïdeh trouve son
éclaircissement dans ce qu'un cheykh htêmî dit à Doughty
II p. 70: „Jid el-Heteym is Rashîd and we — the
midland Heteym — are Beny Rashîd".
Une chose est cependant absolument sûre, c'est que
toutes ces tribus ne sont pas considérées comme Bédouins
et qu'elles font bande à part. En fait de Tziganes, je
ne connais que les M a'n, dans l'Arabie du Sud , qui
pourraient bien mériter ce nom, mais ils ne s'occupent
point de „gipsy labour", v. ici p. 812 note 3. Si j'osais
exprimer une hypothèse bien téméraire, je dirais que ces
tribus auraient été les autochtones de l'Arabie septen-
trionale avant l'immigration des tribus du Sud. Il est
fortement regrettable qu'on ne les ait pas étudiées de
plus près. Elles sont, avec les inscriptions protoarabes,
dont la Péninsule est parsemée, ce qu'il y a de plus
intéressant. Une chose me frappe ici, c'est qu'un Hëtêmî,
i) Voyez ma »La langue arabe" p. 72 et note. Iluber Journal
pp. 493: Slobi et 195: Slèb. ZDMG 22 p. 137: Sulabât. Littmann
Th. In. p. 99. Le nom n'a rien à faire avec ^v^-*^, croix, et le
signe -f est de provenance babylonienne. v«.\4^ est comme *^^,
un diminutif ou Ciuitatif. jr.--do, .Slébî, et ^Jr*^^, Ilëtémî, sont le
nisbah, un Sl.'bi, un IlL-têmî. Guarmani Z. Allg. Erdk. 1865 p. 213
confond les Çléb avec les Nawar.
815
qui est aux yeux des Bédouins un être inférieur, un
paria parmi eux, peut servir d'intermédiaire pour con-
clure une iL<L [Higâz =r vi)^û Negd et Bédouins], fiançailles.
C'est comme si cette démarche avait quelque chose de
dégradant pour un vrai qabîlî. Pour mémoire, je fais
rappeler qu'il y avait, en Datînah, une tribu, les Jup
pi. j«jLp, dont il y a encore des restes. Ils sont consi-
dérés comme très anciens.
37, 11: «_j-x^\ Le soi-disant ^^-^l^o-x p^. me fut
ainsi décrit par ""Abd Allah Mizyad: i^'^^f^. -^ jr-^
.Latii^i .._5A^LaJo_5 LwJJ'^ JI-^j^' Î^"*^^ iL<"^ s * 1 r [^Ii>'._5
^ icij'c 0^.3 f^^^^^ U-V^; cr*^ /^ '^**^''-5 ^^-
ij^->S3 UvJJÎj c>:*-^ (J'.'r^ iiLx_X_sJ' «>^ J.AzS^v^il Ja-^j J. Aatiij
L^ |^iÀJ_5 L^^ys-ii v>:i«-*j^ v''ry-' cr» ^^^^*^ ^ r^*^' ^-^^3
slX-o 3A;>'3 (j*>» t>w>i3 ...'l5 &>JjJ LwJjI (y-*J' U (C*^ J^r'ls
^1 (ji-tjàJLi ^5 JoJiiLi o'-o toi Lo^Aii»
C'esi wwe lance qu'on dresse et sur laquelle on met
un signe (morceau d'étoffe). Les hommes et les femmes
i) 11 disait qu'on appelle ainsi le qâdi, qui a aussi le nom de
o^Lb. Le w.lc est le lJ'-c des Arabes préislamiques, Arabica V
p. 133 et Goldziher, Ziim iiltesten Strafrecht der Kulturvolker dans
Fraj^en zur Reclitsverplcichung gestellt von Theodor Mommser. p. 108
et note (cet ouvrage doit être étudié par tout orientaliste). Il cor-
respond au mu dû des Babyloniens, celui r^wi 6ai;7, K A T p. 590 et ss.
816
se réunissent et se récitent mntiœllement des poésies de
leur facture. Les femmes rappellent les bonnes qualités
de leurs hommes et leur courage. Pendant ce temps, le
"ârifah de la tribu reste au milieu de la réunion pour
empêcher la discorde entre les deux tribus. Les femmes
revêtent leurs plus beaux atours. Elles se délioit les
cheveux (qu'elles laissent tomber sur les épaules) et les
parfument. Avec cela, les hommes ne touchent pas les
femmes d'une façon indélicate, car si quelqu'un touchait
une femme avec la main (d'une façon indélicate), la main^
en punition de cela, lui serait coupée. On fait cela dans
les fêtes religieuses, telles que "^îd el-fitr et ^là. ed-
Daha, et on l'appelle el-Munâsadah. On le fait égale-
ment à la tombe d'un cheyck lorsqu'il est mort, surtout
s'il est mort tué et non dans le lit, etc.
On a vu que ^x*^ est une lance avec un morceau
d'étoffe comme guidon. B B p. 71 en parle, mais sans
expliquer ce que c'est.
On fait la munâsadah aussi à la tombe d'un brave
guerrier, mais je parlerai de cela autre part : c'est le o'Jou
des anciens Arabes. Cela n'est pas défendu par le Pro-
phète, Boh. VII p. 19 et s., RS Kinship p. 81. Mais il
ne lui convenait pas toujours I SaM VIII p. 328, 5 et
s.. La muniisadah ici décrite est l'ancien ^yi-Lax, Goldziher
M S I p. 54. La 'iSj^ n'est pas tout-à-fait la même chose,
Hiz. el-Adab III p. 396.
37, 14: xJ3.1uij expliqué par NJ.Joto. Z^ et Jai^^,
couper, Syrie. Dans notre dialecte, ^ et J^jj., passer à
côté de, passer devant, vorbeigehen. -j-^' (j^ f^, il passa d
817
côté du village. J^^Xi, à côte de, comme Boh. VI p. 22, 5
d'en bas: pL^ uV.;5^_^! JjlJ^ d^:>5 S^ si>^y> v^yp- ^y,^
37, 18: \.u:c^x^î Lo = \;U u>~^^^c>! U, ce dont tu auras
besoin.
Eeinhardt, dans sa Grammaire du dialecte de "^Omân
p. 277 donne la description d'un mariage. Comme elle
s'applique en partie aussi à d'autres pays dans le Sud de
l'Arabie, je la rapporte ici dans les deux dialectes.
""Omânais.
Yôm yesàuyo zeffe^)
heyyitnàqqyo et-tefâ-
fîq bu yedùrbo sebah.
Ul-'arûs mërassâye bit-
yâb umëlahhafe, hat-
rekkeb 'a nâqa uha-
torkeb biyâhe horme
bû tuqbodha. Uemme
Datînois.
Yôm yisûn mirwâh')
y i'^a s s i r û n e m-r u m â h
di yidrobùn medwâs.
Uemharêwah me^attàh
bitiyâb umigàuwalah
[bisuqqa bêia titsam-
ma migwal]^), uyirko-
bûnha çlahr e m-b a"! r ^)
1 ) i3; n'est pas ainsi usité dans notre dialecte, mais le verbe s'y trouve :
»^r^ l^j , conduire la mariée à la maison nuptiale = — îj^ l5*^)
parce que cela se fait dans Vaprès midi, d'où ausui »^.J>- \^r^,
comme Socin Diw. I p. 284 v. 14, mais aussi wyw inf. .Luw . 'is-
est le jeu et la danse, v^> qu'on l'ait après le ^-[5-*; cf. ...^s:,
danser.
2) Ce qui .se trouve entre parenthèses n'a pas de correspondant
dans le texte "^omilnais.
3) On ne la monte jamais sur une chamelle en Dt.
818
ez-zôg hayûglis fëbê-
to yeradhom ilîn ye-
wàslo. 2. Uyôm wàslo
q i d d â m e Ib ê t h a t n a ii-
wah en-nâqa uzzôg
heyyesillhe uheyye-
dahhilhe dâhil el-bêt.
Ul-'^arab gâlsîn hârug
rêr in no qurâbo uhi-
yâno heyyedôhlo bi-
yâh. 3. Uheyyegaryùlo
e 1-^*1 s or. Uyôm yeqauw-
do qaryîn heyyenidro.
U kill wâhi yesîr beto,
u z-z ô g h e y y i s t h 6 m m
bil-horme.
uyirkab hù" yâha rig-
gâl di tizqar bèh [min
ahleha willa min
ahlem-l.iarêw]. Kalab
zôgeha yiglis fi bey-
teh yitwahhàlehom
la m ma yisalô". 2. Ula
■^àsilo (wasilô') qid-
dâm embêt barak'jem-
b a^î r •'') u e m-z ô g y e s i 1-
1 e h a [y i n z i 1 h a] *) u y i d-
li 5 1 h a ') dâhil e m-b ê t.
Uem-^'arab éâlesîn hâ-
rig mêr qarâibeh u
^a y a 1 "a m m a h y i d h o-
lûn hom uyâh. 3. Uyiq-
rûnleh em-'^âsir*).
Uyôm kàmmalu em-
Qorân, y ihrogùn-^')- U
kuU wâhed yesîr bê-
teh um-zôg yila'^ibha.
Lorsqvlon fait un cortège nuptial, les tireurs qui
1) (i)j est intr. se courber (chameau) et tr. faire courber ^\èji^'i
le participe est toujours ^^fj-V") ce qui prouve que le tr. 'è^ est pour
éJi, également employé ^'j, ^o et -;-yo', | bab. nii h u, ê<rt! <r«>!-
quille^ non em; loyéa.
2) En Dt le mari ne le fait pas, mais le \i>s>\J^ ou les femmes.
3) MÎ!me remarque que pour ti)jJ.
4) Cela ne se fait point dans les milieux bédouins, où le Qorân
est absolument lettre morte.
5) En Hdr et au Nord de Dt, on dit aussi yindorûn.
819
tirent à la cible tii^ent une salve. La fiancée est cou-
verte d'habits et porte un voile sur la tête [une étoffe
blanche appelée migwal]. On la fait monter sur un
chameau, et avec elle montent des hommes qui la tien-
nent [de sa famille ou bien de celle du fiancé] . Quant
au mari, il reste à la maison les attendre jusquà ce
qu'ils arrivent. 2. Lorsqu'ils arrivent devant la mai-
son, le chameau se couche, le mari enlevé sa femme
(la fait descendre) et la fait entrer dans la maison.
Les Arabes restent hors de la maison, mais les mem-
bres de sa famille et ses parents (contribides)^) entrent
avec lui. 3. On leur lit le dixième Soùrat. Lorsqu'on
en a fini la lecture, ils sortent. Chacun s'en va chez
soi. Et le mari a des attentions pour la femme [s' amuse
avec elle].
Meissner, NAGI p. 107, c, rapporte sur la même ma-
tière une dictée intéressante que je crois devoir repro-
duire ici en lettres arabes tout en gardant le voyelleraent:
ioîj LP_y!5 U^î O^ '■>^- (*r^/> Si^^^ ^' J^ J^>^ ^ O^-i-i'
pOy V^^i^. L>^^À^Ij ^-J;-J ^Jî '^.^ J^ y^^' {ù'^r^K ly'^
y*^! JJULUJ oLy*J! \j ». Il '•> Soîj ^LwwvJ! J.x: io^lju \y->^.
.a^Jj j»3A5^ ^^»Ai>lj_5 ^LdJ X^.^Ji J^ yS> ^^_j a^JO <->^^
I-Mto cr ^yj^ '"^p '^^ (•i^V'' oy-"^^- cr-*— ^ "^-^^
T»^
1) qLa>, Russier écrit, MSOS p. 06, 14 hîyàn et p. G7, 17,
hiyûn. Il 0 p. IGO, 4 d'en bas hiyân, mais ^316: hîyân.
820
^j^ w>i«Jj Jb>;Jt o:^^^ ''^J^ O^^^ J^j-^'
j»L-jj ioL»^ l-^'î (£^3 'S-r4^ ''^3 <^^-=?.3 ^ T*-:^. ^ '^' (■* ti-W^'
iwy Oj i>^>V? jrotj ('vLo iJ^SV^ ^r^?'y* [''^' —" ] *^' i3^;^' '^^
Mariage en Mésopotamie.
Lorsque quelqu'un veut prendre femme, il voit cV abord
de trouver une femme qui lui convienne. Il envoie à
là famille de celle-ci des femmes mariées qui parlent
à sa mère et à son père. Si tous sont d'accord^ même
la fille q^Cil veut épouser, il amlme des personnes
comme il faut, c'est-à-dire, sérieuses, qu'il envoie à la
famille de la femme pour qu"" elles parlent à la fa-
mille. Si celle-ci consent, on discute la question du
prix de mariage. Lorsqu'ils 07it décidé^) le prix, il
leur donne Var^gent. Ensuite, il se rend, avec la mère
de la femme, chez le marchcmd afin cV acheter des ha-
bits pour la femme. Apr^ès cela, lorsqu^on a fini de
coudre les habits de la femme, on la conduit de sa
maison à elle à celle de son futur mari. On procède
à Vacte de mariage des deux contractants. On lui ap-
\) C'est généralement la fille qui reçoit ces oU^iju". Mais l'homme!
2) jL«J est persan = arabe i>oA5>.
3) Meissner traduit: y>wcnn sic ctwas abgehandelt hahen" ce qui
n'est pas juste.
821
prend comment il doit coïter, s^il ne le sait pas. On
le fait entrer chez elle, et il reste avec elle sept jours.
Si r/iomme a des parents, il leur donne un cadeau,
tel qiiun voile, ou bien un fichu ou une chemise de
femme. On s'amuse, on fait de la musique en récitant
des poésies. Ensuite, ceux à qui un cadeau a été donné,
lui donnent de Vargent, environ sept fois le montant
de la valeur du cadeau.
Dans les milieux bédouins, le père force souvent sa
fille à prendre pour mari celui qu'il lui a choisi. Cela
est contraire à la Sounnah, car le Prophète a dit, Boh.
VII pp. 17 et 18 [Bâb la yunkihu 1-abu etc.]:
.^J:l3 J Ji lÀôi _àx:r xUî J^^ L \j}i. Cf. I. Sa'd VIII
p. 12, 9, 10 et p. 334/5. Aussi les Sâdah enseignent-ils
partout qu'il faut suivre ce précepte. Les habitudes bé-
douines et non bédouines sort trop enracinées. Mais une
orpheline n'est cependant jamais contrainte, conformé-
ment à l'Islam.
Le jeune homme choisit un hatîb pour arranger les
fiançailles: ^iju^ w^-bL^. ou _^„:s^ v^l^-> Hdr Gloss.
s. V. et ici p. 501 note'). On discute le ta ma" et l'on
règle tout : il y a alors â;-o oîa^ . Ly 3^ est le terme
technique pour se fiancer, 26, 11, = Ui>-ii>. •ij^JxM^, fiancée.
\) [^ wJ^li» est l'hébreu talm. Tjl'^ et le rabbinique moderne
\'yW- De là, l'allemand-juif Schadchcn, arrangeur de mariage, qui
est notre wvj-ai» . Celui-ci a cependant d'autres fonctions: il arrange
les différends entre les tribus et entre les individus. C'est le beau
parleur, l'avocat des Bédouins: J^oii = J^'i, comme ^' pour y» î.
822
Le Ijatîb est aussi appelé lXjJ^ pour cette raison. Il
ne reçoit pas d'honoraires. A cette demande en mariage^
'sJAJ^^ le harîw doit donner une certaine partie du prix
du mariage, 'c2jI\ Sf^ ^ comme arrhes, ^J^, 26,11.
Les fiançailles sont par cela conclues. En outre, il doit
fournir à la fiancée, pendant qu'elle reste encore dans
la maison paternelle, le a»-v^3, les habits, le o.*, safran
des Indes, et le ^^o, beurre cuit.
^l- est aussi bien se fiancer que se marier, mais le
^.^jj est plutôt appliqué au fait accompli du mariage.
Wellhausen pourrait bien avoir raison lorsqu'il dit que
le mot employé pour fiançailles est, dans l'ancienne langue,
,^.J, car nous trouvons dans Boh. VII p. 17, à propos
de ""Âïéah : c>^ ^^* i^^ ^■l=>j>^*i ^-j^ .:^.^ .i>Jj J:. l-r>3jj'
Ijt^j ^Jsss. ^i>ocCc. «-^■. I. Sa'd VIII p. 45, 5 et passim.
Les termes UJic (_^wv,c, usités chez les Bédouins de Syrie '),
en Syrie, Z D M G 22 p. 153, et en 'Oman, R 0 pp. 276/7,
380, 1, et les classiques L^ o"*/^'» ^- ^^"^^ ^^^^ PP- "^^j
3; et 86, lo, ^c; 87 r.; 93, 3; 95, u; et UJlc ^^, ibid.
p. 12, 23, 13, 28, Wellh. 0.1. p. 444 note 4, ou L^,ISaM
1) Mais (Jx. (_^w-£:^ii)'j chez les Bédouins de Syrie. -.jLJ! lil'jAiià
isA^-'^ J^ o>.A«^ ^''3» i.i>-»i' [j:^ , lu nous as manqué hier soiv ; où
as-lu étùl Par Di, fai baisé u«e femme, "^anazî. C'est le class. v L/'j^'*
(j«.LxJ', plaisanter, Meissner NAGÏ p. 133 (j«-c' aussi des deux
époux : j»AJ o-î *J^'' j«J<1a«^^ , avez-vous consommé le mariage celle
nuit? Oui! I. Sa'd VIH p. 317, »2.
823
95, 12, ne sont pas employés dans le Sud. ^^ =ys:\iJt pli,
dormir à la pointe du jour, après avoir voyagé la nuit,
est courant au Negd. Sur une affinité éventuelle entre
y/.yt, (jiyi et le babyl. ursu, voyez Rob. Smith Kinship
p. 291, l'objection de Nôldeke ZDMQ 40 p. 185 et
Jensen KB VI p. 381.
Les mots dVXo, fiancer^ des Bédouins du Nord [= Higâz
liUxi], dVJu^, qui arrange les fiançailles :=. dVJUvc à Mekkali,
et aXLo ou ^ilXs, fiançailles'^), ne sont pas connus dans
o
le Sud. i^Alii-, dema?ide en 7nariage, n'y est pas usité non
plus: il n'y a que i^xLii. sermoyi, discours. liULo y est le
mari vis-à-vis de sa femme ou le père vis à- vis de sa
fille ou une autre personne, si le père est mort. ^^'î^
[et non ^J^ =: santon, sanctuaire'] y est le père, un pa-
rent ou une autre personne vis à-vis de la fille, qui est
sa pupille. Mais (~eVJu, éà^ et ê^^ appartiennent aussi
à la lurah, et en ^Omân dUx«t est se marier, Vollers
ZDMG 49 p. 510.
«.^L est le prix que le fiancé paie au père de la fille,
et que celui-ci garde pour lui. Il n'est pas obligé d'en
rien donner à sa fille. S'il le fait, c'est par bonté. C'est
1) Je répète encore que je n'ai puisé mes connaissances que dans
le commerce avec toutes espèces de Bédouins pendant trente ans
et nullement dans les livres d'autrui. Sur ilxLs et dV-U-^ , voyez
Snouck, Mekka II p. 157 et ss.
2) iÔK^ ^^ «yi dVJ^ Ai^ ^^y ijr.^i, I Sa^d VIII p. 105,2',
il s'était fiancé avec,
5G
824
le 1â de l'antiquité arabe et de l'Islam, die Ehe p. 433,
Rob. Smith, Kinship p. 78 et s., le "in-i des Hébreux,
le tir ha tu des Babyloniens, Winckler Gesetze Plammu-
srabi p. 38 note. J Jeremias, Moses und Hammurabi
p. 11, D H Mûller Gesetze H. p. 141. Mais en Hadra-
môt, dans les milieux hadar, le père donne le ta ma'
à sa fille, conformément au Qorân. ''Antarah Ahlw. N° 2
V. 16 dit:
Mais il ne s'ensuit pas que le père, ou le walî, garde
pour lui le mahr. Les "^Anazeh et les vrais Bédouins
du Nord n'acceptent pas de mahr, selon l'assertion des
'Anazeh que j'ai fréquentés, ce qui concorde avec ce que
dit Burckhardt BW pp. 88 et 212. Cela est d'autant
]»]us intéressant que ^^^ a, dans toute la Péninsule,
le sens de hutin qu'on prend dans une razzia ■=. class.
^_^ Boh. III p. 135/6. Le prix de mariage est donc
assimilé à un butin ; v. Gloss. s. v.. Dans le même ordre
d'idées est lorsqu'on appelle le tama" ».Lm~>, véritable-
ment perte ou dépense^ voyez mon M S p. 6 et 14, Jahn
M S p. 273, s. V., Stumme M G T Gloss. s. v.. Cette ha-
bitude des "Anazeh paraît ne pas avoir été étrangère
aux anciens Arabes. Les maris sont, d'après un dicton
proverbial, divisés en trois classes, I. Sîdah IV p. 24, 5
d'en bas: 2 ^3^3 11^ ^3] : iLi^LS• - J3J^JÎ ^^ ^^\^
,t 1 y ^ Go , O
^■V^ j7^' ç.'^'^^ ^ ^r ^ ^f y^ ô^) ^^-5 /^ z^)^
X_j Jf^ju}) -i!^! iCi'^iXi <v'-o JJs .jl^ oyy^'o ^ „;; Lo'3 K*i>
'lP^ J'^ -îji • Il ressort de cela que le mahr n'était
825
précisément pas du goût des filles bédouines, ainsi que
nous allons le voir pour les femmes de Zebîd p. 827.
^ est ce que le fiancé donne à la fille, la moitié le
jour du mariage, Jji^\ J^, l'autre moitié après, ici
p. 27, 27, le douaire des Romains et du Moyen-Age.
C'est le droit de la fille, ^^-^j! où>, ou le L^' trf^, ce
qui lui est noynmé. Elle lui demande : ^^^ ^^^-v^ j.* ^3 ^'^
où est ce qui me doit être donné, mon mahr? C'est une
locution fort ancienne, car nous trouvons dans I. Sa'd
III, I p. 24, 1: ^jl ^crf*^ J^ tiX>5;j1 "^ ^Lfts, et elle lui
dit: „Je ne t'épouserai pas avant que tu ne m'aies nommé
ce que tu me donnes. (3000 dirhem !)." I Sîdah IV p. 25,
11, 12. I Mâgah p. 314. Gudea offre à Bau, déesse très
honorée de l'ancienne histoire babylonienne avant Ham-
murabi, au nom de son époux Nin-Girsu, „des cadeaux
de noces." Cela eut lieu au jour du Nouvel An, Jastrow
R B A I p. 59. Cette habitude est donc aussi ancienne
que l'Orient. Les femmes sont tout aussi rusées en
Arabie que partout ailleurs, et un „ droit" est aussi
exigé comme prix de défloraison, ainsi que je vais l'ex-
poser plus loin.
Le mahr est peu de chose et bien moins que le
ta m a". Il consiste la plupart du temps en choses en
nature, rarement en argent. Il est estimé en argent,
soit par la famille de la fiancée, soit par un amîn, si
elle n'a pas de proches parents. C'est la 'iLiCsSs de l'Islam,
Qor. IV V. 3 •), ou ^îa>o, BoIj. VII p. 20, 3, L A XII
1) Cette forme ne se rencontie que dans ce passage. Les autres
826
p. 65, le nudunnu') des Babyloniens, Winckler o. 1.
p. 38 note. La fille le garde pour elle, même après le
divorce. Si, à ce moment, elle n'a pas tout reçu, le mari
est tenu de le lui compléter. Comme le walî l'acca-
parait quelquefois, le Prophète dicta S. IV v. 3-). Selon
I. el-Mogâwir, les femmes de Zebîd n'acceptent pas de
dot. Il raconte, à ce propos, ceci:
Cr rr-' -^^ '-^l-^' >>3 --rV-^ ^^ C^^^
f;
r3 -jr^ ^-^' -r-3; o
isl5 • A4 ^4-.-''0
, 5
formes, plus courantes, sont: i3A^^ '\iJKj^ ^ iCïA>o et iCïwV.^,
I. Sidah IV p. 25, LA XII p. 65. Les variantes du passage qoranique
o _ 0 3 5 3
cité sont -ijjïAo, o-ÏAo et o^Ao^ Beydâwî p. 195, 7, 8, mais
Abu IsliÎKi est d'avis que la lecture o-ï^V^^ est une sounnah qui
ne doit point être changée. L A XII p. 05, 2 d'en bas. Quant au
sens primaire du mot o'A>j> , je partage l'opinion de Wellliausen,
die Ehe p. 434, contre Noldeke ZDMG 40 p. -154. On pourra com-
parer fiancer et fiancé, ital. fidanzare et fichinzato, qui, en premier
lieu, viennent du bas latin fidarc, renfermant une idée qui n'est
pas bien loin de celle qui se trouve dans o'A^ et ^LV-o , dot.
1) De nadânu, donner, l'arabe ^wVJ", comme le français dotàe
dolem, et dotarc de dare.
2) Sur le o'Aas de Fâtimah et les autres filles du Prophète,
voyez les intéressantes notices chez I. Sa'd VIII p. 12 et 13. Sur le
^ de Hadîgah ibid. p. 10, 2.
3) ^ ne donne pas ici le sens du parfait. Il est ainsi employé
aussi dans le Sud, comme "^ et Le. On sait que le ms d'I. el-M_
est très corrompu. Avec l'aide de la collation des mss de ?chefer
et de Miles, due à l'obligeance de notre vieil ami de Leide, j'ai tâché
de donner un texte acceptable. Je passe sous silence les nombreuses
fautes de copiste.
827
^^Jt ...^ lus JL>Jî iUè, \jiJ dUj ^) ^"if «>, tJ>'i 'uiiiL)
<j , s. . i I ,_
^j:j-*i: ^jo o-^=>l 'u.*^ ^î ^_5=v« Jc>'j j^l uîLi>i J^-iLj 1^^'":^?
U-*J aj.M^Î Jy^3 jr*' ''^' ^ (^ X-s'J^ j^^^Jj' ^^^<J "^ AÏ3
X—L-sJ ^-r*^ "^' ^JV^ (j^ U:>_:^. I — i^3; ,uV— s '^ ...^ rrr^
J^ dW-3j ^c^^jj'i :'^ (^O^. ^[,-î ^' «'^ ^ ^^ ^L-^
. *JLx*j \ji5 ^x/8 ..Ji' (^Ai! ^>;^î ij. "^' ^if^' "^H ^3 JiJ>"b!S5
v_jiJL« LiJLc tL^Jlî O*^^ ^^""^ "^^ ^'^ (*^^ '"^^ ' "Z*^' *^ o^
A' U^_5 (i^ "j"^"^ '-r'^-^ l5^^' *^ (j?*^'^' ^ ^■^*^ cr^ -^5
^l! iJ (" [^-0^<J"] ^^Co;5 [^_c*^] L-î^sriJo *ivO vjjj _b _*-.r *
^. ^3 .U^ ^Àiî i_^v.LJ' JLo ôycs S^^ 'lJ ^..ars:. ^t
u,A.*-i:>:._5 . ■JJAy.i^ >ii^î Jji iyî JyJî '^i J^Ui "^$5 [j^:*^, 'u^JL/î
^'i |^_^(_5 ^.A^j Jl^^î
1) Mss. iscLb qui dialectalement est = AÏLb.
2) Ms. ^^.. 3) Ms. ^^yyh„
4) Ms. Schefer : (_^w.ï_x;^l j, ^'j^Jîj, ce qui est une construction
impossible. Ce qui suit explique que le -^r^ se fait aussi bien dans
les (_^«'-c' que clans les -r'js', ce qui est aussi la vérité; cf. p. 787
même tournure. 5) Voyez plus loin. G) son oncle.
7) M.SS. : v^^^ J^^^À S<fi vJLj>Lj ^. Miles: w^:dA5 wLi^JCs.
Correction des deux derniers mots de de Goeje.
828
Les femmes des habitants de ce pays ne prennent pas
de raahr de leurs maris; cela serait pour elles une
grande honte. Toute femme qui prend le mahr de son
mari est appelée mafrùkah, c'est-à-dire, que son mari
lui a donné le mahr et l'a détestée, c'est-à-dire, répudiée.
Car, si le mahr était exigé, les hommes auraient peu
envie de l'épouser, et le mari suivant dirait: ,^J'ai bien
peur qu'elle ne prenne de moi le mahr, comme elle l'a
pris de l'autre.'" Souvent aîissi, l'homme n'a pas les
moyens de rendre le mahr [en la répudiant], et les fem-
mes se disent alors: „[SiJ son mari ne peut la faire par-
tir^) de chez lui qu'en donnant {tout) le mahr, vu qu'il
n'a plus envie de la garder, [et] elle est couverte d'opprobre."
Par conséquent, si un homme veut épouser une femme,
les femmes du quartier viennent sans crainte à la femme
lui dire: ^Déteste ton mari avant qu'il te déteste," c'est-à-
dire, fais-lui don du mahr et sors avant qu'il te pèse
[te donne tout] le mahr et te fasse partir.
Ils font aussi le tar]i, cadeaux de fête, à l'occasion
des fêtes de famille et des noces, ainsi qii'il a été dit
précédemment à propos de Mekkah. Si une femme a donne
quelque chose pour une noce, 07i le lui rend à l'occasioyi
d'une noce dans sa propre famille. Si c'est à l'occasion
d'une circoncision, on le lui rend à la circoncision d'un
1) Voilà pourquoi une femme divorcée ou veuve est appelée— ,li>
V. Gloss. s. V.. Les femmes de Zebîd ne veulent' point battre monnaie
de leur mariage, en acceptant le main-, j)our mettre le mari à
raônoe de s'en aller après avoir prononcé la formule de divorce, sans
avoir à payer le reste du mahr, car, ne pouvant faire cela, il se
garderait bien de la répudier, et elle serait alors malheureuse. D'après
la coutume, la femme répudiée peut garder le mahr, et le mari doit lui
donner encore ce qui y manque.
829
enfant dans sa propre famille, et si c'est à une nais-
sance, la réciprocité est de même observée. Elle ne rend
le tarh qu'exactement à une occasioti pareille et la même
chose qu'elle a reçue. Ahmed b. Mas^ild m'a raconté ce qui
suit: „Les femmes du Yéman n'ont été dépravées que
par suite de cette habitude c^Mtarh." — ,^ Comment cela?",
lui demandai-je. — ,^ Parce que, repondit-il, les femmes ont
reçu une avance {im préty), sans qu'elles soient à même
de rembourser leur dette. Elles sortent alors au hasard,
à îin endroit de la route où passent les jeunes gens ^),
se teignent de hinniV et se maquillent^), jusqu'à ce qu'elles
ramassent assez pour rembourser leurs dettes. On n'accepte
pas d'elles ni serment, ni témoignage : *) ce que l'u7ie dit
avoir reçu en tarh de l'autre, est cru sur parole. Les
hommes se teignent les mains et les pieds de hinnâ''^).
Le verbe éJi demande ici une explication. De Goeje
traduit^) 'îS^jiA par haïssable. D'après les dictionnaires
LA XII p. 363, 4 et s., Lane s. v., ^i)jS est = ii)y. Est-ce
une variation phonétique pour \3f, Hdr p. 131? Dozya
éX déguerpir etc., mais le verbe est ici transitif, éf-^
\) Le p-Ja est considéré comme un wà^, une avance, somme
j
payée, un prêt. Il m'était toujours expliqué par ^.-àLw, 827, '*, ou KJ^Lo.
2) De Goeje me renvoie à Gen. 38, 14, où il est question de
l'inceste de Tamar; voyez ici p. 765.
3) Comme font les putains orientales encore aujourd'hui.
4) Cela se rapporte sans doute à ce qui suit. De Goeje m'écrit:
»Je ne le crois guère. C'est j)lut6t: les femmes ne sont pas admises
à prêter serment ni à témoigner ; seulement leur témoignage contre
d'autres femmes est accepté." Je crois qu'il s'agit du tarh en question.
5) Cela est aussi très en vogue en Hdr.
6) Communication sur le livre d'ibn al-Modjâwir, congres de Paris.
830
est dans L A expliqué par u^A^'' ^*X.\ Ferazdaq, Z D M G
59, p. 609, dit:
il/a«5 z7s sont détestés, des hermaphrodites, qui pissent
[par de larges urètres^ comme les femmes.
Voyez la juste observation de Hell o. et I. !.. Je croyais
qu'il fallait partout mettre d) j' pour ^^, et de Goeje était
de mon avis. Je me rappelais alors que ^l''^} ■=. ^^, haïr,
est justement employé dans l'A T comme terme tech-
nique pour détester sa femme, Ges.-Buhi H W B p. 720
et spécialement Deut. 22 v. 16. Dans les papyri ara-
méens d'Assouan, du Ye siècle avant notre ère, HIV est
précisément le terme technique pour demander le divorce,
ZA XX p. 145. Je ne vois donc pas pourquoi ce terme
doit être „rimitation d'une locution égyptienne," comme
le pense Spiegelberg, o. et 1. 1.. C'est plutôt une locution
orientale commune. ^S, ^S\ et -sjCCv-l figurent aussi dans
la phraséologie matrimoniale, p. e. Boh. VII p. 45, 8, 10,
15. ^i me paraît donc être un verbe fort ancien pour
divorcer, comme l'explique aussi I. el-M.. Mais j'en ignore
le sens primordial d'où s'est développé celui de détester.
Peut-être le l"}? de l'Exode I, 13, 14 est-il le même mot:
hai)ie? Une femme qui procède ainsi à l'égard de son
mari est, dans le Nord, appelée ^y*^, pl- --j'-^» Socin
Div7. I p. 284 v. 18 et note, et dans la lurah on dit
1^^ b-^t .^i^^^û^, 1 Sîdah III p. 21, 8. Ceci était déjà écrit
lorsque l'idée me vint de chercher dans I Sîdah s'il
parle de ce verbe. Et voilà que j'y trouve lY p. 20 ceci:
831
3 3- 3 5^0 ^
3- - _oE w 3 O O £
(A^XJÎ^ xp^-'uo (jC^ijî Lw.jj 'U^3 ^i].li oW';3 ^)^ sîysîj S|^
CM E 3--_ i O- 3
lil.t^î ^Lm/JJI ,L^2-jf t^LJLcb ioLyo. j^^Jbsr j^ ^ JuJJI (o!
^^^:>!5-t ^^ ô^j'"-^' O^/^ o-h"^- Nous voyons donc que
le '»^^f^ du texte d'I. el-M. est régulièrement formé de
éf, qui s'emploie pour l'homme et la femme, comme
dans les deux textes. La traduction de de Goeje est donc
bonne, seulement détestée est encore plus exact. Voyez
aussi I. Sîdah 1.1. p. 21, 1.
Chez les vrais Bédouins, le père n'est pas tenu de
donner quoi que ce. soit en dot. S'il le fait, c'est à titre
gracieux. Cela ne paraît pas avoir été la coutume dans
l'antiquité, car chez les Babyloniens, le père donnait une
dot, s e r i q t u, cadeau, à sa fille. Winckler G H p. 38
et §167, Jeremias, Moses und Hammur. p. 11.
En Datînah, la fille apporte les ustensiles de ménage.
La mère lui donne: Jlii", b.ô', 2^-»^, Z^, ;^, et les
autres objets en "a z a f énumérés plus loin. Le père fournit :
oL^, Axj, is-jo^, iwO, iiUjè^w^^s^, j^c^^y^, _AJ5 et ajsjd', sur
lesquels voyez p. 606. Cela s'appelle 5^ il jû^, le trous-
seau de la jeune mariée. C'est l'infinitif de L^' j^, lui
1) L. 1. p. 20, 6;
vJiXûil ôl;-oti:-I' % J^li L^ ^^j ^ .J^' S ^3; L^
832
fournir le trousseau; jU:^ est seulement le fourreau du
poignard. Lorsque le Prophète maria Fâtimah à ^Alî, il
lui donna comme trousseau: ^\ ^^ %J^»^ Zj^J^ ^^
iojj |.ol ^ .Jj^ ^àJ L?>ij>, I. Sa'd VIII p. 14, 22 et
s,, et d'après p. 15, a encore un ^'^^-lii, tapis en peau,
p. 14, 23, 15, 17, un J^^, un '»Jlùj^, un _j^, p. 15,
2î, deux meules, tjv'w=-;. et deux jarres, p. 16, 2, 3.
Ce sont donc en partie les mêmes objets qu'aujourd'hui
encore en Datînah. On observera que le même mot
s.y (jyi) y figure, ibid. p. 15, 2. Quelle simplicité bé-
douine ! Fâtimah mourut peu de temps après son père,
probablement par surexcitation nerveuse à cause du refus
d'Abu Bakr de lui donner une part de la succession du
Prophète, ibid. p. 18, 9 et ss., Boh. IV p. 79. Le fiancé
doit envoyer à la maison du père de la fiancée, quelques
jours avant les noces, les choses suivantes:
*J'i'^, pièce de cotonnade teinte d'indigo, qu'on fait à
Ansâb, Capitale des "Av^âliq supérieurs;
i3->, Kopftuch en cotonnade bleue d' Ansâb,
slXac, Kopftuch en soie des Indes,
iX*^, Kopftuch, fait en guise de réticule, à fils rouges,
jaunes et bleu foncé (oj-«.!). On le fait au pays de Yâfi^
En outre, ^, café, ^^, beurre cuit, ^,.^>.=> ou ^\jdj,(\M\:d,\\,
ijJ^, huile de sésame. Le iJ^j, dont elle fait un ujy,
vi'tement, et la iiy> sont de rigueur; les autres choses
ne le sont pas, si le fiancé est pauvre. On les rapporte
le matin des noces à la maison du fiancé. Ce sont là
833
les o>Jt 330 = class. ty^. La même habitude existe un
peu partout, Snouck Mekka II p. 211.
Au *Jo du Sud correspond le oLu«, Meissner N A G J
p. 108, 12, ou le ^^iJ du Nord"). Ces mots ne sont pas
employés dans le Sud, mais seulement le verbe (jj'w*, 0.*)
j^! oywo ici p. 26, 18, comme Boh. VII p. 21, 7:
L^t vi^ilw 1^ et K A X p. 49, 2 : llî \J-^. On demande
d'abord beaucoup, et les négociations sont souvent longues.
C'est le j^çjj que la fllle a chargé de cette affaire qui les
conduit. Pour rabaisser le prix, il fait appel à la généro-
sité de la famille de la fille, et il dit au père p. e. :
j^^Uj Jv4^ o^' Le, ne r énonces -tu p^s à un chameau pour
l'amour d'un tel? Et puis il continue de demander un
rabais de telle ou telle chose, pour l'amour d'un tel,
jusqu'à ce que le prix soit réduit à des proportions ac-
ceptables. De cette façon, il arrive que le prétendant n'a
à payer que la moitié de la somme demandée. V/etzstein,
Die Lieb. v. Amasia p. 147, prétend que „c'est une opinion
tout-à-fait erronée lorsqu'on se figure le mariage oriental
comme un achat de la fille au père, ou bien qu'on croit
que le père retient quelque chose de la somme du mahr
pour lui." Wetzstein généralise le mariage chez les "Anazeh.
Pour le reste, il est, lui, dans une profonde erreur. On
achète, ni plus ni moins, la fille au père, puisqu'on paie
le siyâq, et toute plaidoirie en faveur d'une autre opi-
nion est gratuite. Cela n'empêche pas que les jeunes
4) Littinann BGA A-i Gl. s. v. ; je ne l'ai entendu qu'avec ij^.
2) V. Gloss. s. vJîLv pour l'emploi assez étendu do ce verbe.
Wellliausen Skizze VI p. 158 en haut.
834
gens ne puissent s'aimer et se donner rendez- vous, pré-
cisément comme chez nous. Le cas des "^Anazeh offre la
seule exception, en ce sens que le père ne garde pas le
prix d'achat. Nous avons donc ici un cas oià les us et
coutumes des Bédouins diffèrent aussi bien de ceux de
l'antiquité sémitique que de ceux de l'Islam. Il y a
encore une autre pratique bédouine du Sud, que je n'ai
constatée que là. Avant la consommation du mariage,
lorsque le harîw est seul avec sa femme, il faut qu'il
lui donne un cadeau en espèces, ui.^. Cela s'appelle
*:>jiî 'i^-i ou K=>-jl) 'i^è. Il ne peut la défloj'er, y .àilwî,
= cl. p jol, jijjoi et (jcià:^!, Ehe p. 435] avant de l'avoir
donné. C'est selon Wellh. o, 1. 485 ') l'ancien «Ju ou
laesio virginitatis. Comme le mahr, ce „prix de déflo-
raison" est aussi un droit, oi=>, que la fille, ou même
la femme quelquefois, exige de son mari ou de son
amant. Cela trouve une jolie illustration dans une his-
toire racontée par el-Bohârî, qui la donne en trois ver-
sions.
1° III p. 80: i>-^ J^ *JL^- '^^ ^t "^! ^"^l Sh
c>JI-JiJ sLwjJt |J«^J1 v'-^l l^ tXiii^ (f*^ o!.Àj Q^ a!--*' v-.*.:>I
1) Dans KA XVIII p. 111, 4 d'en bas, 5^ a le sens de cdit.
L'amie de ^Alî b. Ôabalah était par hasard vierge. D'après les dic-
tionnaiies, ,«.*:2j a le sens de -w . Véritablement, c'est la déchirure
de l'hymen, d'où le cLi2>JCa«"^Î ^L^.
2) On s'attendrait à ^^ji^ et ^■'■\j.*'\ mais la femme dit cela
d'elle-môme: tu n'obtiendras pas cela d'elle avant que tu loi donnes;
c'est ce que les grammairiens appellent oLàVLt.
835
() ???c»>i Z)/ew / dit le second, tu sais bien que f aimais
une de mes cousines aussi vivement quun homme peut
aimer une femme. „ Tu n^ obtiendras pas cela de moi
me dit-elle, avant de me do7iner cent dinars' \ Je fis
des démarches et réussis à réunir cette somme. Mais
lorsque je fus en posture entre ses jambes, elle me dit :
y, Crains Dieu! Ne brise le cachet que moyennant le
droit qui me revieni\ A cela, je me levai et je la
quittai.
.2° III p. 91:^1 ^^ ^c c>-Lj ^J ^^ l^\ f^}\ Sh
(~ 0.4J! ,c^>" tc-*-^ ^,i>ot>_X^'ii L.>**ài (^ ^^-_x: Uj'O.Li ^\ (jwLoI
^^ .LuO iLjLj ^yiJiUz. LiXxIicli ^J^si^ ^^-^J-wJl ^^ iL>Lw LiJ
ciJlà' UaIc Oj'Aï !JI ^-X^ c>»>J^*« U-'^sâj (J-03 (_ryjj ic'^ n'
0 mon Dieu! dit le second, f avais une cousine
que f aimais plus que toute autre personne au monde
et je voulais qu'elle se livrât à moi, mais elle s^y re-
fusa. Etant éprouvée par une mauvaise année de disette^
\) Var. : ^<W, qui nuance un pou la signification.
2) Var.: 0^''= ^^jj.
3) Var.: j^î.
836
elle vint chez moi et je lui donnai alorfi cent vin^t dinars
à condition qii'elle me laisserait jouir d'elle. Elle se
mit en posture '), mais lorsque j'allais accomplir Vacte,
elle me dit: „»/(? ne te permettrai de briser le cachet
que moyennant le droit qui me revient,'' Je m'abstins
alors de coïter avec elle et je m'en allai de chez elle,
bien qu'elle fût la personne que j'aimais le plus, tout
en lui abandonnant l'argent que je lui avais donné.
3° III p. 106: le c>-^ J. ^^^ 'i_^î ^'1 ^\ Sh
ijSx> o>j'i2 ^^i^ ^i^xLas tUw^L^! jj>_-! V^^. ^ lA^'i LiXx.«J>'
0 mon Dieu! dit le secoiid, c'est que j'avais une cou-
sine que j'aimais autant quun homme peut aimer une
femme. Je lui demandai de se donner à moi, mais elle
refusa. Enfin je lui apportai cent dinars que f avais beau-
coup de peine à réunir. Mais lorsque je me trouvais entre
ses jambes, elle me dit: „Mon bon homme*)! Crains
\) c>-ijc traduit par Houdas-Marçais II ji. 67 par: elle accepta,
mais cela ne rend pas la situation renfermée dans le verbe.
2) Var. : U*JÎ, ce qui vaut mieux, à cause de ce qui suit: elle
refusa à moins que je ne lui apportasse cent dinars.
3) Var.: u^-ou" convient mieux.
4) Houdas-Marçais II p. 9C rendent xLIÎ A-j-c 1j par 6 adorateur
de Dieu! ce qui est faux à plus d'un titre. On se servait de a,^' Aat:
au lieu de q"^, lorsqu'on s'adressait à un inconnu, I. Rosteh
p. 497 *, '. Pour une femme, on disait xU! JCnî,
837
Dieu et n ouvre pas le cachet, si ce ii'est moyennant
le droit qui me revieniJ- Là-dessus, je me suis levé'.
Si j'ai rapporté cette tradition d'une façon si détaillée,
c'est que je suis en désaccord avec les savants arabes
et européens sur sa portée. On prétend que sz^. signifie
j^yiJI -bjJ!, le mariage légal, et Houdas-Marçais le tra-
duisent par à moins que ce ne soit légalement, vol. II p. 48
et p. 96; quand tu en auras le droit légalement ibid.
p. 67/8. *i^. veut dire par son droit, soit celui du cachet,
par le droit à des dommages-intérêts que donne la bri-
sure de l'hymen ou, plus simplement, le fait du coït.
Le contexte montre bien qu'il ne s'agit pas de mariage.
Elle va jusqu'à lui ouvrir les jambes, et il est tout prêt,
lui, à entrer en matière'). Elle voulait la douceur pécu-
niaire usuelle dans ce cas, et si l'homme l'avait sortie
de sa bourse, il aurait pu aller de l'avant. Quand même les
paroles de la femme impliqueraient le mariage, le mot
1) Pour bien comprendre la situation peinte par 1" o^^Jts 'LéJi
Lj-fJ^. (j-o = 3° U^'J^r c;^ u>J»Ï3 i-Jls et 2° 'i! ^'■s> ^^^ijdé
L^Ac {::jjJ^, il faut savoir que les Arabes ne font point l'amour
de la mrme façon que nous autres. Ils sont à genoux devant la
femme dont ils relèvent les jambes. Voilà pourquoi on dit: Asti
'^i^^^j ij^} il était assis entre ses jambes. Houdas-Marçais ne tra-
duisent que le troisième passage d'une fliçon à peu près exacte par
fêlais déjà entre ses jambes II p. 9G. I. el-Mogâwir dit de même:
»U' ^J^ J^-^' i-Xjiiw U;.^ Axi^ Uj "^Li» Io'ls, v. plus loin et
GI0.SS. s. v. lAxi . Le chameau, en saillant la chamelle, est assis de
la même façon; voyez planche plus loin. Ceux qui ont adopti- la
théorie de G. Jacob sur la provence des mètres en arabe, Studien
in arab. Dichtern II p. dOG, idem ABL p. 181, diront peut-être
que c'est le chameau qui a appris aux Arabes la posture du coït!
838
aÎ>: ne se rapporte pas moins au prix de la défloraison.
Cette idre étant contraire aux préceptes de l'Islâm, le
mahr une fois payé, les savants orthodoxes y ont vu
autre chose, plus en harmonie avec leur doctrine.
Les Bédouins ne déflorent jamais avec le doigt, comme
en Syrie et en Egypte (voyez plus loin). Ils montrent
le plus grand respect vis-à-vis du „i, qu'ils ne regardent
même pas. Je demandai à mon datînois Fadl, qui est
marié depuis plusieurs années: „Comment est le „ji de
vos femmes?" — „Je ne le sais, je ne l'ai jamais vu",
fut sa réponse. Les Bédouins ont grand soin de ne pas
montrer les parties génitales. Ils sont en général très
pudiques dans leurs gestes et leur langage. Plus à l'ouest,
à Aden et au Yéman, le cadeau en question a le nom
de i^Lyo, ce qui, comme sens, correspond à notre Mor-
gengahe. Snouck, Mekka II p. 186, nous apprend qu'à
Mekkah on dit iL^v>^ ou 'i><^.>^ et que le mari le donne
le lendemain matin après le dt'jeuner. Ce déjeuner^ auquel
sont conviés parents et amis, souvent toute la tribu,
grands et petits, s'appelle justement à Aden 'i^^'.j^ et
en Dt, -yyo.
Avec la pauvreté des Bédouins, le mahr, pour ne
pas parler du tama'^, n'est pas toujours possible. Sou-
vent la fille, quœ nihil secum athiUt, prœter libertatem
pudicitiamque, comme dit Tite Live, ne reçoit qu'une
petite chose de minime valeur. Mais il faut qu'elle reçoive
quelque chose. Cela est en conformité avec la Sounnah,
qui doit représenter une ancienne habitude orientale. Boh.
VII p. 19 et 20, nous raconte que le Prophète admettait
que le mahr devait se donner, ne fût-ce qu'une bague
839
en fer ou le poids d'un noyau de datte, même un verset
du Qorân. L'histoire est jolie. La voici selon Bohârî YII
p. 19 et p. 20, 2 et ss./) Fath el-Bârî IX p. 179 et s.:
„ Une femme vint chez le Prophète et s^o^rit à lui.
„Je n^ai pas besoin de femmes aujourd'hui^ répondit
le Prophète. Un homme dit alors: „0 Messager de
Dieu! Marie-la avec moi'\ — „ As-tu quelque chose ?" —
„N^onf" — fiVa chercher quelque chose, ne fût-ce
quune bague en fer" Ils^en alla cliercher. Ensuite, il
revint et dit: ,,Je n\ii rien trouvé, pas même une bague
en fer y — „Sais-tu quelque chose du Qorân ?" — Je
sais telle sourat". — ,, Va-t-en, car je te la donne en
mariage pour ce que tu sah du Qorân." Une histoire
analogue Boh. VII p. 12. L'esclave Sâlmîn, dont j'ai
déjà parlé, ne pouvant plus se tenir tranquille sur la
chaise, me lâcha subitement. Trois jours après, il revint,
marié à une noire. „Que lui as-tu donné en mahr?"
lui demandai -je. — „Une poignée de sel," répondit-il laco-
niquement. C'est qu'il travaillait dans la mail â h ah
d'Aden ! Le Prophète, lui-même, ne pouvait donner grand'
chose, car, à un certain moment, il ne possédait, malgré
ses neuf femmes, qu'un sa" de blé, Boh. III p. 142.
Tout ce monde vivait de dattes, d'eau, ibid. p. 153, et
du lait des brebis, 'i^J^, qu'on lui prêtait. Cela changea
cependant bien vite, et les Juifs de Heybar devinrent
la première source de la richesse extraordinaire de la
famille du Prophète.
On ne marie pas la fille avant l'ilge de 15 ans. Le
1) J'ai réuni les deux versions, p. 1U et p. 20, qui ne diiïèrent
que de quelques mots.
57
840
Prophète épousa ""Aïéah lorsqu'elle n'avait que neuf ans.
Le pucelage est, dans tout l'Orient, la chose précieuse
que toute fille doit garder intacte jusqu'au jour de son
mariage. Dans mon Arabica I p. 83, j'ai relevé l'asser-
tion de Snouck qui, dans ses M S p. 72 note, soutient
que „les Arabes attachent bien moins d'importance qu'on
le prétend à la virginité." Wellhausen, Ehe p. 473, répète
cela pour l'antiquité arabe. Jacob, A B L p. 54, a déjà
avancé que cette opinion est exagérée. Si les savants
de Leide et de Gôttingen veulent dire par là que les
Arabes épousent aussi des femmes divorcées ou veuves,
ils ont parfaitement raison. Cela se fait dans le monde
entier. Mais s'ils croient que le pucelage ne joue pas un
rôle prédominant lorsqu'on épouse une jeune fille, ils ont
tort. Wellhausen, o. 1. p. 448, dit lui-même: „Les vier-
ges ont un prix plus élevé que les veuves et les divor-
cées." Je crois que nous avons deux points de vue dif-
férents. Moi, je ne parle que de la jeune fille qui se
marie, tandis que mes deux honorables confrères parlent
des femmes en général. Qu'on lise ce que j'ai écrit dans
mon Arabica 1 p. 83 et s.. Une vierge^ dans le Sud,
n'est pas appelée ^<j, qui ne se dit que de la '!^f, agnelle
n'ayant pas encore mis bas. X» c>wo appartient au langage
du Nord. Les Bédouins du Sud l'appellent t^Àc, pi. ^J^^
et la vvi^ classique y est -^L=>, pi. -j^, ou -^^.f>, parce
que -yi ^j^ ^:.>^f>- La prescription du Prophète de
donner sept jours à une vierge et trois seulement à une
femme veuve ou divorcée n'implique pas nécessairement
que la première était plus estimée, mais qu'on a plus
de plaisir avec elle qu'avec l'autre. Il pensait du moins
841
ainsi, lui, et cela est devenu une Sounnah islamique.
Si le mari découvre que la fille n'est pas vierge, il la
répudie; le père doit rendre le tama"^, et la fille le
mahr, ainsi que tout ce que le harîw lai a donné.
Aussi dans le Nord, Burckhardt B W p. 88 et ss.. Le
Prophète, fin connaisseur, épousa bien des femmes non
vierges, mais les vierges qu'il avait prises pour femmes
auraient été immuablement renvoyées s'il avait constaté
que le pucelage était déjà perdu. Dans les milieux hadar
du Nord et chez les chrétiens de la Syrie, il y a encore
l'habitude que les parents attendent dehors que le mari
vienne les informer qu'il y avait du sang. Je pourrais,
à ce sujet, raconter bien des épisodes que j'ai vus devant
mes yeux. La pièce justificative du mouchoir ensan-
glanté est confirmée par le récit d'Ahmed Fâris es-âidyâq
dans son livre fort intéressant vjLJ' J.£ o*^' P* ^79.
Les Syriennes ne se sont jamais distinguées par leur
chasteté: l'histoire de Julia Domna est bien connue.
C'est là du reste une coutume ancienne, car l'exhibition
coram populo de cette pièce justificative est même, dans
un certain cas, loi en Israël, Deut. 22, 17 et ss. :
• T ■■!...... T : • : T '
L'égalité de naissance ^) est devenue bien moins impor-
tante avec l'introduction de l'Islam. Un qabîlî préfère
bien une qabîlîeh, et surtout un bint "a m m, cousine
plus ou moins éloignée, contribule, mais il prend femme
i) Ce qui sonne en arabe parlé: ujL:^! «y^ir *i-»-C«X-L^ î^^^
û -
r
2) Class. jÀi'. Je ne connais pas de substantif pour cette idt'e dans
les dialectes bédouins.
842
là où l'intérêt ou l'amour le conduisent. Par contre, il
ne donne jamais sa fille à un hêk ou à ceux qui se
trouvent sur la même échelle sociale que le hêk. Nous
faisons bien de même en Europe. Un muslim peut épouser
une femme des Ahl el-Kitâb, mais non vice-versa.
Les membres de la même tribu sont tous égaux, «AjAj,
jfP>, entre eux. Les iÇo:, d'une tribu ne sont point en-
globés dans cette égalité. Une tribu est plus noble qu'une
autre. Ainsi, parmi les ''Ôlah, ce sont les ""Ôlahîn el-
Kaur qui jouissent de la plus grande considération, et
chez les "Olat el-Bahr, les Ahl Sâleh ont la pré-
séance. Dans les familles aisées, on tient beaucoup à
l'égalité de naissance de la femme. Il y a aussi une
aristocratie arabe, tout comme chez nous. Les anciens
Arabes étaient sans doute plus difficiles que les Bédouins
actuels, s'il faut en croire Hamâsah p. 261, 10 et ss.,
lorsque les B. Bedr. refusèrent de donner une de leurs
filles en mariage à Zeyd b. ^Uyeynah, parce que sa mère
était esclave. Les temps ont bien changé par l'Islam : la
soi-disant khédîwah d'Egypte, la femme du khédîw actuel,
était une esclave, laveuse du harem, et les dames du
corps diplomatique du Caire vont faire la pirouette devant
elle ! C'est dégradant ! C'est dégoûtant ! ').
Bohârî VU p. 15^) rapporte une tradition de ""Âïéah.
Ce petit cours d'éthologie préislamique est fort intéres-
sant. Il est évident que la femme fougueuse et vindi-
4) Aussitôt que ''Abbîis pacha devient khédrwi, sa mère lui fit
cadeau de trois femmes esclaves. C'est à peu près la situation du
CH §14G. Mais l'Islam a les manches larges, et les Européens en
sont charmés!
2) K. en-Nikâh JJ^L. ^î ^Ki ^ Jà' ^ ^\j.
843
cative du Prophète n'en est pas l'auteur. Mais on la lui
a attribuée, comme tant d'autres Traditions.
Abu Zakarîyâ el-'Âmîrî \ -f 893, dans son JiLs^î x.^uj
JoLo'^t 's^*), p. 4 de mon ms., cite tout l'article, qu'il
commence par ■^y.\ Jb", sans faire mention d'el-Bohârî!
Je crois utile de repoduire ici le texte d'el-Bohârî,
dont l'importance a déjà été signalée par Wilken, Das
Matriarchat p. 2.5, et Rob. Smith, Kinship' p. 132.
(j^Ui! UG L^^L^ ^'ljCls ^L^'Î wu^! ^ ^ :<Jl5^'i4l ^ ^bCd!
?" '
^j^ o^ \ô>\ {- kÎS/^ ^yJè-i, jc>yî ^i^ ^\ _,LjCJ3 . L^^;^
«.*:2-yl..vo" (^_o3J! i3^y' *èJiO ^yt ^Ju^ cyn-^ ^S"^ '*^^ '-f»*^'*tî
tiUô JjiÀj L*j]_5 i»,o! !o! 1^3; L^L^' '-éJ^*-^ \ry^ '"^^
L^AAAOJ ^di' sîit Jv£ o^Jli>AAS syiijtji jj3L> Lo J3^_j! «.«JC^.
vi>JLw.! LjJU^» «.a:^" ,..t lXju JLi l-,i:4^ -^i i,j^Jt-Cs53 o^i?" !jl3
■^ ^^^-^ ^t owUl 1^^. ^"J^.^yt (3^
1) Brockelmann G A L II p. 72.
2) LA IX p. 3G1,"a:iùyi! 3! iOC^'bJ.
3) Var. : *joo, comme l'a supposé Wellhausen, die Ehep. 4G1 notel,
mais I. Hagar a aussi w.
844
^y i> o^ c/ ^'^^' ô-^^ ^''^ a^ îr^^' "^ »V'
Ze mariage^), du temps de V Ignorance, était de
quatre espèces. 1° Le mariage des gens d'aujourd'hui.
Un homme demande à un homme sa pupille [ou sa
JiHe]*) en mariage, et il lui (à elle) donne la dot;
ensuite il V épouse. — 2° Un homme dit à sa femme *),
lorsqiielle s'est purijiée de ses menstrues^): ^Envoie
quelquhm à un tel et demande-lui de coiter avec toi,'''
Le mari se retire alors d^elle et ne la touche plus
jusqu'à ce que sa grossesse, par le fait de Vhomme
à qui elle a demandé le coït, soit évidente. Alors, la
grossesse étant évidente, le mari jouit de sa femme, si
\) I. el-Hagar el-Asqalânî, el-Fath el-Bâri IX p. 159: _^3 wàjUlt
&Âa3i ,0% lXJ^'Li JJjJî KjJJ^ ^f^- o^^ • Le Qâif (qôf) est
peut-être, midaiis mutandia, le successeur du qépu babylonien,
Winckler Geschichte Bab. u. A.ss. pp. 297; idem, Die jvingsten Kiimpfer
wider den Panbabylonismus p. 41 ; idem, K A T^ p. 470 et s..
2j Var,: iCCJ'jJ'j. I. Hagar 0. et 1. 1.: ^L*2L'i -b^î Jj^Îj.
3) Je traduis rX^ par mariage, quoique cela soit erroné. C'est
co'itus, mais comme tout J^ dans le Qoràn est .io^jj, L A III
p. 465, 6 d'en bas, je suis cet exemple. L'inexactitude de cette tra-
duction ressort clairement du texte d'I. Ha^ar rapporté ci- après.
j?0o s'applique aussi à la femme, Boh. VII p. 43, 3 d'en bas, I
Sa d VIII p. G3 en bas.
4) Variante du texte primitif de la Tradition.
5) ou à son esclave femelle, selon l'addition de L A IX,p. 36i,",
G) Voyez sur cela Rob, Smith Kinship* p. 133 note.
Il
845
cela lui lylaîL II ne fait cela qiûen vertu de son désir
d'avoir un enfant sain ^), Ce numage s\ip2wlle'iiii'kàh
el-istibdâ". — 3° Un çertahi nombre d^ hommes, mais
pas plus de dix, se mettent ensemble et „enirent chez''
une femme dont ils jouissent tous^). Si elle devient
enceinte et met au monde un enfant^ elle envoie dire
a ces hommes, quelque temps après sa délivrance, de
se réunir chez elle, sans qiCun seul d'entre eux puisse
se refuser a faire acte de présence. Elle leur dit
alors : „ Vous connaissez bien ce qui est ai^rivé par
votre fait : c^est que fai eu un enfant, et il est à toi,
un tel.'''' Elle nomme alors celui qu'il lui plaît de désigner
par son nom. L'enfant lui est atti'ibué sans quHl puisse
s^y refuser. — 4° Un grand nombre cVhommes entre-
tiennent, en même temps, des relations avec une femme
sans qiî'elle refuse ses faveurs à celui qui la visite.
Ce sont là les putains qui attachent des guidons à leurs
\) LXiyt ^L^ ne saurait se traduire par y>nohle progéniture^''
comme le fait Wilken, car l'enfant ne pouvait devenir plus noble
pour avoir été procréé par l'autre, car il devait appartenir au lit
du premier. Les musulmans envoyaient leurs enfants pour être élevés
chez les Bédouins ôoy] iûLs^Aj pour que V enfant devint sain et fort.
2) C'est sans doute de cette espèce de mariage dans l'Arabia Félix
que parle Strabon : «Tous les membres d'une association matri-
moniale, ffvyysvelç, ont une propriété en commun, mais le plus âgé
en est le chef. Il y a aussi une femme pour tous. Celui qui vient
le premier, jouit d'elle; il met le bâton devant la porte — chacun
a l'habitude de porter un bâton — , mais elle passe la nuit chez le
plus âgé; tous sont frères les uns des autres. L'adultère est puni
de mort. Adultère est celui qui est d'une autre famille", c'est-à-dire,
qui ne fait point partie de cette association, yévoç. De Lagarde Mittl.
II p. G7. Wellh. Ehe p. 4G2.
846
portes^ en guise cVenseigne. Celui qui veut avoir affaire
à elles, entre chez elles. Si alors une de ces femmes
devient enceinte et met au moj,ide un enfant, les hom-
mes quelle a eus sont réunis. On appelle les augures,
et on attribue V enfant a celui que ceux-ci regardent
comme le père. H enfant lui reste attaché, il est appelé
son fils, et Vhomme ne s'^y refuse jjas."
L Hagar el-Asqalânî, dans son ..^^x^ ^^ ^J^'' -^^
;_cjL^uJt, IX p. 157, commente cette „tradition" en disant:
^p*^ Q^ y^! vj^JLiit Oj.^ f^^i -byi \as (jr^t -lAc
Ed-Dâwûdî et d'autres ont dit: „Il lui (à '^Âisah) reste
des espèces dont elle n'a pas fait mention. 1° Nikâh
el-hidn, auquel se rapportent ces mots du Qorân „et
qiC elles n'aietit point d'amants." C'est- qu'on disait: B
n'y a pas de mal à ce qui se fait en cachette^ mais ce
1) Qor. 41, 29; et 5, 7: q'^X=»( ^^J>J^ %.
2) Pur cette locution L^JLc aJ ^-^^ voyez p. 848 note.
847
qui se fait ouvertement est blâmable. 2° Nikâh el-
mufah, dont l'explication a déjà été dotmée précédem-
ment. 3° Nikâh elbadal. El- Dâraqotnî a rapporté une
Tradition d'Abu Horeyrah ainsi conçue: el-badal, au
temps de l'Ignorance, consistait en ceci: un homme dit
à un autre: „Cèdemoi ta femme, et je te céderai la mienne,
et autre chose pardessus le marché." Mais son isnâd
est très faible. A cela je réponds ceci: n° 1 n'a pas été
cité, car elle ('Âïsah) voulait seulement parler du nikâh
de celle qui n'a pas de mari ou de celle à qui le mari
a permis de faire ainsi; n° 2 n'a probablement pas été
cité, parce que ce nikâh est prohibé comme étant fixé
pour U7i certain temps, ce n'est pas que la non inter-
vention du wali y soit une condition. La raison de l'omis-
sion du n° 3 est encore plus évidente que tout le reste.
Si l'on traduit partout _bo par coït ou cohabitation,
toute difficulté disparaît. Ce n'est que le n° 1 qui parle
d'un mariage légal: J^î „bCj. Tout le reste ne roule que
sur les différentes formes du nikâh qui ne tombent
pas dans cette catégorie, soit la polyandrie ou l'hétairisme,
soit l'amour libre. Le nikâh el-hidn^) est tout sim-
plement jjVivre en concubinage", selon nos idées religieuses,
ou „avoir un amant". Wellhausen dit avec raison, Ehe
p. 470: „Das Verhâltniss ist nicht unedel: eine sadîqah
ist durchaus keine Hure." Je renvoie à l'excellent ouvrage
1) II est intéressant de constater que les mots qui désignent celui
qui s'occupe de la femme, d'une façon ou d'une autre, sont sur le
o ~ o
paradigme Jjù, tels que wv>, I Sa'd IV, i p. 42, oJo LAI
Où O o o o o
p. 352, ^^Jci>, ^-^li=>, L-JJ>, ^j, y^, ^^^^ gJo v^3, Syrie,
ouï, Afrique, = ^J^-tri tém. *^j.
848
de Wilken p. 25 et ss. où l'on trouvera d'autres faits
qui se rapportent à cette matière. 11 faut étudier la
question de la fraternisation des anciens Arabes, dont
j'ai parlé p. 311 et ss., pour savoir si elle pouvait aussi
impliquer une communauté ou un échange de femme
entre les deux „ frères", comme le croit WelJhausen Ehe
p. 461. Bob. VII p. 4:J^^jj Ji ^i s^^} J^J! Jy ^t.
(^ b^ dVJ J j! j:s> o>^ui semble donner un certain appui
à une telle supposition. De l'histoire y racontée de la
fraternisation de "Abd er-Rahman b. ^Auf avec l'Ansfiri
médînois Sa'd b. er-Rabi", Wellhausen en déduit, avec
peu de logique, un fait général, en disant: „Lorsque les
Médînois, au commencement de la higrah, conclurent le
pacte de fraternité avec les Mekkois immigrés, ils vou-
laient aussi partager les femmes avec eux, de même
qu'ils partageaient avec eux leurs maisons." Wellhausen
généralise ici un fait isolé, qui, par le récit d'Ibn Sa'^d
III I p. A A et s. prend un tout autre aspect. S. b. er-
R. offrit bien à son „frère" mekkois une de ses femmes,
mais il la répudia d'abord, o. 1. p. 89, 5, et alors tout
fut en règle. Il lui offrit une partie, ^, de ses biens,
parce qu'il était le plus riche d'el-Medînah, et cela était
joli de sa part.
Quant au Nikah el-badal, il ne doit pas être sans
fondement, malgré „risnâd faible." Selon R. Schmidt,
L E I p. 544, il est encore pratiqué chez les Dayak de
Sidim, dans la partie ouest de Bornéo.
1) La locution Lj-sc aÎ Jij était le terme technique pour la ces-
sion de la femme ;i l'ami, v. p. 84G. I3oh. III p. 53, 1 ; 1. Fa'd IV,
I p. 60, •*.
849
Les enlèvements sont très communs dans le Nord, v»Jik>,
et le Sud, (ji.L^, o. L'enleveur se rend alors, avec la fille,
chez un ami. Si elle a été enlevée de son propre gré,
elle doit entrer la première dans la tente de l'ami, sinon,
c'est l'homme qui y entre le premier. On leur offre une
dabîhah; on leur donne une tente où la consommation
du mariage a lieu, si la famille a consenti à l'enlève-
ment. Au cas contraire, l'ami tâche d'arranger la chose,
ce qui réussit presque toujours. Dans le Sud, les Bâ
Kâzim surtout, pratiquent l'enlèvement : i'^wjJi oT^-^-
ou t'uvjJ; oy^" ^^ ^^ ^^^ ^^^^ ' '^'-^' (-^^ ^'^^ ^ <\=>^^
jû :;^> - o — û -G^ w J 5
-f-
,LJLc 5-^-r! ^=^3 o^lijj iOLo j^'JaLoJ) ^^3 w*"^' JVjLc J.Î
Un homme, à Abijan, enleva une femme mariée à un
autre d'Ahyan. Celui qui l'avait enlevée vint, avec celui
à qui elle avait été enlevé, chez le sultan (^"^5), qui jugea
entre eux en prononçant le divorce et la restitution de la
dot au mari. L'enleveur est ^^ et le mari, ^y^j v.
p. 824. Les faits accomplis, on donne la -s^., comme on
appelle le tama*" chez les Bâ Kâzim, au père ou au
tuteur de la fille. Si elle est mariée, comme dans le pre-
mier récit de ce recueil, on offre la riswah et la ka-
sîrah au mari. Les Bâ Kâzim ont des habitudes sau-
vages, comme ils ont un langage particulier. Au Heu de
ii)j, ils disent ^, i: bâ te'arrini bibhillis') veux-tu
me laisser f enfiler?^)
\) Conversation interceptée jiar un sMj de Dt, à propos d'une his-
toire d'amour d'un Kâziniite. En arabe et en hébr., je ne trouve rien
850
Le cortège nuptial, vufJtÇia'yu'yîx, qui est pratiqué là oià il y a
les moyens pécuniaires, n'est pas appelé wj dans notre dia-
lecte, mais ,Lyw, ^L*^, .^.3 J' ou -î^^^. Mais on le dit
en ""Oman, RO p. 41, 5 d'en bas, p. 276 dern. 1., et en
H(Jr chez les Hadar. 03, 0, est faire la ij^ (pas ioj) ou
le lJI*, la danse des hommes et des femmes que font
les hâwî, pi. hâw, en Dt, dans les mariages. C'est le
v^àx^J! iij, parce qu'ils ont un bâton oii est attaché un
morceau d'étoffe et qui doit représenter le sabre. Ces
hâw se réunissent à une certaine distance de la maison
du nouveau marié. Ils font quelques pas rapides en avant,
et s'arrêtent quelques instants et continuent ainsi jusqu'à
la maison du nouveau marié, tout en dansant, chantant
et battant du tambour, jJIj. Les qabâil ne s'en mê-
lent pas et restent simples spectateurs. Le nom provient
probablement des petits pas rapides, car le sens classique
de <J\ est trottiner à petits pas, dont j^ij, danser, n'est
qu'un développement, L A XI p. 36, 13. Wellhausen,
Ehe p. 443, dit „ qu'il n'y a pas de traces dans l'ancien
temps, en Arabie, qu'on soit allé chercher la fiancée en
grande pompe." Jacob, 0. 1. p. 58, fit à cela la juste re-
marque que l'appellation ^^^^ap, conduite, de la jeune
mariée, implique sans doute le fait qu'elle fût conduite
qui puisse élucider ce sens de J^. J'ai pensé que l'assyrien bêlu,
arabe J^, aurait pu donner J^, comme j'^ et ^^O; (jr'J et (jiWJ ;
jLw, JLw et i3>-i^j demander, Stumme T. Gr. Gloss. s. v., Doutté
TO p. 48; }\ et ^5=: ibid. : oLs et OU*. Simple hypothèse, qui ne
renferme aucune impossibilité linguistique.
851
plus ou moins solennellement à la tente du mari et
que le cortège nuptial des Bédouins modernes doit être
une ancienne habitude. Les femmes conduisirent Fâtimah,
^.3^\, à 'Alî, I. Sa'd VIII p. 15, 19. P. Haupt, the Book
of Canticles p. 21. El-Bohârî [+256] VII p. 22, ii. Le
grammairien el-Leyt, contemporain d'el-Halîl, et el-Mo-
barrad (-j- 282 ou 285) mentionnent bien ^J^*|fJ\ lJj,
L A XI p. 37, 2, Kâmil p. 180, 9, mais cela ne prouve
pas que la pratique et la locution soient préislamiques.
Lane commence l'article ^\ par où il aurait dû le finir
et il ne cite même pas L A. Nous savons par les cha-
pitres d'el-Bohârî: iuJ^îj JJJÙ) j. ^JJî ^y^ ^U p. 19
et L^;)j ^\ B^! ^^.j4? l^"^! »>-^S ^^ p. 22, L Sa'd VIII
p. 13, 4, Fath el-Bârî IX p. 174 et ss., que les Arabes étaient
coutumiers des réjouissances nuptiales. Le Prophète non
seulement ne les défendit pas, Boh VII p. 25 : ^LwjLÎt ^\J>3
u«J»J! ^X! ^^LxaJIj, mail il ordonna même d'accepter une invi-
tation, ibid. p. 20 et 24 : ^1 iùb>l >-jL., et l'on peut alors, avec
raison, supposer que ce verbe comprenait aussi une xbj
plus ou moins pompeuse. Je crois bien que „la pompe d'une
noce syrienne devait paraître extravagante aux yeux du
vrai Arabe", mais il ne s'ensuit pas, comme le veut
Wellhausen, Ehe p. 443, qui cite K A XII p. 35 et s.,
que les vrais Arabes n'eussent pas leur ziffah plus
modeste et plus en harmonie avec la simplicité et le peu
de moyens des Arabes préislamiques. Voyez I. Sa'd VIII
p. 171, 20 et ss. sur les bijoux de noces de Hind bint
'Otbah et la walîmah de ^Alî lorsqu'il épousa FAtiiT^ali»
ibid. p. 13, 4 et p. 14, is. La walîmah que le Prophète
852
donna à l'occasion de son mariage avec Zeynab était la
plus grandiose de toutes: une sa h, I. Sa'd VIII p. 73, lo et s.,
cf. ibid. p. 74 sur la i:<_c. L'extrême mesquinité de la
maison nuptiale d'Umm Salamah, ibid. p. 64.
Un mariage n'est pas célébré au mois de sauwâl.
C'était là aussi une superstition, »^, probablement fort
ancienne, des Arabes, Wellhausen Ehe p. 444, LA 13
p. 400 en bas. Le Prophète ne s'en souciait pas, selon
I. Sa'^d, VIII p. 40 et ss., p. 13, 27, qui dit, sur la foi
d'I. 'Asim, que cette aversion pour ce mois provient
d'une peste qui aurait sévi dans l'ancien temps, ^^•f-^
^^^\ ^y^y'^ ^ Jî^ ^ ^., ibid. p. 41, 22. La raison en
doit être tout autre. Dans le Sud, Sy^] est = J^l, gauche,
le j. étant devenu 3, ce qui fait supposer que Jyi! est
une forme très archaïque, ^yio! lXJî = bUiJî lXJI, la
main gauche. Jotiiî, gaucher. Jyi, biaiser, ^^-^tj ^^ c>j^
i^jyw c>^-> l^, la pierre a biaise, c'est-à-dire, tu n'as pas
jeté droit. <]^ o'w>, elle (la pierre) est allée en biais, de côté.,
contr. de ^ ou ^^L*«. En outre, ici^, dans lalurah, estla
queue du scorpion = iù>^, et le scorpion est lui-même,
totum pro parte, iL^ ou iJ[^. Mais Jy); n'est pas déno-
minatif de iu^, comme semble le croire Hommel Z D M G
45 p. 605 note 2. Or, le mois de éauwai tombait, lorsque
la computation était solaire, au plus fort de l'été, ainsi
qu'il ressort de l'explication de LA 13 p. 400, * d'en
bas et ss. ; cf. Hommel 0. et 1.1. Selon la computation
des agriculteurs du Sud, l'étoile JyîJI (= class. xi^l,
853
A et V du Scorpion) est la troisième étoile du ol^II! jii,
qui est la première saison, de sept étoiles, de l'année
agricole. La forte chaleur et le manque de lait des cha-
meaux étaient une cause plausible pour ne pas se marier.
Il peut aussi y avoir une autre raison. Lorsque la lune
se trouve entre les v/*^' 'r^^j» ^^^ deux cornes^ les étoiles
X et /3, cela est un ^j^^ L A XVIII p. 56, 4. Il est de
mauvais augure, ^y^-, d'être né pendant cette époque,
car on risque alors de naître le prépuce rabattu, ce qui
était un effet de la lune, Hçlr p. 696, LA VI p. 426, 7,
L Qot. p. 39, 18, et le ^^j:s> n'était plus alors possible.
Voilà pourquoi ^cJIjjj corne du Scorpion, est au figuré =
&àJlï, prépuce. On est aussi tenté de voir en Jyi un très
ancien mot sémitique. Nous avons déjà vu que Jyi^ =
J^l est gauche, le côté des ténèbres, le Nord, JU-ciJt.
Osera- t-on penser au ^INt^, d'étymologie énigmatique?
Il est très fréquent de trouver, en Arabie, des hom-
mes impotents, ^xJ, pi. oLJt '). C'est leur plus grand cha-
grin. Que de fois on m'a demandé des pilules aphrodi-
siaques! J'en avais fait faire de sucre et de fenouil, qui
ont produit un grand effet, à ce qu'on m'a dit! Les
'Anazeh m'ont assuré que cette impotence provient de
ce qu'ils montent beaucoup à cheval. Un proverbe bé-
douin du Nord semble confirmer cela: -i <v! Lo „,^t w^t,,
celui qui monte en selle n'a pas de vulve [= il ne peut
s'en servir]. On m'en donna, à Damas, ce commentaire:
1) Aussi chaire.
854
111 i birkab el-heyl ma biqdar 'alal-gemâ'^
ubibrod essulb') ma bi^ùd lu qùwe lal•gëmâ^
U^and el-'Arab iza kân zà'alet bint ""aramu
minnu min qillat el-gemâ'' tatraku utérOh la
""and àhelha. Celui qui monte à cheval ne peut pas
coïter, sa vigueur tombe et il n'a plus de force pour coïter.
Chez les Bédouins^ si la femme est fâchée contre son
mari à cause du peu de coït, elle le quitte et s'en va
dans sa famille. On trouvera une jolie anecdote sur ce
sujet dans le livre du Pseudo-ôâhiz K. el-MaMsin wa
el-Addad, éd. v. Vloten, p. 358, 7 et ss.. Bohârî VIT p. 56 ,
oj>3 ù" J UcJLi 'Lisill:» !i' v_j1j, rapporte l'histoire de la femme
qui vint se plaindre au Prophète parce que son nouveau
mari avait une verge qui n'était plus qu'une frange,
^jil) ioAs^; aussi Boh. TU p. 168 = 1. Sa'd VIII p. 335/6.
Le terme classique est âs^, I. SaM III, i p. 288, e, et
dans le Sud on appelle cette faiblesse iix^^J' ^y> .^^^^',
être impotent dans l'intimité d'une femme, parce que
o'-« wj* L'impotence est partout une cause de divorce.
La femme ne rend pas alors le mahr, et le père garde
le tama^
La sensualité des Arabes est énorme, mais leur capa-
cité phallique l'est encore davantage, comme le disait
déjà Ammianus, v. plus loin. Le thème dU, »d5\J, déve-
loppé en ^<j, a toujours été à la tête du vocabulaire de
tous les peuples orientaux. Il n'a pas encore eu son
histoiien, ce que je regrette infiniment, car toute l'anti-
1) wJ^ojf, les (leniièrcs vertèbres de Vépine dorsale: \oyez\\e\\h.
Ehe p. 457 note 2.
855
quité sémitique n'était qu'un culte de l'amour charnel.
Je n'ai pas besoin de rappeler ici quelles facilités les
Musulmans ont pour satisfaire leur priapisme. Le Pro-
phète a réglé tout cela et il a donné le bon exemple.
Mais il n'avait pas, lui, besoin de o^: il choisissait
tout bonnement la femme qu'il voulait avoir. Et il avait
tout de suite un verset qoranique dans la manche pour
justifier le choix d'une nouvelle femme, I. Sa'd VIII
pp. 8, 111, 112 et 122. Boh. I p. 58 = trad. I p. 103
[=1. SaM VIII p. 139] nous raconte sur la foi d'Anas
b. Malek: Kt'w^î j. »^u^ J^ ^Ju jJL«5 ^Ac *ijî JLo ^_^^î Ji'
?
Le Prophète faisait la tournée de ses femmes dans le
même espace de temps, soit le jour, soit la nuit '), et elles
étaient au nombre de onze. — „Etait-il donc capable de
faire cela?" disje à Anas. — ,,Etitre nous, répondit-il,
nous nous racontions qu'il lui avait été donné la force
de trente hommes" Et pourtant cela est au-dessous de
la vérité. Le Prophète dit lui-même que Gabriel lui ap-
porta une marmite de viande dont il mangea. Cela lui
donna la force de quarante hommes pour cohabiter. On
lira les désopilantes traditions sur ce sujet dans I. SaM
VIII p. 139 et LA s.v. ^^j^. Abu Sofyân b. Harb,
proche parent du Prophète, l'appelait el-fahl, l'étalon,
à cause de sa sensualité, I. SaM VIII p. 70. Les Juifs
reprochaient au Prophète sa gourmandise, Boh. III p. 154,
et la quantité de femmes dont il se régalait, mais le
Prophète se réclamait de Salomon qui aurait dit: „J0
•1) La traduction de Houdas-Marçais n'est pas exacte.
68
856
ferai bien la tournée de 70 femmes [dans une seule soirée],"
I. SaM VIII p. 146, 10 et ss. Avec un tel exemple, les
Musulmans n'y vont pas de main morte. En lisant I.
SaM VIII, on est étonné de voir comme les femmes
passaient d'un homme à l'autre, et l'on constate avec
quelle facilité on pratiquait le divorce. Le premier Islam
était une vraie orgie de volupté. Ce n'est pas là une des
moindres causes de sa rapide propagation. Il faut partout
chercher la femme. Les femmes de l'ancienne Arabio
étaient tout aussi entreprenantes en fait d'amours. L'ex-
plication que Meydânî nous donne du proverbe ^y^ c.y^'i
x>.L=> ^t _lXj montre la liberté qu'avaient les femmes
d'alors, en même temps que leur insatiabilité amoureuse.
Les Babyloniens avaient la même latitude pour se satis-
faire avec leur co-femme et leurs esclaves, selon le C H
§§ 144 et 145. Un chef datînois m'a confié que, pen-
dant quarante-cinq ans, il avait sacrifié sur l'autel d'As-
tartès tous les soirs et tous les matins, quelquefois
davantage. Un ^j^^-^^, dans un bain de Sayda, me ra-
conta que, pendant quinze ans, il avait eu commerce
charnel cinq fois par jour avec sa femme. On comprend
pourquoi la colombe était consacrée à létar-Astartès-
Venus et pourquoi nous parlons des roucoulements de
nos amoureux.
On ne doit pas oublier que le Sud de l'Arabie a une
civilisation qui diffère sensiblement de celle du Nord.
Les grandes tribus nomades n'y existent pas. Nous y
trouvons une coutume que je n'ai constatée que là.
C'est la redevance ou le cadeau que le marié doit don-
ner lorsqu'il se marie. Dans le pays de Marhah, Arabica
857
V p. 53 , où dominent les sâdah de iN^ii jl, une branche
des ^La:^ jT, V. d. Berg le Hadhr. p. 53, domiciliés h
ed-Deymah, le ^âqil, Hoseyn b. Ahmed b. Seyh, le chef
de ces sâdah, prélève un droit de un quré sur chaque
mariage. A Ansfib, on doit donner deux qurûé au sultan.
En Harîb, Arabica V p. 81 et ss., l'émîr prend part aux
mariages, où il se fait régaler avec ses soldats et „se
fait donner le droit." On envoyait aussi à la famille de
Mohammed des cadeaux en argent, I. Sa'^d IV i, p. 116,*,
et les s ad a h ne font que réclamer ce qu'ils considèrent
comme une obligation à leur égard.
En Datînah, où il n'y a pas de sultan, c'est la famille
du sêh ''Alî bâ Hâlâl, p. 456, qui prend le i^yiof >_j^,
soit un qurs. Si quelqu'un de la famille n'assiste pas
à la noce, on y envoie un serviteur pour prélever le
taub. On appelle cet impôt coutumier ajLJi ^_^-, plus
rarement »oLJt Jac, -^iJ' v^'» comme en Marhah et
en Beyhân, ou tj^î ^yi^ Vetoffe du voisinage ou de pro-
tection. Ce n'est pas pour cela une étoffe^ mais de l'argent.
Anciennement, c'était sans doute une longueur d'étoffe^
v->^. On sait que les étoffes du Sud étaient renommées,
et le Prophète se faisait payer les impôts partiellement
en étoffes. Cette coutume paraît aussi remonter au loin,
car l'ancien dVJuj" eut souvent lieu devant l'autorité su-
prême, à laquelle on devait donner un taub en recon-
naissance du pouvoir. Wellhausen, Ehe p. 482 note 3,
dit: „Dans l'Islam le gouvernement (le sultan) a la tutelle
suprême, à laquelle on en appelle en matières matrimo-
niales, comme l'avait de son temps le Prophète." Cela
858
est confirmé par Bolj. VIII p. 17: ^^î jyû ^J*, ^LLLJî
^Tyii! ^J^ A*.a l^ Lii'U=>3j. En Europe, on paie aussi à
l'Eglise un taub pour recevoir d'elle la bénédiction nup-
tiale, car elle est encore le walî-sultan de ses sujets!
Wollhausen, Ehe p. 465 veut que le v^^ f^'-Sj^" ^^^^
une forme particulière du mariage, mais c'est le mariage
des pauvres, qui n'ont que leur taub à donner comme
mahr.
Il trouve son illustration dans la Tradition Boh. VIT
p. 13: UwÀj sUÎ (ji3^ v_jL., qui est liée à celle que je viens
de rapporter. Le Prophète dit à l'homme de se procurer au
moins une bague en fer pour donner en m a h r. Mais celui-ci
n'avait pas même cela et proposa de donner à la femme,
désireuse de se marier, la moitié de son izâr. Le Pro-
phète trouva cela peu pratique et maria l'homme, qui
apportait en dot ce qu'il connaissait du Qoran : U^'LlOu
^^tyiîî ^yt (A*x> Uj. C'était certainement l'habitude dedon-
n3r un taub, lorsqu'on n'avait pas autre chose, et le
Prophète sanctionna cela. Les parents mâles et les esclaves
reçoivent également ce taub, qui est toujours aussi en
argent.
Nous avons vu, p. 26, 16 et ss., qu'on présente au
nouveau marié un cadeau qui est toujours en argent.
On place un ioy«^ devant le harîw, qui est assis, et
les invités passent et y déposent leur obole appelée sjJ.i),
chacr.n selon ses moyens. On l'appelle, à Aden et dans
le Yéman, ^ ou iaii. Le dernier mot est employé
1) = secours. ^bl^iL yo ^o ^_^ oAs^ Tab. I p. 1620, 8.
859
aussi en Syrie, où la même coutume existe. On montre
ce qu'on donne au harîw. Lorsque le donateur se marie,
il s'attend à ce qu'on lui donne la même somme. Cette
habitude est confirmée par I. el-Mogâwir, même pour
Mekkah. Il dit:
(_,Jl2^. 'iLjf^ ^^j> ^y, ycotJi J, (is^^jcl! J^! j!yi- ^j>
yi>-ou LLfl lliiy j^*^ 1^'j (i)!J> -J3 Udi . .AgL/Jîji sJiiÀilj \A«^ J^c
toLi u^UJl ^^ u-L-^^'^ ^^;^% c^-^^'^ V^^' ^'^ ^^
^t J^t ^,ç^ dU.\S3 ( ^_^3 ^_^t3 ^.^j jL:>yS ^>.^.
(j/,Lbj-s slX--^3 uj-la^^tj J^"^! ^J^ xJIîJ^as! J^ j*^^^^.^ oyîy:a:>»|
SAÔ<SJ «OiACj /^-W»' .M;^ /*-^ («H'^' (*"^' *rV^ LJJJIX/S ('^ .«f-ilsAX
^tjj! ^lil^ ^ ^i*3J._5 LL-a- ^i^ij^ p^^'! ^1 (i u-J^Î ^jj^.^
^*>f^\ ^'^ ^^ ^4-ciJL. -•j^._5 .i^-v."::^! ^j^s^Ul J-^-JLj^ U".^^^;
3> J^ u-î; ('«y-^^ ^ cr^ ^^^' ^^' "f^'^- t^" ^^'
Uji jj\Jl> .•.»Js*5 *^ lA;"?*:! l—iiyo &J ^/^. (iUo lAÀCj «A— J
d) Miles: xîCo. 2) Se rapporte à Jc>.. Construction défectueuse.
3) Ms.: .5-vA^, qu'on peut aussi lire .5. aux, enroulé, serré,
4) Ms. : (^««3j*j', qui dans la Jura h a le sens d'cpoitaé, mais non
dans les dialectes. ^J*>•,JtJ\ suivant rend cette correction nécessaire.
5) Avec Mile.s; niun ms. a "^jJ^. = "^jJ^V ce qui e.st moin.s bon.
860
^y. u-f^^ ^if^ cy-^' ry^' cr ^r^jr" cr ^3 -^^ ^-^
,J^3Jt jsJ;.^ pv^' cr ^^^'^ i' ;i' ^3ci>! ^=J0! 0^! ÔJ*
Mention du mariage des Mekkois. — Le 10 de Dû el-
Hig^ah, Zeyd demande la fille de '^Amr en mariage, et
le 10 d'el-Moharram chacun d'eux^) „entre chez" sa jeune
femme, * publiquement et en pompe^). Nous leur deman-
dâmes: ,jEt pourquoi cela?" Ils répondirent: „Parce que
chacun de nous partage la vie des pèlerins dans les in-
cidents licites ou illicites." Mais, les pèlerins mie fois
partis, les dernandes en mariage, les mariages, les fêtes
de famille et les festins de noces *) vont leur train parmi
les gens. Lorsqu'un homme des habitants de Mekkah se
marie, après s'être acquitte' de la dot, et qu'il veut „entrer
chez" la femme (pour consommer le mariage), il se teint
les mains et les pieds de hinnâ et il se pare, ainsi que
c'est l'habitude de tous les habitants d'el-Yéman et de
Hadramôf^). Tous ses amis, ceux de sa famille et de ses
parents, font acte de présence. Il porte à la main un
papier déployé où est inscrit le nom de celui qui y est
venu, de même que le poids des espèces et leur nombre
que celui-ci remet en cadeau entre les mains du fiancé,
chacun selon sa situation et ses moyens. Les femmes font
de même. Le fiancé se rend au Temple, ow il fait les
1) Miles: Oj.
2) C'est-à-dire, tous les Zeyd qui se marient.
3) Tiaduction incertaine. De Goeje propose »y»iaJLi.
4) Même tournure: ^jJ\~-£^^\», _tj_5^!, p. 709,». Ji! e.st ici autre
chose que (j^'jC.), Dans les —Lsl on donne aussi le tarh. Ce sont
donc des fêtes de famille, telles que naissance, circoncision, etc..
861
sept Tournées de la Ka'^hah^ prie deux r a k'a h au m a q â m
Ibrahim et baise la Pierre noire. Ensuite, il se rend,
accompagné de personnes portant des cires '), à la maison
de la future épouse. Celle-ci y ôte son voile, et il con-
somme le mariage avec elle. Il reste ainsi sept jours avec
elle. Le septième jour, il en sort, il ramasse tout ce qui
lui a été donné, le tarh, et cela lui sert de capital qu'il
fait travailler, en ouvrant une houtiqiie dont il vit. Ce
tarh est une dette qu'il a contractée^). Lorsque, ensuite,
ceux qui ont pris part aux noces se marient, il est obligé
de leur rendre la même chose qu'ils lui ont apportée,
voire même davantage -). On procède de même dans toutes
les autres co7itrées du Yémcm.
A propos du mariage dans le Negd yémanite, il raconte :
3! Ax<-* OÏaÏO q"^^ (■* ^'j^- ^ '-H*-^ '-rVJ'^j ^^j3/- [•'-^"^
..."^iLfl (^ L-Jf-i^ iî»-r!^ J"^ '^^j*^ ^«^2*?. iÀaÀa=>5 . wa-o: 3! OJ-i^*».
l^yia^ C" qJJJÎ '■éy^\ ^j.'Jo'^ ^\^ î Jîj j^îj j»Ljj îiwX/S L^iiàxj
1) C'est aussi la coutume des Chrétiens d'Orient et d'Europe!
C'est évidemment un symbole de quelque chose. Les Babyloniens
faisaient de même.
2) Cf. p. 26, 18.
3) M S Ujw (^c^b^î) ïi^3.is le duel L-^^U^ prouve qu'il y a ici
une faute de copiste.
4) v'j?" » est usité que dans le Nord et
5) 0J3 seulement dans le Sud; voyez GIoss. s, li. v. sur le sens
exact de ce mot; ^=: J-^J-ii, dans le Nord.
G) Je le laisse, au lieu de j|0! ou ^^'^', car l'auteur ne savait
pa.s bien la grammaire classique. Il faudrait alors aussi corriger
862
^Jut^ «j^_5 J^ l> ^ JSU v!jI^ »V' LJ o3^ J.^ ^Jf^^
Lorsque la femme entre dans la demeure de son époux,
les femmes^ ses voisines^ viennent, deux à deux\ la
féliciter sur Vaccomplisseme?it de son bonheur et elles lui
apportent un sac rempli de fleur de farine, de sawîq
ou de raisins secs. La jeune mariée peut alors recevoir
environ cent trousses pleines, de sorte qu'elle a des pro-
visions pour des jours et des mois. Mais lorsqu'utie des
femmes qui ont pris part aux 7ioces célèbre elle-même
ses noces, elle doit lui rendre le sac plein, comme il l'était.
Ce S07it là leurs habitudes.
L'extrait suivant est particulièrement intéressant:
ij_<_j ^^\ u>^i^ b! jwi 'l1^ ui^î ('^oy>>y- ("^-5 ^"^
L^>^^ ^J^î 5-^. «'t-o' «fc -u^LXc ^^ ^j\y^ .^^>^\^\
P^pJi_j_5 slVc^ ^5 ^y*w't vit L^-^jù vJjLamJj^j (*LJ!c L>^ v^-^'
c>o'^ qLs bjOj ^*)v^ ^r*-J^ cr» ^' = 1-^*^ l5^^- ^'— '^— ^ ^-^
(s^-^^JL^-^y (^"^^^ L^vJ^l* v^. cr ^'^ =^^ ç?"^^- ^L»
1 ) C'est là le sens de (jy'y»' J^, conformément au verbe suivant
au duel.
2) V. remarque p. 826 note 3.
3) Miles: }yjy^.-
4) M S v^!c ^oy>.
5) Mon ms a ^1 ^.a£^\^ ^— '^^^3 ^^*-^'J- Ceux de Sclief'er et
863
^ ["l-pljUj..
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W**J5
'^.JLo 0 ->^^'f3 '-^î
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U 1 ^.
^•);j"
G^^
:J^/ jy^ ^'j;^
U^
? 3' k*=
Mention du mariage chez les Negdites (du Yéman).
Slémân h. Ma^isûr m'a raconté que tous les habitants
des provinces des Montagnes, tous ceux des campagnes,
les Bédouins, les habitants de Tihàmah et de Negd ma-
rient leurs filles sans rien leur laisser en héritage. Par
contre, si la fille est pucelle, elle reçoit son trousseau de
mariage des biens de son père. Si la fille a une famille
et des parents, elle trouve par cela facilement à se marier^).
Mais la femme qui n'a qu'une petite famille et appar-
tient à un petit clan est difficilement demandée en mariage.
Si elle n'est pas à même de supporter la charge de son
bétail, de ses biens et de ses esclaves, elle monte dans
de Miles, ;^\ ^^A^y-J!^ Li»il>5 ^s-<-^j. Après avoir longtemps ré-
o
fléchi, je suis persuadé qu'il faut lire comme je l'ai écrit. ^^
est, dans L A V p. 359, 13, explique par: "^ 1^'^'^ rir^'^^^ J^'
»Jo ^->ci.5\j. L'autre mot a été plus dur. I. Sîdah IV p. 22, 15
seul a, d'après es-Sîrâfî, ,i>-fci3>l= Lj-^-^v q£ iCrïdx^uiî s^^lî
o^ ^î vJJ^sUaJ, c'est-à-dire, répudiée ou veuve, et L A III p. 81,
14 donne la même définition, d'après Ta'^lab, pour ■*js\jLi.L ,.^JL> =:
<f^, 0. 1. p. 84, 8 d'en bas. Il est intéressant de constater que ces
deux mots fort rares (si ma restitution est bonne) étaient encore
courants au temps d'I. el M.. 1) Mss: uj^OJt.
2) C'est ainsi que je comprends cette phrase. De Goeje propose;
une fille qui a des enfants à sa charye, mais je ne crois pas que
cela convienne.
864
une haute litière, et son bétail est conduit au marche^ un
jour fixé. Un crieur la présente alors au public eri criant :
„Hallô! Qui demande une fiancée aimante?" — Mais si
elle est veuve fou répudiée], il crie: ,jHallô! Qui demande
une veuve fou répudiée] et de la fortune?" [el-Ihlîg
est la femme qui a été mariée, et ed-dibr est ses biens
et son bétail de ] Celui qui est amateur d'elle
et de ses biens, l'épouse. Son père, son frère, son cousin
ou quelque parent dit alors à l'homme: ,^Epouse-la, mon
brave Bédouin! Mais si tu n'en a pas grande envie, tu
seras son mandataire de mariage, et marie-la d qui tu
voudras."
Je suppose que I. el M. veut dire que, si elle ne fait
pas partie d'une grande tribu où il y a beaucoup de JLc,
membres, contribtdes, pouvant se marier et son le ^î
étant déjà marié, elle n'y trouve pas de mari, elle a
recours à l'exogamie. Faute de connaissances d'hommes,
elle s'offre elle-même de la façon décrite. C'est une espèce
d'offre de mariage par les journaux de notre époque
moderne. On dira peut-être que I. el M. raconte des ba-
livernes, mais Burckhardt, Reiseu p. 676, confirme ce
procédé matrimonial: „ Avant la conquête des Wahhâ-
bites, il y avait, chez les Bédouins de "Asîr, la coutume
de conduire leurs filles à marier, parées de leurs plus
beaux atours, au marché public et de crier, en marchant
devant elles: man yiéteri el-'adra tj^JotJî ^y^. q^:
qui veut acheter la vierge? Le mariage', souvent décidé
d'avance, fut toujours conclu au marché, et aucune fille
ne pouvait se marier d'une autre façon." Ces deux témoi-
gnages se corroborent l'un l'autre.
En parlant de Daraâr, I. elMogâwir a un chapitre sur
865
la JL^^t ^À5> J-^f _l^ ijbo où il dit: o^ Aj^ v'.Ii^ loi
ii\j>Ujj^ JU=> (A^Uit i^r'^i :jt*««- '-\^3 iJyy dUÀj aJ *jtjj 3>/:
Uj^]^;> (__cJCiiJ^ LiJt/iî Le ^■^:*J^ Oj-wJI j, JarS^ LiiL^ .lAï (J>^3
iùj>^"b5Î5 J'u^il «liftj' L5>^|,_5 lgA..*i>.'> ^y.^ I-^T^ (i^ '4^";'^ ^-j^
y 3 y -
UJLçi^i U^U:>5 UiL=> ^y-^y' v^' '^'^ r/*^"^" -^^ l— ^^ ç -^ ,j^
Uj dU-»J dVJo JCoé J'î^ai'' Jy^ j!>^ l^ry^ ^J ^'r**:5 ^~^-*:^3
Z(? ??io(/6 de mariage des habitants de ces contrées.
Lorsque Zeyd demande la fille de "Amr en mariage
et que celui-ci la lui accorde, il dit à "Amr: „Et je
veux voir de mes propres yeux la beauté de ta fille.'''
^Amr lui répond alors : „ Va à un marché tel, car
elle s^y rendra, et tu Vy verras toi-même, sa manière
de faire le commerce et sa beauté. "Amr se rend alors
au marché que Zeyd lui a indiqué et se met au milieu
de la route. Sa fiancée vient alors, le ballot sur le dos,
et dépose au marché la charge que ses forces lui per-
mettent de 2)orter ; elle vend ce qu'elle a et achète les
choses dont elle a besoin. Elle charge son ballot sur
le dos et retourne, suivie de son fiancé. Elle j)'^^^
par monts et jmr vaux, par vallons, plaines et mon-
tagnes ; tantôt par chemins faciles, tantôt sur un ter-
866
vain ardu. Et tout cela sans ôter son ballot du dos
et sans se reposer. Si alors son asjject, sa beauté y sa
force de porter la charge, sa capacité de commerce
et son endurance à porter une lourde charge plaisent
à Vhomme, il Vépouse et consomme le mariage. Elle
s^ adonne ainsi à ce travail jusqiCà sa mort. Voilà
l'habitude des gens chez les Bédouins et dans les cam-
imgnes.
Au chapitre sur „Gebal Kudummul," à moitié
chemin entre le Higâz et le Yéman, (jez. p. 51, 13, et
sur la route qui de là conduit à Zebîd, I. el-M. raconte:
JU«=^Î «j^ JJ5Î J^y -SJUO
>'*^'' *-?' (^ 0^*'-î ^^^^'^ (^ J^-^^Jj 7-/^3 O^*^' '^^ '^'^-5
- ?. "^ * ^ .
1) C'est-à-dire: v_j,c\Jij ^,xj .•,"'^«
2) Ms: 'wi^j/^.
3) Mss. L M S : Jwwibj _ yvso^ rr^^j »iai^ » JUi^j! ^^] prouve
3
qu'il faut lire rr^--^ etc.
4) Tous les mss ont rrv^'« J'ai pensé à >-.*.* r^^'.
5) Miles: JAawj^ ; Schefer A^^o^; L lA-io^. La première leçon est
la seule compréhensible.
867
Jyiji (•'^ iujj! ^ iiVju> ou^ L^ (- o3-l>^ ^^J iir^ o^
a;_j"^ J'it ^jLc 0_J ^jîL. J>i2>i' Lfs'^^ls O^J>^î ^^' y:^-
Depuis ces parages jusqu'à Zebid, les habitants appel-
lent le pays es-Sam m a h, parce que ces contrées s'ap-
1) Ainsi tous les mss.
2) Il faudrait q^, mais, il est vrai, I. el-M. ne suit pas toujours
la grammaire, et ces femmes-là n'ont pas la langue raffinée.
3) Les mss. ont wyî. Si l'on lit i^J^', cela ne donne pas de sens.
v_j^ est la forme ordinaire, mais iù; se dit aussi. Les Babyloniens
disaient de même: ina kubur zibbatisu isbatsuma, jj«)' la
grandeur de sa queue il le prit = *^; j^j ^% *-^2■^^, Epopée de
Gilgamès, Dhorme p. 252 v. 147. Les Assyriologues disent quezib-
batu est pour zinbatu, Meissner A Gr. p. 20, 22, ce qui corres-
pondrait à l'arabe ^-o3, ôth. Hi'fl, hébr. 3ij, syr. LaJoî Brockehn.
Tt '
-.5 « il
VGSS § IIG a, et l'arabe uj;, en sahhî v_j;, pi. l_j^;, B B R A S
1902 p. 267, n'aurait donc rien à faire avec le babyl. zibbatu.
VoUers veut même que le synonyme yj, d'où rV-J;, clitoris, soit
plus ancien. Il e.st vrai que \^C> est aussi = i— j; en arabe, comme
queue en français, mais je ne vois pas bien pourquoi v_j:, ^_jj,
le premier de tous les mots culturaux, ne peut être le même que
le babylonien zibbatu. Il a un signe cunéif à lui, Del. Gr. p. 32,
N" 116, OLZ Febr. 1907 p. 74 note.
4) Mss. L et S: a-oJoi; M., les deux mots omis. iùtXJI rime avec
868
pellent à Zebîd eâ-ââm ou es-Sfi'^id^) Mode de
mariage des habitants de ces contrées. Depuis le jour de
sa puberté jusqu'au jour de son mariage^ on ne laisse
pas la fille s'épiler les parties génitales; au contraire.,
ses poils deviennent, avec le tem.ps, de plus en plus longs.
Elle les laisse croître, au point de les tresser en une
tresse. On dit même que la tresse est graissée, déployée
à l'air et lavée avec du sidr') et de la terre. Le soir
de son mariage, elle tresse ses poils en deux tresses, et
chaque tresse retombe sur chacmie de ses cuisses. Elle
est ensuite conduite en la présence de son mari. Celui-ci,
une fois seul avec elle et ayant pris la place qu'un
mari a le droit d'occuper avec sa femme ^), saisit les
deux tresses quHl ne cesse de tirer jusqu'à ce qu'il les
arrache de la racine. Les ayant ainsi arrachées, il la
déflore ensuite. Le lendemain matin, les femmes, ses pa-
rentes, la visitent ; chacune apporte une assiette de beurre.
\) Au chapitre sur Zebîd, I el-M. a un passage fort important:
JL:> ^^3 CT*^' CT* '^""^ ^^^ iULji-j" Loî») iOoUJ' U>i2.! -.«.wo^
.•M L^jO*à:>5 &X/I J*5iA:> L^U^^, ...î-iS^^ (ji:?.r>5 slXjlo iLfc^>lJo
Ncus voyons que telle partie de l'Arabie était encore appelée
K(iH au temps d'I el-M.. La théorie de Glaser, Winckler et Hommel
ti'ouve par cela une confirmation éclatante, K A T* p. 144 et s..
2) Comme I. SaM VIII. p. 23. Voyez Dozy S..
3) La phrase ~">J iA*il< Lp^ l\*s implique la mi'-me position
que j'ai exposée p. 837 note. Cf. L A II p. 44, 9 d'en bas.
869
On lui demande: .^Comment ça va-t-il avec la queue?"
A quoi elle répond: „Très bien! Comme le vendeur de
citrouilles" '). Elle soigne l'endroit blessé avec du beurre
afin de calmer la doideur, car son mari arrache la
peau en même temps que les poils. C'est là la coutume
de ces gens-là. Jusqu'à el-Halîyeh^ il y a 8 parasanges.
etc
1) L'allusion m'échappe.
9.
Banat hel ^Arwal.
37, 20: "^a b b a é n a = Luc^i := LLciyJCcî, partir avmit
Vaube. iL-ii-vi iPolcj \^^, nous sommes partis que la nuit
était encore obscure ■=. ^j<£ L^oicj-, = ^Omân et Mésop. dj^^,
l'heure avant Vaube, RO p. 113, s d'en bas, p. 186, 6,
Meissner N A G I p. 136, Vollers Z D M G 49 p. 509. Le
class. ^J^ en est une variation phonétique.
38, 3: lislah=: ;-;lv^. J ;Juw = J ij^, J ffj o> ^t
-$\}i, plaisanter. Y i s 1 a h i n n a = y i n g o r î n n a, H plai-
sante avec 710US. Mais ^JLw, a, est aussi rompre^ briser,
de façon que les deux pièces soient encore adhérentes
par quelque lien. On brise p. e. une branche d'arbre, mais
les fibres retiennent encore le morceau brisé. ^.-Jlmo! , se
briser de cette façon. ^J^S^^ .-^ , il brisa ou arracha
la jeune pousse de la branche. ;.-Jlw dans le sens de se
déshabiller, sahhi BBRAS 1902 p. 268, =^ ;--l*J-, Meiss-
ner NAGI p. 127, et ,%JL, déshabiller, ibid. p. 100, 4
d'en bas et p. 127, ne sont pas employés dans nos dia-
lectes, pas plus que dans le sens ^.'asperger K A T'
p. 602 : c'est le syr. ,.?JU;, se déshabiller, = Sud (jJû> se.
uj^t, comme l'hébr. pn.
I
871
38, 4: uhebbibhen, où u est ^, et la préformante
est régulièrement tombée; ce n'est pas Qf^■^=>', mais
Q.îA>.>3. Dans tout le monde bédouin, en Arabie et hors
de là, u,*^, 0, est aimer et baiser^ kiissen. Chez les
Hadar de partout, excepté dans l'Afrique du Nord, on
ne lui donne que le sens à.'aimer. w-^> et w/jb>, baiser
la main, sahhî BBRAS 1902 p. 265. x».>, partout tm
baiser, o. 1. p. 251 (avec le pi. ^^y>p>\\ Hartmann L L W
pp. 125 et 177. Ce n'est pas seulement baiser la main
du seyyid, comme on l'a prétendu. wo> = JLs sont tous
les deux yémanites, et si l'homme de A. Jahn, M S p. 55,
23, s'en est servi, c'est qu'il l'avait appris à Aden. Jahn
l'enregistre dans son Gloss. haçlramite, s'imaginant que
■^Abd el-Hâdi parlait ce dialecte.
La langue parlée ne connaît que la 1ère forme S*.-^.
Les lexicographes l'ont rejetée, en n'acceptant que wvs=-i.
Mais i_,o a dû exister, car sans cela on ne s'expliquerait
pas le participe v>^^? aime, qui ne peut venir de l'in-
tr. class. w^^, être aime, ainsi que l'a déjà relevé Nôldeke
ZGCA p. 21 note 5. Un article d'ez-Zâhir d'Abû Bakr
el-Anbfirî +328, à propos du proverbe^) -^_L> u-o ^,
1) Cet ancien proverbe n'a pas (Hé bien compris par les savants
arabes, qui ne connaissaient pas le sens primaire de ^-^-^^ : qui ai>nc
veut aussi alloncltcr. Voyez les Gloss. de Ildr et de Dt. Ce sens
concret et, avec un jeu de mots J jtalbable de v*-»^» ('^f taper) est
le point de départ des autres, et non vice versa, comme le croit
Wuliliauseu llesle- p. 140 note, et d'autres avec lui.
59
872
Meydânî, Freytag II p. G68, est particulièrement inté-
ressant. En voici le passage qui nous intéresse:
Iî3b> ...li !o! L-A-o-b^i l^aI:» Jc>. ^3^^ \X>lLisj v_^**l3]! , c**"
• v>^3 v^ d^j J^' ^ JLJi_..^ li^L_î Ç^l ^^Li
li^Ji ^^U ^ y^b ^3 ^_^ J^_^ yi- u^ ^ J^x_ii^
J5 \j j»JL5JC_j "^ Joé tL>o (J>c *ji jJLi >s„a1iàj As \y[.si
5 -OC _0-ûw£5^c£ 0--1 O-û i t
vjb.t JyjtiL. ois^î ^^î [*— L-clî Xjfj" u-A^ Q^ sU^2Jtî! Ijî ^s>!
!lX^ ,5 ^jja tLJl ^-Oaj (-idJ! *X*.>>>: ^_c4>*^"'^ 'r-^ ^^' ''"^^
^t^!3 ^^lLwX!ï Jy i;!^ Jj= 5-Xj Û^ i^ o^ ^'
La dernière partie se trouve aussi chez el-Mobarrad
p. 192 et dans I. Sîdah, el-Mohassas vol. XI7p. 176. Un
autre exemple classique de Jo- se trouve Hdr p. 24
note. M el M. a ^.^^ j;:s> Jo"^! '^:^iy^, les chameaux ont
bu à satiété, mais Gauharî, le seul qui donne ce sens,
1) Aussi LA I p. 281, avec des variantes; Kâmil d'el-Mobarrad
p. 192 (dern. hém. seiilem.).
2) Qor. III V. 29; cf. Voilais V S p. 109, 12, paragraphe fort
intéressant, qui est pleinement confirmé par les dialectes du Sud.
873
a vi>4^, comme Lane aussi. Vu que les Bédouins du
Nord disent ici j^Jt u^-^c et que w^ y est remplir, je
crois que v*-^^J remplir, et ^v^? -^^ remplir, do ôauharî
et, d'après lui, T A I p. 199, 10 d'en bas, ne sont qu'une
prononciation avec „ pour c Aussi I. Sîdah a-t-il mis
cette signification en doute, T A et Lane ; cf ^c et les
w _ oc
syr. ^jj^ et ^Jr>J^\ remplir.
38, 6: mûzinneh, pour la forme voyez p. 720 et ss., de
^■'3! ou, plus communément, ^^, B fl 1 â z i (= ^cJii =
^cjy) fi hâdem-heyd, yious allons nous arrêter contre
cette montagne, propr. 7ious appuyer. Voyez les diction-
naires. Cf. les thèmes class. j^cjT et ^3^(5, être en face de,
jJ, ujjJ, ^-^j ^j3, j.jj, ^ y et le sudarabique (^ji, avec
V, (J^ ou J, s'appuyer a, sur. (^jJ, a, toucher à, é^re
près c?e, co/^é à, joint «*). K^ ou lâzâ", prép., d côté de
i) liÂgJ i^y^ !iÂ5^ T^^ ce tombeau louche à celui-là, est tout
près de. (CjJ, tr., aussi serrer, mettre à Vétroil = jàj . i^^, /atre
toucher à, appuyer contre, mettre à côté de, rapprocher. ^ i^0j
rapprocher deux choses, mettre Vune à côté de Vautre, t^;^!»' "^
.yJijt ^^jaj, ne rapprochez pas les tombeaux l'un de Vautre, propr.
ne faites j^cts de façon que les t. soient près Vun de Vautre (^;blj',
être près de, être collés Vioi à Vautre. oyj^^wLfl «A^ ;^^^' ^'^^
tombeaux se touchent Vun Vautre. Socin Diw. Gloss s. v. : (j:jJ
avec J , être prés de qqc. = i^j*^ . H compare le class. J , qui,
ilans le Sud du moins, n'est jias usitô.
874
=r ty ou i^^j^-^ i él i S 1 a u z À y = ^c^f-) ^^^^^ ^ (^ôté de
moi. Pour la forme, cf. lot a, en dessous, StummeTGr.
§§ 170, 178, lûrà ou leur a, derrière, Marçais Gr. p. 181.
38 7: r a dû ni., bi^iey d =y^\:^. ^J^*^J. (j:>->,, i, est
aussi classique et figure dans les Traditions LA 19,
p. 33. Au figuré, jeter la pierre d, blâmer, critiquer, en
dire du mal. Un proverbe datînois dit: ehdèh, ehdèh
o
in-èhteda willerdèh »o.1 "iîj ^^SJ^'^ ^l ^J^t sJ^Î,
conduis-le, conduis-le (sur le bon chemin), sHl se laisse
conduire, sinon, jette-lui la pierre, blâme-le. i^^y, sans
foi, méchant, débauché, propr. quelqu'un à qui on a jeté
la pierre, p^KiL. *J3^y.
38, 10: warahù\ L_5 1° dans une demande directe,
est suivi des pronoms possessifs suffixes; la première
personne est toujours ni, comme dans J.j>!c. Warâk
gâlis hàna, pourquoi restes-tu ici? = wus ma'^ak
g. h.? Exemples Arabica V p. 154 et s. et ibid. Gl. s.v.
Il me fut toujours expliqué par wus ou eé ma^ak,
qu'as-tu que tu . . . .? Le simple é^.y = l^^Â, réponse à
un appel: Où es-tu Fadl? — Warak, Me voici! 2° dans
une demande rhétorique, il est suivi des pronoms per-
sonnels séparés ou d'un autre mot. [lif 1^^ =] lii^^ ti\J ô^\^\
(Aj^Lo L, tu as le dessus, et je lutterai avec toi, moi!
Sibâm. ti5^-ç> _^ L^, est-ce qu'il est un heyk, lui! comme
dans notre texte. ^ ic^i ^o ij:A>Lc L^, est-ce que j'ai
donc une dette envers toi! Arabica III p. 61. Ana bà'
Ijarîf. — Les ma qùlteli h ad a qabl? — Wàra
875
h an a ma yebîâ^ùn minneha? Je veux des dattes
mûres. — Pourquoi 7ie me V as-tu pas dit auparavanf^ —
N'en vend-on donc pas ici? C'est donc un \^}-^'A M^:^^.
Un poète des "Awâliq Inférieurs a dit dans une qasîdah:
Sal^lt au poète dont la parole m'a touché,
Qui a dit pas un n'erre dans le monde.
Commuent do7ic, puisque tu te portes garant pour
[les Arabes^
As-tu pu laisser ton cheykh dans cette situation
[pénible? '^)
Snouck, Feestbundel p. 30, raconte une jolie anecdote
qui mérite d'être traduite: „Un Egyptien passa devant
des Jîadramites qui le saluèrent par: „yâ hayya!".
Effrayé, l'Egyptien regarde de tous côtés, croyant qu'on
parlait d'un serpetit, xç>. — „Warâk, Qu'as-tu donc?"
lui demandèrent-ils, ne s'expliquant pas sa frayeur. Le
brave Egyptien se tourne brusquement en arrière, ayant
compris: derrière toi." Snouck, qui considère l'origine
de ce mot comme obscure, lui donne la signification de
„comme7it çà se fait-il que ?" Cela n'est qu'en partie exact.
Mais ^\j^ est bien rendu par es bak? Qu'as-tu? Que
veux-tu? Ce mot figure aussi chez Socin Diwan Gloss.
s. V.. L'analyse de cet adverbe n'est pas bien claire. En
tout cas, ce n'est pas ici la préposition s!.^, derrière,
1) Littéralement: entre les dents molaires et les dents canines.
Sing. ^^ (lèhyak), pi. ^l^J' = class. L\i>U.
876
qui, du reste, n'existe pas dans notre dialecte. Mais
j'avoue que la langue classique offre des exemples où
l'on serait tenté de voir le prototype de ce î^^. Dans
Su'^arâ' en-Nasr. I p. 252 en haut, nous lisons: ^.^^j^
qu'on pourrait traduire par: Qu'est-ce qu'il y a donc,
ôalîlah ? \xJjCî \.\^ o^ Jï >i)'-',3 ^ [y^'i J^^./' (Jk j»^ UJj
L^ JJlc J^ Lo *JJ|^, Tab. I p. 1624, 12. J.c Jic -y^'
^ ^.^\ Le Jo ^i]ti^_5 Le Syï ^o^^h^ ^LiJ^! ^ ia^yi é^^\
US)tjo] *JJI J^. ^y» >i^w^ y.î ^L^!5 Lj=y« ^^J J'ï ^oî, OÙ
qu'est-ce qu'il y a est bien la traduction adéquate. I.
Sa'd VIII p. 13, 2. K. el-Addâd p. 43 et s.. C'est ici
la préposition usitée de la même façon que le sudara-
bique Uï.
On peut remplacer L^, par ^^y, dont j'ai parlé p. 489.
La phrase de notre texte pourrait aussi se rendre par
tara hû etc ou tara h. Les Datînois y voient le verbe
(J^L, cela est hors de doute, mais je ne saurais m'en
expliquer la forme. La nature verbale du mot ressort
du fait qu'on dit warâni, comme ""â d n i, et non w a r â'i,
qui est derrière moi, = q a f â^i et qu'il peut être suivi
du pronom personnel: wara hû' sâhit, est-il donc im
sahit, lui? ou de tout autre mot.
10.
Et-taurîd ''and hel 'Arwal.
L'infinitif de S^ est ^^y, prononcé aussi tùrîd,
selon p. 346, et oL^.
39, 4: "ayl^J^, pi. J^, eau courante, qui coule
toujours, cours d'eau. D'après Belâdorî p. 71, ce mot
paraît appartenir au langage du Yéman, où il est aussi
employé, selon Glaser Peterm. Mittheil. V p. 173. j^-^u^J!
^^^] ^ ^j^ ^U! jJiiJî^ ^<^]^ J^! ^J JUb^ .... ^JA ^U!
K. el-Addàd p. 146, 3 et s.; Ôézîrah p. 86, ii,ZDMG
53 p. 9, Yâqût III p. 830. RO p. 285, 4 traduit rêl
par Flussbett, En 'Oman 'dLl, est boue RO p. 173, 4
d'en bas, ce qui concorde avec Jayakar, pour le sahhî,
BBRAS 1902 p. 267: mucl, pi. jy^. Le même sens
est donné à rêt RO p. 41 dern. 1., tandis que p. 415
N° 177 il écrit rêt, et Jayakar o. 1. p. 250 iixè — Dt
oji> OU ^_JL=>. I. Dabi a dit:
j*^M^! J-*^ o~i> aVÀli' (jij d^Lo ^^Ji.>^ JL^! J^ ^ô L
0 toi qui arroses ta propriété avec l'eau du rel.
Qu'est-ce qui t'a forcé de passer près du torrent
[impétueux ?
878
On doit le distinguer de J^, pi. J|^, qui est le Utxlu
torrent lorsqu'il est déjà sorti du ravin et qu'il charrie
de Veau ^U' Jju '). Comme il y a presque toujours des
broussailles, le mot signifie aussi taillis de broussailles
autour d'un cours d'eau et même le lit à sec, flumara,
est ainsi appelé. On peut donc dire J^^ *-ç J^', il y a
de l'eau courante dans le taillis de broussailles aux bords
du lit du torrent, car le J^ n'a pas toujours de l'eau.
Dans le Dâlnr, Jy: (qaul et gaul) est même le terrain
cidtivé à côte d\m cours d'eau. J'ai môme constaté le
sens de bas-fond d'un ravin, avec le pluriel \l, au pays
de Yesbom, et encaissement du terrain en général, même
trou ou évasement causé par le sêl, Hdr.
39, 5 : m û t i r = ii^, v. p. 590. Dô^an a dit (conti-
nuation de la p. 639 note 3):
d) Prononcé par les Harîbites, les Dâliii'ites, les '^Aiilaqites et cenx
de Mailjah yaqill, et par les Datînois, y ai II. Cf. le J~Lc de K.
el-Addâd, cité plus haut, et le classique ^, tratisporicr, porter.
De même, le ''ayl des Datînois se prononce aussi q a y 1. Glaser Skizze
II p. 219 a kaulet es-Sejjid, ce qui doit être iA;fc*wJî xJyi^. Voyez
sur JvÈ Yîiqi'it 111 p. 820. Selon <iézîrah p. 155,", J^ est l'endroit
où il y a beaucoup de ,cS1j , mimosa gummifcra. Aussi bien J^
que (Jyi et iLÎ^ figurent souvent dans la liézîrali d'el-Hamdànî.
Gioss. s. V..
2) , c-«J , i, = ^ , luire; faire un signe. i^JA-^-J (i, o.^ =
879
Oh! qu'il y a de nuages de pluie au nord-ouest ^
Son éclair luit et sa pluie est tombée.
Une mi r gaz a h de Sâleh elHamyarî:
Cette année, ô Lahig; je ne veux aller à ton loâdi,
Je veux m'arrêter à el-Hacldân, qui est à côté d'és-
fSa'îd ')
Il y a de la pluie à Salmûn% et la hrimie mati-
[nale tombe.
Dites: Nous voulons aller à Hamdûn (où) frappe
[vigoureusement Bû SaHd.
39, 6: yidwi. ^^j>, i, fai7'e du bruit^ de toute chose.
l53'
uU
Acyî, le tonnerre roule. e5»Aj sLii, l'eau bruit e?i
coulant. e=3Aj J^v^t, le torrent bruit. i^^Jo v_j^^ ^^^
abeilles bourdonnent = ,^y>r;^ comme J-^uJ! ^5.1-^-^ (^3^
chez Damîrî H. el-H. el-Kubrâ s. v. ^\ Dans la bataille
d'el-Qâdisîyeh tJ>l Q^yJ^Li i^^j.Jv. !>j'^' qtv*J^' cr ^^^
(J/.UJI oLJ ^^ 0^^-Jî ^5^^ J^'î |S^v^ Q-^ 1 des hommes
^ u>_-iya*^ , lu m\is fait toi t>i(/)ie = ^c^ o^;>W • O^^J' --^)
Véclair luii=i'tX. Nous avons donc la filiation ^, ^n-L et »i.
Les deux derniers sont aussi classiques et ne sont qu'une variation
phonétique. , c^ , lama, est-il un affaibJissement de c__, ou bien
lamà'a-t-il donm- lainà\ comme nàqa et naq;V, nà fa et nafà'^?
La premièie éventualité est la plus probable, avec le recul de l'accent.
1) Arabica V p. 20 1.
2) Arabica V p. '200.
880
parmi les Musulmans murmurèrent le Qorân, lorsque la
mût les couvrit de ses ténèbres^ comme le murmure des
abeilles, et aveccela ils étaient des lions de bravoure, Tab. I
p. 2366, 13. ^o et ^^j), bruit , J^^y^Ji ^o Dt, Hodeyl. Koseg.
E° 2 V. 23. iùjj», détonation, R 0 p. 42, 5. 'Antarah el-
'Absî a dit^), Ôu'arâ' en-Nasr. II p. 828 v. 6:
Xai visité les demeures des Kindah, qui retentissent
Comme le tonnerre par le galop des nobles coursiers.
S eh et u delà g minni s-sêf bissûg
Ulègel elli hegêlâh dùa bis-sag^)
J'étais pensif, et le sabre me glissa du fourreau
fau marché.
C'était à cause de celle dont l'anneau au pied
[cliquetait à la jambe.
M SOS VI p. 112 N°43.
TibËi behiss el y isba h el-^iffe dâwi
Mitl er-rubâbeh hissaha bîde sa"ar')
Qui pleure sur un ton qui ressemble au bruissement
[de la plage,
Sa voix est comme celle de la rabâbah cela main d'un
chanteur %
ibid. p. 84, 1. Ubârùdet el bîha el-milhe dâwi,
un fusil dans lequel la poudre détonne, ibid. p. 86, 5.
1) Je n'en garantis pas l'authenticité.
2) Le mètre est en dcsoiilre, mais je le laisse tel quel. Meissner
écrit dùa, dont la notation à la Sieveis me j)araît étrange. C'est
probablement i_55^ , mais il faut ici pour pour Unir ^ — i.
3) Doit rtre ainsi chanté. Mètie: — ^- | — ^- | -^ — .
4) Et non danseur, comme le traduit l'auteur.
881
El-hugûl tidwi mitl olnaqqârèît, les anneaux des
pieds font du hruit comme les nacaires, qasîdat es-
Sahgah, Haurân. U'^addet tigri fid-dâwi, es eilte
durch das brausetide Meer, Hartmann LLW p, 146, 1 ^).
Aussi (^3(0 : qJjÎAj çFjîv^'-o' , l(is intestins me groîdllent
Dt. = qj^lXj. Dans les dialectes nordafricains, y compris
le Maroc, ^^o, i, a pris le sens de parler, Stumme M G T
p. 298, Doutté T 0 p. 27, Marçais R M T A p. 433,
comme .c^ est devenn en Algérie parler. Nous avons
donc vu que le verbe (^jo est répandu un peu partout
dans les pays arabes (v. aussi Dozy s. v.), et pourtant il ne
figure pas dans les dictionnaires classiques. Nous y trouvons
seulement la Ile forme intensive ^^^o, L A 18 p. 307 en bas;
cf. I. Qot. p. 340, 18. Si les lexicographes s'étaient donné
la peine d'étudier un peu plus les dialectes bédouins, ils
n'auraient pas eu besoin de faire un si long discours
pour expliquer 30, iù^b et Kj^o, comme on pourra le
lire dans LA s. v.. Es-Suyùtî Muzhir I p. 8 dit: v^-ij
^t ^yi (^3>Ai'. C'est donc, selon lui, une onomatopée.
Un synonyme de ce verbe est j»-s^-w, 0, gronder (ton-
nerre, eau, torrent, pluie), bruire, murmurer, retentir,
résonner, faire du bruit; babyl. sagfimu, brilllen Del.
1) Meissner 0. 1. p. 108 N° 38 a (i)bdauwi qu'il tiadiiit ])ar
dans le désert; c'est le classique 3O = is^lili , comme _^ quant à la
forme. J'ai entendu des Bédouins "^Anazeh appeler le désert (^^ÎlXJ!
ou iù^iiAJl, ce qui est aussi très classique.
882
Gr.^ pp. 237, 258. j*-^Vwj J-^^JI := ^=3^., les deux dans
notre texte, ^^^-^-j ^A-n^î, le tonnerre gronde, 75, a.
*^./*o Jai(, la pluie bruit. *-?^wwj J^LzJl, le tambour re-
tentit (le bruit sourd). j*^s^-wj ^^L*o*il, l'homme murmure
(le bruit qu'on entend de loin). ;_^JuJÎ |*js^w «-^t, ecoz^^e
?e murmure des gens, (au théâtre, à la bourse) ; cf. ^.z^, Gl.
s. V.. Tout cela se rapporte au son qui se produit. Dans les
dictionnaires, nous ne trouvons rien de tout cela: seu-
lement couler, p. e. les larmes, 1. Qot. p. 434, 1^, et j»-^^*-,
arroser abondamment Mo'all. Labîd v. 40. Mais l'assy-
rien sagûmu, hurler, Del. H W B p. 640, Winckler ASO
p. 131, note 3, nous prouve que l'idée de bruit y est à
l'origine. Dans le Sud, ce n'est plus couler tout court.
C'est ^^^^^ qui l'y remplace, coider, couler avec un léger
murmure. La phrase datînoise (et ailleurs) correspondant
au classique (L A s. v.) ^aJ! ^^^l c:^-«j^Uv serait ^<J>:^
cyîAii ^^yfjx^,^_ ou ,^^.>ju>Lwjo, mes yeux laissent couler
des larmes. %s>\^**^. |.c\jt, le sang coide. Jy^I! j, ^i^F^-^^. ^'-^'>
Veau coule placidement en murmurant dans le raul;
mais J>->-^. 'U' , l'eau coide avec bruit, plus fort que
t^^wj. La phrase '^omânite RO p. 274, 16: Iqît h ad
madrûb u demmo sàgil fis-sukke, se rend en
datînois par: laqît wâhed qatîl u dammeh sâ-
éCc^" ou yisga^ fim-tarîq, j'cii trouvé un assassiné
dont le sang coidait dans la rue. Il faut y voir l'idée
première qui a donné origine au terme technique t:s\*«,
qui se rapporterait alors primitivement au parler en
sourdine, au iOs^- des kâhin proférant l'oracle, le
I
883
JSs}\ ^y, iîJo, Yâqût S. V. ^XwJlil. Comme ces oracles
étaient toujours musaggaS ainsi que c'est encore une
affectation favorite des Bédouins, ma La langue arabe
p. 71 et s., le ^^f^, le parler mur^nurant, est devenu
le terme technique connu, ^^f^, renfermant l'idée de
murmure^ s'emploie aussi pour les oiseaux, même le
chameau, Goldziher Abh. I p. 69, note 5 et L AXp. 13
en bas. Cf l'éthiop. H'}*7(l, caqueter. La prétention des
Arabes que le ^^^^-, Ict prose rimée, vienne du roucou-
lement des tourterelles est ridicule, jugée à leur point
de vue, car ils n'ont pas reconnu le sens primordial du
verbe. Lorsque Lane assigne à 5-^^^, comme sens pri-
maire, celui de ke pursued an eve?i, miiform course, en
acceptant l'opinion de T A, il est évidemment dans l'er-
reur. Du reste, ce sens ne figure point dans L A. Il
n'est pas sans intérêt de constater que', de même que
«>sn^ se rapporte, au figuré, à la manière de proférer les
mots, son quasi-synonyme J^*»- est employé dans ce
même ordre d'idée: QÏyij' J'-?^, reciter le Qorân conti-
nuellement, Lane s.v.. (^^JL>wwj ^_ju5" J-J! t^-wl = q.;^^.,
écoute comme les chameaux gémissent '), Dt. Lane at-
tribue même ce sens de ^ à \.:^^^: ïCïL-Ji c>->i-w. the
she-camel prolongea lier t:;.^>L:>. J'ai déjà dit que ce n'est
pas mugir, y\P, mais un son sourd et prolongé que je
ne saurais rendre par un mot européen. L'assyrien ô e g û,
.^igû, être agité, pousser un .<?o?i pZam^z/, ce qui est l'arabe
1) (;«''mir n'est qiio liiiitc de tiiieiix. l'ersonne n'a su me donner
une tiiidnctioii ilt; q^* appliqin' aux cliairicaiix. /)7r(/('T<>' est tiop fort.
884
-N.jsiUw, %~^^, Ls^-w, et d'où le êigù, psatime pénite7itiel,
parce que récité sur un ton plaintif, le ^J ou Jyjy des
Orientaux modernes. ^~>\^, que Noldeke lui-même assi-
mile à Vy2^, pourrait bien avoir la même provenance, et
le %=>l^ le courageux, renfermerait alors la même idée
que l'hébreu V^^P, fou: le courage des Arabes se mani-
feste par des cris et des gesticulations de forcenés! De
Lagarde, Bildung der Nomina p. 201 note, le désapprouve,
parce que ce serait ,,contraire aux lois phonétiques";
mais il est trop sévère, ainsi que je l'ai déjà dit à la
page 499 et s..
*:>:, parler tout bas, marmotter, n'est qu'une variation
phonétique de *^av, corroborant le sens ci-dessus de ce
dernier verbe. Nous le trouvons dans les sentences pro-
noncées par l'oracle d'el-Galsad, Yâqût 2 p. 101, 5:
j»j>j c^-oLajj, ein schweigender hat geredet (Wellh. Reste
p. 55)1).
39, 6: hiidîet, sur la forme voyez p. 319 et ss.
^5u\P, a, être mouillé, être trempé. -Lil ^^^ K:^^Sj>,je suis
1) Suivi de *:>. ^: J , expliqué par Winckler A OS p. 131. Je
ne suis pas à môme de discuter l'interprcHation du savant assyrio-
îogue, mais je veux seulement appeler l'attention sur le fait que
l'assyrien ragâmu, faire du bruit, comme k>rsque beaucoup de
monde parle à la fois [cf. *^ plus haut], pourrait bien se trouver
dans le sudarabique <»^ , faire du bruit, f. du vacarme, avec per-
mutation fréquente de J en . (v. Gloss. s. J «t . ). *^ peut aussi ôtre
un développement de ^, retentir (écho, son) = u, -o- ; voyez Gloss. s.v..
885
trempé par la pluie, ^jXc ^^JJ' ^_^Lo, les habits qiie je
porte sont trempés d'eau, c_5Ôl^, mouillé =^ y^\. (^cJ^,
i, pleuvoir dru et menu^ bruiner, piovigginare: i^S<s>,
intensif. Synonyme de J3^, i, et son intensif JjJ^.
Nous avons donc (^A^ ^t, Ja^j yji\ et JjJ^ Ml
la pluie tombe dru et memi. J'ai entendu la dernière
forme chez les ""Awâliq supérieurs et les Datînois =
kSjù, i, Habbân. Il y a cependant une petite nuance, car
JJÀ^ est pleuvoir peu, mais à grosses gouttes = class.
JJa^. Ces verbes renferment l'idée de bruit que fait la
pluie en tombant, voilà pourquoi i^ÂP, i, a pris le sens
de radoter, 'Oman M S 0 S III. p. 3, marmotter et délirer,
comme sa variation consonantique Ap, L A s. v., qui
a aussi donné j»jÀp, radoter, divaguer, Dt et classique,
LA 16 p. 88. ^p:^. ^2^», la pluie bruit, et ^,^^. Jy^*,
le torrent bruit, où ^y^, i, peint le bruit, ce qui est
pour ^cA^, i: ^^\ q^ ^^^ Us^ ^s^>^. ^', la pluie
gronde comme le hâdi (qui chante des maràgîz), lors-
qu'il revient du pèlerinage, me dit un 'Aulaqite. On voit
donc pourquoi le i_=^L> est ainsi appelé. Partout l'origine
concrète doit être recherchée, d'où l'idée abstraite s'est
développée.
39, 10: milk em-heyd, expliqué par ayant la mon-
tagne en face de nous, devant nous. liVLi est le Nord,
car c'est le synonyme de ^J^ [de J^i, aller vers le Nord,
contr. de ^, ol ou ^g^'^, le côté du m il h, sel. On
886
tourne le dos à la mer, en allant dans la direction m i 1 k.
C'est tout ce que je sais sur ce mot.
39, 10: ugilb eé-sams. v'-^i? ^yr-^ ©t vy^3 6st
la rougeur que produit le soleil en se couchant, ^j,-.-*^! c;a>j>5,
le soleil a produit cette rougeur, le soleil s'est couché.
^J„^,♦^t (t i g i b b) i_^" Ù dUx Lai:! L., je travaillerai avec
toi jusqu'à ce que le soleil se couche. Les lexicographes
donnent à ^^^^ le sens de tomber avec bruit, L A II
p. 294, Zamahsarî s. v., Haraâsah p. 741. Si c'est
tomber avec bruit., je ne comprends pas qu'on puisse
dire, classiquement et dialectalement, ^J-.^.♦.^! u>y^3 = ^^j^U
LA 1.1., Boh. Il p. 167, 13 (B. rukûb el-budn) : .^^^^ jUb
jj^4^! e>~^:>3 ^-^3 lP)*^' ^' ui'iailw. On appelle un tué
(.-^o-l^j ein Gefallener, et i-x>5 est mourir, tomber mort.
Cela dans la lurah seulement. Dans le Sud, ^jysjî v^^^
ou ^J^JlJ! *>->35 orbite de Vœil, et ^v^t c^y^^, Vce'd est
enfoncé dans son orbite, l'œil creux, cave. L A donne
0;Li *^^^v^ ^^^^-î-r'5.
39, 14: ahl Ilâtim Arabica IV p. 28.
39, 14, 15: etqannà'na. %^, a, grimper dans la
montagyie, hinaufklettern. J^_yj\ ^, fais monter le bétail
dans la montagne Hdr. eUvL «jLï, lève la tête en arrière,
dit le barbier à celui qu'il rase, I.Llr = dU.!. oilc Hdr. =
oc ** ^ . C-c
class. %Js\ L A et Asâs s. v.. ^^ \xj!^ ^<A-^ u^>
pourquoi marches-tu le nez en Vair? Hdr. *Iiu', monter
887
dans la montagne en grimpant , hinaiifklettern = «j3,
qui est peu employé dans notre dialecte. «jji;C/« Os^ tA^
ii)!o (J^x:, ce^^e montagne est plus haute que celleM, la sur-
passe en hauteur. Un thème %^, être haut, a donc dû
exister. Dans les dictionnaires classiques, nous trouvons
L A X p. 173 en bas: *J^ to! xijijLsj JyJ- ^\, c;/ocLi,
où la première forme correspond à l'usage dialectal, et
dont %^ est l'intensif. Il faut peut-être lire dans L A
«Ifli" pour ^. Dans la lurah ^l=« LAX p. 173
passim, et «jiÂj «^î est même le terme technique pour
lever les mains vers le ciel en implorant Dieu, LAI. 1.,
Asas el-Bal. II p. 184, Tab. Gloss. s. v., 0 S Festschrift
Nôldeke I p. 327. »^\^ ^\ est par Zamahsarî considéré
comme une locution figurée, jl^, mais non wAj ^!!
Il a tort. La racine ^ a sans doute originairement
le sens ù.'être haut, car ^yi! et qLxïî, se tenir debout,
aufrecht s^e^ew = «-N^aXJÎ, LA 17 p. 228 et s.,etjs^ iUï,
Tab. I p. 1366, = J^ ids', L A 17 p. 228, 10 d'en bas,
les deux formes courantes dans le Sud. ^SUJ! &L>, Hodeyl.
Koseg. p. 223, 6. Cf. le classique "^ et ^. En Dt jjs,
dresser, aufrecht stelleti; ô»^, dressé, aufgerichtet ; jjût,
monter en haut, se dresser = class. ycïl, LA 1.1. Aussi
''Oman Jjs, aufstellen, RO §303; felân yiqill salîb,
N. stellt sich auf den Kopf, ibid. p. 268 note; stawit
(jlerabit sêf ilîn qtoll essalîb, es enistand ein
Schioerterkampf, bis dass „der Staub aufflog" (wortlich :
60
sich der Angepfahlte erhob), ibid. § 415. On doit donc
admettre que ^ et JJ> sont ici une variation couso-
nantique des deux liquides, comme aussi ]p etbp, bmit.
xls, idi, bjils et i^jui sont synonymes dans la lurali,
LA X p. 173 en bas. A présent, le sens de pLi est
clair : c'est une étoffe qu'on met sur la tête : (j^yt J^ ^^
ou (j^!J' M jJLju, et la forme Jjc est normale pour les
objets avec lesquels on couvre qqc. Ce n'est donc pas
véritablement un voile, ce qui ressort aussi clairement de
Moh. Tàhir M B el-A II p. 174.
«Jjs a aussi, dans la lurah, une autre signification:
\j ««^Lc L^^jtiîj _bfcM*iÎ3 ^Jlk^Ij sxXi LA X p. 174 en haut.
xUas ^Jlk^\j 'xS^ _jjI sxjjis 'ùJé, il s'approclui alors, et A. Q.
lui flanqua un coup de sabre et le tua, Hodeyl. Wellh. p. 14,
12. Je ne connais pas ce sens dans les dialectes, mais
dans le nôtre ^^, o, i, est couper, trajicher, frapper.
^ÀjywJLi x^t ci*^, je lui ai tranché la tète avec le sabre,
mais LcjlIL kJ'k c>^, je lui ai frappé la tète avec le bâton.
à/iJLi jjiL) v.:>>-vc5, j'ai coupé la plume avec le couteau'^).
^^^\ ^j iuL^^J( ^J^]^ ^, tranche vite la tète au mouton (à la
chèvre). Cf. hébreu ^^p, abreissen, abpflûcken Levy W B s.v.,
comme iiï et .«aIsï. Mais il faut observer que mes Datînois,
i) Je trouve dans le dict. de Jacob Levy lY p. 331 s.v. p ceci:
ND^'^iO ]p"l NCrabip ip yor, ce qui se rendrait en arabe dialectal
du Sud par: jJj^! iliï^ jJLaJf iLLs tf* (le dernier mot est seu-
lement classique): l)ien expliqué chez Levy.
889
en m'expliquant ces locutions, disaient qu'il y a le sens de
^jé, émettre U7i bruit sourd, comme lorsqu'on" frappe, v.
Gloss, s. V., et que ^, dans le sens de frapper, était
au figuré: „c'est une exagération ^^^J^\ ^î^-^j ." Comme
Feyroûzâbâdî est le seul qui enregistre ^^ avec le sens
de 'u^L. vy^'? ^^ ^st en droit de supposer qu'il l'a en-
tendu à Zebîd. Je ne veux nullement prétendre que ^,
dans w«rv^Li wJi, soit un thème développé de ^^. Je
constate seulement des faits. Il est très difficile de tracer
la marche séraasiologique d'un thème, de poursuivre la
transition d'une conception à l'autre. Les résultats qu'on
obtient en comparant les racines analogues dans les diffé-
rentes langues sémitiques, sont souvent en profond dés-
accord avec les phases que le mot parcourt dans la
sémantique sur le terrain à'une seule de ces langues.
39, 19: màraz ou maràzz. Le mot est jj^, pi. ;U
ou :!>if. Dans Hdr p. 41 et s. j'ai expliqué la raison de
cette prononciation et du pluriel jUi' des mots analogues.
Le même phénomène se rencontre dans les dialectes
nordafricains. Stumme MGT p. 249 §73, §108, §131
(p. 264), idem. Tun. Gr. §49, §137 (p. 108 màqsi =
^,-Aaiw, mes ciseaux), Marrais Gr. p. 139 2°. j^ = e>.A:> ^^^
Zs^^\ J. ^;JV^?Jr4 ^^^-p- cr3 u-^' oîJt^' ^'^'^^^roit on se
tiennent les gens et là où l'on fait le ^y^ po^ir le cor-
tège. Z»^ et jy9 sont synonymes. J^ expliqué ici par
^Ux*.'. Voyez le Gloss. s. v. ^^ et Je. Dô'an a dit:
890
+ + - +
Le territoire est à Ahmed, c'est la place de réunmi
[des tribus.
Et nous attisons la guerre pour hii à toute heure.
39, 22: hiMya = L> v. p. 330 et s..
39,24: sinnet wùgheha. oi->— li^! x.-w ,i^ ^
marche sur la route battue ') = ^^ôJi,\ ouia^î ou vjb JaJt
sinnah est la route que les anciens ont tracée; ils y
ont marché et ils Vont défrichée Dt. Cela correspond à la
définition de L A 1 7 p. 90, 8 d'en bas : 'iJ^ Joo^! j joLvJI : ^
^IjLii Uiilw, eZ^e a TaïV fichu, j^v**^ L^^^» ^/Ze a le port
joli, expliqué par iCs^^-w Uoo'i , e^^e a la stature droite.
i^v*vs:> À^-;iJ> iJLw, to forme de son nez est jolie. {xfP-'S\
Jj^j^. iHr^33 ^-^y;^ 3 ^^^'^■*-^ ^y-^ erî> «^^i comparait son
aspect, sa barbe et sa figure à Gabriel, Tab. I p. 1487,
4. iCLvJ! ..^^ est une expression élégante pour dire:
d'im bel aspect, Ibrahim el-Yazgî, Nug'at er-raid p. 5.
Cette signification de iLL* (cl. 'ïJ^) est très classique,
ainsi qu'il appert de L A 17 p. 88. Êl-Gâhiz, Tria opus-
1) oi>0 = oico cliez les ^Awiiliq supérieurs v. Gloss. s. v.. Roule
hrilliir est donc la traduction exacte, et la route battue est aussi
lt( ruitlltic, l:i xXm^ Ui cntlinHc chez les F.uropéens.
891
cula p. 41, 5, parle du iCL^Jt t!^! des Turcs, leur corps
bien proportionné. \j^p>^ x>Lw m'était toujours expliqué
par UJlc ^J;^-LLv.J:x ^j:i ij^p)^ ^J^ "iî^ (>?,'^î f*'^^> ^^ ^^^^"
^wme oz< la routine du pays selon laquelle ils procèdent.
iùLU, l^-wJu v/^' ^"^^^j ^^ coutume des Arabes est de por-
ter des sandales R 0 § 430 c. El-Mutalammis Vollers
N° 1 V. 16, dit: L^ l5^^-^ ^ ^"^ ^jî^
Afi7i que je laisse après moi en héritage une coutume
[sur laqîielle on se réglera:
Labîd, Mo^allaqah v. 81 :
(Il est) d'une tribu dont les pères leur ont indiqué la
[route à suivre,
Car chaque peuple a une routine et un prototype.
Le verbe ^y^. oMj^' j- j*^' ^.li-j-w, les moutons sui-
vent la route , marchent sur la route. t'u\_iJI |^JLv«
|.y^>jt (J^ (cc^r^'' ^=)5 ^'^^ coururent sus à l'ennemi, :=
]yj^ (pluralité), isj^*) (J^ (j:-'^^^ (V-^'-î "3^ J-J^y' iV"^
LA 17 p. 90, 3 d'en bas. obii!! J. (jJ*v J^Jî, ^es cha-
meaux ont suivi la route en marchant = ^v^-w (pluralité).
b^y^J! ^jM, activer la marche, pousser de l'avant. ^^^Iw^
^ iÎLXjtJt , 27 ?e?<r accélère la marche, étant devant eux.
Le premier qui est devant est ^Lu« par rapport aux
l)L'Imâm musulman n'est que la continuation de l'intercesseur baby-
lonien, sur lequel voyez K A 'P p. 419 et s. Nuld. Fiinf Mo. 11 p. 92.
892
autres. Voilà pourquoi le mot a pris le sens de chep).
i-ijotj! bJ-w ->cixj", vois-tu la vitesse de leur marche? comme
ils courent vite. On me dit que c'est comme lorsqu'on
aiguise , ^ , le poignard et que c'est pris de cela.
vjb^J! |^^u*« expliqué par: .L^i j.^ JJJî J. ^«-^m ^>j yi=>J>
ils marchent sur' la route^ qui se voit 7iuit et jour.
\j^ u-Jyi ^}.c ç_Jcoil ^y!vv, dresser le jeune chameait d
être monté comme il faut, c'est-à-dire, pour qu'il marche
droit sur la route, ^^l^ ^>y-^. C'est le classique ^y^
L^ j.LJiil_5 U:^^ ^y.^] \ô\ xU Jc>yt LA 17 p. 87, 5 et 3
d'en bas, et J^ ^I->Lio J, ^j:^ ! jl .UciJI J. t_,-ràj! ^yi^^S
&iA=>i^ ic^ j \;^Lw , 0. 1. p, 93, 8 d'en bas. J^ ^y.^j
52<ïwe /a routine, la coutume, comme plus haut. Le sens
de v^> répandre, verser, ausgiessen, LA 17 p. 91, 8
d'en bas, n'est pas connu, mais j'ai entendu Jk*« dans
ce sens, dans le Sud.
Maintenant, Nôldeke, en commentant le vers susmen-
tionné de Labîd, dit, o. 1. p. 91: „^>w paraît signifier,
diriger, tourner vers, richten, lenken, d'où sj^, direction,
route, manière d'agir." Il dit „ paraît." D'après moi, c'est
plutôt former 'yo, LA 17 p. 88, 13, de la façon impliquée
dans notre exemple à propos de ov>cXli \juiii!, et \:^'l iuL«
•1) ij^-*^ est aussi le fer de la lance; l'autre bout porte un boul
en fer — ; = Dâliir *^'j. _: est le babyl. ziqtu, poinle, Dhorme
j). 370 V. G.
893
est paraphrasé dans L A p. 88, 8 par ^^1 b^y^?, Schliff
des Gesichtes, feature of the face. Voyez K. el-Addâd,
éd. Houtsma p. 255. La route devient un k-Lw parce
qu'on la trace à force d'y marcher, une route foulée^
hathie: vj5y>u\x! ^Juh = ^wSjiaJl iCLw Jk^ ww, marche sur la
route battue. Il n'y a rien dans les dictionnaires qui
nous autorise à admettre le sens proposé par Nôldeke,
La iwLw a parfait la même évolution sémasiologique, du
propre au figuré, que vjij^ (= yji^}^) ^t iCajyj et que
route et routine. Je ne suis nullement sûr qu'il faille,
avec Nôldeke Fûnf Mo^all. II p. 92, absolument éhminer
le sens iVaiguiser au point du vue étymologique du mot
iclw . Mais ce qu'il y a de sûr, c'est que les Arabes
pensent à cela en tâchant d'expliquer ^^ et idw, ce qui,
du reste, n'est pas une preuve. La route, à force d'être
^y>o^ OU 03^, devient Qy-^^, abgeschîiffen. Plusieurs
significations de ^y^ et des autres formes sont certaine-
ment des dénominatifs de icu«. Ce' mot était fort en
usage avant l'Islam. On n'oubliera pas que le thème c yi,
dont j'ai longuement parlé Hdr p. 501 et ss. et ici p. 543
et ss., nous ofi're ^ ,^ = ëJ^, coutume, et p ,U: =r id^,
route, et la iUj^ est même devenue un xj^^ (dans le
sens théologiquo) pour les Musulmans. Le Prophète fixait
déjà le terme ^^» iu*«, en même temps que ^JJi v-jUs',
I. SaM VIII p. 189, 4. De la même façon, alaktu en
babylonien, chemin et manière d'agir, Del. H W B p. 68
et s., Jeremias A T p. 53, KD VI p. 4, v. 9, 16, 19,
894
et h a ni nu, chemin et entreprise, affaire. T^l a, dans
l'A T, le même sens figuré. Pareillement, on dit en fran-
5 1 - >
rais la voie des hommes, leur conduite morale, ^j^ i^-^,
et nous parlons des Wege Gottes ou sa manière d'agir.
La similitude de transition sémasiologique est frappante.
39, 25: min qàrneha alàmma ""urqûbha, ce qui
correspond exactement à notre „de pied en cap", „des
pieds à la tête." On dit d'un homme très honnête:
liVjy^ UJI dûj ^j^ eUjLol [je te crois] : ta bonne foi est
depuis ta tête jusqu'à ta cheville, ou bien ^iJ.^^' ,j^ eVJoLo!
^i)^yy^ LJ!, depuis tes ongles Jusqu'à ton occiput. ^^ est
chaque coté du vertex; &j^, pi. ^^, est un peu plus bas:
— ( 1 qarnah. j^^ cst le derrière de la tête'. V. •
Nous trouvons une expression analogue dans le Livre
des Avares d'el-ôâhiz p. 216: ^ ^^S c>^-j'j o^-po
viXxOvï ^\ liViyj, et comment, du moment que tu es plein
de fautes, des pieds à la tête ! Cf. Gen. XIV, 23.
39, 26: tesinna = Ui ,^.-^" == LJ ijy^- Ta'simin-
na qahwah = !5^ Llî ,*..'*>jij", comme 1. 28 kamman-
n a = Lu J^, avec assimilation des liquides.
39, 26: falak. éUî est ,ji.*c, Ji', manger pour hom-
mes et animaux. C'est un '^j>^ 'iLt^S, mot choisi, selon
mes Datînois. B â' t i s ù n n a é i falak, voulez-vous nous
faire quelque chose à manger? [UJ îy*J>"]. Kullin yi-
dùwir leh falak, chacun cherche ses moyens d'existence.
895
K u 1 1 a n d â i r b a^â d ' ) f a 1 a k u h, chacun court après
son gagne-pain Hdr. El-yôm éf falak lira-bôs fim-
w i d d e h, y a-til à présent de la pâture pour le bétail
clans les wâdis ? dVMl ,^lXj ,^, il a émigré pour chercher
le falak. De là le dénominatif dÛi, donner le falak.
-otoi éSî feed the camel, Stace p. 63, et dûàj", chercher le
falak ou manger le falak Wèn tabù"? — Labà'
Lahig. — La eys? — Labà"* netfallak fîha. Oii
voulez-vous aller? — Nous voulons aller à Lahig. —
Pourquoi? — Nous voulons y chercher les moyens de sub-
sistance. Bâ lisàrrih em-baus yitfallak fimwadi,
nous voulons mener le bétail ce matin paître dans le wâdi.
Le liUL'î jj^ est un terme inconnu chez les Bédouins
du Sud, qui disent ^^y^^^^ (*Ic- Je dis à un Datînois:
mà^rif sf bi "^ôlm el-falak, Je ne connais point l'astro-
nomie. Il me répondit: „Mènteh sf miftâq leh:
e n t e h m u d m i r, tu n'en as pas besoin : tu as de la
fortune. Cette réponse prouve qu'il ne connaissait ^Ui
que dans le sens de iiA*c. Hommel A A p. 251, nous
apprend que oUî vient de l'assyrien pulukku, cercle^
sens qui se trouve aussi en arabe, L A XII p. 366. Ce
serait donc l'Ecliptique qui traverse l'A nu, l'Océan cé-
leste, et dans laquelle naviguent les planètes et les étoiles
qui s'y trouvent. Les . anciens Egyptiens se figuraient
Rê", le dieu solaire'), de même que Thot, le dieu lu-
1) Obs. l'emploi de Axj =^ K^.
2) Erman cl. p. 352 fait, à propos de cela, cette réflexion: »Les
conceptions n'ont lien eu à faire avec la leliprion pro|)reii)ent dite."
896
naire, traversant le ciel auv leur bateau. Voilà pourquoi
l'un des noms de la lune est ^^^L , I. Sîdah IX p. 27,
5 d'en bas. Nous possédons toute une série d'objets an-
tiques, où figure le bateau lunaire, c'est-à-dire le crois-
sant ^, Menant, Cat. La Haye pi. IV, 19, Glypt. I pi.
II fîg. 4, etc.; CIS II 88a; Del. B. B. p. 49; Palest.
Jahrb. II p. 48. C'est le bateau de Sin sur lequel il
parcourt le ciel.
Dans le Hi/mneti und Gebete an Sin de Guthrie
Perry, élève de Zimmern, nous lisons ces passages,
A
N° p. 5 : 0 barque, luisante du Ciel. 0 barque, lorsque
tu parcours le milieu du ciel. Lorsqu'à TJr tu montes la
barque luisante =- N° 4 p. 20. „Barque luisante", en
soumérien mdgiàr azag zi:: bab. makurru ellitu,
est selon Jensen KB VI, i p. 533 et s. et Guthrie Perry
p. 18, „un bateau qui, vu de côté, a l'aspect du crois-
sant." Je me demande si le mot soumérien n'est pas
resté dans le Qorânique s^ y=>^ ^Uait (j=y3, XVI, »,
XXXV, 13, d'où le dénominatif ^, Bolj. III p. 56, a.
I. Sîdah IX p. 26, 5 d'en bas. Ce j^^_yA est expliqué de
plusieurs façons, ce qui est déjà très suspect, quand
même le verbe _> , fendre, se prêterait à un sens tout
naturel; voyez ma critique M S p. 21. Vollers, Z D M G 49
p. 504 et V S p., veut que yi>Lo s'explique comme m â-
k il, m â h i d etc., v. ici p. 698 et s., mais cela est bien loin. ')
On pensera plutôt au babyl. mahâru, gegenilbertreten
Et pourtant Brugscli avait drjà vu clair! Un écho de cette concep-
tion d'Ami est la locution arabe jl-^' y>- v5 , da)is le courant
fie la journée.
1) Je vois à préaent que V. lejette cette étyniol. VS p. 189.
897
(einer Sache), propr. (einer Sache) seine Vorderseite gegen-
îiber hringen, Ungnad ZA XVIII pp. 21, 35, d'où ma-
Ii a r, deva?it, coram. y>L« est sur les côtes du golfe d'Aden,
aussi donc au pays des Sômâl, la dh-ection vers "Alûleh,
''User et Hâfùn (ou Heyfûn);y!j> est celle de Mît,
Berbera et Bù el-Hâr. Lorsqu'on est ^Lo, on se met
en face du vent d'est qu'on monte en courant des bor-
dées. On parle de çf j>l-« qv* et ^Jc> ^*, selon le pays
de la provenance du beurre. yi-Lo est Vest et ^b Vcnest
chez les Sômâl, ce qui a déjà été relevé par Glaser, Skizze
II p. 196. îJy>Lo iU-^, pi. r=>|y« ^^]^^, bateau qui navigue^
pendant la mousson d'est, contre le vent vers l'est, et
ayto 'iXjJij^ ou îj^lLc, qui navigue vers l'est, ayant le vent
arrière, LPjo q^. .>^^ est naviguer avec peine contre le
vent. Je crois que nous avons ici l'origine des y>|^ du
Qorân, que cela vienne du soumérien magur ou du
babyl. m ah â ru.
Même conception chez les Egj^ptiens, dont la cosmo-
gonie est également astrale et probablement de prove-
nance babylonienne, malgré le mutisme intentionnel des
Egyptologues. Khons d'Edfou, le dieu lunaire, est ap-
pelé le grand, le grayidiose dans son bateau, éclairant le
monde de ses rayons, Brugsch, Rel. und Myth. der alten
Aegypter p. 500. On sait que les anciens bateaux égyp-
tiens avaient la forme d'une demi-lune. Erman Aegypten
p. 432/3 et chapitre XIX, Jeremias AT- pi. N° 144.
Le croissant est le bateau lunaire aussi chez les Egyp-
tiens, Erman llandb. dcr Kgl. Sammlung zuBerlinp.nl.
898
Les bateaux modernes sur le Nil et dans le Golfe
d'Aden ont encore conservé une courbure qui, ancienne-
ment, a dû être plus accentuée encore. Les caravelles
du Moyen âge étaient dans le même cas. Les bateaux
assyriens, sur le Tigre, affectaient la forme d'une demi-
lune K37, V. Oppenheim Reise II p. 195; elle est encore
conservée sur les cours d'eau dans la Babylonie moderne,
Sachau, Am Euphrat und Tigris, fig. N" 3 p. 18, et la
quffa, si usitée dans ces parages, ibid. p. 27, G Jacob
Studien in arab. Dichtern I p. 41, doit aussi originaire-
ment provenir de la forme lunaire. Nebo vient du temple de
Borsippa, sur son bateau, rendre visite à son père Mardouk.
éSî a pu donner dùi, bateau, [jJé Hdr p. 252] et spécia-
lement l'arche de Noé, fréquent dans le Qorân, où il
revient 23 fois, et le moderne '^ji^i. La même adaption
sémasiologique s'est peut-être produite pour l'hébreu ^i^î,
bateaux, flotte, l'Anu des Babyloniens, l'Océan céleste.
Le pluriel, ou plutôt le collectif, eUs et "•iJ*, représentent
tout le firmament avec les corps célestes qui y accom-
plissent leur course. Dans l'hymne à Sin, Guthrie Perry
0. 1. p. 5, nous lisons : Père, Nannar, Seigneur, Grand
dieu Anu, régnant parmi les dieux! Au N° 2 p. 13, Sin
1) Rien ne pronve mieux l'ancienneté de ce mot que son emploi
dans le Qoràn, où il est tantôt masc, tantôt fém. ; tantôt sing.,
tantôt plur, Boh. III p. 56, 2. Le Prophète avait une notion vague
de l'ancienne conception orientale de la concavité sphérique du fir-
mament, le pulukku des Babyloniens, et il se servait du mot en
question avec un certain tâtonnement, absolument comme de *j*jt J^^,
ainsi que je le prouve plus loin. I. Sîdab, IX, p. 23 et s., a une longue
dissertation sur dUi , mais qui n'avance à rien. Il y donne le pluriel
899
est imploré par : o Ami du ciel dont personne n'apprend
l'essence: ilu Anum sa samê sa la ilammadu
meliksu maamman = arabe : (} jJju "^5 (^Àiî tUwJ! jjî
[U] iA>! iJbCU. Si n et Anu sont donc ici identifiés, et l'opi-
nion de Hommel que Anu est l'Océan céleste me paraît
assez probable. Fraenkel F W p. 219, veut que iU], î;a.5e,
provienne de ce ""iî^, et il compare avec raison le lat.
vas aux français-ital. vaisseau, vascello. On peut aussi
comparer o-xâcpjj, objet creux, vase^), et ensuite barque,
scif, esquif, lat. scapha. Seulement, ce n'est pas ""iN*, ba-
teaux, qui a donné ^Li], babyl. anu, Del. II W B p. 94,
et unûtu, vas, Del. Gr. p. 172 et ibid. Gloss. p. 24,
mais la forme du firmament Anu est le point de départ,
et iU] est calqué sur le paradigme JL« des nom. vasis.
De même (j^, lu7ie, a donné iLv-Lb, bol, tasse, et agû
ou agan[n]u, disque lunaire, est l'origine de ]\^,bass in
dont je parle plus loin.
Dozy, Suppl. s. V., rejette tout rapport entre dUi et i^_^;
à tort, je crois, et son étymologie, de harrâq ah, Gloss.
des mots espagnols, p. 265, n'est pas acceptable. Sur la
côte du Sud et en Yéman, on dit 'sfjè avec deux 1, ce
qui pourrait être le diminutif, '»Syé de liUî ou de tiUà.
Les marins de la Méditerranée ont appris ce mot des
marins de la Mer Rouge et ils l'auront prononcé avec
un seul 1. Quoi qu'il en soit, une chose me paraît sûre,
1) =ou lîD^"i ; cf. 1-WLj.
2) Peut-(*tro aussi roii<j;ino (Vécnpc; suéd. shapn; an^l. scoop;
allem. Scliopprn, du v. ail. scuplia.
900
c'est que le sens de bateau doit provenir de la conception
cosmogonique des Babyloniens. Vollers Z D M G 51 p. 300
ne veut pas non plus admettre une relation entre ^
et 'iSj^è. Il considère 'iS_^ comme étant d'origine très
récente parce que el-Hafùgî, dans son Sifâ, el-Murtada,
dans son T A, n'en parlent pas. C'est que le premier,
ou l'aura oublié, ou le tient pour arabe, non dahîl, et
le second ne parle que de la langue classique. Vollers
le fait dériver de scpéXKiov, o. I. 50 p. 620, 51 p. 300 et
325, idem V S p. 98, et le fait est que l'auteur du Peri-
pluà Maris Erythraei, éd. Fabricius § 16 p. 68 en haut,
appelle les bateaux de commerce dans la Mer Rouge
è(pôXKix. Ce sont les bateaux qu'on peut encore y voir.
Or, s(péxxiov est chaloupe en grec, Beiboot, qu'un grand
bateau traîne après lui, justement la felùkah du Levant.
L'auteur du Périple appelle la felûkah (T)cci<pii, §33 fin.
Il dit en parlant de l'île de Masîrah: "E^xpt1^ov(ti Velç
ctvTvjv (Tvvii^uç ol xTto Kûcvîjt; (TKÙcpxç xx) icpôKKix, Les gens
de Kane affrètent pour là (cette île) habituellement des
barques et des navires '). Ces deux mots ont donc eu
un développement contraire l'un à l'autre. Tandis que
(TKtkcp^j, barque^ canot, est devenu anc. allem. scif, allem.
mod. Schiff\ suéd. skepp, grand vaisseau [mais le fran-
çais a conservé le sens primitif: esquifs barque, esp.
esquife^% par contre, ècpé^xtov est devenu, dans le langage
des marins de la Mer Rouge au premier siècle de notre
1) Aujourtl'hui ce seraient dans le Siul des j*j!cj , pi. de &■♦*£;,
et des ^Ua« , pi. de iCA£.Lw.
(I -
2) Ce qui a donnt'' l'algérien ■^JiSJ^ , vavirc, chqef nn-nâr,
haleaii à vapeur, Sedira Diot. fr.-arabe p. 55, et ouJw , rannt,
RM TA p. 447.
I
901
ère, grand bateau, tout en gardant, en grec de la Grèce,
le sens de chaloupe, barque. L'auteur du Périple était
sans doute un négociant d'Alexandrie, fort illétré, il est
vrai, mais qui savait pourtant ce qu'il écrivait. Si scpàxaiov
était un vrai mot grec, et vu le commerce et les rela-
tions existant entre Alexandrie et la Grèce — Alexandrie
était môme une nouvelle Grèce —, comrnent l'auteur du
Périple aurait-il pu appeler les bateaux d'un certain ton-
nage, qui servaient pour le commerce dans les eaux
inhospitalières de la Mer Rouge et des côtes de l'Arabie
du Sud, du nom d'une petite barque? Anciennement, en
Europe, une felouque était une galère, et cela n'est pas
précisément de nature à faire penser à une étymologie
grecque.
L'auteur nous donne, § 16, une autre notice qui est
tout aussi intéressante. En parlant du commerce que les
habitants de Mouza ') faisaient avec la côté de l'Afrique
Orientale, il dit que „to plupart du temps on se servait
de pilotes {xupspviÎTai) et d'employés ixpsK'^^oi) arabes qui
sont familiers et parents (des indigènes), ayant la con-
naissance des endroits et de la langue (des indigènes)."
Or, ces pilotes existent toujours. C'est une classe toute
particulière dont le métier se transmet de père en fils.
Ils forment en Egypte une corporation ayant des privi-
lèges qui datent de loin. J'ai eu beaucoup de relations
avec eux à Alexandrie, à Suez et sur les bateaux du
Levant et de la Mer Rouge, à l'époque où leurs services
étaient encore n'clamés. A présent, les bateaux à vapeur
n'en ont plus besoin, et les bateaux à voile européens
\) L;i r \y^ actuello, au Nord d'el-Moljâ'.
902
ne passent plus par la Mer Rouge. On voit donc que
„la corporation des pilotes" ne date pas d'hier. Ces
Kv(3£pi/)ÎTat et ces xp^^<x-^oî arabes parlaient, bien entendu,
arabe, et c'est dans leur langage marin qu'il faut chercher
la provenance du sens du scpéxiciov du Périple. Je ne peux
nullement prouver que ce mot faisait partie de la phra-
séologie des marins de la Mer Rouge, mais ce qui a été
prouvé, c'est que les Arabes, que le Périple nous présente
comme de sagaces navigateurs, n'ont pas appris leur
métier des Grecs. Du moment que dUs est déjà dans la
langue littéraire bateau (avec une acception toute spéciale
cependant), je ne vois pas pourquoi les loups de-mer des
côtes arabiques n'ont pu avoir adapté la môme racine
à un mot signifiant bateau^ comme ^^<JOi> *^^J^ OM'i^Ji,
'iSji? Je suis persuadé que le mot grec rentre dans la
grande catégorie d'anciens mots sémitiques culturaux qui
ont ensuite rayonné sur le monde grec.
39, note 2: legibna v*^ , a, est synonyme de «^*,
monter, grimper, ^y .li j?, lXx^^jÎ ^ ]^^^ , Us sont mon-
tés clans la montagne en s'enfuyant. i-oaijî ^ >_^ , il
grimpa sur l'arbre. C'est peut-être dans ce sens un
développement de \J- , mais grimper sur l'arbre ne ren-
ferme pas la nuance de se réfugier. Aussi passer devant
une montagne, au-dessous d'une montagne: Bfi" legf
lâgib hâdem-heyd, nous allons passer devant cette
montagne. l\^ ._,*^"^ 1^ l^> ^ ^J^', les Bédouins,
lorsqu'ils campent, s'installent au-dessous de la montagne
ou adossés d la m.. A>il — ^=>^3 li*.^!i , 7ious sommes pas-
903
Cl ^ s
ses a côté de la montagne, et, le plus souvent, w-j^. UxJ
lXuJI [(jc^ ou], Çdr Gloss. s. v. ^ . wa.> est aussi produire
un bruit sourd, retentir, faire écho, = iJ , i. iLj..^\!,ec/^o,=
A^. Cela est aussi classique, xc^ *i q'^W;1 j-^^^. e^
le contingent des H. fait entendre des clameurs, Su^'arâ'
en-Nasr. I p. 173 v. 10, Tab. I p. 2365, s. &,opJ *^^
^M entends un bruit sourd le soir, soit d'un homme, soit
de bêtes fauves, et l'ayant bien entendît, tu constates que
c'est le bruit d'un homme. I. Sîdah II p. 187, 4 et s..
La raétathèse classique >-Jb.> I- Sîdah II p. 135, i, 5 d'en
bas, L A I p. 261, 11, avec le même sens, n'est pas
• connu dans les dialectes. Le Qâmoûs seul a iLiilL^TJt
j4^-v*^|5 v^^'j vacarme, bruit. C'est donc probablement
un mot yémanite.
Le verbe simple ^ , = I . , aussi class., I Sîdah II p.
135, 5 d'en bas, Tab. Gilo'ss.è. y., produire un bruit sourd,
retentir, faire écho, résonner, tinter. Èdnak telig;g
min qarhat em-binduq, Voreille te tinte par suite
de la détonation du fusil, le coup de fusil. vJ;A>lJ! Ll>J5
aJ-o L\Ji ^3 , nous tirâmes un coup de fusil, et la mon-
tagne en retentit. Cs^ J. Jju AcJI, le tonner e retentit
dans la montagne. .^JL» ^^\ la mer bruit. ys^'^Jî K^J,
le bruit de la mer. ^\^ ii^i, Vécho de la montagne.
u*.UJ! 'li^ , le vacarme sourd, le murmure des gens •=.
61
904
I. ez-Z. et ceux qui étaient derrière lui prononcèrent (en
priant) le mot âraîn de façon que le Masgid en retentit^
Boh. I p. 152, 4'). Klnnebak leggah, comme si tu
étais assourdi, tu fais la sourde oreille.
^ so trouve aussi dans le Nord. Qîimet bintu uel-
banât illi ""andëha yinhinnuh: hadret el-rîyfib
Sa'dûn! hayyâl el-bul Sa'dûn! Ulaggin^) bin-
nahâwi'') uez-zarârît ilyâraa éètu el-hôse^)
ebrâsu ulifin yesdub"^) ilyâhu ebdahàrha wa-
yirhi râseha ^ala el-gôra. Sa file et les files qui
étaient avec elles se mirent à l'encourager par des cris
de bravoure en disant: ^Sa'dûn vaut, par sa présence^
tous les braves qui sont absents"')! Le cavalier des cha-
meaux, c'est Sa^diml" Et elles firent retentir les cris de
bravoure et les trilles de joie jusqu'à ce que l'ardeur lui
vînt à la tête. Il sauta alors en selle et une fois monté
sur sa jument, il la lâcha contre l'ennemi, récit "^anazite
de SaMûn el-'Awâgî.
1) (jV^Lù auoj) ^^ V^ î *^^* '' y ^ '^ variante i^-^,
2) =. J^Sj\ ^.,i5' G 0.
3) PI. de (j:>^, non de syè^.
4) = Xw.-' JJl*, comme Vivresse GO. \j»^-. o^avoir rie V ardeur.
'LaJ^ y ^y>M^ ^ allez-y avec ardeur, mes braves! dit-on pour en-
courager les combattants. De là vient la hôseh des habitants de
la Mé.sopotamie, Meissner NAGI p. 140, Hilprecht. Ausgrabungen
in Nippur p. 23. ij^j^, enflammer, anfeuern, anireibcn Eg , consterner
5) = r'y, sauter en selle G 0.
R) Litt. : la présence des absents.
905
Wa el-'arab — Alla yidfa'' èl-bàla — gâim la-
hom lâggat') er-r[r]ràwa (s^yî) min el-wurdân
uel-'^ôggaz tigta^ el-reyt min ès-sàma. Quant aux
Bédouins — que Dieu écarte le malheur! — il se leva parmi
eux des criaiUeries et un vacarme de la part des enfants
et des invalides^ au point de couper la pluie du ciel,
récit "^anazite d'el-Hâyârî. De là aussi ^, Jaser, caqueter,
Nord, Meissner M S OS VI p. 108/9 N° 37. ^\, être
touffu, ^anazî; Zamahsarî est le seul qui l'enregistre.
J'ai déjà dit que ^^ est peut-être une variation [(j^ =
i] de ».-J, V. Gloss.. Le sens concret ici relevé de ^,
étant répandu dans tous les milieux bédouins de l'Arabie,
on est en droit de le considérer comme primaire, et il
aurait dû figurer à la tête de l'article dans les diction-
naires, puisque tous les autres en découlent. Un autre
développement de ce verbe est ^, i, faire du bruit, f. du
vacarme, murmurer, intr. v. p. 903 d. !.. ,.,c.*^JL| ^jui'
o:
,<-f*',
écoute comme ils murmurent, la rumeur du monde.
5<î> JoyA) ^y^ j*jsrJLj ^i>«-yj', la maison retentit de leur voix,
1) ='!>^^\ GO. — j , produire un bruit sourd, murmurer, faire
du vacarme. ;^~»Ij LlJx. „;, il nous parlait eu criant. 'i^ybruit
Cl - > M
confus de voix = à.LXP ou .'AP. (_«J..' ic>: = ^«/.J-i ^'t^. Cf.
y>;. «i^Jv, i, soulever la poussière, blaguer, y^^' *iW^ ^à' ^V>L!,
le vent soulève la poussière sur loi. —Ls; , blagueur, qui cause beaucoup.
Cf. \Ji-M, *i>à*« et , Jom.
906
parce qu'ils ^js^*-'^ o^^J^' ^^ f^^^^ ^^^ vacarme en parlatit .
Dô''an dit:
^^.^ bU.:S\J -M o'i-=* ~^^
^3-i -^1 !^^t^ _.^'' U?.
Quatre-vmgt-dix tireurs de fusil sont venus du côte
[de Marîh^)
A midi ils la et le soir ils étaietit déjà
[en fuite
Nous avons donc la série ^J, .^ et *J- qui signi
fient à peu près la même chose. ..^ et ^, avec per
mutation des labiales, ont aussi le sens d'être à côté de,
presque synonymes de :!, ^y et *J. Je ne fais que
constater.
40, 2: gû wah = _L>, voyez p. 346. _^, ^^,, luire,
briller = ^.^ [pour le class. s'là^]. ^^' .UJî = ^>^^, le
/eî< 6n//e. Un proverbe du Sud dit: (-wJjCi' _'lJ Jj: w*
^LjJI -'y> J<c %, marche vers l'aboiement du chieti, et
non vers la lueur du feu. Ss=>, intens. '), poindre se dit
de la première lueur à l'horizon = Jj> . -^ ou „î^, la
lumière qui i»récède la lune avant qu'elle se lève, et la
\) Wâdi entre Suqrah et el-'^Asalah, Cf. — ^ p. 902 et s..
2) Prononcé el-kalb, non pas el-kelb!
3) y^i est, dans les dialectes, une forme qui se rajjporte aux couleu rs
jji3*J, devenir blanc: ,.*s>, devenir rontje\ C>yM, devenir noir \ y^2:> ,
devenir vert, etc., et ^>^ est de cette catégorie, comme le h if il
hébreu: |*3'?ri, devenir blanc.
907
première clarté qui précède le soleil levant, l'aube. ..^^^a^! Jy>-
= ^^.u^'f ,Ûj>. Le dictionnaire arabe ne nous offre aucun
indice de ce sens, l'hébreu et l'araméen nous donnent
n"*:! ou m:, ^^ jaillir, hervorhrechen, Ges.-Buhl H W B
p. 123 où j,b- est a/fouiller, emporter (J^). .^s^j^àJ' _ly>
serait donc proprement la pointe du jour, das Hervor-
brechen des Morgens.
40, 3 : t à'I i b = t â'I i b =r v^iiu', elle refuse.
Lorsque, dans mes Arabica IV p. 25 et s.s., je dévoilai
pour la première fois la coutume erotique des "^Arwal
et des Marâzîq, Nôldeke m'écrivit ceci: „Ich will natùr-
lich keine Garantie fur die Keuschheit aller Mâdchen
der von Ihnen behandelten Bergstâmme ûbernehmen,
aber dass bel diesen die Ehesitten so lax seien und dass
im Grunde fast ganze Stâmme aus Hurensôhnen bestehen,
das glaube ich Ihren Gevs^âhrsmânnern einstweilen noch
nicht. Maqrîzî glaubte ja seinen Hadramî was sie (bona
fide) von gewissen Stâmmen erzâhlten, dass sie Wer-
wôlfe seien ') etc. etc. : wir sehen daraus nur, V7as die
etwas civilisierteren Stàmrae den abgeschlossenen in den
Bergen wohnenden zutrauen. Ist's nun mit den Wer-
wôlfen nichts, so braucht es auch mit jener Promiscuitât
1) Voyez sur ce sujet Arabica IV p. 22 et ss. Maqrîzî ne dit pa^;
qu'il y croyait: il ne fait que relater ce qu'on lui avait raconté.
Les Bédouins étaient du reste Vî*^' vl^*^ aussi pour les hadar du
Nord, Wellhausen, Moh. in Médina p. 52, ''. I. el-Mogâwir parle
aussi de lions qui mangent les horanaes, mais il rapporte cela comme
des ,,on dit". Cette croyance doit avoir une origine mythologique
ancienne. Burckhardt, Reisen in Arabien p. G81, raconte les fables
qui couraient sur les B. Kelb : ils ne parlent pas arabe, mais aboient
comme des chiens; leurs femmes seules parlent arabe. C'est le nom
qui a donm; lieu à la fable.
908
nichts zu sein. Kommt einmal ein ernster europiiischer
Forscher zu ihnen, so kann er ja sehen. Dass den wilden
und tapferen y^-^^^ derartiges mit Unrecht nachgesagt
wird, ist wohl ziemlich sicher."
Me laissant inspirer par ce doute du grand sceptique
de Strasbourg, j'ai fait des recherches pour éclairer ma
religion. Pour ce qui est des ""Arwal, tribu des 'Ôlah, le fait
est tellement connu par les habitants de W. Marrân, les
Mayâsir et les Hasaneh, qu'il ne faut pas en douter. J'ai
eu des centaines de Datînois chez moi ; ils ont tous con-
firmé la chose. Lorsqu'ils montent dans les montagnes
des ""Arwal, ils profitent toujours de leur très grande
hospitalité, non seulement en fait de dabâih, mais aussi
de compagne de nuit. Notre récit peint une aubaine
pareille. Je pourrais en rapporter d'autres textes, sur ce
sujet, qui m'ont été dictés à Aden, mais ils n'ofi'rent
rien de nouveau pour la lexicographie datînoise. Chez
les ""Ôlah, ce ne sont que les ""Arwal qui pratiquent le
tawrîd. Mais presque toutes les tribus bédouines des hau-
tes montagnes entre le Yéman et le Hadramat font de
même. Les multiples renseignements que j'ai recueillis,
pendant plusieurs hivers à Aden, mettent la chose hors
de doute. Il faut observer que ce n'est pas le mari qui
fait le maquereau pour sa femme, mais le muwarrid')
peut même être un parent du mari; „cela n'est point
honteux", wa-o: \aî L«. I. el-Mogâwir, p. 63 de mon ma-
nuscrit, en parlant d'el-Halî sur la côte de 'Asîr, nous
raconte ceci :
1) ^)y^ est celui qui conduit l'hôte à une fille. ^K^, est voleur
professionnel.
909
^1 (3_5l)oLj j^ „-.^t pyLj^ *^À> -bJ^, ui>> bU ^L^î J,!
!J'_5 *«^^ ôy-^ L-iJw oij_5 U*i2àiLwL) _» ^ (^ 'o^ i^.' Aj \ J>-==0
cy^^ *^J ^j-^ A**5 3y= ci^ c:^*J J. ^r^ éy^ ^j:> ^^^
jjlt «sL^cj s5lÂ=> (^w»J ...[5 „'tXJJÎ lAac *j uViixj JOJ-«wS>» l^j
J^i>uXJ' "^3 c>»-;^->-5' iiL;.^>'wO (_5^x-J Oi-J«5 (J^^^-^iJ oi^'*.**^ (^ (j*^
1) Ms: (^-^^^^ et i^cpJù, mais le Bédouin a certainement dit comme
j'ai écrit, et non d'après Wright Gr. I p. H2,
2) N'existe pas dans mon ms.. Complété d'après Schefer et Miles.
3) Miles: .^yjcJi j. ^lXju ^^.
4) Ms. et Schefer v^l->r. L», mais je ne crois pas que l'auteur se
soit servi de ce L du Sud. 5) Miles: vi^^J.
0) Ainsi le ms. Miles: f^.j- — v£>o . ? Wiistenf. Moh, b. ITabîb,
Gleichlieit etc. p. 42. 7) Ms: sAs. ; Miles: iJAs:
8)MS:^-.^..
910
Drtws Z<?s pa2/s à l'Est de ces contrées, il y a un peuple
qii'oti appelle les Bahîmîyeh fies brutes ou les bestiaux].
Leur origine remonte à Al \4mir, qui tirent leur origine
des Sinhân'^). Si un hôte descend chez eux, le maître de
la maison lui dit: „Qîie veux-tu pour souper?" Il dit
alors ce qu'il veut manger. Et de même pour le déjeuner.
On ne lui sert que ce qu'il leur demande et désire. Lors-
qu'il a soupe, le mari dit à sa femme : „ Va honorer
l'hôte." Elle va alors et couche entre les bras de l'hôte
jusqu'au matin, sa7is peur ni égard. Le matin, chacmi
va à son travail. Si Zeyd demande la fille de "Amr en
mariage, et que celiiici lui fasse une réponse affirmative,
Zeyd entre dans la tente de '^Amr et déflore la fille. Il
passe toute la nuit avec elle. Le matin, il sort, en lais-
sant ses deux sandales dans la tente de '^Amr, qui sait,
par cela, que Zetjd a trouvé sa fille de son goût. Alors
'^Amr conclut le pacte de mariage. Mais si Zeyd met sa
chaussure et son manteau, "Amr sait que Zeyd ne veut
point de la fille. C'est là la coutume, même des plus dis-
tingués parmi ce peuple. Leurs ornements ') sont en cuivre
jaune, en fer et en plomb. Leurs vêtements sont en peaux
tannées, et leurs bijoux en coquilles. Leurs métiers con-
sistent à faire le brigandage et à infester les routes. . . .
Jusqu'à Dahbân ') il y a quatre parasanges. Les habi-
4) Burckhardt, Reisen in Arabien p 678. TA II p. 168, 5.
2) pUi« pourrait aussi signifier ici les objets qu'ils fabriquent, eu
égard au c-^i ^^\y>- suivant. C'est ainsi que le traduit Sprenger.
3) Sur Dahbân voyez S^^renger AGA p. 40 et s. La fornae qU^O
et non ^^^-3 , est assurée par le mètre Cez. p. 227, 23.
911
tants en sont des Bédouins, principalement des B. Asad,
des B. R. . . . , des B. Ma'âsim et des B. Rufeydah ').
Lorsqu'un hôte arrive chez eux, ils lui disent: ,^ Baise!
Frotte! Mords et embrasse!^) — c'est-à-dire, la maîtresse
de la maiso?i —, mais n'eritre pas avec elle (pour faire
l'amour) car si tu entres avec elle, je ferai aussi entrer
avec toi ce poignard."
Cela rappelle fort l'état des choses chez les Slêb, comme
nous allons le voir plus loin.
Sprenger, Post und Reiserouten p. 132, donne la tra-
duction de la première partie de ce morceau, mais elle
est, comme toutes les traductions de ce savant, fort
inexacte, parce qu'il connaissait mal l'arabe. Ainsi, ^^^.y^^
pj>y.\ n'est pas du tout traduit, et ^3 vjb^! ^ ^^^
J-v-^J! est rendu par „wwd statt eine Mitgift zu gebeUj
weissen sie ihre Kinder auf Strassenraub an." Le pluriel
j^ du singulier s^, métier, ne lui était pas connu.
I. el-Mogâwir raconte aussi le même relâchement de
mœurs chez les Bagîlah, qui ont joué un rôle important
dans les premières conquêtes musulmanes et qui prirent
part à la mémorable bataille d'el-Qâdisîyah. Ils habi-
taient alors dans le Sarw du Hiéâz. 11 dit:
4) I. Doreyd G W B p. 202 et p. 314, Burckhardt Reisen in Ara-
bien p. 678.
2) L'Arabe, en tête-à-tête avec su belle, lui mord, (ji^c, les
joues et y frotte les siennes.
3) Schefer : ^y*^' '-«'j.
912
C: > • _ *■ ■■
Chapitre sur es-Sanv. Les Bagîlah sont des tribus et
des familles de Bédouins. Ils ne sont pas gouvernes par
un sidtan, mais par des cheykhs qui sont de leurs tribus.
Ce sont des clans répandus dans le pays. Si quelqu'un
d'eux part en voyage, sa femme se rend chez /e m u h 1 i f,
le remplaçant du mari, c'est-à-dire son amant, et celui-ci
couche avec elle jusqu'à ce que son mari revienne. Lorsque
le voyageur (le mari) est près de sa demeure, il s'écrie
de sa plus forte voix: ,,0 muhlif importun! C'est que
1) D'après Miles, Lbg et Schefer: ^J:^*^ 'v>j.
2) Lbg et Schefer : oi^^^j^ ^ o»^^ . Si on lit \^jl<^:^^>^,
j*i-, cela n'est pas arabe, et il faut y^ oJJb^, ce que j'ai adopté,
probablement à tort, parce que alors la phrase suivante est un peu
abrupte. Peut ôtre faut-il lire ^Ci\ oLs^*>*j , il s'y frotte le pénis?
o >
De Goeje propose j-s^J' o».:5=^-^, ce qui conviendrait mieux, eu
égard à la cojiulative suivante : il broie le pain pour faire la
tarîdah et il baise la femme. La signification de oi^s^ n'est pas
de noise ici. J'ai conjecturé j^s^WJ, il la baise.
913
l'heure de sortir est venue!" U entre alors brusquement
chez lui, et s'il y trouve le muhlif, il le tue; mais si
celui-ci est déjà sorti, Dieu pardonne ce qui s'est passé.
J'ai demandé à un homme des leurs à Mekkdh en lui
disant: ,^Mon brave homme et habitant de la Ville Sainte!
Que fait le muhlif?" Moji interlocution, me donne alors
cette réponse: „Ce qu'on dit est vrai fou. il broie le pain]
et fout la femme." Tout le pèlerinage de ces gens con-
siste en une "^omrah, visite au Sanctuaire, le premier
de Ragab. Le Prince des Croyants ''Omar b. el-HaUâb
leur a garanti que cette 'omrah leur tieiidrait lieu d'un
pèlerinage complet et admis comme tel. Sur cette «^
des Baéîlah, voyez la description détaillée d'I. Gobeyr
p. 132 et s..') ""Omar fit lui-même une ^omrah au mois
de Ragab, en l'an 17, de même que Mo'âwiyah, Wellh.
Reste p. 78, où l'on voit que cette coutume, courante
avant l'Islam, s'est conservée encore très longtemps après.
Il n'est peut-être pas sans importance de rappeler que
les Bagilah étaient des méridionaux^), Tab. I pp. 2221
\) Cette description est vraiment d'un haut intérêt. I. Gobeyr,
qui loue la pureté de leur langue, p. 133, 3, p. 135, 1, nous fait
assister à leurs prières drolatiques dans la Ka'^bah. C'est ainsi que
j'ai souvent vu des Bédouins du Sud prier dans la Mosquée de
'Aydaroûs d'Aden. Ils regardent à gauche et à droite, en causant
et en demandant des nouvelles à leurs voisins, tout en murmurant
quelque chose qui devait être une prière. Il y avait de quoi crever
de rire. Ils ne connaissent pas même la fâtihah.
2) Dans les pays méridionaux dont je m'occupe, je ne connais pas
de Bagîlah, mais il y a une famille xL^ Jl, âl Bagalah, qui fait
partie des âl Begîr, grande tribu des Awdillah d'el-Kaur. Elle est
considérée comme étant fort ancienne, et son *âqil est très influent
auprès du sultan do Laudar. Il habite à jjyi-xjf, es-SaVah. Sprenger
A G A p. 43.
914
et 2495, de même que les Naha", qui se trouvent encore
au S. de Datînah. Les deux tribus étaient bien fournies
de femmes, car à la bataille glorieuse d'el-Qâdisîyah, les
Bagîlah avaient avec eux mille femmes à marier, et les
Naha", sept cents, Tab. I p. 2363.
Ce rôle d'el-muhlif est confirmé par Burckhardt,
Reisen in Arabien, Weimar 1830, p. 682: „Lorsqu'un
homme de ces Béni Yâm entreprend un voyage, il en-
voie sa femme à la maison d'un ami qui, ainsi qu'il
convient, doit en toutes choses remplacer le mari pen-
dant son absence, et lui rendre la femme à son retour."
Voilà donc deux témoignages, à une distance d'environ
600 ans l'un de l'autre, qui concordent parfaitement
entre eux. On dira que c'est là l'écho de racontars sans
fondement, ni I. el-Mogâwir ni Burckhardt n'ayant fait
une expérience personnelle. Mais la persistance même de
ce racontar prouve qu'il n'y a pas de fumée sans feu.
L'excellent Burckhardt, dont les ouvrages sont encore
aujourd'hui ce que nous avons de mieux sur les Bédouins
du Nord, nous donne une autre confirmation de l'obser-
Viition d'el-Mogâwir, par le récit suivant, Reisen in Ara-
bien p. 675. „Les el-Merekede, une branche de la grande
tribu de "Asîr, suivaient une ancienne coutume de leurs
ancêtres, en donnant à l'étranger qui descendait dans
leurs tentes, une femme de la famille pour compagne
pendant la nuit. C'était le plus souvent la propre femme
du maître de la maison. Les jeunes vierges n'étaient
jamais sacrifiées à ce système barbare de l'hospitalité.
Si l'étranger trouvait grâce aux yeux de sa jolie com-
pagne, il était traité, le lendemain matin, avec la plus
grande attention par son amphitryon, qui lui donnait à
915
son départ des vivres suffisants pour le reste du voyage.
Par contre, si, malheureusement, l'étraoger déplaisait à
la femme, on trouvait le lendemain qu'il manquait à son
manteau un morceau qu'on avait coupé en signe de
mépris. Lorsqu'on s'apercevait de cela, l'étranger était
chassé avec mépris par toutes les femmes et les enfants
du campement ou du village. Ce fut avec beaucoup de
peine que les Wahhâbites réussirent à les forcer d'aban-
donner cette coutume. Mais lorsque deux ans après il
y eut manque de pluie, les Merekede considérèrent ce
malheur comme une punition pour avoir abandonné la
coutume louable de l'hospitalité pratiquée pendant des
siècles par leurs ancêtres.
J'avais souvent entendu parler de cette coutume extra-
ordinaire de la tribu des Merekede dans mes voyages
chez les Bédouins de la Syrie. Cependant, j'avais de la
peine à ajouter foi à une histoire qui était en contra-
diction avec nos idées sur l'estime en laquelle est tenu
l'honneur de la femme chez les Arabes. Mais je ne sau-
rais plus avoir de doutes sur ce point, ayant reçu à
Mekkah et et-Tâif, de différentes personnes, qui ont eu
une expérience personnelle de la chose, les preuves les
plus positives de la véracité de ce fait."
Le nom de Merekede de Burckhardt n'est qu'une épi-
thète. C'est oji^, comme c'est aussi écrit dans son Bed.
u. Wahaby p. 145. Le sens est donc ceux qui font cou-
cher ou dormir. Ce sont sans doute les Bahîmîyah d'I.
el-Mogâwir, ou bien les tribus qu'il énumère ici p. 911 et
qui se trouvent encore aujourd'hui dars le ""Asir, Burck-
hardt Reisen p. 678. On observera que Burckhardt dit
que cette coutume d'une hospitalité poussée jusqu'à la
916
débauche fut abolie par les Wahhàbites, et que des per-
sonnes, dignes de foi selon lui, en avaient une expérience
de fait. Si la chose n'était qu'un racontar des musul-
mans orthodoxes, les Wahhàbites ne se seraient point
efforcés de l'abolir. Les Hodeylites, en se faisant musul-
mans, prièrent le Prophète de leur permettre la fornica-
tion, lijjf «^J S^. q], Kâmil d'el Mobarrad p. 288 et s..
Wellhausen, Ehe p. 4G2, cite KA XIX p. 131 l'histoire
de Laqît b. Zirârah avec Qeys b. Hâlid comme une preuve
que „quelquefois l'hôte de la maison n'est pas laissé
pendant la nuit sans femme." Mais l'histoire y racontée
est de tout autre nature, et Wellhausen semble ne pas
l'avoir bien comprise.
C'est peut être de ces tribus que parlent Agatharchide
et Artémidore en racontant sur les Troglodytes des côtes
de la Mer Rouge qu'ils ont en commun femmes et en-
fants. „Le prince seul a sa femme à lui. Celui qui a
commerce avec la femme d'un prince doit payer un
mouton comme punition." ') Les xivxilonoKTriToi que Pto-
lémée place ici, Sprenger A G A § 30, pourraient bien
aussi être identiques à ces tribus.
Les Slêb et les autres tribus congénères mentionnées
p. 812 sont renommées pour la liberté de leurs mœurs.
Curtiss, Ursemitische Religion p. 46 et ss., les prend
comme exemple pour tracer une esquisse de la vie et
des coutumes des Sémites primordiaux. La conclusion
restera pour lui. Mais les renseignements qu'il a re-
cueillis sur les §lêb concordent avec les miens. Il dit: „Le
mariage, comme lien pour la vie, n'était guère connu
1) Wellh. dio Ehe p. 4G3.
917
(dans le sémitisme primordial); à sa place il y avait
une sorte „d'amour libre." Chez les Slêbî, les deux se
trouvent, l'un à côté de l'autre. Le viol et la vie illégi-
time en commun des non mariés ne sont point inconnus.
La forme sous laquelle les fiançailles sont célébrées est
grossière et rebutante. Un amant agréé peut, sans autre
préambule, jouir charnellement de la fille Chez les
Slêbî, qui sont très hospitaliers, l'adultère n'est pas con-
sidéré comme un crime; le mari fait peu de cas de l'in-
fidélité de sa femme .... La danse des deux sexes en-
semble est, chez les Arabes et les Syriens, presque
inconnue ^). Ici (chez les Slêbî) les hommes et les femmes
dansent ensemble à la ronde sans se gêner. L'homme
peut embrasser et baiser la partenaire qu'il a choisie,
autant que le cœur lui en dit, sans qu'elle se rebiffe."
Un Slêbî que je rencontrai au Nord du Ledgâ me raconta
que les Slêbîât se laissent embrasser et que „ce n'est
pas là une mauvaise chose, car avec la vie dure que nous
meno7is, il faut hien aussi une halâwah, douceur.*^
Une telle hospitalité erotique est aussi pratiquée dans
l'Archipel indien, selon R. Schmidt, L E J p. 561 ^).
\) Chez les Hadar, oui; mais non chez les paysans et les Bédouins.
Voyez Gioss. s. v. danse.
2) Je m'associe volontiers au jugementdeFriedrich Krauss ZD M G
59, p. 435, lorsqu'il dit, à propos de cet ouvrage capital : »dass man
es voraussichtlich zu den wichtigsten Ilandbuchern des Ethnologen
rechnen wird, so bald man nur einmal die leider auch noch in
•wissenschaftlichen Kreisen hie und da immer wieder auftauchenden
moralischen Bedenken gegen die Beschiiftigung und Erforschung ge-
schlechtlicher Verhiiltnisse als Aeusserungen des Unverstandes und
der Unwissenheit iiberwinden haben wird." Seulement, ce qu'on
appelle ici ethnologue et ethnographie, je l'appelle éthologue et
éthclologie, de '^âo«, coutume, usage, institution, car l'ethnologie est
autre chose.
918
Au chapitre v^^-^^^' ^' '^-^ cr' ■'-• el-Magâwir dit
à propos des Béni Ou' bah, qui habitent à Far%
cX et qui sont une subdivision des Hodeyl'):
•• -^ y j ■■ jj '' • ^ • •• r
pj («„L^ JU A3.! j. f^^ (^ J.i.t ^3 j.^^î -^^ C^^^^'
^1 ^}^S y^' (^U-^ J^^ *iiJL5^J xCi i:>Là:>
L&urs femmes ne se vêtissent que de peaux. A cet effet,
la femme prend deux pièces de peau qu'elle coud ensemble
en y découpant un rond (pour la tête), et elle s'en ha-
bille. Par conséquent, lorsqu'elle marche^ tout son corps
est visible^ en haut et en bas. Si uti étranger voit une
femme clans un tel costume, il lui dit: ^Couvre-toi!"
\) Voyez ma La Langue arabe p. 69.
2) Les trois mss ont cette leçon. Leçon fort douteuse.
3) Même remarque.
4) Les trois mss ont O-**', qui peut être bon; voyez Gloss. Hdr
s. V. V_îw»«.
^ - o ir
5/ Les trois mss: ,m^\, qui pourrait être relatif de -wj»! ou de
= plus ruineux.
G) Mile?: Jw.^ii.,
7) Les mss : x«^.
919
Mais son mari lui réplique alors: ,jHabiUe-la, toil" Si
une femme nue, tout en étant vêtue [d'après leurs idées
à eux], est alors habillée par V étranger , le mari la tue,
car, disent-ils, celui qui couvre fait venir la jalousie ').
Dans le monde entier, il n'y a pas de plus égarés que
ces gens-là, ni de plus voleurs, ni de plus criminels, ?ii
de plus vils pour s'emparer des biens des pèlerins; ait
point qu'ils appellent ces derniers „la gamelle de Dieu.''
Et si on leur dit quelque chose à ce propos, ils répon-
dent: „ Lorsque ,^la gamelle de Dieu" arrive à ses créa-
tures, tout venant en mange l"
On voit donc que presque toutes ces tribus du Higâz
et de ''Asîr se ressemblent. Les Su'bah ne sont pas des
Slêb, et si aujourd'hui ceux-ci ont conservé leur „cos-
tume national" de peaux, les Su^bah le portaient aussi,
il y a quelques centaines d'années. Le costume ne peut
donc pas former un critérium pour la provenance des Slêb.
Le Qarmatite^Alî b. Fadl [H 303 a. H.], après avoir
assis son pouvoir sur le Yéman, voulait aussi y introduire
les mœurs lascives des Qarmates. Il se déclara prophète et
,{permit à ses partisans de boire le vin et de baiser les filles ').
A cet efifet, il fit construire une maison dans la ville d'el-
Mudeyhirah, oià il résidait. El-Bahâ el-Ganadî nous raconte
à ce propos ') :
1) Je traduis d'après le sens supposé. Le texte est obscur.
2) 'Omârah, éd. Kay p. \f^ et s..
3) 0. 1. p. If V.
62
920
obÇj ^i_i Lfi-x ^^iiÂsoÙ] Aj-o '«-otJ ^! j-:?^ !-«' *'*-^?^. ^ ^
c >
/^ y fît construire une vaste maison, où il réunissait
la plupart de ses partisans religieux, femmes et hommes,
attifés et pa^'fumés. A la lumière de bougies allumées on
s'y entretenait quelque temps par une conversation agré-
able et joyeuse. Ensuite, les bougies étaient éteintes et
chacwi mettait la main sur une femme et ne se retenait
pas de la baiser^), quand même elle aurait été une proche
parente avec laquelle le mariage était canoniquement pro-
hibé. Souvent l'homme attrape ainsi quelque chose qui ne
lui plait point, soit à cause de l'âge, soit pour une autre
raison. Il veut alors s'esquiver d'avec elle, mais elle n'admet
guère d'excuse. La continuation de cette histoire se trouve
ici p. 417.
Ici se présente une coïncidence bien extraordinaire.
Pendant mon long séjour en fSyrie, j'ai, à plusieurs re-
prises, visité la contrée du lac de Hùleh et de Bâniyâs.
J'ai eu l'occasion de beaucoup fréquenter les Nosayrîeh
qui habitent aux villages de Ragar, Za'ùrâ et ^Ayn Fît ').
Je copie mon Journal du 15 Octobre 1877. „ Ces Nosayrîeh,
1) Kay a j_^*^ , ce qui n'est pas un habitus littéraire, mais peut se
5 5
défendre. J'écris Làlaj, au lieu de LàLj, à cause de ce qui suit.
2) La traduction de Kay y>whom having scized hc did nol aban-
don" renferme une nuance qui n'est pas dans la phrase arabe.
3) Dussaud, Histoire et religion des Nosairîs p. 4 et note. Ebers
und Giithe, Palestina in Bild nnd Wort I p. 504 note 84. On pro-
nonce 'An fît.
921
qui se disent parents de ceux des Montagnes au-dessus
d'el-Lâdqîeh, ont une pratique très curieuse. Ils ont un
Ijalwah oiî, à une certaine époque de l'année, ils célèbrent
une fête religieuse. On y allume une quantité de lampes,
qui ne sont que des coquilles d'escargot avec des mèches.
Hommes et femmes s'y réunissent, l'on cause d'abord
ensemble et l'on lit des chapitres d'un livre religieux
nosayrite. Ces fonctions finies, on éteint les lampes. Les
hommes saisissent alors les femmes par le nœud du
fichu, que celles-ci ont, pour cette occasion, lié par der-
rière. Si quelqu'un saisit la femme par devant, elle crie
rarîb! c'est-à-dire, elle constate qa'un étranger se trouve
parmi eux, et la céi'émonie est interrompue. Celui-ci est
même mis à mort, selon mon interlocuteur, mais cela
ne peut être vrai que pour le temps passé. On doit savoir
que les paysannes de Syrie lient toujours le fichu qu'
elles portent autour de la taille en un nœud par devant.
C'est pour cela que les statues de Vénus, l'Astartès des
Phéniciens, ont toujours le nœud par devant. Si la céré-
monie doit se continuer, l'homme baise la femme qu'il
a ainsi saisie, quand même celle-ci serait sa proche parente,
même sa mère ou sa sœur. Il y a une promiscuité
complète^). "Abd Allah el-Ragarî, que j'ai à mon service
ici, prétend „que cela se fait tous les ans, que les mœurs
des Nosayrîeh sont très dissolues et qu'on peut avoir
n'importe quelle femme Nosayrîeh". Observez que ceci
était écrit bien avant la publication de l'histoire de ^Oraârah.
N'ayant pas tenu la chandelle, je ne saurais, bien entendu,
confirmer ces racontars, qui ont cours dans toute cette
4) I. el-Moéâwii- l'appelle -.^^3 -.j^ j rr^' ' ^- P* ^^'^' ^'
922
partie de la Syrie. Dussaud, o. 1. p. 153 et ss., défend
les Nosayrîeh „contre ces attaques malveillantes", de
même que de Goeje a tûché de laver les Qarmates des
débauches dont on les accusait. Mais nous avons ici deux
témoignages conçus presque en termes pareils, et pro-
venant de deux points extrêmes du monde arabe. La
pratique nosayrite est sans doute un reste du culte
lascif d'Astartès. A une heure à pied, à peu près, du
village de Ragar, il y a plusieurs acacias d'une grandeur
extraordinaire, l'un tout près de l'autre. Ils sont sacrés
aux yeux des habitants, nosayrites ou musulmans. On
les appelle sagarât el-^'asirah syijtlî oîy^ '). Les musul-
mans disent que les Compagnons du Prophète visitent
souvent cet endroit, tandis que les Nosayrites prétendent
que ces arbres appartiennent à une divinité 'Aserah:
ayisc ic^"^!'-^). C'est la déesse iyÇ la A T R T ûes Sabéens,
la Aéirtu des Babyloniens. A Saydâ, il y a une allée
très touffue des mêmes arbres qui y sont appelés ^]jkii:>
vli,^!^). Dans l'inscription de Neb de Wâdi Brissa, il est
fait mention d'une allée sur le dernier parcours de la
û
route de procession au Bit Aqîtu, ijë^f ^i>^*J*)» ^^
temple des noces d'Istar. On voit donc que l'ancien Orient
n'a pas encore tout-à-fait disparu. Lamairesse, le Kama
Soutra, p. XXII, raconte des partisans de „la Main
\) Aussi entendu a-ïl'^t et !-CC^L
2) Je l'ai entendu ici sans l'article 3) ou o'j^^^v*-' <cJ>y^\ùé.
•4) Ki\^\ &J^L> ^J^ Jo>^ «3 Roh. III p. 95: v. Gioss. s.v. «j.
923
gauche", une secte des Bhâkta: „Les rites de la Main
gauche unissent les deux sexes en supprimant toute
distinction de caste. Dans des réunions, qui ne sont point
publiques, les affiliés, gorgés de viandes et de spiritueux,
adorent la sakté sous la forme d'une femme, le plus
souvent celle de l'un d'eux; elle est placée toute nue
sur une sorte de piédestal et un initié consomme le
sacrifice par l'acte charnel. La cérémonie se termine par
l'accouplement de tous, chaque couple représentant Siva
et son sacty, et devenant identique avec eux Les
catéchismes qui enseignent ces pratiques sont remplis
de hautes théories morales et même d'ascétisme; mais,
en réalité, les membres de ces réunions ne sont que des
libertins hypocrites." Ce que Curtiss dit dans son livre,
si nourri de renseignements de toutes espèces sur les
coutumes religieuses de la Syrie actuelle, des Nosayrîeh,
n'est pas de nature à mettre ces sectateurs d'un ancien
culte sémitique sous un jour aussi favorable que le fait
Dussaud.
De Goeje, Mémoire sur les Migrations des Tziganes à
travers l'Asie, parle des Ragar, p. 66. Mais je me per-
mets de faire observer qu'en Egypte, les ^sc sont les
familles oià se recrutent les filles publiques qu'on trouve
dans presque chaque village. Elles sont aussi appelées
iXcLj, et ce seraient les disjecta memhra des familiers
des Barmakides, après leur dispersion par Harûn er-Rasîd.
Ce ne sont pas des .J, bohémiens, comme le prétend
Newbold, cité par de Goeje o. 1. p. 35et 66, etlesNawar
de l'Egypte ne s'appellent point Barâmikah o. 1. p.66,
malgré Lane, Sitten und Gebrâuche II p. 216 et 224.
"^i Ilabeiche, Dict. fr.arabe, rend bohémien par (^->-^, o=j*J
924
et Spiro, an arab.-engl. vocab., traduit ^^^ par gipsy,
c'est qu'ils considèrent ces Ragar comme des Tziganes.
Peut-être ont-ils été induits en erreur par Lane II p. 224.
Les Ragar d'el-Hûleh, c'est-à-dire ceux qui habitent le
village de Ragar, sont des Nosairîeh. M. el-M. dit que
c'est là le nom d'une tribu d'Arabes peu civilisés, qui
demeurent dans el-Hûleh et dans la région du Jourdain.
Cela n'est pas tout-à-fait exact, car les habitants des
autres villages ne sont pas appelés Ra|ar. J'ignore le
pourquoi de la coïncidence de cette appellation pour des
genres d'hommes d'origine aussi différente. De Goeje o.l.
p. 66, veut que ce nom ait été donné aux Ragar d'el-
Hûleh par les Tziganes. Cela n'est pas possible, d'abord
parce que les Tziganes ne sont nullement appelés .:^,
et puis, parce que les Ragarites d'el-Hùleh sont séden-
taires, tandis que les Nawar ne le sont pas. Les Tzi-
ganes auraient bien eu quelque point de comparaison
pour appliquer le nom à une classe totalement différente.
Dans le voyage que je fis dans ma jeunesse, accompagné
d'un âne et d'un noubien, à travers l'Egypte, depuis le
Caire jusqu'à la lèie cataracte, passant chaque jour dans
un nouveau village, j'ai beaucoup fréquenté les Ragar-
Barmakides, mais jamais je n'ai entendu le premier nom
appliqué aux Nawar. Ces Ragar égyptiens forment une
caste de prostitués et de maquereaux. Le mari de la &jy^
fait ce dernier métier, et il entretient les visiteurs avec
son jeu de rabâbah. Il attend à la porte que le visiteur
Ulo ^_5Ài:^^ Les Ragarites d'el-Hûleh sont aussi lascifs,
comme je viens de l'exposer. J'ignore absolument d'où
vient ce nom. Vollers ZDMG 50 p. 611 le fait dériver
925
du turc kaéar. Les étymologies que de Goeje met en
avant ne sont que des essais tâtonnants.
Je crois que l'ancienne religion sémitique, en se per-
pétuant à travers les siècles, a aussi entraîné avec elle
les pratiques religieuses. On oublie si facilement que les
parties sexuelles ont toujours gouverné le monde sémi-
tique, comme elles gouvernent encore le monde moderne.
L'antiquité sémitique, voire toute l'antiquité en général,
était un priapisme. La „Montagne des dieux" Arallu^),
n'est autre chose qu'un phallus, le pivot du monde. Nous
savons que, jusqu'au temps de Constantin, une licence
illimitée de mœurs, de la part des femmes mariées et
des filles, régnait dans le temple d'Astartès à Baalbek ^).
Pour se persuader qu'elle n'a pas cessé de régner, on n'a
qu'à lire le livre de R. Schmidt L E J p. 556 et ss., où
il décrit les débauches dans les temples hindous. Je ne
mets nullement en doute ces débauches religieuses. L
Batoûtah II p. 228, en parlant des femmes de 'Oman
dit : liU JJ ^IXi] % j?L\ic éjJ: "^ jj'uvÀÎ' o/^- (?£'-^. Leurs
femmes sont très corrompues, et ils n'en éprouvent aucune
jalousie et ne blâment point leur conduite.
P. 229 il raconte cette anecdote: !l\^ jolx: Lo^ J^
io-**o .-y^J! ^«'^*^^ al.— <l xiLJ'li im^^ i-t^ cX-*^ -_i! ..LIaL«.JÎ
(5**3 lX.*^ LiL *J vi^Oiîj XJu\j ,.-u K^j^jS i^^^' ^pLi s.yuJI
1) Mémoire sur les Carmathes de Bahrain 2e éd. p. 30 et 159.
2) Homrael A A p. 273, K A T' p. 636. Jeremias A T pp. 47, 333.
3) Eusebius \'ita Constant. III p. 58, Barhebreus Chron. Syr.
p. 65. Kinship p. 136.
926
U ^z ^^S) L^ JULJ Ju^ Ih ^Jy:> j li!^ ^;-^^^' ^
Je me trouvai un jour chez ce sultan Abu Moh. b.
Nabhdn quand une jeune femme^ belle et d'une figure
admirable, entre chez lui. Elle se tint debout devant lui
et lui dit: „0 Abu Moh. ! Le démon s'agite dans ma tête." —
Il lui répondit: „Va t'en et chasse ce démon." Elle ré-
pliqua : „ Je ne le 'peux pas et je suis sous ta protection,
ô Abu Moh." Le sulta?i reprit: „Sors et fais ce que tu
voudras." J'ai su, après avoir quitte ce roi, que cette
femme et celles qui procèdent comme elle, sont sous la
protection du sultan et se livrent alors au libertinage.
Ni son pérCy ni un proche parent ne peuvent s'en offus-
quer; et s'ils la tuent, ils sont tues à cause d'elle, car
elle est sous la protection du sultan.
Cela rappelle le cas des panyeroan de Bali. Ce sont
les filles ou les femmes des hommes de la classe la plus
basse (sudra) qui sont morts sans héritiers, ou de ceux
qui ont été mis au ban de la société. Ces femmes deviennent
la propriété du sultan qui, s'il ne les garde pas pour lui
dans son harem, les envoie dans le pays pour s'adonner,
en son nom, à la prostitution. Elles sont obligées de lui
remettre une certaine partie de leurs recettes. Dans l'Archi-
pel indien, cette prostitution au profit du sultan ou des
Grands du pays, se rencontre aussi à Indragiri, R. Schmidt
L E J p. 5G3. A en croire I. el-Mogawir, les habitants de Mek-
kah n'étaient point meilleurs. Il raconte : j. 'Is^ j^_^! c>ol^3i
927
slXçvvJ . c-îaxJ" iixiiiJ *-Jx. .j»JtLiftJ3 lX-oO! .^^JOio jPiAiî v.^Lw
^ L^;|>> Js-E^ ^^'J'^ ^'j-' j-aiLj iL*JJÎ ^UiÀS^i *./o^ *^. J^
jL>yi e^/it jjL,- ^! ^/iî >>y iù^'L^ ^yi ^'An j.;^.^-
L^ ^, L^^' JAo- ":^ iu^b- ^ : iLjL5>UI J.Û j. J^ iiUJ^_5
J^t dUo J-£ ^3 J^t >j«Uo ^ ^^ [24, 33] lli^- ^^oy
1) Schefer : (*-gtv'^ .... tXjLxJtJS. Le sing. est ici fji^Jj^^. Bey-
dâwî II p. 22, 20 exprime JS^ jsjtlaaiî ^laï par i— ^Lc^iî q^jJx ^yi?,
voyez ici p. 41, 16.
2) Les rnss. Lbg et Schefer ont r-f^^ J^-V-" 3' -"T^' J^^- Je
ne sais si la seconde partie est l'explication de la première. J'ai suivi
dans la traduction la conjectuie de de Goeje qui propose —^t j:> J";
il faut alors lire j^^Jo. J'ai pensé à —?»-'( (<r^-j} locution connue.
3) MS. -^ = -r^-^-î' ou ^j^^l ou peut-être aussi „!-^J!, par
rapport à -r- tÀj) JlXaj"? Le sing. r- p» est un peu académique, et
le mot serait étrange dans la bouche d'I. el-M.. La locution ^j^^
-.-♦-[5 est connue, LA III p. 189, G, Lane s. v., Grùnert : Die Al-
litération im Altarabischen p. 37. Elle est encore courante dans le
Sud pour désigner un pêle-mêle = class. LSsa L-Uùi . Les deux
verbes signifient dans la lurah Lil*''>l et au fig. .iOo (— yo). Dans
notre dialecte, -.** est luxer \ -rf^ ou — j^î = r^y*' se luxcr^
4) Seulement dans Miles, mais l'anecdote suivante le justifie.
928
Jo^î ^^! Aj j dVÎi ^^juî^ «^1 J.! C ti^ ^^' «i'^ "^ '4^3j^
Les habitants de Mekkah achetaient anciennement
des esclaves auxquels ils imposaient une contribution
à payer chaque jour au maître. De même, les fem-
mes imposaient une contribution à leurs esclaves fe-
melles. Celles-ci, dans V espoir de s'' en acquitter, se
mettaient à être généreuses de leurs personnes vis-à-vis
des hommes: la promiscuité en amour était complète!
Cela existe encore, à Vheure quHl est, à Aden, aussi
bien de la part des étrangers qiCentre les habitants
eux-mêmes"^). Ce ri! est pas là, pour eux, une chose
malhonnête; les femmes s'en vantent même. Il en était
de même au temps de V Ignorance : toute esclave qui
ne Jît bon marché de sa vulve, était en cela désap-
prouvée. Cet état de choses dura jusqu'à ce que fut
révélé le verset qorânique : „Ne contraignez pas vos
femmes esclaves à la débauche, si elles veulent être
chastes^' ^). Cette habitude date de ce temps-là, et Von
1) Peut-êtie une faute de copiste? On s'attendrait à un verbe
(j-JbJ' ou quelque chose d'analogue, mais J^ peut se défendre.
2) De Goeje traduit, o. 1. p. 27: tant par des étrangers que par
les habitants eux-mêmes; mais Vétranger v^^' ^^^^ ^'6" partie
de L^'- La traduction de de Goeje peut aussi se défendre; on
choisira.
3) Voyez aussi Bohârî "VII p. Gl : Aa-IàS! ^^^'3 U^' Jt^ ""^^
929
y tient encore à Vheure quHl est. Lorsque le maître,
Vesdave mâle et Vesclave femelle sortent pour vaquer
à leur travail, la femme est laissée seule à la maison.
Elle reste alors couchée sur les quatre pattes, si elle
n^a pas cV occupation, et cette position devient alors
pour elle une habitude avec laquelle elle s^est familia-
risée. On dit, à ce propos, que lorsquhm homme se
chamaille avec sa femme, celle-ci, prise d'un accès de
furie, lui dit: „Tu veux sans cloute que je me le casse H
C'est-à-dire, tu veux que je reste assise sur le derrière.
Le mari lui réplique alors: „Je t'en supplie, ne le
fais pas!"
Il y a toute raison pour supposer que l'époque du
Prophète n'était pas marquée au coin d'une grande pu-
reté de mœurs et de langage. ''Omar b. el-Hattâb viola
'Atikah, qui voulait rester fidèle à son mari défunt, I
Sa'd VIII p. 194. Abu Bekr es Siddîq lança cette boutade
o^t (^T^ L>^'*'')î -5^^^ ^^ clitoris circoncis d'el-Lât,
Boh. III p. 194, à "Urwah b. Mas^oûd qui l'avait accusé
de lâcheté.
Les habitants de Zebîd sont encore aujourd'hui renom-
més pour leurs mœurs faciles et joyeuses. I. el-Mogâwîr,
sur le ^j:^^ wA-A^ et le ^Lo*^' wA.A^^i" et ibid. III p. 94 en haut:
1) Var. : (^^a>.2x!, ce qui est moins bon, LA s. v., mais non pas
»une erreur" comme le veut Qasfallânî IV p. 446 et Ta'lab, el-
Fasîh p. 4, car on l'a certainement dit et on le dit encore.
2) Var.: ^.
930
qui parle beaucoup de cette ville, en dit, entre autres
choses, ceci: ^.y^Lï^dl ^=A^! C^ J^ ^ ^j:,xl\ Jc^ Jï
^l,! qvI^ jS^ÎJ lAxjj J-Jî! "^î sLoJ>5 \>uu> *j --Jl*^ Le ^X! Jw-r_
• vs^^' fii^3 ^c^jJî V^^jr-^b ^L^^' u-^^'j Vjr^'3 ^^'
*^^6c/ en-Nehî b. '^Alî h. el-Malidi a dit aux per-
sonnes pi'ésentes : „Je m^ étonne des habitants de ces
deux ivâdis" — „Et qiûas-tu vu d^étonnant de leur
'partT' lui demanda-t-on. — „J^ai vu, répondit-il,,
que le caractère de toutes espèces dlwmmes incline
vers les qualités mâles et viriles, excepté pour ceux qui
1) Seulement dans Miles.
'2) S. et L. viA.»3i, M. t*^\ ce qui indique .qu'il l'aut lire couit
3) Les mss: q^, mais cela est contraire au sens.
4) M. et S., io.i^, ce qui ne donne pas un bon sens; mon ms.
.')) L M S ont Q»*.jo»*j. ,Ie ne connais pas un verbe pareil.
931
habitent entre ces deux luâdis, car leur caractère, à
eux, incline vers le sadisme et le naturel des femmes y —
„Et comment a^-tu pu constater cela? — Tqute créa-
ture humaine incline vers ce qui est utile a sa reli-
gion et à sa vie sur la terre, excei^té les habitants de
Zebîd, car ceux-ci ont Vinclination au manger et au
boire, aux beaux ^) habits, à la chausswe et ils aiment
à sentir des parfums. Vinclination de leur caractère
est plus grande pour les femmes que pour les hom-
mes." Un de ceux qui étaient présents à cette réimion
fit alors observer: „Zebîd a précisément été placé entre
deux Wâdi, à l'instar d'un homme qui habite entre
deux femmes: il s'adonne a ce que son goût personnel
lui fait choisir, et a ce que ses besoins lui dictent." I.
el-Mogâioir dit: La plupart de leurs hommes, dans
leur parler et leurs mouvements, causent, font des
minauderies, et se dandinent le corps, comme
font les femmes.
Yâqoût (+ 626) IV p. 482 dit, à propos des habitants
de Mirbât: ^ ^cJ! é^3*, 8oL«JLi \j>y^,.^\ ^li' ]i^ iùLï ouij
1) \^i>*n\ a ce sens dans les dialectes hadar du Nord, v. Prov.
et Dict. s. V.,
2) Qazwînî [ + ^>82] Kosmofïia[)hie I p. 40 a au lien de cela v^b>"^L
932
UJls &ÀC l g'*'*X5\) Î.Ljt^t j.i.XcioÎ5 IjAx^' LLyii iho^. ^-^ol J^-ilc
'bJj *jj^S \c^ (•■J^>>-E (jNxJb aI vi>JLs s^yJj ^_5^ \i>jiAi>- Jl L>
Lj.Aï _^j xLiJ ..j! LxxiiiLw! ^_5 Uàj' Ljili» A/o aJj LiUiJ \JLc
i/.? manquent de jalousie, comme si cela leur était
devenu une seconde nature. Ainsi, leurs femmes sor-
tent en dehors de la ville et elles s^ entretiennent le
soir avec les hommes qui ne soient pas proches parents.
Elles folâtrent avec eux et sont assises près d''ev^jus-
qvHa ce que la plus grande ixirtie de la soirée soit
passée. L'homme passe devant sa femme, sa sœur, sa
mère ou sa tante matei^nelle, et si elle folâtre et cause
avec un autre, il la laisse, s''en va vers la femme
d'un autre et s''assied près d'elle, comme on a fait
avec sa femme à lui. Je me suis trouvé à Kîs avec
beaucoup de ces gens, entre autres un homme sage et
bien élevé, qui savait beaucoup de choses. Il me récita
des vers dont je pris note. Dans le courant de notre
conversation, je lui dis : „J''ai appris, sur vous autres,
une chose qui me répugne, înais je ne sais si cela est
vrai." — „Peut-être, s^empressa-t-il de répondre, veux-
1) L'éditeur a (ji^; Qazwînî, 1.1.: (j*^ »r?j^. ; I. Rat. II p. 456.
Les prononciations kîs, kîs et qîs sont également bonnes, Marâsid
II p. M\l et .509. J'ai suivi de Goeje I. Khord2 p. 62.
933
tu parler du samar^), V entretien du soir?''' — ,, C'est
précisément cela" — „Ce que tu as entendu dire sur
ce sujet est vrai. Mais je jure par Dieu quri cela est
vilain ; c'est que nous avons grandi avec cela, et depuis
que nous sommes créés cela, nous est familier. Nou^s
n'avons pu le faire cesser. Nous Vaurions changé,
si nous Vavions pu. Mais il n'y a pas moyen d'aller
contre la coutume invétérée des années passées." Les
habitants de Mirbât sont des Mahrah. Yâqoût les appelle
v_j^ et il ajoute : „iZs ont le même aspect que les anciens
Arabes." Ils sont aussi, pour el-Maqrîzî, des ^îyo ^j^,
Arabes pur-sang^).
W. Hein, Mitteil. der kk. Geogr. Gesell. in Wien XL VI
p. 254, dit: „Endlicli muss ich zur Ergânzung der Berufs-
arten anfûhren, dass es ein eigentliches Huren-gewerbe
nicht giebt. Wiederholt sagte man mir, dass aile Swa-
hilifrauen ohne Ausnahme huren, dagegen sollen die Mahra-
frauen sich nicht der Hurerei ergeben. Qbrigens erhielt
ich gerade ùber diesen einen Gegenstand einige recht
bezeichnende Texte diktiert, welche im Zusammenhange
mit dem was Yâqût ùber Mirbât im Zafârlande sagt,
auch die Frauen in einem eigentùmlichen Lichte er-
scheinen lassen." C'est dommage que ce savant con-
sciencieux soit mort avant de nous avoir donné les détails
éthographiques qu'il a recueillis sur ce sujet. Il serait
intéressant de savoir pourquoi les Mahrites portent sou-
vent le nom de la mère, ibid. p. 259, ainsi que c'est
aussi le cas, selon Hein, chez les Bédouins de Hadramùt.
i) Encore employé dans ce sens j)oiir la niT-ine chose.
2) De Valle Hadliiamut p, 25. Cf. ma La Langue arabe, p. 8.
934
J'ignore si les Bédouins de Hdr ont les mœurs relâchées
des Mahrites. Dans ce cas, qui ne me paraît pas pro-
bable, il ne faudrait pas voir dans le port du nom de
la mère une preuve du matriarchat préislamique. C'est
plutôt la suite de l'impossibilité de la recherche de la
paternité. Chez nous, un enfant illégitime porte aussi le
nom de la mère.
D'après Nilus, Narratio V, les Sarracènes qui avaient
manqué l'heure du sacrifice de Theodolus, l'auraient en-
gagé à „ manger des choses impures" et à „ jouer avec
les femmes", •ywxi^l 7rpo(T7r»l^eiv. C'est là sans doute le
sL^\ iL^^Lo de certaines tribus arabes. On sait que les
Slêb, les Htêm et d'autres tribus analogues mangent le
ij«^ =r Sud ci*As' (pour c>^^'i). Le Prophète entendait
bien le ^L^^^^f 'iUî^'%^'^) d'une façon plus honnête, sous
la sanctification du mariage; il en était grand amateur
et le recommandait aux Musulmans. Mais le ^..Jao]! Js'î
était plus grave, et il le défendit, ce qui prouve que
cela était une habitude.
Tabarî, III p. 418, nous raconte que chez une secte
râwandite, un homme offrit sa propre femme à ses par-
tisans après les avoir régalés. Cette secte existait encore
au temps de Tabarî.
L'intolérance racontée par Bent, Southern Arabia p. 238,
au pays de Dofâr n'a rien à faire avec le sujet qui nous
occupe.
1) Boh. III p. G2, 10 et p. 100, 4 d'en bas. Sifr es-Sa'âdah d'el-
Feyrûzîibâdî, Caire 1295 p. 90, 5. Le Prophète aimait à baiser ses
femmes I. Sa'^d VIII p. 103, où il faut lire ^LvUU (i-*^', de môme
que p. 104, 21. La manière de s'asseoir du Prophète y décrite,
>y?^) i}-^ c*^'' ^^^ encore celle des Bédouins.
935
Par I. Hallikân nous apprenons que le célèbre juris-
consulte 'A ta I. Abî Rabâh, + 115 '), originaire du Yéraan
et grand amateur de chant, sanctionna la légalité, pour
une tierce personne, de faire l'amour avec les esclaves]
avec le consentement de leurs maîtres: s-b» iJ>L' ,cj ..'i'
^^ji-4i) (i)'^^ ^}^' ^"^ prétendait même u>-x>j ^j^ ».jî
« " -
i^^Juso ^\ a^.Jjr^. qu'il envoyait ses femmes esclaves à ses
hôtes ^). Ces idées libérales du grave juge mekkois sont
confirmées par Abu el ""Abbas Ahmed er-Râzî dans son
Histoire du Yéman ^} lorsqu'il dit : .-^^ ^i <sii! uW S3
*i]o! k_jbo' Jï liVJo *- c^yjsi _Li. ^! ^ Llic (J^ c>J^^
Mention de "Abd Allah b. Wahb. ^Abd er-Razzâq a dit
que son père a raconté que A. A. b. Wahb a dit: „Je
suis parti dans mon premier pèlerinage et mon père
m'ordonna de conclure un mariagedemufah{hM.Qkkdi\[).
Lorsque j'arrivai à Mekkah, je visitai "Atà b. AU Rabâh
et je lui fis me^ition de cela. Celui-ci dit alors : „ Ton père
a eu raison." Cela concorde avec ce que nous apprend
Ammianus Marcellinus ^) des .Saracènes: Uxores merce-
nariae conductae ad tempus ex pacto atque, ut sit species
matrimonii, dotis nomine futura coniunx hastam et taber-
\) Trad. de Slane II p. 204; éd. Caire I p. 401 ; Arabica IV p. 27.
2) I. Rasîd envoya aussi deux femmes esclaves à ses ...Là|yto, J.
Euting et Huber, pour leur faire le mi'-nape à Hâil. Etait-ce seu-
lement pour faire le ménage? Euting ne nous le dit pas!
3) Mon ms. et Brit. Mus. Suppl. 1894, p. 371.
4) de Lagarde Mitteil. Il p. G7 ; Wellh. die Ehe p, 465; Rob.
Smith Kinship p. 07.
63
936
naculum offert marîto, post statiim diem, si id elegerit,
discessura: et incredihile est quo ardore apud eos in Ve-
nerem uterque solvitur sexus. Je ne vois pas, contraire-
ment à Wellhausen, die Ehe p. 465, qu'il y ait une grande
différence entre ce mariage, symbolisé par la lance et la
tente, oii, bien entendu, elle recevait les amateurs, et le
muf'ah arabe, aboli par le Prophète. Les formes sont
différentes, mais le but était, comme dans tout mariage,
la jouissance charnelle. La conclusion qu'en déduit Rob.
Smith à la prédominance du Matriarchat est absurde,
comme l'a déjà relevé de Lagarde o. 1. II p. 68.
Cette immoralité des habitants de l'Arabie méridionale
a été persifflée par Tàbit Qutnah lorsqu'il dit, KA XIII
p. 51, 29:
Leurs femmes sont un objet de commwiauté pour
fie libertin
Et leurs voisins sont le butin des cavaliers et des
fpiétons.
Le poète n'aurait pas été aussi cru dans son tL:s\P,
s'il n'y avait eu un fond de vérité à mettre en évidence.
Ferazdaq, dans sa satire contre el-Muhallab, dit Z D M G
59, p. 599:
Des pays où pas un jeune homme ne peut désigner
Ses deux parents et oii les jeunes filles ont des enfants^).
\) Ilell traduit les deux derniers mots ])ar y>où les filles se fo)it
faire la cour'", et pour défendre son 'à1Ji.a il s'appuie sur Wright
937
L'accusation d'I. Hauqal p. 542, citée par Yâqoût I
p. 541, contre les Berbères, qui offraient leurs garçons
à l'hôte pour l'honorer, ne me semble pas être sans fon-
dement. Nous savons par „le Maroc inconnu" de Mou-
liéras, que les Marocains se distinguent justement par ce
vice invétéré chez eux, comme les Chinois encore de
nos jours. Les statues d'Antinous, esclave de l'empereur
Adrien, sont une expression lapidaire du sadisme romain.
Il ressort des inscriptions de l'île de Théra (Santorine),
publiées par le Baron Hiller v. Gaertringen vol. III, que
l'amour des garçons, chez les Dorions, -remonte à une
haute antiquité. L'homosexualité, existant de tout temps,
n'est pas connue des Bédouins, mais les Haçlar ont dû
la pratiquer même au temps du Prophète. Nous trou-
vons dans Bohârî VII p. 159, un chapitre sur „les hom-
mes qui veulent ressembler aux femmes et les femmes
qui veulent ressembler aux hommes." Un tel homme était
appelé ui*.;^^') et une telle femme, idi:î-.xxi. Le Prophète
lui-même et "^Omar avaient chez eux un muhannat,
qu'ils mirent ensuite à la porte, Fath el-Bârî 10 p. 280.
GH I p. 148 B b. Il le fait dériver de J^'j et alors il ftxut lire
iLijix. Mais (J;c! n'a pas cette signification. Le sens paraît plutôt
i''tre que les ^LJj» ou im*^^ '^® '^^ P^ys, soit les jeunes filles, les
gawârî, sont déjà iCyw, mcltenl au monde de jeunes ffazelles=^
des enfants, ce qui explique ce qui précède. rjJ^' n'est pas r>Yor-
fahren'\ mais les parents, père et mère. On peut ignorer ses an-
cêtres, mais l'on n'ignore point ses parents !
i) (_».L«JJ) (wJLxj et 'y-w-À^Li ...>; <i-\i-'».,l v_;Li.
2) Dans le Sud, vi>-c> est faire Vamour, en général.
938
Tab. dans son Tafsîr dit que le Prophète siJ^>I! w i
Le code de Hammourabi fait aussi mention de cette
zinnistu zi-ik-ru-ura §§ 178, 179 et 180. D H Muller,
die Gesetze Hammur. p. 144, y voit une „putain qui
se donne des allures d'homme", et J. Jeremias, W Z K M
18 p. 109, lui donne raison^). Les Hébreux avaient aussi
leurs ^y'^'^ et leurs obL>yo«, sans cela la défense de
Deut 22, 5 n'aurait point été nécessaire.
Il ressort clairement des Commentaires de la Nihâyah,
de Fath el-Bârî 10 p. 279, et de M. B. el-A., *) que ^.J^
n'est pas ici un hermaphrodite, mais un cynède, comme
c'est aussi l'avis de v. Kremer Culturgeschichte I p. 45.
T A I p. 619 en bas, n'est pas de cet avis, et il dit que
c>j3> n'a pas le sens en question en arabe. Il a tort.
On n'a qu'à lire les commentaires d'el-Meydânî sur les
proverbes suivants, pour se persuader du contraire:
ci^ ^ è^>cf>! Freytag I p. 451, jS^o ^ o>^=>', ibid.,
sx^\ jujiA j^ ■.iy.x=>\ ibid. p. 452 et u«^jv^ ^■J^ ^3-^==-!, ibid.
p. 468. Le tableau qui y est déroulé des mœurs d'el-
Médînah est bien le comble de l'immoralité. L'auteur de
Fath el-Bârî [+852] 10, p. 279 est très explicite: Ja,
1) Zimniein m'écrit: »Zi n n is tu m-zi k ru ni (wie besser statt
Wincklers a mel i t-zikr u m zu lesen ist) »Weib-Mann", niag selir
wolil nach Ihrein Vorschlag, in Analogie mit dem Arabischen, zu
erkliiren sein. Aus dem Babylonischen seibst liisst sich, soviel ich
sehe, Genaueres nicbt daruber entnehmen."
2) La Nihâyab ne parle pas de ^S>J^, mais seulement de 'il:^^
II p. G9.
939
^ Uo dUJo'^ iJl^yLi iL«.juî ^j^ x*-;io' j^3 ^ù\ j. sL**>w1j
/ e^Tm a dit: La malédiction dans cette Tradition
s'applique aux hommes qui veulent^ dans leur- manière
de s'habiller, ressembler aux femmes, et de même aux
femmes qui veulent ressembler aux hommes. Mais quant
à ceux qui, dans leur manie d'imiter les femmes, vont
jusqu'à se faire enculer, et aux femmes qui s'adonneyit
à l'amour lesbien, c'est que ces deux catégories encou-
rent un blâme et une punition plus forts que ceux qui
ne poussent pas la chose à ce iMint extrême. Il est clair
qu'on n'était pas iL«^'L. xyi;joo ou JL:>jIj iCi>-:ix«, c'est-à-
dire que l'homme s'habillait en femme et la femme s'ha-
billait en homme, en affectant les allures et le langage
de l'autre sexe, sans qu'il y en eût une raison, et c'est
justement celle qui est mentionnée ici. Au premier temps
de l'Islam, ces individus pervers n'étaient point molestés.
La société arabe citadine n'était donc pas aussi morale
qu'on a voulu nous le faire accroire.
Les ^*^j1^^ o'-^5 du Paradis musulman, Qor. 56, 17
et 76, 19, n'y sont certainement pas pour le plaisir des
yeux! J'ai vu, dans ma jeunesse, des Moh an natîn dans
les cafés de Damas '). Si la chose n'avait pas existé, le
Prophète ne l'aurait pas défendue, Hdr p. 328. Moùsa
1) Haalbek, en Syrie, est le pays des Cynèdes, une Kyncdopolis
moderne.
940
el-Hadî fit tuer ses deux esclaves femelles qui s'adon-
naient à l'amour lesbien, i^L>^'^); mais c'est là un cas
particulier qu'il ne faut pas généraliser. Abu Hayyân
rapporte ces vers, âifâ' el-Ralil p. 194:
que la crudité me dispense de traduire. Aux Indes, on
trouve quelquefois, parmi les Devadâsî, des hommes ha-
billés en femmes, les soi disant beksa. Cela se rencontre
surtout parmi les danseuses balian de Bornéo. Ils y
sont appelés basir et sont habillés en femmes. Il y a
même des basir dans le Kahayan moyen, qui, selon une
coutume ancienne, sont mariés à des hommes dont ils
partagent le lit. Malgré cela, ils sont très estimés; on
les préfère aux balian et on les paie plus cher. De même,
il y a, chez les Bouguinèses, les bissu, prêtres mâles
et femelles, qui se prostituent, R. Schmidt L E I p. 562.
J'espère que le y^\ „-Xlo dont parle (jubayhfi' el-A^ga*"!,
Mofaddalîyât, Anmerkungen p. 88, et Meydânî Proverbes
sub ^'w.^ ^j^ „Joî, Freytag II p. 778, n'est qu'une gros-
sière plaisanterie ou un cas isolé.
Dans le chapitre ^Lx-à-o xi_>o, I. el-Mogâwir fait une
remarque fort drolatique. Après avoir énuméré les fruits
et les plantes qui y viennent, il dit: , *- .>/■> ^,jJ-S"Â-=>
1) Gâhi?, K. el-Mahâsin, éd. vau Vloten p. 395.
941
Çetjsar, familier de G. ecl-D., et le daulah Gauhar,
m'ont raconté que les radis *) s'y vendent fetidus en quatre
parties. ,^Pourqîioi?" lui demandai-je. — ,^Parce qu'il s'est
trouvé une femme qui s'en servait dans sa vulve. Le
Seigneur de la ville ayant appris ce qui en e'tait, ordonna
alors que les radis ne pourraient être vendus que fendus,
et l'on en fit une coutume."
Lorsque les auteurs arabes parlent de putains en Arabie,
il ne faut pas penser aux Bédouins. Il y avait, comme
il y a encore, autre chose que des Bédouins en Arabie.
Les milieux hadar n'étaient pas beaucoup meilleurs que
partout ailleurs dans ce tempslà. On n'était nullement
déshonoré parce qu'on fréquentait une putain, ainsi que
l'ont déjà prouvé Rob. Smith, Kinship p. 143, etNôldeke
ZDMG 40 p. 155. Que de fois j'ai vu en Egypte, sur-
tout dans les villages de la Haute-Egypte, les employés
du gouvernement jouer aux dominos en pleine rue avec
les Barâmlkah, les filles publiques, qu'on y trouve par-
tout. Les Hindous ne pensent pas autrement. Pour la
société indigène indienne, la prostituée n'est pas une
paria. Les idées sur la vie conjugale y sont tout autres
qu'en Europe, R. Schmidt o. 1. p. 561. On ne doit pas
se figurer que l'antiquité fût plus chaste que notre éqoque
moderne. Bien au contraire. Les rois de France, pour ne
parler que de ceux-là, ne donnaient pas précisément
1) Le J«-^, de l'Orient, Raphanus sativus L, est long. Je l'ai bien
souvent vu fendu en quatre sur les marchés orientaux. Cela doit
bien avoir une raison. Celle que rappoite 1. el-M. pourrait être vraie,
car en Orient tout était possible, et l'est encore. Ce qu'il y a de
plus curieux, c'est que le pliallus revêt sur les monuments assy-
riens postérieurs !;i lurme d'un l'igl oriental. 11. Le figl s'appelle,
i Nice, racine amère.
942
l'exemple de conduite morale. „Le Parc aux Cerfs" était
un lupanar royal, et „les Dragons de l'Impératrice'' étaient
les hommes les plus beaux et les plus gaillards de France !
Toute l'antiquité orientale était, à nos yeux, une débauche
éhontée. Celui qui, un jour, écrira l'histoire philologique
et culturale de la racine nk et nkh dans toutes les
langues sémitiques et hamétiques, prouvera que, pour les
Orientaux, les naturalia n'étaient pas turpia^ mais plutôt
clivina. On doit bien les cacher, quitte à s'en servir à
la première occasion. Nous avons, dans Tabarî I p. 1727
et s., un intéressant document émanant du Prophète.
C'est la missive qu'il donna à 'Amr b. Hazm qui se
rendait chez les B. el-Hârit b. Ka^b pour les instruire
G
dans les préceptes de l'Islam : ^ <s=>\ ^ JLoj (.,' ij*1jl'
t_r^ --^ o ^ Lr .. ^
(^ »jii J. 'làe 'i' ^Avî. jt^ w\:>' c-^^. "^ q'- Bob- I P-
(s^ocî ^ jc*o wc ^Li), cf. Boh. III p. 70. Cela était im-
portant surtout pour les Arabes du Sud qui n'ont pour
tout vêtement que leur pagne. Lorsqu'ils se courbent ou
passent le pagne autour des genoux^ étant assis, i^c-y^',
on risque de voir ce qui doit être caché. Voilà pourquoi,
dans le Sud, on dit, en guise de plaisanterie à celui qui
est ainsi assis et qui n'a pas eu soin de couvrir son
1) Mais les Bédouins, surtout ceux du Nord, le font tout de mî-me. La
prol'ibition qui suit dans le texte de Tabarî n'est pas observée non
plus, Hdr Gloss. s. v.. On voit que — i s'applique aussi ai\i\ pudenda
de l'homnoe, comme I. Sa'd VIII p. 139 d. 1., où il est dit que "^Âisah
n'avait jamais vu le aI'! Jv-^, „^, et pourtant ils se lavaient tous
les deux dans le même vase aprèti le coït.
943
'aurah: -l^^^.^'', mouche-toi le nez! C'est à cela que le
Prophète a pensé dans ses recommandations. Si le taub
est assez long pour qu'un bout puisse être jeté sur
l'épaule, il suffit aussi pour couvrir \espuclenda,Boh.]A..
Ce précepte paraît toutefois être une législation du Pro-
phète. Selon I Sa'd 17 i p. 113, I. Sîdahllp. 31 ['Omar]
et L A XIX p. 3, 'Abd Al]âh b. 'Omar b. el-Hattâb,
qui était d'une pruderie exagérée }^^f- A'
.'>.4^
L'.^
oi^ J.v:>-=>' S^ Jl-=^-^i regarda au bain, les pénis
'j ■ >
des hommes et il dit: ^^Laissez-moi sortir!" avec cela ils
étaient circoncis, et L A ajoute : è^ ^ o-,. On ne por-
tait pas encore la fûtah au bain '). V. Hdr p. 487, note.
Dans ce relâchement de moeurs que je viens d'exposer,
nous voyons bien une prostitution; mais les Orientaux
n'étaient point du même avis. Nôldeke dit, Z D M G- 40
p. 155: „In der Angeblich regulâren Vielmânnerci in
Mittelarabien sehe ich immer noch einfach eine Art
Prostitution", et il juge ainsi le tavï^rîd des tribus du
Sud. Certainement, pour nous autres, avec nos lois, cela
est prostitution, mais nous ne devons pas juger d'après
nos idées modernes un monde qui pense autrement que
nous sur les relations charnelles des deux sexes entre
eux. L'enfant né hors du mariage, ou d'une esclave qui
ne tombe pas dans la catégorie J^^ ^u-oCU! L'), est
1) En Suède et en Norvège, on ne porte pas de feuille de figuier
en se baignant, et je ne crois pas que mes compatriotes soient plus
débauchés pour cela. Tout au contraire. Le Bédouin, à la p. 918, ",
avait bien raison en disant ^ J^ ,«.
2) (Jii sX*y .z^iJLo Le Hul). VII p, n, r> d'en bas. Comme Deuter. 21, 10.
944
toujours un bâtard^ _^j ou ■ji*ô^L (Nord)'). Il l'est bien
aussi pour les Aj^y^'i ^], mais ceux-ci n'y voient rien
do honteux, ni pour l'enfant, ni pour la mère. C'est un
\jop>\ oïLv ou ujijJci- Lftï ^jJLw, une coutume du pays y
transmise par les ancêtres. La femme est rusée en Arabie,
comme partout ailleurs. La recherche de la paternité n'y
est pas défendue. Lorsque la fille qui a reçu la visite
des mitwarridîn, met au monde un enfant, elle a le
droit de désigner un des visiteurs, Joî^ ^^^'s, comme
père de l'enfant. C'est le plus riche qui fait alors l'objet
de son choix. Elle peut alors l'obliger de l'épouser, s'il
ne peut payer la kasîrah, p. 40. Mais ce n'est le cas
que si elle s'est livrée étant vierge. Il va sans dire
qu'elle ne peut s'adresser qu'aux membres de sa tribu, car
les étrangers qui la visitent sont hors de sa portée. Les
tribus ne sont pas grandes dans les montagnes du Sud,
et la fille, l'objet du tawrîd, n'est pas une putain
publique avec son guidon, râyat, ou sa lanterne à la
porte. Ses adorateurs sont vite trouvés. Le ^'i ont dis-
paru, mais le ^âqil dans le Sud et le \\rifah dans le
Nord remplissent les mêmes fonctions de juge, sans re-
garder, bien entendu, de trop près, si l'enfant ressemble
1) G Jalin, dans Die Liebenden von Amasia de Wetzstein p. 12,
note 1, donne à ce mot o»^Xàj, pi. oiJOi^J, l'étymologie suivante:
»Bastard, von der Ilivrte der Flinte (und ilirer Schuss-fertigkeit)
bcnannt, wie Bastard von Bastliart." Il pense donc à Ow\>j ou oAàj,
/"uii7, v. ici p. 437 et note. Mais ces deux mots ne sont pas usités
en Syrie, uii l'un appelle un fusil ïC^JïlXàj. Au lieu de 03AÀJ, on
dit aussi ^Jj^Aj. L'étymologie est à clierclier ailleurs.
945
à son père putatif. Dans le pays des Marâzîq, Arabica
IV p. 27, où le el-fahl talaq, l'étalon est libre, a tant
contribué à l'agrandissement de la tribu, l'i s t i m à' devient
plus difficile, et il y est rarement pratiqué. Ce tawrîd
est réprouvé par les autres tribus. Lorsque, pendant la
dernière épidémie de petite vérole qui sévit en 1899,
surtout dans les hautes montagnes, les tribus proxénètes
de Datînah furent très décimées, les Datînois plus civi-
lisés des basses vallées disaient que c'était là une puni-
tion de Dieu. Le fahl a soin de remplacer ce qui est
perdu. On a souvent fait des démarches auprès du "âqil
des 'Arwal pour qu'il mette un frein au proxénétisme
de sa tribu, mais il a toujours répondu: «Luiji yLwî U
^y^\ pU! (j^ v^JiJLw^ je ne le puis: 7îoîcs l'avons trouvé ainsi
comme une coutume de l'ancien temps.
L'histoire mythologique des Babyloniens commence par
un inceste: celui de Mummu avec Tiâmat, comme
chez les peuples primitifs de l'Amérique du Sud, où le
soleil et la lune se poursuivent à cause d'un inceste ').
L'histoire des Hébreux débute par des turpitudes. Pour
se procurer des avantages matériels en Egypte, le père
Abrâm offre sa jolie femme au pharaon, qui l'incorpore
dans son harem, Gen. 12, 10 — 20. Il en fut récompensé.
La richesse des Juifs commence de là. Ensuite, les filles
de Loth qui couchent avec leur père, après l'avoir d'abord
soûlé, et Tamar qui s'habille en putain pour se laisser
baiser sur la route, par son propre beau-père. C'est un
reflet du culte d'Istar, je le veux bien; mais c'est là
1) Paul Ehrenreicli, Die Mytlien uml Legemlen der Siiil Ameri-
kunischen Urvolker, Berlin 1905, y. 30.
946
notre „Ecriture Sainte", que nos enfants lisent à l'école.
L'histoire légendaire des Arabes a un exorde pareil.
Loqmân, Arabe du Sud, selon le Ta g elMulùk d'I. Hi-
éclm, et comme l'indique son nom, se serait rendu cou-
pable du même crime. I. el-Anbârî, L A XI p. 354, cite
ces vers d'en-Namir b. Taulab:
Loqeym, fils de Loqmân, avec sa sœur; il était donc
\en même tem^ys jils de sa sœur (neveu) et son
[propre fils.
Un soir que Loqmân était soûl, sa sœur se jeta dans
\ses bras, et il la baisa ignominieusement.
Mais il s'aperçut que ce n'était pas là oià il avait
l'habitude de jouir et, se couchant la nuit suivante avec
sa femme à lui, il prononça ces mots passés en proverbe :
- • > ' '> .
JOLx .:> A iL:ï-'->wi ^:>^» v_j.jw .> \J>J>, VOUa 11716 Vldve
que je connais, mais hier soir j'en avais une qui ne
m'allait pas, Meydâni, Freytag II p. 858 N° 47, el-Mo-
faddal o. 1. p. 69.
La sœur de Loqmân a fait comme les filles de Loth
et les Ptolémées d'Egypte. Tout cela est de la légende,
dira-t-on, mais, légende ou non, elle montre qu'un tel
rapprochement charnel n'avait rien de contraire aux con-
ceptions éthiques de l'ancien monde oriental. Il fut plus
tard sévèrement puni, mais cela prouve même son exis-
1) Amtâl el-Arab d'el Mofadclal ed-Dabbi Cstpl 1888 p. 69 a
2) u. 1.: Ly j«i; uù aussi un tiuisièrne verset.
947
tence dans la haute antiquité. Les Arabes n'ont pas été
meilleurs que les autres. Aus b. Tàbit, père de Hassan,
le poète en titre du Prophète, avait épousé la. femme de
son père, au dire d'I. Sa'd III, ii p. 63, qui ajoute : oo'i'^
LLoi sj3 ,cJ % liVJo XxsCi ^_jjl;' les Arabes avaient la
coutume de faire celai sans y voir aucun inconvénient.
L'inceste, qui pour nous est une horrible turpitude,
n'était point un crime dans la haute antiquité sémitique.
Les Hébreux semblent avoir eu la conscience large sous
ce rapport. Les préceptes lévitiques sur ce sujet sont
une innovation réformatrice Z A S R K Y p. 95. Les dis-
positions du Prophète concernant la prohibition du mariage
avec un proche parent, Qor. IV, 26, 27, prouvent que
la chose était pratiquée jusqu'alors. L'addition v. 26:
^jJlw lXï '-0 "5', à propos de la défense ^Sj U \^'^ ^
^ *\j\, est très significative. L'islam n'a pas de terme
spécial pour l'inceste, si ce n'est »^^ ^\3 JjCi ou JS3
'i^y> o!3 ou ^\^ Li»^. Chez les plus ancien Germains,
frère et sœur pouvaient se marier, Z À S R K V pp. 58
et 65. Les parents de .Siegfried étaient frère et sœur.
Dans l'Inde ancienne, l'inceste ne paraît pas avoir été
un crime pénal. Chez Manou, ce n'est qu'une faute spi-
rituelle, ibid. p. 79.
Les Minéens pratiquaient la polyandrie, Winkler A F
II p. 81 et ss., ce qui est confirmé par Strabon, ibid.
p. 82, Wellhausen die Ehe p. 462. Celui-ci dit même
qu'ils avaient commerce avec leurs mères, absolument
comme cela pouvait arriver dans le cas de 'Alî b. Fadl
et des Ragar d'el Hoûleh. Dans l'ancienne Babylonie, le
culte d'IAtar était accompagné de prostitution. Aussi
948
était-elle appelée q a d i ^ t u i 1 â n i, la courtisane des dieux,
Epopée de GilgameA K B VI p. 202 v. 11 = Dhorme p. 270.
Dante dit, Paradiso VIII 1 et ss. :
Solea creder lo monde in suo periclo
Che la bella Ciprigna il folle amore
Raggiasse, vôlta nel terzo epiciclo.
Déjà dans la légende de Dibarra, K B VI p. 56 et ss.,
ce culte est associé aux éamhâti et aux Harimati,
„aux mains desquelles Istar procure Vhomme et le donne
en propre." Les noms de Samhâti et de Harimati sont
aussi ceux des putains des villes babyloniennes et assy-
riennes, Jeremias AT p. 37.
Dans le mythe d'Ira, K B VI p. 63, nous lisons : De
Uruk la demeure d'Anou et d'Iêtar, la ville des garces,
des filles de joie et des putains ^), auxquelles Istar paya
l'homme et le livra à leur discrétion.'" Et ibid. p. 176
V. 184 et ss. :" (Alors) Istar réunit les garces, les filles
de joie et les putains, fit mie lamentation sur le morceau
droit du taureau céleste. Mais Gilgameé appela les ouvriers
et les artisans d^armes, tous ensemble. Et les ouvriers
regardèrent avec étonnement la grandeur de ses cornes^)."
létar avait aussi à son service des hiérodules, kurgari
et isinni, que Jansen, o. et 1.1., traduit par Eunuches
et Cynèdes. Ce sont peut-être les ^^y^ dont j'ai parlé
p. 937. Vu que létar comme Etoile matutine est mâle,
i) Kizritu, ub;ltu et 1> a ri m tu (*jy>). Il y a tant de noms
pour désigner ces filles de joie, comme le montre Jensen K B VI
p. 377 et ss., qu'on ne saurait encore débrouiller en quoi consis-
taient leurs diirérentes fonctions. K A T' p. 423. Ôamljâtu du sing.
ï^LaJÎ se. lg.**».g*a ?
2) La locution «avoir des cornes", appliquée à un cocu, vient en
ligne directe de la lîabylonie.
949
zikrum, ^s'i, et comme Etoile sérale, fémmin, zin-
uistum, 0'>ft, son culte fut aussi associé aux amours
du même sexe , à l'homosexualité — la A^'énus barbue.
Les Babyloniens appelaient un chat chat, et dans l'Epopée
de (Nimrod) Gilgames, le plus important document, avec le
Code de Hammurabi, que l'Antiquité nous ait transmis,
nous assistons à la rencontre de labani avec une pros-
tituée. Nous y lisons Dhorme p. 194 v. 40, K B V I p. 127 :
Gilgames lui dit, au chasseur: 41 Va, mon chasseur!
emmène avec toi une prostituée, une fille de joie! 48 Elle,
qu'elle enlève son vêtement, et lui, qu'il prenne sa vulve !'^)
Et ensuite ibid. Col. IV v. 6: Lorsque la fille de joie le
vit, l'homme de luxure, 7 le fort, le destructeur qui était
au milieu de l'enclos, 8 Le voilà! fille de joie! Découvre
ton sein ! 9 Ouvre tes parties génitales pour qu'il prenne
ta vulve !^) 10 N'aie pas honte, prends son souffle!^)
1) Le terme technique pour coïter paraît dans l'Epopée ilqi
kuzubsa. Jensen traduit kuzbu par force exubérante, KB VI, i
p. 427, et Dhorme, par volupté, parce que, selon lui, p. 192 note
22, p. 243 note 8, kuzbu a pour signification parallèle ulsu joie,
(ybVi sur u-^î^ des dialectes du Nord, voyez le Gloss. s. v.), mais le
parallèle n'implique pas nécessairement une signification absolument
identique. Faut-il voir en kuzbu l'origine de l'arabe u*^, vulva,
ou bien est-ce l'assyrien kussu, amour 1 La dernière alternative
rae semble la plus probable. Sur ce mot, qu'el-Motarrizî fait venir
du persan jS, cruchon, voyez .Sifâ" el-Ç.alîl d'el-Hafa^î, p. "194.
Vollers, ZDMG 50 p. G17 en bas, lui donne l'étymologie grecque
Kva-âç, Kviroç OU xvaioi;.
H) liqie na pissu = ^^.^j (^A-i». Cf. l'arabe ,-^>^3). b qu'on
dit à une personne aimre. Mais cela peut aussi signifier que labani
perd le souffle à force de coïter avec la fille de joie.
2) Urk i pitema k uzubki I i 1 qi = , —s^Jo! é^.^^ ou e)-=>
-^ -
950
11 Lorsqu'il te verra, il s'approchera de toi: 12 Tu
ouvriras alors ton vêtement pour quHl se mette sur toi.
13 Cause-lui la luxure, œuvre de la femme, lé de façon
que son bétail qui a grandi dans son enclos^) ne le re-
conjiaisse plus, 15 et son amour se répandra sur toi"^).
16 La fille de joie découvrit son sein, ouvrit ses parties géni-
tales et il prit sa vulve. 17 Elle n'eut pas honte, prit son
souffle, 18 élargit son vêtement et il se coucha sur elle.
19 Elle lui causa de la luxure, œuvre de la femme, 20
et son amour se répandit sur elle. 21 6 jours et 7 7iuits
labani se mit ') à coïter *) avec la fille de joie. 22 Après
s'être rassasié tout son soûl% 23 il tourna son visage
vers l'enclos de son bétail ^) ... 30 II retourna et s'assit
1 ) i n a s ('■ r i s u = *j .^^ i% ?
2) Dhorme traduit p. 497 ainsi, et cela paraît être acceptable.
Jensen traduit dadu, v. 15 et 20, par muscles et dida, v. 16, par
mamelles (= lAJw^, pi. '->y.o, Hdr Gloss. s. v.). Si ses muscles se pres-
sent sur le dos de la putain, c'est que le héros l'enfila par derrière.
Comme elle ouvrit sa vulve, on ne saurait penser à un coït bestial,
comme le suppose Jensen K B VI p. 428. Dad u = Geschlechtsliebe,
Del. HWB p. 211, est adopté par Dhorme, qui y voit un pluriel,
comme »amours" en français. Si Ton assimile ila sêriki à l'arabe
^^ J>£- = J^ (Gloss. s. V.), sur, la traduction de Dhorme est pré-
férable.
3) tibu, se lever, est ici employé comme ,.'j" et ^.^ en arabe,
V. p. 739 et s. ; cf. Jensen K B VI p. 306.
4) Irihi, racine y>, carabe v^5i usité dans le môme sens;
voyez Ilommel A A p. 463, Hdr Gloss. s. v..
5) Ultu isbu = .v-*« L*^ ■
6) Panisu istakan ana sîri bulisu == [ic>^j ==] \j:>5 „-L>
*^1 (^) "îty^ ^' J'avais ainsi traduit tout ce morceau en arabe,
951
aux pieds de la prostituée, 31 La prostituée regarde son
visage . . . 83 elle lui dit . . .: 34 Tu es beau labani, tu
es comme un dieu .... 36 Allons! Je vais te conduire
au cœur de TJruk des Enclos, 37 à la maison sainte,
demeure d'Anou et d'Istar, 88 lieu où Gilgamès est par-
fait en force, 30 Et comme un taureau sauvage .... 42
labani lui parle, d la prostituée: 43 Allons! fille de joie,
emmène-moi, moi, 44 à la maison hdsante, la sanctifiée,
demeure d^Anou, d'Iétar." Ensuite, labani et la prostituée
vont à Uruk, où ils font la fête et où les prostituées
mènent une vie joyeuse.
C'est le triomphe de l'amour charnel: Tannhàuser à
la Montagne de Vénus. L'Istar, la courtisane des dieux,
est la Frigga ou Freya des Scandinaves, „la belle magi-
cienne qui se prostitue à tous les dieux", Ozanam, Etudes
germ. I p. 65.
Un tableau non moins vivant des mœurs babylonien-
nes nous est déroulé dans la Descente aux Enfers d'Istar
K B VI p. 86, V. 76, Dhorme p. 335. Depuis que létar,
la maîtresse, était descendue au pays sans retour, le tau-
reau ne montait plus sur la vache; l'âne ne se couchait
plus sur Vânesse; Vhomme ne se couchait plus sur la
servante dans la rue ') ; Vhomme se couchait dans son
appartement; la servante se couchait de son côté. Même
tournure au revers v. 7 et ss.. Nous y voyons même
pour montrer la paralh'Iisme des mots, mais j'ai renoncé à faire
figurer ici cette traduction, qui aurait demandé un commentaire,
les mots ayant été tirés de différents dialectes en môme temps que
de la langue littéraire. Je n'ai suivi servilement ni la traduction do
Jensen ni celle de Dhorme. Celle-ci me parait plus littérale.
1)Ina suqi = ^^^vJ' J..
C4
952
les précurseurs des r a w a z i (.'égyptiennes avec leur danse
du ventre o. 1. p. 91 v. 50').
Ungnad, OLZ 15 Oct. 1906, rapporte un curieux
document privé d'adoption de la dynastie kassite, où il
est dit: La Ina-Uruk-Risat n'a pas de fille et pour
cela elle a adopté la Efirtu Elle donne 7 sicles d'or,
soit qu'elle veuille la donner à un homme, soit qu'elle la
destine au service des Hiérodules, harimûtu^).
Ces Hiérodules étaient partout attachées aux temples,
comme les Bayadères aux Indes. J'ignore en quoi une
kizritu, une uhâtu ou une harimtu se distinguait
d'une enîtu qui, selon CH §127, ne pouvait être im-
punément outragée. Elle était donc chaste, celle-là, —
seulement vis-à-vis du public, sans doute.
Les Minéens, précurseurs des Sabéens, étaient très
ardents dans leurs offrandes de Hiérodules aux temples
de leur pays. Nous avons, dans llalévy 190, publiée par
Hommel SA Chr. p. 117 et plus tard commentée par
lui dans son Egupten in den sûdarah. Inschriften ''), une
liste de Hiérodules qui est d'un intérêt capital. La for-
mule schématique y est: X fils de X, de l'endroit X,
de ^\ X, consacra et voua (au temple)') la X du pays
de X. En voici un exemple d'après Hommel: ^^ uW
wO^ .o ii..4.Ài Kx) ,mS>^ <^SJ^ {'Y^^ J^'^ «— è-OO l_jl.
'1) Virgile, Cojja 2, dit: Crispum suh crotalo docla movcrc lalus,
en parlant des danseuses, habiles à contracter- le corps au son des
castagnettes.
2) Nom. qualit. : llicvodulctischaft.
3) Dans Aegyptiaca, Festschrift fur Georg Ebers.
/j.) .^^*s> est dans le Sud, dépenser, payer pour, v. Gloss. s. v., et
le verbe minéo-sab, pourrait bien signifier que X avait supporté les
dépenses pour l'achat de la femme. W Z K M I p. 104.
953
'^A. b. R. de Saiima"^ de la famille de G. consacra et voua
(au service du temple) Amat Samé de l'Egypte. Ces Hié-
rodules proviennent de l'Egypte, Razzah, Dedan, Gedar,
Yatrib (Medînah), ""Amman, Moab, Qatabân, Hadramoût,
Hagar, etc.. On ne sait pas au juste quelles fonctions
remplissaient ces femmes. Hommel, G G G p. 143, pense
aux Vestales romaines. Celles-ci étaient chastes, ou étaient
censées l'être. Je ne crois pas que cet élément féminin
du temple oriental représente rien de pareil. Les «Ves-
tales" minéennes avaient des enfants. Selmay, la fille de
""Âdat, prêtresse de Wadd, fut à son tour donnée au temple
pour y remplir les mêmes fonctions que la mère, EDA
N° XXIV p. 45, Mordtmann Beitr. Z. Min. Epigr. p. 48.
Or, Selmay provenait-elle d'un mariage régulier de sa
mère, ou bien était-elle un produit de l'amour de celle-
ci avec un prêtre ou un autre, sous l'égide du Dieu Wadd?
Il ne s'agit pas ici de placer Selmay simplement sous le
vocable de Wadd, comme le faisaient les anciens Arabes,
Tab. I p. 1092, i, et les Catholiques qui se vouent à un
saint, car il est expressément dit qu'elle fut aussi consacrée
comme prêtresse du temple. La luxure était un culte.
Le coït est la source de toute vie; le phallus, le point
de départ de l'existence humaine. Les parties sexuelles
sont le symbole de la force primordiale génératrice, mys-
térieuse dans son essence, mais pleine de vie dans ses
manifestations. On pensait comme les Nosayrîeh encore
de nos jours, lorsque, en adoration devant la fille nue,
à l'occasion d'une fête religieuse, ils prononcent la for-
mule sacramentale en s'adressant à la vulve : Q o*>ju! v_j . L
1) ou '.>^-^«x y.
954
ôyù C ^^'3 ^r> ^^» » 0 Père adoré! De toi nous sor-
tons et à toi nous ferons retour. La même formule est
prononcée par le mari, encore couché, lorsque le matin
sa femme relève sa jupe pour lui montrer sa vulve. Cette
vénération des pudenda n'est qu'un effluve de l'estime
dont jouissait, chez les peuples primitifs, une nombreuse
progéniture, selon l'idée de Wilken, Gids II p. 634 ; mais
la sensualité, érigée en précepte religieux, y est bien
aussi pour quelque chose. Dans les cavernes de la Phénicie,
que je connais toutes, on voit le signe (\) gravé sur les
parois, Rob. Smith Religion der Semiten p. 160. On dira
qu'on le voit aussi dans nos pissoirs modernes. C'est que
le culte est universel, mais nous y jetons le voile pour
le cacher. Les anciens Sémites n'ont pas fait de même.
^T^ ou â est le déterminatif pour femelle, comme R
l'est pour mâle, dans l'écriture figurée archaïque des Baby-
loniens, Del. Gr. p. 46, c'est-à-dire, les parties génitales
des deux sexes. Les signes cultiques a se rencontrent
souvent sur les monuments babyloniens. Wadd était,
pour les Minéens, le Dieu de l'Amour, non pas l'amour
éthique du cœur, mais celui des sens. Voilà pourquoi
Nàbirah, Yàqût IV p. 913, dit:
G
Que Wadd te fasse vivre i^= W. te salue)!
Car il ne nous est plus permis de nous amuser avec
[les femmes^ puisque la religion est devenue
[chose sérieuse.
Les orthodoxes ont ici substitué ^^. à o^^ Ahlw. N° 23
1 ) ou C^' .
955
V. 6. Wellhausen, Reste- p. 18, ne veut pas qu'on voie
en Wadd l'Eros des Grecs, et Nôldeke „s'en réjouit",
ZDMG 41 p. 708, supposant que quelqu'un veuille que
Eros soit la traduction grecque de Wadd. Personne ne
l'a dit. Mais tous ceux qui, comme moi, admettent que
la mythologie grecque n'est originairement qu'une con-
ception sémitique, accomodée à l'esprit de Hellas, ne ver-
ront en Eros autre chose que le Wadd minéen, l'Istar
babylonienne, le Siva des Hindous. Le Wadd des Minéens
était le Sîn des Hadramites, la lune; c'est pour cela
qu'il est appelé ^J^ ^ù^ = ^fJ:^\ 3^ ou ^LxJl, la lune
levée, luisante (et non == j^\) '). C'est la lune qui est
encore le symbole de l'amour et la protectrice des amou-
reux. Ce culte de Wadd était certainement marqué au
coin d'une certaine lubricité. Le prêtre était appelé y
et la prêtresse «y (prononciation incertaine) \ D H Muller,
E D A p. 42, dit: „Nous pouvons peut-être conclure du
mot sy, quelque chose à.' ignominieux, de honteux, trans-
mis par les lexicographes arabes, de quelle sorte étaient
les fonctions de ces prêtres, hommes ou femmes." L A
seul, I p. 149, enregistre le thème !J, qui se trouve dans
1) Voyez le N" 12 suivant.
2) Hommel, A A p. 30, le prononce lanân, ce qui ne nie paraît
pas juste, car le n final est l'article an, et il faudrait alors au moins
dii'e lau'a-ân, comme N'XXIV I. 2: ryly-' est = 3^]!. En outre,
»y n'est pas le fém. de rylyy comme il l'expose (par inadvertance),
mais de [y. Jeremias KA p. 271: lawi'u et lawiût, en adop-
tant la provenance du mot hébreux du minren. Nielsen, Mondreli-
gion p. 137: levvi, sous rinlluence de l'hrbreu.
956
la locution e^ aUI y, paraphrasé par ^y^, que Dieu t'en-
laidisse^ à peu près = ^ ou dU>3 >:^. Mais il est ex-
pressément dit qu'on le prononce aussi sans hamza, L A
XX p. 13-1:, 5 et s. d'en bas. Il est évident que, si le
minéen y, prêtre^ vient de ce thème, celui-ci n'a pas
eu, en minéen, ce sens; car les Miuéens n'auront pas
appelé le prêtre de leur dieu: le laid. Mais la compa-
raison de D H Mûller peut tout de même être juste, car
l'appelation du prêtre a pu donner lieu au sens en question
lorsqu'on n'avait plus de prêtres, et qu'on se souvenait
seulement de leur conduite ignominieuse. Hommel A A
p. 30 et Mordtmann Beitrâge Z. Min. Epigr. p. 43 ap-
prouvent la traduction do Mùller par prêtre. Pourtant,
Hommel donne à y une autre étymologie : (j;S, être long ;
et il rejette la conclusion de Muller, sans donner pour
cela la moindre raison. Hommel me paraît ici peu heu-
reux dans son opposition, car son ^^ n'est qu'une variété
de y et de ^y, ainsi qu'on pourra facilement s'en per-
suader en étudiant L A. Il n'a, en outre, qu'à lire L A
XVII p. 402 et s. pour se convaincre que ^J^ et s^,
par lequel y est expliqué, signifient „-^ et --Jj. Mùller
n'a donc pas tort, comme Hommel le prétend, o. 1. p. 30
en bas. La combinaison de Hommel de ce mot avec le
nom des Lévites est très réussie. Elle a aussi été acceptée
par Mordtmann o. 1. p. 43. La signification primordiale
de ce mot ne nous en demeure pas moins très obscure.
La iLoc,- iuX:>, Boh. V p. 174, *, transplantée en Midyan
par les Minéens, a aussi influencé les Hébreux, et non
seulement le Prophète. Je vais encore plus loin et je dis
957
que le nom du père des Qoreychites wJLi ^^ g:J ren-
ferme le même mot. LA XX p. 134, 6 d'en bas, dit:
J:^ JyLj" iCoLxii^ C'^j*i^\-i Q^^ ^j*^' l}^'^? absolument
comme dans le Sud, encore à l'heure qu'il est. Lorsqu'on
se rappelle que les Qoreychites avaient l'intendance de
la Ka^bah, cette étymologie n'a rien d'impossible.
Dans l'inscription Glaser 282 de Saudc\, Hommel S A
Chr. p. 115, DH Mùller WZKM ii p. 4 et ss., il y a
la description de la fête nuptiale des Hiérodules de Wadd
avec Attar. On y trouve ces passages: 1. 3 et 4 : j._^
•^! oJ ^jJJ> [j^^ ^^j^ o' CT^'^' (*^ ^?^ lorsqtCil ap-
purut parmi les feimnes qui arrivèrent avec sa femme;
quand elle arrive, etc. ... et 1. 5 : |_cr-^' ij^ J^ C^.
jLii viAJLj" oJ Ojj j*^ cj*^^" o' f~^ cf^y lorsqu'il
apparut parmi les femmes qui se rendirent à "Attar afin
de lui donner une femme, alors qu'arriva le ta'annut
de "Attar. Je me suis longtemps creusé la tête pour
trouver une traduction exacte de ces phrases. J'y ai
aussi peu réussi que mes prédécesseurs, et je m'en suis
tenu à celle de D H Mûller 1. 1.. Mais ce qu'il y a de
très probable, selon moi, c'est que le verbe 0^3, est ici
employé dans une sphère d'idées qui n'est pas éloignée
de celle de notre ^\j,y "arwalite. Peut-être ce terme
technique de iuL*o) ^ 0J3 est-il le dernier écho d'une
cérémonie cultuelle minéo-sabéenne?
Le Chapitre CXCIXII du 1 Livre d'Hérodote est assez
2) O.^ est, en général, arriver, ^j»), (airo arriver = conduire.
958
connu, maib je crois devoir le reproduire ici, étant per-
suadé qu'il ne contient pas d'exagération." La i)lus hon-
teuse des lois de Babylone est celle-ci: toute femme
indigène est obligée de s^asseoir une fois en sa vie
dans le temple de Vénus et de se livrer à un étranger.
Plusieurs qui, fieres de leurs richesses, dédaignent de
se mêler aux autres femmes, se rendent au temple en
char couvert, escortées d'une multitude de servantes.
La plupart agissent comme il suit: elles s'' asseyent
dans V enclos sacréy la tête ceinte d'une corde; elles
sont là en grand nombre; les unes entrent, les autres
sortent. Elles lawsent entre elles, de tous côtés, des
chemins alignés que les étrangers parcourent, après quoi
ils choisissent. Des qiCune femme s^y est assise, elle ne
retourne plus à sa maison avant qu^un étranger ait
jeté sur ses genoux une pièce de monnaie et se soit
uni avec elle hors du temple. En jetant cette pièce
d'argent, il doit dire: „ J'invoque pour toi la déesse
Mylitta ')." Cest le nom que les Assyriens donnent à
Vénus. Quelque médiocre que soit son présent, la femme
ne doit pas le refuser ; ce n'est point permis, car cet
argent est sacré. Elle suit le premier qui le lui jette.
Elle ne dédaigne persoime. Lorsqu'elle s'est livrée, elle
a satisfait à la loi, à la déesse; elle retourne en sa
inaison et, par la suite, quelque somme considérable
que tu lui offres, tu ne la déciderais' pas à se livrer
\) = sAj^I, celle qui fait mcltre au >no)ule, celle qui préside
à la itarlurilioii, K A T' p. 4213, n. 7.
959
à toi Il rj a quelque iiart, à Chypre^ une
coiUuïne qui se rapproche de celle-ci.''''
On croira sans doute que cette institution des Hié-
rodules, cette coutume de vouer les filles au service du
temple ou à celui des prêtres, ait disparu des mœurs
plus civilisées des temps modernes. Mais non. Curtiss,
0.1. p. 191, nous raconte: „Les Nosayrîeh du côté de
Safîta vouèrent à leurs cheykhs religieux, en cas de
maladie de leurs filles ou d'un membre de la famille, un
quart ou la moitié des filles, si le recouvrement de la
santé eût lieu. Dans ce cas, le cheykh seul peut l'épouser,
ou bien, si un autre l'épouse, avec son consentement à
elle, réclamer pour lui sa dot. Il y a, parmi cette secte,
des santons qui, après leur mort, deviennent des welî.
L'eau avec laquelle on lave leur corps avant l'enterre-
ment est distribuée aux fidèles: elle passe pour être
miraculeuse. Lorsqu'on salue ces cheykhs, on leur baise
d'ordinaire la main ; l'un d'eux était tellement saint qu'on
lui baisait même les pieds. Les pères vouaient leurs filles
au service de sa sensualité. Ce monstre, soit dit en pas-
sant, après avoir fait cruellement assassiner un chrétien,
tomba victime du talion. Dans ses procédés diaboliques,
se perpétuaient les sacrifices de chasteté qui étaient autre-
fois offerts dans le culte des santons syriens et babylo-
niens. Une coutume pareille existe au sanctuaire d'ez-
Za'^bi à Remte dans le Haurân. Une seyyidah ^) a raconté
1) En disant ^«rt-^J l; j^^ ^ *-f'-'"^3 [l?^^^] (JV o' ^^^°^
mes informations, qui concordent avec celles de Curtiss, o. I. p. 192,
note 4. Pendant de longues années, j'ai parcouru la Syrie pour
recueiller ces restes de l'antiquité sémitique, et mes cahiers de notes
pourraient faire un gros livre. Curtiss m'a devancé et il nous a donné
960
que lorsqu'un père do lamille tombe grièvement malade,
on fait faire à sa petite fille une fois le tour de son lit,
et on la voue à ce santon. En signe du vœu, le père
et la mère coupent un peu des cheveux de la fille. A
l'âge de sa puberté, les prêtres se présentent, en chan-
tant et en jubilant, avec leurs amis et leurs parents et
5 — 8 chameaux sur lesquels montent des femmes de la
famille. La fille, ornée d'habits nuptiaux, est amenée sur
un chameau paré, au Sanctuaire, oîi elle est donnée en
mariage à un descendant d'ez-Za^bî. J'ai appris de l'un
des familiers que cette coutume est tellement répandue
chez les Arabes, que de 10 à 50 filles sont ainsi tous
les ans conduites chez les prêtres '). Ceux-ci les ven-
daient à un amateur ou les affranchissaient du vœu,
contre un dédommagement, ou bien les épousaient eux-
mêmes. Naturellement, la chose a perdu tout sens reli-
gieux aux yeux des prêtres et des descendants d'ez-Za^bî,
dont il y a plus de 30 domiciliés à Remt-e, en qualité
de faqîrs, d'après ce qu'on dit. Ils envisagent simple-
ment toute la chose comme une affaire dans laquelle
l'un rivalise avec l'autre. Un paysan de Remte me ra-
conta, avec enthousiasme et orgueil que, rien que là, 15
filles lui étaient vouées et attendaient le jour de lui être
amenées. Il estimait que, chaque année, 50 filles lui sont
vouées de cette façon." On lira chez Curtiss d'autres
■ détails fort intéressants sur cette consécration des filles
à un sanctuaire. L'auteur fait, p. 193, à ce propos, cette
un beau livre d'une grande importance. Seulement, comme je parle
arabe comme ma langue maternelle, je n'ai pas puisé par l'inter-
médiaire de révérends et de missionnaires, mais chez le peuple
directement. Voilà la diflérence entre nous deux.
1) Cela n'est pas juste, car ce ne sont pas là des prêtres.
961
réflexion: „De cette façon, elles sont mieux partagées
que ces femmes de l'ancienne Syrie qui s'offraient elles-
mêmes en victimes à Astartès pour s'abîmer ensuite
dans la prose d'un mariage polygame. Le dévouement
de la personne à la divinité reste, en cela, le point
caractéristique." Comme le saint homme peut encore
prendre trois femmes, s'il ne les a pas déjà, et autant
d'esclaves qu'il veut, je ne vois pas que le sort de la
fille vouée soit à l'abri d'un „mariage polygame." Cette
coutume de vouer un enfant, by^xî, mâle ou femelle, au
service de la divinité a toujours existé, Hoséa 4, 13 et
S-, comme elle existe encore en Europe chez certains
parents entichés de piété cléricale. Le Prophète en fait
mention lorsqu'il fait dire à la mère de Marie, 3, 31:
Kf>^ ^c^ i- ^ ^ o;iAj ^^1 ^_jj, mais l'Islâra, comme
religion, ne connaît rien de pareil.
Ces filles vouées aux cheykhs ne sont pas, bien en-
tendu, des Hiérodules ayant des fonctions égales à celles
de l'antiquité. Le culte ancien disparut avec l'Islam,
mais la chose persistait, adaptée aux allures imposées
par la nouvelle religion. Il n'y a plus ni sanctuaire d'As-
tartès, ni prêtres: les filles sont données en mariage à
ceux qui se sont substitués au dieu tutélaire antique,
ou vendues aux amateurs friands d'une sainte vierge.
En Egypte, où. les filles de joie se recrutent dans une
caste, la débauche est plus grande que dans les autres
pays levantins. Les orgies que j'ai vues, dans ma jeu-
nesse, à Tanta, en l'honneur du éeyh Ahmed el-
Bedawî, surpassent, ou plutôt surpassaient, car à pré-
sent les mœurs se sont un peu modifiées en Egypte,
tout ce qu'on peut s'imaginer. Il y avait, à ce qu'on
962
disait, un demi-million de personnes. On faisait partout
l'amour, n'imi)orte où et comment : Même les femmes
„du meilleur monde" s'y prêtaient. Souvent on pouvait
voir quatre pieds en mouvement hors de la tente, et cela
laissait supposer ce qui se passait dans l'intérieur. C'est
là une fête religieuse, une fête d'Astartès, pendant mo-
derne de celle d'Afqa dans le Liban. Ce serait vraiment
dommage de l'abolir, car elle est un reste de l'Antiquité
et ne choque que ceux qui voient partout de l'immoralité
là où les lois de la nature prennent leur droit.
On est bien tenté d'identifier les Hiérodules sémitiques
aux devadàsi de l'Inde. Celles-ci sont de deux espèces:
les devadâsî prostituées qui correspondent a celles d'Europe,
et les devadâsî des temples, les Bayadères, comme nous
disons. Les Brahmanes choisissent pour les danses du
temple, parmi les filles de l'endroit, les plus dignes de
cette haute situation. Comme une fille hindoue ne doit
pas rester célibataire, les devadàsi sont mariées à la divi-
nité du temple. Les Brahmanes remplacent alors la divi-
nité dans l'accomplissement des devoirs conjugaux et
pourvoient à l'entretien de la divine ballerine '). Ce sont
là les maîtresses des prêtres, mais elles doivent aussi se
livrer aux visiteurs dans les halles du Temple, afin de
recueillir des fonds pour l'embellissement des lieux de
dévotion ^).
Le culte phallique était répandu dans tout l'Orient.
C'était une conception religieuse, Jeremias A T p. 37
note 2. Les Egyptiens et les Grecs représentaient le
phallus dans leur écriture et sur leurs objets de tous les
1) Kurt Bocck, Durch Indien ins verschlossene Land Népal, p. 78.
2) R. Schiuidt, L E I p. 557.
963
jours. On a trouvé des phalli dans les ruines de Zim-
babwe, et le culte phallique se rencontre encore chez
des nègres de la côte occidentale de l'Afrique, la Géo-
graphie 15 Avril 1907, p. 278. Les Japonais') et les
Indiens l'ont encore aujourd'hui. Sur le culte de linga
(Priapus), dont le siège principal est à Bénarès, voyez
le livre très important de E, Schmidt, Liebe und Ehe
im Alten und Modernen Indien, Berlin 1904 p. 13 et s.,
p. 26 et ss. L' 'l^ô:px^\oç fut porté en pompe dans les
fêtes de Bacchus. Ce culte a dû se perpétuer longtemps
chez les Nosayrîeh, car Curtiss a trouvé à Nebî Yûnls,
à 1 h. au Sud de Safîta, un sanctuaire avec une pierre
phallique, dont il donne deux photographies dans son
beau livre, p. 340 et 341. Il veut même, p. 275 note
et p. 341, que les massebôt-) des Hébreux soient
originairement des phalli. Il y avait certainement des
massebôt qui étaient des pierres phalliques^), mais tous
ne l'étaient pas. Si la théorie phallique de Movers est
exagérée, elle n'est pas pour cela à rejeter, comme le
fait Rob. Smith, Rel. der Sem. p. 160 et s. La traduction
de LXX de n^^çp*) par s'ihxov ne prouve rien contre
cette théorie, o et 11.. Celle de la Vulg. : Simulacrum
Priapi, me paraît plus juste. Le culte ùu phallus, 0x\\ôç,
est venu aux Grecs de l'Orient, en môme temps que le
nom(?), car dans le mot hébreu se cache peut-être l'ori-
4) J. Buckley, Phallicisme in Japan. (Chicago 1895).
2) Les i-XÎLAaJ des Arabes, Arabica V p. 209 et Hdr Gloss. s. v.,
sont les deux Anges de la Mort, I. Qot. p. 143, 5. Sur le Mansib
du Sud, voyez Hdr Gloss. s. v..
3) Rob. Smith le nie, Die Religion der Semiten p. IGO.
4) Dans les passages identiques de I. Reg. 15, '^ et II. Chrom.
15, '«. Kautzscli le traduit par Schniulbild, ce qui ne préci.sc rien.
964
gine du mot grec. Seulement la désinence ôç fait quelque
difficulté, si elle n'est pas radicale; les Grecs l'auront
peut-être considérée comme une désinence de leur con-
jugaison. Les obélisques sont probablement l'origin des
phalli, et le bloc de pierre où est gravé le Code de
Hammurabi représente sans doute un phallus, Jeremias
A T p. 262. L'Aphrodite de Paphos était adorée sous
l'image (i'un phallus sacré, symbole de la déesse de Paphos :
l^ùcpxK^oa- 'ispoç TTxpâavjf^ûv UxCplxç Lewy F W p. 108.
J'ai vu, dans ma jeunesse, un saint homme, Cheykh Seiîm,
très vénéré dans toute l'Egypte et surtout par les marins
sur le Nil, et qui était assis à côté d'un qubbeh, sur
le bord du fleuve, dans la Haute-Egypte '). Il était très
vieux et pouvait à peine mouvoir ses membres. On me
raconta que depuis 60 ans il était là dans la même posi-
tion. Il est mort en 1880. Il avait un phallus formidable
que les femmes venaient baiser. Je l'ai vu de mes pro-
pres yeux. On prétendait même que les femmes stériles
se donnaient auparavant à cet homme, lorsqu'il avait
plus de force, et que cela était pour elles une iC5y, béné-
diction. Cela n'a rien d'étonnant, car dans certains milieux,
en Syrie, on jure Lu" ujj 3L*=>5, joar la vie du pénis de
Notre Seigneur"^). Dieu est une personne et, comme tel,
il doit bien avoir l'organe avec lequel il crée toute chose
vivante: il est la source de toute vie.
Le nom du prêtre ici: vient peut-être du babyl. ku-
1) Voyez le dessin et la description dans mon J OInirir ocli Palm-
lundcr, p. '24 (en suédois).
2) Dans l'A T, on inro aussi par les parties génitales selon Jere-
mias AT* p. ill noto, mais je n'ai pu y découvrir un passaf^e à
ra|i|iMi (le cela.
965
mdru, pénis '^). Les Araméens appelaient un pre7r^|^:j£,2.£,
mot qui paraît avoir été assez répandu, Cook Gloss. of
Aramaic Inscript, p. 64, Ges.-Buhl H W B s. v.. Les inscrip-
tions de Nêrab sont les épitaphes de deux prêtres Nzrbn
et Agbar, qui ont le titre de ID^ l/'DD, prêtre de la lune.
Les deux divinités "in'Z^ et ^TDïï' y sont invoquées, G
Hoffmann Z A XI p. 207 et ss.. Dans K. el-Fihrist
pp. 322, 23, 323, 9, le prêtre des Sâbiens de Harrân
est appelé ^^, Chwolsohn Die Ssabier I p. 506 et s., II
p. 197 et s., de même que Mas'oûdi Pr. d'Or I p. 199:
^JiytS' ^J^^J, le chef des prêtres. En arabe classique, »_♦/
est le gland du pénis ^), qqf., selon el-Misbâh, le pénis
1) Hommel ZDMG 45 p. 604 note 4. Si le nom des deux étoiles
a et /3 du Scorpion, (_cJLiji^j est l'assyr. zibânîtu, ibid. p. 597, on
ne saurait le juxtaposer à uj:, à moins d'admettre que la balance
a reçu ce nom des deux ujj, branches, dont elle est composée.
2) = îiy ou 'iUj^ dans le Sud. by était aussi un nom de femme
avant l'Islam. La prononciation Barrah figure dans L A et Nihâyah.
Ce nom ne plaisait pas au Prophète, qui en donnait un autre à
celles qu'il avaient choisies pour lui et qui étaient ainsi appelées. Si
c'est vraiment Barrah qu'il faut prononcer, je ne vois pas trop
pourquoi le Prophète n'aimait pas ce joli nom. Pensait-il au puits
Zamzam, LAV p. 118, 10 = Nih. I p. 73, .5, qu'on appelait aussi
de ce nom, ou bien faut-il lire Burrah? Dans ce cas on comprend
que le Prophète ne pouvait supporter qu'on dît: tLc Prophète est
sorti de chez Burrah'\ I. Sa'd VIII pp. 84, 98, 338, L A V p. 114, ",
Nihâyah I p. 73, Jy renfermait sans doute poiu- lui une allusion
par trop naturaliste: ce n'était pas la chose qui lui luisait peur,
mais le mot. is j ne se trouve pas dans ce .sens dans les diction-
naires, mais il est courant dans le Sud. En Egypte, j'ai entendu ii^s^ws,
ffland, ce qui est dans le m^me ordre d'idées. Le Prophète était
966
même. Une femme est b.jj^Xa ::= 'ï^jSLla, I Sîdah V p. 113,
8 d'en bas, et ^y^ J^., Q^i « un grand pénis, ibid..
Le pluriel y*^ ^) n'est pas rare dans les anciennes poésies,
p. e. Ferazdaq, Z D M G 59 p. 609 v. 9, où il faut tra-
duire le mot par le pluriel, et p. 610, 10:
jLftiol JXi! xj^^d. v:>w*^' -v^ ,c^ c;^>3-I ,Ai> L "bJ!
Holà! 0 Heyrah, sœur des B. 0.!
N'es-tu pas le puits des lourds pénis?
JOE >
^\ À^\ ^î, tous les pénis se ressemblent^ Prov.
Meydânî Freytag II p. 357. Le singulier i^i se trouve
Prov. d'el-Meydûnî sub. » jy> ^^ „-jCjî, Freytag II p. 776,
LA V p. 237, 4 et ss.. Sîbaweyh, II N° 191 = éd. Caire
II p. 185 fin = Jahn Trad. II p. 518 = L A V p. 97,
cite ce ragaz^):
Je rfecrzs des ânes sauvages qui paissent d el-Hanzarâ,
Je les décris [ils sont toutl pénis et glands.
Il doit y avoir une corrélation entre ce mot et ^
un peu priule, ou affectait de l'être, et les autres l'imitaient, bien
entendu. "Abd Allâli, fils de "Omar b. el-Hattâb, ne voulait rester
dans un bain en voj^ant les Jy-<i!^c: des baigneurs, I. SaM IV, i
p. 1i4, ce qui ne l'empr-chait pas de se faire raser les pudenda par
son esclave servante, is^jl->, ibid. p, 113, Hdi' p. 487, note. Cf. I.
SaM IV, I p. 84 sur Abu Mûsâ el-As'^arî.
1) Ce pluriel est ôtrange pour un mot ])areil et donne (b'-jà à
penser.
2) Yâqoût II p. 478 a une autre rédaction :
967
d'après ce que j'ai exposé Hdr p. 695 et s.. Comparez
ce que dit L A YI p. 426, 7 et ss. et XVII p. 55, 6
d'en bas et ss.. Cependant, ^ n'est pas dans L A syno-
nyme de ^î', comme le croit Hommel Z D M G 45 p. 604,
note 4 '), et I. Sîdah ne le dit pas non plus. Cela n'em-
pêche pas que l'assimilation de Hommel ne soit juste,
au fond. ^ et ^ permutent souvent, Hdr p. 131, et le
sudarabique ^lï, s'opposer à, contrarier, est presque l'as-
syrien kamâru, zu Boden schlagen, Del. HWBp. 336,
comme le synonyme sudarabique de y^'i est ^^^'^ pour ^^i^
babyl. kamû^).
Une chose curieuse est à relever. Le prof. Enno Litt-
mann m'a communiqué une note où il dit que dans la
langue tigré 'SaoC, sâmâr, signifie pénis, et %aoC,
gàmàr (prononcé d'àmàr), est vulve, et il ajoute: „vu
la concordance phonétique des deux mots, il doit bien y
avoir une corrélation étymologique entre eux. Gràmar
pourrait directement être une prononciation bédouine pour
qamar." Je crois aussi que d'amâr est une palatili-
sation de ^ kumâru, pénis. Il n'est pas sûr que
sâmi'ir soit aussi une prononciation du même mot. Il
1) Le nom de l'île fie K a ni a va n doit être = -«iij', la hoir, et
non -♦"^'j le pénis; mais le passage de vjs en ^ est ici très instructif.
2) Cf. le kamânii des Babyloniens pâtisserie (VIMar, .Tensen
Mythen nnd Epen pp. .380, 511, K A T^ p. 441 = pD des Hébrenx
Ges.-Buhl s. v., comme le babyl. Tamwzii, Tawi'izii a donne j'i'^n en
liébreii, \y^ en arabe. Les musulmans vendent aussi des pains
ad hoc dans leur «Grande Ft'te", mais je ne me suis pas renseigné
à cet éganL
65
968
se peut que nous ayons ici le verbe "i'2*r -«-*,, et le mot
se rapporterait alors, en tout cas, à la lune; voyez plus
loin. Ou bien faut-il le rapprocher de -»-ù, parce que le
pénis est ^jJii'. Le sujet est important pour l'histoire
du culte de la lune, et j'espère que mon savant ami
l'étudiera d'une façon plus approfondie.
La lune et l'amour charnel sont intimement liés dans
la conception populaire. Tout le monde le sait. Le voya-
geur français Leclerc raconte, dans la Revue Indo-Chinoise,
qu'il a assisté, dans un village du Cambodge, à ,,la fête
de la lune." Quoique défendue, elle s'y célèbre au mois
d'octobre, à la pleine lune. Pour les Chinois, la lune est
de nature féminine; c'est la déesse bienfaitrice de la
fécondité. Les femmes font, le jour de la fête, de grands
pains de banane, qui, à l'approche de la nuit, sont mis
devant les maisons avec des fleurs et des essences. On
place dessus un support en bambou oià sont attachées
des bougies d'encens. Celles-ci sont allumées au moment
où la lune est à son plein. On entonne alors „le chant
de la Lune." On danse et l'on joue. Les jeunes gens
s'en vont ensuite par couples sacrifier à la déesse de la
fécondité. Le qamar et les kamar sont des alliés, et
c'est le cas de dire, avec L el-Mogâvvir: ^^a^ _^ J. -/s^-'i,
ici p. 927, 4.
Il reste imprécis de savoir si iç*^ se rapporte à ^,
lune, ou à -i^, kumâru, p/^a^^ws ; probablement aux deux.
Le culte phallique sera prochainement traité par Hommel
dans son mémoire Bas Fruchtharkeitssijmbol m der ait-
habylonischen Kunst. On y verra que le Kômer a dû
réellement remplir des fonctions d'un culte phallique. Les
969
principaux documents en sont; 1° „Le monument Blau",
le plus ancien monument babylonien qui existe, publié
d'abord par le Dr. Ward dans le Journal américain d'Ar-
chéologie 1888, et ensuite par Fr. ThureauDangin dans
la Revue Sémitique IV Janvier 1896 p. 43 et ss., sous
le titre „Les deux plus anciennes Inscriptions proto-
cunéiformes connues." La tablette A représente une femme
qui joint les mains devant un homme barbu, dont la
chevelure abondante est retenue par un bandeau. C'est
là sans doute le Kômer, car il tient dans ses mains un
phallus dessiné d'après nature. Le savant assyriologue
n'a pas relevé ce détail qui pourtant est capital. Sur
l'envers de la même tablette, trois hommes du peuple,
assis sur des bancs et tenant entre leurs mains un objet
que Th.-D. prend pour un pilon à broyer. Je n'ose sup-
poser que ce soit un phallus, le gland tourné en bas. Au
milieu, un homme vêtu d'une tunique, qui paraît frapper
dans les mains. Th.-D. y voit un intendant qui excite
au travail, dans un milieu de vie agricole. Or, je suis
persuadé que ce petit monument représente une scène
d'actions de grâces de la part d'une femme aisée qui
vient d'avoir un enfant. Les mamelles démesurément
gonflées l'indiquent. Pour témoigner sa gratitude au Kûmer,
elle lui offre des chèvres, des vêtements, des pierres pré-
cieuses taillées, des grains rôtis, des boissons fermentées,
etc., selon la traduction de Th.-D.. L'autre tablette B
est plus difficile à expliquer , mais elle paraît se rapporter
au même sujet. Le même personnage barbu y figure,
cette fois-ci tenant une chèvre, l'offrande, entre ses mains.
Je m'étonne qu'on n'ait pas publié un fac-similé exact
de ce monument important. 2° Morgan-Scheil, Mémoires,
970
t. VI, Textes élamites sémitiques 3 Série Paris 1905. PI. 2
N° 2 : Monument du Patesi babyl. de Souza, Baéa Ôusi
nak. A gauche, un lion; au milieu, une divinité âge
nouillée tenant un phallus; derrière ce dernier, une femme
suppliante. 3° Divinité agenouillée devant un phallus qui
plonge dans la terre, avec une inscription de Goudéa
figurée chez Horamel, Geschichte Bab. u. Ass. p. 241
La divinité est, selon Hommel Nin-gié-zidda, le maître
du phallus^ le dieu spécial de Goudéa. 4° Stèle de victoire
de Naram-Sin chez A. Jeremias A T^ p. 290. Le roi
célèbre la victoire sur ses ennemis devant une montagne
en forme de cône, forme postérieure et conventionnelle
du phallus, comme celle de la stèle de Hammourabi.
Nous savons quel rôle le linga de Siva joue dans le
» culte phallique de l'Inde. C'est le sj^mbole du Sivaïsme,
que ses partisans se font même marquer sur le corps.
Ainsi, parmi les différentes sectes adoratrices de Siva,
les Saiva portent le linga sur les deux bras ; les Brâkta,
sur le front ; les Yangamas, sur la tête ; les Pâsupata,
sur le front, la poitrine, le nombril et les bras '). Les
Lingayètes, les Lingavants ou Yangamas portent un petit
linga de cuivre ou d'argent dans un étui, autour du cou
ou dans le turban^). Mazumdar, Phallus-worship in the
Mahabharata, JRAS 1907 p. 837, veut que le linga,
comme une forme de Siva, ne soit pas reconnu dans
cette grande épopée, et que les passages oii il en est
parlé soient une interpolation postérieure. Mais l'exis-
tence du culte ne peut, par cela, être mis en doute.
L'abbé Delaporte, qui écrivait en 1741, dans son ouvrage
1) Wilson, Sketli of tlie religions sects of llie'Hindns, p. 12.
'2) Ibid. p. 142.
971
Le voyageur français^ Vol. III p. 300 (Paris 1772), parle
avec indignation du culte religieux de la ville d'Alcatile,
dans l'ancien royaume de Carnale, sur la côte du Koro-
mandel. „Le culte des habitants d'Alcatile, dit-il, est le
comble de l'impudicité. Leurs prêtres adorent solennelle-
ment le dieu Priape, qu'ils appellent Lingan. 11 est
représenté sous la figure des parties naturelles de l'homme
ou des deux sexes réunis. Cette divinité déshonnête a
grand nombre de sectateurs dans l'Inde. Ils l'adorent
comme la source de la génération des êtres vivants et
en portent à leur cou l'image obscène, à laquelle ils don-
nent le même nom, et offrent tous les jours des sacri-
fices." Et à la page 301 : „En vertu d'une loi établie
par les prêtres linganistes, les jeunes filles leur prosti-
tuent leur virginité." Les représentations lubriques et les
scènes de coït qu'on rencontre partout, révoltaient beau-
coup l'abbé voyageur o. 1. p. 489. Dans la description
de Madras, il dit p. 307 : „Les Indiens ont conservé leurs
anciennes pagodes desservies par des Bramines et par
des jeunes-filles, dont les principales fonctions sont de
chanter les louanges de leurs dieux et de se prostituer
à tous ceux qui se présentent, sans distinction de sexe
ni de pays." Odoardo Barbosa, dans sa Ptelation de voyage ^)
raconte, sur les Naires de Malabar, que la jeune fille, à
r;ige de dix ou douze ans, est mariée avec une céré-
monie assez bizarre. Le jeune homme lui passe au cou
un cordon auquel est attachée une petite feuille d'or
percée d'un trou." Il s'éloigne ensuite d'elle, et la mère
de la fille se met alors à la recherche d'un homme qui
1) Dans Les Voyages de Ludovico di Varlhema, éd. Ch. Schefer,
Paris 1888, p. 303 et s..
972
consente à déflorer sa fille, car, parmi ces gens, l'action
de ravir à une jeune fille sa virginité est tenue pour
vile et méprisable. Lorsque la mère peut considérer sa
fille comme une femme, elle se met à la recherche d'un
individu qui en fasse sa maîtresse ; si elle est belle, trois
ou quatre naires font entre eux un accord pour l'entre-
tenir et partager ses faveurs; plus elle a d'amants, plus
elle jouit de considération. Chacun de ces Naires a un
jour déterminé qui commence à midi et prend fin à la
même heure. Il cède alors la place à un autre, sans
qu'il y ait jamais entre eux de disputes ou de récrimi-
nations."
Le cadre de cet ouvrage ne me permet pas de m'étendre
davantage sur un sujet qui comporterait un volume et
exige des recherches que je ne suis pas à même de faire.
Ce qui précède suffit pour prouver que l'antiquité et le
Mo3"en-âge étaient encore pires que les temps plus mo-
dernes. Le tawrîd des tribus montagnardes du Sud peut
donc être la continuation d'une coutume lascive antique,
où le sentiment religieux joue un rôle qu'il a à présent
perdu. Les filles qui y:ic o^V P^^^* se donner au temple,
n'étaient point des prostituées, car le manteau de la
religion les couvrait. Les banât 'Arwal qui se met-
tent à la disposition da ->,*:c* ne le sont pas non plus,
car il n'y a pas de do 2d des, condition de toute prosti-
tution, p. 40, 3. Le jTjkX n'est pas non plus un vulgaire
(jLX7r:xôç. Pour moi, qui crois que toute religion est une
mythologie et qu'il ne tombe du ciel que de la pluie et
de la neige et qu'il n'y monte que de la fumée et des
vapeurs, j'envisage la coutume du ta w r î d non pas comme
une immoralité, mais comme un défaut. Nous autres, qui
973
obéissons aux lois de nos pays, qui doivent être respec-
tées, nous sommes habitués à considérer comme immoral
tout ce qui est contraire au code des mœurs adopté par
la Diète. Les Musulmans, qui peuvent se payer autant
de femmes qu'ils veulent, d'une façon très légale, consi-
dèrent toute infraction au Qorân et à la Sounna du Pro-
phète comme une immoralité. Mais les "^Arwal et les
Marâzîq, qui n'ont pas notre législation et qui n'ont
d'autre code de mœurs que le J^^' *!Jî ^y, ^J>L^, la cou-
tume de l'ancien temps, ne trouvent rien d'immoral à se
procurer par un o.yo une compagne d'amours. Le norme
pour juger de la moralité, sur ce point, leur manque.
Lorsque, dans une guerre, nous avons tué des milliers
d'hommes de notre ennemi, nous chantons un Te Deum
laudamus à l'Eglise. Est-celà de la moralité? Si les "Ar-
wal sont immoraux, nous le sommes bien plus. Question
•r - ' '
de la paille et de la poutre! (^%£ j, ^^J^' y^' ^J^
eU^ ^ ^^iktl\ ^J^J! ^Jù^ dUi>! Prov. Meydânî, Frey-
tag II p. 355.
11.
Lis y a 8 â 1 e h q a t a 1 1 m i n s il n ?
41, 5: "awâqib, pi. de iuix:, petit garçon^ propr. pos-
térité. Le tum. en est isjO^ .JL^ est un mot emprunté
d'Aden.
41, 7 : d a h a g h 0 m b i t à o^ ^s>j>, frapper en géndral ,
=r ^^, v_jy:D; ne se dit que pour le fusil, tirer-. vJJAiJL
En Mésopotamie, J^ ^s=>j> est, selon Meissner, regarder,
sehen, hinschauen NAGI p. 121, idem M S OS VI, ii
p. 86 N° 5 1. 3; fi.cer=J^.^, ibid. p. 106 note 3. Mais
Wetzstein, ZDMG 22 p. 122, a ^^^, qui est peut-
être la vraie forme; développement de ^ _LL? Cf.
cependant ^o est ses dérivés.
41, 8: indàmar. yoj>, périr, être décimés, exterminés
par la guerre, la peste ou autre chose, être complètement
usé, ruiné = u>.^ . ^^' ^ bytjjî ioiy!^ iO-i ^ iJ^!,
er-rummah est la ficelle bonne, et la ficelle usée s'ap-
pelle r e m 1 i. ^c'aJI •<j^\ ^ (^ 'sJi^ , e 1-h u s s a h veut
1) l'i.
975
diro une maison ruinée^ une ruine. Dmùr lûktâba
bu fillôh, efface l'écriture qui se trouve sur la tablette,,
RO §274. yjj» — j/ooî, faire périr ^ extermi^ier, ariéantir,
achever. In à B. m km a '^alam-zâd udammarnàh, nous
noîts sommes jetés sur le manger et nous en avons fait
table rase^rs\jû^.
- o - , o ^
-♦iJ>o = j^o, 71, 7, ruiner, démolir^ abbrechen, me
paraît être un développement de y«j> ou une dissimilation
consonantique de y«^. C'est bien avec «( que je l'ai en-
tendu ici, mais aussi avec „, et il se peut que ce soit
o
la vraie forme, vu la faiblesse de la gutturalité dans le
Sud. Ce serait alors comme le sabéen '^Dm, Hal. 478,
DH Mûller S D A p. 38, 14; ^.o et „^à, rouler^ faire
des tours^ se promener^ aller par ci par là, herîimgehen;
sJiJ: et oiJb>j, glisser, Syrie, oi^i il y a plutôt contami-
nation de deux thèmes; iji^^b, se casser avec bruit en
tombayit à terre et ^ji^^h^ casser en jetant par terre,
Haurân; -*1) et y*^'!^, sauter, Sud. Mais le » épenthétique
après la première radicale est aussi commun dans les
dialectes. .^^ =.l\^3, exciter à faire qqc, pousser à, in-
citer à. Wahdàrtani isteri hâda ma hù^ si me-
nâfiq \\\ tu m'as poussé d acheter ceci qîii ne me con-
vient pas. .h et j»j^^, tourner autour, se promener,
Stumme M G T p. 298, pull down, démolir, sahhî B B R A S
1902, p. 268, ;^^', traîîier les jambes par fatigue, Dt.
j^j, être chaud, class., et j-^jj', flamber, brûler Dt.
Comme je l'ai déjà dit, cette intercalation d'ane lettre
est souvent, mais non toujours, une dégémination ou
dissimilation des géminées.
976
41, 12: intafaq. oià:^!, se rencontrer, est pour vjiij!,
qui ne se dit pas. JL. a ce sens de s'entendre, convenir
de qqc.
41, 13: uitràgamu ya ha^ar. Sur la locution,
voyez p. 424 et s.. Les Arabes du Sud excellent dans
l'art de jeter des pierres. Dans les soi-disant guerres, la
pierre joue un grand rôle. Elle remplace souvent le fusil,
comme le remplaçait anciennement le sabre. Vu l'élasti-
cité du bras, on est à même de la lancer à une grande
hauteur et à une longue distance, comme je l'ai souvent
pu constater. En voyageant, on porte, la plupart du temps,
une pierre dans le ^Lo (v. le Gloss. s. v.) pour être prêt
à toute éventualité. L'Arabia Petrea se trouve partout
en Arabie. Cette coutume de combattre à coups de pierres
paraît du reste avoir été pratiquée dans l'ancien temps,
car el-A'sâ dit, I. Qot. p. 70, Sîb. I p. 76, 7:
Nous ne combattons pas avec des hâtoyis
Et nous ne nous jetons pas de pierres.
Cela est confirmé par K A II p. 162, 16 et ss. : ^ Ja
.^\ '^^^iJ-L, Qy_;L.:2X;^ a^L^L- 0^'/^ O^T^' ^^ ^'-5
Il dit : il n'y avait pas d cette époque des guerres entre
eux, si ce n'est la journée de B u'^â t 77îais elle était grave,
celle-là. On sortait seulement pour se jeter des pierres et
se battre à coups de morceaux de bois ou de bâtons. Le
Prophète fut blessé par une pierre lancée sur lui à la
bataille de Uhud Tab. I p. 1408, 16, où les pierres furent
très en honneur, ibid. p. 1410, 10, comme en général
977
dans les rencontres des deux partis ennemis, ibid. p. 1433,
3, p. 1542, 14.
41, 15: ta f à 11. fJ>h, a, est tomber raide -nort tout
d'un coup, s'affaisser, propr. s'étendre par terre, à cause
de l'hébr. noîD et l'araméen ^^.^ , Ges.-Buhl PI W B
p. 250. Le sens de déborder est inconnu; cela se dit en
Dt JlI^, Hdr Gl. s. v..
41, 15: eddièh, quelquefois aussi die h, iuj>.
Les qabail, surtout les tribus soi-disant himyarites,
Arabica V p. 230, n'acceptent jamais le prix du sang,
mais pratiquent le talion. Miles, Excursion into the In-
terior of Southern Arabica JRAS Vol. 41 p. 213, dit
des Dîyêb: „The Arabs in this part of the countryhave
the savage practice of never accepting the" decat." Blood
can be atoned for only by blood." Ce n'est qu'une tribu
faible et hors d'état de prendre la vengeance, qui se con-
tente d'un dieh. Il est, en général, de ôOO'/^ réaux, jusqu'à
700, moitié en argent, moitié en bétail. La somme peut
varier selon la situation de l'assassiné. Un arrangement
convenable n'est pas exclu. Si un qabîlî a été tué par
un qabîlî d'une autre tribu, tous les hommes de
celle-ci sont tenus de prendre fait et cause pour leur
contribule, en tuant ou l'assassin en personne, ou un
homme de sa tribu, Maltzan Reisen p. 263. Dans en-
Naqâid, éd. Bevan p. 2 en haut, une diyeh est de 100
chameaux dont Hilàl b. Sa'sa'^ah payait le tiers, 33 '/j.
La vendetta peut durer des années, mais elle viendra ').
4) Les Danàkil sont connus pour leur stiicte observation du talion.
SuV ce sujet, je vais raconter une histoire t'trange. Il y a trente ans,
j'avais iiiit, au Caire, la connaissance il'un certain M. Arnoux, de Nice.
978
Il faut que le nombre des tués, s'il y en a plus d'un,
soit le même des deux côtés. Il est honteux, aux yeux
des q a bail, de tuer un da'îf, un ra'^ieh qui s'occupe
Il revenait du Choa, où il avait passé deux ans. Le roi de Clioa
était alors le Négoûs d'Abyssinie actuel. Il avait confié à Arnoux
une grande quantité de produits de son pays pour être vendus en
France. A Zeyla^ Arnoux fut pillé par le gouverneur égyptien. Abu
Bekr, et il revint aussi pauvre qu'il était parti. Il s'adre.ssa au re-
présentant de France, au Caire, Des Michel, qui fit la sourde oreille
parce qu'on accusait Arnoux d'avoir tué deux hommes de sa cara-
vane, en se rendant à Zeylal Je ne sus cela que plus tard. Comme
j'étudiais alors la langue amarina, voulant aller en Abyssinie, je
m'intéressais beaucoup à Arnoux. Je l'accompagnai même à Paris
pour l'aider à trouver justice. Dans ce temps-là, je n'étais pas riche,
mais je partageai avec Arnoux, qui n'avait rien, mon argent pendant
plusieurs mois. Il était dépourvu d'instruction, et c'était moi qui
rédigeais toutes ses requêtes au ministre. Il m'avait promis de m'amener
au Choa, où le roi me recevrait bien. Arnoux avait avec lui une
fille qui était du reste foit pieuse. Je ne la voyais jamais qu'en
présence de son père. Un beau jour A. m'écrivit une lettre dans
laquelle il m'accusa de faire la cour à sa fille. Le propriétaire de
l'hôtel vint aussi m'enjoindre de le quitter tout de suite. Mes amis
de Paris m'avaient bien mis sur mes gardes contre cet homme,
qu'on traitait d'a.ssassin, mais, dans ma candeur d'alors, je ne vou-
lais le croire. Je quittai tout de suite l'hôtel, sans que A. eût l'idée
de me rendre les 5.000 fr qu'il m'avait coûté, et je n'entendis plus
parler de lui. J'étais guéri de mon enthousiasme pour l'Abyssinie.
Deux ans après, il retourna en Aby.ssinie, accompagné de sa fille,
avec l'argent d'un syndicat parisien. Il fut tué à Obock. où il est
enterré. L'hiver 1898 à Aden, j'avais fait venir chez moi un Dan-
kalî, pour connaître un peu cette langue. Je lui demandai s'il avait
été à Obock et s'il pouvait me raconter quelque chose sur un Frangi
qui y avait été tué. A mon grand étonnement, il s'écria: «C'est moi
qui l'ai tué parce qu'il avait tué mon frère et un autie!" Il nie
raconta alois qu'un soir, entendant des cris dans la tente où se
trouvaient A. et sa fille, il s'y était introduit et avait enfoncé son
ban^ar dans le dos de l'assassin. Les détails qu'il me donnait de
la vie de ce misérable étaient tellement horribles, que je ne pus
qu'approuver .son acte de vengeance. »Notre hangar ne s'endort
jamais ", fut sa réfiexion finale.
979
de ses affaires, de sa terre ou exerce nn métier. Un juif,
qui est un ^^o, n'est pas attaqué non plus. Ceux-ci ne
font pas la guerre, et à cause de cela on ne Irs tue pas.
On est tellement sévère sur ce point, que si un da^'îf
a été tué par un qabîlî, les parents de celui-ci lui font
expier son crime par la mort. Cela est arrivé à Yeébom,
il y a quelques années, pendant mon séjour à Aden.
Les hommes tués à la guerre n'entraînent pas le paie-
ment du dish. Une chose qui prouve bien la cohésion
de la tribu, c'est que le JLLs, l'assassin, ne supporte
pas la charge du dieh, mais toute la tribu est respon-
sable de son acquittement. A cet effet, on s'impose,
chacun selon ses moyens. O71 fait même la quête ^..^lxLo,
dans les tribus amies et alliées, comme dans notre récit.
Cela rappelle la prescription du C H § § 23 et 24. Com-
parez ce que j'ai dit à propos de ^^^.wj Gloss. s.v.. Cette
cotisation, »As., est réciproque dans un cas analogue.
C'est le proche parent du tué qui prend le dieh. Il y
a cependant des tribus tellement ennemies, que le dieh
n'y est jamais accepté. C'est le cas des Hasanah et des
Mayâsir de Datînah, où il y a beaucoup de qatl, des
deux côtés, qui n'a pas encore été expié. Une trêve, iCc:.,
est toujours strictement observée ; toute vengeance est
alors suspendue. Le rachat de la vengeance par l'argent
est très ancien chez les Germains, Z À S R K V p. 65,
et chez les Indien ibid. p. 85.
On sait que le talion est admis par le Qoràn, II, 173,
V, 49, XVII, 35 et Boh. IX : iojjt ^L, Gahiz Tria Opus-
cula p. 52 on haut, ZASRKV p. 105, comme il l'était
080
chez les Babyloniens et les Hébreux, Deuter. 19, 21,Bolj.
IX p. 6, 4 et s.. J. Jeremias Moses iind Hammurabi
p. 21 et s., où est relevée la similitude d'expressions
dans les trois codes religieux : le C H, le Thorah et le
Qorân, Boh. IX p. 5, 6. Le Prophète a lui-même, de sa
propre main, exercé le droit de talion, Tab. I p. 1671
en haut: c'était même la première fois depuis l'Islam:
^J Joil J.O J^î _^^. Il ne reculait pas devant la vendetta
lorsqu'il se sentait trop lésé, Tab. I p. 1586, 16, p. 1639/40.
Mais il a en môme temps sanctionné le prix du sang
par Qor. II 173, IV 44-45, V 49 et par la Tradition
suivante : (} î^oî^ [ypA ^^l^ \^Ji \_^jp>\ ^l s'ils veulent, ils
prendront le talion, et s'ils veulent, ils pretidront le dieh,
LA XX p. 261 en bas. Un musulman de Beyrouth en
avait tué un autre. Il fut condamné ù mort. On télé-
graphia à Stamboul pour demander s'il fallait exécuter
la sentence. La réponse laconique fut: „Demandez à la
mère si elle accepte le dieh." La mère n'accepta pas,
et l'assassin fut strangulé, le 17 Juillet 1874, en pré-
sence de milliers de corréligionnaires. Mon cordonnier, h.
Damas, m'avait livré une paire de bottines le soir. Le
lendemain matin je le trouvai pendu à un arbre, car il
avait dans la nuit assassiné quelqu'un, et la femme de
celui-ci refusait la rançon ofïerte par la famille de l'as-
sassin. C'était bien là le ij-v^L, j-^^!, Boh. IX p. 5, 6,
un peu trop expéditif. Le code mosaïque n'admet pas le
"iDi) = 8.li5' ou 'iJù. Cela ne milite pas précisément en
faveur de l'humanité des Hébreux. La réflexion que fait
1) Ainsi voyelle poui- '3^'}.
981
à ce propos J Jeremias, Moses und Hammurabi p. 26:
„Les différences ne se trouvent point dans la direction
de l'éthos, mais dans l'organisation sociale", et „le droit
de vengeance n'est pas éthiquement , mais socialement
plus bas que le droit d'expiation et le droit pénal, (Buss-
und Strafrecht)", est pour le moins étrange dans la bouche
d'un prêtre chrétien. L'organisation sociale des Hébreux
reflète bien ici leur éthique. On dirait qu'elle n'a pas
voulu abolir une coutume ancienne, qui existe encore
chez les vrais Bédouins et facultativement dans l'Islam,
tandis que le G H supprime le .Li qu'il réserve au code
pénal de l'Etat. Mais le Dieu des Hébreux a la poigne
forte. On lira ce qu'a écrit Wellhausen sur ce sujet dans
le ZÀSRKV p. 93 et ss..
Le die h est aussi accepté pour une blessure, une
lésion qui n'a pas été faite à la guerre. C'est le ^«yiî iùo,
tandis que l'autre est le ,^w^* ïCj^, le VZi^b ipb de Nura.
35, 3L II est évalué selon la gravité de la blessure. Un
membre du corps mis hors d'usage compte pour un demi-
homme, soit de 800 à 350 réaux. Mais ce diat es-sôb
n'est accepté que par une tribu faible. Dans les grandes
tribus puissantes, on cherche le coupable jusqu'à ce qu'on
puisse lui faire une blessure semblable. Comme il y a
;^*^sJlj (J*^«^!, il y a aussi v-j^Ij ^^*^\ ^ blessure pour bles-
sure. C'est aussi la prescription qorânique: JAj^ i^i^^b.
V, 49. Si le d i e h n'est pas accepté, on dit ^ a^lc ^^^L. v_jyô,
ime blessure vous reste encore à expier. Il n'est point
nécessaire que le talion de blessure soit exercé à l'égard
de la personne môme qui a blessée. Un individu d'égale
982
position de la tribu suffit. On appelle ce dieh ^_jJ, à peu
près notre dommages-intérêts. ^^ est payer ce ^y. Il
consiste, la plupart du temps, en nature, rarement en ar-
gent. Ce n'est pas seulement pour une blessure qu'il
est payé, mais pour tout tort, tout dégât qu'on aura
fait à une tierce personne. Si p. e. on .a déchiré un sac
en cuir, iCcJs, d'un rabf, ceux chez qui celui-ci est
rabi^ ou hall envoient à ceux de la tribu de laquelle
fait partie le coupable une gàmbîeh, une pique, ou
quelque chose d'analogue, avec un homme qui doit leur
raconter ce qui est arrivé. Cet objet est appelé k>-,, et le
terme technique pour cela est is^<^ ^^^SSj,_, ils envoient
un wagh. On se réunit alors et l'on fixe le montant du
lôm. Ce lôm s'applique à toute chose, excepté le Jjlî
pour lequel \\ y a le ioj,
Glaser, Peterm. Mitth. 1884 Heft V p. 176, nous a
relaté comment la chose se pratique chez les q a bail
du Yéman. La situation est à peu près la même. Le
talion est sensiblement adouci par le di'oit de protection
et le droit d'asile. J'en parlerai à un autre lieu dans
cet ouvrage.
(joLûï 1) est le mot qorânique pour talion ■=. oys. C'est
l'infinitif de (jolï, donc, véritablement une taille réciproque.
Depuis longtemps, (js^Laï signifie pM?«"^zow dans les dialectes
hadar du Levant et de l'Arabie; ^j^^*^ et ^y^i y sont
punir. On pourra comparer l'ancienne expression fran-
çaise tailler le peuple, imposer une faille. L'idée est la
1) l'.oh. m p. 180; I. Sa'-tl IV, l p. 04.
983
même, si le mode est différent. Dans les dialectes bédouins
du Sud, (j^, couper ^ n'est pas employé; on le connaît
seulement à Aden. Couper y est wa-Ls. Le ^j^, ciseaux,
n'est pas non plus un mot bédouin, mais hadari, car les
Bédouins disent -y^^, et leurs ciseaux affectent la forme
de notre tondeuse pour couper le poil des animaux. Dans
nos dialectes, (j-oï est seulement examiner, rechercher,
se mettre aux trousses de, ^-il u^s ou ^Sh, le dépister,
rintracciarlo; «^ ^jai, aller aux informations ; &JL:^! ,j^,
dépister l'intrigue. Tout cela est très classique, mais c'est
un sens secondaire. Venger qqn par le talion se dit dans
le Sud v_j \jA^' ou saj: .Li, son sang a coulé; \^o ,*i,
il a fait couler son sang.
41, 19: laqintha. ^^, a, comprendre, saisir. \J> est
ici neutre, se. iL^, la chose, ou quelque chose d'analogue.
C'est un verbe très classique, v. L A s. v..
66
12.
Em-éahr em-bâr.
Ce récit est peut-être le plus intéressant de tous. Après
les publications de Hommel'), de Winckler^) et de Niel-
sen^), sur le culte de la lune dans l'antiquité sémitique,
je suppose que ce fait est connu à tout arabisant. Mais
ce qu'on ne connaît certainement pas, c'est que dans
l'Arabie du Sud, où ce culte a longtemps persisté, on
jure encore par la lune. Lorsqu'on conclut un h a 1 f, pacte
d'alliance, on prononce cette formule de consécration:
LLJt =] .LJî t^b ^'' l-^, Oître nous il y a Dieu et
la lune qui luit. Si la lune n'est pas visible, on dit:
-o L. [i 1 1 e d i] (j:À."' -^''3 , par la lune qui va paraître. La
lune est, en général, entourée d'une grande vénération
à cause de l'influence qu'on lui attribue sur le temps
1) A A p. 149 et ss. ; Der Gestirndienst der alten Araber (1901);
GGG p. 84 et ss. ; Die siidarab. Altertumer des Wiener Hofmuseums
1899 p. 30 et ss..
2) A F II p. 354 et ss,.
3) Die Altarabische Mondreligion 1904. L'auteur, qui connaît quel-
ques mots liébreux et pas un mot d'arabe, n'a fait que réunir ce
que Hommel et Glaser lui ont appris. Son ouvrage est habilement
combiné, et la science en profite. Il a la spécialité de ne pa.s citer
ses sources, qui, du reste,' sont bien connues — à noup, mais non
à ceux de Danmark pour qui il a écrit son livre!
985
et la végétation. A sa première apparition, on lui adresse
ce s a g : «-^^cyls tÎ^^jIj * ^^3u J-Jl^ lt-^ ^ * ^>*-'*^ Ij -s-^i Ij
0 Zwwe/ o heureuse I 6 toi qui nous reviens toujours avec
la pluie et le tonnerre! Si le mois lunaire a été bon, on
dit: -^ j LuJLc jj>5 ^ X UJLc Jcï.o, son entrée nous
a domié des biens et sa sortie nous a doymé des biens.
-2^, a, être haut, de façon à dominer ce qui est en
bas. Ax:^J' vjîki .ixio L, wows allons monter sur la montagne
où nous donmierons le pays, Ban3'ar et ed-Dâhir. C '^-^J^
[JS Lo^' ^ ijjfi:3 ^^îj/i (^«L, nous flous arrêtâmes sur
la hauteur de M^ Marrân d'oil nous dominioyis tout le
jMTjs p. 39, 15, 16. ^y ^U 'j^^^ ^U ^J^] Lotij, noîis
sommes montés dans le haut Marrân {= à la naissance
de AV. Marrân) et noîis étions au-dessus de W. er-Ruqb
=r nous dominions d'un coup d'œil. {jpp)''^ ^ ^Li \X^,
la montagne s'élève au-dessus du pays, le domine. ^^î
bii' LoJjt J^ .L. >5[5 ^Ui, la lune est au-dessus de toute
la terre, ^'^ = Jj. D'autres exemples p. 377 et ss..
I. el-Mogûwir dit, en parlant du Mt Milhân: ^]-4 ^^3
Jl^'4) ^ x^ U Socin Diwan I N° 48 v. 4:
[U] t ô r-i s s a'^a d y a sitre mûdî éehar bî
Der Vogel des Glûcks, 0 du Beschûtzer der Mûdî
[flog mit mir in die Hohe.
Ibidem N° 61, v. 6:
1) Ne pas ronfomlio avor «îon synonyme sôinasiolofririnp 3^ p. rî78 et s,
986
âaharte^) ''an-ezzahdah wuhî lî wusfeh
Ich Un erhaben^) ûber die Emsamkeit, da mir die
[Welt offen steht.
o-i^ fut ici paraphrasé par ^Jo. La note de Wetz-
stein à cet endroit est très exacte: „^!, Jtoch erheben,
raan sagt ^UJI Js^, der sich hoch erliehende Berg."
Cela coïncide avec les exemples que je viens de donner
des dialectes méridionaux.
^] =. ^ . xt.iAJ! vjîkS ^^^;iva j^t^! -a2j!, je vois des
personnes qui se trouvent en haut de la maisonnette.
Bêta mishir fin-nezlât, sa tente s'élève [au-dessus
des autres] dans les campements, Hartmann L L W p. 118
Str. 13, oîi la G 0 le traduit par: gross, hervorstehend.
j^, lever, dresser en haut. Le vers 36 de la qasîdah
d'Abu Hamzah du Diwan de Socin N° 69 est ainsi conçu
dans la dictée qu'on m'en a faite:
Je Zez;a2 ^a <e7e de la lance, ensuite je la plantai dans
fia pouliche alezane cl la queue écourtée.
1) Le mMre en désordre. »A^j n'est pas »Scliniach."
2) La traduction de Wetzstein est bonne. Le i_»o» ^}^ c^i^î
suivant implique la niêrae idée que Or^.
3) Socin : viiOAxs, ce qui est moins bon.
4) Socin: tuni markezteh, ce qui vaut mieux.
5) Socin : iJ^ jjii! , çcL j., dann sliess ich sic don, der — rill,
in die Drusl. Cela n'y est pas, et ce qui suit montre que ma leçon
est meilleure.
987
^ est ici l'intensif comme le ^ classique, qui s'em-
ploie dans le même sens, v. p. 379 et L A VI p. 102,
10 et ss., Gâhiz Tria Opuscula p. 51, i7. Abu el-^Abbâs
es-SafFâh et-Tarlibî dit êu'arâ' en-Naar. I p. 186:
Et le matin ils (les v^L^) tornbèrent sur les G. et les
[L. avec les sabres qui étaient levés (contre eux).
Dégainer^ des dictionnaires, n'est pas tout, voilà pour-
(^uoi L A dit : x«,3 «Lcoit «r^3 ^^ (_«' sxkm ...^li _^,
mais ici le second n'est que l'intensif du premier. Au
figuré faire cotmaître: yesahhiru Iqâtil, de7i Môrder
ans Liclit zu bringen, Rôssler M S 0 S I p. 90, c d'en
bas. ^U^ ^U;^ offentlick, RO §231, Le thème yi paraît
signifier être haut. Le dialecte "^omânite a .yi, hauteur ^
RO § 162; ys\>Jt ^î^, Hochgang des Meeres, ibid. §415;
jj^, haut, ibid. § 99, voyez ici p. 463. En Syrie, Jyh
est montagne à pic, le haut d'un mur, parapet d'un en-
clos ; le syriaque \i,2.^ ^^, Rasîd "Atîyah, ed-dalîl, etc.
p. 192. j^ serait donc comme b et ^^, .L Qt ^', ijJù
et (jii^, o'o et vjui, JLw et ^^^^ demander, J)Q\xiié T 0
p. 48, Stumme T. Gr. Gl. s. v. , j.u et ^etj*^, Muzhir
11 p. 225, etc.; nous avons de même [3 = in:, luire,
d'oîi ^^j, jour, propr. lumière. Le môme thème a encore
donné c^i, ^J^io et ^yi, v. E[dr Gloss. et ici Gloss. s. v.
^yi. Cf. ici p. 463 sur .Li' et pî., pouvoir, propr. être
d la hauteur de. L'assyr. sarâru, briller, se lever en
rayonnant (les étoiles) (éarûru, splendeur) est le syno-
nyme do bar dru, et sarùru est=:barîru ou barii-
988
rîtu, lever rayonnant des étoiles, Del. H W B s. v.. ') Or,
comme ^, briller, peut être un développement de bar â ru,
briller, birbirru, éclat, Del. HWB p. 182a, id. Gr.
p. 156, ^ peut aussi l'être de sarâru^). L'idée pri-
mordiale de 8 ara ru peut être être haut, car la planète
ne brille que lorsqu'elle s'est levée. Sarru, roi, et sar-
rùtu, royauté, seraient donc comme notre altesse, l'ori-
gine de czar. Mais ^ peut aussi être parent de '^j, et
mon raisonnement est alors gratuit. L'étymologie de
Glaser, mentionné ici p. 379/80, est inspirée par l'exis-
tence de quelques substantifs de la racine iriD où est
renfermée l'idée de rondeur. Mais ces significations ne
sont que la comparaison avec la lune, qui est ronde,
inp, enclos, parc, Lévy W B III p. 485, a la forme d'une
J^^rç, lune. La même adaptation sémasiologique se constate
pour quelques mots formés de ^. Aussi bien Ges.-Buhl
que Levy donnent au verbe "lûD le sens primordial de um-
ringen, umkreisen. Cela doit être par déduction, car rien
ne nous autorise à l'admettre. L'identification avec iriT
^,^j, briller, est tout aussi problématique. Elle n'est pas
impossible, mais pas encore prouvée, et je ne connais
point de verbe iûd, umringen, umkreisen. Si "iriD est =
inï', ce qui n'est pas absolument liors de doute, il faut
lui assigner un autre sens primaire. L'arabe ^ étant
ici très clair, je crois que c'est là qu'il faut chercher
l'origine sémasiologique de T£.
ji, i, ne se dit que de la lune, lorsqu'elle se montre.
1) L^_^^ ^^ JJJ! J^] LA V, p. 148,
2) Cf. .^^i-CC, éclat, sploidcur.
989
Il m'était toujours expliqué par -^ ou tlb, souvent
aussi par ^. A la p. 377, j'ai rapporté un vers où
figure la phrase: ^ ^ (^^ \^ ni lune n'est sortie.
Sâ^at ma yebirr es-sâmir bâ" lisâfir, lorsque le
clair de lune sortira {paraîtra), nous allons partir. El-
qamar bar (= X) "alad-dunya, le clair de lune est
répandu sur la terre. Le mehri .L, o, voyager la nuit,
Jahn M S p. 171 '), =. l'arabe (^^, est bien de cette
provenance. Comme on prétendait que c'est le contraire
de ^\J^y a et i, il faut y voir le sens de sortir à la lu-
7nière, paraître. Je ne suis point sûr que ce sens soit
conservé dans le dialectal hadarî du Nord et d'ailleurs
l_j et J.I j, dehors (v. Belot s. v.), car cela peut aussi
être ly, contraire de !y5^, d'autant plus que, dans le
Sud, cela se dit bl^J! S = mehri babarr. On est tenté
de comparer j à l'assyr. baràru, briller, luire. Barîru
est le lever rayonnant des étoiles Del. o. 1.. L'éthiop. flCii,
lucere, amar. fl^, esser chiaro, risplendere (Guidi Voc.
s. V.), Jj, briller. Ce verbe arabe s'emploie en parlant
des planètes et des étoiles: -*&!! ^ et ;j*...*./iiJ! o^iu, LA
V p. 148, 10, 18, correspondant à notre ^j^'y [^J'.^4^' oy
ne se dit pas], et ^L ^1, LA, V p. 148, 13, XVIII
p. 236, 3, à notre "jj ^^'. Dans les pays à l'est du
Yéman, -^ est seulement clair de lune =z Dt yL^ ou yi'j",
et 'Oman iù^^, Rôssler M S OS I p. 61, 11. A Lahig,
1) Où il faut ajouter 18, '»; 53, ^ ; 95, '^ '8, '« et passiin.
990
j'ai entendu li^coU^ _*jjj^ ^' -j^. U 'xcL^, lorsque la
lune sortira et brillera , nous allons charger et partir
où -«jjj fut paraphrasé par jjb, mais j'avoue ne pas en
être sûr. Toutes les significations des dérivés du thème
'^i découlent de ^, lune.') Glaser cite 0 L Z 1906 pp. 316
et 388 un verbe j*i, griinweisslich oder gelbioeisslich
schimmem, mais cela ne se trouve pas dans mes dic-
tionnaires, ^(/n/,, rohmdare, orbiculare, est aussi un
dénominatif. A propos de l'éthiopien, oli «f»m><i signifie
aussi cainerare, fornicare^ voûter., ^ao^, caméra, fornix,
il y a une coïncidence extraordinaire. On faisait l'amour
dans un fornix ou caméra fornicata, chambre voûtée, et
de là le verbe fornicari, forniquer. Or, en arabe, ,*<iJ
veut aussi dire coïter, LA VI p. 427, 7 dans un vers
d'el-A'sâ. On a vu que ,.^ z= ^ est pénis. C'est la forme
de la lune qui a donné naissance à ces sens secondaires^).
1) Aiioir une lune sur la lèlc, lorsqu'on est clim<ve, est une
métaphore qui se trouve dans toutes les langues européennes, de
mt'ime qu'en grec, a-e^viviov, et en arabe: Abu en-Nagin a dit, ici
p. 753 : Si ma tête devient grisonnante de quelques touffes de che-
veux, comme si quelqu'un qui tire par les cheveux les eût détachés
d'un vertex qui est comme la lune luisante, Haffner AL p. 173
en bas. Nil novi sub sole!
2) Je ne vois pas pourquoi Kcti^iifix, voûte, chatnbre voûtée, et caméra
ne pourraient pas venir de la forme de la lune '^^^^^^, j«J, cf Lewy
p. 157. Les Grecs et les Romains ont tant emprunté à l'Orient, d'où
est venu le mot avec la chose, exactement comme nous avons ac-
cepté dans nos langues des mots grecs et romains, en int'me temps
que les choses qu'ils désignaient; p. e. caméra, chambre, Kammer.
Les qasr que Musil a découverts dans le désert à l'Est de Ma an,
sont des i\V^/, en l'orme de qamar ou plutôt de demi-qamar,
dont la ^.j\ mésopotaniienne est le prototype: f^.-
991
Les différents sens de ^ sont donnés dans le Gloss. de
Hdr. Je veux seulement rappeler ici un sens qui doit
probablement se rapporter à ^, c'est y^sùjJ, être jaloux.
L^ j. ^ô y*sù\ ^J^ ^ M^ ^^ L^3j J^ ^y4JJX^', elle
est jalouse de son mari contre la femme d'un tel, à cause
de la jalousie qui est dans son cœur. çcr*i, jaloux, fém.
's^.yii. On comparera ae^t^viâ^o.uxi, être lunatique, TsXvjvéf^x^Toç,
lunatique, frappé par la lune, et lunaticus, lunatique. Il
n'est pas étonnant que la hine soit le point de départ
de toutes espèces de conceptions et de locutions, car
[Yoiisouf était plus beau que les hommes] y^\ ^^JLà U/
^\^\ ^ .lXaJI kLJ comme la lune, le soir de la pléni-
tude, a la préférence sur les étoiles, Tab. I p. 1158, o,
surtout dans des milieux où elle était le dieu suprême
dans l'antiquité. Nous avons vu que ^Lw est clair de lune,
synonyme de ^ et de y^i. C'est un icJL£ xsjo, Muzhir
I p. 159. Bâ liTab es-samrah ''ala es-sâmir, 7iou8
allons danser la samrah au clair de lune. Le contraire
de -«Lw est ^: ^ iJLJ, une nuit sans clair de lune, et
se dit même lorsque la lune est cachée par des nuages.
Un verbe jç*,, luire, ne m'est pas connu dans notre dia-
lecte, mais nous le trouvons dans celui des Bédouins de
Tripoli. Stumme T B L v. 230 porte:
y a nâre gelbi, sa mer ù liarrùg
ô feu de mon cœur! [Tu es] flambant et brûlant.
Dans le Glossaire, le savant confrère de Leipzig dit
que le verbe s'emploie pour le feu de branchage (Reisig-
feuer), = notre v^/, qui, par les mêmes Bédouins, est
992
appelé ^^-eU-, Stiimme o. 1. Gloss. s. v.. Beaussier a ysLw
pi. y«l^^, feu dans luie chamhi'e ou en dehors^ hacher^
et Dozy, d'après Cherb., y«U, tisons. Stumme, o et 1. 1.,
compare y*^, Acacia etbaïca, probablement parce qu'on
s'en sert comme combustible. Mais comment expliquer
alors le verbe ^.v, flamber? Tout arabisant sait que y^
veut dire s'entretenir en causant le soir. C'est là un em-
ploi chez tous les Bédouins et non Bédouins de la Pé-
ninsule et hors de la Péninsule. Dans le Sud, -f.w, o, et
^j4-w.j sont synonymes, ^.♦-w, causerie du soir, comme dans
ce vers de la longue qasîdah de Ma'gar el-'Aulaqî:
S'il a été écrit (destiné) que nous nous rever-
frons encore,
Nous pincerons le luth et nous nous entretien-
drons en causant le soir.
Ou l'infinitif ^, T A III p. 277, 23, comme dans ce
vers d'un poète d'Ahwar, la suite de celui cité Hdr
Gloss. s. v. yj :
Je ne suis pas en veine: ma veine s'est perdue.
Les bons conseils se sont perdus*) et les réunions
[du soir se sont dissoutes.
Voyez L A VI p. 42, 2 d'en bas = Boh. V p. 92.
•1) On ne sali plus quoi faire. Sur yoj voyez le Glossaire.
993
s ♦.! .}J-\ Tab. I p. 1376, 9. Sur les ^Cj*^ ou oIj^^I-m,,
on lira Hartmann L L W p. 242. Mais cette signification
ne saurait être primordiale. LA VI p. 43, ^ d'en bas,
dit: kjS j^yiiA^ !^'^ iù>5 -t£\ ^yo ^J j«-vJ! S^^»,, sa-
mar signifie originaiî'ement la couleur de la lumière de
la lune, parce qu'ils avaient l'habitude de causer ensemble
alors. T A III p. 277, ai copie cette définition de L A,
mais il n'a pas ^*^ , seulement ^! ^yo, qui se trouve
aussi chez Lane s. v.. Cette étymologie, tirée de j^,
être brun clair (pas foncé), rappelle le nom du café^^yé^^
des Bédouins de Syrie. Elle prouve au moins qu'on soup-
çonnait que ,**«, passer la soirée à causer, avait quelque
rapport avec la lune. Si y* est la couleur de la lune,
ou même la clarté de la hme, il est plus naturel de sup-
poser que y^ est originairement avoir la coideur de la
hme. Pour nous, elle n'est pas précisément brun clair,
mais les Arabes anciens et modernes n'avaient pas, et
n'ont pas, les mêmes idées que nous sur les couleurs
V. Hdr Gloss. s. v. y:^^.! et oy.. y*^ n'est donc pas
'»Ju3, mais la conversation le soir faite sans clair de
lune. C'est ainsi que ^^ et .ZwJj" sont encore causer le
soir, qu'il fasse, ou non, le clair de lune. De ce sens,
qui ne s'est conservé qu'en arabe, classique et dialectal,
le verbe a, dès une haute antiquité, pris le sens de veiller,
garder en général. L'hébreu "lO'»:', garder, et l'assyr.
si mi ru, KB V p. 31 et Gloss. s. v.,^hébr. IQ'^, gar-
dien, d'où Jo^J! .Lflx, Lane s. v., Vollers Z A IX p. 200.
P. de Lagarde, Bildung der Nomina p. 105, dit: ,,^-«
994
kann nur '^^'t sein, woher N^P'»?'^ (plus exactement Nnv^i'f^,
Ges.Buhl HWB p. 64) Nachtioachc : dann ist freilich
y^ Denominativ." Dénominatif, non, mais transition séma-
siologique, oui. L'hébreu a suivi une route, l'arabe, une
autre. Mez, 0 S Festschrift de Nôldeke I p. 250, avance
une étymologie encore plus étrange: „^j.*:cwl selbst ist schon
in der s. g. ursemitische Zeit die Mutter von _{■*, sitzen
bleihen '), die Nadit hindurch sich unterlialten."
Vu l'existence de ^ixcj! ysL-, le clair de lune, Véclat
de la lune dans les dialectes du Sud^), il faut chercher
si ^4-w n'a pas signifié oiùginaireraent briller ou quelque
chose d'analogue. Une telle signification ne découle pas
nécessairement do >!L«, car celui-ci peut avoir, ainsi quo
yoj , le même point de départ que les adjectifs et parti-
cipes provenant des verbes en question. Nous savons que
parmi les noms minéo-sabéens, il y en a qui contiennent
deux éléments: Gott-\-\\n verbe qui signifie briller^ ou
vice versa : Y a s r a h-i 1 u, brille-dieu = Dieu brille, ou i 1 u-
éariha, ilu-yapi^a, ilu-ma-nabata, iludaraha,
Hommel AI Q p. 81.
1) Cette signification de .^* ne figure point <lans les ilictionnaii-es.
2) Dans les pays du coin sud-est de la Péninsule, on a {j^^p
i, s^entretcnir le soir, RO p. 315, ", ou ^J'*^^, faire passer In soirée,
ibi.l. j. '245, '^ d'en bas; iL^j, soirée, ibid. p. 281, », ZDMG 49
p. 515, où Vollers ne veut pas le considérer comme une métatlièse de
jf*., mais comme un araméisme. Brockelmann, VGSS p. 272, est
de l'avis do Reinbardt et veut que l'arani. ramsâ, soir, soit déjà
une raétathèse de ,,-.«. Mebri, semôr.
995
I. Doreyd [+321] E W p. 50 et ez-Zamahéarî [-j- 538]
A. el-B. rapportent cette muêâwazahi^l^^-vJi *uù1 "^5
Ahmed I. Fâris [+ 395], dans son ajib^î^ é'^'^' v^j
publié par Briinnow dans le Pestschrift de Nôldeke I, p. 233 :
^t^ '^^^] ^Jl1j^^\ L« idiiî "^5 El-Gauharî [+397/8]:
ytsù)*) _(vJ! iJjc! ^;L A [+ 711] a la même tournure qu'el-
(jrauharî, selon T A sur la foi d'el-Farrâ' [+ 207], et il
l'explique par je ne le ferai pas tant que la lune se
lève et qu'elle ne se lève pas, parce qu'il veut que j*^
soit nuit sans lune. Pour moi, en cela d'accord avec (jau-
harî, cette locution signifie : je ne le ferai pas, tant qu'il
y a es-samar et el-qamar, soit l'entretien au clair de
lune, à moins que ^ ne soit ici, comme le veut I. Paris,
une vraie «j^L^", et les deux mots sont par conséquent
identiques, l'un synonyme de l'autre. C'est là la nature
de la «j^L^. El-]\Iufaddal b. Salamah -|- 308, dans son
y^^î iuLi: Cstpl 1301 (Hams rasâil) p. 248, et L A en-
registrent le serment ^[5 ^-wJL. oJi>, ce qui, d'après el-
Asma'î, serait à traduire par : il jura par l'obscurité de
la lune. Il est évident qu'on ne jurait pas par l'obscurité
et qu'il faut traduire : par le clair de lu7ie, l'entretien au
clair de la lune et par la lune. Ce serment correspond
au ^Uil ytJ^\ de notre texte. Ce sens postérieur de ^^
doit bien y être, car un serment analogue est Le \JL«î L
jA^^t ^, Ce n'est pas que y^ ait signifié xJLi», mais
l'explication d'el-Açma^î nous donne ici la clef; jLo":^'^
Les inscriptions d'eç Safû nous donnent JLf«, Dussaud,
996
Voyage archéologique N° 28, et ^^-^ ^ *L, N° 229'),
où .fw signifie probablement briller. Dussaud le traduit
N° 28 par: Je dieu El veille", et N° 229, il le rapproche
de „y<>lA«, qui cause (la nuit), qui veille." Mais en arabe
classique et dialectal de l'Arabie, ^* ne veut pExS dire
veiller"), ni dans le sens de 7ie pas dormir, ni dans celui
de surveiller "ic'^', car .^-w est veiller en causant. On peut
même être ^L« à partir du coucher du soleil, lorsqu'il
n'est pas encore question d'aller se coucher. Cela n'exclut
pas que Z^ ait pu avoir dans ces milieux arabes le sens
de veiller = surveiller, comme en hébreu. ^ et yc'i-w,
pi. .Ûa«, I. Batûtah III p. 111 et 148 (Dozy), monter la
garde la nuit, et qui monte la garde la nuit, ne le prou-
vent cependant nullement. Les voyageurs en Orient savent
bien que les ^û*. ne font la garde qu'en causant. Les
ancêtres des graveurs des inscriptions de Safâ étaient
probablement du Sud de l'Arabie, à en juger par les mots
sudarabiques et l'allure générale que j'y trouve.
Le verbe pour veiller, ne vouloir ou ne pouvoir dormir,
est en arabe classique et dialectal, dans toute la Pénin-
1) Ce j»uA« est sans doute le même nom que f"*^, N° 200 et 230,
affaiblissement nabatéen ou sudarabique du c.
2) Comme dans les dictionnaires de Kazimirski, de Belot, de Dozy
et de Ges.-Huhl p. 774. Lorsqu'on cause la nuit, on w(7/c, c'est clair,
mais si Ton veille sans causer, ni danseï", on n'est pas j^Lw. L A
définit bien ^'* par *>J ,^-, il ne dort pas, et le reste de l'ailicle
est assez explicite. Dans le Sud, b^jw est la dausc qui, en Haun'in,
est appoK'e Lv^.;>ww. On ne la danse que le soir, d'cn'i le nom.
997
suie, r^O» ^''^^c ou sans causerie. C'est le talmoudique
nn'i' et l'aram. iiov^, veiller'). Il faut examiner s'il n'y
a pas originairement la même idée que dans ^w, un rap-
port avec la lune. ^ peut appartenir au vieux fonds
sémitique, tandis que ^ est le vrai équivalent arabe.
Si ^, veiller, provient, comme sens secondaire, dein'v:^,
on trouve la même transition sémasiologique dans j*î
que LA VI, p. 427, ii et s., explique par .♦iiJi ^ vjî.t
f^ Jb. Je me demande même si 3j n'est pas né dans
le môme ordre d'idées, de arhu assyr., DT hébr., phén.
et vieil aram., -,^, sab., etc., In7ie? En arabe, ^ et ^
permutent souvent, mais je ne sais si cette permutation
peut aussi se produire lorsqu'un mot passe d'une autre
langue sémitique en arabe. D'après les exemples que
j'ai réunis, je croirais que oui'').
On pourra ici faire cette objection que, si 1â et in"^,
nimD sont identiques, et ils le sont, les derniers doivent
aussi avoir l'étymologie que j'ai risquée pour le premier.
Voire même, ^, in'i' et ^^i^ , veiller, doivent alors pro
1) Et sa variation phonétique classique lA^ =z \Jé.\ I. Qot. p. 137, '•.
2) sXitS- Jyc "i] ^LLj % xjlJ0c"^5I (j^ ^jj,,*o i-^x^î ^li'^,
et le vieillard, attentif à ses bagages, veillait la nuit et ne dor-
mait que sur son chameau, v. der Lith, Merveilles de l'Inde, p. 79.
3) Hommel veut même que l'égyptien y 3 h w, lumière, celai, et
yjhw-t, monde de la lumière, Jiorizon, ayant l'idéogramme rO-|.
soient identiques à ni"' —^3. P^n" le passage assez fréquent de r en
j . Dans l'égypt. archaïque, \\ D 0 "^^^ {'-^^) ^^^^ selon Ernian,
= rrr*, et Ilommcl est porté à y voir le h;il)\ Ionien agfi.
998
venir de la même source. Je réponds ceci: du moment
que les premiers signifient lune^ il est bien évident que
'j^ doit se rapporter, de quelque façon que ce soit, à la
lune. Ce sens primaire se serait alors conservé en arabe,
qui connaît aussi le sens secondaire de veiller^ seul dérivé
du .^ _ "intt', commun dans les autres langues. Je ne
fais que constater ce que tout le monde peut contrôler.
Mais la sémantique est une science que les orientalistes
ont grandement délaissée jusqu'à présent.
.y>L*v figure chez I. Sîdah, IX p. 27 en bas, qui dit;
: lA-j.O Q_jt . , <r^ \Avvâi .—♦iiit .tj^\.M^l\ : 'iJi*S.::> _^l . ^ïî^J!
^jo^ !J>! ^1 Kfh ^^ ^5L>Jt ^.^LJij y:**^^ ' Umayyalî b.
Abî es-Salt se sert de ce mot, I. Qot. p. 280, Su^arâ'
en-Nasr. I p. 219, s: J^*ju^ y^, ^^Lwj ys, qu'on a ex-
pliqué par ^1 o"ii, l'enveloppe de la lune \ lorsqu'elle
est éclipsée, d'après l'idée qu'on y attachait, comme dans
le texte d'I. Sldah. C'est aussi le halo de la lune, et
LA VI p. 51 en haut dit que ce mot, aussi bien que
^ , désigne la lune même : ytsù\ ^jJ6 S^^», .yJ^LvJI^.
„Les deux sont syriaques," ajoute-t-il. Cela est vrai aussi.
. iritt' est le dieu lunaire dans les inscriptions de Nêrab,
ici p. 965.
Les anciens Arabes avaient peu de lumière de lampe,
et Boh. I p. 105 (ny! JJL^ ^^\ ^L) nous fait savoir
1) Aussi 3^Lw.
999
que les masâbîh étaient inusités du temps du Prophète :
c " ■ "■■ ^ ■• -^•" ^■•- -'•
I. el-Mogâwir dit dans le chapitre sur Damâr. ^-ju ^^
Jot;il !J>Î -L2:>^ ^c*-^ o'"^"'^ iLx;^3 _2_j (JL^! j. «ILu J'ï
ies habitants ne connaissent pas Véclairage à la lampe.
Moh. b. Mans. b. Moli. el-Wâsitî m'a raconté qu'il y a
dans les pays de Naqr et de Sayfâ^ des baguettes qui
s'appellent sauhat^). Si le bout de la baguette est allumé^
il prend feu comme la chandelle, et dans d'autres pays,
il 7i'y a absolument que le sauhat qui s'allume, et cela
à la place de la lampe et des mèches.
Il paraît, selon Bohârî, que Mohammed n'aimait pas
le samar, causerie du soir, probablement parce qu'on
était dans l'obscurité. Mais lorsque la lune brillait, c'était
autre chose; elle est le „fânûs el-bedu", la lanterne
des Bédouins, comme me la nomma un ''Anazî. Du reste,
il y avait encore, au premier temps de l'Islam, des ado-
rateurs du soleil et de la lune, Boh. I p. 156 [B. es-
Suéûd]. Les travaux du jour finis, on se réunissait le
soir au clair de lune, et il n'est pas étonnant que la
Où, o — Où ^ 0 —
lune, ^, ^, y^ ou yi^, ait pu donner lieu à une foule
d'expressions. On ^ ou 4-wç! en passant la soirée à faire
quelque chose ou ne pouvant dormir la nuit: si nous
avions un verbe luner, il exprimerait cet ordre d'idées.
1) C'est l'arbic qui s'apiiollo — j::>fc-^, Grcwin populifalia.
07
1000
Il y a encore d'autres points qu'il ne faut pas perdre
de vue. El-Moqaddasî i p. 30, u dit que Aden a aussi
le nom de yjf-^y cf. o. 1. p. 413, s. Ce voyellement est
confirmé par un vers de Tab. I p. 1112, 9 et s. Il y
est parlé des fils de "Adnân, dont le nom serait l'origine
de celui de la ville d'Aden, qui lui appartenait, comme
le nom de son fils Abyan serait resté encore au pays
d'Abyan. Son fils ""Akk avait émigré à Samrân, situé
dans le Yéman, ^^^î \jdJ^ ^^ o'j*^ ^' ^-*^' ^^^"^ o'^-
Il appert, au moins, .de ceci que ^t-*-^ était dans le
Yéman. C'était même le nom du Yéman, selon J Mar-
quardt, Ërânsahr nach der Géographie des Ps Moses Xore-
nac^i p. 26. Il veut que ^.j',4-w soit la vraie forme, ce
qui ne concorde pas avec celle du vers de Tabarî. Les
deux sont sans doute bonnes; voyez ici p. 992 et s.. Parmi
les rois auxquels Ardasîr conféra le titre de Sa h figure
Samrân S a h, I. Hordâdbeh p. 17, selon la correction
absolument sûre de Marquardt. Il paraît donc indiscu-
table que Q^-w était ou le nom du Yéman, ou un appe-
latif idéal appliqué à ce pays. Je crois qu'il faut y voir
-fvJî, la lune. Les preuves manquent certainement pour
une telle signification, mais sachant que le Yéman avait
le culte de la lune, et en égard aux significations de .,-*,
flamber, et jj-ciJ! jÀ^, clair de lune, qui ne peuvent pro-
venir de -cw, causer le soir, on est en droit de se deman-
der si ^'_,-w ne renferme pas un nom se rapportant à
la lune. On comparera les formations analogues citées
ici p. 294. Or, ne faut-il pas reconnaître dans le nom
de Sa m aria pp'^ précisément notre ^^y -j-- ? Je sais bien
que Winckler, A 0 F II, p. 511 et K A T p. 28, y voit „la
1001
vieille désinence babylonienne du pluriel â n i avec la
prononciation obscurcie chananéenne comme Sidôn, As-
qelôn, etc.", et la forme assyrienne Samerînasemble
militer en faveur de cette opinion. Ce serait donc comme
oy».-02> = o'-«yi2^, oLAAjjJt, o'-«U:Jî, ici p. 332. Mais il
y a, dans ces contrées du Nord, un grand nombre de n.
loc. en an, en et on qui certainement ne sont pas des
pluriels, mais le déterminatif minéo-sabéen. Les Sabéens
parlaient bien le sabéen lorsqu'ils étaient encore domi-
ciliés dans le Nord, avant d'émigrer vers le Sud, et la
culture des Minéens, avant eux, a sans doute rayonné
sur les contrées au Nord d'el-'Ola actuel. Il ne me paraît
pas nécessaire que l'assyr. Samerîna soit l'équivalent
exact de Somrôn, car ce pluriel peut être une manière
toute assyrienne de désigner ce pays, comme o>^-*i2^.
Si c'est un pluriel, je ne m'explique pas l'ethnique "^iip'^.
Mais l'on pourra dire de même si ô n représente le déter-
minatif minéo-sabéen. Les Arabes l'ont rejeté, et ils disent
^s:yîLw, un Samaritain^ Qor. XX, v. 87 et 90.
Je ne puis finir cette discussion „lunatique", sans ap-
peler l'attention de mes confrères sur l'histoire du Châ-
teau d'el-Hawarnaq. Le roi d'el-Hîrah, en-No^^mân, se')
le fit construire par l'architecte Sinimmâr^). Cela a
1) Selon quelques-uns, pour Bahrâra, fils de Tazdagerd, mais
Nôldeke, Geschichte der Perser etc. p. 79 note 3, dit avec raison
que »cela est une supposition postérieure."
2) Belâdorî p. 287; I. IJord. p. 287; Jab. I p. 851; KA II p. 38;
ôauharî s. v. ; LA VI, p. 49 ; Yâqût II p. 49i ; (lawâlîqî el-Mo'^arrab
p. 87 et s.; Hafâ^î, Sifô' p. 121; Meydânî Proverbes Freytag I
p. 279; lA Kâmil I p. 287; Noldeke o. 1. p. 78 et ss.; Meissner,
Von Babylon nacli den Riiinen von Ilîra und Ilaimrnaq p. 19;
Rotlistein Die Dynastie der Lahmiden p. 12 et ss..
1002
été entouré d'une légende où nous voyons percer la cosmo-
mythologie des anciens Sémites. Sinimmâr est sans doute
Sinnammâru, la lune luisante^ KAT p. -362, dena-
mriru, luire, parent de l'arabe .y^ car m i= w, doncn:
S^. Dans un hymne à Sin, celui-ci reçoit l'épithète de
Munammir = .y-o, Hymnen und Gebete an Sin von
Guthrie Perrey p. 12. On pourra aussi penser à Sin-
Nannar'). Les 60 ans') qu'il avait mis à construire
le château représentent l'année sexagésimale babylonienne.
Il prétendit être à même d'en construire un autre, plus
beau, qui tournerait exactement avec le soleil (autour du
soleil) : (^ o.b Lo vi>jç> ,j«..«J:J! */> . ^lXj ^Lo. Nous y recon-
naissons la conception cosmogonique babylonienne, d'après
laquelle le soleil parcourait l'Echptique. ^C^, selon les
lexicographes arabes, veut dire lune; il est synonyme de
(j^y^, L A VI p. 48, en bas ; I. Sîdah IX p. 27, 6 d'en bas :
.yX\ ^^U'j ^ÛLvJ!: (291+) vJ^ o^ (352+) "j^ _^î
^ est lune luisante. Celui qui ne dort pas la nuit est aussi
^U>Lw, et chez les B. Hcçleyl c'est voleur, parce qa'il ne
dort pas la nuit, LAI. 1., Meydânî Proverbes sub y.\;j>-
ijj^ i\^^ Freytag II p. 315. .lU>w est donc véritablement
pour ^ûlw. Nôldeke, o. 1. p. 80 note 1, dit: „Die Ge-
schichte hat genau so viel und so wenig historischen
Wert wie andere Bauanecdoten der Art." A présent que
1) Je vois après coup que P. Haupt le fait venir de Sin et de
araâru, voir, American J. of Sem. Lang. and Lit. XXII N"" 4 July
1906 p. 250; mais cette étymologie est moins plausible.
'2j Yâqfit 0. et 1. 1., 3) Tab. 1. 1.; K A 1. 1 .
1003
„le système," inébranlablement sûr, a été découvert, notre
savant ami et maître envisagera sans doute cette his-
toire sous un autre jour. La constructiou d'el-Hawarnaq
n'est pas un mythe. Rothstein, Die Dynastie der Lah-
miden in Hîra p. 15, a réuni ce que les auteurs arabes
en ont dit, mais il n'en a pas reconnu la portée mytho-
logique et l'appelle „anecdotique." C'est justement cette
anecdote qui est le côté intéressmit de l'histoire oubliée'^).
Les ruines du château existent encore. Meissner l'a visité
et nous en a donné le plan. La chose la plus intéres-
sante n'est pas la construction du château, mais la légende
qui s'est formée autour. Nous la trouvons déjà toute faite
avant l'Islam. Dans cet espace de temps assez court,
depuis la construction d'el-Hawarnaq, jusqu'à ce que le
nom de Sinimmâr se rencontre pour la première fois
dans une poésie préislamique d'Abû Tamahân el-
Qeynî, la légende était déjà faite. Cela prouve que ces
conceptions astro-mythologiques étaient courantes encore
dans ce temps, sans quoi la naissance de la légende aurait
été impossible. Le culte de la lune florissait encore; du
moins n'était-il pas encore tout-à-fait oublié. L'esprit po-
pulaire en était toujours fortement impressionné. La légende
se rapporte à l'évolution de la lune. Après son apogée,
1) L'auteur de la Tu r fat el-Ashâb en parle aussi: jjro liJ^JLoj
;^5v3J! J-j ^eUo'! j^ ^J^^ jS^\ ^j>*^\ _5y)! ^ j^ ^^ yXiX\
O^ tr^ '>-»-Jw5 ^U.^ ^_,;.♦.^*o. s-j^\j ^^*) jJA^Î^i OUj^ ^à^
Lx_*_xi ^-ij-i liJL;^ Q^ N-j i__c^'3 v_j.o\j! (_,J. ^l! \xJLLt UfjL>o
« o
^Lé-U/ !'\j=> f^j^y^. ^Li/5 J->-^ . Observez ici v.'-^-^' L/'^v l<i haut
de la muraille.
1004
elle décline et disparaît: le contraste de la vie et de la
mort. La chute de Sinimmâr est celle de la lune qui
„se repose." L'accouplement du soleil et de la lune dans
la légende est aussi remarquable; il trouve son pendant
dans la juxtaposition des deux châteaux d'elHawarnaq
et d'es-Sadîr. Il n'est pas inutile de faire remarquer que
le château d'el-Hawarnaq n'est pas éloigné de l'ancienne
ville de Ur, siège du culte de Sin-Nannar.
Au moment de corriger les épreuves de ceci, je vois
que Kessler a déjà donné à Sinimmâr une étymologie
babylonienne, Yerhandl. dos V Orientalistes-Kongresses II
p. 298; OLZ 1907, p. 334. J'apprends également que
Halévy a publié une note sur le même sujet dans sa
Revue Sémitique Janvier 1907 p. 101 et ss.. Mon savant
ami m'a devancé. Tant mieux! Nous sommes d'accord
sur le point principal. Il fait venir Sinimmâr du babyl.
Sin-immâr, Sin brille, ce qui est inexact, d'après Haupt
OLZ Juin 1907 p. 334. Mais où je ne suis pas d'accord
avec lui, c'est lorsqu'il veut 1° que Sinimmâr fût vrai-
ment le nom de l'architecte. D'après la légende, celui-ci
était grec (byzantin), rùmi ou "^ilg, Rothstein o. 1. p. 15.
Cela est aussi probable. Halévy dit, p. 104, 7 et s: „I1
n'existe aucune raison qui empêche d'admettre qu'un nom
pareil ait été porté par un architecte babylonien." Lorsque
el-Hawarnaq fut construit, il existait, au contraire, tou-
tes les raisons du monde qui empêchaient qu'un tel nom
fût porté par un architecte babylonien. Je n'ai pas besoin
d'expliquer à un savant tel que Halévy pourquoi cela
est impossible. 2° que le nom du grand prêtre égyptien
du texte de Macrobe ne puisse venir de Fatoûs, par
l'entremise d'une altération de , ^ S » '^i et ensuite de
1005
(j^dDjLé, supposés. 3° que le nom de l'architecte ne puisse
être „emprunté" au récit de Macrobe relatif à l'intro-
duction du dieu-soleil égyptien par le roi Senemur dans
Héliopolis de Syrie. Macrobe écrivait bien avant la con-
struction du château lakhmide, mais je ne crois pas que
les savants arabes aient jamais entendu parler de ses
Satiirnalia. Du reste, il n'y a jamais eu un roi Senemur
en Egypte. Ce serait donc, d'après Halévy, „la donnée
littéraire qui se transforme en traditions populaires de
divers aspects et tonalités", p. 102, qui aurait donné
naissance à la légende. Cela n'est guère possible dans ce
cas particulier. Le peuple ne s'intéresse pas aussi peu
que le croit Halévy aux événements historiques, et sa
mémoire d'un événement saillant est remarquable. „Le
peuple a, comme propriété indiscutable", autre chose que
„les chants, les fables et les proverbes." Ce n'est pas
ici l'endroit pour réfuter cette étrange opinion du grand
orientaliste. La légende arabe n'est pas „née de la simi-
litude de signification dans les deux noms topiques:
HeliopoHs, ville de soleil, et Khawarnaq, splendeur de
soleil", p. 107, mais la „source littéraire" en est la
vieille conception sémitique, mise à la portée du peuple
oriental et codifiée par les savants soumériens, dont je
ne discute pas la langue, et qui la léguèrent aux Baby-
loniens: le culte de la Lune, comme divinité suprême.
Cette conception, érigée en doctrine ecclésiastique, est
restée dans la conscience populaire, qui flotte encore autour
du nom du château et de son architecte. Le culte solaire,
ayant plus tard supplanté en Babylonie celui de la lune,
y a été collé, aussi bien dans la légende arabe que dans
le récit de Macrobe. Cela n'a rien que de très naturel,
1006
surtout de la part de l'écrivain latin, qui ne connaissait
probablement que le culte solaire égyptien. Voyons main-
tenant ce que c'est que le récit de Macrobe, qui vivait
au Ve siècle de notre ère. Je donne d'abord son texte.
Âssyrii quoque Solem sub nomine lovis, quem Dia Helio-
politen cognominant ^ maximis ceremoniis célébrant in
civitate qîio Heliopolis nimcupatur. Ejus dei simulacrum
sumptum est de oppido Aegypti, quod et ipsum Heliopolis
appellatur, régnante apud Aegyptios Senemure^ seu idem
Senepos nomiyie fuit. Perlatumque est primum in eam
per Opiam legatum Deleboris régis Assyriorum sacerdo-
tesque Aegyptios quorum princeps fuit Partemetis; diuque
habitum apud Assyrios, postea Heliopoliu commigravit.
Nous trouvons ici S i n i m m à r sous la forme de S e-
nemur, ce qui prouve que ce mot a vraiment été cou-
rant chez les Assyriens et les Arabes. L'événement his-
torique, dont l'époque n'est pas bien fixée par les égyp-
tologues, est celui-ci^): Il y avait dans le temple de
Khons, à Thèbes, une stèle') sur laquelle une inscrip-
tion nous raconte que le pharaon (Ramsès XII?) avait
épousé la jolie fille du roi de Bakhtan-'') lorsqu'il se
trouva au pays de Naharaïn. Rentré à Thèbes, il reçut
du roi de Bakhtan un messager qui apportait des ca-
deaux pour la fille de son souverain. Le messager pria
le pharaon d'envoyer un homme savant pour guérir la
fille cadette, Bint Recht, du roi de Bakhtan, parce
qu'elle était possédée par le démon. T.hout-em-hib re-
i) II. Hiugsch, Geschichte Aegyptens p. G37 et ss, ; idem Relig.
und Mythol. p. 498; Hommel GGG pp. 117, 119.
2) Pul)liée par de Rougô.
3) Brugscli Relig. und Mythol. p. 495 et s..
1007
çut alors l'ordre de se rendre auprès de la fille. Il ne
put rien faire: la fille resta malade. Le roi expédia alors
le messager une seconde fois à Thèbes pour engager le
pharaon à lui envoyer la statue de Khons. Le pharaon
y consentit, et la statue partit accompagnée d'une grande
escorte. L'on mit un an et trois mois pour arriver à
Bakhtan. La fille, en la présence de la divinité, fut guérie
sur le champ. Le roi retint la statue trois ans et neuf
mois et la renvoya ensuite à Thèbes. Voilà le résumé
de l'inscription. Or, Khons est la lune, c'est-à-dire Si-
nimraâr. S in doit aussi se cacher dans Senepos,
autre nom de Senemur. On serait tenté d'y lire Sin
et tos (pour pos) = tôs, lime, par suite ou d'une mau-
vaise tradition ou d'une faute de copiste. Partemetis
pourrait bien être une altération de Thoutemhib.
D'après la tradition mentionnée par L el-Faqîh p. 214,
Sinimmâr eut un fils appelé (j«^. La forme est assurée
par le mètre, p. 216, 14. Ce Fattoûs était un grand ar-
tiste. Il avait sculpté, en pierre émaillée de dififérentes
couleurs, l'animal favori, appelé Sabdîz^) jj-V^, du roi
Abarwîz, qui l'avait reçu en cadeau d'un roi des Indes.
Cette œuvre d'art fut considérée comme une des mer-
veilles du monde et célébrée par les poètes, au point qu'on
disait qu'elle n'avait pas été faite par la main des hom-
mes: o'LotS! 'ijù^ ^j^ ^^. Il n'y a rien que de très pro-
1) On ne voit pas trop quelle espèce d'animal était ce Sabdîz. I,
el-Faqîh dit seulement: v_j!5Ai' i_^^' q-»- C'était peut-être un élé-
phant, comme le pensent Basset et Halévy, car son sabot, yLs»,
avait six empans de tour.
1008
bable et possible. Le nom du fils de Sinimmâr doit bien
aussi renfermer une allusion au culte lunaire, comme
celui de son père. Cela ne souffre pas de doute. Origi-
nairement, il a dû être t_-^'' qj - l.-*^"' Js» - ^'^j^i - t_->^Li
^_y._^! ^! _ et finalement ^j^_^, dont le peuple ou les
copistes auront fait l'^j-^, Fattùs ou peut-être aussi
Fattûs, qui leur rappelait le diminutif courant des noms
propres. Reckendorf m'a suggéré l'idée d'y voir le babyl.
eplu '), fils, st. constr. e p i 1 , ce qui aurait facilement
donné Jj ou ji, et le J serait ensuite contracté avec
le J^ suivant. J'avoue que cela me parait fort plausible.
Le transport de la statue de Khons a dû produire une
profonde impression sur l'esprit des populations. La route
était longue, soit qu'on identifie Bakhtan à Bohtân, décrit
par M. Hartmann, soit à la Bactriane. Les démonstrations,
les ovations ont dû être grandioses. La mémoire popu-
laire n'en a retenu que les noms qui lui étaient fami-
liers, en même temps que celui de Thoutemhib-
Partemetis, le grand pontife égyptien. Macrobe rapporte
le fait ainsi mythologuisé. C'est bien là la „donnée litté-
raire" qui s'est transformée en tradition populaire, comme
le dit Halévy o. 1. p. 102, mais il en est de même de
toute légende, de toute tradition populaire. La donnée
littéraire d'où proviennent la cosmogonie et la mythologie
souméro-babyloniennes, qui ont enveloppé tout l'Orient,
y compris l'Egypte, c'était l'observation et l'étude des
corps célestes par les savants euphratiens. La doctrine
qui en résultait devint la religion du peuple. On appelle
cette religion aujourd'hui légendes, mythes, fables et pro-
1) Peut-être aussi sans l'aiticle. Ungnad Gramni. p. 135; ablu, /(7*'.
1009
verbes, mais l'on n'est point encore arrivé à reconnaître
que nous avons été élevés dans les mêmes légendes,
mythes, fables et proverbes. Lorsqu'on s'agenouille devant
la „Çainte Vierge", on ignore qu'on s'adresse à Istar-
Isis, Hathor-Khons, SinSinimmâr, Sahr-Taus, à la divinité
suprême de la haute antiquité orientale! La procession
du Corpus Domini qui passe en ce moment devant mes
fenêtres, avec la statue d'Istar portée entre deux lignes
de soldats bavarois, me rappelle le transport de Khons
à Bakhtan et les processions des temples babyloniens et
égyptiens. Je comprends que ceux qui ont basé leur pou-
voir sur cette doctrine astrale ne veulent pas qu'on en-
seigne dans nos écoles l'histoire de cette doctrine, telle
que nous la connaissons, nous autres orientalistes : l'Eglise
s'écroulerait. Ils préfèrent que le peuple adore Khons-
Sinimmâr, comme les sujets du roi de Bakhtan. Le sanc-
tuaire d'en-Nemârah'), dans la Rouhbeh, où Dussaud
a trouvé l'inscription arabe désormais célèbre d'Amr'ul-
Qeys, doit aussi avoir été dédié au culte de la lune. »^UJt
provient sans doute de namâru, luire, briller. Le sêh
qui passe pour y enterré est appelé Ne mûr, Dussaud
0.1. p. 113. C'est, comme le dit avec raison Dussaud,
„un personnage mythique, l'éponyme du lieu." Ce per-
sonnage mythique est le culte de la lune. Rien ne prouve
mieux l'énorme influence de la culture babylonienne que
la persistance de l'épithète de S in, attachée à son sanc-
tuaire ruiné, jusqu'à nos jours. Le Cheykh d'er-Rouh-
bah est Seràq, Oppenheim I p. 224, et l'on est bien
tenté d'y voir le babyl. éarâqu, donner, le bienfaiteur
1) En safâtique: niDDH = ^j^-»-^'. Dussaud, Les Arabes en Syrie
p. 113.
luio
de la Rouhbali. Dussaud, o. 1. p. 170, pense au bnbyl.
érq, auquel Winckler, A F II p. 74, suppose le sens de
einsam, ode sein, et d'où il fait dériver le nom des Sara-
cènes. "Winckler traduit par conséquent le bibl. ri[^T^
par solitude, désert. Mais la Rouhbah est tout le con-
traire d'un désert ; c'était le grenier de l'antiquité, comme
elle l'est encore aujourd'hui, et l'étymologie de Dussaud
ne tient pas devant ce fait. Ajoutons; pour finir, que
P. Jensen, dans son ouvrage monumental Das Gilgamesch-
Epos I p. 87, fait venir le nom de NimroddeNamurd,
pour n a m u r t u, splendeur; cf. Lidzbarski Ephem. II p. 203.
42, 16; bannanat. ^, élever ; ^y^', être élevé. A n a
itbannant fi h a de m ard, j'ai été élevé dans ce pays.
Dénominatif de ^'. Un autre dénorainatif est ^}s:. ^^'J,
être affligé de, sur lequel voyez mon M S p. 41 en bas.
42, 21: safah. ;-ssu>., a, est presque synonyme de Jy-w,
i, p. 48, 2, mais le premier implique l'idée à'être accroupi,
blotti. ..'JmJî X A.NsLw '-^^'ï ^(^ lièvre est blotti doAis le
taillis. La wahîtu em-qaum isfahaôw minhom,
si vous entendez les gens (les ennemis), blottissez-vous.
v_j ^>Àw, éclabousser, bespritzen. (j^L j3^ju», il m'a écla-
boussé de terre. iUL (j^-i=^à^, er hat mich mit Wasser be-
spritzt , il a fait jaillir l'eau sur moi. Safàhni ed-
damm fi wughi, le sang m'a rejailli sur la figure.
(1 J^\i ^gi^:^ il me jeta des cailloux. Cf. ^Ju», ^^sl»4
et ^J:.
t. >
42, 21: bi^iq^ôteh. ijtsb est endroit, place en général.
1) Kn Dt, on no dit pas ,-*.i:> , comme en Hdr.
1011
Uqdùra iglis bùq'^uti, avance et assieds-toi à ma place
= à côté de moi. Muqaddasî p. 31, 6: ^j^ 'Âjùii.
42, 23: tidhan = qjs^Jjj où -b est prononcé comme
un d emphatique.
42, 24: etwarkaz. /jyi, être accroupi les jambes
courbées et le derrière appuyé contre les talons, kauern.
Le Qâmoûs et T A ont -^Lic ^Jo^ ^yi = \I^. C'est donc
un sens yémanite. El-'Obâb, LA, TA, donnent jy^^-« gw«^
■= y^^yt, _^ . On comparera ^ et sjL<c. Voyez p. 362,
où la définition arabe se rapporte à ce verbe, et non
pas à jï^y.
42, 25:laqadal:iâh = *JJ! £ÎL\i! . Une expression ana-
logue dans le Diw. des Hodayl., AVellh. p. 72, lo d'en
bas : *JJI ^\ xjju ^. . Voyez Goldziher 0 S Festschrift
Nôldeke p. 324 et s.
42, 27: lisez qulteleh.
43, 2: sabad makfinah. Oy-w, i, être accroupi et se
tenir coi dans un endroit, se tapir. Ed-dêb yisbid
makfinah u la gât em-galabah yizqôrha bihàl-
qeha, le loup se tient tapi, et lorsque le mouto?i arrive,
il le saisit à la gorge. C'est aussi un „ terme de guerre"
qui indique bien comment on „fait la guerre" dans ces
pays. On se cache derrière quelque chose d'où l'on tire
sur l'ennemi. C'est là la bravoure tant chantée des Arabes.
Chacun- reste tapi, xjbC* ^ AjLw« c<=>\^ Ji, pour épier sa
victime. C'est comme le loup qui guette sa proie : Ô b e h u
minem-dêb la yisbid lëkum, preriez garde au loup,
1012
qu'il ne vous attaque pas. Mais on dit aussi, sans l'in-
tention d'attaquer, îsbidu makânekum làraman-
o w £ oc
b î k u m [fJ^^ Ui ^= fJ^! ^j], restez là assis tranquille-
ment jusqu'à ce que je vous -prévienne. IjiAjL^j', ils s'at-
taquèrent, mais toujours de la façon décrite. IlIc cxL^_
*yil\, les gens vont se mettre en embuscade pour tirer
sur nous, W. Meyfa^ah. Au figuré: Uiy 03,l-*i! c-V-w,
la poudre planait sur nous, nous enveloppait. ^^ ckj^
+ ,.
U;-o, la guerre allait son train etitre nous = ^i v_jil .
UJie Jo^ xj! *^!, c'est que nous avons eu une rude
journée, soit comme travail, soit à la guerre.
C'est sans doute une variante phonétique de v,:>_>.^,
se reposer, Tù:^, cesser, d'où viennent, très probablement,
ciJllJî, samedi, et le Sabbat des Juifs, qui sont e^y^--^
o-^-A-wJ! j.^. D'après l'hypothèse fort plausible de D Nielsen,
Die Altarab. Mondreligion p. 63 et ss., il serait ainsi
appelé parce que la lune se repose dans ses J^U^i. A pro-
pos d'une conjonction de la lune avec le soleil, Jensen
Kosmologie p. 39 et s.. Nielsen o. 1. p. 65, il est dit:
adir ina éubat belûtisu ul aéib, ce qui se ren-
drait, dans notre dialecte, par "adir (^Àc) fi masbad
(belûti)^)-ah la tewattab ou la sabad, uvî ou "bJ
wo>j" "i iJj^J^ CsS,»^A ^ iAa.w, er war verdunkelt ; in sei-
nem koniglichen Sitze sass er nicht. o-y^, ^Aa^v, v.i>-o et
1) cc^'=,-^^'-
2) N'a pas de correspondant en datînois, car Joç n'y est pas usité.
1013
>^3 sont radicalement congénères, voyez Hdr p. 339 et s..
Je mentionne aussi ici {j^J^^^ ^.j^l^ ou tjo^":^'i o^>-* , les us
et coutumes du pays = ^yi ou ^vly^j proprement ce qui
reste fixé; on pourrait dire les assises du pays.
43, 3: yitwaqqaz. iy' = fj^, marcher sur la pointe
des pieds = dâss. Je , o. Voyez p. 362, où je l'ai confondu
avec le ^^ précédent.
43, 4: Samrah. Les Arabes du Sud ont deux dan-
ses: 1° la s-*^, parce qu'on la danse le soir, au clair de
lune. C'est la sahgah des Haurâniens, des Palestiniens
et des Bédouins de Syrie. Les femmes forment un rang
et les hommes, un autre, l'un vis-à-vis de l'autre: s^jo.^
^^[A^ Jb>j ^,Ju^^| qV"^- On sautille, ^^f^A sur place.
Les femmes battent doucement des mains en les tenant
horizontalement, les hommes de même, mais ils tiennent
les mains verticalement et battent plus fort, ^yjà^- J'ai
vu, dans l'Abyan, hommes et femmes danser pêle-mêle
sur le même rang. Chez les Béni ""Amir, grande tribu
fort ancienne dans ed-Dâhir, hommes et femmes dansent
ensemble. Au milieu, il y a l'indispensable poète, j:Ui,
qui débite une poésie jIcco ^3, presque toujours impro-
visée; c'est le 5^4-mJ! ^ciyo. le isL^<uJ! «oVy^i du Nord.
Lorsque les hommes ont ainsi chanté et battu des mains,
le sâ'ir rentre dans le rang, et les femmes imitent alors
les hommes, mais d'une façon moins bruyante. Ensuite,
un autre ôa^ir se produit, et l'on continue ainsi jusqu'à
la nuit avancée. 2° Le ^^. Il n'y a ici que deux per-
1014
sonnes, un homme et une femme, ou bien deux hom-
mes, s'il n'y a pas de femmes. Le é-lhit bat le tajjibour,
jJîiit v-*^' ^^^ danseurs chantent. Le nom vient de ce
que \j , ffJ^***-^ "f*^^ ^*^» ^^^^ cœur est content et il y
prend plaisir. On danse j^y>yi:o pour se réjouir, ^/^.
Sj^ est donc réjouissance. Dans le premier volume, j'ai
rapporté quelques poésies qu'on chante en faisant le sa r h.
.^ et ïOa!, n. unit., est le nom général pour toute
espèce de danse. Les sâdah réprouvent ces chants et
ces danses comme étant prohibés par la Sounnah. Ils
s'appuient sur cette tradition du Prophète: ^Ijù" M ^.J
ol^llatj ^!jiÎ3, L Sîdah XIII p. 12, L A VI p. 469, Nih. IV
p. 34. C'est ainsi que partout les qJ^î ^^Ju.^ enlèvent au
peuple la joie de vivre pour mieux le dominer. Bent, Sou-
thern Arabia, p. 128 et s., décrit ainsi une danse qu'il vit à
W. Serr*) en Hadramôt: „The performers ranged them-
selves in two rows, as in Sir Roger de Coverley: time
is kept by a drum and by perpétuai hand-clapping and
stamping of the feet, whilst two men exécute elaborate
capers in the centre, singing as they do such words as
thèse : . . . . Beduin women also take part in thèse dances,
and the Arabes think the dances very impious; it was
very weird by the light of moon^) and the camp-fire'),
1)
r^ veut
justei
ment dire
w
iidi
en
sabéen.
2)
= -/«La«.
•■î)
1015
but wearisome when we wanted to sleep, particulary as
they kept it up till after we were ail astir in the mor-
ning, yelling, bawling, singing and screeching, Iselem being
the ringleader. The ground was shaken as if horses were
gallopiug about." C'est bien là la sa m r ah.
43, 7 : t û y ê r i, ou plus correctement t i y ê r î, car le dimi-
nutif est }^, = L5yy3, diminutif de (^^, v. p. 709. ^^^-^I?
ne se rapporte pas au jeune homme, mais à une ancienne
croyance populaire fort répandue chez les Arabes et qu'il
est intéressant de constater ici. On supposait qu'un oiseau
appelé (^_oAa^, sadâ, criait dans la tête de cehii qui avait
e'te' tué et dont la mort n'avait pas été vengée: .^na^oj JLL
xj Juj } tit JyJjiî iu'L^ ^5, L A XIX p. 186. C'est ce ^5^,
= notre vv^ ^y^i 'î^^ ^"^^^ parce que le meurtre du
père du jeune homme n'avait pas encore été vengé; mais
cela arrivera. Le second verset y fait allusion. Les lexi-
cographes n'étaient pas très sûrs à propos du sens de
i^sJs^^ car L A ajoute : ^ to! i^\. ^^ „jè^.. Jib _^ ^^^
isxL^t j^^lXj^), _ (^Ao a six significations différentes, selon
elMobarrad Kâmil p. 211, 2 et ss., LA 1.1., qui ont
pour source première la croyance en question. Celle de
cervelle^ u^^t 'iy^, L A XIX p. 186, 8 d'en bas, cor-
respond à celle de yLL = ^Loo, ibid. VI p. 180, 8 d'en
bas. Le vrai sens est écho. Un poète faisant allusion
aux Compagnons de l'éléphant (Mas'oûdî III p. 159), dit
Mas'oûdî III p. 311, LA XVI p. 109 i):
1) 011 -fcii!! a été changé en o^L
68
1016
' L'oiseau funèbre et la mort exerceyit sur eux leur
[pouvoir impitoyable,
Et les chouettes font retentir autour d'eux les échos
[plaintifs des tombes.
Selon la traduction de Barbier de Meynard III p. 311,
oii ,^<A>o me paraît bien avoir son sens primitif. On con-
naît la légende qui entoure la mort de Leylâ el-Ahya-
lîyeh. El-Mas^oudî V p. 325 dit: jcj> J.^UJ! j»:ccw.j jjli
c^oë^ L^.jV-o w'.*::^ 'LaI:^^^^'! iUU^Ji' jUa ^^ -JïjÎ ^ AJÎ
;iJ! '^3^ 5- '3Ài>i2 i^^. Et elle avait à peine achevé la
sahdation que le tombeau s' entr' ouvrit et un oiseau sem-
blable à une colombe blanche s'en échappa et vint frapper
la poitrine de Leylâ qui tomba morte. On s'occupa alors
de ses funérailles, etc.. Cette colombe est un des quatre
oiseaux mythologiques du Qonln; voyez p. 1018. C'est
l'âme de l'homme, la colombe blanche qui descendit sur
Jésus.
Une autre de ces significations est chouette, ^yj\ S3
sens que l'on donne aussi à m\j>, tête. Les anciens Arabes
croyaient, LA XIX 189, 7 d'en bas, que les os des
morts devenaient une chouette qui volait, .^ JJ' j.Ll3c
.xlio 'iJ^. Umayyah b. Abî es-Salt dit à ses enfants,
Prairie d'or III p. 312:
Mon hâmah m'inforrne de ce que vous pressentez ;
Rejetez loin de vous les actions honteuses et ré-
[prouvables.
El-Mas'oûdî, 0. 1., a un chapitre III p. 309 et ss. sur
le liâmah et es-safar. Ed-Daniirî, H. el-Hayawîln sub
1017
j.^, dit que le nom de la femelle du hibou est^^Ux^Jî j.t
sur laquelle voyez le Gloss. s. ult. v. ').
Dans le Ôhauri-Texte de D H Mûller p. 52, il y a le
récit de la marâtre et l'oiseau, où nous lisons: „et la
mère des garçons mourut; les deux garçons allèrent au
tombeau de leur mère et pleurèrent sur le tombeau ^). Un
oiseau vint à eux du tombeau^), et ils le prirent et l'ap-
portèrent à la maison." Le père se remaria. Les garçons
apprirent chez un maître d'école, et leur marâtre voulait
les faire périr, mais leur oiseau savait tout ce qui se
passe dans le monde.
On sait que chez les peuples européens, le hibou est
aussi l'oiseau de sinistre présage, Jacob BL p. 122,
note 2. V. Kremer, Studien z. vergl. Culturgeschichte
III p. 54 et ss., a traité de ce sujet, sans remonter à
l'origine de cette croyance. Les mânes des morts se ma-
nifestent comme des chouettes sur les tombes, Prairie
d'or III, p. 311, Wellh. Reste p. 185. On connaît le rôle
que les oiseaux jouent dans la tératologie des Arabes,
ibid. p. 202 et s., et des Romains. Chez I Sa'd VIII
1) Il y a une différence entre ^ et ^jrAo, Mas'ûdî Prairies
d'or III p. 213/4, mais je ne la connais pas.
2) Bediôq z er qûr. Obs. zer= ^^ et le babyl. sîr, sxiv\
3) Z ah a rôt h ù lui m sefirôt min qûr ^sl} ,j^ juo ijU -ili?,
Ce sefi rôt, = soqotri esfèroli, rappelle le ^«^3 jnythologique, es-
pèce de ij:vAA3, Ij A et Damîrî s. v. ; cf. IDiJ et les autres formes de
|a même racine, d'où l'arabp .«à^jc. Cf. -Oas ici p. 755 n
ote.
1018
p. 229 , 20 et ss. nous lisons : v^lS .... it^^î ^ yio pî
^.,^.L3t:o. C7m7w 5/6'r, /î^?e d'el-Barcf .... cZ/^ au Messager
de Dieu: ^Messager de Dieu! Est-ce que les morts se con-
naissent entre eux?'^ Le Prophète répondit: „Les âmes
bonnes sont des oiseaux verts ') au Paradis^ et si les oiseaux
se connaissent entre eux sur les sommets des arbres^ les
âmes se connaissent aussi." — Umm Hânf demanda au
Prophète: &JJÎ dy^^ 3^ l-*i2*j Ll>ù2ju (j:_j^ iijja !J»1 ,_5'yj'
LpAavo> j, ;J*^fij. ^Est-ce que nous 7ious visiterons lorsque
nous serons morts^ et pourra-t-on se voir Vun Vautre?"
„L'âmej répondit le Prophète, est un oiseau^) qui se perche
sur Varbre, jusqu'à ce que, au jour de la Résurrection^
chaque âme rentre dans son corps", ibid. p. 337. Cette
idée est certainement renfermée dans Qor. II v. 262:
^\ ^J^ 'ijijj j^i. Ces quatre oiseaux seraient : le (^w^LL,
paon, le é^_c>, coq, le lj'jC, corbeau, et la mIit, colombe.
Chez les Egyptiens, l'oiseau avait une signification
tératolgique. L'oiseau Ben nu est l'âme d'Osiris, qui est
figurée sur un arbre au-dessus du tombeau de ce dieu^
•1) Lisez ainsi, au lieu de ^J''À>o!, à cause du pluriel suivant.
2) La couleur verte était celle de la Résurrection chez les Baby-
loniens. C'est le Hidr qui renaît toujours et se manifeste dans la
verdure qui couvre la terre.
3) Il ressort de ces deux textes que ,xIj est coll. et n. unit.,
ainsi que les lexicographes l'ont aus.si relevé et appuyé de nombreux
exemples, LA VI, 180 et ss.
1019
Erman o. 1. p. 368. Sur Bennu = Phénix, voyez Hommel
A A p. 217')' Il faudrait rechercher quel rôle mytholo-
gique ces oiseaux jouaient chez les Babyloniens, car il
s'agit certainement ici d'une ancienne conception sémi-
tique. K A T^ p. 429. Cf. Jacob B L p. 143 et les endroits
y cités. De Goeje Z D M G 59 p. 409. Encore aujourd'hui
la chouette, qu'on appelle iUJ-o, minineh, en Datînah
et ailleurs, est un oiseau funèbre. Lorsqu'elle ulule, ^y,
c'est un présage de mort. Le mot n'est pas arabe. J'ose
avancer une hypothèse. La conception est ancienne, cela
n'est pas douteux. Il faut donc se tourner vers la Baby-
lonie, d'où l'ancien esprit sémitique éclaire à présent nos
recherches, grâce aux travaux de nos savants assyriolo-
gues. Ninni ou Innanna était le nom soumérien
d'Istar d'Uruk, devenu ensuite Nanaï ou Nannaïa.
La déesse de l'amour est jalouse et elle amène la per-
dition de ceux qui lui entravent ses amours: elle fit tuer
son amant Tamoûz, le printemps, qui meurt par l'ardeur
du soleil d'été. Tout le monde le pleure. Peut-être de ce
Ninni-Nannaïa a-t-on fait notre minineh, oiseau du
deuil et des ténèbres? Nous avons un cas analogue qui
est absolument sûr. L'hirondelle est, dans le Nord et en
Syrie, appelée '»^y^ (vlr^> n- g^n.), que Fraenkel F W
p. 118, d'après Freytag, constate aussi pour l'araméen:
1) Il n'est pas sans importance de noter qu'el-IIamdânî, dans son
ôezirah, identifie LiLo^ p. 3G (et ^J:^^y> p. 37) avec le Yéman. Le
souvenir du séjour primitif des Phéniciens dans l'Arabie méridionale
n'était donc pas encore offusqué chez les savants arabes au lOe siècle
de notre ère. Cf. ici p. 808 note sur ij^y^ •
1020
^^n''i^iD. Or, l'hirondelle était l'oiseau sacré d'Istar. Elle
dit dans un hymne: „dans la bataille, j'y vole comme
une hirondelle, kîma sinûnti, KAT^p. 429 et p. 431
et note 5, iLo^-w U/ en arabe*). Le nom est donc le
même en babylonien et en araméo-arabe. Zimmern incline
à y voir le nom de S in, mère d'Istar, p. 431, note 5^),
tandis que Hommel G G G p. 228 note 1, le considère
comme étant un ancien mot schytique, d'où viendraient
aussi ;^îfA55wi/ et hirundo. C'est ainsi que l'antiquité vit
encore, si l'on se donne la peine d'ouvrir les yeux.
Voilà pour l'existence de cette conception chez les
Arabes. Il faudrait à présent rechercher d'où elle vient,
car nous avons sans doute ici affaire à un ancien ordre
d'idées oriental. Dans la Descente aux Enfers d'Istar,
KB VI I p. 81 = Dhorrae p. 213, il est dit, à propos
des habitants des Enfers, de la demeure sans retour,
entre autres choses: ,^0ù la poussière^) est leur nourri-
ture, et leur aliment est de la houe; ils sont vêtus comme
l'oiseau, d'un vêtement d'ailes; ils ne voient pas la lumière
et dans l'obscurité ils demeurent." Presque la même des-
cription des Enfers dans l'épopée de Gilgames K B VI, i
p. 189 =: Dhorme p. 327. Je ne sais ce que c'est que
ce s u b a t k a p p i, que Jensen traduit par Fliigeltuch ou
1) Dans le poèmo du Déluge, Dliornie p. Il 4 v. 151 lit sinûndu,
ce qui revient au niôtne.
2) Hirondelle est en mehri bel y en, ZDMG 27 p. 2G0, que G
llodiuann, Z A XI p. 216, fait venir »de sunûnû-în, car s devient
en mehri h et tombe; n, par û, devient m et b; 1 dissimilé." S peut
devenir h, cela est vrai, mais le reste! Le savant professeur de Kiel
me permettra de douter d'une telle ("'volution extraordinaire.
3) Ipru= jàc, poussière. Cf. !y> J^!.
1021
Flûgelkleid. La chouette'^), kasu, est bien mentionnée
KB VI, p. 226 V. 31, mais elle n'y semble pas avoir
une importance particulière. On est tenté de voir dans
cette description l'origine de la croyance à propos du
hibou, oiseau des ténèbres qui „ne voit pas la lumière
et demeure dans l'obscurité."
43, 10: wug'al. é^ Jot:> ou eU Joc>r. est une for-
mule d'imprécation et de malédiction, pour ^JJ! eU Js*:>
iL-uycsx, que Dieu te fasse venir un malheur! J'ai déjà
dit, p. 46, que wug%ll y a était la forme récitée de
tout le monde, mais qu'on chantait w u g-'^al-l a-y â : - - w _.
La préposition J paraît donc dans le chant, mais le y a
suivant rend cette construction très bizarre. La version
du vers est bonne. Je me le suis fait réciter par des
douzaines de personnes, et c'était toujours la même teneur.
Il faut donc compter avec ce que nous avons devant
nous. Wug'al est pour jJo-^ = Jatq>3 ; il fallait lis, ce
qui n'allait pas avec le mètre, mais wug'all, qui était
toujours ainsi prononcé, renferme deux 1, dont le dernier,
ayant sa note à part dans le chant, aurait pour complé-
ment y a kulle ^awdeh, = laku lie = jL<J. Je ne trouve
pas une autre explication. RO, p. 153 note, dit: „ Comme
imprécation, on se sert, la plupart du temps, de meg'^al
avec la préposition 1, p. e. : meg^al-lek srâf u wega"-
ttraf, que (Dieu) te donne de la folie et des douleurs
aux extrémités." Il l'explique selon § 104 comme Joisl U =:
Joii^, dont j'ai parlé La Langue arabe p. 55 et s. Mais
ce n'est pas le même cas. On lira I Ya'îs p. 1468, a.
2) Traduction incertaine selon Zimmern et Ilommol.
1022
43. 10: 'awdeh. o^, vieillard, ZDMG 49 p. 133,
M, p]. Ajy:, ce qui est aussi, et surtout comme pluriel
de 5j^, vieille femme. Dans le Nord, o^ fait le pi. oyTl,
et &o^ fait oLvc. Ces mots s'appliquent aussi aux ani-
maux. Hess, Bemerk. zu Doughty p. 5: „»->>& dite Hun-
clin, Eselin oder Stute." Haftner A L p. 77, 9 : ùy^ et
sj^, vieux chameau et vieille chamelle, ô^, cheval, Burck-
hardt, Reisen p. 703, et Bel, La Djâzya p. 122. Selon
Hartmann L L W p. 98, o^ et su)^, cheval Qt jument^
ont ce nom après 10 ans passés, chez les Bédouins nord-
africains du côté de l'Egypte, ao^, Socin Diw. HI, p. 294 :
Aller Gaul; Beaussier: jument, comme chez Stumme
T T B L V. 35. Oj£ est en 'Oman grand, R 0 p. 92, de
même qu'en salihî, BBRAS 1902 p. 260. c>y^, deve-
nir vieux, homme et animal, mais Jb, o, et 4;^, se dit
seulement des choses.
43, 12 : y i s 1 0 b n i. v^> o, pousser, chasser, wegjagen.
I é 1 ù b e m-b a u s b a'î d min t î n i, chasse le bétail loin
de ma terre. lélôbu hâda ilçlf yitnahmar "^alêna,
chassez celui-là qui criaille contre nous, = Jaic G 0. j>!jI
v.i>^i ^\ ^c^JUi, le froid m'a poussé à la maison = i^c^^^p
j^^Lw ou (^c-LuÀc G 0. v^JUio ^jt>/ o-ol K^), écoute comme
le froid siffle % Iddeyyènt minneh ugât em-
'^àdeh uhû' yiélobni fîha (se. qartahr= iu^^), je
1) «Parce que le froid fait du bruit", me dit-on. Je ne le com-
prends pas bien.
1023
lui ai emprunté de l'argent^ le terme (de le rendre) est
venu, et il me talon7ie à cause de ce prêt. Ce thème, qui
ne figure pas dans les dictionnaires arabes, se rencontre
peut-être dans une inscription proto-arabe chez Halévy
Nouvel Essai sur les inscriptions proto arabes p. 17 N° 76a,
en même temps que ^j^^y frapper (et class. laver\ qui,
tous les deux, ne s'emploient que dans le Sud; ma La
Langue arabe p. 59.
13.
El-l.iaggâm.
46, 24: hûrtak ou hôrtak 48, 20, pi. hawar, la
fosse de l'occiput. La prononciation hôrah n'indique pas
nécessairement que ïj^ soit la vraie forme. Comme la
plupart des mots qui signifient trou, fosse sont sur Joù
ou &JL«, Hdr p. 252 et s , je crois qu'il faut voyeller
'^jy>. Cependant, si l'on compare v> et ^yi, on serait
tenté de préférer la forme '6.»^. Le mot me paraît être
le diminutif de .y>, baie, crique, fosse, Gloss. et Pr. et
Dict. p. 128.
46, 25: lisez em-qahwah.
47, 2: yimoqq. 3^, o, — J^, o, ') sucer, inf. jiJi^
et ^^.^^^r^^, ou ,j^'^^ 4:8, 23, mhiz K. el-Mahâsin p. 15,
15. xj«_yj>! vjuj ^y, Venfant se suce les doigts; aussi
Syrie: ^^y^,. ^^ JujJi qmI,- ÛI .LàxaJ! oij^l, ^65 pe^eYs
enfants sucent la mamelle, Syrie: yl«JI (^wa,-, tu suces le
sucre. La seule différence entre ces deux verbes serait
que u-:ixi est plutôt suçoter. A l'Est de Dt, y>, i, est
1) r\)î,'Q et pD, sMCtv.
1025
fumer la cigarette ou le b ù r î, = Dt ^, o. Comme ce
verbe a le sens de serrer, il faut croire qu'il n'est, dans
ce sens de fumer, qu'une variation dialectale de u^sx,
comme les classiques i et u^, suppurer (plaie) Haffner
A L p. 45, c. Une autre variation phonétique de \Jla
est ^%x), boire, sucer, La langue arabe p. 65. Mag-
geyt em-mâ^ di fim-qadali, tu as bu (ingurgité ,
humé) l'eau qui était dans le verre, aussi en Syrie,
y, ,« ■-'^v.jyviî ^^^ fL^\j<Aj\ le ventouseur suce la ventouse.
Dans la lurah, c'est tout le contraire. Diw. Hodeyl.
Wellh. N° 142 v. 6 et N° 251 v. \Q. J^\ J^ idL^JS! ^>*^:.,
il fumigote le narguilé toute la journée, Syrie, bj^î ^^-^''r.'
il buvotte toujours du café, Syrie. Le tunisien ;,x^, na-
schen, Stumme T Gr. pp. 37 et 180, me paraît, être
w 3
un dénominatif de ^.vo.
47, 4: sufra. «^à*, pi. ^, pour ^su^, morceau de
peau de mouton ou de chèvre. On dit au cordonnier,
yy>: en déni sufra bilhzim [ou bâhizziml hâ-
dâti, donne-moi un morceau de cuir, je veux raccom-
moder ma sandale.
47, 7: yisli. JUi, i, scarifier, = d^^, o, hors de Dt,
91, 4 et note. Le premier est, en Dt, le terme technique
pour scarifier dans le métier de ventouseur, le second
l'est de même hors de Dt, 49, 4. ^J^, pi. ^c^L^, 47,
17, Vendroit scarifié, et ^_JuL«, lancette o\x instrument avec
lequel on scarifie = lidr -LuiÀ<. Sur les masâlî, scari-
fications sur les joues, voyez mon M S p. 29 et Snoiick,
1026
Mekka II p. 120, ainsi que le portrait fort intéressant d'un
Bédouin Qara dans B B R A S vol. II (1844-1847) p. 195.
Cf. -byi Gloss. s. V.. ^ JLi, i, est, en Mésopotamie, ap-
peler, Meissner MSOS VI p. 118 N°17 v. 3.
47, 7: m a (.1 lab. LjJiix est une pe^zie ^ame qui se trouve
dans le manche du couteau; elle est retenue par un
petit ressort. On s'en sert aussi pour se raser, tandis
que la grande lame s'emploie pour égorger un animal,
couper la viande, etc.
47, 9: etwasset. (j^y = ^J>J G 0. ^^'^ (rare) =
^c*y , se dégonfler, s'amollir ^ se relâcher, devenir moindre.
(jrij, dégonfler, relâcher, amollir, desserrer, diminuer la
quantité de qqc. BaM em-sîreh wasiet batni qa-
lîl u kânet mil ha h, après la marche, mon ventre,
de plein qu'il était, s'est dégonflé, éj^ J^ v'^^' lt^i
desserre le vêtement sur ta taille. (^ ^Jlà^ _^ "^ v_;*-'
^ji^'ij s-lo kLa o-*^, si l'outre est pleine, tu en verses
de l'eau, et elle se dégonfle, ijjx^î ,j^ ci^v^_^>' ^ ^y ^> j<^
vais faire halte ici à l'ombre, car je suis éreinté par la
-û 5 - O
\) Pour Ui*^, de \_iiJot , remplir, oi^^x |jL*o"4> , Vhomme
o -
est plein de lui-même^ ^^ljt«-i;, pétulant, présomptueux. Le sudara-
bique oi^, être plein, 0»>j', remplir, est bien le class. ouj" et
^Li'l, Tab. I p. 1090, 7, d'où la variante phonétique oi>^0, reîJip/ir,
L A XI p. 390, G d'en bas (dont la racine est contaminée puisque
c'est un lAxoi.
1027
marche = c^^^y»'! et c>^à=>j G 0. ^^^3 JdfJ,\ (pour J^yî,
inf.), to ligature est relâchée (locker). t*^ Ù JJ" "^t .yJî
^^ f^>:*^. iuLj ^y^'î, lorsque le taureau mange jus qu'' à
ce quHl soit rassasie', son ventre, le matin, est (cependant)
vicie de nourriture, ^c^^ a^>r^^3 e_c*y^ J^ J5i*^ ^î' £^j*^^
Za 6apwe etozi d'abord serrée au doigt, mais à présent
elle est lâche (elle branle au doigt). J^^ qLwJÎ, u7i homme
lâche, mou, non courageux. iÇui^, Uc , c'est qu'elle est
dissolue, femme de mœurs relâchées.
47, 13 ; w a h h à m h a. ^^3 = ^j^i G 0, supposer, cal-
culer à peu près.
47, 14: neta'^ha. Sur le verbe «lai, arracher, weg-
riicken, voyez Arabica V Gloss. s. v. et Hdr Gloss. s. v..
Les significations que Glaser donne, Abessinier p. 48, à
^ et à ^^ sont absolument inconnus, aussi bien dans
le Yéman que hors de là, et l'hébr. ytoi ne s'y prête pas
non plus comme sens, '^-^^ 0, est dans le Sud arracher
les poils ou les plumes, auszupfen, mehri fallen, heraus-
fallen Jahn M S p. 218. Peut-être Jiaj, wfer, des ""Anazeb,
= ^, renferme -t-il la même idée : tirer à soi, zu sich
riicken. Dans notre dialecte, Jdù est tomber, et Jjo, ar-
racher = .1,^. ^^;.es^3 iA*j3 vi>>.4.x>3 ^c^' à uoJjjt u:^T "::3
ijiU-l (5 J-j'J (j^^\ '^L>^3' Lorsqu'elle (la femme) a flan-
qué le rond de pâte dans le four et mis le couvercle^ elle
l'ouvre ensuite et trouve que le rond de pâte est tombé
dans le fond. Wetzstein, ZDMG 22 p. 121, dit que
1028
*Ltj est = ^Lv. Voyez ici p. 796. Ce qu'il y a de sûr,
c'est que la racine iai (c>J) renferme un mouvement
brusque.
47, 14: ramad, avec ce commentaire en dialecte de
^dr: Yihôttu er-rmâd fi zembîl uyilgi hufra
wasàt er-rmâd, uyihrig ed-dam fil-mahgam yi-
kubbuh fir-rmâd elmêd (mingàl Dt) ed-dam ma
yehèrr (yehirr ou yesîl Dt). On met les cendres
dans le panier et Von fait un trou au milieu des cendres.
Le sang sort de la ventouse, et il le verse dans les cendres
-pour que le sang ne coule pas par terre.
47, 15: mûwal = J^UÏ = J^"^!, comme 1. 17 mas-
47, 18: nibzet. s^, pl- j^j, est une toute petite
quantité d'une chose qu'on peut saisir, brin^ flocon = syr.
i^. Le verbe ^j o, i, est arracher z^:.^. iU:^*;! oj^j
io^l ^^^ j'ai arraché V arbre du champ, ^-j^ ^j^ -«^io
yij}j3 xiL^Î, ils l'arrachèrent au milieu de ses compagnons.,
c'est-à-dire, 27s le tuèrent. Une imprécation est: tij^yu Lv-x,
puisses-tu périr .'■='ij^ dUi) Lv^ ou sjxJ ê^ Jsjo-, se. eVJ^,
comme sujet.
\) Obs. ici La«£ dans le sens primitif de faire: v. p. 593 note.
14.
El-ha^gâm en dialecte hadramite.
48, 20: yis'alak. En Dt Jlw n'est pas employé; on
y dit ^.
48, 22: lisez: uyi'allig.
49, 1: utiltaf pour tiltàff. Exemples analogues de
^:;î! Hdr p. 114 v. 9, p. 67 v. 23: tèhtam = ^- ; p. 114
V. 9: fitak=:^Vjiî. Ces formes sont ici assurées par
le mètre. Par cette prononciation, les nouvelles formes
^ et dUs ont surgi, mais elles n'existent pas dans le
dialecte de Dt. Ce reculement de l'accent n'est pas non
plus étranger à la 1 u r a h, comme on peut le voir chez
Vollers V S p. 136 et Tab. Gloss. s. v. I,.
49, 1: beéra. yio, morceau de peau -=1)1 3^,47,4,
49, 1 : z a r r a t = i.'^j G 0. M e h y u m = ^:<=\^.
49, 4: faéàtuh. iiixj, o, i, est en Hdr et chez les
"Awâliq scarifier et faire une incision. On fait une idaii,
incision^ à l'arbre pour en retirer le q'^^, résine, et le
^^.,LJ, encens^ ou pour en boire le u\^, comme chez les
Bâ Kâzim. -Ll^o , intensif do la U-ie forme.
1030
49, 7: ilân=r J ^t, cf. p. 474 note. Hors de Hdr.,
on dit lîma, lima', il ma, ilmâ"*, làmma, alàmma.
49, 7: enzûë" pi. de ^^, fois, mais seulement en
Hdr. c ^ est véritablement ôter la ventouse ou l'instru-
ment à scarifier comme dans la drolatique description
d'un ventousement dans Gâhiz, K. el-Mahâsin p. 15 en
bas, où -IjJ:^ est = notre J^^, j.Jlo = notre a4^c<*, et
la trousse du ventouseur := %>. Les mots de signification
analogue ^i ^jj sont yi^x^, (ji^, ^^, 3jSc>, byo.
49, 8: el-'asër = Joli^ Hdr et Beyhân. J^cL; -/?vit,
Za ^toze suppure du sérum. ^nIï, suppurer du pus. ^\5w,
suppurant, fut prononcé m e q î y i li par les Datînois, mais
mugeyyih par les Beyhânites!
On sait qu'en Orient on guérit tous les maux par les
ventouses et le fer à cautériser. Un proverbe du Sud dit :
^yCJÎ ^h», (jXixJ! Orb j, xoLsl!!, la santé est au bout
du couteau à scarifier et au bout de l'instrument à cau-
tériser'^). Comme la maladie vient d'Allah, on lui laisse
aussi le soin de guérir ; voyez Baudissin, Esmun-Asklepios
dans 0 S Festschrift de Nôldeke H p. 730 et ss.. Sur le
j*.^, on lira Bohârî VH p. 124 et s. (K. et-tibb). Abu
Hind était le ventouseur du Prophète, qui se louait beaucoup
de l'effet de ce traitement, Tab. I p. 1336, 1. Hisam, Tradact.
Weil I p. 342. On ne doit pas payer le ventouseur, Boh.
VII p. 169 [B. man la'an elmusauwir], mais le Prophète
donna à Abu Tayyib deux §â' de blé, ce que les maîtres
1) Sur le ^_c^, voyez Burckliardt Beduinen p. 74.
1031
de celui-ci n'approuvèrent pas, Boh. III pp. 79 et 93, VII
p. 125 [iljJî ^^ mI^\ v_jIj]. Encore aujourd'hui, on ne
le paie pas, mais on lui donne, par gracieuseté, du blé,
exactement comme le Prophète, ici p. 47 fin. Le Pseudo-
(jâhiz, Tria Opuscula p. 32, dit que le ha g gâ m, de n'im-
porte quel pays et de n'importe quelle classe, aime le
vin. Voyez Nôldeke Fûnf Mo^all. III p. 29, Jacob Studien
in arab. Dichtern I p. 43, Dougthy Travels I p. 492, Nie-
buhr Beschreibung von Arabien p. 131, Burckhardt Be-
duinen p. 75. Il est curieux qu'en tunisien f*^F\^ ait
pris le sens de raser, J, et de se raser, Stumme Tun.
Gr. Gloss. s. V., Sedira Dict. p. 919, Beaussier, s. v..
CI»
15.
El-mîfa.
^_juA se dit à Aden et au Yéraan mû fa (= |^^y«),
éth. ^^-T. Le mot ne figure pas dans I. Sîdah ; il ne
parle que de ^l,i et de iJU, V p. 7, s d'en bas. L A XX
p. 280, seul, a ^^J>^ et sLà^^. Il rapporte qu'un Bédouin
dit ù son cuisinier : o^^y- -^-^^. ;jn=> Aàk^ i_jG>, ce qu'il
explique par ^L^^l ^^^y^^ ^-^^ ç$' v^> niais I p. 352,
9 d'en bas, il dit: v«i3. (j-djil JUu^ ^^xL» ^5! ^_JL> Ji.
C'est là la vraie signification de v^, ainsi qu'on peut
le voir dans notre texte. Mais ce ^^â*Sj, de même que
Jjù\ vJlX ^c«r^', doit être une faute de copiste, très an-
cienne, pour ^jjIj et .yjù\ (j-Jj ^^^'. La confection du
tannûr est bien élucidée par notre N° 16, commence-
ment. Un verbe lii, ^i' ou li., j^ n'existe pas en arabe,
mais l'hébreu a nçN*, Gen. 19, 5, ''DN! et l'aram. i^j, cuire
du pain, = hB\)yl epû K A T'' p. 650, KB VI p. 170
v. 72 et p. 522: ipû. Jensen est d'avis, 0. et 1.1., si je
le comprends bien, que le sens primaire de ipû, cuire
du pain, serait „platt niederwerfen". Cela concorde très
bien avec notre: ^^à^f ^^-P" j^ L^xUli^ (J^U^M v^',
1033
p. 51, 9, 10. Il émet l'idée que riD^^ pourrait bien être
emprunté de l'assyrien, et Zimmern se range à cet avis.
Halévy, OS Festschrift de Nôldeke p. 1023, y objecte
que ncN* est aussi araméen. Je crois que nous sommes
en présence d'un vieux mot cultural sémitique dont le
point de départ ne se laisse pas déterminer. Il doit pro-
venir du pays oii l'on a d'abord fait le pain de cette
façon, ce qui est impossible à fixer. Le sudarabique ^^.^
ne peut pas être un emprunt araméen. Fraenkel F W
n'en parle pas du tout. Rôssler, M S 0 S III p. 29 , 6
d'en bas, a mû fa, qu'il traduit par iîzVseôrod = ce qu'on
fait au môfa.
50, 3: tingorah. ^, o, ouvrir la terre avec un pic
ou une barre en bois dur pointue, aushacken. On ne tra-
vaille jamais avec une pelle ou une pioche. Comme on
rabote toujours avec Verminette, j:srux), on comprend que
yp a aussi pris le sens de raboter. Mais il faut savoir
que notre rabot, en Syrie a^ii, est d'invention moderne
et que le rabotage ne se fait pas avec un tel instrument.
Le mot est déjà babylonien, Hdr p. 350 et s. Les clas-
siques ,^ , Freytag Proverbes II p. 327, et xs-x'^ , ibid.
II pp. 317, 327, 335, 757, Ferazdaq ZDMG 59 p. 616
V. 3 et d'autres sawàhid dans L A, I Sîdah II p. 147:
origine, forme,- etc., s'expliquent facilement, Hdr p. 351.
L'incertitude de Fraenkel, F W p. 255, n'est pas motivée.
Ce savant veut, avec NOldeke, que 'J^ soit un dénomi-
natif de ,L:^J, 0. 1. p. 254. Cela n'est point le cas. En
babyl., nagga ru, charpentier, Winckler G II Gloss. p. 107,
1034
ou nangâru, d'après Del. Gr. §65, et le thème na-
gâru doit bien signifier quelque chose qui se rapporte
au travail du naggâru, Jensen Gil. Epos. p. 41, Cod.
Hara. § 235 ; cf. yij. Si p> J est le dénominatif de 'l^:^,
il n'aurait pu prendre, dans le Sud, le sens que je viens
de donner'). D'après I Doreyd GHB p. 266, ^ est tLiï.
y>y, Hdr p. 300, 5 = L A VII, p. 45, s d'en bas, Mo-
""arrab p. 10, me fait l'effet d'être un mot yémanite pro-
venant de notre yp. L A III p. 199 et Gawâlîqî, Mo-
""arrab p. tfv, disent, à propos de _^ et _Jj, que la
forme -<J est yémanite, fléau 'pour battre le hléz=zh.
présent ^UU. Ils considèrent les deux mots comme J^^
parce que, selon el-Mo*^arrab p. tfv, dans un mot arabe,
n et r, ne se trouvent pas ensemble, ce qui est archi-
faux. D'après el-Asma'î, ^y serait une métathèse de
„^i (_.^y), Sifâ elrahl p.^ 227, et L Doreyd, LA VIT
p. 45, Hdr p. 300, ne le tenait pas pour un mot arabe
pur. Les deux opinions me paraissent gratuites, car-^y
est sans doute primaire et de l'arabe yémanite pur.
Fraenkel, F W p. 134, veut que y>^ soit une métathèse
de ici-.j, (qui n'existe pas; il veut dire „^y, soc de la
charrue) et „formé par analogie avec _^y, inusité dans
le Higâz." Il s'ensuit, de ce raisonnement, que les Higâ-
zites, entendant le yémanite _ .y, en auraient fait leur
yry^' Mais qui nous assure que ^y> fût seulement higa-
1) Nôldeke, Mand. Gr. p. 120 note 2, veut même que le i3'l« des
mcHiers ne soit pas originairement arabe, mais aramôen. Je n'ai pas
('■tiiilié la question, mais, à priori, cela me semble peu probable.
L'araméen est devenu le bouc émissaire des Arabes !
1035
zite? Si le syrien -^y, traîneau pour battre le blé, est
pour „ .y, il faut que ce changement se soit produit de
bonne heure, car les Hébreux disaient aussi J^il?!. Le fait
est que y>o et -^y ont le même sens, tandis que ^iilD
et „ .y« désignent un autre objet pour le même usage.
L A dit du verbe <^ : .L:^u^ o^^ ^'^ -5 ^'^' '^^'^''
Cela est encore vivant dans le Sud, où l'on dit : La^xjL. ^^*
il le frappa avec le bâton. cX-^JL s.^, il le frappa avec
la pierre 7= x^^^. ,^ii^, pi. .:>-lx^, herminette et pic avec
lesquels on travaille la terre, en frappant avec pour creu-
ser. Meissner M SOS Vil p. 6, a: „nâgâr, yenâgir =
beim Kaffeestossen mit dem Schldgel {pilon, voyez plus
haut la définition de L A) an die Wdnde des Môrsers
{^^^\.9) Uopfen. Hiervon wohl abgeleitet 1° viel schwâtzen
und 2° an Etwas anstossen (Weissbach)." Tout cela est
exact. Dans le Sud, ^' avec ô ou ^, et son intensif
^^o, est blaguer, gasconner = ^}j^, i, ') c>-^ ou c<Zj^
avec J, ou simplement plaisanter, ,>;JLs ^), a, et j,%xi, Y i-
niggirinna =. UJ jS>'J^,, il nous raconte des balivernes.
yso^, blagueur, y^ j.^Li', des blagues. C'est aussi bouil-
\) J^-w^, aussi courir à petits pas et lentement, trottiner, suédois
/i(«/ca, = Ji., 0, faire du bruit en marchant^ lorsque les vêtements
cla|»otent sur les jambes.
2) Son synonyme est \J^^ . Ana qa"^àltëlak el-yum, je plai-
santais avec toi aMJoto'rfVjia "== hessitt 1 ak, tiU i^^'Àjù:^^ . Pour les
autres sens de \J^ii voyez le Glossaire.
1036
lir 62, 16: .:^>u tUî, l'eau bout, = .Ju . ,:^jj :<^^\ la
marmite bout. Ce sens se rapporte au son que produit
une matière en ébullition, bouillonner. On comparera avec
cela L A VII p. 46, où il y a j>ff^^ -^ — ^r^""^' ®^
être bridant; jJ>U, chaleur brûlante. Je n'ai jamais ob-
servé ce sens de bouillir dans le Nord, et je ne saurais
débrouiller quelle relation sémasiologiiiue il y a entre ^,
creuser la terre ou couper le bois avec un .^\^, et bouillir,
faire chaud. Ce sont sans doute deux racines différentes.
50, 3: zehâf. LiL=>; (jL*s des instruments), pi. i^â:>j',
pour 'iji=>jl La première voyelle du pluriel ne paraît dans
la prononciation que comme un son prostéthique, ainsi
que c'est le cas de tous les idsèt • dans les ioùî, elle tombe
régulièrement. >J^3 est le pieîi qui retient le soc au
timon. wÀ:^;, tailler pour donner la forme voulue, comme
lorsqu'on taille un pieu, une plume, etc := jJLe et ^J>^ =
class. et dialect. ^ô^.
50, 4: tehàllibha. >_JLλ liùlub, n. gen., est la
terre mêlée d'eau, la boue compacte produite par la pluie
ou le soi. L A dit : vj"^'-' vJ^' l'-A-^' -r^-^^^'î v^-J^' .
C'est presque la définition de mes Datînois. On voit à.
la forme ._Jl=> que le mot a été pris au langage courant.
>_JL> est gâcher la terre et la pétrir avec les mains ou
les pieds pour bâtir. Voyez ici p. 1032. A présent, on dit
^esuj\ uJl> et non ^jui\ «_J^ • Stace donne p. ] QQ iùy>,
mud, s. V. stuck. Cela se dit à Aden.
1037
50, 9: tarha ii>^L> est \2i. quantité que contient la main.
50,10: darga. &^^, pl- ob-^o et c-l^,^ = ^«^ G 0.
Le ^^2^- du Sud correspond au .yj" du Nord, Prov. et
Dict. p. 14, où la manipulation est décrite. Les Hadra-
raites disent ^Lb', Hdr Gloss. s. v,. R Dwoh'ik, Ein Bei-
trag zur Frage ùber die Fremdwôrter im Korân, a publié
un long article sur l'étymologie babylonienne de ce mot;
voyez aussi v. Kremer Studien z. vergl. Culturgeschichte
p. 13. On peut donc conclure de l'étymologie de ces
deux mots, que cette manière de cuire le pain au four^
Ittvôç, Ofen '), est d'une haute antiquité chez les Sémites.
Mais les vrais Bédouins n'ont ni raîfa, ni tannùr
(tinnâr). Le four indique toujours un certain degré de
civilisation. Dans le Sud, où les tribus sont sédentaires,
on trouve le four plus répandu que dans le Nord. En
Dt, comme ailleurs, on se contentait, il n'y pas bien
longtemps, de faire cuire le pain dans la burmah,
marmite.
1) Il serait intéressant de savoir d'où viennent ces mots. Je leur
soupçonne une étymologie sémitique.
16.
El-hubz.
51, 4 : t i d h 0 1 = J30J)", par permutation des voyelles =
51, 6 : t e h d i f e h. uiÀ^, i, serrer (— renfermer), pla-
cer, fourrer dans, einschliessen. Èhdiftiyâbak fim-
sandûq, fourre tes habits dans la caisse. Tulle') (ou
""izz) tôbak la yinhedif bim-mâ", aie soin que ton
vêtement ne tombe pas dans Veau. L'idée de vitesse y est.
Pas à confondre avec l_) oA:>, lancer qqc. sur qqn. wjo
iCAA>L^lj, il lança le poignard sur lui. On ne saurait dire
t^A:s^JLl \îÀ=>, mais lX^L x*^,, il lui lança une pierre.
51, 7: sâhûb. v,^^'-^» Pl- wy^î>-^, = (~o^^ ^ ou
&AÎ ^1^ LJI -«uvi u>^, morceau de bois où le feu est al-
lumé, •=. v_jUiiv« qui est aussi courant dans le Nord et
■J) i}--' 1 0) = ^-*y 1 avoir soin de = jC-, i. C'est peut-être le clas-
sique JJ:»i . On comparera le suédois se upp = faire attention, litt.
regarder en haut.
2) d^^ X ^^'
1039
en Afrique Stumme T T B L v. 952, Beaussier s. v.. ^c^^^r-^
jj«.4^t, îe soleil m'a brâlé, MZe [aussi classique] = (^jj^sl^,
51, : utiitîha. ^JLl\, j, coller, fixer, de ^^, élre
collé, fixé. éSli ^Jj^ olAj! -— er^';» l'ancre est collée, at-
tachée à ta main = tti as la main tachée d'encre. *_Jl^>i!
u^s-iaJ L^ c>^"«^j *^> si tu jettes une poignée de gâchis, il
se colle. Ana ragàmtak bim-hulub u latfbak, je
te jette du gâchis, et il se colle à toi. Mâlak lâti bi',
pourquoi te colles-tu toujours à moi? =\Jè.jJi> ou ^iULo
^sUi. LA XX p. 114: Llij = Lk! = ojJ et il cite un vers
à l'appui, ce qui prouve que ce sens était connu ancien-
nement. Gauhari n'a ni LIiî ni ^Jj}, comme verbes, et
Zamahsarî seulement [j^J^Ij LIij. LA a: ij^^'^i^ oJ lU
^^ joo J),, et le Qâmoûs: l>^,'^Li ^^ ^^, ce qui est
devenu dans Belot-Hava ^), malgré la bonne traduction
de Kazirairski, se mettre à l'abri dans une grotte \ Dans
toute la Péninsule, ^^J^l, i, est se mettre à l'abri, se ca-
cher, latêre. Ht h fin a min em-rosâs, mets-toi ici à
l'abri des balles, = etlàtt ou ethàgg^). ^c-^Ju» abri,
\) Variation phonétique du premier. <J>-i^\ se brûler, s'échauder.
Cf. le syrien >--;^ et ujj-^ du syriaque \zi " *■ .
2) La première édition de Cuche de 1862 n'a pas cette addition
inexacte.
3) Pour la forme de ces impératifs de ,c^ <'t de g.^^,
voyez p. 323 et ss..
1040
refuge, il! ^^ »wîj->-51 J. L^ylJ, no?<s ?ior<s sommes abri-
tés de la pluie dans la grotte = ^Jjj et Jâl, o. Bâllùtt
"ârï em-^aiah min embard, 7ious allons nous mettre
ci Vabri du froid à côté de l'arbre = ^-^^■- Stace p. 166 :
^, sticks intr. = -Lu*, et ^v^, et ^^, trans., ■= -L*^
et ^; et p. 202: f^iJsil ^U ^^^U^t ') iLi _^9, he fixed
the notice on the walP). Cf. ±>^ et -bbJ!*), v. Gloss. s. v..
50, 10: l.iugûf. ^ju^>\^, pi. uJ*->"-:>; le four étant
bombé clans la partie moyenne, c'est cette partie qui est
ainsi appelée. C'est là qu'on colle les aqrâs, qui, par ce fait
deviennent bombés^ 'ïàss^ ou i3y>L<u . LX^il ^j>js\:>, évase-
ment au pied d'une montagne ou d'un rocher. ~^j>^^j
rafler, prendre et toutes mains, est sans doute une méta-
thèse de w»^.
50, 11: sitrah. s^, pi. iiii, fait de ^^î^c, comme
une petite 7iatte, iJiLw. A Aden, on l'appelle iL«AP. La
mIl^ est une pierre plate et mince, ^jsÂ^^ ^, qu'on
pose sur la sitrah.
50, 13: nf. i^cJj fém. bû, cru, mais aussi non cuit
\) Dans notre dialecte ^^_J°^^•
2) Pour le classique q^I- On dit partout q^'.
3) Lisez ivalls, car .'A> est pluriel.
4) _b^ Dt, amollir en irressant avec la main p. e. pâte ou pain =
Jaî^, Vt.
1041
à point, le contr. de „-w>'J. Un proverbe de Datînah dit:
la kuturèyn em-niggâhât harag erahubz ni'',
si les boulangères sont nombreuses, le pain sera {sortira)
crû, cf. Snouck Feestbundol p. 27.
Ce , c^:mJ! >^, xproq Irvlrt^ç ou (povpvxKioç ccpTOç '), Ofe7l-
brod, est en Datînah assez récent. L'usage du four est
venu de Hadramôt, à ce qu'on m'a dit. Les I^édouins
des Montagnes ne le connaissent pas. Ceux-ci pratiquent
les deux manières décrites ci-après. Il y a aussi le pain
appelé iCflys qu'on fait en voyage de la façon suivante:
Ma titsamma qurmah illa u hi' ^and em-kërîb.
ôibt em-'agîn u qult: qurrimùh, ya ma'na sû-
wuh aqrâs fassalûh. U kulle qurmuh tàrahu
fîha hagar uhi" hami min em-kërib, bàrdaqu
(ou bèddu) em-gàmër utarahu em-qàram foq
em-gamër uqallabùha fôq em-gamër alàmma
tingah. U la basaru em-qurmah nf min dâhil,
dafanûha fim-màllah la ma" tingah. Elle n'est
appelée qurmah que lorsqu'elle est sur le feu. Tu prends
la pâte et tu dis q a r r i m û h , c'est-à-dire faites-en des
pièces de galettes ; on la divise en morceaux. On met dans
chaque qurmah une pierre chaude du kerîb {chauffée
au feu). Oîi étend le charbon incandescent, sur lequel on
met les qurmah, et on les retourne sur le charbon jusqti'd
ce qiC elles soient à point. Si Von voit que la qurmah
est encore crue en dedans (parce que la pierre n'est pas
assez chaude), on l'enfouit dans les cendres chaudes jus-
qu'à ce qïi'elle soit à point.
1) Athen. Deiimos. III y. 113.
17.
Em-melahhah.
La iL<^X^ correspond au _Lw des Bédouins du Nord et
des habitants de la Syrie, Prov. et Dict. p. 14, La seule
différence est que le ^L- est en tôle. A Aden on l'ap-
pelle sjL!:?, qui est aussi en tôle, ainsi nommé „parce
que la galette ^jLuj\ Lfv^j'» étant de peu de consistance."
.ÎJ est verser la pâte de Vécuelle, ajotS" ou ïà^>o, sur la
melahhah et l'y aplatir avec la main.
52, 7: marâkid. sA^^, pi. Aî'U, est synonyme de
iL.jàii. Les deux mots sont classiques. J^ <^j^' oj^ .]
lXî LL', elle a posé la marmite sur les pierres, =-- ^.l>>.^ijt.
L'àtre, <\xjj>, se trouve dans la cuisine, ^^x^^, qui occupe
une petite maisonnette, 'i^'j>, pi. Jjw>, ou |^c-?,5 , dans laco?<?',
u^^:>. Lorsque la maison principale est haute, la cuisine
est installée dans un étage supérieur, parce qu'en bas
il y a presque toujours de la poudre.
52. 8: mamsaha. a^^-w..*..^' = :o a-* avec laquelle elle
frotte, u^Ai)", la pierre.
52, 11: luhûl.i. -_^w, n. gen.; Jc=>î^J, n. unit.. Il
1043
n'est mentionné que dans le Qâmoûs et T A, qui lui
consacre un article, où il est dit que c'est là la nourri-
ture de la population de Tihâmah, et qu'on ne la connaît
pas ailleurs. On voit que le pays à l'est du Yéman était
une terre inconnue.
52, 11: ma^^sûbah, ou ^jj^^ix^^ est le nom de cette
galette, qui est faite de j, froment, tandis que dans le
mîfa toute autre espèce de pain est cuite, de durah,
de millet, ^J=>^, d'orge, etc..
18.
Qurs miillah.
iduî me fut paraphrasé par c^^:^' ^J^ ^^^=> v'j^" "^'^ ^'-*;
.4^!, cendre ou terre chauffée qui se trouve sous le char-
bon incandescent. Presque la même définition I. Sîdah
V p. 7, LA XIV p. 152, 7 et 21, K. el-Addâh p. 153
en bas. La sCiwa nâr fim-kadamah teqà^ m al-
la h, sHl fait du feu dans le tas d'ordures, il deviendra
des cendres chaudes. Le pluriel en est JXc Un I.Iaurn-
nien me dit: J^UJ' J. J«.4-o t^Jsl\ la galette est fourrée
dans les cendres chaudes; il explique le verbe par .«'lo.
Les Datînois disent de môme iJLl! ^ ^jJUj. J-<, i, 0, est
partout mettre le qurs dans la m al la h, z= I.Iaurân ^,
0, ou J-nO, 0. Mofadd. 25, 27: jyu^- JjZ\ s^L^ ^^ tJ^,
comme s'il était grillé par Vardeur du feu. Mais :\L, par
métonymie, a de bonne heure pris le sens de iJU i<j>,
L Sîdah V, p. 7, K. el-Fasîh, éd. Barth, p. fô, et son
Ôarh par Abu Sahl Moh. el-Harawî [+433], Caire 1285
p. 138. C'est aussi le foyer où se trouvent les cendres,
L A 1. 1. et K. el-AddAd 1. 1.. Mais cela est secondaire,
et non pas primaire, comme le dit Dozy s. v.. Ensuite,
1045
le pain est appelé xL, comme 55, 2 ; Palgrave l'Arabie
centrale II, p. 80. Ces deux dernières significations ap-
partiennent au langage des Hadar du Nord, car le Bé-
douin du Sud ne dira jamais 'iU -5LsT_bî, LA 1. 1. 10 d'en
bas. RO § 115 donne aJU, pi. J'^U, Schûssel, et son dimi-
nutif kJUU § 44. JNÙ est chez Stumme T T B L v. 631
Feuerglut im Ofen.
53, 16: megmar. -Zs^, le foyer de charbon.
53, 17: yihôffeyn. o^^, o, sécher, intr. ; ce verbe
a ce sens surtout en Hdr. Les Datînois disaient que c'est
compris chez eux, IjuUx: *jj^, mais yigiffèyn serait
pour eux mieux. ^Jk=> est véritablement être sec par manque
de gras. v_îL> i^, pour ^^L>, pain sayis h osa r. Les
cheveux sont v_ib=- , lorsqu'ils n'ont pas été graissés, contr.
de Q^A/«. Le manger est ^Lo, lorsqu'il n'y a pas de
hosâr: huile de sésame, beurre ou bouillon gras, etc..
RO p. 116, s d'en bas, ZDMG 50, p. 332/3. Cf. LA
X p. 395 en bas. Pour les Bédouins, tout ce qui n'est
pas gras est \_àî^, L A X p. 394 en bas et s..
54, 2: ramsa. u^, être chaud, variation phonétique
de L>a^^ ; mais (j^ , cligner de l'œil, faire un signe avec
l'œil, aussi hors de Ildr, = Ow,, o. Cela est pour ^j^as,
qui se dit en Dt aussi. On dit d'une personne mourante :
ij.*^ j io\^ ^o£, ses yeux ont encore un léger mouvement.,
cligne7it encore, J.Idr. Cf. ^a^ et [j:^, comme ^^. et ^J^^
Dans le Sud, ia. est avoir les spasmes de la mort, agiter
1046
convulsivement les membres, 'x^^' est seulement en Hdr =
ailleurs &L.
54, 3: yahi. C'est ainsi que j'ai écrit dans mon ms.,
mais dans mes notes je trouve toujours (^c^b>. Ce paraît
être un mot mehri = ^j", sol. A. Jahn M S p. 55, w a:
Utamôs la gizôres, amôr: dâ hâsen gâhey dâ?
Amrôt: dâ gizôri, mehri =z Hadr. utaraàs "^ala
sadrhâ, gâl: eys hada Igâhi? Galet: dâ sidëri
il lui tâta la poitrine et dit: „ Qu'est-ce que ce sol?" Elle
dit: „Cela est ma poitrine.'" L'auteur le traduit par pZa-
nities et pp. 179 et 270, par Ebetie, Freies. Cela est
inexact. Vol. VII S AE (sljauri) p. 25, 21, 27, il y a gàhi,
Hochiveg{\) Le seyyid d'el-Gisn, avec qui j'étudiais le qara-
wî, à Aden, prononçait g è h i. J^-u^l ^Jp''^J ^^ ^ol de la
mosquée = cl. l\<=u^î ^-y^>^. Est-ce le soqotri h ô h i, sol ?
En Harîb, ^^, i, ramper sur les genoux.
54, 18, 20: nar. jj n'est- pas seulement /ew, mais
aussi charbon, cendres incaiidescentes.
55, 1, 3 : istawa. On observera que ^».^^^ est être
cuit à points être milr, ainsi usité dans toute la Pénin-
sule, M S 0 S VI, II p. 98 N° 7 et note 4, Z D M G 58
p. 943, 10, Socin, Z. Arab. Dialekt Marokko p. 174,
n. 23. Dans notre dialecte, ce sens est compris, mais
peu employé pour le courant .^njs^o. Son synonyme dans
le Nord est ^Lo 1. 17. ^Lo ^'^^\ la pâte est faite, fer-
mentée à point, Hauran. Cette coïncidence de significations
de i^jyijJ et de ^Lo est assez curieuse. Dans le Sud, (j:y:*-'
est verbe auxiliaire et s'emploie comme Lo dans le Nord,
y^lr Gloss. S.V., être, devenir. Istùwet bormiiteli.
1047
elle devint sa femme, Jahn M S p. 7, 12 = mehri: wu-
qôt h armât h, mais en arabe du Sud, »:>i«^ c^^^ï^ est
aussi bon, car «^ y est aussi =z ^Lo : m^ ïC-Jd ^^^«5,
la bottine est devenue {=. est) bonne = o.Uo, moins usité,
Hdr Gloss. s. v.. Le mehri astôu, istôu, histou, Jahn
M S p. 164, istau, DH Muller MSS p. 60, 17, est le
même mot y i s t e w i, bon ! c'est çà ! cela se peut ! it. sarà !
55, 11: lisez: kaub^); 13: diqûnah''); 14:qadd*);
18: lamma'^). ^jf, bouse sèche, n. gen., ioj' n. unit. =:
Hrb. _^ p. 464. Le dernier mot est sans doute le même
que les classiques 'u*y et ic/, ordures, balayures de la mai-
son. Une tradition dit : fj*,ù J. 'À^^\ ^^ ^yif^^i ^y^^ "^j
ne ressemblez pas aux Juifs qui gardent les ordures
dans leurs maisons ^), Zamahsarî, Asâs s. v., L A XX
p. 77, 2, Moh. Tâhir M B el-A. II p. 192 (où ^:). L A
1. 1. donne aussi '»jS = ^. Notre vj^ paraît en être une
transposition. Comme 3^, forme originale de 'ilS, est
aussi ii^J , coUi7ie, on est tenté de voir en _^f, IS et 'iUS
le sens de tas, quelque chose de rond, et les verbes ^
(iLjCo, boide), ^^, }^, ^JJS renferment la même idée.
55, 1: yikbinûh. ^s', i, 0, faire un tas, n'est pas
dans les dictionnaires. ^^', inten.. Synonyme de ^^ et
i) Le gouvernement d'Aden a fort à faire pour cmpûcher les Juifs
de procéder ainsi. Balayures dans notre dialecte: v:>^' axjL^o
ou v.llA^' qI*0 .
70
1048
^^, Hdr p. 484, et de ^<s^ et J^, ibid. p. 284, qui se
dit aussi en Syrie Dalman P D p. 135, 17: aufladen.
En Dt aussi ^^ . ^ , pi. ^Li'! , tos, monceau = ^^
ou JU^^). ^^ a aussi le même sens figuré que ^^^,
affaisser qqn, atterrer qqn. H(Jr Gloss. s. v.. q-^î, s'«/-
faisser, s' écrouler, propr. former iin tas. Cf. Gloss. s. v.
c 3 .. Peut-être en trouvera-t-on une trace dans l'explication
de idjS par 1*1^5 Lsi^l^-j' j^ i- o^ -^^^^ »jt^ ^^^ ■'-' -^
XVII p. 233, 14.
55, 11: sabbirûha sabûr. JLo, faire un tas, en-
tasser. Le verbe simple ^, a dû se trouver ancienne-
ment dans ce sens, car une Tradition dit : -^ ^^jA^ j,
L A VI p. 110, 13. Comme .^.^i;:^!, s'amonceler, des nuages,
0. et 1.1.. 3.A>o, to5, surtout de blé, se rencontre souvent
dans les Traditions, o. et 1. 1., Moh. Tâhir M B el-A. I p. 230 :
Je n'ai pas entendu 3.a>o en Syrie, mais 'L>^, qui veut
dire la même chose, ^y^j *^ est un endroit dans le
Hauran, Baedeker (1891) p. 201. Un verset de la Qasî-
dat es-Sahgali: qatafna^) subba gadd et-tell,
nous avons tamisé un monceau de blé grand comme une
colline. Socin Diwan III Gloss. s. v., où renvois. Aussi
'Oman R 0 p. 400 N° 27, oiî xÇ^ est expliqué par (jJLs'
1) Sturnme TTBL v. 374: r}^\ hanches; voyez ici Gloss. s.v..
2) Var. lla'na.
1049
comme al^ dans L A plus haut. La 1 u r a h connaît aussi
iuya dans ce sens, LA II 25, 9 : j.ljtk;! ^J^ i^l*^ joy^it
Xjylî! ^^/?^! or-^" (^ f^^' • ^^' Halévy Nouvel essai sur
les inscriptions proto-arabes p. 9 N° UL J'ai écrit s abîir
dans notre texte et je ne crois pas avoir mal entendu.
Mais la forme jyi>^, pl- r^L^jo, existe aussi = ^^jS , pi.
j»^j[j/. C'est peut-être un diminutif. Je la trouve souvent
dans les dictées que j'ai recueillies du côté du MtHermon.
Il faut probablement ramener à ce sens, y^AS, la cour-
bure au-dessus du front, commencement du devant de
la tête, Haurân, et la locution sudarabique i^J'^t y^ ^,
sur le flanc du Wâdi. .j^, entasser, est l'hébreu "iDîi,
et ^^, tas, est l'hébreu 1?:^, Ges.-Buhl p. 613, iDii ou
lia^'V Levy W B IV p. 167. Il y a aussi en Syrie, mais
seulement sur le littoral, un autre ^ qui n'a rien à
faire avec le premier, lester un navire. C'est le dénomi-
natif de 'ijJ^^, lest d'un navire. Lane a les deux mots!
On dit toujours que j^yl^ vient du latin sahurra, lest
d'un navire, Dozy s. v., et qui se rencontre déjà chez
Virgile [+71 av. J. C] et le fabuliste Phèdre [-h 44 ap.
J. C.]. Cela n'est pas tout-à-fait exact. Les navires qui
avaient conduit les Croisés en Orient furent remplis de
lest pour retourner. C'étaient évidemment des Arabes
chrétiens qui portaient „la terre sainte", dans des cabas
\) Lisez plutôt: ^^Asj' J^'î <"-e qui est encore courant chez les
Bédouins de Syrie.
1050
ou corbeilles nattées, à bord des bateaux. Or on leur
aura parlé en italien, en français ou en espagnol, mais
nullement en latin. C'est surtout l'italien qui était la
langue intermédiaire, les mots d'emprunt européens au
Levant le prouvent. On ne leur disait donc pas saburra,
mais zavorra, Dante Inf. XXII v. 142, dont les ouvriers
des ports firent leurs «.Juo, io.yuo, saburre, et ^, sa-
hurrer '). S'il n'y avait eu le latin sabîirra, on aurait
été en droit de faire venir ,>-o, lester, de l'arabe -<>o,
entasser, et l'italien zavorra aurait alors eu la même
provenance. Maintenant, les philologues classiques recher-
cheront s'il pourra y avoir quelque relation entre le latin
saburra et l'hébreu "i5îi, par l'entremise d'un mot ana-
logue phénicien.
55, 12: yebardiqûnah. ^3j =: Âj, Â>j et oi G 0,
étendre, ausbreiten. v^Xl! ^ ^^it o->y, étends le char-
bon incandescent dans le karîb. ^^-o', s'éparpiller ■=z
jajL^. {jp^^\ ^ Z^ ^-^/j', ^<^5 graines se sont épar-
pillées par terre.
55, 12: bifhadûha. Ap, a, étendre, ausbreiten, lïivà^
aussi fendre: sjJ. aJs = sJ^, Ujui, lui fendre la tête.
vô^é o^^, qui a la cuisse fendue. Est-ce un développe-
ment de o'i, 0?
55, 14: lisez gurs.
55, 15, 17: Observez o^jv, llaurân =i o3 . , Dt.
1) V;'-*^' ^ 7^*^ ! ^'^ ^- Lith Merveilles de l'Inde p. 28.
1051
Le iJU (joys est, dans le Negd, appelé o^rc. Gâ u
bigurb ahlel-negdî. Gâlu labaMehom dà^âna
nàhwi la nèhbiz lina "arbûd. Qal el-Higâzi roh
husèlna hatab. Ils eurent faim, étant à proximité de
la famille du Negdite. Ils se dirent alors: ^Nous allons
mettre pied à terre [lasst uns ahsteigen] pour 7ious cuire
du pain dans les cendres." Le Higâzite dit: „P^« nous
ramasser du bois, "Anazî," Paraphrasé par iJU ,joyj.
Doughty, Travels I p. 131 l'appelle incorrectement „abûd,
large fiate cakes."
Le mot wÀAïj, si usité dans le Nord, est inconnu dans
le Sud. Cela pourrait étayer l'opinion de Wellhausen que
ce mot vient de l'araméen . ^\; , cuire le pain dans la
cendre, Isr. Geschichte ^ p. 88, Brockelmann V G S S
§ 55 a '). Cela avait déjà été avancé par Levy N H Ch W B
4 p. 461. Comme en néo-hébr. les □'Dp sont le?, pierres
de terre cuite sur lesquelles on faisait cuire le pain, le
^^jLfJ^j pourrait correspondre au Q"'?V"i "DND des Juifs, et
cela indiquerait par conséquent que le ouc. était ainsi
cuit primitivement. Cependant, le verbe arabe wài,, faire
des houles d'argile ou de pâte, L A s. v., pourrait être
le sens fondamental de ou£,, de . ^v; et de d'^d^i, for-
mer en houlettes, procédure usuelle lorsqu'on fait le pain
et les pierres en terre cuite. Mais je crains fort que vjaîj
ne soit un dénominatif récent de v-iu-c. et que celui ci
ne soit un emprunt de l'araméen, quoique Fraenkel F W
p. 36, le déclare carrément arabe pur. Je ne suis point
sûr que ,.riL.i» et wàèj soient z=. arabe ^.J»^ , comme le
1) Je ne trouve le verbe nulle part dans mes dictionnaires, seu-
lement le substantif ) oV^ := iCU (joJs .
1052
veulent Wellhausen o. 1. et Brockelmann o. 1., dont l'opi-
nion est suivie par Buhl H W B p. 706. ^^^, pierre
chauffée pour cuire le pain^ est l'arabe ^jus. (coll.) pier-
res chauffées pour faire cuire n'importe quoi; mais je
suis persuadé qu'il faut séparer ce thème de . .^v; et de
^si:^, malgré l'opinion les savants philologues que je viens
de citer.
Une manière toute particulière de cuire le pain est
celle des „ Bédouins blancs" ou ,^4^ v/^> aussi appelés
'■éjjss^ ^o, qui habitent le long du fleuve j^Lâi, à 8 heu-
res d'ed-Dêr et de Nisîbîn, 589. Ce sont, selon eux-mêmes,
des Tâyyites descendant des Béni ""Udrah. Ils sont encore
renommés pour leur Jsl,:^^ et leur don poétique. Ils ont
des us et coutumes qui différent de ceux des autres
Bédouins. On fait un trou dans le sol et l'on y met une
chaîne en fer. On allume du bois sur la chaîne. Lorsqu'elle
est rouge, on la nettoie des cendres. La 'pâte, qui est
très épaisse et forme un gros morceau, est ensuite placée
sur la chaîne. L'on couvre le tout avec un sâg, plaque
en fer, bombée ou non, sur laquelle on met des cendres
incandescentes. Après cuisson, le pain est mis sur un
grand mansaf, qu'il remplit tout entier. On y verse
dessus du beurre et du dibs. Ce pain est appelé 'isJ^,
et il suffit pour cinquantes personnes, au dire de mes
interlocuteurs éammarites.
Pour moudre le blé ou la dura h, il y a deux espèces
de moulins à main: \° '^^=>f, pi. ^__c=^^f, qui consiste en
une pierre ohlongue et plate, s'^y», appuyée sur une autre
petite, àAT^ : cisssœe^^ . On cgruge, i^^, a, là-dessus
1053
avec le cylindre en pierre: i^L*!'. 2° Le ^^-2^ à deux
pierres plates et non pas concaves et convexes. J'ai bien
vu à Aden que les pierres affectaient ces deux formes,
mais dans tout le Nord, de même qu'en Palestine et en
Syrie, elles sont plates. La pierre supérieure a un \j-:^,
manche, avec lequel on la tourne. La farine du premier
est ^_^=>y, celle du second, {j-^^^. L'on fait de même la
différence entre »L>^U j^ ou ^^^ j>3. et ^^i^M! j^
ou ^.N^»!:' i^. Le rahi est pour le pain du mîfa, tan-
dis que, le plus souvent, le tahîn est pour le Jsy^c.
On prétend que le mirliâh est d'un emploi récent et
qu'auparavant il n'y avait que des matâhin. Le pain
ne se conserve pas longtemps dans ces pays. Déjà le
lendemain il est v^ia^w, c'est-à-dire, la mie devient comme
du v^j coton, et il commence à setitir mauvais, k^.j
x*.^, Hdr; ce pain est ol, ou ^c^b>, il sent mauvais^).
1) ^"^ ou ^J^R•, V^s frais, eau et denrées, lc^'-t" ^^'j Veau
n'est pas fraîche et sent un peu à cause de cela, ^^^^ a-i^UÎÎ , la
viande est un peu gâtée = oî. . ^_J:^\:>■ q'-*^', tin homme iridolent
= [^'S* ^ "^yi GO; les Bli Kazim appellent un tel homme y>,
ce qui est très significatif, t^-^' , retourner, décamper, j^^î vi>«.^^i,
o
les yens sont retournés. (j>j.;^Ux 3^-^', ies Bédouins ont décampé.
Qvg.^.»j1j ,J^, quand voulez-vous décamper. (♦•JCj^-Lc ^.^^àjLi, nous
reviendrons chez vous. Etre ttn peu écroulée (maison), pas tout-à-
fait, mais seulement une partie ; class. .drr'-
1054
Fâtimah reçut dans son trousseau do mariage deux
pierres de moulin à main qÎL=>>, I- Sa'^d VIII p. 16, 3,
et elle se plaignit à son père de la fatigue qu'elle éprou-
vait en moulant, au point qu'elle en eut des ampoules
aux mains, ibid. p. 16, 5=2Boh. IV p. 84, 5: c^jCcù-î
^y^^ ûx t_r=y' cr u^ '-* • *^^^ ^^ P^^"^ ^^^^ l'anti-
quité on lira v. Kremer, Studien zur vergl. Culturge-
schichte: I. Brot und Salz, oii il y a cependant plus d'un
faux jugement pour ce qui concerne l'antiquité arabe.
19.
Tabîh em-qahwah.
56, 3: binn. ^^ ne m'a jamais fait l'effet d'être un
mot arabe. Un lïaçlramite me dit; j,gafal est arabe,
bunn 7ie l'est pas." Cela d'autant plus que ce mot est
courant dans tous les idiomes sémitiques et non sémi-
tiques, en Abyssinie et les pays avoisinants. Langue
Kafa, Reinisch, Wiener Sitzungsbericht 1888 p. 368:
Kaffe bûnô; Gonga: bimno; Wolamo et Warata:
bùnna; Garâgué: fl«T, bu no, ibid. p. 273. Amhar. :
fl"*), bûn, caffè m chichi, Guidi Voc. Amar.-it. p. 340.
Agau : bunn, cafe\ Waldmeier Wôrtersammlung der
Agau-Sprache p. 9. Bilin : bûn, Kafehohnen, Reinisch
W B der Bilinsprache p. 81 = Chamir [Agau au Takezze].
Bûn se dit aussi en tigrina, tigré, saho, Afar etSômâli.
Les Gallas de Choa appellent le café bûn a, d'Abbadie
Lex. Amh. p. 363, qui dit, p. 241, que les Musulmans
seuls appellent „le café liquide" 4*'A qahwa. Viterbo,
gramm. délia lingua oromanica^) p. 129: bûn a caffè
in grani. Nôldeke m'a informé qu'en amarina bûn bâlâ
1) Dans l'ouvrage de A. Cecchi, Da Zeila aile frontière del Cafïa,
vol. III. Dans le môme ouvrage, p. 443 bu no est calfe dans la
langue kafTa. Il paraît que cette importante publication du prof.
Viterbo est restée inaperçue.
1056
est il bîit le café, mais en amarina, selon Guidi, balâest
manger, et cette phrase veut dire manger le café^ comme
on verra à la page 1061, *. J'ai aussi vu des Sômàl manger
la poudre de café. Nous voyons donc que ^ ou ^y
s'étendent sur un territoire assez grand et justement là
d'où est venu le café.
Les cerises sont appelées ji>, n. géu., Hdr p. 86 note 1.
Socin Diwan N° 87 note 2, donne iJlI>, pi. jii>. Les Bé-
douins du Nord et les Negdites appellent les fèves aussi
a^ , 59, 23, comme quelquefois aussi les Mekkois, Snouck
Feestbundel p. 29. ^: leur est bien connu, mais peu em-
ployé, et ce n'est que chez les Hadar, dans le Higâz,
Snouck, 0. et 1. 1., et dans le Sud que la différence entre
^, grains de café^ et a^, boisson, soit observée. Dans
la Notice sur l'Arabie méridionale, Barbier de Meynard
dit p. 104, d'après l'auteur de la Chronique, Ahmed
Râchid: „Elle (la coque du café) renferme deux grains
qui sortent alors de cette coque, c'est ce qu'on appelle
proprement qahwô (café), tandis que la vrai nom de
l'arbre est bunn." On dit certainement ^^^! »^, le
caféier, mais dans le Yéman je ne connais pas «^ =:
grains de café ou bunn. On fait dériver notre mot café
de l'arabe »^. Je veux bien. Ce «^ est le substantif
du verbe ^^^, avoir de l'aversion pour k boire et le man-
ger, 71", pas avoir envie de [^ ^c, T A], mais aussi
avoir de Vaversion pour une personne. Zamahéarî et L A
IV p. 407 et XX p. 69, K. el-Addâd p. 149 citent un
vers d'Abù et-Tamahan el-Qeynî:
^ ù ^ OC-
1057
^î^î 1) JjLs^î ^^tJ^^T ijrL>
Alors les femmes m'ont pris en aversion, comme les
[nobles chameaux bla^ics,
Redressant la tête par aversion, refusent (de boire
/"dans) les auges d'eau saumâtre.
Selon LA XX p. 69, 10. Dans le Qâmoûs, c'est seu-
lement j.Lx-i<'l ^j^ ^. La même chose que ^^jùù\ ^J^ ^^',
chez Gauharî, Zamahéarî {^), Qâmoûs, L A. Cf. nnp,
Ges.-Buhl WB s. v., et Rôdiger dans Wellsted Reisen I
p. 229 note. Mais ^\ est aussi transitif: ^ ''^jr^^a
*L«Ja!î »j-î-^ i»^lXj" (_=' tjrr^" ^"^ dVj jo c:.'-^^ JlfiJ, Gau-
harî = L A: i^y^ ^jù" ^\ ^\jtl3L\ ^^ 4^^'^ lj^^" 4^"^
et &ic i^ pLx-ai' ^ 'l?^' ''^' -^ '^- ^'^^^ ^® synonyme
de ^t, SiMh, Zam., LA, K. el-Addâd p. 149, dans le
sens intransitif, 'iy^ serait donc aversion pour le boire
et le manger, manque d'appétit. Dans le sens de vin,
bj^ se rencontre souvent, même dans les poésies pré-
islamiques. Abu Mihgan mon édit., p. 69, 6 d'en bas =
Abel III, 5, el-A'sâ el-Akbar (^«.^^^ t^'^') Qu'ara" en-
Nasr. I pp. 358 et 368, i, le même dans I. Qot. p. 137,
4, KA V p. 174, 12 d'en bas: oLj^L' J. b>^, ibid. VI
p. 44, iK 'li^^j J, -iy^. C'est une expression poétique
des buveurs et ne paraît jamais avoir fait partie de la
phraséologie du langage courant. Il est important de noter
qu'el-Feyroûzabadî a fait de s^, = vin, un article séparé.
1) L A IV p. 407 : ^UiJt
1058
Il s'ensuit qu'il n'était pas persuadé que ce sens pût
provenir du verbe ^_^. Sous la même rubrique, il en-
registre b^^ifiJi v__)^ ;j.c j.b j^î, que les autres n'ont pas.
Il considérait sans doute cet ^^t comme un dénominatif,
comme le dialectal ^5;^^', boire le café. G Jacob, B L^
p. 109, dit: „Dass das Wort qahwe ursprûnglich Wein
bedeutet zeigt, wie Lane (IIP) p. 163) bemerkt, dass der
Kaffe an Stelle des Weins trat ; die Kaffeverbreitung war
zvs'eifellos durch das qorânische Weinverbot bedingt."
Il est donc d'avis que b\.-s, vin, est le même mot que
3^, café, et que les Arabes, auxquels le vin fut défendu,
auraient appliqué le même mot à la nouvelle boisson. Dans
son mémoire, Die culturelle Bedeutung des Islam p. 10^),
il répète cela: „Das Wort Kaffe stammt zunâchst vom
arabischen qahwe, das ùberhaupt Getrànk ') z. B. auch
Wein bedeutet." Nous allons voir, par la suite, jusqu'à
quel point cela est probable. Vollers Z D M G 50 p. 657 :
„Aus den Umgebungen Abessiniens stammen »^, frûher
Wein, jetzt Kaffe etc." Il doit y avoir une faute de
rédaction, car cette phrase implique que »^, vin., est
un „emprunt africain", ce qui reste à prouver. Mon sa-
vant confrère veut sans doute dire que a^, café, qui
en arabe était anciennement vin^ vient d'Abyssinie, et
alors nous sommes d'accord.
1) Lisez: Sitten und Gebrauche II.
2) Geof^r. Gesell. Greifswald 1890/3.
3) Cela n'est pas exact. Feyroûzàbadî est le seul qui dise 3>çi^'
(jiijS^y^jl q^Ij iUX<:i.JI iijL»^L) -«J), Ce »Getri'ink" doit provenir
de Kazimirski. Lammens, Mots français, p. 05, lui donne aussi le
»sens classique de liqueur"^ ce qui n'est pas vrai.
1059
Le grand géographe Pdtter a publié un long mémoire
sur le café, et là, Erdkunde XIII pp. 537 et 561, il
émet déjà l'idée que l'étymologie de a^, café, est à
chercher dans le nom du pays de Kaffa, au Sud du
Schoa, en s'appuyant sur le dire des indigènes. Je vais
rapporter ici le témoignages de deux voyageurs tout
modernes. A Deflers, botaniste d'une grande autorité en
cette matière, qui a exploré le Yéman et les pays à
l'Est d'Aden, pendant plusieurs années, nous raconte.
Voyage au Yéman, Paris Klinsieck 1889 p. 143, ceci:
„I1 n'est plus douteux aujourd'hui que la Coffea Arabica
ne soit d'origine africaine. Sa véritable patrie paraît être
le pays des Gallas et le Harrar. Sa plante a dû être in-
troduite au Yéman à l'époque de la conquête abyssine
et de la chute de l'empire himyarite, un siècle environ
avant l'ère de l'Hégire. La culture du café s'est rapide-
ment propagée dans tout l'ouest de l'Arabie heureuse,
c'est-à-dire, dans la zone placée sous le régime des pluies
tropicales, et comprenant, outre le Yéman, le versant
maritime des montagnes de l'Asyr jusqu'aux environs
de Taïfet, très probablement aussi la région occidentale
de Hadhramout." La dernière supposition n'est guère
probable, car Hadramôt est en dehors de la zone des
pluies tropicales. La culture du café ne dépasse pas
aujourd'hui les montagnes du pays de Yâfi*" vers l'Est.
Wellsted, Reisen II p. 31G/7, et Ritter, o. 1. p. 542, sont
déjà plus exacts quant à la frontière est. Deflers énu-
mère ensuite les principaux centres de production au
Yéman et donne la description, en témoin oculaire, des
procédés de culture. On lira aussi Glaser Peterm. Mit-
theil. 1886 Heft 2 p. 34. Le umma aussi appelé su-
1060
heymânî, dont il y parle, de même que Deflers, o. 1.
pp. 39 et 57, est le classique ^'ui, brouillard^), traduit
par Deflers par nuée orageuse, parce qu'il est accompagné
d'orage dans le Yéman.
Pour la culture du café dans le Kafifa, il faut lire le
très important ouvrage d'Antonio Cecchi, Ba Zeila aile
frontière del Caffa, Rome 1886, vol. II p. 506 et ss. Il
y dit ce qui suit: „Importantissimo fra i prodotti di
questo paese è, come dicemmo, il cafifè. Seconde l'opi-
nione di Mons. Massaja, la quale si fonda sulle tradizioni
dei Caffecio et degli Arabi di Mocha e del Jemen, questa
rubiacea, che la maggior parte dei botanici asserisce esser
originaria dell' Arabia proverebbe invece dal Caffa, donde
sembra aver ricevuto il nome. Lo che parmi assai pro-
babile, poichè il Cafifa e la terra adiacente sono, almeno
per quanto io so, i soli luoghi, dove il caffè cresse nei
boschi cosi spontanée e con tan ta forza di vegetazione.
E il cafifè che végéta ail' ombra di grandi foreste riesce,
seconde gli indigeni, di excellente qualità e non andrebbe
soggetto a nessuna di quelle malattie, onde viene d'ordi-
nario colpito se è lasciato esposto ail' aperta campagna.
Quanto vi sia di vero in quest' asserzione dei Cafifeciô,
io non saprei dirlo; è un fatto perô che i grandi pro-
prietari del Caffa, nel coltivare questo arbusto presso le
loro dimore, scelgono sempre terreni molto arborati ; e
se gli alberi mancano, ve ne piantano in guisa di for-
1) Dans tout le Sud. Lf£, ^àma, (ainsi déjà dans quelques copies
du Qânioûs) ou 'a m à"', est brouillard en général, sur les montagnes
ou dans le wâdi. Il se rencontre déjà dans les Traditions L A XIX
p. 333, 9 d'en bas, Moli. Tâliir M B el-A. p. 431, Lane s. v. ; «î^n^aûJI ajL^
I SaM IV, I p. 1G3, ». ^
1061
mare délie piccole foreste. Nel Cafifa non v'è casa che
non sia circondata da boschetti di caffè, il cul prodotto
sorpassa sempre la quantità necessaria al consumo délia
famiglia. Quand' è fresco, lo mangiano salato e fritto al
burro '), o ne fanno, corne noi, un infusione." L'évêque
Le Roy ^), dit que „le caféier croit à l'état sauvage dans
une grande partie de l'Afrique et que les missionnaires
l'ont trouvé dans les forêts de la côte occidentale." J'ai
moi-même connu à Aden un capitaine français qui avait
passé 17 ans dans le Kaffa, et il m'assura qu'il y a de
vraies forêts de caféiers, oii il fallait se frayer une route
à coups de hache. On lira aussi Manzoni el Yemen
p. 382 et ss..
Il ne me fait aucun doute que le nom de la province
de Kafîa ne soit l'origine de l'arabe aj^, café. Mais ici
la question se complique. L'idée de Deflers que le caféier
a dû être introduit au Yéman au temps de la Conquête
abyssine, peut être vraie, mais les preuves manquent.
Cette conquête définitive eut lieu en 526 ^). On n'oubliera
pas que le Yéman ressemble, comme configuration du
sol, climat et agriculture, beaucoup à l'Abyssinie. Les
Yémanites étaient, comme les Abyssins, agriculteurs. S'ils
ont connu le café déjà en ce temps-là, il ne s'ensuit pas
que le caféier fût alors cultivé dans le Yéman. On pou-
vait faire venir le bunn de l'Abyssinie. Il me paraît
certain que le mot bunn, qui doit attirer notre atten-
tion avant le mot qahwah, n'apparaît nulle part dans
i) Cf. p. 1050 sur balâ.
, 2) D'Allen à Zanzibar. Un coin de VArabie Heureuse le long
des côtes. Tours, A Marne et fils 1889 p. 96.
3) Nuldeke, Gescliiclito der A. und P. p. 188 et s.
1062
les livres arabes avant el-Feyroûzâbildî. On sait que
celui-ci composa son Qàmoûs à Zébîd, où il passa les
vingt dernières années de sa vie et oiî il mourut le 20
éauwâl 817. Or, nous trouvons dans le Qâmoûs ceci
T A nous informe que cet autre homme était Moh. I
Abî el-Barakât el-Bunnî, un traditionniste. Un antre tra
ditionniste ayant cette nisbah est mentionné avant celui
ci, savoir, Mûsâ I. Ziyâd el-Kûfî el-Bunnî, selon la cor
rection de T A. 11 aurait reçu cette nisbah, selon I. es
Sam'^anî'), parce qu'il vendait le bunn, TA et Lane
Sous la même rubrique figurent encore deux tradition
nistes qui s'appelaient j^î ^ ^isl\ _^l et ^Jj^ ^_ AT
.jiJLxA-! ^cwVw"^!, surnommé ^\ ^^^. Si cette nisbah
j^jlJI et ce sobriquet ^t ^^l se rapportent vraiment au
^ en question, il faut admettre qu'on connaissait le
café sur le marché, même hors du Yéman, et bien avant
l'époque à laquelle on attribue son introduction au Yéman.
Mais rien ne le prouve. Bunn était une chose dont on
se servait comme le mûr ri. Ce dernier mot est expliqué
par el-Gauharî II p. 398 = LA VII p. 78, 15, par:^^pl
«ji^l ^\ L-y*.^ J'i" \j c^>! Lf-^'- Ils rapportent un vers
oii figurent ^bC!!^ ^c^î comme deux choses différentes;
ils ne sont donc pas identiques, comme le croient T A
et Lane'). Le ^cy» est donc un pb]. Livre des Avares
i) Brockelmann II p. 202 mentionne un es-Sam'ânî 4-1119. Si
c'est le grand es-Sam'Yinî, il est mort en 506.
2) Lane a mal compris le Qamoûs: ^IXSl^ J,c>\ ,^.0J^ Lfr^'j
1063
éd. V. Vloten p. 220, 4 et ss. ; mais il ne ressort point
de ces passages sous quelle forme on s'en servait. II se
peut que le bunn fût pris ou comme apéritif, et alors
probablement bouilli à l'eau, comme le café plus tard,
et cela expliquerait pourquoi b^r= kaf fa pouvait s'iden-
tifier avec le mot arabe ï.^, ou bien comme ^, à la
manière des habitants de Kafifa encore aujourd'hui. On
ne sort pas ici de l'hypothèse. En tout cas, le bunn a
dû être une chose rare et extraordinaire, sans cela le
sobriquet ^\ ^' perdrait de son sel. Chez Dozy, Suppl.,
(^ est une boisson^ dont la préparation y est décrite.
Il y est dit qu'elle se fait de ^j^ ^c-*, saumure du
poisson. J'ignore si ce ^cyî, qu'on retrouve en grec, x^/^vpli;,
en latin et dans les langues européennes, provient de ^yo,
mais j'ai bien l'idée que ce sont là deux mots tout dif-
férents, quant à leur origine. L'arabe ^_5» pourrait aussi
être une étymologie populaire pour la boisson en question,
importée de dehors, à moins que ce ne soit tout le con-
traire, c'est-à-dire, que l'Orient ait légué ce mot aux
peuples européens.
Si le nisbah et le sobriquet susmentionnés ne pro-
viennent point de l'arabe ^^, ce qui n'est pas du tout
clair, il faut cependant que ce ^ soit venu de quelque
e 1-m u r r î sur la forme (^v^' (parce qu'on n'écrivait pas les voyelles,
mais choisissait un mot plus connu pour les indiquer), signifie un
idâm, de même gu'el-kâmih. Si i^-^ est = :^*^, il faut aussi que
(__c-« soit = (C»'->, si l'on doit traduire comme le fait Lane.
71
1064
part. D'après Vûllers, ^^i est la môme chose que *-«L<j !
(de uJl et \x>'^) et correspond à l'arabe ^y^. C'est ime
boisson, ^^opsonium quod in urbe Ispahân ex oxygala,
lacté, semine ruiœ sylvestris, fermento sicco parahir."
De ce M^ , les Arabes en ont fait leur ^nx)'/. Dans le
Thésaurus Syriacus, {.jas est traduit par vinum hordea-
ceum, V. Lôw. Aram. Pflanzennamen p. 373, et Brockelm.
Lex. s. V. par hordeum aqua perfusum. Il l'identifie
avec le grec (iùvi^, drêche, qui n'est pas grec d'origine. Ce
Ua^ - (^^^^ n'est, du reste, autre chose que ^ _ sA<^\ _ ^^.
Si le nisbah et le sobriquet en question se rapportent
au nom de cette boisson, il faut rechercher si ce mot
^^j est persan d'origine. Qui nous dit que les Persans
n'aient pu connaître la boisson de ^ pendant leur domi-
nation dans l'Arabie du Sud? Ils auront appliqué ce mot
à leur boisson ^wLJoT, qui leur remplaçait le ^y yémanite,
lorsqu'ils ne pouvaient plus en avoir en Perse. Faute de
documents, on ne pourra trancher souverainement la
question en statuant que ^J^\ et ^! ^^î ne peuvent
pas avoir leur origine dans le mot hamitique ^. Je ne
veux, par là, nullement nier que ^^ et ^y^\ ^' ne se
rapportent à la boisson persane. Mais il n'est pas im-
possible que le nom ^ de cette boisson soit de prove-
nance yémanite^).
1) M. Streck, arabisant et assyriologue en môme temps, a publié
dans le Z D M G 61 p. 635 et ss. un article sur le mot .c'>^-, qui
est une carpe, Cyprinus Binni Forskâl, ibid. p. 630, Fleischer apud
Levy NH WB I p. 285. Il dit que c'est un emprunt à l'araméen,
1065
Le mot arabe s^, vi7i, m'a toujours paru suspect,
quant à sa provenance. Nous avons vu qu'el-Feyrûzâbâdî
en a fait un article séparé du verbe ^^4^. Si l'on sup-
pose pour un moment que s^, vin, est originairement =
3^, café, il faut aussi admettre que l'usage du café est
bien antérieur à l'époque qu'on lui assigne ordinairement.
D'après ce que je viens d'exposer, cela n'est pas impos-
targ. : J^nTD. i^n^^3 , syr. : A.*.1wlO , et que de ce , ^ on a fait
T • : T • • V.
le substantif qJ, saumure de carpe, selon Dozy, o. 1. p. C38. Il re-
jette rétymologie d'el-Bistânî, M. el-M. (adoptée par Fleischer Levy
0. et 1. 1.), qui fait venir ^^ de qJ, fèves de café, à cause de la
couleur, probablement d'après Dozy Suppl. s. v. ^^Ji. Mais il ne nous
dit pas ce que ^J^ signifie à l'origine. Il me paraît invraisemblable
que de l'adjectif jj^-àj on ait fait le substantif qJ. Cela est contraire
au procédé linguistique. Streck nous cite trois auteurs chez lesquels
,^ se rencontre: el-Mokaddasi, composé en 375, I. Gazlah, +493,
et Yâqût, + 626. ^^^ est donc un mot assez vieux en arabe. Si
qJ , synonyme de i^^ d'après Dozy, vient de (^^, il faut bien
nous expliquer cf que ce dernier mot veut dire, et c'est ce que je
ne trouve nulle part. Le qJ hamitique est une étymologie plus que
hasardée, je l'avoue volontiers, car entre el-Mokaddasi et es-Sàdili,
il y a plus de 475 ans, mais l'évolution que ce mot a pu faire pour
devenir le nom d'une boisson »lrcs récliaulfanlc, mais non enivrante "
yCwj "iJj !l\> |^^..s*o', Dozy s. V. qJ, n'est pas d'une impossibi-
lité culturale et séma.siologique, quoique, pour le moment, toute preuve
nous fasse défaut. L'article de Streck n'a pas fait avancer la question,
car il ne traite que de l'histoire littéraire du mot, et je doute fort
que t<n"'i''D et ^-yi, , <-o soient le mrmo mot.
1066
sible, mais nous ne pouvons nullement le prouver. Ce
que le Qâmoûs et T A disent de ^^i n'implique pas
que ce fût une boisson, et pourtant cela est presque de
toute nécessité pour expliquer l'application du mot au
vin. Jusqu'à nouvel ordre, force nous est donc de con-
sidérer »^, vin, comme un mot purement arabe. Mais
»^, café, ne provient pas de là. Les Arabes buveurs qui
se fichaient de la défense du Prophète étaient heureux
de donner à la nouvelle boisson de Xaffa le même habi-
tus que leur mot Sj^. viii. C'est une transformation vo-
lontaire du nom du pays qui produit l'arbuste, car sans
cela, l'on aurait dit iis', la transition directe n'offrait
pas de difficulté phonétique au génie de la langue arabe.
Il y a encore un autre côté intéressant de la question.
G Jacob, Die culturelle Bedeutung des Islam p. 10, dit:
„Der zweite Bestandteil von Kaffebohne ist nur eine volks-
etymologische Umwandlung von b o n n, wie im Arabischen
die Kaffebohne heisst." Il veut que Kaffebohne n'ait
rien à faire avec faba, Bohne, fève, et que bonn ait
été introduit en même temps que le café. Pour appuyer
cela, il ajoute que dans les notices occidentales les plus
anciennes, l'arbuste est désigné comme ,^arhor Bon, cum
fructu suo Buna." Cela prouve seulement qu'on con-
naissait le nom indigène. En outre, il dit que le café est
toujours bu sans lait, en Arabie. Cela n'est nullement
le cas pour le Sud, d'où la boisson a été propagée en
Arabie, mais tout au contraire, ainsi que nous allons le
voir tout-à l'heure. Le Père Lammens, Mots français dé-
rivés de l'arabe p. 66, avait déjà avancé que „c'est ce
mot (^) qui a dû donner naissance au néerlandais boo?i,
kaffieboon." Or, Bohne, suédois bôna, existe déjà dans
1067
le vieil allemand et le vieux suédois. Pour être sûr de
mon fait, je me suis adressé au savant germaniste, le
professeur A Noreen, de l'Université d'Uppsala, qui a
bien voulu me répondre ce qui suit: „Suéd. hôïia, allem.
Bohne, est un mot germanique d'une haute antiquité
(uralt): vieux haut allem. boïia, anglosax. béan, viel is-
land. bamt, vieux suéd. bon et bôna. Les germanistes
admettent généralement que bohne, dans Kaffebohne, est
absolument le même mot. Cela paraît d'autant plus plau-
sible, qu'en allemand on ne parle pas seulement de Kafife-
bohnen, mais aussi de Kakaobohnen et d'autres fruits
en forme de fèves." C'est le sanscrit bhôwnâ. Mais l'éty-
mologie de Jacob-Lammens fera bien son chemin à tra-
vers les livres pour le grand public, et il sera difficile
de la déraciner!^)
Il serait intéressant de rechercher si les Arabes avaient
conservé la conception de la sainteté de la fève, qui se
trouvait chez les Babyloniens et qui a laissé des traces
dans nos pays germaniques. On mange encore en Suède,
tous les jeudis, un potage aux pois chiches fait avec
de la viande de porc. Le Jovis dies, Tors-dag en suédois.
1) H. Muller, Sem. und Indog. p. 151, va encore plus loin et il
dit que le phonème pw, qui veut dire fève, a donné en sémitique
pwl, devenu l'arabe fûl, l'hébr. pôl, l'éth. fâl; en indogerm.: le
grec TTvxvo-ç, le vieux nord, baun, le vieil allem. bôna, de l'indo-
germ. bhôwanii ou bliùwna. Les cheveux se dressent sur ma tôte,
et je pense au j)roverbe arabe: 0«-<X*-! j. .Lo (Jn> J«^' rj^ 1"=^^^ "^'
Il y a certainement des thèmes cultiiraux, il faut être bien sceptique
pour le nier, mais avec nos idées préconçues Jusqu'à présent, faute
de connaissances aussi embrassantes que celles de Molier, la théorie
de ce savant remarquable nous paraît certainement encore un peu
embarrassante!
1068
est le jour de Mardouk = Juppiter-Thor, dont le sanglier
est l'animal sacré. Comme la fève symbolise la nature
toujours renaissante, il n'est pas impossible que la fève
de café, réduite en boisson qui redonne les forces et tient
l'esprit en éveil, ait été entourée d'une gloriole antique,
et que le serment ^^^JL^'î '^Ir^^, ou ^' «L^p-j? repré-
sente une idée mythologique fort ancienne. Sur la fève,
voyez Winckler Die babylonische Kulturp. 42, OL Z 1906
p. 210 et s.
D'après les Arabes et la légende qui a cours dans tout
le Sud de l'Arabie, c'est le cheykh Abu el-Hasan "Ali
b. ^Omar b. Ibr. b. Abî Bakr b. Moh. Da^'seyn esSûfî
es-ôridilî qui aurait introduit l'usage du café dans le Yéman.
Je vais ici reproduire la biographie de ce personnage d'après
le Tabaqât el-Hawàss de Zeyn ed-dîn Ahmed b. Ahmed
es-Sargî ez-Zabîdî -j- 893, mon ms. :
JLstîLi xXjÎJo J, JjtiLii! ^À-î' )yt^ »AaJ! «v^ L^>^ .-^^
fjr y •>li j— jl^"^i Q^ iicU:^ 5^>tj y-^^i *UiJf (•'-Mî is^Ly-^'f
Oji^^ lX^L^Î ^ ^;;JJAJI u\*^ i^lLJLvJÎ dVjU^ ».J^») iUi-^
,^j.-j^j>Lw!^ CT*^' ^' ^^; ^ '"t^ sO'iJj! jiS" !_5 \xi>Li ^^-^j^ U.Ii*/s
1069
cr ^5 UV^^^ y^ L^' ^'^^ 'V^' r^ o^^ ^^ ^ ^^i> ^
&_J .Lj^iLjwî jj^^ ^vj!^_is- ^L^UXwîj ^ry-^lî ''^\?.y^ ùy.^ikA JhltA
•c^Cs^L
c
7^ e?a2Y tm cheykh considéré et renommé. Il s'adonna
dès sa jeunesse à la science, dans laquelle il approfondit
plusieurs branches, spécialement celle du droit de suc-
cession. Il embrassa ensuite le soufisme et fit le pèleri-
nage à la sainte maison de Dieu. Il quitta Mekkah à
l'effet de faire des voyages et se rendit en Syrie et en
Egypte. Il se rencontra avec beaucoup de grands person-
nages et fut particulièremetit l'ami dît cheykh Nàsir ed-
dîn b. el-Mulîf es-Sâdilî dont il adopta le tarîq et s'y
initia sous sa conduite. Ensuite, il retourna au Yétnan
et alla en Abyssinie. Là, le sultan Sa^d ed-dîn b. el-Mu-
^àhid le prit pour ami, et, étajit avec lui, il donna beau-
coup de preuves de la grâce divine dont il était gratifié.
La foi du sidtan en lui s'agrandit par cela extrêmement.
Il l'honorait et le maria à sa sœur. La plupart des en-
fants du cheykh so7it d'elle. Ensuite, il retourna au Yéman
et s'établit au village d'el-Mahâ\ oit il a une zàioiyah
1) On dit aujoiinrimi -Li^di , el-MohiV, El-Mokaddasi écrit L^j
mais Gesandtschaftsbericlit des Hasan b. Ahmed el-Hairaî, publiée
par Peiser, toujours l^^l.
1070
et des partisans. B fit connaître le tari q éâdilite et répan-
dit ses enseignements. Un grand nombre de personnes profi-
tèrent de lui, et ses bénédictions se manifestèrent sur elles —
Il recevait beaucoup d'offrandes et de cadeaux, surtout
des Abyssins ; malgré cela, il ne possédait pas de fortune
et il dépensait tout ce quHl recevait, pour faire du bien.
Il est le cousin du faqîh es-Sâleh Abu Bakr Da'^seyn
Ils font partie des qoreychites qui habitent le bas de Wâdi
Eima"^). Notre cheykh mourut en 828. Son tombeau'^)
se trouve au village susmentionné; il est vénéré et Von
y va en pèlerinage pour implorer sa bénédiction et la
bonne réussite dans les affaires. Celui qui s'y réfugie est
en sûreté. Il y a de ses descendants, braves gens, qui
habitent à l'etidroit même." Dans mes Arabica V p. 160
et s., j'ai déjà parlé de ce soufite, qui joue encore un
grand rôle dans tout le Sud, non seulement comme san-
ton, mais aussi comme patron du café. On appelle la
cafetière j^^iL>ccJt ^, et on jure s-o àLp-^. Ce ^i n'est
que le persan -çj, nom donné aussi au patron dans les
congrégations de métiers, Goldziher Abh. II pp. LXXVI,
LXXXIII et LXXXVIII note. ^Jôlc^^^ ^Jlt ^J^ est un
serment grave dans le Sud. On le prononce lorsqu'on a le
café devant soi. La fatihah qu'on récite à son adresse,
dans le pays de Zebîd et de Ta'izz, avant de boire le café, est,
selon un Zebîdite: ^L (''^JuLii^) ^^oLciJ! „3^ ^! iC^'UJl
i) Ôez. p. 71, '9, 23; 103, '3.
2) Voyez Manzoni, cl Yemen p. 351. Chez Goldziher, Abhandl.
Il p. LXXXVIII, il est dit qu'es-Sâdilî est enterré à el-Gûr, ce qui
est une erreur.
3) Un certain j^^Li^ aurait inventé les tasses. Les Sâdah el-
Hâmileh habitent encore au village d'el-IJâm ilah à Abyan,
1071
^\ Ja3 iA-*.r?^ L---^' s^j.a:2.^ ^L La fâtihah des *^Awâliq
est celle-ci: ^^ ^^ JJl£ ^^Lii^ ^^jUJ! ^^ ^^ iC^"LsJ!
*JJt ...I LàjlX-'^», Ij^.'wCis/O „j ^X! ^' ij--^jJbî cjL>^_5 ij^tv''^' Jl-r^
En tout cas, avant de boire on dit: ^_<-a>J! ■àyii:> ^t,
parce que inn kân ma yigrûn el-fâtëhah tinzil
filbatën el-gahwah de m m, si o?i ne récite pas la
fâtihah, le café descend dans le ventre comme du sang,
et cela au dire d'es-Ôâdilî lui-même ! Pendant le Ramadan,
on ne récite la fâtihah que pour le Prophète et alors,
hien entendu, celle du Qorân. Le cheykh est tout aussi
vénéré en Syrie, et chez les Bédouins du Nord, Arabica
y p. 160. Curtiss, Ursemit. Religion p. 207, raconte:
„Bald darauf kam ich nach Rohêbe. An einem Araber-
zelt wurden wir herzlich willkommen geheissen. Uni den
jungen Hausgenossen, der uns eine Erfrischung bereiten
wollte, hatte sich alsbald ein Kreis von etwa 15 Per-
sonen gesammelt. Als der junge Mann den Kaflfee ùber
dem Feuer gerôstet, ihn mit Sorgfalt bereitet und dann
die Tassen gereinigt hatte, fûllte er eine und goss sie
als Trankopfer fur Schêch Schâdli in das Feuer." Il ajoute,
note 4: „Die wunderliche Légende von Schêch Schàdli
oder Schâzli als Erfinder des Kaffees hôrt man im gan-
i) La fàtilia de Hdr dans Arabica V p. 1G1,
1072
zen Lande erzàhlen, so in Kerak, Nebk und Hama. In
Hama hôrten wir, dass bei Rûckkehr eines Pilgers der
Bereiter des Kaffees ihm entgegengebt und den ganzen
Topf als Trankopfer zwischen seinen Fussen ausgiesst."
Eu Afrique, la considération du patron du café n'est pas
moindre. On appelle même le café, dans le Sud, Arabica
V p. 161, et en Algérie, ^^'iwCiJî ou jcJiUiJî, Beaussier
s. V., Marçais R M T A p. 445. On a vu que le cbeykh
souflte mourut en 828. Son biographe es-Ôargî mourut
en 893, soit 65 ans après. Celui-ci était de Zebîd et il
était par conséquent à même de connaître les faits et
gestes de notre cheykh. Or, il ne parle pas du tout du
café. Mais la tradition est tellement enracinée dans tout
le Sud, qu'il faut bien admettre qu'il y a quelque fond
de vérité. Le café était certainement connu dans le Yéman
avant cette époque. Le Ôâdilî avait été longtemps en
Abyssinie, et on lui aura plus tard, lorsque la culture
du caféier avait pris quelque extension dans le Yéman,
attribué l'introduction de ce breuvage dont on ne pou-
vait plus se passer.
Les Arabes du Sud n'aiment pas sortir le matin sans
avoir pris une tasse de café. On l'appelle, en Hdr, 2J^
ou -j-^, comme partout ailleurs, Hdr p. 337, et hors
de là (3UjI 3^, café de bon augure. S'ils n'ont pas le
temps d'attendre, le café étant trop chaud, ils trempent
le doigt dans la tasse et partent. Cette habitude de boire
le café est une telle nécessité de subsistance, que s^
est devenu synonyme de pourboire^ don, cadeau. De même
le russe na tshai, pour le thé, est devenu le synonyme
de pourboire. Nous lisons dans le récit p. 452: ^.\ Lu»
d^j^ d^.>o=> jii^' é^y cette terre que je possède est à
1073
toi pour autant de distance que pourra courir ton cheval :
ce sera ton café (à titre de don de ma part). Les Ahl
Menassar, au pays d'et-Taffah, branche appauvrie d'er-
Rassâs, ne paient pas de redevance au sultan, mais lui
donnent, à titre gracieux, quelques qurûs par an, et cela
est appelé dans le pays ïj^î oi^. Une expression cou-
rante est ^^\ Us" [^;^] "y^ '^yr' ) "50'* salaire court
toujours comme auparavant, lui est toujours donné, sans
que le salaire consiste en café, bien entendu. Voyez Hdr
p. 460 note.
Il y a une grande différence dans la manière de ser-
vir le café chez les Bédouins du Nord et du Sud. Chez
ceux-là, on verse peu de café dans la tasse, car la remplir
serait une offense, tandis que chez ceux-ci, elle ne peut
jamais être assez pleine. Dans le Nord, le -^ ï^ est
inconnu, mais dans le Sud, le péricarpe sert soit seul,
soit avec le ^ pour faire le café. On le fait même de
»y*y, ■ le détritus des fèves malades qui sont écrasées à
l'égrugeage et qui tombent avec les péricarpes, tandis
que les fèves entières, ^jj't>o, résistent à la pression du
dégrugeage. Mais c'est là un mauvais café malsain qui
n'est bu que par les pauvres. Desflers, o. 1. p. 144, dit:
„0n sait que le péricarpe, desséché au soleil et pulvérisé
constitue le produit employé sous le nom de qischr
(yio) Cette boisson chaude, elle même appelée qischr,
a un goût très agréable .... Aromatisée avec du gin-
gembre ou d'autres épices, elle est, avec le qàt, le sti-
mulant favori des Arabes du Yéman^). Partout, dans
Parce (jue les fèveij sont vendues et exportées, L.
1074
les solitudes sablonneuses du Tehâraa, aussi bien que sur
les cîmes escarpées du pays Gebeli, s'élèvele mikhaye,
hutte de branchages ou maisonnette de pierres brutes ....
oii se débite. ... la décoction de qischr incessamment
renouvelée dans les vases de terre à long cou et à large
panse appelés djemîn^). Les fruits du caféier, séchés
au soleil, arrivent de l'Intérieur à l'état brut sous le nom
de gafal dans des sacs de nattes appelés qa r r ara s ^)."
Ensuite, il rend compte de l'opération du dégrugeage :
„0n évalue le rendement du dégrugeage à 50 °/o de grains
net (Bun sâfi ^^^Lo ^), 35°/o de péricarpes charnus
concassés (qischr), 12 ^/^ de poudre de qischr prove-
nant des noyaux (duqat qischr^)) et 2V2 7o ^^ dé-
chets." Le café, que ce soit ^ ï^, J:^ sj^, ou »^
j^3 -cii, est une condition sine qua non pour le bien
1) Glaser Peterm. Mitth. 1886 Heft 1 p. 2 b. dit: sKisr welches
in bauchigen und langhalsigen Gefassen (Djemîn = Plural von
djémene) dargereicht wird." A Aden je n'ai jamais entendu que
'fiJ^jj:^ j ]>]. ,..Lj>, comme Stace, vocab., coffcc-pot (earthenware)
p. 33 et p. 92 (Jiifj.).
2) Doit être 5<'-è, 1>1. jj'-^> aussi appelé 'Sl^, pi. JU^, et
^'^, pi. J'dicl
w y
3) C'est wCi>i iLJso, appellation courante. Même erreur chez Glaser,
Skizze II p. 197, où toutes ces pages ont besoin d'être corrigées; il
y règne une grande confusion. Le iCJO par excellence est Vencois
concassé et éniietté, comme les fèves de café. Il se vend sous ce
nom même au marché d'Aden. C'est le Sovxhx du Péiiple, éd. Fabri-
cius § 8, qui est une corruption des copistes pour Sovkkx. Le mot Ai^
est donc ancien. Glaser ne l'a pas reconnu.
1075
être, Jyi.jt, d'un Arabe. On peut en ingurgiter des quan-
tités inouïes, surtout si cela est bal a s, pour rien. Il y a
dans le Sud, surtout en Hadramôt, une habitude curieuse :
In kân wâhed sâhebak tegùl: el-yôm babitt')
^ o
''and fulân bâzûruh'), utsill mà^ak tàrëlv^)
bunn uin barêt siînkar*), tôrbatuh fir-râdi'^)
hàggak utidhol fid-dâr utôtlôb rata' el-bunn
utitràhuh'^) fîh uyilgu') el-gahwah utitgàhwa.
Si quelqu'un est ton ami, tu dis: ^^Aujourd'hui fircd
rendre visite à un tel." Tu emportes avec toi une poignée
de fèves de café et, si tu le veux, de sucre, que tu lies
dans toti châle, Tu entres dans la maison et du demandes
le plateau du café et tu y mets les fèves de café. On fait
alors le café, et tu le bois, dialecte de Sibâm en Hdr.
Wrede, Reise p. 106 et v. d. Berg Hdh p. 68, racontent
la même chose. Wrede ajoute: „Diese sonderbare Sitte
herrscht im ganzen Hadhramout, weshalb auch ein Jeder
einen kleinen Beutel mit rohen Kafïeebohnen bei sich
1) =Dt basîr.
2) En Datînah ,î; est seulement Dist^er Ze sanctuaire, et une femme
pjj' une autre: les hommes ^^^-^^i^JCj, rendent visite, et Jj n'est
pas usité pour les hommes.
3) Dt oqieh ou qablah (iCoaxs).
y
- 7
4) Dt ^^ , comme déjà à el-Makallâ.
5) Dt ujji = Aden -Àj^,; mais Dt le verbe ^j^ ^->j', Hdr
p. 10.
5
6) On le verse, q^>Xm.o, sans le toucher avec la main, ce qui est
inconvenant.
7) Dt o:r^^^-
1076
fùhrt. Es wûrde als eine Beleidigung gelten, wenn jemand
dem, der ihm Besuch maclit, mit Kaffee bewirthen woUte,
bevor nicht derselbe durch das Oefifnen seines Kaffeebeutels
das Veiiangen darnach geâussert bat." Ce sachet à café
s'appelle en Hdr ^\ ^^ ou ':Cd\J> ou .^^^ ce dernier
mot aussi hors de là. Mais cette habitude n'est pas aussi
stricte qu'il le dit'). Sur le café (boisson) voyez Botta
Relation p. 18, Niebuhr Beschreibung p. 55, S. de Sacy
Chrest. Arabe I N° VIII, Wellsted, Reisen I p. 227 et
s. II p. 64, B. de Meynard Notice sur l'Arabie Méridio-
nale p. 103, Burton Pilgrimage II p. 249, Hdr p. 460
note, et v. Wrede Reise in Hadhramaut p. 60 et 106,
V. d. Berg le ïïadhramout p. 66 note, Euting, Tagbuch
p. 83 et ss. (particulièrement intéressant et détaillé avec
dessins des ustensiles à café), Huber Journal p. 121 et
ss., V. Oppenheim vom Mittelmeer etc. II p. 48 et ss.,
Socin Diwan I N° 22 l'intéressante „QaRîdah du café"
et Excurs Q, Palgrave l'Arabie Centrale I p. 52, et ici p. 20.
En fait de café, il y a encore une profonde différence
entre le Nord et le Sud. C'est le café au lait XjCJu) «j-^,
20, 23/3, 21, 2, qui n'est guère usité dans le Nord. Cette
habitude du café au lait est une particularité des peu-
ples néo-latins. Elle est aussi commune dans l'Allemagne
du Sud et en partie en Autriche, mais peu pratiquée
dans le Nord de l'Europe, o\x l'on mélange le café avec
d) En tout cas, cette description de Wrede prouve qu'il a vérita-
blement été en Hdr, et les attaques du grand A. v. Iluniboldt et
de L. V. Buch, qui l'ont taxé de menteur, ne retombent que sur
eux-mrmes. Le savant allemand méprise la réclame, et celle à outrance
que fait Sven Iledin, que personne ne peut contrôler, serait impos-
sible en Allemagne, où l'on attache bien peu de foi aux aventures
de ce voyageur.
1077
un peu de crème froide. Dans tous les pays arabes que
je connaisse, je n'ai constaté l'usage du café au lait que
dans la partie sud-ouest de l'Arabie, soit le Yéman jus-
qu'au Haulân au Nord et à la frontière de Hadramôt
à l'est. Toutes les tribus entre le Yéman et Hdr boivent
le café au lait, excepté les Bâ Kâzim, qui préfèrent le
vin de palmier^ ^3o-o. Ceux-ci ne prennent que le café
noir, hj^ 8j^ '), et cela aussi très peu, car, disent-ils,
nous ne voulons pas lire la fâtihah s%ir ^e bôs (qui
donne le lait), qui par cela périrait, J-L<j L. = oj-^j L. .
Cette habitude du café au lait n'est explicable que
dans un pays oii se pratique l'élève des bêtes fournissant
le lait. L'Arabie Méridionale n'a jamais, que je sache,
été dans ce cas. Certaines vallées peuvent bien nour-
rir un grand nombre de *>l£, mais l'abondance n'en est
pas telle qu'elle puisse expliquer l'usage si général du
café au lait. C'est sur la côte opposée, dans le Kafifa et
en Abyssinie, qu'il faut en chercher l'origine. Les Sômâl
sont un peuple pasteur: ils ont d'immenses troupeaux,
de riches pâturages, et le lait forme leur principale nour-
riture. Les voyant boire leur café au lait dans de grands
bols, on dirait des Européens. Seulement ce n'est pas
le café fait avec les fèves seules, comme chez les Arabes
du Nord et en Europe, c'est une décoction préparée, soit
avec le péricarpe seul de la cerise, desséché au soleil et
pulvérisé, soit avec toute la cerise cowcass^e (tjù.^^, Aden)
avec fève et péricarpe ensemble.
\) Est-ce que les appelations »cafi'' noir" et »café au lait" sont
venues en Euro|)e en môme temps que le caf»'-? Cela n'est pas im-
possible.
1078
Etant persuadé que l'usage du café fut introduit dans
l'Arabie du Sud avant le célèbre cheykh ^Omar es-Sadilî,
je fais aussi remonter l'usage du café au lait à la môme
époque, qu'il est pourtant impossible de préciser.
Je sais qu'on me fera cette observation que le café,
le tabac et les pommes de terre sont tout modernes en
Europe, et que cependant ce sont pour nous des articles
de première nécessité; on dira aussi que les Arabes ne
peuvent plus exister sans le café et le tabac et que tout
le bonheur d'un Bédouin est de fumer une ^jJ^ jojj
(Nord), une pipe de tabac. On s'habitue vite à une chose,
et à présent, nous ne comprenons pas que dans notre
jeunesse il n'y avait pas même d'allumettes suédoises.
On vend le pétrole dans l'intérieur de l'Arabie, et j'ai
acheté des allumettes suédoises au marché d'e^éihr et
de Kalansoua en Soqotra. Et pourtant, il y a 50 ans,
on n'en avait jamais entendu parler. Mais la chose est
cependant un peu différente, quant au café. Le pays du
café était près du Yéman, les relations entre les deux
pays étaient suivies et multiples. Les Abyssins ont même
dominé sur le Yéman 300 ans environ avant es-Sâdilî.
Peut-on donc admettre que ces Abyssins n'aient pas connu
les propriétés et l'emploi de la fève du caféier dont il y
avait de vraies forêts. Celles-ci, au Sud de l'Abyssinie
connue d'alors, cela est vrai, n'ont pas été plantées après
coup pour satisfaire une exportation qui n'existait pas,
mais elles y sont à l'état natif. Ne pouvant me livrer
à des recherches sur ce sujet, je laisse à d'autres le soin
d'éclaircir cette question.
56, 6: 'àûd. Ce j>^1 s'appelle, en Dt, é^J^=JjJ^,
1079
dans le Nord, M S 0 S VI p. 104, note. ^^\ ^!>, Tab.
III p. 1688, 10.
56, 6: yistëbek. tiU-w, o, mêler ensemble, mélanger.
é-jjjj , se mélanger. Dans notre dialecte, ce n'est pas
fondre, qui se dit ^^^x, verbe actif, p. e. du sucre, et ,^2^1,
se fondre := ^c^^^. Fondre un métal est ^Juo, i, mais
le plomb *;n^- ou ^^c^.» se fond,
56, 13: el-'âli. ^c^Lati!, le pilon, =^} dans le Nord
p. 60, 2, Euting Tagbuch p. 83. Les Hadramites et les
'Awlaqites l'appellent «yoï s'il est grand et en bois, comme
à Mekkah, Snouck Feestbundel p. 29, et J-ci^ s'il est
petit et en pierre, = class. ijJjJ^ . «^-^ est bâton en général.
56, 16: h a w ê g = ,iNj!^, épiées, d'où, le dénominatif
_,y>, 56, 2i), comme de ^j-on a fait ^L, 56, n, mettre
le ^ dans l'eau, = Hdr '^^^-a^, o, ■= Nord et Syrie ^ ou
jji, Socin Diw. III Gloss. p. 309. Un verset de la qasîdah
rapportée p. 556 est:
iVoMS avons dit: il y a sur nous un opprobre: nous
[ne prendrons pas 7iotre revanche
Jusqu'à ce que nous épicions son café avec du
[gingembre ')•
1) = Nous le punirons ; peut-être aussi: nous l'empoisonnerons,
car cela est très ordinaire dans le Sud. Ce sont les Juifs qui four-
nissent le pnison
72
1080
56,24: husulet = c^JL^ = o^^vî:^ = Nord ^^,
^Juo ou oy^', p. 1046. Pour les voyelles, voyez p. 58, note.
56, 24: siyâni. Les ^J'^yo, sing. ^^c^Lyo, sont en por-
celaine, mais les Bédouins ont leur x^j^, pi. ^^, en
bois, qu'ils fabriquent eux-mêmes, plus grands que nos
tasses à café au lait. ^^J^>i est inconnu dans les vrais
milieux bédouins. Le (jyo JL^uj de la qasîdah de café,
Socin Diwan N° 22 v. 15, explique l'origine du mot ^^.j-yo.
57, 3: radd. ù. ou j>^o, marc de café; le premier est
o )
en bon arabe, le second est le persan o.o, lie, d'où l'arabe
class. ^^J>JJ> *). Dans le Nord, on dit }1=^, 60, 8, class. =
rebut de toutes choses ; Socin Diw. III Excurs Q a JsJC=>,
dont il n'a pas reconnu la provenance. Le class. Ui=>
ou ,}Jus> me paraît être une contamination des deux ra-
cines JJc=> i}-:'^) et j^fti. Aussi Nord ^, lie de toutes
choses, cf. LA s. v.. Dans le Nord, on fait quelquefois
encore une infusion avec le marc; ce café est appelé
*j>. 5^ ou 'iy3, soit la seconde infusion. Euting écrit,
Tagbuch p. 85, ,^y-i; je crois à tort. En Tunisie, s^'
est marc de café, Stumme T. Gr. p. 162, qui dit que
c'est pour o^", Beaussier s. v.. 'éyJ n'est donc pas une
faute d'impression, comme le pense Almkvist Kl. Beitr.
p. 413 note, qui prend SjL' pour un mot turc. Le turc
2) Lanimens, Mots dérivés p. 238, veut faire dériver tarlarum
de là. Je n'en sais rien.
1081
a^', prononcé le plus souvent telfe, peut être ou une
métathèse de tifle arabe ou tanwa avec changement
phonétique. Cf. ^yjih, Hdr Gloss. s. v., et ^, comme .y
et jyL> etc.. Dans le Sud, la seconde infusion n'est point
en usage ; là on fait le café très fort, »^t oyi^' ^ ^'^^'
ception d'ed-Dâhir, oii l'on est très chiche, comme dans
notre texte 57, 8 et ss..
57, 4: hâltiom-hâlhom = ^->i2*j, idiotisme datînois.
Bâ' listëri ana uyâk hâdeh et-tôb, If hâlah
uènteh hâlah, nous allons acheter, moi et toi, cette
longueur d'étoffe, une part à moi et une part à toi. L i d-
bah em-galabah ulisterikha arba'^a suhûm
ukull wâhed (ou kiillen) yôhod hâlha, nous allons
égorger le mouton (ou chèvre) et nous le dépècerons en
quatre lots, et chacun en prendra une part. Hâl el-
a w â d i m y i s t ë h u' y i q û 1 û n b â r î q u h â 1 h o m b î s-
lah, des personnes qui se gênent disent '^) ou.! L, tandis
que d'autres disent >:$S^\ L, je veux faire mes besoins. Ici
partout on dira dans d'autres dialectes (ji^su. Mais kull
wâhed yôhod hâlah ne signifie pas chacun pirend
sa part, mais prend sa part de lui-mêyne, ce qui est un
non sens; il faut alors dire kull wâhed yôhod qus-
meh ou sahmeh.
57, 5: yiblit. v,i>Jlj = ,rJu, rejeter par la bouche, aus-
spucken; cf. JaJb Ilcjr p. 533.
57, 7: nitâyin. ^^LL est véritablement rendre con-
forme, anpassen. (jJjSi ,^.LIaj L, propr. : er passt sich den
^) o'm 'i est une expression élégante pour allcv au cabinet.
1082
Leuten nicht mi, il ne s'accomode pas des gens, il n'est
pas affable avec eux . H fi (J a m e t â 1 1 1 a h = aJ ^^LI3/> 'À*,
cela lui convient, dies passt iJim, de toutes choses. ^LL
est transitif et intransitif. ^^^ J^ cr''"-^ vj^'> ^^ ^^^^"
ment me va. J ry^^, prendre mesure, faire une chose
sur 7nesure, essayer un habit, anpassen, probieren ; faire
une chose selon une mesure, iin volume, une qtiantité
adéquats. v_jJj ["^ali''] ^Ji^ <:y'>'^ ^> veux-tu me prendre
la mesure d'un vêtement? Sw=>^^' J^ i^c^^"' o^'^> f^'^^ ^^
pilon sur la grandeur de la meule, v. p. 625. Ma éi
m à^i in k a n t e y n e m-m a s r ci f, je n'ai que tout juste
pour les dépenses. Voyez Hdr Gloss. et surtout p. 360.
Je ne suis pas très sûr que la forme ^^Jo soit l'infinitif,
car, au figuré, (^-.Jj et ^j-.w^ sont égaux, tandis que terre
est seulement (^ ; le verbe me paraît être dénominatif.
Cette prononciation teyn, tên pour tin, qui du reste,
n'a rien que de très ordinaire, me fait l'efifet d'être très
ancienne, car L A dit que ^^lIp est une sJi pour ^:>1:}.
o
Vollers Mutai, p. 35 note 7. Or, ^^ a dû être prononcé
t a n = tê n = t î n, et l'adjectif ^^lL, = ^^Nkl! ,^^ est ou
le substantif ((j>L j._^) , prononcé tan et qu'on aura as-
similé aux adjectifs dont j'ai parlé p. 51^ et ss , ou bien
le participe : t â i n = t â y i n, t a y n = t ê n zr t a n, comme
le dit L A XVII p. 140, 14 : x-l.c ^^^j NUlî ^,^^<j ^.,t gJL^.
Les significations figurées, classiques et dialectales, de
(j-Jj lej.'r^], de is.^^ et du verbe xCî xjJj, Hafîner AL
1083
p. 20, 14, remontent à la plus haute antiquité, K B VI
p. 120 V. 34 et les passages cités dans KAT'^ p. 506
note 1, Jeremias AT pp. 72, 6; 74, 5; 75, 14. Le terme
technique pour créer l'hamme est tîta iq taras, „Lehm
abkneifen", dont j'ai déjà parlé p. 619 note. Des babyl.
tîtu ou \\tiu,' argile, la dernière forme est primaire,
Del. Gr. § 54 b, r= tintu, conservée en arabe, tandis que
l'hébreu a la première îs"»!;. Ne pouvant m'expliquer la
corrélation entre tîtu et ^Jj, je me suis adressé à Hom-
mel qui m'écrit ceci: „0u bien 1° ^ty et alors a:
redoublement î3'î^ tittu; b: développement en n: (^-Jj,
î'^t;, cf. 5^03, boue (=suj')'); ou bien 2° babyl. tin nu*,
fém. tindu (au lieu de tin tu, cf. sinûndu, salam-
du, tiâmdu), et ensuite par assimilation au t préeédent
tittu, tîtu, où il faut cependant remarquer qui tinu
et tîndu sont en babyl. des formes supposées. On pour-
rait comparer P-wnt et *lO"îc, mais cela est encore incer-
tain. La première hypothèse me semble la plus probable."
Pour moi, la seconde hypothèse, à peu près celle que je
viens d'émettre, me paraît la plus plausible. La phrase
babyl. à la quelle correspond le qorânique 6, 2: ^cÀ.'' ^
^^■^I? i2r ;*>^Ji^, =7, m; 23, 12; 32, c; 37, 11 et passim,
et la phrase: sjjJ^ J^c aUî sJ'lI^, LA XVIII p. 141, 4,
représentent donc une ancienne conception sémitique. Le
1) J'avais bien vu cette comparaison cliez Ges.-Buhl H W j). 247,
mais je l'ai passée sous silence parce que StLLj, vase noire aulour
ilu imils, vient de î^, qui est une môtathèse de Lb», déjà relevée
dans LA I p. 110, ", et n'a lien à faire avec (^-.-b . stLL) est
lionc véritablement piétinement, car cette vase se produit justement
par le isLbj des bMes.
1084
rituel funèbre de tous les enterrements protestants com-
mence par: „De la terre tu es venu, tu redeviendras de
la terre", ce qui rappelle la sentence musulmane dUxi
oyij ^i^\^ L^/>. La cosmogonie mythologique orientale
nous accompagne depuis notre entrée dans le monde jus-
qu'à notre tombe!
57, 8: kalab. u^, aussi wOls" ^J, qui ne se trouve
que dans le dialecte datînois, est très bizarre. J'en ignore
absolument l'origine, et Nôldeke n'en sait pas plus long,
comme il me l'a dit. Enteh bâ' tesîr? — Inkalab
enteh ma^^i bâsîr, Tu veux partir? — Si tu es avec
moi, je partirai. In kalab la mènteh*) ma^i bas-
rah in kân biz-zind, mais si tu n'es pas avec moi,
je ne partirai que par force, malgré moi. Masàht em-
qàfas in kalab ma ta' sf yînfatah, /ai nettoyé la
boîte, mais elle ne s'est pas laissée 02ivrir = 07i n'a pu
l'ouvrir. In kalab emsîni la malih ùfsur minneh,
mais si la tasse est [trop] pleine, oteen un peu [verse-en].
Les ma ""abàrtu min hânàk? — In kalab àhna
râhàqnii fi ràliëq uma nàhikna sP lîgza"'),
pourquoi n'étes-vous pas passés par là-bas? Mais c'est que
nous nous sommes embourbés clans un bourbier et nous
n'avons pas osé passer. In kalab "^Abd Allah yin-
tiq em-qirbab, uin kalab entu iglihu em-quéâé
min em-habb, quant à "Â. A, il doit remplir l'outre,
et quant à vous autres, vous devez trier le blé du van.
Fên Marzaq? Kalab sarah em-sûq, oii est Marzaq?
Mais il est allé au marché. On peu partout ici aussi
1) Obs. -,. pron. cummo g; p. 353 note 4.
1085
dire min kalab. C'est donc le class. Ci et correspond
à l'égyptien Q, Spitta Gr. § 87, 5 et § 190 d.
57, 8: yiqullûn et yiktorûn pour (class.) ^^yîb
et Q^y^j, car les verbes sont ]3\ et j^]; les participes
JJt* et JXc. Voyez p. 357, sub 8, 21.
57, 9: min g al. S-^^^ est en cuivre; il a la forme
d'une cafetière de cuisine; on y chauffe aussi l'eau; usitée
surtout dans le Dâhir.
59, 11: rab'ah. iJUj, pi. ^L boîte pour le café en
poudre.
59, 11: sitt. iii;; à Aden, Hdr et 'Awâliq: JlÂ^
corbillon, it\. l}j!a^ : ''ij»,JjC^ Us" ^_»h o^ié ^y,, faite d'à, zblî
et long comme une bouteille; se dit tout aussi souvent
c;^.^:'. Il est en %zaf très fin et dont le tressage est
tellement serré, qu'il est complètement étanche 91, 2.
Il affecte cette forme A ; composé de deux moitiés
égales, c^"^ est peut-être la vraie forme, car il se dit
en mehri, éedd, petit panier, Jahn M S p. 240. Les
Sômâl l'ont aussi. Il serait intéressant de savoir d'où
provient l'industrie de ces objets bariolés en ''azaf. On
^es trouve dans tout le Sud, chez les SômAl, les Abys-
sins et même au cœur de l'Afrique. Il y a là une étude
que je recommande aux voyageurs.
57, 12: minhAz. jL^..L est, dans tout le Sud, le
mortier, non le pilon, comme jo l'ai déjù, fait observer l[(Jr
1086
p. 720 s. V.. Notre texte dit presque la même chose que
Snouck Feestbundel p. 29, où il donne quelques proverbes
de Hdr. Outre le sens de piler, broyer, ;^, a, a aussi
celui qui figure dans les dictionnaires classiques, tousser
d'un chameau qui souffre des poumons; j^ toux d'un
tel chameau. ;:>j ^*j, chameau qui tousse. L'homme et
les autres animaux ^^»,j:^\jsu., toussent, mais les BâKâzim
appliquent ^, avoir un fort rhume, j^., même à l'homme.
20.
58, 16 : m e h m â s = m e h m â s a h, Nord, 59, 23. Le
verbe est ^-^, 58, i6/7, v. d. Berg Hadhr. p. 66, note,
aussi Nord 59, 24; Socin, Diw. III Gloss. s. v., qui croit
III § 166 que ^j^ est plus original que j-^. Je crois
que c'est tout le contraire, mais il est impossible de
trancher la question; cf. p. 571 et ss. et p. 595 et s..
Voyez p. 1088 et s..
58, 17: yilummân. En Dt cet n final n'est pas
ajouté aux prépositions LJ et ^Xt, ilân, comme en Hdr.
C'est J U et ^\ ^l
58, 21: hàgëb. wJi:^, le café en 'poudre, v. d. Berg
Hadhr. p. 68 note 4. idLxJ' w^a>, 0, ou ^-^^s=>, mettre le
hôqb dans la cafetière'^). Hôgiib ou hàggib el-ko*"-
deh, mets le café moulu dans le pot. En général, on ne
pile que la quantité nécessaire pour une fois, comme
dans le Nord. Tout au plus fait-on une réserve pour deux
à quatre Jours, qu'on garde dans le mahqab (seulement
'Awtiliq et Hdr), boîte faite des tiges, ^Jaxi, du régime
de dattes, pour y mettre les épices. La &Jj, pi. jJ3, en
1) Mais dVJlc ^-r*^^- *^' 1 expliqué par d^J^ -r*-?^^- *^'' Dt,
1088
cuivre, est seulement pour les gens aisés. On remplit le
fîgân autant que possible (tout le contraire dans le Nord)
et on l'offre sur le •■iyijw, plateau en cuivre. »^l o^/*^'
ils font passer le café, l'offrent à tout le monde, ou ^J5y.<Aj,
. d'où aussi «yp, service à café, Hdr. I. Dabi dit, dans une
qasîdah à l'adresse du sultan Ahmed b. ^Alî de Lahig:
Nous sommes venus (car) 7ious voulons avoir la
fdécisionj o seigneur de l'etidroit!
Passe-moi mie tasse de café pur et rafraîchissant.
58,22/3: yitallâ'un el-ko'deh 'an en-nar —
yigaUitu ed-dalle 'an-nâr, 60, 13, Nord. Dans le
second cas, "b, n est = 'a ou 'a e n (pour Jl Jo^) ; dans
le premier, ""an me paraît être en vertu d'une assimi-
lation des liquides : "a 1 e n-n â r = 'a n e n-n a r. ^^ se
confond ici avec Jvt ou J^. Cf. le tunisien W Z K M 8,
p. 264 (Nôldeke) et ZDMG 50 p. 332 (Vollers).
59, 4: miVsara. yiow, plateau en cm'yre, "seulement
en Hdr ; à ne pas confondre avec J^sa , Aden, = Jo Dt,
qui est un panier de ""azaf et anses.
59, 20: m ah mas a. Le verbe est ^J>*:^, griller, torré-
fier) LA VII p. 359, 6: «^Lï Ijî ^\ ,j^. C'est là la
prononciation de toute l'Arabie. V. d. Berg Hadhr. p. 66
note 2: m il; m a s. Ch. Iluber Journal p. 125: el-mah-
masah '\Ju^, grande cuiller en fer pour torréfier le
café. Mais les 15('douins do Syrie disent ,j^, do mémo
1089
que les Syriens. Euting Tagbuch p. 84 note 8: iooU^,
m a lima s eh, flache eiserne Pfanne. Cette prononciation
est pourtant ancienne, car L A VIII p. 283, 8 nous lisons:
mais l'explication suivante d'el-Azharî est naturellement
fausse. Ce changement de y^ en ^Jo est très commun
dans un thème qui contient une lettre gutturale, même
dans la langue classique.
59, 22: gahàwa. Nous voyons ici que »j^ est aussi =
^, V. p. 1056.
59, 24: 'a la râdah = &^x JLs, G G. t>oL i, faire qqc
à son aise, est usité en Hdr, mais notre dialecte ne con-
naît que u^jj', s'asseoir à son aise, se reposer. R 0 p. 214, 6
d'en bas: \jj> liW; !, ich encarte dich hier, mais ibid.
p. 277, 4: yirCidhum, er erwartet sie. Rîdûni et-
hazzem, erioartet (mich), class ich mich umgûrte, ibid.
p. 290, 3 d'en bas, =y:2jj aussi 'Oman," ibid. §351. En
Mésopotamie également (jrL, i, attendre:
Y a râkibah rêdel serî 'al-gahàuv7ib')
0 der du es reitest, warte aufden gleich fertigen Kaffee.
Meissner MSOS VI, 11 p. 84, 8.
1) Ainsi chanté. Mètre: — ^- \ — ^- | -^ — . Rôdel =
J (ji2J. := J(jn.. Meissner a gahâwi, ce qui est impossible, car
l'horamo qui a dicté cela n'a certainement pas fait un pluriel i^^^p
d'un singulier gahwa, où la dernière syllabe serait réduite à sa
valeur phonétique. Les Bédouins du Nord prononcent gahàuwa[h]
où la troisième radicale est ellectivement double. Voyez sur cette
furnio l.ldr p. 12 ut 42, Wotzstcin /DM G 22 [). ISi, note 2, où
1090
^):Z., se reposer, s'arrêter, Béd. de Syrie; tarder, 'Ne^à,
ce qui est pour ij^.J, forme employée dans le Sud avec
le même sens. viJcX^i ^yu\ ^j^^ (àbrinsîdk) arrête-toi,
le veux te demander (qqc), "Anazî. Autre exemple p. 351,
12^). Dans la célèbre qasîdah de Sa'dûn el-''Awâgî,
ce vers fait suite à ceux de la p. 785:
o
6. Rèyyid ebdàrah') basse yômèyne behsâb.
.-. , o o
Kânènte min gat^ar-rahârîhemallèyt
Repose-toi dans sa maison seulement deux jours^
[tout juste.
Si tu as assez de traverser les steppes arides^)
o
Nâdâni de rèyyid, gilte làh setrîde éûf'*)
^jui iAjj" i^y^} A- i.i>Jlî ^J^.^ o - c^'-^Li
cependant la dernière partie est absolument fausse. el-Bahàrra =
o -
sysuji, Sachau Reise, p. 61.
4) Les Negdites disent ^j, i, s'arrêter, = *— à-^^- Rî'ûlkum
swàyye la m m a, nitrèyyàh, arrêtez-vous un peu pour que nous
nous reposions ; = %j>,^ . Hàllena niti'èyya'^, lasst uns haltcn,
arrêtons-nous! Aussi attendre: Reyyà^ li hatta é^^i attends-moi
que je vienne. Aussi '^Omân. Socin Diw. III Gloss. s. v.. Cf. ici Gloss.
s. V. c»,. et Hdr Gloss. s. h. v..
2) eb est bref, comme il dans il y a p. 785 et 1094 v. 6, 2.
3) KJ^^^ , pi. de ^^/j = ^cJ'^ G 0,= Jr-^>J' ^^^-^^ oU<U!
iUî^ ^jl^) ^ GO.
4) C'est ainsi qu'il faut liie et que c'est chanté. Mètre:
^1 ^1 ^|~ Le texte arabe n'est que pour rendre
la transcription plus compréhensible.
1091
Il m'appela en disant: „Reste donc là."
Je lui répondis: „Que veux-tu? Voyons!
Meissner MSOS VI, ii p. 88, 2 d'en bas. Je J^!
G) w
c j ^5o[j (5 j^^v^Jo oyt,-^, les Ahl "AU h. Mas'^ûd cam-
pent dans le W. Burà" '), "Aulaqî.
59, 25 : t i n g a d. ui2:s\j^ être cuit à points Nord = -;s:s\j,
Sud, V. p. 780. La forme littéraire est ,.;s*iij, qui est une
métathèse fort ancienne de \j^, puisqu'elle figure dans
les dictionnaires de la lurah. Ce n'est pas tout le con-
traire, car le thème ^ et ses dérivés le prouvent. Per-
sonne ne dit ^^^oj dans toute l'Arabie. Les lexicographes
ont enregistré la métathèse, tandis que la forme vraie
leur était inconnue.
60, 4, 5 : y i g a 1 1 i t h a. i^iï, o, = j.A5, avancer, pré-
céder, passer. -aJlï ^-^^"^ *.' ^ôSi c>^, je suis allé pour
l'appeler., j'ai trouvé qu'il était parti. _^î Jaiï, il a passé
le fleuve. Autre exemple p. 515, note 2. Un 'Anazî me
définit ainsi un l>J'^ : ^bJî ^ ^ j^^. ^j^^ c^J^ -^^ J'^
Véclaireur est celui qui précède les gens de la tribu et
leur cherche le (bon) pâturage. C'est presque la défi-
nition de L A IV p. 169 : i<J! p ^J ^yiî ^J^aJù ^JJ' sXi\^\.
Dans le beau récit de Sa'dùn el-'Awâgî en dialecte 'ana-
zite je lis: Uyôm iqbalu "al a ""ôrbànhom gâm
O
''Agab kitab gasîde warsàlha èl Muslitmïà'
tari!^, walâken gàbël gasîdat "Agâb ëlgûlta
o
gasîdat abûh wet'agàbha gaçîdat 'àmraetu
Dikfjr wetettelihin gasîdat 'Agîib. Lorsqu'ils
1) (leï. p. 90, 12.
1092
arrivèrent chez leurs Bédouins, '^Agâb se mit à écrire
une qasîdah qu'il envoya à Muslit par un messager. Mais
avant la qasîdah de '^Agâb précède (icIilLait) celle de son
père, après laquelle suit celle de sa tante Dlkr^ et à la
fin des deux, celle de ^Âgâb. On dit à celui qui se pré-
sente à la tente oglot, passe! entre! avanti! comme
Dougthy II p. 376. En Syrie, iJlï signifie aussi nettoyer
un objet sale en le raclant avec un couteau, des cendres
ou autre chose. On iJLaj p. e. une table où la saleté est
invétérée, un emplâtre collé à un linge, etc.. Est-ce que
le syrien Jaxis, salir, -LIjiIs, sa^eie, appartient à ce thème?
Jais, faire avancer, f. précéder, f. passer, apporter, j^c*^
iulc]s' liî vjj'j^j conduis-moi par cette ruelle, car j'ai peur.
KaïLvJ! ^^ i>^) fais-moi (aide-moi à) passer la rigole.
s^t i Xiî (Dozy), = Sud ^\ ^ .le, correspond donc
exactement à passe-moi le café. &lbL:> i^ -^jS' (Dozy),
le prisonnier lui passa ses biens, gli porse en italien,
c'est-à-dire, lui offrit ses biens. ^U' JJï = &U! J^ J^".
Quelqu'un dit: ^-M (^o^, j^t, je veux faire une razzia
aujourd'hui. L'autre répond : Si iaii , fais Dieu précéder
:=à la garde de Dieu. Uyôm el-'Arab nâmu gal-
latu Alla ""alêhom, uyôm saru bigùrbahom in-
falat èl-wàlad min çaff elq^i'ldi. 'Lorsque les Bé-
douins (ennemis) se furent endormis, ils (les autres)
s'avancèrent sur eux sous la garde de Dieu (propr. firent
Dieu passer en avant). Arrivés près d'eux, le jeune homme
se sauva des côtés de la sentinelle, récit "^anazite d'el-
Hotrobî. Dans la qaçîdah de Dikr, tante de 'Aqûb, mention-
1093
née p. 1091, il y a ces vers ; mètre :--^-|--w_ _w__:i)
5. Tilfûn ahûya^) rîfe rukban^) manâkîf
V.JlxS'LOc w*i. ^JU, (CV> qV*^"
Ebbeytah*) yemacldûn el-guwa^'al-^)liyâli
6. "^j'Ôglel-qira yadhak hegâgah^) ilya*^) dîf^)
1) La transcription est le chant du qK^ f^^, Moûsâ Rfira.
2) Var. : ljy>î ^àlj. Obs. y a est long. Cela n'est pas toujours
le cas, comme p. e. au vers 9 de la même qasîdah :
0 mon frère! Pourquoi as-tu ta demeure dans via contrée
[des bons pâturagesT'
3) Moh. Nâsir de Bureydah dit rukbun. Voyez ma brochure
»La Langue arabe", p. 12 et s..
4) Eb = J est de trop, ce qui arrive souvent au commencement
d'un vers, dans le Nord, mais presque jamais dans le Sud,
5) Il dicta d'abord ^_c^l^ (c|^ et il chante el-guwâ'â, parce
qu'il lui fallait ce pied — ^-, mais les Bureydites présents le cor-
rigèrent tout de suite. J'ai d'eux une rédaction un peu différente
de cette qasîdah, mais ce n'est pas ici l'endroit de relever les va-
riantes. ^ , ^
6) Sur la forme ^.^ < J-^-c < d-^^, voyez Hdr p. 391, oîi
il y a une variante.
7) Les Bureydites chantèrent ëhgâgeh, où oh est bref parce que
la voyelle est prostéthique, Vorschiag. — L^ est employé comme plu-
riel; le sing. m'est inconnu, si toutefois il existe. Socin Diw. III Gloss.
S.V., R 0 p. 11, 7 d'en bas et 207, 4 d'enhas: h i^k^^ A t(r;enbrauen.
Dans la lurah, ^L^^s- est Vos qui entoure Vœil et en forme l'or-
bite ; Koening Trois Traités p. 81 G. Mot inconnu dans le Sud.
8) Il est bref, I.Idr p. 522 et ici pp. 78.5, 1094, v. Gl. s.v.. Dans le vers
suivant Loi est compté comme une seule longue = "^, et ma remarque
Hdr p. 522 et s. est par cela confirmée, .l'ai ici des exemples à foison.
Les ]3ureydites disaient "bJÎ < "l!!} = ijt, comme aussi à l'hémistiche
suivant. 9) v-À^/is Loi = ^-î>tV^ ^ ^^> i^i, G 0.
1094
1 1 y a n à u w a h 0 m ') li i n ^) g a 1 1 a t û n '') e d-d a 1 a 1 i.
5. Vous arriverez chez mon frère, qui régale la troupe de
[cavaliers rentrant de la razzia.
Dans sa tente les affamés passent les soirées.
6. Il est leste à régaler et il a la figure riante lorsque
[les hôtes lui arrivent.
Lorsqu'ils ont fait coucher leurs chameaux, tout de
[suite on apporte les cafetières.
*ÎÂï j.!3^Jl JJlï, il envoya le serviteur en avant. Tous
les exemples donnés par Wetzstein, ZD MG 22, pp. 121,
137, 156, et enregistrés par Dozy, se laissent ramener
au sens de passer, faire passer, faire avancer. Les Bé-
douins de Syrie appellent le cowrn'er déposée entre Damas
et Bagdad i^^Lï, propr. celui qui passe en avant ; le vieux
mot Aj^*) leur est inconnu.
1) =\y>y. Ma Langue arabe pp. 28 et s. et 54; ZDMG 22,
p. 128.
2) jJJ'ouq^ Béd. de Syrie et Negd = ,.|^, tout de suite. U:>.
s^iRjL Oiji' w-Jic' ^3 y\ Lo -lois ^ ^J^^i ôJjtJ
. nous som-
mes allés chez un tel, cl tout de suite il nous apporta le manger
et le fil tout de suite suivre de café, 'Anazî.
.3) = [jixii, V. p. 732. Cette désinence, imitant Timparfait, est
assez commune dans toute la Péninsule; voyez N^ 9G, v, 6, où je
donnerai des exemples. Noldeke BZSSW p. 18.
4) Qui ne vient pas directement de verédus, cheval de poste, mais
en i)remier lieu de l'assyrien purîdu, burîdu, birîdu, mcssnr/cr,
K B VI p. .508, propr. marcheur, »pédaleur", de pu rîd u, jrt^i^c.
1095
En Syrie, iaiï est aussi adverbe. iJî .!AJi c^^-j-^^',
j'ai acheté toute la maison (il n'en avait qu'une partie
auparavant). Xjlï iL^^iA-i! J, ^^^! c^y^^i^, /a^' ^25 wîon
/?fe au collège comme interne (tout-à-faitj . ^^.A^ oojciil
iaJli ^jii^, Dozy d'après le malencontreux Boqtor, ne veut
pas dire „tous frais compris", mais tout ensemble. Tout
cela appartient aux dialectes des Bédouins de Syrie, du
Haurân et de Damas.
60, 5, 9, 13: 'an-nâr = ^LJ! '^= j^^ jLi==^LJî^,
et non jjl) ^js^.
60, 6: yifhàgha. v_Sjà, a, lever, wegheben, comme
chez Socin Diwan Gloss. s. v.. Développement de ^'i,
comme ^s^ et ijc^i etc., v. p. 987. oi^, a, est, dans
le Sud, avoir le hoquet, râler (moribond) = ou^ , a, R 0
p. 145, 9 d'en bas, p. 287, 3, mais ibid. p. 270, lo, bailler.
Cf. le class. o'i, sangloter, et l'allem. aufstossen, roter.
\J'o _o, Aufstossen (Schluckzer), ibid. p. 207, 9, lo, p. 367,
note 3. io|^, Schlucken, Stumme Tun. Gr. § 65. L'idée
fondamentale est partout ici <^y>.
60, 8: yizillha=:UxL^, GO.
60, 10: hadra = ^y^b>, GO.
D'où no, mulet^ sens qu'a aussi ^.-j, LA et Lane. Je trouve l'éty-
mologie de ce mot, de paiâdii, délaler, très plausible. Cf. Ges.-
Buhl H W 15 s V..
22.
Moi el-laban.
^jrU, 0, ^^ lf'-:>, 0, deux onomatopées imitant le son
que produit un liquide agité. (ji^Ui ne se trouve pas dans
la lurah, mais (j:a<, LA IX, p. 101, 13, et son intensif
^<=i*^^^, comme aussi u^i^'^csi-, 61, 12, de ^'J>. Les Sy-
riens ont jc^^ = c>:i^-*:^, rincer la bouche en y faisant
jouer l'eau, (j^.^:^^, se rincer la bouche, où les deux
phonèmes iv« et (j^ ont fusionné. ^5 ^111 (m u i t) c>.*z!x "^
tfj ♦ *w «i-j vj^'j ^^ ^^* agites l'eau dans l'outre, elle devient
insipide. (j^cUxit, (imtâl), être agité, secoué. (jsL> est le
terme technique pour baratter, comparatis comparandis
toutefois.
Dans le Nord, on fait qqf du beurre du lait du cha-
meau; on l'y appelle iiJL^^, Musil Arabia Petraea I
p. 232, 22.
61, 15: mahsa. ^c*^) P^- ^c**'^i 6st une casserole
ou un pot en pierre, plus petite que la iw«j, qu'on fa-
brique dans ed-Dâhir. j^c-"-^» i) creuser dans un sol sa-
blonneux pour trouver de l'eau, et ensuite recueillir,
avec un vase, la petite quantité d'eau y trouvée, comme
LA 18 p. 192 et ss.. ^^\A (j-^^^, 1. 17, est le babeurre
1097
pur, sans mélange d'eau, ainsi que l'explique ce qui suit.
C'est sans cloute pour Jc^^^, parce qu'on le boit; mais
Imk=> n'est plus connu dans ce sens de boire.
61, 15: teqsidha. lN-cco, i, fccire cuire le beurre ■:=■
'sss><sli\ |«-vv>£. La pierre dont on se sert pour faire cela
est sAiijw 62, 11, 12; voyez le N° suivant. Juio doit
être une prononciation pour Jocii, qui, selon le Qâmoûs,
sont synonymes '). I. Sîdah V p. 48 et L A IV p. 352
ont aussi q-«-«^' iXcioJsL 2a^ aussi indique bien la mani-
pulation décrite dans notre texte. Je suppose que ôJ^
indique ici la manipulation de recueillir le beurre^ séparé
des saletés qui s'y trouve, moyennant la m a q s a d a h. Le
thème ^jiJs, écumer le beurre (Berggren) en Syrie, recueillir^
ramasser, hébr. nti'i^t^i^, écaille, a sans doute donné ^>c^
61, 16: sa'^ah. '\x/o = ^j^'h *i^5 ^^=>ij (5;rfi^, babeurre
cuit avec de la farine^ bouillie, Mehlsuppe. On la fait aussi
à l'eau. La différence entre ije>o et L\yac est qu'on boit
la première, tandis qu'on mange la seconde avec les doigts.
Les mots à deux radicales ne sont pas nombreux dans
notre dialecte. En voici quelques-uns:
by, Tèreh, Wâdi et montée qui conduisent du pays
des ""Awdillah sur le haut plateau d'e^-Pîthir et un Wâdi
qui tombe dans le W. 'Amagîn, Arabica V pp. 85 et 194
4) Mon exemplaire, éd. de Nasr el-IIûiînî, Caire 1.301, porte JaXCsi,
tandis que l'exemplaire qu'avait Lanc [)ortait ixi*/, voyez Hdr
p. 1.31.
1098
(V. Indices). C'est pour syiP) comme iCJJ çf^'î^) pour
xJôT (^o'j et f Lo (j:>->!3 pour Llj! (j:w>Î3; de là le nom
d'Abyan.
iU=>, vase noirâtre qu'un sort d'un puits qu'on cure,
= class. »U> [ou X-vyJ ou iïÀ-oJ, Haffner A L p. 39], ou
qui se trouve autour d'un puits, où piétinent les bêtes
= class. »tlL, V. ici p. 1083.
1) Déjà S;i dans Géz. 91, •» et 96, '^ où il faut lire: L^
rr^-5 £/^-5 '^/^ o^/^-î y^ o!r^^ ^)^- -^^-î o^^3 v^y',
selon les indigènes. A la ligne suivante, l'éditeur écrit «y»', qui
était alors ^>^-^^ J^'» mais aujourd'hui c'est iOi3^! U^;' (jj' ■ H
ne s'est pas aperçu que c'est le môme mot. Dans les deux passages,
»^! appartient aux B. Ilabâb des Aud. Seulement, a^st n'est pas
juste, car alors la syllabe initiale ne serait pas tombée; il faut donc
y voir îJjjl. Or, Sjii! était, chez les Qatabànites et les Minéens,
l'épouse de Atir-Wadd, Hommel A A pp. 157, note 2 et 206 et
s., idem. G G G p. 85. Réminiscence du culte de la lune, qui a laissé
tant de traces dans la nomenclature de ces pays. Au lieu de «jl-»,
le texte de D. H. Millier a j^-i'i , et cela est très intéressant (les
voyelles proviennent de l'éditeur, sans doute). A présent on appelle
cette localité em-Hazah ou em-Hêzah, et c'est cette dernière
prononciation qui a donné la leçoa corrompue rV^^' d'el-Hamdânî,
qui ne connaissait les pays à l'est du Yéman que par informations.
Je suis dans son cas, mais j'ai étudié la (iézîrah pendant plusieurs
hivers avec des centaines d'indigènes, à Aden.
2) Aujourd'hui W, Dena à Mârîb. Araljica "V, p. 154, (^ezîrah
p. 80, '22.
3) C'est ainsi qu'on l'écrit à présent, et non iJj. Le nom du pa3's
qui est traversé par W. Bena en a été form/-: (j;-^', comme wOjC,
.j^,»:^ ((liai. ~tr*=>) etc. Hdr j). 577 et s..
1099
x*^, ve7mi du serpent, Arabica V p. 152, de V^c^.
iotiJî, nom d'un pays.
iCs.2x:, pi, >5L:sL£, arbre, aussi classique.
s^, pi. oîjv., corc^e de charge, Hdr Gloss. p. 606. C'est
évidemment pour b"^!, du class. ^!, lier, ■^^\, j.'^l, corde,
lien, 'iyJi, lien de parenté. En assyrien, nous avons a sâru,
lier, Hommel A A p. 95 note, et renfermer selon Del.
H W B s. V. ') offrant la même association sémantique que
yj, lier et faire prisonnier^ ^^, lié, LA V p. 77, 1 :
^\ ^j^>^ 3! lXï ^3 u't^^ ^3- ^onime ICN' et hii-C,
Zzï et prisonnier, de iCN' et hfiô, lier. On ne saurait en
détacher _J«, courroie, ni .^^ (=/*) ^^^^ f^c ^«^ main
et du front; la forme JL« indique que c'est originaire-
ment quelque chose servant à lier-, donc, une bande, une
cordelette, au figuré, une strie. Nôldeke, chez Fraenkel
F W p. 93 et s., prétend carrément que ^m. n'est autre
chose que le grec (jsipà, tresse de jonc, corde ou, en gé-
néral, lien, corde à lacet pour prendre les ennemis par
le cou; aussi (retpàç. Je crois, pour ma part, que ,jyw est
un vieux mot sémitique, car la racine ^w implique l'idée
de lier, serrer; cf. Jo, jj, ^j! (^y), "lîx, ^«] et de nom-
1) Voyez Ges.-Buhl H W 15 s. v. -|Di<- Mêsirii, lien, assyr.; y^2>
n'a lien à faire avec ce thème, inalgié Haiipt Beitr. z. Assyr. I p. 19,
27 et p. 17!{. Du val Gr. Syr. j). 33 et 35 compare ^^Ji» ^44] et
Ill'N; mais ce sont là trois racines différentes: la |)remière est y.2X,
la deuxième, -w' et la troisième, yi'.
1100
breux dérivés. Par contre, je ne suis pas sûr que <T6ipx
vienne de ^j>^'). En tout cas, le grec n'a pas enfanté le
mot arabe, car alors celui-ci aurait pris la forme «.^vw.
Il y a, bien entendu, une partie des mots qui, dans les
autres dialectes, sont aussi bilittères, comme 'ijuj^ (peu
employé chez les Bédouins du Sud := -r'}-^)} '^■^^^ (" '^j'^ »
&jLÎ etc.
Voyez sur ces mots, qui certainement ne prouvent pas
l'originalité de la bilittéralité, comme l'a avancé D H
Mùller, Barth ZDMG 41 p. 603 et ss..
61, 18: sahër. ^C^ et Hdr ^J^, sous l'influence de
^, Hdr Gloss. s. v.. Je l'ai traduit par nicotine, parce que
les Datînois, en me l'expliquant, faisaient passer la fumée
par un mouchoir tenu devant la bouche, et la couleur
jaunâtre laissée sur le mouchoir était pour eux le ^^\
pour nous, la nicotine. En Hdr, c'est charbon de bois,
Hdr p. 351/2 et p. 356, mais en Dt, culot de tabac brûlé
qui reste dans la pipe. On me dit qu'il a ce nom parce
qu'il est comme le charbon de bois j>y^^ Ui'. Le sens de
noir y est. On lira Hdr p. 357, d'où il ressort que les
dérivés de V'^-v- impliquaient pour les Hadramites la
même idée de 7ioir. L'hébreu et l'araméen le confirment:
ID'^, j..A.aàj être noir, et leurs dérivés, "ih'^, brûle' par le
soleil, est le hadr. ^...^ ^.^3. Le néopersan a sikâr
i) Les Grécistes le font du reste dériver de eVpw, nouer, attacher,
J'ignore si cela est exact. Dans ce cas, jf-*» n'a pu donner a-eipx.
2) Que Glaser, Peterm. Mittheil. 1884 Heft V p. 179, prononce
durra, comme tous les autres Européens qui ne saisissent pas les
sons arabes.
1101
ou sakar, charbon, ZDMG 59, p. 707, 777, 785 et ss.,
qui, selon Scheftelowitz, o. 1. pp. 707 et 786, vient du
vieux wédique skairya et qui a donné ayuplcc, scoria,
scorie. Il n'est pas impossible que le liadram. jL^, char-
bon, puisse aussi avoir cette origine. Il y aurait alors
contamination avec l'arabe ^^^ roc. ^^, culot, reste
en tout cas arabe.
23.
Es-samën.
62, 8: kabat. (jr/, i, renverser, est un développe-
ment de i^, verser, avec lequel il a ce sens en commun,
L A XX p. 78, 8, 9 d'en bas. ;yCi! o^ ibid. est origi-
nairement renverser la cruche, comme on fait lorsqu'on
verse qqc. Mais ^^ s'emploie exclusivement pour ren-
verser un vase, un ustensile de cuisine pour lui faire
subir la fumigation de farine brûlée. On ette de la farine
sur les charbons incandescents et on les couvre avec le
vase renversé. De là on dit aussi : y.:5^î ^ c;/-<Xi' iUj^!,
la femme met la casserole à encens sous ses habits et
se couvre tout le corps, même la tête, afin que la fumée
pénètre bien partout et que la bonne odeur y reste. Cf.
L A XX p. 78, 4 et 5. Les hommes le font aussi, et nous
savons que le Prophète était grand amateur de fumiga-
tions; vieille coutume orientale. En Dt, encens est ^^^^
(pour Q'f>^)i mais déjà à ed-Çâhir on dit j^., et les
verbes pour cette opération sont ^^o et ^ . Dans L A
XX, il est dit que ^LT, p. 77, 3, 78, i, et iLS p. 78, 4,
1103
est une espèce de jy^-^)- J© ne saurais me défendre de
ridée que ce sens soit motivé par la manière dont on
se furaige, et que ^c-s^j ^J:^ et ^c^' en ?oient des
dérivés. ^^ est en outre synonyme de ^, renverser,
retourner qqc = Syr. «-^^ Prov. et Dict. p. 104. Ikha""
el-qârûrah, tourne la bouteille vers en bas, comme lors-
qu'on verse qqc. ^ju] c^Njel/, tu as renverse' V outre. De
là le développement ^^, incliner, faire pencher. Zâret
hîn tîntësib uzâret h in tësîr uènteh miken-
ba'^ (ou midènni) birâsak, tantôt tu dresses le corps
{tu es droit) et tantôt tu marches la tête iyiclinée, me dit
un Datînois. Cf u-X^j verser. Brockelmann, G V G S S
p. 67, 4, en parlant de „la tendance du dialecte datînois
de quitter la gémination consonantique", cite justement
notre kabat, qu'il croit être pour kabbat, parce que
dans la note p. 62, je dis „et non kabbat". On voit
qu'une Grammaire comparée des langues sémitiques est
impossible tant que je n'aurai pas publié tous mes ma-
tériaux.
62, 13, 14 : u k d û m ou k û d û m, pi. [.'tX/T, une poignée,
les doigts étant plies en dedans = Nord ajlî. Le verbe
est j.^, 0, prendre qqc. de cette façon. Je crois que le
sens primaire est petit tas, car le phonème J»/ renferme
cette idée. Nous avons 33^, petit tertre, tas, aussi au
figuré, comme en français, Hartmann L L W p. 130
N° 56; ^J^C^, Haufen RO §28 et § 208, -pi. (^y.t^J'!,
Hartmann o. 1. p. 120 en bas, = class. i_^-.AS'; (j^^Ss,tas
1) Imrul-Qeys Ahlwanlt N° 20 v. 14.
1104
amas, RMTA p. 478, = ^j^-iA^, ibid., et ij-jJo', pi.
i^w5L\y[tj, Getreidehaufen, Meissner N A G I p. 140, laquelle
forme est yémanite selon L A VIII p. 75 en bas. ^J^Ss',
aussi classique, et (j^J^j amonceler , Stumme T. Gr. p. 176
[geddes]. 'iLi\3s, Aden, monceau de balayures et de dé-
tritus des maisons et des rues; il se trouve hors de la
ville et brûle toujours ^) ; «^Ai', colline, grande ou petite,
Dt. '^LaSS^), monceau de détritus et d'excréments, Sud =
icLjxi Nord=:mehri kidemêt; c'est ainsi qu'il faut sans
doute lire Jahn M S p. 203 s. v., mais cf. iplÇ, Scheitel,
Erhôhung, Ges.-Buhl H W B p. 640, = bab. *qadqadu,
qaqqadu, tête, et le tun. geddes. a^ J^, coZ/me, Hartm.
0. 1. p. 130. Cf. les class. '^CsS, »ÎJO" et 'iJ.CsS, colline et
p. 79 en bas, donc aussi = notre m3S . Kudu, nouba
1) ^ôS, i, 0, verser^ ausgiessen. Ukdùf era-habb difim-
ijfûnieh lam-dibër, verse le blé qui est dans le sac dans le coin.
lJ'iAj est, à Aden, balayures., détritus de toutes sortes (= Dt (jLcJi)
qu'on verse sur le ioîjsi'. Est-ce que \^^ serait un affaiblisse-
ment de s_îiAï?
2) D'où peut-être les class. iixiA^', homme gras., replet (obs. pro-
nonciation bédouine) et X^!i»vy, 7'este du manger. Il faut pourtant
observer que le class. f^OS, mordre, Nôldeke Fùnf Mo'^all. II p. 73,
est une prononciation affaiblie pour fr*:^, qui est en Dt manger et
à l'est de là, mordre = aIiï . ♦lXS' n'est pas manger dans le Sud,
et notre '^CsS ne peut pas s'y rapporter.
1105
de Kordofan, montagne et forêt, Munzinger Ostafr. Stu-
dien p. 543. iùol^, monceau de terre ou de sable Dt. ù>^\
pi. o|^\ colline, monceau de sable formé par le vent Dt,
Hirsch Reise p. 218, pi. o|^, sand Mils, BBRAS 41,
p. 214. àjjî', monceau, colline Dt, et class., Géz. p. 8, 10;
^dr Gloss. s. V.. Les Hadramites que j'avais amenés au
Caire appelaient les Pyramides o>5, pi. de 6^^. Cf. .S,
montagne, alpe; jyi3\ J^x>, le Mt el-Kaur dans le Sud,
et ».^, colline, petite montagne, Sud, v. Gloss. s. v.. ^).
En Hdr a.lï est montagne et colline dans les Montagnes,
W. Meyfa'ah; (rezîrah p. 86, 18: icj'^t ^fl\ j^ «^LsJ!,
et il donne le pi. .b" et ^y; le dernier est seul en usage
à présent ; Arâgîz el-^'Arab. p. 88 = el-Aggâg, Ahlw. N° 15
V. 45, Arâgîz p. 135 = Ru'bah Ahlw. N° 24 v. 27 : Hilgel
Aussi dans le Nord : s^li", pi. j^, Hess Bemerk. zu Dougthy's
Travels p. 9 et 12: kegelfôrmiger Berg, et en Afrique,
Hartmann o. 1. p. 148 N° 77 Str. 6, 2 et p. 150: jjJI
^JLxi! G 0. Turfat el-Ashâb : yJt^Jt JsJl -ij^].
62, 16: tèmtehig. «.î^p, a, fondre, tr. (rare); frap-
yer qqn. soit à la tête, soit à un autre endroit du corps ;
produire une grave lésion, rendre en compote. ^^!^ ^-s^
lXaj«?o, il m'a démoli la tête avec ime pierre. ,^J>^} o:^^S,
ma main a été écrasée, ^e^ c>^-5^', mon œil a été crevé
•=. oc^vjx^t . tUt j3 ^jLlJt fs^!, le sucre s'est fondu dans
\) Kur, montagne en soumrrien, bab. karû, monceau de blé,
Winckler Gesetze Ilammur. Gloss. s. v..
1106
l'ea\i. Je demandai à quelques Datînois s'ils connaissaient
le mot 'lijs^A. „C'est ^^^\ ^\^\ ^j^, du vieux temps, fut
leur réponse ; nous disons ,ji-<i ou -.x," qui véritablement
sont cervelle et moelle. On dit d'une bête tuée qu'elle
fiJoîj i:^?^, un seul morceau de graisse. Les diction-
naires n'offrent pas de trace d'un sens qui s'approche
de fondre. Comme le mehri a mahôg, mêler, je crois
qu'il faut voir dans notre ..^^ une transformation pho-
nétique de ^yA vl^j 1^ 3 étant devenu '5, voyez p. 315.
,iOLo, (^o^, .is-'iw* et sa métathèse ^^^^, class., aussi
mêler, comme également (jiU, Jiuc^ et sa métathèse Jj^^,
parallèles de ,i>^, .sJ^, On observera en outre oLo-)et
(_^«Lo ^), et le class. ^Ji^x , délayer, et l'hébreu, DD?2, ^er-
fliessen. Il y a donc les racines ^sy-^, Jvc, », ,jiw«, qui
ne sont qu'une variation phonétique, et qui ont reçu des
développements différents pour arriver à la trilittérahté.
1) J'ai beaucoup d'exemples de la permutation de o et 3, comme
oy> et ô~A, amollir, Haffner A L p. 24.
2) Hdr Gloss. s. v.; I. Qot. p. 260; cf. o'«« et O.^tj amollir,
comme ►s>^ et —/^j mêler. On pourra dire avec raison que ce que
nous traduisons ainsi implique pour les Arabes une autre idée.
Nous rendons bien i._.^Iaï par mélanger, parce que L A II p. 174,
l'explique par „ ;^ en parlant du vin, mais c'est véritablement coî//)cr,
et le v_^vlaiw oi^^; de Lebîd, Ilâlidî p. 33, v. 12, lappelle notre
vin coupé, (jeschniltener lie/» = "i-xxj _iJ^ii^, selon le Commen-
taire; ex|)ression tout oiientale! — Venue avec la chose?
3) Ibid. Gloss. s. v.. (j*y>, rincer (la bouclie, la vaisselle, etc.);
(j*«j.«j', se rincer, Dt,
1107
Je ne vois donc pas pourquoi ^ja doit être un dénomi-
natif de Jyi, mélange de vin et d'eau,, comme l'avance
Fraenkel F W p. 172.
62, 17: yirtebis. ^y mêler ^ au propre et au figuré,
V. Arabica V Gloss. s. v., =: iaJL=>, 88, 6 et note 2 z=
class. ii)oj, hébr. "JD"1. j^^ intens. de la première. Dô^an
dit, dans la qasîdah citée p. 497, 5 et ss. :
o ^ ^ ù ^ û
;^«^i Ajt-j Lx_xi -aa!! (jiojj (3^
Si je crie (à la guerre), les porteurs de fusil m'en-
[tendront,
Qui mêlent l'amer avec le goût du miel.
(ji^-ojt, se mêler, se mélanger, au propre et au figuré.
(j«UJI ^^:.^J:KJuJ, il y eut un désordre, une rixe, une cohue
parmi les gens. JoLiJLi (ji^y> W, je suis très affairé, R 0
§ 257. éJ^\j y^, qu'est-ce qui t'a rendu si affairé, ibid.
^ ji'j-iy^ S^-=>j j-^, il est, lui, un homme très affairé,
V. d. Berg le Hadhr. p. 267, 12. iUiJ^', mêlée, désordre,
désarroi, pêle-mêle, confiision, rixe, etc., RO§317 = Syr.
A^y. Le classique j;i^J = jj.^ ^3, bariolé, propr. mêlé,
R 0 § 9, est tout ce que les dictionnaires classiques ofî'rent
en fait de ce thème, avec la variation phonétique ,ji.xi.f
et la métathèse (jij-j. Cf. le class. e^.^ Tunisie ^Ji.J.,
Stumme T. Gr. Gloss. s. v., seinen TJnsinn mit Jem.
treiben. L'auteur y confond ,ji.Ij avec ^Z qui est un
autre verbe, mais dont le sens a quelque similitude avec
le premier. Vollers, dans sa critique de la Gr. de Stummo,
1108
Z D M G 50 p. 333, croit à im emprunt „à cause de la
forme incertaine, (> et „." Cela est gratuit, car ^J:^J,
mêler, est un verbe archiarabe, répand» dans tout le monde
arabe. Le class. ,j*o. en est une variation phonétique.
Feyroûzâbadî est le seul à donner ^j^J = iaibci-t, à moins
que ce ne soit pour (ji^j', la fiche avec la faute ayant
été placée sous ^j^j.
62, 17 : y e r d a h. -^jv^, a, = ^Oj, a, le même sens que
le class. v^j> '^^^^^ ^"^^ /<^^^^ '^^ ^'U déposer =:C»^, 1. 18.
L A III p. 72, 7 d'en bas donne pour ce verbe un sens
qui se rapporte à celui-ci : {j^j% ^ur*^' tiUiwj ,^o yJtj _^Jt
^^yi^. ^_50=-. Mais notre verbe est intransitif. qWL» -v^.
ius J.I3I, 0. 1. p. 274 en haut, conviendrait mieux. c>^àj! "bJ
iLcLiLSî ^ ^.L>-^o. iLL! ^ _^î, si tu jettes la pierre dans
Veau, elle va au fond, o\x u>^:>o. est tout aussi bon. _o.
chez Hartmann L L W p. 149, 5 d'en bas, qui le traduit
par sich tummeln. Selon L A III p. 495 j^o., boue épaisse,
est "omânite = £j>..
62, 18: zfid. olj est ici la farine qui se dépose sur
le fond. On la mange. oK est manger et provisions de
voyage. Mais le z a d n'est, la plupart du temps, que farine
et eau. C'est là le pain des Arabes primitifs. Ce sédiment
de farine est aussi appelé aJuiJj, nom ancien que I. Sîdah
V p. 48 en bas explique par: ^j4j^\ w X*o \J^.y^^ r*j.
LA IV p. 852 : ... iLï^^i^ i;>o^^^3 Q-'p] b-JclaJt ^^^
1) y] = (^^Juw îôî q4^! iUDbL>, L A V, p. G4, est fort in té-
1109
O*^ ai ^^ j^-5 ^.^^ jr*^ (l" jr^"^' cy^-5 CT^' L5^
Qâmûs: oLjy*J! ^ -xJ^ bt (Ajjit jjl^! ^^.jio ji£ît »jj^[-
^[5. On voit donc que cette manière de préparer le beurre
cuit ne date pas d'hier.
63, 2: yihimm. ^, i, être ou devenir mauvais. lLi>,
hâm, mauvais, hommes et choses, X v4^ ; c'est le cor-
respondant sudarabique du ^0 nordarabique. >.:>jL> ïCjLÏlII
|,L=> v*-l2=>, la ramasseuse de bois a apporté de maiwais
bois. Nous avons la série suivante de verbes qui tous
signifient setitir mauvais : j».i* ; ,i^, L A III p. 86 ; ^,
Hdr Gloss. s. v. ; io^, avoir une odeur particulière (vin
et lait) L A IX p. 167/8; ^^ et ,v:^ (Oâmoûs seul) ; —
^^, i, Hdr Gloss. s. v., en Dt c'est moins fort que L>,= Jjc>l
Dt; y<=>, class. et Sud, Hdr Gloss. s. v.; ^^J3. est sa méta-
thèse, déjà relevée par LA XVI p. 297, n; *i- et J^,
Hdr p. 384 et ^J, class., L A XVII p. 267. Cf. encore
^ et ^, jUxjt, Hdr Gloss. s. v., Nôldeke Fûnf Mo%ll.
III (Zoheyr) p. 27 et s..
ressant parce que c'est pour yj^, résidu, Zie, Hdr Gloss. s. v., devenu
jic et ensuite yil. N'ayant constaté ce mot jic que dans le Sud,
et surtout en Hdr, je suis porté à croire que cette forme est venue
du Sud, comme 'i^J LA IV p. 101, 10 ^ ioy: < iùyi, et ...L.! < i-iljrC
ibid. I p. 207, 1. Cf. aussi oyi = oy, Hdr p. 384.
24.
Ed-d abbaye h.
63, 16: yidbeyn. ^_^>3, a,z=ijc>, qui n'est pas cou-
rant en Dt; è est prononcé c, qui ensuite à été com-
plètement affaiblie. Cela découle aussi de l'imparfait (^.jAj,
oii la voyelle de i^o^j est conservée. Le c revient dans
iCxjAx!, 65, 22/3. ^o, ^_cJ^ est rajnper {inaecies, reptiles) ').
Le verbe dénote l'action de battre la peau avec la pierre.
Comme le Qâmoûs seul donne ic^'Ai' = -lijej^, on peut sup-
poser que la forme ^ô (^ô) était en usage dans le Sud
au temps d'el-Feyroûzâbâdî, qui n'a pas su quelle espèce de
san^ah c'était, j^^j» est aussi terrasser: ijaji\ j ^^Lo,
il m'a terrassé et il est sur moi.
Ce sont les femmes qui préparent les peaux, parce
que iUà^c ^J^ ^[z>^\ o^/^' ^^' ^' ^'^^^^i^' anciennement,
aussi leur affaire, comme il ressort d'Ibn Sa'd VIII p. 77
1) D'où ^j^i^i petites sauterelles avant qu'elles volent. aLiJ, n. unit. ;
partout dans le Sud, comme dans la lurah. On les appelle aussi
L?f^'i '*'/*' "• "nit. : le class. ij*«, Diw. Ilod. Scliolien ZDMG 39
p. m:\ 7.
1111
et p. 206, où Zeynab, femme du Prophète, vaque à cetta
besogne. Voyez aussi la poésie qu'el-Walîd b. ^Oqbah
envoya à Mo'àwiyah, L A XV p. 36 en bas, I Sîdah IV
p. 108. Le verbe classique est aussi Llp, I Sa'd 1. 1..
63, 16 : m i d m â n = ^loJJ = ^Lj^i v. p. 289. ^_y ,
toujours prononcé ^o, d'après la règle Hdr 519'), pi.
^•J^S', est la peau verte ayant encore le poil ou, comme
on dit, la fleur: ^c^Ax ^, non fondée, tandis que oi^,
pour oJ^i, pi. Q^\ est la peau déjà foidée, ^^^ "^
o'yoAx. Mais ce sens ne paraît pas avoir été celui de
l'ancien arabe, car el-Mutalammis parle de *yC^ ^j\ Vol-
1ers Diw. Mutai. N° I v. 19, et de^^f *j.o' N° IX v. 5,
oia il faut, avec Vollers, le traduire par cuir. Les lexi-
cographes ne sont pas d'accord pour savoir si *jp' est
la peau foulée ou non foidée^ I. Sîdah IV p. 108 en haut,
L A XIV p. 275. Mais l'hébreu ""ilOIN, Gen. 25, 25, pour-
rait bien signifier velu^ comme le veut A. Jeremias A T
p. 235, si on le compare à notre ^ù\ , peau ayant encore
le poil. Seulement, les lexicographes disent que ^S^ est
aussi oïAî'^îi oVjlj y-^ t^^' ^ o^^*3 f^^^'^ S-^^ (" c)^ ^ ^^
. ♦ ^\^ ^ loi AJi^ L A XIV p. 275 en haut. La peau
devient rougeâtre par les ingrédients, dattes, ,--y^, sel,
I Sîdah IV p. 108, lo, qarad, Euphorbia, et d'autres qui
se trouvent chez I Sîdah. Ce n'est donc pas que "'il'iDlx
signifie rouge, mais la couleur de la peau tannée qui est
1) = N'importe quelle peau; voj'ez p. T.'îr».
74
1112
rougeàtre. Du reste, en arabe, ^ù\ n'est pas rouge, mais
bnm, L A XIV p. 276, lo. Le mot classique pour peau
avec son poil est v^l» ^ Sa^d III i p. 16, 5 d'en bas.
63, 19: tenàqqa^hen. ^, parce que plusieurs peaux.
I Sîdah 1.1. p. 108, 4 et s.: ^ lo! IIl2 v_.L5>^I cU^lLuc
64, 3; 65, 7: yihljar. — p'b, qui peut même deve-
nir yihàr[r]. Cette contraction est très commune dans
tous les dialectes de l'Arabie^) dans la forme verbale
J^b, J.x^. I. Dâbî a dit :
AJ>;».git J^*^ oJ2i> i^iXÀ)/ (jij ('■^dVJLo , <;-«^*^' (JLaxJ' (J>-^ e?'^ |j
Toi qui arroses tes biens avec l'eau de la rivière!
Qui Va forcé à passer près du torrent impétueux
Si tu as une rigole en haut du wâdi et qui est à toi ^)
Et qui te fera parvenir au Sentier droit?
Chez Meissner, N A G I p. XLIX § 78 f., nous trou-
vons yiddirryaddi Socin Diw. III § 140=^co^.
Voyez sub p. 87, s.
64, 10: temaHet. Sur la palatisation de J voyez p. 51
n. 4. JaJU, 2ûegstreichen = «ixi . -x*Jî >_j^ ^y, 'i^lSM iaJU j:;,^,
i) Aussi en oranais, Doutté TO p. 29, et d'autres dialectes.
2) Une syllabe manque, à moins que le poète ne se soit servi du
pied intentionnellement.
3) Traduction incertaine, mais probable.
1113
wer hat die Arzenei von der Wunde des Kameels weg-
gestricheti ? jdjJ^ = ^jd^j^ , il m'a chipé mon argent =
Jjû ijr'^j^ -^^j-* OU iîJLo; cf L A IX p. 286, 3, 7.
^^\ iaJU = _b-<, il a tout avalé = «Axi, qui est le con-
traire de tL. Chez les ^'Anazeh et en Syrie, JoJu est
dégainer: ^.-y^S JaU, Bâsim p. 111 en bas, = J^lxa =
64, 11 : y i t m a r r a t. Jd^o, 0, arrache?- le poil, comme
dans la 1 u r a h, avaler vite sans mâcher = h y,, a (class.
0.0 ; chiper, RO p. 211, en bas: *i^ ^ ujboC! o^^Lc
JjLc *l3^3 ,^^. ^^«2 cac^é ^e livre pour qu'un tel ne le
voie pas et ne me le chipe pas. En Dt ici -b-» et iaJU.
JsyL*!, s'esquiver sans être vu. -b-«-j", toinber, cheveux,
poils, est très classique I Sîdah IV p. 107, 2 a le même
verbe: iy^ o^ »^ ^sjj*, iUL Vj-^^^' -^) à peu près
comme notre texte. J^^î, saws po27, glabre, = Syr. iaJU! ;
sordide, faisant semblant de ne pas avoir le sou. Jsyi et
iaJLfl ne sont qu'une variation des labiales, dont le sens
fondamental paraît être être glissant, lisse, glatt sein;
ces verbes ont pris le même développement sémasiolo-
gique que glisser, en français. Cf. ^jJU et ^vJU, Bâsim
p. 33, 0. C'est l'hébreu d?^ dont î3^pi est notre -LLo«!
ou -byool, entschlûpfen, au propre et au figuré. Je ne crois
pas que iJL*, ilberstreichen, soit un dénominatif, comme
le pense Ges.-Buhl H W B p. 387. Le sens est aussi
figuré que dans le verbe allemand; l'image est la même.
Au syrien -Uu JjL>, pêle-mêle, on comparera le sudara-
1114
bique ^c-'j^\_c-^i'-> o^"**^'' ^*'^ homme radoteur, qui ra-
conte des halivernes. -Lyi -L:^, radotage, galimatias, en
sahhî BBRAS 1902 p. 267. On serait tenté de tra-
duire le "^M^ îi^ri d'Isaïe 8, i, par le dialecte populaire^
mais, eu égard à l'Exod. 32, 16, il vaut peut-être mieux
le rendre par l'écriture populaire, avec Winckler 0 F III
p. 168; in leserlicher Schrift de Kautzsch me paraît
moins réussi, Die heilige Schrift, ad loc.
64, 15: tekilwit. Sur oj-Lt =r c>*-îI-S^ , voyez Hdr
p. 76, note. Cette partie de l'opération s'appelle, dans la
lurah: ,^^, I Sîdah IV p. 108, h et ss., ici p. 1112,7.
65, 4: tiffâl. JLai ou jûi, pi. Ui^ài, plateau rond
en ^azaf qu'on met sous la meule à bras. S'il est petit,
il s'appelle v_j^\ Cette forme, avec le f double, se trouve
également dans l'Afrique du Nord, oîi il est prononcé,
de même que souvent dans l'Arabie du Sud, \Ju, et
c'est sous ce thème que l'enregistre Beaussier. Delphin,
Recueil- p.' 165 N° 42 et traduction p. 116'). Cependant,
en Hdr et dans le Nord, c'est jji_i, ainsi expliqué par
un "Anazî: o'.-r^-^' ^<^y^. c' ^^-■^^^ c'.^^^^^ '^'' ^^' !>-=^-
^v«*l^î ^, on met le tifAl comme une protection (ou
Unterlagé) pour la farine, parce qu'il protège la farine
contre les saletés (du sol). I Sîdah XIÎI p. 50. Le class.
jwà-i est la vraie, forme, sur JjLi ; c'est peut-être une
prononciation de ^à^, bc'^, parce qu'il est en bas.
1) Du Général Faure-Biquet. Excellent ouvrage que je recommande
vivement aux arabisants.
1115
65, 10: tefhasah. Un exemple de ^o^, frotter, se
trouve dans I Sîdah V p. 8, 3, * : '^y^^ c>.xi^\i : ^'j*:^'
\sl' j. L*/toy« U; c^JL^ U2^i ^v.ij?,s! , := L A VIII p. 331,
3. C'est-à-dire, elle écarte les cendres en raclant pour
faire de la place au qurs.
35.
El-Mesâhid.
Sur le meshad, voyez Hdr p. 484. Le sens exact
est illustré par ce vers du Diw. Hod. Wellh. N° 151 v. 1 :
Ne connais-tu pas, ô Abou lyâs, ma présence pour
[combattre
Aux jours que tu cries aux alliées de te secourir ?
Le ma s h ad du se h Bû Bakr b. Sâlim, Arabica
V Index, à Henû el-Manâsîr dans el-Miswara(pays
d'er-Rassâs) n'est qu'un monceau de pierres devant lequel
on lit la fâtihiah et récite la sahâdah en y déposant
une pierre.
67, 9: sûwa = ,^^, V. p. 346 et s.
67, 13: mesàrriq. oyi^, toujours sans l'article, o^^î
ou o^! sont plus rares. C'est pour les Datînois le côté
de Hdr.
67, 13: itqâéaru. y^, faire ravage ; zerfleischen 82,
note \). |.j>i3*^l j (iJJLJ! ^, la variole a fait ravage
1) — Ja3LwJI r= u-v^^'- Cf. DÎ3p, épidémie, Ges.-Buhl H W B s. v.
1117
parmi les gens = *_jL*s:> ^ s^'^, il sont morts sans nombre,
en grand nombre GO. ('iiJCî ^^ ^j^jl\ o^, les gens
ont été ravagés par le choléra. J^, -r^f, le chameau
toussotte. Chez les "Anazeh, Jj^ï est malencontreux, mal-
heureux, rude, et s.Lio = s^b., G 0, malheur z=. «...io ,
MeissDer M S 0 S VI ii p. 80 N° 6, 5, Socin Diw. III
Gloss. s. V.. î^l^o^ v»/^' rjf- ^r*-*^=^i /^' y'^-*^' Q^^^
^j>yj ^-^J: Jiv£ L^ oyMr"- ^ l<^' 'syiLaJ! *Lèv!t j^. Les soldats
(du gouvernement) s'enfuirent, mais les Bédouins saisi-
rent leurs étriers^) (des soldats) et les attaquèrent d'une
attaque écrasante dont ils (les soldats) ne retournent pas
à un œil qui les aime, récit ^ananzî. ^cii! .Ui, une rude
^ournéej où le combat est dur, 472, 3 d'en bas. Mais yi;sïl
est aussi := ^^^ ou uW>, parce qu'un tel homme est
le malheur des ennemis.
1) 'iUS^\ se manifeste par une forte diarrhée et des vomissements,
et l'on peut mourir en quelques heures. C'est donc le choléra.
Hartmann L L W p. 94, 8 n'a pas su préciser ce mot et il le met
en relation avec le Qor. 26, 94, ce qui n'est guère probable. Loi-sque
je vins en Syrie, les journaux commencèrent à appeler Juo:i\ ^^r^
(choléra), ii^ia*^, qu'on avait trouvé dans le Sihâh et le Qâmoûs.
Ce qu'il y a de curieux, c'est qu'en mehri hâydat est choléra,
selon Jahn M S p. 187.
2) Lorsqu'on saisit l'étrier de l'ennemi, il n'y a pas de pardon:
sSksu *!!! , Ji j>S _ kj*-^-* Ij -^ob L) ^ ilxi^Lv w U G 0.
26.
Mô^rôq.
68, 6: maktùteh. c>o , o, signifie 1° répandre, ver-
ser = Jut^j., ,12*^, aussi dans le Nord et en Syrie, Hdr
p. 77 note, ^yv!' '*y^ '4*^ ^-^^ f'j^' ^S^"^ ^^^LfiJi Jo
g'âc/z dit: ^^ Apporte l'argent, nous allons lu tenter." On
apporta l'argent, environ un quart de moudd de pièces
d'or. Le qâdi se mit à verser les pièces d'or dans la
robe retroussée de la fille, Haurân. 2° faire descendre.
^^'^^^ aJI ^j^, je suis, moi, sur la montagne, et toi,
tu es en bas; tu me cries: descends de la montagne;
c'est alors kattèytani, tu m'as fait descendre. Un
Diyêbî dit à un pâtre: kutt "aleyna el-bill, mène-nous
les chameaux en bas, fais-les descendre. 3° démolir^ abattre
3= Â>: ou pc\P, (- o**j! o^ , j'ai démoli la maison. c>oi;o
1) Le lendemain je passai en revue cet article, selon mon habitude
à Aden, et alors mon Datînois dit: :^^ ,r, ,OL^' , J wJi». On
m'assura que si>J et V^ sont synonymes, ce que j'ai constaté
plus tard.
2) Comme Mikah I, 7: ^T\^2\ lialévy. Rév. Sém. avrill904 p. 101.
1119
5 C -
en est l'intensif. Un o^;l\-« ^^yo est moins délabré qu'un
^'kJjU ,i>y>j , complètement écroulé = iA.^04» ou ,.«Â^ .
4° vider, finir, au figuré, .jw (^J> .i^Aii- c>v:^, /«^
t;zd^, /î?iz ce que j'avais à dire. On comparera L A II p. 382,
3 d'en bas : sjlx^^ U/ ^AJr*-=>' t_=) «-y^'^i vi>.j.jJl ur^ li^j»
et dans la phrase de L A xij' x J.^LXJ> ^ , ^wi chucho-
ter qqc à l'oreille, nous avons le sudarabique c:^^^, c^w-
vi>*.<J' ou c>^', ve7iir en bas, descendre. ^J^ iU^J ^i:/.:^ \
ww-', wwe étoile est tornbée ou descendue du ciel, me dit
un Diyêbî en voyant une étoile filante. ;^>^' c^^ S ^«
maison s'est écroîdée. J^ c:^;^^'' , la montagne s'est éboidée.
j__^v...«-ioi oyivJ' (^ 'J»i ,^ Lj Joi c^^ib^i Aï, ?e-5 Pléiades se
sont couchées du côté où le soleil se lève.
Les dictionnaires portent aussi le sens de compter. Je
ne le conteste pas, mais je crois que le point de départ
en est verser. On dit t^«^' Js^ lorsqu'on vez-se ?es pièces
de monnaie sur le sol (car il n'y a pas de table) pour
les compter; voyez le Gloss. s. v.. -.^^ et ^a.<^ sont
employés de la même façon, ^^i eU?' .-a^î ^; l^ vii^Jii
o^JLjc dVXiic'Lî -sA^!» A-yj iiX>ui i^J r-^^'> ^^ ^^^^ lui dit: „Si
ta famille veut que je lui verse ton prix en une seule
fois pour l'affranchir, je le ferai, Boh. III p. 153; I.
Sa'd VIII p. 77, 26. ^jaJî -,sX^ j ^wuj iuLo ^^i L^aA^i
*^i (jOu ^-o, 7e lui donnai une dot de 400 dinar, en-
1) = ^>^ ^.
1120
suite il versa les dinar devant les gens^ I Sa'd VIII,
p. 69, 9'). A propos de la phrase de ôauharî (ji^^:^. libl
c>Ju L (L A: yix-ç> j., aussi bon), Ahmed Fâris, Sirr
el-layâl, p. 323, fait cette remarque: ^j^ o^ J^ ^îbo
^S^\ ^ yjj j^i, ce qui reviendrait à l'onomatopée ^^
verser, chuchoter. ^, bouillonner, et son intens. c^-jCxs'
sont aussi connus dans le Sud; c'est une onomatopée,
comme L A II p. 381 en bas *). Le chameau o-Xj et,
plus souvent o^KaXj, lorsqu'il fait avec la bouche écu-
mante le même bruit qu'une personne muette qui veut
parler [v. les dict.], bafouiller^ onomatopée, comme aussi
le tun.-trip. Z^, aufgrollen (lion), aufseufzen^ Stumme
T T B L Gloss. s. v.. L'hébreu nnD, zerschlage?i, zerstos-
sen, rappelle notre 3°, Halévy RS, Avril 1904, p. 101,
5 d'en bas, 0 S Festschrift de Nôldeke p. 773.
68,10: nasèy r =:^Loj, pi. de »^jaa^ — Hdr iu^x^j =
Nord iJLy^, Socin Diw. III Gloss. s. v., les deux pierres
qu'on met de chaque côté de la tombe, à la tête et aux
pieds. Voyez l'intéressante notice de Tab. I p. 738. Elles
représentent les deux anges de la mort.
1) Toute cette histoire est de pure invention. Cf. la drolatique
situation à l'arrivée du fameux mal el-I3ahrên, I. Sa^d IV, i p. 9,
10 et ss.. 11 y est dit que dans ce lemps-ïà on ne comptait j)as le
Go- G _ . . -
numéraire, ni le pesait : ^\», "^^ Ol\-e iA-a-^<j-j qO U ; mais on
pe.sait l'or non monnayé avec lequel on payait, Bolj. 111, p. IGl, 7
d'en bas.
2) Les u:/^ Ui , sing. ^j^jC*-^ , poussin, qu'on mange tant en
Kgypte, sont ainsi appelés par onomatopée: ils font k a t! kat! kat!,
comme dans LA 1. 1.
1121
68, 10: sahâbîl, pi. de Jy-s^^, hloc de pierre plus
long que large, comme le seuil de la porte. io^àJUo, pi.
vji^X^, hloc plat , plutôt mince , dalle = iC:sfù/j> ; Syrie
^sU^ y^, Prov. et Dict. Gloss. s. v.. Le verbe J-oi^ est
faire une masse, une pelote, p. e. la pâte en gros mor-
ceaux, au lieu de l'aplatir, pour en faire des {j^\f\. Aplatir
est en Dt ^LàLo. Les salfàqt em-qurs, pourquoi as-
tu aplati le rond de pain.
27.
Gibâl el-Mesâriqah.
68, 20: ri sa'. tU^^), pi. x^y et pi. de pi. oLv^}',
corde du puits; propriété: hâda ri sa y, ceci est ma pro-
priété. Voici une petite liste des noms des cordes dans
notre dialecte. --^Ji>, pi- ^La>, pour lier le ^*juL' .|^,
sangle de derrière qu'on passe sous le ventre ; Socin Diw.
III Gloss. s. V. — i'ui^, à deux torons^ qJ.^; Fiqh el-
lurah p. 259, R 0 p. 312 en bas. Hartmann L L W p. 82,
10 d'en bas donne ris y a. — iû. , pi. j.Lo., ficelle^ dans
tout le Sud. Les lexicographes l'expliquent par bout de
corde, \J^ ^^ iulii^', Fiqh el-lurah p. 346, ou corcïe wsee^).
Le premier sens, oui; le second, non. On a été influencé
par (... La vieille locution. ?jji^ ^-r^' »'■'.''"'' prouve que
le sens est corde en général, car l'image est prise de la
corde du chameau et qu'on laisse sur l'animal en le re-
mettant au nouveau propriétaire, comme on le fait en-
core aujourd'hui. Lebîd Mo'all. v. 16 dit:
1) Non sUi», comme Udr p. 317.
2) Je crois avec Hommel, A A p. 331 note, qu'il faut admettre
deux thèmes *,, que les Arabes ont ensuite confondus,
1123
Mazs à quoi penses-Ui à propos de N., du moment
[qu'elle est loin et que les cordes et les cordelettes
[ont été entièrement coupées?
^^y-1, encore usité chez les Bédouins du Nord et de
la Syrie, et m^ sont ici les liens d'amour ou d'amitié.
Nôldeke, à en juger d'après sa traduction, Fûnf Mo^all.
II p. 58, envisage ici 'd^^ comme corde usée, mais l'image
devient alors assez étrange. Johnson, the Seven Poems,
p. 97, le rend mieux: ,^and (both) the strong râpes (of
meeting with her) and the week ones hâve been eut."
'M. était la corde avec laquelle on liait les prisonniers.
Tab. I pp. 1491, 2 et 1652, u; Mutai., VoUers XII v. 5;
Qutâmî, Barth XXIIl v. 1 ; Abu Zeyd Nawâdir (Garîr)
p. 31, 7. Une corde usée est, dans le Sud, ^^. ou x^
»,-«b, V. p. 974. - -i^, v. p. 1099. — yLi;, pi. _jLi ou
y:^ (stàrr), à un seul toron, syci;, d'où le nom = ^^.^JU
à Lahig. Cf. l'indien suttar, cordelette. — ^"-ii, pi. ;p^,
^^ et o^'-ii, à deux torons, pour lier le joug, -n*^, au
timon de la charrue, w)Ij?J, Hdr p. 297 et 507. — ^j:yi-«,
pi. p^'^^^, pour lier les autres parties de la charrue. —
iL^^, Hdr p. 371, en Dt 's^-ns^, pi. o^-£, pour lier le
wUJi. — s' jw, pi, ^-,'w*», en laine de chèvre, tressée comme
le JLaï, à 3 ou 4 torons. Ainsi appelée parce qu'elle ^^^ju"
est tressée. (^^E,i, filer au fuseau, Jjjw. — ^c^, v. Gloss. s.v..
1124
^oU, ma dan, pi. Q^iy», se dit à Lahig zi: Dt byui. De
^^iî ou de (.vi^? Voyez les dictionnaires. Les cordes, à
l'exception de s^jw et de c_5-2c, sont faites en .£^*j^ (adj.
verbal), fibres qu'on extrait du ^^,j^ (içJLw n. unit.), un
arbuste que je ne connais pas. ^c^>*^-l ^^j^I;*.j, on tresse
le sini. On observera que presque tous les noms de cor-
des, en arabe classique, sont sur la forme Jbù. ^d^
p. 272, ici p. 63, note, Jacob Studien in arab. Dichtern
II p. 100, Barth N B p. 62, Brockelmann-Kisâ'î Z A
XIII p. 37.
69, 2: gidah. _Jc> est un mot invariable, comme
son synonyme *> . ^>a> *y5 , beaucoup de ge?is, b. cV en-
nemis. -»^>^ o»i>, beaucoup de monde. -.l\=> ^oLo, 116,
4. Une subdivision des Ahl em-Tôsalah est ^Jo> J.^1,
parce qu'elle était anciennement très nombreuse, Arabica
IV, p. 40. Le verbe ^ ^.^x^ = v ^j^ j^^^'"' > rejeter,
étendre qqn par terre, le coucher sur le sol, le tuer, ne
saurait expliquer ce mot. Lahna nesîr fi sîf em-
o
bal,ir ulqeyna haéaba mindôqa, uqulna: bàle-
éilleha, uqâlu: min în') lakom hâdem-hasa-
ba? Qulna gedàh bâha em-bahr. Nou^ marchions
sur le rivage de la mer et nous trouvâmes un morceau
de bois jeté là. Nous dîmes : „Nous allons l'emporter."
On dit: „D'oîï avez-vous ce morceau de bois?" Nous
i) = en, ey n ^}.
1125
dîmes: ^^La mer l'a rejeté," = ^ ^^s . ^1^:\, c>^A^
rai abattu le mur. ^A^t = _wi; s'étendre pour dor-
mir. Dans la lurah ^A:> est brasser, remuer, et il
n'y a que ^'a^^, rivage de la mer, mentionné seule-
ment par Feyroûzâbâdî, qui rappelle de loin le sudara-
bique 1Â>.
28.
El-Lubeyb.
C'était anciennement le chef-lieu des es-Sur ma n. Ham-
dâni fait mention d'el-Lubeyb, (jézîrah p. 91, 25, où
il faut lire: ii^^JUj iL«3.:$\^^ '^j^h o'j^^ O'/'- ^^ est situé
entre W. Marrân et W. Tù'ah. Les esâumrân occu-
paient le territoire des Mayâsir actuels. Sur le Heyd
Qumrah à l'ouest de W. Tù^ah, et le H, Su mer, il
y a encore une grande quantité de husûn ruinés qui
leur ont appartenu. Ils y ont creusé des tunnels, v.
N° 29, w*-*j1jo , et des réservoirs d'eau. La plaine de
Giyâz el-Mesâriqah, v. N° 27, leur appartenait aussi.
Nous possédons sur ces contrées l'ouvrage précieux, men-
tionné p. 433, du roi rasoûlide El-Melek el-Asraf Abu
Hafs 'Omar, régnant entre 694 et 696. Il le composa
avant la mort de son père Yoûsouf b. 'Omar el-
Mozzaffar. Ce qu'il dit de ces pays représente donc
l'état des choses à la fin du Vile siècle de la Higrah.
Nous sommes ici dans le pays des anciens el-Gahâfil.
C'était une grande confédération de tribus, dont quatre
étaient surtout connues. 1^' Âl 'Ali. C'est aujourd'hui
1) Dans ma Géographie de Datiiiah toute cette partie d'el-Gezîiah
sera corrigée. Dans l'absence absolue de documents, l'éditeur ne pou-
vait nous donner un texte correct. Il faut être juste avant tout.
1127
la principale tribu des M a^n, Arabica IV p. 39, à laquelle
appartient la famille dominante d'Ibn Roways el-Yis-
lamî, qui avait la suprématie aussi du temps du roi
rasoûlide. Les Subâhi, qui habitent encore dans le pays
des Ahl um-Sa^îdî, la Datînah proprement dite, au
pied du Mt Ham^'ah, faisaient alors partie des Al ^Alî.
Une subdivision s'appelle encore H al el-Gahfali J^i
JIÎ5:\^!. Ils possèdent l'ancien château de Husn el-
Ôahfalî [ou H. el-Gahâfilah]. 2» Al Yahya b/Alî
font à présent partie des Naha'^în des Fadli. Ils habi-
tent sur le territoire Surrat el-Mishàl et sont en
partie Bédouins, en partie habitant les husûn, 40 hom-
mes environ. Les Al ""Azab avaient la haute main sur
les Al Yahya, qui comprenaient beaucoup de subdivi-
sions: ujj^ JT ^Lse.*^. SjxiS' JJLi ^^^_ jT^. Al 'Azab,
ou Bâ 'Azab, comme on le dit à présent, sont des
maéâih, c'est-à-dire, d'origine himyarite, et non des qa-
bail; il faut donc comprendre '^^u^^. dans le sens de
ma traduction. Ils habitent à el-'Arq oysiî, dans W.
Turûb, et à Rabat, dans W. MaryaS au pays d'el-
Manqa'^ah, qui est le territoife des puissants et terri-
bles Bâ Kâzim. Au 7e siècle de la H. ils étaient aussi
dans ce pays, oîi ils exerçaient un grand pouvoir. ^^ Jli
lXj>! *JLc .lAJïj "^J 'iJ^\ .b <no JUj J>-o* ^3 ..ytÂX^w^. Et les
Al ''Azab sont en sûreté sur une montagyie qui s'appelle
1) Dans W. Turûb, à deux heures de Sandûq, on trouve sur
la montagne deux husn ruinés: à gauche H. Zînah et à droite,
H. ed-I.)ahr. C'est là le Dur Zînah dont parle Sprenger AGA
§307 en citant I. el-Mog;'iwir. Il n'y en a pas d'autre de ce nom;
i'iii lait bien des recherches sur ce sujet.
75
1128
Dilr Zînah co7itre laquelle personne ne saurait rien
faire^ Tuifat el-Ashâb fol. 203. Ils ne sont plus guerriers
comme autrefois. Sous l'autorité des Âl Azab se ran-
geaient plusieurs tribus qui, presque toutes, habitent
encore dans ces parages. Les es-Surraân étaient du
nombre de ces tribus. On dit qu'il y en a encore quel-
ques familles chez les Qumûé, Arabica V p. 231. Une
autre tribu qui reconnaissait le pouvoir de ces raasâih
étaient les Al Ben M an sûr, dont est sortie la famille
des sultans du pays des "^Awdillah. Les Âl Mansûr ha-
bitent à présent dans W. '^O r r au village du même nom ;
80 hommes et trois husûn. Les deux autres grandes
tribus des el-Gahfifil étaient: 3'^ el-'Ugmân, originaires
de la Perse, étaient les malfaiteurs et les pillards parmi
les ùahâfil selon la Turfah. Il n'y a plus de "Ugmân en
Datînah, mais il se peut qu'ils survivent encore dans
une fahîdah des Qumûs: ^^L*^jti!. On n'a su me le
dire. 4^ El-Hayâtim, qui sont à présent la première
subdivision des Ahl um-Sa'^îdî. Une famille des Maya-
sir, Ahl es-Smur, Arabica IV p. 31, appelée aussi jLoJ!,
de même qu'une famille des Farag, o. et 1.1., sont ori-
ginairement de la môme tribu. On reconnaît parfaitement
la parenté. Les Hayâtim étaient anciennement très puis-
sants et rois de Datînah, 'iLL^^> é>^. Cette dislocation
d'une tribu dont les memhra disjecta sont absorbés dans
d'autres n'a rien que de très commun. en Arabie. Quant
au Sud de la Péninsule, on peut cependant, à l'aide de
documents, poursuivre ce phénomène et reconstituer, tant
bien que mal, l'histoire des tribus.
On sera étonné de constater, lorsque j'aurai publié ma
Géographie de Datînah, que la plupart des tribus dont
1129
parle Turfat el-Aslic\b existent encore dans ces pays.
Une dislocation a bien eu lieu ; quelques tribus sont étein-
tes ou n'existent que par quelques personnes; les ""Aw-
dillali ont pris la place des o^t, Arabica IV p. 54, et
ont pour capitale Lôdar, Arabica V p. 84 et note, qui
a conservé le nom des ^^^-i.lXJlJî, Turfah fol. 203, (jézîrah
p. 96, 19. Grâce au livre d'el-Melek el-Asraf, nous
savons plus sur ces pays éloignés, depuis la chute du
pouvoir himyarite, que par la description d'el-Hamdânî.
Celui-ci travaillait assurément sur des documents antiques
et il connaissait fort imparfaitement le pays à l'est du
Yéman.
69, 13: Heyd. uV> est ici montagyie. Il offre, comme
nous l'avons vu, la même transition sémasiologique que
l'hébr. î?^p, rocher, pierre (petite ou grande), v. Ges.-
Buhl H W B s. V.. Chez les Bâ Kfizim, 3LXjAr> est som-
met de montagne, et je me demande si lX-^ peut avoir
quelque affinité radicale avec i/uNl^..
69, 15: hàwa. (^y> (ou \y>) est un endroit d' abord
difficile, entouré d'obstacles qui \jJIc i^>^:^. , l'entourent, le
cernent. i^>f>, h entourer, cerner, renfermer, embrasser,
umschliessen. ^^=>, a, attraper, rejoindre, retenir; hù'
hawini, il m'attrapa = jJi^l léii' qafàh lamma
ta^wâh, cours-lui après jusqu'à ce que tu V attrapes^
ou que tu le tiennes, tj:^', être renferme dans un h a w a,
endroit presque impraticable dans la montagne d'où l'on
a de la peine d sortir, = ^.^^J:^ et, chez les Ba, Kazim,
j^^". Chez eux, ^_^^> est aussi être fatigué pour avoir
1130
trop marché, et chez les Bédouins de Tihamah, attendre
quelqu'un, ma La Langue arabe, p. 16. J^c ^y>^ retenir,
Çdr p. 652 s. v. ^J^, Dt. On comprend pourquoi ^^.^ ,
i, a pris, en Algérie et au Maroc, le sens de éj, Beaus-
sier s. v., Marçais R M T A p. 427, idem 0 S Nôldeke I
p. 429, Doutté TO p. 18, Stumme T Gr. p. 163, Socin
et Stumme Houwfira p. 61 note ez. Le français embras-
ser = vil'i offre le même euphémisme. ^*^^^^, avoir besoin
de, être dans la nécessité de. x^ î î j^i o^^c^', j'ai été
obligé de manger cela, car il n'y avait pas autre chose.
o^*».t ioL^, la ramasseuse de bois a apporté du mau-
vais bois: *L> ^.^A2:> u>oL>. ^^^^=>, nécessité zrz ^^jôS , ^cJc>-
, ^i^l la nécessité m'ii a conduit. Cf. thème „ o.
69, 17: taurah. La vraie forme est a^y [cf. i^s et
ycj Gloss. s. V.], pi. \Js et .îp', grand panier ou grande
boîte en "^azaf. La lurah connaît .y' et, il paraît, aussi
»^y>", Zamahs., Asâs I p. 57, s. Le mot se rencontre déjà
dans les Traditions, Boh. I p. 46, 5 d'en bas: Jy-, J'
\joyLi ju^ ^j^ yi j, sic aI 'a=>y>li aJJî, le messager de Dieu
vint, et nous lui apportâmes un bol en cuivre jaune, et
il fit ses ablutions. .yJ! ^y, sy^jl] ^i,^ ibid. p. 47. oJa
^L<i ^^ ^^" j. byfu:^ t/mm >S. d^Y.• ,^Bonne donc cette
outre-là!" Je la lui passai, et elle lui fit du hês avec de
la pâte de dattes dans un bol en terre cuite, I. Sa'd VITI
p. 74, *, i3, ic, où l'on voit que le Prophète opéra même
un miracle dans un taur, à l'instar de son prédécesseur
I
1131
aux noces de Cana. Dans le trousseau de mariage de
Fâtimah, il y avait un ^) ^J^ ^y, un bol en peau, ibid.
p. 14, 23 = 15, 2. ^ ^y J. Q^^jsaj oy ^>Vï^' e^'-> qI^
M^ Jï 3! 3,1^, ce vi7i était fait de dattes que f avais
trempées dans un bol de pierre fou bien il dit marmitef,
ibid. p. 89, 2 d'en bas. b^'l^ ^J^ ^y j s'u-. o^M, et elle
apporta de l'eau dans un bol de pierre, ibid. p. 225, 2.
I. Sîdah VI p. 12 en bas, dit: 5^L5^ ^j^ j*jua ^y, ce qui
n'est pas toujours le cas, comme il appert des exemples
cités. LA V p. 164 en haut: s^L^ 3' f^ ,^ ^ij] jS> ^y
iC_jL>'§'i' = Nihâyah I p. 120. Le Prophète avait en hor-
reur les vases qui n'étaient pas en peau, ici p. 013 et
I. Sa'^d IV p. 114, 20 et s. s. où il est dit à ce propos:
j^ii c^'-.Jl^j yj i^% J6 lui apportai alors un bol et
une cuvette, mais il refusa. El-Gawâliqî, Mo'^arrab p. t^'v
veut que .0 soit un mot persan, au même titre que
.^i^^^, tandis que el-Hafâgî, Sifâ^ p. 59, le considère comme
arabe pur. Fraenkel, F W p. 75, ne le retrouve pas en
persan et il n'en connaît pas la provenance. Comme une
foule d'autres nom. vasis, celui-ci doit bien aussi se ren-
contrer un jour en babylonien.
Je fais ici une remarque qu'on trouvera sans doute
bien déplacée, mais, devant le nouvel horizon que le
Babylonisme nous a ouvert, la sémasiologie prend une
tournure qu'on ne lui aurait guère supposée il y a quel-
ques années. L'histoire de la pensée humaine, les con-
ceptions qui se développent d'un point de départ pren-
nent plus de corps. Or, je suis bien tenté de voir dans
sy, = 5y>, ij^ [et qui est pour s^y, LA i p. 164, 5,
1132
comnie son synonyme sudarabique b.|^ est pour bv^yj, de
^Ij, 0, dérivant de la même idée fondamentale que iyo,
suédois gang, de gâ = ~^'^) et que sy'^ fois, ùez. p. 199,
15 de jS , faire im tour,] la même chose que b.y == ^Ij],
babyl. a nu, Del. HWB p. 94, ou anûtu, Del. Gr.
Gloss. p. 24. On connaît la locution ^L^! ('- o'^'j^ J^î =ijl i3,
Tab. II p. 694, 4, et l'on ad-
mettra peut-être qu'il y ait
quelque relation sémasiologi-
que entre ^^f, pi. S, temps,
et tl3], vase, par quel mot
.^i est justement expliqué
dans les dictionnaires. Le
Baldaquin cultuel de
yuhruinassar II-*)
verbe ^\ , i, serait alors déno-
minatif'). C'est l'A nu, le Ciel,
où naviguent la lune et les "'^n' qui règlent le temps. Sa forme
1) Voyez I.Idr. p. 564, comme l'hébr. DVC» i>«set/ots = le suédois
(jcmg. L'étymologie est ici très transparente. Dans le Negd, on dit
aussi yA : «JJI .lXac (•jf*^ y'i Oycw [«jj^ y« |^"l-^v^ oy^}'~^^-
ils s'attaquaient mutuellement: tantôt S. s enfuyait, tantôt ^A A.,
récit qasîmite. On comparera y, i, faire un tour, »y, tuur, I.Idr
Gloss. s. V., nin. "lin et Jc>, o, J'^, 0, tornare.
2) ou ^J^i^î, LA IV p. 426, 5.
3) Cf. cependant qI, qI.=> et le babyl. inu, ittu, temps, nV
(suff. mj;).
4) Chez Perrot et Chipiez II fig. 388 = Puchstein Die ionischo
Saule p. 31. Le vase supérieur affecte évidemment la forme du
croissant.
1133
sphérique a servi de modèle pour une foule de vases ^), ainsi
que la lune, comme j'ai tâché de le prouver dans les pages
précédentes. L'A nu est le grand ^li], to voiite céleste, ^--^^
où les temps, t'Jî et oJ^'j, se déterminent et où se trouve
le point de départ pour tout calcul, basé sur son nombre
60, dans „le protocole" des dieux. Son nom soumérien
An est encore resté dans la nomenclature sémitique.
70, 4: sûdân ou sud. J'ai déjà exposé Hdr p. 28
que ^^1*5 est le pluriel masculin et jJts, le pluriel fémi-
nin dans les dialectes du Sud. Je suis donc étonné de
lire I. Sa^d IV p. 13, que Lippert dit: «^Làlail est gam*^
al-gam"" von '^jôa.)" die Unbeschnittenen , „wie qLo^::o
u. qÎvV^ von (j^uj u. Oyw." Mais Brockelmann VGSS
p. 450 dit la même chose. La Gram. de Wright I p. 218,
6 est cependant très claire. ^Uli est le pluriel régulier
de û»JÎï', comme dans les autres adjectifs de sens ana-
logue, à côté de ^.jiis, que, du reste, je n'ai jamais relevé
dans un texte arabe. Le pluriel en an est fort commun
dans le Sud.
_ ^ ù w o^
70, 4: bèsama. ,^, chat, pi. ^\,o\x^j^, pi. t^-Lwj!
ou ^_^-.-^ en Hdr, mais ^ n'est pas usité en Dt; fém.
iC-wj, chatte -j courants dans tout le Sud et le Yéman,
Manzoni El Yeman p. 71. 'Âtif el-Murqusî a dit dans la
qasîdah en ah souvent citée:
1) Oypasvoç, ciel de lit, (/a/i', pavilluii, Otto Puchstoin, Dio ionischc
Saule p. 52.
1134
, £-— jLj> ( 1 x^»-*^ Lo "^Î iA-s>L Le
""j^ Lf^ ^■'' ^ i'j^^ "^^ff^ en
Chacun prendra lui-même ce qîi'il désire:
Je ne prendrai, moi, que ce que mon esprit couve,
En présence du fusil, et ce que l'œil voit.
Là où je serai enterré, il y aura mon cimetière
(qui sera célèbre par ce fait):
Je ne suis pas tin vil chat, moi, qui me laisserai
[enterrer sur le haut d'el-Kadàh.
Bir Besèym est une famille des ahl Wuleyd des
Hasanah, Arabica IV p. 32, et Ahl Besèym ah est
une subdivision des Bâ Kâzim. Dans le Nord, ^wj et a
\) Jww^ 0, avoir V intention de, avoir l'idée de: ^«*-j1j c;^-*,
fai l'idée de le vendre; spécialement couver des desseins sinistres
pour faire du mal à qqn, préméditer un crime. qJ j^-J J<Uv«<
^Lo jj:y> ^_y^. ' 37/'. Bury nourrissait des desseins sinistres contre
mon frère S.. Dô'^an a dit:
Que ce que je prémédite jndsse se réaliser!
2) =^f Li, passif.
- >
3) Sur cette forme (= ^j;*ji;m^), voyez p. 708 et s..
1135
Prov. et Dict. Gloss. s. v., Hess Bemerk. zu Doughty's
Travels p. 8, ou _^, pi. i^^l-iï, ibid. et Socin Diwan I
N° 83, note 12, et en Haurân d'après Socin ibid. l,«L*o,
bsas; en sahhi s^I^Î, pi. JÂ, BBRAS 1902 pp. 251,
261 ; dans l'Afrique du Nord o?^, pi. ^^yn^ALU^ Stumme
T Gr. pp. 56, 112, fém. iCo^, idem. M G T p. 254 § 88 =
Dozy L-v^lai. Sur d'autres variations du môme mot, voyez
Marçais R M T A p. 472. Pour la Mésopotamie, Meissner
NAGI p. 114 donne iu^jj, bezzûne^), ce qui rappelle,
comme radicales, le syrien ^^ et ï^v-^ besayn, bi-
son, bisêni. Cette dernière forme pourrait être le dimi-
nutif du sudarabique *^j avec permutation des liquides.
Nous avons donc les formes:
,_^^, Arabie du Nord et tout le Levant.
,_^v.Uo, Haurân.
(j«-*-*mo, Egypte, avec réduplication des radicales').
j^^j, Arabie méridionale.
^^•^-^J Syrie; diminutif-caritatif.
Q^jj, Mésop. ; diminutif-caritatif.
r
1) Le bazuneli de Jones n'est donc pas pour ilÀx^ , conimc le
croit NoldeKe Beitr. z. S S W p. 70.
2) Phénomène assez fivquent dans les noms d'animaux, Noideke
BZSSW p. 407 et s. s.. En Syrie, ,^-^-fc^, IravaiUcr avec Icnlcur
et négligence, tripoter.
2\
1136
iiï, dans tout le monde arabe')'
jLè, Arabie du Nord et '"Oman.
^_*^, (;jo^), Afrique du Nord.
Quant à l'étymologie du N° 1, j'ai dit Hdr Gloss. s. v.
que c'est une onomatopée^). Peut-être à l'origine, mais
le mot semble avoir une valeur plus importante. D'après
moi, nous avons ici deux courants: l'un oriental, repré-
senté par N° 1 ; l'autre européen, représenté par N*^ 2.
ij^ pourrait facilement avoir pour origine le nom de la
déesse Bast (Bast) qui est souvent figurée avec une
tête de chat, et à laquelle le chat était consacré. Les
chats jouent un grand rôle dans la Mythologie égyp-
tienne^). On connaît le cimetière de chats de Bubastis.
L'on a trouvé les restes de chats enterrés ou momifiés
dans plusieurs endroits en Egypte. Il n'est pas exclu que
la vallée du Nil fût le lieu de provenance des chats, car
elle avait la spéciahté de l'apprivoisement des chats sau-
vages, et que le nom de la déesse Bast fût, à l'étranger,
appliqué au chat môme. On dit encore iiwj pour le chat,
comme nous appelons une chatte aussi chat, nomen ge-
neris. ^^ et ,^ sont parents, cela ne soufi"re pas de
doute, mais je ne m'explique pas bien d'oi^i vient l'm
.final, au lieu duquel les Syriens et les Mésopotamiens
ont un n , et le mot prend chez eux la forme caritative,
comme aussi (j**.*--!: et ^■^J^ de l'Afrique du Nord.
1) En Tunisie, -lis est le chai sauvage, et ij^j^, le chat domes-
tique.
2) Brugsch, Religion und Mythologie der Alten Aegypter, p. 334.
3) Ibid. p. 334.
1137
Si bis et ses variations représentent le courant orien-
tal, celui-là a pourtant envahi le domaine de l'autre. Chez
les Germains et les Celtes, les noms Buse et Bise sont
très répandus, Grimm W B s. v.. Nous le trouvons même
en lithouan. puize, alb. piso, néopers. piiéek, kurd. piéîk,
afghan, piêô, pamir. pié, etc., P Horn Grundriss der neup.
Etym. p. 72, tandis que Tomaschek, Centralas. St. II
p. 762, fait venir ces mots du sanscrit puccha, queue,
Hehn o. 1.. Si l'ital. micio, le franc, mite, l'allem. 7nieze,
mies, le suéd. misse et les autres formes européennes
sont des onomatopées, comme le pense Diez, Etym. W B
I p. 276, cela est encore à examiner, ou bien s'ils ne
proviennent pas tous du prototype Bas-t? En langue
hiérogl. miw est chat, onomatopée, comme l'arabe 2L0,
inf. Ç^, subs. i]y«, ^, cU>, Lsw, ^-0, Lix et notre miauler.
Catus ou cattus se rencontre le plus tôt vers 500 a.
D., Sittl, Archiv. f. lat. Lex. V p. 133, ensuite chez
Palladius, {catos et var. cattos) et kxttx ^) chez l'historien
Evagrius d'Epiphanie en Célésyrie, dont l'histoire finit
par l'année 594 a. D.. Au Vie siècle, le mot kxtto:,
nxTTx, était donc courant en Syrie, v. Ducange. Il est
imprécis s'il signifie chat, Hehn Kulturpflanzen und Haus-
thiere p. 457, mais dans ce sens il est assuré par la
biographie de Grégoire le Grand du Diacre Jean (env.
600). On croit que cattus est d'origine germanique, Hehn,
0. 1. p. 457 , peut-être aussi slave, Friedr.' Kluge, Et.
W B p. 198. En tout cas, les Arabes ont reçu leur is,
dialect. Là, de l'Europe (Byzance), où cattus se trouve,
plus ou moins modifié, un peu partout. Lane nous apprend,
•1) ras^uw II w 15 s. V.,
1138
d'après un savant arabe, qu'il figure dans les Traditions,
mais c'est là une erreur. Par contre, il se trouve chez
el-Ahtal, (+ 92), Sihaii s. v., L A IX p. 258 et dans le
^J^J^ii ujU^ d'el-Leytî contemporain d'el-Halil (-f 160—175).
la vient de catt-ns ou plutôt de kûtt-oç, tandis que (j^jLa
serait tout le mot avec désinence, cattus, kkttoc^ et fa-
çonné par les Arabes sur la forme si commune pour de
petits animaux Jyù ')> voyez ici p. 714 et s.. La forme
qatu est le syriaque a^^s et rappelle singulièrement le
slave kotu et le lithuanien katé^ chat, Kluge o. et 11..
^, chat, et îT^, chatte, I vSa'^d VIII p. 351, n, est em-
ployé en Hdr et dans la lurah aussi pour chat domes-
tique. Le vieux mot classique Q^^y^, chat mâle, se retrouve
dans le Sud sous la forme q^'-^^). D H Mùller, Mehri
u. Soq. Sprache p. 73, i7, is, a taiwùn, ma critique
M S p. 37, et A. Jahn, M S p. 175, donne pour le mehri
daywu, miauler. Quoi qu'il en soit, l'assertion deHehn
0. 1. p. 589, que tous les noms asiatiques de l'animal,
aussi bien dans les langues sémitiques qu'en armen.,
osset., persan, turc, etc., proviennent en dernier lieu du
grec byzantin, qui, à son tour, l'aurait emprunté du
latin, me paraît sujette à caution, du moins pour ce qui
concerne N° 2.
70, 7, 8: hâsid est un génie, un ^Jj> qui cherche
à faire du mal aux hommes, Qor. 113, 5; elAsma'iyyât
éd. Ahlwardt N° 25, v. 8, I. Sa'd XI, 16, i3.
1) J^ est aussi diminutif, Fraenkei F W p. 112: j*-^^^ chatte.
2) Je l'ai entendu à el-Makalla.
i
29.
Meysar u Heyd Sùmur.
C'est du nom de cette localité que les May û sir tirent
leur nom. y*oyo est pour ^^^o*^».
71, 5; mcVad = o!c L, le ton étant ici sur U; on aurait
aussi pu dire ma'^âd; comme la^d, voyez les Gloss.
s. V. "li et L«.
71, 8: essai =:Jwi^L Cette assimilation progressive
est très commune dans cet élatif, dans le Sud. Elle se
trouve également ici p. 133, 14. Wâdi er-Rakab min
assàlW. Baraka, W. er-R. commence dans le bas de
W. B., Dâhirite. Avec l'article m, cela fait même mas-
sai ou m a s s à 1 = JÀA-*:^!.
71, 13, 14: ras el-heyd, accus, loci, comme 69, 17,
Js^^ U«Uj, mais 72, 4, 5: J^J- j. LlxJlL Cf. p. 80, 23.
Un raéaz porte:
p|i ^ij' Ujw'j *J^1j> ^S ^yt 3cX-:>Î5 iJ.yii^îj lA-^î^ ^y^'
L'intérêt est le même, et l'a/faire est commwie.
Celui qui a sa demeure en haut (de la montagne)
[mange les pâturages des Alpes. ^). ^c^L^Ui^ l.wL sub
[N° 31;"v. p. 1134, g.
Cette construction, au lieu de ^3 ou l_j, est très cou-
rante dans le Sud; cUo est aussi bonne dans la lurab,
I. Sîdah XIV p. 77, ii.
1) Voyez p. 090.
30.
Em "^Arm.
-té^), pi. j.^!c, j.îy:i ou j.!^, désigne en général à pré-
sent un ^lijCJt y.o , mur des Idolâtres, une digue antique^
môme une ruine antique. En Hdr seulement, le sens de
digue n'est pas employé; on y dit -ç^ ou ^jy^) parce
qu'elle tUî tjy, distribue l'eau, ic^^ y est aussi bien la
bonde que le bo?ido)i, Hdr p. 426, soit le trou et le iam-
pon qu'on y met pour boucher. Cela me fut confirmé
1) On prononce "^orra et "arm.
2) D'où vient le nom de la ville actuelle de ^ jy» Yâqût IV
p, 680, appelée Mot/C'a dans le Périple, éd. Fabriciiis p. 60, le MowÇa;
hfifrépiov de Ptolcmée. Je doute que ce soit el-Mohâ'. Cette identifi-
cation provient de Sprenger A G A § § 05 et 298, et, d'après lui,
Manzoni place sur sa carte Musa un peu à l'est d'el-MoluV. Sprenger
l'a de Ritter XII, i p. 739, dans sa description du voyage de de la
Grélaudière, ce qui paraît concorder avec Géz. p. 74, ". Cette iden-
tification est acceptée par Glaser Skizze II p. 138 et Die Abessinier
p. 113. Il y avait ici, et il y a encore un p \»^ sur la mer, plus
au Nord, et je crois que c'est là l'ancienne Mu/.a, qui était un port
de mer. Elle est marquée sur la nouvelle carte du War Office
d'Angleterre, 1893, à quelques heures de route au nord d'el-Mobâ'.
Manzoni y passa, mais il n'en parle pas. El-MohiV fut renommée à
cause d'es-Sâçlilî, le père du café, mais nous savons par le Târîh
Tarr '^Adan qu'elle existait déjà comme ville au IVe siècle de la
Hif^rah.
1141
de visu, lorsque les Hadramites m'en firent la démon-
stration devant des barils de bière, en Bavière. 'iWJu v3<l,
bouche-le avec un bondon, mais aussi iUyt]! ^i iCoJit ]az>,
mets le bondon dans la bonde ^). Le 'arm de notre texte,
dans le W. Marrân, est appelé ^lijdt ^^ ou \Is^\ ^"0.
A propos de cela, un Datînois me dit: jJ^\ v.5j> ^''S}\
^t(Ai] ly^^. ^ [yabôhom] ,?^ L ^^^^v, le Mur des
Idolâtres qu'ils ont fait contre les Prophètes ^), ne voulant
pas que ceux-ci passent de leur coté. L'immense digue
découverte par Wrede, Reise p. 148 et s., dans le ^ô\^
iCiJ, W. Libneh^), et qui peut bien être comparé à
celle de Mârib, est par les habitants appelée '\ù j,^ ou
ïclJ v«j^o. Dans le pays des Mourâd et de Mârib, on ap-
pelle la levée de terre qui borde les champs encore j.^,
mais déjà en Harîb, on se sert du mot j.^>w. Abu "Obeyd,
dans son El-Rarîb el-Mosannaf dit aussi : L (^^îÀ^tj ^^l\
4) Il en est de même de »;J [berzeh peut-ôtre «jjJj Hilr
p. 252) qui signifie pe<j7 Irou et tampon. Si le bateau a une iijjJ,
voie d^eau, on dit ^'^-^ «iAav, houcJic-lc avec iin <rnH^50», ainsi appelé
parce que U-»^ ^Lli ;-*j, Vcaii sort par là, selon mes Hadramites.
En Dt, on ne dit pas »;-j.
2) Expliqué par L*^'» ànbiya.
.3) Je corrige Wrede, dont la nomenclature est aussi fantastique
que relie do Miles, Maitzan, Ilirsch et d'autres.
A) j^Xx^ est encore usité en I.Iarib et chez les Awâliq, iia)uic de
1142
décharge pour l'eau dans un réservoir (tank), y-^^y o" dans un
o ^
barrage, V;'^- ^^ ™*^*' ®^*' ^'^'^-i^n) tar il se trouve Mal. 424, ',
465, 8, D H Muller E D A p. 24, 2, 0 Weber St. S A A K II p. 6 e^
7. Je fais ici observer que ^J*^'^ de l'inscription de la digue de
Mûrib, Glaser Dammbruch p. 7, 1. 8, p. 36 1. 'V121 et que Glaser
traduit par DurcJilass p. 13, et par Abfluss p. 51, se dit en Beyhân
encore ^-y^i-^^^, pi. ^^y^^Ui** . C'est un parapet en pierres, au point
de la distribution des eaux et à la fin du principal cana^d'iV>u'5fa<ion,
iCçLv, d'où partent les rigoles, rj^fj sing. o5/» P^"^' consolider
la levée de terre qui s'y trouve. Cette espèce de digue est j^j»Ji^Xv/fl.
Abu Mahramah, dans son Târîh Tarr ^Adan p. 14, dit à proposd'Aden:
_:s;^_fcJi &_£> ^y, w*/îii i_5^*y oiJ3> ,>Ax>J! JUL ^^^
O
^w.j^-x:
^^! ]jlh ^J^î ^b tUo [5^^ Ûs tUJî \XJ> Jwc
î^yi e\Ji j^- 131, Ûi ^^.^^î J. JJ^ôî J-^
p'.jj-otj' JvaÏ q^ iL> JJL:S^J! (jjL /i ?/ avait dans la partie
haute {= Nord) de la ville, derrière le port des bateaux, du côté
de la mer, une digue solidement construite par les anciens habi-
tants pour protéger la ville. La raison en était que, pendant la
mousson d'Est, les vagues deviennent fortes, et si alors une grande
vague arrive, sa violence est brisée contre cette construction
et lorsqu'ils voulurent construire le palais du gouvernement (nommé
'âSixM*^] .lj>), ils opinèrent que cette digue avait été construite en
pure perte, sans aucune nécessité, et ils en arrachèrent les
pierres ce qui causa des dégâts dans la ville et voyant
que cela se répétait . . . . , ils reconnurent que ces dégâts prove-
naient de leur destruction de la digue (cf. Hdr p. 435, 5). Je me
1) Les deux mss ont cette leçon. Il faut peut-r'tre lire iLÀ.*a^,
mais je ne le crois pas.
1143
(^a^Jjî i5y> ^y, ce que LA a reproduit (avec ^j) sans
nommer sa source. Cette persistance d'emploi justement
dans ce pays est intéressante à constater, comme nous
allons le voir. La (jézîrah mentionne un ^j>ù) ^ chez les
Hamdân. En Hdr, ^^ est 1° la hutte de pierres super-
posées sur laquelle les Bédouins tirent à la cible = Dt
(j^33 ou ^^, ici p. 197 note, et 2° .^^^ j^^J^-o ^f ^>^
bjy^, pilastre [carré] construit en pierre et en chaux. Le
premier sens est presque identique à celui de ^^], vulg.
^y, K. el-Fasîh p. 29, o, LA XIV p. 280, 3, [p. 281, o:
(jUil _^ j,'^î = Hamâsah p. 820, 7], encore usité chez
les Bédouins du Nord, pierre debout servant de p)oint de
repère^ Hamâsah p. 614, s [pp. 578, ii, 820, 5], Gam-
hârah p. 101, 1 d'en bas = ''Abîd el-Abras Hommel A A
p. 60, V. 39, Nôldeke Fûnf Mo'all. 11 p. 74, Tab. I p. 1503,
15, et au pluriel aussi pierres tombales.
Le pays de "^Urmah est situé entre Hdr et le pays
des "Awâliq. Il produit beaucoup de blé, de beurre et de
sel, selon mes Hadramites. Cela pourrait être le m^ de
rappelle que j'ai lu le raéme mot dans la Gézîrah, mais je ne le
retrouve plus. Mon ms. de l'histoire d'Aden est copié sur l'original
de l'auteur et voyelle par le savant Qâdi d'Aden Ahmed el-Hitârî.
o -
La leçon ioU^^* est donc juste et plus près du sabi'en rj^^^w. On
dit aussi en BeyViàn J^^**^, et chez les "^Awâliq, *-**Ji/9. Observez
,..mJUj ^iU dans riklîl, D H Millier B S II p. 85, G, et ^U!! ^U^
ibid. p. 84, note.
1) L A porte «yA-', mais d'après L A V p. 359, ", c'est iJjJO.
A présent, on dit j3, Hdr Gloss. s. v..
76
1144
Gez. p. 94, 14. „I1 était autrefois sous la domination de
Belqîs, de môme que êibâm et tout le Hdr, jusqu'à Sêhût,"
me dit un Ha^ramite.
Il y a des digues un peu partout dans le Sud, à en
juger par les restes qui en existent encore. La langue
classique n'a pas j.!c dans le sens de digue, mais el-
Mas'ûdî Pr. d'or III p. 37/10, p. 375, 2, (aauharî et
d'autres expliquent ^^ par le singulier alLwo, digue^ tout
en disant que c'est un pluriel! On était tellement peu
d'accord sur la portée de ce mot, qu'on le paraphrasa
par digucy torrent^ pluie torrentielle et rat, L A s. v.,
Yâqût III p. 655. Notre ^^^ figure comme iLt,^ ou 'i,/^
dans les dictionnaires, Kâmil d'el-Mobarradp. 611 etnote.
j.y: peut bien provenir de j.^:, comme J^ de j^, éj^)
de ^i)^3, etc.. Brockelm. V G S S § 43 p. 108. Par l'inscrip-
tion de la grande digue de Mârib, publiée par Glaser, la
forme masculine j.jt est assurée. Nous y trouvons, Damm-
bruch p. 7, N° 554, 1. 6, ^^ j.Ai ^ ^^.£ _oA£ = il ^)
répara"^) la digue depuis la proximité de R.; 1. 24:
^jy£. J.IA-S = [•jJtJ! j»LXi ou j.'lX5, devant la digue ; 1. 67 :
j.^xiÎ5 v^^U. Ces exemples suffisent pour prouver que la
fameuse digue s'appelait kxt' i^ox^v ^j^ ^j^. Le voyel-
lement est, bien entendu, incertain. Mais comme le mot
>
^jd existe encore dans ces parages, et que les construc-
1) Le pluralis majeslaiis^ si commun aujourd'hui, IV'tait aussi
dans l'ancien temps. ^"^ 1^'t*> Lj^'-> 3^ [rr^] '^^ , Boh.
I p. 119, 13. Muzhir I p. 458, 15 et ss. où un exemple du Qorân
est citi'. 2) Voyez ici p. GGG.
1145
tions analogues s'appellent encore dans le Sud ^y^, on
est en droit de supposer que les Himyarites ne l'ont pas
prononcé autrement. Le pluriel ^\f^ se rencontre dans
une inscription publiée par D H Mûller Z D M G XXX
p. 675, N° 3, 1. 4. Dans le Nord, même dans le Higâz,
ce mot n'a pas dû être courant. Il appartient aux dia-
lectes du Sud. Son emploi dans le Qorân et chez les
auteurs arabes le montre. Les commentateurs du Qorân
XXIV, 15 n'ont pas su au juste ce que c'était que ce
|,yL!! J^x^^ bien que la dernière rupture définitive de la
digue eût lieu peu de temps avant la naissance du Pro-
phète, peut-être aussi après '). Cela prouve que les Higa-
zites avaient bien peu de relations avec le Yéman. El-
Hamdânî, dans son Iklîl, D H Mûller BS II pp. 84 et
86*), applique bien le mot à la digue de Marib, mais
dans le chapitre qu'il consacre à la description des digues
du Yéman, ^^yt^\ o^o^ v^-^» 1® niot ne se rencontre pas
une seule fois''). El-Ya^qoûbî I pp. 231, 4 d'en bas, 234,3,
l'appelle j.jsJt J^x^î, pensant sans doute que le dernier
mot est un adjectif pJtJ! = ^XjJoiJî .U! ou oLLj "^5 t_cJJt Jyy*Jt
1) La destruction dont parlent les inscriptions de Mârib, publiées
par Glaser, n'est pas celle, bien entendu, qui aurait motivé l'émi-
gration des tribus. Celle-ci eut lieu sous le règne de 'Amr Mozay-
qiyâ b. ''Âmir, Pr, d'Or III pp. 365. 378, probablement au Ile siè(;lo
de notre ère, et non comme le dit D Nielsen, Studier over Oldara-
biske Indskrifter p. 122.
2) Où il faut lire 1. 3 et note 3 (Bekri) iwO.LxJ", pierres équar ries.
3) lX~»*., (ligue, figure dans l'insci'iption do Libneli, Hommel A A
p. 107.
4) Comme ^jC signifie aussi rat ou taupe, h A XV p. 290, ''^
1146
L A XV p. 290, 10, 12 ; il ne connaissait pas même bien
le texte sacré. Les poètes arabes ne mentionnent pas
|,ytll Juy^, seulement l5->^ 'xxJj [contemporain du Pro-
phète] dit, Kâmil Mubarrad p. 611, Mas'ûdi Pr. d'Or III
p. 373, LA XV p. 290:
Lo^î xLav ^y:> ^^ (ij^y-o 3] y^U» ^^ytoLsUl L^-^ ^^
ce qui n'est pas la même chose. El-Mutawallî, mon ms.,
dit: py*J! J-ow ^bù- 4i ^ lX^Ls^ ^^^ f^-L> ^( ^î ^^î^
iUJ( L^ «^' ^t iiUaîî xli-^lj j,yiJî Jiî. Je ne trouve
pas ce mot dans les livres sur cette langue à ma portée.
Cette étymologie est encore une preuve de l'Ignorance
où l'on était concernant la provenance du mot en question.
S. de Sacy, Mém. T 48, p. 498, d'après Ritter Erdkunde
XII p. 28, a déjà relevé cela, mais cet ouvrage-là n'est
pas à ma disposition.
Le verbe j,^, a, est 1° boucher et 2° ronger un os,
(toujours selon le dictionnaire!), on aura inventé l'histoire de la
destruction de la digue par un rat. On connaissait bien le V)^ '-^^**'>
mais son synonyme j»j£ leur était étranger. Voilà comment un petit
mot peut devenir le point de départ de toute une légende. Et il en
est de même partout. Le rat était probablement alors déjà détesté
comme propagateur de maladies. Le surmulot a certainement ap-
porté la »mort noire" en Europe. Quelque chose d'analogue a peut-
être eu lieu à Mârib. La peste, apportée par une migration de sur-
mulots, décima les hommes, et la digue fut détruite par le manque
de bras pour l'entretenir. Sur le rat, comme animal néfaste, voyez
le petit livre récent de W. Fischer »Die Geschichte des Teufels"
et I Oestrup OS Festschrift Nôldeke II p. 8G7. Celui-ci attribue à
tort ce rôle au yarbû'^, qu'il traduit incorrectement par Fehbnaus,
au lieu de Sprim/maus, Dipus. 11 est impossible do préciser quelle
espèce de rat apporta la peste, car tous les l'ats peuvent ûtre pestiférés.
1) LA: O^
4
1147
manger le peu de viande et de moelle qui y reste encore.
C'est classique, L A XV p. 289, ♦, et coïncide avec le
class. I.L Les significations des mots de ces deux raci-
nes se touchent sur beaucoup de points, j^î ij^Jjûj,,,
les chameaux se mordeyit entre eux, Dt. ^^^ n. gen. des os ;
jCoy:, im os, cf. L A XV p. 289 en haut. Cela se dit
aussi bien dos os (Knochen) de l'homme que de ceux
des animaux, mais il se rapporte, au fond, aux os d'un
corps mort et, employé pour un corps vivant, c'est une
comparaison qui comporte une idée de faiblesse. j.tyw,
ùez. p. 75, u, est en Dt le tas d'ossements, même de
cadavres de bestiaux, qu'on jette dans une o\ôd>, fosse.
A xy:, xy: , c^we, des dictionnaires, correspond l'hébr.
f^^T}^.} tas de remblais, de 6/^ = le syriaque aIdj^- Le mot
s'est conservé en Syrie, en Haurân et chez les Bédouins,
tas de blé battu, mais non vanné : m^ et iwy: = io-o,
Dozy suppl., et m'1, pi. j.!y, Schumacher Dschôlân Z D P V
IX p. 352, tas de blé, de même que dans l'Afrique du
Nord, Delphin Rec. de textes, Traduct. p. 124, Beaussier,
Fraenkel F W p. 135. Dans les deux contrées py, amas-
ser, entasser. Cf. le class. jy>yi, (jamharah p. 97, s d'en
bas; comme nous disons un tas de.
On a vu que j. y et ^J offrent plus d'un point de con-
tact. Je suis bien tenté de reproduire ici un long article
que j'ai écrit sur le Qor. 89, ♦, s: eVj^ Jjù ^JoS y Jè\
ji^! o'i * I o'ju^ où le Prophète pense assurément à
1148
ol [r;' "^^ o'' voy^2 ici p. 1143] = j.^, ^^. Ce sont
les exégètes qui l'expliquent par Araméens, et j..] se
rencontre souvent avec ce sens dans les anciennes poé-
sies: Hamàsah pp. 174, 2 et 285, s, Mufaddalîyât N° 23
V. 9, Zoheyr Diw. N° 17, v. 24, Iraroul-Qeys N° 58, v. 3,
Labîd Hâlidî, N° 7, v. 3 (p. 25), N° 15, v. 5, (p. 86),
N° 18 v. 81 (p. 135), N° 34, v. 4. Mais ce n'est pas
ici l'endroit de faire des hypothèses. Loth a exposé, Z D M G
XXXV p. 626, d'après le Ta f sir de Tabarî, suivi par
el-Barawî, tout ce que les Arabes ont imaginé sur l'in-
terprétation de ce verset. La variété des explications et
la bizarrerie des identifications montrent combien les
exégètes étaient peu au courant. Les légendaires ^Âdites
vivaient dans le Sud de l'Arabie, où l'on place aussi
oUxJÎ cj'>3 ^J, selon l'auteur de j^,Ac jù ~^.Jj, mon ms.
p. 2, et ôéz. p. 80, 5 : oUxJi o'^ j. .! w^, j..| s^U ^jj \^'
est (jéz. p. 53, 13, = Yâqût ITI p. 622, i3, la campagne
hors d'Aden. Le Prophète avait sa sagesse du Yéman,
ici p. 335, qui était anciennement d'une grande pros-
périté, Prairies d'or III p. 365 et ss., et entendant la
juxtaposition de Iram et de 'Âd, mais ne sachant ce que
c'était que les premiers, il aura fait ce malencontreux
accouplement de o'l*jl!î o'3 ^ [ j>\ju. Le qualificatif ob
oU«j! me suggère l'idée que ^.1 pourrait bien ici ne pas
signifier Araméens, dans l'esprit du Prophète, bien en-
tendu. Il aura peut-être pensé à Aden où se trouve, à
deux heures de marche, le grand sanctuaire oUxJî, et les
"Adites étaient, selon la légende, exposée par I Ilisilm
dans son Tâg el-Mulûk, le peuple de l'Arabie du Sud.
1149
72, 5: Ô a m s an. C'est le nom du massif montagneux
de la presqu'île d'Aden, appelé par les Sômâl et les Euro-
péens Chamcham, et dans la Gezîrah pp, 67, 22/3, 98, s:
^lXc Ie'); Abu Mahramah Hist. d'Aden: yt]î J.>j>. Le
nom est intéressant en tant qu'il nous rappelle le culte
du soleil, car ^Uv-*-ii est ;j*^-*_ciJî, avec l'article sabéen.
Cette montagne était le 'Aja^ttajv/cu xKpuTiîpiov, promon-
toire d'Ammon, de Ptolémée. Sprenger, AGA §91, l'iden-
tifie avec le (jebal Ahsân, de l'autre côté de la baie
d'Aden; cf. Glaser, Skizze II p. 216. Mais le Samsân
est le plus haut et se dessine bien plus distinctement
au milieu de la mer, lorsque, de celle-ci, on approche
d'Aden. Les habitants de cette côte étaient par les Ro-
mains appelés Ammonii, Plinius VI § 32, justement à
cause de la montagne d'Aden, qui, alors déjà, portait ce
nom, Plinius 1. 1. et Fabricius, Periplus p. 141. Je ne
comprends pas comment Sprenger, qui a dû passer plus
d'une fois à Aden, a pu juxtaposer le prom. Ammonii
de Ptolémée et ""Imrân. Le golfe de "^Imrân se trouve
à gauche d'Aden^); son nom est d'une tout autre pro-
venance, mais non moins intéressant.
1) _E est, dans le Sud, montagne, mais c'est à présent un mot
très archaïque; est-ce le kanan. harr, Zimmern KAT p. 052, et
l'hebr. "in? Sur cette montagne, voyez Description géologique de lu
presqu'île d'Aden, par Vélain, Méin. de l'Institut de France, Acad.
des Sciences 1880, tom. II, p. 51 — 92, Scliweinfurth, Erinnerungen
von einer Fahrt nach Sokotra, Westermann, Monatsli., Févr. 1891
p. 608, Deflers, Esquisse de Géographie botanique. Revue d'Egypte
1895, p. 358.
2) C'est à IJûr Imrûn que les fusils qui viennent en contrebande
de Djibouti sont débarques et vendus. Les Anglais ne peuvent pas
empêcher ce trafic lucratif.
1150
72, 5 : s i d d a =3 SjLii^ comme !Â=>, avec chute de l'n ;
ma La langue arabe, p. 27 et a..
72, 6: m ara g il. iJb-j^ est un plateau, plus ou moins
grand, sur le versant d'une montagne. A propos de cet
endroit, on me raconta: hàllu fîha en-nu bùwah
uàtër el-heyl makfinah mù'âlam fis-safûh !^
(^sU^! ^ JjL« \jbCo Joii y;!^ 3^1 L^. Les Prophètes
y ont séjourné, et la trace des chevaux est encore marquée
sur le rocher.
1) alÀo, j)i. (jràA3, sîi'i ou sifî', ou, avec un son vocalique i)ros-
thétique, ùsfi, es fi, qui correspondent aux Iào, ^j^^^-a ou ijA-*^
do la lu rail, est, selon les Datînois et les 'Aulaqites, un endroit
plal et lisse dans la montagne, où ne peuvent arriver que les singes
et quelquefois les chèvres. Ce n'est pas là précisément la signification
des dictionnaires: j^^^^A^ail lAJuaJt j^^\ LA XIX p. 197, 8 d'en
bas. C'est presque la môme chose que Là.o, dai/o, Arabica V, p. 211
note 3. c>yJ^\ LâxaJI ^ j^^ -Ija's^! (c*-*^ "-^.Z ^-rV^ i '^ y «
« côté un bassin appelé el-Waqît, creusa dans le roc noir, Géz.
p. 78, 20. Le texte de D II Mùller a ov9j, mais un thème vi^i»,
n'existe pas en arabe; voyez ma note Arabica V p. 70 sur le mot
JaAÏj , écorché par Miles, Sprenger et Maltzan, Reise p. 228. ^U!
Ja^ljJli (_5^-iM jAaK Lao q-, ioy> J. . . . (jJLiJ', l'autre eau
se trouve. . . . dans une fosse ronde dans le rocher à Vinstar d'un
puits revêtu intérieurement de dalles de marbre, ibid. p. 78, ^^.
Lr-*.2-' J, \J Î^-Uij Uà-* l>^ ^ ..."^5, parce qu'oti a fait pour
chacune de ses colonnes une excavation dans le roc, llamdânî chez
Dli Muller BS II p. 87/8. El-'Aggâg dit, Ahlw. Sammlungen II
p. 28 V. 52 — 54, Arâgîz el-"Arab p. 88, en parlant de son chameau :
1151
O J 5
72, 7: sarm. jyj), pi. ^.^^0 et p'yo, ainsi défini: ^bCc
j^L\iJî |.!jJ! ^J-, jvJkA_s s3o, ^<?^ endroit ancien du temps
passé ^). Mais aussi par ^ÛXJÎ Lo, de même que J^. La
différence entre j.^ et j.yo est que le premier est un
miir, parapet, digue antiques, tandis que le second est
une rui7ie antique en général. Un ^^ peut donc être
un jyi, mais un p^ n'est pas toujours un ^.y^. Une ruine
moderne, une maison en ruines est iùtjî>, ijyî. ou *jy>,
qui s'appliquent du reste aussi à une ruine antique. En
Hdr, |.yo est j^ J, ^_^l2iU ^lXJ! ^L«, campement des
Bédouins, isolé dans la Montagne (Egypte iLS'U), où les
CoMiwe si ses yeux, à force de s'enfoncer dans leur orbite,
Après la faliyuc et la sueur des plis de sa peau.
Etaient deux fosses^} dans les deux côtés d'un roc excavé.
_j.^AJix [suai] j, uî^:^ ^Uiî '^JuS -\X^5 "^t y^ L^ i),iln'u
a pas de château qui n'ait à côté un bassin pour Veau, excave
dans le roc en forme de réservoir^ Iklîl VIII, mon ms. sub -LcIj Sô.
El-'Âggâ^, Ahlwardt Sammlungen II p. a^ v. 19 ^ Mo^arrab p. Ia:
LàxJ! i^Ji^ .3 l5^^" \S^^ ) jitsqii'à ce que l'eau arrivât succes-
sivement dans les citernes du rocher.
i) Jo demandai l'explication de i^.p-^, la réponse l'ut: im^oJ) ^^
l^jiAJL!, et Ion protendait que l5^^ et (^J^Ai sont synonymes.
2) Sur le vrai sens de LXr>J voyez lo Gloss. s. v.
1152
Bédouins sont*) ^l^ c:jv«/^> retirés d part. A Harîb
> — — —
et au Nord de là, j.yo, est la totalité de la tribu = i^cU^-
(j^UJi-) ô\y9 j.yo, toutes les tribus des M. réunies au même
pâturage^), iicol^! j.yo, la totalité de la subdivision des
Q. des Mourâd, si elle se trouve ensemble au même en-
droit. Mais en ïïdr ^yo est aussi U7i enclos en pierres
à hauteur de taille, où les Bédouins des montagnes par-
quent le jeune bétail, habitant eux-mêmes dans des J^»)f,
ïïdr Gl. s. V.. Cesarm estlesîrahduNord V. Gloss. s. V..
Ayant L A devant moi, j'ai passé en revue tout l'article
de ce dictionnaire avec mon nombreux auditoire, réuni
de tous les côtés de l'Arabie du Sud*), et j'ai pu con-
stater que 1° la plupart des significations de L A sont
encore courantes, surtout chez les Bédouins. j^\ j.J^,
1) = p^.
2) LA XV p. 231, 5, porte: ^ iotIaii>LL! iot.«,X;^i! oLo"^' ^y^'
3) Voyez note 2. ibid. 1. 10: i^^^l^ ^Lj O^j^ i^cU^ p^'
iLc ^ = Nihâyah II p. 2G1, 8.
4) Je ne finirais jamais mon ouvrage, si je voulais, comme je
devrais le faire, donner un tableau photographique, pour ainsi dire,
de mes conversations philologiques avec les indigènes. C'est ainsi que
j'ai appris les dialectes. C'est ainsi que j'ai reconnu l'énorme impor-
tance des parlers bi'-douins, pour lesquels quelques tiiéologiens ont un
souverain mépris. Les arabisants sérieux ne veulent nullement, par
ces études, remonter à la »semitische Ursprache", Z D M G 59, p. 428
en haut, mais ils seraient bien payés de leurs peines, si les autres
sémitisants voulaient s'occuper des résultats auxquels nous sommes
arrivés en approfondissant la langue arabe et ses dialectes.
1153
passer le fleuve à gué, Hdr = ^\ jfLi du Nord, sj^^j j.^,
lui couper la tête. 2° que ^yo, dans les significations qui
se ramènent à l'idée primordiale de couper, retrancher,
Nihâyah II p. 260, 5 d'en bas, n'est qu'une variation
phonétique de ^y^, avec permutation des labiales. Quel-
ques-uns disaient ^*>y^-^ •^W-^^j <^'^^i ^^ téméraire, mi
étourdi^), d'autres v^/^- ^^^ ^^^ prétendaient qu'il fal-
lait dire pljiLJ! <-j^y^, la récolte (coupure) de la dur a h;
les autres, que a.LJJI ^t^o était seul usité chez eux; v.
ici p. 641 et ss.. Voyez Ôams el-'Ulûm chez DHMùller,
Z D M G XXX p. 705, et la même permutation de ces
verbes chez Hartmann LLW p. 155, 13 et s. d'en bas;
^y^\ j.L:l K Ar. X p. 50, Gréz. p. 199. 3° que ce verbe
comporte, en outre, des significations qui ne figurent
pas dans nos dictionnaires et que je ne saurais ramener
au sens primitif de couper. Dans le pays entre Hdr et
le Yéman, ^y<i veut dire:
a. réparer, mettre en état, ^^^-oyo ^o^t ^y, yvliJi ojj>
^_y^l\ vJl^ «.Lijî, fat raclé la boue du champ [den Schlamm
weggekratzt] (et) j'ai réparé la coupure de la levée de
terre. xX:s^Lo ^^^j j^F^' J^jr^^ o-*yo, j'ai réparé l'en-
clos ébréché, c'est-à-dire, je l'ai mis eti bon état.
h. frapper. j^\^\i ^^yo, je lui ai lancé une pierre, ou
L^L, je l'ai frappé avec le bâton zzz ^Ua ou i^*^. jy^J',
tomber sur qqn --^ siy \/*^ i^e^) venir sur lui à l'im-
proviste.
1) Ce serait un huytunc courageux, selon les (Uctionnaires.
1154
c. lier fortement^ serrer '), soit un objet, soit le museau
d'une bute avec la corde du licou, qui, dans le pays des
'Awâliq, porte le nom de ïOcS^o = Dt ^^, Hrb ^^^, Hdr
.'À£, pour .'J^, ou 'ijJ'^. M^y^ est la ligature qu'on fait
avec une ficelle, ic^', à laquelle est attaché un petit bâillon
en bois pour empocher le petit de têter. L A appelle ce
bâillon ^.y^, mais je crois que c'est là un infinitif ou
un adjectif.
72, 10: y i s'a m. j»jtv., marcher, homme et bête, vite
ou lentement, = ^p>j> G 0. Est-ce un développement de
^yu^ ? La définition de Gauharî Jj^l y^ ^J^ v/^» ^^ de
L A, -JJ! 'êJ^^, n'est pas exacte pour ce qui concerne
les pays entre Hdr et Beyhân. En Hdr, on ne connaît
pas ce verbe. Abu ''Obeyd, el-Rarîb el-Mosannaf, dit:
j«jt.wa j^ -^>^Jt 1**^') sans ajouter autre chose, ce que
L A répète avec cette addition : y^l^ xc:y^ j^ yytJ! u,aj>L£)
j^xjw «.4^3 Lf^K ^j^' y^' '^.y^ ^y^ '^^3)- Dans le pays
de Harîb, *jijw est trotter (chameau) et couler avec ra-
pidité (torrent).
72, 11: surhùq. o^r*«, citerne, pi. ^jijJ>\y^, est un
mot emprunté d'Aden, où l'on appelle les tatiks -«^^
pi. ,^L«2). 11 me paraît venir de -.3»^, chaux vive,
1) C'est un développement do y^, serrer, l.Idr Gl. s. v., cf. .;.
2) I. el-Mo^âwir les appelle ,io^gx5, «^.Lgxa et il dit qu'ils furent
construits du temps du sultan Sâh b. IJamsîd. La 6ézîrah et Târih
Tarr 'Adan n'en parlent pas. Ils étaient alors en ruines, connue ils
1155
ou 03^Uî, plâtre, qui remontent au persan ^.b* ou ^ Lw,
Fraenkel F W p. 7, Vollers Z D M G 51 p. 644/5, Mo'ar-
rab p. 97, et d'où l'on pourrait aussi faire dériver .^njX^,
citerne, Vollers o. 1. p. 645, malgré le doute de Fraenkel
0. 1. p. 287. En Hdr, on dit aussi -^^ , Hirscli, Reisen
p. 221 et note. Le vrai Bédouin ne connaît pas ces
mots-là: il dit: v^Jï, j.^, J^Ct> ou xiL,
3 0 1
72, 12: ""ôzrah = ^^yi, sa profondeur. Jahn M S, p. 185,
donne r â z e r, Ahgrund des Meeres, tiefes Meer, mais cela
ne se dit pas seulement de la mer, .j^c, profond, comme
aussi en mehri o. et 1. 1.. >scLo .;£ de la profondeur de la
Mer des Indes, Mas'oûdî, Prairies d'or I, p. 332, s. y^l
^,jjù], la mer profonde, est une locution que je trouve
souvent dans mes poésies du Sud.
l'étaient aussi dans la suite, jusqu'à leur réfection par les Anglais.
Mais ils existaient déjà du temps des Sabéens, car une inscription
en parle, Derenbourg Nouv. Et. N° 8, Glaser SuwiV und el 'Uzzû
p. 19 et s.
31.
Qatb îd es-sûriq.
Dans tout le Sud, ce verbe est couper, Hdr Gloss.
s. V., zzz tnjj. Sâleh em-Mûsa, 'âqil des I.Iumeyqân, dit,
dans une qasîdah, en réponse à celle du sultan ''Awad
b. ^Abdallah des 'Awâliq Supérieurs:
..— _jiAj L«.> ^iLot v_jLot sAJLe ^_5l3
^ o
■ •— j_*_q. ,1 ^LuJl (j^L ,JL*Jî o!c
_ >
1) Le sultan avait fini ainsi sa qasîdah:
i>=>-*^ ijr^y cr-^3 ï^*^ L^ ^
SaZwc Na'-wah et B. Mûsâ h. '^Awad et dit-lui:
'^Awnd (le sultan) va moudre le monde d'une belle façon.
1
2) Var. v^-^J', r emporter en cachelle.
1157
El-Homeyqânî dit, le chef de la tribu,
Qui a les dents de la guerre lorsqu'elles se montrent: *)
Tu ne mouds pas le monde et tu n'es pas son homme:
Les bœufs se relâchent aussi au bout des sillons
Nous ne ... . pas qui est sur la nacaire de Hoseyn
Nous allons couper le Wâdi, quand même il aurait
[deux déversoirs.
Ahmed b. ^Alî ed-Diyêbî el-Hamyarî chante:
- , O -
__^. _bLc L05 vJ5^LJ! «.JljtJ L iOJs-^! OjjlciJî dV-o"Lu iç-*^
Mon œil est dans ces contrées de l'est (ma patrie),
Tant que l'éclair luit et la pluie s'agite.
Et quand mJme 07i dirait: ^^sa porte est fermée,''
La guerre, qui coupe les cordes, reviendra encore.
Dans ma La Langue arabe, p. 65, je dis: „w^^ ^st
dans le Sud, et classiquement, couper, mais dans le Nord,
réunir, coudre e?isemble" ; cf. ici Gloss. s. v.. A cela, Nôl-
dcke, dans sa critique de cet ouvrage, Z D M G 59, p. 419,
fit cette observation: „I1 n'est pas très sûr que v^>
dans l'arabe classique, veuille véritablement dire couper.
C'est là peut-être une fausse déduction de ^j^^ >_;LIis"')
ou de iAJi = LxLï, tandis que d'autres ramènent le der-
nier mot, et avec raison, au sens usuel de j^. Le sens
fondamental est, selon toute probabilité, resserrer, zu-
sammenziehen. A cette catégorie pourrait aussi appar-
tenir |»^L'î ^j^ jCxIaiij! ioLLfii!, comme un morceau qui tombe
4) Pour mieux cornprendro la phrase, voyez \h\v Gloss. s. v. !iAj.
2) Gauhaiî fait d/yù cette juxtaposition, Lbg.
1158
en resserrant, als Abfallstùck beim Zusammenkneifen.
L'idée de „morceau, déchet" est déjà dans la forme gram-
maticale &JL« et n'a pas besoin d'être particulière à la
racine." SiMh et LA, II p. 175, 3 et ir,, enregistrent
(_>Jaï := jiis, sans exemple à l'appui, cela est vrai , et
je n'en ai pas non plus. Il se trouve cependant dans les
dictionnaires classiques. Faut-il donc admettre que Gau-
harî, qui avait fréquenté les Bédouins puristes du désert')
ait entendu «--J25 = ^ chez eux et qu'il l'enregistre
dans son _LâP parce qu'il dit, Préface p. 2 : ^sJ^sj^ ^ L»
wiil! »j^ ^y,? Or, dans le Nord, i»,Jis n'a pas ce sens,
et si le Qâmoûs seul l'avait, on pourrait supposer que
Feyroûzabâdî l'eût entendu dans le Yéman. L'éthiop. et
l'amhar. ont «l'VniO, perforer^ formé par dissimilation
de *|»nin, Brockelmann V G S S § 90 c; il ne s'identife pas
directement, comme le veut Nôldeke ZDMG 59, p. 419
note, avec v^-^j ^'^^ pourtant n'est qu'une variation
phonétique de ^_aLiï. Du reste «-Jaï n'est qu'un dévelop-
pement de iij, comme oïLïrrassyr. qatâpu et comme
sa variation consonantique i-^^iaï l'est de ijsié, les deux,
Jajs et (jLiï, couper *)j usités dans le Sud; je dirais même
comme JaJi, 2)ip, y^ liip, ^Js, fendre Dt, ^.Ju^, ^)ip
1) Ce que Noldeke nie, 0. 1. p. 414, quoique Ôauharî dise dans sa
Préface: L^ ^J/^\Ji^^*) iuKo L^LëJ'!} iuL^ v3'/^^ lgi**aj^ lXxj
&JOLJL. ^.Lo ^5 i^jl*J' V î*^'. Cela est bien clair.
2) Dans le sens de la longueur. (jiJaï!, se crevasser, se fendiller,
Dt. *-Jr^' viiA^iaLil, Voulre s'est déchirée, est crevée = u>aJ1c!.
1159
briser Dt, I. Sa'd IV i p. 32, i3, et J.^^, coîiper, Wellh.
Hod. N° 252 V. 13. Dans le Nord, ^..^ Gst zusammeii-
nàhen, S:uà>, Soc. Diw. III Gloss. p. 303 s. v., Meissner
MSOS VI, II p. 104 N° 26 v. 1 et 2 et p. 105 note
11 et 12, ici Gloss. s. v.. C'est donc tout le contraire du
sens sudarabique. J'ai de la peine à croire que la racine
iaï ait pu produire deux courants sémasiologiques dia-
métralement opposés. Il faut donc y voir deux racines
différentes. Noldeke dit, o. 1. p. 419 note, qu'on doit sé-
parer v*-^^) ^6 v^» quoique les sens dérivés des deux
verbes se touchent. Je n'en suis pas très persuadé, mais
je ne m'explique pas bien où se trouve le point de départ
pour i»,*i2s = *^. La réflexion que Noldeke fait à propos
de la forme '!6^^ est étrange, car il faut bien, pour qu'une
racine puisse donner un substantif jdL«, qu'elle renferme
un sens qui comporte une telle forme. iùLLï n'est pas
*j<OJ! ^y, iuLï uniquement parce qu'il est sur le paradigme
ic^L*s, mais parce que le verbe v-I^ï» couper, se prête à
1) Ce que Noldeke y dit de ^-r*^i DPD et de l'algérien *_j^x^,
poche, avait déjà été avancé par moi-môme Hdr Gloss. s. v. et La
Langue arabe p. 05, note 5. Je fais observer que le mehri a ketôb
= v^) D H Muller M S S p. 71 , '», et la coïncidence du classique
V*^) coudre (une outre, Ildr p. 250) et le nordarabique v^j
coudre, ne peut guère rtre fortuite. Si v-^> SHD, écrire, vient de
l'opération déjà proposée par moi, Hdr p. 251 , et que Noldeke, Z D M G
59 p. 419 note 1, semble admettre, sans connaître mon hypothèse,
ou de v*^ = ^-•^) coudre ensemble, cela est encore sub judicc.
Il y a donc on ^-.^iaï deux courants différents, mais dont le déve-
loppement idéal nous échappe.
77
1160
une telle forme, donnant au substantif qui en dérive
un sens déterminé. Avec le même droit, on pourrait dire
que la désinence ure en français, dans coupure, balayure,
ordure, etc., est tout-à-fait indépendante des verbes cou-
per, balayer. Mais ce sont justement de tels verbes qui
comportent une telle désinence à sens déterminé, et cette
désinence sert ensuite pour des mots qui rentrent dans
la même catégorie d'idées. La langue arabe a une vie
merveilleuse: elle est toute paradigmatique, et ces para-
digmes indiquent à peu près la signification du mot ainsi
modelé. Mais encore faut-il que le paradigme aille avec
l'idée cachée dans le thème. De ip^ on ne saurait dire
iOtoJjXi pouvant signifier selle du malade ou quelque chose
d'analogue, mais ïôLIaï est possible parce que --Jas> ^^^^'
per, ne s'y oppose pas. KaLî, pi. ^-^, est en Dt un
7norcemi d'une chose pouvant être déchirée, p. e. de viande,
de peau, d'étoffe ^). wà^, morceau de papier, (j^ai, petit
morceau de qqc de dur, ÎT(Jr Gl. s. v.; cf. Tab. Gloss.
s. V. ij:^.
Le q a d a b 0 de la 1. 5 n'est pas î^^^, car cette varia-
1) iLaJLi; ou isiftiui, pi. \JiSÙ^, \J)ÂX^ ou oiilii [les voyelles ne
sont pas aussi absolues que dans le paradigme classique], morceau
d'une chose pouvant être cassée ou fendue, p^ e. de bois, de verre,
de poterie, etc., en Dt, de o^Axi, casser, fendre, ici p. 3G0. On
sait qu'en Syrie, iCÀJlii est morceau de n'importe quoi, tandis qu'en
Algérie, c'est morceau de poterie cassée, comme aussi dans le Sud
de l'Arabie. De môrae ^ yi- usité en Hdr, morceau en général, (aussi
crevasse, fente :='Dt — yi.
1161
tion classique n'est pas usitée dans le Sud, mais c'est
l^xCaï, où le -b est prononcé comme un d emphatique,
ce qui correspond à la prononciation de ij^ chez les Ha-
dar de Syrie et de l'Egypte, où la superdentalité de
cette lettre a disparu. Ne connaissant pas cette pronon-
ciation du Jb dans le Sud, D H Mûller, Mehri und Soqotri-
Sprache, écrit p. 71, lo: qadab sob'^oh = mehri ketôb
(qedôb) sab^h et soq. gîsil (cf. JJJj et J.A^=éth.
•fcîLA Billm. Lex. p. 472), et p. 85, lo: qadob lisâ-
nuh = mehri qoss lsîneh = soq. gîsol lishen. Il
transcrit {ja par d, et l'on croit par conséquent avoir
affaire à v^.*i2ï, tandis que c'est qadab. Cette erreur
de mon confrère de Vienne a déjà été relevée par moi
dans ma critique de son ouvrage p. 37.
Le texte de Hdr porte gassow, mais ^^ est tout
aussi courant en Hdr qu'en Dt.
37, 7: yimutt. iw, djL, 64, \o et JÎ^' 74, N° 32
sont déjà dans la lurah. En Egypte, (_^Ii^* devient ^L^,
s'étendre, comme au Maroc Lôp" devint %^_y, Socin Zum
arab. Dialekt von M. p. 174, i, et note 24; voyez Ara-
bica III p. 80, Hcjr Gl. et ici Gloss. s. v.. Les thèmes
j^JCfl, ^jcx, l\^, ij^iyi, ( c*^^5 -^) S^i Qt Lijw '), Well. Hod.
N° 196. V. 5 et Scholien ZDMG 39 p. 444, 6, ne sont
que des variations phonétiques.
1) ^c^ fiiissi en safûtiqne: c:/-*-^ ^J^^ i c^Jj ^^ '^ f'^ ""^
incursion, et Allah lui fit faire du butin =\:^/>4^ . On comparera
le nordbédouin 3jiit >A/o, foire une razzia, et la »-f^^ qu'on monte
alors. La traduction de Diissaud est ici peu exacte.
1162
73, 9: min Ijûh, propr. de son frère. Pour établir
une comparaison entre deux choses pareilles, on appelle
dans tout le monde arabe l'une frère ou sœur de l'autre.
A propos de cela, on sait qu'il y a à l'Alhambra la salle
des deux sœurs, el patio de las dos hermatias, et on vous
raconte une jolie histoire sur les deux sœurs. A mon
entrée dans cette salle, je fus régalé de la môme histoire,
mais un regard sur le pavé de la salle m'expliqua tout
de suite l'origine de ce drame. Le pavé est composé de
deux grandes dalles pareilles, l'une est la sœur de l'autre.
Naturellement, les Arabes auront appelé cette salle 'xc^
{j^'i'i, des deux sœurs =: des deux dalles pareilles. Per-
sonne ne s'en doute aujourd'hui '). Les orientahstes d'Es-
pagne n'ont pas même vu qu'il y a dans l'Alcazar de
Séville des azulejos à inscriptions qui ont été placées
renversées dans le bandeau à inscriptions qui court le
long du mur!
73, 13: kurmûh. -5»/ est aussi le dessus de la
y y
main x ^^^[; en Dt. Les formes J^Lsti et 'êJ^Jutl, le
pendant de Jyti, et de i<i>«, indiquent, entre autres
choses *), le diminutif ou une petite muasse grosse : ^y^/,
1) Il en est de môme du iialio délia barca, qui n'a pas son nom
de sa forme ovoïde, ou en forme de barque, comme disent les guides,
mais de l'inscription ioj, bénédiction^ qu'on y lit plusieurs fois
répétée.
2) Le paradigme est peu réussi, car on ne doit pas par là com-
prendre que le J soit répété, comme Barth NB p. 211 note. Il
s'agit ici de quadrilittères. Presque tous les mots qui se rapportent
à la gorge (poitrine, nuque) sont sur JJjw ou J^JÙ. (^jJtb, œsophage
1163
extrémité inférieure de cubitus-, J^^ioti, Dt, gros caca,
Wurst — (jo^JL*ï, Stumme T Gr. p. 64, 5 p. 88, 18, avec
un c intercalé; b-^yt-^a, houle de fiente; iJ^_;-£o, kJ^jl^,
houlette, ici p. 794. Cette formation se rencontre aussi
dans la lurah, à côté de iciyè ; exemples chez Brockelmann
VGSS§172'). j*,f^, poétereau, en est l'exemple typique,
Bolj. I p. 31, 7 d'en bas; p>Jy^>, gosier, Hdr p. 384; .y^U:>, ^i-ac/ic'e
ar^trc, ibid. , Diw. '^Aggâg p. 08 v. 60; ^^jfp'i jwitrinc, l. Qoi.
p. 264, 9 ; ^ii'^jj > ,70>*î7e, Meissner N A G 1 Gloss. s. v. ; iwj'-^; Dul-
nian P D p. 293, 7 (où il faut lire gurbâne zerdûmatik);
a.JJÀc, nuque, Haurân = Syr. 3 r-«-J ; iC«^_>-_ï, gorge, Afrique du
Nord, Stumme MOT p. 256 § 102, RM TA p. 469, où Marçais
lui donne une étymologie berbère, ce qui rend ce mot encore plus
intéressant. Il en est de même des mots qui se rapportent aux pu-
denda, à côté de &i«, Hdr p. 486 : jy^h clitoris, pour .o; de jJ; •,
JyOjC, gros pénis, tj^jh±j, clitoris R M T A p. 453 ; j^iiAÀi et is-^AÀs,
3 O^
clitoris, ibid. p. 465, Beaussier s. v.; ^v^, vulva, Stumme T Gr.
Gloss. p. 176; {^-llDj, pénis, Ges.-Buhl s. v., Levy N H W B .s. v. ;
probablement un ancien dira, de y; ou 1D], avec permutation des
labiales, comme ij^, ij"^ et y>Dp; "113^, nomtn7. Les paradigmes
arabes constitueraient une jolie étude pour un jeune arabisant. Il
faudrait y englober la lurah et les dialectes, quelque chose d'ana-
logue à ce qu'a fait Weissenbach pour le paradigme iWcIi dans la
langue classique, seulement, avec plus d'ordre et sous des rubriques.
1) L'auteur y dit: »Auf demseiben Biidungsprinzip berulit auch
hadr. skâwak, klcine Schlâuche, neben skcâw (Landberg 255 n. 1)."
Or, au passage cité, je dis: »3y^, pi. skâw", et dans la note:
»pl. skâwak, les petites outres'', pour montrer la forme plurielle
en annexion. Brockelmann, lisant vite ou ayant, après couj), mal
1164
el-FaWc\kî cl'el-Abyarî I p. 110. Je suppose que r-y»/'
est une amplification en r de „^, mais je ne saurais
le certifier. Tout ce que je sais, c'est que ^^^ est, en
Dt, rendre crochu — f^/, et ^yC« est = ^^^, crochu^
qui vient de .^^^. En Hdr, on appelle le moignon %^,
o
C
pi. cUl't, comme dans notre texte ^, a, n'est pas, en
Hdr, seulement couper un membre du corps: ^ôJ> ^
ù -
Hjà-ccJL, il me coupa la main avec le couteau, mais aussi
casser : liVcLo «^1 LA^ixjL» Â^jo\ ^ilî^, par Dieu, je te frap-
perai avec le bâton et je te casserai le bras, et briser
d'un coup sec en pliant Hdr Gloss. s. v. et ici Gl. s. v..
Or, je lis chez Kazimirski : „,^, couper (p. e. les pieds),"
et chez Belot, ^^couper (les jambes)," ce qui provient sans
doute de Freytag (que je n'ai pas ici sous la main),
mais je ne trouve ce sens dans aucun dictionnaire arabe
à ma portée. Pourtant, il est exact, comme nous venons
de le voir. Le j^'i' classique, coucher avec une femme,
est sans doute le babyl. kamû, gefangen yiehmen^ in
seine Gewalt bekommen, pacA;ew, bezioingen, Zimmern z.
bab. Neujahrsfest p. 147, note 2, einschliessen, um-
schliessen^). Ce kamû correspond également à l'arabe
classique ^ = n^o^ s^, dompter^ et notre «^ dialectal
a plus d'un point de contact avec le ^ classique. Le
interprêté sa propre ficlie, en a tiré l'exemple qu'on vient de lire.
Et il y a becmconp de ces lapsus dans son ouvrage monumental, qui
aurait été bien plus profitable à la science si notre honorable con-
frère avait travaillé moins vite. J'avoue qu'il est très pénible de
corriger les épreuves d'un tel ouvrage, mais ici il y a une faute
d'inattention inconcevable,
1) Propr., selon Delitzsch II W B, lier, et cf. iifi et tDDp.
1165
fait est qu'on dit dans le sud ^^ et ^--*S, v. Gloss.
s. V. = cAi à Aden, briser. Un ragaz d'Ahwar porte :
Dis-lui: nous sommes sortis le matin pour ira-
[vailler dans le canal cV irrigation^
Lorsque nous avons brisé le joug [qui est] entre
[les bœufs.
73, 14: yirôzzu. Ji, o, ficher dans, enfoncer dans,
einstecke7i, planter^ seulement en Çdr, aussi dans le Nord,
31, !♦, 37, 11, Socin Diw. Gloss. s.v., où c'est aussi /et^er
en l'air, p. 800. En datînois, il y a la variation ji>:
cUiSt J, .^:v«J! ji-, il planta la lance dans le sol, Dt = ^^ t
UdjII \^-f^ chez Socin Diw. I p. 294, 9, lo. J, OJ^t ci^jji>
cLaSI, j'ae enfoncé le pieu dans le sol. Cf. ^f>, percer,
Sud et class., le class. \^ et le yémanite jyi, o, i, en-
foncer le qasab dans la bouche du chameau pour le
faire manger, Stace p. G3, s. v. feed.
73, 15: ha t tan. ^y^ ne se dit pas en Dt, et ^j^:>
on Hdr est plus rare; c'est la langue des lettrés. Voyez
ce que j'ai dit p. 737.
73, 16: yihimm. "^, i, devenir ou être mauvais,
dans tout le Sud et L A XV p. 80. iu^ -3^. L j>j>,
pour qu'il ne prenne une mauvaise odeur en était la para-
phrase. (.U> ^^\ ^ji (pour j.L>) mets la viande d l'air,
mets-la dehors, elle est mauvaise. Mais, en Hdr, ^ signi-
fie aussi ramasser qqc avec les deux mains et le jeter.
1166
Ayant le dictionnaire devant moi, je demandai si ce verbe
signifie si^tvs^î lt^j à quoi un Hadramite répondit : ty*wJij
iCwU^it Jsju ly^^», d^ vi>ywJ', ow ôatoze d'abord la maison
et l'07i ramasse ensuite les balayures avec les deux mains.
Lorsqu'on a vu comment un Bédouin écure tm puits,
on ne comprend pas autrement la définition du diction-
naire: bUj^ ic<uJ' yJ! j*3-j. Un développement de j*^ est
en Dt ,.i^*i>, seyitir mauvais-, cf. le class. ^^.
73, 18: yinbërûnah. ^, a, quitter un endroit,
éinigrer. o^^i-î' ^y, |îj*J, Us ont quitté, abando7iné la mai-
son, î^yo xÎpIj .LJt oviàl^'j ^G feu s'est éteint^ et les habitants
en sont partis, émigrés, 320/1. Jà '.j^^i, maison aba^i-
donnée, comme ^\i = -ry^àx, csj>-]^ = ^y>yi, etc., restes
d'un ancien permansif, Del. Assyr. Gr. p. 243. yJ, o,
-o et ^', chasser, îvegjagen, 256, 2, 4. Halîmah, fille de
Farîd el-'Awlaqî, dit, dans une qasîdah souvent citée ici:
- - ^ w ^ w - o-o
X\ ^ -^ Ô»r-~^ L'T~^-3 ^-^''^'^^-J iO^-jîj
£^^ ^e Reydite, notes l'avons chassé et nous avons vidé
fia coupe,
Et tu demandes, toi, où il est allé se fixer.
""Âtif el-Murqusi a dit:
1) Obs. er-Iiey-dï.
'2) =: j>J' , comme dans l'exemple suivant.
1167
Dô'^an a appelé à son secours du monde contre moi
[et il a chassé son amitié (?)
Le premier est bien avec moi, et il a pour lui la
[partie des grands chefs.
Ce sens ne se trouve pas dans les dictionnaires, mais
-J est, en Dt, aussi être haut, dépasser en hauteur,
sortir du 7iiveau, être en saillie, saillir '). o'r*^'' i u^
^^%:s^J j. o|;jL^'', coupe-moi les poils qui dépassent (les
autres) de la barbe = o'Aj'jjI, die herausstehenden Haare.
Un balcon est jC<:f.'J ^^ yj, steht von der Mauer heraus,
dépasse le mur, est en saillie, -o pourrait donc être com-
paré à ^, sortir, et y6 (^^0, à ^, faire sortir, Prov.
et Dict. Gloss. s. v.. Cela à déjà été entrevu par Praetorius
ZDMG 61, p. 619 note, qui dit, à propos de ^', Ara-
bica V p. 156, ou plutôt de yô, „eigentlich steigen, sich
erheben." On serait tenté de considérer ^ comme une
variation phonétique de ^, s'éloigner, s'erifuir, aussi en
safâtique, Dussaud, Les Arabes en Syrie p. 136^), mais
cela est peu probable. Je crois que C H Becker, 0 S (Fest-
schrift fur Nôldeke) p. 337/8, et avec lui Praetorius, o. 1.
p. 617, ont raison d'attribuer à ^>^ une étymologie pu-
1) En Syrie, j*àj, être haidain, lever la crê/c = jAAflJ", de SjyLs,
crête de coq. Je ne crois pas que l'égyptien ambûr, bosnu, vienne
de j^J, comme le dit Spitta Gr. § 49 d, car la vraie forme est ,v^.
2) DM N" 251 = Littm. N'' 53. Dussaud traduit *. q^ yà*, par:
il est revenu du pays de Ruûm, bien que Littmann en eût déjà
donné la vraie interprétation il s'enfuit du pays de Roûm. La suite
de l'inscription confirme cela.
1168
rement arabe, vu que l'éthiop. tw'itXC veut déjà dire
chaise, siège, de Vfl^, être assis, parce que le siège est
haiit, le sens primitif de Ifl^i ayant été déjà offusqué
en éthiopien. Les Ethiopiens avaient vraiment des chaises,
mais les anciens Arabes ne possédaient pas ce meuble.
La ,^/, chaise, a dû être bien rare et, comme l'indique
son nom babylonien, de provenance étrangère. Le dict.
arabe classique donne ^, i, =:^^, élever, transitif; les
dialectes du Sud ont y6, intransitif, en plus. ^L/) est
donc un endroit élevé, étymologie déjà avancée par l'auteur
de la Nihâyah IV p. 122, 5. Le i fait en arabe une diffi-
culté comme nomen loci. A présent, on dit du reste m a m-
b a r. Je ne trouve pas que Becker, dans le mémoire sus-
mentionné, ait prouvé que le min bar était, dans la
Gâhilîyeh, le siège du juge, comme le pense aussi Prae-
torius 0. 1. p. 617. Cela n'exclut pas que le minbar
fût en usage, mais son emploi spécial nous échappe. La
chose n'est pas impossible, car le bâru babylonien pro-
mulgue la sentence, dînu, assis sur le kussû dayya-
nûti, iu'jjJ! ^J^/, le siège de la juridiction, Hunger Bêcher-
wahrsagung p. 15, Cod. Hamm. éd. Winckler, Gesetze
H., p. 10, 1. 5, le moderne 'lUSi^ Lf^/- E*' ^^^ anciens
Arabes n'étaient pas seulement les Bédouins de nos jours,
quoique les Arabes du Higâz fussent, aux premiers temps
du Prophète, d'une simplicité extraordinaire : ils n'avaient
pas même les ustensiles, 05 r^, nécessaires, I Sa^d VIII,
p. 359. Sur le minbar en bois du Prophète, voyez Bolj.
ï pp. 81, 5, 93, 6 d'en bas, II p. 9, lo, III p. 154, 4; I
Sa'd VIII p. 186, 13, d'où il ressort que c'était une petite
estrade.
1169
On voit qne le texte liadramite a -^^^vA-u, ce qui serait
aussi bon en datînois. C'est pour le schématique >ij^vAij,
selon l'explication donnée p. 557 note 1 ; paraphrasé par
s^y>?.. C'est un verbe très employé dans tout le Sud
et en ^Omân, Hçlr Gloss. s. v., Arabica V pp. 103 note
3, 166, 8 d'en bas. ^SS. ^y, ij;^^ ^^^ = ^3/>, ^ors
de notre sortie d'Aden. R 0 § 191 : ^^ U^J^J; ^-s^ C^
^j A^ <\j\ ^\j ^yt j^ .lAj bj^^!, lorsque nous revenions de
Vaudience, il sortit de la porte du château; ibid. §257:
^o^! ^^\ ^^ iCwJL> ^, elle m'a retenu de sortir; ibid.
p. 227, 7 = ici p. 818, is; ibid. p. 148, u d'en bas:
U3 Q-S'U-S' ^ o;'"^- o*^ 1*^/^' ^^^ femmes de "Oman
ne sortent pas (de la maison) comme vous autres ici;
ibid. p. 319, ii: ^Jùjù\ J^ ^^^ AI, il sortit du lit du
fleuve. .Jù, herausbringen, ibid. p. 407 N® 105. Tout
cela est aussi bon en datînois. Vollers veut que l'égyp-
tien b.L>wL^, la chambre de réceptioyi pour les hommes,
ZDMG 49 p. 512, i* et note 2, vienne de ce verbe.
^oi3, faire marcher à part. ^UJ! ^^ u^' [îj^j, faites
1) On pourra comparer le lat tribunal et le français tribune.
2) Becker dit, o. 1. p. 338, lO, que el-a"\vâd est le plus ancien
nom pour le m in bar. Je ne trouve cela nulle part, mais on lit
lîolj. 1 p. 93, 7 d'en bas: j*-!ll ^|>^', et si à la ligne G d'en bas
il est dit: ^^4^ u*-*^' !j>|^î ^^ JsV. J-^j il ne s'ensuit pas
que of^' est=jXÀ/«. Le mT-moire do liecker souflre do quelques
inexactitudes quant aux pratiques du premier Islam, parce que l'auteur
n'a pas assez approfondi le Boljârî. Le bâton du Prophète et du
halîb remonte au loin, ainsi que j'espère le prouver dans mon ar-
ticle sur le bâton.
1170
sortir le bétail quelques pièces à la fois et non tout en-
semble. j.yL!! o,>->l->iJ', les hommes se mirent chacun à la
place convenue pour attaquer l'ennemi, terme de guerre,
car c'est ainsi leur „guerre". En Hârib, .o'J est le syno-
nyme de -^L>, dehors, x.xij^ ^\o ^^ » Jt^ ^ô ^j-ju, {} j.-:>
.olj ^J^, garrn est une peau dont le poil est en dedans
et la chair en dehors, Hrb. Dans le sens de rare, .oLi
ne se trouve pas dans nos dialectes, mais on comprend
à présent que cela est la même chose que son syno-
nyme »oL*J! ^J^ -jL^j sortant de V ordinaire. Les .^ty
sont donc les choses qui sortent de l'ordinaire. Notre
verbe est du reste très classique et se trouve souvent
dans les anciennes poésies et les Traditions. Un Hodey-
lite a dit:
lAliJJo (_5L\ji v_Jljy.wJ! .lAJ lAiJj ^'^)3 stoJt (C^' JO3 Li2Jy>
In atemlosem Laufe, nachdem er den Mantel hinter
fsich geivorfen hatte
Und das Schivert mis dem Gehenke gefallen war,
selon la traduction de Wellhausen Diw. Hod. N° 184
p. 138. C'est parce que les dictionnaires donnent la para-
phrase iaiiw, tomber, mais il est clair que c'est là une
signification trop restreinte, quoiqu'il y ait des exemples
oîi tomber convient mieux, comme I Qot. p. 216, 5: ^jXi
s^y, son arc tomba.
Le retranchement du poignet est, comme on le sait,
une punition islamique pour le vol, Qor. V, 42: o^UJlj
1) l'I. is<*'y>, pelisse en peau de mouton.
1171
L^wU" Uj ^''■j^ (lU^jui lytiisÉ xijLJ^, quant au voleur
et à la voleuse^ vous leur couperez les mains, en rétri-
bution de ce qu'ils ont gagné. Le Prophète appliquait
même plus d'une fois cette cruelle punition, Boh. III
p. 171, 4 et ss., et il était très sévère sur ce point, ibid.
IV p. 175, 6 d'en bas = I Sa'd IV, i p. 49, 3 et ss..
Seulement, on lui attribue ce précepte: ^^Aj"^) j^^" "^5
^M*.l\ ^, Usd el-râbah I p. 180. Il ressort du passage
d'el-Bohârî que la mutilation était pratiquée dans la (jà-
hilîyah^), qui n'était pas aussi dépourvue de droit cri-
minel que le fait croire Nôldeke dans Z À S R K V p. 87.
I. Sa'd VITI p. 192 et ss.. On trouvera tout ce qui se
rapporte à ce sujet dans le Fath el-Bârî d'I. Hagar
vol. XII p. 86 et ss., le Masâbî h es-Sun nah d'el-
Barawî, Caire 1294 II p. 46. Voyez aussi Goldziher
ZÂSRKV p. 110, I. Rosteh, éd. de Goeje, p. 191, 20.
Pour le temps moderne, on lira Kresmârik Beitr. zur
Beleuchtung des islam. Strafrechts Z D M G 58 p. 327.
Dans le Code de Hammourabî, le voleur est tué §§6,
13, D H Mùller, Die Gesetze Hammurabis pp. 12, 176,
où l'on a une excellente comparaison avec le droit juif.
Les mains sont coupées à celui qui bat son père § 195.
Pour les punitions en général, Hammurabi n'y va pas de
main morte. Le droit romain ne connaît pas la mutilation
d'un membre, Z À S R K V p. 48/9, mais le droit hindou l'a,
ibid. p. 85. D'après Deut. 17, 8, la main est coupée à la
femme qui, dans une rixe, prend lespudenda de l'adversaire.
r "^
i) Var. : L*-a-JUjÎ.
2) Ibn Hisâm, dans son Tîfi^fkn el-Mulûk, on parle tout au long
et attribue l'établissement do cette pratique à Loqmân. Ce qui prouve
seulement que la pratique était ancienne.
1172
On ne pratique plus de nos jours cette prescription
qoranique, basée sur une ancienne habitude, au moins
dans les milieux qui sont sous l'influence européenne.
Mais on ne saurait dire que, dans ce cas, la loi ait été
ou soit idéale, n'ayant qu'une valeur théorique. Dans les
milieux du Sud où 'il n'y a d'autre code que le Qonln
et les Traditions, cette mutilation de la main n'est pas
abolie. Des connaissances à moi l'ont pu constater h
Lahig. Il ne m'étonne pas que dans le pays de la religion
(^.(Ai! S:ii, comme les Çadramites appellent leur pays,
surtout là oii el-Qa^êtî n'exerce pas son influence, comme
Sê'ûn et Terîm, elle soit encore en vigueur. Dans ma
jeunesse, on avait coupé la main à une femme adultère,
et je l'ai vue suspendue à la fontaine publique de Haïfa,
en Syrie. Le fanatique qaimaqâm Hasan Bey, frère du
grand wezîr Kâmil Pacha, avait donné les ordres pour
cette exécution. Tous les journaux de Beyrouth en par-
lèrent alors. Abu el-^Alâ' el-Mo^arrî persifle cette cruauté
du droit canonique, en disant '):
J^jJf ^ {~^.J^ *JJL. 4^ ^ oyCvJÎ ^1 LlJ Le (jSiLu-
Une mai7i [coupée] est bien rachetée par une rançon
[de cinq cents (dînâr).
Comment se fait-il donc qu'elle soit retranchée d cause
[d'un quart de dinar?
Contradictio7i ! A quoi nous n'avons qu'à nous taire.
Nous implorons Dieu, notre Créateur^ contre le feu.
1) ZDMG 29 p. G39.
2) Obs. Uj^L
32.
Temattât 'Âmir-Matat 'Amir.
Temattiit est l'infinitif JdIL^ de JaL^j", tandis que
Matât est l'infinitif de ia^. Brockelmann cite VGSS
p. 262 ces deux formes comme un exemple de haplologie.
Il n'a observé que bimtât 75, 4, mais le titre lui a
échappé. Il n'y a pas ici de haplologie. Fa^âlu est le
plus ancien infinitif sémitique, encore seul usité en babyl.-
assyr. et en néo-syriaque, Brockelmann o. 1. § 131 c, et
quelquefois en arabe. Ce terme gramm. de haplologie est
très malencontreux '), et le paragraphe 97 de Brockel-
mann V G S S est certainement un des moins acceptables
de son immense travail. Il y a des choses qui n'y ont
que faire ou qui s'expliquent d'une autre façon. Les Arabes
ne simplifient jamais une lettre géminée étymologique,
ils la dédoublent souvent, v. p. 341; -LLL«.j peut bien
devenir J:?lLc, mais cette forme ne peut jamais devenir
JdIIld seulement. On dira que je donne moi-même li=>
et' Lr, comme UJ et LJ, mais ce sont là deux mots
1) S. Barth l'ignorait, d'après la supposition de iJrockcImann Z D M G
59 p. 029; j'avoue que j'étais dans le mônae cas.
1174
fusionnés en un seul: Lo Jj=> ou L JL>^) et U]), et alors
la dégémination peut avoir lieu. Dans I. SaM IV i p. 177, 3,
nous trouvons ce vers: ^oLs. ^^^ c>-^' l>"^' ''^ ^.- ï^ip-
pert n'a pas observé que le mètre y est brisé, et de Goeje
ZDMG 61 p. 482 le corrige en (j^l, en suivant la
leçon de Yâqût IV p. 292 en bas. Une telle dégémination,
sJLiiJt ouàrs^', est ici impossible en arabe, et il faut lire
^^.L\IiL Cela n'était certainement pas le nom de l'idole,
mais les anciens ont déjà vu que ijJlC^ n'allait pas,
puisque Yâqût donne aussi la leçon {j^l Les deux ver-
sions sont en tout cas inacceptables^). Le ^.l^J/, fém. de
^J^, que Brockelmann, V G S S p. 67, 4, prend pour
■ci4^ de ^j est tout aussi impossible, voyez ici p. 1103,
et son exception pour le dialecte datînois est à biffer').
1) Le '^omânais _j-*>>, pourquoi, est selon Praetorius ZDMG 34,
p. 230 =j^ (Jl-> ; Reinhardt R 0 § 16 écrit h a m h u. Le JL>, lorsque^
est très commun dans la langue du Negd : l-aj'^JI <.^^/S^», Le i^L^,
lorsque les montures arrivèrent, Qasîmite. ^jU.:^\*jt (Jx Jiij U jL>,
lorsqu'il campa chez les 'U^mân, idem. En mehri : hall, Zcil:
lahallë d6ra = Jahn GMS p. 120.
2) De Goeje veut aussi lire o à la fin de chaque verset, mais cela
n'est pas nécessaire, car le pied final - de l'hémistiche est très
ordinaire dans les anciens ra^az populaires; donc ici: ^i]oL£ ou
^i)oLc, (ilobLuo et é<J>}^.
3) Son tu ma h et tu m m ah, p. 67, 5, n'y ont que faire et ne
peuvent nullement servir d'exemples de dégémination dans notre
dialecte. C'est comme <Aj et *-\j v_jÎ et v— >!.
i
1175
La langue arabe est très ferme sur ce point, comme le
dit Brockelmann lui-même, o. 1. p. 66.
De Goeje paraît depuis longtemps caresser l'idée qu'une
telle haplologie soit possible en arabe, car dans une édition
d'Ibn el-Faqîh p. 93, 9. il a imprimé et voyelle: Sfp-^
il cite ce cas, comme chute de la seconde consonne des
verbes, dans son édition de la Gr. de Wright I p. 69.
Dans son Gl. de I. el-Faqîh, il l'appuie par Kâmil Mub.
p. 606, 10: ^Jjj. Ici et dans les cas analogues, la forme
pleine serait ^jj et q;/j. Vollers, VS p. 132, adopte
cette manière de voir. Mais, selon moi, une telle chute
dans des consonnes doubles est impossible en arabe. Les
exemples de Wright Gr. I p. 69 c et ceux de Vollers
0.1. p. 132 doivent être jugés autrement, et quant au
yazifùna <yaziffûna de Vollers VS p. 132, Bey-
(lâwî II p. 174 sur Qor. XXX 7, 92 est bien clair. La
consonne est effectivement double à la fin de la syllabe,
et si elle n'est pas dégéminée, ce n'est pas qu'on n'ait
pas suivi la règle des grammaires, mais l'on a suivi
celle du parler quotidien. L^jj est donc yuziffenha,
ou yuziffnaha, de même que le ^jb d'el-Kamil est
yaqîrrna; (JiS Qor. 56, 65 est zilltum (zàlltum),
et la variante j«jo*o>t Qor. 4, 5, pour ,*Xwjt, est ahàss-
tum. ^! ^^î '30^ uIjl^ Tab. I p. 1430, 1 (basît) son-
nait bien fa/çàlltu. u>yi>! Le et o^,', Vollers 0. 1. p. 132,
sonnaient assurément ma (a) hàbbtu et aràmmtu.
La gémination restait toujours pour l'oreille. On ne l'a
78
1176
pas marquée parce que la grammaire s'y opposait, n'ad-
mettant pas deux sul^ûn consécutifs. Il y a des cas
absolument analogues, dans les dialectes, dans les verbes
jJ^, lorsque la voyelle de la seconde radicale s'amuïe:
h i d d m e t = o^-^ÂJ=, Arabica III p. 69, 13, d'en bas,
h ô s s 1 e t =1 c>«^Lî>, Hdr p. 279, 4., yilebbsûh, 275 le
vêtissent. Ici quelques savants ont cru que la gémination
disparaît à la fin de la syllabe et no la marquent pas.
D H MùUer dans son M S écrit p. e. fa r qui doit son-
ner farr. „La consonne est doublement sentie", Brockel-
mann Y G S S § 97, et l'arabe prononce ici les deux
consonnes, Hdr p. 42 et ma critique M S p. 32. On
pourrait alors parler de haplologie par centaines d'exem-
ples, si l'on relève tous les endroits où des « riment
avec des Joù, comme on en trouvera à foison dans la
qasîdah N° XI d'el-'^Aggâé. Les verbes t« en Tunisie
et en Algérie, Brockelmann V G S S p. 262 55 ne doi-
vent pas être jugés autrement: hem met, Marçais Gr.
p. 73, est prononcé hèmm-met et non Ijèmmet; c'est
la voyelle qui s'est amuïe. C'est le cas des formes telles
Où ,
que ^jj, ^JaJ, c>>j>l etc., citées plus haut. Je nie ab-
solument que la haplologie, selon la définition de Brockel-
mann § 97, existe en arabe classique, et ce savant confond,
sous le nom de haplologie, deux phénomîvnes bien distincts:
le dédoublement de deux consonnes organiques dont cha-
cune fait partie d'une syllabe diff"érente, comme dans
temittat? 0- 1- P- 262 a a, et la chute d'une syllabe
non orgatiiqiie, identique ou non à celle qui suit, comme
}Si <; }Jtsu et }Stsu ^ }jdu^. Le premier est, comme je
1
1177
l'ai dit, impossible; le second se produit, mais seulement
dans des cas spéciaux, relevés par les grammairiens pour
la langue classique. La définition de Brockelmann de la
haplologie n'est donc pas exacte. Dans les dialectes, elle
est plus fréquente, quoique, même là, la plupart des
exemples cités par Brockelmann doivent s'expliquer d'une
autre façon, surtout par une chute de voyelle, par la
contraction ou par le recul de la tonique, comme le sud-
arabique dVJCi, de yîftak pour yiftàkk, Vollers VS
p. 132 en bas et p. 136 g., et les mots tels que (j.^^,
pi. u^Lfixst, assimilés aux fa'àl, pi. af'al, Hdr PP. 41 et
43, ici p. 151 note. Enfin, C dW^J^' "^ Mufass. p. 173,
18 = 1 Ya'^îs p. 1371 en haut, n'est pas une haplologie,
mais une vieille formule transmise telle quelle et qui s'ex-
plique par l'assyrien rabû, être grand; cf. Lrj et HDi.
74, 17: harawah. Mon texte avait d'abord 'urs, ce
qui aurait été mieux ici.
74, 20: Barètnahna. Sur cette particularité du
dialecte liadramite de se servir de 13^) (ijT), m., ^^, f., et
de Ll^', m. et f., comme suffixes à l'accusatif, au lieu
du ^^ et de li des autres dialectes, voyez Hdr p. 41 ;
V. d. Berg. Hadhr. p. 250. Cet emploi s'étend aussi au
participe: mulûk el-ard mitheffiyînnahna, les
rois de la terre nous dédaignent^ I.h.lr p. 31 G, 8.
1) Brockelmann t'crit 5 l. p. 400 incorrectement avec deux b, qui
ne se trouvent ntillc part.
2) Snouck OS Fcstsclirift de Noldeke p. 10.1, v. 3: h a m m a-
lôna, ils m'ont chan/i'-; ibid. v. 5: won-nôm ma yâna, ri le
som)niil ne me vint ^xis.
1178
Un proverbe égyptien dit : ^y^ .-*^\ & îi * h«'i 3 iOojj J^
„i, ^02^^ somme et tout étirement vaut mieux que
les 7ioces de Tîtah'), ZDMG 49 p. 512.
74, 22; 79, 7: yâh »Ij, oui, ja, si commun dans notre
dialecte, paraît de prime abord être ime abréviation de
xGî, car ce mot, comme préposition, est souvent prononcé
y a, Hdr Gloss. p. 525, aussi dans le Nord, Socin Diw.
I N° 16, V. 9, N° 17, 1. 1. Une interjection analogue
existe en Algérie e y h, è y y a h, oici, Doutté T 0 p. 36
note 204, et le yémanite dit îyye, oui, selon Glaser
Peterm. Mittheil. 1886 Heft p. 7, où il faut peut-être
lire iyye. Pourtant, les idiomes bilin, dembea, quara et
hamir ayant respectivement yawa, aya, iya, yây,
yà\i,yo = 02ù,Ja, l'abréviation de «Lî est discutable.il
est peu probable que le dialectal àywa, èywa, èwa
(pour èwa), îwa, oui, provienne de ailL, ^î. Spitta, Gr.
§84, et Ptasîd "Atîyah, ed-Dalîl p. 28, sont pour cette
étymologie, dont j'ai déjà douté dans mes Prov. et Dict.
p. 240, où je cite el-Hafâgî, êifâ' p. 21. Celui-ci rapporte
l'opinion de Zamahsarî, selon qui le ^ , dans ^], serait
le j*-^t 5(3. Cela n'est pas admissible en présence de
l'éthiop. et du tigriîia h(D, tigré 'h'S, oui.
75, 1: lisez: 0-waldah. 75, 2: hadr., lisez: GAllôha
et 1. 3: galet.
•1) iiulj (_r/^ RO §173 et p. 402 N" 51, qui traduit &IixL
par Freudenlaumcl, mais Xta*^ doit se rapporter à quelque chose.
En Dt, on exprime l'idée de ce proverbe pai- q^ rr*""^' '^-^ '^-^
*^y3 ^^) '"' so(n//ic, un somme vaut mieux que Farid (el-
'awlaqî) ci ses hommes
33.
El-'Aulaqîe.
75, 16 : q a r a 0 w i , (^^ Ji = (_c^ys , comme ^y^s , ici
p. 679, et (jr^Âj du Nord; mais ,j:»j5 est aussi bon. En
Beyhûn et chez les ""Awûliq, on prononce c_f^A comme
^_^j: et çfi^, Hdr p. 689. Le pluriel de (^.^ est ^.^^
ou y^^fi et le pluriel de (^^3 est '^^, comme s^.. Dans
le Dâhir et chez les ""Awâliq, un qarawî est un homme
de métier tel que oîJo, dU:>, ;'/>, etc., En Dt, ce mot
est peu employé, et l'on y dit ^., pi. k^L.
75, 18; yislàhleha. J ^nJLw, paraphrasé par J u>ixp,
plaisanter avec gqti. En arabe classique, je ne trouve
rien qui approche de ce sens. L'éthiop. -l'^A*!*, Jocari,
ludere et en amar. canzouare, metter in ridicolo, Guidi,
Vocab. p. 144, pourrait être le même verbe.
vi>>-i:sP semble être un développement du class. ^^^,
être gai. I. el-A'i-abî, -\- 231, a transmis ^U;L5^ = ^^-j'-*,
plaisanter avec qcpi, TA X p. 411 en haut; le Qamoûs
l'a également, mais les autres dictionnaires, non. is,£j>,
broder en parlant, en est une variation vocEiliquo = jJiJ=,
V. Gloss. s. s. V. V.. Cf. ,ji.p Soc. Diw. Gloss. s. v.. La
1180
première forme c>^^, o, est en Haurân mentir, oL^,
menteur z=z ^]3S^), comme dans ce verset delaSahgah:
Ilbis ya ba'd") ^ômêri, ya baM«) el-ftlMu')
[w e 1-h a s é â t
Mets-la {\iy^)), toi qui me survivras
Et qui resteras après (la mort du) le vil et (du) le
[menteur ^) ;
75, 22: yel.iti. ^=>, i, est pour i_=wVj>, i, comme
nous l'avons déjà constaté p. 885. On comprend donc
à présent ce que le ^iJo des chameliers signifie réelle-
ment. En 'Oman, ^c^ est craindre, R 0 p. 274, 2, p. 422
N° Vm V. 2. Rôssler, M S 0 S i p. 70, 3 d'en bas le rend
par supposer, ce qui est une erreur.
o o
75, 24 : u 1 1 a f f a'a t. ^, envelopper, d'oii 'ïjtsù à Beyl.iân-
Harîb = oyo ou tU ou ^j^ ailleurs, Hdr p. 11. jiL",
s'envelopper, est aussi dans la lurah, Bolj. I pp. 80, c,
116,7, = ^'!, I. Sa'd VIII p. 224, lo d'en bas. C'est un
développement de oJ, comme -^ et = p^, ('j-:>) couper)
lJo et J50, pousser'^); ^j> et <3o, hineinstossen ; è^ et
1) Kn Dt, iji^, i, est plexivoir fin, piovi(jgina)'e= \J^J^y
2) Sur cet idiotisme, voyez Prov. et Dict. p. 107.
3) Qj'^ij vil, chiche, maicvais parleur, contr.de *jLc = ^S.Llii-
mann Bediiinengescliichten p. 20, 9: \^LàJI li, vile que tu as! Je ne
crois pas que ^.li soit pour ^rJ^-
4) Expliqué par ^-»JiJj r?^^^ i)-*^^) '*< >*t's<t'S ojjj'cs c»a; cl lu les
enterreras:.
5) Et ^\:J>f io, (jii.î^.>, })ot(sser, stossen, tous employés dans le
Sud, Hdr Gloss. s. v..
1181
^j>, aUi et ^C;, ficher clans, enfiler; ■•> et ^i, faire
un hond; 1^ et ^^, couper, et tant d'autres.
76, 12 : j>'l^vJ' J. 'wJt-^ J^->5 Lr:4^ ^;i fait comprendre
pourquoi o^^ a pris le sens expliqué p. 908.
76, 3: a'tazet. i^-~^^. est décliner son nom et ses
qualités : je suis fils d'un tel, de telle tribu. (^-X?l est
prononcer le cri de rallie^nent de la tribu, la parole de
reconnaissance de la tribu = class. aussi ^ô\, Diw. Hod.
Wellh. N° 1434 v. 4 et Scholien p. 416. On a tellement
l'habitude de proférer son ï.;c ou son bv^, lorsqu'on est
efifrayé, qu'un Bédouin dont on ne connaît pas la tribu
est brusquement effrayé pour qu'il soit forcé de se faire
connaître. Inconsciemment, il profère alors le cri de sa
tribu. C'est pour cela qu'à Aden ^^J^\ est devenu sim-
plement criailler. La "Aulaqite fut tellement effrayée par
la hardiesse de son amoureux, qu'elle se mit à crier sa
filiation. J'ai parlé des cris de guerre, aussi appelés K=>^
ou jJj, le Jjuj^ classique, dans Arabica IV p. 17 et ss..
Arabica V 229 et s. ; Prairies d'Or V p. 136, 140, Goldziher
M S I p. 60 et ss., idem. Litt. Blatt f. Orient. Phil. III
p. 27, Nôldeke Funf Mo'all. II p. 78, Huber Journal
p. 176. A présent, je suis à même de donner beaucoup
plus de renseignements sur cette matière.
76, 8: edgam. jJS, pi. ^ù, et ^âô, Hdr Gl. s. v..
(^j est stossen, aussi en Syrie et en Palestine, Lôhr,
DJ p. 15 note. A Ôabwah, ^j>, o, ma7'chcr = aiWeuvs
s_iL>j, propr. frapper des pieds, stossen. Le éabwanî et
1182
le Harîbî disent aussi ^o, marcher vite. Les deux, am-
plifications de o^; cf. Jso, \_^j et Jio, Hdr p. 101 et
Gloss s. V., comme ^ô, ^ù et ^'ù, Hdr Gl. s. v.. Abu
Sâlim Dabi dit dans une qasîdah:
i_,a^lXj|5 iLy«L^Ul *i^X-J (^O (Js£: JLw
v-^* * f-rl! lAxc ;V-2-=^ i c^^"^ (*-€-^ (3>-^^
-Sa^we ceux qui sont sicr la hauteicr d'él-H. et d'ed-D.
Et dis-leur que je suis encore enfermé chez le médecin.
76, 9: delwalî me fut expliqué par s^, mais mes
Datînois ne comprenaient pas bien ce mot, ni toute
l'allusion enfermée dans la phrase suivante. Je crois que
c'est »^o, petit seau, = le class. s'^u>, L A XVIII p. 290,
14. Elle compare son vagin, qui lui fait mal, à un seau.
76, 9: lisez môlëh.
76, 10: hanibet beh. v^i^> a, se fixer ^ s'arrêter,
sich festsetzen. Dû'^an el-Murqusi (+ 1315) a dit:
+
4) 15ab\'l. duppu. ii^, est aussi quote-part^ tache, Aufgabc. Dans
une qasîdali en mon honneur, je trouve cette rodomontade (''awlaqî):
J'ai quatre cents taureaux laboureurs (guerriers) j^our remplir
\ina lâche.
Ils sortent le matin tous à la fuis, et un garçon les mène
[(au travail = sultan Sâleli d'Ansâb).
Sur jjj, voyez le Gloss. s. v..
1183
C'est que tout taureau fort, s'il s'est accroché dans
[son joîig,
Le batteur fera sortir la douleur de la icte.
Enteh \idak luiqid') yôm kùnna fim-màrkab
1) (JLe L\iL>, 0, se rappeler. iA5L> := q^^'j eingedenk. ^^Jij [q^^
pas usité] = y J>, se rappeler, réfléchir à. ^^ ^ Cso^ JLc q^',
CI > _
rappeler qqc à qqn. ^^—îJiJ' ^% = Syr. / c-^^ i5> aussi I.Ich-, Snouck
Feestbundel p. 27. ^jj q^Î, q^^i et qJïj, ê<rc persuadé de, croire.
Fleischer voulait, Kl. Schriften I pp. 50 et s., 140, que ces formes
à t initial déiivent de la VIII« conjugaison Joui pour J-*^'j comme
\X^' de i-Xi?"), dont la première syllabe it serait tombée, ce qui aurait
formé le thème secondaire J>*J', plus rarement JjtJ'. Bartli, NB p. 27G
et s., rejette cette théorie et considère J*-*-J' comme thème original
oùj serait devenu o, par substitution harmonique, les Ai'abes n'aimant
pas les mots à ^ initial faisant syllabe sim[ile. Il fait observer que
tous les substantifs dérivés de ce thème JsXj > J^xj' offrent la pro-
> } > ->
nonciation j: cl^Lj" de Oj^j au lieu de oK^ ; 'lU.^ de |?5, au lieu
_ j <j 1
de i^^^jj etc.. L'observation est juste, et notre ^-J^ = JL la confirme.
Mais l'explication de Baith, (jui appelle j préfixe, ne me satisfait pas,
et Philippi a raison de ne pas l'accepte)', ZDMG 40 p. 155. La
voyelle de j peut avoir son origine dans le ^ primitif, mais que co
J initial soit devenu directement J'j j'ai de la ])eino à le croire. Je vois
à présent que Brockelmann, VGSS p. 385, l'explique d'une autre
façon: dans les dérivés dos J^j, la diphtliongue awest toujours
raccourcie en û, comme tugâh, vis-à-vis, turât, hérilage, qui
sciaient donc pour tawgâh et tawrât, et il renvoie au § 42 de
son ouvrage. Mais ce § est, d'afjrès moi, en partie basé sur imc
1184
hàqqak uhèneb ''aleyna fim-heyd, est ce qxie tu te
rappelles encore lorsque nous étions à bord de ton bateau
et que celui-ci s'était échoué sur %m écueil {auf dem Fel-
sen festsitzen)? jC>Ji i ^.-^J^, il resta accroché dans le
troit, sass im Loch (est. ^^Ssl:' J. c>^^^^ ij', je suis encore
engagé avec V argent :=-j'ai encore des dettes. S^c>ù\ c>-y^
i^^-fiJb. ^3, la médecine m'est restée, s'est arrêtée^ dans la
gorge, sitzt im Halse fest. 'iJ^^^j o*>^^, ich hdnge an
dem Weib. 'iLJ^*, Q %jJ^ dU c;/>«ï., tu as été pincé, tu te
trouves dans un joli pétrin. On dit ^::.^.jJ^^ ^^jJ^ lors-
qu'on se trouve engagé dans une situation d'où l'issue
conclusion erronée et en partie fousse, quant aux exemples. Si tuéîili
provenait de tawgâh, la forme uniquement correcte tigûh,
Gloss. s. V., serait après coup calquée sur le JL« des autres mots ana-
logues, et tugâli serait primaire. LA XVIII p. 455," a les deux
formes, et il semble que les grammairiens considèrent tugâh comme
plus correcte. Il faut du reste admettre une forme primaire tiwgîili,
comme tilgiV, ce qui aurait donné tî^âh, devenu de bonne heure
tigâh, en vertu d'un phénomène fréquent dans les dialectes du
Nord. Si tugâh <tawgûh, il faut aussi que le verbe x:s\j' soit ou
- - o ^
un dénominatif de 3L:S\j', ou il est pour i<^j^, selon la théorie de
Brockelmann; les deux alternatives me parai.ssent peu plausibles.
J'avoue que l'explication de feu notre cheykh de Leipzig me sourit
le plus. On pourra lire l'opinion des grammairiens arabes sur ces
formes dans I Sîdah XIV j). 218 et s., qui dit que si uV<^J venait
de l\:s^j1, on dirait À<.j et non lA^o. I\Iais si quelques verbes ont
la forme J^", comme O J', 5-^", J>^j '"^j d'autres sont sur Jjû":
ji^o", *.>^', AJLj'.
1) Prononcé lia m ba h.
J
1185
est difficile: je suis ims et pincé, H(.li" Gl. p. 722. Un
synonyme de --^^^ ^st ^ u^y>, aussi au fig. être dans
im Joli pétrin. '!^y>, mauvaise impasse =: iL-J^ ou ic^.
76, 11: yitljàndaqow. ^ ^Osj^' , plaisanter avec
fjrpi, mais ,Jj^ o^-^^^^'j ^^ moquer de qqn = -iJU-p", G 0 ^).
76, 11: ala 'a bas. Ala = J, prononcé j, et, avec
un a prosthétique, ala, comme alàmma et làmma,
lorsque, ila et la, si. Il est très curieux que l'article
manque ici, comme l'indétermination des classiques Sb'o,
lAc, y^, ^jAc, Reckendorf S V p. 164, Donat Vernier
Gr. §§ 507 et 580. L'explication de Fleischer Kl. Schrif-
ten I p. 156 ne suffit pas. Et l'article ne figure jamais
dans ce mot dans le Sud, pas plus que dans 'i>^^^, de
bon matin, M S 0 S V ii p. 104 d. 1.. Nous avons ici
N° 57, V. 3:
iilàX^J^ XClaw^ ^-V^'^ ■ '■^^^ XcLw
Tantôt (la guerre) nous vient d midi, tantôt à la pointe
[du jour.
La lurah a aussi ^;c^ LA VIII p. 213; ZDMG61
p. 452.
Pour moi, ce sont des réminiscences, remontant au
loin, de la mimation qui indique la détermination : ,ji^ =
1) ^Up^'i' aussi marcher à pas lents, traîner les pieds, presque =
- '■ ^ o
.fcj^Ajt, comme Stummo MGT Gloss. s.v. ; (Jâliiz, Livre des Avares
1). 222, '«: -JU^.
1186
lLIî, comme lAc, demain. Meissner, dont j'apprécie beau-
coup le sens philologique, dit dans son „Assyrische Gram-
matik" §38b: „Le status emphaticus consiste en la racine
et une voyelle y attachée, et indique originairement le
nom déterminé. Dans le babylonien archaïque, un m,
abbrévié de ma, originairement déterminatif, est attaché,
au singulier et au pluriel féminin, à la voyelle finale
(mimation): sarrum = ^e roz, bêltum = Za maî-
tresse^ awfitum, les iMroles. Dans les temps posté-
rieurs, la signification de cet m est tout-à-fait offusquée :
il peut rester ou manquer, et le nom peut avoir un sens
déterminé ou indéterminé: sarru ou sarrum peut
signifier: le roi et un roi." C'est là la première fois que
nous constatons une telle définition de la mimation.
DeUtzsch, Gr. 189 en haut, et Ungnad, Z A XVIII p. 2^),
disent que la désinence um, im, a m indique en même
temps l'état déterminé et l'état indéterminé. A en juger
par le minéo-sabéen et les rudiments araméens, la thèse
de Meissner me paraît fort juste. Elle explique pourquoi
les noms propres, en arabe et en sabéen, peuvent avoir
la mimation qui, dans ce cas, serait un reste fort ancien.
Go,
.Ju (Badrum) serait donc, comme nom propre, exacte-
ment, à l'origine, la même chose que q'^^, ^aj^^ v.
ici p. 293 et ss. ; yiai» (Hadirum) serait identique à ^^^ya=>,
1) Unfïniid, dans sa Babyl.-Assyr. Gr., n'est pas explicite sur la
portée de la mimation, mais dans l'exemple awêhnn su sarrak,
cet hommc-là est un voleur, p. 20 en haut, la mimation avec le
pronom suivant implique bien la détermination. Zimmern, V G S S
§ 57, dit que l'assyrien n'a pas un signe extérieur de la détermination.
Ilommel GGG p. 120 est aussi d'avis que um indiquait le nominatif
déterminé.
J
1187
Goldz. Abhandl. II p. 1, 3, et à^i^J!, ici p. 287. On com-
prend à présent pourquoi les noms propres en arabe ont
conservé la mimation, qui est là originairement le signe
G w
de la détermination. Cu^ (Mohammadum) équivaut donc
à (j^-LjjtJ!, et l'on comprend également que Zamahsarî, el-
Mofassal i p. 7 en bas, enseigne que l'article, dans les
Go, > ù _
noms propres, est facultatif): ,}.^:as est à l'origine = J<>u2àJî
(ainsi toujours ce nom) et q^^- C'est pour cela que
les noms propres en ^^L sont diptotes.^Les anciens Arabes
ont dû avoir eu la conscience de la détermination de
cette désinence. Plus tard, lorsque la mimation devint
le signe de l'indétermination, comme la mimation l'est
devenue plus tard en assyrien, ils auront calqué des noms
propres tels que j^';j', ^J^_^., etc., sur les noms en ^^L.
Si l'on n'admet pas cela, on expliquera difficilement lU^
et ^.>r*^; voyez ma La langue arabe p. 36. Mais il y a
un autre argument qui milite en faveur de la déterrai-
nation originelle de um. Cet élément démonstratif Mm
est le même que l'article em (um) des dialectes méri-
dionaux, depuis Hdr jusqu'à la mer Rouge, p. 281 et ss..
Cet article m est donc très ancien ; il devient qqf dans
le pays des ""Awâliq en; dans les inscriptions d'el-'Ola
i^^); en sabéen, comme syllabe finale, -an. L'élément
démonstratif n, qui est une variation postérieure de m,
•1) Cela est aussi lo cas dans les inscriptions safâtiques, Littmann,
Zur Entziiïerunj::; dcr Safà-Inscliriften p. 34, Dussand, Les Arabes en
Syrie p. 112: vJliJtP = ouL*J!; p. 13G: tiU^ = li^jLlî, mais p. 149
2) Brockelrnann, VGSS § 107, dit que les inscriptions de SafTi et
1188
est resté comme status indeterminatus en arabe, et il a
fait la même évolution que le babylonien um.
Il n'est donc pas impossible que les substantifs mar-
quant le temps, à l'accusatif avec ou sans tanwîn, ap-
partiennent au vieux fond sémiticiue, où les désinences
des cas dénotaient la détermination. L-ix*i: serait donc
originairement = ^^"^ cU^, ce qui se dit aussi, comme
I. Sa'd VIII p. 326, 2i; ^wJub r=: ibid. 1. 17 ^-JiiJ' J.. Le
tanwîn est tombé (dans le Sud, toujours), et la vo^'Clle
a est seule restée : s^Ai, ce jour-là dans la matinée ou
aujourd'hui dans ' la matinée. On aura plus tard diffé-
rencié cette forme d'avec s^Ai, qui est une matinée quel-
conque d'après les grammairiens, mais L A XIX p. 210,
3 d'en bas dit: iii? ^\ J^*jCw.j "^ ^c^^ ç=' »^;s:u3 ti^o'l
LiXs^ oUi ^j } ^-y^ liULJ 3!. D'après cela, s^lXc serait
donc ce wa^??i d'aujourd'hui^ et LA III p. 333, 14:
L:>L^ iOùo1, j^'e suis venu chez lui ce matin. En tout cas,
la différence que les grammairiens font dans les trois mots
iiX, -:5:^ et a^vAi, qui sout diptotes lorsqu'ils désignent
un temps déterminé et triptotes lorsque le temps est
indéterminé, I. Ya'is I p. 44, L A XIX p. 352, 8, me
paraît bien singulière. De cette façon, ^^xt ^\ serait
iusqu'à ce matin de bonne heure, et a^iAc ^li, jusqu'à un
matin de bonne heure, ce qui est trop tiré par les che-
veux. Il doit y avoir, d'après mes faibles lumières, une
de LihyAn ont aussi cet article, et il renvoie à Littmann Entziff.
p. 2, mais là il n'y est j)as question do lia.
1189
tout autre raison, et les deux cas, s^iAc et ïjAc, repré-
sentent deux époques de l'emploi des désinences et dont
le premier est le plus ancien. Les grammairiens ne sont
pas ici d'accord, et cela est toujours un signe suspect.
L'histoire du tanwîn, je le répète, n'est pas du tout
assez étudiée. L'exposé do Brockelmann VGSS§246
repose sur une opinion qui, quant au fond, est contraire
à la mienne. Les exemples qu'il cite se ramènent facile-
ment à un seul point de départ : m > n déterminatif, dont
les restes sont encore si évidents en arabe et sporadi-
quement en éthiopien.
76, 12: qa^:î', qui sonnait presque comme raiî; c'est
^^^ pour le litt. 1^^, voyez la règle Prov. et Dict.
p. 61 et s. et cf. la Iliz. d'el-Bardâdî IV p. 101. Cer-
tains savants arabes ont prétendu que le (jr> est une
lettre particulière aux Arabes, LA IV p. 255, is d'en
bas, Muzhir i p. 156, 9, et le Prophète paraît avoir été
du môme avis, Hdr p. 259 et note 2, A Fischer ZDMG
59 p. 837 et s., Vollers VS p. 13, qui interprète in-
exactement les paroles du Prophète. Elle subit beaucoup
de métamorphoses, mais je ne m'occuperai ici que de
son passage en i, déjà mentionné Hdr p. 637 et observé
par Glaser Skizze II pp. 195, 200, 201, comme dans
A i i a h = j»jy5:\àxiî j."^. Cette prononciation n'est pas une
spécialité de Datînah, comme le dit Brockelmann V G S S
p. 132, d'après mon observation Hdr p. 637^). Elle se
trouve depuis 'Oman jusqu'à la frontière de Beyhûn,
Arabica V p. 24 note. Dans le Dàhir, elle est plus rare.
Elle n'a pas lieu V lorsque ij^ est suivi de ou de
4) Arabica V p. 1G7 n'a pas cette icstiiction.
1190
et dont il n'est séparé que par une voyelle: darab,
(larr, dânî ou dênî, mais ramaî ^s^, "^araî ijo^,
qaraî ijc^, et Ramaiân qL*i2x^; ^° lorsque le mot
contient un j: il ail a, J^, Fadl, J-^iaj; cf. Vollers
V S p. 32. Par contre, le J devient ici emphatique sous
l'influence du ^jc, v. p. 51 n. 4; 3° dans plusieurs mots,
sans que j'aie pu trouver une règle pour cela. Ainsi, on
dit toujours dân ^^Lo, tawadda ^^^jj, qâdi ^_tf^'j■'),
màdba ^Jr^^c2x, digir j:^^^, qarta ic^yj prêé^), mais
fur^:a ïOi^^, débarcadère. La preuve que les Arabes
entendent ici un 1, c'est qu'ils l'écrivent souvent avec
(3, et je trouve dans les textes que des indigènes m'ont
1) Mais le verbe a 1: el-insan yiqli era-sôm ba'^d em-sa-
fai', peul-on accomplir le jeune après le voyarjel Pourtant , c-^>2 paraît
avoir été prononcé avec 1 en Espagne, parce que l'espagnol a a /ca/(/e,
forme contanninée de q â 1 i et de q â d i, mon Mehrisprache p. 25. On trouve
aussi en espagnol arrahal=: (j^sJ-*'- Dozy, GIoss. des Mots espagnols
s. V. Adive et suppl , parle d'une bête fauve lobb wJ, espagn. loho^
qu'il traduit par loup. Si ce n'est pas directement hipus, ce pour-
rait être la prononciation sudarabique de ^H-^, lab*^ avec le p
~ y
affaibli: laba, à moins que ce ne soit une prononciation pour ^-j*3,
mais la permutation de d et 1 en arabe est bien rare, v. p. 1192
et 4193.
2) u:^ devient au.ssi qqf. Js dans l'Afrique du Nord: -1^ = ij^,
Fischer M S 0 S II, ii, p. 278 et 279 [ce qui s'est déjà produit dans
la lurah, où (ji2_*J5 = .h * "'t], riyât = ijAj.,_ jardin, Marçais Gr.
p. 230, N"". XXil V. 1 et p. 308, q têb = wA_x..oaJ5, baguette, ibid.
p. 313, Bel la Djàzya p. 9G, Socin ZADM p. 1G4, note 51; RMTA
p. 451: iOpA^ox = iùixi; Brockelmann VOS S § 55 6 /3. Cette per-
mutation est fiicilitée par la prononciation de -b comme un d em-
phatique: (i: dabal) = ^nJj; dass. L:>0 et \-^^ LA XIX p. 327
en bas.
I
1191
écrits 5^ = vJitv^, ■? 4 =^ (£.y^' '^^ "^ ''^'*^' Il Y ^ même
des mots où l'emphaticité de \ est devenue nulle, et j'ai
souvent entendu lahak (ou 1 i h i k) = dV.:^'^ et lôâ^ =
c vo, comme si c'était un 1 seulement. Cette prononcia-
tion n'est pas moderne, car elle a laissé des traces dans
la lu rail, ainsi que je l'ai exposé p. 674 note 2. Le
mehri la connaît aussi, mon M S p. 25, quoique A Jahn
n'en parle pas dans sa G M S ; aussi en soqotrî , car
nous lisons chez D H Mùller, Mehri und Soqotri-Sprache
II Soqotri Texte (Sudarab. Exped. VI) p. 107, 18: wa-
hérek lirhâls (=lirhads) wal sirhed, et f essayais
de le laver, mais il ne se laisse pas laver. C'est donc
le verbe connu 03z>., laver ^), qui se trouve dans toutes
les langues sémitiques. N'ayant pas étudié le soqotri, je
ne sais si ce 1 = d est emphatique. Je le crois, puisqu'il
l'est en mehri. J^-L et u^u^-b sont en Dt synonymes,
frapper avec la main plate. Y a-t-il ici i devenu ^j^,
ce qui serait curieux, ou bien ^<^ est-il un développe-
ment direct de ^_^, ce qui est moins probable?
A Jahn constate trois prononciations du (_p dans le
monde arabe et GMS p. 4 note 2 il dit: „So viel mein
Ohr hôrte." Comme il énumère Marrib, Egypte, Pales-
tine, Syrie, Arabie septentrionale (Wadi Sirhcln, Somar
(sic !) ) et Negd, on croirait qu'il a été dans ces pays.
Lorsqu'on sait qu'il ne quittait jamais le bateau de l'Expé-
dition sudarabique, la seule fois qu'il vint en Orient, cette
assertion péremptoire devient tout bonnement grotesque.
Le paragraphe 46 Ka p. 132 de Brockelmann V G S S
a été rédigé un peu à la hilte. L'auteur y dit à propos
du passage de d en I: „une telle transition se trouve
1) Ma brochure Lu langue arabe p. 59.
79
1192
aussi en i d a < i 1 â déjà dans les chansons bédouines
d'Ibn Haldoûn, Prol. 3, 376, 6." J'ai déjà prouvé, p. 466
et ss., que cette supposition, avancée d'abord par Stumme,
T T B L Gloss. s. v., et ensuite par Hartmann L L W
p. 237 note, répétée par lui Z A 19 p. 364 note, et par
Socin Diwan III p. 87, est une erreur. Il n'y a pas
d'exemple sûr en arabe de permutation de ces deux lettres :
d>l'). toi, qui n'est jamais prononcé ida, est o] + a,
tandis que % est "î^ avec un a prostéthique, comme
lamma et alamma et alii-f j ^ i =_Vj dial. '^. Il faudrait
donc comparer, non pas îo! et 'bJî, mais ot et "^ et alors
s'évanouit toute possibilité de permutation. ^î et lJî vont
quelquefois sur une seule note ; )S\ toujours sur deux.
Lorsque, dans le même §, Brockelmann prétend que
le tripolitain launah, da pîôfdich, rentre dans la même
catégorie, il ne fait que suivre Stumme MGT p. 313
s. V. ^. Les tripol. lâunâh, lâwùnha et làunha ne
viennent point de îi — ^^^ + suffixes, comme le pense
Stumme, o. et 1.1., ni de 1 â h u n â, comme le veut Brockel-
mann, 0. et 1. 1., mais c'est la conjonction coordonnée
la winn + suffixes, qui est surtout employée dans les
parlers du Haurân, voyez ici pp. 351 et 472, = LJ'. Elle
est composée de "i+^ + Q'*)- Ce ^5 devient 3 dans la
composition 1 a w i n n, où il est bref dans le mètre, comme
1) De d > 1 on pourrait peut-être citer w»^^, 1 Sa'd IV i p. 140, '*, et
■wOtî, jower, plaisanter.
2) Quelquefois ,..) : lawànnuh. La fa 'al a bétu lawànn
el-'abd nii'ini ma"^ el-horma, il s'en alla à la maison, el voilà
[qu'il trouve] Vcsclavc qui couchait avec la femme; cf. p. 472, 14.
1193
il l'est également avec l'i (ou l'é) prostéthique dans il y a,
èlya'), ou comme oLxJ pour o!c^, Hdr Gloss- p. 708,
Brockelm. VGSS p. 76, 7 d'en bas, et le mehiî lâd.
11 correspond, comme sens, au classique v toL Je ne crois
pas non plus que le sabéen îo = hirayar. 30 =: % dont
j'ai parlé p. 417 et note 5, soit un exemple de d > 1,
comme le pense Brockelmann, en suivant Praetorius
Z D M G 53 p. 16 ^). Ce sont probablement deux mots
différents, mais les deux formes b et 30, qui sont hors
de doute, restent à expliquer. Elles offrent peut-être la
même relation et la même évolution que ^J dialectal :=
_jJ, class. et dialect., lb. Nlb, oL, a!^- Le 30 himyarite
serait alors à prononcer dô, selon p. 297. Ou bien ^o
est-il composé de la négation sabéenne !o et du pronom
personnel h u, comme le mandéen In'?, ne-pas, est ^b + in,
Nôldeke M G pp. 66 et 203, et le syriaque aL est jj + o«nj
Duval Gr. Syr. p. 283?
Sur la prononciation emphatique de J, ne provenant
pas de 02, voyez p. 51, note 4. Elle se trouvait aussi
chez les Syriens occidentaux lorsque deux 1 se suivaient
sans être séparés par une voyelle pleine. C'est sans doute
par cette voie que ce ]a.é»^1:;;.^ ^LiL a donné lieu au
tafhîm du mot M, et non vice versa, comme le pense
Duval Gr. Syr. p. 24, à propos du syr. alâhâ. Dans
M, il n'y a rien qui motive l'emphaticité.
1) Voyez ici Gloss. s. v., Ifdr p. 38 note et Gloss. s. v. ; èlya
aussi à Trip. Stumme M G T p. 283.
2) On pourra tout au plus soupçonner que l'adveibe sabéo-himya-
rite est à l'arabe comme OV*VlA, via publica, itcr, à i3^fi>-<) Arabica
IV p. 64 et note.
34.
El-Murqusîeh.
77, 10: tasrîf ou, note 1, tasrûf. Brockelmann
VGSS I §75a, dit que „dans toutes les langues sémi-
tiques, les labiales, principalement m, assimilent un a,
i en u," et il cite §75| notre tasrûf comme exemple
de cette assimilation. Je ne nie pas que surtout l'm exerce
une telle influence, quoique, pour ma part, je l'explique
un peu différemment^), mais je ne crois vraiment pas
que tasrûf soit ici à sa place comme exemple à l'appui.
Jyùj est un infinitif légulier, ici p. 536 et note 2, dans
les dialectes du Sud, où il est cependant plutôt rare, et
en 'Oman. Il se forme même des Jjîs qui ne contiennent
pas de labiale.
77, 10: "a ter eh. is^ilc, dispute^ rixe, émeute. c^okJ^
3_i!c iOLo il y eut entre eux une dispute, une rixe ou
une discorde. '>jj:sl.\ v\v>r. /^ eU^, tes paroles sont blés-
santés, elles amènent la discorde, y'wjù", se disputer^ en
venir aux mains, j^ [^Ji Axj^ '^/-*j') ils se disputèrent
ou se battirent, et ensuite on les sépara Vun de l'autre.
1) P. e. par la permutation constante de i et u, sans qu'il y ait,
dans le mot, une labiale.
1195
Sâleh em-Bedr ') a dit à l'adresse du sultan des Fadli:
ii)*_*jotj eV^^iy J. Kj]yiJI Je. a^!c (CjLt^ ^fjç-'" ^ ^"^ ■■
Fadl! ne dis pas des choses inconvenantes'.
Les ChaféHtes^) vont encore te blâmer à cause de
[ton langage.
Tu confiais nos expéditions matinales et tu connais
[nos hommes.
Si nous partons le matin pour ton pays, on t'en fera
[déguerpir.
^i)Juû ^JJ! ou .^ijw L est, chez les Bédouins du Nord,
une imprécation, pour le class. éy^.. RO, p. 419, 1, tra-
duit vj^' j r^ P^^ ungliicklich, mais c'est trébucher
sur la route.
77, 12: ragget beh. ", 0, est en général stossen,
synonyme de _o et de tiUv. ic^jJ-L ^s=>., il me donna
^ ^ o ,
un coup de poignard. Màlak terôgg birgîlak, pour-
quoi tapes-tu des pieds ? -/>;, int. (pour -/>y), hin und
her îvackehi RO pp. 255, 7, 259, 5 d'en bas; agiter,
1) Qui me l'a dicté lui-même.
2) Pour _ .Lv-< et -,-w, comme Oy^ pour v_iy^> Arabica V p. 163.
Ce thème est presque toujours ainsi prononcé et écrit; voyez ici
p. 478, 6 d'en bas. Le verset qui fait suite à celui cité Arabica V
note 2 est ainsi écrit par un indigène:
+ ■*" - +
Si nous faisons une incursion (nocturne), 7ious sorlo)is tous,
Ou bien notis mettons la charge sur le bât du chameau.
3) C'est-à-dire, les Arabes, car ils sont tous Chaféites ici.
1196
Syrie, i^y, balancer, branler, vaciller, ^y ^jà^'i, le toit
vacille, icj.^, bruit sourd, comme lorsqu'on entend qqn
marcher, = x>3 (deg^ah) et a^J, v. p. 903 et s., io-^ ^-^'
i_^wvLl!I , entends-tu le bruit (des voix ou des pieds) des gens ?
o^^As L\ij qT^' a^c ^, Il y avait alors un vacarme
parmi les Médinois. ^A'iéah demanda alors: „Qu' est-ce
que cela?" — „C'est la caravane de "A. er R. qui est
arrivée", lui répondit-on^ I. Sa'd III i p. 97, ii d'en bas.
Les développements renferment aussi cette idée: ^,,
j=>^ (j*^^, ^==-;? ^- Il y a ici deux courants sémasio-
logiques: celui de taper, stossen, I., ^., Hdr Gl. s. v.,
et sa métathèse du Nord ^=>:, Socin Diw. Gloss. s. v.,
^J^^J, i'), et celui de trembler, vaciller, „., ac>j, '^J>^j,
!^.. Les deux sens se confondent même, car ^^ est
taper des pieds, Hdr Gl. s. v., et class. trembler et faire
du bruit, Wellh. Hodeyl. N°. 165 v. 7, N°. 262 v. 27,
N°. 266 V. 8. 1 . dans notre texte, jeter par terre, ter-
rasser, prend ce sens à cause de la préposition, qui est
le complément usuel de tous les verbes à l'idée ùq jeter,
dans le Sud.
77, 12: sur qeym = |Jè et qawèymeha = L^ty>,
voyez p. 519 et ss. ; cf. p. 80, 23.
1) (j^_*J1j y^_>^, er sliJsst mit dem Ladenstoch Dt. ;j/^->jJ"
iiUj>j 3^L<lJI, du slampfest mit dcinem Fuss don Sack zu Dt,
ulàmtalàt hî' marj^ûseh, cl lorsqu'il cal plein, il est mar-
éûsali. L^"«-^ >ii'"-**^j, je me suis bien bourré le ventre = i^;/-Mi«^.
1197
77, 15: hulùqt = c>^iJl=> par assimilation vocalique,
comme 78, 2 r u k u b e t = o^>i. et h u n n u t e t = oiL> ;
voyez p. 357. Brockelra. VGSS I p. 537, où (3 n'y a
que faire.
77, 15: ma wâhed qasa"" li t] e y 1 e h : ^xi3 = v^à-ci/
G 0. Une telle tournure se trouve Boh. V p. 120, 6 d'en bas :
iaï ^î K^jùf ^y, '.u^JcùS Le, je n'ai jamais de ma vie mis
cl découvert le côté d'uîie femme. ^ u^ icJLv \> [^dl! Jy*.] JU»
Le Prophète dit: „Salamah, donne-moi la femme." Je
lui répondis: „0 Messager de Dieu, elle m'a, sapristi^
plu, mais je ne lui ai pas mis à découvert un vêtement,
Tab. I p. 1559, 3 et s..
^-cco, a, découvrir, mettre à découvert, ôter qqc qui couvre.
Mâlak qaéà^t minni Qm-difk\ pourquoi m'as-tu en-
levé la couverture? ^^^S .«.ciJiit, la lune s'est dévoilée, s'est
mise à découvert, et l'on voit que le «J:i^ f^^ d'el-
Mutalammis, Vollers N°. XXIV, est une locution encore
courante. J ^r^' /<^^/<5^^^^^^ partout, propr. mettre à
découvert. On sait que *J^ (et «^) veut dire, en Syrie,
en Mésopotamie et en Algérie, voir, regarder, p. 500,
Dalman PD p. 181, id. Il est paraphrasé par ^^ aussi
L A X p. 146, 12, et l'étymologie que je donne p. 500
et s. (o + ^) me paraît fort peu probable. Le sens de
regarder découle sans difficulté de celui de v_jui/. En
'Oman, t^, démolir, démanteler (forteresse), abattre R 0
p. 381, G, p. 427, 5 d'en bas; en tripolitain, abattre la
tente, Stumme TTBL v. 221, propr. mettre à découvert.
1198
Stumme, o. 1. Gl. s. v., considère j-î>i dans ce sens comme
un développement de ^jLi. Cela est ici impossible, mais
jiiS a fait j-cii dans un tout autre courant sémasiolo-
gique, mentionné au Glossaire, et dans lequel nous trou-
vous ^J^, balayures du bain, L A X p. 146, 9 d'en bas.
Dans le Sud, iL*_^, pi. t^ ou ^^, est une montagne
de moyenne grandeur^ plus petite que j^ji, et chez les
Diyêb, colline, ce qui rappelle le classique i-jtxi,^. == iui'î,
L A IX p. 424, 9. ^'JôJ! Q>^ 'SjiJ>:â est une petite mon-
tagne à O q 1 a t B e n i "A m i r, d'où sont venus les ijt,ccJi^! J^!,
subdivision des -bLJ! JJ>t, tribu des ''Awdillah d'ed-
Dâhir. ^ ^J^ (pron. qas'an-heyr p. 286) est un en-
droit en Marhah, Arabica IV p. 53, où habitent les
^\j J!, âl Rage h, dans le W. em-'Ureyd. J-c^î ii*^
(ges^at) est en Hdr les deux cornes du bouquetin. Le
mot se trouve également dans le Nord. Dans la célèbre
Qasîdah de DiËr, tante de 'Aqâb, elle dit:
4. Récité: Yagfelen min giéa^-al-Hamâd el-
[m a é a r î f )
^ o- o-
Chanté: ou.UUt oU^J! ^J^ ^^ o^^-
1) l'I. de uiyvv* GO, mais plutôt de v^jL^, quoique j'aie beau-
coup d'exemples, dans la langue du Nord, d'un pluriel J-^Ux d'un
singulier i}-«^, tels que ou^Ll* de v^JiXa^, qui rentre:, '■^■f^^-^ de
wà-^^, maiyre, cfllanquù ; j*^\âa de jlaà^, chameau qui a ses dents;
1199
Ils (les dalùl) prennent ombrage des arbustes qui
[se lèvent dans le désert.
iot-cijj, pi. «^, est arbuste en généraP). J'ai toujours
eu l'idée qu'il y a aussi un thème s-i:o qui signifie être
haut ou qqc d'analogue.
77, 20: "a s al. Le miel est extrêmement goûté dans
le Sud, et il y en a de bon. Il provient toujours d'abeilles
sauvages. Le miel de ôerdân est particulièrement re-
nommé, Arabica V p. 238. Etant à 'Azzân, je l'ai fait
venir de là. Le sultan Muhsin nous en donnait aussi tous
les jours. Mêlé au café, il avait un effet miraculeux! Le
Prophète était fort amateur de miel, Boh. VII p. 77 en
bas, au point que ïdLoloti! ^!J> était, dans sa bouche, un
euphémisme pour faire l'amour, I. Sa^d VIII p. 336, 2.
w*-ç>^ de L_^^->J-<>, expéditeur = i^j^ Negd ; j*r^l-^ de (*-r^,
chamelle noire. Dans la lunih j'ai noté ^j.Ls^ de Pf^} chamelle
qui donne peu de lait; K^ytoLo de J-^y"? nourrice.
i) Manzoni el-Yemen, p. 37, '^ d'en bas, donne »Qascinàh (Asclepias
nivea)", mais je ne sais si c'est le mêiue mot. R 0 p. 336, 3 : ^^^t
kleine, getrocknete Finche.
35.
^3|^ L« est dans tout le Sud tant que = ^.b U Reinhardt,
p. 122 en bas et p. 210, donne pour ''Oman ma zâl =
ma dâm, so lange aïs, loàhrend. Le verbe y est aussi
conjugué, de même qu'en Syrie et dans l'Afrique du Nord,
avec un autre sens, Stumme T Gr. p. 139, Marçais Gr.
p. 184, et comme l'est aussi olc hors du Sud: ma zilt
(=:dùmt) bâqi, so lange ich biti, ibid. p. 274, 1. De
même, en Syrie, comme dans ce vers, Dalman P D p. 221, 3 :
Lafdîke ber-rûhe ma zâlat tara ^êni')
Oui, je me donnerai moi-même en rançon pour toi,
[tant que mon œil peut voir.
Hartmann ZDMG 51, p. 198, Str. 4, 3:
Yiliram "alayyi 1-farah wid-daqqe win-naubi
Tihram ^alayy in-nisa mâzâlaki-bnàyya.
Les amusements, le jeu et la musique me sont défendus.
Me sont défendues les femmes, tant que tu es la fille
chérie (de mon cœur)^).
1) C'est ainsi qu'il faut lire, basît. Ce morceau fourmille de fautes,
comme tous les autres dans ce charmant livre.
2) Hartmann ne paraît pas avoir bien compris ces vers, à en juger
par sa traduction et son commentaire p. 210 et s . Le mètre
— ^- I -^~ I — ^- I — est en désordre dans toutes ces poésies,
ce qui est un peu fort pour un si grand professeur ès-raètres. Le
texte corrigé que je donne est d'après le chant de mes Datînois, et
alors le mètre reparait. Tant qu'on ne procédera pas comme moi,
on n'aura jamais le vrai texte. Ma zâl prend les suffixes, ici p. 79, *,
aussi en Syrie, exactement comme m â d â m = JyJ Lo ZDMG
XXII p. 155.
1201
Dalman P D p. 145 1):
Yegûle sultan ehlif birâs ehsani
Yehram ^alêkum sulhe yal-bedwâni
Ma zâle Fâyiz bel-bila rergû,ni
Rêr in tegîbu 1-gôde lal-^edwânî.
Sultan dit: ^^ Je Jure par la tête de mon cheval:
La paix vous sera refusée, ô Bédouins,
Tant que Fais sera plongé dans l'affliction (n'ayant
[pas été vengé)
Si ce n'est que vous apportiez la rançon au "^Adioanite.
Comme ma, dans ma dâm, est le iu^v.^' ^, il faut
bien que ma, dans ma zû,!, le soit aussi. Mais Jh est
tout le contraire de j.b, et cela a suggéré à Hartmann,
0.1. p. 210, et à Nôldeke, WZKM IX p. 14, l'idée que
^3U U soit une abréviation (haplologie) pour Jî^ U L«, où
le premier U serait la négation. Cela n'est pas impos-
sible, mais pour mon sentiment de la langue, c'est L
dans J|^ Lo qui est la négation, et la construction est
elliptique, calquée toujours sur j.îj U par analogie, ce qui
revient à peu près à l'analyse de Hartmann et de Nôldeke.
79, 1: burr. i, hlé, Triticum sativum L, Deflers,
Voyage au Yéman p. 224. Le mot se rencontre déjà
dans les inscriptions sabéennes-). C'est peut-être l'hébr.
"13, blé déjà battu^). Dans l'ancien arabe, on le trouve
1) Où texte et traduction sont ôgaleraent erronés. Je les ai donnés
tels que je les connais, moi. Le premier verset cloche.
2) Z D M G 40, p. 320 = Grimrae Muhammed (VVeltgeschichto etc.)
pp. 49 et 89 = Jeremias AT'^ p. 192, où il faut lire |»J ^j^ ^elon
Arabica V p. 279 et s.. Glaser, Dammbruch von Mûrib p 9 1. 40,
et p IJ, I. 87.
3) V. Kremer, Studien zur vergl. Culturgeschichte I et II p. 11.
1202
assez souvent, LA V, p. 120, ii et ss. et par Tab. I
p. 1090, 7, nous apprenons que Hâsim fit venir jLiJt
(jLi^î ^'Li j,Li:JI (ji5 ! ij^i) o'i^ de Syrie des sacs pleins
de froment vanné. V. Kremer a donc tort de dire, o. 1.
p. 13, que „du temps du Prophète, le pain d'orge était
certainement connu, mais qu'il n'y était pas fait men-
tion de froment." Les savants arabes considéraient y
comme étant plus fa si h que les synonymes p^ et &iù:>,
Muzhir I p. 105, is, inusités dans le Sud. C'est sans
doute cela qui a amené Mordtmann, Z D M G 46, p. 320,
à attribuer à j une origine yémanite, et Vollers y voit
„une nouvelle preuve du rôle que les dialectes sudara-
biques ont joué dans la formation de la langue arabe
écrite," ZDMG 49, p. 512, note 1. Le mot est aussi
courant au Yéman, Glaser, Peterm. Mittheil. 1884 V
p. 173 b. 25, et Neswân') rapporte un proverbe yéma-
nite: ^! o^^ '-5^^'^ ^S^ (*^'y^' oÂ:>, en ajoutant pSi
(jJlxJI ^] Q»r^ ^ l^j'i". Dans les pays qui nous occupent,
le burr n'est cultivé que sur le haut plateau d'ed-Dahir,
au n. 0. des "^Awdillah, où l'on a aussi le pêcher, la vigne,
l'amandier, le poirier, etc. En s'appuyant sur l'étymologie
égyptienne de idi>L=., nçn, \l.^m , v. Kremer, o. et 1. 1.,
émet l'avis que les Sémites ont emprunté la chose, avec
son nom, des habitants de la vallée du Nil. Au contraire,
Guidi, Délia sede primitiva p. 23, trouve, avec autant
de raison, ce me semble, que l'accord des langues sémi-
tiques, quant aux mots 'iùijj> et -ou:, prouve que le bas-
1) Sur ce verbe, voyez p. 1026, note,
2) Chez D. H. Muller S S p. 151.
1203
sin des deux fleuves de la Mésopotamie „produceva grano,
orzo et simili plante in quantita incredibile." i;L>L=> doit
appartenir à un vieux fond cultural sémitico-hamitique,
et ce mot nous montre, si cela est encore nécessaire,
qu'il faut démolir la muraille chinoise dont les Egypto-
logues ont entouré la civilisation égyptienne. Lorsque
V. Kremer allègue, comme preuve de l'emploi indécis des
mots ,s^ et y, en arabe, que les Arabes à la conquête
de la Babylonie, ont appelé le froment: ta^'âm, il n'est
pas très critique'). j.Iju:» désigne la nourriture principale
du pays: orge, blé, riz, dourah, etc., de même que J^^
La Langue arabe, p. 66, mais personne ne soutiendra
avec cela qu'on ne connaisse pas les mots spéciaux de
^, j^ by, etc..
Je n'hésite pas à soutenir que ^, ou plutôt son pro-
totype sémitique encore inconnu, a donné le grec Typo'ç,
froment, qui se rencontre déjà chez Homère. Le mot a
ensuite voyagé de par l'Europe, et Hehn, Kulturpflanzen
p. 536, dit: „7rypcV, froment, se retrouve dans le vieux
slave pyro, froment, petits pois, lentilles, et dans le
litouanien piirai, froment d'hiver (dialecte). La signifi-
cation la plus ancienne est conservée dans les langues
i) ;,, riz, ne vient pas de '6pv^a, comme il le dit p. 12, mais le
mot grec a la môme origine que l'arabe et le persan, du sanscrit
vrihi. j^ ou âj L A VII p. 221, VoUers Z DM G 49 p. 497. Brockelmann
VGSS p. 244 note veut que la forme ;J», que (jawâlîqi donne aussi,
ZDMG 3.3 p. 217, et qui est encore usitée en "^Omân, provienne
du sansc. viing. On lira à présent I. Low Der Reis, dans Z A XXI
p. 20G et ss..
1204
nordiques: russe, pyrei\ tchèque, pyr, etc. chiendent;
pruss. pure, brome; anglo-saxon fyrs, lohura, ruseus;
angl. furz, fiirze. C'était donc originairement le nom
d'une espèce d'herbe et qui fut, plus tard, appliqué au
froment et à d'autres graines." L'observation de v. Kremer,
0.1. p. 11, que „ces dénominations burr, bâr et qamh
ne se rapportent par originairement au froment seule-
ment, mais à une ou à plusieurs espèces de plantes sau-
vages à graines, qui existent en Arabie", pourra être
vraie, mais jusqu'à présent nous n'avons qu'à nous en
tenir à la signification transmise par les livres et les
dialectes.
79, 6: yiqerr, yigorr. ^, i, o=^lî, imparf. ^ et
l£j. On fait cette différence que ^ est devenir amer,
tandis que .li", i, est être amer dayis son essence. La même
différence existe entre Jï (qâr) et ^. Ahmed b. ^Alî
es-Sahimî dit, dans sa qasîdah en âr, citée p. 481:
Et le torrent, lorsqu'il tombe du haut de la montagne,
Nous ne V empêcherons pïas, s'il s'épand au-dessîis des
[murs,
Au point que si quelqu'un dit: c'est une affaire con-
[trariante,
Il me fera boire l'amer, d moi, et il lui fera boire, à lui,
[l'âpre.
\) Var.:^t^. 2) Chanté y is-gî-n i-y i 1.
3) L'oriprinnl a -oLS! 1
i
1205
Dô'an, dans sa longue qastdah en ûr, souvent citée
ici, dit:
L'armée de la Montagyie met à exécution ce que dit
[le Sciffite:
Nous buvons du doux et nous buvons des choses amères.
yjs est ici le pluriel de ^, devenu ^^, comme c>-vo
et c>vy«, ou -o, par le passage ordinaire de ey, ê en î.
Une qasîdah des Dû Mohammed en îr porte:
Çwz e7cye sa voza; (pour appeler à la guerre) et fait
fies provisions de guerre
Doit inévitablement boire du doux et de l'amer.
Voyez d'autres exemples ici p. 595, 6 et p. 991. Hart-
mann donne yi = J-^ L L W N°. 55 Str. 3, 4, mais
ces textes sont si mal notés, si mal ou pas du tout
commentés et pour la plupart sans traduction, que j'y
comprends peu de choses. Il me semble que ce thème
n'ait rien à faire avec ^ ou Ji, poix, Muzhir II p. 144.
I Sîdah XI p. 214, ts et s. a, d'après Abu "Obeydah,
JS = ^t y^^! et, d'après I. el- A'^râbî, : é^ô ^^ piî îàp
ja\ j_5t, ce qui est répété par LA VI p. 438 (où y» y^).
C'est donc sans doute la môme chose que le J^, arbre
à myrrhe, Commiphora Abyssinica, var. simplicifolia
Schweinf.. Je ne sais si Jiï et ^, i, en sont des dénomi-
natifs ou bien si les verbes appartiennent à un fond
1206
r S
ancien. jS pourrait alors être ^JS, comme dans la qasîdah
plus haut.
79, 12, 13: kal. L'a initial, faisant syllabe simple,
tombe selon Hdr p. 519. Ainsi, dans ôd>) qui fait h ad,
voyez Gl. sub. 1. Cela prouve qu'on a prononcé akàl,
ahàd, Brockelmann VGSS p. 90, comme effectivement
dans l'Afrique du Nord, klà^ hdà'. L'on prononce encore
souvent ainsi en Arabie la III p. s. m. du parfait et le
Joli, OÙ la seconde voyelle peut aussi être anaptyktique..
On retrouve également les formes kal et h ad dans cer-
tains dialectes marocains, Socin AD M p. 176, g, idem
Houwâra p. 40, 13, 31, A Fischer Wappen p. 279 fin, Mar-
çais Gram. p. 71 et note. Jil et l\=>S, ainsi réduits, ren-
trent donc, quant au parfait, dans la catégorie des ver-
bes III y: fa% ce qui explique la forme nordafricaine
du III pers. sing. fém. de tous ces verbes, mais que je
n'ai jamais observée chez les Bédouins du Nord et du
Sud, malgré Socin Diw. III § 130 a, où N°. 66, 33 bëgat
est mal compris pour begàt. ùàt ou gàt n'a que faire
ici. Mais les paysans de Syrie disent hadêt, hada,
h ad en a, Dalman PD p. 154, 5 d'en bas, p. 156, s, 15.
Cf. Brockelmann VGSS p. 91.
La conjugaison de ces deux verbes est, dans notre
dialecte, comme suit:
1207
m
B'
CTQ
Parfait :
Im. etf. ana') kalèyt*) ou hadèyt^) ou
kalt hatt
2 m. enteh kalèytou kalt h a de y t ou hatt
2f. entikalèyti, kaley- hadèyti, ha-
tin ou kàlti, kaltf. deytîn ou
hàtti, hattf.
3m. hù' kal had^)
3f. hf kàlet hàdet.
2
2.
1 m. et f. ahna*) kalèyna ou
kàlna*)
2m. entu kalèytu ou
kàltu
2f. entèyn kaleytèyn
ou kaltèyn^)
3 m. hom kàlu, kàlo®)
kàlow, kal au') et
kalù'
3f. hinkalèyn.
hadèyna ou
hàdna
h a d e y t u ou
hàttu»)
hadeytèyn ou
hattèyn
hàdu, hàdo,
hàdow et
hadù'.
4) Au Yéman, a ni au féminin. Dans le Ilaurân, ani est aussi
bien inasc. que fém.; en Mésopot. ani masc, Meissner MSOS VI il
p. 93 note 14 et p. 100 N". 14, ', comme qqf aussi en Egypte,
Spitta Gr. p. 72 et s. et Hartmann L L W p. 107, 27. Le dialecte
hirayarite paraît avoir eu ani pour le masculin, D H Millier Sûil-
arabische Studien Sitzungsbericht d. phil. hist. Classe LXXXV Bd I
pp. 117, 118 et 121, 2 d'en bas. Brockelmann VGSS §104. C'est
l'hébr. •«ij.^.
2) ey peut partout être prononcé é.
3) Aussi 'Oman MSOS II ii p. 23, '♦.
4) Ou nahna et lahna. L'observation de Praetorius, Z D M G 34
p. 227, qu'on ne dit pas lx\>, Ui/ n'est donc juste que pour
'Oman; cf. RO §315.
80
1208
Imparfait.
1 m. et f. okol, ôkul. ôhod
2 m. tôkol, tôkul. tôhod
2f. tôkli, tôkli' ou etc.
tôklin.
3 m. yôkol, yôkul.
3f. tokol, tôkul.
Im. etf. yôklùn, yôklu, yôk- yôhdûn ou
low, yôklau, yôklà"" yôhdu, etc.
2 m. tôklûn ou tôklu, etc. etc.
2f. tôklèyn
3 m. yoklûn ou yôklu, etc.
3 f . y ô k 1 è y n.
Dans la prononciation yôkol, y ôhod, le premier ô
est par assimilation vocalique, Brockelm. V G S S p. 182,
31, puisqu'elle n'a lieu que dans les verbes Axj comme
yômor. Yôkal est passive et s'entend qqf.. On ne sau-
rait comparer les verbes analogues hébreux J^"D, qui font
5) Jamais avec la désinence en, an, comme en Hdr [Hdr p. 487,
16; yidhakan] où pourtant les III y l'ont; ma brochure M S p. 34.
6) Cette forme n'est pas employée seulement devant les suffixes,
comme on l'a prétendu; cf. Socin. Diw. III § 131. En Hdr aussi
kàla et bî^da; en Egypte, aussi kal et h ad, de môme qu'en ^Omân.
7) Avec la finale au aussi devant les suffixes: yitrahàunha
ici p. 52, 6. La prononciation -on est usitée surtout en Hdr:
yinzahôn Hdr p. 248, 4, 5; yisrabôn ibid. I. 7; t il bison ibid.
p. 267, 20; tigûlon, ibid.
8) Cette assimilation de d avec t est la règle dans tous les dia-
lectes, et la lurah a sans doute procédé de même, Wnght Gr.
p. 16, Brockelm. VGSS p. 172; al)àdtena et ahàdt de D H
Millier, M S pp. 153, 28 et 154, 16 sont donc certainement une
erreur; voyez ma critique M S p. 55.
1209
à l'imparfait hji<\ ir]i^\ car ici la longue â est devenue
ô en vertu de la prononciation spéciale hébraïque de â.
Brockelmann, VGSS p. 49 [cf. p. 591], veut que ce soit par
analogie avec la première personne ""ôkel, ce qui n'explique
pas les voyelles de cette personne. Snouck a donné, Feest-
bundel p. 22, la conjugaison de ces verbes dans les dia-
lectes de Sê'ûn (Sêwôn) et de Terîm. La différence est
peu importante: la Ille pers. sing. y est kàla et la
désinence fém. dans les personnes respectives est in,
excepté à Terîm, où aussi la III pers. pi. (fém.) est en.
Le schéma hadramite que donne v. d. Berg, Le liadhra-
mout p. 242, de katab n'est pas juste quant à la voyelle
de la préformante de l'imparfait. L'accent sur la der-
nière syllabe à voyelle finale, que nous avons déjà con-
staté dans la conjugaison p. 319 et ss., et qui motive
le hamza: kalù', hadif qataliV, a déjà été relevé par
les anciens grammairiens'). Cet accent sur la dernière
remonte donc au loin. L A i p. 10, 9 et s. d'en bas
dit^): y^ lP*J q5^ ij^'^ ^ L^^' -^' ij i«àïy't a:^P \kA»,
j»^lXJ) |p-A£)5 b|5 jjy) ^^M^^ %^ U'.'^/^ (^^ »U^ l^>*
Les savants arabes ont ici placé le hamzah sur la
1) L'article de Strack »Der Ton im Altarabischen", dans sa Hebr.
Gr. p. 21, prouve qu'il n'a jamais ouvert une grammaire arabe.
Presque toutes ses comparaisons avec l'arabe sont des gaffes. Pour
un professeur de l'Université de Berlin, c'est un peu trop fort. La
grammaire hébraïque, cette olla podrida de tous les temps et de
toutes les pro\enances, est facile à connaître; l'arabe est un mare
mu)jnu)n dont bien peu ont mesuré la profondeur.
2) Sîb. II p. 311, 15 et ss., Mufass. p. 102, 5, Weil, Die Beliand-
lung des Hamza-Alif im Arabischen Z A XVIII p. 24.
3) Comme c'est toujours le cas. Prov. et Dict. p. 435.
1210
voyelle finale, au lieu d'après, car on a prononcé et l'on
prononce encore qûlf, qûlù^ et tout mot de cette na-
ture reçoit forcément le hamzah final '). L'exemple clas-
sique ^iù> est donc véritablement f^il=>, hubhV, et non
pas h ù b 1 a', comme on le transcrit, Brockelmann V G S S
p. 48, r. Hiibla devient, dans les dialectes, iJLo>, où la
finale est réduite à sa valeur phonétique. La lurah ne
diffère pas ici des dialectes, car c'est là une loi physiologique
générale; voyez Hdr p. 386 et ici p. 751 n., Brockelmann 1. 1.
L'impératif est kùl et hôd, hùd. La voyelle longue de
hûd et kûl, chez tous les dialectes haçlar (Damas: hôd,
kôl), excepté l'égyptien hod, kul, est par Oestrup,
Contes de Damas p. 146, expliqué j.par analogie avec
les autres impératifs comme sràb." Il y a ici deux er-
reurs: r sràb est une prononciation qui n'a lieu que
lorsqu'on appuie beaucoup sur la dernière syllabe, autre-
ment c'est sràb, mais toujours dans le même cas, ordi-
nairement c'estîsrab, et isràb> isrâb n'est nullement
une règle. Elle a déjà été connue anciennement, Arabica
III p. 48, Hdr p. 215 note, Praetorius Z D M G 34, p. 226,
et ri s b â^ est, en arabe, accidentel sous le poids de l'accent ;
2° hôd est par analogie avec les II w: qûm, comme
l'impératif babylonien, ce qui est à noter. Il y a beaucoup
de ces bourdes dans le livre du savant danois.
Voici quelques exemples des dialectes du Sud :
1 Dabi, poète des Wàl.iidî, a dit dans une qasîdah,
citée p. 653 et p. 692:
^-^^^•^^ CT^ -""^ r" L^->^
Lu>
1) Par contre, là = ^ J , et non pas là', est Juste.
1211
Nous sommes venus chez le seigneur de Sarr; B.
[Hanaé vint chez nous,
Nous l'avons pris en bas des meurtrières et des
[remparts.
Hdr p. 94, 9, mais aussi Lo3^, comme ici p. 498, 7 d'en
bas, p. 1219, 18. Un poète des Facllî dit, dans une pas-
quinade renommée:
c^ + - ,- .> ^ o^ ,=^/o +/'
+
Emporte ma répotise, ô doux zéphyr qui te lèves
fie matin!
Tu passeras chez Sâleli h. Hoseyn
Qui a dit: ^,Ils vont se partager les vallées d'el-
[Qadam,"
Lorsqu'ils prirent le ventouseur. 0 jeunes filles
fsveltes! Poussez vos cris de joie!
Dites à Sâleh: „Ce que vous avez fait n'a nui à
fpersonne.
Vous avez pris les ventouses avec les fusils et
Sur les participes mâkel, mahid, et les autres ana-
logues, j'ai déjà dit le nécessaire p. 699, Gloss. s. v. LXi>!.
Aussi "Oman, Rôssler M S OS I p. 68. Dans le même
cas se trouve le ^j^.^a d'el-Gawâlîqî, Morg. Forschungen
p. 134, et que nous rencontrons déjà dans I. Sa^'d V
p. 248, 7 ^). L'opinion de A. Fischer, M S p. 203 note.
1) Cf. ibid. Anm. p. 30 où le rns L a (j*oy<i au lieu de ij*.^y>
1212
que m agi est formé par analogie avec mâsi, a été
adoptée par Brockelmann VGSS p. 292, qui, reve-
nant cependant sur cette idée, dit p. 590 que l'origine
du m dans mâhed est encore obscure.
du texte de l'édition. De Goeje, ZDMG Gl p. 4G1, a raison de
vouloir garder cette leçon.
36.
80, 9: wuzzà'tah. La première voyelle u est à cause
du w précédent. ^J^ n'est jamais distribuer dans le Sud,
mais enfermer y serrer, ^^j^^î j. dVjLo ,^:^^^», j'ai serré
tes habits cîa?is la caisse (coffre, malle),
80, 12: wùsàr. yô^ est en Dt l'aire où Von bat ou
entasse le blé, décrit Hdr p. 297 '). C'est le^Jxlj du Nord.
Sâ^\ j, J^J! ^^^j^uL, on hat le blé sur l'aire. Dô^an
dit dans sa longue qasîdah en ar, souvent citée:
+
jA^! u ^^^jj&r Lj iobo *J ^j^ ri^i^Àjî iw»^J!5 s-J^f Ovi o^Lw
Dis aw sultan de tous les Bd Kdzim:
Pas un ne laisse son huile de sésame au pressurage V-
Les essaims d'abeilles sont partis^ et le blé a été vanné :
Qui a une créance viendra jusqu'à l'aire^) (pour
[avoir son dû).
Ce mot appartient au dictionnaire commun de l'ancienne
1) Où tj^ représente la prononciation biuu pour -L^?.
2) Mais il l'eiiipurte.
3) Ou mcKjasiii.
1214
culture sémitique. C'est le babylonien u sur tu'), enclos,
Umschrankung, Halévy RS Avril 1904, p. 188, le néo-
hébr. "i^'1}<, le syr. ; of, le mand. '\i^)i^V, Nôldeke M G
p. 134, Ges.-Buhl H W B p. 16. On ne saurait donc, comme
le veut Haupt, le faire venir d'une racine y^. Dans le
wasar les provisions de blé, de durah etc sont em-
magasinées. Comme dans le Ciel tout est un pendant
de la Terre, il y a aussi les ni"i^"ii* des vents, de la pluie,
de la grêle et de la neige, Schiaparelli, die Astronomie
im AT p. 28. Le mot n'est pas connu dans le Nord,
mais il se peut que le class. et norddialectal b^, enclos
en pierres, p. 654, lo, renferme la même racine. »^ pour-
rait être pour 5^3, ou »^^, sur le paradigme iJujé des
mots analogues, v. p. 650.
4) Il y a un autre u sur tu, image^ d'où vient l'arabo-araraéen
a^yo, Ziramern K A T p. 65 s, et cf. Del. H W B p. 422 a, 8 et ss.
et p. 309 b.. Je crois que c'est justement notre usurtu = yoj
qu'il faut voir dans le mythe d'Adapa K B VI, i p. 92 v. 3 et p. 405
et s.. Dhorme traduit usurat mâti par les destins de la contrée^
0.1. p. 149 V. 3, mais il s'agit sans doute ici de usurat saraé, les
mi!i]K de l'A T, d'autant plus que Adapa doit exécuter les ordres
d'Anu, où se trouve le usurat.
37.
âû' di' tàbbeni?
Zd3, 0, taper, palper, toucher^ to tap. w^i^L, tapoter,
daDS tout le monde arabe ; Hçlr Gloss. s. v. ; bredouiller
en Syrie ; 4-i2lb, pat Mm, Stace p. 209, et mieux tap Mm.
Le thème ÇJ^ a reçu plusieurs développements dont les
suivants renferment l'idée primaire de taper : (^ ^Ji.JL, ^^y
OuIp, {^^ et JoL, Hdr Gloss. p. 644. C'est originai-
1) En Syrie, i^-^h, casser avec bruit une chose fragile (il faut
entendre le bruit). (j*>.*i5, jeter une chose par terre et la casser;
patauger, cf. L A II p. 44, 10; mais en Egypte, tâtonner, marcher
à tâtons comme l'aveugle, ij^ * NV, se meurtrir en tombant. (j^-^-^taJi,
se casser avec bruit. 'iLii^<L> est le nom d'un village au Liban »parce
qu'il est tombé avec fracas du ciel"; aussi vase à boire en bois =
*-^LL, Wetzstein ZDMG XXII p. 150. Cf. le Syr. Ji~J:.^^d^ ou
U^^'^, casser en petits morceaux ^ji^-^i-^, fondre sur, se jeter sur
(J^) ; /"«"'e sauter = dissijicr (JUS). S-fP" ^-^^^•^s^L = ^}-^ iCal^Jib
Syr. = Sud t}-*p> iùiiJ:» ou Jyp* \-A>^) piétinement des chevaux;
cf. L A II p. 44 et Usd el-Ràbah V p. 553, 2, = Nihâyah II p. 31 =
I. Sa'd "VIII p. 223, 4: 'ê-j^t^^Js. Contamination de v*^ et de g»ij?
2) xl^î ^Jk£ Oui?} iO«3LflJl sjcX* (**^', ^c lendemain il saisit
l'occasion et fondit sur ses gens, el-Yâqût el-Mo'^azzam fol. 61 b. 1.
6 et 7 = bôdouin J^
1216
rement une onomatopée indiquant le bruit. Cela ressort
bien du syrien et de l'égypt. IJ^ ^3, il tomba de façon
qu'on entendit le pouf: patatras, plumps! Sa métathèse
dialectale i:u, 0, en '^Omân frapper de façon à produire
un bruit : o^^yj \I3J, il lui donna un coup de pied, Rôssler
M S OS III p. 20, 8 d'en bas^), Uu.^ ^-ao, il le frappe
avec le sabre, ibid. I p. 70, s, R 0 § 303, cf. ibid. p. 272,
d. ].. Par contamination entre -Lj et ^b, s'est formé ^-^,
retiverser, w:>5 JLc aL«J', Siliâh, synonyme du dialectal
C^, et tomber par terre avec un pouf, Socin Diw. Gloss.
s. V.. Stace p. 103 s. v. lying et p. 131 s. v. prone. u.>^>o o^ilJ,
elle a accouchée d'une fille, mis bas, Syrie, f^^^^, Syrie,
aplati. Sur ce sens de renverser, qui concorde peu ayec
celui de taper, voyez plus loin.
Ues-surba el-auwale kullma tabbu 'al-'Arab
yinfâlu, inkàsu mafâlîs. Et la première troupe,
toutes les fois qu'elle se rencontrait avec les Bédouins,
s'enfuyait effrayée et rebroussait chemin en désordre,
récit ''anazî d'el-Hôtrôbî. — U "ôgëb dà^ yôm min el-
îyâm hom qâ'idîn wilya tab {=^iL>) 'aleyhom
râ'i dëlûl min sîbat^) esSumbul. Et après cela,
un beau jour, lorsqu'ils étaient là chez eux, voilà qu'un
\) Mais battit p. 29, 7, elle prit, et battlek ibid. I p. 64, G
d'en bas, il Va apporlé, ne me paraissent pas bien traduits.
Tj iO-*.jo ^j^ = v_j^o jj^ = xOjj^ = ^ jj^ GO. c:^rVr* ^^
|JLc LoîyiJij' oUi> âjjO iy^v^, lorsque vous viendrez du côté du
territoire du Namàd, vous trouverez de nos nouvelles, "^anazî.
1217
cavalier, monté sur un dromadaire, leur arriva du coté
d'es-Sumbul, récit de SaMûn el-'^Awâgî, 'anazî. liy^yj iJLJ J^
(J>c. Ujwi^ iLLJLi j.Liî fiyiCsc isliLvwî ry^ )H^^3 ^^' iT* Ls^^
^La-wj Jlc (1 LL>JL:i>5 iLJ^'LJî t:>v^« Chaquc nuit nous
voyageâmes par crainte de sa famille, et le jour nous nous
mîmes en embuscade, pendant un parcours de dix jours.
Un soir, nous arrivâmes aux jardins d'es-S. et nous
entrâmes dans un jardin, récit ''anazî. o^», JLw Joîj
yTL, ^\^ |.^f l^lL ('^ ^yîJ*5 u>.:C>5. Quelqu'un demanda à
1) (ji^:>, entrer^ n'est pas employé dans le dialecte syrien, mais
en Haurân, chez les Bédouins de la Syrie et en Mésopotamie. Un
Bédouin ^anazî me dit ce proverbe: "^omrak la tehoss bêt
zunniin u la takol "^ês mannan, ti entre jamais dans la maison
d'un soupçonneux^ ni ne mange jamais le pain de celui qui te le
rappelle toujours. Sachau VLM p. 47 N^ VI, 2, p. 49 N°. XI, 5,
p. 79, 7; Meissner NAGI p. 118 (où ha s s est une faute d'im-
pression), {j^^ est aussi courant en Egypte, Prov. en Dict. Gloss.
S.V., et dans toute l'Afrique du Nord, Stumme T T B L p. 57, v. 54,
Marçais R M T A p. 428, = ^JiJ^ Stumme o. 1. p. 53 v. 24.
2) Siqq= ovAas, v. p. 433. Un »lettré" anazî écrivit cela p«*û!
3) Paraphrasé par (j^Vr^K» >*oms espérons. (Cja>!, supposer, espérer.
33 j> = »>>,, supposition, espoir. Je dis une fois: ujLc^t ^^^ cLto,
o _ o o
mon livre a été perdu, et un ^anazite me répondit; lAilJilj s^j^ï
sLjI, espérons (pie nous te le trouverons, 'anazî. -U ^^j^ ^y *»^
l^j u^«->cx:, y-a-t-il un peu d'eau chez vous'? 'anazi. Dans un récit
'oneyzitu, je trouve ceci :
1218
un autre: „Est-ce vrai que tu as entendu dire que les
enfants d'el-A. se dirigent vers le Sumbiil?" — ,^Par Dieu,
je l'ai entendu dire, et nous supposons qu'ils arriveront
a] Jc>5 (-jJp^ Vy^lî iU/si-XJt '^\ L_îj^. L« '^[î p^i-*^ ^L> («v^-s
Xjj J> Jo *i^*^ OfA^' -^ Hîj^ 0^-5 ^'-^ L/*^' J^-*-^ ijr'*^'^
xL^ iff^r' {*^/ *^ '-^ • r • "^^ lorsqu'il (= Turkî, cheykli des
Barqah des 'Oteybah) arriva à leur campement, il n'en vit que
les traces, car les Bédouins avaient déjà décampé. Il trouva un
chasseur à qui il demanda de leurs nouvelles. Celui-ci lui répondit
qu'ils avaient suivi un éclair qui avait lui le soir d'avant-hier. Il
lui demanda où pourrait bien tomber à peu près cette pluie de
réclair". — »jDu côté d'el M. répondit-il", et cet el-M. était à une
distance de quinze jours du campement d'où ils venaient. Tnrki
o
retourna alors auprès des siens. Ici, »»iy> me fut expliqué par
(jJ^ , ce qui concorde avec le ^omânite l5^^ , estimer, schàtzen
RO p. 230, 14. ^T^ (pron. emhàrra), espoir: ^>a 1j!-:^Î
wo Ji (^jC ^^y^^^ . notre espoir est de nous diriger bientôt vers
le-Gauf, 'anazî. [^c^ , a, se rendre à, avec accus. '^l=>y\ l-^yaj,
710US nous dirigeâmes vers ez-Zahle, 'anazî. ^' ^j:*^ ^^^ y^
'-\v^j , demain je me renrfrai auprès d'i, JR., qasîmite. iAj>s.m^( (J^
R. 0. p. 371 , 3, il se dirigea à la mosquée -et non : er stieg ab.
C'est l'assyr. nasù, fuir {!) et l'hébreu Hîii]- Aussi employé au
pluriel. i^Jjï 3jà.»M.Ji i^y-^ , espérons que le voyage aura lieu sous
peu, 'anazi. '■é^^ (pron. èmhàrriih), pi. {^y^ , territoire, l'endroit
où l'on demeure, côté, exemple p. 468, 5, [où i^y^ est f. d'impr.).
Cf. LA XVIII p. 188, 2 et 189, 5.
1219
aujourd'hui ou demain, récit de Feysal es-Sa'^lân, cheykh
des Ràwalah (ou Arwalah = ijr, comme àjlc).
Tobbête lil-'arka nidôhtâh
' o ,
ulgête Simâr^) ta ni rukùbtah^)
•'i
^JL^AJ
j 'xS-JtJj vi>>-ç<i3
Je me suis lancé ^) dans le combat {et) je l'ai appelé,
Et je trouvais Simar qui pliait son genou.
Meissner M S 0 S YI, ii p. 78 N*" 3 ('Iraq).
Yôm àgbal Sa'dûn wilya 'ayâluh wahùh râ-
dîn*) sudd^) bâlûd ma beynrabà'^hom u el-gôm
umin tàbbetu^) "ala el-faras 'allag en-nahâwi:
})ayyâl el-'Alya Sa'dûn! etc. Lorsque Sa^dûn
s'avança, voilà que ses fils et son frère devi7irent un
rempart d'acier entre ses contribules et l'ennemi, et dès
qu'il eut sauté en selle sur la jument, il poussa les cris
de bravoure : „Le cavalier d'ePAlya (la jument) est Sa^dûn !
etc. récit 'anazî de Sa'dûn el-'Awâgî. civi^3 i l^\ vj*!!
i»Ljj iCxLs jJjoLc e:^.Ai>3 ^^uJic, les Bédouins me plurent, et
je me suis rendu chez eux et j'ai passé chez eux quel-
i) C'est ainsi qu'il faut lire et chanter. Le mètre de ces ma^'âwe
est — ^- I — ^- [ -, mais ils sont mal transmis, comme le fait
justement observer Meissner lui-même, o. 1. p. VII, ii p. 3.
2) Et non e s - S i m 5i r , comme dans le texte, voyez Tab. Indices, s. v.
3) Je traduis ainsi au lieu de ich gincj de Meissner, car v*^
implique ici l'idée de soudaineté. Il est du reste le synonyme de
^LL>, Hartmann LLW p. 147, 41.
4) = ^./^ G 0.
5) = f^^, GO.
6) u--/-'' J^ r^ = L-/-' è^ v->^, GO; cf. ^■^ .s'enfuir
(cheval) Stace p. G7. s, fly.
1220
ques jours, "^anazî. ïyybo! ^Lyt LuJiJj |!^^-> (i«£^ >-^<^» nous
sommes arrivés à leur pays et nous y avo7is trouvé beau-
coup de pâturages, "^anazî.
Dans l'histoire de Feysal b. Sa'^ûd, emîr de Negd, dictée
par un 'Oneyzite, je trouve : ^^3 ^y^ ^a-lc q, ^c>^'
'isA=> ^^\ ^}s. ^_j^^^\. SaWd partit de chez eux et se diri-
gea vers el-Bahrén auprès de I. Khalîfah. On voit donc
que Wetzstein, Z D M G XXII p. 121, a tort de douter
de la construction sans ^}^. Dans les dialectes du Nord,
tous les verbes de mouvement vers un endroit peuvent
se construire avec l'accusatif. Cela était aussi admis par
les Koùfiens, I. Sîdah XIV p. 75, 12 et ss. d'en bas, L A
I, p. 379, 10 d'en bas. Ibid.: iC*^cC^' Js^ w^ j.^j ^JJ! a-x^
i^jJic v*-i^ (talaqqôwh) s^ib'. Lorsque '^Abd Allah ar-
riva auprès des etivoyés du gouvernement de Bagdad, on
le reçut par un cortège superbe.
Nous avons vu, Hdr p. 136, que ^^ ^st originaire-
ment taper, et dans le Sud, particulièrement donner une
tape avec la main plate sur le derrière de qqn. ijJ^-»^
% oàIL. .x*j> c^.<XLs , je préfère qu'il me donne une
balle avec le pistolet que de me taper sur le derrière.
Cela est un geste fort mal vu chez les Bédouins, et la
juiverie à la Harden n'y aurait pas de sujet pour une
chronique scandaleuse. La transition sémasiologique est
bien illustrée par l'exemple que voici. A Nice, je demandai
à un passant: „Oii est la route de la Corniche"? Rép. :
„En sortant de là, vous allez taper dans la route de la
C", ce qu'un Bédouin du Nord aurait exprimé par:
1221
^\ vju^ ,J^ w^" a'jjî ^yt ^^r=-;/> ^•^-*^. La question se
présente donc de savoir si le sens de notre r^U] Jll>
part de celui de palper, ou bien si c'est une variation
consonnantique de vN ^-'^» comme son synonyme sud-
arabique ,Jv£ wa^ = Jk o.> [wA^, tomber Dt] ; cf. le tunis.
Zjc>, losmarschieren, Stumme T Gr. p. 15, 7 d'en bas').
1) En voici d'autres exemples que j'ai recueillis dans le diction-
naire de la lurah: ^ = p-V , L A, 229, 18, Qâm. III 99 et 100,
se souiller. ^-?' = ^^' LA IX, 131, 4, Qâm. II, 348. 'li^l^ =
sAi'i^ , L A IV 63, 6, Qâm. II 276, 6 d'en bas, se battre à coups
de sabre. ^^ = ^^ , LA III, 239, 6, Qâm. I 215, 7, se jeter
par terre, cf. Ja^ Prov. et Dict. Gloss. et Hdr Gloss. v»,sIiXJ>! =
OwUi>' LA X 407, 11, Qâm. III 127, 6, enlever, arracher.
■Isjj = ày^ = -^^, LA IX 179, 11, Qâm, s. v., avaler =
iJj. ^ = ^vÂ^, LA XV, 176, 14, Qâm. IV, 126, 6, d'en bas,
127, 4, hoxicher la porte. OH-:» — JisL^ = ^j) , L A XI, 383, 10,
O i £ £.
se coller à, XII, 84, 5: oi-^b = Jèj~\ ,j£. '^^ = J^ y (vjj),
LAI, 65, 3 d'en bas, 66, 16, Qàm. I 14, 15, survenir à Vimpro-
viste. (wl^ = |*-0, LA XV, 91, 6 d'en bas, Qâm. IV, 110, 7, 8,
s'effacer (trace, chemin) = u»*-*-^ , LA XV, 355, 13, et Qâm. 1.1.
^c^ = ^^AÎ , LA IX, 257, 7 d'en bas, Sîb. I, 339. u*AJ =
;j^^ (= (_^-o. et [_*"^) , LA VIII, 90 et 91, Qâm. ss.vv., je<er,
frapper. iJ^^ = ^-^y^ , Qâm. IV, 50, bousillage, éclaboussage.
r ... ^ ...
(j.»~a-o = ^y^^SJ^ , L A VIII, 6 et 7 d'en bas, faire des recherches,
selon lui du grec ;_,*-UaM».i-I ; est-ce St. Anastase, qui fut tui'» peu
avant la chute <le Chosrau II? <.JuiJ , cuulcr, LA XI, 249 en bas et
1222
Ainsi que je l'ai dit p. 1219 note 3, ^^ a une nuance
de soudaineté: ^J<c ^'ù^ _^^ 'i'. ^»^ ^ LJ., et voilà que
Je vois qu'il m'accoste soudainement, récit %nazî, ce qui
correspond au datînois ') u^uU oj-j _j^^ "^' >:^^^^ ^ *il|5 ou
_^ ^'i" ^t "^î sans 3, p. 658, s d'en bas. Le verbe ren-
ferme la même idée que le classique o-l?, et qui se trouve
aussi dans le 'irâqite wJ^, entrer, Meissner N A G I p. 131.
Il y a dans le Sud le verbe ^cij, arriver à .J^ ou ,1',
dont on trouvera un exemple p. 522 v. 4 b. Je ne sais
s'il y a quelque affinité entre celui-ci et w*l3.
Les dialectes du Nord et de la Syrie ont une autre
signification de w^, que j'ai exposée Prov. et Dict. Gloss.
s. V., et qui paraît ne pas appartenir à la catégorie de
celle dont je viens de parler, w^, renverser, retourner
de haut en bas, n'est connu qu'en Syrie, en Egypte et
dans l'Afrique du Nord, Prov. et Dict. p. 104 et Gloss.,
où beaucoup d'exemples, oij-*-' ]y^. y^j qu'on couche
le noyé (le renverse) sur le ventre, Syr.. Hartmann L L W
p. 146 Str. 9, 1, amaglûba, qui lui fut expliqué, p. 147,
^AJ, verser (le ciel, la pluie\ LA XI, 238, 10, Qâra. III, 194 fin,
192, 12. *I2?3 = ïJj:^ LA IX, 313 ult., vallon couvert (Varbres.
Dans la plupart de ces mots, -b paraît être- primaire, tandis que
dans A*j' et *Aa« (Aa«. Ti'^) -> est primaire. Il est incertain si
^ciaï est une prononciation pour J.Je , quoique les thèmes -las et
lXï soient, au fond, identiques.
1) ou JJ^ Ji~^ Dt.
1223
11, par jjtabbû'^a", ce qui n'est pas un mot arabe; c'est
évidemment Lp^, car w^ est synonyme de wJlï. En
Syrie J*Ij, comme adverbe, est le contraire de ^Ja^.
«-^ j»j1j5 vj55jyo i^rùs^ j'ai le dos endolori et je couche sur
le ventre^ Syr.. ,_c;r^ ci^^ f^=^ ^]^ ^j' l5^ ^^ cr' ^ <^«wse
des douleurs de ventre, je couche sur le dos, supinus
cubare. Un proverbe syrien dit : JOî L (i .^t ^yij, Ç>Liî j.y,
coucher sur le ventre et boire à même l'eau, il n'y a rien
de plus délicieux.
Pour moi, il ne souffre pas de doute que le sens con-
cret de taper, palper ne soit le point de départ pour le
sens abstrait à.'être médecin et ^'être expérimenté. Abu
Bakr el-Anbârî, dans son ^\^\ dit à propos du proverbe
w*-!:» ._,.-:> ^J^, que j'ai expliqué p. 871 et s.: û->i ^j^ sLlsuo
v-^sjuJaj i«,a1j J^; J^ xXxLài L«.A.*i3 •wA.AAiaSt ( c*-*" ^[î 'i.ùiiiW^
lîôb> ^1^ !o!. On voit donc que l'auteur [-f 328] ne con-
naissait pas le sens concret du verbe en question.
Le tabîb est originairement celui qui palpe, qui tâte
(p. e. le pouls). On lira Hdr Gloss. p. 643 et s.. Si JJd
est devenu être ensorcelé, Boh. VIII, p. 83, Wellhausen
Reste p. 161, v_jj^ i= .y<u»^, L A II p. 42, li, c'est
de la même façon que le français toquer, rendre fou, et
toqué, fou, de toccare, toucher"). Le ^v^ est donc un
1) Contr. de o^ClLi v"/^'-
2) L'étymologio de Brachet est impossible.
81
1224
J.>oé r= Jsi'j. Le médecin était aussi ensorceleur^ comme
on en trouve encore des „médecins", aussi bien chez les
Bédouins arabes que chez les peuples africains et les Indiens
d'Amérique. Le courant sémasiologique n'est donc pas,
d'après moi, celui que propose Fraenkel F W p. 260. En
éthiopien, mfl a déjà complètement perdu le sens pri-
maire, à en juger d'après nos dictionnaires, et celui à.'être
sage est seul conservé. Mais le substantif 'hTA*!!. rna-
drerie, pourrait bien montrer que le mrt.'fl, à l'origine,
n'était pas le sage, mais Vimposteur, ^Ajo wJxi, qui vou-
lait tout connaître en touchant. Il voulait se persuader
en y mettant la main.
80, 23: gàym. Sur la forme masculine, voyez p. 723
et s.. ^ est = ^a, sur quoi voyez Hdr p. 385 et s.,
ici p. 519 et ss. et Brockelmann VGSS §40 ex. Le
même cas en babylonien. Le hamzah de la forme litté-
raire J.ja n'est pas étymologique dans ses mots, mais
comme les Babyloniens l'ont déjà marqué, Meissner A G
§ 69 e, Ungnad A G § 7, il faut y voir la constatation
de cette loi physiologique, qui trouve son expression dans
la graphie. Les Assyriologues expriment cela incorrecte-
ment par : „la gutturale s'est conservée après un à long",
. Meissner o. et 1. 1., ou par „w et y deviennent " après à,"
Ungnad o. 1. § 50 g. Par contre, Brockelmann VGSS
p. 53 g et p. 57 ramène ce phénomène à sa juste valeur.
L'arabe, sur ce point aussi, suit donc une très ancienne
tradition graphique, ce qui est intéressant à relever.
80, 23; 81, 5: dahër = J^, qui est devenu pour
nous une préposition, mais pour l'Arabe c'est encore un
1225
substantif, qui originairement était ace. loci ; ^, comme
c'est le cas de toutes les prépositions à l'origine; cf.
ici p. 1139. I Sa'd VIII p. 319: ^yS^, ^1 ^ ^^li Jis
f^^\ !l\^ 'y^ ^y^f. S^ iH>-«*o! ^s^\ \\s> , cf. ibid.
p. 150, 8, 15. Le contraire en est uiyr-, dans^ comme son
congénère i:i, Cook G A I p. 36, s. v..
80, 24: tehger. Rarement mot m'a donné plus de
peine que celui-ci. Tantôt je l'ai entendu prononcer avec
-, tantôt avec ^. C'est pourtant „ d'après quelques
«savants" du pays, et je le trouve ainsi écrit dans les vers
p. 445etp. 1211.^y^, 0, i, aussi Hdr y^!, avec le parti-
cipe Hj.^^-^, pi. oîj-:^^::^, et l'intonsif y^^-=>-, inf. p^^^t
Arabica V p. 49 note, ^dr p. 449, 3. 'i^^-, cris de joie
des femmes, aussi Hdr. C'est sans doute de cela que
vient le nom du ^L^, qui est toujours prononcé avec «,
tambour oblong, Hdr Gl. s. v., v. d. Berg le Çadhr. p. 92.
Ce verbe correspond à iac^j = Ja*i- , Syrie et Palestine
du Nord [cf. Prov. et Dict. Gl. s. v.l, à ojcj, Béd. du
Nord, Egypte, Palestine du Sud, à J^JlP, Syrie, Dalman
PD p. 192, 7, et ""Iraq, et à <Jj^, Yéman. Si la forme
originale était y^iî», ce pourrait être une métathèse de
u:>, parler d haute voix. Socin Diwan N° 81 v. 5 porte:
Hû yehàgr al-hisse "ar-râ^al-ljeçlâr (ramai)
Il élève la voix pour ne pas donner de soupçon au
[maître de la demeure^
où yp^j fut expliqué par ^.^ parler haut (et non parler
1226
bas). Socin n'a pas traduit tout ce numéro, probablement
parce qu'il le trouva trop sale. Le sens de jS^_ n'est
pas incertain, comme il dit: l'homme était derrière un
grand mur en train de faire l'amour et pour que le maître
de la cabane d'à côté ne soupçonnât rien, le A^ fit
semblant de causer à haute voix.
Un bédouin de Bîr Barhoût a dit:
Et les cris de joie des femmes dans les campagnes
[et les villages^),
Et les gens de la noce ornent sa demeure.
Ils n'07it pas passé chez le qâc/i, ni chez ses oncles
[maternels ;
Celle dont le père est mort, les oncles paternels la
[marient ^).
C'est avec _ que le mot me fut ici écrit par un homme
lettré d'Aden, mais y^ a pu devenir ^ selon de nom-
breuses analogies; cf. ici p. 441 en bas et s.. Pour le
moment, je ne saurais rien dire de bien précis sur la
provenance de ce verbe. J'ose à peine conjecturer que
notre verbe soit l'araméen • ^, être boiteux, qui corres-
pond à S^\ ihlii, sautiller à petits pas, et qu'il soit
1) Ces vers se rapportent à une longue et intéressante histoire,
pour 'aquelle il n'y a pas de place ici.
2) On ne prétendra pas, j'espère, que J«^^^> soit dcnoniinatif de
^y.:S\i=' , jierdrix! J.j^\> , intens., et, par dégémination, J..:^Uj> =
^^-»J , sauliller^ Dt.
1227
un développement de i^=>, 3:in, originairement sauter (de
joie), sur lequel on a déjà écrit le nécessaire. Dans I.
Sa'd VIII p. 114 nous lisons: J^^ (3^ J^^?^ /*> C^w
AÎ^ J.:?^ j,l5 !iA=>t (jr^j' '•-^'' G a'' far se leva alors et sau-
tilla autour du Messager de Dieu. ^Qu* est-ce que çd?"
demanda le Prophète. „ C'est que^ répondit Ôa^far^ lorsque
le Négoûs d'Ethiopie avait contenté quelqu'un, celui-ci se
mettait à sautiller autour du Négoûs." = I. Sa'^d IV ii
p. 24, 8 et s.: jLsLi [(^ioJLc^b] ^ç^\ J^s> J^^ ^àjt=> pLiis
^J«/JUj *jjjcU:4 ic^^il c>j[; J'î '^ ^ (j:^^ fo.i vu quc
les Abyssins le font à leurs rois. H Zimmern a publié
dans son Zum babyl. Neujahrsfest (sâchs. Gesells. f.
Wissenschaft. vol. LVIII p. 126 et ss.) un texte cul-
tique de la bibliothèque d'Assurbanipal, du 7e siècle av.
notre ère, où nous lisons p. 132, 18: sarru saakal
kamanu^) (a m élu) àangû ittisu uéarqadu') (ilu)
Marduk (ilu) Nabû, que Zimmern traduit par: le roi
qui fait sauter avec lui le pain grillé du prêtre. Zimmern
ajoute dans une note: „très étrange, mais on ne saurait
guère le comprendre autrement." L'action de saz^^er était
donc une cérémonie cultique aussi chez les Assyriens.
Même idée que dans exultare. On était aussi exultant
1) Je les mets entre parenthèses, car c'est une glose, comme l'a
déjà vu de Goeje Z D M G Cl p. 470.
2) C'est le ]13 des Hébreux, Ges.-Buhl II W B p. 305, le x«''*«';
des Grecs, Lewy S F W p. 77, et correspond, comme symbole, au
8-ylc des Aiabes, Hdr. p. 4G1, note 1, au pain bénit do l'Eglise
catholique et au pain qu'on mange pendant le carômo et à Pâques
en Suède.
3) Sur ce verbe, voyez le Glossaire.
1228
dans les fêtes religieuses arabes; et encore aujourd'hui
les femmes bédouines exultant, ^jJL^v^., lorsqu'elles ^JJ>_^\^..
Ma combinaison serait belle, si elle était vraie. Ce serait
en même temps une illustration du ^=> arabe. Par contre,
outre les significations données p. 1225, y^ est aussi
être pur et saiis mélange. Un poète yâfi'^ite dit dans une
qasîdah :
Il dit : je suis venu furtivement, et il n'y a pas d'em-
[pêchement,
Et je refuse ce qui est mélangé; dis: par Dieu, c'est
fpur de tout mélange.
La suite du verset cité p. 524 est:
£^^ le blé pur, vanné, peut-être le prendrons-nous ;
Es-Sarrîeh aux châteaux spacieux se refusera.
v^' j^ = -^^j vanner le blé. Un tel est^j*:?^^ Ç^ ^j^ —
^^•y*o o*r^ Q^, d'une bonne et noble maison. j>'\J> ^***-',
le chameau est de bonne race.
81, 2: qalbeha qàwi. A propres de cette locution,
on lira le désopilant passage de ma critique, p. 13, sur
la langue mehri de A. Jahn, où il traduit abû gai b 'a dm
par je suis le père d\m cœur d'os. Son homme a bien
dit galb ""azm, ce qui est l'équivalent de qalb qàwi.
1) Ecrit dans l'original v^b*
2) Ecrit u-Ao".
3) Où la syllabe finale y a est brève « ; voyez mon observation
Hdr Gloss. s. v. iu et ici Gloss. sur cette finale.
1229
81, 6: gelîlah. idJi^, pi. Jo^b>, balle; en ^Omân iJ^,
boulet de canon, B B R A S 1902 p. 260, et en éahhî iJJL i)
ibid. C'est sans doute la même racine que dans le baby-
lonien gullatu, et l'hébr. ni^^, boules d'un chapiteau,
Zimmern K A T p. 649, Ges.-Buhl H W B p. 126. Halévy,
OS Festschrift Nôldeke p. 1017, veut que ce mot soit
venu aux Hébreux par l'entremise des Araméens ou des
Phéniciens, ce qui n'est pas nécessaire, d'après moi. En
*^Irâq jjj, n. gén., *is, une balle, pi. J^lï, Meissner M S 0 S
VII II p. 11. En Egypte, id>, boule z=&yv. -»SS, balle,
boulet *), serait, d'après Vollers, Z D M G 51 p. 639, venu
„du persan gôleh^)." Le sanscrit a gôla, boule; l'allem.
kûl, Mlle, Keule ; le suédois, kula, et le bas allem. kollern,
rouler. Le class., LA XIII p. 126, o, et l'égypt. icL>,
mot très ancien, est tas d'excréments des animaux, à
cause de sa forme plus ou moins ro7ide. Il correspond à
l'hébreu ^3, stercus, Baudissin Z D M G 58, p. 407 et
note 3. Je suis persuadé que ÎJiï, gargoulette'^) est le
1) Qui me paraît bien être l'anglais bail, formé sur le paradigme
iJyè ou *^^i« des choses rondes: *1e' ^lii}.
2) A Rasâyat el-Fohhâi-, au i)ied du Mt. Hermon, le verbe rr»)j,
> o .
terme technique du potier, me l'ut expliqué pai': i^ }^ ^JjoX:
KÏiAii , 071 le forme en boulette, comme le boulot de canon.
3) xli (gollè) boule, Kazimirski Vocab. fr.-pers. s. V.. Guleli, serait
donc à kullah comme yaubali, cuve, curette, Boh. H, p. 12, I.ldr.
Gl. s. V., à gubbah, panier, UU p. 42, 13.
4) Et non i)as seulement cruche à cin, Fracukcl V W p. 170, cf.
1230
même mot que le babyl. gullatu ci-dessus ; presque tous
les nom. vasis en arabe se retrouvent en babylonien.
Almkvist, Kleine Beitrâge, dans les Actes du Congrès
de Stockholm p. 425 et ss., veut que le turc iSS, J^
soit une transformation de l'arabe i^ et que le mot turc
soit revenu aux Arabes, qui en ont fait leur g u 1 1 a, k u 1 1 a,
killa, pi. gulal, gulâl, kulal, kulâl. Le JxIL v^
ou J^L, ibid. p. 425, est notre jeu de houles. Si xi/ est
G 5
l'arabe i^ (vulg. 5^, comme le class. y> •=. f>) L A III
p. 257), il faut aussi, avec Barth, ZDMG 41 p. 615,
y englober ^^r=:michna ^"iD, tas de hlé^^m^^x. houle ^)-=.
babyl. k a r û, tas de blé, Winckler Gesetze Hammurabis,
Gloss. s. V.. Le thème "iD. ""iD, ^, ^S paraît effective-
ment indiquer quelque chose de rond, y, faire un tour 2),
et .yj, faire un trou, une e'chancrure ronde au cou, v.
ici p. 918, 5, ou à la manche d'un vêtement, »\^, trou
y
du cou d'une chemise, Beaussier, et le syro-syrien à.îy,
Dozy, Prov. et Dict. Gloss. s. v. ; en mehri bjty', corbeille,
Ai-> , vase en folioles de palmier, LA XIII, p. \1ô, ' d'en bas.
Girgëla pour gilgela, roue, en raandéen. 1^3, ustensile, vase.
\) Pour les nombreux dérivés de y»S^ , voyez le Glossaire. Cf. "113,
être rond, IDID danser, ^ S = w^^1*j et vulg. tourner la meule.
2) C'est le sens général, dont s'est développé rouler et attaquer
en faisant des tour, comme c'est la coutume des Orientaux. Le class.
'Ày,tour et retour, fois, ûez. p. 199, 15, n'est donc au fond que =
«y', avec conservation de la trilittéralité.
1231
Jahn M S p. 203, 3. Ce ne sont là que des développements
variés du même thème. En Egypte, ay't, Mlle de billard,
cloche de lampe, de ijy', déjà signalé par L A V p. 86,2.
ij-j^s, toupie, Egypte^). *iï MSOS VI 11 p. 111 en bas r=
'iJii, sommet, class. et dialect., est encore au Yéman et
en Hdr Ki^, pi. JL/, ou âS, Arabica III p. 37, Glaser
Peterm. Mittheil. 1884 Heft V p. 173; cf. lat. collis,
co^^me = suédois kulle. Baudissin dit, ZDMG 58 p. 411
note 1, qu'il faut renoncer à ramener les différents em-
plois du thème bb:^ dans les langues sémitiques à une
signification fondamentale commune. Il est d'avis que
„être rond" est secondaire et que „roîder" est primaire.
C'est possible, mais je ne crois pas que l'idée de rouler
ait précédé celle d'être rond, au contraire. 1.!^.^^^ est
encore rond en syriaque. ,jc> est du reste en arabe un
ju=«), LA XII p. 124, K. el-Addâd p. 57. Schulthess,
dans son ouvrage Homonyme Wurzeln im Syrischen p. 9
et ss., parle en détail de la racine JJb- et il y arrive,
en partie, aux mêmes conclusions que moi. Il distingue
quatre courants sémasiologiques : 1° rollen, wdlze7i; 2° un
JJl> qui a donné naissance à plusieurs mots de vêtements ;
1) La toupie a dû être très en vogue chez les anciens Arabes, à
en juger par les nombreux appeiatifs qu'elle a dans la langue, Alm-
kwist 0. 1, p. 433. Cf. ^.L> , toupie.
2) J'ignore par quelle procédure idéale J^ a pu signifier être
grand. En voyant les Grands d'Orient, avec leur embonpoint, et les
femmes juives rondelettes de l'Afrique, on serait bien tenté de penser
à l'étymologie primaire de Jw> , cire rond, rouler!!
1232
3° un JJb. „gross sem", et 4° des mots qui ne peuvent
se classer dans ces trois rubriques. Si nous admettons
que le sens primaire est être rond et que rouler s'en
soit développé d'une façon toute naturelle, la commu-
nauté des deux premiers est évidente.
1 A^a^ ^^ ^'?î'^ ')> "^ciiiteau, s'est formé de Vli.^ ^^:i >
comme son synonyme arabe iJu-ù s'est formé de ô^î
c'est donc une chose qui entoure le corps ou dont on
s'entoure le corps. J^, dont j'ai parlé p. 761, est de
même de JL>, b}:^ et ':''':i, faire des tours, et je ne vois
pas pourquoi jJb>, si usité dans le Sud, serait un déno-
minatif de jo. 2), Schulthess, o. 1. p. 13, ici p. 761. La
1) Il faut examiner s'il y a un rapport entre ce mot et le latin
cUlcità ou culcitra, matelas, cottssin, qui a engendré tant de mots
dans les langues européennes, Diez E W I, p. 134, Nyrop Gr. hist.
de la langue franc. §§ 158 et 412, comme p. e. l'allem. Koller, couverture
de lit, et le suédois kolt, jaquette d'enfant Les deux mots latins
synonymes ont donné naissance à deux dérivations, avec ou sans r,
et cela rend la provenance du mot latin suspecte. Nous avons déjà
vu que l'allem. kollern, rouler, a aussi une r adventice.
2) Fischer veut, Z D M G 58 p. 44, d'après Vollers ibid. 50 p. 023
et s., que ce soit un nom exotique, Fremdwort, ZDMG 58 p. 44;
je no le crois pas. Le moderne sull, couverture de seiZe, que Vollers,
0. 1., fait dériver du turc i})%=^ , est probablement de la même pro-
venance que son synonyme syrien et nordarabique S^^ , v. Gl. s. v.,
Meissner NAGI p. 129. Les Arabes modernes disent S-^ ^^ sin-
gulier, selon la j-ègle sur le paradigme ^^ . De même, les Arabes
méridionaux disent ,'.; , lui houtun, pour le class. et nordarabique
jj , 1 bad VUi, p. 239.
1233
couverture Ji» = xj^L> ') est ainsi appelée parce qu'elle
se roule, et la voile, J>->> de même, Diw. ^Aggâg p. 28
V. 74. = JbL> ibid. v. 69, Arâgîz p. 89 et 90, Hdr p. 518
note, parce qu'elle est roulée sur la vergue, ainsi que
c'est l'habitude des marins dans les parages arabiques.
'»^J<^i pl' ô-rî^i rideau de la fenêtre, Damas, et ^ilLliJI JJb>,
mettre des rideaux à la fenêtre, Damas, offrent la même
image. Le médium araméen n'est pas nécessaire pour
^L>. Schulthess émet bien lui-même un avis très juste,
0.1. p. 13 et s. : „La chose devient spécieusement encore
plus compliquée si nous prenons en considération le persan
Jj>, couverture de cheval ou en général couverture pour
monture, le turc ^ cul, Jo. gùl, J^cul, etc., couver-
ture de cheval, Jy>- cul, hardes, vêtements usés, le kurde
Jw»gil, housse, parure, habit, etc.. (Justi Jaba 116 et s.)
d'où le néo-syriaque a son ^i^cu. (p- e. Gen. 49, n, Lidz-
barski Gloss. 428 en haut et 435 en bas) .... Pour ce
qui est des formes perso-turques ici mentionnées, elles
sont certainement toutes d'origine sémitique". Et il se
demande: „Mais quel rapport y a-t-il entre tout cela et
la racine sémitique b'b:^, roider?" Voici ma réponse à
cette question. Cf. Gloss. s. v. jL> et Jy>.
Il est difficile de dire quelle était la consonne initiale
à l'origine: g, k ou q. Cela est du reste de peu d'impor-
tance. Admettons kl. Nous trouvons que ce phonème et
ses variations phonétiques parcourent toutes les langues
sémitiques et aryennes, de même que son congénère
sémantique gb. Cela n'est pas un pur hasard, mais qui
i) Snouck Mekk. yprichw. p. 80, 1.
1234
n'indique nullement une affinité dans l'essence des deux
familles linguistiques. Ce fait nous montre seulement que
des milliers d'années avant l'aurore historique, pour nous
discernable, de la culture orientale, il y avait des courants
de thèmes qui ont partout laissé des traces. Qu'on ne
s'imagine pas que l'ancien monde fût divisé en états
entourés d'une muraille chinoise! Les pays au deLà de
la Méditerranée ont certainement eu entre eux plus de
relations que l'Europe avec l'Orient. Rien n'est plus im-
possible, ni improbable, en fait de communauté de culture,
de migration de racines, de mots et d'idées. On n'a pas
encore étudié ce côté de la linguistique parce qu'on a
peur d'être considéré comme partisan d'une théorie qui
n'est pas scientifiquement soutenable, de la connexité
entre des langues aussi disparates. Brockelmann, VGSS
§ 5, se prononce un peu trop en dictateur lorsqu'il prétend
que tous les résultats du rapprochement des langues
sémitiques et indogermaniques sont restés nuls. L'affinité
existe, cela est indiscutable, mais la question est de
savoir si elle est organique ou adventice, un produit
primaire ou un produit de migration des racines et des
mots. Notre savoir n'arrive pas encore à traiter une
question toujours si obscure. Mais là où nos recherches,
à l'heure qu'il est, peuvent et doivent lever le voile,
c'est sur le terrain de la migration des racines et des
mots. L'ancien monde, à l'arrivée des Babyloniens au
pouvoir, était déjà vieux. Sa perfection d'alors, la fixité
de son astronomie le prouvent. Racines et mots, à une
époque que nous ne saurions pas même approximativement
indiquer, ont dû pénétrer dans des milieux linguistiques
d'une origine toute différente. 11 y a des racines culturales,
1235
comme il y a des mots culturaux internationaux. Leur
point de départ est encore ténébreux, car si nous disons
la Babylonie, cela veut seulement dire que c'est là que
nous les trouvons à l'époque la plus reculée qui s'ouvre
à nos yeux scrutateurs. Je suis absolument persuadé,
après tant d'années de recherches et d'études, que les
racines sémitiques n'ont pas seulement un sens intrin-
sèque, qui se greffe souvent sur un autre pour former
une nouvelle nuance sémasiologique, mais qu'un bon
nombre ont voyagé au loin, où elles ont formé de nou-
veaux mots, dont le sens rappelle toujours, d'une façon
ou de l'autre, le terroir exotique d'où elles sont parties.
La petite chose ronde qui roule a accompli sa trajectoire
à travers le monde: de gôla aux Indes, g ô 1 e h en Perse,
gullah, kulla, gelîlah en Arabie, elle est devenue
kula(e) en Turquie, en Allemagne et en Suède.
C'est de cette façon que la racine nuancée gl (gl, kl)
a parcouru le monde, où elle a laissé les mots culturaux
que Schulthess a passés en revue. Les civilisations for-
ment une chaîne dont les maillons s'emboîtent l'un dans
l'autre. Il n'y a pas que les peuples qui émigrent: les
mots ont aussi leurs migrations. La racine en question,
qu'elle soit gl, ql, qn ou kl, est une des preuves mul-
tiples de l'influence des Sémites, d'une civilisation si
avancée déjà à la pointe du jour de l'histoire saisissable,
sur les peuples avec lesquels ils étaient en contact.
Ceci était écrit quelques années avant la publication
de l'ouvrage extraordinaire de Hermann Môller, Semitisch
und Indogermanisch 1907, où il parle § 72 de la racine
„g''^l-, roîder, tourner," qui s'est développée en g wl > ku-1-.
D'accord, mais, pour les exemiiles dans les variations
1236
de cette racine et ses développements, il opère trop avec
le dictionnaire de Freytag et de Lane. Selon lui, la va-
riation kl appartiendrait au courant indogermanique, ce
qui n'est pas absolu. L'ouvrage de Môller nous tombe
comme une tuile sur la tête. Il y a certainement beau-
coup d'imagination, mais on aurait tort de le traiter avec
suffisance, car notre insuffisance est, à l'heure qu'il est,
encore plus grande que le miroitement de ce livre extra-
ordinaire et nouveau. Depuis les derniers cinquante ans,
toutes nos idées de jadis sont révolutionnées, boulever-
sées et en partie évanouies pour toujours. La science a
aussi ses „possibilités illimitées." La linguistique com-
parée est encore un enfant dans les langes.
38.
Rîèt er-râggâl uel-asad.
82, 2: rîet. 'dS pi. olj,, récit, histoire -=1 1^'^. Le
verbe est (^cj., raconter. iù^L ^^ ^^., il me raconta
l'histoire z=-iLjy[, ^^]Ls>, v. Gloss.. ,^^L informer. Le
terme technique des Traditions iùL, est donc véritable-
ment récit, information.
82, 2: sêd = asad. Js-y^2 est lion dans les dialectes
nordafricains, Stumme T Gr. pp. 41, 44 et Gloss. p. 172,
Marçais R M T A p. 450, Kampffmeyer, Materialien z.
Stud. der arab. Beduinendialekte Innerafrikas p. 215.
Stumme veut, T M G p. XIX note 2, T Gr. 1. 1., que
àsad ait d'abord fait sàd, qui aurait été transformé en
sîd, sous la pression du ton, comme ibil, bil et bîl,
T Gr. p. 41, et par contamination avec le thème «A^o,
ibid. p. 172 et T M G 1. 1.. ce qui est accepté par Fraenkel ').
Nôldeke, W Z K M VIII p. 269, a proposé l'identité avec
v>uy«., qui, d'après LA IV p. 217, est loup et chez les
Hodeyl, liony Diw. Hod. éd. Kosegarten N° 87 v. 9; le
\) Zuni ^^porad. Lautwandel in den Semit. Sprachen p. 15.
1238
fém. slXx--'). L a a un long article sur ce mot, que je
considère tout simplement comme une contraction de
jÇyw, prononcé sîd*) encore aujourd'hui. Je crois que
ces trois savants sont dans l'erreur. Déjà Kampffmeyer,
0. et 1. 1., soupçonne que c'est lW>, Wild^ Wildpret, par
antiphrase. Il a sans doute raison. De même que le lion
est le seyyid, sîd, seigîieur des animaux, de même il
constitue la plus noble chasse, sêd, la chasse par excel-
lence. On observera que dans le texte de Stumme, il
n'est pas appelé sîd, mais sêd, qui est la forme pri-
maire, et sîd est en vertu du passage de ê en î, dans
les dialectes nordafricains, et dans d'autres dialectes éga-
lement. Chez les Bédouins du Nord, csjSo est la chasse
aux grands a^iimaux seulement. Dans le Sud, c'est
principalement la pêche \ y^uJî J^yi, et aussi synonyme
de liU-w, poisson, qui n'y est pas mot courant.
On m'a dit qu'il y a encore des lions en 'Asîr et dans
le Hinterland du pays des Mahra et des Qara. Une fois,
on me montra à Aden deux peaux de lions qui prove-
naient du premier pays, mais je n'ai pu constater la
véracité de cette allégation; cf. G. Jacob o. 1. p. 17 et
p. 113. Une inscription tamûdite porte cX^t ^y^is, Litt-
mann Th. J. p. 25, avec le même verbe qui est encore
employé aujourd'hui pour la grande chasse, G. Jacob o. 1.
p. 120. Il est curieux que vA^-t figure dans les inscrip-
1) En Hdr. et en 'Oman, R 0 p. 412, n°. 158, sJyyo = une
pièce de gros gibier, une bête tuée à la chasse.
2) Et sous ce rapport très intéressant, en tant qu'il montre qu'on
prononçait alors di''jà sîd au lieu de seyyid.
3) En Hdr c'est aussi la chasse, comme dans la lurah.
1239
tions sabéenDes où il n'a cependant pas le sens de Imi^
mais celui de guerriers, soldats, Glaser 891, Die Abes-
sinier p. 82, Hommel SA Chr. p. 120 dans l'inscription
de Libnah 1. 6 où il est dit qu'à la construction 120
|.lX**) furent employés = idem A A p. 166 et s.. L'ins-
cription de Sirwâh, Glaser, Die Abessinier p. 14, parle
de _^Js-;..f3 _»^y> Q'-V^ '^'^\ ^^s guerriers de ^Abadân,îes
libres et les esclaves. Or, j'ai déjà exposé, Arabica IV
p. 50 et s., que W. '^Abadàn et W. Dura appartiennent
à la famille régnante d'Ansâb et où leurs tribus-soldats
ont leurs flefs. Ces daulah et ces soldats, les libres et
les esclaves, sont donc les Q^x^^ ^>^^ de l'inscription.
Nous savons que Jw-f est, dans toute l'Arabie, employé
au figuré: homme courageux, de même que d'autres noms
d'animaux. La lurah connaît aussi ce trope, p. e. Yâqût
III p. 473, 17, où un Asadite dit: ^Jj^) oyJ ^^ et ibid.
III p. 615, 13 un Yémanite parle des siens qui étaient
des oyJ*, »oLw. Abu Sufyân comparait ses hommes à des
pt/ jjj Tab. I p. 1469, 15.
Il n'est pas exclu que ckJ\ soit employé en sabéen de la
même façon que ^^, (iwJLxi, ^yi, ujUic, yJ^jS, ^, ^, ^^
V. Gloss. ss. vv., de même que les noms de serpents^)
4) J^«A«i ^_5^3 iwAJiJtj ,UjLj lilit , civec les Anmâr nous avons pillé
les renards de Dû Risl, K Ar. XIII, p. 101, 5 d'en bas.
2) En-Nâbirah ed-Dobyânî a dit, L A XIII, p. 408, Ahlw. 6 Diw.
p. 174, H Derenbourg Complément J. As. p. 34 (t. a. p.), Su'^aiîi,
en-Nasr. II, p. 728:
Quel serpent rnâle avons-nous perdu en lui, un serpent dont
[la lanyue vibrante porte malheur, t(ne vipère rusée!
82
1240
^U*j, (jia=>, ^, yd etc. V. Gloss. ss. vv., pour désigner
un homme courageux, un guerrier, ce qui est une par-
ticularité des parlers méridionaux, tout comme vi>.Aj dans
la lurah. Mais j'en doute pour ma part. Il n'est pas inu-
tile de faire observer que les Sabéens avaient aussi Jc>j,
homme, 0 Weber Stud. SAAK II pp. 12, 15, 13, 15,
mais le mot ne paraît pas s'employer en parlant de sol-
dats, comme „hommes" chez nous. J'incline à voir dans
le «A«,! sabéen l'origine de l'appellatif a*-! pour le lion,
ainsi que l'a déjà supposé Hommel A A p. 29. Le verbe
cs^\ est bien, avec les autres formes, un dénominatif de
aZ,î, lion, mais voyez Nôldeke, Z D M G 40 p. 160 note
4, qui pense que c\-w!, lion, pourrait être une épithète
postérieure, de Cs^Ji, se jeter sur. L'étymologie de ce mot
m'échappe, et je n'oserais trouver une corrélation entre
Cs^\ et son synonyme l\Çw. Celui-ci est de \^c>y*, d'oiî
découlent des noms qui, en sabéen et en arabe, indiquent
le pouvoir. Il est vrai qu'un (A*.î peut, en sabéen, être
aussi bien un y> qu'un J^c (voyez ce qui précède),
mais J.LX-V.! est, en sabéen, trop employé dans le sens de
soldats, guerriers, ouvriers, pour avoir le môme point
de départ que les mots dérivant de v/-V«-
82, 3: râgel, râ^gâl- On ne dit pas, dans toute
l'Arabie, J^!^, homme, mais partout JL> , pi. JL>^, ^L^ot,
pi. ^Js^ ')■ Rôssler M S 0 S I p. 65 12, pour 'Oman; B B R AS
1) Snouck, OS Festschrift de Noideke p. iOG note 8, veut réfuter
i
ce que j'ai dit Arabica III, p, 28 sur (_,Jj et («i^ljl. Sa remarque est
basée sur une observation superficielle. La différence qu'il y fait de
1241
1902 p. 266 pour le éahhî; Socin Diw. III Gloss. s. v.
pour le Negd, où aussi le pi. S^fr^^j Arabica V, p. 159,
18, et dans l'Afrique, Bel La Djâzya p. 88. On entend
5 - - G -
qqf au Negd aussi J«^^, ^j et J^=>j, qui est collectif
dans la lurah, Naqâi(J p. 143, 11 '). En Dt, lj Jo>^
est courir après, suivre, s'attacher à. Un animal est
dVj Jo>î^, s'il te suit, folgsam ist, v. Gloss. == ^ ^.^^ . L a
rnutet uhù^ sa^îr àrgalu em-luisi birâhela
tâni[eh]2) mât ibenha uem-râhela râgil(eh)
bèh, ula ma rigilet sf bèh yegîbu raasàbb fîh
O O V
em-làban îidhalu em-zimâ' fi tùmuh ^) uhû
yèria^ si elle (la chamelle) meurt en laissant son petit,
on attache le chamélon (m. et f.) à une autre chamelle
dont le petit est mort, et celle-ci est râgilah beh,
V affectionne, lui est attachée; et si elle ne s'attache pas
à lui, on prend une outre en peau contenant du lait et
Von fait entrer le pied de l'outre *) dans la bouche du
nâs et en-nâs est partout valable, et awàdim ne veut jamais
dire »Diener".
"1) S^) de Oestrup, Contes de Damas p. 48, n». II, ' et p. 133,
'♦ d'en bas, est faux. Ce livre fourmille d'erreurs et de faux juge-
ments. C'est un mélange de syrien et d'égyptien. L'auteur connais-
sait ces dialectes aussi mal l'un que l'autre. Le temps ne m'a pas
permis de publier ma critique de cet ouvrage manqué.
2) La finale féminine était à peine perceptible; voyez l'observation
dans mon M S p. 27 s. v. say^
3) Et non pas tummuh; -uh est par harmonie vocalique, car
le suffixe est en Dt -ah ou -eh.
6 O-
4) %^\ , pi. |PL«v' , est le pied de devant (on ne coupe pas les
pieds pour faire l'outre), jusqu'à Vomoplatc, ilà.^\«x ; chez l'homme,
o
^\ est V avant-hras.
1242
petit qui tette alors. ^ S^J, donner le petit à teter à
la chamelle^ attacher le petit à la chamelle^ qui w c>>i>j,
s'attache à lui, ce qui se dit aussi du hâsi: L^ Jc>. ^). —
j4-J Ijj*»'» t^oiis avons voyagé sans bagage^ qu'on soit à
pied ou monté = ^J^JJ). J.>-. «^ c>vj=>, je suis venu
sans charge, à pied ou non, en compagnie de quelqu'un
pourtant ; probablement comme .;.^:su3 etc.
En Hdr S^y, marchander, propr. être viril, ce qui
peint bien l'esprit commerçant des Hadramites. Selon
Snouck, OS Festschrift de Nôldeke p. 103 v. 7, p. 104
note 9: nachdenke7i, avec le substantif iOb-.. Dans le
Nord, jô>^, sans doute pour jôyj" = ^ ou ^^ J^,
devenir homme; J-^yi, qui a atteint l'âge de la puberté.
J^yf == ^f, être courageux, RO p. 414 N° 170 =
Jw>ycw!, ibid. = Béd. du Nord ^^, avec l'adjectif
(jJ^/>» pl- i>^y et i4lL>/«j et J>^/»» pl- ^^y» brave,
courageux, contr. de yJ. iJi>y«, bravoure, aussi en "^Omân
RO pp. 100, 10, 397 N" 10. J^tO-., homme d'énergie et
de cœur, chevaleresque. Bel La Djâzya p. 88. J^,!', pZws
brave, Rôssler M SOS I p. 72, ♦ d'en bas.
82, 3: tâgir est riche, seulement en Hdr.
82, 4: mi s ter i. ^j:yi n'est usité que dans le sens
de démanger, et tj:^Li est vendre e7i plusieurs lots. ^::^ji^
1) La chamelle ne met bas qu'un seul petit (on petite).
1243
iuL^it, j'ai vendu le mouton en différents lots, etlP^.Lij'l
ij^ = kLa \j>jS'Jj^\ , ils le lui ont acheté, chacun son lot.
é^La lJ>LU:od L, nous allons te racheter en le partageant
en lots dont chacun prendra le sien, (s i r e) t_5-ii L^ oJc>î
ou i!yi (sera/), j'en ai pris un lot, tme partie, '»^j^")'
82, 5: mhâneb=i mitharrib = OjLv, j»j>ai> ou ^UL
G 0. Stumme, M G T p. 296, compare avec raison l'hébreu
2iJ, voler, de même que Buhl HWB p. 130, et Marçais
R M T A p. 429, le nordafr. w^. A propos du second mot,
I el-Hagar (4- 852) dit dans son Fath el-Bârî XII p. 86 :
o^UJl^ Uilkx JL.JCJ! ^ o^Lwlfj ^j^ J^*iî o^L-J JUj_5
^-^ v^ i3 ^.^ cj^' ^/^ Cj^^' o'j^' ^- El-(jauharî
et el-Lihyânî sont de cet avis. Job ^^, tandis que el-
Qâlî, Muzhir I p. 208, dit que c'est bien voler un cha-
meau à l'origine, mais que c'est devenu ensuite voler
en général, et L A p. 337, 9 adopte ce dernier sens. On
o
est tenté de faire dériver ce sens de ^f>^ '^j^ ^^ ^^'
byl. harâmu et de le comparer à ^^^f>, voleur, mais
ce verbe est plutôt l'arabe j.y>.
1) Siràk, ton lot; sirily, mon lot, = [•-i^»
o o
2) Hdr. GIoss. s. v. éy^. ^yi- = {j^:^^ , lot, Boh- IH, pp. 139,
'; 141, 8, ". Aussi mehri, Jahn MS p. 242, siirq, morceau; cf
'iJ>JM , tMorceau Dt, Hdr. A TIemcen -ij^ = vi)^ du Sud, Marçais
Gr. p. 227 V. 2.
3) A^^ulait = >y^LP , i7s i'OJ<s 0H< pillés. ^-^ n'est pas connu
dans le Sud. 4) Qor. XXVI v. 181.
1244
82, 3: y a binduq, voyez p. 424.
82,15: murrârah. '^ii^ n'est pas connu; on dit
Lij> — vJiJii. Voyez mon M S p. 22. Autres signif. chez
de Goeje Gloss. Bibl. Geogr. Arab. p. 205.
82, 22 : t a m i r. -t.i>, sauter, est ici synonyme de ^-o^,
Hdr Gl. s. V., de jsï, ibid. s. v., et de ^Lb, qui est pro-
prement tomber sur ibid. s. v.. ^ aussi sauter dans la
lui; a h. iiïUit -Jj J-:5^î est bon dans la lurah et dans
les dialectes, (là avec JU), L A VI p. 173, o d'en bas,
Diw. Plod. Koseg. p. 190, s, oii le substantifyl»=:(_j>>!5
est la vraie prononciation bédouine pour byl:», la manière
de sauter, Hdr p. 42. LlJLe ^ ou ^, il sauta sur nous
survint à l'improviste, mais aussi il s'esquiva; la diffé-
rence gît dans la variation de sens de UlJU. Voir le
Gloss. d'autres exemples. Le nordbédouin et le haur.
^♦jrsvb, sauter sur, se lancer sur. LâÉen el-bul min
èd-dàma tàhmarat') ""ala el-^asâltir u fasgalàt-
hom, mais les chameaux se ruèrent sur les soldats et
les dissipèrent, récit 'anazî d'el-Hâyârî. En Syrie et en
Palest., Jsc (>^^^, se ruer sur, Littm. NAVP p. 31,
N° 80. ^h, i, en Dt, sauter, jaillir"^), p. 798, ma M S
p. 9, 9 d'en bas, et ses dérivés jIL ou ^Ib ^), jaillir,
\) Socin Diw. Gloss. p. 287 a r*^ , iihcr ctwas springen. Je l'ai
entendu avec -, , comme dans la luiah.
2) Cf. la métathèse JaJ p. 796 et ss. et ,Iii , sauter; JaJ, faire
sauter, Stumme MGT Gloss. p. 315.
3) De môme que qI^ a lait t_r^ , de mrme Jai a fuit (ji>.laj
1245
gicler, spritzen, schizzare. Yidbahûn "a la sas em-
husn gàlabah iiyitànniz em-damm uyôkolûnha
era-bënâh (aLo) usâheb em-husn. On égorge un mou-
ton sur les fondations du château, et le sang rejaillit;
les maçons et le propriétaire du château le mangent, =r
yix5 ou o;i^'' ^^^J^;' (j^ ^y:^"^ c^-'i^, tu t'es éclaboussé
{angespritzt) les jambes avec l'urine. iojiUi ^y, ^U! ,jixliaj,
das Wasser spritzt {gicle) aus dem Schlauch heraus.
^J^ ^Ji,Jlu Js^, le chameau fait jaillir son urine [spritzt
heraus] goutte à goutte = ^î^ .jj (cf. .0) = class. v -/ j
cf. (ji^, 0, asperger, v. Gl. s. v.. ') Mais aussi iL est
en Syrie et Béd. Nord sauter de haut en bas, Hdr Gl.
s. V.; cf. Fleischer apud Levy NHChWB II p. 211.
Nous avons donc dans les dialectes: "^ et ^, ^^ et
jllj, ^jii.Il); et les classiques yh = jsï, L A VI p. 167, 5;
^ du cheval: v^^^ n^^y ^^, ibid. p. 150, 6;^ =
^, À^ et jàï, ibid. p. 162, s, 11, d'oîi vient l'hébr. i''P^,
bouc ■= qui saute. Les savants diront s'il y a ici commu-
nauté radicale. Je ne fais que constater la similitude
séraasiologique pour le moment^). Un autre sens de ^,
ou (J^ , avec sens analogue, ma MS p. 9. Mais il y a ici conta-
mination de qL> , JaJ et \J^ , v. p. 798.
1) Cf. aussi (ji^I^ et (jÏ^Iîj , môme sens. Voyez Gloss.. Stumme
TGr. p. 16, >8.
2) VwÀ^ , sauter, en Syrie, Almkvist Kl. Beitràge, Actes Congrès
Stockholm p. 429. Au = ^ en 'Iraq, Meissner M S 0 S V II
p. 295, et class. ^, faire lever en cfj'rayant, Rossler ibid. I p. 79,
1246
mais seulement dans le Nord, est enfouir^ enterrer, com-
bler, remplir = ^ij, LA VI p. 173, Usûma p. 143, n,
^ a déjà ce sens, class. et dialect., Tab. I p. 839, o,
Maqrîzî Hitat II p. 230 (^1), Almkvist Kl. Beitrâge
p. 430, Littmann Chanson de la belle-mère v. 136. Voyez
ici p. 317.
;aï, a [class. Jii, i], se lever hrusqitement avec un bond,
aufspringen , sauter = i ou aj, a [class. jiij, i, o], et
au Nord, c j. Ce sens, class. et dialect., est courant en
tout pays arabe ^) , LA VU p. 262, c (= ^3) , I. el-
Qût. p. 230, RO p. 321, 7 d'en bas, Stumme TTBL
V. 60; yigeffiz chez Hartmann LLW N° 58 Str. I,
2 lui fut paraphrasé par yfizz; Hdr Gloss. s. v.. Sur
son synonyme i»i, v. p. 1257. Le néo-hébr. îDi^, sauter,
Levy N H Ch W B IV p. 352, serait, d'après Fleischer
ibid. p. 483, originairement se ramasser et pretidre son
élan pour mieux saiiter. Il compare ^ et y^J>, auxquels
il donne le sens primaire de sich ztcsammenziehoi. Or,
Y^P seul a ce sens, nullement ;si. Le premier a bien les
deux sens zusamrrœnziehen, ^j^, et springen, plôtzlich
"': ^_$-^*2J f^A \JJi ^ j w«l2i>5 j.yij! ia^v. ^^ js, (7 détala brus-
quement du milieu du peuple et courait ahuri comme une gazelle
qui bondit épouvantée. On dirait presque, a\ec Grimme, que -b
déjà renferme l'idée de sauter! Vollers Z A IX p. 180 veut que le
»dénoininatir' -àL? vient de Jàs . C'est peu probable.
1) Le nom du serpent "Dbp, serpens iaculus, wPfeilsclilange" nach
Kautzsch les. 34, 15, renferme donc la même idôe que celui du ser-
pent iS'^j I.Idr. p. 137, note.
1247
eintreffen, comme jài. Mais je crois que jii et îcp, sauter^
n'ont rien à faire avec |^Dp, resserrer. Fleisciier rejette
l'opinion de Levy que TDp peut venir d'une „i-acine pri-
maire Dp, se lever, ou de TD, se mouvoir' \ et il n'est que
pour Dp. Pour ma part, je crois qu'il y a ici l'accouple-
ment des deux racines: v_^ (^Dp) et ^ (TD), où secaclie
l'idée de reculer pour prendre son élan pour sauter. yDp,
sauter, est sans doute une variation phonétique de îDp,
comme ; devient ^js> en arabe : ^ = (j^ L A VII p. 259,
5, et I^Dp, (j^ '), resserrer, auront suivi une autre route.
Je ne nie point que f Dp ne puisse être = u^iàï, comme
la transposition tunisienne ;si, s'accroupir pour chier,
Stumme T Gr. Gl. s. v., mais sur le terrain de l'hébreu
même, les deux sibilantes peuvent bien permuter entre
elles, comme y^p a pu y donner son synonyme iDp, et
(jûsi a engendré Aàï, ou bien ce sont des développements
de ^jii. La réunion des deux idées pour former un seul
verbe se montre clairement dans ^j4.:>, class. trotter à
petits pas, Boh. VII p. 46, s d'en bas, Syrie, nordbé-
douin et 'omânais, R 0 p. 43, 17, § 239, § 262, (à^^,
Sprungstânder ibid. p. 90), sauter, comparé au tripolit.
j*jo., s'asseoir d croupetons, ici p. 84, 7, comme h^
et Jioui Eg. , J^ et -byt^, oJljl et wài«J' Eg., yo et
yico, Arâgîz el-'Arab. p. 5. Mais la variation phonétique
j^i est sauter.
Les verbes suivants ont tous le sens plus ou moins
nuancé de sauter, faire un bond. Je vais les passer en
revue dans la lurah et les dialectes, autant que me le
1) Le Qâraoûs, seul, a y-N^iiJ' = wo^.
1248
permettent mes faibles lumières. Je ne discute pas la
question de savoir quel est le thème primitif, car il y a
ici, sans aucun doute, contamination de plusieurs thèmes.
Les deux jj et jï me paraissent cependant avoir une vie
à eux indépendante. Nous avons ici affaire à la particu-
larité la plus intéressante des langues sémitiques, mais
elle ne me semble pas être près de recevoir une solu-
tion définitive.
Thème js.
1° Js, faire un mouvement brusque, dans les dialectes,
sauter, Dozy, =^^5; hébr. et aram. danser, 1^, saltavit,
Brock. Lex. s. v. ; mais dans la lurah, c'est transitif, effrayer,
L A VII p. 258, 3 d'en bas = Jii et ^/l, L A VII p. 259, 5,
I. el-Qût. éd. Guidi p. 148, 12, = ^js dans les dialectes,
qqf aussi dans le Sud ^à; ^ o-lj!, le mourant tremble
ayant les spasmes de la mort, Dt; v_j ji, jeter qqc = jsJ,
Dt; aufspringen, Rôssler M S 0 S I p. 70, 6, Meissner
NAGI p. 137 s. V., Socin Diw. Gl. s. v. ; s'enfuir,
Rôssler 0. 1. p. 79, 9 et le Gloss. ; plôtzlich aufwachen,
Stace p. 163 s. v. Start, Meissner 0. 1. p. 137 s. v. , cf.
Arabica IV p. 21 et s.; bondir, Prov. et Dict. Gl. s. v; =
is, faire un bond, Hartmann LLW p. 182 N^ 58 Str..
^^ , Syrie, sautiller. Sur sa métathèse lJ^, voyez ici p. 850.
2*^ ^ j5. Le sens primaire de se lever d'un bond ne figure
pas dans nos dictionnaires. Il a donné lieu à plusieurs
applications sémasiologiques, aussi dans la lurah: '^ ^yé
\jLs ^^J^ sLj^^d \s-^ ^! lL« c<=>\^ , alors chacun de nous mit
subitement la ynain sur son sabre et le tira de son four-
1249
remi, Arâgîz el-^Arab p. 21, 4. Dans le Sud et les dia-
lectes hadar hors de là, de même que dans la lurah,
celle de s'effrayer, c'est-à-dire e?i tressaillant, est la plus
commune. Chez les Bédouins du Nord, l'extension de
^'emploi est plus grande. El-'Arab kullha fàzâ'et
'lent niVim ma tènhad utilhag el-gôm, les Bé-
douins ont tous accouru (avec leurs armes), tandis que
tu dors, toi; 7ie veux-tu te lever pour te joindre aux con-
tribules? Haurân. Cette phrase peint bien l'origine de
^^. Elle correspond au vers d'el-Mutalammis, VoUers,
N° XXXVII V. 2:
y _ - o
Il poussa un cri (pour réveiller le chien) dans l'obscurité
[de la nuit après avoir dévié de la route.
Afin qu'un chien aboie et que les dormeurs s'éveillent
[brusquement.
Ibid. N° XV V. 13. ^y q-» ? /, il se réveilla de son
sommeil et fit un soubresaut, I SaM IV i p. 68, 2. Boh.
IV p. 108 en bas: a^Uail ^\ l^cjiLs IS^}. toli, et lorsque
vous les voyez (l'éclipsé du soleil et de la lune), accoures
à la prière dans la mosquée; L A X p. 123, 5 d'en bas.
J c js, aider, secourir qqn, comme Abu Zeyd Nawâdir
p. 158, 2, 7 d'en bas. Yôm min ayyâm el-'Arab
alli ma tërîb âamsu. U hâdà ''and el-'Arab l^â-
lâm marbùt, ma yesîr innu yirèyyir bôh, wil-
ya sàrat 'aleyh dîga ufezà'^luh bisahîh udâ-
bah ma^u. H ad a fulân ma y in sa hal-yôm uye-
wassi 'ayâlu gàbël el-môt: fulân lùh 'andena
yôm etc. „Une journée des journées des Arabes" dont
le soleil ne se se couche pas. Cela est une parole sûre
1250
chez les Bédouins^ et il n'y a pas moyen qu'il (le Bé-
douin) n'y fasse pas honneur. S'il se trouve en détresse
et que l'autre lui vienne en aide pour tout de bon, en
combattant à ses côtés, cet homme n'oublie pas cette journée
et recommande à ses enfants avant sa mort: un tel a
chez nous ,^une journée" , 'anazî. 'i^j^ Csj^l=>\ ^^ ^J î^jà!<
aidez-moi à récolter ce semis (champ), c js est aussi
demander secours, z=. c ^u:^\, ce qui a déjà été relevé par
Moh. el-Anbâxî K. el-Açldâd p. 182, L A X p. 123, n.
Cela s'explique par la différence de la situation o\x le
c^ a lieu'). Ou c'est celui qui demande secours (\\n. p'^,,
ou bien celui qui apporte le secours. C'est même fuir,
Tab. Gloss. s. v., et on comprend facilement pourquoi
^ js^ est courageux et lâche, les deux sont dans un état
de ^ j5, dont l'effet peut être différent. Ce sens de é jî,
^js, dépeint par Nôldeke Fûnf Mo'all. II p. 92, à l'occa-
sion d'une attaque ennemie ou d'un trouble dans la
tribu, est le mieux illustré par son synonyme \^, Hart-
mann LL W pp. 236 V. 11, 239, et ^,-:^i! des Bédouins
de Syrie: on pousse des cris de guerre, on énonce sa
filiation ou la parole de la tribu, en criaillant et en fai-
sant des sauts, ainsi que c'est la coutume de ces gens:
c'est là le ^ji, Tab. I p. 1507, i*, Boh. IV p. 52, lo:
^ i xoAlL. ^^-) OU c jâJ! lXjLc ^[^'i)\ s.oL-* ^\i. Il n'est pas
1) V. ici p. 1244 et p. 1252 n.. ,L£ offre la niôine idée &' accourir pour
altaquer on\)onv akicr. 1^ ^»M, }ie came lo my hclp, Stace p. 204.
2) Houdas-Marçais II p. 337 traduisent î ji par panique, ce qui
n'est pas mal. Cf. ^-f^ et l'éthiop. zange'a, radoter.
1251
étonnant que K*ji ait pu, en Afrique, devenir = iu'Uxo,
rixe, chamaillement, Hartm. LLW p. 44, e; o^/ fem-
mes qui se chamaillent, ibid. p. 132. Yôman fazà'na
hamsètna, expliqué par intahèyna, verset de la
Sahgah. ^Xî ^^s, se réfugier auprès de, demander secours
à, I. Sîdah XII p. 121, ai, 6 d'en bas, L A X p. 123, *
d'en bas; aussi au figuré, comme Gâhiz Tria Opuscula
p. 47, 3, I. el-Qût. p. 272 : i^\ ^j> ^Jil! ^\ o^', et class.
^jsî ^) est accorder un secours, wi asile, Tarafah N° 5
V. 66 = ^^\, Tab. III p. 202, .c. ^^î ^ jà, L Sîdah XII,
p. 121, 5 d'en bas. ^ ^^, poursuivre, Hess Bemerk.
zu Doughty p. 9. ^js, effrayer, partout en Arabie et
chez les 'Anazeh, jeter l'alarme, envoyer prévenir une
autre tribu qu'il y a un ^ i et qu'on a besoin de secours,
Kcjs. (3 JNL<^J! _5 iO^b Jl^ LiêL>5 aJ ^^_ ^^LàJ ^jaJ ULv^f,
1) Aussi effrayer, Tab. I p. 1292, '«; et 1. 17: %^\ .
2) On comprend donc que ^^ peut figurer parmi les addâd,
de même qui p-/^ , babyl. sarâhu, cner, Kâmil Mobarrad p. 3, K.
ei-Addâd pp. 6 et 54, Arâgîz p. 98. Dans Arabica IV p. 47, j'ai parlé de
o >
ce dernier verbe. Voyez le Glossaire, -^j*^. '^'^^ —f> a JiiC ...LLJLo
^b ^ *Ic , le sullan de S. s'est rendu en Datînali pour engager
les ^Ôlah à faire la guerre au pays de Yâfi". Il est aloi-s —îj^a
ou g-ya/0 , propr. qui crie à la guerre, := class. «V.j^, D'w. Iloçl.
Wellh. n». 148 1. 7. Dans notre dialecte .:^>.o est l'infinitil' seule-
ment, ^y-^ , qtti porte secours, dialect. et Diw. Hod. n». 203 v. 15,
K. el-Addâd p. 51; ^J-^ Hod. WoIIIi. p. 13, 4 d'en bas. -/-^Xw!
1252
nous avons envoyé chez un tel un homme, ^jà/«, [pour
faire savoir qu'il y a un ^î et que nous avons besoin
de secours, iCcjs] qui demandera son secours, et il est
venu à notre aide avec tout son campement. La même
juxtaposition des deux mots analogues dans ce vers de
Salâmah b. Gandal, Arabica IV p. 18, K. el-Addâd p. 51,
Tibyan d'el-Ôâhiz, Caire, II p. 74, Mufadd. N° XX v. 17,
LA II p. 61, Kiimil Mobarr. p. 3, 5:
Toutes les fois que quelqu'un venait chez nous crier au
secours, (notre réponse à) son cri (de secours) était celui
que nous produisions en nous frappant les tibias pour
signifier que nous étions prêts au secours ^).
Le e À* porte un drapeau qu'il lève en l'air, yUt yu,
et agite, -yco, p. 800 et note-), q\j\qs appelle au secours
Qor. 28,17. JL^ , o, est dans le Nord un vAXs par la même raison:
^^ ijl^û , attaquer = (J*e f'^?^ ■, et ^^ jî-*^ , porter secours; v.
Gloss. s. V..
1) Je crois que cette traduction, un peu prolixe, rend mieux le
sens que celle de Nôldeke ZGCA p. 110: Wenn ein Huljcsuchen-
dcr in Angst zu uns kam, sa bestand die Hïdfe darin, dass wir
(seine Feinde) auf die Schienheinc lilopften, où »seine Feinde",
prouve que Nôldeke n'a pas bien compris ce vers, qui est cependant
bien expliqué par el-Mobarrad et passablement par Lane.
2) Dalman P D p. 146 N». 2:
Lan sâhe sayyâh en-niba èhle es -si baya dliii relia
Lorsque le crieur qui appelle à la guerre agite le drapeau,
(Alors vous autres) gens des coursiers, montez-les (leurs dos)!
Le texte de D. est fautif et contre le métré (sauvvah"), de même
que sa traduction, v. ici p. 799 et s.
Ibid. N". 3:
1253
*^jàj =: aiX^UiL (^oLu. iCcjS = slX.^ , secouTS : <— ^"v^j
[fS^ *) 0>:^' (j^ iLcjSjt c>^>5 ^jLl2j5^sï ..^J>.lLj (jjwo^^t Lo ^ «jj5
^LLiisxs ^^ J-J!, son père monta à cheval et les deux
CAbd ''AUâh Abu Swêrbât et son fils Hoseyn) se mirent
à attaquer les QaMàn. Le secours arriva des tentes, et
ils délivrèrent les chameaux des mains des Qahtân, récit
de 'Oneyzah; expliqué par oSSo.
On pourrait aussi mentionner yi=>, i, dans la lurah,
d'après LA et 1. el-Qût., pousser, exciter, stimuler d,
faire vite, Mo^all. ^Antarah v. 79, Mo^all. Lebîd v. 15, =
L\ft=> '), avec le même passage de d>z, comme dans
jjj^ et ip"i, raqâdu, v. p. 1259, peut-être aussi ijij;s> =
iifijA>, Qâm. III p. 214, 11; d'autres exemples chez
Schulthess Homonyme AVurzeln p. 66 note 8; dans le
Sud, presser, serrer, fy^, R 0 pp. 251, 2, 3; 250, 2
d'en bas et 251, 2, sich abschleppen mit. C'est le biblique
et targ. Tcn, être effrayé, perplexe, se dépêcher. 11 y a
zabn elëhsân lan balad lan tall enneba râ'^îh yesîh.
Il faut lire
zibn el-hasân ila balad lan tall neba etc.
à moins d'admettre que toutes les poésies aient ét('' composées avec
des fautes de mètre, ce qui me paraît bien peu plausible.
Sur Q^ , voyez ici p. 704 et s.. Lo n'est pas colline ici, mais
Vappel à la (jxierre, le bruit qu'il y aura la guerre.
\) Cf. Aftc, sauter, Sud, = j*1j et jàs , ma brochure M S p. 37,
RO § 30, ibid. p. 329, 4 d'en bas, p. 298, 10; Z D M G 44 p. 200,
ibid. 49 p. 511; aussi dans le Sud: chasser, iveijjagen. Jac et Jaic
sont synonymes, Hdr p. 659; le dernier, aussi jeter, avec \-j , weg-
schleudern, RO p. 377, 2 d'en bas.
1254
sans doute ici accouplement de deux racines: ^, que
nous retrouvons dans e>j>, par lequel js:> est expliqué,
et ;-i, comme ^j:=> et *j, y^^is> et ^^ ^Uij> etdV-^,^J>o-
et _jb, lîn et ";, et tant d'autres. Cet accouplement des
racines, qui est autre chose que contamination, est un
côté de la linguistique sémitique qu'on n'a pas encore
pris en considération. Toutes les langues sémitiques ont
dû procéder ainsi. La richesse inouïe de l'arabe, classique
et dialectal, nous ouvre des vues que les autres langues
sœurs n'ont pas, à cause du peu de matériaux que le
temps nous a laissé.
(^=:,i:^, ^^, LA VI p. 162, i3, VII p. 232, ii.
3° lyt^^X^, jsi, LA VII p. 232, i3, = ^o, L el-Qût.
I p. 256, 19. Ici p. 1245.
4° ^6 = ^^., AS LA VII p. 286, 8, o = ,=J 1. 10. I.
el-Qûtiyyah p. 271 =_jfij; jeter en Dt, d'où le mehri
nefzît, blessure, Jahn M S p. 215. ■J6 = -^^^,^ faire
danser l'enfant, L A VII p. 286, a = ^^^^, Hdr. Gloss.
s. v., ici p. 850. Ya-t-il ici un n augmentatif, comme
^ et yf^), li et JÙ-), ]i et jai, voyez p. 1259, ^'i
et iJiJ6, bouillir, dans le Sud, v. Hdr p. 137 note et ici
p. 690'), ou bien est-ce un des nombreux développe-
ments, class. et dialect., de .^? Encore ne faut-il pas
1) L A VII p. 281.
2j 1. el-Qût. p. 272, ^, et déjà relevé par Praetorius Reitr. z.
Assyriol. I p. 37.
3) Pour l'hébreu Vollers V S p. 130 donne des exemples. Il fait
dériver les Joù d'un ^Àj' primitif, ce qui ne peut être, en tout cas,
une règle générale, car plusieurs i^fù de cette catégorie sont transitifs.
1255
oublier y, I Sîdali III p. 24, et ^^y, sauter. ^J6, courir
en faisant des bonds, L A III p. 204. On comparera sa
métathèse (vraie ou spécieuse) ^ij, nd,i , danser, Hdr
Gloss. s. V., et ici p. 850 à propos de <Jj.
Thème jï.
Vy = ^^, LA VII p. 262, 6 et s., Nihâyah III
p. 251, Qâm., I. el-Qût. p. 228, 18, dans lesquels est
citée la Tradition : y^t ^ «ius oyi-il ^^ hJî]! ^ ^^LLxxiJt ^\,
le diable fera (ou fait) un bond de l'est et tombera à
Vouest.
Je ne sais s'il faut ici admettre le syrien et le nord-
O - Cl
arabique ^j::i, i, ficher le camp: oLc ^^ l?jP^ mâche
dich von mir fort; ^-Ji, chasser, loegjagen. Cuche, dans
la première édition de 1862, a (^j, branler, se tnouvoir
(chose mal fixée), cité par Fleischer Kl. Schriften II
p. 699 sur le Suppl. de Dozy, mais il ne figure plus
dans les éditions suivantes. Socin Diw. Gloss. a ^{i,
vorangehen, (C^li', voricàrts gehen, mais cela est ou
j^j=> = ^j>, et il a confondu la prononciation 6 et ^,
comme les Haurâniens écrivent souvent ^ 6 avec „,
ou bien c'est pour ^ji, c jï, se lancer et lancer, dont les
;_cjï, i^jï précédents pourraient bien être une prononcia-
tion afifaiblie, comme ij.^ et ^i:> et tant d'autres. Dans
le Sud, jï, i, a encore son sens classique d'avoir du
dégoût pour j !>jj_;ï et plus rarement sJ^ oj^» J<^ l'^'l ^^^
dégoût.
88
1256
2^ Jjï = ^':i^, sauter, Qâmoûs seul, sautiller comme
lorsqu'on a un pied coupé, clocher, LA XIV p. 74, I.
el-Qût. p. 232; Tab. Gloss. s. v. : Jjï, clocher beaucoup;
et sa métathèse jis = woj et ^jc , L A VII p. 264,
VIII p. 209, Sihâh I p. 435; Zamah. Asas n'a ni l'un
ni l'autre ').
3° ys^^é = v^j, sauter, LA VII p. 261, Qâm., L el-
Qût. p. 229, 1; tomber, LA VII p. 261, 8, et son syno-
nyme affaibli ;^, sauter, Qâm. seul, et ;^^ = v^^,
Qc\m. seul, -^i, a, s'écarter, s'ôter de, Béd. Syrie =
jj^j, i, Syrie, v. exemples ' Gloss., et sa variation ren-
forcée ;j«.i^>ï, qui est en salihî, B B R A S 1902 p. 265,
tojump et chez les Bédouins du Nord, se lever brusque-
ment, se précipiter sur: «Aij L u^^i^^ïî, lève-toi vite, mon
garçon! sus! 'anazî; Wetzstein ZDMG XXII p. 148:
aufhilpfen. (j^^U-J! »l\o ^«à^aJ!^ sAc. tj^^^:^^*) , et il se préci-
pita sur eux, le sabre dans la main droite, "anazî. (jcl5^>ï
^^L/a.si\j|j , stimuler le cheval pour qu'il galoppe plus vite,
Haurân = class. o;J. Socin Diw. Gl.: aufspringen;
aufstehen. Cf. (*-<j "Oman, tojump, IRAS 21 p. 847;
(j^ ^3 , sich stilrzen auf, Rôssler M S 0 S I p. 78, 7
d'en bas ; aufspringen, ibid. p. 79, 2, ibid. III p. 26, 3 ;
tout cela est à peu près classique. Aussi en 'Oman,
descendre = 1^, RO §§42 et 267, pp. 135, 5 d'en bas,
279, 14, 349,12 = sahhî BBRAS 1902 p. 262. ^i,
1) En datlnois Jvi = JoJ, être vis-à-vis de.
1257
faire descendre, hinunterhringen R 0 p. 1 59, s d'en bas,
où la vraie nuance est avec précipitation. ^^, sich
blindlings losstûrzen, se précipiter dans, RO p. 321,
Rôssler M S 0 S I p. 67, s.
4° jài — u^'i5, voyez p. 1246,
5" j^, i, sauter^ en Syrie et chez les Arabes du Nord,
ZDMG XXII p. 139, Almkvist Kl. Beitr. p. 419, Tall-
qvist A S S Gloss. s. v., Belot s. v., Wetzstein ZDMG
XXII p. 120, 19, Socin Diwan Gloss. s. v., Meissner N A G I
p. 139. Dans le Sud, j^, i, et j^, a, se lever brusque-
ment, sauter en l'air, éclater. La poudre y est [^j^%
parce qu'elle saute en l'air et éclate, Gloss. s. v.. C'est
le class. ^;^i*i, L A VIII p. 351, s, 9, ii. j,*^, class. ga-
loper, LA VII p. 188; en "Oman sauter, se lever avec
un bond, RO pp. 43, n, 130, 12, 144, lo d'en bas, pour-
rait être une variation phonétique de i*3, comiiie le class.
j-H_> l'est de jàs, et le nordarabique i^, fuir, de j^ï,
Socin Diw. III Gloss. s. v., ce qui est plus probable
qu'une application sémasiologique du class. ^^, prendre
plein la main = ynp, Ges.-Buhl p. 654, d'autant plus que
;4.i, sauter, ne se trouve pas dans la lurah, mais seu-
lement dans les dialectes. Je suppose que le j*i dialectal
est un développement de jï avec m médial, comme Jbj
et liA\, se glisser, Syrie ; ^ et j^, piquer, Syrie, p. 700 ; J^,
yjJ- et ^V), V. Gloss., et ■5"^, ^ et ^, luire. Il se
peut aussi que Ui provienne directement de fi, avec
\) Aussi ^ , i, Dt.
1258
permutation do la labio-nasale et de la labio-dentalo. En
voici quelques exemples tirés de la lurah.
jCîI = Â^!, but, seulement Qâmoûs.
\ài' oi:o> oLo, sans verbe, pour ,j^.
»^!Jc5^ A=>!, il le prit tout entier, L A VI p. 249, 7
d'en bas = «^Lv^., Qâm.
(ji^âci = ijii^', gwe a Zes ^ew.T faibles et chassieux, Qâm.
seulement.
f} _ __ G — —
\»Ju^, ténèbres, L A, Qani. = ^»-*«ji:, L A, Qâm..
l^àii z= L^' ::^ ^Aaxi^i', se déchirer (habit), Qâm. seule-
ment.
Et après les sonores:
icias^ = *^/j rnarche à petits pas, Trippeln, Qâm. seu-
lement.
\J^f>, embrouiller, mêler, et ujbL-<Jî ^c:;w«„i> = -^A-i^',
LA Qâm.; cf. >»j'joC) ^J> en Egypte, (jii.jj> et J^J>.
jjjài:^, ^2627^6 femme, Qâm. L A, et jjjJ^, vzeeY^e cM-
we^^e, Qâm. seulement.
Comme presque tous ces exemples ne se trouvent que
dans le Qâmoûs, il faut croire qu'el-Feyroûzâbâdî les a rele-
vés dans le parler courant. ^ = j*^, sauter, p. 1245 note,
ne sont probablement pas de la même catégorie, car ^^j^
déjà veut dire sauter, comme nous l'avons vu, et comparez
les développements analogues p. 317. Le syriaque i-r,
sauter, va aussi avec ■^'. w<m ou w>m?
^^ jïj = \j^j, danser, c'est-à-dire faire des sauts, L A
VII p. 222=j«i. j^yi i^ ou aJ^'' ^>^ = jJ^' Jj =
1259
LXjp! ^j; voyez plus haut p. 1254. Cf. ckj L A IV
p. 165, 3, 12, 13: jïUiî jl\£ oL\ï^'b5î, Hdr. Gloss. s. v- jï.,
"•îll, i-sp , danser, bab. raqadu, saî^^er, Ges.-Buhl H W B
p. 707, comme îDp et iDp, resserrer, p. 1 247, Vollers Z A IX
p. 188, et l'arabe jaS'j, qui n'est pas employé dans le
Sud, mais en ^Omiln, R 0 p. 279, 19. Duval, Gr. Syr.
p. 104, a raison de comparer la^ avec jéj et ju, mais
lorsqu'il dit que „raphérèse de ris en tête du mot est
admissible en sémitique", je ne saurais le suivre, et les
exemples qu'il cite à l'appui ne tiennent pas. Pour moi,
jï. est un accouplement de deux racines.
7" jiiJ, a, faire un bond, sauter, se lever brusquement,
faire un soubresaut, tressaillir, dans le Sud, ma brochure
„Die Mehrisprache" pp. 40, 9, 43, s d'en bas, 45, 20 =
u^v, surtout sautiller comme les oiseaux L A VII p. 286 =
jftj, I. el-Qût. p. 271, 17. Les jambes des animaux sont
appelées jïty, les sautantes. En Algérie, l'intensif ^ est,
avec Ai, le verbe ordinaire pour sauter, bondir, aussi
en Tunisie, Stumme TMG p. 6, »5. En Syrie, (Jx: jLi,
taquiner, piquer = j/i-i, avec dissimilation de la géminée, =
^jj ')• Comme oji est, class. et en Syrie, saiiter, ojj,
faire sauter (le cheval), L A XII p. 229, 3, il faut savoir
si c'est une métathèse de jij, ou un développement de
son synonyme J, courir, et î;j, sauter. Il y a sans doute
1) j et jJJ, aussi- en Syrie, = u^ , suinler. ù-o ,Li*'^Jî , le
mur suinte, ùj*^ O"^' , la source a un mince filet cVeau qui
jaillit; "Ti, jaillir, gicler; cl'. ;-î-j p. 798 et p. 12i5.
1260
contamination de^ et de jï. Cf. lax, sahdt, Brock. Lex. s. v..
Il n'est pas inutile de faire observer que tous ces
verbes sont, dans le Sud du moins, prononcés Jjc [joé],
parce que l'imparfait en est Jotàj, et cela en vertu de
la règle que j'ai établie Pr. et Dict. p. 60 et s. et qui
s'applique à tous les dialectes du Levant et de l'Arabie.
H y a d'autres verbes qui impliquent l'idée de sauter
ou de danser, ce qui revient au même (comme notre
sauterie = petite soirée dansante), tels que vj;^, cl. trot-
tiner avec vitesse L A, I. el-Qût. p. 105, c, danser en
•"Oman, RO p. 418, c d'en bas; j^., ls=^j et ^. Mais
je n'ose m'engager sur un terrain aussi mouvant.
-LL, i, est courant dans tous les dialectes arabes, ha-
darî ou bédouins. 1° tomber, Gloss. s. v. ; Heir p. 127
note. Yôm ''âd qarîb râsu tâh min fôq ràsu,
lorsqu'il était déjà près de sa tête, il tomba de dessus
sa tête, Rôssler MSOS III p. 17, lo. Wa yezîdu bil-
hangar fil-kuré wu tûh rreggâl màyyit, et il lui
donna encore un coup de poignard dans le ventre, et
l'homme tomba mort, id. MSOS i p. 70, o.
AwJjf _.^ , la pluie tombe R 0 p. 263, s d'en bas =
Dt le torrent descend, h^ji JL ,.„ AId ...bli, un tel tomba
du dos de sa Jument, ^anazî. \JLe >^ -^f^^. J^', celle sur
qui tombe son 7'egard, ici p. 36, i7. U kân yesigguh ')
hakk el-huwclt elya (= \iJ) hù^ fart an ""ômruh
1) gww , s'en aller, filer. qK^^* c^ .ivwj IjO^ isJo , demain 7wns
allons filer pour le H. = ■.^f^ , ^Anazî et Haurân : cf. battre une
roule, et plus loin ^^^.
1261
u Ëân yôm ta h e d-D a 1 i liùsa, et il lui asséna un
coup violent, et voilà qu'il rendit Vchne, et ed-D. M. tomba
alors, récit ''anazî. Mekkîye ^anûd utâibe min es-
Sîn '), Mekkîye est à la tête et elle est tombée (vient) de
la Chine^ Meissner M S OS V, p. 102, ii.
Fâris mësamma tâhe yôm ed-dawi ^) (sarf)
Fâris, bien connu, tomba au jour du tumulte.
Hartmann L L AV p. 131 N" 57 redde 2.
Sachau VLM p. 21 N'^ VIII v. 3:
Celui qui se fera tuer par aynour pour toi,
S'en est allé (éperdu) le jour où tu as quitté notre eau*).
Ibid. p. 46 N'' III, 1 :
(^ '^U tjJ ^ ^^^
Ich furchte, es ilberfallt mich das toeisse Haar und
[ich altère.
Littmann AVS p. 46, v. 23:
Baqullhum min kutr idmîfi ma tahat.
Je leur dis: „A cause de tant de larmes qui sont
[tombées.
4) Mètre en désordre, mais je renonce à le redresser.
2) C'est = le syrien iui^Ii!' |.y. . Hartmann n'a pas donné de
traduction, parce qu'il n'y comprenait rien. J'ai reconstitué le mètre
chanté.
3) Ainsi le texte de Sachau , mais je soupçonne que le texte n'est
o
pas en ordre à cause de *mj ^L1>.
4) La traduction de Sachau n'est pas parfaite. Sur le sens de
y*^ ' ici, voyez FIei.sciier Kl. Scluiften 1 p. 04.3.
5) C'est ainsi qu'on l'auiait chanté.
1262
Ibid. V. 24:
Yâ rêteh ma tah 'al-badd
PUtt à Dieu qu'il ne soit pas tombé dans le désert.
Littmann traduit par in die Wiiste verirrt, en s'ap-
puyant sur lo ^LL), o, s'égarer, de Belot. Je crois que
ma traduction serre le sens de plus près. ^LL, s'égarer,
doit être une prononciation plus forte de o'j, i, d'après
de nombreuses analogies, L A III p. 368, ♦, 369, i.
(jvi -IL est partout employé, tomber sur, aussi au
figuré. Geyyo sukkan el-Mahsane utâho ""alîne
udâro yif'add ruine, les habitants d'el-M. vinrent et
tombèrent sur nous ') en commençant à nous faire des
excuses, RO p. 359, 7 et s..
UaXc Î>^LL, ils sont tombés sur nous à Vimproviste,
Çaurân, ^ UJlc î^, soit pour visiter, soit pour attaquer.
jJLa!! ^c ^^ysixlaj ^j^ij xaj, il y a des gens qui tombent
sur le monde, l'attaquent, Haurân, d'où «njLL», pi. j^llb,
brigand, voleur de grand chemin. -.LIL, chute d'eau, Hau-
o
rân. M ^^ Ll^wL = ^JJt J^ Uxï^ = iJJ! ^j^ LJL=>j, nous
avons imploré l'assistance de Dieu.
Chez les Hadar et les Bédouins de Syrie, -LL, i, est
aussi descendre ZDMG XXII p. 134 = _^. A Jéru-
salem, j'ai relevé le sens de courir et de s'en aller ; dans
la lurah, celui-ci est seulement figuré, LA III p. 369, de
même que „LL, o; le class. \js\L> a aussi ce sens, LA
III p. 228 , 6 et ss.. (jr-i^ -,LL , he was knocked (fell)
Stace p. 151.
1) Reinliardt traduit und ficlcn vor uns niedcr, ce qui n'est pas bon.
1263
2'^ sauter, ici p. 82 note 8, Z D M G XXII p. 151 ;
Socin Diw. Gloss. s. v.; Almkvist Kl. Beitrâge p. 429.
(_y.jô\ ^JXc qLajJ- -II?, le cheval a sauté sur la jument, l'a
saillie, tout le Nord. Les Druzes disent même i-yl su^^.^^,
fai baise' la femme. Une injure, dans le Haurân, Belqâ,
Syrie et Palestine, est:
eût (jii^L^ ^\s. ^^, saute sur la marmite de ta
mère = sur la vulve. Ki tâhu fil-mâ^ lorsqu'ils
eurent sauté dans l'eau, Karapffmeyer M S 0 S VIII, ii
p. 226/7 (Sud algérien).
^nIL , faire tomber, f. sauter ; jeter. Yihèggemu el-
hêl dâhil sfûf el-qôm ida lôhqit ënsân hattey-
yiho, on lance le cheval (= JyJi) au milieu des rangs
de l'ennemi; s'il atteint quelqu'un, il le fait tomber, RO
p. 422 W IX. Huwa riggal wahîd wa hum sâ-
be'^a, âhar toyyehûh el-ard, il était seid, lui, tandis
qu'eux étaient sept; à la fin, ils le firent tomber par
terre = le jetèrent par terre, Rôssler M S 0 S I p. 65,
12 et s..
(jLa^î j^ïsllii r^>>', A. N. fait sauter le cheval (sur
la jument), le fait saillir, Haurân et Damas, = jaï.
cLait ^ »:^C1j kAs. ojîj v^j, et elle bondit sur lui et
le jeta sur le sol, Stumme TMG I p. 6, is. Ersâsa
iteyyah, das Blei schlug die Mdnner zu Boden id.
T T B L V. 839. Dans le sens de courir, v. p. 1262. J^d, i,
fait au trans. ^^ et ^J^. On dit chez les ^Anazeh:
^La^JJ li^y^ = ^!AaJî ^ Aj LyJ>., nous avons donné
les rênes au cheval, nous l'avons laissé courir les rênes
1264
abattues. C'est le classique \*«^ m -'Jj , sa jument l'em-
porta = ^,-*:iX! , L A III p. 368 d'en bas, locution qui est
aussi dialectale. „^, (de „^, o, s'e7i aller, v. p. 1262)
est chez les Bédouins de Syrie partir, en analogie avec
_3^, ôjj, etc.. *,jij] p-y^, le razu est parti, Burckhardt
Beduinen p. 29, s. Déjà dans la lurah -^ et ^^ sont
synonymes. El-Leyt a dit: ïs^ ^J S>jfo Jyù \^}f.^ c>ot,-*
iOAj 3 \P^3 i>^>^^ l>^*> J^ l-^ y^"^' ,_c^ (J^'' 5 LA III
p. 359, 12 et ss..
Sur le jeu syrien "ïy^*, ^J^Jc<^, jeu de saute-mouton,
Bock springen, où i'v.^uL» est saz^^ et '^;^, bond cl pieds
Joitits, voyez Almkvist Kl. Beitrâge pp. 429 et 431. En
Syrie, g.ii^JD, herumhûpfen : -^ A' _ Iw ^^ ^vixj^vk)' ^J ,
pourquoi toupilles-tu d'wi endroit à Ta^^^re? Pour le reste,
voyez le Glossaire. Cf. les classiques ^, ^\ et 'l^^.
Les dialectaux (ji-^Ja, ,jii.^aj p. 1214 n. = class. iji^tj<:\l3,
et (^wIj offrent une contamination entre ^, ^iiJj et v^ ;
voyez le Gloss. s. h. v.. ^^, p. 796 et s., est un accou-
plement de Jkj, ibid., et de ^.
Stumme traduit ^fyJLc ^^cj> par: er stiirzte sichaufsie.
Dans le Gloss., il rend ce verbe par angreifen, = Dt ^^ JLp
ou j^ u-^, et dans T T B L Gloss. s. v., par schnell
laufen, dahinstilrmen. Ce verbe est, en Syrie et en Egypte
= L'"'^, foider, treten, dont il est un développement ; Eg.,
aussi ;^«-*x:o. Dans les dialectes du Sud, ^J«^c>:> est peu
usité, c'est la langue du Yémau, où c'est piétiner, stam-
1265
pfen, en marcMnt =^ Dt ^o^, Hdr p. 267, u d'en bas,
p. 275, 13 d'en bas, et (_^w'o, o, n'est pas plus commun,
mais il est assez courant dans le Nord et en ""Oman, où
/j^ji est même récolte, RO p. 417, signification qui est
motivée par la manipulation.
82, 23: ukalhom. Mes Datînois ne voulaient pas de
ce verbe, car, disaient-ils, le lion ne le mange pas, il le
dévore, [der Lôwe isst ihn nicht, sondern frisst ihn], et
ils préféraient J^, o, manger avec avidité, fresse^i ; Yoyez
Gloss. s. V..
82, 23; 83, 3: qaileh berâsah. ^ Jà" est une
locution fort commune, non seulement dans la lurah,
mais aussi dans les dialectes du Sud, Hdr Gloss. p. 698.
I. Sa'd III, I p. 51 : U: jUij ^oi^^Jb J^U ^Ui^ ^t ^^!
Sachau traduit p. 16 (Anmerk.) par [Moh. I. Abî Bakr.
arriva chez "Otmân et] er packte den Bart Othmân's und
sprach dann, dass man hôrte, wie die Zàh7ie aiif ein-
ander schlugen. On voit que Sachau ne connaissait point
cette locution, car il traduit Jï par il dit. De Goeje a
relevé cette erreur, Z D M G 59, p. 382, mais il n'est
pas absolument exact, lui non plus, lorsqu'il traduit par
hin imd her beioegen, schûtteln. ^ Jj est précisément
notre faire comme ça avec (la main ou n'importe quoi) ^).
L Sa^'d III I p. 235, 27 : ^ -Jù », k^ X\l^ JU» ^:dL^ ^l! 'uii^,
rendu par Sachau par : Dann sprach er mit dem Schmir-
bart vor dem Munde und fanchte in denselben hinein,
mais c'est : il fit comme ça avec sa moustache à sa bouche
1) En français on entend souvent »je lui disais ceci de la main".
1266
et ... . etc.. Ibid. p. 247, 4 est très clair : _^^ y^
,jJUJî JsJï ^^Ji^! aXjjO -1 g--»-; u\i ««lX-o C\jC^ JyMj ci /fiW-
tendis "Omar qui fit comme ça avec la main qu'il (leva)
ouverte, en disant: Prenez le chien^ il va me tuer! Ici,
Jo a deux régimes, ce qui est une construction elliptique
un peu défectueuse, mais usitée et qui prouve que Jï
a dans cette locution le sens ordinaire. Une construction
analogue est Boh. V p. 99, 2: «l3^ ^c^\ «lXjo ^^I JU»
kvAj JLc L^ V t*^ o'"*^ "^5 ^^ ^^ Prophète fit un geste avec
la main droite en disant: „Celle-ci est la 7nain de'^Ofmân,"
et il frappa avec sa main sur celle de '^Otmân. I. Sa'^d
VIII p. 74, 24: v'-^?^ 6)^3 ^^i ij^ "r^^^ ^^^^7 ^^ fit alors
U7i mouvement avec la porte qui était entre moi et lui et
descendit le rideau de séparation. Beyhaqî, éd. Schwally,
p. 646 avant-d. 1. : iuL>j ^^ ^jyj JJLs, il fit comme ça
avec la main sur eux en les tâtant (citât, de de Goeje).
Boh. I p. 57 : q+j"^' >^U ^.Ji^ î'A^i kJiS^ l\=>L5 . . . ^..wJCc! loi
iuv!^ Q- -L^*) J.C UiJ J'uiLî y*^"^^' Jêj lorsqu'il (le Prophète)
faisait sa lotion .... il prenait (l'eau) avec les deux mains
et commençait par le côté droit de la tête, puis le coté
gauche et il passait les deux mains sur {le milieu de)
la tête. L'édition du Sultan a \à<j, mais la variante *JÎXj
se trouve en marge ; cette leçon est nécessaire à cause de
U^, ainsi que le fait justement observer Qastellànî I
p. 320. Houdas-Marçais n'ont pas compris ce -^ Jo puis-
qu'ils traduisent I p. 100; suivant d'autres récits, il com-
mençait par les deux mains et par le milieu de la tête!
\) Ne se trouve pas partout.
1267
Boh. I p. 123, 10, d'en bas: 05«p A' ^^j^ (^\*jLob J'JLi,
et il (le Prophète) /î^ un geste avec les doigts et les leva
en haut. H.-M. I p. 214: Ce disant, le Prophète fit un
geste . . . etc., où „ce disant" indique que ces savants
n'ont pas saisi la portée de la locution ; leur „/i^ un geste",
ce qui est du reste bon, est la traduction de Qastellânî
II p. 135 : xJLc XXi\. s^ ^^ >iLaJl5 xîbj JUs, il fit un mou-
vement avec son châle qu'il ôta de son dos, I. Sa'^d IV
u p. 56, 13 et la note de l'éditeur p. 7. , ,9...»-7> _^î LoJc>
Ji»ob \l>SJ> sxjysilj J.,iJJ3 *l2j| ^i siAj .sju> _fcj' Aji-iAj^ !aXp
AÀj! ^i «jLyol -àjt> _^î. ^6w Ga'far nous a raconté: „Tai
vu que I. '^Omar tout eti faisant sa prière, vêtu de son
pagne et de son châle, faire comme ça avec les mains"
et Abu Ga^far (pour expliquer cela) fourra sa main sous
Vaisselle — „et comme ça avec le doigt" — et A. G. fourra
le doigt dans le nez. Cela est explicite. I. SaM V p. 214 u:
io^r, \^f^_, et lorsqu'il ("Ikrimah) eut fini, [il y avait parmi
les auditeurs] qui fit comme cela avec la main en formant
le nombre 30 et qui fit comme cela avec la tête en l'in-
clinant, en signe d'approbation. Sur le ijS:^ csjàj^, voyez
Goldziher Z D M G 61 p. 756/7. C'est la locution v Jj'
qui est ici à relever et non pas l'approbation avec la
tête, qui se pratique dans tout le monde. De Goeje donne,
Gloss. Tab-, plusieurs exemples d'où il ressort que \i
a son vrai sens de dire, mais qu'il correspond à notre
2) Var. xjuadLj et \A*,«job ,
1268
faire (comme cela). „yi»t iu«'y aJ J-ï de notre texte p. 88,
3, 98 n'est au fond, comme idée, autre chose que .Uili
l^,wJb>î ^.,t ^\ de Boh. II p. 47, s: il leur fit im signe
en disant: „ Asseyez-vous."
Dans le Nord, je n'ai pas entendu cette métaphore,
mais sA^ ^l\s, ce qui n'est cependant pas tout-à-fait la
même chose. Quelquefois Ji' a, en Dt, le sens de faire,
comme dans cette locution : Q- u-^aIp ^ï*, c)^^ oÂ<i, je
inquai des deux le cheval^ et celui-ci se mit à courir^ où
(j«u^ Jï est un idiotisme appliqué ici au cheval. Un
emploi presque analogue de Ja se trouve dans les langues
hamitiques, oii l'on paraphrase les idées verbales par dire,
p. e. balliô ala, dire splendeur =^ briller, Brockelmann
V G S S § 82.
83, 1 : m S ê = 83, 5 : s â r. ^c^/«, quoique connu par
le Yéman, n'appartient pas aux dialectes du Sud, où
l'on dit .L^, aller, voyager, marcher = \Ji=>^.
83, 3: ""ameltrzisûweyt. ^ dans le Sud est seu-
1) u'.y^ , 0, faire vite qqc, marcher vite. lX>-[5 (^Aà£. ^j>
(j*«-<-^ , quelqu'un qui marchait vite a passé près de moi. u*y^ LîrC
Làj"^ ^3■ (mahratna), faisons vite notre travail! LiAc. i^,w-^^,
t^' nous ont surpris, sont tombés sur nous à V improviste = (i«£ Î51AP
et Nord (J^ }y^' [j^^^^ est devenu interjection: vite! = j»'o
qu'on dit aussi, quoique rarement. La lurah a ij-^^ , cire vif, alerte,
marcher vile, L A VIII, p. 372. Cf. aussi i-^^ , 0, Hdr. Gloss. s. v.
et ici Gloss. s. v.
1269
lement labourer la terre. Quelquefois, au lieu de ^I*«,
on y dit Jsjè,
83, 5: aharabtrrfarr. uj.^ n'est pas employé dans
notre dialecte, qui dit ^ ou ^. Praetorius, Beitr. zur
Assyr. I p. 37, veut que le dernier verbe ne soit qu'un
développement, avec n augmentatif, du dernier. Cette
théorie a déjà été défendue par moi, Hçlr p. 137 et
ici p. 1254.
83,11: èlli = 83, 15: ille df ou illi. ^M\ est
souvent = gwe, puisque, =^^\ avec les suffixes, aussi
courant. Cet emploi de (^AjÎ, faisant office de conjonction
coordonnée, a déjà été relevé par Praetorius pour le dia-
lecte maltais Z D M G 34 p. 223 note. Il est commun
aussi en Syrie: i^\yf>- \jy^ ^<J! -^^j Qut, dass wir seine
Nachharen geworden, Wetzstein, Die Lieb. v. Amasia
p. 10, 8 [p. 64, ii: liîAP ^JvJt iJJ oV^ est douteux], qui
le compare à im = '5, Ges.-Buhl H W B p. 6G. Cet em-
ploi est donc ancien. Par Durrat el-Rauwâs, Cstpl. 1299,
p. 100, nous savons que ^^JJî se met après iJiI lA^J-, et
il l'explique par l'omission du corrélatif, >ASic, voulant que
ce soit là une locution fautive. El-Hafâgî, ibid. p. 209,
soutient que cela n'a rien d'étonnant, car les grammai-
riens enseignent que le corrélatif, p. e. xixi, peut être
omis. Cette explication n'est pas juste, car cet idiotisme
est très ordinaire en Syrie et dans les dialectes de l'Arabie,
dans toutes espèces de phrases où un corrélatif est hors
de mise, comme c'est le cas dans notre texte.
o<^ (_^' aJJ tXiil, grâce d Bieu que tu sois venu, Syr..
1270
Juyiîî iyJL3s-î ^J\ jjJ> j«i'!;^, merci de ce que vous avez
emporté le tué (du champ de combat) Dt.
83, 13: walla = 17 gaffa. J5 aurait aussi été bon
dans notre dialecte. Le verbe ^_^ài [LaïJ, tourner le dos,
partir, retourner, est employé dans toute l'Arabie; au
Negd aussi, avec la variation phonétique i_<jl>, fuir, Socin
Diw. Gl. s. V.. Dô^an a dit, en réponse à la margoûzah
p. 288:
5w jBa/cr ^) jure le pacte, et les tribus jurent le pacte;
Un sultan ne les a pas empêchés d'aller à Sêlat Balah.
Il a perdit la route d'Abyan et il a perdu ses braves
[guerriers:
Il tourna le dos et il fit de quatre marhalah un
[seul marhalah.
Qâllahom Hâyâri: hànna in gafèyna yasil-
lena^) halâlna u a'yâlna uyidbàhna èd-(Jàma,
1) Le sultan d'Ahwar, Bû Bakr b. 'Abd Allah.
2) J-ii , i, donner des soucis = r^- ^^i c^^aIxI: , lu tious as
donné des soKcis = L*jij O'JÀxi . i^Ui^ ^^ liV-A^Ui , je fai distrait
de ton travail = ^^^^^vr" J-^' 1 f^trc soucieux, tourmenté, etc.;
ahgcschnitten sein von. JXci , tourment, souci, inquiétude, plus tri-
bulation que *.^ • Ce verbe ma bien l'air d'être une variation pho-
* . . .
n/'tique de i}>> , et il me fut expliqué par rv*"^' e>ÀLj>L Mais aussi
- ,&
couper: (^.p-V.' vi^v^-**' 3 ^-*tV* Lf^^"**^) '" nias frappé d'ioi coup
1271
H. leur dit: Nous autres, si nous retournons, nous serons
en peine pour nos biens (bestiaux) et nos enfants, et la
soif nous tuera, récit ""anazî de Hâyàrî.
Dans la qasîdah de Dikr, tante paternelle de 'Aqâb,
je trouve:
^J_^J^\ ^^U A_^ .^.^ ,^^.^.
Et outre cela, lorsque les chameaux de l'ennemi ar-
[rivent et se retirent ensuite effrayés,
Sa voix se fait entejidre derrière les arriérés (pour
(les protéger).
Voici ces deux vers de Dalman PD p. 117 ^):
Lamman qafaytu winqata*" habl er-raga
Lorsque vous êtes partis et la corde de l'espoir s'est
[brisée,
Lamman qafaytu \\de qalbi qatta^u
Lorsque vous êtes partis, ils ont aussi coupé mon
[cœur en morceaux.
^^ , tourner le dos, retourner, s'en aller, partir, exemple
p. 687,3 d'en bas. Socin Diw. I N° 106 A v. 5: ^Jj
y^siAA (j/.'J5 ^^^^jJiA, les uns restèrent et les autres s'en
de sabre et tu m^as coupé la main = ,j?Jd4-o. Tout cela chez
les "^Anazeh.
4) Avec un ^ de trop au commencement du premier hémistiche,
comme il arrive souvent; aussi dans les ragaz anciens, I Sa'd IV i
p. 97, 4: /*^^' où j' est de trop.
2) Observez il-yâ où il est bref = Lj = "13 , si, lorsque; v.
Hdr p. 38 v. 40 et ici p. 472 et p. 1093.
3) J'ai corrigé le texte et la traduction de Dalman.
84
1272
allèrent. C'eyt le mehri qôfî, tourner le dos, s'en aller,
Jahn M S p. 34, 9, car l'infinitif en est taqafôt (Js^owi)') ;
ce n'est pas ^^ï, comme le pense Jahn à propos des
verbes mehri ^y, car déjà l'arabe ^S est une dégé-
mination pour Joîs. Le mehri qàfiem, 0. 1. p. 35, 17,
indique la première forme du verbe, qafày. Aussi re-
tourner, umwenden, comme en français et en allemand.
Lahna la sirna fi ard em-huçûm u de'irna la
yikûnu kâminîn inna (UJ) uneqaffi bihedfna
la yibqa à ter dahqètna fim-qâS nous autres,
lorsque nous marchons dans le pays des ennemis et que
nous craignions qu'ils ne nous dressent un guet-apens,
nous retournons nos sandales afin que l'empreinte de
notre pied (Fusstritt) ne reste pas sur le sol, "awlaqî.
L'empreinte y reste bien, mais elle n'est pas la même.
Les Bédouins reconnaissent l'empreinte des pieds d'une
façon absolument extraordinaire. On a eu tort de mettre
"cela en doute en Europe.
^jja] , tourner le dos, s'en aller, partir. Dans la qasîdah
d'Abu Hamzah = Socin Diw. N° 69 v. 14, il y a ce verset,
ainsi chanté:
1) Lane a, d'après T A, sub «-w^ , ce vers de 'Obeyd 1. Ayyûb
el-'Anbarî
Làiii! y^^ Ug ri .«■» «v! Jot->o Li^Jt_j ^L_LJ xjJLjù --J'A_j
qu'il traduit ainsi : »He turns round his sandah, in order that thcy
may not be known by their prinls upon thc yround putling Ihe
inlerdigilal Ihongs thercof in tlic direction of Ihe ncck." Je de-
mande s'il y a quelqu'un qui comprenne ce que la dernière partie
de cette «traduction" pourra signifier. Selon Lane, l'exemple de mon
'Awlaqite devra donc être traduit par i>nous mettons nos sandales
sur le derrière de notre nuque" ! Le bon Lane n'était pas toujoui's
critique.
1273
Agfet me^â "^ùrbin lalèènn ed'^înuhum^).
Nahlin temî librûsébal-agnàM,
et récité:
^^ elle est partie avec des Bédouins, mais leur cou-
[voi de chameaux de charge
Etait comme des palmiers dans le sommet desquels
[flottent les régimes de fleurs.
La célèbre qasîdah de Turkî b. Homeyd^), cheykh des
'Oteybah, qui était éperdument amouracbé de Si^â", fille
de Moh. b. Rubey'^ân, autre cheykb des ""Oteybabs, com-
mence ainsi:
+
1. C'es^ çw'275 so7it partis, par Dieu, pour des contrées
[étendues
Lorsqu'ils décampèrent le matin% aya?it leur bagage
[suspendu au ^)
1) Socin : d'^ûnëhura.
2) Socin Diw. III, p. 29.
3) On observera que ^ , dans ^' , est bref, comme c'est souvent
le cas ; Gloss. s. v, aJJÎ.
4) Observez wilhom. La préposition est il, non ill, chez les
Bédouins et dans tout le Negd, où il n'est pas rare comme le pense
Socin Diwan III, §40. Le tableau de Wetzstein ZDMG XXII, p. "183
est le dialecte des Hadar de Syrie, nullement celui des Bédouins de
Neéd. Cela ne devient ill que dans les cas que Socin expose o. I. p. 187.
5) Chanté: re-zî-nû m ug-fa-leh-bi ; c'est une espèce de
haplologie.
G) Les Bédouins du Nord, avant de partir le matin, à la pointe
1274
2. Ils suivent des éclairs qui se succèdent le soir
Leurs bétes au pâturage se rassasient de Anvillea
[radiata et de Melilotus indiens.
5. Ils sont partis avec celui qui s'abreuve aux auges du
[trépas
Et qui a l'esprit lourd et enfermé dans une caisse'^).
Dans le récit ''anazite de SaMûn el-'^Awâgî, je lis:
Min *'ôgëb dà' yôm wàslat el-gasîda Muslat
wâsa ëswât') el-manâh^): el-byût egbâl el-
du jour, saisissent le kâsir de la tente en disant aUI "^1 «"bJ] ^
et en regardant les chameaux ; c'est pour cela que JJ-? est méta-
phoriquement partir.
7) A> me fut expliqué par (j:c.' , sol, terre, et Socin Diw.
Gloss. s, V. a aussi ce sens, qui convient peu ici. On dit: ^^ y
A^iAi» ... J (ji^, un tel, quelle est la couleur de [comment est^ votre
ierre9 ^j^'Jtji , chose suspendue au chameau en voyage. jJ^JifjlxA |>i^,
emballez vos effets de voyage.
1) Même expression chez Socin. Diw. N". 22 v. 2.
2) = o!>^.
3) ^Ij!-« est la place où se fait la bataille, RO p. 69, 11 d'en bas,
o
Schlachtfeld, et au fig. = iCi-^'j^l , la bataille même, d'où L^o =
Lc>jLo. Dans une raunâwaha, les deux ennemis sont campés
l'un en face de l'autre. Les tentes sont plantées en cercle, et les
bestiaux se trouvent en dedans. C'est là une JbL^^t ^ iCLs^u V^»
guerre avec tout ce qu'on possède, cf. Hdr Gl. s. v. p^P' ^®^ ^""
walah, dans une telle occasion, ont toujours avec eux leur 'i^inr. ou
y-A^y» pour défendre laquelle ils se font tuer jusqu'au dernier
homme, Burckhardt p. 117, Wetzstein Verhandl. der berl. anthrop.
Gesell. 1879 p. .389, Hess Betuerk. zu Doughty p. 6, v. Oppenheira
1275
byût, wasàr el-më'âlas') beynahom meddat
"asrat iyyâm (ou âyyâm). Yinkos hàrgena ila
es-sâib Abu ""Agab. Wa hù'' qâid bil-bêt uËân
sôfuh qëlîl yagùl lebinteh ërlîd: yawlôïdi!
el-'agg^) ègfa râd willa ègbal? Yôm yigfi el-
""agg ""ala elgôm itàuwir'') wayinha ^ayâlah
wa^'ôrbânab wayigûl: %fyèh! enuiéâmah, ra-
het ""aleybcm, râhet! Après cela, lorsque la qasîdah
arriva à Muslat, il disposa le campement pour la bataille,
une tente e7i face de l'autre, et il y eut un combat entre
0. 1. II, p. 48. Les autres ont la iiib , qui est plus petite. Dans la
iiJjl^^w , il y a aussi les S^^-^ 2) '^^ > ^^^s les tentes ne sont pas
dressées, et les deux partis ne sont pas rangés en bataille comme
dans la munâwahah. Sur la '»^_y^ ., voyez le Glossaire s. v.
4) u^JLsw = i^.Lji^ GO. Feyroûzâbâdî est le seul qui enregistre
ce sens : io.Liilt ^jo^^JsiL ^j-aic = Jsj-^àJÎ (j^^LiSi G 0. iLyj>1iLc =
iùçwjj GO; les deux mots sont courants à, Damas, Haurân, Negd
et chez les Bédouins. Cela est l'hébr. y^)^ , se réjouir, jubiler = le
babyl. elésu, Del. HWB p. 76; u 1 s u , joie, Dhorme o. 1. p. 192
note 22.
2) >s>-c , poussière, = .Le , GO, Socin Diw. Gloss. s. v. ; i*:^^,
Meissner M S OS VI ii p. 120 n». 27 d 1.: 'ayye, Pulverdampf ; =
—L^Vc class. et dialect. Syrie, Meissner ibid. p. 82 n**. 2, 3, id,
NAGI p. 133; Hartmann L L W p. 140 n«. 68 v. 8 a _L^c
expliqué p. 141 par oi^ij >«jt^j', ^L£. io-Lr^ , Siaubwolke,St\imme
T T B L V. 68. Avec le dénominatif ^^:^U: , soulever la poussière^
idem TGr. p. 25, 2.
)
3) = jyi = ^>L> J^ J.Ï , il se leva brusquement G 0.
1276
eux pendant l'espace de dix jours. Notre récit revient au
vieux Abu ^Agâb. Celui-ci était assis dans la tente. B
avait la vue faible et dit à sa fille Relîd: „Ma chère en-
fant: est-ce que la poussière s'est éloignée ou bien s'est-
elle avancée?" Lorsque la poussière s'était éloignée^ il se
lève brusquement et incite les siens et les Bédouins au
courage en disant: ,^Co\irage! Mes braves! Bs ont perdu!
Tous ces verbes régissent l'accusatif de l'endroit ou
de la personne, à l'instar des verbes qui signifient s'en aller'
à, partir pour, dans tous les dialectes bédouins du Nord et
dans ceux des Bédouins de la Syrie, de même que dans la
lurah, pp. 1077 et 1220, mais non dans ceux du Sud.
Sur 'cài, voyez le Glossaire. *j'Lftï, dans le Sud, comme
dans ce verset d'Abû Sâlim Dabi (basît):
.fc^ui! j. l^-otliJ iC-sLsJîJ! ...kj_3tj L)
^^ wzoî, y'ae rfes partisans qui, s'ils lèvent la tète,
[c'est pour donner un conseil.
Qui font des fusils merveilleux avec lesquels ils
[chassent les oiseaux.
Bs ne ramassent pas l'or, ni ne ramassent les blés.
Bs ne savent pas frapper par derrière, mais ils
[frappent dans les poitrines.
Ce verbe m'amène à dire quelques mots sur x*sS. On
connaît le mémoire de Goldziher, Abhandl. z. arab. Phil.
I p. 83 et ss.. Je regrette de ne pouvoir accepter les
conclusions de mon savant ami, malgré l'étalage extra-
1277
ordinaire de citations. Son mémoire est un exposé inté-
ressant de l'emploi littéraire de toutes les phases multi-
ples de ce mot. On pourrait écrire la même chose sur
le mot rime, Reim, sans pour cela élucider l'origine même
de ce mot. Goldziher confond constamment l'usage pos-
térieur et figuré de biçï, rime, verset, poésie, et admet
même que ce mot est originairement une poésie pam-
phlétique et injurieuse. Les Arabes ont été et sont encore
forts sous ce rapport. La pasqidnade, „Schmâhgedicht,"
était bien une iCoï, mais la iCxsj n'a pas toujours été
un Schmàhgedicht. Pour bien comprendre la portée de
ce mot, il faut savoir comment les poètes procédaient,
et procèdent encore, pour confectionner leurs poésies. On
fait d'abord une liste de tous les mots qui riment; en-
suite on fait le verset soit en suivant l'ordre des rimes,
soit en les plaçant dans l'ordre exigé par l'allure de la
poésie, absolument comme lorsque nous faisons des „bouts-
rimés." Une parole finale est la a-çï de l'autre, la sui-
vante, de Uï, suivre, propr. ve7îir sur le dos d'un autre
ou derrière qqc. El-Ahfas a trouvé la juste note en disant:
jJlc J^J> 's^^i ^_>-s J,3 Jï j.^iJC;t jàsj UÎ"^ iÇjj' LJ Jsaï Ui!
Sô^ Ori>5 '!>^_y> iiAslJL'! ^^ ^^. c^-^wsJ L^L C'est donc
içjï 'xJS', mot suivant. Goldziher a trop en vue le sens
de Làï, ,_^ =- .^^ ys'u (ou »J3j<s) K>J^. Soi J^ J' o^, in-
jurier, L A XX p. 58, 14, et sur lequel il construit sa
théorie de ic-iï, Schmdhgedicht, comme terme technique.
Lai, j_^si, est dans le même cas que tant d'autres déno-
minatifs des noms des parties du corps. Si Lài, injurier,
de n'importe quelle façon, et iL^àï, injure, proviennent de
1278
Lftjj, derrière^), (et non derrière de la tête exclusivement
Goldz. 1.1. p. 104), il ne s'ensuit pas que içils ait le même
sens à.' injuriante^ mais c'est bien au contraire, celui de
suivante, qui vient derrière,, dans la série des bouts-
rimés des poètes, m'6 est aussi suite, Gefolge, Brode
MSOS V II p. 2, 8 d'en bas. Dans le Sud et le Nord,
la forme masculine est peut-être usitée, comme dans ce
verset d'Abu Sâlim Dabi:
"^ + "*"
^.JLo ^^'5 J^ ioo^ Jty! ^j^\ L (1 v^ ^^'ï ^ J5 JLw _^
Bû Sâlim a dit: ^Toutes les rimes {que je fais) sont
[merveilleuses
Je veux dire de belles choses dont toutes les rimes
[portent coup (dures).
Ce n'est pas ici „mon qâf", selon mes Datînois. Mais je
n'en suis point sûr. Socin Diw. N° 73 v. 43, où ^^is
peut aussi être rime; idem Gloss. p. 300. La pronon-
ciation de la finale iyeh des ic^^'j étant partout très
faible, au point de disparaître tout à fait, v. ma M S p. 27 et
ici p. 1241 n. 2., la forme uîè" en est résultée. Elle est ré-
pandue dans tout le monde arabe. En Dt c'est = ^jtii:
oi" *jw _^, il est poète ■= jf^'jA ^ ; sans pluriel, mais Socin
donne pour le Negd qIàJj- Le syrien iLoï ^, sans ar-
rière-pensée, mentionné par Goldziher ô. 1. p. 97, d'après
1) Le sens de taper sur la nuque, Loi, LA IV p. 366, est sans
doute une amplification du verbe Làï.
2) Mètre en désordre; doit rtre basît.
1279
M Hartmann, figure déjà chez Wetzstein Z D M G XXII
p. 159, où le mot a son sens naturel : se. '»JS. En Algérie,
dont les dialectes aiment beaucoup les dénominatifs, on
en a fait ^ju3, rimer, Marçais Gr. p. 73, idem R M T A
p. 477, Beaussier s. v..
Je ne saurais finir cet article sans mentionner d'autres
verbes de notre dialecte et qui me paraissent être en rela-
tion avec Uï. j_^a>, i, retourner = redire; retourner, ren-
verser = invertere , = wJlï, cf. l'éth. IÇ'^h ; ^Jl=>, faire re-
tourner; renverser; ^y^'^ = ^<^, retourner, revenir ; être
retourné, renversé; chavirer (bateau). DCan a dit:
Salue Nâsir et dis-lui — il est mon ami — (?)
Dis-lui de me l'envoyer avec toi, lorsque tu reviendras.
l\«ï, i, retourner, au propre et au figuré, renverser (J^),
comme ,^a:>. lXàaj!, retour^ier, redire; être retourné, ren-
versé, tomber à la renverse, umfallen. <><s^, descendre,
venir en bas, lierunterkommen ■■= lXâjCjI. lA-àJs et ^AiJLi!
sont synonymes de csjc>, i, et de L\à>l, mais seulement
dans le sens de retourner = renverser, et Aàjpî ne se
dit que des choses. Le mehri a kafôd, herabsteigen,
hinabsteigen, landen, Jahn M S Gloss. s. v., rendu p, 48,
5, 0 inexactement par "Abd el-Hâdi par .U. Jahn tra-
duit, p. 153, 3, Hourem bûm nekafêd bis, par:
hier ist ein Absteig, tandis que cela signifie littéralement:
ein Weg ist hier, loir steigen herab auf ihm. Le Hadra-
mite et le Datînois auraient ici également dit Aà<j ou
A«>Co. Nous avons donc ici les thèmes ^Jsi, ^^, Aaï,
OsstS' et LXâ:> ayant tous des sens analogues. Or, dans la
1280
lurah, nous trouvons [JS' = iJiS' = '^^ , ^ et J-ot, re-
tourner, renverser, incliner, L A i p. 135, s et ss. d'en
bas, p. 137, 2, et aussi détourner, ibid. p. 138, ii; =
Urî, ibid. p. 136, Boh. III p. 188, 5 d'en bas, p. 142, 3,
avec la variante Làs". Là^OÎ = v,:^aàXj!, revenir, retourner,
s'enfuir, L A p. 138, ii et ss., Boh. V p. 109. - U> =
Càs'î, ^^ et ^Ji, renverser, LA i p. 41 et s.. Il me paraît
difficile de ne pas voir ici des variations phonétiques
et des amplifications du même thème'). Il me paraît
également difficile de lui assigner le sens de se contracter,
comme les thèmes traités Hdr p. 76 note 4 et l'hébreu
j^Dp, iDp, car il n'aurait pu donner celui de retourner.
Je me contente d'enregistrer pour le moment. On pourra
également comparer wàJo, ^J>^\, retourner = redire, chez
les Bédouins du Nord = ^j>J^ (class. u^), mais la ra-
cine paraît ici plutôt être liU,
83, 14: haéslâh=15 dahallah. aJ est ici le dati-
vus ethicus du latin. Il est fort commun dans tous les
dialectes, surtout dans le Sud. 11 y a aussi un autre J +
les suffixes qu'il ne faut pas confondre avec celui-là. La
nadaq em-^amâmeh fi hudnak lik tesâmehah,
s'il jette le turban sur tes genoux {ton giron), il faut
que tu lui pardonnes. Yindàq bëha fùqak uènteh
qàym tilqàfha bîdek ulik tifsàhah min di
""alêh hù", il le (turban) jette sur toi, lorsque tu es
debout, et tïi l'attrapes avec la main, et alors il faut que
tu lui fasses grâce de ce qu'il a à sa charge {à toi
de ... . etc.).
1) Sui- — <;^ li) et o, voyez Spitta Gr. p. 5 note 3 et ici p. G73.
1281
83, 20: Nâd. ijclj, 0, se lever, n'est point connu dans
les dialectes de l'Arabie; seulement en Afrique, Stumrae
M G T p. 235, Hartmann L L W p. 90, s, ^s, p. '200
N° 117' où— js. Dans la lurah, c'est remuer, agiter et
se remuer, s'agiter LA IX p. 115, «2. Dans le Ne^d,
luire, aussi classique, = ^Sxl (cl. ^^), comme dans ce vers
de la qasîdah d'Abu Hamzah = Socin Diw. I N° 69,
V. 16, où il y a une autre leçon incompréhensible:
(Je suis) ceint d'une épée d'un fer pur et tranchant,
Suffisamment pointue, qui brille datis ma main droite.
expliqué par ^. La forme amplifiée ^j^ ^), se lever, est,
au contraire, courante en Arabie, comme dans la lurah,
EO p. 371, 10 ; V. Gloss. s. v.; ^jc^, faire lever, B, 0,
p. 418, a d'en bas. ^jAj et o^^ comme ^b et ^o, ob
et o^j, sangloter, JU et tun. J^^, demander, v. p. 850
note, Jj et ^j, rugir, Fischer M S p. 220, jLÎ et "l^,
ini, îovl PP- 850 et 987. Il y a aussi d'autres verbes qui sont
peut-être des variations phonétiques, ayant un sens analogue
de {se) remuer, {se) mouvoir. 1° oL), o, dans toute l'Arabie
et les dialectes hadar du Levant, se mouvoir, osciller,
vaciller, pendiller, etc. Arabica V Gloss. s. v., Çdr Gloss.
s. V.. I. Howeydir, poète des sultans Fadlî, dit dans un
zâmil :
4.
> +
o ^ o ^
OjJJ Li :iv<|^ \j ;j:^j Ji" 'b^ UJ/ <«i|yi:J) J, l\j>o Jc»;^-!
1) Babyl. na'âdu, être élevé et élever^ Del. Gr. p. 237; cf. dans
l'arabe nriêrae J'C et (_p!, ^^ et f^^, Nold. Fùnf Mo'^all. II
pp. 41 et 73 et beaucoup d'autres, v. p. 704.
1282
Ahmed ^) est au-dessus de tous les ChâfiHtes (les Arabes) :
Lorsqu'il dit: ,,Mouvez-vous, hautes montagnes!", elles
[se meuvent.
Lehyî^ yenûd, ma dent canine branle. v>^ ur^^^'»
la petite branche bra?idille = ^j^j^., comme LAIVp.441,3
— 3 >
d'en bas. (j^LaJJi ^^ try^. o^ ^-^^ ^^ oscille de sommeil,
comme LAI. 1., = JoUjo .o^ ^l^xj j^, il a sommeil,
il balaiice la tête, Syrie. — o^, mouvoir doucement =
^jjij .iL=>ôotJ' L>^^ (^^, ^6 médecin meut doucement la
pomme d'Adam pour l'examiner. Un verset delà Sahgah
porte :
(jôz bënûd te d ail tënùd*kallifgôz es-sur-
éubbât.
Une paire de rubans so7it là à pendiller. Fais la
dépense d'une paire de flocons *). — o^jjs = o'j = ^JAj :
^^yojs^Jî ^ysj,, le husn braille, comme dans un tremblement
de terre = ^y^y- i^i:>^t ^.>^'j la planche bouge, branle =
o^' et ij^_y^ . De là j>y, vent. ,j..^>Lw-o" o^lj!, le vent envoie
des zéphyrs, des souffles. L'hébreu a Tù, même sens,
Ges.-Buhl H W B s. v., comme aussi son synonyme yii ;
1) Le sultan Ahmed b. "Abd Allah, grand-père du sultan actuel.
2) iùJi-ii, = (ji.^_xi, Haurân, Dalman PD p. 135, ♦ d'en bas, pi.
(jiA-u'jii, le flocon ou la houppe qui est attachée au bout du ruban,
iAàj, = Syrie Aj'ji^, Eg. i^'r^.
1283
l'arabe dialectal ^-^-«-j')> secouer, néohébr. ViV^ Levy
N H CH W B III p. 413. ^^^^ ^s^ù^. ^^li, NN. làsst den
Kopf auf und niedergehen R 0 p. 254, 3 d'en bas.
2° (j^lj, 0, = o'ii Hdr Gloss. s. v.. (j*j-i->' iUaiJt, Varbre
s'agite, se balance par le vent, vj^' cr Lry^- o^-^*^'»
l'homme vacille sur les jambes à cause de la blessure.
^J^y^_ qI-^', un homme qui se dodeline^ ici p. 91, 22.
(j/.L*Ilt ^^ Lry^- à^j lû'adl dodeline la tête de sommeil,
penche le corps à droite et à gauche, einnicken. KajJîJî
v_jL>^î ^^ u-^> ^^ V2ew:r chancelle de fatigue. o^( ^î^j '),
iJ(Py>j J. (jy«^., Zes boucles des Juifs pendillent sur leurs
figures. De là le nom d'Abu Nuwâs. (j^, transit., oyjt
sLajiiî (j*^", Ze vent agite les arbres, les fait balancer. La
lufah connaît le même sens, I Ginnî K. el-Murtaçab éd.
Prôbster p. 12, 3 et ss., LA VIII p. 131.
De là l'intensif ^vJ^, il fait un vent faible^ des zéphyrs
V. p. 1282. ij^-L-vli = jL^jp, vent doux et faible, souffle de
vent, zéphyr, Dt et partout en Arabie, Socin Diw. Gl.
s.v..'') Un nâ'il de 'Iraq, Meissner MSOS V 11 p. 128
N° 10 [cf. ibid. p. 297: leiser Wind], porte:
1) En Syrie: a]U> ,<>Jt>o, il se dodine; 5^***-*, délicat et fiti,
dorloté; cf. cLj, pendiller, et j;iJ.
2") Sing. «Jj^jj ou '^^j\ pour ['*] ,Lj;, qu'on dit au Yéman. Est-
ce vraiment le môme mot grec jLi; do t^miptovl
3) Syrie, ^jy- J. (^-«J.^, faire qqc avec lenteur, et (ji;>J-CCOj entrer
1284
EÉtâbe minnak wusal gabàh hawa-n-
[nisnas^).
Une lettre de toi est arrivée; un doux zéphyr l'a
[apportée.
L A VIII p. IV, 7 a : sJ) .L. 'iJ\.M^ &_w'_;lwJ ^o^ ^^!^^' i5j
b .L. L^ >,:>J55 So! •o-^A-.-Lw^ c^-v-'i.v^ ^"^3. Socin , 0 et 1. 1.,
compare avec raison («^v*^. Je crois que ,j*où, avoir som-
meil, est un dérivé de (_wlj, comme t_^wb et ^j-^j», fouler.
Le babyl. nâsu, trembler, Del. Gr. p. 324, est en même
temps le class. et dialect. (j/.'j, 0, et le syriaque ^aj", irem-
hler., et, par voie directe, le dialectal (ji-'j, 0.
3° tjili, 0, secouer, = /=, est courant surtout à l'est de
Datînah. ^^^^su^, [[Tî*-^ =] [«3^^ uJLxi' iJ^'? ^^ secoues le
jujubier pour que le fruit (dôm) tombe. j;}j, berûhren,
Sachau AVLM p. 20 N° 1, v. 2, Meissner M AGI
p. 145, est presque le sens classique du verbe. L'hébr.
Di, fuir, est plutôt = (jo'j que (^JJ, v. p. 1285. jilù,
viser, pointer, mirer, de l'Afrique du Nord, Stumme
TGr. pp. 18, 182, id. T T B L v. 4, 227, 355, est natu-
rellement dénominatif de ^L^, comme qL^o a donné
lieu à p,to, fumer '^). Pour les autres sens, ainsi que pour
^i, voyez le Glossaire.
en convalescence^ aller mieux (malade), cf. ' Ja^ et Ji<i;o. En
Datînah, .jii>J>^io,i»e)Y/ir; jji5Uxi>-o [Jd^\, la terre commence à verdir,
et aussi, comme en Syrie, entrer en convalescence.
1) C'est ainsi qu'il faut lire: mètre basît.
2) Cela n'est pourtant que spécieux, et le cas n'est pas tout à fait
le môme. C'est j^ar plaisanterie qu'on dit -:.'v3, 0, fumer, dans toute
1285
4° ijAj, 0. Je ne le connais que par les dictionnaires
classiques, Haifner AL p. 49, Z A XXI p. 383, se mou-
voir, prendre so?i élan ; mais ces sens coïncident en partie
avec ceux des verbes précédents. Une fois j'ai entendu
l'Arabie du Sud, RO §168, pp. 120, »■ 205, '*; 246, '», et Murâd
p'3'^i fumotter, comme lorsqu'on lette. Mais ce verbe ne veut dire
qu'avoir le vertige, class. et dialect. , et Vollers a tort d'y voir
l'origine de q^->^, Z D M G 49 p. 507, ce qui a été adopté par
Brockelmann V G S S p. 76. Le Syrien dit également par plaisanterie
qS>^, fumer, dénominatif de (^)Li»J, Prov. et Dict. Gloss. s. v..
Brockelmann, o. et I.I., veut que q^>^ soit dénominatif de q^^^.
Par cela, ce dernier mot n'est pas expliqué. Vollers, 1.1 , y voit la
forme originale ^Li-j^ > qL^'^, adoptée par Brockelm. 1.1., et nous
o ?
aurions selon eux: jfî>-> > Qb>»0 > q1->'-> > q>^? pour ne pas
parler du syrien (j^io. Mais cette étymologie est impossible, d'après
ce que je viens de dire, et il faut chercher ailleurs. Le mehri a end oh,
- û ^
fumée, S A Exp. VII p. 62 § 5 ; métathèse. Le 'omânite i33»50, R 0
p. 4 ■* d'en bas, p. 250, ', être hors de soi, est une erreur pour
J^^ot, qui est dans le Sud = avoir le vertige; je ne crois pas que
ce verbe, qui est pour Jw>iAj, soit en connexité avec ~'o et ry^j
comme le pense Vollers o. 1. p. 508. q^'-^j tabac, turc qXj", a
naturellement amené le sens plaisant de -iîiJ», fumer, d'autant plus
que le tabac donne aux Orientaux la sensation d'un i^^^O de bien-
être. On ne saurait dire que ce j^io soit un vrai dénominatif de Q^iO.
Si le verbe très classique (•r->^ est un développement de ^'^3, cela
échappe à mon jugement, mais c'est là une conséquence de l'étymo-
logie proposée par Vollers. Ici une possibilité linguistique ne suîHt pas.
1286
un qasîmite dire: 'ja;^ ^J^ (jo'j, et il le paraphrasa par
IjAic ^y, .\j, i, ou v>.P, il s'enfuit de chez nous, ce qui
est aussi classique; cf. Di fuir, p. 1284. Il se peut que,
dans certaines acceptions, (jo'j ne soit qu'une variation
de (jlj et v^-AjLJ, V. Hdr Gloss. s. v.. Je fais observer
qu'en "Iraq, (j-:iA>jtJ est bas, niedrig, Meissner N A G I
p. 144X^^oli, id. MSOS VI ii p. 111 note 21; sur
^y>^j, a, voyez ici p. 1218 note.
83,22: eltaqèyn, dallèyn, ya'tarakèyn. Le
verbe est au féminin pluriel lorsque le sujet est un plu-
riel ou un collectif, êtres vivants ou choses mortes, excepté
lorsqu'il désigne des personnes mâles. Cela ne se limite
pas aux noms des animaux, comme le suppose Wetz-
stein Z D M G- XXII p. 142, 13 et ss.. Es-sagâir ma
y i é t e r i b è y n s i', Zes cigarettes ne se laissent pas fumer =
on ne peut pas les fumer, Dt. ou^t J, (j-yLw jLJî, les
chameaux ont suivi la route, p. 891, 5 d'en bas. ^y:i:^\
{jJtbii ^ , combie)i coûtent les h. d construire?
Dô'an a dit dans une qasîdah:
Les chevaux dont nous ne délions pas les bâts sont
[avec flous,
Et qui (les chevaux) 07it fermé la vallée jusqu'au
[bas de Matàn.
Et dans une autre qasîdah du même poète:
^-M*S*) La;^^ "^^V^ V^" i^'-*>«*J' J>~*j^[5 c>wLWt y
. I
1287
0 comte et Allemands! Nous nous sommes bien
[fatigué pour toi ') :
Les papiers nous ont brise] et nous avomj cassé les
[plumes.
Le poète se sert ici de la forme ,jUé, qui est en Dt
toujours eJ^j cf. Hdr p. 22 en haut. Les deux se trou-
vent aussi dans le Nord^). L Sîdah XVI p. 81, n dit:
83, 23: dalle y n. On serait tenté de voir en J'j
une prononciation pour Jso < Jj2 , affaiblie en ^^^ ,
ainsi qu'il arrive quelquefois, comme les thèmes jjii?, ^o,
Prov. et Dict. Gl. s. v. jjo, *Jj>!, j.'^o, couleur noire, etc.;
mais ^JLo, quelquefois affaibli en |^Jj, Gloss. s. v., et
ensuite (^Jo, est continuer, durer, tandis que notre ^Jo
est commencer. Ce dernier sens est du reste répandu
chez les Bédouins du Nord. El-Ehyâri dalla ihàddet
ràb^uh ûbgasîde lu h, el-Hdydri commença à réciter
à ses contrihules une qasîdah d lui, *^anazî. ^Jr>^ ^^
xji>Ls4Li, allons commencer la causerie! 'anazî. Dans les
deux passages expliqué par (j:Jo et ^cjyJ.
Chez Socin Diwan, il y a deux (ou plutôt trois) ^_Jô
i) J'ignorais complètement que le célèbre poète avait parlé de
moi. C'est lui qui a réuni le recueil de poésies populaires que je
possède, seul profit que j'ai tiré du traître Moh. Sàleh. Celui-ci em-
pocha l'argent que je lui avais donné pour DO'an. Je ne l'ai su
qu'après la mort du poète.
2) (jUaiù r^yj^. i«J.>->L*J' V-^i (6") CT^ O^^^ iUrL^Jî uj^S
^Anazî en expliquant un texte.
85
1288
qu'il confond. N° 9 1. 1 : ^^^<x;i..J ^\3> n'est pas J^x^.j y:^ ,
comme il l'écrit, mais c'est notre ^j>, commencer, ce qui
ressort aussi clairement du contexte; même sens ibid.
p. 48, i: Jn.<u]' ^5 ^I^aj Jj>, il commença à couper les pal-
miers; ibid. p. 220: -jAx>ao ^^b, il commença à rôder;
aussi commencer ibid. N° 82 v. 4; ibid. N^ 104 1. 2:
j^,;^^>5i L^i^uiaj ^_^J, dalla yatiibhah al-âs6i, le cui-
sinier se mit à la cuire. Je crois que le ^J^J> des textes
de Socin doit, dans la plupart des passages, être traduit
par commencer. Mais comme t_p est souvent affaibli en
3 qui devient ensuite ù, je ne nie pas que ^Jjo, pour
J!^ = class. et syr. J.^ = Egypte y:ci^ n'ait pu souvent
devenir Jj> et Jc>. Cette transition affaiblie, je l'ai con-
statée dans le Sud plus d'une fois. Est-ce pour ^^ , v.
Gloss. s. v..
L'autre ^Jiù correspond au verbe classique. ^G, faire
descendre^ v. Glossaire, Littmann N A V P p. 62 N° 19
et note. ^c*^x^ •^C)], mon testicule est tombé = dégonflé
Dti. Une interjection fort usitée dans tout le Sud, y com-
pris le Yéman, mais non en "Oman, est dala, dala,
"io 'io, cbucement, lentement. C'est le classique Jij> . Liîj
L.<J^o- "^tJj! t^c^' (ragaz) pendaiit que moi, je traîne un
pas chancelant autour de toi, Kamil Mubarr. p. 347, lo,
LA XIII p. 248 (avec ^J^Sl\)^, cf. ^amâsah p. 458, ii
et p. 648, 13, où ^.^^\3 est = io^-is^! ^^J:^ et JtJ, trottiner,
L A s.v. ; on ne connaissait donc pas bien le sens de ce verbe.
1289
83, 29 : t à u w a = 84, 6: tàuwi haragt, je suis
alors sorti. J'ai déjà traité de cette particule dans Hdr
p. 321, où l'on trouvera beaucoup d'exemples. Elle est
employée dans tous les dialectes arabes, soit seul, soit
avec les suffixes. Le sens le plus général est à présent^
aussi tout de suite, en Hdr, Dt et ""Oman, et tout droit
chez les Awâliq. ^iJp' ui-^!, marche vite tout droit devant
toi, ""Aul., ou iiU=>5 jJï = Haramâmî lil^jJ.
Dans l'Arabie du Sud: Tàuwi gît, à présent je suis
venu, je viens d'arriver , mais je suis venu tout de suite
en Dt. En ''Oman, on dit ici: tàuni wsilt, R0§§ 225,
258. lié kem ssôV tau, à combien [est monté] à pré-
sent le prix? RO p. 92, 9 d'en bas. Aussi prononcé tô
en 'Oman : Auwel kân rahîs lâkin tô râli, d'abord
c'était bon marché, mais à présent c'est cher , Rôssler
M S 0 S I p. 62, 2. W u t ô "a g e b ma se Vi d r u m m â n,
et à présent il n'y a donc pas de grenades, ibid. 1. 6.
Sàr râli tô mutharrak qîmetu, il est cher à pré-
sent, son prix varie, ibid. p. 63, 12. Hâdar-reggâl tô
qatalnâh, cet homme, nous l'avons à présent tué, ibid.
p. 65, 6 d'en bas. Hàda Ijasîm min ahl Nahal wa
ma anilqâh^) rêr tô, celui-ci est un ennemi des habi-
tants de N., et nous ne le trouverons pas une autre fois,
ibid. p. 64, 3. Winte min berèt sîr tô, min bepèt
1) Cet a devant l'imparfait est futural. On le rencontre presque
à chaque page dans le texte de ROssler et quelquefois aussi dans
celui de Brode. Reinhardt n'en parle pas du tout. C'est une parti-
cularité du dialecte 'omânais. R. dit que le Ij futural est rare en
'omânais, ce qui n'est pas vrai, car il se trouve très souvent dans
les doux textes, comme ici p. 1290, '2.
1290
sîr rêr tô, et toi, si tu veux, vas-y d présent, et si tu
veux, vas-y une autre fois. ibid. III p. 36, m d'en bas.
yj" ^ s:>-\yxjj>, nous nous rencontrerons une autre fois,
RO §329, littéral, autre qu'à présent. Qiltlahii tô
ma ée 'âd yebâ'^ suhhâm, tô sitt sâ'ât dduhr,
je lui dis: d présent on ne vend plus de charbon, à pré-
sent il est six heures {midi), ibid. III p. 24, 7 et ss..
Nnâs yebî^u s suhhâm min teiate sâ^ât wunte
tôwak gâ'i ""âd sitt sâ'^ât, on vend le charbon depuis
trois heures (= 9 h.), et toi, tu viens d présent ici (d'ar-
river): il est déjà six heures {midi), ibid. 1. 14 et ss..
Ma nàglis ba ntawar tau, nous ne resterons pas,
nous allons nous lever tout de suite, Brode, M S 0 S V
II p. 6, G.
En Hdr et en Dt :_o' dV-^^li', tu dis juste, = ^jsv« et le turco-
arabe ^J^, qui est, comme le _^" classique, tout droit;
tout de suite = ^\^, aussi avec les suffixes : éy, fais vite,
tout de suite, H(Jr p. 321.
Dans le Nord: Socin Diw. Gloss. s. v. ; ici p. 314, 12.
Kiinna riyâb utàuwena hadàrna, nous étions ab-
sents, et voici que nous sommes présents, récit "anazî.
]y iJL>jJî (Jj: Ujc», uoiis sommcs entrés tout de suite à ez-
Zahleh, récit Çaurân. Hartmann rapporte ZDMG 51,
une poésie haurânienne ^) où, p. 185, il y a ce verset:
1) Toute cette poésie est aussi mal notée que fautivement voyeliée,
parce que Wetzstein, peu versé en fait de mètres, ne faisait pas
chanter les poésies qu'il recueillait. Hartmann l'a rapportée telle
quelle, .le l'ai voyeliée selon le chant, car je la possède aussi. J^>:-U
n'est pas précisément au lieu de (J«a4-«, comme le dit W., car le verbe
est ^^, remijlir, et (J^*, se remplir, en Syrie et môme en Ne^d.
1291
Ô Malheur! mo7i malheur [est] dans sa main!
Vois les bracelets à sa main!
Un jour je lui saisis le petit nichon :
Pour le moment, il n'était pas encore plein.
Pour l'Egypte, outre les exemples déjà donnés E[dr
p. 321, je citerai encore les suivants de Fleischer Kl.
Schriften II p. 489: ^i ^j^', il vient de passer. iCcLJI
+
jw^ii ciAJfo [^jj, trois heures viennent de sonner. Jj Ly,
il vient de s'endormir. Vollers, Lehrbuch p. 87, dit: „tau,
tawi, gerade, eben^ mit folgenden Part., z. B. ane tau
gê'i, ich homme in diesem Augenblick." Mais il n'est pas
suivi rien que d'un participe ; cf. le même Z D M G 30
p. 332.
En Tripoli et en Tunisie, \Ji, à présent, Stumme T Gr.
p. 162, id. TTBL Gloss. s. v.; Marçais, Gramm. p. 183
note 2, ne l'a constaté dans l'Oranais que dans le mot
dâk et-tû = (j-.^Jî lij'i, a/ors, = Dt (jvH ^ilJ■, tout de suite.
Il ne paraît pas être courant en Algérie sans les suffixes ;
id. RMTA \). 421. Le ^! \^'S de Stumme TTBL est
1^' ; il le traduit v. 662 par bald et v. 794, par jetzt.
Hartmann LLW p. 171, i: JlaIsJ! Csj^ [^ ^]\- L*, il (le
pantalon) est encore pour le moment chez le tailleur.
^i>>ljt peut venir de J^a»' d'où l'on aura ensuite fait le transit. (JJ
et (Jj", Hdr. Gloss. s. v. (p. 2.")4 lisez Jo" pour ^J-*), comme Ta
très bien expliqué Socin Diw. III p. 149.
1292
Si nous ouvrons I. Sîdah XVI p. 31 et s., L A et
Lane, nous voyons que [^ a, dans la lurah, une tout
autre signification : directement, satis s'arrêter, seul, une
seule fois. Cependant, c'est le même mot. Si les para-
digmes classiques avec leurs voyelles ont une fois été
le trait caractéristique de la langue parlée, on ne saurait
dire que le vocabulaire classique, tel qu'il figure dans
nos dictionnaires indigènes, ait été en un temps com-
mun à tous les Arabes. Le ^ de ces dictionnaires ne
représente qu'un seul courant sémasiologique, tandis que
le jj des dialectes suit une autre direction dont le point
de départ est sans doute le même. Voilà tout ce que je
peux dire concernant ce mot, car le léger soupçon que
y>" pourrait être pour jl», Hdr Gloss. p. 648, n'est qu'un —
soupçon.
84,6: sir merûwah = „.-< ^; sur sîr, vovez
Hdr p. 519 sub ', et sur merùwah, ici p. 346 et s.,
ma brochure die Mehrisprache p. 7. De même 85, 14:
sîr = ^*-J; 85, 24: mùt = o^^' et 85, 18: rûwah=:
84,10: gâ't tibki (^pCo- Ac-j = 1. 15 Dt: galis
tibki. Jsjti ne fait pas partie du vocabulaire du Sud;
il y est remplacé par ^JJl>. Mais en Çdr, dans le monde
lettré seulement, et surtout dans le Nord, Joe est très
employé. Les deux verbes, avec un imparfait suivant,
ont la même force que le syrien et le negdite J-^, le
syr. ,«ji, et l'égypt. ^ devant l'imparfait, être en train
de faire qqc. v_>jc^î ij«-'l>, Je suis en train d'écrire, Dt
1293
et M S 0 S III p. 36, = Béd. de Syrie ^^\ J^i. Nous
lisons dans le Diw. des Hoijeyl. éd. Wellh. N° 178 d.l.:
vi^J ^c^ (j^ .'lXJ Lb- v-^t^^ ''>^hi €i (^' Testa en qualité
de protégé d'une famille des B. L.. Qor. VI, 67: ^^m:^ %
yULL!! |.yiiî *x ijii'Ju! lX*j, et ne restez pas, après que
tu t'en ressouvie7idras, avec les gens injustes. Dans les
deux passages <A*ï a le sens de rester.
84, 13: lammal-leyl v. ici p. 469.
84, 9: as bîk = 84, 15: es bik. Nous constatons ici
la primordialité du dialecte datînois. Le syrien aurait dit
es fîk. Fîh 86, 17 se dirait boh chez les Bédouins du
Nord. Cet emploi de J, et >-j, me fournit l'occasion de
parler de \as (Lo), il y a {il n'y a pas), usité dans tous
les dialectes hadar, mais non dans le Sud et chez les
Bédouins du Nord. Je vais compléter ce que j'ai déjà dit
précédemment. Dans le Sud, on l'exprime par^VLc ou ^
avec les suffixes, comme dans la lurah, ou bien on se
sert de ^_^, ainsi que je l'ai exposé Hdr Gloss. p. 628.
éî' n'est pas ici inclitique, comme en Afrique, Fischer
MS p. 211, Stumme MGT §203, id. TGr. §186 a, Mar-
çais Gr. p. 190'). Les Bédouins du Nord disent ici w,
il 2/ a, *^ Lo, ma boh, ou ^^y \j L, ma boh lôn il n'y
a pas; v-^' -Lo éJsj^y, as-tu de l'eau que j'en boive?
^anazî. Cela est confirmé par Wetzstein, Z D M G XXII
p. 147 et note, et par Sachau AVLM p. 33, oi^i bû
et bî pour w et w. Le Bédouin du Nord dit ^L aj U,
1) Où ils i)arlent de si intenogatif, luais le cas est le iiiome.
1294
il n'y a pas d'eau, et celui du Sud, i'-o ^ U», tandis que
le hiK^arî nous régale de son ma fî(h) moy et ma fîé
ou ma fi h s, Arabica I p. 73. Nous retrouvons le même
emploi en éthiop., où fl bô, il y a, b. fait la même évo-
lution morphologique et sémasiologique que le bû méso-
potamien. L'éthiop. bô tabîb^), il y a un sage, corres-
pond donc à l'arabe dialectal bèti ou bû tabîb, il y a
un médecin, et l'éthiop. albô, à ma boh, ma bû. L'as-
syrien avait donné l'exemple, et b a s û, êlre, exister, est =
Ki, selon Zimmern VGSS p. 186, ce qui, avant lui,
avait déjà été avancé par Delitzsch Wo lag etc. p. 166
et par Trombetti'). Voyez Ges.-Buhl HWB s. v. mn IL
Les locutions bédouines w et hadarî fîh sont donc
d'une antiquité vénérable. On sait que la langue litté-
raire n'exprime pas il y a, et s'il le faut absolument,
elle a recours à iA>^, qui est exactement le suédois det
finnes.
85, 1 : s b à h n i = 85, 9 : b a s à r n i. ^^ est, en Tri-
polie, le verbe ordinaire pour voir, Stumme M G T Gl.
s. V., aussi courant en Tunisie, id. T T B L Gloss. s. v.,
Hartmann L L W pp. 134 et 182, c. Mais ce sens est
inconnu dans la vallée du Nil, de même que dans toute
l'Arabie, excepté au pays des Bâ Kâzim, chez les tribus
des (jûwân et, plus rarement, en Datînah. Dans ces
contrées-ci, a^, a, est regarder [surtout d'en haut],
surveiller, nachsehen, Hdr p. 640. ^Jic ^^, surveiller
i) Etbû tabîba (accus.), ce qui est l'allemand es giebteinen
Weisen (accus.). Praetorius Ath. Gr. p. 13G.
2) Indogerm. und Semit. Forschiingen, Hologna 1897, p. Gl. Je
vois à présent que Brockelmann VGSS p. 495 est aussi de cet avis.
1295
ou ^Jlc H?-^ ,^,«, où ^-^-ci; est substantif, est un idiotisme
de Dt et du pays des *^Awâliq, sortir le matin pour in-
specter le bétail pour voir s'il y a du danger. -^ L.
^jù^î ^^JLc ..^4^, nous allons sortir ce matin inspecter ou
surveiller le bétail. C'est le propriétaire qui fait cela. Mais
il y a encore un autre sens : faire un ^y-io, une barrière
en bois dans la zarîbah pour séparer les différents
genres de bétail, et aussi barrière, fermeture en général.
jjjtj] j^JLc ^-slisj Li, nous allons faire une barrière pour le
menu bétail z=. ^^^ ^Jj^ = ^^ ^.\\, (part. V;j^-) En met-
tant du zarb on fait le sabali. "^ c>^^' ,M ,m.-;sa1;^
L;,*IJ> Qy^i Jes^JJî vjso Jî^a .Ls^j^. (làhed) J^^ll\ jy
^«JL^. ,^-^' Qi^^J3 jt-^?^^^ ij;J^- <^^ /«^^'^ wwe clôture sur
le défunt, lorsqu'il est dans la tombe, avec de longues
pierres sur la tombe, et Von met du gâchis sur les pier-
res et on en bouche les trous avec du gâchis, Dt. Hart-
mann donne L L W p. 36, d'après Zarlûl: ^Ji^ k^^
UJlc \l2j^ jTJtj 3j.5^, oià notre verbe serait synonyme de
iaj^, lier. Le verset de Socin Diw. II 69 v. 10 est ainsi
conçu (récité) dans mon recueil:
1) Socin: J^, = ^, voyez ici p. 82G, note 3.
2) Chanté ràmdan.
3) = "^j^ G 0.
4) iijjju G 0. Socin n'a pas traduit le dernier hémistiche.
1296
Elle ne se plaint pas d'ophtalmie, et elle n'a pas
[non plus un fétu à l'œil.
C'est cela! et elle n'est pas louche, et elle 7i'a x)as
[non plus les yeux de travers.
On voit donc que ce verbe a un double sens, mais je
ne crois pas que l'un dérive de l'autre, ainsi qu'on le
verra tout à l'heure. Dans la lurah, il y a quelques sens
qui rappellent ces deux : 1°. LJ ^^ = Lu JJU), L A III
p. 324 en bas = Bédouin du Nord UJ î^j, et ..i^, L A
III p. 324 en bas, qui correspond au nordarabique J^j,
o^ ou »j>|^ ; le class. .^^ ^X J^, Lane, est = J^^ ^ -^
Béd. du Nord; il me paraît parent de *^? Ahtal 2, 2:
^f>»i j.^ ^l f^ Uj Ui, et il n'y a la aucun corps, si
ce 7i'est des arbustes de silâm et de harmal, HafifnerAL
p. 168 avec des exemples. 2°. Etendre et particulière-
ment o'JjÎ (J^J «Jo* l\L?J! ,^^^, il tendit la peau entre les
pieux (il n'est pas dit de quelle façon), Qâm.. L A a ^^ =
\^\ 3^ en général. On pourra ici prendre en considéra-
tion le sens de ^%x^, haute porte = synonyme de ,iy-ii,
d'après le Qâmoùs, mais L A a seul la dernière forme,
III p. 127 en bas, qu'il dit être hodeylite. Nous la trou-
vons effectivement Diw. Hod. Wellh. N° 280, v. 14, où
Barth, Z D M G 39 p. 164, veut ainsi lire au lieu de ^^,
mais où son „Oberthûr" me paraît erroné comme tra-
duction de l'explication ^UJ! ur^^-*^' v^'' ^^s dictionnaires.
Le sudarabique ,^^, barrière, pourrait bien être le même
mot, avec une application sémasiologique nuancée.
1297
tfJ^, cible, en 'Oman, RO p. 158, 9, p. 22é, 3 d'en
bas (où x^ est une erreur). Ce mot peut appartenir aux
deux sens susmentionnés: à ^^, barrière, ou à ^js^xi,
voir; cf. viser, zielen. Il faudrait demander aux ""Omâ-
nites. -,Lçci^, Spanne, R, 0 p. 320, 12, rappelle singulière-
ment le sens du verbe synonyme yj^, 0. Ce dernier verbe
signifie aussi voir^ =yLj. Il appartient surtout aux dia-
lectes des ""Awdillah et des 'Awâliq, supérieurs et infé-
rieurs. Aussi en mehri sâbûr, Jahn M S p. 52, o et
ma note dans ma brochure critique M S p. 18. Mais Jahn
l'enregistre sous âyber, p. 161, le croyant une forme
Jytii: de a y b e r = ^.^ et le traduit par regarder par
la fenêtre, parce qu'on lui avait dit que l'arabe Oj^'
voulait dire cela, mais comparez ma brochure M S 1. 1..
C'est ainsi qu'il faut corriger Jahn à chaque pas. En
Algérie, ^r*-^, se tourner vers quelqu'un, Beaussier, ce
qui n'est qu'une autre application locale du sens pri-
maire. Avant d'aller plus loin, je fais observer que dans
la lurah, yJ> est regarder attentivement, L A V p. 388, 3
d'en bas, Diw. Hod. N° III v. 7. En babyl. sabrû,
Haupt Beitr. z. Assyr. I p. 160, Del. H W B p. 183,
ou bârû, Del. 0. 1. p. 639, KAT pp. 589 et note, 606,
est Wahrsagepriester^ Seher, inspecteur, divin, magicien.
Mais les Assyriologues prétendent que le verbe s u b r ù
est un ^jtà^ de barû, voir, inspecter, Del. Gr. p. 237.
D'après moi, il reste encore à examiner si les substantifs
bârû et éabrù sont du même thème, ou bien si l'on
peut identifier le dernier mot avec l'arabe dialectal y^,
voir. Hommel, G G G p. 131, veut que sabrû soit em-
prunté de l'arabe d'alors, mais comme il le compare avec
1298
D^?2ïï> ''IDm ') de Jés. 47, is, déjà avancé par Zimmern
Beitrâge z. Kenntn. d. bab. Religion p. 82, note 8, je
suppose qu'il le considère aussi comme un Ajtà^. Cette
forme a bien laissé pas mal de traces en arabe, mais ce
n'est pas une forme purement arabe; il est vrai qu'elle
a pu être commune à l'époque où Hommel veut que cet
emprunt ait eu lieu. Sabrû paraît assez isolé dans le
dictionnaire babylonien, et cela donne à penser.
De même que ^yi, i, est regarder d'en haut, RO
p. 145, = J^ jlL Hdr Gl. s. v., Stumme T Gr. p. 16,
où l'idée primordiale est être haut, de même ws^, ren-
fermant la même idée, Hdr Gloss. s. v. *), est regarder
d'en haut, ibid.. En Tripol. et en Tunisie, c'est aussi
regarder, Stumme T T B L Gl. s. v.. Hartmann L L AV
ne l'a pas su, puisque p. 62 il dit: „Das sebbet ist
wahrscheinlich eine Verstùmmelung von éabahat oder
von mir dafùr verhôrt, wenn nicht Chamîs' Erklârung
zu verwerfen und an das bekannte ^^.^ zu denken ist:
wenn er ausgewachsen ist." Tout cela prouve avec quel
bagage scientifique le célèbre professeur est allé dans le
désert Lybique. Dans le même ouvrage p. 111, il com-
1) Il est curieux que le babyl. basa ru (hébr. IKD), couper, soit
à l'arabe jxaJ, voù\ comme l'hébreu HID décider, choisir, et le
babyl. barû, voir, décider, à l'arabe ijîrJ, couper. Cf. aussi (jiaj
et y^-
2) Le mehri a également les deux verbes sôbb, lever les pieds
de devant et sauter (cheval), ce qui est v*-^; ^t sebù, vire élevé,
ce qui est l'arabe L>-ii, Jahn M S Gloss. s. v. ; H(Jr Gloss. s. v..
j*^ en est un développement, comme -c. et j**. (v. les dict.).
1299
met la même erreur; p. 103, -20 il y a (v. 12): L-ii ^^
_o *uà qu'il croit ètre=:_LLjî *^3 ^^yJJx, i^^S» P* m»
malgré l'explication de son homme: iza kàn bassit
hiye ya^ni éebbet tâh, et il traduit, p. 111: „Z)e?*,
den sie anfunkeln, sinkt hm." Mais la phrase signifie:
lorsqu'elle le regarde, il tombe, 011 l'homme veut dire que
(j^ est synonyme de >-^A Ce que H. y ajoute est carac-
téristique: „das sebban kann hier wohl Vertreter von
sebhan sein; doch ist dièse Annahme nicht nôtig,
wenn man an ^Ui( c>^>-ci denkt." Or, ^yJ^ provient de
lui, et il le croit être une „déformation" de ^^^, verbe
qui lui était connu '). Et comment veut-il concilier ^^,
pluriel fém., avec (^3Jt. Cependant, en avançant dans
son travail, il a dû se persuader que v*-^ ®st vraiment
regarder, car p. 144 on le lui explique clairement par
o^, iii et ,;=>, et il constate que le .UJ! c;^ qu'il
avait proposé auparavant, p. 111, „était tout à fait in-
connu à ces gens." Aussi p. 185, u traduit-il sebb
fi 1 g a m a r y i h i s b e n â r correctement par : Er sah auf
den Moud und hielt ihn fur ein Zeltfeuer.
Nous avons donc les trois thèmes ^ui, ^ et ^^,
qui tous, dans des contrées différentes, signifient voir.
J'ai exposé Hdr p. 124 et s. et p. 136 et s., le sens
d) Ce livre est un tel avorton, qne je ne puis assez mettre les
jeunes arabisants sur leurs gardes contre lui. Hartmann a publié
son brouillon, que nous autres, membres do la D M G, avons l'ait
imprimer à nos frais! J'espère que cette dilapidation de notre argent
n'aura plus lieu sous l'intelligente direction actuelle.
1300
primaire de i^ et de ses dérivés, être haut, monter^).
Pourra-t-on considérer ^ et .^^-^ comme développements
de 1^, à l'instar de yj^ et .x^j et d'autres, ici p. 316
et s.? En hébr. biblique "i2*^ est bien exammer, et en
néo-hébr., être d'avis, espérer = syr. ^,:c, credidit, spe-
ravit, comme en mandéen. Il correspond linguistiquement
mieux à l'arabe ^ qu'à .j^. Je ne crois donc pas que
notre ^ dialectal puisse être un dénominatif de ^,
[comme le français toiser quelqu'un = le regarder atten-
tivement*)], et je suis d'avis, sauf de nouvelles recher-
ches, que 12*^ et -»^ sont de provenance identique, avec
des significations nuancées, selon la BegriffsentwicUung
dans les deux milieux. On dira peut-être que ^ est le
éafal babyl., resté à travers les temps, comme sou-
venir de l'ancien éabrû, espèce d'itispedor, mais les
éafal arabes sont quadrilitères. L'on ne saurait pas non
plus penser à un développement en s initial de y, comme
j> et ^j::., ronfler.
En Datînah, il y a encore le verbe .s:^, fixer qqn
ou qqc du regard et de près, regarder fixement. C'est
à peu près, comme sens, le nordarabique bédouin ^,
le 'omânais vjfj, M SOS III p. 17, c d'en bas. Je ne
sais d'où vient ce verbe, si ce n'est le >îi du class.
s'i ^"-ii, il ouvrit la bouche, que I Doreyd croyait être
i) ..^^ = ,«„ Diw. Lebîd éd. Hâlidî p. 68 1. 7. rfitvJL? c:^uu^ j!,
je suis monté sur ce toit, Socin Diw. n°. 49. v. G et note c.
2) = class. v.yj, I. Sa'd IV t p. 164, '<>.
1301
yémanite, L A VI p. 65, quelque chose comme regarder
la bouche bée. Peut-être est-il parent de l'hébreu FT't:',
réfléchir. Dans le Haurân, j'ai entendu l'impératif s ah h,
avec deux h, regarde] =:è fa, ici p. 488. Cela ne peut
être pour iqsàhhu < iq sa'hu >iqsa'^u, p. 500, mais
tout au plus de _^, ma La Langue arabe, p. 63. Qui
sait s'il n'y a pas eu un verbe .i^, voir, variation pho-
nétique de ^ytXi, p. 499, assyr. HN'^, Del. Gr. p. 301,
et dont ce ,^u; serait un développement? ^^ pourrait
alors être une contamination de v^ Gt de ^. ^\ iJjy.
85, 24: beyt mût = beyt amût. Sur ba futural,
j'ai assez parlé dans Hdr p. 745 et ss.. Nous avons ici
la forme pleine du verbe, dont j'ai donné la conjugaison
Arabica III p. 104 et s., v. Hdr Gl. p. 519 et s.. Il y
a une dififérence entre (a)na beyt mût et ana bâ-
m û t, le premier est /allais mourir et le second, je vais
mourir. Mais à l'instar de tous les verba cordis, ov^
peut aussi, comme parfait, avoir le sens de l'imparfait,
du moins pour nous : n a beyt h ô r r, ^e veux être libre
Dt. &ii.isi^ Js^l \:^^, j'ai voulu faire cette chose =je
veux . . . etc. , Haurân *). ^1, vouloir, est courant dans la
plupart des dialectes arabes, ma La langue arabe p. 64.
Nôldeke, B Z S S W, no veut pas admettre un ^', voidoir
et p. 67, il dit: „Und fur aile Fulle, das wiederhole ich,
ist fur ein ^), wollen, neben dem sehr lebendigen ^t,
nicht wollen, im Sûdsemitischen keine Stelle. Auch Glaser
hat erkannt, dass die Annahme eines solchen ^^\ ganz
1) J'ai entendu la m^me phrase à Thèbes, moins le démonstratif,
bien entendu.
1302
unstatt liaft ist ')." Je trouve, moi, que ^\, vouloir, est,
dans les dialectes, bien plus vivant que ^t, 7ie pas vou-
loir, refuser. Déjà, anciennement, ^' a dû être un JLo
(comment, je l'ignore), car nous le trouvons comme tel
dans les lettres de Tell el-Amarinah: KB V x^° 71, 52:
uyidi bîli inuma ilisu abitu, que le roi sache que
je l'écoute; et N° 96, 14; uibai anaku la ismi ana
sas u nu, mais Je refusais et ne V écoutais pas, selon la
traduction de Winckler, et qui est facile à contrôler même
pour un non assyriologue du métier. Abîtu ou abûtu,
Bescheid, Del. Gr. p. 169. Qui sait si l'arabe v'> o»
désirer, sich sehnen nach, n'est pas un proche parent
de ^î, vouloir. Ayant écrit une longue réfutation de
l'article de Nôldeke (que je compte publier autre part),
je ne veux discuter ici une question qui, pour moi, est
très claire.
85, 25; 86, 1: in kân mutt avec sa variante la
ra'^n i mutt. ^î est ici = j, particules affirmatives, iA*s"LiiI.
Sur J voyez Hdr p. 147, s, et ici p. 351, et l'excel-
lent exposé de Reckendorf S V § 128. Le là m afflrmatif
est répandu dans tous les dialectes. Nous l'avons ici
p. 141 V. 6, oîi wallan, =:^' ^'^ (où ^' est déjà une
affirmation, Hdr p. 188 et note), est = p. 143, 3 walla
1) Glaser n'est pas arabisant. Il traduit le *«^. j. r^ ^*, ^*^t
de Hamdânî dans son Skizze II p. 481/2, par: rtalltàglich aUjchal-
tcn^\ ou twelches tagweise der Reihe nach uberlas^en wird''. La
phrase veut dire que le himâ a un jour de longueur et un jour
de largeur, soit un jour dans les deux sens. Je crois que cela suffît.
Sa brochure pamphlétaire contre mon article dans Hdr sur la pré-
formante ba contient bien d'autres gaffes.
1303
la. Voyez Gloss. s. v. J Er-riggâl da la raarîdr=:
mehri: rayg dôm ar mârîd, cet homme-là est certai-
nement malade, Jahn M S p. 61, s. Hu ar beiek hay-
mîti = ^^p:»^ ^^^ 'jt, je suis, moi, dans ma tente, ibid.
p. 78, 29. On voit donc que le mehri ne diffère pas des
autres dialectes sur ce point. Dans le Nord, il est aussi
très fréquent. s.a]33 ^^ v_j'l:$\;C! „j~> j.^:, lorsque le mes-
sager sortit, je me trouvais justement devant lui, "^Oneyzite.
UJic c>Ji3>j> ^*^4-iJ! j^3 {} ib>À,' u>^o —j, lorsque j'ouvris
la fenêtre, voilà que le soleil entra chez nous, "^Oneyzite.
"A la sadr el-buneyya 1 digge yômên
lârîd ahdim bî gauwa tôbe yômên^)
Sur la poitrine de la jeune fille, je veux taper deux
f jours.
Je voudrais bien servir sous {dans) la chemise [de
fia fille) deux jours.
Meissner M S OS Yl, ii p. 100 N° 13.
Wana s-sayyâde lansublak sebek^)
Et moi, le chasseur, je te tendrai bien des filets.
ibid. p. 112, N° 4, et ibid. p. 114, N° 9 v. 1 et p. 116
N° 15, V. 3.
Dans la locution bédouine nordarabique ..^^ eÛxJ, il
y a sans doute le Ifim et-takîd, comme le pense aussi
Wetzstein ZDMG XXII p. 146. Le syrien ^^ et le
1) = viu^, GO.
2) C'est ainsi qu'il faut lire, mi'arc ^^ | ^ | ^ — , et
l'on a assurément chanté ainsi. Le texte n'a pas hi devant «jjauwa:
il est nécessaire pour le m^tre.
3) Il faut ici un mot en -iyyali pour rompléter le mètre.
86
1304
bédouin oL*], Prov. et Dict. p. 197, sont dans le même
cas. ^_jbLJC! *JL_i;^jt_j ii^t. ^cJL~>"b5 ^^! i^î^UjI ^.-JL^sXi ^^1, si
ht (femme) ouvres la bouche, je ferai les chiens te broyer
la tête, ZDMG XXX p. 80, s. 'As-Sâm lahàuwil
winzali, je veiix me diriger vers Damas et y rester,
Hartmann ZDMG 51, p. 181, 20. Hartmann, p. 186, 11
d'en bas, trouve l'autre rédaction p. 183, c : ^^^*> 3y=* f^-"^»
la seule correcte, parce que dans la première on aurait
la syllabe sa m sans voyelle adjuvante pour le mètre.
Quoique je sois tout à fait de l'avis émis par Hartmann
dans la note 2 1. 1., il y a cependant des vers, dans la
poésie populaire où figure une syllabe doublement fermée.
Autre exemple ibid. p. 184, 7 d'en bas: kÀ^.
La'qud 'a la ganb ettarîq "a s a hîrin') qalbu
[raqîq
Yehèrriqu qalbu %lèy^).
Je me mettrai à côté de la route:
Peut-être un homme de bien au cœur tendre
Lui inspirera-t-on de la pitié pour moi.
Dalman PD, p. 130 N° 1, v. 1 et p. 331 N° 1. On ne
saurait donc être de l'avis de Socin, Diw. HI § 52, que le
3 affirmatif est rare dans la langue vulgaire moderne.
Tout arabisant connaît l'emploi de ce 3 dans la lurah,
Reckendorf) SV pp. 360, 593 et s., 656, 702 et s.. Ce
i) Faute de mètre: ragaz. Peut-être: hîrin *asa.
2) Texte de Dalman fautif; je l'ai corrigé.
3) Qui veut même que L*J et LJ, qui en dériveraient, renfer-
ment cette particule affirmative, o.l. pp. 593 et 656.
1305
3 fut aussi écrit % comme la négation "^ et W, Lo!, et
il figure avec cette graphie dans le Qorân VI, 109 :
^j^>Lo^ ^ osL=> îo] L^] (^j^/yt/i^. Lo^, comparé au ^^j^^^
précédent; VII, ii: lX:5^' S5î ^AxJ^ Lo; XXI, 95: ^.î^^
^7,^!^ "^ ^F L^USîM -4} J>c, K. el-Addâd p. 136 et s..
C'est l'assyrien lu, Del. Gr. p. 218, Meissner Gr. § 51.
Si je mets ici en relief l'emploi de la particule affir.
mative dans les dialectes, c'est pour prouver que la
grammaire classique n'est pas une fiction. Peu à peu,
j'espère ainsi donner un commentaire des règles de la
grammaire classique, qui sont basées sur la langue an-
ciennement parlée.
86, 7: hinya. Sur la forme, voyez p. 340 et s., et
sur l'étymologie, Barth S W U p. 22. Cette interjection
est conservée dans tous les dialectes arabes; elle est
souvent suivie de ^ ^^ l^s suffixes: \j^ Çs>, allons ! vite!
Il y a un autre hànya qui n'a rien à faire avec celui-ci
et qui est pour lI^, car le verbe est dialect. tertioD y =
class. et Syrie Çjj>, souvent avec tiU suivant, dont on a
fait ni y fil a k, Prov. et Dict. p. 449. Charles Iluber,
dans son Journal d'un voyage, p. 179, cite les vers d'un
ancien éammar qui était parti pour le "Iraq et en revint
au bout de peu de temps en vantant son pays, qui
n'avait ni puces ni punaises ^) :
i) Vollers VS p. 129, 2'.
2) C'est ainsi qu'il f;iut lire et qu'on a du chanter, ou se dit
en Dt ^sé^^^^^i^ sur la forme de ^^j^y v. p. 1102.
1306
Les punaises et les puces nous ont taillade' la chair.
Bien vous fasse à vous autres qui êtes à votre aise
[à Negd!
1) On observera ici lahàninû et on lira Kampfïineyer Untersu-
chungen ùber den Ton im Arabischen M S 0 S XI, ii p. 34 et ss..
Dire que des mots tels que dhùr, bliàr sont monosyllabiques c'est
se mettre à un point de vue non sémitique. Pour l'Arabe, ils sont
de deux syllabes, car souvent ils reçoivent un Yorschlag vocalique,
ebhàr, et dans le mètre la première a sa voyelle. Si en arabe f a'^à 1
est plus ancien que fà'^al, qui encore aujourd'hui se trouvent l'un
à côté de l'autre, cela échappe à mon jugement.
39.
F ë r â'a t u m-w a d i.
'icU est le grand canal qui porte les eaux directe-
ment du wâdi. Celles-ci entrent ensuite dans le ^.^, pi.
L*-£ ou ,L>-c', canal aux bords relevés en terre, t^v^.
^ j, a, 1° séparer. Jo'l^jjJî ^^-o c ^ ^\y— -S ?e seijyid sépare
les tribus, c'est-à-dire, il fait la paix entre elles. C'est
très classique, LA X p. 126, g, s. £L>5 ^^> \>. C-^^jJ"
+
LuLo ci ^'^^'j, ^«02(5 nous lancions des pierres, et quel-
qu'un vint nous séparer, = (jnj c .13 . ,j«-^:^«Jî o-. ^i^^i, ^6
t'ai délivré de la prison. Dô'an a dit, dans une qasîdah
à l'adresse de "Âtif b. Hantamah:
I^ n'y a rien entre moi et "Atif: Dieu nous a récon-
[ciliés.
Nous avons fait la imix entre nous sans que per-
[sonne se soit interposé.
1 ) On prononçait aussi Usi-'j'. iC;jC»-Li aj c>-àÈj, je ^"i latiçai la
huule qu'il attrapa au bond. Ma brocliure iM S \k 0. Cf. L A XI
|). 37, s. V., et o^j H'jr Gl. s. v.
1308
2° s'enfuir, comme ici p. 92, is, — ^c ^!, K. el-Addad
p. 202, et j . LuJlc j.y,2J^J! 1^^^', les voleurs nous ont quit-
tés en s' enfuyant; sincl von uns îveggeflohe7i, = \^j3^>o GO.
S° saisir = ^j . \Xc^j J^ "±, il s'est enfui d'auprès de
moi, mais je l'ai saisi. 'ïj^ji est, dans le Sud, une résine
odoriférante qui vient des Indes; je crois que c'est le
mastic. Les femmes disent, en entrant chez une tj«Ul,
accouchée: ^-j'JoJb '»^]^i q^-Iî f^ lt^ *JJ' &-^\ ^^ *^om de
Dieu sur toi et myrrhe et encens et mastic et goudron'^).
On le dit aussi en voyant un enfant, comme en Syrie:
dUic idl! ^\ tout simplement. L'accouchée reste quarante
jours auprès de son enfant. On met les quatre matières
susmentionnées dans un i^^ où il y a du charbon in-
candescent, ^*>, et cela ^J^x^.i fait de la fumée. Les fem-
mes prononcent aussi cette formule en entrant dans une
chambre obscure et lorsqu'elles sont effrayées. C'est une
réminiscence du temps de la myrrhe et de l'encens:
T : :
Il y a dans c.^ trois sens: 1° être haut, monter, Tab.
I p. 1416, 4, et, comme 3^ad, t^escewc^re, L A, K. el-Addâd
p. 202. Du côté d'Aman, en Syrie, i4c.l3, me fut exphqué
par (j^, source, proprement, la montante. Il s'est peu
conservé, dans le premier sens, dans les dialectes. Je
connais de notre dialecte lX^Jî j. Llcj, nous sommes
\) Quoique ^^r^ soit le goudron avec lequel on enduit le cha-
meau galeux, je crois qu'il faut le traduire ici pai' poix.
1309
montés dans la montagne, et voyez Çdr pp. 51 et 490,
où il y a sa variation phonétique ^y. En mehri, firâ,
monter, Jahn M S p. 177. Le dernier sens est tout à fait
perdu, mais l'on comparera l'emploi analogue de «JLL»,
Prov. et Dict. Gl. s. v.. — 2° séparer, comme en haut.
C'est sans doute l'hébr. y"iD, laisser libre, laisser faire,
et correspondrait aussi bien à l'arabe = jqu'àoy. p'h>,
raie des cheveux, chez les ""Anazeh, est le class. ^f^,
tandis que vjj^ y est l'endroit où les femmes et les
hommes, devenus grands, divisent la xJlXï') sur le front.
^^ est ici une prononciation de ^^, avec lequel il est
synonyme, LA X p. 121, 6, 9. Plusieurs verbes j +
troisième consonne offrent le même sens fondamental,
p. e. ji, (j^^ [para su, décider, babyl.], (jo^, v. Gloss.
s. V., [jo±, -h^, j.^. ^ji est 1° dissimilation de «j», v.
p. 361 ; 2° accouplement de c^ et Oy, dans le sens
^'éparpiller, répandre. \J^J ^j. oLsti^-s-^ ^jycLj^\, les h.
1) aJlXs, les cheveux qu'on laisse descendre le long du front,
comme les Romaines et les femmes modernes. Un bédouin "^anazl dit
à son amie (mètre en désordre):
Ma lidkor mufrag qedlali yôm afarricT
Ugrûn sugr ûmdàhhana bi "(ifreèàni.
Ne te rappelles-lu pas Vendroit de séparation des frisons de
[mon front (où il la baisait) lorsque je me découvrais la tète
Et les tresses blondes graissées cJe'^utrsân?
Si l'on tresse ces cheveux de devant en deux tresses, ce sont lîi les
wo|^v3, s. 'm_^ô, peu usité, qui descendent sur les tempes. Les
> >
...^jS Sont les longues tresses de chaque cûté de la tOte.
1310
sont éparpillés par ci, par là dans notre pays Dt, ex-
pliqué par b'^.Jc^. 3° pi, class., avoir toute sa chevelure,
L A X p. 120, 4 et ss. d'en bas; tlcjî, el-A'éâ Lyall Ten
ancient poems p. 143 v. 2; d'autres exemples chez Schult-
hess HW p. 56 note 1. Je crois que ce sens est origi-
nairement le même que le premier, car on portait, et
l'on porte encore dans le Sud, surtout dans les tribus
himyaj'ites, chez les Mahrah, les Qarâ, et les anciens
Germains, la chevelure liée en houppe montante^ qui était
probablement le jt^' p i, VDÇ, sommet des cheveux. Un
homme ayant toute sa chevelure pouvait faire ce ci,
ou, comme on dit à présent dans le Sud, idiA^ï, v. p. 435 note,
et il était alors c^S, contraire de ^JUoî, L A X p. 120, 3 d'en
bas; V. p. 1811 n. 8: p':i), A présent, dans tout le Nord,
chez les Bédouins de Syrie et en Mésopotamie, ^'^ est
se découvrir la tête, v. Gloss. s. v.. C'est l'aram. -^^s,
dissolvit (capillos) ; denudavit (caput), Brockelm. Lex. Syr.
p. 291 ; Z D M G 58, p. 944, Socin Diw. ') Gloss. s. v..
Dans la célèbre qasîdah d'el-Hàyârî, il y a ce vers
""anazî ') :
1) Où N". 52 V. 33 ff ^ foit le phiiiel ^.j'^, comme v^Axx
fait woOi-xxi et quelques autres J^**^ dans Je Nord. Au combat,
on dégage la tête et fait voler les cheveux librement; voyez la poésie
suivante d'el-Hàyarî.
2) Mètre --^- j --^- | __^_||__v.._ | __v^_ | __. Hya
quelquefois une syllabe de trop au commencement de l'hômistiche,
comme aussi dans la prosodie classique, p. e. I. Sa'd IV i p. 97, *.
La qiiNla,li li a m y ar îy ol\.
Pour les noma dus détails, voyez le Gloss. s. v. ^■i^i-
1311
(7 Jbât (6 J.-v*.Àit o-v^'j e^ (*c>vfifi^'U^o>^le(^Lé^^*^12
11. /'az pronoticé: „Aîi nom de Dieu!" et je suis monté
[sur la jument Sa" dû
Lorsqu'elle devint inquiète — je salue ce bon augure.
12. Je Vai calmée de la voix jusqîi'à ce que l'attaque fût
[bien certaine
Contre eux, et je donnais coups sur coups à l'impudent.
4) On prononce toujours, avant de monter à cheval, la formule
2) LuJLc [J.\J/^ = UJic éj^ G 0 ; inf. ^L%xi.
3) %^^^, se calmer, être calme; mais non dormir, comme dans
3 5 - -
la lurah. cyS\J>, repos, tranquillité, silence = qLxj^v^. 5^1-^j
tranquille, silencieux. y.'3j ^lXac qJ^. (J>:*>'^ ^ ^ Vt*^'» 'c6'
Bédouins ne sont pas tranquilles; ils ont peut-être une sentinelle
qui les met sur leurs gardes contre Vapproche de Vennemi.
4) Se. &.%^f ou iJ.LiiItGO. Là mat-haq.
5) Faute de mètre.
6) = ^C>j G 0.
7) Ecrit JUirt par Moûsa Râra, mais chanté et prononcé: aktâl!
Voyez Hdr p. G80. En Haurân o > ^i) est fort commun.
8) Expliqué par iU«^>ciJLi ou 'i^-jàyi, c'est-à-dire n'ayant que la
touffe de cheveux au milieu de la tète, ainsi que c'est aussi l'habitude
des Bédouins. On comparera la locution classique c Js' ^^^ L A X
p. 134, '^ à ce que j'ai dit p. 1310 note 1. p Js' est à présent celui
qui porte cette tuu/fc de cheveux, cf, p. 1310: Pj^^-
1312
13. Nu-tête, Je l'ai fait fouler le marché du trépas.
Dans une mêlée qui fait grisonner la tête des petits
[enfants.
Mais 5/ ne s'emploie pas seulement en parlant de la
tête, car on dit, Syrie, Haurân et Béd., ij^wicJt c^,
dépouiller l'arbre de ses branches, en totalité ou en partie,
élaguer. On le fait avec la cognée, iCct^ ou iCcj^li ^). Meissner
N A G I p. 8, 16 a ii£^, enthlôsst werden, que Weissbach
ZDMG 58 p. 944 croit être une erreur pour ^^. Je
ne connais pas le verbe Ja^i, mais il n'est pas impossible
comme contamination de ci et de -b^, de même que
l'égyptien iioii l'est de v_^ et JoJ. Cependant ce sens
de ^^3 pourrait bien être le néo-hébr. et l'araméen yiD
"^i^, mettre à nu, Schulthess HW p. 56, et alors = ^^.
Nous trouvons ce même c î N° 8 en néo-hébr. et en
araméen VDS, laisser croître les cheveux, et je suppose
que ce verbe renferme la même idée que je viens d'ex-
poser à propos de ytiJi c^: les cheveux poussent Kj^,
germinare, pousser vers le haut] et deviennent un ci,
pirtu, Del. H W B p. 537, reliés de façon à former une
3
o -.
xLaï, houppe relevée (bab. qisru, nœud). Le titre ou le
nom de Pir'u [Pi fa m Homrael AI CJ p. 223], yiD en
minéosabéen, doit provenir de ci, être haut; cf. Hdr
p. 489 et Ges.-Buhl HWB s. v. "ViD, mais ce dernier
1) iCcy est pelilc cognée^ et i^jjli, grande cognée, Prov. et
Dict. p. 420.
1313
mot ne peut être identique au premier; l'objection de
Hommel et de Winckler est bien justifiée.
86,20: lesîleh = Beyhân nesîleh. Cette juxta-
position aurait empêché Brockelmann VGSS p. 263, 9,
de traduire la première forme par fai fait^ d'autant plus
qu'il enregistre lui-même, o. 1. p. 225, *, le datînois 1 < n,
et p. 299, 9 1 a h n a < n a h n a, nous. Il considère le verbe
sudarabique Lv , i, ^) faire^ comme étant une haplologie
de (^^, ibid. p. 263, o et ii. Je n'en suis pas très sûr
et j'ai plutôt l'idée d'y voir le verbe simple Lw, i, la pre-
mière forme de ^y^ ou bien, ce qui est peut-être plus
acceptable, un ^_^!, af^al de \/^jy^, comme les verbes
traités Prov. et Dict. p. 11; cf. Arabica V p. 296. On
pourra comparer L, i, Nord, a. Sud, vouloir, < ^\, Ara-
bica m p. 104/6 et Hdr Gl. s. v..
86, 23: sâgie, ïCaïU, est, en Datînah, une ngroZe dans
les champs, qIj-=>, sing. <-jX-^', pi. du pi. ^j^\^^). En
Beyhân, içjjL* est le canal de dérivation.
86, 25: damîr. ^^^s^ est le parapet en branchage
d'arbres qu'on met sur le barrage, ^xi, en Beyhân, pour
élever le niveau des eaux. Hors de Beyhân, tout ce bar-
rage est appelé j*aJo. On y fait d'abord le damîr des
1) Aussi a: bû, nasal ku m, nous allons vous faire, comme Lo
Sud et ic-^j Nord, nous voulons.
2) Vj^ ^^t "" champ non labouré, une prairie, un p*iturage. C'est
le contraire de champ labouré et semé. Cf. Ges.-liuhl 11 W 13 p. 229
sub. 3in I-
1314
arbres qu'on retient ou tasse avec des pierres, xJ^j^.
L^ J-L •^ = r: ■' 86, 27, digue de branchage et de pierres.
La différence est qu'en Beyhân on construit d'abord le
Juij en pierres.
87, 1: yehwi, sur ^jup» voyez p. 1129.
87, 3: farûq. 03^, pi. qÏjS, canal d' irrigation, 'Bey-
Mn=^ Dt et ailleurs, Bent SA p. 404, = partout
aussi Ju, pi. o\csJ. Observez ici lamma hatta Dt=:
la ma hatta Beyhân.
87» 3: girab. Sur iù^.=>, pi. v_j^, ou iuy>, pi. ujl>,
voyez Hdr p. 191 et Gloss. s. v. ; en ''Oman iuL>, Rôssler
MSOS I p. 71, 5 d'en bas, p. 72, 19. >_;J> est défricher
la terre pour en faire une My>. Glaser, Dammbruch
p. 47 n. 1, croit que le champ est ainsi appelé parce
que les pierres rougeâtres non dégrossies, avec lesquelles
on construit les terrasses superposées l'une sur l'autre,
ont le nom de v^^. Mais 's^f> est dans tout le Sud
champ en général et non seulement sur les terrasses. Je
renvoie à mon article Hdr Gloss. s. v. ^S. Ce verbe
signifie encore, en Mésopotamie, labourer, selon Meissner
N A G I Gloss. s. V., et vJ/j labourage, comme en hébr.
et en araméen, id. M S 0 S V p. 301, Fraenkel F W p. 130.
Mafâtîh el-^Ulûm, éd. v. Vloten p. QQ, nous apprend que
le ^^^ avait 60 asl') carrés = 3600 aunes carrées.
Ce mot paraît avoir pénétré dans d'autres langues, La-
1) Mot nabatéen selon L A XIII p. 10 en haut.
1315
garde Ges. Abhandl. 29, Armen. Studien p. 39 N° 536,
et il pourrait bien avoir ét<} un mot international. Il
faut examiner si ^o^ a un rapport avec io^, assyr.
gipùru, giparru, qarbâti (garbitti), qerbîtu,
qirùbû, champ, Del. H WB s. v. '), Ungnad Gr. p. 146.
^^^.q> est aussi une mesure de capacité =10 qafîz,
Mafatih p. 67; ainsi, i^ est une mesure de surface,
Vio de garîb = 360 aunes carrées, en même temps que
de capacité, variable selon les pays, ibid. p. 66 et 67.
La même concordance d'idée se trouve dans les mots
u^o et j^Oj, Hdr Gloss. s. v.. Le premier se rencontre
souvent dans les inscriptions sabéennes, notamment dans
celle du Sirwâh, 0 Weber Studien z. sûdarab. Altertums-
kunde II p. 24, 3 et s d'en bas et p. 25, 12 d'en bas,
oii il est correctement traduit par champ. Mais au temps
d'el-Hamdànî, il avait déjà le sens d'une mesure de capa-
cité^ (j-ez. p. 199, 20: iCoL^" J^î iCxJb v_^Jj[5 iûy^Jt_^3, q^î ;
p. 200, 2a: w^o oij! qJ-^ l.<j"Lj ^^ J^^ Vj^^' cr» ^-5
^ ^1 o^^ eUJo, et il l'a conservé encore aujourd'hui.
Arabica V Gloss. s. v. et s. v. [^^, Hdr Gloss. s. v.. ^^,^«3
est le babyl. edinu, syn. de se ru, champ, Del. HWB
p. 27, encore courant dans le Sud, Hdr Gloss. s. v., et
nous venons de constater par el-Hamdâni que ^o^, est
1) Voyez pourtant KB VI, i p. 304. Le persan v^^^> V^;;'
biais, n'en fait pas j)artie, comme le pense Lagarde; c'est le syrien
v-j.^ iHre biais, et Vj^) biaiser, aller en zirjzag. Le persan V;y'»
biais, est assim'-ment arabe, et je crois qu'il faut chercher son origine
ailleurs. Nuldekc Gescliichte (1er Perser p. 242.
1316
aussi bien le champ que la mesure de capacité, v^^> car
je ne crois pas que v*^^' signifie dans le premier pas-
sage champ, vu que le second est très clair. Nous con-
statons donc la même transition de • signification pour
les trois mots:
= 1° champ et 2° mesure de capacité.
o^3
Ajoutez-y -^^ qui est mesure de surface et de capacité.
Le sens de champ, d'une surface donnée, est ici assu-
rément primaire, et la mesure est le produit moyen d'un
tel champ, cf. K A T^ p. 339, li et ss. d'en bas. ^^ et
i_jy> et leurs dérivés faisaient partie du dictionnaire
ancien international. Le persan w>-j-:> a certainement
son origine dans le monde sémitique voisin, et le doute
de Fraenkel, F W p. 130, n'est pas motivé, j^sï et ^^
rentrent aussi dans cette catégorie de mots sémitiques
internationaux. vMjr- et jjJH ont du reste trop le habitus
sémitique pour être d'emprunt: v^j> = v^j-^ = v^^^j
labouré, et j^sï = j^siw, dont le sens m'échappe, à moins
que ce soit de jsï, sauter. Comme v^ô, champ, est
devenu mesure de capacité, il n'est pas impossible qu'il
ait pu aussi finir par signifier or. Cela aurait alors dû
se produire de bonne heure, puisque le minéosabéen,
l'hébreu et l'aram. possèdent le même mot, 3nT, Dn"j,
^^(si\. Son étymologie n'a jamais été tirée au clair. Le
verbe u^i ne s'y prête pas, et les autres langues sémi-
tiques n'ont pas de verbe dhb, zhb, car les formes
dérivées sont dénominatives. Le babylonien disait h urâsu.
1317
or^), et kaspu, argent, C H Winckler § 7, encore con-
servé dans le diminut. hespônâ, monnaie, à Ma'^lûlâ.
v_^3, champ, étant un mot sabéen, il faudrait que cette
évolution, si elle est vraie, ait eu lieu déjà dans le Sud
de l'Arabie, le pays d'Ofîr, d'où venait l'or. On trouvait
l'or dans le champ, et '^S serait devenu, par méto-
nymie, chez les Minéo-Sabéens, la désignation de la ma-
1) Haupt, apud Brockelmann VGSS p. 128, dit que hurâsuest
o
l'arabe (jiajy>]. Ce mot, qui figure déjà dans une Tradition, Zam.
0 1 o y
Asâs s. V., Nihâyah s. v., L A VIII p. 404 en bas, est = jâ^^^i,
Carlhamus tinclorius, safran d'Inde, matière tinctoriale, et
[jp^ S^>^ 6st un vêtement teint en jaune de cette matière.
Aschei'son et Schweinfurth Flore d'Egypte p. 96 et s., Hehn Kul-
turpfl. p. 261. L'hébreu, phénicien et punique plfl, or, est certai-
nement le même mot babylonien. Nuldeke, ZDMG 40 p. 728, compare
l'arabe •i>ij£>J>, être jaune", mais un tel sens n'existe pas en arabe,
et ij^.j^ï = v^>^^- ne suffit pas pour le conjecturer, pas plus que
le syr. )^i.«*7 I^^^oj-jé, flavus; cf Hommel Silugethiere p. 415.
fU^ait = i_^iÂ]î, I, Sîdah 44 p. 23, ' d'en bas. Il n'est pas hors
de doute qur hurûsu et \jaj^\ soient de la même provenance.
L'arabe connaît un mot ^_^jLço.lii qui, d'après Mafâtîh el-'UKim
p. 258, est un métal d'une excessive rareté, ^rv^^ ^"^-^ J^J~^
P^lXxIIj, consacré à Otârid, Nebo-Mercurc, dont la couleur était bleu
foncé, KAT p. 399 n. 4, p. G4G n. 7, Ilommel A A p. 384 et s..
J'ignore quel métal cela est et je ne trouve ce mot nulle part
ailleurs. Il faut rechercher quelle relation il y a entre ^^, mot
indien, safran iVlnde, Curciima lomja, et u^j>) ij^.f^l'
1318
tière y trouvée, or natif ^). Ceux-ci ont eu une grande
influence civilisatrice sur le Nord, et qui sait si le nom
de lieu 3riTT, Deut. I v. 1 % n'est pas un reste de cette
influence, car il me paraît tout à fait sudarabique. Si ^^3
est sémitique, il ne pourra s'expliquer que par V5^>
devenu w*-^3, comme .^o et _^o, \jr>y^ et tP-p, etc..
Mais le mot peut ne pas être sémitique. L'île de Ceylan
avait le nom de Serendîb, le Z<fAf 5//3<x de Cosmas, et
sur lequel v. d. Lith a publié un article dans les Mer-
veilles de l'Inde, p. 265 et ss., oîi ce nom est aussi
donné aux îles de Java et de Sumatra. Serendîb signifie
îles de l'or, d'après Bîroûnî, Fragment 123, et les Mer-
veilles les appelle aussi »^L>Jt S:h. En sanscrit, dip
est île, mais je n'oserais dire que c'est là l'origine de
notre «-^3, à l'instar de cypreum > cupreum > cuivre,
comparé à l'égypt. qabârisa, monnaie, Vollers ZDMG
51 p. 305, propr. ce qui vient de l'île de Chypre. Fraen-
kel, F W p. 130, cite le mot 'ij^ (i^-i^ chez Dozy S.),
qui a subi une transition semblable. Nôldeke, ibid., lui
donne le sens de mesure de superficie = michna n;:i% et
il suppose que ce peut aussi être = ni^jS mesure de blé
comme >-^j>; cf. Schulthess ZA XIX p. 129. Or, c'est
le soumérien la -ha -an, vase, qui a aussi donné les
nordarabique, syrien et égyptien ^y3, ^, la g an, baquet,
cuvette, Hdr. Gloss. s. v., Littmann NAVP p. 20, v. 59,
Meissner NAGI p. 142, Huber Journal p. 128 (^yC,
1) On apporta au Prophète une pépite d'or natif grande comme
un œuf, I. Sa'd IV p. 56, 27.
2) =: JCxx^JJt actuel; voyez Musil Moab p. 211 et ce qu'il y dit
à propos de ce nom.
1319
casserole basse sans manche) ; le 'omânais ^;y?^^, bassin ') :
le syriaque ) i . S , amphore; le néohéb. pj^, ni'';i^, î<i"'J^,
i^n^''^^, cruchon, bouteille, N*ip^, J^ip"*^, î^^î?^, cuvette, cuve;
i^Tplp^^ cruchon^ bouteille; le grec Afx<zi/>;, pto^, bassin,
déjà chez Dozy S. et Fraenkel FW p. 131') (moderne
x&yxvyj). xUoç, plat, e'cuelle, semble être d'une autre pro-
venance, car xsKcivii ne serait pas une formation grecque
régulière de ce mot. Il faut donc les séparer pour le
moment. Une autre question est de savoir si xôcyùvoq
{Kù'/yjvoç) = lat. Idgênd ^) vient aussi du mot sémitique
ou bien de xxyâv, flanc, côté du ventre, cavité, comme
le pense Prellwitz. Pour ma part, je ne le crois pas.
Nôldeke *) y voit l'hébr. ib, cuvette, écuelle, avec la dési-
nence syriaque diminutive. J'en doute, ib^), écuelle, a
peut-être donné xhoc, comme il a pu entrer dans la
formation de quelques-uns des mots néo-hébreux ci-dessus.
Fraenkel, F W p. 131, a déjà combiné xôc/vivoi; avec ^b.
Alors, Jib serait aussi la môme chose que le soumérien
la-ha-an et l'arabe ^, ^. Les babylonistes se pronon-
ceront sur cette question. Pour finir, je cite encore
l'allemand Ldgel, ou dial. Lechl, petit baril, par l'entremise
du latin lagêna, lagôna, Kluge E W B p. 242. Ce sont
de vieux mots internationaux de l'Orient.
1) Qui n'a rien à faire avec J«^?^j contrairement à Schulthess
II W p. 37 note 1. 2) Qui écrit incorrectement ^âytjvx.
3) Ce qui prouve que les Grecs prononçaient aussi Aaywvoç, Ax-y^voi.
4) D'après H. Lewy S F W p. 103, mais c'est là une citation
erronée, car Syr. Gr. § 132 Noldeke ne parle pas de ce mot. Lewy
cite d'après Fraenkel F W p. 131, sans contrôler.
5) La comparaison de Konig, Lehrgebiiude II p. 44, avec l'arabe
^ est bien malheureuse.
87
1320
87, 6: tehna. ^^, a, avoir assez d'une chose =
^çi\^^^, comme dans le texte beyhanite. ^U' (^ ^_^-ic=XA«' ":;}
^J=>^' wà>o' (j-.r*"^ ''-r*^3 ^j?^-' >i>vy^3 UV=^' i-' ^^ ^'^^^*
submerge le terrain et que le champ ait eu assez d'eau,
tu y sèmes le millet, si le terroir est bon-, Harîb. Cf.
Hamdânî p. 199, 20 et ss.: ^,^'- ^ JiJU^. (v. p. 1315) ^^i^'i
^ôC' i^ wij Sl;c<' ^Sz. Le Harîbite disait : io^ c>^4^ '^
tUL, lorsque le champ a bien bu Veau, mais déjà en
Beyhân Z> est tarir: ^U' ^ ^ ^^L. '^ ^', le puits
tarit, lorsque l'eau est finie, Beyhân. Dans le pays de
Manqa'^ah, ^ est boire en général, mais en Dt c'est
boire beaucoup, ce qui est un emploi plus exact, car j*:>,
développé en ^*s>, renferme cette idée, et dans le Sud,
j«.> est adverbe: beaucoup, Hafâgî sur Durrat el-Rauwâ?
p. 217, 8, 15. Gez. p. 199, u: U=U c^oyi ^c» (i^^) ^^ 'i'.
87, 8: yô'dôro. .je: v. Hdr p. 171 et Gloss. s. v..
On voit que le texte datînois a u,otluij; c'est le eut off
de Lane.
87, 8: yihharûn = .mî-^*^ = .mî-==''^» comme Hdr
p. 68 v. 84: yissilak et p. 279, 2; yibbsûnuh. Les
••Cm w
verbes J^', J^^ et Jou offrent à l'imparfait cette ellipse
syllabique, qui se retrouve aussi dans les dialectes nord-
\) Cf. (jri. Les 'Aulaqites disaient ^L*' ^Ji^h L*.>, lorsque VeaH
■sétewi. A Aden ij^^i, 0, déborder, = .é, 0, en Dt.
1321
africains, Stumme T. Gr. § 26, 5; v. ici p. 1112. ckjo\
est en général, dans le Sud, ôter, enlever, éloigner. En
Hdr, vW^' '-^^ = v'ry^' "-^j '^^^^ ^^-^ habits, = ijJ^, ii
(pas (jJ^) 'Awl., Harîb, Bâ Kâzim, = Mekkah ^^s^. La
forme jjisî des verbes est encore très vivante chez les
Bédouins du Sud.
87, 11: lâma = lamma. Voyez ici p. 465 et ss.
87, 14: yubton, Hrb, est pour yibton, par assimi-
lation vocalique; ^^, 0. On dit dans les pays où les
eaux vont vers la mer : j^J! ^'i ^\-^ bV^.» leurs eaux
vont vers la mer, et dans les pays où les eaux vont
vers le Rubâ' el-Half , ^^2^. indique la direction du Nord.
Dans le premier cas, q-pL est le Sud et Jjj', le Nord,
p. 885, tandis que dans le second cas c'est tout le con-
traire. C'est la direction des cours des wâdis qui sert
de norme. Cf. Hdr p. 31. La différence avec Snouck, OS
Festschrift de Nôldeke I p. 101 note 1, dépend de la
même raison. C'est le â^îLlî o^b, au sud de W. Beyhân,
qui forme la séparation des eaux, dans la contrée au
n 0. d'ecJ-Dâhir.
Un poète yâfi'ite répondit à Dô^an par une qaçîdah
qui commence ainsi: (citée ici p. 543 et p. 1228):
r_ I
(2y.Joi-! J^'i 3 ^U>"^' ^ O».=>o!5
1) Ou il manque une longue après jflj, ou bien le second pied est
-'^-, par inadvertance du poète, ce qui n'est pas impossible dans
ce mètre.
2) Prononcé adîr par l'intermédiaire de J.^c^-
1322
0 oiseau, emporte ma réponse! Et fais-la partir, toi
/■(messager),
Et marche par le pays des Hanas^) dans la sombre
[soirée.
Engage-toi dans le Wâdi Sulub^) et passe chez Ibn
fes-SâfiH.
Et décris-lui les qualités du pays que tu auras par-
[couru ■*).
87,18: luidâd, o)aJ>, Dt = iLi^^, Beyhân, pi. bÂ=>,
pour 5Âi>]. C'est le classique 3J>, ■63j> et o^Jd>\. Mais
le sing. j>\od> a dû se trouver aussi; le pluriel classique
BÂi>), que L A IV p. 140, 3 considère comme irrégulier,
le prouve; avec le sing. o'A>, au contraire, il devient
régulier.
87, 22: min es-samiV, ou s à ma, selon l'accent, est
un adverbe partout usité dans le Sud = jjy, comme ici
86, 25, ou oy ^j^ . Si iL<v., ciel, ne venait pas de ^^^
être haut, il me paraît bien difficile qu'on ait pu en faire
la locution adverbiale présente. Son synonyme classique
est iUlc, de ^U, être haut. Dans l'Arabie méridionale,
iUw est le point cidminant du ciel : ^UwJl ùi ^Jl\, comme
1)hey-tib-te-sîr = ytt^ ^ ^i^-;^ (j-» • ^^^^ ^j^ est = là où.
2) Voyez Arabica IV p. 33.
3) Bent Southern Arabia, carte p. 400. .
4) Propr. : là où in voudras passer.
1323
OD me l'expliqua'). Dans la lurah: ji^ s^UI ^^ ^ i-Uv,
^5 ^^î Lo, L A XIX, p. 122, 7, 9, même le dos du
cheval est A^, ibid.. Hommel SA Chr. pp. 19 et 46
(souvent répété par lui) veut que ^'i-fw soit composé de
s (s) causatif et de ^Lo, caw, = celui qui donne l'eau, la
pluie. Mais ce serait là une composition bien extraordi-
naire dans les langues sémitiques, où, que je sache, le
causatif ne figure que devant les verbes. Et si iU%v est
aussi ■-=^, pluie, c'est par métonymie, au même titre
que 'èu=>j, pluie.
Comme toutes les langues sémitiques possèdent le mot
iUw, il faudrait, si l'étymologie de Hommel est bonne,
que cette composition extraordinaire, s + m â", ait été
formée à une époque à laquelle nos connaissances n'ar-
rivent pas. Nous trouvons ^L^ déjà au début des Baby-
loniens, et alors, ou ils l'auraient forgé longtemps avant,
selon une morphologie non sémitique, ou bien ce mot
est soumérien, mais alors ^^U n'y a que faire. Pour ma
part, je m'en tiens à l'étymologie courante de ^^^ être
haut, pour ne pas me perdre dans une hypothèse in-
sondable. Cf. Brockelm. V G S S p. 232.
87, 17: furda. iUji est traité Hdr Gloss. s. v.. C'est
[iJLjti Hdr p. 252] originairement échancrure, Boh. I
p, 101, 12, M. ^i j. j^yj' ^i iuIiS! ii/to^! L A IX p. 70, 3
d'en bas, de [jo^, faire une entaille, pc, faire une cre-
\) Cola rappelle singulièrement kima kipatti s a mi iiirsiti,
Jensen Epen und Mythen p. 254, v. 2, KAT p. lt'>0, = lyJ US'
(j»."^t5 iL^wJ! ; cf. JAmCos et | ^ «->^ , voûte, v^' t*-^ ^^
sont congénères; Schulthess U W p. 15.
1324
vasse, bab. parasu, percer. Port est secondaire en tout
cas, mais je ne sais si ce sens, q-s-^' h ^, L A IX
p. 81, 3, provient directement de '»^^, échancrure, ou
de (jTjS, imposition, 's^f, taille, droit de douane. L'hébreu
l'^Dp, crique, port, semble militer en faveur de la pre-
mière alternative. Si l'échancrure est grande, elle s'appelle
^j^Sio [class. y^Xo]. De là le nom de y^ .y> à Aden.
C'était un pont, construit sur des piliers en maçonnerie,
qui reliait l'île d'Aden avec la terre ferme. Il n'existait
plus au temps d'Abu Mahramah, qui en parle dans son
Histoire d'Aden. Pour illustrer le ,.,l\c 'x^J> et en con-
nexion à ce que j'en ai dit Hdr Gloss. s. v,, je vais re-
produire l'intéressant article d'Ibn el-Mogâwir sur ce sujet.
i3w_^_:> JS^ jytLj^*, .^Uit sy^lî Q'-^-c^ lA' V*-^j-* d^3 '^'
^^ ,^Jo! (2^i>>5! J^>j> ^! _^3 C»\ij»^ \i *j>^ ti«clj i^oLj
4) Ms. [i^ et plus bas IjjJkP y, dont je ne sais faire que ce que
j'ai écrit. l55^^> pl- LfJ^t ^st à présent une 2)c<i7e barque sur la
côte de l'Arabie du Sud et en 'Oman, RO §127, §271, p. 279, '*;
Vollers, Z D M G 49, p. 503, '•>. C'est un mot javanais, pas indien.
A Jahn, M S p. 189, donne le plur. hawàriye, ce qui est une
erreur, et il copie RO sans le nommer. J'ai adopté la forme excla-
raative du Sud.
G
2) Abu Mahramah les appelle, dans son Histoire d'Aden, t!y02j<UI J.x>
et ''yca3-t (^j*-2^> ! Cette montagne est vis-à-vis de 6, Sîrah et dont
la pointe, vers le Sud, s'appelle encore . j**^! J-^^J comme aussi
chez Abu Maljr.; il y a encore un poste d'observation, iJ-Li^.
1325
cio^t eUô ^ ^^ L^^/i5 u"-^' ?^J^ ^^^ ^! ^^. ^y'LJ!
(^j>Lu j-is x«j>'t,/o ^! .L;it v^y* *-^' ^^A^Le ^ii^^j oytlî s^^ J^c
^y [5 ^t ^'J.\ ^_^ (^ (?) v'^ ^j^. ^^^ v-^ji! (- c^i^L?
o > oc '
^5L>Lu ^t\jtj_5 aj^àILi ^.Um jjicî (^ly' 'AjLc j^ „^ îj'i JdJ!
eVJôj ,_,jCL ^Luo v^/« J^ en *^ L-c^ ^-^^V^ «/^ ^ o'^ qIî
i_^jit Vî-^ ''^^ L?"^^^ j-'Ci-c Vr*^ ^"-^'^ o'^ O^ ('ïiUd,^! ^j-,
•1) Je ne connais pas ce nom. Ce ne peut être Sja>^, qui est une
montagne isolée dans la mer.
2) Mon ms. : -'^ Ij Vy^ ; '^s autres : ^"^ [i v'r?** ^^ *^''*''^
o
qu'il faut lire («^bi à cause de ce qui suit, v'-"?" doit rtre ou
.L-=> = — »-j^ux, ce qui n'est pas très bon, ou bien t^^j^j comme
(^Lo, courrierl
3) Mon ms. : v-j'-^- ^) Mss. : k*^ \>^ sans b.
5) Mon ms.: ainsi. De Goeje veut lire [jo^\ ce qui n'est pas
probable. 6) Mon ms. : oî^jL**^'.
1326
*Aaj3 ^:^3 A-' Qi^*J _;! *4^*^ O ^ V^y^' J^' CT* ^j^ 3'
^0^3 »L^UJ! iUwtj sJ^LLj' j«^' -r-^^i (^ '■iJ>y>\jù^ y^ ..^^
Lo ^ uc^'y^' ^^-*-i) ^1>^ L5^y ^' '^^^b ^**'; f^ AJlJî
^^ Q-jj Q-.^ V^j^' vi^Jc^. \j^"l\*=:_5 .Lrpw^Jt iU-«! ^^ '1^-y^
J^3 (i !i'j iGVj'uio >' Jc=>lj3 J-il^' ^-é^:?^ d^i er »3^' O*/^
(jixXâiî iAx-wj_5 ^^LI2JLav.jI wo'ij ivjJi *AJLj" i_5v*,'3 (^ Lf*r^' V^r^'
(jv-^Xltj Jt«iJlj A/o'ufjti! ^lî (^iX-yCsjJî i}->^3 ^^) ^•^^ ^^; lA-^
o > .^ - )
1) Mon ms. : »yij y^ ^ij^] Miles: syu. Ma leçon est une simple
conjecture, surtout le dernier mot (^iS^à>lxl\).
2) Dans le Sud, on ne dit que ^^^^ •> avec deux r, comme aussi
Stace p. 31 s. v. clerk. ^S est peut-être étymologiquement plus
juste, mais on ne le dit pas, et je m'en tiens à la prononciation
actuelle.
3) Mon ms. : oLoU^aJI; toujours avec \j>^ chez Abu Mahramah.
4) Mon ms. : 'o!^.
5) Observez que I. el M, no se sert pas ici de 'iJo^.
•H V. J O >
6) Les ms. : »r=>3. '•i:=> est = ài^^ v. ici p. 433 en haut.
1) L. : 8^ M. : ^^. S. : »y^.
1327
^jis>-^^^ 0^3^' ^ '^*-V^J (^ V/^' ^l-^' (ji-^'^-à-J jy^ dVJ^ATj
-^ ^ j ' . • -^ ^> r ••
Mention de Varrivée des bateaux à Aden,
Lorquhm bateau arrive à Aden et que le gardien
(vigie), qui se trouve sur une montagne, le voit, il crie
de sa plus haute voix : „ Uii bateau *) /" Cette montagne
est la fin {la pointe sud) de (jebal el-Ah(Jar sur
laquelle a été construit /e Husn el-Ahdar; elle s'ap-
pelle originairement (je bal S. (fj. Le gardien ne peut
y voir qu'au lever et au coucher du soleil parce que,
à ces heures, les rayons solaires donnent directement
sur la surface de la mer, ce qui fait qiî'alors, malgré
V éloignement, on peut distinguer n'importe quoi. A cet
effet, le gardien a placé devant lui une éclisse de bois,
et si quelque chose se présente à sa vue sur la mer,
il lui braque dessus V éclisse de bois. Si c'est un oiseau
ou quelque chose de semblable, il dévie à droite et à
gauche ou bien se levé ou descend, et le gardien sait
alors que ce n'est rien. Par contre, si le point à
1) Ainsi Miles. Mon ms. : bAj. Le œs. de M. est en généml meilleur.
2) M. : ^^Xii^.
3) Mon ras.: vV^- De Goeje lit v-^> "i^'s vy^-' ^'^ '^"^^' ^
cause de j. Avec Vt*^ l'auteur aurait dit J^, comme un peu
plus haut.
4) Je répète que je ne comprends pas le mot [tj^ ou uy^»
1328
r horizon reste ferme sur V ombre ^) de réclisse de boiSj
il est sûr que c'est un bateau. Il en fait part à son
collègue qui s'écrie : „ Un bateau /" Celui-ci le commu-
nique à son compagnon qui, à son tour, avertit un
courrier que le bateau est signalé. Le courrier va
alors apporter au wâli de la ville la nouvelle de Var-
rivée du bateau. Ensuite, en sorta^it de chez le ivâli,
il informe les cheykhs du quai des marchandises, et
après eux, il s'^écrie de sa plus forte voù^,, du haut
de la montagne: „Un bateau! Un bateau P' Lorsque
le public entend la voix, on monte, qui sur une mon-
tagne, qui sur un toit et regarde à droite et à gauche.
Si Von constate alors que le crieur d dit la vérité, on
lui donne, pour chaque bateau, un dinar mâlikite^),
qui est prélevé sur le droit à acquitter dans la fui dsih.
Si au contraire, il était menteur, on lui administre
dix coups de bâton. A V approche du bateau, les mu-
baésirûn se rendent en barques au devant de celui-ci,
S' étant approchés de lui, ils saluent et monte7it à bord
chez le capitaine, à qui ils demandent d'où il vient.
Celui-ci leur demande les nouvelles de la ville et qui
en est le wâli, ainsi que le prix des marchandises.
Les personnes à bord du bateau qui ont une famille
1) Je ne saisis pas bien le sens de ^^^ ^J^, car le nâzùr doit bien
regarder ce qui est devant l'éclisse de bois et non sur son ombre.
L'auteur veut peut être dire que le nâzûr regarde du côté de
l'ombre de l'éclisse, c'est-à-dire, derrière l'éclisse.
2) Je suppose que c'est un dinar pour chaque bateau qu'il voit,
car quel intérêt les autres bateaux déjà dans le port auraient-ils à
donner chacun un dînnr à un concurrent? I. el-M. dit que souvent
il y avait 60 à 70 bateaux dans la baie de G. Sîrah, p. 1332 note.
1329
ou des connaissances dans la ville reqoivent ou les
félicitations de bonne arrivée ou bien les condoléances
sur la mort de quelqu'un. Un mubaééir se rend
auprès du capitaine pour prendre note du nom de ce
dernier et de ceux des marchands. Entre temps, le
clerc dresse une liste de tout ce qui se trouve dans la
cale du bateau en fait de marchandises et d'étoffes et
il remet la liste aux mubassirûn, qui redescendent
daiu les barques. Ils retournent à la ville et se ren-
dent in corpore chez le wâli pour lui remettre la liste
du clerc, en même temps que celle qu'ils ont donnée
portant les noms des marchands. Ils lui donnent des
nouvelles concernant le bateau: d'^ou il vient et quelles
marchandises il apporte. Sortis de chez lui, ils par-
courent la ville pour notifier aux familles des nouveau^x
arrivés la bonne nouvelle de leur retour. Chaque mu-
bassir reqoit une douceur pour sa peine ^). Lorsque
le bateau est amvé dans le port et a jeté Vancre, le
délégué du sultan arrive chez eux (ceux du bateau),
et Vinspecteur monte à bord. Celui-ci fouille les hom-
mes, Vmi après Vautre, et Vinspection s^étend même
au turban, aux cheveux, aux manches, à la ceinture
du pantalon et sous les aisselles. Il frappe avec la
main sur la poche du caftan"^) de V homme, luifow^e
1) Je ne crois pas que cette phrase se rapporte aux diflérents
membres de la famille du nouvel arrivé.
2) '3j-^i^> est la même chose que le syr. ^y»x, Hdr 119 note, lat.
sinus, mais je ne saurais le traduire par un seul mot; poche du
caftan est faute de mieux. I Gobeyr, en parlant de la visite doua-
nière il Alexandrie, dit, p. 40, * (II^ éd.) >_j'l.^^^^' ^.^m^ ^ji^JlfiJC'' ^ji
1330
les mains entre les fesses et le flaire de son mieux^).
De niêmef une vieille femme fouille les femmes et leur
frappe sur le derrière et le devant. Les marchands
en descendant du bclteau le lendemain pour se rendre
à la ville emportent leur bagage, et, trois jours après,
on débarque les étoffes et les marchandises sur le quai
de débarquement, ou on les défait ballot p)clr ballot et
l'on compte chaque pièce d^étoffe.
L^ 0_^^ o' lT**^ '"*^ l^i^J. Et à propos d'une telle visite dans
la Haute-Egypte p. 62, i»: J^^^ -bLw^i ^\ ^JuSJ' J^^ii
Ces passages expliquent bien le sens de 'éLS\:>. ho, traduction de
Schiaparelli p. 9: y>E si posera pure le mani addosso aile personc per
indagare se nulla tcnessero nelle cinture'\ et p. 33: »(in quanto
al ), al mettere le mani aile cintole dei mercanti pervedere
eiô che portaiio sotlo le ascelle od in seno di dirham 0 di dinar,
accadono cose orribili" etc n'est pas exacte, comme on le voit, car
le texte arabe ne porte pas de mot signifiant cintola, et la dernière
traduction de S. est même très peu réussie. Nihâyah I p. 203, := L A VII,
p. 197, '*, a la vraie définition; ^ Jy^^ tX-ii ^^J^ ^j^^ J^-^^b
3.yL:S\JJ 3j^ )^y^ ^^^' ^^ forme &ix2, Hdr p. 252, montre que
ce mot doit indiquer un endroit creux, un évasement, un trou, un
vide, etc. Cet endroit est bien formé par la ceinture qui serre la
chemise ou le caftan, qui par là fait poche, mais »j^ n'a jamais
pu signifier ceinture, pour laquelle jl-?^^> aurait été la forme régu-
o >
lière. Son synonyme &Xa:> est si bien précisé dans L A XII p. 288,
qu'on ne saurait douter de la justesse de mon obser\ation.
i) On serait tenté de lire \4.iL«ioj, il (le fouillé) V injurie, mais
les mots suivants ne favorisent pas cette leçon. L'inspecteur le flaire
pour savoir s'il a encore quelque chose de caché.
1331
*jto^ n'est jamais chez I. el. M. ni port^ qu'il appelle
^_g^yc, ni droit de douane^ (\\\.\QsichQz\m.yù:^. Il dit qu'on
était de son temps obligé de payer un quintuple droit
d'entrée à la fois: s^ j. oL%-^£ ^.r-^ '^><=>jr^. r3î }-^*,
'ijojù] JLo _^3 *JiAï ,«,-i^x:: sA^ij, V ancien droit d'entrée, ce
qui est la redevance due à la douane. On peut bien tra-
duire iôto^ par douane, R 0 § 27, ou port, puisque c'est
là, à ciel ouvert, sur l'emplacement du débarquement,
que les formalités de douane ont lieu, mais primitivement
's^J) n'était que la baie où se plaçaient les bateaux pour
décharger et où ro7i s'acquittait de la taille, iJuJLc ij^^ L.
Sur la construction de la fur 4a h d'Aden, voyez Hdr
p. 674.
87, 18: lahf. oti-, a, échancrer, affouiller, et au fig.
manger goulûment en prenant dans le plat avec toute
la main et la porter avidement à la bouche, s^î ^J>^,
sabler le café d'un seul trait. Les dictionnaires n'ont ce
verbe que dans le sens de rosser, battre avec violence.
_ o .
87, 19: masnah = madwah. ^3-^, mur de sou-
tènement du sôm, levée de terre, pour empêcher l'affouille-
- o ^
ment des eaux, aussi appelé en Dt l\*^^^. ^u-w, soutenir,
appuyer, étayer. L A m p. 822, 7 a «^jL^v = ^_py:, mais je
ne sais si c'est le même verbe ou une variation phonétique
de Jj.*v, même sens. La continuation du passage de
l'Histoire d'Aden rapporté p. 1142 est: UiLC» t^j^
1) Je ne sais an juste ce que c'est. Faut-il lire 'iJ'jsJ'i, de l'entrée
du port? I. el-M. énumère les quatre recettes de douane qui devaient
1332
on boucha son emplacement avec des pierres et on y jeta
de la terre de fûwah et des choses pareilles, et la ville
devint un snh pour les bateaux. Je ne comprends pas
bien ce mot .^j;^^*. Est-ce mauvais augure ? Ou bien veut-il
dire qu'on laissait Aden de côté? Je crois que c'est plutôt
cela, ^-w, chauffer, .^n^uj = ^J^-w', se chauffer en se
mettant bien couvert au soleil ou se chauffer en se
couvrant bien dans le lit. ^^lx-wj (sâbb) ^.j,*^ ^}s. ^^y\ q^^,
on couvre le malade pour qu'il se chauffe, Beyhân, Çarîb,
"^Awâliq. Inusités en Datîuah.
-^A^Jî, palissade de branchage renforcé par des pierres,
ainsi que dans note texte. Ce mot était inconnu à mes
hommes hors de Beyhân. Je dois faire observer que les
Beyhânites prononçaient certainement madwah, tout
en disant que ce mot vient de -.y=, repousser. Mais
comme ils disaient en même temps souvent -^ô en
être remises tous les ans à Ta'^izz: J«^> o.^ j»!c J^ i5 (jr*«j! o°3
vX iS o''^ cr ^/- o^^ (-^^ '-^b '-^f Dvl-^' u^r*-?^ »^
il ^J^ ^y, S^ ^if> io!ji>3 ^Jui ,y yù\ Jy=>o iulj=>5
^^ kiUJ» «laûjS^ (j^ij i-^'v v^'^ O^t U'^r^'«^*^3 ^.'-< ^-^*^ 05^
(625) iu'uJl»«5 ^^-X!xc5 jj*».*^ ii.^ '^ÀP LoLot. Je ne sais s'il s'agit
ici de l'importation de fûwah, terre tinctoriale, qu'on jettait là après
s'en être servi; ce ne peut être ni la garance ni l'orcanète, qui sont
des plantes et ne donnent pas de vIt* • '-r^^' (•3'-^' «t v^^ ' f^
me semblent être de la même catégorie que 3^' à^'^i ^t ce mot
pourrait au fond signifier ici l'entrée du port.
1333
l'expliquant : (j^Iaiî ^^ ^U! ^*,c^. = q="Aj, il refoule l'eau
loin de la terre, j'étais fort incertain. Les autres, non
Beyhânites, ne voulaient rien savoir d'un verbe -Lïr,
Jô ^). qt» peut devenir o par l'intermédiaire de o, v. Gloss.
s. V. ^, et ^y^ > ^^o n'est pas impossible.
Le verbe -•^ù, -i^j impérat. «50!, est partout dans
le Sud verser. sA^^iî ^^^ dU -^oi, vêrse Teaw de l'écuelle
(ausgiessen) , Dt. -,^lXj J-ylJî, ^e torrent verse ses eaux,
IJarîb, = Aden Jy>, sur lequel v. Pldr Gl. s. v.. -ÏÂil,
descendre d'en haut. ù\ôsj^\ îa^ J, -,jAJ L, ?iot(5 a/tows
descendre dans cette fosse, Dt. ^c^y î J, P'3'->^ J^y*^'» ^e tor-
rent se verse, roule ses eaux e7i descendant le wâdi. Par
contre, ^U! Jo, 0, est l'eau qui fait du bruit, comme p. e.
lorsqu'on pisse ou verse un liquide. -.^Aj J^-a^JI = ^53*-^^ =
^IJyjs^j ou |*.:^^Avo, ?e torrent bruit. Dans la lurah, -b est =
yj^^ et pourrait être le membre intermédiaire pour -y:o
Dans l'inscription de Libneh (Obne), Hommel S A Chr.
p. 120, id. A A p. 167, nous lisons 1. 4 : ,^ o^^^
j^yto^ j.Aw3 Vt**^) ^^ ^^ c^^e de derrière devait être (fait)
- i) Racine -,^, stossen: y^, wegstossen, Dt-, cf. cl. r^-^, Diw.
Hod. Wellh. N°. 139 v. 11 et comment, p. 414; wA>0, Hdr. Gloss.
o o - o '
s. V. : oL>>> ^sJ» J.^, Haffner A L p. 72, ult. = Oixu>, clans, et
^aulaqî•, ^y>0, Ildr Glos.s. s. v., Ges.-Buhl II W B s. v. nm. Dm,
Pjm et pni- ^aXJo ^Jj>u>, il me donna un coup avec V épaule.
1334
en pierres équarries et (comprendre aussi) une digue et
un mur de soutènement. Je traduis ainsi ^jyi: en pen-
sant à ^y^- Pourra-t-on recourir à l'arabe (^^? Hdr
Gloss. s. h. V.. Un village de W. Gerdân s'appelle ^g:>\yal\,
Arabica V pp. 228 et 255, et le nom me fut expliqué
par ^i^j^, murs. On voit que je suis bien incertain sur
l'étymologie de ^yi=x).
, c -
Un synonyme de _v:2X) est, en Beyhân-Harib seule-
ment, ,;;navL«: nisôh "^ala sabb et-tîn la yisilleh es-
s ê 1, nous le faisons afin que le sêl n'enlève pas la terre,
Beyhân. Hors de Beyhân, on l'appelle aussi àixlca^, v. d.
Berg le Hadhr. p. 282, 3 et note, ou j^^). Ce mot est
intéressant. C'est sans doute le babyl. mezah, ceinture,
et l'hébreu njp, ceinture, digue, Ges.-Buhl HWBp. 371,
et Bondi donne pour l'Egypte m s h, ceinture. C'est donc
un mot cultural oriental, dont le point de départ n'est
pas fixable. On est aussi tenté de ramener f^.>^, pi.
_LM*/it et p-y*^, cilice, à la même origine, malgré l'éty-
mologie de Hoffmann Z D M G 32 p. 760, Vollers ibid.
50 p. 649 N° 307. Le changement des sibilantes ne
ferait point de difficulté.
87, 22: lisez em-samà' et 1. 23, el-mâ'.
87, 25: Sur y>, o, et '^j voyez ITcJr Gl. s. v. et ici
Gl. s. V..
4) Cf. les ^^i (sirtg) d'un escalier en pierres 6ez. p. 7G, •: Hdr
Gloss s. V.
1335
87, 26: hurrug. ^^L=>, pi. _p., une hête à cornes,
bœuf ou vache, dressée au labourage, hête de labour, fum.
iê>.L>; le pluriel comprend les deux sexes. „j,j>, être
dressé au labourage (bête), = _y^". _j^, transitif. Ce sens
est-il un dérivé d'être opprimé, être oppressé, ou bien
o
doit-on y voir un rapport avec -j;>, collier, L A III p. 60
en bas, à cause du joug, .^ ■= ^^, qu'on met sur le cou
des bêtes de labour? De là vient sans doute l'algérien
^j=>, chamarrer etc., et l'algérien J -/>, préparer pour,
ne me paraît pas éloigné du sens sudarabique. V. Beaus-
sier s. v.. „j>=> en Algérie harnachement. Bel Djâzya p. 85
(t. a. p.).
87, 28: yisqaf. v^jiiii;, a, retenir, empêcher de s'en
aller. Yisûwûn ^'abâr (s. ^ubîir) yisqaf eramà^
minem-wâdi, on fait des canaux qui retiennent (col-
lectent) l'eau du loâdi. J ^jùLù, •= J tj:^_«.j, empêcher
d'avancer en lui coupant le chemin, faire face à, barrer
le chemin à qqn pour l'attraper, suédois mota et bas
allem. inoten = ^Jlc\ . ^J u>^.^ ^ dit un Datînois lors-
qu'un autre le devança et l'empêcha d'arriver le premier,
il m'a barré le chemin = ^l {j/Jûj, G 0. Autre ex. p. 660, s.
L'adjectif 'omânais ^jiai, que Reinhardt traduit, RO
pp. 63, 8, 64, 3, un peu librement par w/VV^ew^^ et pp. 173,9
d'en bas, 322, s d'en bas, par steil, est véritablement
qui empêche d'avancer. Schulthess, ne connaissant pas
bien la prononciation 'omânaise, a fait de ce sqùf un
verbe „UiJJ^, steil sein", U W p. 84, note 1, mais un
88
1336
tel verbe ne figure pas dans E, 0. Il n'a rien à faire avec
î.â.AûA, , rocher, ni avec f^p^, s'élever au-dessus de, = ^jâ^,
L A XI p. 56, e: P^pjl' otLjî, et ibid. 1. 3 d'en bas:
aJA> JJaj vjijtS v_M»J!; I. el-Qût. p. 77, lO: LàJLw oi-ii-*«
Un synonyme de w^ est Ui-^, i, qui est véritable-
ment plier. Ce v^jiïx: sudarabique me paraît être un ac-
couplement de oJ-ii + ^-" (^-AJj)) peut-être aussi un s a fa 1
de oii. s-àJi^, fendre, briser, pp. 360 et 1160 n., est plutôt
un développement de oi-ii. o!-«-^i-J' = v_>iixiit, se casser
(objet de verre, de terre cuite, etc.).
88, 2: yitlemô'. ^Jù', o, i, faire des sillons, labourer.
G
Le subst. jjlj' sillon, n'est nulle part dans le Sud pro-
noncé autrement, c'est-à-dire, pas jJLi. Syrie, talm. Hart-
mann LLW p. 47, Il a tilm pour „les fellâhîn d'Egypte"^),
de même que les dict. de Hobeiche et de Dozy. Person-
nellement, je n'ai jamais entendu ce tilm en Egypte.
Toutes les autres langues sémitiques l'ont avec t, Ges.-
Buhl HWB s. V., même le copte tlom. Fraenkel FW
p. 131 croit que ^i" est primaire. Possible, mais il y a
bien longtemps alors, car sous la forme tlm le mot est
devenu cultural à une époque éloignée. L'égyptien jji
[si cette prononciation est hors de doute], pèserait un
peu dans la balance. Mais il se peut que les fellâhîn de
1) »Fellàhîn d'Egypte" est, à mes yeux, un lieu commun, car les
felUihîn de la Haute Egypte ne parlent pas comme ceux de la
Basse Egypte.
1337
la Haute Egypte prononcent ainsi sous l'influence de JLi,
ce qui, à mes yeux, est pourtant très incertain. Encore
aujourd'hui, dans le Sud de l'Araliie, on entend quel-
quefois un o faible là où il y a assurément un o. Nous
savons que i^oo est écrit <c>^"-> dans les inscriptions
sabéennes, malgré l'existence du o sabéen. v^' 6st une
tribu de plus de 100 hommes dans le W. Dô'an en H(.lr.
Elle est indépendante et prélève le magbâ; elle habite
dans des huçûn et se dit originaire de Datînah. C'est
sans doute ce qui reste de l'ancien iDDD, Glaser N°. 1359/60,
1. 6, Die Abessinier p. 68, = wvlai'. Le verbe jjii, être
ébréché, est encore très vivant en Arabie ^) ; dans ie Sud
et en sabéen il devient ^Js = jCsS, Hçlr p. 362, p. 326
note, p. 324, et Ji est déjà classique, Praetorius Beitr. z.
Assyriol. I p. 43. jjs, brèche, Rôssler MSOS I p. 73, is;
Uàjî, être ébréché, ibid. p. 75, ic. Qâmoûs seul a ^àjî jJUsî
&xxXj>. Mehri filmât, SpUtter, Jahn M S p. 177. Je
demande donc donc, si ^' est la forme originale, pourquoi
cette prononciation ne se serait pas conservée dans les
milieux où le viy est toujours prononcé tel, t, et où t > t
n'est qu'une exception? Si l'égyptien JLj était primaire,
on le rencontrerait certainement quelque part en Arabie.
Une locution dans le Sud est: &IJ! ^jb" jjli" ool Lo, tu ne
marches pas dans le droit chemin, en guise de reproche.
Le *Ut ^■, le sillon de Dieu, joue un grand rôle chez les
1) »En Beyhân-Harîb" il y a même l'intensif (t-fc^.
1338
Arabes méridionaux, Nous avons déjà vu, p. 457, que
„le sillon votif", ''^Ji_yl\ jjû', c'est-àdire le produit d'un
sillon, est consacré au sanctuaire de l'endroit. Au village
d'el-Hagêr, [-.j:^uJI, la petite ville], dans le pays de Marhah,
habitent les Ahl 'Atîyeh. Ce sont des masâih, descen-
dants du welî Muhsin b. Hoseyn qui y est enterré;
4 hommes. On leur donne trois j.^Ljf, sillons, de chaque
propriété rurale. En revanche, ils offrent l'hospitalité aux
voyageurs. Les Bédouins du Nord, chez qui il n'existe
pas de masâîh (descendants de familles himyarites) ')
et où les sanctuaires sont fort rares, exercent l'hospitar
lité publique dans le .Jl^ ou à*--^-
88, 3: 'ageb hâda, \JsS> ^-^Jic, est une locution adver-
biale qui n'est pas employée dans notre dialecte, = ]Sj> Juu
ou -iJsjii Dt, ^ijou, Hdr, = -^^JH, 82, 18, mais elle est cou-
rante en Hdr, Hdr Gl. s. v., en 'Oman, R 0 p. 7, a d'en
bas, au Yéman, dans tout le Nord et chez les Bédouins
de Syrie. Je la trouve très souvent dans mes textes
bédouins du Nord, aussi sans le pronom: ^•r'^, "ugëb,
même 'ugbin ou 'ugban, comme Socin Diw. I p. 298, i7,
p. 296 W 1. 6. En Hdr, on dit de même ^Jik, H(Jr
p. 278, 4, ou ! j w^iic, ibid. p. 286, s, g = 4^> ^'bid. p. 456.
o —
L w^Ji£ conj., après que, est employé là où l'est w^c.
Dans Hdr p. 454 et p. 771, j'ai tâché de prouver que
\) Dougtliy II p. 522 parle de »tribus d'asrâf" dans le Higâz,
mais il faut voir si ce sont là de vraies tribus, comme celles des
niasâib du Sud. Cf Musil A P III p. 73 en bas.
1339
la désinence des particules telles que À*j1), JJi, vjy
est originairement le pronon personnel cristallisé. Elle
était d'abord longue et, comme telle, s'est conservée en
éthiopien, Dillmann, Gr. Àth. Spr. p. 431 en bas, et
Praetorius, Gr. § 158, qui la considèrent aussi comme
un reste pronominal, contre Barth Z D M G 46 p. 706.
Une telle opinion n'était pas non plus tout à fait étran-
gère aux grammairiens arabes, Jahn-Sîb. I, ii (Erklârungen)
p. 13 Nos. 24 et 25, I. Sîdah XIV p. 82. Le ba'da
tunisien, ensuite, Stumme T Gr. § 173, est sans doute
slXjÇ, prononciation bédouine du Nord et surtout du Sud
(excepté en Hdr, oii ba'duh), comme le tlemcenien
''âda = 'âd, l'est pour ^j»!c, Marçais p. 182. Brockelmann
V G S S p. 462 voit en jfli etc un locatif, opinion qu'on
ne partagera probablement pas.
88, 3: yineffô'. ou, i, semer. Le Qâm. seul a
LPjlXj [jop)\ v^. C'est sans doute au Yéman que Feyr.
l'a entendu, car on ne le dit pas à l'est de Beyhân, et
effectivement nous le rencontrons dans ôez. p. 199, 20 =
ici p. 1320. Dans notre dialecte, c'est 1° souffier en sif-
flant (vent), avec le diminutif -^xs.i, éventer, souffler sur.
o^. LisJsJi ^ ,_àJ , souffle sur le (manger du) souper
pour qu'il se refroidisse. .UJ! J^ ou, éventer le feu =■
Nord ^LJ! o^, "^Anazeh, d'où 'sJùa, pi. oJ-*, éventail en
1) Sur lX*j Lof, Boh. II p. 10 a un Ions chapitre: J. ^i rjA *— >Li
tXxj La' tLAxj! JSaj JUlir^JS. Il paraît que c'était une locution favorite
du Prophète.
1340
"azaf pour éventer le feu = ic>3U à Aden. 2° pleuvoir
fin, bruiner, comme dans toute l'Arabie. ^^J.i, pluie fine,
bruine, Stace p. 52 s. v. drizzle et p. 155 s. v. shower,
Rôssler M S 0 S I p. 66, s, ce qui est ^'uâÎ en Syrie :
la pluie fine, bruine, lorsqu'il neige dans la montagne^).
3° repousser brusquement, loegstossen. ^y^K^ ^W=>î ^X\
^Jo^^i , A. me saisit par le bras, mais je l'ai repoussé.
4° donner un coup transversal, marquant le mouvement
du bras. Le bédouin nordique 3^, renifler (bête), peut
bien être le même verbe, ou une formation verbale de
vjut, D}<. Les développements verbaux de Jl^ sont nom-
breux. C'est ainsi que presque tous les ni se rencontrent
aussi dans un J-xj analogue, comme wà-i et ;^, ^ et Jc«->to,
yo et ^^, Âî», lilA^ et j.lX.5', etc etc. Je veux seule-
ment relever ici ^^sj, i, expidser, chasser, et ^_^î, se
sauver, comme dans ce verset de Dô'^an (suite de la
p. 1279):
1) Par contre, Oj-iÀJ, bruine, de Dozy S. n'est pas connu en
Syrie. C'est un sens forgé de Boqtor. C'est tout au plus un diminutif
de \«Ji*J ou do v»iji. On chante à Damas:
iU! i^Lii L« ]y^^ ij^'^ [i ôy^3 ^JJt.'i s^JLs^J! sJsP
Ma mignonne est cette gentille petite femme dont les boutons pro-
clament Vunité (T Allah. Cette douce fait des mignardises en disant:
A
O gens! dites: Cest épatant P''
2) Faute de mètre.
1341
Pour moi ils n'ont pas labouré, aussi ne m'ont-ils
[fait aucun bénéfice.
Lorsque j'ai vu la contrariété] c'est que je me suis
[sauvé (d'auprès d'eux).
Dans le Nord, ^jù a déjà ce sens de ^ = o_b. La
célèbre qasîdah d'el-Hôtrôbî ("Anazeh) porte (chantée):
\^yo>yo o.^ (^ LJ! J^* L-w^ Jotit 12
i^azs cZes exploits : peut-être seras-tu accepté après avoir
[été chassé!
Et maudis une vie qui n'abrite pas au jour de la
[lutte.
Paraphrasé par Oj^ u^^ty:
A l'est de Beyhân, pour où, semer ^ on dit wo^o ou
^.ô, Hdr p. 189 et s., mais ce dernier verbe s'applique
surtout à la manière de semer avec la ^UaIï, décrite Hdr
p. 297. Le verbe correspondant du texte datînois ^^^,
expliqué Hdr Gl. s. v., est presque une glose de ^^, car
^. est asperger, comme la pluie lorsqu'elle ouj, et
l'idée intrinsèque de uù doit être disséminer, répandre,
éparpiller = Sud ji;^; cf. cl. tjijsù, vanner, Tsih.l p. 1090.
La même idée se trouve dans ^.S, si l'on compare y;,
^/> y» L^y» "''N j^> ~^^-> jji^ ''^-' jjy tj)^ ^y» ^J)^
piî, yo, etc., pour lesquels on n'a qu'à consulter mes
Glossaires.
1) Obs. \2\:
1342
88, 13: yintahôh. ;?Jo, a, arracher, déraciner p. e.
herbe, arbuste, etc, Stace p. 125 s. v. plucked, = Beyhân
v_juj, 0, qui, en Dt, se dit plutôt des poils, d'une épine,
etc, I. el.-Qût. p. 274, 4; = ;jiJo, Hdr p. 484, i (n'im-
porte quoi). Les trois verbes sont aussi classiques. Dire
des balivernes^ ;^, foolish talk, Stace p. 67. Il y a plu-
sieurs autres développements de c>o, qui tous reviennent
à l'idée de tirer avec force, arracher.
1° .iOo est par Buhl, H W B s. v. pn;, comparé à vJUj,
voyez plus bas; il veut sans doute dire que c'est une
variation phonétique de oi>j. Les deux verbes se ren-
contrent seulement dans le sens class. et dialect. de
mettre bas et de aider à mettre bas, LA. .iOUj" s.U-J!, la
' Cl. , > • '
vache met bas, Dt. Si à l'origine ..^ se rapporte à la
manipulation de faire sortir le petit de l'utérus ew le
tirant, cela échappe à notre appréciation. Ce n'est pour-
tant pas impossible.
2° i^, déjà expliqué, = ,jiJo, ^àxj et ^y, class. et
dial, et class. ,ji>.«j, LA IV p. 27, s et s., mehri netôh,
herausziehen, ausreissen, Jahn M S p. 218.
3° yj, 0, tirer cl soi avec quelque violence, zu sich
reissen, class. et Dt; mordre avec violence, Dt; mehri
netôr, loegnehmeti, losmachen, abladen, Jahn M S p. 218;
Egypte: tirer, d'oîi Sii^ et y:J-ii , Eg., déchirer qqn d
belles dents, Dozy. C'est l'hébr. "ini, voyez plus loin. Eu
Syrie : ^, o, et ;coî , s'eti aller fâché (A=»î ^J^ ou ^^ q^).
~ 0 5
é-XA »;>j^ j\ „3 va-Ven, je suis fâché contre toi, tu m'em-
bêtes ; cf. V. Kremer Beitrage z. arab. Lex. s.v.. -^A^-j j.^ jo,
il enleva le fardeau d'un coup, Syrie = oj , Syr.. L'égyptien
1343
yo, anschreien^ anrufen^ engueuler^ v. Kremer, 1. 1., se
retrouve déjà dans l'égypt. c>J, anschreien, Hartmann
LLW p. 105, 114; cf. ùber Jem. herziehen.
4°. ^jiJo, Nord, Sud et class., = ;,-oo, arracher, Sud et
class. = iji>.ai, class. L A YIII p. 646, p. 5, g d'en bas ;
Eg. agripper, Spitta Contes Gl. s. v.. sXa ,^c^^i' kJ^'*^^
il lui arracha le garçon, Syrie, = %^. Fraenkel F W p. 137
veut que yixj soit un verbe d'emprunt à cause de îi'n:,
6t .^AJ) arracher; mais, selon moi, ce verbe fait partie
du vieux fond sémitique comme tant d'autres où figurent
le s commun. Si yiJ6 était limité aux dialectes du Nord,
j'aurais quelque doute, mais il est tout aussi courant dans
le Sud, et cela donne à réfléchir. Il a donné ïipi", des-
truere, evertere, en éthioqien.
5°. «oj, en Syrie, arracher, tirer avec force. v_jU<i! txj
_.t.3, il arracha, chipa le livre et s'en alla, er riss das
Buch zu sich, Syrie. nCs^^ J^ *aj, il enleva seul le
fardeau d'un coup, riss weg, Syrie, comme l'exemple de
Cuche-Belot „MUi't J.i: \x:o, il l'emporta sur ses épaules,"
mais dans cette traduction la nuance ^'arracher, tveg-
reissen n'est pas exprimée; eum in humeros abripuit
ou eripuit rend parfaitement la phrase. ^_^^\ ^Ls^' <^,
il hocha le mors de la jument en tirant dessus, Syrie, =
^ et Oii^- Au fig. o^;^ ^J>'^^=> ^:j^Jf^ = ^J:^.J^ o^.U>
ou ^^ .o o^-o-", je me suis arraché de là et je suis parti,
ou simplement j'ai détalé, ich habe mich weggepackt. Le
kX) classique a un tout autre sens. Il ne se trouve pas
non plus dans le Sud, où il y a sa prononciation empha-
tique, à cause du ^: ^, attirer à soi brusquement,
1344
arracher, wegreissen, zu sich reissen, ici pp. 23, ic, 47, u,
1027 et Arabica V p. 15 note, et ibid. Gloss. s. v.. Dans le
Nord, «laj est voler, abripere, eripere '), = Jlij, Prov. et
Dict. p. 113, Socin Diw. Gloss. s. v., = cAj "Anazeh.
Wetzstein ZDMG XXII p. 75, s a cette phrase: ujÀiij
J-JJ1j_»i *JiIi-o vU^iLi aJJ! JaXJï5 vJj—wJt &jo x^+j sjjIô yi^cLi ^ LJt
_^, et il se lança en selle, et voilà qu'il était sur son
dromadaire, qu'il dirigea dans la direction de Vest et
partit sous la protection de Dieu. Pendant le jour, il lui
(dromadaire) Piochait la bride et la nuit il se reposait, et
ce fut paraphrasé par ^Lw, ibid. p. 121, ce qui est une
paraphrase à peu près seulement ; voyez une phrase ana-
logue p. 1343 avec ^. Nous avons donc ^ki dans le
même sens, aussi bien chez les Bédouins du Nord que
chez ceux du Sud. Cf. Ui, class., dans quelques acceptions,
comme 1^ = ^ù. C'est l'hébr. î^n:, vn:, démolir, détruire^
et le syriaque ^îv^aj? tirer.
6°. ^juXJ, 0, class. et dialect., partout, arracher *), =
vjîjo, j(J^\ •^JOJJ, les cheveux tombent, p. 84 note Dt. =
Jj^ Dt. = class. iai*:)-, Boh. VII p. 32 d. 1.. Yôm ti'sil
râsak yitnàttaf sà'arak lâ^ saqq, lorsque tu te
1) ^__^^^ et ^c^"*J', voler, Syrie, est pris d'une autre image,
n'étendre ou élcndrc le bras pour chiper (un petit objet), weg-
escamoliren.
O O )
2) De là le syrien isLàjG [voyelle iLâJo par les puristes] et son
i r. >
diminut. i^y^, Prov. et Dict. Gl. s. v.. Le 'xJuù do Dozy, d'après
Bc, do sens égal, n'est pas pour iLàJLJ, mais un tout autre mot.
1345
laves la tête, les cheveux tombent tout à fait, Dt. Cf. wsLi
ici p. 798, note 1.
7°. Jéxj = ^xj, arracher, tirer, secouer, class. L A ; ce
sens est inconnu dans le Sud, où oUj! est remplir, v- p. 1026
note, mais en Syrie ') c'est tirer, p. e. la bride du cheval
pour le faire marcher, comme ^ et ^. pn:, et nni,
abreissen, loegreissen. Par contre, le classique
8°. èJ^, que L A XII p. 338 dit être yémanite, arra-
cher, se trouve en mehri nêtok, mordre, Jahn M S
p. 218, proprement arracher les morceaux de viande
avec les dents. C'est une prononciation du précédent.
I. el-Qût. ne l'a pas.
9°. Jju dans la lurah ptÂï ^i ^^, L A et Qam.,
herausziehen, et aussi intr. s'avancer, heraustreten =
JjjiXwt, Tab. I p. 1319, s, = ^3^, id. et L el-Qût.
p. 272, 5. Dans le Sud, c'est happer, wegreissen, ici p. 1027.
Intens. : J^, Stace p.p. 159 s. v. snatched. Barth, ZDMG
43 p. 188, 3, traduit Jjo par hervorspringen, en citant
I. Hisâm p. 444, 5, ce qui est très juste, car nous avons
dans ce verbe justement les deux courants sémasiologi-
ques dont je parlerai plus loin. Mais il a certainement
tort lorsqu'il dit, o. L, que l'hébreu iHi, aufspringen,
avec son intens. ini, hilpfen, n'est pas l'arabe i^yJ:
l'arabe a envisagé un effet particulier de la racine, tandis
que l'hébreu applique celle-ci à une autre phase de l'action
primaire. C'est la direction sémasiologique qui est différente,
nullement la racine elle-même. Cf. pp. 798, 1027, 1245,
1346/7 sur vi>^j et iaj. JJo, tirer le seau du puits, =
i) Aussi vumir, cf. OuaJ, pcu'ier, prononcer, v. p. 511.
1346
_ii, ^o;^, -.j, Hdr p. 253 et s., happer, enlever brus-
quement ^ ^^ et ^X^us>\ I. el-Qût. p. 274, is et s.,
LA: = J^^)» n'est qu'une prononciation de Jjo, avec
changement des dentales, si ce n'est que dans le premier
sens ce pourrait être pour ^Aj, sortir. Vl^, voler, pro-
prem. eripere, seulement dans le Nord, Haurân et Bédouins,
= «iaj Sud, Arabica V Gl. s. v.. Exemple ici p. 505, 7
d'en bas, Socin Diw. Gl. s. v.. iJGj, vol, direptio, Prov.
et Dict. p. 114, Arabica V, p. 125, ii. Jiii, voleur,
brigand, direptor, "^Anazeh, = JJaî ''Oneyzah. Burckhardt,
p. 142, a „netâl J'oJ" -), qui doit être jlli. En Hdr et en Dt,
JJii, tomber, se détacher, ici p. 1027 ^). En Dt, yj,tirer,
tramer; aussi Nord Socin Diw. Gl. s. v., et son intensif JjJLj".
Si l'on joint à cette liste la forme emphatique et ses
dérivés, ici p. 796 et s., p. 1027 et s., on pourra facile-
ment élargir le nombre des verbes de cette racine. Or,
on demandera comment on pourra concilier des signifi-
cations aussi disparates que celles de o'^i, Jaj, faire un
bond, sauter et arracher. C'est que le sens primitif est
le mouvement brusque qu'on fait, soit avec les jambes, en
faisant im bond, soit avec la main en arrachant. Ainsi,
i) Cf. le sudarabique J»:^ transporter , décharger, v. Gloss.
2) Cela provient de l'éditeur.
3) 3«ïjj en ^Omân, appliquer les bandes qui attachent le canon
du /usil au fût, RO p. 303, *. ilLù, bracelet pour les pieds, ibid.
p. 70, - d'en bas, p. 388, *. La provenance de l'égyptien iL-w^ ou
JlLîax, seau pour l'arrosage, ne me paraît pas claire, Vollers Z A
IX p. 182.
1347
dans l'arabe y6, le mouvement brusque a été appliqué
à la main, ce qui a donné arracher, tandis que dans
l'hébreu in:, ce mouvement est accompli par lec jambes,
ce qui a donné sauter. L'arabe ^, sauter, pp. 798 et
1244, est le même verbe, mais la prononciation emphat.
y a prévalu '). La marche sémasiologique est la même
que dans l'allemand springen, sauter, et le suédois springa,
courir. C'est là la philosophie du langage, intimement liée
à la linguistique, car sans celle-ci on est facilement dérouté.
Ainsi, l'hébreu in: fait partie des racines homonymes.
C'est 1° se lever d'un hond^=.é ou ci, et alors =
l'arabe yo, oii cependant le sens a pris une autre nuance ;
2° Hiph. délier, aram. tomber, abfallen, et alors =
l'arabe yj.
Une autre synonyme de j^oo, oui est u^, o, arra-
cher. «Loo*]! ,jaxi J.^î, le torrent a arraché les arbres.
(j;£3Ls, intens. ou itérât.: ^3^ ^j^ vj^' ij^^ J^^'j ^e
torrent a déraciné les jujubiers par son impétuosité.
<X-=>i [j:lx£, gasconner, dire des rodomontades, p. 1035
note, ^ya^î ^jn*xs) r= (ji2Jiflj!^ le huçn s'est écroulé = c^jc^t.
(jiaxxïi 0^ ou tji2*iiJS, la montague s'est éboulée. o-A^jiiij!,
o
8i-Uàji, la branche est (a été) arrachée. Inqà'aiet em-
1) p. 798 je demande si -liJ est un développement de -^ on de
•jo. Cette demande n'infirme nullement l'exposé ci-dessus, car c>-J
est = -iii, et *i est = Jj, v. mes Gloss.. oo -f- j' peut donc
faire -^J, corne -LaJ -j- _b peut faire JaJ, la prononciation emphati-
que de o fait la seule diflérence. Ce qui se produit en ai'abe, 80
produit dans toutes les langues sémitiques.
1348
''aîah, l'arbre est (a été) déraciné. On coupe une branche
qui i>^«û>u, se détache de l'arbre et tombe. Le classique
ijiixJs est plier un morceau de bois, (j^^ju est un déve-
loppement de ijci, 0, démolir, Qâm., t>çJiJ" = {j^'j, L A
IX p. 90 et 91, 11 d'en bas, sens dérivant de^i^i, casser.
88, 17: gabb = jJi, voyez p. 432.
88, 21: lisez: 'ôtub.
40 a.
Les Hammam font partie de la confédération des Ma-
hâ^ir, ^LsxJ!, dont j'ai parlé Arabica IV p. 41 et ss..
Ils campent au N. d'Ansâb et dans el-(jrûwân^), Ara-
bica IV p. 43 et ss., Arabica V, pp. 33 et 249. On les
trouve également en Marhah. Ils se disent frères des
Morrah, qui sont fort répandus tout autour du Hub" al-
Hali', aussi bien dans le Nord que dans le Sud, en
"Oman et dans el-Hasâ. Selon eux-mêmes, ils descen-
draient comme les Nisiîn et les Halîfah des Béni Hilâl.
Les historiens arabes disent que Hammfim était le fils
de Morrah, Ahlw. Asma^iyyât N° 33 v. 6. Les deux étaient
donc des personnes historiques. Il y a tant de Morrah,
qu'il est bien difficile de débrouiller leur généalogie. L'auteur
de la Turfah dit que les Morrah faisaient partie des huit
aqyâl électeurs, appelés K>LxLiIt, qui élurent les rois des
^imyar, et il' ajoute : ^ ^j^ JJLi fS-i^^*) , leurs enfants
sont des tribus' des Himyar. La tribu avait donc le nom
de son chef, ce qui confirme l'opinion de Nôldeke, Z D M G
41 p. 158 et s., et la mienne Arabica IV p. 51, comme
les Fa(.llî, les Wâhidî et les 'Awâliq actuels. Cela n'ex-
cluait probablement pas le vrai nom de la ou des tribus
1 1) Les Ilammi'lm prononcent el-Gaw, les autres, plus loin dans
l'Intérieur, el-6û'.
1350
qui faisaient cause commune avec le chef, ainsi que c'est
encore le cas des tribus des trois collectifs susmentionnés.
Selon la Turfah, les Morrah étaient les frères des Lahm,
des As'^ar, des Tayy', des Madhig, des Kindah et des
"^Amirah "), tous descendants de Kahlan. Il n'est pas im-
possible que les Morrah soient venus primitivement de
l'Arabie du Sud, où ils avaient entre leurs mains le com-
merce de ^Lijtj p!, Tab. I, p. 1981 ^), Hdr p. 496. Un
individu était un ^ya, marchand de y», et le collectif ayi
est comme a^, aJuLS', ay^:, etc. Si cela est vrai, on
s'explique pourquoi les Morrah étaient répandus, et le
sont encore aujourd'hui, dans le Sud et dans le Nord.
Ayant commenté avec les indigènes les chapitres de la
Ôézîrah et de Turfat el-Ashâb qui se rapportent au Sud
de l'Arabie, j'ai constaté que
1° plusieurs tribus existent encore et souvent dans
les mêmes contrées qu'autrefois, p. e. ^Olah, Nalia*^, Ba
Ba\ir, Sa'd, 'Abâdil, ^Aqarib, Karab^) etc;
2° d'autres, à présent disparues, ont laissé leurs noms
à des localités, H(Jr p. 195;
3° quelques-unes survivent par quelques familles, sou-
vent réduites à quelques personnes seulement; p. e. les
Mùslieh, qui autrefois étaient une subdivision des Madhig,
1) Tous existent encore, soit dans le Nord, soit dans le Sud, v.
Index sous ces noms. Il ne faut pas confondre les Hammam avec les
Humûm, Hdr p. 212 et s, que v. d. Berg, Le Hadhr. p. 57, appelle
el-Homoum!
2) Où l'éditeur voyelle incorrectement.
.3) D'après la Turfah, les '^Aqârib, les "Abâdil, les Karab et les
Marnln descendent de Haulân b. "^Amr b. Elhâf b. Qodà'ah. Les
Marrân ont disparu, mais le nom persiste dans celui de W. Marrân
aux pays des Mayâsir de Datînah.
1351
selon la Turfah, et dont il y a encore cinq familles à
el-Bêdâ, chef-lieu d'ed-Dâhir. Des B. Koleyb, (jez. p. 96, 17,
il y a encore dix personnes aux villages d'el-Butân et
d'el-Muharrabîyeh près d'el-Qarn, Gez. 1. 1., couverts de
leurs husûn ruinés. C'est un long chapitre. Les survi-
vants de ces tribus ont le nom de se h. Il y a des tribus
entières dont les membres sont aussi appelés masâih,
p. e. les Bâ Dâs, les Bâ Bahr et les Brêk à âabwah,
Arabica V, Index ;
4° quelques-unes ont émigré vers le Nord où elles se
sont éteintes ou se sont assimilées à d'autres plus puis-
santes ;
5° quelques-unes se sont fusionnées avec d'autres dont
elles ont pris les noms;
7° la plupart des tribus paraissent tirer leurs noms
de celui d'un ancêtre, comme je viens de le dire. Cela
n'est cependant pas facile à vérifier. Pour quelques tribus
cela est certain.
Le Prophète a dit : ^Cj^^ aJJî Jox 2JJÎ ^\ ^ U**^! C*^' L A
XVII p, 107, u, ou, selon une autre version, o'Aoî
^L>5 iL'TjUi £Uw^M, Nihâyah IV p. 254. Hamraâm était
donc un nom de personne courant. Les subdivisions des
Hammam sont:
l'' Al Ho se y n b. Mohammed, aI=>* ^^J q^t-*^ Js.
100 hommes environ.
2° Al Ô ami an, ^^ Jt, 20 h.. Une partie habite
au village di ^omâr en ei^-Dàhir, où elle forme une
fahîdah des Al Farag, de la tribu d'Al 'Azzan, de la
confédération des Banyar.
3° Al Diyab. ^\j3 Js, 100 h..
89
1352
4° Al Tâlib b-Hasan, ^j^ ^ ^[Id jt, 120 h..
5° Al Misfir, /le Ji, 150 h..
6° Al Bû Tehêf wà-i ^ 3, 80 h.. Ils sont venus
de Harîb, où existe encore la branche principale, Arabica
V p. 102 et s. s.. Une autre partie s'est incorporée aux
„Tribus des "Awdillah" d'el-Kaur, ^^! iJjjx JJ'w-Js, où elle
constitue une tribu importante avec plusieurs subdivisions.
Les noms des husûn qu'énumère Maltzan, Reisep. 280,
sont ceux des subdivisions, très écorchés et inexacts.
7° Al Hagrî, ^^^^ Jî, 40 h..
8° Âl Kahwal, J^/ jî, 70 h..
On peut donc, avec quelques recherches, poursuivre la
dislocation des tribus et leur absorption dans une autre
collectivité.
Comme le palmier SS est fort répandu dans le Sud,
plusieurs tribus bédouines pratiquent l'extraction de la
sève. C'est leur vin lX-mj. Les Bâ Kâzim sont célèbres
sous ce rapport. Outre les Hammam, d'autres tribus des
Mahâgir s'adonnent à cette boisson. Ce sont surtout
celles qui habitent des tentes à poil et sont loin des
yeux des sâdah orthodoxes. Telles sont:
r les Al Bâ Mussallam à Wadi el-Hi^r, habitant
à el-Fâri'ah dans W. Hatîb, 100 h..
2° les Al Bâ Kilwah à W. Radhah et à W. Ra-
mân. qui se versent dans W. Çatîb, qui est la partie
haute de W. 'Abadân, 130 h..
3° les Al Bâ Gûwâs habitent avec les précédents
et à W. el-Haddân, qui débouche dans la partie nord
de W. yatîb, 30 h..
1353
4° les Al Laqît habitent aussi avec les précédents
et dans W. 'Abadân, 50 h.. Une branche a émigré en
Marhah, où elle s'est amalagamée aux Nisiîn. Les
Laqît se distinguent par deux choses: leur prédilection
pour le vin de palmier et leur fabrication d'objets en
^azaf, folioles de palmier^ v. p. 605. C'est que leur
pays est couvert de nasr. On met le corUllon, Jôi,
le soir sous le v^'^» ^t le matin de bonne heure, on vient
boire le vin ^4^' -^■*^- Avec un peu de durah grillée,
le Bédouin est alors au comble de son bonheur et s'enivre,
bien entendu. Lorsque les caravanes passent sur le terri-
toire de ces tribus bachiques, on est invité à cette
bamboche matinale par: "agi! ^) srùb stabàh ma^na,
dépêche-toi, bois avec nous un coup du matin! On peut
aussi voir comme ces gens-là ne sirotent pas, mais sablent à
même le corbillon et s'enivrent vite. Il n'est pas rare
de trouver un Bédouin de ces pays-là couché par terre
en train du cuver son vin.
Jacob, dans son A B L, parle au long du vin de raison,
mais il ne mentionne le nabîd qu'en passant. Il y discute
la défense du vin par le Prophète. Le vin . tourné en
vinaigre est permis, I. Sa'd YIII p. 356. I. Sîdah XI
p. 65 et ss. a de longs chapitres sur le raisin, le vin,
le nabîd et tout ce qui s'y rapporte.
-♦3. est le vin de raisin, soit notre vin, tandis que <\^
est une tisane de raisin sec, de dattes, d'orge ou de miel, I
Sîdah XI p. 90. Le Prophète buvait le nabîd de raisin sec,
I SaM IV II p. 17, 2 et s.. 'Abd Allah b. 'Omar el-Hattàb,
1) = Dt. ^^Jot«..
1354
homme extrêmement pieux, emportait une fois en voyage
deux outres pleines d'eau et de nabîcj, dont on pouvait
boire, I Sa'd IV ii p. 109, 20 et ss.. D'après Boh. III
p. 136, jo [wSjJiit J. ^ w^uo ^L], on buvait du vin chez
Abu Talhah, et Anas faisait office d'échanson. Le Pro-
phète ordonna alors à un crieur de proclamer dans les
rues la défense du vin, et Abu Talhah fit couler, dans
les rues d'el-Medînah, le vin qu'il avait. Anas, qui ra-
conta cela, ajoute: ^^yucoâit jJ^^-j ^~-*-=> ^'^3, et leur vin
était alors le fadîh, décrit par I. Sîdah XI p. 90; Nihâyah
III p. 204. L A IV p. 14 donne aussi ce nom au jus
de raison, mais cela est contredit par L Sîdah XI p. 73, c.
Le jus de raison n'est pas défendu et se boit encore
beaucoup dans les milieux musulmans, surtout chez les
Turcs. Cette sobriété du premier Islam ne dura pas long-
temps, car déjà ""Abd Allah b. Hasan b. Hasan b. Hoseyn
b. ^Alî était grand buveur de vin à el-Médînah, L Sa^d
VIII p. 347 et s.. La famille même du Prophète enfrei-
gnait donc la loi établie.
Le Prophète avait des précurseurs dans sa défense
du vin. Une inscription palmyrène, rédigée par un Na-
batéen et publiée par Littmann, Semit. Inscript, p. 70 —
75, parle du Dieu ^Jil\ ^^) des Arabo-Nabatéens qui
était, selon Dussaud, vénéré dans le Çafâ et dans le Sud
du ôebal Haurân. Elle l'appelle le dieu bon et rémuné-
rateur, qui ne boit pas de vin. Strabon 7, 3, 11 parle
d'un ensorcelleur Decaeneus qui acquit une grande influ-
ence sur les Gètes, renommés pour leur ivrognerie, de
1) Lidzbarski Ephera. I pp. 332 et 345, II p. 39; Dussaud Les
Arabes en Syrie p. 153 et ss.; ici p. 450, p. G47 et p. 719.
1355
même que les Scythes, les Thraces et les Slaves. Ce
Decaeneus avait passé longtemps en Egypte, où il avait
appris l'art divinatoire. Il ordonna aux Gètes de détruire
les vignes et de vivre sans boire de vin. Ce qui fut fait.
On ne saurait séparer le vin des vases où il est con-
tenu et dans lesquels on le boit. Or, plusieurs de ces
noms se retrouvent en Babylonie. Je cite seulement les
suivants :
1° Le signe cunéiforme z i g signifie, selon Halévy 0 S
Festschrift Nôldeke p. 1028 (selon Del. Gr. p. 35 zik/k,
outre, de ziqqu, outre, qui se trouve dans les autres
langues sémitiques. oJ! j.o, le sang de l'outre =z vin,
^amâsah p. 559, is.
2° A nu, vase, ici p. 899.
8° Dan nu, voyez Hdr Gloss. s. v. ^J. Cela a donné
tonne, tunne, tunna, etc, Kluge E W B p. 394, Hehn.
Kulturpfl. p. 557.
4° Kâsu, vase, coupe, jatte, écuelle, Hunger Becher-
wahrsagung pp. 7 et 12, Meissner Suppl. p. 44 a; DÏD,
coupe = ^JJ^ (J^), Ges.-Buhl H W B s. v.
5° Kappu, coupe, dont j'ai déjà parlé p. 757 et s.,
avec tous ses dérivés dans les autres langues sémitiques,
Çdr Gloss. p. 697, et aryennes, Hehn Kulturpfl. p. 314.
6° Kannu, vase pour le vin, Veau, etc, Del. HWB
p. 339 d'où ]z>. ap, Ges.-Buhl H W B s. v., Hommel A A
p. 225 '), le b. lat. canna, le germ. et scandin. kanne,
kanna, le fr. canette, Kluge o. 1. p. 193.
7° sJ^ sur laquelle on lira ici p. 749 et ss., du pro-
totype Tawûz > Tamûz > taws.
1) L'ararn. |-i,-i, nidua, ne vient pas de là.
1356
8° Bansur, Halévy, OS. Festschrift p. 1026, = pâ-
sûru, passûru, le ^y^ et le yi arabes, le pâtra in-
dien, coupe, jatte, déjà traité p. 622 et s. ').
Le vin s'appelle en babyl. sabû, Del. HWBp. 355 et p.
489, Zimmern K AT p. 650, Streck, Babyl. II p. 212 note.
L'hébr. a N3D, boire du vin, Zimmern o. et 1. 1., et l'arabe
L-w, acheter du vin pour le hoire% de même que L-w,
iL-w et ii^v>-^, vin. isL^^ est à présent dans le Nord une
boisson faite de riz fermenté, Doughty Travels II p. 169.
i^^^^Lv = .Ui>, Kâmil Mobarr. p. 74, * = LLw L A I p. 87,
1, 2, tandis que N'rb est buveur. Le sabû babyl. pour-
rait bien signifier la boisson par excellence, soit le vin,
par analogie avec l'arabe v'/^- Nous sommes donc en
droit de nous demander, malgré la note de Halévy OS
Festschrift Nôld. p. 1022 que „la présence de N* [dans
i<2D] plaide en faveur de l'origine occidentale du mot",
si le nom pour le vin, qui a accompli sa marche triom-
phale à travers le monde, n'est pas un mot cultural
commun sémitique dont la source primitive est encore
inconnue?
1) iùL*^, tasse ou écuelle en bois des Bédouins de Syrie et des
Negdites, Iluber Journal p. 134, est chez Dozy S., et d'après lui
Vollers Z D M G 51 p. 322 v^j "^^'s la gémjnation est erronée.
Ces deux savants lui attribuent une étymoJogie germanique hnnp,
hanap, qui se trouve également dans les langues italienne et fran-
çaise, en grec Kvii^oi, et en sanscrit kumbha , Kluge cl. s. v.
Humpe. Mais j'ai de la peine à croire que le negdite hanâbah
[ehnâbah] puisse venir du mot germanique, et, à causedu sansciit,
il faut lui chercher une «''tymologie ailleurs.
2) Exemples chez Noldeke Funf Mo'all. II p. 85.
1357
Sur ce mot et ses différentes formes dans les langues
sémitiques et aryennes, voyez, outre les auteurs cités
dans Ges.-Buhl HWB sub. ]V-, Hommel A A p. 94,
p. 102, Hehn Kulturpflanzen p. 90 et ss.. Je crois que la
question, malgré tout ce qui a été écrit sur ce mot,
n'est pas encore élucidée. Tout consiste à savoir d'oii l'on
a d'abord tiré le vin du raisin, car c'est de là que le
mot doit provenir. P. Jensen, Z D M G 44 p. 705, a
prouvé que le mot inu pour vi7i appartient au plus
ancien dictionnaire sémitique à nous connu, le babylo-
assyrien. Là, il est synonyme de sikaru, boisson eni-
vrante^) dont la racine Xw, "i3tt^, être ou devenir ivre,
se retrouve également dans toutes les langues sémitiques
et même comme emprunt dans le grec (rUspcc, LewyFW
p. 81. Malgré tout cela, il n'est pas, logiquement parlant,
absolument sûr que inu, waynu, soit d'origine sémitique.
Il peut aussi déjà être soumérien, comme tant d'autres
mots. En tout cas, il est un peu trop osé de la part de
H. Lewy SFW p. 79 de statuer que ohoç ne peut
venir d'une langue sémitique. Quelques endroits dans le
pays des ""Awâliq et des Rassâs s'appellent encore di
Wayn, ^], ^3. Les anciens Sémites étaient, à ce qu'il
paraît, de vrais Falstaff, et le commerce du vin a dû
être très florissant. Le ^=>\j avait, outre les femmes et
les objets de luxe [= s^l^^", R 0 p. 230, j], aussi, et
principalement, le vin, Nôldeke Fûnf Mo'all. ii p. 27 ').
1) Xw, vin de dattes, LA VII, 19, ^ d'en bas.
2) Un 'Anazî me définit une fois un jcl^, poète, ainsi : lXsLj ^^^t
1358
^^, dans le sens de transporter le vin, faire le marchand
de vin, n'a sans doute rien à faire avec 'l*-w. Si dans le
dict., LA XIX p. 88, u, la définition en est: ^ ^c^
cela est sans aucun doute une restriction motivée par
U^ et sUa«, car ^L^ o. 1. p. 89, c, est le bois qui se
transporte d'un pays à l'autre ou celui que charrie le
sêl: c'est une exportation ou importation, comme en
allem. Import — cigares la Havane. D H Mûller S D
p. 52 suppose avec raison, je crois, que llw a dû signifier
voyager, ou quelque chose d'analogue. Il cite, à l'appui
de cela, Lllx = oMA Qâm. seul, J-Ji j. oM-^', Sihâh,
et sUL — tXoç jt.^, Qâm. seul. Son développement J.>jw
est dans le même cas, ce qui ressort des sens de JoL«,
voyageur, T A VII p. 366, h d'en bas, coll. xLLw, pi.
Jo|y«, L A XIII p. 340 en bas, = J.-^^, ibid. 1. 6 d'en
bas, et du babyl. sabâlu, envoyer, KB V Gloss. s. v.
éubiltu. L-w serait donc voyager pour faire le commerce.
D H Muller, B S II p. 80 note, traduit Lavw« par
station de caravane; le mot i)eut aussi signifier loatering
place. L'arabe ujLiJ! ^^^ ^jl^ ou ^;,*J-w = ^C3^, boire d sa
soif, si ce n'est pas un dénominatif de Ui^ ou (} v_jL*^ =
celui qui fait des tournées (1-X53) chez les Bédouins et fait commerce
de sa langue; ses vers constituent alors son commerce.
1) C'est le sudarabique V"-**^, Hdr Gloss, s. v., = class. oLavo,
LA IV p. 411, 8.
1359
yj^ vjj, outre pour le vin L A i p. 437 et s., boire en
mettant l'outre à la bouche^ = cl. ^ et «^1 ^), ce pourrait
être une méthathèse de Uw, ainsi que l'a déjà soup-
çonné MùUer Z D M G- 30 p. 122, coïnciderait avec DNi:^,
puiser^ babyl. sa bu. vh» boire avec avidité, en est une
variation phonétique.
Dans le Sud, ^J:^ a deux sens: 1° i, attaquer par
surprise, pi L>l>>^, nous les avons attaqués par surprise,
ûberrumpelt. ^^^^ attaque par surprise. B â 1 s f 1 a h o m
(-hum) misba, nous leur ferons une attaque à l'im-
proviste. C'est là le class. ^ç^, faire qqn. captif, inusité
vulg., mais au fig. captiver, aussi class., c'est courant
dans le Nord et en Syrie. ^J^ ^-«^j ^y^ cr^'
la beauté de ses yeux me captive l'esprit. De là îLçy-,
pi. bL*«, qui est surtout employé, Abteilung Reiter, Pferde,
Socin Diw. Gl. s. v., Meissner M S 0 S VI ii p. 3, ibid.
p. 114 N°. 10, â, Rosse. C'est riDtt', emmener en captivité,
\cuL,i prendre, enlever, et le babyl. sabû, accabler, ûber-
wdltigen, Del. H W B s. v. 2° a, avec (j^^ = ejy? ^j
(j%j gJ^'j o'-H» p /î réconcilier, arranger un différend entre.
90, 16: si. Ce éi interrogatif est courant dans tous
les dialectes arabes. En Arabie, il se met alors de pré-
férence en tête de la phrase, jamais enclitiquement au
mot principal, comme en Afrique. Aussi en mehri:
1) Comme le sont certainement ^^, boire à même le ^^ , et •%,
hoire à même le \»S .
1360
Hibù éi safût yimô min imkôn, nûka min
âbàrr éî rikôb, comment nouvelle (Kà>oj) aujourd'hui
de là? Des chameaux sont-ils venus de l'Intérieur? Jahn
M S p. 148, 14, 15. Ôî h ou rem') bûme berèk nâher
dôm, y a-t-il un chemin par ici dans ce fleuve? ibid.
p. 153, 36. êàyb sî lâ? = wOLii ^ L«, est-ce qu'il n'y
a pas de rocher? ibid. p. 156, 9. Sûk sî habàntke =
(iULo ^ dVjw, as-tu des (tes) filles? ibid. p. 37, le, n.
Qittlu: se smîm bîdât tebî^ Je lui dis: as-tu des
stores blancs à vendre? Rôssler M SOS III p. 13, 9, R 0
p. 283. Stumme M G T p. 284 § 203; id. TGr §186a;
Marçais, Gr. p. 190.
_^ est aussi devenu particule interrogative dans tous
les dialectes, ici p. 128, n, Arabica III p. 72, d. 1.. C'est
surtout une demande rhétorique, qui implique une réponse
négative. Dô'an a dit:
\jys^j u^j liL^j! ôy-f^^ U"— *-*
Compare les torrents de ton pays et compare notre mer !
La mer va-t-elle s'agiter si un torrent lui arrive?!
Moh. b. Mehdî dans sa mufâharah avec Dô^an, a dit:
1) Jahn 0.1. p. 193 dit que hùurera, constr. harm., est de la
racine .»^> pour i}y> + la mimation sabéenne. Je crois que c'est
le mot *jC qui a pris ce sens, le c étant devenu —, comme les
mehri hayr, âne, ,*c, "i'»y, et encore plus souvent s; barûs^
(j«jC, épouser, hâtûra *>x, devenir svnibrc, etc,
2) Sur cbo, voyez Arabica V p. 211, note.
Kous autres ou vous autres nous allons nous trou-
[ver dans une impasse)
Chez 710US et chez vous il y a de ceux qui portent
[les brancards^).
Le pli (?) des filets est dans ma main, et c'est moi
[qui les serre.
Ne vois-tu donc pas que je suis du miel sur le tran-
[chant d'un rasoir?
Uj" U _^, lohat do y ou xcant? sahhî BBRAS 1902
p. 250. Le '^omânais a mhu, quoi"? hamhu, pourquoi^
RO § 436. Yawlêdi! wus tâkel? wus tisrab?
Esûfak sift^). Hù' bàk éi wùga' lamma nta-
bàssar bàk? Mon cher enfant! Que manges-tu? Que
bois-tu ? Je vois que tu es devenu maigre. Est-ce que tu as
quelque douleur (dis-le) pour que nous te trouvions quelque
remède? récit ^'anazî d'el-Hôtrôbî. Voyez pour le Negd
Socin Diw. III § 53 b. Qâ'id b. Miglad, cheykh des el-
""Imârât des "Anazeh, p. 491, avait prononcé trois fois la
formule de divorce contre sa femme, mais, regrettant cela,
il voulait la reprendre. Fort peiné, il s'en alla chez Halîfah
b. 'Eqeyyil à er-Rass pour lui demander conseil. Celui-ci
i) = l-^y-»', selon Hdr. p. 520 sub î-
2) = Nous sommes courageux à la guerre.
3) ui'ww, i, inf. q^^^j devenir maigre et faible.
1362
l'accompagna chez le savant cheykh Gurnâs à qui il dit :
HtXxaï^ viij'^iilb iJOoy> oLLL i^^ [i S:i:> Q_J oVc'ï !j^_?
j.lJLs P>>j O^iîî v*^ .^-^ UjCcU^ J^-«-c! ii)^Jt ^yiJ ^^!
d cheykh; il a prononcé trois fois la formule de divorce
contre sa femme^ et maintenmit il veut que tu lui trou-
ves un moyen pour qu'il puisse revenir à elle.'* Le cheykh
répondit: „Cellelà vient de toi, Halîfah^ toi que nous
considérons comme étant le plus sage d'entre nous! et
cela après avoir prononcé trois fois la formule de divorce?"
et il le meyiaça du bâton. — ^JSTy allez pas si vite, mon
cheykh, dit Halifah." — Dans mon Bâsim le Forgeron,
O 5
_^ se rencontre très souvent dans ce sens *). j^ Llç>I \>
fji.fj3.\jLJ U) lAil iiA£-ii iC:su> ^^,çJlc v-^j'i" c>of, Mon bon!
Tu as donc dressé un document juridique contre moi,
que tu ne me quitteras pas? Bâsim p. 78 N° XL. \S ^
vjsJJI oy^ ^-^'j hôrst du das Geràusch des Stosseiis?
1. Abi Useybi'a I p. 126, is. Voilers Lehrbuch § 74. La
langue classique connaît aussi cet emploi, Tab. Gloss.
p. D X L V en haut. Littmann veut, Z D M G (où ?), que ce
_^ provienne du copte, mais cela est erroné. Nous le
trouvons déjà en babylonien, Holzhey^) ZDMG 57
p. 755, Del. Gr. § 189, et en éthiopien, Dillmann Gr.
§§161 et 198, Praetorius Âth. Gr. p. 141 Anm. et§ 156,
4) Pages 4, '8; g. lo. 22, >'; 25, «; 32, '♦; 41, "; 72, 2';
73, »; 95, '♦.
2) Qui du reste ne fait qu'exposer plus en détail ce que Dillmann,
Praetorius et Delitzsch avaient déjà mentionné plus brièvement.
1363
où ih est cependant toujours enclitique, et comme final
hu ou u dans plusieurs pronoms interrogatifs sémitiques
et arabes dialectaux. En babylonien, une demande est
même exprimée par l'accolement du phonème u portant
l'accent à la fin du mot sur lequel porte la demande,
Del. Gr. p. 362/3, Holzhey o. et 1.1.. Cet u est ce qui
reste de hu, _^. Je trouve donc que l'arabe a encore
ici conservé une primordialité qui, dans les autres langues
sémitiques, est déjà oblitérée.
Le pronom féminin ^, h\\ est aussi employé de la
même façon, o^ ^^t^XP xUL jj^^ X jLo Lo^ l\>i' c>oo ^ ,LJî
(iJu:i" U liÇ ^3Ji L J^ ^J<jyj ^oJLo ^^ oL*J. Hier je
m'étais proposé de partir, mais cela fie me fut pas pos-
sible. Qu'est-ce que l'autre lui dit? [Il te dit:] Peste!
Ton voyage est-il donc en ta main? Et si ton Seigneur
ne t'assiste pas, tu ne partiras pas, "^Anazî. Hî' si
^andak el-yôm flûs, aurais-tu de l'argent sur toi
aujourd'hui? Dt. La manière d'exprimer la demande en
babyl. ressemble beaucoup à celle du dialecte ""omânais.
Ici la voyelle finale du mot à relever devient longue et
accentuée si cette voyelle est brève: h in henà', sojit-
elles ici? Ene ahfai^ min nu', suis-je plus bas que lui?
•^Alâmà', est-ce un sigyie? (de iw^Lc > "^alâma). Ou bien
on accolle un i à la fin du mot à relever: torhàbi,
as-tu peur? Ma'^aki sê%, as-tu une montre sur toi?
1) Il y a ici tA/4 dans les deux sens, voyager, partir: «A^J u^ot
y.a/) (i^c, lasst uns nach Agyplen ziehen, 'anazî, et assister, secourir :
xjLj iil' bA/0, Dieu nous a secourus de son conseil, "^anazî.
1364
RO p. 34 et §436. Yesîr yisraqi au yif'ayyar
■^ala nnâsi, doit-il aller voler ou bien carotter les gens?
Rôssler M SOS III p. 31, 2 d'en bas. Dans les deux cas,
c'est bien la même voyelle au fond ; dans le second, c'est
ou ce qui reste de la forme pleine hi'), puisqu'on con-
serve hi devant une voyelle longue: mhù' hi, quoi?
gubtù" hi luktâb, avez-vous apporté le livre? ou bien
c'est le i qui s'est maintenu de préférence des trois vo-
yelles finales qui, allongées, indiquent la demande en
babylonien. Delitzsch § 189 est ici, comme partout dans
sa grammaire, tellement peu explicite, que celui qui n'est
pas assyriologue ne sait à quoi s'en tenir ^). Le casserait
alors celui des désinences casuelles, dans lesquelles déjà
en babylonien le i peut représenter tous les cas ^), Ungnad
Z A XVIII p. 4, Z D M G 57 p. 754. Il est assez curieux
que cette manière d'exprimer l'interrogation soit une
particularité du seul dialecte de ""Oman.
90, 16: erkêbeh = x^j.
90, 16: bisfor aie ha. ^ J^ ^«-, 0, est une locu-
tion des chameliers dans tout le Sud: faire le chamelier
et gagner son pain par ce fait. Kân riggâl ismu
Yûsuf... wa huwa gemmai yisfur "a la be'îr
1) Déjà avancé par Socin G G Anz. 1895 N". 2 p. 128, contre
l'explication de Reinhardt p. 34. Brockelm. V G S S constate seulement.
2) Avec les progrès inimenses des études des babylonistes, je ne
puis cacher mon étonnement en constatant que personne n'a eu
l'idée de nous donner une grammaire. Celle de Delitzsch est trop
fragmentaire, les exemples ne sont pas toujours traduits; elle est en
outre fort indigeste; celles de Ungnad et de Meissner sont plus claires,
mais ce ne sont que des carcasses.
3) Dans les dialectes bédouins du Nord, le tanwîn in, est, de
beaucoup, plus fréquent que an, qui, dans le "Oman p. e., est tout
à fait supplanté par in.
1365
min Nahal "a Wâd el-Ma^âwil, il y avait un homme
nommé Yilsuf, il était chamelier et gagnait son pain à
faire des voyages avec son chamean de N. à W. el-M.,
Rôssler M S 0 S i p. 57, 3 d'en bas. La même expression
Diw. Hâtim Tej, éd. Schulthess N° XII : ^Lî. ù\j> ^Ua
(M^t»»'^ «Lytoî. Des visiteurs demandèrent l'hospitalité à
Hâtim dans une année de disette, sans qu'il pût rien
leur offrir. Il avait une chamelle dotit il se servait pour
ses voyages d'affaires, et il lui coupa les jarrets et en
donna les portions de viande d ses hôtes pour les régaler.
On dit en Dt ^ ^}£. ^L- de préférence, et cela implique
toujours l'exercice du métier de chamelier, car dans tout
le Sud iLw n'est pas simplement voyager, comme dans
la lurah et d'autres dialectes. On sait que le verbe simple
^ est fort rare dans ce sens, et L A VI p. 32, 3 d'en
bas dit : Jjù »^ ^_ J uSi Jotàjî J^ ij^3 /*« i^ f^ ^^^
mais p. 33, 7, il donne: À^t ^t u>>.>j> Kf-'^ jjI' oi^
C Cj , 5 0
^L« ijlj. Comme Àw, = ,^3 jL^et jLw, o. et 1.1., 2 et 12,
est fort commun dans les poésies anciennes ^), l'existence
de ^, 0, n'est pas douteuse. Mais il y a une raison
philosophique ou plutôt éthologique de la prédominance
1) L'éditeur a 1 ;»'*»''^ ; à tort, ce me semble.
2) Diw. Hâtira Tey p. 38, '; exemples chez Nôldeke, Beitr. z.
SSW p. 60. Comme aussi ^j, Diw. Hod. WelUi. N^ 217 et
N^. 240 V. 4, Qor. 17, ««; V/^ I- Qot- P- 139, ", voyez Noldeke
0. et 1.1..
1366
de ^Lv. Vu les dangers de la route, un Oriental n'aime
pas à voyager seul: on part „en caravane", on s'associe
à d'autres pour faire route ensemble, et cette association
est exprimée par la forme J^'i du verbe. De cette façon,
iLw est voyager^ et .jou J>x jLw a le sens ci-dessus men-
tionné. -à-*w, faire aller plus vite, activer la marche,
^Anazeh, comme dans la célèbre Qasîdah de Sa'dûn el-
""Awâgî (chant):
Ya râkiban min 'andena fôge mihdâb^)
Zauwâ'â^) gattâVl-fayâfi ilyanwèyt')
1) ^lXP, 0, Nord, aller au petit trot; inf. V'-^j P^^^^ '''^^■
V-^^j gui marche au petit trot = i-j'A^, intensif. Voyez Hdr
Gl. s. V.. Dans le Sud, v*^^? °) ^^^ "l"- couper comme lorsqu'on veut
façonner un morceau de bois, et alors synonyme de «-jAc v. p. 666.
Xx>-o-Lj ioA5^, il le coupa avec le poignard, mais seulement de
façon à décortiquer la peau ou enlever la chair, Dt. 2". aussi m.ar-
_ 0 _
cher vile, = ...lX*^ Dt, presque en concordance avec le Nord. —
v^u\?' = ^, Haurân, Béd., Negd. v_À>y*JL, ^L»^)iS> ljÀP aHIj
par Dieu, il coupa cet homme avec le sabre, '^Anazî, mais non le
couper en deux, comme dans les dictionnaires, et plutôt de la façon
du i—jlXP du Sud. Un pieu est ^*,ôs^ ou ^lX^^, Nord et Sud, =
\^J>^.xA, Sud, lorsqu'il a été dûment coupé et façonné à son emploi;
de là, au figuré, un homme est ^O^ lorsqu'il a été dégrossi et a
reçu par là une bonne éducation. Tous les verbes développés de
lÂP ont un sens congénère.
2) c!;, = c^j intens., filer à toutes jambes, courir ventre à terre,
s'en aller avec précipitation. (»yilî UiL^ ^•*^-:^ ij-^ [^-^5;] ^j ^y^-i
1367
Bi t tin-nu fûd û ') darribah halle lagnâb^)
Usaffir ilya waral-Hadàli te'addeyt.
0 toi qui pars de chez nous, monté sur un dalûl
[au petit trot,
Qui, ventre à terre, traverse les steppes, lorsque tu
[te diriges (vers ton but),
Coupe les sables du désert et dirige-le vers le défilé
[(qui conduit au pays) des étrangers,
lorsque nous avons filé sur »os chevaux ventre à terre, nous avons
rejoint Vennemi. ij^J^'i (^ ^^j r^S, Voiseau s'envola rapidement
de terre. Li-M^^t L» y^J> ^^j J'j*^', la gazelle fila à toutes jambes
lorsqu'elle nous aperçut, ^•^ji. *-UJ" JJiÀJ! -^jj, wa^IJ^, le cavalier
frappe légèrement le dalûl pour quil marche d'un pas rapide.
i-.*JtX]l ^ LXL? 3 -çoj iXt liL^» ^yi »^-\^> ^3i^" ^^y^i nous
avons fait une marche très rapide jusqu'à Basîr, et nous som-
mes à moitié morts de fatigue.
- ^ û
3) Récité : el-fayâfi ilyanwèyt = >i>oy LJt ^Lil'. Obs.
o
aussi que le premier LJt est = "^ = lot, et le second = i' ; les
deux sont -^- dans le mètre. (cJl-*î = ^■)^) = ^rV-*^' L>U.:S\]t
iUSj y*LiJ! qX |^^-L?^J!, la steppe qui s'étend au loin, vide de monde
et d'eau, ^Anazî ; v. p. 1090 note 3.
1) iu«<to • i^caJ' c>«J où »^ forment ensemble la syllabe métri-
que longue.
2) J^ = (j^M^ e/.^ J^JI j. ou JiSî, 'Anazî. C'est presque la
définition des dict., LA XIII p. 227 en bas. v'^'j P'- ''«^ t^c**^'^
GO; à Ne^d c'est mnoni = *»i.
90
1368
Et active la marche jusqu'à ce que tu sois passé au
[delà cVel-Hadâli.
C'est certainement le même verbe que le babyl. s ap a r u,
envoyer, expédier, ce qui a donné l'arabe .xà-«, envoyé^
messager^ médiateur^ Arâgîz p. 87, Hdr p. 460 note, parce
qu'il j.yji! ^J^_J f.^.^ comme L A p. 35, ic, et l'étymologie
de L A p. 35, s est inacceptable. Si nous admettons que
le sens primitif est faire partir, celui de balayer et ses
dérivés figurés, comme aussi dans nos langues euro-
péennes, — le vent balaie les nuages LA p. 32, i3,
wegfegen — et de dévoiler la figure, enlever le voile,
s'explique facilement. De même, ..^saaJS Jum et 'JuJ, du
second fagr LA VI p. 36, «o, qui commence à luire,
ibid. p. 53, 3, un peu avant le lever du soleil et fait
partir les ténèbres de la nuit, l'aurore. .^^s^-oJî Jl^ est
encore, chez les Bédouins du Nord, l'heure avant le lever,
l'aurore matinale, lorsque x«o ^iUco "^ sj-U?] sUdI, ibid.
p. 36, 5, et où „les gens peuvent voir où tombent leurs
flèches", Nihâyah ii p. 165, s. Hess Bemerk. zu Doughty's
Travels p. 17. Le "omânais ^u^, voir, distinguer, en est
un dérivé naturel.
S a paru a bien pu donner "iDID, clerc, secrétaire, et
")çp, envoi, lettre, âipir (constr.) et Jo^. Les courants
sémasiologiques sont multiples, et les transitions souvent
difficiles à saisir, mais il ne faut pas pour cela nier une
connexité d'idées parce que nous ne la comprenons pas,
ne connaissant qu'imparfaitement encore les anciennes
institutions sémitiques et les idées qui les régissaient.
J'ai bien proposé, y^r p. 344, une autre étymologie
1369
pour l'hébréo-arabe "icp, àw, mais ce n'est là qu'une
conjecture, faute de base sûre.
Un synonyme de ^ J^ àw (J'v-w) est dans le Sud
(i^ ^(c ou J^ jJ^. On demande: *jt^ ^i! j^L.-^i':)' !àp
(== Nord kSs. t>!), ce^ homme que fait-il ? — Rép. : JLc ^JLju
^^lXc lii ^^^3) ^^ ô'^ô'we 50?^i ^aïw a2;ec une chamelle en
faisant des voyages à Aden, et il est ^Ijw de son métier.
C'est véritablement travailler à une chose avec peine. E s
te*^âlig lek hàna, que cherches tu ici? rép.: ^ilig
1 i m - m a "^ â s je cherche les moyens de vivre = (a) d a u-
wir li. (j^ltl] .sJlc ou [jdj}^ j,, travailler la terre, la défricher.
Aussi soigner un malade, «.^^^-^ , = (j:^^, comme dans la
lurah. ^^bGL xsnJbù", tu le contredis en parlant. A propos
de J^ j^Ls>, voici un colloque entre moi et un Datînois:
Moi: es yisàuwi (a)bûk? Lui: yihâtir. Moi (ne
comprenant pas): binefseh? Lui: kân yihâtir 'a la
g i m â 1 e h la L a h i g. Que fait to7i père ? — Il s'expose
(je compris ainsi). — Lui-même? — Il faisait des voyages
avec ses chameaux d Lahig. jJJ> est donc ici marcher,
voyager = ^\j^, et on lira Hdr Gloss. s. v. ^oi» '). A ed-
Dâhir, L^ est le voyage à Aden, aller et retour.
1) Ja^, passer, gehen, Boh. I p. -121, » d'en bas, et j^^^j s cx-
poser à un danger, j^^s», Gefahr, de fahren, pourront être compares
à -j'^n, ass>r. alûku, Meissner Gr. § 8, aller, et eUP, périr, se
perdre, s'égarer, Boh. I p. 70 * d'en bas. Je ne sais si dVlw en
fait partie, pai- h < s, comme l'a proposé Ewald Gr. 117'", ou si c'est un
1370
90, 17: sâ^ni. En complément à ce que j'ai dit
p. 496 et ss. sur ^, j'ajoute que les Harîbites disaient
aussi éàh yebâk, le voilà qui te veut, que je n'expli-
que que par l'affaiblissement du c, et le Hammâmite
uéfùh yibàk, qui doit venir de ^jJu^, [voir d'enhautj,
dont l'impératif régulier est isf p. 323, et le premier u
de usfiih est assimilé, par harmonie vocalique, au second.
Le Datînois aurait ici dit isf à h, avec un autre sens. La
racine o^ii s'est développée de plusieurs façons, Hdr.
p. 504 note. ^joJ:^ = ^y^, Diw. Hodeyl., Koseg. p. 187
V. 34. L_îb:^î lXï ^_»yit \3\ Jc>JJ JUb, Diw. ^Aggâg ^). ^iXi
peut donc signifier regarder, voir, mais pour le moment
je n'en suis point sûr. Il existe effectivement dans ce sens
dans le dialecte oranais, selon Bel, Djâzya p. 106, qui
dit que „c'est une simple licence poétique", ce qui n'est pas
probable. A l'est de Dt, oL^, o, voir, est employé, mais
très peu dans les dialectes de Dt et ceux des pays au n. et
à l'ouest, où ysijj est le verbe ordinaire *). En sahhî,
c'est attendre BBRAS 1902 p. 270. oZ^ et oUi, par
contre, sont en Dt montrer = j^^., ce qui est devenu en
développement de J^w. J'incline à croire que l'arabe est ici indépen-
dant, mais eu égard à l'association d'idées dans y^> Gefahr, et
ya:>, fahrcn, "j^n alàku, oller = liVi^, périra zu Griinde gehen,
aura pu donner *i)sJLw, aller: Jlc! s\]^y
1) J'ai oublié de noter l'endroit.
2) L-Jl-ii, G, est cependant très vieux, car il se rencontre dans le
nom propre sabéen Yasi'ipu pour Y.-ihi, Dieu regarde, Hommel
AIU p. 82.
1371
tripolitain ^jucC^, Stumme MGT Oloss. s.v.. ^^ycû", regarder
d'en haut et, au figuré, s'occuper de, regarder aux in-
térêts de = ^jLyiO". Dô^an a fait ce zâmil :
_ , ^' ■■ +
v^-:^^-^ L" _^-^ ^f^^ J-!>-!' ^
Ce^^e affaire est parvenue à mes oreilles pendant que
[J'étais à mon domicile, sans avoir des nouvelles,
De la part du sultan et de mon frère à l'étranger,
Et alors je me suis mis à regarder aux intérêts
[des tribus et des dôlah,
Ecoutant l'homme probe et celui qui va inanquer à
[son honneur.
91, 3 : yio, n. g. ; iiyco n. unit., travelling palm (?),
mais «yio, bétail, p. 686, = ,ji^. Est-il ainsi appelle de
yio, '^^ = scier ou = s'étendre? v. p. 684 et ss..
91, 4: yifstô", yiféotûn. iiClxs, o, faire une inci-
sion, p. 1029. Ce verbe se trouve également en mehri et
en soqotri. D H Mûller M88 p. 70 § 6 porte wèlladi
yuratti 'alays waldes, sfoteh biyèdduh, et
celui qui te couvrira est ton fils; fais-lui utie incision à
la main, cf. ma M S p. 36, et le verbe correspondant est
en mehri bsè^eh, de beéôt, Jahn Gr. M S p. 8, ce
qui est Ja^; en soqotri tsefètaih. Le soqotri corres-
pond donc au éfoteh de 'Abd el-Ilàdi, ce qui n'est
qu'une métathèse de l'arabe, car Jas-ii n'existe pas en
arabe. Dans L A et le Qâm. seulement, nous ne trouvons, à
1372
propos de cette racine, que la courte phrase : ^ytS\ ixisijt
i?^! j ^\ j^,yo ^», A.N*:2.àJ' ; c'est donc se fendre, se cliver,
sich spalten. Il y a aussi le classique Jiy*o, = Jby^JiA,
ce qui a été coupé de l'ongle trop long, L A IX, 247 et
qui, comme forme araméenne, pourrait correspondre à
notre -Lucô
91, 5: madabb. ^CsCd-. 1° goidot d'un vase, entonnoir,
et de là 2° ouverture dans la levée du champ, par où
passe l'eau; 3° fuite d'eau, voie d'eau. uj3, o, est 1°
repousser, empêcher, aussi classique. ...ot^f ^y^ 'ÀL\ v^j
retenir Veau de la rigole pour qu'elle ne coule pas dans
le champ; 2° couler, fuir, ^^\ ^^ ujAj ^'l!', l'eau coule
de l'outre, où il y a une fuite, ujl>w«, = ?^7. v/^'- D^-ns
ce dernier sens, c'est l'hébreu 331, couler, et le syriaque
wisîj fluxit, et parent de ^c> et v'^- Dans le Negd, c'est
pousser vers. Ahàdat el-mùhër udàbbatah "^al-
a b û h a , elle prit son cachet et le jeta devant son père,
Socin Diw. I n°. 61, s, d'en bas. Sëgâ'^ yëdibb rûhah
'^alal-gôm, un courageux qui se jette sur l'ennemi, ibid.
N"". 42 note 13. Cela concorde avec Meissner NAGI
p. 123, werfen, fortioerfen; ausspeien. Dans ed-Dâhir
v_j^Àxi est =r: J..5^.c, pressé.
91, 9, 10, 11. On observera que le Hammâraî dit di
bâyisrab et di bilyilgi, tandis que le Datînois se
sert de la forme pleine ille di' yibà' yisrab, mais
ille di' bà' yilqi.
91, 11: oljfcj, pl- de ^(cj, tandis que le datînois ^[j
1373
est le pi. L^'J, Hdr p. 422, comme en Syrie, Pr. et
Dict. p. 454. Juta est le paradigme des verha vasis, ici
p. 63 note 1 ')• Oi*? les lexicographes ont enregistré ^icj
et ilcj, L A s. V., la seconde étant vulgaire, mais on lui a
fait l'honneur de la faire figurer à côté de la forme
régulière: on peut donc voyeller ainsi!
91, 12: musâmil. La première forme J^^-w, i, o, sig-
nifie être vieux, être usé. Sur les voyelles de Jjè pour
Jj6, i, 0, voyez Prov. et Dict. p. 60 et s. ^). c>i*^ Lf^^^
mes habits sont devenus vieux = c>ib . o* Lo J-^* c?;^
^ci ^Jûj, mon pagne est vieux, il 7ie vaut plus rien. C'est
très classique, L A XXIII p. 367. iJUL^Ji ^}^^' de la
p. 520, 2 doit se traduire, d'après une glose que je trouve
à présent, par Jes tonnerres anciens dont nous avons
hérité de nos ancêtres — Jvl^, car J-^Lw n'est pas r=z
1) I. Sîdah XVI p. 25 et ss., a un long article où tout est pêle-mêle.
Barth NB p. 62, id. K. el-Fasîh p. 45, G Jacob St. in arab.
Dichtern p. 100, Brockelmann, KisiVi" ZA XIII p. 37, id. VGSS §133.
_ _ )
2) Les Joè > Joè se confondent ici avecles J«*3, i, o,etJ^«> J-«s,
ainsi qu'il ressort de la règle établie Prov. et Dict. p. 60 s.. Elle
n'est pas absolue, surtout chez les Bédouins, qui disent p. e. jjÂJ,
mais les hadar, ^jù. Barth, ZDMG 48 p. 3, a fait la même obser-
vation, sans connaître mes Pr. et Dict.. Brockelmann, VGSS p. 182,
passe trop vite sur ce fait et paraît ignorer ce que moi et I3arth
avons déjà écrit sur cette question. Vollers VS p. 16 mentionne
cette harmonie vocalique pour quelques verbes des anciens dialectes.
Abu Bakr el-Anbàrî K. el-Addiid p. 8 a déjà relevé cette particu-
larité = Freytag Einleitung p. 05.
1374
jwoUwo, ^ JwÂLw, être habitué à, proprement être vieux
dans une chose, s'être fait à une chose = Aden Js^ lX^Lw ^)
et à ed-pahir, ^}s^ cr"^ ^)- Hartmann L L W p. 203, i*
d'en bas a ius ^jJlwj = iico^, il leur fait ses adieux. Est-
ce parce qu'on dit en partant éj^ S^. *^'? d^^^ ^ ^^ même
sens d'être habitué, Hdr p. 77, c d'en bas. Il offre la
même transition sémasiologique que J«-<Lv, car J-^o est
un développement de Jb, o, être ou devenir vieux (d^.*,^,
vieux), comme les exemples analogues donnés p. 850
note. J^Sj^ L«, Ildr Gl. s. v., Reckendorf S V § 99,
Nôldeke Z G C A p. 55. Ce o'àJI ^L, précédant l'attribut
après la négation, est fort commun dans les parlers bé-
douins de l'Arabie, surtout dans le Nord, ainsi que l'a
bien exposé Socin Diw. III § 195. ^j^Ja^co ^ ^s> U, il
n'est pas capable Dt. Le cheykh Turkî dit dans sa qasîdah,
citée ici p. 1273 [chant] :
1) lXkw, 0, rester longtemps, faire qqc pendant longtemps, rester
Dt = iAxA« Dt, V, Gloss. s. V.. Le dict. nous donne j, Jj*^! o^f*
\Jlf: pb^ ^p)\ ^ c>y^" ^*5 oÂ> LsPyAAv, LA IV 1). 204; cf.
K, el-Addàd p. 27. D'où le class. iA.«ja«, éternel. Dans ce sons, il
me paraît congénère de r\'yV et c>*-o. Par contre, A<-.v = jLc,
être haut, porter la tête haute, L A IV p. 203, 2 d'en bas, p. 204, '*,
est peut-être un développement de y^^ = iUvJt ^\ ju«!. ^y.
cf. ici p. 1322.
2) ry^^^^j à Aden, moudre /în =: Intérieur o»^^**-
1375
o , o
Alla wa ladri hî minayyan-nahâya
La hî be min Barga wala hî be min Zûg
Récitation :
C'est que Je 7ie sais de quelle contrée elle est:
Elle n'est pas de Barqah et elle n'est pas de Zûq.
Cela concorde avec les exemples de Socin 0. et 1. 1..
^^^ ^\ J^>,*-j _^ Lo j:v-**^[5) ^^ Vémir d'alors n'était
pas Mohammad, l'émîr actuel, récit "oneyzite.
Autres exemples dans le Glossaire.
40 b.
91, 23 : g â d a pour sob-, bien défini par Hess Bemerk.
zLi Doughty's Travels p. 12: „Auf den grossen Karawa-
nenstrassen findet man eine Reitie von einzelnen neben-
eioander laufenden Wegen von etwa 40 cm. Breite. Sie
sind von Kamelen ausgetreten worden und sehr geschlan-
gelt. Dièse einzelnen Wege heissen gùwàdd." De même
dans le Sud. Ces différents sillons ou sentiers forment
la gâdab ou comme nous lisons dans K. el-Addâdp. 21
en bas : »oL> &î 0,^35 ^^ Ijyli (j^UJl iOCLv (^Joi lXaxII oM-Lît.
92, 12: tegargafnâlah. ^jLi^JLJ est tâcher d'em-
poigner qqn en luttant avec lui pour l'empêcher de faire
qqc. D'après L A, ^Jiiji est grelotter de froid et faire
trembler, 1 Sîdah XI p. 74, 13 et s., provenant, selon
lui, de oii.! avec un o prosthétique. Je crois plutôt que
c'est un accouplement de deux racines:^, être froid, et
^jii (01Ï5). En "Oman, ^»jiyL)', crépiter, R 0 p. 254 § 396,
qu'il fait venir de ^MJié.
92, 3: h es ke te h. iXio>, pi. é^=> (liisàk), pagaie
roulé autour de la taille. Aussi ^o^a lorsqu'il est teint
en indigo. •'^, le pagtie blanc avec bordure, le .M an-
cien, Boh. I p. 78, I SaM III, i pp 17 et 19. Sur èJ^,
voyez Hdr Gl. s. v..
1377
92, 5: lîàzar "agi ah. Sur ,;:>, voyez Arabica V Gl.
s. V. et ici p. 715 et s.; chez les Hammam, savoir.
L^La^^^j L Lp»p>Li, je le sais, je ne l'oublierai pas.
92, 6: rabà'^na. ^j, amis, compagnons. El-hallîn
fil-bâlâdinna [=Ujo^LJ)^5] negùllhom ërbiVètna,
ceux qui habitent dans notre pays, nous les appelons nos
iCcL , Dàhir, qui est le pi. de ^:^ ,, Hdr Gloss. s. v.. Le
singulier de %j. serait, selon le Hammâmi, hôi, mon
frère. Cela illustre l'appellation ^^^b j^ d'une tribu. Du
reste, ^^ est bien moins usité dans le Sud que dans
le Nord.
92, 6: raddânâlah = raddeynâlah, comme ici
1. 11: haddâna = haddeyna. Si haddâna peut être
pour haddêna, raddâna ne l'est pas. La dégémination
des verbes ^ dans la conjugaison n'est, du reste, pas
pratiquée dans les dialectes, où, comme on le sait, les
^ assument dans leur conjugaison la forme c:^^, etc,
sans doute par analogie avec les yé et les ^^. Cela se
passait aussi anciennement, Mofassal p. 173, s d'en bas,
I. Ya'^îs p. 1370. Or, la forme classique est radàdna
avec l'accent régulièrement sur la pénultième longue.
Celle-ci, ayant le ton principal, doit être gardée telle
quelle, si la dégémination ne se fait pas, et cela donne,
d'une façon linguistiquement normale, quant à l'arabe
du moins, la forme raddàna. Si l'on conserve la dési-
nence brève ràdda, il se produit une forme ràddana,
qui est la Ille personne. Comme la dégémination ne se
fait pas dans les dialectes, on a suivi l'analogie des ^
1378
et des ^yùt. Les anciens grammairiens parlent déjà de
cette forme o'jÏj, Wright Gr. p. 69, Vollers V S p. 153,
et riiébreu l'a également (ô) dans ces verbes «, avant
les affirmatifs t et n, Stade Gr. § 428 b, Kônig Lehrge-
bande I p. 319 et s., mais il y a aussi en hébreu des
exemples de la dégémination arabe, Stade § 472 b., Kônig,
ibid., et Ges.-Buhl H W B s. v. 22C. Delitzsch, Gr. p. 267,
voit un cas analogue dans l'a qui est intercalé entre le
thème du permansif et l'afiformatif et dans les formes
kananéennes du parfait: saprâti, /ae envoyé^ et l'assy-
rien dannâta, mais le cas n'est pas le même. Halîl,
Sîb. II p. 127 (Caire =:;: Trad. II p. 484, où Jahnn'apas
compris ce passage) prétend que chez les Bakr b. Wâ'il,
il y a des personnes qui disent o^., et Sîrâfî, Jahn,
Erklâr. II p. 259, dit que c'était une mauvaise prononciation
de Bagdad ; voyez à présent Brockelm. V G S S p. 633.
92, 8: haras, (jiy?, o, i, signifie: 1° marcher vite,
faire vite, se dépêcher = ^j.^, o, i.'), surtout aux pays
au Nord et à l'Est de Datînah. Uhrùsli bilhaqak,
marche donc, que je rejoindrai. Hdr Gl. s. v.. lAj^,
marcher très lentement Dt. Cf. JOj, marclier à petits
pas et avec affectation ■). Ahmed "Ali ed-Diyêbî a dit :
U^^r^ (jrJl-^^^ à> J$J" ^ç^*^ '-V^ wOl^- \jLj, ^^ Ij!
j'ai une vierge, moi, qui se met ses plus beaux atours.
Elle se met à trottiner avec affectation, peinte de
[hinnâ et de wars.
1) Arabica IV p. 43, où u«^, comme je l'ai aussi entendu.
2) En Syrie, J^ est négliger sa mise, prononcé tantôt avec k,
tantôt avec g.
1379
C'est le tehargalde Hartmann L L W pp. 86 et 240 =
temsi gawâm là mesy ulâ gary, thirgil, selon
la glose. Cf. jjy^, class. et dial., v. Gloss. s. v. ; o^,
trottiner, Meissner N A G I p. 145 et ici Gl. s. v.. 2°
503
attendre qqn J. ^^lX^ J, (ji^î, attends-moi là Dt, ■==.
J ptaJCv.!, J i^c-^' ') ou J J-^. C'est donc tout le con-
traire de marcher. 3° avaler, dévorer, déchirer à belles
dents (bête sauvage) ; cf. le class. ^^, être glouton, propr.
broyer, Din, démolir, et uoy>, déchirer, convoiter, pn,
se dépêcher. ^^^ (ji^ — ^j%_j J^jJ> ou Jj:, exciter, comme
class. et dialect. ^^^ et ux.^b>, L A VIII p. 256, 15, et
le vers suivant ; cf. {j^y>. J^j-SS, se chamailler; cf. u^L^
et (jiijLp Gloss s. V.. d^j.9, vorace, glouton, aussi des
hommes, bête rapace, serpent *) = a^,Lp, pi. J^Jj^; exemple
ici p. 402, 15. Avec coll. ^J^, bêtes rapaces, n. unit, iui^,
pi. lAî^-5> et qL^^. Le poète des Abâdil el-Miswadî a dit
répondant à celui des Fadlî B. lîoweydir:
''^^*^ cr*^ O^r^ CH ^3-*-^ cr
U^if U^y^. ^
-ÀJlJ iL_)A_?
1) Proprem attendre jusqu'à ce que tu entendes ma voix ou le bruit
o o ,
que je fais en venant, leP'ii v. p. 502.
2) Cf. le class. (jii^, serpent )ioir.
H) Doit t'-tre ^^L^r'*
1380
Celui qui a dit ces paroles se fait aussi donner
[une bonne réponse,
Et sa part à lui n'est plus autre chose que deux
[souliers '),
De la confection de B. Ôaubcm, d\m travail hors ligne,
Comme un cadeau de ma part à celui qui excite les
[bètes voraces^).
Dô'an a dit, suite des vers p. 498, is:
+
^yt^lî J(^-rî U^-îJ' d^^3 (*-^-:^
Et Ahmed est arrivé avec cent hommes : c'est Dieu
[qui a déchaîné cela sur vous,
Et les bêtes voraces et les oiseaux étaient là à manger.
3° gratter, égratigner = C' j:^j> = ^j:^.. J'ai entendu
avec 3 et avec _, mais je ne sais quelle est la bonne
forme. Etant donnés ^J' , = u^f>, et (_«-^, piler, broyer,
Ji^f de {^iSf, Stumme, T Gr. p. 37 = Din, emmssew,
les clasR. (JO.P, avoir la gale = [jo^ , ijo'^, la gale, Rôssler
MSOS III p. 33, 11, et quantité de mots où h permute
avec h, il se peut que je n'aie pas mal entendu.
1) = Des horions avec deux souliers, v. Gloss. s. v..
2) Les contribules d'el-Miswadî.
3) Chanté mèyhë-, récité miyèh.
4) Littéralem.: Dicic Va secoué sur vous, se. i^^^i>:^!, la chose, ou
•-jÀ^, la guerre.
5) = J^f> et J^f>', Syrie, = ^f>-, Egypte.
0) Comme ciy et oijy, oy> et 0»J^:>, ^J'*^^ et u^-^c^^, Jù)^
et —i^-ï, p Js et 5J jï 5 V. Gloss. s. v..
1381
4° se gratter, comme dU> en Syrie et au Yéman a
les deux sens, Stace p. 90 s. v. itches.
5° ramper (des reptiles). On a vu p. 1379 que^i .U>est aussi
serpent^ propr. rampant. Ksieo, le développement Q d^'X^j
ramper comme les reptiles = Ji^^", et aussi des hommes,
se glisser furtivement, faire U7i petit bruit sourd, comme
lorsqu'on marche dans les arbres ou que les feuilles s'agi-
tent, = ^^ V. Gl. et Socin Gl. s.v.. Jj^^*^. ^tA^j '^07i ventre
grouille, = oi^bc>t, lorsqu'on a mangé une chose nuisible.
jy^'^, pl. yfA^, vers qui se trouve dans les excréments.
92, 10: hahagnâhen. ,^, donner un coup de gem-
bieh sous les bras (à un homme) ou sous les jambes de
devant (à une bête). Ce verbe étrange est difficile à placer.
Je soupçonne que le premier h doit provenir d'un s,
peut-être sous l'influence du mehri, où un s arabe peut
devenir h, Jahn Gr M S p. 9, ce qui n'est pourtant pas
nécessaire. Mais les significations nord- et sudarabiques
(et classiques) de ..^s^, a, ne s'y prêtent guère. Je vais
les passer en revue:
1° Datînah. Courir après qqn pour l'attraper, o^-^:^
i^jjL^vjaw^ aj^, je me suis enfui de chez lui, et il 7n' a couru
après pour m'attraper. Chasser, loegjagen, cacciar via.
J3 kls\s^*^ IjAic y^ \j ef«3^ iL>, un juif est venu chez
nous, qui voulait réparer la vaisselle cassée CiJ>»,y^ ou
Aïyti;^), mais je l'ai chassé, et. il s'est enfui. _o Jl j-
, Cl ,
1) Comme .lXP et ^'-^^, (fronder (chien).
1382
^^U<il, le vent m'a poussé à (chercher) l'abri. Chez les
*^Anazeh et au Negd, c'est passer devant, vorbeigehen et
pousser = ^\^, Wetzstein ZDMG XXII p. 145. ^:>^JS^^
(jiiijî, je suis passé devant le troupeau := \Ac c>j >> G 0
anazî. jjjJjI' ^..fi^, le troupeau est passé devant moi,
anazî. Lu,Jo tiy^] U:^;^^ o^j^r" ^ ^~*~^>?' ^^'^^^^ ^^^
mes allés en Haurân et nous sommes passés devant el
Keswah sur notre route, ^anazî. Comme Socin Diw. Gl
s. V., où I N° 22, 2 b -^^f^^ ^^ ^^ route est juste. Mais
il n'a pas compris le vers 2 de la qasîdah :
yegâhid genûdin fi sawâhîg alatrâg*)
qu'il traduit par : Er bekàmpft dann auf viel begangenen
Pfaden aile môglichen Gegner, tandis que cela doit se
rendre par: il lutte contre des armées (qui sont) dans les
C' - o-
pensées qui lui surviennent (vJîîijî, pi. de o^), ce qui
ressort clairement du second hémistiche du même verset.
La qasîdah de Dikr, tante de ''Aqâb, porte v. 2 (chanté) ') :
(^^Ju>!^ JL ^ '^^ {^^o
d) Ye au commencement est de trop, comme souvent. Il faut
lire: sa- wâ-hî-gâ-lat-râg. Mètre comme le suivant.
2) Mètre: ---- | ---- | ---- || ---- 1 ---- | ----,
ra^az bédouin de toute l'Arabie.
3) De (5J^' paraphrasé par r^, wÀj^ et J>^-) préparer.
4) Sing. oy>L^, barque. Socin Diw. Gl. s. v. a v_i»j5^UX/o, hntrau
sur VEuphrale. Le maskûf de Vollers ZDMG 51, '*, d'après D
de Rivoyre, peut ne pas être une faute, comme le croit Socin, mais
une formation d'analogie de \.JiJi^, voyez ici p. 900 note 2.
5) La^sj, |i1. (le sjxoj, n. unit, de _j-»i2J, chameaux rapides, de
1383
Préparez, au lever du Canope, (vos dalûls rapides)
[comme les barques,
A
0 vous qui montez des dalûls rapides, prenez (em-
/portez) les idées (les soucis) qui me passent
[par l'esprit.
i£i^\y*i est le pi. de -Li^, pensée, souci qui passe .c^i^.
par l'esprit, comme me l'expliqua un 'Anazî. Se prononce
aussi J^j->^. ^-^jr^, être préoccupé: gâm el-walad
(2, Cl/
yisàuhig m'itl el-migdâb, le jeune homme se mit à
marcher plein de pensées comme un toqué, "^anazi. Je
ne sais s'il y a une affinité radicale avec le class. ^j'*-^,
se présenter à l'esprit, Livre des Avares p. 58, si fréquent
dans le Sud : ^^^^ et o-"^^» v. Hdr Gl. s. v. ')» et qui
est presque identique, comme sens, au -Lsy« du Nord
et encore plus à (j^^_^, Socin Diw. Gloss. s. v.. Une
métathèse n'est pas exclue. On comparera cependant
yjL>, esprit, propr qui passe par la tête, de yii», passer.
L'idée de passer est aussi enfermée dans le class. ^%^,
car LA III p. 126, dit: Ub ^ '^^L- ^JuJLJ ^yi! ^..^,
voyager toute la nuit sans s'arrêter. En Hdr, ,^^ est,
au figuré, gaspiller, 'u-w^ L^^sv^, nous avons gaspillé
^J^, i, (class. L^iaJ, o), être très rapide, ce qui est presque classique.
(jfAiJ, se diriger vers. riiJi et l'assyr. nasû en sont les proches
parents, v. p. 1218 note. La remarque de Socin Diw. Gl. s. v._^^ est
gratuite.
^ Cl ^
1) Socin a aussi ^j«j>^, désirer qqc, Diw. Gl. s. v.. Brockelin.
0. 1. p. 520.
91
1384
notre argent, ic^^, gaspillage. q1.:f^, gaspilleur, pro-
digue. L A III p. 126 : >^=>5 o,>iii u^j"^' ^^ o^^v^ et
)c\j^X-w ')_5-^ o-^ J*:^3 lAiLioL L»aO Liv*^ vi>-<^ -^^tJ' ovi:S\.A*«
Le Qâm. le définit par ^^î oÂx^î, sens qui n'est pas
en contradiction avec celui que je viens de rapporter.
Un autre emploi en Dt est ^.jlLj ,i^ [jjJ! lÀ^, ce mé-
dicament m'a nettoyé le ventre., en me donnant une selle
abondante, et aussi ,_5vX^p^ ^j3aji, j'ai la diarrhée. ^_^L«
est même cours de ventre^ p. 592. Cf. Dozy S. s. v. .^^cs^u-.
Le verbe classique ..îs/.-, LA III p. 119, a un sens ana-
logue: Uui, «Lail iw^X^o ,isA« et \>Lk) ..."li tôt ^w. iOLki ,i 8Jc>l.
Pour le ""Oman, Reinhardt donne a^, des Weges un-
kûndig gehen p. 4, 11, gehen ohne den Weg zu kennen
% 239.
Je ne puis me défendre de l'idée que ,isi^, dans tous
ces sens, soit un développement de .^■J>, dont je parlerai
tout à l'heure, surtout en comparant ^, ou une conta-
mination avec •.-^j voyez p. 1388, -,L«, o, = iL:>5 ^^,
L A m p. 126, r]y^, errer, cf. Ges.-Buhl HWB s. v.;
Vollers, Z D M G 49 p. 506 note 1, l'a déjà supposé.
2° faire le bruit qu'on entend lorsque plusieurs per-
sonnes parlent ensemble, p. e. au théâtre, au café etc,
murmurer, bourdonner = *sf^ v. p. 882. Cf. L^w, gé-
mir (chamelle), ^^ et %.^'\-^, p. 884. iL^^'^-^^Uw, bruit,
clameur, aussi en Syrie o\i = '»j^^.
3° tordre une corde, une ficelle, v. p. 1124. Ce sens
doit aussi être ancien, quoiqu'il ne figure pas dans nos
1385
dictionnaires, car LA III p. 125 donne son intensif i4<^,
tordre fort: JoJcciJt jJiîiL Nous lisons dans les diction-
naires, LA, Qâm., TA, que ,^\^\ signifie: iCàJLx^ v^-^
-JJî ^^, que Lane traduit par varions sorts ofrimnmg,
et T A III p. 62, 20 ajoute que dans un ms. du Qfimoûs,
il y a Jo"^? jf^. Il se peut que ^ soit ici courroie (j^l
est (jM^^li), et que Jo'îi! soit une glose marginale parce
qu'on ne connaissait pas le verbe ,-^^, tordre^ oubliant
ou ne comprenant pas l'affinité de la forme intensive
,iîa<-*, dûment enregistrée. ,&^ est bien passer dans les
dialectes, et dans le dict. classique nous ne trouvons
que ce que je viens de rapporter plus haut sous ce rap-
port. Il me paraît étrange qu'un mot aussi extraordinaire
que ,*^U«', dans le sens cité par Lane, ne soit pas mieux
appuyé par un verbe pouvant servir de base pour ce sens.
^, i, dans toute l'Arabie, Nord et Sud, Syrie et Egypte,
s'enfuir, hommes et bêtes; émigrer; Socin Diw. Gloss.
s. V.; V. Kremer Beitràge s. v., Dozy S; cf. ^^ et^L^,
voyez le Gloss.. En Syrie et en Egypte, s'en aller sans qu'on
sache oii l'on est allé, disparaître. ^^yJ>\*, ^-ic o^i-*«
,io.L^ (^^^Lilb io!, je demandai de ses nouvelles, et Von
1) (ji;«Àb, se sauver, par ennui ou par dépit, /wiV, Syrie et Egypte,
Prov. et Dict. GI. s. v.. U^ q» c-JLcIxàlaJ" ^ikXj, veux-tu me faire
partir d'ici? Syrie. ^^Lixib, qui s'est sauvé, qui a disparxi de son
pays =s J^^, V. Hartm. L L W p. 115, '», p. 182, '. C'e.st le
syriaque ...mD.J,} fuir, Brockelm. Lex. s. v., Lagarde Nomina p. 33
1386
m'informa qu'il était fugitif et disparu, Syrie. El-ga-
nânîs éâfom el-'asâlèir min baMd ugabbom^)
o
hagîg es-sêd uyilfom alal-ëHyari el-''atâm, les
chasseurs virent les soldats de loin, s'alarmèrent et dé-
talèrent comme le gibier, et arrivèrent chez el-E. la nuit
tombée^ récit "anazî. V. Prov. et Dict. Gloss. s. v.. Pour
le Sud, voyez Hdr p. 193. C'est peut-être l'tiébr. T\T\,
éloigner. La lurah ne connaît point ce sens, qui pourra
cependant se cacher dans le class. i-^^x^', agir à sa tête,
LA III p. 208, 12. Le cl. ^ = dVlw est dénomin. de
et s.. ^_^Ài^ est aussi disparaître^ Ya'^qûbî Hist II p. 512, 2 d'en bas,
Merveilles de l'Inde, Gloss. s. v.. Dans le Nord, i_p-3 est disperser,
répandre, Socin Diw. Gl. s. v., Meissner N A G I p. 132, asperger,
RO p. 284, Stumrae TGr. p. 16, mais aussi se disperser, s'enfuir.
^^i> CT^ lA^ /U^t aÎ ^yÙ3\ U/j xI^lXJ! ^y^ÂA ^^ Lfj'r^)
le gouvernement ottoman était fâché contre cl-Hàyàrî, et toutes les
les fois qu^il envoyait des soldats contre lui, celui-ci prenait la fuite
devant eux, récit '^anazî, expliqué par ,^, %X) et f»j^'' r***^' lA^j
le chameau a détalé. Làc c:/.^iX;^ ^^-^j nos contribulcs se sont
retirés de chez nous, Wetzstein Z D M G XXII p. 78, " et s. = osï^àj'
ibid. p. 137. jwjxj' ij^^j les nuages se dispersèrent, "^anazî. Aussi
sauter, RO pp. 403, ''•', 382, *, 410, ^. Il y a donc sans doute
une contamination de v»Ab (dans Jh, sauter) et (ji^.
1) >— ^, i, se dit du gibier qui se lève brusquement et se met
sur ses gardes en voyant le chasseur et qui ensuite .^i^, détale;
inf. ,.isx.^\P •V;*'' <-^^) le^ Bédouins s'alarmèrent et chargèrent
les chameaux. Le — ^ est ^îvaj^VjJI J^Î, selon mes 'Anazeh, et ^
est =i 8^, fuite. Le sens primitif est se soulever ; Socin Diw. Gl. s. v..
1387
si ,i^ est origin. — ,^^. , ce qui me parait
suspect. C'est plutôt un de ces nombreux développe-
ments primœ n de «.j, soit de i^. Mais ^ a, outre
les sens susmentionnés, aussi celui de démolir^ dé-
truire, classique, LA III p. 209, et dialectes, Hdr
p. 193. Son développé j*.:?^') est également demo/zV, aussi
bien dans la lurah que dans les dialectes bédouins du
Nord ^), en même temps que assaillir, courir sus. Brockel-
mann VGSS p. 225, =p. 510, dit ceci: „n > r: hagama
rennen, stïirmen" (vom pers. h a n g â m a) > âgypt. hargam
(Spitta, Gr. S. 191)." Il s'ensuit 1° que dans l'arabe ^r^v^»,
l'n serait tombé et que celui-ci ne serait resté, n < r,
que dans le dialectal égypt. ^s>, ou bien 2° que l'arabe
classique aurait fait : |*-^^ > ,<r^ > j*-^^, procédé im-
possible. Comment peut-on s'imaginer que j*-^, qui est
un des verbes les plus répandus dans tout le monde
arabe, hadar et Bédouins, Nord et Sud, Asie et Afrique,
puisse venir du persan?
^ j*-:s-\.jLP est, dans le Sud, criailler contre qqn, le
menacer en criant, Hdr Gl. s. v.. C'est évidemment une
épen thèse avec n ou une dégémination de ^:>^^. Les
cas analogues sont aussi nombreux que l'épenthèse ou
la dégémination avec r énumérées p. 358 et ss.. L'égyp-
tien ^^ pour ^,ssMJ> est de cette dernière catégorie, et
Spitta ne l'explique pas d'une autre façon. Pour moi,
ce sont deux épenthèses différentes avec r et avec n:
1) Comme AP et |»'AP, \jslc. et |*>^3lc, J.x et j«-Lc, voyez mes
Glossaires s. v..
2) is:>JiA-'î d'-*.;?!^, elle abattit la tente, récit 'anazite de Hôtrobî.
1388
*=>J> et *-^u^, et non pas, dans ce cas, permutation des
sonores. La comparaison que fait Spitta entre ^^ et
le class. Jw-y? est gratuite, s'il veut par là dire que
M^ > J-:^. Mais il veut probablement comparer un
Joè > J.ci, car J..^ est peut-être, dans ce sens, une
prononciation araméenne pour J.>u>. ^J' ne représente
du reste qu'une graphie, faute de mieux, du class. et
dialect. hargal') ou ^f>, les deux prononciations s'en-
tendent dans les dialectes. Pour cette permutation^) de
n > r, Brockelmann ne donne que cet unique exemple
qui ne tient pas debout. Pourtant, il y en a une dou-
zaine, rien que dans la lurah. Je les donnerai autre part.
^, i, est, dans le Nord, s'en aller ^ filer, voyez le Glos-
saire , quitter , = oy^' , Wetzstein Z D M Gr XXII p.
135. Le „y^\^**^ de Socin Diw. N° 31, 2 est délaissé, de
»j^ u>y^-^, je VcLÎ quitté, et ibid. note {jj:>f^^ ,_}£■ c^v^^?^*-,
je me suis détourné de la chose; „etwas vergessen" n'est
qu'une explication, et ^ ne veut pas dire oublier. C'est
l'hébreu JJr, errer, au fig. comme en français, et l'alle-
mand sich vergehen. Le sens concret est encore resté
dans nri', j. ^ et rth«»f , errer, comme le sudarabique
OrM. a aussi ses deux sens, Arabica V Gl. s. v., de même
i) V. p. 1378 où hargal, harkal a cependant le sens syrien.
2) Que Brockelmann appelle dissimilation régressive, ce que je trouve
tout à fait fautif. Sa terminologie est empruntée aux philologues
néolatins, mais il ne faut rien accepter sans contrôle. Je me suis trop
longtemps occupé de philologie neo-latine, pour ne pas savoir que
ces messieurs peuvent aussi beaucoup apprendre des Sémitisants et
particulièrement des Arabistes, qui ont à leur disposition le plus
formidable matériel linguistique qui existe. N > r, et tous les autres
cas analogues, n'est pas une dissimilation, mais une permutation,
une interchangeabilité.
1389
que le class. ^»f^ et le lat. errare. En 'Iraq, ^ [ou ^1 ?],
vorjager ou travailler nuit et jour^ Meissner M S 0 S V,
II p. 124, 3 d'en bas et ibid. VII, ii p. 7. Frapper avec
n'importe quoi, voyez le Gloss.. Socin, Diw. I N° 25 v. 3,
porte :
rîhin besâmi zâ'ig al-môge saggâti
[autant qu'] un vent qui pousse les hautes vagues
[par coups (contre le bateau)^).
Son -ZJt .i:^*o, p. 51 note 3, peint les vagues qui se
û
dressent et s'entre-choquent, et son Joù^ \^^^ ^ est
exactement le syrien ^! ,]>-i^ vy^l A^'^ ^^^ ^^'^'^ (Pro-
menade) et reviens.
Or, après avoir passé en revue toutes les possibilités
étymologiques, on est tenté de supposer que le ^J> de
notre texte peut trouver son explication dans un de ces
verbes, mais je ne vois vraiment pas oii en est la source.
Il y a un certain nombre de verbes primœ h qui sont
ou des contaminations de deux racines, p. e. p ;P, ar-
racher, empoigner*), de c:, cîj, et jp, ;_,ci^, se dégon-
fler y — JLi, Hdr Gl. s. v. , cf. j::,\s, déborder Dt ^), [^j],
ou un développement transitif, comme wà^,, humer, et
^jui^, absorber. D'autres, plus savants que moi, nous
mettront sans doute sur le bon chemin.
i) Le mètre est ragaz avec un tarfîl à la fin. La traduction de
j^Lwj est incertaine.
2) Aussi en Dt rendre le dernier soupir = c y et au fig.
ff^*^w! qX p j^, je meurs de faim, Dt.
3) Cf. Vollers, VS p. 192, et Brockelm. o. 1. p. 521 et s..
1390
92, 10: lisez: 'âràîna, et 1. 11: sar'ânha.
92, 11: sar^ânha. ^!c^ est le pi. de ^yi,r=wuyiô"
ou Kcjyiû' en Hdr, Hdr pp. 286, e, 317, 506, v. d. Berg
le Hadhr. p. 81, propr. monture, Aufsatz. J'sii longuement
parlé du verbe ^yi et de ses dérivés dans Hdr p. 501
et ss.. Ici p. 543 et ss., j'ai donné des exemples de^ yi-,
sentiment d'honneur. Ce sens est aussi dans le Nord,
Socin Diw. I N° 51 v. 15, où il faut le traduire ainsi,
et non pas par „Religionsgesetz", comme le fait Socin,
tandis que N° 50 v. 5, il le rend bien par Gesetz, c'est-
à-dire toujours = JoLaJlJî ^^^ . c! _^, pi. ^^, en Dt, la
corde qui lie le joug au timon, ^\J>-j ou v'-^j» P^- v^3> =
Syr. iCcji., Hdr p. 297, parce que, selon mes Datînois,
lu .^yjjl (^^kcyco, on relève le joug avec pour qu'il reste
en haut; ce verbe est plutôt un dénominatif, ctyi, voile,
pi. wyii, est employé dans tout le Sud, Hdr Gl. s. v.
V. d. Berg o. 1. p. 73, et sur les fleuves de la Mésopo-
tamie, Meissner M S 0 S VI, ii, p. 88, s. Dô'an dit, dans
sa longue qasîdah en ar:
A-ji—XÎ-J *_Id^Lj iL>^-iJT xI-JLjÎji
Ce soir la vague déferle contre les voiles,
Et que le diable emporte les gens des bateaux!
cyi, hisser les voiles, H^r. Gl. s. v. JJo.
1) Sur ^yl, voyez p. 480.
1391
92, 16: fasaho'. ^£^^, lâcher, se désister, finir, cesser,
renoncer à = jLj, ma M S p. 46, i3 d'en bas. *j-<> Ll^^^^vj =
ijLo Ucj, 710US nous sommcs séparés de lui, nous l'avons
laissé là, Bt.
92, 18: lahna = wahna, noiis. Il y a trois formes
dans notre dialecte: nàhnâ, làhnâ, avec dissimilation,
Brockelm. VGSS p. 225 y, et àhnâ, èhnâ, par ha-
plologie selon Brockelm. ib. p. 299. Il faut observer que
la syllabe finale de tous les pronoms personnels est longue
dans le mètre: ânâ, ftnâ, p. 151 d.l., et rarement an â^);
entâ^) ou enteh; entî; hû, (syr. huwa); hî, (syr.
liiya); nahnâ, p. 151 d. 1., etc.; entû, p. 128, i d'en
bas^), entên [ho m, hên ou hinneh, aJ^],. Ils ne sont
donc ancipites que parce qu'une syllabe finale à voyelle
métriquement longue non accentuée est toujours brève
dans le parler courant, mais dans le mètre la longue
reprend sa valeur, moins les licences poétiques^). Et il a
dû sans doute toujours en être ainsi dans les langues
sémitiques. C'est pour cela que les licences poétiques
G -
1) Wânâ =z Ij'j, Hdr p. 50, ^ d'en bas, ici p. 1371: ijj ^f-^
--W-, mais bîj --, Ru'bah Arâ^îz p. 124. V. Gloss. s. v. b!.
2) Dans un ra<îaz de Sâlim b. Dârah el-Ratafânî, chez Abu Zeyd
Nawâdir p. 163, Uiî est --; Hii^. el-Adab I p. 289.
3) La finale longue, û, s'est encore conservée dans la langue
classique et qqf. au-ssi dans les dialectes du Nord, dans la combi-
naison, p. e. tamartumûna p. 30, '^\ ce qui est la règle de la
grammaire classique.
4) Noideke, ZGCA p. 14, dit que îlna > îlnâ est en vertu de
»la tendance de donner une plus grande plénitude aux petits mots".
Ce n'est pas tout à fait cela, mais ani'i est la forme primaire qui
reparait par-ci par-là dans la poésie; Brockelmann V G S S, p. 74.
1392
s'expliquent: ce sont des formes de la langue parlée.
^jJbJ sonne q a t à 1 a n i dans le parler, et l'on ne saurait
le distinguer de ^Ji^^. Jl«^', Qor. 13, «o, et o^î r»^.,
Qor. 40, 15, ne représentent point une différence de pro-
nonciation. Voyez d'autres exemples du Qorân chez Nôl-
deke Geschichte des Q. p. 251. ^^^" \ Qor. 87, o, ne
diffère point, comme son, dans le parler, de ^j^s3 '^. Al-
àydi, nàbri, àdri, etc, Brockelmann VGSS p. 75,
ne diffèrent pas, comme prononciation, de leur graphie
plus correcte ^=Aj'^^ ^c^, ^j^\ etc, parce qu'on ne
prononçait pas aydf, nabri", adrf, etc. La graphie
pleine rend l'organisme du mot; la graphie défecte, la
prononciation. Quelquefois l'ù du pluriel reste aussi bref
dans la poésie, comme il l'est dans le parler : dlL"^! ^] ^
^Jy^ ^1^, I. Yâ'îs p. 1281, 7, comparéà^^'uJ^Tî^ f^
^t, (tawîl) Haffner AL p. 18, e, procédé que nous cons-
tatons ici p. 639, 13 et note 3, p. 675, 9. Sarauw, Z A XXI
p. 39, veut même que |^JLxJs reflète „une formation
pausale."
Les Assyriens ne marquaient presque jamais l'û du
pluriel, Del. Gr. p. 53, Brockelmann VGSS p. 75 n.,
et les voyelles longues non accentuées à la fin d'un mot
étaient écrites comme si elles étaient brèves, Meissner
Gr. §21. En sabéen, le cas est pareil: la longue finale
n'était pas marquée, comme dans l'inscription de Mârib,
Glaser Dammbruch N° 11 1. 20, selon Praetorius Z D M G
53 p. 16, et qqf aussi dans les inscriptions araméennes,
Cook Gloss. A I sub "i . Mais comment s'expliquer cette
conscience innée des Sémites de la différence entre une
1393
longue et une brève lorsque, dans le parler^ elles ont la
même durée? Comment les Latins ont- ils su quand une
syllabe était longue ou brève, à telles enseignes que, dans
le mètre, la tonique du mot parlé ne joue aucun rôle?
Cela m'a toujours paru un mystère. Si l'on dit da'àni,
Qor. II V. 182, ou da'^àna, ni et na ont la voyelle
brève et forment, dans le parler courant, un ^ [la raison
de la pause n'entre pas en compte ici], mais si l'on s'en
sert en combinaison métrique p. e. ^^^^ ^y^^^ ^^ "^^"^
I ^__ I w__j ni et nâ reprennent leur valeur de lon-
gues. A cause de cela, on peut aussi prononcer â w e y n à",
p. 92, .19. Pour les Sémites, la réponse me paraît facile:
ils savaient par intuition que ces voyelles sont organi-
ques et par conséquent longues^). Le class. c>J^ n'est
pas aussi ancien que le dial. ^y^^, qui se rencontre
extrêmement souvent dans les textes classiques^) (qa-
talti' p. 319) ou e^vJUJîj fém., désinence qui s'est con-
i) Je ne marque plus les finales vocaliques longues par un cir-
conflexe, car cela donne une fausse idée du parler et ne servirait
que pour les non initiés. Fischer ne le fait [pas non plus. Par contre,
Littmann et Sturame les marquent toujours par un trait. Il va sans
dire que lorsque cette finale porte l'accent, elle est aussi marquée
comme telle, p. e. ma Le et non ma.
2) P. e. U-yLs«-y>, UjydLv.! et U^yUjujt, variantes dans Boh. III
p. 112, 9; L^.r,, I. S'ad VIII p. 90, '^ L>LyJL*:>, ibid. p. 104, ••*';
*wuo'^ ib. IV, I p. 184, 22. (^yuOfll, I. Qot. p. 520, 2. Brockelm,
V G S S p. 74, 2 d'en bas. Par analogie avec l'imparfait, avec chute
de la finale n li :
1394
servée dans le schématique ^^-OùJi^'. La meilleure preuve
de la brièveté de la syllabe finale à voyelle inorganique
et atone est la nisbah iyyun, qui, dans les dialectes du
Sud, fait régulièrement-! y ah au fém., voyez Hdr Gloss.
p. 739 sub. Aj_ et ici Gl. s. h. v., oii l'on trouvera des
exemples à foison. C'est ainsi qu'il faut expliquer les
formes telles que _bLî L A IX p. 288, 2 d'en bas, ^^U,
^Uj-, ^yUs, 'Antarah Ahlw. N° 140 v. 20, ^^Lj, Hod.
Koseg. p. 32, 2, qui font le fém. en iù_, à côté du schéma
class. iu_. iù !c 1:= iC^yLo^ LA YI p. 304, 7, que I Barri
réprouve, OS Festschrift Nôldeke p. 218, 4, au lieu de
iù.!c, Brockelm. VGSS p. 80, est une prononciation
méridionale. ^j^\ fém. iv^U, Haffner AL p. 142, 19,
LA IX p. 465, 8, ^^US, fém. ^^'^4^;, et quelques autres
dans la langue classique, rentrent dans cette catégorie.
Le cas est le même dans le dialecte hispano-arabe,
Brockelm. 0. et 1. 1., et prouve d'une façon éclatante que
les tribus arabes d'Espagne avaient encore conservé le
parler de leur terre natale.
De cette façon s'expliquent les formes datînoises m i b n i,
f. mibnie, mibnieh pp. 69, 20; 145, le; zèydie,
p. 71, 9; fèllie, pp. 132, 7; 167, «2; sàMie, p. 137, 7,
Je passe la nuit, moi, à voyager, pendant que tu la passes,
Toi, à te frotter le visage avec de Vambre et du musc odoriférant.
LA s. V. kiUo.
i) ^j, chez les ""Anazeh, chameau de quatre ans, Socin Diw. I
p. 288 B 7.
1395
etc.. Je ne crois pas qu'il faille y voir „une tendance
à abandonner la gémination", avec Brockelmann V G S S
p. 67, mais la raison avancée plus haut de la brièveté
de la finale et l'accent. Le dialecte datînois ne fait nul-
lement exception à la règle de la fixité de la gémina-
tion. Spitta Gr. § 4 b est faux.
On voit donc que les dialectes arabes ont ici conservé
les formes les plus anciennes des pronoms, tandis que
dans la lurah, ,^'_w, à côté de iiS^.., v^!, v^! ont
déjà subi une modification, à tel point que la finale y
est toujours mètriquement brève. Les dialectaux et dia-
lectalement classiques'), htf, hi', Sud et Nord, et hûw a,
hîya, sont plus anciens que les classiques hûwâ, hîyà.
Par analogie avec lahna, la préformante de la première
personne plur. de l'imparfait est souvent aussi 1.; c'est
là une particularité du dialecte de Datînah. (j è z m e t a k ')
o o
tizîyit bàlsîlha dehn, ta chaussure craque^ nous
allons la graisser ^ (propr. lui faire de la graissé).
1) Noideke ZGCA p. 13, Brockelmann VGSS p. 303; Diw.
Zoheyr, mon édition p. 167, >' (_^); Sîb. I p. 8, ♦ (s = ^).
2) On m'a entendu me servir de ce mot, qui n'est pas sudarabique.
41.
Tidârrâb em-rûhëleh.
Sur vÇ^") iiif- ^^ v/^"j voyez p. 539. ^^y^o est ac-
complir l'acte de génération, mais v*^' ^^^ seulement
monter sur la chamelle pour tâcher d'entrer en action.
Hù' mitdarribinneha ou mid^arribînneha, il
est monté sur elle, lamma yî^ràbha, pour accomplir
l'acte. idL=>!Jt v*=^ ^)'^^^ ^^ chameau étalon saillit la
chamelle. Aussi dans la lurah, Haffner A L p. 66. I.
Sîdah, vol. VII a un J^^t v^-^j où le premier chapitre
est vj/^lî» i'J^*^'' Quantité de mots qui se rapportent
à la génération sont, dans la lurah, sur le paradigme
JLsé, sans que le verbe J^is soit toujours en usage. En
voici un choix tiré de I. Sîdah, vol. VII: ijrU:>, p. 11, *,
d'en bas; ■l2±J> (avec JaJU>) p. 6, s, JôkJ> = [J^\^^
p. 11, 15, Haffner AL p. 66, n; ^L^^, S^sl^ p. 5, 4;
^^Lu, p. 5, 5 d'en bas ; \J\^, chaleur des femelles à pied
fourchu et de la chienne, LA XI p. 93, 10 ; v'/^> }^i
L Sîdah VII p. 8, 15; ^^La£, p. 11, 2 d'en bas; ^t^,
1397
p. 13, i; ^îys, p. 5, o; ^LJs, p. 5, 3; AJ^ p. 6, 5 sans
verbe; ujUi^, p. 9, 9; _Lai, „bo, bCi, p. 5, 1; ^\^^
p. 13, 5 d'en bas; „Lp, p. 3, lo. C'est qu'il faut être
deux pour la génération, et la portée de J'jé est encore
très vivante dans la conscience populaire. Comme JL«,
a engendré des substantifs en JL*I« et &JL«Li, se rap-
portant aux significations exposées ici p. 63 note, il a aussi
o
donné une foule d'adjectifs sur jLjtàx, qui ont trait à la
génération : p. e. : ^\J^^ 0. 1. p. 7, 9 ; J^l\x, Haflfner A L
p. 70, 11; ^iAx L Sîdah VII p. 14, u; vjsUi*, p. 6, 3;
u^bU^ et J^^Ux, Haffner 0. 1. p. 70, 4, et quantité d'autres.
v_j!j^ est, dans le Sud, Y étalon qui connaît déjà les secrets
de l'amour et sait s'y prendre. Les Anciens l'appelaient
v^ i>^, Açma'î chez Hafifner 0. 1. p. 27 en bas=rl
Sîdah, VII p. 7, i4.
93, 11: a^:bâ^ «^, pour le class. tyi, I. Sîdah VII
p. 2, pi. ^Lxo!, ^^^ Hocjeyl. Wellh. Scholien p. 445, ne
se dit que de la chamelle en chaleur. «^ et ^^, être
en chaleur, '^ju^is, chaleur de la chamelle. C'est très clas-
sique, Haffner AL p. 67, 3, 9, I. Sîdah VII p. 2. Une
bête en chaleur se dit dans notre dialecte:
Brebis : ^Xjw, pour j^jl/> > J^ > yow, à cause du ^
Vache (s^Lib) : I>, pi. lJ>1, Meissner N A G I p. 130 :
<J,Lo, ce qui est aussi classique, L A XI p. 93, 10 ; v.
ici p. 1396, 3 d'en bas et p. 1398, 5.
1398
Anesse, (w3): a^*^ (= »^.Lw) , pi. j,?^^^, = ^ji!oc Syrie;
Meissner ibid. p. 134, aussi de la jument.
Chienne : .^ ou s^^L^^, ^L^ ou joe'Liwj. Meissner
donne ibid. p. 116 :s^^^ ce qui est classique, [LA XI
p. 93, 12 et XIII p. 118, 9 d'en bas: ^r>o=: Jjc>1, être
en chaleur] et p. 131, ^Lo aussi d'une chèvre. Sur la
forme masculine des Jjrào appliquée à une femelle, voyez
le chapitre instructif d'I. Sîdah XVI p. 127 : J.jtà^ j^*^. J^li.
93, 14: dâri. ^^'3 est pour ^J^. Le ija perd son
emphaticité, et il reste le d superdental, mais alors la
voyelle n'est jamais imâlée: dâri <^^\jo, mais dâri
>dâri, de (C^J, serrœr^ et dâri, de i^.^^ savoir, [j^y- 3
est assez commun. Nous avons ici v-),J> < v_;.-o. Dans le
Sud, où l'emphaticité est si faible, l'oreille a de la dif-
ficulté à la saisir, et souvent elle disparaît tout à fait *).
De là les deux sens de ^o : 1*^ < ^^ < J^ < ^Jt^, =
J-ij Nord, et 2° Jj, commencer^ < ^_^j (?). Cela est tel-
lement ordinaire que le poète Ahmed "Ali ed-Diyêbî a
lui-même écrit dans une qasîdah:
j w o T ^
1) Hartmann LLW p. 142, N^. 69 donne gadar et gedrân =
(3>x; et ('3^3 '■) c'est, bien entendu, une métathèse de y^^-^, class. et
dial., mais je n'oserais dire, sur la foi de Hartmann, que {J^ est ici
véritablement > i3.
2) Q-?^, élre soucieux, être triste, q-^?^ = r^j rendre sou-
1399
Mon oncle a mie charge de fusil qu'il est prêt à tirer,
Tandis que le cheijkh est attristé contre mon oncle
[avec des nacaires.
Dô%n l'expliqua par Lpy.
Dans la lurah, j'ai noté les mots suivants: i!yî>, K.
el-A(ldâd p. 32, et ^î^o, ahri, L el-Wallâd Bronnle p. 50,
Meissner M S 0 S VI, ii W 3, 4. (Cjjo", chercher un abri,
au propre et au figuré, se réfugier auprès de qqn, est
class. et dialect. du Nord, I. el-Wallâd, p. 50. J^î=: ij^Jî —
JlJ>], L a IX p. 225, = Jjj ^. ,-n r = J^jJjlÀ^c, = -^^fii^^,
ibid. et p. 223, de l^iÛTi^ç. (j:^, ôa^^re (pouls) = Jyj, Sihâh
et Qâm. s. h. v., L A V p. 51, i. On comparera aussi
JxJlc et ÀJLc, Qâm. seul; J^Low et oLJw, Qâm. seul;
iUaJb-, Qâm. s. V. = itji>, Qâm. s. v., L A V p. 18 =
'^ùiAi^) ^Jr>Ji'i . (ji3 > o a de nombreux représentants dans
la luyah et les dialectes; je n'ai qu'à citer l'exemple
classique ^^ et ^05 , Tab. Gloss. s. co^ . o > ^_ca est
plutôt dialectal, RO p. 10, Marçais Gr. p. 15, où l'in-
fluence berbère doit être écartée.
^}^ ^jo, être habitué à, est répandu dans toute Arabie
et en Afrique, Beaussier s. v., Socin AD M p. 178 note
36. Je ne l'ai entendu ni en Syrie, ni en Egypte. RO
p. 224, § 358 (î^). J^ ^^, habituer à; ^'^^ s'habi-
tuer à, R 0 p. 279, 13. Le verbe est aussi très classique.
deux, triste. ^Jvc q.:S^..CCo', cire en peine pour qqc, cire iitquiet de
qqc. ^^ ^^j:^\aJX,\ = J^xX^I, s'attrister, se fâcher de. qJïïV^, triste.'sc,
chagrin. Tout cela est aussi classique. Cf. ^L^Ui.
92
1400
^.U», habitué^ toujours prononcé dâri, en Dt avec Jj^,
Dozy S., mais en 'Oman avec J, Rôssler M SOS Ip. 87,
n, qui écrit dôrîn, ce qui serait la prononciation rap-
portée ici p. 295, mais R 0 § 430 d : f 1 â n dâri y i t-
messe, un tel est habitué à aller se promener. Exemples
p. 543 en bas et Gloss.. Le verset qui le précède est:
, : _, . + c
Xai nommé I)(fan, qui est un de ceux qui fomentent
[la guerre,
Mais c'est que Iblîs dans ma tête est habitué à don-
[ner des conseils.
Sfdim es-Sâhimî dit dans une pasquinade:
Nous sommes^) habitués à vous attaquer le matin et
[nous prenons votre pays
Avec les gens porteurs de fusils européens au bon tir.
Abu Sâlim Dabi a dit:
C^L?' ■■'■ * '^^^ ^^ à> i_c-î-:^-Jp Lj[5
1) (j*,U=5^, comme ^joUliivo, Arabica V p. 250 note.
2) Prononcé distinctement fâ-ran-gî-â-te, avec les deux longues.
3) Obs. le singulier pour le pluriel. 4) Prononcé miyèh.
5) Une telle syllabe est rare dans le mètre. Il aurait mieux fait
dédire bâ-mû- te-'^â-dî nî.
1401
J— ir-.'*'- «V»i >a ^-lî (J^ (^Jt T /SI 'jLo
0 ^oz gwz c^z5 de si belles paroles, soit cent fois salue'!
Le pouvoir est tantôt en baisse et tantôt en hausse.
Et moi, je suis un Diyêbî au pays des Himyarites :
Je veux mourir pour ma religion, et ma mort me
[conduira au Paradis.
Je ne me fais pas de soucis et je n'ai envie de rien,
Habitué (que je suis) aux blessures des poignards
[et du fer (de la pique) ^).
93, 15: yihlàt le ha. U! 1à=> ou xi est le terme
technique pour cette manipulation. Chez I. Sîdah, d'après
Abu ""Obeyd, VU p. 6, 6, nous trouvons: ^^jtJi c>>i3JL>(
û
&.M-JJJ fLaJLj" ^j^ liVJo, comme aussi ibid. JaJLi* . L A IX
p. 166 ne fait que copier cela; cf. Asma'î chez Haffner
AL p. 68, 2.
93, 17: yitlôseh. ,j*Jl>, o, et sa variation phonétique
;jJû', faire entrer, mettre dans, ficher datis, hineinstecken,
au propre et au fig., comme en français „ mettre dedans,"
et l'allemand hineiiilegen , tromper. Dans ma brochure
„La Langue arabe", p. 58 et s., j'avais émis des doutes
sur la provenance de ^y^), tromper, de Uxoç. Fraenkel
\) Prononcé Me'ùwil, v. p. 346.
2) C'est à dire: je suis habitué à faire des blessures avec les
poignards.
3) Cf. jmdenda et Scham.
4) De Goeje Gloss. Bibl. Geogr, arab. s. v. ; id. Gloss. Tab. s. v..
1402
F W p. 188, avait déjà proposé cette étyraologie, que
Nôldeke ZDMG 59 p. 417 approuve, en rejetant la
mienne. Il est bien étrange 1° que la première forme
^wJo ne figure pas dans les anciens dict. de la lurah,
seulement ^_vJo , i^wÎAi", j**Jb et ^^wJlXJI ^), ce que Fraenkel
0. 1. considère comme une preuve d'une formation pos-
térieure, et 2° que ^-Jo soit même devenu un terme
technique des Traditionnistes, Marçais Trad. d'et-Taqrîb
de Nauwawî p. 50 et s.. Il y a un certain nombre de
Jôé dont le Jj6 n'existe pas dans le dict. classique^),
mais qui se rencontre encore dans les dialectes, comme p. e.
^, p. 1365. Il en est de même dans les dialectes, ^jdi^)
commencer, seule forme en Syrie, Harfouch Drogm. arabe
p. 215 et note, tandis que ^J^L, i, ou ^iJo (à cause de
jiJLo), commencer, est fort courant, non seulement du
côté du Hermon, mais aussi en Haurân et chez les 'Anazeh,
de même que (ji.i:oî, Harfouch o. et 1. 1.. La seconde forme
^^ô ne milite donc pas en faveur d'une provenance
exotique. En outre, j'ai de la peine à croire que dans la
terminologie des Traditions, si éminemment arabe, on
1) Noldeke, ZDMG 59 p. 417, cite en outre &-m.Jj, as/uce, Tab. I
p. 3086, '. En Syrie ji^ ,j«JAj", tromper qqn.
2) Misbâh seul donne [j^->, i, mais il dit que ij'^-> est plus
commun. Zamahsart a seulement \j^-^, tromper. On observera que
y*Jj et (j-Jj sont synonymes, Asâs et L A.
3) Qu'on fait inutilement venir du turc.
1403
ait pu adopter un mot d'origine grecque. On dira que
les Arabes ne l'ont pas reconnu, le croyant de bon arabe.
C'est là un argument sérieux. Le néohébr. Dlbi, Levy
N H Ch W B I p. 409, et le samarit. ch^, que Nôldeke,
0. 1. p. 417, cite en faveur de sa thèse (Séxog), ne sont
pas bien probants. Levy, o. et 1. 1., a déjà soupçonné
que Dl^l, eu égard au samarit. D^l et à l'arabe jj-Jj,
pourrait bien venir d'une source sémitique. Fleischer,
qui plus tard parlait dans ses cours de ^jJo < ^ôxog
comme une possibilité, n'était pas d'abord non plus par-
tisan de cette étymologie, lorsque, apud Levy I p. 443,
il dit: „ce qui rend une affinité étymologique entre So'aoç ')
et ^o fort improbable, c'est la différence fondamentale
de ç et de ^J^., car celui-là est la désinence du mot, tandis
que celui-ci est organique." Cela n'est pourtant pas un
argument inébranlable, car plusieurs mots grecs en -o;
sont passés tels quels en arabe: ^ip^ao^ > ^^w-c j, lupin;
yivoç > (^wJ-:> ; tcVoç > ^J«J^, corde ; cpxvéi; y- ^j^j^i, lan-
terne; i^ycvf4,evoç > (j.^^, prieur; Kùvoq > ;j«oyJ, pointe du
casque, et d'autres^). Mais dans beaucoup de mots la
désinence grecque tombe dans le passage du mot à l'arabe.
Si loko(; > i^wJo est juste, il est de toute nécessité que
le substantif ,jmJj, ou ^^-Jj, qui ne se trouve que dans
le Misbâh^) et en Espagne Dozy S, ait précédé le déno-
1) De * 3éAw, amorcer^ trumpcr Lbg.
2) D'après Volleis Z D M G 51 p. 294 et ss.. Cf. p. 964 : (Jd«aaoc.
3) Ne pas confondre avec (j^->, o, et son intensif ^j^^, polir un
)iiur après l'avoir blanc/ii, Syrie. Qqf. prononcé ^J^^^^
1404
minatif ^wJo. Quoi qu'il en soit, je ne trouve pas que
So'ajç > ^J*Jo soit absolument sûr, malgré l'opinion d'un
maître aussi savant que Nôldeke. ^'^ et (jJj, tromper,
falsifier, Syrie, Prov. et Dict. p. 193, en sont des varia-
tions phonétiques. Le negdite jy, Socin Diw. I N° 103
note 11, a-t-il quelque affinité radicale avec notre ^jAi,
car le sens est le même? ^JlL est, dans le Sud, dé-
border^ dégoutter, mentir.
94, 1: yikifkif leha. Je ne sais si c'est un déno-
minatif intensif de ^^: lui témoigner son kêf, mais
ce dernier mot n'est pas courant chez les Bédouins du
Sud. En Syrie, Jsc •^jiSsS' est avoir soin de, avoir des
sollicitudes pour. csl^\ J^ oi^^ v"^', le père est aux
petits soins pour son fils.
94, 1: tié^ar. Jt=> est plutôt roter, mais j'avoue ne
pas savoir rendre exactement en français ces sons du
chameau.
94, 5: lisez: laqehet. El-Asma^î, Hafifner A L pp. 67,
137 et 141, donne à peu près la même description de
la chamelle fécondée. I. Sîdah VII p. 13, 7 d'en bas.
94, 7: usurà\ C'est la forme classique ^^y^, moins
le second u, en vertu d'assimilation vocalique, = Bâ Kâ-
zira ^j\J^. Asma% Hafîner AL pp. 68, 26, 141, i5 =
L Sîdah VII p. 13, en bas, XVI p. 67, s en bas, dit
que la chamelle est ^Uix lorsqu'elle a accompli les dix
mois de gestation. Mais, comme à présent on constate
déjà au dixième jour qu'elle est pleine, si elle commence
1405
alors à lever la queue ^), comme chez Haffner p. 68, 4 =
I. Sîdah VII p. 11, 8, il est probable que le nom vient
des dix jours, d'autant plus que partout encoro jLxa ou
syiixA est pleme. La forme ityi,c est étrange, et il y a,
en arabe, l3ien peu de mots sur ce paradigme. Ce sont
tous des substantifs, à l'exception justement de ^tycs^.
I. Sîdah XVI p. 67 les passe en revue. Barth N B
p. 394. Est-ce que ce ne serait pas une ancienne pro-
nonciation pour le primitif tlyix, qui aurait fait ^^y^,
par analogie avec ^Ji>, aussi prononcé ^1-^, h u b 1 à", v. ici
p. 611 n. et p. 1218, et ensuite ^^^^, comme dans notre dia-
lecte ilyisc ? En Datînah, i'yix se dit aussi de la jument,
de l'ânesse et de la vache; ^, mitimm, pi. (.Uco^*),
de toute bête qu'on trait : vache, chamelle, brebis, chèvre.
Dans la lurah, f>XA est la femme qui a presque accompli
sa grossesse et va accoucher, Boh. VII p. 84, 4. Dans
le Nord, ^Jjl^, pi. ^Jl:^, est pleine, chèvre et brebis,
„ parce que (ji-xXJî UJlL, le bouc lui court après," selon
un Anazî. Cf. pour le Iladramôt Ildr p. 377.
4) Cela se dit class. L^Jo Ji^-i^', Haffner AL p. G8; «, 138, ",
I. Sîdah VII p. 13. Elle est alors JoU, pi. Jj.^. iJ-SU est pleine
de 7 mois, pi. Jvii, Haffner p. 90, I. Sîdah VII p. 13, «, comme
Hartmann L L W V 179, 2».
2) Pour *^\ comme [y^, pi. i^Uw', Hdr p. 41.
1406
Le chameau et l'Arabe ne font qu'un. Ils sont insé-
parables. Un proverbe sudarabique dit: ^^Uo! ^\ ^jàj U
J..4j> sju-j Lo, ne s'effraie que celui qui n'a pas de cha-
meau à sa disposition, p. 498. C'est le ^lXJ! ïcl^, le
vaisseau du désert, Sîb. II p. 297 en bas (éd. du Caire),
Goldziher ^otay'a p. 45. On ne doit pas se faire payer
la saillie d'un étalon, mais le prêter pour rien, comme
aussi anciennement, LA VI p. 69, 7 et s. s. = ISIihâyah
II p. 202. Une seule saillie ne suffit pas, au dire des Datînois.
^IjJtiJî ^yt*^^ iJb-U! vj*^» ^^ chameau ne compte pas,
seulement la chamelle qui met bas. On laisse quatre éta-
lons saillir la chamelle, et l'on vend les jeunes mâles.
Pour finir cette partie, je donne une photographie re-
présentant le tidârrâb em-râhëleh. On croit généra-
lement en Europe que l'acte de copulation des chameaux
se fait dans une position de dos à dos, ou plutôt de cul
à cul. Un de mes plus savants confrères, qui a fait de
longs voyages en Orient, était tout dernièrement de cet
avis. C'est que personne n'a assisté à ce spectacle amu-
1) ^.A, a, ou Ojj' n'est pas l'action de mettre bas, car cela est
lXJj, i, mais c'est plus exactement donner de la progéniture, pro-
créer, reproduire Vespèce^ aussi bien d'une femme que d'une bête.
Hôrraeti bartètli, ma femme m'a donné de la progéniture.
û- Cl
xjj Dt, xjJ J Beyh., progrém<ure. C'est probablement la môme racine
que dans 1 j = {^13 = |i.û) créer. Je ne suis pas persuadé que
yi Sud, -^3, J.S ) mehri ber, hebré, f. bert, de même que
l'araméen, soit le même mot que ^^yi^J ^^.
1407
sant. Un Bédouin m'a dit que „les chameaux sont très
pudiques et ne veulent pas qu'on les voie dans l'accom-
plissement de leurs devoirs conjugaux, et que quelque-
fois on jette alors sur eux une couverture." La photo-
graphie a été prise par moi dans la sêlah d'Aden, pen-
dant la guerre entre l'Italie et l'Abyssinie. On y avait
alors réuni des centaines de chameaux pour les ex-
porter à Masàuwa"^). C'était justement à l'époque du
rut, et je pouvais chaque jour être témoin oculaire des
orgies amoureuses de ces bêtes. Je saisis cette occasion
unique pour en faire toute une collection. Le chameau
étalon est agenouillé, exactement comme l'Arabe lorsqu'il
fait l'amour, voyez p. 837 et note et p. 868, note 3.
1) Je n'ai jamais entendu que cette prononciation py^^ à Masàuwa*^
même. Maswa', Snouck Mekka II p. 395, est tout au plus une
prononciation des tribus Tigrina, qui l'appellent aussi ^-^^L , ou
nX'X, comme rae l'écrit un jeune homme tigré que j'ai avec moi.
Barbier de Meynard lit dans les Pr. d'or partout ^^-
ADDITIONS.
p. 283. Sur banâh=oUj, voyez aussi Mufass. p. 176, 2 = 1.
Ya'îs p. 1386, I. Higâm Qatr en-nadâ Trad. Goguyer p. 387,
Vollers V S p. 158.
P. 287. On dit aussi en Egypte r- ;M' i "^Abd Allah en-Nadîm Su-
lâfat et-Tadbîr II p. 40, Caire 1901, et dans l'Afrique équato-
riale, _ .Ly«î , le lendemain, Rabah et les Arabes du Charipar
Decorse et Gaudefroy-Demorabynes p. 34. A propos de l'article
em, dans la Tradition rapportée p. 282, Moh. ez-Zorqânî, Comm.
sur el-Mowattâ de Mâlik b. Anas dit II p. 94: iJti ^^ ^)3ji
<\^\ iAx*M<fl ^^ jfr*^^j oii cependant je ne l'ai pas trouvé. Brockel-
raann VGSS p. 317 limite l'emploi de cet article à Datînah,
mais il ne pouvait encore connaître son extension. Au nord et
à l'ouest de Datînah, il est seul en usage.
P. 288. Ajoutez encore (j?**^ = ic^*^*
P. 292. Brockelmann, o. 1. p. 263, cite ban û> bal comme exemple
de haplologie et il dit que j'ai tort d'en douter. Nous trouvons
OJJlli^ Tab. I pp. 1511, «, 1517, '6, I. SaM VIII p. 88, '»,
mais o«Jlù>^! J^ Tab. I p. 1757, ♦, I. Sa'd VIII p. 83, «,Bob.
III p. 148, 8 d'en bas. ^y^ I. Sa^d VIII p. 104, "» et J^
Q^ ib. p. 104. 2. iLi^iAjt-Lj ^^ u*"-^) Naqâid p. 115, ».
^y>^^.:^^J^ cr ^j T^i'j- I p. 1019, 1. ^ '^p- ^ A-^i-J
1410
ui"lAj ^^ Cu-^^ Tab. I p. 4114, i". JJL> .^t J^^ u>oij
j.'lw^î J.t (?^Ju ^î «^[5 v^ ^ o^bs^Jb ^X! J^^l ^ Tab. I
p. 1724, '0 et s. s., mais ib. 1. 8: c:j.Lil jtj. Si dans ces exemples
Jo est =_^, il n'en peut-être de même dans les exemples sui-
vants: ,^^L>oiJu j=>\ j.j! ^ ooj io^l Jc^lj Tab. I p. 1615,
Tab. p. 1669, ' et s., car l'homme ne pouvait pas être ,_fO ^
o ^
...^L^uit et frère des Q^iL^VjJt ^c^ . La même filiation dans
une inscription nabatéenne de Palmyre, Lidzb. Ephem. I p. 345
(1. 8): Dpy'^D ID \)V^V "Q NT'DÎ. donc fils de Bal'aqab. Je lis
également à la fm de l'inscription d'en-Nemârah: slXJj^ lXj«,/*Jj
Balsa'^d et son fils, qui ont érigé le monument. VoUers consi-
dère, V S p. 167, bâ comme une aphérèse de abâ, qui était,
de même que ahâ, I. Ya'îs p. 62, 17, la prononciation des
Balhâiit. y^ixj est Derenbourg, Monuments de Marseille N" XII, =
qJ . Bin Yemâni est le nom patronymique de la tribu prin-
cipale des Béni Dannah Hdr p. 467. Bâ 6a h 1, ici p. 338,
", = J»^ _jjt . Si nous trouvons p. e. CjX^^^ à côté dejJLj
O.Li^, cela ne prouve pas absolument que lW < J^ _^ , mais
seulement que le premier, comme sens, est identique au second;
l'étymologie n'y est pas impliquée. Je persiste donc à croire que
Jo est pour ^3' qJ et que p. e. ^^JèSh*^:^ est O»-^ N *■" l* qJ ,
I. Sa'd VIIJ p. 83, 2 où il y a la filiation ci^..ij ''-^■J^-y^
VwaXLlclL! ^ iU-JiA^ Q-J CJjLil dont descendaient les
05-Lu2;.lt ^j, comme les j^^L*-) q_j , mentionnés plus haut.
Cf. Muzhir I p. 234, dont l'explication est inacceptable. Grùnert
Mischworter, Actes du Congrès de Stockholm I p. 146 et p. 170.
Les Assyriologues nous diront si le babyl. a plu, ablu (apil,
abil) = ^^\ joue le même rôle patronymique et s'il y a quelque
rapport entre lui et Jo. Cf. \). 1008.
p. 293 et s. s.. El-Mufassal p. 7 nous apprend que l'article est facul-
1) Les Eà Dâs existent encore dans le Sud, Arabica V lud. s. v.
et ici p. 255.
1411
tatif dans les noms propres, et le comment. d'Ibn Ya^â p, 50
ne fait que confirmer cela. Nous trouvons effectivement aussi
bien q--^ et b'.y*^, I- S-^'tl VIII p. 18, 2t, Boh. III p. 144,
[mais ibid. en marge (jv«>i- avec un ,i^.o] que (-v*<>- et (j;v«il,
I. Sa'^d VIII p. 17, ', \ Il y a pourtant quelques noms, comme
p. e. iJ^Aisâîî '). qui ont toujours l'article. Dire que c'est un in-
finitif ou un x*-wi: yÀo et que l'article est conservé à cause
de cela, ne résiste pas à l'analyse, car q-*««> et o,L:> sont
justement dans ce dernier cas. {-y*^ et ij'.>r**<>- devinrent en-
suite le nom propre par excellence des deux fils de "^Alî, et
tout le monde s'appelait alors de même, voyez Tab. Index s. v..
Cette liberté de détermination doit être ancienne, puisque les
inscriptions safâtiques l'ont aussi, comme il a été relevé p. 1187
note 1. Or, j'ai voulu reconnaître cette détermination dans les
noms propres en b n, en cela d'accord avec Kampffmeyer. A
présent, Brockelmann, VGSS §217, veut voir dans ces noms
des diminutifs arabes en on. Hommel, apud E. Gratzl, Die
Altarab. Frauennamen p. 37, id. GGG p. 130 note 2, les avait
déjà expliqués comme diminutifs araméens, disant que »cette
formation est assez récente, excepté la forme i^y^ qui est
ancienne." G. Hoffmann, Z A XI p. 218, est d'avis que on et
un sont »des désinences hypocoristiques" et que q»o\-i.c <^
*i]î iAa£ et ..j»A*>w <^ iJllî iA*Aw. Il faut à cela faire remarquer
que les noms composés tels que q-j>-^Î «-^^^ , de formation
assez moderne, peuvent aussi devenir des hypocoristiques en
rejetant le dernier mot, mais le premier prend alors l'article:
qJiAj) lArs^ > Jw^î . Cela se rencontre fort souvent dans la
littérature arabe. ^î uVjtw fait de cette façon vAamJ', c'est-à
dire =: ^.^^lXaam , d'après ma théorie sur la provenance de cette
désinence. La coïncidence ne saurait être fortuite. Si le dimi-
nutif araméen en on est un hypocoristique, ce qui me paraît
fort improbable, l'arabe ,.,3 ne l'est certainement pas, et Hoff-
mann les confond à tort. I^idzbarski, Epheni. II p. 18, consi-
dère ]T aussi comme un hypocoristique. Il y dit: «Ainsi se
dissout la question traitée par Kampflmeyer, c'est-à-dire, de
1) £= Pa.ssalum, Hommel G G G p. 129, du temps do Hammurabi.
1412
savoir si la désinence q^, aussi ^yi , ^^î, dans les noms de
personne arabes, est la désinence dirainutive araméenne ou le
suffixe déternninatif sudarabique. Elle n'est identique ni à l'un
ni à l'autre, mais congénère avec les deux. Plus proche de
l'affixe araniéen, en tant que celui-ci remonte à un affirmatif
hypocoristique. La connexité avec le déterminatif sudarabique
est plus vague. Je me figure que celui-ci s'est formé de la même
façon que l'a araméen emphatico-déterminatif, si ce n'est qu'un
élément énergique s'y est associé." La dernière partie est tout
à fait juste, et j'ai toujours considéré l'a final araméen comme
parfaitement identique au déterminatif minéo-sabéen an. Mais
lorsque Lidzbarski veut que le diminutif araméen on soit parent
du sudarabique on, nous sommes bien loin l'un de l'autre.
Je nie de la façon la plus absolue qu'il y ait, en arabe, un
suffixe diminutif en an ou on. Les exemples que cite Brockel-
mann en faveur de sa thèse s'expliquent d'une autre façon. La
désinence an est celle de quelques adjectifs, Brockelraann le
fait remarquer lui-même, et de beaucoup de noms de plantes
et d'arbres, aussi dans les dialectes, comme ,..!a*av, ^jL^f.,
^Loô, qU^) peut-être aussi ,^^L^Jj> = J.:^\-L> p. 294,
358, 729, etc. Ce sont des collectifs, avec le n. unit, en 3 — . '^Aqr a-
b a n (lisez "^u q r u b â n), scorpion mâlc^ et non «petit scorpion," 0. 1.
p. 394 comme uf'uwân, serpent mâle, que Brockelmann §215
cite, pourrait alors, avec autant de raison, figurer ici. '^Uqfân,
qui fait le dim. régulier '^uqeyfân, est y>le père des fourmis
rouges" LA XI p. 160. Si an était un suffixe diminutif, je me
demande pourquoi un grand animal tel que qL^^, loup, lion,
et ...Lxyto, hyène mâle, peut recevoir ce nom. Le n. pr. *^Ubay-
dân est le dim. régulier de ^^tA^x., comme '^uqeyfân. Ku-
Ijeylân est d'un tout autre genre, et je veux m'y arrêter un
moment. M.bLjL..:^\J' est le nom collectif de la race des cinq
divisions principales deH chevaux de pur sang arabe: c'est l'en-
semble de tous les Jy^^, the stock of koheyl. On ne dit
_ ) - '
pas: un tel cheval est , gJ^LuS?/ , mais ij-fi^ . Ce diminutif
est conservé tel quel, et l'on y a ajouté la désinence collec-
tive an.
1413
Il y a plusieurs branches et subdivisions de Koheyl qui ont
la même finale :
..L-fcC, dim. de -L^c , manteau; une des cinq principales bran-
ches; cité par Brockelraann p. 394.
...UA?, de 1— ;i-XP) ou ljA^ , qui a de longs cils ou un long
toupet; même remarque p. 394.
...U^O , de («^«^î , brun foncé.
...UJL> , signification inconnue.
j^Ui-iy^, de (jii'-t-^, bouc, j^.-Jx-'j-aJ' , singulier; cité par
Brockelmann.
...(lXj. , de iAj.I , couleur de cendre.
..Lio. , gui sont légers à la course, comme, une plume.
Cl _
...ÎlXaw, nom de plante, Neurada procumbens L.
...Lï^v*^ , de >*>.«^ , doux,
^jUjyi, de iwLi, marque ou st</ne (de beauté).
qLwj Jj , de fjt^^^Jo, paon.
j|.LA«y>, de (j«j>', wwe^
j^ljOj , de iM'^i' ) »!0t<, souple, mais le sens n'est pas sûr.
Je suis persuadé qu'on ne dira pas, après avoir parcouru
cette liste, que les exemples de Brockelmann offrent un suffixe
diminutif. Cette finale collective est du reste fort employée
dans toute l'Arabie: f-fr^f , c-*ty>^ et qUaP; ij^.^j^ l«"**^^;
et qI^JjÎ ^yrr^> tr:^^^^ ^*^ o'"^' "^J^' L'=^;^ ^'' O-/^'
-l' . . ''- '■' ■ —
JoAP, ^_^.j^ et q"^.^, mais j^-jI^^Ac et i^tfj'i^>^, e)'*-^^
et j-J'jUyw.
1) Un proverbe bédouin dit : Li*PJ A-k3> ^J>^.
11 n'y a que le mot '^u sa y y â n qui pourrait convenir à la théorie
de Biockelniann, mais c'est spécieux. Déjà Sîb. § 392 a traité de ce
diminutif, sur lequel I. Sîdah, XIV p. 112, a aussi tout un
chapitre. 'Usayyan est le dira, régulier de ...Loiix, qui est
en analogie avec ^l^y^o, etc '), l'état du 'asî ou le temps que
« _ 5
dure le 'asî. C'est surtout le pluriel c;'jl-yi*>c qui est usité. Des
mots analogues sont oJLi,-ow , dim. régulier de r)^T*^ ") 5 o'jLiAc,
LA XIX p. 353, 13, dim. de sÎlXc ou «s»-^; . -jLv-w-o , L A XX
p, 149, 8, ": LjL,v^,^x xXaj1 ou o'jl^v*^, je suis venu chez
lui dans le courant de la soirée et non un certain soir, ce qui
est à noter. On ne doit pas croire que ce soient là des raretés
.o|^ du dictionnaire, car ces formes sont employées encore
aujourd'hui chez les Bédouins du Negd. Notis trouvons Socin
Diw. N^ 33: Wâhed gâi yamsi ma' sûge Brêdeh msay-
yân, un homme passa vers le soir par le marché de Boreydah,
où le mot fut paraphrasé par jAjuOÎ \.^,<a£.. Sur une de mes
fiches de Ne^d je lis : .asjcÎ oJ'yo^Jw l-»J-=> ^ , nous sommes
partis dans l'après-midi, voyez L A VI p. 414, '. q^^LasÎ, >•
^3^Lyif, est par I. Sîdah, ibid. p. 113, et L A XIII p. 16, ex-
pliqué comme dim. de ^Xoî, qui est le pluriel de Jwyo'3)=z
.-/i:^. Ce qui parle en faveur d'un pluriel, c'est que les autres
1) Prov. et Dict. p. 7, Barth. N B § 206. Le paradigme q^^ in-
dique l'état où est le sujet qui subit l'action exprimée par le verbe.
2) Flei-scher, Kl. Schriften I p. 221', en parlant de ce mot, dit que
cet au est la dcsiuencc relative perso-araméenne. 11 analyse toutefois
bien le sens du mot, d'après le Qâm..
3) Ce qui est admis par Jabn dans sa traduction de Sîb. § 392.
1415
mots sont aussi employés au pluriel, I. Sîdah XIV p. 112, LA
XIX p. 290, ' d'en bas et p. 353, '3, mais Q^^Ly^' peut aussi
être le dim. de * ^j^^î au même titre que .-.'i-yisE et ,-.LiJw.
Il est à relever que ces formes q^'^ ^ O'^'^ -^ olj^^ixaù ne
figurent que dans ces quelques mots, Sîrâfî (+ 368), Sîb. Ûber-
setzung § 392. I. Sîdah 1. 1. p. 112, " prétend que Le *^ik*>
Jaaà LjLwjlI! ^L^v*! q-, iJjlX^! \j^ xo «j ce diminutif irré-
gulier ne se trouve que dans les mots se rapportant aux diffé-
rentes parties du soir. Mais il y a aussi oLiy^Ai qui se rap-
porte aux différentes parties du matin, ainsi qu'on vient de le
lire. La raison du pluriel est bien expliquée d-ans I. Sîdah p. 113,
'♦, L A et Fleischer Kl. Schriften 1 p. 225; voyez aussi Sîrafî
Jahn Sîb. Erklâr. p. 241 N- 6; cf. sur le tard et l'ital. in sul
tardi. D'après l'opinion de Brockelmann, il y aurait dans plu-
sieurs de ces mots un diminutif au diminutif, ce qui serait bien
bizarre. Il enregistre le negdite musayyân comme exemple
d'une désinence locative, § 216, tandis qu'il fait figurer son
synonyme "^usayyân comme exemple de la désinence diminu-
tive an. On. Voilà qui est encore plus bizarre! Lorsque Brockel-
mann dit que »ce suffixe diminutif est peut-être, à l'origine,
identique à la désinence adjective," je crois que son bon sens
linguistique, d'ordinaire si sûr, lui fait défaut. La forme dimi-
_) - j
nutive Jy^ *J^t^ est, chez les Bédouins du Nord, très employée ;
_)
elle y est le pi os .souvent caiitative, et le i^^^V*^ de notre ami
Euting jouit d'une célébrité mondiale, mais jamais je n'y ai pu
découvrir le suffixe diminutif en question. Pour le '^omânai.s
éweyyûne, tissûne et tissu te, un peu, R 0 § 48, l'influence
araméenne, ou peut-être mehrite, n'est pas exclue. Ce sont aussi
les seuls exemples de ce suffixe diminutif.
oi
Fleischer, Kl. Schriften p. 225 note, dit que Q'^iot n'est pas un pluriel,
o }t o oi
mais un nom relatif, formé du pluriel J^/^', J^as! avec le sens du sin-
gulier, propr. vospertiaum, comme le persan bamdâdân, nom relatif
de bamdàd, madn. Je suis arrive à la même conclusion, mais par uuo
autre voie.
03
1416
C'est un fait indiscutable que les noms propres de la forme
q'^sas équivalent à qJ^ et à J^ssit. ^^yiai», K. el-Mo'am-
marîn, éd. Goldziher p. 1, 'et Anm., est y^^^i-, • cl-Hcvlir ou
cl-Hidr, qui n'est jamais prononcé sans l'article. Personne ne
5 ù
soutiendra, je suppose, que ce soit là un diminutif. ...yS^^*.^
était un nom de personne en Andalousie, Qâm. s. v., comme
aussi ^^ys\4.*«, ibid. (auquel TA IX p. 241 donne une autre
étymologie). On ne doit pas confondre rjj^ > O^;^ ^^^'^
.Jyjl <^ ^^i_Xj! >>-^, ce qui est relativement moderne, ainsi
que j'ai dit p. 1411. ,iAj, comme nom de personne, est aussi
o _
nabatéen, Dussaud, Les Arabes p. 149. q^l)c*.> a même le
o ,
fém. &J5iA*:>, Gratzl Frauennaraen p. 37. Brockelmann a bien
raison lorsqu'il dit, p. 394 en bas, que l'emploi de cette dési-
nence un (6nV) ne se limite nullement à l'Afrique, mais je
crois avoir suffisamment prouvé qu'elle n'est pas diminutive, et
je persiste à y voir le déterminatif minéo-sabéen, malgré que
Noldeke trouve cela »hochst bedenklich", B ZS W p. 137, Brockelm.
VGSS p. 393 n.. Hommel G G G p. 129 fait observer que, dans
les noms de personne arabes du temps de Hammurabi, on trouve
p. e. Dawidânum, Hazarânum, qu'on aura de la peine
à expliquer comme diminutifs, caritatifs ou locatifs. Brockel-
mann, 0. et 1. 1., est même d'avis que les noms de lieux dans
l'Arabie du Sud: Asba'ûn Arabica V p. 185 2), Baynûn
Qaydûn, Sêwûn, etc., soient originairement des noms de
personnes. Ils rentreraient donc dans la catégorie de ^^»)j\Xi<C,
q';'-^ = .lXaJI, Q^.*;a> <^ QLii> = wo^, mais je n'en suis
pas tout aussi sûr. Qaydûn doit être = lX-JL'Î , 7a digue. Je fais
1) A présent on prononce un: Sa^dûu, nom courant chez les Bé-
douins du Nord. Comme û est aussi prononcé ô, non seulement dans
le Sud, mais aussi en Afrique, l'ancienne (?) prononciation de Haldûn
a pu être H al don.
2) Aussi appelé Mayfa'ah, comme tout le wâdi, v. p. 1426 note.
1417
observer que de ce iMy*5 on ne forme jamais une nisbeh ii>^^>
mais (C^j ^6 qu'on ferait, si c'était un diminutif.
P. 297. Cette prononciation de â> ù, dans ces mots, n'implique donc
nullement un emprunt à i'araméen. Elle est du reste fort ré-
pandue, et l'on n'a qu'à lire Brockelmann VGSS p. 142 et
ss.. Cette prononciation archaïque prouve justement que nous
avons affaire à des mots culturaux, transmis tels quels depuis
une haute antiquité. Déjà les Babyl. disaient sullû, prier, im-
plorer, taslîtu, prière, Del. HWB s. v., id. Gr. p. 182 et
Gloss., où la Ile forme du verbe est également à noter. Zim-
mern KAT p. 610 dit que sullû (thème J«*«) est le mot le
plus ordinaire pour prier, avec le subst. teslîtu, prière, et
que sullû, prier, implorer, ne s'emploie pas à l'égard des dieux.
Sullû serait donc étymol. différent de sullû, comme ^^Axj l'est
de ^Aw. Les Assyriologues nous diront si sullû peut devenir
sullû ou vice versa. Zimmern, o. et 1.1. veut que l'aram. -arabe
""^îf. i^m^îi ait pris ce sens sous l'influence de l'assyrien. C'est
possible, mais non nécessaire. Alors l'éthiop. RA?, prier, RApI*,
prière, serait dans le même cas ^), de même que le sab. jms ,
prier, et o^^ ou c>-^ des inscriptions minéennes, Horamel
SA Chr. Gloss. s. v., A A p. 185, D H Mûller EDA Gloss.
s. V., Mordtmann Beitr. z. min. Epigr. Gloss. s. v., chapelle ou
quelque chose d'analogue. Il n'est donc nullement nécessaire
de statuer que le Prophète avait reçu ce mot, qui forme le pivot
de sa religion, du Yéman. On a de tout temps beaucoup prié
en Orient, et l'on ne fait que cela encore aujourd'hui. »^i/^ [ij jLa]
est vieux comme la prière même. Ce n'est pas un mot d'em-
prunt, Fremdwort, mais un mot sémitique cultural. Voyez Sarauw
Z A XXI p. 43, qui est bien près de la vérité.
1) Il n'est pas certain que f^([(D, plier, soit le même verbe. Il y a
dans le Sud (_i~o, i, cire en face de, 6ez. pp. 80, 5; lOi, 17; 165,16;
181, 17; 182, 4, 11,= ^^L>o, Hdr p. 320; '^%^ , en face de; ^<JL«5,
maUre, supérieur, v^ cJ^ l c''-*^ = J^ ur;^' J*--*^ > '''''■<' rompu
à. J ^Lo, être pareil à; voyez Gloss. s. v..
1418
P. 229 note. Les Babyl. avaient aussi une désinence adverbiale en
an, Del. Gr. p. 225, et notre ba'^dên pourrait correspondre au
babyl. arkân (u), après. Cf. Brockelmann VGSS §216. Le
mehri la connaît aussi fenôwen etc. devant; rdyren, der-
rière, Jahn Gr. M S p. 120.
P. 300. Brockelmann VGSS §216 cite ces deux noms de lieu Ba-
garên et Hagarên (d'après Hirsch, bien entendu) pour ap-
puyer sa thèse d'une désinence supposée locative, an, ayn,
a y m. Cela ne m'a pas fait dévier de l'opinion que je viens
d'exposer.
A
P. 301 . Les exemples où à > ê est graphiquement rendu par *
pourront facilement se multiplier, voyez Vollcrs V S p. 101 et
s.. Je repète que la question de l'imàlah n'est nullement épuisée,
et ce que Sarauw a publié dans Z A XXI p. 33 et ss. sera
peut-être nouveau pour lui et les lecteurs assyriologues de cette
revue, mais certainement pas pour les arabisants de profession.
Aussi bien Vollers que A. Fischer et moi-même nous connais-
sons tout cela par cœur pour l'avoir appris au début de nos
études. Actuellement p, è et o n'empêchent point l'imàlah,
et je ne crois pas qu'il y ait un seul Arabe qui prononce
^-^Lc]>râib au lieu de ràib ou râib. La langue babylo-
nienne avait l'imàlah très prononcée. Elle la rend par ê, Del.
Gr. §41, Meissner Gr. §§ 18, 19, 20, Ungnad Gr. § 5. Ici ^
et è motivent même l'imàlah, Meissner §20b. ; les liquides et
les sibilantes ont même une prédilection pour i: sirratun<
sarratun sjo, co-femme, ibid. § 20 d, tandis qu'en arabe
râ ou -rah ne comportent pas l'imàlah, cas dont jusqu'à pré-
sent personne n'a parlé.
P. 304. Yahuda, 0 S Festschrift Noldeke p. 406 , raconte qu'en
Palestine les paysans qui viennent à la ville faire leurs em-
plettes ne touchent aux sucreries qui leur sont ofiertes que
lorsque l'achat est conclu, en disant:
- O - ^ Cl
iii-y.2ij! (j^iLi^ùo Lo Js^ .-U^3 u*-:^ ^l\ax. *Jt^ L« Awîj
Par Dieu, je ne goûterai chez toi ni pain ni sel jusqiCà ce
que l'a/faire soit finie. L'auteur renvoie à Gen. 24 v. 33. Les
1) C'est pour cela que la finales,-, en syrien, n'est jamais prononcée -ri.
1419
Babyl. avaient aussi !e mot mel'u, mellu = rirJL«, K B VI i
p. 447, Guthrie Perry Hymnen an Sin (L S S 11, 4) p. 45.
P. 313. Môller, Sem. und Indog. p. 189, 4 fait venir _,^j de la
racine g'-w, jungere, qui a donné, par demi redupiication,
g'--w-g*> sémit. i-w-g. Le ^v^US j ; , Naqâid p. 59, 9, était
d'abord les deux Jumeaux lorsque l'équinoxe du Printemps se
trouvait dans cette constellation, qui présidaient aux destinées
du monde, soit 3.000 avant notre ère, et puis c'est devenu,
chez les Arabes, mort, trépas; on dit aussi is^-t^-^' -j; LA
XIX p. 84.
P. 324. Boh. III p. 153, 4: ^yX-^^ avec variante ^^-^Li:l , mais
ibid. III p. 102, 3: ioyLi! , comme variante pour «yuit. Ibid.
o- û «
III p. 142, 6: ^J^J et la variante ^^J.
P. 327. Le tun. offre aussi un exemple de cet impératif, car han-
qùllek, Stumme T Gr. p. 142, 9, n'est possible qu'avec hall-
nequllek>hann-nequ]lek et, par haplologie, hannqul-
lek> hanqullek.
P. 329. Cf. i^^tf) ennemi, Ges.-Buhl. s. v.. Souvent dans les ins-
criptions safâtiques, Littmann zur Entziffr. p. 46, Dussaud, Les
Arabes pp. 147 et 149. Cf. le babyl. Zâiru, ennemi, de zâru,
haïr, KB V Gloss. p. 15. Ungnad Gr. p. 163.
P. 331 . Ces y**i <[ J-^ n'étaient pas inconnues aux savants ara-
bes puisque I Sîdah 14 p. 213 d'en bas parle de Sf:^^ et de lA*^.
En mehri, î>ay, ey est fort commun, Brockelmann VGSS
p. 19G/7, de même que dans tout le Sud.
P. 334/5. Sur qU:>J! on lira la jolie histoire dans Boh. III p. 195:
oL^ ^ J^^yiJ! ^_j1j. Quzwînî II p. 42 en bas rapporte une
, o _ î ï ~_
Tradition du Prophète: ^j-^ q-» rr-*~^'~'' U*""^ uV^'i^ ^j^l
„.ii»5 ij^*)'^\ 3.A2J \J oLt rj«rv'- Si le mot ne vient pas du
Yéman, en premier lieu, comme je l'ai prouvé, on peut néan-
moins supposer qu'il y a été plus employé que dans les milieux
bien moins civilisés des Arabes du Higâz. Nous lisons sui une
1420
inscription palmyr. de 188 ad D., Lidzb. Eph. I p. 203: ^ri}}
J^iCnil }<DD {^n^N- Je suis persuadé qu'il faut lire la graphie
safôtique DmlnJ non pas *b>. , Dussaud Les Arabes pp. 445,
152, 153, mais = *-fc5» . ; c'était une divinité palmyro-safa tique
qui figure aussi dans le panthéon sabéen. V. Barth Z A XXII
p. 1 ss..
Cette manière de ne pas rendre graphiquement les voyelles
longues, â, û et î, dont parle el-Hamdâni dans son Iklîl, mon
ms. p. 5 et s., n'était pas une spécialité des Himyarites. Dans
les anciens documents, l'a surtout est supprimé. Les papyri d'el-
Fayyûm publiés par Loth Z D M G 34 p. 691 portent ^J^-♦iJlit,
ti)Xo; aussi dans les citations qoraniques qui y figurent: ui'.iàÀJ! =
o>-*^sjo!5 [\m^s> = iAa«L>; ^J/^J.MJJ) = ^w^jjw^t. Karabacek a
relevé la même chose dans les papyri déchiffrés par lui, Der
Papyrusfund von el-Faijùm Wien 1882: -Ciou! = _i:L*it, p. 19;
JLjl> et ry-J^ , p. 24; v-i^Jj", p 29, comme c'est encore l'usage
aujourd'hui ; ^%Lo = f^^j P- 30 ; ^J^JAJÎ , p. 35. Les chré-
tiens conservaient cette graphie, comme on peut le voir chez
Graf, Der Sprachgebrauch der altesten Christl. Arab. Lit., Leip-
zig 1905 p. 7, où tous les exemples ne sont pas justes, l'auteur
n'ayant que des connaissances très superficielles de l'arabe. Son
livre est totalement manqué.
Du reste, pour la scriptio plena des voyelles longues, l'arabe
fait plus tard bande à part. 11 serait intéressant d'e-xaminer
comment et quand cette fixation a eu lieu et s'est érigée en
système graphique invariable dont la perfection ne se rencontre
dans aucune langue sémitique, à l'exception du mandéen.
P. 340. Dans l'inscription N" 3, Dussaud-Macler, Mission, on tronve
yi^*l3 (mUj!, ce qui est la forme ordinaire syro-palestinienne,
ainsi que l'a déjà relevé Littmann, Die Erwiihnung eines Per-
serkrieges in den Safa-lnschriften (t. à part p. 382). On voit
donc que la langue vulgaire était déjà formée en Syrie avant
rislâm.
p. 358, note. Cf. q^> et v^> Boh- I^I P- 134/5, et ce que j'ai
dit p. 1412 sur la désinence des noms des plantes et des arbres.
p. 362, l. 0: biffez s'accroupir, hocken; j'ai confondu avec 4jJ',
1421
P. 374/83. On trouve dans LA XVI p. 211, le sarh es-Sawâhid el-
Kubm d'el-'Aynî, Hiz. el-Adab vol. III marge p. 381 et ss. =
petite édit. du Caire 1297 p. 231, Howell Gramraar I p. 354,
un exemple analogue:
5 ' - ; 3 5-
Si tu m'eusses appelé, toi, quand même il y aurait
devant moi un vaste pays, couvert d'une profonde
inondation, f aurais répondu labbeyka « qui m'appelle.
Dans liULo ^\ iUàit J«c J^^^^^î -j^ (jvC qUa^'S 'i^^,
vol. II p. 265 (Caire 1298, composé en 1193), on lit:
7/s m'o)i< appelé, et j'ai répondu par mon labbeyka
lorsque des gens braillards braillèrent contre eux,
et mon braillement les fit taire.
On trouvera dans cet ouvrage toute la controverse sur ce mot
et l'explication des exemples ici rapportés. Le vers p. 374 se
trouve également chez el-'Aynî Hiz. el-Adab III p. 383. L'exemple
p. 383, aussi chez el-'Aynî, o. 1. p. 381 ; le Sarh d'el-Girgâwî
Caire p. 96 (?), Sarh Sawâhid el-Kaâlâf, Bûlâq 1281 p. 126, et
Howell Gr. I p. 354. Ce vers est attribué à un Bédouin des B.
Asad. La traduction en serait: J'ai appelé Miswar pour m'as-
sister dans le malheur qui m'a frappé, et il me secourut en
disant labbeyka. Puisse donc une pareille réponse lab-
beyka accueillir les deux mains de Miswar!" D'après les
grammairiens, labbey ne peut être en annexion qu'avec un
pronom, comme eUit^J) etc, et la construction dans le vei-s
cité serait oLi ^oLi. ^ serait ici l'infinitif à l'accusatif; ^_^
1) L A a ^j-^ o'o. La traduction est incertaine et difficile ; p ys/«
est un adjectif, et -K^j peut aussi signifier ^jwiVâj et l'on pourrait tra-
duire: ayant devant moi un puits plein cl profond; voyez L A et les
ouvrages cités. L'exemple nie fuit l'effet d'être forgé.
1422
,4.w^ , cvAj aurait le sens de [j^», tiJ'iAj c>-*J-*^i, Sawâhid
el-Kassâf 1. 1., de im^^i wO = s^y. On voit combien tout cela
est artificiel.
Dans ^Li/it S iwLfcll q^Î J^ ^j^. L« J-l** ^ V;^' '^^
^ytlt j.^iy ^ ^'5;^^^^ par Abu Tàlib el-Mofaddal b. Sala-
mah +308'), Brockelmann G A L I p. 118, Cstpl Ga\vâibl301
dans le recueil J«jL*«, u*^-*^» P- 233 et s., l'auteur explique
quelques proverbes et dictons dont se sert le vulgaire sans en
connaître le sens. A propos de dV!'-^^*^3 ^^^^ • il dit ceci, ce
qui a été en grande partie reproduit par LA II p. 226 et s. :
iibL>^ j^3 ,ii^\j ii*>J^' xJ-xj dU K-jL>] i^A^i ,_cow iî_àJ! Jo
j,c1 loi <1J!3 o^*^ "^ ^^-^ cr» 4^^ >-^3 "^^ *5j-^3 ^^^1
.-^!A:>t |»-Jiii-5 oî^L o^^Li; yLaJLLw'i t*)«-<-*J xlo! j^'i'_5 iu
^ ô^*^ y-i\ S^i • • • ^.:>*-»-«-2J' o3'-^jtJ u^^y^" y ^ U/ 'tlj
s_^ \ê^j^ liUo lAS^ ^ tiJA^x *.Aii-^ 'jl (jï xibo e^jJ JLjLî
Oyi>Lo _j^ JO iLjt LaIOjÎ ioLx ij^^ i^i'i ^XXJ .sLxiï] ^j;! (_5j^t
G . - , C Si
3Lo1 »Ux*s (iUuXi' ^^1^ qLs iL2_b£ jCx:^ ^c! iCJ *! *.iJyj ^^
lXju qLj^ c5' (iLoU:> (vii^ L?>*^ |.^i)Cl J, _^_j !lX_^ ^^p^
1) Ne doit pas être confondu avec jUx"bJt v-jLxT par Mofaddal ed-
Dabbî +145. 2) LA: iuïî ot i^.
1423
Ainsi qu'on le voit, il n'y a que des incertitudes. G. Hoffmann,
Aram. Inschriften Z A XI p. 230, pousse la conjecture à une
limite extrême. Il y dit; »d^y^J, que j'ai auparavant traduit par
j»von Herzen gern" »), et qui appartient plutôt à "'iDi-^, à "<3t^
ou à ^^1}^ ^3, exclamations de douleur ou de prière soumise,
comme celles du serviteur devant son maître." Il le compare
avec tAJ Û ^5 ou dU v_;! "^ et i^ j.î "^ï qui, originairement
des interjections, seraient une étymologie populaire! Les deux
seraient identiques, d'après lui, et l'ra proviendrait de b, comme
aussi dans waylùmmi, allâhumma, de façon que la ab-
bai Allâhu abba aurait le 1^^^, mutatis mutandis, devant
et derrière: t'tjç "Atti^ç V>ii;. Le redoublement de b et de m
serait comme celui de ^, »^, ^c^, etc.. Le "^ préposé dans
1^!^, *î^5, et ii)u^ serait le la, non = oui du serment, qui
est tout aussi bien arabe qu'araméen. ^_^^^^ Je sais bien que
le "^ du serment se trouve aussi dans le Qoran, mais ce n'est
pas là la négation, voyez ici p. 1305. Le savant professeur de
Kiel a quelquefois des idées extraordinaires qu'il expose d'une
façon tellement concise et saccadée qu'on a de la peine à les
suivre. Avec son «étymologie populaire", je crois qu'il n'a pas
eu de succès, et son argumentation est un cercle vicieux. Der-
nièrement, Sarauw Z A XXI p. 41 a expliqué tîWi et liVjA*^,
comme des formes (<^« Si mon observation est juste, lab-
beyka est beaucoup moins employé dans le Nord que dans le
Sud. Ce qui conforme l'étymologie proposée de labbeyka,
c'est que dans tous les pays du Nord et chez les Bédouins de
Syrie et de Mésopotamie d^jx b correspond à ti^>J. On ap-
pelle quelqu'un; il répond par d^^ [>. Or, q^ est aide,
secours, de q!c = ^^ . Sur qV^Li et Q«fC 1j voyez le Gloss..
P. 391. Q^Jj^ est sans doute une prononciation archaïque, comme
1) 11 pense à >-^.
1424
^^'j^, épizootie, (aussi ^^J^ et o|^) est le babyl. mû ta nu,
peste, Del. Gr. p. 164, aram. jj^aiic- Barth. NB p. 325 veut
que les Arabes en entendant) 1%^.^ . déluge, et jj^oi*, peste,
aient rendu la diphthongue 6 par ^-. Je crois que c'est tout le
contraire: tûfân, mûtân est plus aichaïque que la forme
araraéenne. Le babyl. mùtânu ne pouvait affecter une autre
forme, puisque la diphtongue aw y devient régulièrement û,
et les Arabes en ont fait q'J^j à coté de rp^) comme les
Araméens, mais ils n'auraient pas fait mûtân de môtân, s'ils
>
n'avaient eu cette forme par transmission traditionnelle. o|^
est par contre une forme tout arabe : JLjé des maladies. Brockel-
mann incline, VGSS §211 Ad, à considérer )j.5a^ comme
un infinitif, et ce serait donc ^^i^ >■ ^'ijl^ >■ ^^lîjia . Mais
l^b^ est également transrais par tradition, et le tôfân sud-
arabique revêt une forme arabe. Si rj^j-^ est un mot étranger,
Barth. o. et 1. 1., il n'est pas dit pour cela qu'il vienne de
l'araméen. El-"^Aggâg parle de ^y' n^^' ^h'^^- ^° ^^ ^' "^ =
Arâgîz p. 12. En tout cas, l'histoire du mot me paraît assez
obscure.
La région volcanique d'Edd, sur la côte abyssine, offre l'image
d'un travail dévastateur considérable, semblable à celui que nous
trouvons sur les côtes de l'Arabie. Le volcan d'Edd, aussi ap-
pelé Doubbi, avait encore en 1861 une éruption violente qui
dura dix jours. Le volcan d'Erteali, à la limite sud-oue>;t de la
plaine saline qui est à 61 mètres au-dessous de la mer, était,
en 1904, en pleine activité, Globus 1906 N° 14 p. 218. Dans le
Târîh TaiT "^Adan d'Abu Mahramah, nous lisons p. 15, raonms:
1425
^t ^ yjli JJLJl qL---£Î cr ^•^ *-*-^-î ^ '-^ U"!;
p. 394. St. Langdon a publié, Z A XX p. 450 et ss., un article sur
Abîibu, qu'il veut faire venir de 33^?, être clair, luisant. Cela
me paraît improbable. L'arabe a, outre v'-^^j ^"^si la forme
i 5 G i
affaiblie ^Ut w^' = ^'^^ v''-^^ ou V*:"' = ^^ ^t ^[7^ , L A I
p. 199, 4 et 6 d'en bas. C'est donc presque la prononciation
w >
babylonienne Abûbu. On ne saurait séparer ce mot de w^,
Xa£, 3*a£, dont le sens correspond parfaitement à celui donné
par Jensen, KB YI, i p. 563, à abûbu. Langdon nous apprend
que le mot soumérien pour Abûbu était maruru et ama-
ruru. Les Babyloniens y ont ajouté la désinence ku,>ama-
r u k u. C'est peut-être l'origine de 'OiiopKse ou '0//opcuxa, ce qui aurait
pu donner le sudarabique lï^c J (ou ^ïjC, je ne le sais au juste
et rappelant, de même que l'araraéen conjecturé de Gunkel
i^pIN Di<, l'abùbu, le v'-î-*' lointain. Je prétends que toute
l'antiquité sémitique couvre encore l'Orient arabe. Il est temps
d'en recueillir les fragments dispersés. Cui'tiss en a fait un
commencement, mais n'ayant pas, en sa la qualité de révérend,
la sVorausetzungslosigkeit der Wissenschaft," et n'étant pas
arabisant, ce qui est une condition sine qua non, il n'a pas su
mettre à profit les résultats de ses recherches.
P. 396. Hommel me dit qu'il a déjà, en 1890, dans la Neue Kirch.
Zeitschrift I p. 410, proposé cette étymologie de U^vra-oç. Donc,
la priorité en est à lui. D'autres ont aussi, à ce qu'il paraît,
eu la même idée. Avec l'immensité de notre science d'aujourd'hui
et la brièveté de la vie, on m'excusera de ne pas perdre mon
temps à rechercher si j'ai eu des prédécesseurs. Lorsque j'em-
prunte une idée, je cite toujours.
'A/3i/<r(7-a Téf^iç, Sprenger A G A § i 31 (où variantes), a peut-être
1) 6emâl ed-dîa Moh. b. Sa'îd b. 'Alî Kibbâa -f 840 était qiVli
d'Aden. Celait ua lionimo très savant et poète, selon Abu Mabraraali.
1426
reçu son nom de cette étrange configuration du sol que Bent
décrit en détail dans les deux ouvrages cités. C'est une des
merveilles du monde. DH Mùlle.r et ses Viennois auraient dû
l'explorer lorsqu'ils étaient à Mirbât. Mais ils n'en avaient
pas la moindre notion, et je me suis bien gardé de leur laisser
mon cahier de notes sur cette côte. Relever ces mines et ex-
plorer ce pays si curieux de Dofâr, voilà une tâche qui aurait
dédommagé l'Académie de la perte de Sabwah, où personne ne
peut aller. 'Afiva-<rx ttô^k; est le nom donné par les Grecs ; nous
ignorons quel était celui de l'antiquité. Le port, à présent en
partie ensablé, était le seul bon de cette partie de la côte.
3
.Lài?, >■ .Lsad moderne, était le nom du pays, mais nous ne
savons pas depuis quand, car Ptolémée n'est pas d'une haute
antiquité. L'identification de IDD, Gen. 10, 30, avec Xsàs par
Ritter Erdkunde XII p. 253, est bien suspecte à cause du D >
-x> [je, comme l'a déjà relevé Lagarde Nomina p. 61 note. Mais
ce "ICD peut être le ^i de W. Mayfa'ah >), et {<^D,Ges. 10, 30,
serait alors le Moa-;^* du Périple § 32. Le »stupendous abyss",
dont la découverte et l'exacte description constituent le plus
grand mérite du couple Bent, est partagé en deux parties, cha-
cune traversée par un écoulement du lac. Selon Bent, Geogr.
Journal Aug. 1895 N° 2 p. 128, la partie est est appelée dir-
bat (sur la carte aussi darbat), qui est aussi le nom du lac.
o ^
et la partie ouest, raerga. C'est évidemment *J.o, mur, mu-
raille, parapet [et qui n'a rien à faire avec Mirbât, comme le
dit Bent o. 1, p. 126!], et ^j^j montée. Dans la théorie de Glaser
sur les Abyssins, cette 'A^va-<rx ttô^ii; joue un grand rôle. Il y
voit le nom de n^Dn, Skizze II p. 180, Abessinier p. 180/1 et
ailleurs dans ses écrits, et Dofâr aurait été, d'après lui, le centre
de l'ancien pouvoir habaéite dans l'Arabie du Sud. Sa théorie
m'a au commencement séduit, mais à présent que j'ai contrôlé
les textes qu'il cite pour appuyer sa thèse, et surtout après les
publications de D II Miiller sur les dialectes mehrites, je n'y
crois plus. Abyssa polis n'a rien à faire avec 'A/Sao-t^vo* de Steph.
1) ^, Arabica V pp. 50 et 187. ^yjt-j^-^l ibid. p. 185 a aussi le
nom do Mcyfa'ali, v. ibid. p. 51 uoto et p. 1-41G note.
1427
Byz., et je me demande si ceux-ci peuvent être =: ,-.Lcyj>
ou quelque forme analogue, car 'AjSaa-jjvo; représente i/ijii^,
non ;ji-^, comme le Xcerpai^uTcei précédent vient deo^j^ia^*.
Abyssa polis doit évidemment être la traduction d'un nom in-
digène. Quoiqu'on soit porté à faire dériver Ufiva-a-oç de apsu,
on ne saurait pour cela conjecturer que ce dernier mot repré-
sente le nom indigène de Abyssa polis. Mais la raison d'être de
ce nom doit bien se trouver. L'auteur du Périple nous dit,
§§ 34 et 35, qu'il y a, à l'est de Dofâr actuel, des îles qui
s'appellent »lles de Kalaïos", et sur la côte d'en face, il y a
»la montagne de Kalaïos"; c'est ainsi qu'il faut lire §35 au
lieu du Kûc^ov ipoi du texte de Fabricius. Or, en éthiopien, ^'IjB.
est justement iél3v!ra-oç, et Gen. I, 2 Dinn - «/3<^3"o"oç est rendu dans
la traduction éthiop. par 4"!^, Dill. Lex. Eth. p. 445, Prae-
torius Àth. Gr., Chrest. p. 31. KaAa/oç du texte du Périple fait
l'effet d'être employé comme nom propre, mais l'auteur n'était
pas très au courant. En tout cas, on ne saurait le traduire par
»la montagne kalaique", comme le fait Glaser Skizze II p. 188,
On est pourtant en droit de se demander s'il n'y a pas une
corrélation entre le grec x^va-a-oç et kx^xi(-oc)- 4"1^. Le nom
de la ville de Qalhât n'a rien à faire avec Qalâi-os, Vollers
Z D M G 49, p. 486, note 9. Avant Bent, aucun Européen n'avait
vu l'abyssos de Dofâr, et Cruttenden, qui a suivi la côte de
Mirbât jusqu'à Daharîz, n'en entendait pas parler, BBRAS
vol. 1836 — 1838 p. 184 et ss.. J'appelle ce phénomène de la
nature »abyssos", en me conformant au langage de Bent, mais,
bien entendu rien ne prouve que Abyssa polis fût ainsi appelé
à cause de cet abyssos, quoique cela .soit probable. On ne sau-
rait rien conjecturer sur la raison du nom de Qalâi des mon-
tagnes. Etait-ce à cause des précipices qui sans doute se trouvent
dans ces montagnes, lesquelles atteignent une hautetu* de 3 à
4.000 mètres, ou bien à cause de la profondeur de la mer dans
ces parages? Si c'est ià l'Apsû babylonien, le concret, le visible,
et il n'y a rien qui s'y oppose, il faut que les Grecs aient api>ris
le mot 'à^vtTffoi déjà à une haute antiquité. Apsu est devenu
un mot cultural, comme tiâmat. Les deux sont restés jusqu'à
l'heure qu'il est, quoique le souvenir de leur provenance soit
depuis longtemps effacé.
P. 396. En tâchant de donner à cette genèse de la cosmogonie,
1428
babjlonienne un point de départ concret, j'avais complètement
oublié qu'il y a, dans ces parages de la mer, un mammifère
cétacé herbivore qui se prête beaucoup mieux que le requin
à une théorie babylonienne de l'évolution du genre humain.
C'est le lamantin. Il y a à ôebal Ahsân, dans la baie d'Adcn,
un Grec qui y habite depuis de longues années. Il s'occupe
de la pêche de poissons rares et d'animaux extraordinaires
qui peuvent se trouver dans ces eaux. En 1898, il avait pris
un lamantin qu'il avait empaillé. J'ai pu l'examiner de près.
C'était un exemplaire fomelle, long de 2 mètres et demi en-
viron. La tête était celle d'un singe, mais avec le museau
bien moins proéminent. Grande moustache ; crinière abondante
partagée au milieu du front; mamelles rondes très prononcées ;
vulve sans poils, avec lèvres; deux membres antérieurs, en
forme de grosses nageoires, et terminés par une sorte de main
munie d'ongles. Cet étrange animal fut appelé )>lamautin"
par le Grec, qui paraissait être au courant de son métier.
D'après lui, il n'y en aurait que trois exemjjlaires dans les
muséums d'Europe. J'ai visité les principaux muséums, mais
je n'y ai trouvé rien de pareil. Ce qu'on appelle le lamantin
manatus, qui se trouve au Sénégal et en Floride, a une autre
tête et le museau cylindrique. »Mais, me dit le Grec, il y a
une autre espèce qui se ra})proche encore plus de l'homme
et dont il n'y a qu'un seul exemplaire en Europe." Ces ani-
maux aquatiques, espèce de phoque, montent la nuit sur la
plage pour brouter l'herbe. Ils poussent alors des sons plaintifs.
Les anciens Babyloniens ont bien connu ces mammifères, qui
étaient alors peut-être plus communs qu'à présent. Qui sait
si ce n'est pas là le couple, sorti du chaos abyssal, Lahmu
et L ah à mu, Dhorme o. 1. p. 4 note 10, noms qui sont restés
au requin^) actuel, depuis la quasi disj)arition de l'animal
primitif. "Winckler A F III p. 303 a un |)eu trop vite adopté
la conjecture de Houtsma, qui traduit Qji^ par vent, sans y
apporter de preuves. J'ai dit que je ne crois ])as que la ces-
monogie babylonienne repose sur des idées abstraites, car,
pour citer Bufl'on, »tout édifice bâti sur des idées abstraites
est un temple élevé à l'erreur." Nous avons dans l'Epopée
babylonienne de la Création la première étape de l'histoire
des idées babyloniennes sur l'évolution du genre humain.
Lal}mu — Lal)âmu se rencontre plus tard chez les Grecs sous
1) SAE Vil (sehri) p. 23 § 18 il y a: luhàm haJr., Ihàymmehri,
1 e h î m sehri, ot 1 è h c m' soqot. = (*^^, requin.
1429
la forme de hi légende des Sirènes. Par les trouvailles de
Neandertal près Dûsseldorf en 1856, de Spy près de Namur
en 1887 et de Trinil à Java en 1891, la descendance de l'homme
n'est plus une pure fantaisie. Les Babyloniens ont fort bien
pu avoir une théorie pareille d'évolution et, en lisant leurs
écrits, j'ai eu la conviction que c'est ainsi qu'il faut inter-
préter l'histoire babylonienne de la Création.
P. 426. Pour 1^0^ et l'étymologie que j'y propose, on pourra
comparer le babyl, lapân, devant, Del. Gr. p. 230, Ungnad
Gr. p. 54, Meissner Gr. p. 59, de la et pânû, visage, corres-
pondant à l'hébreu i^d!?.
ci
P. 427 note. jjLLaojî se trouve 6âhiz Tria opuscula p. 8, '*.
P. 428. *^.^. (j^ se rencontre aussi dans une inscription safatique,
Dussaud, Les Arabes, p. 137. Il ressort clairement de I SaM
IV I p. 132, ", qu'il faut le traduire par devant X Oi-J^.
On dit aussi liU^ {j^ = L;^y^' l^y? I ^^i-'d IV i p. 123, '".
P. 434. Sur les six doigts, voyez Del. H W B p. 307 b en bas s. v.
i m n u.
P. 437 et note. J'avais oublié que cette étj'mologie avait déjà été
proposée par moi-même dans mon Arabica I p. 63.
P. 449 note 1. Hâdulâi se trouve Stumme MGT p. 272, «>.
P. 513. Le nom du dieu Nabû (Nebo) correspond, comme étymo-
logie, à l'arabe ^J^, Hdr Gl. s. v. Lo et ijr.-J, ici Gl. s. v., sur
lequel on a assez écrit, Ges.-Huhl H W B s. v. j^3^ Hartmann
OLZ Miirz 1902 p. 97 traduit ^^j'j [^c^^] par wHeraussprudler",
pensant à *^. Il y a un brin de vérité, qui paraît cependant
avoir échappé au célèbre professeur. On lira à ce sujet Jastrow,
Religion Babyl. u. Assyriens p. 118, sur le ra[tport de Nebo avec
la profondeur de l'eau : Li, ^_5.j et %^. Nebo est le proto-
type de tous les D^N^Di et des -Lçoî suivants, jusqu'au dernier
*A*:> icî-*^'- Comme Nebo est le wdieu de la révélation", lo
1430
ilu t a s m ê t i = Xx^^-NMJ' de semû, «-f*, eyitendre, 3 astrow,
0. 1. p. 124, le Projjliète Mohammed est le ijr^j^^ /«^ '> 'l"i
tout fut révélé. Le supranaturalisme a toujours été la grosse
cloche des prophètes depuis le divin Nébo jusqu'à l'infaillible
Plus X.
P. 520, 1. 2. Il faut traduire: les tonnerres du temps des ancêtres,
V. p. 1373.
P. 590, 5. Ajoutez: g«w«U, soleil, ZDMG 58 p. 940.
P. 646. Sur v'y^ voyez à présent Praetorius Z D M G 61 p. 621
et s., qui y arrive au même résultat que moi. Sur V^j^ = ("'r^j
ib. Praetorius, p. 951, Brockelmann VGSS p. 221.
P. 063. r^ a donné dans »le dialecte arabe" de Dofâr er p. 7, '3, et 'ar
p. 00, 26 et p. 76, 9, où il fut expliqué par "^l mais ce «dialecte
arabe de Dofâr" ne m'inspire pas confiance'). Cet erse trouve
également dans le dialecte sehri, SAE YII p. 154 N*^ 49, où
dans le chant il fut prononcé rayr.
P. 459/61. Si ^[^ et iuL s'emploient souvent l'un pour l'autre, comme
le relève Wellhausen, Moh. in Med. p. 269 note. Il y a cepen-
dant une différence entre les deux. Le liwâ correspond à
notre étendard ou, disons même, drapeau. Les B. "^Abd cd-Dâr,
les Sadanah de la Ka'bah, devaient y garder le 1 i \v à des
Qoreychites. A la bataille de Badr, le liwâ du Prophète était
le plus grand; il fut porté par Mus^ab, ainsi qu'à Uhud, où
il fut enlevé par deux des Abd ed-Dâr, I SaM III i p. 85 en
liaut. El-Wâqidî dit, Moh. in Med. p. 269, que les Musulmans
combattirent à Haybar sous trois rayât et qu'au])aravant
ils n'avaient que des liwâ. Le liwâ de Mohammed était
alors blanc, son raya h noir, fait d'un fichu de "^Âisah. A
Honeyn, 'Ait porta le liwâ des Mohâéirîn; Sa^d b. Abi Waq-
qâs, un râyah, et "^Oniar l'autre. Du côté des Médhiois, el-
Hubâb porta le liwâ des Hazrag; Useyd, celui des Aus; il
y avait en outre les rayât des subdivisions, ibid. p. 357. A
1) Ce jugement sur „le dialecte de Dofâr" ne s'applique pas au
travail méritoire de Rhodokanakis.
1431
la prise de Mekka, Sa'^d b, A. W. porta un des trois rûj-ah
des Mohâgirin I. Sa'd III i p. 101, *. EI-MohalIal Ahû Koleyb,
Su'^arîi^ en-Nasr., I p. 173, parle des »râyât des llamdân,
qui brillent comme l'oiseau au-dessus des vagues d'une mer
profonde." D'après ''Antarah N° 15, 10, chaque katîbah
avait son liwâ^: oy^î JLLJt J^z/ i^ty^ J^ 05*-
Cette idée de l'oiseau en rapport avec le drapeau doit pro-
venir d'une conception ancienne ainsi que je viens de l'exposer.
Voilà pourquoi l'oiseau par excellence j^î^Jt, Vaigle, est resté
l'insigne de la guerre: aquila — i-jUc. C'est là l'origine de
l'aigle impériale d'Allemagne, d'Autriche, de France et de
Russie. I Sîdah VI p. 204 a un chapitre intitulé olîU' '^\j,
où cependant il ne fait pas de différence entre iLit. et ^|^.
G Jacob B L p. 126 ne parle que de liwâ. Ce mot ind'que
déjà que l'usage des rayât doit remonter à une haute anti-
quité, car les anciens Arabes ne savaient plus comment l'ana-
lyser. Sihàh l'enregistre sub (Jîjj, tandis que L A et Qâm.
l'ont sub \jj. Je laisse de côté les verbes . «J;) ^^j ctc, qui
sont purement dénominatifs, comme 'pjn l'est de ^J^. Sîbaweyh
veut que ce soit un ïXsti [I. Sîdah 1.1.], c'est-à-dire iU^, puisque
«-5
son diminutif est iÇu ., L A XIX p. 70 en bas, mais je ne com-
prends pas bien lorsque Sîb. compare son a > y avec le hamza
dans *Iaw et ^Làii, LA, TA et Lane. D'aucuns prétendent
" ^ o
que c'est originalement iùL, mais LA dit que jamais les
Arabes ne le prononcent avec hamzah. Et pourtant, force nous
est bien de le considérer comme provenant d'un (^L ou d'un ^'j
primitif: ce qu'on voit, un signe, un insigne. C'est peut-Atrc
au fond un participe présent &-uî. ou '»^K) comme le fi'an-
çais «voyant", t. de marine [voyez Littré s. v.]. Cela semble
se confirmer par le nom correspondant en babyl. diglu en
hëbr. bj"i, Fahne, Feldzeichen, aussi dans un {)ai)yrus aram.
d'Asaouan, ZA XX p. 150, du babyl. dagàlu, voir, apercevoir.
L'objection de Schulthess, H W p. 20, à propos de %-^^ "<2
1432
me paraît pas justifiée, i^ï*^' ^Jj, elle-même appelée o!3
wUi, putain, I. Rosteh p. 207, «>, ety>Ui! iul^, ou^U::^^' wLc,
ie drapeau du marchand de vin, LA XIX p. 381, '^^ rappellent
le Cant. des Cant. 2 v. 4:
iLj^ est le sjnonyme de a-jL , avec le même pluriel que
celui-ci, oIjLé et l5^, et les mêmes dénominatifs ^j-^i, ^çfrà.^.
Le thème est L-è, comme Ij,. Le dim. en est K-^-çx, comme
iiLo.. Cela n'est peut-être pas sans importance pour rétymo-
logie. iuli et wL sont employés Fun pour l'autre dans les
anciennes poésies. Mo'^all. 'Antarah Ahlw. N'^ 21 v. 59: oIj^
.L^Uliî, glosé par ol^K, Gamh. el-'^Arab p. 98, comme Mo^iU.
Lebîd V. 58, Tlie Seven poems Johnson p. iJ4: j-^J ^.^'i
voyez Bibl. Geogr. Arab. VIII Gloss. p. XXII, Nôldeke ï'ûnf
Mo'all. II p. 44. Je ne suis pas très sûr que Xj!. et *-J.L-c
soient deux mots différents. Si ioLc est paraphrasé par {^sJ<a)
^^c^'t '(jr***^' ;^ <f^' ou sl^AÀ-fl L A, cela peut être une ac-
ception secondaire et ne prouve rien en faveiu' de l'indépen-
dance du thème, j et à permutent quelquefois dans la lurah.
Pour le moment, je ne puis offrir que les exemples suivants:
.L), o = éLi, i, périr, Qinxi..
i-'j.^ son, Sihâh II p. 487 en haut. LA XIX p. 57 en bas,
et i^Lic, chant, ([u'\ aurait dû être ^l-»>c, sur Jaé [ver-
bes: ^c^j et ^c^.]
io^L = J^J^^-c^ï outre d'eau, Qâm..
Jo,A«, ^V-yt^ et J^-w, (jraisser, LA, Qâm..
Aj_svo' f? ,AJ'] = J^.*ô" , se revêtir de la dir'^, Qâm..
1433
Oye, (_^*,w« et u>J«-/> , lutter avec [\)ro\n\ (se) frotter à]
I. el-Qût. p. 308, p. 309, '*, dissoudre un médicament, L A III
pp. iO et 11; frapper Qâm.. Je suis persuadé qu'on en trouvera
d'autres en examinant L A et le Qâm., lequel sous ce l'apport
est très instructif. Or, iùLc n'ayant pas d'étymologie accep-
table en arabe, car les verbes sont dénominatifs, a moins qu'on
veuille attribuer à ,ci^ et ^eè^ = f^ et "^fj [oiseau] un
sens primitif), on est bien tenté d'y voir une prononciation
pour iuL. Mais je n'ose me prononcer d'une façon définitive,
ne pouvant retracer l'histoire de ce mot. Les étendards ayant
joué un grand rôle dans l'antiquité sémitique, Erman Aegypten
p. 719, Spiegelberg, sur le culte des étendards chez les Egyptiens,
on doit en conclure que les Arabes ne font que perpétuer
une ancienne coutume.
P. 674. Il est curieux de constater que le J..:?^ nagal sudarabique
se trouve également en aram. \>..J , Schulthess H W p. 39,
Nôldeke ZDMG 54 p. 162/3. La supposition de Schulthess:
\^ <^^ûJ = i3^^ <^ 3-^ est donc fondée. L'auteur des
Merveilles de l'Inde s'en sert aussi: débarque^' une cargaison,
V. d. Lith Gloss. s. v. p. 203.
P. 689. Sur ^UjLx cf. Brockelmann V G S S p. 225 et p. 226 ^.
Les Bédouins du Nord disent ^iL'^ À ,^, fronde, pi. oL-yColJ-x
de wàjtoj , lancer, pour *iL(i3jya. Les dict. class. n"ont pas ce
thème, mais voyez Dozy S. Cf. m an su wa > ma su a, bateau
Sihr, V. Gloss.
P. 692 note. C'est peut-être le pluriel classique. Il fut bien ainsi
compris par mes Datînois, mais ce pluriel n'est cependant
pas dans notre dialecte.
P. 724, '0. Co iwXxàjU; est = .>5âifi (fém.) + t-u (uh ou hu), oii i
résulte de la pression de l'accent. Ida kiin wâhed yit-
-waééafl 'a la dàtu beqûl hal-qôl kainnu sairîtlu
nRibi, si quelquun s^attriste sur son sort, il dit cela comme
si un malheur l'eût frappé, Haurfm.
> -
1) >j5^i5^! tyi! Su'arâ' en-Na>r. I p. 173, ».
1434
P. 734, '". Barth, Sprachwissenschaftliche Untersuchungen zum
Seniitischen I j). 13 et ss. veut séparer m, od ?, de |j^, o» ?,
dans lequel il voit le préfixe interrogatif an, dont je viens
de parler. Mais, à mes faibles lumières, il me semble que les
deux mots renferment le même j)lionème final, de quelque
nature qu'il soit. Si ]j^ ne })rovient j)as directement de |^i^,
ils sont pourtant de formation analogue.
p. 735, note 1. Sur ce phonème de négation, voyez Victor Ancessi,
Etudes de Gr. comp. l'S causatif et le thème N dans les langues
de Sem et de Cham, Paris 1872, mémoire qui a encore sa
valeur.
P. 753, 6 et ss. La traduction de ces vers se trouve p. 990 note 1.
P. 769, 12. De Goeje, Z D M G 61 p. 472, veut lire ici \^'fà au
lieu de ^r*J', ce qui n'est pas nécessaire; voyez p. 770, 2,
P. 824. j^ doit correspondre au babyl. IJ^D, envoyer \ tamîrtu
ou tamârtu, envoi, cadeau, Del. HWB s. v., d'où sans doute
.Lo, i. C'est la même idée que nudunuu de nadûnu, don-
ner, p. 826 et note 1.
P. 829 et ss. Le verbe *i)i figure même dans l'ouvrage de Rhodo-
kanakis Dialekt im Dofâr p. 132 N° CXXII : H â d a m i r w i y î g-
sud fi wâheda mràh ferkàt em(?)fôg ben ^ammha.
Ce Mirwi chante à lyropos d'une femme qui détestait son mari.
P. 833 note. Sur iA*s = «^, voyez Arabica \, p. 175, en bas.
Ne croyant pas avoir mal entendu un mot qui m'est très
connu (u^ias, dans le Nord), je suppose que iAas est un tout
autre mot : générosité.
o
p. 882/3. A propos de ^f^^, il ne sera pas inutile de nous arrêter
un moment sur yt-^, -poésie. C'est sans doute le même mot
que le babylonien sîru, oracle, Orakelspruch, Del. II WR
p. 655 b, ce qui a donné l'hébreu "ii^^ et i^^^îî^, dont le verbe
1^, i, est dénominatif Ce sont des mots transmis directement
de l'uncicn monde sémitique et qui nous font voir la genèse du
1435
jX^ arabe. Nous avons de môme ^3 de Bel u, b>ja, bïîAoç des
Grecs, comme emprunt direct du babylonien, à côté de ^^3,
sab. b'^1, Jv*J, maître, seiV/neto', BaaîA.') Goldziher explique le nom
du -cLi par Wissender^ Kundiger, M S I p. 45, id. Abhaiidl.
z. Arab. Phil. I p. 17, en le comparant avec ^^(f;2N g^^ ^>)Jr\^ v.
aussi Ges.-Buhl H W B p. 259, mais tant que nous ne con-
naissons pas l'étymologie du babyl. sîru, le verbe arabe j*^
ne suffit pas pour expliquer -cUi et r*^. Il se peut que le
verbe babyl. *j***' signifie aussi connaître, mais jusqu'à pré-
sent on l'ignore. En tout cas, nous voyons à quelle source
remonte la poésie arabe, et l'exposé de Goldzihcr n'en reste
pas moins exact.
1) D^ltt'î démons, K T A p. 460 note 4, du babyl. se du, démon de
la tempête, est par Hommel Z D M G 46 p. 529 identifié à l'arabe CKxm.
Jensen rejette cela, à cause du lyo hébr., mais cette raison n'est pas
suffisante.
Le &s,!c actuel, v. Gloss. s. v.
FAUTES D'IMPRESSION A AJOUTER A LA
LISTE P. 277/8.
Pag.
Pag.
8,'«
lisez
w a 1 1 a.
73, 20 lisez ^«V
9,"
j>
gàmbîeh.
75,1
»
ô-waldah.
20,'
»
willarsâs.
20, '6
»
kuMeh.
75,2
»
gâllëha.
20,21
»
kô'deh.
75,3,*
»
galet.
20,22
»
qahwah.
76,9
»
lil-tnèlëh.
21,12
»
aLf-".
87, 22
88,21
»
»
e m -sa ma',
'ôtub.
27, "
»
uyidro^ha.
89,20
»
parenthèses.
28,"
»
ij^îilt.
92,"
»
sar'ânha.
3 0-
94,5
»
1 à q e h e t.
37,'
»
O.^.-^;-
108, 12
)>
mi tel.
109, 1»
»
ei-'ôUieh*)
38, «
»
')■
109, n
»
e 1-m î e h *).
40,2
»
es-subeh.
120,21
»
superdental.
41,8
j>
wâhed.
135,»
»
benak 1).
42,2
»
135, '5
138,"
»
b enak.
m a é ii r î h â'
150,22
»
'./•
46,8
»
•wug'all
184,*
»
huit.
46, 2*
»
sùwîlak.
187,13
»
laverons.
69,21
»
et-tarîq.
190, 1*
»
3.
70,"
»
by^-
211» d.
.»
isst.
1438
FAUTES D'IMPRESSION DE CE VOLUME.
Pag.
Pag.
290, d. 1. lisez d'une filiation.
464,
2
isez
m.
292, d.l. » le Liban.
T
299, ' d'en ba.s lisez renferme.
468,
4
isez
L^-
312, ' lisez le paiement.
468,
5
d'en
bas lisez j^iJ.Ls^.
317, note biffez: Cf. , £joJ = (Jc;
V. p. 1286.
474,
6
d'en
bas lisez baMli.
329 d'en bas lisez i^rilî2-
485,
12
lise:
, ^.
345, 6 lisez II y
513,
16
»
353, 8 lisez .^.
514,
3
isez
Ji^i' „Jj'î.
o •
517,
18
19 1
)ifïez : et as.svriolo?ue
353, " d'en bas lisez tarîq.
'
V "
361 note 5 lisez tuqsufha et
très sérieux.
520,
14
li.sez
Ibn es-.
teqarsifha.
362, 2 biffez: s'accroupir, hocken:
521,
523,
6
4
sôm.
l'exemple se rapporte par con-
523,
16
»
séquent à j5jj' > y^y •
525,
16
y>
387.
„
527,
4
•»
savant ').
364 note 2 lisez ^j^.-
529,
13
»
')•
531,
13
t)
usité.
379, 1* lisez Oo^.
532,
12
y>
TV2.
402, " » (ji^llaii.
547,
note, renvois en désordre.
402, 3 d'en bas lisez Tâhis.
565,
6
»
2^tt>.
o.
565,
6
»
> a.A^'-
404, » » » » y3.
574,
9
»
el-ahbâr.
404, 1' » » » 15
580,
8
»
"
411, ' lisez abkâk.
587,
3
»
Littmann.
415, •* d'en bas lisez 'cy^j-' ^j:-^-
591,
5
»
faucille.
419, ' biffez: ment.
595,
14
»
oo«c.
419, 9 lisez J^ = yLé, ou ^.
598,
13
»
,^.
o )
433, « lisez 5j^V=>.
607,
8
»
î 5
444, » d'en bas lisez mater.
632,
10
»
*)• * ..
449, 1 » » » théologien.
632 note 2
lisez '•>j^'
1439
Pag.
643, not e i. 1.2. lisez rejeter.
644, ' d'en bas » "ji^.
652, '* lisez l'ont.
o
655, ♦ d'en bas lisez uj.^i.
667, ' » » » (jiiL^.
674, 6 » » » '^lis,.
681, * V » » judaïque.
684, 8, 9 lisez oJjJ^L
687, 3 d'en bas lisez ^^fj^.
691, * lisez ^\y
693, '2 » j,^.
699, * » Jûî et jo=T.
699, '8 „ JJC^.
701, d.l.» ^/J.
735, 2 d'en bas lisez pjjt.
741, 8 „ » ÔL>.
744, ' lisez (qëné).
748, '0 d'en bas lisez carnaval.
754, »° lisez nîiP?|.
754, '2 ,, tukkiyyîra.
759, ' » Egyptiens.
761, 3 » 6ôz.
765, '-' y> J^.
776, d.l. y> JU*-*.
O o 5
791, 4 T, j^ ou j-^>J«
- t* - » -
797, 8 » ijy lAJ', =cl. 8^4 iXJ.
800, ♦ d'en bas lisez ic.
803, * lisez -1 ou 1_.
Pag.
803, 3 d'en bas lisez ^Lo •
812, '♦ lisez Q^i^^.
834, " » £/^^î.
834, 8 d'en bas lisez ') U;^, et^)
867, " d'en bas lisez 2JT.
TT
871, 3 » » biffez I après mots.
874, 8 lisez ^eS^l
880, 3 d'en bas biffez: pour.
883, 1 lisez SÎAi.
903, d.l.» K^^.
906 note 1 biffez la dernière
partie.
908, 20 lisez Hadramôt.
913, '" » regardaient.
918, ^ » Mogâwir.
925, '» » fl\^*^.
927, s » u-^-
943, 2 » taub,
943, ' » Hattâb.
943, '" » angeblich regulâren
Vielmânnerei.
964, •* » à l'origine.
967, * d'en bas lisez n?3n.
974, ■" lisez ,i^; v_jy^ ne se dit.
1006, " lisez Heliopolin.
1012, • d'en bas lisez .i\c.
012,
B »
»
»
^ ^-^
V*^
^
^AJU
jXav oVk.'
ou iAaaw
•4.
039,
» d'en
bas
lisez
i^o^-
1440
Pag.
1041, >5 lisez fôq.
1051, ^ et 9 d'en bas lisez . <^v;.
1052, 8 lisez des savants.
1055, 5 d'en bas lisez balâ.
1060, " lisez cresce.
1060, '9 » eccellente.
1062, 9 d'en bas lisez murrî,
1064, » lisez Vullers.
1078, ^ d'en bas lisez Ojsr.
1081, 8 lisez hâlhom.
1088, 8 d'en bas lisez ^.
1090, " » » » lamraa
nitrèyyâh.
1098, » d'en bas lisez Mârib.
1099, " lisez hClâ.
1102, 8 » jette.
1108, 2 d'en bas lisez /^l
1111, 6 biffez 1).
1111, ' d'en bas lisez ').
1118, d.l. lisez in^i.
1120, 3 d'en bas lisez »JjS^,
1127, 8 lisez Husn.
1131, " » iuL^?!^.
1134, * d'en bas lisez Burry.
1143, •* lisez Ûamharah.
Pag.
1151, 8 d'en bas lisez .su.U^,
1152, 3 lisez L^wJjl. oLo j,yo.
1148, '* lisez «l'imn.
1162 n. 1 » de la.
1163, " d'en bas lisez "IDT-
1163, '2 „ „ „ {^-)<|»2î.
1166, 9 » » » iJUs?.
1187, * lisez Zamahsarî.
1192, 1 » ida<ilâ.
1192, », 9 lisez aif, mais bif-
fez-le.
1195, 8 d'en bas lisez ^y^ pour
1196, ' lisez wài^L
1217, 5 d'en bas lisez »>>-v.
1259, 3 lisez ^j.
1269 ^T » -^pi^.
1288, » d'en bas lisez ^3l
1298, 5, 6 „ „ ^ 1^^ gj^ ^^
1311 d.l. lisez ^^f.
1312, " lisez Jsi.
1323, * d'en bas lisez kippati.
o
1375, ^ lisez minayyân.
cv
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REMOVE
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LOWE-MARTIN GO. LiMiTED